Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°5782
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5782, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Tichri 5718,
Brooklyn,
A monsieur Yedidya Alter(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 17 Elloul, dans laquelle vous me décrivez vos fonctions, au sein de l’aumônerie militaire. Bien que vous n’en parliez pas, vous profitez sûrement de vos fonctions, non seulement pour sélectionner les soldats religieux, mais aussi pour les renforcer et les encourager. Cela est important pour les Ashkénazim et, plus encore, pour les Sefardim. Très souvent, de cela dépend le moindre détail de leur situation, dans leur vie.
Je me suis intéressé aux points de travail que vous vous apprêtez à instaurer pour les soldats religieux. Il serait bon que vous en parliez avec monsieur Leïb Zalmanov(2), qui est actuellement Cho’het à Bneï Brak. Il a, auparavant, servi dans l’aumônerie militaire de Tsahal et il est un membre actif des jeunes de l’association ‘Habad. Il est dit que “ le salut vient par les nombreux conseillers ” et j’ai bon espoir qu’ensemble, vous pourrez mettre au point un programme détaillé, en ce domaine, en fonction des moyens dont disposent actuellement les jeunes de l’association ‘Habad et qui s’élargiront par la suite, on peut l’espérer. Quand vous disposerez d’éléments plus précis, il vous sera peut-être possible de trouver des recettes supplémentaires, afin de financer cette activité dans d’autres branches. Il est dommage que le cheminement de votre lettre ait été retardé, car à la fin d’Elloul et en Tichri, se présentent plusieurs occasions spécifiques pour introduire et renforcer de telles actions. Mais, en tout état de cause, on ne se plaint pas du passé.
Puisque vous abordez ce point, il serait judicieux d’éditer un résumé des lois importantes pour la vie d’un soldat, surtout en Terre Sainte, si possible dans un format de poche, afin d’en faciliter l’usage. J’ai observé que plusieurs lois étaient publiées dans la revue Ma’hanaïm, mais il est clair qu’étant éparpillées entre différents fascicules, celles-ci ne satisfont pas le besoin. Dans un tel résumé, une analyse détaillée n’a pas sa place. Tout au plus peut-on indiquer des références. Bien entendu, cet abrégé du Choul’han Arou’h ne devra pas être une collection d’allègements de la Loi, amassés à droite et à gauche. Toutefois, il n’est pas fait référence ici à des impies, ce qu’à Dieu ne plaise, surtout si sa rédaction est faite en concertation avec plusieurs Rabbanim.
Un problème particulier se posera du fait de la diversité des coutumes. On peut, toutefois, se contenter de rassembler les lois qui sont acceptées par toutes les communautés. Ceci satisfera un besoin vital et il y aura sûrement une suite à tout cela.
Il y a quelques temps, j’ai eu la possibilité, ici même, au cours d’une discussion, de souligner que nos Sages font référence à ceux qui sont enrôlés dans l’armée et ils affirment, à ce sujet, que “ la Torah fait référence au mauvais penchant ”(3). Il semble en résulter que l’on pourrait alléger certaines pratiques, quand on se trouve dans l’armée. Or, le contraire est vrai. Celui qui sert dans cette armée doit être encore plus scrupuleux, accroître la sainteté, ainsi qu’il est dit : “ Ton campement sera sacré ”. J’ai souligné aussi que la source de la sainteté est notre sainte Torah. Je veux dire qu’on doit l’étudier avec soumission. Et, s’il en est ainsi pour tous les soldats, combien plus est-ce le cas pour ceux qui appartiennent au rabbinat. Ceux-là doivent “ s’humecter jusqu’à humecter les autres ”.
Vous concluez votre lettre en me disant qu’après votre démobilisation, vous espérez être en mesure d’étudier plus. J’espère que votre remarque porte uniquement sur le mot “ plus ”, parce que vous disposerez de plus de temps, mais que, d’ores et déjà maintenant, vous avez bien un temps fixé pour l’étude de la Torah. En outre, vous avez eu connaissance de la ‘Hassidout et sans doute en fixerez-vous également une étude. En outre, vous influencerez vos amis pour qu’ils en fassent de même.
Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela et d’être définitivement inscrit pour une bonne année,
Notes
(1) Monsieur Y. A. Dinari, de Tel Aviv. (2) Voir, à son sujet, la lettre n°5884. (3) En permettant, par exemple, à un soldat d’épouser une femme captive, car, celle-ci se trouvant sous sa domination, il lui sera difficile de maîtriser son mauvais penchant.
Lettre n°5783
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5783, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Tichri 5718,
Brooklyn,
Aux membres du comité de Kfar ‘Habad, en
notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée
et rebâtie, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais référence à l’événement qui est survenu et qui n’est pas pur, puisque quelqu’un à levé la main contre l’autre(1). Cela est effroyable et, en conséquence, je suis conduit à vous écrire ces quelques lignes.
Il est aisé de comprendre que le Kfar, pendant toutes les années de son existence, a, Dieu merci, été gardé et protégé, d’une manière surnaturelle. A n’en pas douter, il en a été ainsi parce que la miséricorde divine a été invoquée par nos saints maîtres, en particulier par mon beau-père, le Rabbi, fondateur de ce village, qui le dirige. Depuis sa création, en 5708(2), on n’a pas été conduit à déplorer une seule perte, parmi ses habitants. Il est clair qu’il s’agit d’un miracle évident. Or, l’expression de la miséricorde divine doit recevoir un réceptacle qui lui convient, un réceptacle contenant la bénédiction du Saint béni soit-Il, qui est la paix. Bien plus, il y a eu, en l’occurrence, une intercession des maîtres de ‘Habad, qui ont fait don d’eux-mêmes pour l’amour de leur prochain, comme je l’ai écrit plusieurs fois. Il est donc une évidence absolue que tous les habitants du Kfar doivent respecter, avec un scrupule particulier, tout ce qui permet d’instaurer la paix et la proximité entre les hommes.
Puisse Dieu faire que le Créateur des hommes, Qui “ crée leur cœur ensemble ”, Qui connaît la ruse profonde de l’âme animale et du mauvais penchant, la difficulté, l’obscurité intense et extrême de l’exil, prenne ces éléments en compte, au sein de tout Israël. Qu’Il permette l’expiation de ce qui s’est passé et de ses conséquences, une expiation entière, afin que l’on soit, selon l’expression de l’Admour Hazaken, “ agréé par Dieu, accepté et chéri devant Lui ”. Chacun et chacune des habitants de Kfar ‘Habad ne connaîtra que le bienfait et la bonté, un bien visible et tangible, dès maintenant et pour l’éternité. Dieu fasse que je reçoive, au plus vite, de bonnes nouvelles de tout cela.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez définitivement inscrits pour une bonne année,
N. B. : Conformément aux enseignements bien connus de nos Sages, s’appliquant à un homme par l’intermédiaire duquel du tort a été causé aux autres, surtout d’après ce qu’explique Iguéret Ha Kodech, au chapitre 25, ceux qui ont subi un affront doivent eux mêmes s’engager à mettre en pratique une Mitsva de Dieu avec plus de scrupule et d’une meilleure façon. Bien entendu, ils doivent déraciner toute rancune de leur cœur, ce qu’à Dieu ne plaise, comme le souligne la Paracha de cette semaine. Quand on réunit “ ensemble toutes les tribus d’Israël ”, on peut être “ en présence des chefs du peuple ” et l’on obtient que “ il y eut, en Yechouroun, un Roi ”. Le Likouteï Torah montre la grande élévation des enfants d’Israël, quand ils parviennent au niveau de Yechouroun.
Notes
(1) Voir, à ce propos, la lettre n°5777. (2) 1948.
Lettre n°5784
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5784, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Tichri 5718,
Brooklyn,
Aux dirigeants de jeunes de l’association ‘Habad,
branche de New Haven, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 4 Tichri, avec ce qu’elle contenait. Vous me décrivez brièvement vos actions des semaines passées. Vous préparez sûrement un programme détaillé pour les jours de joie qui approchent, pour nous et pour tout Israël, de manière positive. Ces jours comprennent, en particulier, la bénédiction des quatre espèces, les réunions ‘hassidiques de Sim’hat Beth Ha Choéva, de Chemini Atséret, de Sim’hat Torah.
Cette année, il y aura, en outre, trois jours consécutifs de joie, deux jours de fête et un Chabbat qui le suit, au cours duquel on dit : “ Que se réjouisse de Ta Royauté ceux qui gardent le Chabbat ”, même si le contenu de ce jour est le plaisir, comme l’expliquent longuement les textes de la ‘Hassidout. Puisse donc Dieu faire que se multiplie le nombre des actions et de ceux à qui elles s’adressent. En bonne santé et dans la joie, vous connaîtrez la plus haute élévation dans la diffusion des sources à l’extérieur jusqu’à ce que cet extérieur devienne intérieur, comme l’exigent ces jours, depuis la veille de Roch ‘Hodech Elloul, desquels il est dit : “ Recherchez Ma Face. Eternel, Je rechercherai Ta Face ”.
Avec ma bénédiction afin que vous donniez de bonnes nouvelles et soyez définitivement inscrits pour une bonne année,
Lettre n°5785
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5785, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Tichri 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu(1) la coupure de presse que vous m’avez adressée(2), avec les quelques mots que vous y avez joints.
La réponse à votre question se trouve dans sa formulation : que fait-on, dans vos milieux, pour qu’un jeune homme, né ici, non seulement comprenne la prière, mais, en outre, veuille bien la prononcer ? plus encore, qu’il ne se contente pas de le vouloir, mais qu’il prie effectivement, trois fois par jour ? Et, pensez-vous qu’en publiant les quelques lignes que vous avez écrites dans un journal, vous faites un pas décisif, dans cette direction ?
Puisse Dieu faire qu’au lieu de poser des questions et d’accuser les autres, vous donniez vous même l’exemple en mettant en pratique la Torah et les Mitsvot dans votre existence quotidienne, en ne vous affectant pas des moqueries, en n’ayant pas honte d’accomplir tout ce que l’on attend de vous. Quiconque exerce une influence doit être proche du mode de vie juif, ce qui veut dire, très simplement que l’on doit porter les Tefillin, manger cacher, respecter le Chabbat.
Bien entendu, ne vous connaissant pas, je ne sais pas dans quelle mesure ce qui vient d’être dit s’applique à votre cas. Néanmoins, dans ce pays, la majeure partie des écrivains et de ceux qui posent des questions sur les autres, se justifient ainsi de ne pas rechercher le Judaïsme véritable, c’est-à-dire, au sens le plus littéral, une existence quotidienne basée sur le Choul’han Arou’h. Mais, peut-être appartenez-vous à la minorité qui a adopté un bon comportement.
Avec mes respects et ma bénédiction afin que vous soyez définitivement inscrit pour une bonne année,
Le secrétaire,
Je répondrai au moins à une question posée dans votre prière(3) :
“ Fatigués de tuer pour sanctifier le Nom de Dieu et du fait des douleurs de l’enfantement du Machia’h ”.
Pourquoi avez-vous choisi cette formulation, qui ne correspond pas à la rime de cette prière, ayant un trop grand nombre de syllabes, par rapport aux autres vers ? En outre, son contenu n’est pas adapté. Vous dites : “ tuer pour sanctifier le Nom de Dieu ”, tout comme David à tué Goliath. Il aurait fallu signifier le contraire : “ être tués pour sanctifier le Nom de Dieu ”. En outre, cette phrase n’est pas à sa place. Elle est superflue dans une prière pour la fin des persécutions et la venue de la délivrance. Or, vous-même auriez dû écrire, à la place de cela :
“ Mon âme, qui est fatiguée par ceux qui tuent pour les douleurs de l’enfantement du Machia’h, priera ”.
Ceci aura un autre avantage, car la suite naturelle de ce texte serait : “ mon âme parlera et priera ”, alors que vous écrivez : “ mon âme ne parlera pas ”, puis vous vous adressez à ceux qui sont “ fatigués ” en leur disant : “ nous prierons ”. En outre, “ mon âme, qui est fatiguée par ceux qui tuent ” est bien un verset. Or, dans les autres vers, vous vous efforcez de reprendre des versets.
Notes
(1) Cette lettre a été rédigée par le secrétariat du Rabbi, puis relue par le Rabbi lui-même. La fin de la lettre, après la signature du secrétaire, a été personnellement écrite par le Rabbi. (2) Il s’agissait d’un poème, publié par la presse et l’auteur notait, en marge de celui-ci : “ Combien parmi vos élèves, nés ici, pourront-ils comprendre cette prière ? ”. (3) Qui disait, en particulier : “ De ceux qui gardent le matin, mon âme ne parlera pas (Tassia’h, dont la valeur numérique est 718, faisant allusion à l’année 5718-1948). Fatigués de tuer, pour sanctifier le Nom de Dieu et du fait des douleurs de l’enfantement du Machia’h, nous prierons : Que ce soit la fin, la fin de tous ces dragons droits ”.
Lettre n°5786
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5786, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Tichri 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous me décrivez ce qui s’est passé, ce Rav qui a prononcé des paroles sévères contre l’étude de l’enseignement profond de la Torah.
Il serait bon que vous réunissiez les propos de Rabbi ‘Haïm Vital, dans son introduction à la Porte des introductions, figurant également dans le Ets ‘Haïm, édition de Varsovie, ceux de mon beau-père, le Rabbi, dans les additifs du Kountrass Ets ‘Haïm, ceux du Rabbi Rachab, dans ce même Kountrass(1). Vous y ajouterez l’extrait bien connu de la sainte lettre du Baal Chem Tov, qui dit que : “ quand tes sources se répandront à l’extérieur, il(2) viendra ”. Si cet homme est, en outre, un opposant à la ‘Hassidout, vous pourrez également ajouter à cela l’affirmation du Gaon de Vilna(3) selon laquelle la délivrance en dépend(4).
Vous lui enverrez tous ces textes en lui demandant ou bien d’affirmer qu’il est en controverse avec chacun d’entre eux et adopte l’avis contraire ou bien de revenir sur ses propos et de l’affirmer publiquement, comme l’exige la Hala’ha, en pareil cas. Il doit faire savoir publiquement qu’il revient sur ce qu’il a dit, puisqu’il avait affirmé sa position publiquement.
Même, si vous n’obtenez pas un tel résultat, vous serez, au moins, protégé, à l’avenir. Vous préparez sûrement un programme afin de profiter des jours propices, qui approchent, dans les proportions les plus larges. Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez définitivement inscrit pour une bonne année,
Notes
(1) Dont il est l’auteur. (2) Le roi Machia’h. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°5653. (4) De l’étude de l’enseignement profond de la Torah
Lettre n°5787
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5787, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Tichri 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
C’est en ces jours(1) que l’on est définitivement inscrit pour une bonne année. Or, disent, nos Sages, “ tout va d’après la conclusion ”. Puisse donc Dieu faire que celle-ci soit un bien visible et tangible, dans tous les domaines, matériels et spirituels. Dans la joie et l’enthousiasme, vous vous servirez de vos capacités afin de rehausser la Tradition d’Israël. Vous garderez, pour toujours, vos forces de jeunesse, car vous êtes lié et attaché à Celui de Qui il est dit : “ L’Ancien des jours siège ”. Il est dit aussi : “ Attache-toi à Ses Attributs ”, c’est-à-dire : “ Tout comme Il est miséricordieux, sois-le également ”. Ceci a la conséquence suivante, “ vous êtes attachés à l’Eternel votre Dieu, tous vivants aujourd’hui ”.
Ce qui vient d’être dit est la réponse pouvant être apportée au point profond qui est le contenu de votre lettre. En effet, pour quelles raisons perd-on la tranquillité morale ? Pour des préoccupations qui, dans le temps, ne sont, pour leur plus large part, qu’une toute petite partie de la vie de l’homme, sur cette terre. Tout cela est insignifiant par rapport à l’éternité, aux actions humaines qui lui sont liées et, plus encore, à ce qui transcende totalement la notion de temps. En effet, conformément à un dicton du Maguid(2), le temps a également été créé.
Avec mes respects et ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela et d’être définitivement inscrit pour une bonne année,
Notes
(1) Entre Roch Hachana et Yom Kippour. (2) De Mézéritch. Voir, à ce sujet, les lettres n°156 et 283.
Lettre n°5788
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5788, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Tichri 5718,
Brooklyn,
Au jeune Chalom Douber(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’interrogez sur le port d’un Talith et d’une ceinture pour la prière, dans une synagogue dont les membres n’ont pas les coutumes des ‘Hassidim.
Il est évident qu’en la matière, s’applique la décision de nos maîtres selon laquelle “ la polémique est haïe ”. S’il est possible d’y adopter les usages des ‘Hassidim d’une manière pacifique et agréable, cela est judicieux. Mais, il faut écarter la controverse, à ce propos. Il en est de même, bien entendu, pour le port du grand Talith que ces hommes adoptent, à la différence des ‘Hassidim(2). De même, chez eux, l’officiant porte un grand Talith, ce qui n’est pas notre coutume. Dans la mesure où ils font un ajout, il faut accéder à leur demande. Mais, le grand Talith sera porté précisément sur les épaules(3). A l’opposé, ils ne portent pas la ceinture(4) et, en la matière, il faut, bien au contraire, multiplier les efforts pour la maintenir, d’autant qu’elle permet de mettre en pratique l’Injonction : “ Prépare-toi pour ton Dieu, Israël ”.
S’agissant du nombre de bougies allumées sur le pupitre de l’officiant, il est clair que tout dépend de la coutume de l’endroit. Si celui qui conduit l’office est en deuil, ou bien s’il commémore l’anniversaire d’un décès, ce qu’à Dieu ne plaise, il est bon qu’il allume cinq bougies, pendant la prière, conformément au dicton de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel “ l’âme porte cinq noms ”.
S’agissant du texte qui doit figurer sur la pierre tombale, vous prendrez conseil auprès des ‘Hassidim âgés de votre entourage. A l’occasion de la nouvelle année, vous recevrez tous la bénédiction d’être définitivement inscrits pour une bonne année.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav C.D. Kievman, de Tel Aviv. (2) Qui ne sont pas encore mariés. (3) Et, non sur la tête, dans la mesure où ce jeune homme n’est pas marié. (4) Il s’agit donc d’une suppression, alors que, dans le cas précédent, il y avait un ajout.
Lettre n°5789
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5789, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Tichri 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’écrivez à propos de votre fils et vous évitez, en permanence, d’évoquer le point qui est pourtant essentiel, c’est-à-dire le fait que j’ai, certes, enfin donné mon accord à sa venue ici(1), mais qu’il y avait une condition expresse à cela. Il devait, pendant cette année, améliorer son comportement de manière significative. Ceci devait faire la preuve que son voyage ici se justifiait. Si une telle amélioration ne se manifeste pas, il est clair que je maintiens ma position précédente. Comme je vous l’ai longuement expliqué lorsque vous étiez ici, il est préférable qu’il reste là où il est, à proximité de ses parents. Il est évident que tel est mon avis, pour son bien véritable. En conséquence, et dans la mesure où la condition n’a pas été suivie d’effet, je suis surpris que vous poursuiviez l’effort pour qu’il vienne ici.
C’est en ces jours(2) que l’on est définitivement inscrit pour une bonne année. Or, disent, nos Sages, “ tout va d’après la conclusion ”. Puisse donc Dieu faire que celle-ci soit un bien visible et tangible, dans tous les domaines, matériels et spirituels. Dans la joie et l’enthousiasme, vous vous servirez de vos capacités afin de rehausser la Tradition d’Israël. Vous garderez, pour toujours, vos forces de jeunesse, car vous êtes lié et attaché à Celui de Qui il est dit : “ L’Ancien des jours siège ”. Il est dit aussi : “ Attache-toi à Ses Attributs ”, c’est-à-dire : “ Tout comme Il est miséricordieux, sois-le également ”. Ceci a la conséquence suivante, “ vous êtes attachés à l’Eternel votre Dieu, tous vivants aujourd’hui ”.
Notes
(1) Vraisemblablement afin de poursuivre ses études dans la Yechiva qui se trouve auprès du Rabbi. (2) Voir la lettre n°5787. Ce paragraphe se retrouve dans les lettres adressées à plusieurs personnes.
Lettre n°5790
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5790, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Tichri 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, avec votre demande de bénédiction, qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous m’écrivez que vous ressentez de la crainte.
De façon générale, tout cela n’a pas d’existence réelle, si ce n’est dans votre pensée et dans votre réflexion. Pour que tout disparaisse, il suffit de ne plus y penser. Et, comme vous le savez, on n’oublie pas une pensée en luttant contre elle, car cette lutte va, précisément, à l’encontre de l’oubli. Bien au contraire, il faut avoir d’autres pensées, totalement différentes. Quand cette pensée émerge en votre esprit, vous n’y prêterez donc aucune attention . Bien entendu, il ne faut pas l’exagérer ou s’insurger contre elle, mais bien la repousser au moyen d’une autre pensée, en particulier celle qui appartient à la Torah et aux Mitsvot, car même un peu de lumière suffit pour repousser beaucoup d’obscurité.
A l’évidence, il est plus aisé d’obtenir ce résultat quand le corps est fort et en bonne santé. Il serait donc bon que vous consultiez un médecin, à ce sujet. Vous vous conformerez à sa prescription, mais, comme je l’ai dit, sans vous demandez si vous avez peur. C’est en ces jours que l’on est définitivement inscrit pour une bonne année et Dieu, Qui est l’Essence du bien, l’accorde ici-bas à un Juif, en un bien visible et tangible.
Avec ma bénédiction afin d’être définitivement inscrit pour une bonne année,
Lettre n°5791
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5791, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Tichri 5718,
Brooklyn,
Au jeune Avraham Abish(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’interrogez sur la source des propos de l’Admour Hazaken, dans Iguéret Ha Techouva et également dans Iguéret Ha Kodech, selon lesquels celui qui accède à la Techouva et veut se libérer des jeûnes et des mortifications n’est pas concerné par l’interdiction de donner plus du cinquième(2).
L’Admour Hazaken l’explique lui-même. Il constate que la guérison de l’âme n’est pas moins que celle du corps. Il est dit que “ un homme donne tout ce qu’il possède pour sauver son âme ”. Or, une idée logique constitue bien la source la plus probante, comme l’établit, en particulier le traité Ketouvot 22a.
Vous m’interrogez sur un programme d’étude de la ‘Hassidout. Vous consulterez, à ce propos, les ‘Hassidim âgés de votre entourage. Ils vous guideront, car différents points de détails doivent être pris en compte’, en ce domaine.
Avec ma bénédiction afin d’être définitivement inscrit pour une bonne année,
M. Schneerson,
Note ultérieure : Sdeï ‘Hémed, principes(3) et logique.
Notes
(1) Le Rav A.A. Porouch Glickman, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4993. (2) De ses revenus à la Tsédaka, limite qu’il est, d’ordinaire, interdit de dépasser. (3) A l’article “ logique ”, principe 63, qui se demande si la prise en compte de la logique est une règle de la Torah
Lettre n°5792
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5792, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Au nom de Dieu(1),
11 Tichri 5718,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Ephraïm Eliézer Ha Cohen(2),
Je vous salue et vous bénis,
A la veille du jour sacré, avant de me rendre près du saint tombeau(3), j’ai reçu votre lettre, avec ce qu’elle contenait et j’ai mentionné votre nom près de ce saint tombeau, en fonction du contenu de votre lettre.
A ce propos, je suis revenu du saint tombeau plus tard que prévu et je n’ai pas eu le temps de vous téléphoner. Néanmoins, l’essence même du jour sacré accomplit tout ce qui est nécessaire et vous consulterez, à ce sujet, les responsa Tsafnat Paanéa’h, du Gaon de Ragatchov, tome 1, chapitres 101 et 102. Ces textes traitent de la veille du Chabbat, du jour redoutable, puis de l’issue du Chabbat et de Yom Kippour.
Puisse Dieu faire que tout cela se révèle, comme l’explique la ‘Hassidout, durant les jours de notre joie, qui approchent, pour nous et pour tout Israël, pour le bien, que l’on se pénètre de cette révélation, qu’on en intègre la meilleure partie, jusqu’à ce que s’accomplisse prochainement la promesse, relative à la royauté, selon laquelle “ tous auront un seul roi ”. Vous consulterez la séquence de discours ‘hassidiques de Roch Hachana 5708(4), qui vient de paraître.
Avec ma bénédiction pour une fête(5) joyeuse,
Notes
(1) Expression qui désigne le lendemain de Yom Kippour. (2) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son sujet, les lettres n°5491, 5888, 6016 et 6042. (3) Du précédent Rabbi. (4) 1947, du précédent Rabbi. (5) Soukkot.
Lettre n°5793
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5793, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Tichri 5718,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yossef Elyahou(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 8 Tichri, dans laquelle vous m’interrogez sur la possibilité de vous allier à des Rabbanim appartenant à différentes catégories. De façon générale, il n’est pas de mon propos de trancher les questions hala’hiques. Certes, j’ai fait connaître ma position(2) sur la participation au New York board of rabbis and synagogue council(3). Je devais le faire, compte tenu de la tournure que la situation pouvait prendre, ce qu’à Dieu ne plaise. Néanmoins, votre question est dans le prolongement de celle-ci et je vous écris donc ce qui est mon opinion tranchée, en la matière :
A) Est-il judicieux de s’associer, dans le cadre d’un tribunal rabbinique, avec des Rabbanim qui, dans leur synagogue, qualifiée d’orthodoxe, ne placent pas la table de lecture de la Torah au milieu du lieu de prières ou bien qui autorisent des femmes à prendre place parmi les hommes, bien qu’il existe une section féminine ? Plus encore, faut-il s’associer à un Rav qui est considéré comme orthodoxe, au même titre que sa synagogue, alors que, dans celle-ci, il n’y a pas de séparation entre les hommes et les femmes ?
J’ai dit, dans la lettre que j’ai écrite à propos de la participation à de telles organisations, qu’en la matière, c’est la conception, plus que l’action concrète, qui doit être envisagée. Si un Rav dit que, selon sa conception, toute la Torah a été donnée sur le mont Sinaï, à l’exception d’un seul verset, celui-ci est un impie, conformément à la décision de la Torah, même si, par ailleurs, il accomplit toutes les Mitsvot, jusque dans le moindre détail. Bien entendu, il est alors interdit de s’associer à lui, afin de trancher la Hala’ha, dans le cadre d’un tribunal rabbinique, pour reprendre l’expression figurant dans votre lettre.
A l’opposé, si un Rav admet que la pratique juive compte six cent treize Mitsvot, avec tous leurs détails, que l’ensemble de la Torah émane du ciel, mais que, par ailleurs, il commette des fautes parce qu’il est victime de son mauvais penchant, qui le soumet à des tentations et des désirs, car il doit bien gagner sa vie, celui-ci est un Rav transgressant la Loi, ce qui n’interdit pas de s’associer à lui pour la trancher. Vous pouvez en déduire ce qu’il convient de faire, en la matière.
B) La synagogue, avec tout ce qui la concerne, est un lieu public, à la disposition du plus grand nombre. En conséquence, il est clair que ses membres doivent réagir, si la table de lecture n’est pas placée au milieu ou bien si quelques femmes prennent place là où se trouvent les hommes ou encore s’il n’y a pas du tout de séparation entre les hommes et les femmes. Or, on leur a expliqué que, d’après le Choul’han Arou’h, ces pratiques sont interdites, mais ils répondent qu’aux Etats Unis, tout est différent. Ce point a été discuté par les dirigeants de la synagogue et le Rav s’est conformé à leur avis.
En pareil cas, il ne s’agit pas de la faute d’une personne, ni même d’une faute tout court, mais bien d’une modification fondamentale du Choul’han Arou’h et de notre sainte Torah. Dès lors, peu importe que le Rav se définisse comme orthodoxe ou non. Et, je suis heureux de pouvoir ajouter que plusieurs jeunes Rabbanim de ma connaissance, dont la synagogue se trouve dans la situation qui vient d’être décrite, y proclament, bien au contraire, qu’une séparation entre les hommes et les femmes est indispensable, d’après le Choul’han Arou’h. Et, de temps à autre, ils inscrivent de nouveau ce point à l’ordre du jour de la direction de la synagogue.
C) Est-il permis de s’associer, dans les conditions qui viennent d’être décrites, avec un Rav dont la synagogue possède un microphone et qui s’en sert lui-même, pendant le Chabbat(4) et les fêtes, ou bien ne dispose pas d’une séparation entre les hommes et les femmes ?
Tous ceux qui connaissent un tant soit peu la technique savent que l’usage du microphone, pendant le Chabbat et les fêtes, est une interdiction tranchée, selon une disposition de nos Sages et peut-être même d’après un principe de la Torah. Or, cela se passe dans une synagogue et reçoit donc une large diffusion. Bien plus, pour reprendre l’expression du verset, il s’agit de “ séduire la reine alors que je me trouve moi-même à la maison ”(5). Le Choul’han Arou’h indique de quelle manière il faut considérer celui qui transgresse le Chabbat publiquement, en particulier quand il se présente comme un Rav, c’est-à-dire comme le guide spirituel d’une communauté.
Il est, bien entendu, totalement exclu de s’associer à une telle personne, dans le cadre d’un tribunal rabbinique, pour trancher la Hala’ha. Naturellement, la meilleure séparation entre les hommes et les femmes n’y change strictement rien. De même, le fait que le Rav proteste contre l’utilisation du microphone et prétende qu’on l’oblige à le faire, ne modifie rien à cette situation. Il n’en est pas moins quelqu’un qui transgresse le Chabbat et, quelles que soient les pressions que l’on exerce sur lui, il est, bien sûr, impossible d’imaginer qu’il y ait là un cas de force majeure, autorisant cette effroyable transgression du Chabbat.
Puisse Dieu permettre à tous ceux qui surmontent cette épreuve de prendre conscience de la vérité, d’écarter la conception erronée selon laquelle, en acceptant le compromis(6), ils rapprocheront les membres de la synagogue, assureront leur subsistance et recevront les honneurs. Avant tout, on reconnaîtra qu’ils ne sont pas des bons à rien, issus d’une autre époque. En effet, ces dernières années, aux Etats Unis, on peut assister à la situation inverse à celle-ci. Les membres des communautés commencent à reconnaître la vérité. Ils comprennent que celui qui accepte le compromis sur un tiers de l’ensemble n’a aucune raison de s’arrêter là, qu’il ira jusqu’à la moitié, puis à la quasi-totalité. Il peut s’agir d’un bon orateur, d’un responsable communautaire efficace, apprécié par les autres membres et par leur famille. Au fond d’eux, ceux-ci le méprisent, car ils le savent dépendant du salaire qu’ils lui accordent. Et, selon l’expression de nos Sages, “ aujourd’hui, il lui demande cela ”(7).
Notes
(1) Le Rav Y.Rakovski, de Miami. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4306. (3) Comité des rabbins de New York et conseil des synagogues. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°5378. (5) Défier Dieu dans l’endroit conçu pour Le servir. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°5378. (7) Puis, à terme, le mauvais penchant le conduit à servir les idoles.
Lettre n°5794
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5794, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Tichri 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me demandez si vous devez porter les Tefillin de Rabbénou Tam. Vous vous efforcerez sans doute de prier dans la pureté(1). En effet, vous connaissez la sainteté des Tefillin, car si la coiffe du grand Prêtre est sainte, combien plus le sont les Tefillin, conformément à l’explication bien connue de nos Sages. Il est donc judicieux de les porter.
Vous dites que celui qui ne porte pas lui-même les Tefillin de Rabbénou Tam ne peut pas les écrire. Ce point a déjà été discuté par les Décisionnaires(2). Selon leur conclusion, on ne doit pas appliquer, en la matière, le principe selon lequel “ celui qui ne les attache pas ne les écrit pas ”, a fortiori s’il le fait par concupiscence, comme le dit le début du chapitre 39. Toutefois, au moins a priori, il est, bien entendu, préférable que celui qui les écrit soit quelqu’un qui les porte. Les avis, en la matière, sont exposés dans le Meassef Le ‘Hol Ha Ma’hanot et le Choul’han Mela’him sur le Kitsour Choul’han Arou’h.
Vous gardez sûrement les trois études, portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya, en plus des études que vous menez dans le cadre de la Yechiva. Que Dieu vous accorde la réussite.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) En particulier, en faisant précéder la prière d’une immersion rituelle. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°5223.
Lettre n°5795
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5795, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Tichri 5718,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et assume une mission sacrée, le Rav Moché Its’hak(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre m’annonçant une bonne nouvelle, puisqu’un cours public de Guemara va commencer, le premier jour de ‘Hol Ha Moéd Soukkot. Puisse Dieu faire que cette étude soit fructueuse, qualitativement et quantitativement, c’est-à-dire par la multiplication du nombre de ses participants. A n’en pas douter, s’accomplira ici la promesse de nos Sages selon laquelle “ grande est l’étude qui conduit à l’action ”. Vous me demandez par quel traité vous devez commencer et comment envisager cette étude.
Pour l’heure, cette étude ne dure qu’une heure par semaine. Il serait donc judicieux qu’elle porte sur un traité dont les passages ne sont pas très longs ou bien sur un petit traité, que l’on pourra conclure en quelques mois. Dans la mesure où il s’agit de quelque chose de nouveau, il serait également bon de choisir un thème en relation avec les lois d’usage courant. Compte tenu de ces éléments, vous pourriez avantageusement proposer que l’on étudie le traité Meguila. Dans cette même catégorie, on peut ranger le traité Roch Hachana, fête qui vient de passer. Dans le traité Beïtsa, toutefois, il y a des passages difficiles et les lois traitées sont d’usage moins fréquent, sont moins utiles aux personnes, dans la pratique concrète. Il n’en est pas de même, en revanche, pour le traité Meguila, dans lequel on trouve plusieurs Midrashim qui suscitent l’intérêt et reçoivent différents commentaires, dans le Eïn Yaakov. Vous pourrez choisir ceux qui conviennent le mieux à votre auditoire.
Puisse Dieu faire que s’accomplisse ce qui est dit au début et à la fin de ce traité : “ du 11 au 15 ”(2). Les premiers Sages voient en cela une allusion(3) au Nom divin Avaya, dont la valeur numérique de la conclusion, Vav et Hé, est onze, alors que celle du début est quinze, Youd et Hé. La somme des chiffres compris entre onze et quinze est soixante cinq, valeur numérique du Nom divin Ado-naï, Celui qui est le “ bouclier ” et le “ fourreau ” de Avaya, faisant ainsi allusion à la Divinité Qui est occultée par le monde et qu’il convient de mettre en évidence par l’étude de la Torah, grâce à laquelle on peut établir ce qui est cacher, pur et permis. De la sorte, on sait, au quotidien, mettre en évidence le contenu véritable de la journée.
Et, comme le dit la conclusion de ce traité, Moché instaura que les enfants d’Israël étudient les lois de chaque jour. Rachi, à cette référence, précise qu’ils doivent les recevoir et les mettre en pratique, eux mêmes et leurs enfants, dans ce monde et dans le monde futur.
Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et pour une joyeuse fête,
Notes
(1) Le Rav M.I. Hecht, de New Haven. Voir, à son propos, les lettres n°4887, 5800, 5838 et 5950. (2) On lit la Meguila du 11 au 15 Adar. Ceci est le début de ce traité, sa première Michna. (3) Voir, à ce propos, le Likouteï Si’hot, tome 4, page 1289.
Lettre n°5796
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5796, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Tichri 5718,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Moché, docteur Taub(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de la veille de Roch Hachana et, comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom et celui des membres de votre famille, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous obteniez la satisfaction de vos besoins, conformément au contenu de votre lettre.
Puisse Dieu faire qu’avec largesse d’esprit et dans le calme, vous puissiez approfondir votre soumission à Dieu, en étudiant notre sainte Torah, en mettant en pratique ses Mitsvot de la meilleure façon. Vous renforcerez votre engagement en ce sens, conformément à l’Injonction selon laquelle on connaît l’élévation dans le domaine de la Sainteté. De la sorte, se multiplieront les bénédictions de Dieu, en tous vos besoins.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour une joyeuse fête,
Vous me demandez des détails sur le Rav Ichaya docteur(2). Vous consulterez, à son propos, le Beth Rabbi, à la fin du chapitre 26, qui parle également de Rav Its’hak docteur et de Rav Avraham docteur. Vous verrez aussi mes notes sur les responsa Tséma’h Tsédek, parus à Brooklyn, à la fin du tome 6, page 102 et la lettre du Gaon, Rav I.A. Epstein, de Homyl, imprimée à la fin du Likouteï Amarim, paru à Poltava, en 5678(3), qui dit : “ J’ai écrit… avait raison ”(4).
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°4738. (2) L’un des ‘Hassidim de l’Admour Hazaken, qui était médecin. Voir le recueil Yagdil Torah, paru à New York, tome 34, chapitre 91. (3) 1918. Il semble qu’il s’agisse du Chneï Ha Meorot. (4) Le Toledot Its’hak Aïzik rapporte : “ J’ai écrit que j’ai entendu le célèbre docteur, monsieur Ichaya de Druya, auteur d’un livre de médecine en Hébreu, paru dernièrement, faire l’éloge des connaissances médicales du Rabbi de Lyadi. Il a précisé ce qu’il a reçu de lui. Ce docteur a surmonté l’épreuve à laquelle il était confronté et il s’est aperçu que le Rabbi avait raison ”.
Lettre n°5797
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5797, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Tichri 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous me décrivez l’emploi du temps de votre journée de même que ce qui vous est arrivé, à Yom Kippour(1).
Vous connaissez la réponse qui est apportée, à ce sujet, par le Tséma’h Tsédek, dans le Chaar Ha Milouïm chapitre 62, que vous consulterez. Bien entendu, vous devez également intensifier votre étude de la Torah, votre pratique des Mitsvot de la meilleure façon, en général et, en particulier, le temps que vous consacrez à l’étude de la ‘Hassidout, que le saint Zohar appelle “ arbre de vie ”(2), car elle raffermit la vie de l’âme et, par son intermédiaire, celle du corps.
Vous avez sans doute connaissance de l’usage positif qui consiste à prélever quelques pièces pour la Tsédaka, chaque jour de semaine, avant la prière du matin. Dieu fasse que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Vraisemblablement une émission séminale en pure perte. Voir, à ce propos, les lettres n°4780 et 5038. (2) Expression qui désigne l’enseignement profond de la Torah.
Lettre n°5798
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5798, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Tichri 5718,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 17/10, dans laquelle vous me dites que, bien que vous vous trouviez, depuis cinquante ans déjà, dans ce pays et même dans une petite ville, vous avez maintenu vos valeurs juives et vous avez éduqué vos enfants en ce sens. En effet, vous êtes issu d’une famille Loubavitch et l’un de vos frères porte le nom du Rabbi Maharach, de Loubavitch.
La conclusion de tout cela me donne l’espoir que le maintien de la pratique juive, tel que vous le concevez, ne consiste pas uniquement, selon l’erreur faite par de nombreuses personnes, à soutenir(1) les institutions juives et à se rendre, quelquefois fois par an, au Temple(2) ou à la synagogue(3). En outre, certains pensent que, s’ils doivent eux-mêmes aller au delà de ces pratiques, celles-ci sont, en revanche, bien suffisantes pour leurs enfants. On a pu constater les drames qui ont résulté, dans des centaines de familles, de telles conceptions.
Un Juif qui met en avant son ascendance ‘hassidique sait sûrement ce que renferme réellement l’expression “ valeurs juives ”. Elle désigne une existence quotidienne conforme aux enseignements de notre sainte Torah, celle que Moché a reçue du Saint béni soit-Il, sur le mont Sinaï. Dieu dirigeait toutes les parties du monde, il y a des milliers d’années. Il le fait encore, à l’heure actuelle et Il le fera toujours, par la suite. Il est donc bien évident que, dans la Torah qu’Il a donnée, Il tient compte des conditions de l’Amérique contemporaine. Pour autant, Il demande effectivement de mettre en pratique toutes les Mitsvot et de le faire également “ à la fin des jours ”, selon l’expression du verset. Bien heureusement, on peut constater que ceux qui le désirent réellement non seulement y parviennent eux-mêmes, mais, en outre, transmettent à leurs enfants les valeurs juives véritables, sans falsification.
J’estime utile de
souligner, conformément à un dicton de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, qu’il n’est jamais trop tard. Si, pour une quelconque raison, la journée d’hier n’a pas été conforme à ce qu’elle devait être, la Techouva sera efficace et elle permettra, à l’avenir, d’avoir le mode de vie qui convient. Je serai heureux d’obtenir, de votre part, de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
N. B. : Vous me faites également part de vos idées sur la réincarnation des âmes ! Vous me dites que vous êtes bijoutier depuis cinquante ans et j’en déduis que vous avez appris ce métier pendant de nombreuses années. J’aimerais savoir pendant combien d’années vous avez étudié la notion de réincarnation, à propos de laquelle vous exprimez votre avis avec tant de certitude, alors que les plus grands Sages d’Israël, le Ari Zal, Rabbi ‘Haïm Vital, l’Admour Hazaken et également le Gaon de Vilna avancent les conceptions que je mettais moi-même en avant et qui ne vous conviennent pas.
Notes
(1) Financièrement. (2) Réformé. (3) “ Synagogue ” dans le texte, terme désignant celle qui est affiliée au mouvement conservative.
Lettre n°5799
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5799, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Tichri 5718,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
aux multiples accomplissements, le Rav Meïr(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous faites référence à l’achat des “ arbres ”, de l’arbre du Baal Chem Tov(2) et à l’envoi immédiat des sommes correspondantes.
Toutefois, la situation des fonds destinés à la publication et aux activités du type de celle que vous proposez est difficile, y compris pour ce qui concerne la parution des livres de ‘Hassidout, en particulier ceux qui incombent directement à ces fonds, les ouvrages de la ‘Hassidout ‘Habad. A fortiori est-ce le cas pour tout ce qui n’appartient pas à cette catégorie. Malgré cela, dans la mesure où cette requête a été formulée en votre nom, je vous joins un chèque d’un montant symbolique.
A cette occasion, j’observe, dans l’en-tête de votre lettre, la liste des livres dont vous êtes l’auteur et je suis surpris qu’ils ne figurent pas dans ma bibliothèque. Les auteurs de tels ouvrages s’efforcent, en effet, d’y faire parvenir leurs écrits, ce qui est utile pour le plus grand nombre(3). Néanmoins, je possède, d’ores et déjà, l’un de ces livres, le tome 1 de l’ouvrage intitulé : “ Les grands de la ‘Hassidout ”.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav M.Charansky, de Tel Aviv. (2) Pour lesquels le Rav Charansky demandait une participation financière au Rabbi. Il s’agit vraisemblablement, d’un chapitre consacré au Baal Chem Tov, dans un livre d’une portée plus large. (3) Tous ceux qui consultent cette bibliothèque.
Lettre n°5800
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5800, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Tichri 5718,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
plein d’empressement, aux multiples accomplissements,
le Rav Moché Its’hak(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de ce dimanche et, devançant la file d’attente, je vous écris aussitôt pour vous remercier de la bonne nouvelle que vous me transmettez(2). En outre, je souhaite que ma réponse soit rédigée encore pendant le mois de Tichri, dont différents textes, en particulier les discours ‘hassidiques de mon beau-père, le Rabbi, expliquent la portée générale, pour toute l’année. Le comportement qu’on y adopte et le contenu qu’on lui donne peuvent donc se poursuivre, durant tous les autres mois de l’année. En conséquence, toute bonne action qui y est accomplie possède une dimension supplémentaire. Elle apporte des fruits et des fruits de fruits au cours des mois à venir. Puisse Dieu faire que vous connaissiez, cette année, uniquement un bien visible et tangible, dans vos accomplissements communautaires et dans vos préoccupations personnelles. Et, vous pourrez ensuite me faire part de tout cela.
Comme vous le savez, chacun possède une Mitsva qui est le portique par lequel tout ce qu’il accomplit reçoit l’élévation et par lequel il obtient lui-même la bénédiction, en tous ses besoins. De façon générale, la divine Providence permet de déterminer quelle est cette Mitsva. Vous-même et vos amis de la Yechiva A’heï Temimim de New Haven, vous vous êtes sûrement aperçus que ce qui concerne cette Yechiva et son développement est votre Mitsva, celle que vous devez respecter plus scrupuleusement, Zahir, au sens littéral, mais aussi selon la signification profonde, qui est à rapprocher de Zohar, clarté, lumière. C’est là ce que l’on attend de chacun d’entre vous et, encore plus, des dirigeants. Il est donc clair que vous avez reçu toutes les forces nécessaires pour cela, tout ce qui permet de mener à bien cette mission, de manière pleine et entière. Comme le dit le Baal Chem Tov, commentant le verset : “ tu lui viendras en aide ”, vous le ferez en bonne santé physique, avec joie et enthousiasme.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, y compris de ce qui vous concerne personnellement, en saluant tous ceux qui vous viennent en aide dans votre mission sacrée et tous ceux qui participent à vos cours publics,
Notes
(1) Le Rav M.I. Hecht, de New Haven. Voir, à son sujet, la lettre n°5795. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°5800.
Lettre n°5801
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5801, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Tichri 5718,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Israël Noa’h(1),
Je vous salue et vous bénis,
On prépare actuellement l’édition de la séquence de discours ‘hassidiques intitulée : “ Tu réjouiras ”, de 5657(2). Peut-être avez-vous eu connaissance ou entendu des précisions sur la période du mariage, les pratiques qui ont alors été adoptées ou, plus généralement, sur ce qui a alors été fait ou dit ?
Si c’est le cas, vous voudrez bien me transmettre ces éléments, en m’en précisant la source et son degré de fiabilité. Peut-être avez-vous connaissance d’une autre personne possédant des informations, en la matière ou bien en ayant souvenir, pour le profit du plus grand nombre. Je vous en remercie d’avance.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Le Rav I.N. Belinitski, de Paris. Voir, à son sujet, les lettres n°3824 et 5944. (2) 1897, du Rabbi Rachab, prononcée à l’occasion du mariage du précédent Rabbi.
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