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Iguerot Kodesh — lettres 5619 à 5639

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°5619

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5619, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Tamouz 5717]

Vous citez(1) les notes de Rabbi ‘Haïm Vital sur le Zohar, tome 3, page 231a, selon lesquelles, avant l’époque de Rabbi Yo’hanan Ben Zakaï, Roch Hachana était célébré uniquement pendant un jour(2), en Erets Israël. Or, selon les Tossafot, au traité Roch Hachana 19b, il en était déjà ainsi à l’époque d’Ezra.

Mais, en fait, les Tossafot reconnaissent que ce que fit Ezra eut un caractère tout à fait exceptionnel. Ainsi, la Guemara dit : “ A l’époque d’Ezra, on ne trouvait pas… ”. Le Zohar, en revanche, parle d’une pratique définitive, “ en tout temps ”. Vous consulterez les termes de l’Admour Hazaken, dans le Likouteï Torah, au début du discours ‘hassidique intitulé “ Il nous fera revivre de deux jours ”.

Vous me dites que, selon un avis, on devrait, encore à l’heure actuelle, célébrer Roch Hachana pendant un seul jour, en Erets Israël. La Hala’ha ne retient cependant pas cet avis. Toutefois, selon cette conception, on peut comprendre profondément la formulation de Rabbi ‘Haïm Vital, qui dit que “ en Erets Israël, il n’y a rien à craindre ”. Vous consulterez également les responsa de Rav Haï Gaon, dans le Otsar Ha Gueonim sur le traité Beïtsa, chapitre 1.

Notes

(1) Cette lettre est adressée au Rav Chaoul Bick et elle fut rédigée à même son courrier du 12 Tamouz 5717. Voir, à son sujet, la lettre n°5464. (2) Et, non pendant deux jours.

Lettre n°5621

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5621, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Roch ‘Hodech Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Ephraïm Eliézer Ha Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’accuse réception, par la présente, de votre lettre du jour au cours duquel fut dit deux fois le mot “ bon ”(2) de la Parchat Masseï, avec ce qu’elle contenait. J’ai bon espoir qu’à réception de la présente, vous ne souffrirez plus de votre pied. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout ce qui est lié à cela, de même que de l’aspect moral des choses.

En effet, le pied, dans le domaine spirituel, correspond à la foi(3). Car, “ Moché reçut six cent treize Mitsvot, sur le mont Sinaï et ‘Habakouk les exprima en un seul principe, ainsi qu’il est dit : le Juste vit par sa foi ”. Différents textes expliquent tout cela, en particulier la Porte de la foi, de l’Admour Haémtsahi. Et, la présente date(4) est liée à cette idée, puisque c’est la Hilloula d’Aharon, le grand Prêtre.

Je vous adresse ma bénédiction afin que nous ayons le mérite, au sein de tout Israël, du fait des événements de ces jours provoqués par le Père(5), d’assister très prochainement à la transformation de ces jours, à la révélation du Visage lumineux, empli d’un amour évident, pénétré de ‘Hassidout et à la venue du consolateur(6). Alors, on dira : “ Je Te loue, Eternel, car Tu m’as réprimandé… et Tu me consoleras ”, d’une double consolation.

Vous consulterez le chapitre 22 d’Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, au paragraphe “ tout comme ”. Et, vous connaissez le dicton de mon beau-père, le Rabbi, reprenant ce que dit l’Admour Hazaken, qui, en citant cette image du père, ne mentionna pas le titre de ‘Hassid, bien que celui-ci soit miséricordieux, sage et juste. En effet, il s’agit bien, en l’occurrence, d’une réprimande. C’est une évidence.

Notes

(1) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son sujet, la lettre n°5491. (2) Lors de la création, le mardi. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3842. (4) Le Roch ‘Hodech Mena’hem Av. (5) Av, Qui détruisit le Temple. Seconde partie du nom de ce mois. (6) Mena’hem, première partie du nom de ce mois.

Lettre n°5622

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5622, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Roch ‘Hodech Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous m’exposez l’état de votre fils, auquel Dieu accordera longue vie. En un moment propice, je mentionnerai son nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que sa situation s’améliore et qu’il s’installe bientôt, de manière positive.

Son état moral résulte de ce qui est arrivé à son jeune frère, puisse-t-il reposer en paix. Il faut donc lui expliquer qu’en adoptant une activité utile aux enfants juifs, il procurera du plaisir à l’âme de son frère. C’est uniquement de cette façon qu’il y parviendra et non en s’isolant. Tous les Juifs et, plus généralement, tous les hommes religieux croient en la pérennité de l’âme, sont convaincus que celle-ci est éternelle, qu’elle existe toujours, qu’elle attend de ceux qui souhaitent son bonheur d’agir pour son bien et pour son élévation, en accomplissant de bonnes actions, au profit des Juifs. Il est clair qu’en s’isolant, on ne peut rien faire pour eux. Bien au contraire, il faut agir, en fonction de ses capacités et de ses moyens.

Vous pouvez, naturellement, montrer la présente lettre à votre fils et puisse Dieu faire qu’il accepte mes instructions. Il recherchera et trouvera une fonction, un travail qui sera utile à l’âme de son frère et, de cette façon, lui procurera du plaisir.

Il serait bon de faire vérifier les Mezouzot de votre maison, de même que les Tefillin de votre fils.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°5623

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5623, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Roch ‘Hodech Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 16 Tamouz. Que Dieu, Qui protège Son peuple, Israël, Qui accorde Sa Providence à chacun, Qui est l’Essence du Bien, vous garde, physiquement et moralement, en tout endroit où vous vous trouvez(1).

Nul d’entre nous ne sachant ce qu’il advient réellement, vous devez considérez que vous avez été envoyé dans l’environnement où vous vous trouvez actuellement, afin d’y renforcer et d’y diffuser le Judaïsme, en général, la ‘Hassidout, ses usages et ses pratiques, en particulier. Chaque effort, chaque intervention en ce sens sont justifiés, compte tenu de la grandeur et de l’importance de l’enjeu. Car, s’il convient d’adopter cette même attitude dans tout milieu où l’on évolue, combien plus est-ce le cas en un endroit duquel il a été spécifiquement dit : “ Ton camp sera saint ”. Comme je le disais, qui sait ce qui se passe réellement ? Lorsque vous aurez mené à bien cette mission, peut-être vous fera-t-on revenir dans votre environnement précédent, dans le bon ordre, avec bonté et dans la paix.

Vous avez sûrement lu les comptes-rendus des causeries commentant le dicton du Baal Chem Tov selon lequel on peut, de toute chose, apprendre une leçon pour le service de Dieu. Quand on se trouve dans un contexte où la règle est l’obéissance et la soumission, on doit se rappeler en permanence, sans cesse, que “ le début du service de Dieu, son aspect essentiel et sa source ”(2) est l’acceptation du joug de la Royauté divine. C’est une évidence.

Vous avez sûrement organisé une réunion ‘hassidique pour la fête de la libération(3). Puisse Dieu faire que vous conserviez la motivation et la joie tout au long de l’année.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Cette lettre est adressée à un soldat. (2) Selon les termes du chapitre 41 du Tanya. (3) Du précédent Rabbi, des prisons soviétiques, le 12 Tamouz.

Lettre n°5624

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5624, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Roch ‘Hodech Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 3 Tamouz, dans laquelle vous me décrivez brièvement ce qui s’est passé pendant ces deux derniers mois. Votre sort est heureux ! Vous avez le mérite de diffuser les sources des Paroles du Dieu de vie, de la ‘Hassidout, en l’enseignant à plusieurs de vos amis. Puisse Dieu vous accorder la réussite, afin que le nombre des participants à cette étude se multiplie de plus en plus. Comme vous le savez, nos Sages donnent l’assurance que : “ si tu fais des efforts, ils seront couronnés de succès ”. Etant le chef de camp(1), vous en profiterez sûrement pour exercer votre influence en ce sens, en fonction des capacités intellectuelles, des aptitudes et des connaissances de chacun. Et, rien ne résiste à la détermination, d’autant que le mérite de ce qui est public vous vient en aide.

Vous me dites que vous établissez un bilan moral et vous vous demandez à quel titre vous enseignez aux autres, en sachant quelle est réellement votre situation. Vous connaissez le critère permettant d’établir l’origine d’un tel argument. Si celui-ci vous empêche d’accomplir une action positive, vous pouvez être certain qu’il émane de “ l’autre côté ”(2), conformément au dicton du Rabbi Rachab, reproduit dans le Hayom Yom, à la date du 23 Sivan 5703, que vous consulterez. Cessez donc d’être déconcerté, de cette façon ! Ne soyez plus troublé par de telles pensées ! Vous me donnerez de bonnes nouvelles de l’influence que vous exercez sur votre entourage et notre Père Qui se trouve dans les cieux vous promet qu’en récompense, “ son cerveau et son cœur deviendront mille fois plus affinés ”.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Peut-être d’un camp militaire. (2) Des forces du mal.

Lettre n°5625

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5625, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Roch ‘Hodech Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 16 Tamouz. Je vous ai déjà écrit que vous devez cesser d’avoir peur de ce qu’un homme peut vous faire. Notre Dieu, Qui se trouve dans les cieux, accorde Sa Providence à chacun et à chacune. Il suffit donc de forger les canaux et les réceptacles pour susciter et intégrer Ses bénédictions. On peut le faire par la Torah et les Mitsvot et, quand une bénédiction supplémentaire est nécessaire, on doit intensifier son engagement pour la Torah et les Mitsvot, par l’intermédiaire desquelles cette bénédiction peut être obtenue de Dieu.

Vous m’écrivez qu’au milieu de la nuit, votre épouse se met à crier et à pleurer. Vous ferez donc vérifier les Mezouzot de votre maison et elle-même prélèvera quelques pièces pour la Tsédaka, avant l’allumage des bougies, de même que chaque matin de semaine. Avant d’aller dormir, elle lira le premier paragraphe du Chema Israël. A partir d’une heure ou deux avant le coucher, elle ne consommera plus d’aliments difficiles à digérer.

J’ai appris, avec plaisir, que vous avez pris part à la fête de la libération, à Kfar ‘Habad. Puisse Dieu faire que la joie et l’inspiration pour la Torah et les Mitsvot soient conservées, tout au long de l’année.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°5626

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5626, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Quatre Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

A mon proche parent, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chmouel Mena’hem Mendel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres du 17 Tamouz, puisse ce jour être transformé en joie et en allégresse, des 20, 24 et 27 Tamouz. Je vous remercie de m’indiquer ce que vous avez fait pendant cette période. Sans doute maintiendrez-vous cet usage positif et puisse Dieu faire que vous influenciez vos amis, partageant avec vous la mission sacrée de diffuser les sources(2), en général et de mener les actions de ‘Habad, en particulier, afin qu’ils en fassent de même et adoptent également cette pratique. Vous avez sûrement reçu, en son temps, la réponse à vos précédentes lettres.

En cette période des trois semaines, qui commémore la destruction(3) et la dévastation, il doit être bien clair qu’il n’y a nullement là une punition, une cause de découragement et de tristesse, ce qu’à Dieu ne plaise, mais bien une réparation, une construction encore plus forte et solide qui permettra de dresser pour Dieu un Sanctuaire ici-bas. Or, il est dit : “ Je résiderai parmi eux ”. En effet, la réparation et la construction du Sanctuaire que chaque Juif et chaque Juive portent en eux, la diffusion des sources, y compris parmi ceux qui, pour l’heure, se trouvent encore à l’extérieur, hâteront la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h et l’édification du Temple, très prochainement.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav C.M. M. Schneersohn, de Jérusalem. Voir, à son propos, la lettre n°5343. (2) De la ‘Hassidout. (3) Du Temple.

Lettre n°5627

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5627, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena’hem Av 5717,

En la présente époque(1), l’éducation et l’enseignement basés sur les valeurs sacrées sont(2) une Mitsva qui ne peut être accomplie par personne d’autre. En effet, “ l’action des autres personnes n’est nullement suffisante ”(3).

En la matière, s’appliquent donc toutes les lois énoncées par le Choul’han Arou’h. Et, vous consulterez également les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, au chapitre 4, à partir du paragraphe 3.

Notes

(1) Cette lettre du Rabbi, imprimée dans Techouvot Ou Biyourim, à la page 313, faisait réponse à la question suivante : “ Les enseignements de nos Sages comme ‘Réduis tes activités pour te consacrer à la Torah’ ou bien ‘Fais en sorte que ta Torah soit fixe et ton travail, précaire’ s’appliquent-ils au domaine de l’éducation et de l’enseignement, ou bien, en la matière, faut-il dire : ‘plus on en fait et mieux c’est’ ? ” (2) Pour chacun de ceux qui s’y consacrent, à titre individuel. (3) “ Selon l’expression de nos maîtres ”. Voir également la lettre suivante.

Lettre n°5628

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5628, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Vous expliquerez au père de votre fiancée(1) que la bonne éducation des enfants juifs, à notre époque, est désormais une Mitsva qui ne peut être accomplie par personne d’autre. En effet, selon l’expression de nos maîtres, “ l’action des autres personnes n’est nullement suffisante ”(2). Une telle Mitsva repousse même celle de l’étude de la Torah, pourtant considérée comme l’ensemble des Mitsvot. Combien plus repousse-t-elle les considérations financières et matérielles.

Puisse le Créateur du monde, Qui accorde Sa Providence à chacun et à chacune, vous conduire sur la voie qui sera bonne pour vous, matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Lequel s’opposait à ce que son futur gendre soit enseignant, ce métier n’étant pas suffisamment lucratif. (2) Voir la lettre précédente.

Lettre n°5629

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5629, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

se consacre aux besoins communautaires,

a des comportements généreux, est issu

d’une illustre famille, le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 15 Tamouz et j’ai éprouvé une satisfaction particulière en y lisant que vous avez pris part à la réunion ‘hassidique de la fête de la libération, à Kfar ‘Habad, en présence de plusieurs personnes qui ont été les témoins visuels de ce qui s’est alors passé, qui ont partagé les souffrances de l’époque. En effet, ce que l’on voit ne peut nullement être comparé à ce que l’on entend. En outre, celui qui a vu est en mesure de communiquer son enthousiasme à celui qui entend, surtout quand ce dernier possède les qualités ‘hassidiques qui lui permettent d’écouter. Grâce à l’un et à l’autre, le bienfait et la plénitude se révèlent à la fois pour celui qui entend et perçoit ce qu’on lui décrit comme une réalité, d’une part, pour celui qui a vu et qui bénéficie lui-même de l’élan qu’il a suscité chez son auditeur, d’autre part.

J’ai reçu une lettre du Rav Kalman Kahana(2), à laquelle étaient jointes les informations concernant la Chemitta. Il m’a précisé qu’il m’envoyait tout cela à votre demande et je vous en remercie. Vous faites allusion à la situation agricole du Kfar(3) et l’on vous a sûrement communiqué ma position, à ce sujet. Tous ceux qui sont susceptibles d’assumer une telle activité doivent continuer à le faire, comme l’établit également une lettre de l’Admour Haémtsahi(4).

J’ai été particulièrement content de ce que vous me dites à propos de monsieur Ben Barak. Puisse Dieu faire que sa participation à la réunion ‘hassidique du jour de la libération lui permette également de percevoir le message. En effet, l’un des principes fondamentaux de la ‘Hassidout, basé sur le verset : “ sans que l’homme ne puisse distinguer le début de la fin ”, affirme que, du fait de la pitié que Dieu éprouve pour chaque aspect de la création, de Sa Volonté que le bien soit entier, Il a fait en sorte que chacun puisse à la fois recevoir et donner. Bien plus, Dieu, si l’on peut s’exprimer ainsi, dit de Lui-même : “ Tu auras soif de l’action de Tes mains ”, c’est-à-dire de ce que nos Sages appellent le service de Dieu, en précisant : “ Quand les Juifs font la Volonté de Dieu, ils ajoutent de la force à la Puissance céleste ”.

A ce propos, je voudrais souligner encore une fois la nécessité d’étendre le Kfar, sans écarter, bien entendu, la possibilité de fonder un second village, quand celui-ci aura été pleinement développé. Ceci permettra d’écarter, à l’avenir, la question des noms(5), afin qu’elle ne puisse plus être soulevée.

J’ai lu, avec plaisir, dans votre lettre, que vous contacterez monsieur Jubiler à propos de la diffusion des écrits de l’Admour Hazaken(6). La fête de la libération vient de passer et mon beau-père, le Rabbi, nous a précisé qu’il ne s’agissait pas d’une délivrance personnelle, mais bien de celle de la ‘Hassidout ‘Habad, dans son ensemble. Puisse donc Dieu faire que ce jour libère tout ce qui concerne la diffusion de la ‘Hassidout et, en particulier, les écrits du père de l’enseignement de ‘Habad, l’Admour Hazaken.

Vous évoquez le logement des élèves de la Yechiva Torat Emet. Depuis longtemps déjà, ceci fait partie de mon programme, en particulier en ce qui concerne les jeunes gens qui vont se marier et qui, pour différentes raisons, s’installent dans la ville sainte de Jérusalem, bien que le logement y soit très cher. Malgré cela, ils y élisent domicile et, au final, ils parviennent à louer ou à acheter un appartement. On peut donc leur faire confiance pour la participation au loyer du logement qu’ils vous ont promis. Mon beau-père, le Rabbi, avait coutume de se servir des forces des jeunes. En conséquence, quand tout cela entrera en phase d’application, j’ai l’intention d’assortir l’attribution d’un logement aux jeunes à la condition de consacrer leur temps à la communauté, en étant enseignant ou bien moniteur, à Jérusalem même ou bien dans un autre endroit, au moins pendant quelques temps. En effet, les besoins, en la matière, sont de plus en plus importants et j’espère que l’on peut organiser l’aide, en la matière, sans remettre en cause ce qui est accordé au Kfar.

Bien entendu, j’ai suivi les discussions du comité exécutif. Chacun recherche ce qui va en son sens et pourra lui être utile, le moment venu. Or, j’observe avec satisfaction que, pas à pas, on se rapproche des conceptions de la Tradition. Il y a, tout d’abord, ce dont nous avons parlé, le fait qu’actuellement, tous s’accordent pour admettre que cela(7) n’est pas la venue du Machia’h, même si celui-ci “ se tient derrière notre mur ”. Or, ce mur tient bon, malgré les fenêtres, les crevasses qui y ont été ouvertes et par lesquelles le Machia’h observe et scrute. De plus, on vient de faire un pas essentiel

en avant, en affirmant que tous, y compris ceux qui résident en Terre Sainte, sont avant tout des Juifs et, ensuite seulement des résidents d’Erets Israël. Comme nous en avions parlé, il faut rechercher les points communs et les domaines dans lesquels tous peuvent croiser les bras, bien plus marcher ensemble. Or, on se dirige effectivement dans cette direction et cela est réjouissant.

Vous avez sûrement participé au colloque international sur la recherche qui vient de s’achever. Je vous joins le compte-rendu de ce qui a été dit devant les enfants de notre colonie de vacances d’été Gan Israël. Ces explications sont basées sur les propos des maîtres de la ‘Hassidout. Au cours de mon travail, j’ai pu remarquer que la formulation de la ‘Hassidout dans des termes compréhensibles par ceux qui, pour l’heure, se trouvent encore à l’extérieur est particulièrement difficile. Or, notre époque est celle de la diffusion, en particulier envers ceux qui se trouvent à l’extérieur.

Pour conclure par des paroles de consolation, en ces jours qui appartiennent aux trois semaines(8), au cours desquels on réduit sa joie, je soulignerai qu’il n’y a pas là une punition, une expression de désespoir, ce qu’à Dieu ne plaise, mais, bien au contraire, une période de réparation de ce qui a provoqué la destruction et la dévastation. Et, cette réparation découle de ce que disent nos Sages, à propos du verset : “ Cantique d’Assaf, Eternel, ils sont venus ”. Ceux-ci soulignent, en effet, qu’Il déversa Sa colère sur le bois et sur les pierres, c’est-à-dire sur l’aspect superficiel du Temple, dont la dimension profonde se trouve en chacun et en chacune, comme l’expliquent nos Sages, à propos du verset : “ Ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux ”. Car, le cœur d’Israël est en éveil. En purifiant et en sanctifiant le Sanctuaire profond qui se trouve dans le cœur de chaque Juif et de chaque Juive, on peut bâtir pour Lui une demeure ici-bas et mériter, très prochainement, la reconstruction du Temple, par notre juste Machia’h.

Avec mes respects et ma bénédiction de réussite,

Notes

(1) Chnéor Zalman Chazar. Voir, à son sujet, la lettre n°5375. (2) Responsable de Poaleï Agoudat Israël. Il s’agit de la lettre n°5614. (3) Kfar ‘Habad. (4) Voir les Iguerot Kodech de l’Admour Haémtsahi, lettre n°39. (5) L’abandon du précédent nom de Kfar ‘Habad, Sfarya. Voir, à ce sujet, la lettre n°5344. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°5580. (7) La création d’un état. (8) Commémorant la destruction du Temple. Voir, à ce sujet, les lettres n°5617 et 5626.

Lettre n°5630

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5630, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’avez fait connaître l’état de votre épouse et voici ma réponse. Dieu fasse que les jours de sa grossesse se passent bien, soient aisés, qu’elle enfante en son temps et aisément.

Je vous adresse mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, pour me dire que bientôt ces jours(1) se transformeront en joie et en allégresse, car le Consolateur(2) viendra nous libérer. Alors, les âmes vêtues de corps connaîtront une bonne vie et la paix.

Je viens de recevoir votre seconde lettre. Le mérite de soutenir(3) la Torah, en particulier celle qui est enseignée publiquement, protégera cette personne(4) en tous ses besoins. Le saint Zohar, tome 3, page 53b, dit que l’on accède ainsi à la prophétie, aux attributs de la victoire, Nétsa’h, et de la soumission, Hod(5), aux “ reins qui conseillent ”. Vous consulterez, à cette référence, la note de Rabbi ‘Haïm Vital, de même que le Pardès, Porte des réceptacles, à l’article “ reins ”.

Notes

(1) De commémoration de la destruction du Temple. (2) Mena’hem, nom de ce mois. (3) Par le don de la Tsédaka. (4) Souffrant des reins. (5) L’un et l’autre à l’origine de la prophétie.

Lettre n°5631

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5631, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 23 Tamouz, dans laquelle vous envisagez deux possibilités de louer un endroit pour créer un ‘Héder. Il est bien clair qu’une location anonyme, du fait de laquelle on pourra toujours craindre des pressions, n’est pas du tout satisfaisante.

S’agissant du nom de cette école, on peut se demander s’il est judicieux de le choisir dès maintenant, ce qui lui donnera d’emblée une certaine orientation. L’avantage est que ceux qui sont étrangers à cette orientation s’apercevront tout de suite qu’ils n’ont rien à y faire. Mais, l’inconvénient est de repousser ceux qui ne veulent pas affirmer publiquement leur lien avec cette orientation. Vous prendrez votre décision en fonction de cela, c’est-à-dire en tenant compte de l’élément le plus déterminant dans votre région. Si vous décidez de lui donner un nom et si vous avez la certitude que cette école sera pérenne, qu’elle fonctionnera correctement, vous l’appellerez Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch et vous l’intégrerez au réseau du même nom.

Vous me dites que vous avez l’intention de rapprocher des personnes dont on peut craindre l’influence, si elles ont leur mot à dire sur la direction de l’école. En la matière, la précaution à prendre est bien simple. Ces personnes doivent apporter leur aide sans pouvoir intervenir dans la direction morale de cette institution.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°5632

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5632, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 23 Tamouz. En un moment propice, je mentionnerai le nom de votre fils et ceux des personnes que vous citez près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Le bégaiement, à cet âge, provient, bien souvent, par exemple, d’une peur soudaine(1). Si l’on en détermine la cause, il sera plus aisé de réparer la situation et d’obtenir une guérison complète. Il serait donc bon de consulter un médecin spécialiste, dans ce domaine. Et, il est sans doute inutile de vous rappeler que, plus vous renforcerez votre engagement dans la Torah et les Mitsvot, plus vous obtiendrez une amélioration dans tous les domaines, en général et dans celui-là, en particulier.

Sans doute envoyez-vous votre fils dans un jardin d’enfants basé sur les valeurs sacrées(2). Il en sera de même pour l’école qu’il fréquentera par la suite.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Nissan Mindel,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°1706. (2) Et, écartant celles qui sont profanes.

Lettre n°5633

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5633, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

Au distingué et estimable ‘Hassid,

qui se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Tsvi(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres des 22 et 23 Tamouz. Puisse ce début de discussion sur le problème des bateaux(2) provoquer une modification concrète, afin de lui trouver une solution conforme aux enseignements de notre Torah, Torah de vie. En effet, l’une des significations de cette expression est qu’en tout endroit, à chaque époque, “ cette Torah ne sera pas changée ”.

Nos Sages disent que Dieu consulta la Torah pour créer le monde. Il est donc inconcevable et impensable que les événements du monde fassent obstacle ou empêchent l’accomplissement de ce qui est dit dans la Torah. Comme la logique première permet de l’établir, il est impossible que l’effet soit plus fort que sa cause. Bien plus, en l’occurrence, l’effet n’est qu’une toute petite partie de la cause et cette dernière est particulièrement élevée, y compris à titre de cause, comme l’indique l’Admour Hazaken, dans le Tanya, à la page 4, la définissant comme “ la Volonté et la Sagesse de Dieu, qu’aucune pensée ne peut saisir ”. Bien entendu, cette cause n’a rien de commun avec les mondes. Seul “ Dieu perçut sa voie et connut son lieu ”. Vous consulterez, à ce sujet, la longue explication du Kountrass A’haron du Tanya, au paragraphe “ David, tu les qualifies de cantiques ? ”.

Je vous joins une coupure de presse, dans laquelle il est question d’un bateau qui quitta la Terre Sainte pour Marseille un jeudi. Un tel voyage, d’après tous les avis, peut s’effectuer sans transgression du Chabbat, car il ne dure pas six jours. Or, ce voyage a été programmé en ce jour-là de la semaine ! Et, comme si cela n’était pas encore suffisant, à la veille du départ, des Rabbanim sont venus dire une prière, à bord, ce qui est un blanc seing accordé aux propriétaires du bateau, alors qu’il y a là, selon tous les avis, une transgression du Chabbat d’après les critères de la Torah. Après tout cela, quelle place peut avoir votre question selon laquelle il s’agirait de manquer de respect à quelqu’un ?

Je doit dire, après tout cela, que je ne sais pas si je serais intervenu, en la matière, dans le cas où le comportement concret aurait été différent de celui qu’on observe. Toutefois, les voyages de ces bateaux compromettent également le respect du Chabbat ici, alors que, même sans ce problème, ce respect n’était pas satisfaisant. Cette question est donc devenu également celle de la ville de New York et de ses habitants. Bien plus, comme je vous l’ai déjà écrit il y a quelques temps, pour quelques personnes qui craignent Dieu, il n’y a là aucun problème, puisque les Rabbanim de Terre Sainte adoptent l’attitude décrite par la coupure de presse que je vous joins. Et, d’autres raisons sont invoquées également.

Concernant le livre du jubilé(3), que vous souhaitez éditer en y faisant figurer ma lettre sur les bateaux, je vous joins la copie d’une autre lettre. Si ces courriers sont imprimés en l’état, sans les adoucir, il est évident que vous pourrez les faire éditer où bon vous semble, bien que je vous ai dit, dans mes précédentes lettres que, pour différentes raisons, on n’a pas coutume, dans la maison du Rabbi, de participer à de tels livres de jubilé. En l’occurrence, toutefois, il s’agit du jubilé de votre beau-père, le grand Rav, auquel j’ai également adressé cette question(4).

Vous faites référence au livre de Yekatrinoslav(5). On cherche actuellement à entrer en contact avec ceux qui en sont originaires. Quand on aura des résultats concrets, on ne manquera pas de vous les communiquer. Je salue les membres de votre famille et puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles dans ces domaines, en particulier pour ce qui concerne les bateaux.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Je vous joins une copie des propos que j’ai tenus devant les enfants de la colonie de vacances d’été Gan Israël(6), sous la direction du Merkaz Le Inyaneï ‘Hinou’h. Comme l’indique son début, je fais allusion ici à tous les enfants juifs, en particulier à ceux dont je mentionne le nom, ce qui, bien entendu, inclut également votre fils Yehouda Leïb.

Notes

(1) Le Rav T.Harkavy. Voir, à son sujet, la lettre n°5009. (2) Israéliens, voyageant pendant le Chabbat. Voir, à ce sujet, la lettre n°5534. (3) Publié à l’occasion du cinquantième anniversaire du Rav Reouven Kats, grand rabbin de Peta’h Tikva et beau-père du Rav Harkavy. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°4709. (5) Ville de Russie dont le Rabbi est originaire et dont le père était le Rav. (6) Voir le Likouteï Si’hot, tome 2, page 593 et les lettres n°5629, 5638, 5649 et 5695.

Lettre n°5634

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5634, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Mena’hem Av 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’avez fait connaître l’état de santé de votre épouse et voici ma réponse. Dieu fasse que les jours de sa grossesse se passent bien, soient aisés, qu’elle enfante en son temps et aisément.

Vous faites référence à un contact pendant la période de la grossesse et à l’issue de celle-ci. Vous ne précisez sur quoi porte votre doute. S’il y a une crainte d’après la Hala’ha, vous l’exposerez à un Rav, qui vous indiquera ce qu’il y a lieu de faire. Si cela dépend de la nature ou de la santé, malgré ce que disent nos Sages, au traité Nidda 31a, il a déjà été expliqué que la nature du corps humain a changé, comme le précisent le Ramah sur le Choul’han Arou’h, Even Ha Ezer, chapitre 156, paragraphe 4, les responsa Maharam Chik, partie Yoré Déa, chapitre 244, le Sdeï ‘Hémed, principes, article Teth, paragraphe 5. Vous consulterez également le Rambam, lois du divorce, chapitre 11, paragraphe 21, le Taameï Ha Mitsvot, de Rabbi ‘Haïm Vital, Parchat Béréchit, au paragraphe “ concernant l’acte conjugale ”.

Il faut donc consulter un médecin spécialiste, en la matière, d’autant qu’en votre cas, des taches de sang ont été trouvées. Mais, ce point ne sera pas développé ici.

Lettre n°5635

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5635, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Mena’hem Av 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille de Roch ‘Hodech Mena’hem Av et à celle qui la précédait. Vous me dites que vous vous apprêtez à commander des parchemins de Tefillin pour les membres de votre famille, constituée, à l’origine, de ‘Hassidim ‘Habad. Vous me demandez de quelle manière ceux-ci doivent être écrits.

Je suis surpris que vous ayez un doute, en la matière, car, “ dans l’endroit lié à Rav, on applique la coutume de Rav ”.

En fait, le sens de votre question est sûrement le suivant. Selon vous, le comportement agréé par le Saint béni soit-Il est celui qui est adopté par la majeure partie du peuple juif. Or, je suis étonné par votre position, car il est bien évident que l’Admour Hazaken souhaitait également instaurer des Tefillin agréées par le Saint béni soit-Il. Et, il est tout aussi clair qu’à son époque, ceux qui adoptaient les pratiques que vous décrivez étaient moins nombreux qu’à l’heure actuelle, car, entre temps, la ‘Hassidout s’est répandue dans différents milieux. Malgré cela, l’Admour Hazaken demanda de faire précisément ce qu’il dit.

Abandonnez donc votre habitude de rechercher des questions et des contradictions ! Engagez-vous sur le droit chemin, en proclamant : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”. Empruntez la voie qui nous a été indiquée par nos saints maîtres, celle de l’ensemble du peuple juif, comme l’explique le Maguid, qui est aussi le maître du Baal Ha Haflaa, lui-même le maître de Rabbi Nathan Adler, le maître du ‘Hatam Sofer. En effet, le Maguid montre l’importance de la treizième porte, incluant en elle les douze autres. Vous consulterez, à ce sujet, l’introduction du Chaar Ha Collel, sur le Sidour.

Vous me dites que vous n’avez pas encore le moyen d’étudier et de ressentir la ‘Hassidout. En outre, vous en êtes empêché par le temps. Or, il est bien évident que la Torah de Dieu est exempte de toute fausseté et il est dit que : “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec félonie envers Ses créatures ”. En l’occurrence, vous avez connaissance, depuis quelques temps déjà, de l’enseignement de la ‘Hassidout. Bien plus, vous avez commencé à l’étudier. De ce fait, s’applique pleinement à vous l’Injonction de nos Sages, énoncée au traité Erouvin 64a, selon laquelle “ celui qui dit : cette explication est belle, cette autre ne l’est pas ” reçoit l’effroyable punition définie par ce texte, que vous consulterez. En la matière, le texte fait bien référence à quelqu’un qui prétend que l’explication n’est “ pas belle ”, mais n’en fait pas moins partie de la Torah, au même titre que l’explication qui est “ belle ”. Pour autant, cet homme décide que, pour ce qui le concerne, il s’agit effectivement d’une “ explication ” qui “ n’est pas belle ”.

Tout ce qui vient d’être dit permet d’établir que vous pouvez effectivement étudier la ‘Hassidout, que vous êtes en mesure de surmonter les obstacles qui se dressent devant vous. Chaque jour qui passe sans que vous l’ayez étudiée est une perte que vous ne retrouverez pas, non seulement pour la ‘Hassidout elle-même, mais aussi pour la connaissance de la partie révélée de la Torah. En effet, le saint Zohar dit que la dimension profonde de la Torah en est l’âme, alors que sa partie révélée n’en est que le corps. Or, les termes employés par la Torah sont précis et l’on peut observer concrètement que le moindre manque, en l’âme, est ressenti par tout le corps. C’est une évidence.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°5636

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5636, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Mena’hem Av 5717,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Mena’hem Zeev Ha Lévi(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 11 Mena’hem Av et celle qui la précédait, avec ce qu’elles contenaient. J’ai été particulièrement satisfait par les quelques feuilles du recueil des coutumes ‘Habad(2), de même que de l’espace que vous ménagez entre les paragraphes. En effet, je souhaite que celui qui dispose de ce recueil n’ait plus besoin de consulter les fascicules(3). Il faut donc reproduire également, dans ce recueil, les notes qu’il y a dans les fascicules. De la sorte, il sera exhaustif.

Vous me demandez ce qu’il convient d’ajouter sur la page des questions. Un ajout sera effectivement fait dès le premier paragraphe. On ajoutera également la nécessité de donner de la Tsédaka avant la prière(4). Et vous citerez, dans les références(5), le Likouteï Torah, à la Parchat Tavo, page 43d, paragraphes 4 et 7.

S’agissant des autres paragraphes, on peut se demander s’il y a bien une tradition définie, précise et définitive. Dans le doute, il est préférable de ne rien écrire. Je ne connais pas le rythme de votre travail, dans l’établissement de ce recueil, mais, bien évidemment, s’il est possible de le publier pendant le mois de Tichri, qui approche, cela serait d’actualité.

Vous continuerez sûrement à noter les coutumes des ‘Hassidim connus. Certaines de leurs pratiques ne sont pas acceptées par tous et parfois même la position inverse est retenue. Malgré cela, j’ai pris connaissance avec plaisir de plusieurs points. Et, le moment viendra d’écrire, à ce sujet.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rav M.Z. Gringlass, de Montréal. Voir, à son sujet, la lettre n°5415. (2) Que le Rabbi avait demandé au Rav Gringlass de rédiger. Voir, à ce sujet, la lettre n°5536. (3) Des coutumes spécifiques à chaque fête, publiées en annexe aux discours du précédent Rabbi. (4) Voir le Séfer Ha Minhaguim ‘Habad, à la page 7. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Ceci exclut le troisième paragraphe de vos questions, qu’il ne faudra pas diffuser ”.

Lettre n°5637

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5637, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, dans laquelle vous me parlez des difficultés que vous rencontrez chez vous, en particulier avec vos jeunes enfants. Il s’agit, pour ce qui les concerne, d’une “ question de vie ou de mort ”, selon l’expression que vous employez. En conséquence, vous envisagez de les placer dans une école de la mission chrétienne, à Ramlé, ce qu’à Dieu ne plaise.

Je suis sûr que vous n’avez pas réfléchi à ce que vous écriviez, en m’affirmant tout cela. En effet, même s’il s’agissait, dans le cas de vos enfants, comme vous le précisez, d’une “ question de vie ou de mort ”, il n’en est pas moins totalement exclu de les placer à la mission, car cela constitue une mort certaine, ce qu’à Dieu ne plaise, que vous envisagez de leur infliger de vos propres mains.

Tout cela fait terriblement mal au cœur. Après que Hitler, puisse son nom être effacé, ait exterminé six millions de Juifs, que Dieu venge leur sang, certains Juifs peuvent encore envisager, même s’ils ne le feraient pas concrètement, de placer leurs propres enfants dans une école chrétienne, ce qu’à Dieu ne plaise. Or, on sait ce que les ecclésiastiques, en Allemagne et dans d’autres pays, ont fait aux enfants juifs et à leurs parents.

Comme je l’ai dit, je suis sûr que vous ne pensez pas réellement ce que vous avez écrit. Peut-être même quelqu’un vous a-t-il conseillé de faire figurer cette phrase, afin de m’impressionner fortement. Concrètement, vous devez vous adresser aux personnes et aux institutions qui gèrent de tels problèmes. Il est certain qu’à Lod, vous pourrez trouver leur adresse. Au final, à n’en pas douter, il en résultera quelque chose.

Il est sûrement inutile de vous souligner que les enfants sont une bénédiction divine, accordée aux parents, qui peuvent ainsi les élever dans le bonheur et non, ce qu’à Dieu ne plaise, les assassiner de leurs propres mains, en projetant de les placer dans une mission. Combien plus en est-il ainsi quand on a besoin d’une bénédiction spécifique de Dieu pour la santé de son épouse, pour la sienne propre et pour gagner sa vie.

Dieu fasse que vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°5638

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5638, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Mena’hem Av 5717,

Brooklyn,

Aux dirigeants des jeunes de l’association ‘Habad,

groupement de Montréal, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre m’annonçant une bonne nouvelle, à propos du centre aéré(1). Sans doute le renforcerez-vous à l’occasion de sa seconde session(2). En effet, notre sainte Torah demande que l’on connaisse l’élévation, dans le domaine de la sainteté. Heureux est le sort de tous ceux qui participent à un accomplissement aussi élevé, comme l’expliquent différents textes de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout.

Je vous joins une copie de ce qui a été dit, lors de la fête d’inauguration de la colonie de vacances Gan Israël. Si cela n’a pas encore été fait, il serait bon d’en faire connaître le contenu ou même l’ensemble de la causerie à ceux qui se trouvent dans votre centre aéré.

Je vous remercie pour la bonne nouvelle de l’organisation d’une réunion ‘hassidique, à l’occasion de la fête de la libération(4) des 12 et 13 Tamouz. Puisse Dieu faire que l’inspiration, la joie et la liberté se prolongent tout au long de l’année, dans tous les domaines qui font obstacle aux trois piliers du service de Dieu que sont la Torah, la prière et les bonnes actions.

Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) En anglais dans le texte, “ day camp ”. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°5495. (3) Voir la lettre n°5633. (4) Du précédent Rabbi, des prisons soviétiques.

Lettre n°5639

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5639, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Mena’hem Av 5717,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Naftali(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de Roch ‘Hodech Mena’hem Av et, en un moment propice, je mentionnerai, près du tombeau(2), tous ceux que vous citez dans ce courrier. Je vous remercie pour votre remarque relative à la publication des lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken. Depuis longtemps, je pensais en prévoir une édition spécifique et combien plus faut-il le faire maintenant, dès lors que cette remarque a été formulée. Le mérite de tous dépend de ceux qui formulent de telles remarques.

Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, le contenu de vos lettres ait uniquement pour objet de grandir et de parer la Torah, son enseignement révélé et sa dimension cachée, qui forment un tout. De fait, leurs noms sont significatifs, puisque l’on parle de la partie superficielle et la partie profonde(3), du corps et de l’âme(3).

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav N.Gluskin. (2) Du précédent Rabbi. (3) De la Torah.

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