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Iguerot Kodesh — lettres 5457 à 5476

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°5457

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5457, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Iyar 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, j’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 9 Iyar, dans laquelle vous me faites part des actions accomplies, par vous-même et par les autres. Sans doute ne vous contentez-vous pas de ce qui a été obtenu jusqu’à maintenant. En effet, notre sainte Torah demande de connaître l’élévation, dans le domaine de la sainteté, en particulier à notre époque, lorsque “ il n’est pas de jour…(1) ”. Il est alors particulièrement important de renforcer ce domaine.

Vous me dites que vous pratiquiez des demis jeûnes. J’en suis surpris et étonné, car cette pratique n’est pas conforme à ce que dit l’Admour Hazaken, dans Iguéret Ha Techouva. Bien plus, la pratique concrète fait la preuve que l’on affaiblit ainsi le pouvoir de concentration de ses pensées, d’approfondissement dans l’étude de la partie révélée de la Torah et, encore plus, de la ‘Hassidout. En pareil cas, le Choul’han Arou’h établit clairement qu’un tel jeûne n’est pas souhaitable. Certes, il est nécessaire de se maîtriser, de ne pas faire ce que l’on désire, mais il est plusieurs moyens d’y parvenir, y compris pour ce qui concerne la nourriture et la boisson. On peut, par exemple, consommer un aliment pour lequel on n’éprouve aucun goût et il existe d’autres façons encore, sans avoir recours aux jeûnes, qui peuvent causer du tort, comme on l’a dit.

Vous m’interrogez, en votre nom et au nom de vos amis(2), sur la diffusion des sources(3) à l’extérieur, laquelle va, parfois, à l’encontre des temps d’étude de la Yechiva. Il est clair que ceux qui se trouvent à la Yechiva, en particulier à Tom’heï Temimim, doivent écouter les dirigeants, le recteur et le guide spirituel de cette institution. Vous leur expliquerez donc la situation, par le détail et vous leur préciserez pourquoi vous estimez important d’empiéter partiellement sur votre temps d’étude. Néanmoins, la décision finale doit être conforme à ce qu’ils vous diront. Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite dans les deux domaines, envers vous-mêmes et envers les autres, conformément à la volonté des fondateurs et des dirigeants de la Yechiva Tom’heï Temimim, nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Dont la malédiction ne soit supérieure à celle de la veille. (2) Le destinataire de la présente est l’élève d’une Yechiva. (3) De la ‘Hassidout.

Lettre n°5458

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5458, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Iyar 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une interruption, j’ai reçu votre lettre du 5 Iyar, dans laquelle vous m’expliquez, en invoquant différentes raisons, pour la plupart indépendantes de votre volonté, que vous n’avez pas la possibilité d’exercer une influence positive sur les autres(1) et vous me demandez comment rectifier cette situation.

Toutes les justifications que vous énoncez ne sont pas nouvelles, sur cette terre et l’on y trouve effectivement des solutions dans les livres de ‘Hassidout et de Moussar. Vous consulterez, en particulier, le Kountrass Hé’haltsou(2), qui énonce plusieurs moyens et plusieurs possibilités, afin d’améliorer la situation.

En l’occurrence, un point, d’ordre général, doit être ajouté à cela, basé sur l’usage des anciens ‘Hassidim. Ceux-ci, quand ils prenaient la parole, au cours d’une réunion ‘hassidique, ne s’adressaient pas personnellement à quelqu’un, ne précisaient pas à qui ils faisaient allusion. Ils disaient uniquement ce qui devait être changé et la manière de le faire. Ils s’exprimaient de telle façon que l’on ne pouvait savoir à qui ils s’adressaient. Chacun prenait alors ce qui le concernait. De plus, quand on s’adresse à quelqu’un en privé et non en public, il faut lui rappeler l’introduction générale suivante : “ Reçois la vérité de celui qui l’énonce ”. En effet, il est nécessaire d’adopter un comportement judicieux, non pas parce qu’une certaine personne le demande, mais bien parce que telle est la vérité.

J’ai pris connaissance avec plaisir de ce que vous me dites de ce jeune homme. Vous lui montrez sûrement les lettres que vous avez reçues d’ici(3). Il est vraisemblablement inutile de préciser que vous devez le renforcer et l’encourager, de même qu’elle(4) également, dans tous les domaines. En outre, vous vous efforcerez que les autres en fassent de même. Et, les femmes interviendront pour ce qui la concerne à elle. Il est certain qu’un effort n’est jamais vain, en particulier envers eux, puisqu’on peut constater qu’ils ont déjà largement progressé.

J’espère que vous avez profité de Lag Baomer, Hilloula de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, pour diffuser les valeurs juives, en général et les sources(5), en particulier. Ainsi, se multiplient les bénédictions de Dieu, y compris en ce qui vous concerne personnellement.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Notes

(1) Vraisemblablement à cause d’un parler trop tranchant et blessant. (2) Du Rabbi Rachab, père du précédent Rabbi. (3) Du Rabbi. (4) Vraisemblablement son épouse. (5) De la ‘Hassidout.

Lettre n°5459

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5459, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Iyar 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce lundi, dans lequel vous faites référence à ce qu’explique le Likouteï Amarim, à propos du service de Dieu basé sur l’amour, qui parvient jusqu’à l’extase et qui peut, néanmoins, être le fait de chacun, en fonction de son niveau. Vous me demandez donc ce qu’il y a lieu de faire, car vous avez maintes fois essayé d’y parvenir, mais vous n’avez pas encore atteint ce niveau. Votre intuition vous dit que ce sont vos fautes qui font obstacle et vous concluez en me demandant ce qu’il convient de faire, en la matière.

Le Tanya explique qu’en l’occurrence, comme c’est systématiquement le cas dans le domaine de la sainteté, le service de Dieu est un avancement progressif et non pas un bond en avant, qui ne peut avoir qu’un caractère exceptionnel et ne peut pas être la voie courante que chacun doit emprunter. Il en est de même pour la forme du service de Dieu que vous recherchez. Dans un premier temps, comme le dit le chapitre 17 du Tanya, l’amour doit uniquement conduire à l’accomplissement de la Mitsva. Et, il en est de même pour la crainte, comme le dit le chapitre 41. Par ailleurs, la Techouva est également nécessaire, puisque vous mentionnez, dans votre lettre, la séparation qui résulte de vos fautes. Là encore, l’effort doit être progressif, progresser du stade le plus bas vers le plus élevé.

Il faut donc accéder d’abord à la Techouva Inférieure, comme le dit l’Admour Hazaken, au premier chapitre d’Iguéret Ha Techouva, à la page 91a. Vous trouverez une explication plus détaillée, à ce propos, dans l’introduction du Dére’h Ha ‘Haïm, de l’Admour Haémtsahi, fils de l’Admour Hazaken et dans le corps du livre. Parvenu à ces stades de la Techouva, de l’amour et de la crainte, vous accéderez au second niveau et vous poursuivrez ainsi. Si vous adoptez cette démarche, en consentant un effort physique et moral, selon l’expression du Tanya, vous franchirez toutes ces étapes, l’une après l’autre. En effet, nos Sages disent, au chapitre 25 du Tana Dveï Elyahou Rabba, que chaque Juif est tenu de dire : “ Quand mes actions atteindront-elles celles de mes ancêtres, Avraham, Its’hak et Yaakov ? ”. Mais, il est clair que l’on n’y parvient pas en un jour ou deux et il n’y a donc pas lieu de demander pourquoi vous n’avez pas été immédiatement transformé, d’une extrême à l’autre.

Vous connaissez sûrement les trois études qui concernent chacun. Instaurées par mon beau-père, le Rabbi, elles portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Vous les garderez, en plus de votre étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, qui sera gravée dans votre esprit. Et, Dieu vous accordera la réussite.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°5460

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5460, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Iyar 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce mercredi, dans laquelle vous me précisez l’endroit où vous travaillez maintenant et les raisons de ce changement.

Vous devez exposer la situation, dans le moindre détail, au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples accomplissements et aux bons comportements, le Rav Chlomo Matusof. Celui-ci, à n’en pas douter, connaît la situation, au Maroc et veut votre bien.

Je dois formuler une remarque, à propos de vos affirmations étranges. Vous me dites que vous n’avez pas un bon comportement et ne pouvez pas l’avoir dans l’endroit où vous êtes actuellement, mais qu’il en sera différemment, quand vous serez dans un autre endroit. De tels mots sont effroyables. Ils impliquent que la Torah et les Mitsvot ont été données pour certains endroits, que les forces de l’âme divine ne sont pas partout les mêmes. Certes, nos Sages décrivent les propriétés de chaque lieu, mais, de ce point de vue, les deux endroits auxquels vous faites allusion sont identiques. Comme vous le précisez dans votre lettre, la différence est uniquement que vous voulez être dans l’un, mais non dans l’autre. Il est bien évident que ceci n’a aucune incidence sur l’obligation et la nécessité d’adopter les Mitsvot du Créateur du monde, Qui le dirige, donne la Torah et ordonne les Commandements.

Sans doute connaissez-vous et gardez-vous les trois études qui concernent chacun. Instaurées par mon beau-père, le Rabbi, celles-ci portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Elles s’ajoutent aux autres études de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°5461

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5461, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Iyar 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du cinquième jour d’Iyar.

J’y ai lu, avec plaisir, que vous vous rapprochez un peu plus de la ‘Hassidout, de l’étude de son enseignement, de l’adoption de ses usages et de ses pratiques. Puisse Dieu faire que s’accomplisse, en la matière, l’Injonction de nos Sages selon laquelle on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté, d’une étape vers l’autre. Car, rien ne résiste à la détermination, d’autant que plusieurs ‘Hassidim de la ville sainte de Jérusalem vous aideront en cela.

Vous m’interrogerez sur la manière de gagner votre vie, à l’avenir, sur votre carrière. Vous adopterez d’abord ce qui est, d’après ce que l’on entend ici, la coutume des notables de Jérusalem. Vous vous consacrerez donc à la Torah et au service de Dieu. Puis, vous rechercherez un bon parti, de la manière qui convient. Par la suite, vous pourrez décider comment assurer votre subsistance, en fonction de ce que vous demandera la famille de la fiancée. Il est dommage de vous préoccuper dès maintenant de ce qui ne sera d’actualité que par la suite.

Vous faites référence à un jeune homme qui ressent des élévations et des chutes successives, dans son service de Dieu. Il est évident que ceci peut prendre différentes formes. Pour autant, toutes ont un point commun. Elles ne doivent pas suggérer le désespoir et le découragement, comme l’expliquent différents textes du saint Tanya, soulignant que l’accablement ne doit pas habiter le cœur de l’homme. Malgré cela, il est bien clair qu’il faut lutter contre la chute et progressivement la faire disparaître, comme le dit aussi le Tanya. Les détails d’application, en la matière, dépendent de sa personnalité et du milieu dans lequel il évolue. Ils ne peuvent pas tous être énoncés par écrit et vous prendrez donc conseil auprès des ‘Hassidim âgés de votre entourage.

Vous prenez sûrement une part active aux réalisations des jeunes de l’association ‘Habad, en fonction de vos possibilités et de vos aptitudes. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°5462

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5462, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Iyar 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous faites référence à votre relation avec votre fils. Sans doute celle-ci s’améliore-t-elle peu à peu et, avant tout, elle sera meilleure à l’avenir. Il est clair que, quand on habite dans un endroit où il y a relativement peu de personnes, les traits de caractère qui ne sont pas parfaits heurtent plus que si l’on se trouvait dans une plus grande ville, où il n’y a pas de proximité entre les personnes. Combien plus l’absence de rapprochement conduit-il à ne pas tellement remarquer une telle situation.

Par ailleurs, et vous voudrez bien m’excuser de cette remarque, votre fils est, par nature, renfermé, y compris quand il est en société. Cette particularité apparaît encore plus clairement dans un endroit où tous sont proches les uns des autres. L’interlocuteur interprète donc cette distance comme de la froideur et il réagit, à son tour, “ comme le visage qui se reflète dans l’eau ”.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°5463

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5463, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Iyar 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 12 Iyar, dans laquelle vous reproduisez le commentaire du Abravanel, au début de la Parchat Behar Sinaï.

A ce propos, il est une idée merveilleuse, révélée par la ‘Hassidout, qui appartient à l’enseignement bien connu du Baal Chem Tov, sur le verset : “ Quand tu verras l’âne… ”, se concluant par : “ tu lui viendras en aide ”, c’est-à-dire précisément au corps. Celle-ci figure dans le Hayom Yom, à la date du 28 Chevat 5703. Bien plus, ajoute la ‘Hassidout, dans le monde futur, l’âme recevra sa vitalité du corps, y compris pour ce qui concerne le Divin.

Certes, tout cela demande une longue explication qu’il est difficile de reproduire, dans le cadre épistolaire. Néanmoins, on peut comprendre ce qui en découle, la conclusion finale. En effet, un homme doit établir un bilan moral et n’accorder qu’une place accessoire à ce qui concerne le corps, l’âme ayant un rôle essentiel tout au long de la vie et encore plus pendant les années auxquelles fait allusion le commentaire d’Abravanel.

Cela ne veut pas dire que le service de Dieu n’a aucun rapport avec le corps, mais, au contraire, qu’en tout ce qui le concerne, il faut mettre en pratique le Précepte : “ En toutes tes voies, reconnais-Le ”, reconnaître Dieu, comme le dit la fin du chapitre 3 du Tanya, soulignant que l’adhésion intellectuelle, Daat, implique l’attachement, le lien profond. De la sorte, “ toutes tes voies ”, qui sont essentiellement celles du corps, comme l’expliquent le Tour et le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 231, s’unissent profondément à Dieu. C’est une évidence.

Ainsi, on peut connaître la tranquillité de l’esprit, dès lors que les passions du corps ne dérangent plus. Néanmoins, il en est ainsi uniquement pour la passion proprement dite, mais non pour la nourriture ou la boisson.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°5464

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5464, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Iyar 5717,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chmouel Issa’har(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille du jour lumineux, Hilloula de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï(2), à proximité de Chavouot.

En un moment propice, je mentionnerai votre nom et celui de votre épouse, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous obteniez la satisfaction de vos besoins, en fonction de ce que vous écrivez. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez très prochainement l’amélioration de votre état de santé.

Bien plus, nous nous trouvons entre la fête de Pessa’h, temps de notre liberté et celle de Chavouot, temps du don de notre Torah, “ gravée (‘Harout) sur les Tables ”. Et, nos Sages disent : “ Ne lis pas ‘Harout, gravée, mais ‘Hérout, liberté ”. Puisse donc Dieu faire que chacun, au sein de tout Israël, renforce sa liberté par rapport à tout ce qui fait obstacle au service de Dieu, ce qui inclut également une bonne santé physique.

Nos Sages expliquent, en effet, que tous les Juifs, quand ils reçurent la Torah, étaient sains et intègres, y compris en leur corps, physiquement. Ceci peut être encore plus clairement établi d’après le chapitre 49 du saint Tanya, commentant l’expression : “ Tu nous as choisis, d’entre toutes les nations et les langues ”. Car, l’élection, dans sa dimension évidente, lors du don de la Torah, porta sur le corps matériel, dans toute sa grossièreté. Vous consulterez ce texte.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

M. Schneerson,

Vous m’interrogez sur le Likouteï Torah, Bamidbar, à la fin du chapitre 1 du discours intitulé “ Et, vous compterez ”, évoquant les : “ vaches qui transportèrent l’arche sainte, à l’époque de David ”. En effet, cela se passa avant même le règne de Chaoul, comme l’établissent les versets.

De fait, dans l’explication donnée à ce propos par le Séfer Ha Mitsvot du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva de l’Omer et de son compte, au chapitre 1, ne figure pas l’expression : “ à l’époque de David ”.

Toutefois, les versets Chmouel 1, 7, 2 ; 2, 5, 4-5 ; 2, 6, 3 indiquent que, quand se passa cet événement, les vaches qui effectuèrent ce transport, David avait dix sept ans. Bien plus, le lien entre les vaches et David est souligné, par les Sages, en particulier, dans le traité Avoda Zara 24b, dans le Midrash Chmouel et dans le Yalkout Chimeoni, à cette même référence. Ainsi, on dit le Cantique : “ Louez l’Eternel… ” parce que David ordonna de le faire devant l’Arche sainte, comme le précise le verset Divreï Ha Yamim 1, au chapitre 16. Vous verrez le commentaire du Radak sur Divreï Ha Yamim 1, à cette référence, permettant de comprendre également d’autres explications sur le chant de ces vaches.

La relation entre le chant des vaches et David, d’après la ‘Hassidout, est exposée par le commentaire du Tséma’h Tsédek sur les Tehilim, au chapitre 98 et dans le discours ‘hassidique intitulé “ Louez l’Eternel ”, figurant dans le Séfer Ha Maamarim 5627(3).

Notes

(1) Le Rav C.I. Bick, de Bneï Brak. Voir, à son sujet, les lettres n°2225 et 5219. (2) Lag Baomer, le 18 Iyar. (3) 1867, du Rabbi Maharach, grand-père du précédent Rabbi.

Lettre n°5465

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5465, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Iyar 5717,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav B., qui est appelé docteur Shapiro,

Je vous salue et vous bénis,

Par le cercle des Rabbanim et des élèves de la Yechiva, j’ai eu connaissance de la réussite qui est actuellement la vôtre, dans votre mission, celle de guérir le corps des hommes. Or, “ avoir un corps sain et intègre fait partie des voies de Dieu ”, selon les termes de celui qui guérit à la fois l’âme et le corps, c’est-à-dire notre maître le Rambam, dans ses lois des opinions, au début du chapitre 4. Certes, je suis convaincu qu’il n’est nul besoin de vous souligner tout cela ni de vous le rappeler, d’autant que vous êtes aussi un Rav, tranchant la Hala’ha, appartenant à l’ancienne génération et venu s’installer en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.

Pour autant, nos Sages disent que l’on conseille l’empressement uniquement à ceux qui possèdent naturellement cette qualité et c’est ce qui justifie la présente. Je connais, en effet, le Rav, distingué ‘Hassid, aux bons comportements, qui vous consulte, pour les affections dont il vous expose lui-même les différents aspects.

Puisse Dieu vous accorder la réussite afin que vous fassiez tout ce qui est en votre pouvoir pour que ce Rav ait une prompte et complète guérison.

Sans doute avez-vous adopté l’usage de plusieurs médecins(1) craignant Dieu qui, quand on les consulte pour une affection physique, saisissent cette opportunité également pour guérir l’âme. De fait, chacun a besoin de cela, en particulier en cette génération orpheline. Il est dit, en effet, que “ il n’est pas de Juste sur la terre qui agisse bien et ne fasse pas le mal ”. Bien plus, on peut vérifier qu’une amélioration de l’état de l’âme transforme également celui du corps, au sens le plus littéral.

Le verset dit : “ Tu seras intègre envers l’Eternel ton Dieu ”, par les deux cent quarante huit membres et les trois cent soixante cinq nerfs du corps et également de l’âme, correspondant aux deux cent quarante huit Injonctions et aux trois cent soixante cinq Interdits, comme l’explique l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, à propos de ce verset, dans le Likouteï Torah, à la Parchat Nitsavim, page 45c.

Avec mes respects et ma bénédiction de réussite pour guérir les corps et les âmes,

Il est clair que ce qui est dit dans le Otsar Ha Posskim, tome 1, seconde édition, page 164, seconde colonne, reste valable et s’applique encore, à l’heure actuelle. Sans doute opérez-vous donc la prostate sans sectionner le canal(2), y compris après l’intervention. Vous en ferez donc une diffusion, dans toutes les revues médicales, car tous sont concernés par cela. De fait, les médecins, ici, disent qu’il est obligatoire de sectionner le canal et ils sont même parvenus à convaincre quelques Rabbanim qu’il doit inéluctablement en être ainsi.

Notes

(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°4501, 4738 et 5160. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3400.

Lettre n°5466

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5466, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Iyar 5717,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Nissan(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 16 Iyar. Sans doute poursuivez-vous toutes les négociations avec ceux qui pratiquent les circoncisions(2). Vous le ferez avec le plus grand empressement, pour tout ce que vous écrivez. En effet, ceci concerne l’ensemble de la communauté. Je fais allusion à la Mitsva qui conditionne toute la stature morale et physique de l’homme. Vous consulterez aussi le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, à la fin de la seconde édition. Vous consulterez également le Likouteï Torah et le Sidour(3), à propos de la bénédiction après le repas, dans laquelle il est question d’alliance(4). J’ai bon espoir, si les autres n’ont pas pour seule motivation d’avoir le dessus, que vous parviendrez à rectifier ce point particulièrement important.

Bien que vous n’en dites rien, vous préparez sûrement un programme, suffisamment à l’avance, pour les vacances, qui approchent. Puisse Dieu faire que la largesse, grâce à la location de grands bâtiments, comme vous l’écrivez, gonfle les canaux célestes et les réceptacles terrestres, d’une manière effective, en supprimant les voiles et les obstacles. Vous serez les émissaires efficaces pour grandir la Torah, unissant sa partie révélée et sa dimension profonde, pour la parer, en bonne santé, dans la joie et l’enthousiasme.

Avec ma bénédiction, selon les termes de notre maître, mon beau-père, le Rabbi, afin de recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde,

Notes

(1) Le Rav N.Pinson, de Casablanca. Voir, à son sujet, la lettre n°5410. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°5410. (3) De l’Admour Hazaken avec les commentaires de la ‘Hassidout. (4) Celle de la circoncision.

Lettre n°5467

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5467, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Iyar 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille du Chabbat Parchat Emor, dans laquelle vous me faites part de ce qui vous est arrivé. Je suis un peu surpris et également peiné que vous ayez souffert non seulement physiquement, mais aussi moralement, que vous ayez été déconcerté. En effet, la souffrance physique peut se concevoir, car nous nous trouvons en exil, comme l’explique le Kountrass Ou Mayan, du Rabbi Rachab, au discours 17. A l’opposé, la souffrance morale et l’effort ne sont nullement justifiés. Ils sont, en outre, inutiles et causent même du tort.

Vous connaissez l’image qui est énoncée, à ce sujet. Celui qui porte des vêtements plus longs que son corps n’en tirera pas le moyen de courir plus vite, bien au contraire. Vous consulterez également le Torah Or, de l’Admour Hazaken, au début de la Parchat Noa’h et le Séfer Ha Mitsvot, que l’on appelle également le Dére’h Mitsvoté’ha, du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva de la tonsure du lépreux. Et, vous connaissez le sens du verset : “ Si tu manges par la fatigue de tes mains, tu seras heureux et tu connaîtras le bien ”, soulignant que cet effort ne doit pas être celui de la tête et du cerveau. Certes, il n’est pas aisé de ne pas être troublé, dans sa réflexion et dans sa pensée, par les problèmes physiques dans lesquels cette pensée doit s’investir. Toutefois, “ l’homme est né pour l’effort ”. C’est une évidence.

Vous me demandez s’il est permis d’expliquer aux femmes les passages de la Torah de Dieu qui leur permettront de supporter plus aisément les vicissitudes de la période.

Je suis surpris que vous puissiez avoir un doute à ce sujet, en particulier à notre époque, celle du talon du Machia’h, la dernière de l’exil. Nous devons nous préparer à la situation et aux conditions qui se réaliseront, au début de la délivrance, puis lors de la délivrance proprement dite. Nos Sages soulignent que cette délivrance future sera semblable à la sortie d’Egypte, qui fut obtenue par le mérite des femmes vertueuses de la génération.

Bien plus, les femmes ont toujours eu l’obligation de posséder ces connaissances. C’est pour cela qu’elles étaient auparavant présentes quand un érudit tenait un discours de Torah, y compris à l’époque des Sages de la Michna. Tout ceci est mentionné, pour la Hala’ha, dans les lois de l’étude de la Torah de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 1, que vous consulterez. En effet, ceci fait partie des Hala’hot qu’elles doivent connaître et l’on peut vérifier concrètement que, si elles ne comprennent pas ce qu’est la divine Providence, la finalité de la création de l’homme, ce qui est pour lui le bien véritable, elles auront beaucoup de difficulté à résister aux épreuves de cette époque.

Vous m’interrogez sur une étude qui concernerait un fiancé plus que tout autre. Vous interrogerez, à ce sujet, les ‘Hassidim âgés qui se trouvent près de chez vous. Ils vous guideront.

J’espère que, de temps à autre, vous renforcez le temps que vous consacrez à l’étude de la ‘Hassidout, l’application de ses usages et de ses coutumes, de la meilleure façon. En effet, chacun d’entre nous a le devoir de connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté.

Avec ma bénédiction, selon les termes de notre maître, mon beau-père, le Rabbi, pour recevoir la Torah avec joie et de manière profonde,

Lettre n°5468

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5468, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Iyar 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du vingt huitième jour des trésors cachés(1).

En un moment propice, je mentionnerai votre nom et celui de votre épouse près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, concernant tout ce que vous écrivez.

Vous me dites que vous avez le cœur obstrué. Or, vous connaissez le proverbe(2) de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel l’interdiction de la médisance porte non seulement sur ce que l’on dit de l’autre, mais aussi sur les propos que l’on tient sur son propre compte. Pour servir Dieu, il est indispensable de ne pas sous-évaluer ses défauts et, tout autant, de bien connaître ses qualités, comme on peut le vérifier concrètement. L’une des ruses du mauvais penchant consiste, en effet, à inspirer la tristesse et une forme de renoncement à l’homme qui sert le Créateur, en lui disant : “ Qui es-tu ? A quoi bon faire un effort ? ”. Point n’est besoin d’en dire plus, tant cela est évident.

Bien plus, nous approchons du temps du don de la Torah. Certes, avant cela, il est nécessaire de compter l’Omer et l’homme doit alors consentir un effort, par sa propre initiative, afin d’affiner ses comportements, en révélant l’Omer et ce qui le transcende. Pour autant, ces jours possèdent une vertu particulière, y compris du point de vue de la révélation divine, puisqu’ils sont le prolongement de Pessa’h, lorsque “ le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il se révéla Lui-même ” et les fit passer d’une extrême à l’autre, du point le plus bas, les quarante neuf portes de l’impureté, vers le stade le plus élevé, les quarante neuf portes de la sainteté, puis la cinquantième porte, lors du don de la Torah. Vous consulterez également, dans le Zohar ‘Hadach, au début de la Parchat Yethro, la réponse de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï à Rabbi Issa, “ le plus petit du groupe des Justes ” et sa conclusion, “ Chaque jour, il nous produit… ”. Vous verrez aussi les Tikouneï Zohar, au Tikoun 32.

Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de l’amélioration de votre état de santé, au sens littéral et comme on peut le comprendre, de même que de votre ajout à la diffusion du Judaïsme et, en particulier, des sources(3), en tout endroit où s’exerce votre influence, d’une manière sans cesse accrue.

Avec ma bénédiction, selon la formulation de mon beau-père, le Rabbi, pour recevoir la Torah avec joie et de manière profonde,

Notes

(1) Du compte de l’Omer. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°5355. (3) De la ‘Hassidout.

Lettre n°5469

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5469, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Iyar 5717,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre du 7 Iyar.

Je suis surpris que vous ne disiez rien du traitement que le médecin vous a prescrit. En effet, ces dernières années et ces derniers mois, plusieurs nouveaux médicaments ont été introduits, en la matière, en particulier l’ortisone et la cortisone. Mais, peut-être avez-vous simplement omis de le préciser. Si ce n’est pas le cas, il serait bon de le consulter, à ce sujet.

Vous m’indiquez la raison pour laquelle vous ne participez pas aux cours et il semble que, pour la même raison, vous ne preniez pas non plus part aux actions des femmes et jeunes filles ‘Habad. Or, ces actions ont un effet favorable pour la satisfaction des besoins qu’une personne peut éprouver, de même que ceux des membres de sa famille. Il n’y a donc pas lieu de les repousser à plus tard, car ces besoins se manifestent à l’heure actuelle.

S’agissant de toutes les actions positives, il faut retenir les propos de la Michna selon lesquels “ celui qui met en pratique la Torah dans la pauvreté ”, au sens littéral ou, plus généralement, dans des conditions difficiles, “ l’accomplira, au final, dans la richesse ”. Que Dieu vous accorde la réussite pour donner de bonnes nouvelles.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°5470

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5470, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Iyar 5717,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et assume une mission sacrée, le Rav ‘Haïm Moché(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai enfin reçu, de votre part, une lettre quelque peu détaillée, même si elle ne l’était pas autant qu’il l’aurait fallu, celle du 15 Iyar. Bien que vous ne le précisiez pas, on fait sûrement des préparatifs, suffisamment à l’avance, pour profiter des jours fastes et surtout des fêtes, sans attendre la dernière minute.

De manière plaisante, on peut rappeler la différence entre la sortie d’Egypte et notre délivrance imminente. En effet, “ c’est à la hâte que nos ancêtres quittèrent l’Egypte ”, alors que, maintenant, “ vous ne serez pas délivrés avec précipitation ”, comme l’établissent différents textes de ‘Hassidout, en particulier la conclusion de la séquence de discours intitulée Ve Ka’ha(2).

La délivrance doit être préparée, d’une manière qui la préfigure, pendant le temps de l’exil et l’on peut en déduire tout ce qui vient d’être dit, y compris la nécessité d’informer sur les actions réalisées. En la matière, au moins à l’avenir, vous n’attendrez pas que l’on vous le demande plusieurs fois. Vous instituerez ce compte-rendu, au moins une fois par semaine. Et, l’on peut vérifier concrètement qu’en ayant des comptes à rendre, on est plus enclin à faire un usage concret du potentiel dont on dispose, des forces révélées et parfois même des forces cachées.

Que Dieu vous accorde, de même qu’à votre épouse, la réussite de donner de bonnes nouvelles de vos activités, chacun dans son domaine et dans le cadre qui lui convient. Celles-ci iront en se multipliant, conformément au besoin et à la nécessité du moment.

Avec ma bénédiction, selon la formulation de mon beau-père, le Rabbi, pour recevoir la Torah avec joie et de manière profonde,

Notes

(1) Le Rav H.M. Weber, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°5385. (2) Du Rabbi Maharach, grand-père du précédent Rabbi.

Lettre n°5471

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5471, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Iyar 5717,

Brooklyn, New York,

A monsieur Its’hak Damyel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre du jour lumineux de Lag Baomer et j’ai été effaré par son contenu, ce qui me conduit à vous répondre immédiatement, devançant la file d’attente.

J’ai été particulièrement surpris par la manière dont vous interprétez mes propos. Vous en déduisez que je ne suis pas satisfait de votre enseignement et de l’influence que vous exercez sur vos élèves. Et, je suis encore plus surpris et peiné de constater que vous avez la volonté de cesser cet enseignement.

Je suis profondément étonné que vous ayez pu faire une telle déduction. En effet, mon opinion est connue de tous et elle va exactement à l’inverse de votre conclusion. J’ai dit, répété et répété encore qu’à notre époque, chacun et chacune doit se servir de toutes les opportunités, de tous les canaux pour diffuser le Judaïsme en tout endroit, dans tous les milieux et les environnements, transmettre les enseignements concrets, les idées, la vision du monde dans l’esprit du Judaïsme et de la Tradition.

Il est bien évident que ceci concerne également et plus encore les jeunes filles (2), appelées à fonder des foyers juifs. De leur éducation et de l’influence que l’on exerce sur elles dépend donc leur qualité de maîtresse de maison ou, ce qu’à Dieu ne plaise, de destructrice du foyer(3). Ce qui en résulte exerce son effet sur de nombreuses générations.

Bien plus, vous avez pu observer la réussite qui a été la vôtre, dans ce domaine. Vous êtes parvenu à mettre leur cœur en éveil. Comment pouvez-vous donc penser à vous démettre ?

Vous concluez votre lettre en me faisant part de votre décision, désormais, de rester isolé et silencieux, d’emplir votre bouche de terre. Une telle attitude est totalement exclue. J’ai déjà expliqué, de manière plaisante, mais il y a bien là une idée profonde et spécifique, que le rejet du mal existait déjà avant la création de l’enchaînement des mondes(4) et que la descente(5), “ d’une cime élevée vers une fosse profonde ” se justifie uniquement par l’accomplissement positif.

Ce qui vient d’être dit permet de comprendre l’affirmation, figurant dans plusieurs textes de ‘Hassidout, qui accorde un rôle prépondérant aux Injonctions, les Interdits n’ayant d’autre but que de préparer l’homme, ce qui le concerne et le monde entier, à révéler la lumière, par l’intermédiaire des Mitsvot.

Les deux versets que vous citez sont lus à Tichea Be Av, jour de la destruction, de l’isolation et de l’obscurité, mais non de la construction et de la lumière, lesquels sont pourtant le rôle de chacun d’entre nous. Vous connaissez, en effet, le dicton du Tséma’h Tsédek(6) selon lequel : “ Nous sommes les travailleurs du jour ”. Nous devons donc illuminer.

Je vous adresse la présente en express et j’attends de vos bonnes nouvelles. Vous me direz que le contenu de votre dernière lettre a été rédigé dans un état d’esprit qui, depuis lors, vous est passé, qu’il n’existe plus et qu’il n’a pas laissé de trace.

Je vous adresse mes respects et ma bénédiction pour rapprocher le cœur des enfants d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux, de sorte que le cœur distribue la vitalité à tous les organes, que le sentiment du cœur se manifeste dans les deux cent quarante huit membres de l’âme, par la pratique des deux cent quarante huit Injonctions et dans les trois cent soixante cinq nerfs de l’âme, par le respect des trois cent soixante cinq interdits. Vous consulterez le Tanya au chapitre 51, le Likouteï Torah, à la Parchat Nitsavim, page 45c, commentant le verset : “ Tu seras intègre ”. Et, vous donnerez de bonnes nouvelles de tout cela.

M. Schneerson,

Je vous joins une copie de ma lettre adressée à tous, à l’occasion de Pessa’h et pour les femmes ‘Habad. Là aussi, sont exposées mes conceptions, précédemment rappelées.

Notes

(1) Voir, à son sujet, les lettres n°5092, 5600 et 5666. (2) I. Damyel était enseignant à une classe de filles. (3) Rapprochement phonétique entre Akéret, maîtresse et Okéret, destructrice. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°4426 et 4447. (5) De l’âme, pour s’introduire dans un corps. (6) Voir, à ce sujet, les lettres n°4359, 4857 et 5582.

Lettre n°5472

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5472, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Iyar 5717,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Touvya(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous me faites part de votre anniversaire et voici ma réponse.

Vous avez sûrement adopté la coutume récente des ‘Hassidim, qui consiste à donner de la Tsédaka, au jour de son anniversaire, avant les prières de Cha’harit et de Min’ha, ou bien la veille de ce jour, si c’est un Chabbat ou un jour de fête, à fixer une étude supplémentaire de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, à être appelé à la Torah, en ce jour ou bien pendant le Chabbat qui le précède, à apprendre les trois études fixées pour cette date, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya.

Puisse Dieu faire que vous ayez une année de réussite, matériellement et spirituellement. Vous intensifierez votre étude de la Torah et votre pratique des Mitsvot, dans la largesse, ce qui, bien entendu, inclut également la diffusion des sources(2), dans toute la mesure de ce qui est nécessaire.

Vous m’interrogez sur les termes suivants de l’Admour Hazaken, dans son Sidour, à propos de la vérification du ‘Hamets : “ On placera les membres de sa famille ”, sans fixer aucune condition pour cela(3). Vous consulterez également ce qu’il dit dans son Choul’han Arou’h, au chapitre 432, paragraphe 8.

Vous en concluez que, si l’on effectue cette recherche seul, on se fatiguera et, dès lors, son efficacité s’en trouvera réduite. Or, A) c’est uniquement les femmes qui sont qualifiées de nonchalantes, B) en pareil cas, une condition devrait effectivement être posée, par exemple la taille de la maison.

Si l’on considère que les termes du Sidour sont précis, qu’ils ne reproduisent pas uniquement le Choul’han Arou’h, sans énoncer le détail des lois, on peut conclure que, selon le Rabbi, il convient, en effet, de partager cette Mitsva avec les membres de sa famille. En effet, ces derniers, en recherchant le ‘Hamets, font bien une Mitsva, comme le précise le Choul’han Arou’h, à la fin du paragraphe 9. Certes, cette Mitsva ne repose pas sur eux. Toutefois, celle-ci n’est pas une obligation personnelle et il convient donc de ne pas la garder pour soi, mais de la partager avec les autres. En outre, on effectue soi-même une partie de la recherche et l’on ne peut donc pas appliquer, en la matière, la règle selon laquelle “ il est préférable d’agir soi-même plutôt que de déléguer quelqu’un pour le faire ”, malgré ce qui est dit dans le Choul’han Arou’h.

Les implications de tout cela concernent différents domaines et elles sont nombreuses, mais on ne les détaillera pas ici.

Notes

(1) Le Rav T.Blau, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4446. (2) De la ‘Hassidout. (3) Selon qu’il est nécessaire ou non de se faire aider pour effectuer la recherche du ‘Hamets.

Lettre n°5473

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5473, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Iyar 5717,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux

besoins communautaires, le Rav Alexander Zisha(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de ‘Hol Ha Moéd Pessa’h, avec ce qu’elle contenait, bien que son acheminement ait été quelque peu retardé. Vous m’y décrivez brièvement votre activité et votre mission sacrée, dans le domaine pédagogique. Vous précisez que vous êtes un descendant d’anciens ‘Hassidim. Selon vos propres termes, vous avez largement reçu la ‘Hassidout de source première. J’ai donc bon espoir que cette influence apparaît à l’évidence dans l’enseignement que vous délivrez à vos élèves.

En effet, en toutes ces dernières générations et dans tous les pays, il a été nécessaire de multiplier la lumière et la chaleur ‘hassidique, afin de se préserver des vents inhabituels. Mais, à notre époque, une protection particulière, dispensée par le luminaire de la ‘Hassidout, est indispensable pour se protéger de ces vents inhabituels qui, du fait de nos nombreuses fautes, sont devenus habituels dans la rue juive. Chaque jeune est appelé à fonder un foyer juif et toute évolution positive pouvant être constatée chez l’élève est susceptible, à terme, de modifier le foyer qui sera bâti, après avoir quitté les quatre coudées de l’école qui est fréquentée.

En conséquence, toute intervention, tout effort en ce sens, sont justifiés, car l’ensemble de la communauté est concerné. Puisse Dieu, Qui agit “ mesure pour mesure ”(2), mais de manière largement accrue, faire en sorte que vous conceviez de vos enfants, beaucoup de satisfaction véritable, juive, traditionnelle et ‘hassidique.

Avec mes respects et ma bénédiction, selon les termes de notre maître, mon beau-père, le Rabbi, pour recevoir la Torah avec joie et de manière profonde,

N. B. : Vous faites allusion, à la fin de votre lettre, à l’état de santé de cette personne. Je lui ai déjà écrit qu’à mon avis, d’après ce que j’ai pu observer dans des cas similaires, plus il redoublera d’effort et d’ardeur pour renforcer et développer cette sainte institution, plus il raffermira sa santé, au sens le plus littéral et physique. Il y a suffisamment de temps, durant la journée, pour faire tous les actes naturels permettant de conserver la santé du corps, pour manger, pour dormir. Et, peut-être l’action qu’il mènera au profit de cette institution ne nécessitera-t-elle aucun effort.

Bien entendu, mon propos n’est pas de dénigrer ce qui a été accompli jusqu’à maintenant. Néanmoins, en tout ce qui concerne le bien et la sainteté, l’ajout reste toujours possible. Tout dépend de la détermination de l’homme. En effet, chacun a la possibilité de mener à bien la mission qui lui est confiée ici-bas, c’est-à-dire, selon les termes de la Michna : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”, dans la joie et l’enthousiasme.

Notes

(1) Le Rav A.Z. Malkyel, de Bneï Brak. (2) De la manière dont on agit envers Lui.

Lettre n°5474

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5474, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Iyar 5717,

Brooklyn,

Au jeune Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous me dites que vous voulez savoir, à la source, quelle est la différence qui existe entre la ‘Hassidout et le Moussar(2).

Vous étudierez donc le Kountrass Torat Ha ‘Hassidout et le Kountrass Limoud Ha ‘Hassidout, de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous y trouverez une explication précise, à ce sujet et concernant d’autres points encore.

Vous me demandez, à la fin de votre lettre, comment affirmer que l’homme fait l’acquisition d’un objet matériel, dès lors que son âme est spirituelle.

L’âme de l’homme est liée au corps, qui est matériel et, de cette façon, elle entre en contact avec tout ce qui est physique, y compris avec ce qui va à l’encontre de sa propre nature, c’est-à-dire de la spiritualité, l’aspect le plus grossier de la matière. Chez un Juif, l’âme divine est essentielle. Toutefois, elle se trouve dans un corps et la faute est donc possible. En effet, ce corps et l’âme animale la voilent et l’occultent.

Vous avez sûrement connaissance des trois études, concernant chacun, qui ont été instaurées par mon beau-père, le Rabbi. Celles-ci portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Vous les adopterez, au moins à l’avenir.

Notes

(1) Le Rav I.Shapiro, de Bneï Brak. (2) Les livres d’Ethique.

Lettre n°5475

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5475, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Iyar 5717,

Brooklyn,

Je te salue et te bénis,

J’ai été satisfait de recevoir ta lettre, dans laquelle tu me décris également ton comportement, en particulier pour ce qui concerne ton alimentation et tout ce qui a trait à la santé physique. Notre sainte Torah, Torah du Dieu de vie, demande de se conformer aux prescriptions du médecin. En effet, “ la Torah a autorisé le médecin à guérir ”, de sorte qu’il est uniquement un émissaire.

Bien entendu, on peut faire part au médecin de ses objections et de ses propres idées, y compris de celles que tu m’indiques. Néanmoins, après qu’il les ait écoutées, il faudra se conformer à ce qu’il prescrit, que cela corresponde à ses propres idées ou non. En effet, comme je l’ai dit plus haut, le médecin n’est qu’un émissaire, se servant du pouvoir et de l’agrément qui lui ont été conférés par la Torah et qui, de ce fait, sont à la fois le bien du corps et de l’âme.

Et, si l’on ne comprend pas tout cela, même s’il semble qu’il en soit autrement, cela n’est pas étonnant, car la Torah est la Sagesse et la Volonté du Saint béni soit-Il. Il n’est donc pas surprenant qu’un homme ne puisse comprendre tout ce qu’elle dit. Pour autant, il doit mettre en pratique toutes ses Injonctions, même s’il ne les saisit pas. A terme, il parviendra à les comprendre.

J’espère que tu te conformeras à tout ce qui vient d’être dit, que tu le feras avec joie et enthousiasme.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Lettre n°5476

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5476, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Iyar 5717,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre

aux besoins communautaires, aux multiples

accomplissements, le Rav Yaakov(1) et son épouse,

madame Ra’hel,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, vos deux lettres des 18 et 20 Iyar. J’ai été satisfait d’y lire que la réunion des anciens élèves de la Yechiva de Kichinev(2) a été une réussite. Et, à n’en pas douter, cette réussite décuplera vos efforts pour que la réunion soit suivie d’effet, c’est-à-dire pour développer la Yechiva A’heï Temimim de Richon Le Tsion, dans toute la mesure du possible.

La réunion, par elle-même, comme vous l’écrivez, a mis en éveil les souvenirs du passé, quand vous vous trouviez dans les quatre coudées de la Hala’ha. Et, il est certain que ces souvenirs conduiront à l’action. Mais, en outre, la récompense de la Mitsva est la Mitsva elle-même, en l’occurrence le développement de l’éducation basée sur les valeurs sacrées, la crainte de Dieu, la partie révélée de la Torah, la ‘Hassidout. Or, le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”(3), mais de manière largement accrue. Tous ceux qui font des efforts en ce sens et apportent leur contribution seront donc bénis, en tous leurs besoins. Et, ils concevront, en particulier, une satisfaction véritable et ‘hassidique de tous leurs enfants.

Bien entendu, en la matière comme en de nombreux autres domaines, la réunion et la réussite sont comparables au labour et à la plantation. En effet, quand une graine est mise en terre, elle doit s’humecter, et le faire précisément au moment le plus propice, afin de donner naissance à un arbre portant de bons fruits. De même, il faudra profiter du caractère propice et de la motivation des participants à la réunion, pour que les résolutions soient suivies d’effet et même développées. Combien plus doit-il en être ainsi pour ceux qui n’ont pu participer à cette réunion, quelle qu’en soit la raison.

Puisse Dieu faire en sorte que, là encore, vous connaissiez le succès. Et, je souligne que le temps perdu l’est définitivement, surtout quand il s’agit d’éducation. Chez les enfants et les jeunes gens, en général, une heure est beaucoup plus importante que chez les hommes d’âge mûr ou les vieillards.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, concernant tout cela,

N. B. : L’article que cette femme a fait paraître dans la presse, à propos de la réunion, permet d’établir sa compétence, justifiant que l’on en fasse une large diffusion. Il serait donc judicieux de profiter, le plus souvent, de ses capacités. En effet, notre époque demande que l’on mobilise toutes les forces et toutes les aptitudes pour renforcer et diffuser le Judaïsme.

Notes

(1) Le Rav Y.Peles, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°5365. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°5365. (3) De la manière dont on agit envers Lui.

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