Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°5275
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5275, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me demandez, à la fin de votre lettre, de quelle manière vous libérer de vos difficultés. J’ai déjà expliqué à plusieurs ‘Hassidim qu’il faut, pour cela, faire un effort afin de diffuser les sources(1) à l’extérieur, dans toute la mesure de ce qui est nécessaire. De la sorte, Dieu agira “ mesure pour mesure ”(2) et Il permettra que l’on s’attache, que l’on s’élève par l’effort et que l’on se libère de tous les événements malencontreux. C’est une évidence.
Si l’on se place, au moins quelque peu, au dessus de l’espace dans lequel on se trouve habituellement, on s’aperçoit que toutes les divergences, toutes les causes de dispute sont insignifiantes, y compris selon la logique des hommes. Et, l’on s’étonne alors que l’on ait pu consacrer tant de discussions, tant de temps, des heures, des jours, des mois, à s’investir en tout cela. C’est une évidence également.
C’est pour cela que nous disons, dans la prière(3) Al ‘Heth, “ pour les fautes que nous avons commises devant Toi du fait du mauvais penchant ”(4). En effet, il est des actes que le mauvais penchant lui-même ne peut exiger, tant on s’éloigne de toute humanité en les commettant. En conséquence, on incite son mauvais penchant à dépasser la mesure, à exiger le mal au-delà de ce qu’il désire lui-même(5). C’est encore une évidence.
Puisse Dieu faire que disparaissent enfin les voiles et les obstacles, non seulement qu’ils ne troublent plus, mais, bien plus, qu’ils viennent en aide. En
effet, la Torah dit de l’ensemble du mois de Pourim, de tous les jours qui le constituent, que “ il fut transformé pour eux ” en joie et en fête.
Or, la signification de cette transformation est la suivante. Ce mois est susceptible de changer ce qui, d’emblée, n’était pas un bien visible et tangible en joie et en fête, que l’on peut observer de ses yeux de chair.
Avec ma bénédiction,
N. B. : Vous avez sûrement profité des jours de Pourim de la manière qui convient. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de cela.
L’envoi de la présente a été retardé et, entre temps, j’ai reçu vos lettres des 11 et 24 Adar Chéni, 4 et 6 Nissan. Il semble que les comportements que je décrivais se poursuivent encore, actuellement.
A chaque heure se révèle, y compris dans notre monde matériel, une nouvelle combinaison des Noms divins Avaya et Ado-naï, le Nom de l’Essence et Celui qui est Son fourreau. La sainteté du premier apparaît à l’évidence et, de ce fait, on n’a pas le droit de le prononcer(6).
Ces combinaisons sont à l’origine du temps, qu’il ne convient donc pas de dilapider, ce qu’à Dieu ne plaise. Il faut s’en servir, lui donner le contenu qui doit être le sien. Bien entendu, très peu de tout cela apparaît dans le compte-rendu et la lettre de vos amis, comme dans la vôtre.
Notes
(1) De la ‘Hassidout. (2) De la manière dont on agit envers Lui. (3) Récité pendant les jours redoutables, afin de solliciter le pardon de Dieu. (4) Alors qu’il est bien clair qu’une faute ne peut pas émaner du bon penchant ! (5) Cette expression fait donc référence au mauvais penchant que l’on se crée et non à celui que l’on possède naturellement. (6) Alors que le second occulte le premier et est donc systématiquement prononcé dans la prière.
Lettre n°5276
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5276, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Adar Richon 5717,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai eu plaisir à faire votre connaissance, au moins de manière épistolaire. J’ai appris la nouvelle réjouissante de votre prochain mariage. En effet, tous les Juifs constituent un grand organisme, de sorte que la joie de l’un ou de l’une est celle de l’ensemble.
Bien plus, la ‘Hassidout souligne particulièrement l’importance d’aimer son prochain, de sorte que l’amour d’Israël, l’amour de la Torah et l’amour de Dieu ne forment qu’une seule et même entité.
En outre, la joie du mariage a une incidence sur toutes les générations. C’est pour cela que l’expression d’usage, qui a été sanctifiée, est la suivante : “ édifice éternel ”. Et, l’image d’un édifice est précise, car celui-ci doit avoir des fondations particulièrement solides. De ce point de vue, l’avis des passants importe peu.
Les fondations de la maison juive, pour qu’elle puisse être un édifice éternel, sont la Torah et les Mitsvot. D’elles dépend le bonheur de l’homme juif, non seulement dans sa dimension morale, mais aussi matériellement. La Torah est une Torah de vie, y compris au sens littéral, dans ce monde matériel.
Avec ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov,
Lettre n°5277
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5277, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, votre lettre, m’annonçant que votre état de santé s’améliore. Je suis surpris, depuis lors, de ne pas avoir eu d’autres nouvelles de vous. Cela veut sans doute dire que tout va bien, conformément à la pratique des ‘Hassidim, de laquelle nos saints maîtres se plaignent depuis plusieurs générations, selon laquelle on cesse d’écrire lorsque tout va bien.
J’espère qu’au moins à l’avenir, vous prendrez une part active aux activités des ‘Hassidim, à Londres et, plus généralement, en Angleterre. Plus vous le ferez et mieux cela sera, y compris pour ce qui vous concerne personnellement.
Bien entendu, tout cela ne vous dispense pas de fixer un temps pour étudier la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout. Pendant le Chabbat et parfois même dans la semaine, vous prierez avec une plus grande ferveur. En effet, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, a investi en vous des forces morales. Il vous appartient donc d’en faire usage, dans les trois domaines du service de Dieu que sont la Torah, la prière et les bonnes actions. C’est bien évident.
Puisse Dieu faire que les difficultés, prétendues ou même véritables, les voiles et les obstacles se transforment en bien. Non seulement, ils ne dérangeront plus, mais, bien plus, ils viendront en aide, comme l’explique la sainte Torah à propos de l’ensemble du mois de Pourim, de tous les jours qui le constituent : “ il fut transformé pour eux ” en joie et en fête.
Or, la signification de cette transformation est la suivante. Ce mois est susceptible de changer ce qui, d’emblée, n’était pas un bien visible et tangible en joie et en fête, que l’on peut observer de ses yeux de chair.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Lettre n°5278
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5278, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Une nouvelle s’est répandue selon laquelle des membres de votre association auraient commencé à manquer de respect aux anciens. Vous comprendrez la surprise et la douleur que cela inspire. Une telle attitude va clairement à l’encontre des enseignements de nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera, qui ont particulièrement souligné l’importance de l’amour du prochain. Différentes lettres permettent de l’établir et l’on connaît, en outre, les instructions et les récits, à ce propos, transmis oralement, d’une génération à l’autre.
Un réflexion sommaire aux propos suivants de nos Sages, y compris pour celui qui n’est pas particulièrement avisé, permet de condamner fermement une telle attitude : “ La construction des enfants est une destruction. La destruction des anciens est une construction ”.
Ainsi, on peut observer(1) ce qui est, même d’après le témoignage porté par la Torah, une construction ou une destruction. Malgré cela, au final, il s’avère que la construction des enfants n’est rien d’autre qu’une destruction, alors que la destruction des anciens est, en réalité, une construction. L’explication de tout cela ne sera pas développé ici, mais l’enseignement concret qui en découle est bien clair.
Cette idée est si évidente que ces quelques lignes suffiront pour déraciner et faire disparaître une telle attitude. Puisse Dieu faire qu’il s’agisse du déracinement réalisé par le sage, lequel a valeur rétroactive(2) et qu’on réalise le rapprochement, le lien et l’unité de tout ‘Habad. Ainsi, on multipliera les bénédictions de nos saints maîtres et l’on hâtera leur aspect positif, pour chacun d’entre vous, avec tous les membres de sa famille, en tous vos besoins, spirituels et matériels.
Puis, s’accomplira la promesse selon laquelle “ ce jour-là, Dieu sera un et Son Nom sera un ”(3). Le réceptacle, pour obtenir tout cela, est le fait d’être “ un peuple unique sur la terre ”.
Sans doute m’accuserez-vous réception de la présente. Je vous en remercie.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
E. Kwint,
Notes
(1) Selon la perception physique. (2) Un Rav peut annuler un vœu rétroactivement, comme si celui-ci n’avait jamais été prononcé. (3) Le Machia’h révélera l’unité au sein de la matière du monde et c’est donc en réalisant cette unité que l’on prépare sa venue.
Lettre n°5279
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5279, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Adar Chéni 5717,
Brooklyn, New York,
A l’attention de monsieur Moché,
qui est appelé docteur Behrav,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, votre lettre et, de même, le fascicule que vous m’avez envoyé. J’ai lu avec plaisir, dans ce courrier, que vous êtes bien rentré chez vous.
Nous venons de célébrer Pourim. C’est alors que : “ tout fut transformé et les Juifs dominèrent leurs ennemis ”. Puisse Dieu faire qu’il en soit de même à notre époque. En effet, les Hamans ne manquent pas, encore de nos jours.
A la suite de Pourim et pour reprendre ce que vous dites, vous rapportez que vous avez grimpé sur une montagne qui est appelée Sinaï(1) mais que vous n’avez pas ressenti que c’était bien celle-là. Or, à quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile de rappeler que l’importance de cette montagne est uniquement du fait que la Torah y a été reçue.
Une telle importance est ressentie quand on la respecte de la manière qui convient. En effet, elle est une Torah de vie, donnant des enseignements pour la vie quotidienne. Elle est une Torah éternelle, immuable et s’applique à chaque Juif, en tout lieu et de tout temps. C’est par son intermédiaire que notre peuple est une nation éternelle, une nation immuable.
L’un des principes fondamentaux de la ‘Hassidout établit que chaque Juif, au fond de son âme, est lié, de manière intangible, à la Torah, Torah de vie et à ses Mitsvot, même s’il peut lui arriver d’agir à l’encontre de ce lien.
De ce fait, dit la ‘Hassidout, il faut être proche de chaque Juif, l’aimer et le rapprocher de la Torah donnée sur le mont Sinaï. Il n’y a, en cela, aucune contrainte exercée sur son analyse, sur sa volonté profonde et véritable. Bien au contraire, il s’agit d’ôter le voile, l’écorce qui occulte la dimension profonde de l’âme.
Tel est le secret de la réussite, dans l’action menée pour rapprocher les enfants d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux. Et, c’est la conception des hommes de ‘Habad, qui avancent d’une manière agréable, avec amour, mais sans cacher la vérité, à propos de la nature de la Torah donnée sur le mont Sinaï.
Il faut souligner également que la compréhension du cerveau et l’émotion du cœur doivent descendre du monde de la pensée et du sentiment à celui de l’action concrète, qui est la finalité de l’homme. L’assurance nous a été donnée que “ aucun d’entre nous ne sera écarté ”. Au final, chacun retrouvera la source de laquelle il émane et que tous possèdent, au profond de leur âme(2).
Je sais à quel point vous vous intéressez aux problèmes moraux et je pense que vous n’êtes pas affecté par les objections soulevées par les matérialistes, à propos des points que je viens d’évoquer.
Tel est aussi l’enseignement des jours de Pourim, dont l’introduction et la préparation furent la transformation, lorsque “ les Juifs dominèrent leurs ennemis ”, après que : “ Va, réunis tous les Juifs ”, afin de les conduire à la foi en Dieu et à l’adoption de Ses voies.
Je serais heureux d’avoir de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit et je vous en remercie d’avance.
Avec ma bénédiction,
A ce propos, je sais que plusieurs ‘Hassidim ‘Habad ont été les premiers à participer à la campagne que vous décrivez(3) et, pendant le premier Chabbat, à Gaza, ils en ont organisé le troisième repas, d’une manière conforme aux coutumes de ‘Habad(4).
Notes
(1) Pendant la guerre du Sinaï. Voir la lettre n°4890. (2) Il convient donc de révéler la Torah au profond de sa personnalité, alors que l’identification du mont Sinaï importe peu. (3) A la conquête du Sinaï. (4) Dans le campement militaire.
Lettre n°5280
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5280, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Adar Chéni 5717,
Brooklyn, New York,
A l’attention du grand Rav, distingué ‘Hassid
qui craint Dieu, a de bons comportements,
responsable communautaire empli d’empressement,
aux multiples accomplissements, de qualité, issu
d’une illustre lignée, le Rav Its’hak Meïr Ha Cohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat Pekoudeï, avec les fascicules qui y étaient joints. Je vous remercie d’y avoir pensé et de l’avoir fait aussi rapidement. Le Sage dit, en effet, que “ il n’est pas de joie comme le fait d’être libéré du doute ”(2).
Puisse Dieu faire que commence bientôt la période durant laquelle il ne sera plus nécessaire de se consacrer à : “ Ecarte-toi du mal ”(3). Alors, il sera possible d’investir ses forces pour mettre en pratique : “ Fais le bien ”.
De fait, il y a là une des différences fondamentales entre la ‘Hassidout et le Moussar. La première insiste sur “ Fais le bien ”, cherche à multiplier la lumière. Ainsi, disent nos Sages : “ Le monde ne peut se passer de parfumeurs et de tanneurs(4), mais heureux celui qui est parfumeur ”(5).
Ainsi, s’accomplira la promesse selon laquelle “ J’ôterai l’esprit d’impureté de la terre ”.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav I.M. Lewin. Voir, à son sujet, la lettre n°3489. (2) En l’occurrence, de connaître le contenu de ces fascicules. (3) Après la venue du Machia’h, le mal aura disparu du monde. (4) Activité qui génère une très mauvaise odeur. (5) Le Rabbi fait un lien entre le parfumeur, “ fais le bien ” et la ‘Hassidout, d’une part, le tanneur, “ écarte-toi du mal et le Moussar, d’autre part.
Lettre n°5281
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5281, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Depuis longtemps, exactement depuis le 27 Tévet, je n’ai pas eu de vos nouvelles. J’espère que vous participez aux actions des ‘Hassidim et à leurs réunions, que votre participation est conforme à ce qu’elle doit être, c’est-à-dire que vous ne vous limitez pas à votre propre personne, mais que vous influencez vos connaissances et vos amis, afin qu’ils en fassent de même.
Tel est bien le contenu de la diffusion des sources(1) à l’extérieur. Ainsi, ceux qui, pour l’heure, se trouvent encore à l’extérieur, ne voulant pas pénétrer à l’intérieur, n’en recevront pas moins ces sources(2). Dès lors, ils désireront, au final, s’en servir pleinement et s’introduire jusqu’au stade le plus profond.
Tout cela est important et la récompense l’est également. Il n’est nul besoin de l’expliquer plus en détails.
Puisse Dieu faire que vous accomplissiez tout cela avec joie et largesse d’esprit. Et, vous me donnerez également de bonnes nouvelles de vous-même et de votre épouse.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) De la ‘Hassidout. (2) Là où ils se trouvent.
Lettre n°5282
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5282, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
se consacre aux besoins communautaires,
aux multiples accomplissements,
le Rav Chlomo(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre, en son temps et je viens maintenant d’apprendre la réussite de l’activité de Pourim et votre chaleureuse participation.
Puisse Dieu faire que vous mettiez en pratique, avec les membres de votre famille, l’Injonction selon laquelle on s’élève dans la sainteté, en bonne santé, avec largesse d’esprit et dans l’opulence matérielle.
Et, tous ensemble, nous aurons le mérite de renforcer et de développer les saintes institutions de ‘Habad Loubavitch, en tout endroit où elles se trouvent, en fonction des besoins du moment et du lieu, qui sont de plus en plus importants.
Dieu accorde la possibilité d’agir ainsi, de Sa main pleine, ouverte, sainte et large. Tout dépend donc de la volonté de l’homme, qui ne s’affectera pas des obstacles et des difficultés auxquels il est confronté, d’autant que, pour la plupart, ceux-ci ne sont que des apparences et ne correspondent pas à la réalité. Vous effectuerez ces actions avec un cœur entier et dans la joie. Le succès en sera accru d’autant(2).
Nous avons vécu les jours de Pourim, délivrant ce même enseignement. Au final, les barrières et les empêchements, les voiles et les obstacles ne dérangent plus. Ils viennent même en aide. En
effet, la Torah dit, de l’ensemble du mois de Pourim, de tous les jours qui le constituent, que “ il fut transformé pour eux ” en joie et en fête.
Or, la signification de cette transformation est la suivante. Ce mois est susceptible de changer ce qui, d’emblée, n’était pas un bien visible et tangible en joie et en fête, que l’on peut observer de ses yeux de chair.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
N. B. : Le compte est exact. Je l’ai reçu et vous en remercie.
Notes
(1) Le Rav C.Perin, de Londres. Voir, à son sujet, la lettre n°3626. (2) Par la joie.
Lettre n°5283
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5283, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Au jeune Naftali(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je n’ai pas eu de vos nouvelles, depuis bien longtemps. J’espère que vous continuez à participer aux cours de Torah, en particulier à ceux de ‘Hassidout. Dieu vous a accordé la capacité d’influencer les autres, en écrivant et en éditant(2), c’est-à-dire en atteignant le cercle le plus large de Juifs. Sans doute vous servez-vous de cette capacité afin de poursuivre cet objectif, c’est-à-dire, selon l’expression bien connue, de diffuser les sources de la ‘Hassidout, jusqu’à ce qu’elles parviennent à l’extérieur.
Il n’est pas de mots pour expliquer à quel point cela est important et l’on peut vérifier concrètement qu’il en résulte une grande satisfaction morale.
J’espère apprendre que vous multipliez de telles actions, pour les autres et pour vous-même, conformément à l’affirmation du prophète selon laquelle “ on tend son pain à celui qui a faim ”, “ on conduit dans sa maison ceux qui sont pauvres et malheureux ”, “ on couvre celui qui est dévêtu ”, mais, malgré tout cela, “ tu ne te détourneras pas de ta propre chair ”(3).
Vous participez sûrement aux réunions des ‘Hassidim, en général, à celle de Kfar ‘Habad, en particulier.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav N.Kraus, de Bneï Brak. (2) Le Rav Kraus est l’auteur de plusieurs ouvrages. (3) Il ne faut donc pas oublier ses propres besoins, sous prétexte de satisfaire ceux des autres.
Lettre n°5284
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5284, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Adar Chéni 5717,
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Eliézer David(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’avez fait savoir que votre fille Hena se marie avec un jeune homme, le Rav Yossef(2) et voici ma réponse.
Je vous adresse ma bénédiction, une bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov. Que cette union soit en un moment bon et fructueux. Qu’ils bâtissent un foyer juif, un édifice éternel, basé sur la Torah et les Mitsvot, telles qu’elles sont illuminées par le luminaire de la Torah, c’est-à-dire par la ‘Hassidout.
Vous et votre épouse concevrez d’eux beaucoup de satisfaction ‘hassidique.
Avec ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov,
Vous proposez une réponse à l’objection que Rabbi Akiva Eiger soulève contre le Ran, au traité Nedarim 79a, d’après l’explication du Rachba, sur le traité Kiddouchin 50a.
On peut, toutefois, se demander comment le Ran pourrait adopter un tel raisonnement, alors que, par ailleurs, il est en désaccord avec le Rachba, sur la même question. Vous consulterez le Ran, au traité Kiddouchin 50a.
Notes
(1) Le Rav E.D. Brand, de Jérusalem. (2) Le Rav Y.Aker.
Lettre n°5285
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5285, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
A l’attention du comité de Kfar ‘Habad,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris que la plupart des caisses de bienfaisance, en Terre Sainte, pouvaient recevoir une aide, vraisemblablement sous la forme d’un capital pour accorder des prêts, de la part de l’une des administrations, par exemple le ministère des affaires sociales.
Il semble que les conditions soient faciles à remplir. Il suffit de justifier que la caisse de bienfaisance est gérée d’une manière équitable. Je suis surpris de constater que vous semblez ne pas avoir connaissance de ces dispositions. En tout état de cause, il est important que vous vous y intéressiez au plus vite. En effet, ceci peut accroître, d’une manière significative, votre capacité d’accorder des prêts.
J’ai eu la visite de monsieur Moché Yafé, de Manchester, issu d’une famille ‘hassidique et qui réside actuellement à Jérusalem. Celui-ci intervient dans un programme de construction d’un bâtiment pour le rabbinat central. Il s’est déclaré prêt à venir en aide aux caisses de bienfaisance de ‘Habad, dans la mesure de ses moyens. Il serait bon que vous le contactiez, de la manière qui convient.
Vous ferez savoir ici les démarches que vous avez engagées. Plus vite vous écrirez ici, plus vous donnerez des détails et mieux cela sera.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Bien entendu, il est particulièrement judicieux, avant d’engager ces démarches, qu’il y ait une concertation entre toutes les caisses de bienfaisance des ‘Hassidim, afin d’établir une programme d’action, selon une formulation qui convient.
Lettre n°5286
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5286, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav David Meïr(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre demande de bénédiction, qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Il est dommage que vous n’ayez pas participé à la réunion ‘hassidique(2), en présence de plusieurs dizaines de Juifs, ‘Hassidim ou descendants de ‘Hassidim. Il est dit que, quand dix Juifs se réunissent, la Présence divine se révèle. Combien plus est-ce le cas, quand il s’agit de plusieurs dizaines.
S’agissant de la bénédiction après le repas, le même texte est récité, en présence de dix comme de cent personnes(3). Néanmoins, on envisage effectivement la nécessité de faire une telle distinction et il est dit que “ l’un et l’autre(4) expriment la
Parole du Dieu de vie ”(5). Pratiquement, on voit bien qu’une augmentation quantitative conduit toujours à une amélioration qualitative.
On retrouve également cette idée dans la partie révélée de la Torah. En effet, pour différentes Mitsvot, on retient le principe selon lequel : “ c’est en présence d’une foule nombreuse que se trouve l’honneur du Roi ”. C’est le cas, en particulier, pour la lecture de la Meguila(6), qui vient de passer.
Vous m’écrivez que vous ne pouviez faire autrement. Il est clair qu’en ce cas-là, on n’est pas tenu pour responsable. Pour autant, on ne peut être considéré comme ayant agi(7).
Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, vous puissiez satisfaire le désir de votre cœur et participer, au sein d’une large assemblée, à ce qui concerne la Torah, les Mitsvot, en général, la ‘Hassidout, en particulier. Tous les voiles et les obstacles disparaîtront. Ils ne dérangeront plus, viendront même en aide.
En effet, la Torah dit de l’ensemble du mois de Pourim, de tous les jours qui le constituent, que “ il fut transformé pour eux ” en joie et en fête.
Or, la signification de cette transformation est la suivante. Ce mois est susceptible de changer ce qui, d’emblée, n’était pas un bien visible et tangible en joie et en fête, que l’on peut observer de ses yeux de chair.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav D.M. Shulman, de Brooklyn. Voir, à son sujet, la lettre n°4342. (2) De Pourim, chez le Rabbi. (3) Ce qui semble vouloir dire que le nombre importe peu. (4) L’avis retenu par la Hala’ha et celui qui ne l’est pas. (5) Il faut en conclure que l’ajout quantitatif a bien un impact. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir les commentateurs du Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, début du chapitre 687 et fin du chapitre 690 ”. (7) Comme ayant participé à cette réunion.
Lettre n°5287
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5287, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous faites référence à l’état de santé de votre père, auquel Dieu accordera longue vie. Je mentionnerai son nom près du tombeau(1), afin que cet état s’améliore de façon significative. Néanmoins, tout cela dépend essentiellement de lui et, plus précisément, de son travail à la Yechiva, qui doit être convenable et véritable. C’est de cette façon qu’il sera en bonne santé et réellement fort.
Le terme ‘convenable’ implique qu’il s’intéresse sincèrement à ce qu’il fait, sans épargner son temps, son enthousiasme et son ardeur, au moins autant qu’il s’intéresse à son traitement médical et à la santé de son corps. Il ne s’agit pas de polémiquer avec moi, en la matière, car Celui Qui guérit toute chair sait ce qui se passe réellement. C’est une évidence.
Combien plus en est-il ainsi pour ce qui est de la tristesse. Le saint Tanya établit que la source de ce sentiment n’est pas pure. Pourquoi donc vous engager sur cette voie ? Je suis surpris par cette situation. Comment les ‘Hassidim trouvent-ils du temps pour de telles choses ? Ne voit-on pas, ne sent-on pas que cette période est particulièrement précieuse, que chaque instant doit être consacré à l’objectif final ?
Or, plusieurs ‘Hassidim perdent leur temps en ce que l’on ne peut même pas qualifier d’insignifiant. Peut-être est-ce là également la signification du double voile défini par le verset : “ Ce jour-là, voiler(2), Je voilerai Ma face ”.
Puisse Dieu faire que s’accomplissent très prochainement les termes de cet autre verset, comprenant également une répétition : “ Et l’on dira ce jour-là, voici notre Dieu… C’est Lui… C’est Lui… ”.
Notes
(1) Du précédent Rabbi. (2) Haster, de la même étymologie que Esther, en relation avec la fête de Pourim.
Lettre n°5288
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5288, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
empli d’empressement, le Rav Avraham ‘Hano’h(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres des 28 Tévet, 5 et 27 Chevat, 12, 23 et 25 Adar Richon et 11 Adar Chéni. Sans doute continuerez-vous à m’écrire, d’une manière encore plus détaillée. Je suis surpris de ne pas recevoir de votre part, des coupures de presse, depuis quelques temps déjà. En effet, pendant cette période, des articles ont sûrement été publiés sur ‘Habad. Et, si cela n’a pas été le cas, l’étonnement(2) est encore plus grand.
J’ai reçu les causeries traduites(3), jusqu’à la page 81. Pour l’heure, je n’ai pas eu le temps de les consulter, de la manière qui convient.
Dans votre lettre du 23 Adar Richon, vous me dites que vous avez rendu visite, ces jours-ci, à monsieur E. S.(4). Depuis lors, vous n’en parlez plus. Sans doute, me préciserez-vous ce point, dans votre prochaine lettre. Vous me direz également si vous avez pu rencontrer les personnes avec lesquelles vous vouliez vous entretenir du livre de monsieur Friedberg.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, en tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
Le secrétaire,
Les livres suivants du grand Rav Margolis se trouvent dans la bibliothèque(5) : la première édition du Zohar, des Tikouneï Zohar, du Zohar ‘Hadach et du Séfer Ha Bahir, avec les Nitsoutsin. Il y a aussi
le Chaareï Zohar et la brochure ‘Le Rambam et le Zohar’. Bien entendu, les éditions suivantes sont intéressantes également, si elles comportent des ajouts.
Il serait bon de lui faire cadeau du Sdeï ‘Hémed, en lui soulignant que l’on pratique de cette façon(6) envers tous ceux qui adressent leurs ouvrages ici, à la bibliothèque.
Notes
(1) Le Rav A.H. Glitsenstein, de Lod. Voir, à son sujet, la lettre n°5133. (2) Comment est-il possible que rien n’ait été publié ? (3) Du Yiddish en Hébreu. (4) Vraisemblablement Eliézer Steinman. (5) Du Rabbi. (6) Que l’on offre des livres des éditions Kehot.
Lettre n°5289
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5289, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Après une longue interruption, j’ai été satisfait de recevoir votre lettre du 12 Adar Chéni.
Vous me rapportez les propos des médecins.
Or, vous connaissez le principe, applicable au comportement de chaque Juif, selon lequel celui-ci doit être basé sur les enseignements de notre sainte Torah. En l’occurrence, nos Sages nous disent que “ le médecin a été autorisé à guérir ”, ce qui veut bien dire qu’il agit en tant qu’émissaire de Dieu. Bien souvent, il ne perçoit pas lui-même la dimension profonde de cette mission(1), mais, en tout état de cause, il ne fait que rapporter les propos de Celui Qui le mandate. De la sorte, son avis devient partie intégrante de la Torah.
Il résulte de tout cela que, même si l’on ne comprend pas bien l’émissaire, même si l’on se pose des questions à son sujet, comme vous le faites vous-même dans votre lettre, il ne doit rien en découler, dans la manière dont on se conforme à ses prescriptions(2).
Je suis donc convaincu que, dès réception de la présente, vous commencerez à mettre en pratique ce que le docteur vous a dit. Puisse Dieu faire qu’en l’écoutant et en vous conformant à ses prescriptions, vous connaissiez une immense réussite, dans tous les domaines.
De même, il est bien clair que le fait de ne pas manger à l’heure ou bien de ne prendre qu’un seul repas par jour ne correspond pas à la voie du Baal Chem Tov, qui nous a été maintes fois décrite par nos saints maîtres. Il est précisé, également, à propos du corps : “ tu lui viendras en aide ”(3). Il faut donc écarter les jeûnes et les mortifications.
J’espère obtenir, de votre part, une réponse rapide, me disant que vous appliquez tout ce qui vient d’être dit.
Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) N’a pas conscience de rapporter les propos de Dieu. (2) On doit effectivement s’y conformer. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4924.
Lettre n°5290
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5290, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et assume une mission sacrée, le Rav Moché(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 8 Adar Chéni, dans laquelle vous me parlez des élèves, auxquels Dieu accordera longue vie, de même qu’à tout ce qui les concerne.
Sans doute, à l’avenir, maintiendrez-vous cet usage positif(2). Avant tout, vous surveillerez attentivement chacun d’entre eux. Cette surveillance, outre son importance intrinsèque, suscite, chez les élèves, un désir de bien se comporter. La nature humaine, y compris celle de l’âme animale, veut qu’il en soit ainsi. Bien plus, il est dit que “ comme le visage se reflète dans l’eau…(3) ”.
Et, vous connaissez le dicton(4) de l’Admour Haémtsahi, à ce sujet, selon lequel on ligue, en procédant ainsi, deux âmes divines contre une seule âme animale(5). C’est bien évident.
Notes
(1) Le Rav M.Levertov, de Pittsburgh. Voir, à son sujet, la lettre n°4790. (2) Celui d’écrire au Rabbi pour lui rendre compte de ce qui est fait. (3) “ Le cœur de l’homme se reflète dans celui de son prochain ”. En manifestant de l’intérêt à un élève, on suscite donc sa propre attention. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°3394 et 5312. (5) Quand on se consacre à son prochain, on le fait uniquement avec son âme divine.
Lettre n°5291
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5291, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, dont l’acheminement a été quelque peu retardé. Vous me dites que vos parents sont orthodoxes, qu’ils craignent la Parole de Dieu et que vous avez reçu une éducation en conséquence. Puis, vous me décrivez brièvement ce qu’a été votre vie et vous vous plaignez de ne pas éprouver d’enthousiasme pour le domaine de la sainteté et des idées contradictoires qui vous traversent l’esprit.
Vous êtes, depuis un certain temps déjà, dans l’armée. Il est donc sûrement inutile de vous souligner que la création a un ordre précis(1), même si parfois, il peut sembler, à nos yeux de chair, qu’il en soit autrement.
Il est, cependant, une exception à ce principe. Il s’agit du coin de cette création dans lequel se trouvent les enfants d’Israël. En effet, ceux-ci ont reçu le libre arbitre, ainsi qu’il est dit : “ Vois, J’ai placé devant toi, en ce jour, la vie et le bien(2)… et tu choisiras la vie ”.
Et, il y a effectivement là un bienfait du Créateur(3), Qui voulut que l’homme fasse la preuve que sa nature est profondément bonne, même si les atteintes du temps font que cette dimension profonde soit recouverte par une couche extérieure, de nature inverse. Car, il n’y a bien là qu’une apparence extérieure, se présentant à l’homme pour qu’il s’en défasse par ses propres moyens, afin d’obtenir de Dieu une abondante bénédiction.
Bien plus, c’est précisément dans ce cas que la bénédiction qu’il reçoit est entière. Selon l’expression bien connue, en effet, le pain de la honte(4) ne procure pas réellement de plaisir. Il n’en est pas de même pour celui que l’on a obtenu par sa fatigue et par son effort.
Il résulte de cette analyse qu’il n’est pas de sort plus heureux, confié par la divine Providence, dans sa vie, que la possibilité, non seulement de faire le bon choix pour soi-même, dans ses activités personnelles, mais aussi d’exercer une influence positive sur un certain groupe, dont les membres choisiront, à leur tour, la vie véritable et le bien véritable.
En pareil cas, bien entendu, le mauvais penchant et le côté du mal entrent en lutte, troublent celui qui exerce cette influence positive sur les autres, bien au-delà de la manière dont ils le font pour celui qui se limite à ses quatre coudées et ne fait parvenir la lumière de son âme qu’à la part du monde qui lui est personnellement confiée.
Il est donc absolument évident que l’on ne doit pas se décourager, en constatant que l’on est dérangé, de cette façon. Cela veut bien dire que l’on doit agir, au-delà de l’accomplissement d’un homme du commun. C’est pour cela que le mauvais penchant s’engage dans une lutte aussi acharnée et, selon l’enseignement bien connu de nos Sages, “ plus l’on est grand et plus l’on a un mauvais penchant développé ”. Or, cette grandeur peut aussi être liée à la manière d’influencer les autres.
Simultanément, l’assurance nous a été donnée que le résultat est à la mesure de l’effort(5). Chacun reçoit toutes les forces nécessaires pour mener à bien la mission qui lui est confiée et tout ne dépend donc que de la volonté d’utiliser ce potentiel et ces forces de manière effective.
A tout ceci, s’ajoute un point particulier, bon et positif. Votre influence s’exerce parmi les soldats, puisque vous me dites que vous êtes aumônier militaire. Les soldats vivent dans un contexte particulier, éloignés de leur foyer et de leur environnement courant. Ils sont habitués à obéir, jour et nuit, à dire : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”(6).
Les militaires sont donc beaucoup plus aptes a adopter l’attitude qui fut celle du peuple d’Israël, quand il reçut la Torah et les Mitsvot, celle de la soumission, “ nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”.
Certes, dans différents domaines, il est plus difficile de respecter la Torah et les Mitsvot à l’armée. Mais, comme on l’a dit, ces difficultés doivent, bien au contraire, susciter des forces accrues, en chaque soldat et des moyens encore plus larges, chez les aumôniers militaires. Et, rien ne résiste à la détermination.
J’espère que vous avez un temps fixé pour étudier personnellement la Torah, en plus de l’enseignement que vous dispensez à vos élèves et que vous apprenez également la ‘Hassidout. A n’en pas douter, les jeunes ‘Hassidim de votre entourage, si vous les contactez, vous y aideront, dans la mesure où cela est nécessaire.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles pour tout cela,
Notes
(1) L’ordre et la discipline étant la règle, dans l’armée. (2) La mort et le mal. (3) Le fait d’accorder le libre arbitre à l’homme. (4) Que l’on n’a pas gagné par son effort. (5) Textuellement : “ La trace, sur le dos du chameau, dépend du poids du fardeau ”. (6) Comme ce fut le cas, en préalable au don de la Torah.
Lettre n°5292
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5292, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’écrivez que le rôle qui vous a été confié par la divine Providence consiste à se consacrer à l’éducation des enfants juifs aux valeurs sacrées et que vous assumez cette mission dans un cadre lié à nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera, qui est pénétré de lumière et de vitalité ‘hassidiques.
Vous pouvez en déduire que tout ce qui vous concerne et la réparation pleine et entière que vous devez réaliser(1) passent par une mise en pratique de cette mission, de la manière qui convient. Et, de temps à autre, vous y apporterez une amélioration, conformément à l’Injonction selon laquelle on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté.
Concernant certains points que vous évoquez dans votre lettre, il serait bon que vous et votre épouse fassiez une contribution à la Tsédaka, jusqu’à ce que chacun de vous collecte une somme qui soit la contre-valeur de quarante jeûnes. Le Kovets Loubavitch précise le montant correspondant.
Bien entendu, vous pouvez le faire sans vous imposer de lourdes dépenses(2), à condition que la décision en soit prise de la manière la plus positive. Cette Tsédaka sera prélevée, en particulier, chaque jour de semaine, avant la prière du matin et, pour les femmes, avant l’allumage des bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes.
Ceci s’ajoute, bien sûr, au temps fixé pour l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, au maintien des trois études bien connues, portant sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya, plus généralement à votre participation à tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot en public, lorsque le mérite du grand nombre vous vient en aide.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) A la suite d’une relation conjugale pendant la période de Nidda. Voir la lettre n°5073. (2) En étalant les paiements dans le temps.
Lettre n°5293
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5293, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Il est sûrement inutile de vous souligner que, précisément après son mariage, on doit renforcer sa pratique de la Torah et des Mitsvot. En effet, après que celui-ci ait été célébré, on reçoit de Dieu une réussite accrue, en la matière(1).
Lorsque Dieu accorde des forces, on doit, bien entendu, s’en servir de la manière qui convient et le plus largement possible. L’une de ces Mitsvot est : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”, ce qui est “ un grand principe de la Torah ”, en particulier envers les plus proches. Dieu fasse donc que vos propos, adressés à votre frère, soient fructueux(2).
Vous lui direz qu’il a suffisamment fermé les yeux, dans le but de ne pas voir les bienfaits que Dieu a accomplis pour lui, jusqu’à maintenant. Son entêtement à ne pas les constater ne fait pas que compliquer la vie, pour lui-même, pour son entourage et pour tous les membres de sa famille. Il occulte, en outre, ces bienfaits(3).
En effet, la révélation céleste est à la mesure de l’effort de l’homme et, quand on s’entête ici-bas, affirmant que “ ce n’est pas la bonne signification et ce n’est pas ainsi qu’il faut l’interpréter ”, on suscite une réaction dans le même sens(4).
De plus, il est évident qu’il ne suffit pas d’observer soi-même ces bienfaits. Il faut, en outre, forger des réceptacles purs et larges afin de les contenir. Néanmoins, si l’on veut se convaincre soi-même que tout cela est normal, que telle est la nature du monde, Téva, terme qui signifie également “ englouti ”(5), on peut obtenir le résultat précédemment décrit, ce qu’à Dieu ne plaise.
Certes, il est dit que “ aucun de nous ne sera écarté ”. Pour autant, on s’impose ainsi un tracas, de même qu’à tous les membres de sa famille, alors que l’on aurait pu servir Dieu dans la joie, recevoir les biens matériels joyeusement, avoir de quoi être heureux, recevoir un bien visible et tangible, le percevoir comme tel à nos yeux de chair.
Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de cela également. Vous me direz aussi que votre frère se rapproche, qu’il prend part aux études publiques ou, plus généralement aux activités de ‘Habad et à bien d’autres choses encore.
Notes
(1) Pour pouvoir mener à bien un tel ajout. (2) Grâce à la vigueur accrue que leur confère le mariage. (3) Comme s’ils n’étaient pas là, dès lors qu’ils refusent de les voir. (4) Un retrait du dévoilement. (5) La nature est donc ce qui “ engloutit ” la Présence de Dieu, dans le monde.
Lettre n°5294
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5294, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Adar Chéni 5717,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav David(1),
Je vous salue et vous bénis,
Concernant les Tefillin, je n’ai pas entendu d’instructions particulières. Peut-être les ‘Hassidim âgés de Terre Sainte en détiennent-ils. J’ai moi-même adopté l’usage consistant à avoir des Tefillin dont la hauteur, la largeur et la longueur sont égales(2). A ce propos, vous consulterez, en particulier, le Eshkol et le Darkeï Moché.
L’idée de rédiger un livre sur les mécanismes psychiques d’après la ‘Hassidout ‘Habad et surtout d’après les maîtres de ‘Habad et leur enseignement, à l’usage des écoles de Terre Sainte, est particulièrement judicieuse. Il serait bon de vous concerter, à ce sujet, avec le Rav A.H. Glitsenstein(3).
Par colis séparé et par courrier ordinaire, vous ont été restitués plusieurs documents, concernant le réseau(4), que vous avez envoyés ici. Vous me confirmerez les avoir bien reçus.
Notes
(1) Le Rav D.Hanzin, de Peta’h Tikva. Voir, à son sujet, la lettre n°4762. (2) Dont le boîtier est parfaitement cubique. (3) Voir, à son sujet, les lettres n°5133 et 5288. (4) Des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte.
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