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Iguerot Kodesh — lettres 4994 à 5013

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°4994

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4994, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Tévet 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du second jour de ‘Hanouka, dans laquelle vous faites référence à une personne atteinte d’une éruption….

Le plus souvent, la cause en est un affaiblissement général et également un état nerveux. Il faut donc renforcer sa santé et ses nerfs.

Dernièrement, la méthode la plus efficace consiste à ne pas penser à son état et à servir Dieu joyeusement, comme l’expliquent différents textes, en particulier le Rambam, à la fin des lois du Loulav et dans les lois des opinions. Le Tour Choul’han Arou’h, au chapitre 231, mentionne le principe : “ En toutes tes voies, reconnais-Le ” et il est clair que ces voies doivent être joyeuses.

Comme vous avez été son émissaire pour me poser cette question, puisse Dieu faire que vous le soyez également pour m’annoncer une bonne nouvelle, l’amélioration de son état.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°4995

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4995, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Tévet 5717,

Brooklyn,

A la Rabbanit Tsipora(1),

Je vous bénis et vous salue,

J’ai obtenu de vos nouvelles avec plaisir par mon proche parent, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, a de bons comportements, Rav Azryel Zelig Slonim(2).

Comme vous l’avez demandé, je mentionnerai votre nom et ceux des membres de votre famille près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Que vos activités et celles de votre mari, pour le mérite du plus grand nombre, vous protègent, en tous vos besoins, matériels et spirituels.

Le Rav Slonim m’a parlé, en particulier, de votre fils, qui occupe des fonctions d’aumônier militaire. Sans doute saisit-il chaque opportunité, dans son entourage, afin d’expliquer les Injonctions de notre Torah, Torah de vie, à tous ceux qui reçoivent son influence, à tous ceux qui se trouvent dans le campement(3).

Chacun doit se protéger encore plus efficacement contre le mal, en renforçant le domaine de la Sainteté. Le verset dit, en effet, que “ l’Eternel ton Dieu se trouve au sein de ton campement.. et ton campement sera sain ”. Le cœur d’Israël est en éveil et tout dépend donc de celui qui encourage. Il lui appartient de trouver les mots qui conviennent et de parler avec son cœur.

Puisse Dieu lui accorder de le faire de manière croissante, selon l’enseignement délivré par les jours de ‘Hanouka, de se servir d’une huile pure, jusqu’à éclairer “ à la porte de sa maison, vers l’extérieur ”, à partir du coucher du soleil.

Dieu fasse qu’il figure parmi ceux qui font un effort en ce sens, dans toute la mesure du possible.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Madame T. Avi Tsédek, de Jérusalem. (2) Voir, à son sujet, la lettre n°4808. (3) Aux soldats.

Lettre n°4996

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4996, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Tévet 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 11 Mar ‘Hechvan, dont l’acheminement a été retardé. Je suis surpris de ne pas avoir eu de vos nouvelles, depuis lors, ni même un accusé de réception de mes courriers et des informations sur ce qui a été fait par la suite.

J’ai pris connaissance avec satisfaction, dans votre lettre, de vos réalisations sacrées et l’on peut s’en remettre à l’Admour Hazaken, dont les propos se réaliseront pleinement. Je fais allusion à ce qui est dit au début du Torah Or, à propos du verset : “ La Tsédaka élève une nation ”. Il est, en effet, expliqué que “ son cerveau et son cœur deviennent mille fois plus affinés(1) ”.

Vous avez sûrement profité des jours de Kislev, du 10 Kislev(2), du 19 Kislev(3) et de ‘Hanouka, pour tout cela, l’idée fondamentale étant la diffusion des sources(4) à l’extérieur, ce qui aura un apport sur tout ce qui vient d’être cité.

Je vous joins les dernières parutions. Vous les mettrez sûrement à la disposition du plus grand nombre. Le mérite de tous dépend de vous.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et connaître la réussite dans tous les domaines,

M. Schneerson,

Notes

(1) Grâce à la Tsédaka qui a été donnée. Ainsi, l’efficacité de sa propre étude de la Torah peut se trouver mille fois accrues. (2) Date de la libération de l’Admour Haémtsahi des prisons tsaristes. (3) Date de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes. (4) De la ‘Hassidout.

Lettre n°4997

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4997, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Tévet 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 17 Kislev. J’ai déjà expliqué à des ‘Hassidim et à des jeunes gens ce que nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Nous vivons la fin de la période du talon du Machia’h(1). Chaque instant est précieux et il faut donc s’en servir, dans toute la mesure du possible, pour que chaque Juif mette en pratique la mission essentielle et profonde, “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”. Et, il faut faire tout cela selon les directives de la divine Providence(2), avec joie et enthousiasme.

Dieu vous a donné le succès d’enseigner, dans l’une des classes d’une Yechiva de mon beau-père, le Rabbi, en Terre Sainte. Vous devez donc redoubler d’ardeur, en la matière, rapprocher vos élèves de la Torah et des Mitsvot, les faire entrer et, grâce à cela, entrer vous-même dans l’armée de Dieu(3) qui, très prochainement, sortira, la main haute, de l’intense obscurité de l’exil amer dans lequel nous nous trouvons actuellement.

Il est donc bien évident qu’il ne faut tenir aucun compte des avances du mauvais penchant, vous proposant des voyages et des promenades en différents endroits, car son but est de vous faire perdre votre temps et d’interrompre votre mission sacrée.

Pour ce qui vous concerne, votre récompense est précisée par l’Admour Hazaken, au début du Torah Or. Une telle Tsédaka, offerte aux élèves, “ élève une nation ” et, de la sorte, “ son cerveau et son cœur deviennent mille fois plus affinés ”(4).

Puisse Dieu faire que vous méditiez objectivement à tout cela. De cette façon, vous vous réjouirez de votre sort, d’une joie véritable et profonde.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Lorsque sa révélation est imminente. (2) En l’endroit et dans les conditions où l’on est placé par Dieu. (3) Selon le qualificatif que reçurent les enfants d’Israël, quand ils quittèrent l’Egypte. (4) Voir la fin de la lettre précédente.

Lettre n°4998

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4998, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Tévet 5717,

Brooklyn,

A l’organisation des femmes et jeunes filles ‘Habad

en Terre Sainte, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre me demandant de quelle manière il faut considérer les injections du vaccin de Salk(1), destiné à immuniser les enfants, auxquels Dieu prêtera longue vie(2).

Celui-ci a été adopté dans plusieurs pays. Aux Etats-Unis, pratiquement tous le font, avec succès. Il est donc judicieux de se faire vacciner.

Vous me demandez si vous devez utiliser un vaccin de Salk produit à l’étranger ou bien en Terre Sainte. Bien entendu, ceci dépend de la fiabilité des fabricants, un certain nombre d’entre eux se trouvant dans ce pays. Sans doute y en a-t-il également en Terre Sainte. Vous prendrez donc la décision quand vous connaîtrez les détails et saurez quel produit est le meilleur.

La décision que vous arrêterez vous apportera la réussite, un bien visible et tangible, vous permettra d’éduquer vos enfants, au sein de tous les enfants juifs, à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, dans la largesse, pour le bon renom, l’honneur et la gloire.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vous concerne,

Notes

(1) Contre la poliomyélite. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4862.

Lettre n°4999

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4999, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Tévet 5717,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume une

une mission divine, le Rav Aharon Morde’haï(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 28 Kislev et celles qui la précédaient. Sans doute les membres de la direction du réseau(2) sont-ils de plus en plus proches, de même que ces membres sont, à leur tour, proches des professeurs.

La rédaction d’un programme général, pour toutes les écoles du réseau, permettra d’obtenir plus aisément un tel résultat. Peut-être les conditions de l’endroit rendront-elles nécessaires quelques aménagements, d’une école à l’autre, mais il ne s’agira que de détails et l’on peut laisser la latitude, à chaque directeur ou bien à chaque professeur, pour sa classe, de pratiquer un ajout spécifique aux points généraux.

Vous m’interrogez sur le texte de la pierre tombale(3). Il faut que le nom de mon beau-père, le Rabbi ou, tout au moins, celui de ‘Habad Loubavitch y soit mentionné, pour des raisons évidentes. Quiconque le lira se souviendra de ces mots. On met ainsi en éveil le mérite des autres. C’est bien évident.

Vous avez sûrement reçu ma lettre(4), qui faisait réponse à celle de votre mère, à laquelle Dieu accordera une longue vie.

Sans doute avez-vous profité du 10 Kislev(5), du 19 Kislev(6) et de ‘Hanouka, dans les écoles du réseau, de la manière qui convient.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav A.M. Silbershtrom, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4427. (2) Des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (3) De Sim’ha Silbershtrom, frère du destinataire de cette lettre, assassiné par les terroristes arabes lors d’un attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir, à ce sujet, la lettre n°4868. (4) Il s’agit de la lettre n°4868. (5) Date de la libération de l’Admour Haémtsahi des prisons tsaristes. (6) Date de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes.

Lettre n°5000

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5000, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Huitième lumière de ‘Hanouka 5717,

Brooklyn, New York,

A l’attention de monsieur Eliézer Steinman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec satisfaction, les deux volumes de votre ouvrage intitulé “ L’enseignement de ‘Habad ”, dont l’acheminement a, semble-t-il, été retardé. Je vous remercie de me les avoir adressés, bien plus de m’avoir réservé le “ premier exemplaire ”. Bien entendu, dès réception, je les ai feuilletés.

Vous connaissez mes conceptions, qui étaient exposées dans mes précédents courriers et vous ne serez donc pas surpris d’apprendre ma joie, en découvrant, dans cet ouvrage, plusieurs notions de ‘Hassidout définies par ordre alphabétique, avec, dans l’une des parties, des références, que le lecteur et l’étudiant pourront consulter, afin de les approfondir.

Tel est, en effet, le désir d’un auteur, sa satisfaction morale. Il souhaite parvenir à mettre en éveil, chez son lecteur, un désir et une soif de s’intéresser au sujet traité par son livre et de l’approfondir.

Tout est effet de la divine Providence. Il faut donc remarquer que votre livre m’est parvenu pendant la fête de ‘Hanouka, qui évoque l’ajout(2). Vous avez obtenu cela parce que vous avez le mérite de diffuser la lumière de l’enseignement de ‘Habad parmi les cercles les plus larges, à l’extérieur, conformément à la formule bien connue selon laquelle : “ tes sources se répandront ” y compris auprès de ceux qui se trouvent encore “ à l’extérieur ”(3).

J’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de formuler une remarque, à propos de ce qui m’a causé une joie et un plaisir particuliers, s’agissant de la parution de votre livre. En effet, j’ai immédiatement recueilli des réactions, émanant de différents milieux. Et, certains m’ont demandé comment pareille chose était possible. La ‘Hassidout ‘Habad est la dimension profonde de la Torah. Selon l’image bien connue de l’Admour Hazaken, elle est le joyau de la couronne royale, celle du Roi du monde, de laquelle dépend sa beauté et également son pouvoir, dans ce royaume.

Il est donc bien clair que celui qui étudie cette partie de la Torah, y compris pour lui-même et a fortiori s’il l’explique aux autres, la diffuse dans les cercles les plus larges, se doit de conformer sa vie à cet enseignement et à ses exigences(4). Car, si une telle adéquation n’existe pas, que faire de l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ grande est l’étude qui conduit à l’action ” ?

Pourquoi cela a-t-il provoqué mon plaisir et ma joie ? Du fait du raisonnement suivant. Les personnes qui ont eu une telle réaction ne possèdent pas de connaissances profondes ni, encore moins, d’analyse approfondie de la ‘Hassidout ‘Habad. Malgré cela, elles ont pris conscience de cet état de fait, qui trouble leur quiétude. Combien plus doit-il donc en être de même pour vous, qui avez offert votre temps, votre intérêt, votre force de concentration et, j’en suis convaincu, la profondeur de votre âme, afin d’étudier profondément la ‘Hassidout ‘Habad.

Certes, depuis que vous avez commencé à écrire, il y a eu des changements significatifs, non seulement dans votre pensée, mais aussi dans votre parole et dans votre action. J’ai donc bon espoir que vous progresserez, étape après étape, que vous ajouterez de la lumière. De cette façon, il y aura bien, à terme, adéquation parfaite entre l’auteur et l’ouvrage, de sorte que l’un porte témoignage sur l’autre.

Comme pour tout ce qui est positif, en particulier la Torah et les Mitsvot, qui n’ont pas de fin, je souhaite que l’achèvement de ces deux tomes ne soit pas une conclusion de l’enseignement de ‘Habad dans votre vie, ce qu’à Dieu ne plaise. Bien au contraire, désormais, chaque jour aura un apport spécifique, afin d’être le prolongement vivant de ce que vous écrivez dans ces livres.

Puisse le Créateur du monde, Qui le dirige et accorde Sa Providence à chacun, faire en sorte qu’il n’y ait pas de voile, pas d’obstacle à la réalisation de tout cela.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, je conclus en vous présentant mes respects et en vous témoignant ma déférence.

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°4325. (2) Par le nombre croissant des lumières de la fête. (3) Selon la réponse que le Machia’h fit au Baal Chem Tov, qui lui demandait quand il viendrait. (4) Ce qui n’est pas le cas pour monsieur Steinman.

Lettre n°5001

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5001, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Tévet 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me décrivez brièvement ce qui vous est arrivé. Et, vous adoptez une conclusion positive, puisque vous me dites que vous êtes guéri, que votre état s’est amélioré. Vous me demandez de quelle manière progresser dans l’étude de la Torah.

Il est clair que chaque élève de la Yechiva(1) doit adopter son organisation. De ce point de vue, il est particulièrement important d’avoir un compagnon d’étude(2). En effet, le fait de se lier à des amis est l’un des moyens d’acquérir la Torah, comme le précise la Michna.

Il serait bon, dans le temps dont vous disposez, d’instaurer une étude des lois qui sont nécessaires au quotidien. Pour la plupart, celles-ci se trouvent dans le Choul’han Arou’h, partie Ora’h ‘Haïm.

Et, pour savoir, au plus vite, quel comportement il convient d’adopter, vous étudierez d’abord ces lois très brièvement, avec, par exemple, un abrégé du Choul’han Arou’h ou le Dére’h ‘Haïm, qui est imprimé dans plusieurs Sidourim. Vous répéterez plusieurs fois cette étude, jusqu’à bien connaître ces lois, car “ l’acte est essentiel ”.

Vous connaissez sûrement l’usage qui consiste à lire des Tehilim, selon leur répartition mensuelle, chaque jour, après la prière du matin. Vous l’adopterez, au moins à l’avenir. De même, chaque jour de semaine, avant la prière du matin, vous donnerez quelques pièces à la Tsédaka.

Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Puisque le destinataire de cette lettre en est un. (2) Conformément à la pratique des Yechivot.

Lettre n°5002

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5002, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Tévet 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, votre lettre du 12 Kislev m’est parvenue, avec la demande de bénédiction qu’elle contenait et qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Vous me faites part de vos griefs contre la Yechiva. Ce point a déjà été discuté avec plusieurs ‘Hassidim. Or, même si l’on se trouve dans un cas incontestable de force majeure reconnue par la Torah, on ne peut pas pour autant être considéré comme si l’on avait agi concrètement. C’est une évidence. Comment votre entourage, dans votre ville, serait-il sauvé par des reproches, des exigences, de longs raisonnements ?

Même si telle personne ne s’acquitte pas de la tâche qui lui est confiée, les autres Juifs ne sont cependant pas dispensés d’agir. Bien plus, on peut même avancer que leur devoir de le faire est accru d’autant, puisqu’ils doivent compenser l’inaction de leur prochain.

Nos Sages disent que “ celui qui en a le mérite reçoit sa part et celle de son ami ”. Or, s’il y a une “ part ”(1), il doit y avoir également une action à accomplir(2).

Puisse Dieu faire que chacun d’entre vous multiplie les actions pour le Judaïsme, en général, pour la diffusion des sources(3), en particulier. Comme l’enseignent les jours de ‘Hanouka(4), vous le ferez de manière croissante, de jour en jour, avec de l’huile pure, “ à la porte de sa maison, vers l’extérieur ”.

Puisse Dieu faire que vous accomplissiez tout cela en bonne santé.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Au sens de récompense. (2) Car elle ne peut être obtenue gratuitement. (3) De la ‘Hassidout. (4) Par la manière dont on allume les lumières de la fête.

Lettre n°5003

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5003, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Tévet 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Cette homme, auquel Dieu accordera une longue vie, vient de m’écrire et, bien entendu, il m’a peiné en me disant que lui et son épouse ont été découragés, quand vous lui avez transmis ce dont nous avions parlé, concernant son travail. Je suis surpris par tout cela. Nous correspondons depuis plusieurs années et, malgré cela, il fait encore une interprétation erronée de mes propos !

Commentant le verset : “ Le Juste est mis à l’épreuve ”, nos Sages soulignent que ceci concerne précisément le Juste, car on demande des comptes à celui qui possède les moyens et les forces nécessaires pour assumer concrètement la mission. En pareil cas, des comptes sont demandés précisément pour révéler ces forces.

Il est clair que l’on exige d’un homme uniquement en fonction des forces dont il dispose, comme c’est, du reste, systématiquement le cas, dans le domaine de la Sainteté. En effet, par rapport aux capacités d’un autre, quelqu’un peut accumuler des accomplissements grandioses(1). Et, selon l’expression bien connue, “ la trace sur le dos du chameau est à la mesure de l’effort ”(2).

Différents textes de ‘Hassidout commentent l’expression : “ De tout ton pouvoir ” en soulignant qu’il s’agit bien du pouvoir de chacun. Or, c’est précisément ce que je voulais dire, quand je parlais de cet homme, auquel Dieu accordera une longue vie. Les forces dont il dispose ne sont pas pleinement utilisées et c’est dommage, car beaucoup profitent de lui et de ses réalisations. Il n’y a donc nullement lieu d’être découragé, bien au contraire.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Alors que pour lui, ceux-ci sont insignifiants, compte tenu des forces dont il dispose. (2) Le résultat est à la mesure de l’effort.

Lettre n°5004

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5004, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Tévet 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 28 Kislev, dans laquelle vous me dites que vous êtes animé d’une profonde volonté de poursuivre votre étude de la Torah, mais que, pour l’heure, vous ne parvenez pas à trouver en vous la patience et l’ardeur nécessaires pour satisfaire ce désir.

La solution est donc la suivante :

A) Il faut que le temps de l’étude soit fixé, sans pour autant que celui-ci soit trop lourd. De manière naturelle, un homme va du plus simple vers le plus compliqué, surtout quand il a interrompu ses études pendant quelques temps.

B) Il faut s’efforcer, dans toute la mesure du possible, d’avoir un compagnon d’étude. Tout d’abord, c’est là un des moyens d’acquérir la Torah. On peut vérifier que ce qui est fixé a une plus grande stabilité, car on éprouve de la gêne, devant ses camarades de classe et l’on ne peut trouver aucune excuse pour se justifier.

C) Il ne faut pas se décourager si le premier essai ou même le second ne sont pas concluants. La nature veut qu’il en soit ainsi. On peut ne rien obtenir, à plusieurs reprises. Pour autant, si l’on est réellement déterminé, on connaîtra, au final, le succès.

Vous savez qu’en toute chose, l’aide de Dieu est déterminante, en particulier pour ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, en notre période d’exil particulièrement obscur. Il serait donc bon que vous donniez, tous les matins de semaine, avant la prière, quelques pièces à la Tsédaka. Chaque jour également, y compris le Chabbat et les fêtes, vous lirez quelques Psaumes, après la prière.

Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles. Vous me direz que vous avez commencé à mettre tout cela en pratique, que vous observez les fruits de votre effort, ainsi qu’il est dit : “ Quand on fait des efforts, ils sont couronnés de succès ”.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Lettre n°5005

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5005, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Tévet 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et

vous bénis,

J’ai enfin reçu votre lettre du second jour de ‘Hanouka, même si je n’y trouve pas d’explication sur le silence que vous avez gardé, pendant toute cette période. Puisse Dieu faire que ce soit un bon début pour que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de vos accomplissements communautaires et de vos réalisations personnelles.

Conformément à votre demande, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Le manque d’information me parvenant semble indiquer que les ‘Hassidim n’ont nullement profité des jours propices qui viennent de s’écouler. Cette année, en particulier, les événements(1) ont suscité une émotion particulière. Plusieurs Juifs étaient en éveil pour le Saint béni soit-Il et même pour Sa Torah et Ses Mitsvot.

Comme je l’ai déjà écrit plusieurs fois, je ne sais pas ce que je peux faire d’autre, en la matière. Il semble que l’on fasse preuve du plus grand entêtement pour tout ce qui concerne la diffusion des sources(2). On se limite soi-même et l’on devient comme un végétal, ce qu’à Dieu ne plaise, incapable de dépasser le périmètre réduit de ses racines.

L’obscurité est si grande que l’on n’a pas même conscience de se trouver dans une telle situation. Pendant l’étude, on se souvient qu’il y a quatre règnes dans le monde(3), que le végétal est plus haut que le minéral et qu’il doit lui-même s’élever vers l’animal. Ce dernier, en effet, possède la qualité de pouvoir se déplacer, d’un endroit vers un autre, où il assumera également sa tâche. Mais, cela ne lui suffit pas et il souhaite s’élever vers l’humain, bien plus, connaître l’avancement, non pas d’une façon mesurée, mais bien au-delà de toute limite.

Or, eux ne ressentent même pas la situation dans laquelle ils se trouvent. Non seulement la majeure partie, mais même la totalité de leur personnalité est investie dans les besoins les plus étriqués du corps et de l’âme animale. De fait, l’Admour Hazaken souligne que les corps sont séparés, que l’un n’est pas identique à l’autre(4).

Quand on leur demande d’oublier leurs besoins physiques, au moins pour quelques instants, afin d’éclairer leur entourage et la part du monde qui leur est confiée, même si la récompense n’est pas matérielle et immédiate, ils ne l’acceptent en aucune façon.

Et, quand il n’y a pas moyen de faire autrement, ils parviennent à se convaincre, ce qui, pour eux, doit être un grand sacrifice, que quelques personnes doivent participer à une réunion. Chacune propose son analyse, en s’efforçant qu’elle contredise toutes celles qui ont été émises au préalable. Puis, chacun proclame qu’il ne peut endosser la responsabilité de tout cela, que l’on ne peut s’en remettre à personne, que chacun a de multiples défauts et qu’il est donc impossible d’agir.

Ils diront alors : “ En quoi tout cela me concerne-t-il ? J’ai fait mon devoir. Je suis venu participer à cette réunion. J’ai écouté les paroles d’une seconde, d’une troisième personne, bien que celles-ci n’atteignent pas mes épaules. Que puis-je faire de plus ? ”. Nos Sages disent, au traité Sotta 22b, qu’il y a là une forme de piété ostentatoire.

Bien entendu, tout ceci ne s’adresse pas à un ‘Hassid en particulier. Certains font exception. Pour ma grande peine, un enfant pourrait les dénombrer(5). Est-ce pour cela que nos saints maîtres ont fait des efforts, qu’ils ont investi leur âme, leurs forces profondes et essentielles, pour que le moment venu, alors que “ il(6) se tient derrière notre mur ”, la situation soit aussi terriblement aride ?

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) La guerre du Sinaï. Voir, à ce propos, la lettre n°4890. (2) De la ‘Hassidout. (3) Minéral, végétal, animal, humain. Voir, à ce sujet, la lettre n°5008. (4) L’unité entre les Juifs doit donc nécessairement être réalisée par les âmes. (5) Tant ils sont rares. (6) Le Machia’h. Sa venue est imminente.

Lettre n°5006

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5006, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tévet 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre express du 2 Tévet, que je viens de recevoir. Vous faites état de deux propositions, votre voyage aux Etats-Unis et la recherche d’un moyen d’assurer votre subsistance dans le pays où vous vous trouvez actuellement.

Il est clair qu’il vous faut accorder la priorité à la seconde proposition, pour différentes raisons et, avant tout, parce qu’il semble que votre problème actuel soit un manque d’enthousiasme, d’ardeur à s’installer de la manière qui convient.

A mon sens, il est absolument indispensable que vous agissiez, comme il faut le faire(1), pour tout ce qui vous concerne, en général, pour gagner votre vie et vous installer, en particulier. Vous le ferez honnêtement et non pour vous acquitter d’une obligation, pour satisfaire la volonté de ceux qui vous le demande.

Puisse Dieu faire que l’affirmation bien connue de nos Sages selon laquelle “ Si tu fais des efforts, ils seront couronnés de succès ” s’applique pour vous, selon ces deux points, d’une part que vous fassiez porter vos efforts dans ce domaine, car, dans notre monde, le principe est que : “ tu mangeras du pain à la sueur de ton front ” et c’est uniquement dans le monde futur que le travail sera fait par les autres, d’autre part que se réalise également la fin de cette promesse, selon laquelle “ ils seront couronnés de succès ”.

Il est effroyable que vous ne disiez pas un mot du 10 Kislev(2), du 19 Kislev(3), de ‘Hanouka. Il y a nécessairement eu une réunion ‘hassidique.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Avec l’empressement nécessaire. (2) Date de la libération de l’Admour Haémtsahi des prisons tsaristes. (3) Date de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes.

Lettre n°5007

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5007, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tévet 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 28 Kislev, avec la demande de bénédiction qui s’y trouvait et qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Entre temps, vous avez sûrement reçu ma réponse à vos précédents courriers.

Vous évoquez le livre Torat Maassé Béréchit(1). Ce qui était dit à son propos n’était pas une affirmation péremptoire. La justification en était aussitôt donnée, avec des références et ce qui a été écrit n’est qu’une toute petite partie de ce que l’on pourrait dire, à ce sujet. Il s’agit, en effet, d’un livre effroyable, comme le montrent les exemples cités dans la lettre.

Vous évoquez une petite fille qui est atteinte d’épilepsie et de crampes. Je ne comprends pas ce que vous voulez dire, car il s’agit de deux affections différentes et, en tout état de cause, l’une et l’autre reçoivent un traitement médical efficace. Ils consulteront donc des médecins spécialistes et se conformeront à leurs prescriptions.

Comme vous le savez, notre coutume(2), différente de celle qui est introduite par quelques uns des derniers Sages(3), consiste à écrire, pour une femme(4), “ en tous ses membres(5) ”. En effet, il y a plusieurs avis, dans le Talmud, quant au nombre de membres du corps d’une femme.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°4660. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Traité Be’horot 45a, Chaar Ha Collel, chapitre 26 ”. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4156. (4) Quand on demande une bénédiction de guérison. (5) Et, non “ en ses deux cent quarante huit membres ”.

Lettre n°5008

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5008, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tévet 5717,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chnéor Zalman, appelé docteur Its’haki(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 2 Tévet, dans laquelle vous me dites que vous avez fixé l’introduction du Séfer Torah à la synagogue au 15 Chevat, jour du nouvel an des arbres. Par envoi séparé, vous a été adressé un fascicule, dans lequel se trouve une lettre(2) de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, relative à l’introduction d’un Séfer Torah(3). Sans doute le recevrez-vous à temps(4).

Nos Sages disent que l’on confère un mérite à un jour par nature propice et vous connaissez le dicton du Baal Chem Tov selon lequel, de toute chose, il faut tirer un enseignement pour le service de Dieu, c’est-à-dire pour assumer la mission justifiant sa création, qui est précisément ce service, comme l’affirme la Michna, à la fin du traité Kiddouchin.

On peut également trouver une allusion à cela dans le fait que, comme le disent nos Sages, l’homme est un “ petit monde ”, de sorte que tout ce qui se trouve dans le monde possède son équivalent en l’homme. Le monde compte quatre règnes(5), minéral, végétal, animal et humain. Et, le service de Dieu compte également quatre stades, l’un plus élevé que l’autre.

La première étape est comparable au minéral. Il s’agit alors uniquement de recevoir, sans aucun apport personnel. Ceci correspond essentiellement au premier âge et à l’enfance. Puis, l’on s’élève vers le végétal et, dès lors, un seul grain de blé peut en produire un très grand nombre, une graine peut donner naissance à un arbre qui portera de nombreux fruits. Dès lors, ce que l’on reçoit, ce que l’on acquiert par l’étude et par la réflexion, peut être travaillé, en longueur, en largeur et en profondeur. Et, l’on peut ainsi développer sa propre personnalité, dans toute la mesure du possible.

Par la suite, au prix d’un intense effort moral et physique, on s’élève vers l’animal et, dès lors, on se maîtrise et l’on supprime, pour soi-même et pour son entourage, sa nature mauvaise, héritée de ses pères(6). On peut, en outre, changer d’endroit(7), car on est n’est pas lié à son milieu. Pour autant, ce n’est pas encore là l’élévation ultime. Il reste à franchir une autre étape et à accéder au règne humain.

L’homme peut mener une analyse intellectuelle profonde. Sa compréhension ne se limite pas à ce qui est appliqué, à l’action concrète, comme c’est le cas pour les animaux. Ainsi, le renard, par exemple, est l’animal le plus rusé. Cela signifie que, dans son service de Dieu, on ne se suffit pas de savoir ce qu’il faut faire et ce qu’il ne faut pas faire. On s’emploie, à proprement parler, à connaître le Créateur, ainsi qu’il est dit : “ Connais le Dieu de ton père ”. De façon générale, on peut y parvenir grâce à l’enseignement profond de la Torah, qui a, notre époque, a été révélé et expliqué par la ‘Hassidout.

Il résulte de tout cela que le début de l’action de l’homme est, avant tout, une élévation, d’une étape vers l’autre, du minéral vers le végétal. Ce processus commence lors du nouvel an des arbres, ainsi qu’il est dit : “ L’homme est tel l’arbre du champ ”. Puis, vient le nouvel an des animaux et celui des hommes, comme l’indique la Michna du traité Roch Hachana, au début du premier chapitre.

La dernière idée, qui est également le point central de tout cela, est, en d’autres termes, la suivante : “ Prononcez, devant Moi, des versets faisant état de Ma Royauté, afin de Me proclamer votre Roi ” comme le disent nos Sages, au premier chapitre des Pirkeï de Rabbi Eliézer.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°4926. (2) Voir les Iguerot Kodech du précédent Rabbi, tome 6, lettre n°1612. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4926. (4) Pour mettre en pratique ce qui y est dit, lors de l’introduction de ce Séfer Torah. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°5005. (6) Et, qui n’a pas encore été changé. (7) Un animal se déplace.

Lettre n°5009

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5009, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Tévet 5717,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Tsvi(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une très longue interruption, j’ai reçu les coupures d’articles des périodiques Am Ve Séfer et Ha Tsofé, du 30 Kislev. Je suis surpris de ne pas avoir eu, de votre part, des nouvelles concernant les bateaux(2), pendant toute cette période.

Or, j’ai reçu une réponse de quelqu’un, me justifiant le silence, sur ce sujet et sur cette analyse. En effet, affirme-t-il, la période ne permet pas de discuter de tout cela, du fait des événements de ces dernières semaines(3). Je lui ai répondu qu’il était tel un malade qui dirait au médecin que, du fait de sa faiblesse et de son état de santé déficient, il n’est pas en mesure de suivre un traitement médical et conservera donc le comportement qu’il a eu jusqu’à maintenant, même si, de ce fait, il aggrave sa maladie. Puis, quand il guérira, il s’intéressera à ce traitement . Vous devez comprendre cette image.

Bien entendu, mon objection n’est pas tournée contre vous. Toutefois, je suis surpris que ceux qui ont pour mission essentielle de trancher, en pareil cas, se servent de leur situation et de leur empressement uniquement dans des domaines qui concernent les autres personnes. On peut en déduire la conséquence pour les problèmes qui les concernent personnellement et l’on peut même les observer sur le terrain.

J’ai déjà expliqué, par ailleurs qu’en réalité, chaque Juif est prêt à accomplir la Torah et les Mitsvot, avec empressement et de manière effective. Néanmoins, le mauvais penchant est expert. Il sait orienter l’empressement et la volonté d’agir dans des domaines qui ne concernent nullement l’homme. De la sorte, il marque deux points : A) Cet homme ne ressent nullement le manque, car il met effectivement en œuvre tout son empressement. B) Le point essentiel manque totalement. En effet, un tel accomplissement n’appartient pas à la mission des autres, alors que ceux pour qui il s’agit bien de la mission profonde et essentielle se consacrent à toute autre chose.

Le Rambam dit qu’une maladie morale peut être comparée à une maladie physique. On peut donc trouver une illustration de ce qui vient d’être dit dans le cas où le cerveau et le cœur se consacreraient à digérer les aliments, à en retenir les éléments positifs et à en rejeter les déchets. Néanmoins, pour ce qui est du corps, la conséquence peut en être observée immédiatement et tout l’organisme est aussitôt mis en danger. De plus, la digestion ne se fait pas.

Il n’en est pas de même, en revanche, pour l’âme, car Dieu a voulu ménager une place pour le libre arbitre. On accorde donc un délai et on peut même le prolonger. De temps à autre, on en repousse la date. Nous vivons dans la génération du talon du Machia’h(4), lorsque tout s’éclaircit, se clarifie et se précise. Tout ceci permet d’établir clairement ce qu’il en est. Il n’est nul besoin d’autres explications ni d’une profonde réflexion.

Celui Qui dit à Son monde : “ Cela suffit ”(5) mettra également un terme à cette permutation de fonctions, selon laquelle, dans le Temple, celui qui chante désire être un portier et vice versa, comme le rapporte le traité Ara’hin 11b. Du fait des nombreuses contractions, il en résulte, ici-bas, la situation qui est actuellement la nôtre. Que Dieu nous envoie donc le juste libérateur, dont la génération sera entièrement coupable, ce qu’à Dieu ne plaise, ou entièrement méritante, sans tracas(6).

Sans doute vous et les vôtres allez-vous bien. J’espère que vous avez déjà commencé à prendre part aux réunions des ‘Hassidim, en particulier pour le jour lumineux du 19 Kislev(7), qui vient de passer.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

J’ai bien reçu le ‘Hidoucheï Ha Rachach sur le Rambam et je vous en remercie beaucoup. Mais, s’il avait été publié en lettres carrées(8), il aurait sûrement eu un plus grand nombre d’utilisateurs, en notre génération orpheline.

Vous trouverez ci-joint l’additif à la Haggadah de Pessa’h.

Notes

(1) Le Rav T.Harkabi, de Jérusalem. Voir, à son sujet, les lettres n°2078 et 2136. (2) Israéliens voyageant pendant le Chabbat. Voir, à ce sujet, la lettre n°4796. (3) La guerre du Sinaï. Voir, à ce sujet, la lettre n°4890. (4) Lorsque sa venue est imminente. (5) Y introduisant ainsi la limite. (6) Voir, à ce sujet, la fin de la lettre n°5012. (7) Libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes. (8) Et, non dans l’alphabet de Rachi. Voir les causeries du Chabbat Parchat Kedochim et du 2 Iyar 5749 (1989), au paragraphe 10.

Lettre n°5010

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5010, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Tévet 5717,

Brooklyn, New York

A tous les participants à la fête annuelle,

aux Etats-Unis, du centre des Yechivot

Tom’heï Temimim Loubavitch,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de votre fête annuelle, qui aura lieu le dimanche de la Parchat Chemot 5717, j’adresse mes salutations et ma bénédiction à tous ceux qui prennent part à cette célébration de Torah du centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch, en Amérique.

Me basant sur le dicton bien connu de l’Admour Hazaken(1), auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad, selon lequel “ un Juif doit vivre avec le temps ” et dans l’esprit de la Sidra de la semaine(2), je voudrais en commenter brièvement la première Paracha, “ Voici les noms des enfants d’Israël ”, puisque tel est le temps de la Torah correspondant à cette célébration.

Dans cette Paracha de l’exil, il est raconté que quelques enfants d’Israël, soixante dix âmes, parvinrent dans un pays étranger, au sein d’un peuple nombreux et différent, celui de l’Egypte. Pour autant, ils n’en furent pas désemparés, ne s’en affectèrent pas.

En effet, les premiers Juifs, lors du premier exil, comprirent que le Judaïsme était le secret de leur existence, de leur identité et de leur pérennité. Ils le respectèrent donc strictement, sans compromis. Et, nos Sages expliquent qu’ils furent libérés de cet exil précisément par le mérite qu’ils acquirent en ne changeant pas leurs noms et leurs coutumes.

Non seulement cette forte identité juive les protégea du Pharaon et des Egyptiens, mais, bien plus, de la sorte se réalisèrent pour eux les termes du verset : “ Ainsi, ils se multiplièrent et prospérèrent ”, se multiplièrent numériquement et prospérèrent moralement, jusqu’à mériter la délivrance et le don de la Torah, qui illumina le monde entier et révéla la finalité de la création.

Dans cette Paracha de notre sainte Torah, Torah de vie, est délivré un enseignement fondamental, pour tous les Juifs, à toutes les époques, en chaque génération de l’exil et surtout en la nôtre, alors que cet exil a pris la forme la plus âpre, celle de la souffrance et de l’oppression, physiques et morales. En tout endroit, les Juifs ne sont qu’une petite minorité, dans un environnement étranger et hostile, un monde où les droits de l’hommes les plus élémentaires et la moralité sont bafoués, où la clarté est obscurcie par la pénombre et la pénombre par la clarté, un monde qui vit dans la hantise d’une conflagration atomique, ce qu’à Dieu ne plaise.

En cette période d’exil obscur, nous autres, Juifs, devons garder, présents à l’esprit, les enseignements de la Torah divine, Torah de vie, selon lesquels seules notre spécificité et notre pérennité morale, basées sur la Torah et les Mitsvot, seule une véritable éducation de Torah, sans compromis, apportent l’assurance du maintien, moral et physique, de notre peuple.

C’est pour cette raison que l’existence des Yechivot Loubavitch est un point fondamental de la vie juive. Dans ces institutions, pénétrées de l’esprit de leur fondateur, mon

beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, de l’esprit du Judaïsme de la Torah, sans concessions, du don de sa propre personne, de l’amour de son prochain, de l’amour de la Torah, de l’amour de Dieu, des milliers d’enfants reçoivent leur éducation, que Dieu les multiplie.

Ceux qui y reçoivent leur éducation sont des Temimim, des Juifs intègres, éprouvant un sentiment de responsabilité envers leur prochain et leur entourage. En conséquence, chacun doit considérer qu’il est de son devoir, de celui de sa famille et de tout le peuple d’Israël, de soutenir les Yechivot Tom’heï Temimim, d’une main large et de leur venir en aide pour assurer leur développement.

Par ce mérite, s’accomplira, pour chacun en particulier et pour tous les Juifs, en général, la promesse selon laquelle “ Ainsi, ils se multiplièrent et prospérèrent ” et nous mériterons la délivrance complète, par “ un homme, descendant de Perets ”(3), avec bonté et miséricorde, très bientôt et de nos jours.

Avec mes respects et ma bénédiction pour tout le bien,

Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3259. (2) En l’occurrence celle de Chemot. (3) Le Machia’h, descendant de David, lui-même issu de Perets. Voir Ruth 4, 18-22. Cette expression figure dans le Cantique Le’ha Dodi, récité lors de la réception du Chabbat.

Lettre n°5011

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5011, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Tévet 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 29 Kislev, dans laquelle vous me dites que vous considérez votre situation, que vous en établissez un bilan moral et que vous observez vos défauts, vos manques, en particulier dans votre étude et dans votre comportement.

Vous savez que l’un des stratagèmes du mauvais penchant consiste à inspirer à l’homme juif un effroyable sentiment d’infériorité, à lui dire qu’il lui sera particulièrement difficile de connaître la réussite dans la Torah et les Mitsvot, mettant en avant ce qui s’est passé tel jour et ce qu’il y a eu telle nuit. Puis voyant que son argument est reçu, il s’adressera au cœur de l’homme et affirmera : “ En tout état de cause, tu ne connais pas la réussite ! Dès lors, à quoi bon essayer ? ”.

Une telle intervention émane du mauvais penchant et il est donc bien clair qu’il ne faut pas l’écouter. Il faut se dire à soi-même que, certes, jusqu’à maintenant, on n’a pas connu la réussite, dans toute la mesure du possible, comme cela aurait été nécessaire. Pour autant, le Créateur du monde, Qui le dirige a donné l’assurance à chaque Juif qu’il ne serait pas écarté. Il faut donc avancer, sur la voie conduisant vers la maison de Dieu, en intensifiant son étude de la Torah et sa pratique des Mitsvot, même si, dans ce domaine, on connaît parfois la chute.

Bien plus, cette chute doit avoir pour effet de redoubler d’ardeur et enthousiasme, d’insuffler des forces nouvelles pour lutter contre le mauvais penchant. En effet, il est certain que le Créateur du monde accorde à chaque Juif Sa Providence et lui promet que, s’il se sanctifie quelque peu ici-bas, il recevra de Lui une immense sanctification.

Vous demanderez à l’un de vos amis, parmi les jeunes de l’association ‘Habad, de vous expliquer longuement cette idée, d’après la ‘Hassidout et, en particulier, d’après certains passages du Tanya. Avant tout, vous poursuivrez votre étude, avec constance et ardeur. De la sorte, vous connaîtrez la réussite et, au final, Dieu fera en sorte que vous vainquiez le mauvais penchant.

Vous respectez sûrement l’usage consistant à lire des Tehilim, tous les jours, selon leur répartition mensuelle.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°5012

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5012, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Tévet 5717,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yaakov(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la cinquième lumière de ‘Hanouka, dans laquelle vous faites état de votre discussion et de la proposition qui a été formulée.

Vous énumérez vous-même, dans votre lettre, différents risques inhérents à cette proposition et un point essentiel peut également être ajouté, qui est le suivant. Si l’on s’adresse à une seule personne, qui les empêchera de modifier, par la suite, toutes les conditions et les modalités ? Et, si le principe du dialogue avec une association de personnes religieuses, c’est-à-dire avec une organisation dont on doit tenir compte, est accepté, vous savez qu’il en existe déjà plusieurs et pourquoi n’ont-ils donc pas entamé ce dialogue jusqu’à maintenant ?

Quant à l’argument de l’affiliation à un parti, il me semble qu’il existe plusieurs organisations non affiliées, par exemple la fédération des synagogues ou celle à laquelle s’intéresse le Rav Zaks, de Jérusalem, qui, me semble-t-il, possède un hôtel dans cette ville.

En dehors de tout cela, se pose, bien sûr, la question que vous mentionnez dans votre lettre. Car, entre nous, plusieurs implantations, et même une large partie de celles-ci, pourraient être sauvées de l’influence anti-religieuse,

dès lors qu’elles ont autorisé la présence d’un représentant et d’un éducateur religieux.

Pour cela, il n’est nul besoin de créer des faits nouveaux. Si l’on fait savoir et l’on annonce que la porte est ouverte aux visiteurs religieux, au Rabbanim, à condition que cette activité ne soit pas liée à un parti, il y aura assurément des Rabbanim, des éducateurs, des guides religieux qui saisiront cette opportunité et effectueront une telle visite.

A l’opposé, et malgré tous ces risques, il semble que l’on ne se soit pas adressé à vous en tant que représentant d’un certain mouvement, ce qui veut dire que vos paroles et vos actions ne pourront pas faire l’objet d’une récupération dans la lutte contre un parti religieux. Il faut donc profiter de ces discussions pour qu’il en résulte, sur place, un certain élément positif, c’est-à-dire que l’on formule des demandes précises, pour des implantations précises, dans lesquelles le budget accordé pour les affaires religieuses est insuffisant.

Ils marquent leur intérêt à poursuivre le dialogue et il y a donc tout lieu de croire que ces exigences seront satisfaites. La manière dont ils les satisferont et les réactions du public, de la droite et de la gauche, permettront de clarifier la situation.

A ce propos, il me semble qu’il y a, parmi les membres de leur parti, des Rabbanim. L’un d’entre eux s’appelle, semble-t-il, le Rav Feldman et il y a aussi des Rabbanim yéménites. J’aimerais savoir s’ils sont capables de justifier pourquoi ils ne font pas appel à eux pour réaliser tout cela.

Vous évoquez une relation apathique et surprenante. Du fait de nos nombreuses fautes, celle-ci est encore plus effrayante que ce que l’on vous a rapporté et que vous mentionnez dans votre lettre. J’ai écrit dernièrement à l’un des responsables communautaires de Terre Sainte(2), membre d’un parti qui se proclame religieux, que, pour notre malheur et pour le tort de tous les Juifs, les responsables religieux n’assument pas leur mission et ne font qu’entrer en compétition avec les responsables non religieux, pour ce qui ne concerne nullement la religion et chacun s’abuse lui-même en pensant que, de la sorte, il s’acquitte de son obligation.

Tout ce qui concerne la religion est de plus en plus délaissé, ce qu’à Dieu ne plaise. Qui sait ce qui adviendra, à terme, s’il n’y a pas un changement radical de la part des dirigeants des partis religieux et de leurs Rabbanim ?

Afin de réduire votre responsabilité dans les mesures que vous prendrez pour ce qui est dit au début de la présente, peut-être serait-il bon que les ‘Hassidim n’aient pas connaissance de son contenu. De la sorte, tout cela restera confidentiel, jusqu’au moment utile(3).

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Y.Landa, Rav de Bneï Brak. Voir, à son sujet, la lettre n°4311. (2) Il s’agit de la lettre n°5009. (3) Pour révéler l’existence de cette lettre.

Lettre n°5013

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°5013, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Tévet 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites que vous n’avez pas la conscience tranquille, à propos de la question que vous avez posée(1). Il est clair que la Torah impose une telle obligation au mari(2). Et, il y a d’autres raisons encore.

Le Rav que vous avez consulté vous expliquera sûrement tout cela. En différents domaines, une attitude rigoriste, d’un certain point de vue, s’avère être, d’un autre point de vue, un allègement de la Loi. En conséquence, vous vous adresserez encore une fois à ce Rav, qui vous apoportera toutes ces explications(3).

Sans doute avez-vous profité du jour lumineux du 19 Kislev(4) et de ‘Hanouka, dans toute la mesure de ce qui était nécessaire. Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de bonnes nouvelles de l’état de santé des membres de votre famille,

Notes

(1) La possibilité d’avoir une relation conjugale en utilisant un moyen contraceptif. (2) Celle d’avoir une relation conjugale, même si la fécondation est impossible. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°5218. (4) Date de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes.

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