Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°4974
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4974, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Kislev 5717,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chnéor Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, de même que la demande collective de bénédiction et le courrier qui la précédait.
Votre dernière lettre m’annonçait une bonne nouvelle, me disant que tous les ‘Hassidim vont bien, qu’ils sont tous rentrés chez eux(2). Sans doute faites-vous également allusion à ceux qui m’ont adressé un télégramme. De fait, je suis surpris, après la réception de ces télégrammes, de ne pas avoir eu, jusqu’à maintenant, des nouvelles du retour chez eux de ceux qui les ont envoyés. Vous savez à quel point nos saints maîtres se sont plaints d’un comportement aussi étrange(3).
Sans doute avez-vous profité des 10(4) et 19 Kislev(5) et vous profiterez également de ‘Hanouka, dans toute la mesure du possible, afin de renforcer ce qui concerne Kfar ‘Habad et la ‘Hassidout, en général.
Puisse Dieu faire que vous ayez une réussite effective, un bien visible et tangible.
Je vous adresse ma bénédiction pour un ‘Hanouka lumineux et étincelant, tout au long de l’année et je salue tous les ‘Hassidim, auxquels Dieu accordera longue vie, à Kfar ‘Habad, où “ Dieu a ordonné Sa bénédiction éternelle ”.
Notes
(1) Le Rav C.Z. Garelik, Rav de Kfar ‘Habad. Voir, à son sujet, la lettre n°4797. (2) A l’issue de la guerre du Sinaï. Voir, à ce sujet, la lettre n°4890. (3) Consistant à demander une bénédiction, quand il y a un problème et à se taire, quand tout va bien. Voir, à ce sujet, la lettre n°4804. (4) Date de la libération de l’Admour Haémtsahi des prisons tsaristes. (5) Date de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes.
Lettre n°4975
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4975, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[25 Kislev 5717]
Vous posez la question suivante. Ceux qui participent au repas d’un mariage sont assis par groupes, conformément à l’usage du pays et plusieurs groupes comptent plus de dix personnes. Chaque groupe a sa propre table, mais il y a aussi des serveurs, qui s’occupent de toutes les tables et qui font donc la liaison entre elles. Quand le repas dure, plusieurs groupes disent la bénédiction, à la fin de celui-ci, de manière indépendante, sans attendre la bénédiction de la table centrale, à laquelle se trouvent les mariés, sans dire les sept bénédictions du mariage, ni la formule : “ la joie est dans sa demeure ”.
Est-il bon d’agir d’ainsi et, de la sorte, de se dispenser des sept bénédictions du mariage ?
Il semble que les raisons de cet usage soient les suivantes :
A) Tous ne peuvent pas rester jusqu’à une heure tardive, du fait de leur occupation, de leur état de santé ou bien parce que le temps est précieux, d’autant que le repas s’allonge parfois pour des raisons qui ne sont pas positives.
B) La lecture des sept bénédictions à une table avant que celles-ci ne soient dites à la table centrale susciterait le ressentiment des familles des mariés.
Le changement de cette pratique serait le suivant :
A) Tous devraient attendre jusqu’à la fin du repas, ce qui aurait pour conséquence que beaucoup ne viendraient pas du tout. La joie des mariés s’en trouverait diminuée et les familles en voudraient à ceux qui n’apportent pas leur participation, comme on peut le vérifier concrètement.
B) Dans chaque table, on pourrait dire les sept bénédictions, sur deux verres, ce qui susciterait le ressentiment, comme on l’a dit. Et, là encore, ceux qui craindraient de provoquer une telle réaction ne viendraient pas au mariage.
D’une façon comme de l’autre, il y a bien une Mitsva. Cet usage s’est répandu et nul ne cherche à l’empêcher. On peut donc considérer qu’il est basé sur trois éléments :
A) Selon le Choul’han Arou’h, chapitre 193, fin du paragraphe 1, il faut éviter le ressentiment de son hôte et pour cela, dix personnes peuvent se séparer de l’assistance.
B) La fin du paragraphe 3 ajoute que, même si cette raison n’était pas suffisante, et dans la mesure où cet usage est déjà en vigueur, on peut considérer que tous n’ont pas pris la décision de partager le même repas. Vous consulterez le Choul’han Arou’h, Yoré Déa, chapitre 88, paragraphes 2 et 3.
C) Dans le Choul’han Arou’h, Even Ha Ezer, au chapitre 62, le Toureï Zahav, au paragraphe 7 et le Arou’h Ha Choul’han, au paragraphe 138, que vous citez dans votre lettre, il est précisé que l’obligation des sept bénédictions est conditionnée par le fait que le repas est pris pour la joie des mariés.
On peut donc considérer que l’idée qu’ont d’emblée les invités, c’est-à-dire la volonté de dire la bénédiction à la fin du repas sans les sept bénédictions du mariage, si la soirée se prolonge, supprime la participation fixe à la joie des mariés.
En pareil cas, il n’y a pas lieu de dire les sept bénédictions. C’est une évidence.
Lettre n°4976
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4976, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Kislev 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je reçois un compte rendu de ce qui se passe à la Yechiva Tom’heï Temimim, dans la classe que vous fréquentez. Ces Yechivot, avec toutes leurs branches ont été fondées et sont dirigées par nos saints maîtres. Il est donc particulièrement douloureux de constater que certains élèves, parmi lesquels vous figurez, ne respectent pas le temps d’étude de la Yechiva et, plus généralement, son organisation, qu’ils n’écoutent pas.
Tout cela fait de la peine, car le temps est une perte que l’on ne peut pas retrouver et le manque d’obéissance est effroyable.
Il est bien connu, clairement établi que nos saints maîtres ont investi d’immenses forces en ces Yechivot, des forces morales, profondes. Or, le fondement de chaque Yechiva est constitué par ses élèves, ce qui veut bien dire que ces forces ont été investies en eux et pour eux. Les guides spirituels, les enseignants, les recteurs, les dirigeants, ne sont que des moyens, des canaux véhiculant et révélant ces forces, depuis leur source, pour ceux qui les obtiennent, c’est-à-dire pour les élèves.
Or, un élève met froidement tout cela de côté et il perd sont temps à faire autre chose !
Les paroles et les actions des Justes, en l’occurrence des fondateurs de la Yechiva, sont immuables. Elles exercent leur effet en permanence. Mais, celui qui les reçoit tourne le dos et se consacre à d’autres activités !
Il est difficile d’imaginer que l’on puisse adopter une attitude aussi effroyable, d’autant que le début du Dére’h ‘Haïm explique ce qu’est le rejet de la soumission. Quiconque entend ces propos aura les cheveux qui se dressent sur la tête et l’on sait ce que mon beau-père, le Rabbi entend par “ entendre ”(1).
C’est pour cette raison que je ne vous ai pas écrit, à ce sujet, jusqu’à maintenant. Néanmoins, je m’en remets à ces jours propices et favorables de ‘Hanouka pour que ce qui vient d’être dit ne laisse pas de trace négative, mais vous permette, au moins à l’avenir, d’envisager la situation telle qu’elle est réellement.
Le respect des temps d’étude de la Yechiva et de l’organisation, l’obéissance et la soumission n’ont pas pour but de rendre service à quelqu’un. Il s’agit réellement de ce qui est le bien pour vous, matériellement et spirituellement, un bien visible et tangible.
Ne vous abusez donc pas vous-même avec des prétextes, en vous disant que, selon votre propre compréhension des choses, qui est, bien entendu, très profonde, vous êtes à même de déterminer un meilleur moyen de gérer votre temps que celui qui a été adopté par la Yechiva. Ne croyez pas que vos grandes qualités vous dispensent d’être soumis à quelqu’un et de lui obéir.
Il n’y a là qu’une intervention de votre mauvais penchant, un stratagème et une ruse destinés à vous faire rejeter le surveillant des études, l’enseignant et le recteur, puis de vous conduire à un rejet encore plus large. Les différents aspects de cette situation sont décrits par le Dére’h ‘Haïm(2), que vous consulterez.
Les jours de ‘Hanouka enseignent que l’on doit à la fois diminuer et augmenter, car “ l’un et l’autre sont la Parole du Dieu de vie ”(3). Le Torah Or explique qu’il faut réduire tout ce qui appartient aux forces du mal, incluant également ce qui est dit au début du chapitre 7 du Tanya. Et, l’on doit, en outre, accroître le domaine de la Sainteté.
Puisse Dieu faire que vous commenciez immédiatement à adopter un tel comportement. Diminuez, réellement de jour en jour, tout ce qui n’est pas souhaitable et, en particulier, ce qui a été exposé auparavant. Ajoutez de la lumière, “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même que le luminaire de la Torah, sa dimension profonde, la ‘Hassidout, ses usages et ses pratiques.
Puisse Dieu faire que tous ceux qui ont causé de la peine jusqu’à maintenant adoptent désormais le comportement opposé(4), d’une extrême à l’autre, “ avec la qualité de la lumière qui fait suite à l’obscurité ”(5). Qu’à l’avenir, ils causent beaucoup de satisfaction et de plaisir, par leur comportement et leur étude.
Que Dieu vous accorde une considérable réussite.
Avec ma bénédiction pour donner bientôt de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Au sens de “ se pénétrer de ”. (2) De l’Admour Haémtsahi. (3) Voir la fin de la lettre n°4973. (4) En procurant de la satisfaction. (5) L’obscurité transformée en lumière a une clarté beaucoup plus intense que la lumière qui a d’emblée été créée comme telle.
Lettre n°4977
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4977, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Kislev 5717,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yochoua(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après une interruption, j’ai reçu, avec plaisir, votre lettre de ce lundi, m’annonçant une bonne nouvelle, celle de la réunion ‘hassidique(2) au cours de laquelle ceux qui craignent Dieu ont échangé des propos.
Il est certain qu’à l’avenir, ces propos se refléteront dans les actions, d’autant que, comme nous l’avons maintes fois entendu de nos saints maîtres, le 19 Kislev est le Roch Hachana de la ‘Hassidout et des voies ‘hassidiques. Et, l’on sait pourquoi l’on dit Roch, la tête et non le début. En effet, la tête porte en elle la vitalité de tous les membres du corps, qu’elle leur insuffle par différents canaux. Et, il en est de même pour le Roch Hachana et les jours de l’année qui suit.
Puisse Dieu faire que, toujours et tous les jours, vous m’annonciez de bonnes nouvelles, concernant vos réalisations communautaires et vos préoccupations personnelles, en bonne santé et avec largesse d’esprit.
Je vous joins nos dernières parutions. Sans doute en mettrez-vous le contenu à la disposition du plus grand nombre. Le mérite de tous dépend de vous.
Avec ma bénédiction,
N. B. : Le feuillet joint à votre lettre sera lu, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Notes
(1) Le Rav Y.Sheftman, de Londres. Voir, à son sujet, la lettre n°4219. (2) Organisée à l’occasion du 19 Kislev, fête de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes.
Lettre n°4978
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4978, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Kislev 5717,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai lu, avec plaisir, la lettre de votre mari, relative à la poursuite de vos activités, dans le cadre des femmes et jeunes filles ‘Habad(1). Mais, il précise que vous êtes troublée, dans ce domaine, par les difficultés pour gagner votre vie et les dettes.
Il est sûrement inutile de vous expliquer longuement qu’une telle activité est l’un des moyens permettant de réduire ces tracas. Comme l’enseigne notre Torah, Torah de vie, celui qui se soumet au joug de la Torah est libéré des contingences du monde. Et, nos Sages parlent précisément de joug, ce qui veut dire que tout cela peut sembler difficile, que l’on pourrait même, logiquement, s’en écarter. Malgré cela, on doit se soumettre à ce joug et c’est précisément de cette façon que l’on diminue les contraintes du monde et de la matière.
Je ne veux pas dire que vous devez vous atteler à des tâches, ayant un caractère technique, alors que l’on peut les confier à d’autres personnes. Toutefois, chaque activité doit avoir un responsable, qui vérifiera que tout est effectué de la manière la plus efficace. Chacun n’est pas nécessairement capable d’assumer une telle responsabilité. En outre, une expérience et une habitude du travail sont également nécessaires.
Puisse Dieu faire qu’en tout cela, vous parveniez à satisfaire la volonté de nos saints maîtres, à insuffler la lumière et la vitalité ‘hassidique à tout votre entourage, par l’intermédiaire des femmes et des jeunes filles ‘Habad, y compris à l’extérieur.
Et, le Saint béni soit-Il vous rétribuera “ mesure pour mesure ”(2) en ajoutant de la lumière et de la vitalité à ce qui vous concerne personnellement, dans le foyer de chacune de vos participantes et, avant tout, pour celles qui se consacrent à cette tâche et font porter leurs efforts sur elle.
Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela et pour un ‘Hanouka lumineux, en saluant chacune des participantes,
Notes
(1) Dont la femme, destinataire de cette lettre, est responsable. (2) De la manière dont on agit envers Lui.
Lettre n°4979
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4979, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Kislev 5717,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Zeev Wolf(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat, fête de la libération(2). Je suis surpris que vous ne fassiez pas mention de la réunion ‘hassidique, des propos d’encouragement qu’on y a entendu, ayant suscité de bonnes résolutions qui seront suivies d’effet, dans les pensées, les paroles et les actions.
Vous évoquez le troisième anniversaire de votre fils Israël, auquel Dieu accordera longue vie. Celui-ci sera célébré le Roch ‘Hodech Chevat et vous envisagez de lui couper les cheveux à Lag Baomer. J’ai donné ma position, en la matière, à plusieurs ‘Hassidim et j’ai écrit(3) que, s’il n’y a pas une bonne raison de pratiquer de la sorte, par exemple un usage établi et parfaitement justifié, il me semble qu’il n’y a pas lieu de retarder cette coupe de cheveux.
Ma position s’explique de la manière suivante. On peut déduire d’une expression employée par mon beau-père, le Rabbi, à propos de cette coupe de cheveux, qu’elle permet d’éduquer l’enfant à la crainte de Dieu, c’est-à-dire de mettre en évidence la sainteté en son âme.
Cette explication est basée sur une affirmation bien connue de nos Sages, rapportée par le Midrash Tan’houma, à la Parchat Kedochim
et vous consulterez également le début des lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, précisant que l’on trouve une allusion à cela dans la Loi Ecrite, ainsi qu’il est dit : “ La quatrième année…, il sera saint ”.
En faisant une action concrète(4), on peut renforcer tout cela et le révéler dans le monde de l’action, comme l’établissent différents textes. Dès lors, pourquoi retarder la révélation d’une telle sainteté de plusieurs mois ou de plusieurs semaines ? Tout apport à cette sainteté ne renforce-t-il pas l’éducation de l’enfant, y compris dans sa dimension matérielle ?
Que Dieu vous accorde, avec votre épouse, le succès d’éduquer tous vos enfants à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, en bonne santé et dans l’intégrité.
Avec ma bénédiction pour un ‘Hanouka toujours plus lumineux(5),
Notes
(1) Le Rav Z.W. Zalmanov, de Kfar ‘Habad. (2) Ce Chabbat était le 20 Kislev. La fête de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes est célébrée les 19 et 20 Kislev. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4788. (4) En l’occurrence en coupant ses cheveux. (5) Tout comme les lumières de la fête sont allumées en ordre croissant.
Lettre n°4980
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4980, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Kislev 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je voudrais formuler le vœu que vous fassiez réellement confiance au Créateur du monde, Qui le dirige et vous voudrez bien m’en excuser(1).
Lorsque ce sera le cas, vous cesserez de méditer et d’établir un bilan précis, sur le moindre détail de chaque proposition qui vous est formulée(2), ce qui est, en tout état de cause, une impossibilité, car nul ne peut savoir ce que son prochain(3) porte en son cœur.
Bien plus, l’impossibilité de parvenir à une telle connaissance a été comparée à celle de la date de la délivrance(4), comme l’indique Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, au chapitre 22.
De la sorte, vous pourrez vous marier au plus vite, d’une manière positive, matériellement et spirituellement à la fois.
Notes
(1) Cette lettre est adressée à quelqu’un qui se plaint de ne pas parvenir à se fiancer. (2) Chaque parti proposé. (3) En l’occurrence cette jeune fille. (4) Il est impossible de savoir quand le Machia’h viendra.
Lettre n°4981
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4981, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Kislev 5717,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et assume une mission sacrée, le Rav Tsvi Hirsh(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 22 Kislev, dans laquelle vous faites référence à la réunion ‘hassidique, à l’occasion du jour lumineux du 19 Kislev(2), celui de notre délivrance et de la liberté de nos âmes. Vous avez regretté d’y avoir invité des cercles plus larges, mais cela n’a pas lieu d’être. Bien au contraire, c’était une initiative judicieuse.
En effet, les personnes les plus proches peuvent être invitées à d’autres dates propices ou même pendant le Chabbat. Il n’en est pas de même pour ceux qui, à l’heure actuelle, n’ont qu’un lien très limité avec la ‘Hassidout. S’ils ne viennent pas le 19 Kislev, quand le feront-ils ?
Vous me dites que des paroles vous ont échappé sur la différence entre les ‘Hassidim et ceux qui ne sont pas des ‘Hassidim. Je suis surpris que vous n’ayez pas pensé à ce que dit le chapitre 32 du Tanya(3), qui est la Loi Ecrite de la ‘Hassidout. Et, mon beau-père, le Rabbi, explique cette idée dans une lettre.
De la sorte, ceux qui s’opposent à la ‘Hassidout, parce qu’ils ne la connaissent pas, porteront témoignage sur ce qui a été dit. En effet, ils se demandent pourquoi l’on tente de rapprocher ceux qui sont éloignés. Tout cela est bien évident(4).
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de vos préoccupations personnelles et de vos réalisations communautaires,
Notes
(1) Le Rav T.H. Tsoller, de Bâle, Suisse. Voir, à son sujet, les lettres n°2751 et 5203. (2) Date de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes. (3) Soulignant l’importance de l’amour du prochain. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°4930.
Lettre n°4982
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4982, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Kislev 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du jeudi de la Parchat Mikets, dans laquelle vous me dites que vous pensez abandonner l’idée d’acheter une maison, du fait des changements inhérents à cette période(1).
A mon avis, ces changements ne vous concernent pas(2). De mon point de vue, le seul élément qui change est le fait que nous nous approchons de la venue de notre juste Machia’h. Il faut donc se consacrer encore plus clairement à la Torah et aux Mitsvot, en général, à la diffusion de la ‘Hassidout, de ses usages et de ses pratiques, en particulier.
Dans tous les autres domaines, il convient de maintenir le comportement que l’on avait auparavant, quand tout allait bien. En effet, “ le Protecteur d’Israël ne dort pas et ne somnole pas ”.
Dieu accorde Sa Providence à chacun personnellement, toujours et tous les jours. Il protège, en tout endroit où l’on se trouve et, très prochainement, Il nous libérera de l’exil et nous accordera la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Des risques de la guerre froide. Voir, à ce sujet, la lettre n°4932. (2) Il n’y a pas lieu de les craindre.
Lettre n°4983
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4983, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Sivan 5717,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yochoua(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 21 Kislev. Vous me décrivez, quoique très brièvement, la réunion ‘hassidique(2) et son succès. Sans doute, faites-vous également allusion à la Michna selon laquelle “ ce n’est pas la théorie, mais la pratique, qui est essentielle ”, ce qui veut dire que les propos d’encouragement et les bonnes résolutions seront suivis d’un effet concret, durant les jours qui suivent.
Pour obtenir ce résultat, la pratique montre que, de temps à autre, il faut rappeler, encourager, surtout à l’occasion des jours propices. Comme je l’ai dit à plusieurs ‘Hassidim, nous avons le mérite d’observer que toute opposition à la diffusion des sources(3) a désormais disparu. On peut donc déplorer beaucoup plus clairement toute occasion qui n’est pas saisie, en la matière.
Bien plus, certains prétendent, verbalement, être des opposants ou font même quelques actions en ce sens, uniquement du fait d’un manque de connaissance terrifiant, que l’on pourrait faire disparaître avec quelques explications, données d’une manière agréable. Tous ceux qui observent objectivement la situation conviendront qu’il en est bien ainsi.
Sans doute profiterez-vous également, pour cela, des jours de ‘Hanouka, dont le point central est un éclairage croissant, afin d’illuminer l’obscurité, “ à la porte de sa maison vers l’extérieur ”.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et pour la réussite de tous les participants à ces activités, d’une grande importance,
Notes
(1) Le Rav Y.Elbaum, de Jérusalem. Voir, à son sujet, les lettres n°5021 et 5162. (2) Sans doute à l’occasion du 19 Kislev, fête de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes. (3) De la ‘Hassidout.
Lettre n°4984
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4984, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Kislev 5717,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
aux multiples accomplissements, le Rav Moché Zeev(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 18 Kislev, avec la demande de bénédiction qui s’y trouvait et qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Vous êtes sans doute rentré chez vous, de sorte que tout va bien(2). Vous avez dû profiter de votre passage dans les endroits où vous vous êtes rendu(3) pour y renforcer le Judaïsme et le diffuser, ce qui inclut également la dimension profonde de la Torah, c’est-à-dire la ‘Hassidout, ses usages et ses pratiques.
En effet, de tels endroits ont une qualité particulière. On y rencontre différentes personnes, venant de divers endroits et l’on peut exercer sur elles une influence positive, qui sera décisive. Dès lors, cette évolution se manifeste également dans les endroits où ces hommes retournent.
Ces jours de Kislev sont propices pour recevoir une telle influence, en particulier le 10 Kislev, le 19 Kislev et ‘Hanouka. Puisse Dieu faire que vous vous consacriez à cela en mettant en pratique l’enseignement de ‘Hanouka, qui demande d’augmenter la lumière provenant d’une huile pure, jusqu’à ce qu’elle éclaire “ à la porte de sa maison, vers l’extérieur ”, dès le coucher du soleil et, selon l’expression de nos Sages, au traité Yebamot 17a et dans le Midrash Béréchit Rabba, à la fin du chapitre 56, “ jusqu’à ce que disparaissent les pas des Tarmodes ”, de la même étymologie que Morédet, la révolte.
Un homme juif a donc la force de supprimer et de faire totalement disparaître un tel esprit, en diffusant la lumière de la Torah et celle de son luminaire, de sa dimension profonde(4).
Avec ma bénédiction de réussite en tout cela,
Notes
(1) Le Rav M.Z. Yeruslawski,
de Tel Aviv. Voir, à son sujet, les lettres n°4666 et 5177. (2) Après avoir été enrôlé dans l’armée pour la guerre du Sinaï. (3) Les camps militaires. (4) La ‘Hassidout.
Lettre n°4985
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4985, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Kislev 5717,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chlomo Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres, avec ce qu’elles contenaient. Bien que vous ne le précisiez pas, vous trouverez sûrement l’occasion de transmettre au moins quelques points de la réunion ‘hassidique à laquelle nous avons participé ensemble(2). En effet, le but de toute réunion ‘hassidique est d’affecter l’action concrète, non seulement chez tous ceux qui participent à ces réunions, mais aussi, par leur intermédiaire, à ceux qui n’y ont pas participé.
Combien plus en est-il ainsi pour quelqu’un qui exerce une influence sur un certain groupe, lequel est de plus en plus large. C’est une évidence. Et, rien ne résiste à la détermination.
Le demande de bénédiction contenue dans votre lettre a été lue, aujourd’hui même(3), près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de ce qui y est dit.
J’ai mentionné également le nom du ‘Hassid qui craint Dieu, pour lequel vous demandez ce qu’il faut faire afin de changer son tempérament, ce qui veut vraisemblablement dire qu’il est coléreux. Il serait bon qu’il étudie, avec toute l’attention nécessaire, le chapitre 25 d’Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, jusqu’à ce qu’il en ait une bonne connaissance. Dès qu’il sent qu’il s’emporte, il se remémorera, en son esprit, le contenu de ce texte.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de ce qui vous concerne personnellement et de vos réalisations communautaires,
Notes
(1) Le Rav C.Z. Hecht, de Chicago. Voir, à son sujet, la lettre n°4765. (2) Le Rav Hecht a vraisemblablement passé le 19 Kislev, la fête de la délivrance de l’Admour Hazaken, chez le Rabbi. (3) Veille de Roch ‘Hodech, quand le Rabbi se rend toujours près de ce tombeau.
Lettre n°4986
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4986, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Kislev 5717,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
aux multiples accomplissements,
le Rav Yochoua Chnéor Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 18 Kislev. Ce que vous dites du programme d’étude(2) a été transmis au Merkaz Le Inyaneï ‘Hinou’h et cet organisme vous contactera, à ce propos, conformément à l’usage, en vigueur ici.
Vous faites référence à une constitution(3) pour la Yechiva. Il est évident que, de façon générale, il est préférable de ne pas se lier. Néanmoins, certaines constitutions n’impliquent qu’un lien léger. Un exemplaire du règlement en vigueur ici vous sera adressé et, le cas échéant, vous adopterez le même ou même, dans la mesure du possible, vous l’abrégerez.
Il faut, avant tout, être prudent dans l’élection du directoire(4) et la désignation, de temps à autre, de nouveaux dirigeants(5). De même, il doit être institué, dans ce règlement, que certains principes sont immuables, en particulier pour tout ce qui concerne l’aspect spirituel.
Sans doute avez-vous profité des jours du 10 Kislev(6), du 19 Kislev(7) et de ‘Hanouka, de la manière qui convient, afin de diffuser les sources(8) de la ‘Hassidout, en général et de renforcer les institutions, en particulier. Vous me donnerez, à ce propos, des nouvelles bonnes et détaillées.
Que Dieu vous accorde le succès afin d’agir dans tous ces domaines, en bonne santé, dans une joie véritable et avec une réussite considérable.
Avec ma bénédiction et en saluant tous les ‘Hassidim,
Notes
(1) Le Rav Y.C. Z. Serebrianski, de Melbourne, Australie. Voir, à son sujet, la lettre n°4876. (2) Vraisemblablement des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Australie. (3) Un règlement intérieur. (4) Le comité directeur. (5) Membres de ce comité. (6) Fête de la libération de l’Admour Haémtsahi des prisons tsaristes. (7) Fête de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes. (8) De la ‘Hassidout.
Lettre n°4987
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4987, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
‘Hanouka 5717,
Brooklyn, New York,
Aux participants à la réunion ‘hassidique du jour lumineux
de notre délivrance et de la liberté de nos âme, le 19 Kislev,
et, à leur tête, aux ‘Hassidim qui craignent Dieu et se
consacrent aux besoins communautaires,
le Rav C.Z. Bespalov et le Rav C.Shifrin,
que Dieu leur accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, le télégramme de bénédiction des participants à la réunion ‘hassidique du jour lumineux du 19 Kislev, dans votre ville. Puisse Dieu faire que cette réunion soit un bon début pour diffuser les sources de la Torah et de son enseignement profond, la pratique des Mitsvot avec amour et crainte de Dieu, telles qu’elles sont illuminées par la ‘Hassidout, jusque dans les cercles les plus larges des Juifs de votre ville.
‘Hanouka présente plusieurs aspects essentiels. Ainsi, le miracle de cette fête fut réalisé avec de l’huile pure, les lumières doivent être allumées en ordre croissant, éclairer à la porte de la maison, afin d’illuminer l’obscurité de la nuit.
Or, il en est de même pour la diffusion de la dimension profonde de la Torah, la ‘Hassidout, qui en est le luminaire, insuffle la clarté et la vitalité à sa partie révélée et à ses Mitsvot. Plusieurs livres expliquent que la Torah a été comparée à l’eau et à l’huile, à l’eau pour sa partie révélée et à l’huile pour sa dimension profonde.
De nos jours, en particulier, alors que “ l’obscurité recouvre la terre ”, une pénombre intense et profonde, seule l’huile pure de la dimension cachée de la Torah, de son luminaire, peut éclairer l’obscurité de la nuit. Chacun doit la posséder dans sa maison et, à partir de là, la répandre auprès de ceux qui se trouvent encore à l’extérieur, dans les cercles les plus larges, ainsi qu’il est dit : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”, comme l’explique le chapitre 32 du Tanya(1). Il faut le faire d’une manière sans cesse croissante, car,
en tout ce qui participe du domaine de la Sainteté, on doit connaître l’élévation.
Nos Sages disent que seul le commencement est difficile. Or, il y a déjà eu un commencement en ce sens. Bien plus, celui-ci s’est passé en un jour propice, celui de la libération du 19 Kislev, qui est appelé le Roch Hachana de la ‘Hassidout. J’ai donc bon espoir que Dieu vous viendra en aide et je vous accorde ma bénédiction pour cela.
Vous diffuserez les sources(2) de manière sans cesse accrue(3). Ainsi, vous élargirez les canaux et les réceptacles des bénédictions de Dieu, non seulement dans vos réalisations communautaires, mais aussi dans vos préoccupations personnelles, matériellement et spirituellement à la fois.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Définissant le concept d’amour du prochain. (2) De la ‘Hassidout. (3) Comme le suggère le nombre toujours croissant de lumières allumées à ‘Hanouka.
Lettre n°4988
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4988, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Kislev 5717]
Vous serez béni et grand est votre mérite pour avoir accompli tout cela(1), pour avoir recherché le bien public. Le mérite de tous dépend de vous.
Peu à peu, avec des paroles agréables et de manière respectueuse, vous pourrez la rehausser(2) jusqu’à dépasser la taille de l’homme(3), puisque la mesure, en la matière, varie selon les personnes, d’après le traité Kélim, chapitre 17, Michna 11.
En effet, il faut prendre en compte l’explication de chaque principe(4).
Notes
(1) Pour avoir placé, dans une synagogue, une séparation entre les hommes et les femmes. (2) Dans un premier temps, sa taille était vraisemblablement réduite. (3) Le destinataire de cette lettre demanda, par la suite, au Rabbi, si cela voulait dire qu’elle devait avoir six pieds de hauteur. Le Rabbi répondit : “ Au minimum ”. (4) En l’occurrence, le fait qu’il s’agit de séparer les hommes des femmes, ce qui est possible uniquement si cette séparation dépasse la taille d’une personne.
Lettre n°4989
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4989, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Kislev 5717 ( ?)]
Pour ma plus grande peine, je ne reçois, ici, aucune nouvelle des actions des ‘Hassidim, dans le domaine(1) de ‘Habad et, en particulier, la diffusion des sources(2) à l’extérieur.
Il semble que ce que Dieu a désigné du doigt, par l’événement survenu dernièrement(3), a été absolument sans effet, en la matière. Or, on a pu observer que, quand un homme de chair et d’os annonce la mobilisation générale, tous rejoignent l’armée sans la moindre hésitation, sans le moindre doute, puis ils appliquent les ordres, y compris de ceux qui n’ont qu’un seul grade de plus qu’eux, malgré la proximité qui existe entre eux. Parfois, celui qui reçoit l’ordre possède plus de qualités que celui qui le donne. Pour autant, en la matière, c’est bien ce dernier qui conserve la priorité.
L’enseignement que tout ceci délivre, pour l’accomplissement de la mission confiée par nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera, qui se tiennent entre l’Eternel notre Dieu et nous-mêmes, est bien clair. Ceux-ci transmettent les instructions du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il, dont l’une des plus essentielles est : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”. Il faut donc véhiculer un Judaïsme véritable, notre Torah et ses Mitsvot, avec la lumière et la vitalité de la ‘Hassidout.
Or, à la place de cela, on se consacre à toutes les activités possibles et, tout d’abord, je le crains, à des frayeurs inutiles sur ce que sera demain, sur ce qui se passera dans une heure ou deux, ce qui n’a aucun effet sur l’action concrète, à l’instant précis. De telles frayeurs font la preuve que l’on n’a pas raffermi sa confiance en Dieu, que sa foi est uniquement superficielle.
Ainsi, personne ne prend à cœur la mission essentielle et profonde, qui consiste à diffuser les sources(2), ce qui est, tout particulièrement, le besoin du moment, car le cœur d’Israël est en éveil et en émoi. Plusieurs entailles ont été pratiquées dans la muraille qui sépare Israël de son Père Qui se trouve dans les cieux.
Bien évidemment, il est hors de question d’accorder à qui que ce soit le contraire des circonstances atténuantes. Toutefois, j’essaye, encore et encore, d’obtenir que l’on reconnaisse enfin la nature véritable de la situation présente, ce que cette période exige, de la part de chacun et de chacune, la prise de conscience que nul ne sera sauvé par des futilités.
Puisse Dieu faire que vous trouviez les mots qui conviennent pour transmettre ce message en tout endroit où s’étend votre influence et surtout que vos explications soient suivies d’effet et non par des décisions vides de sens et de simples paroles.
Vous profiterez de la part enviable que la divine Providence vous a confiée pour le bien de chacun et de chacune, au sein de tout Israël. Et, vous donnerez de bonnes nouvelles de vous-même et de tous les membres de votre famille, d’un bien visible et tangible.
Notes
(1) Textuellement “ dans la vigne ”. (2) De la ‘Hassidout. (3) La guerre du Sinaï, qui éclata fin Mar ‘Hechvan et début Kislev 5717. Voir, à ce sujet, la lettre n°4890.
Lettre n°4990
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4990, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Premier jour de Roch ‘Hodech Tévet 5717]
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du jour lumineux du 19 Kislev, celui de notre délivrance et de la liberté de nos âmes, dans laquelle vous me décrivez les réunions ‘hassidiques des semaines passées. Sans doute conserverez-vous cette pratique positive, consistant à m’écrire pour me dire que ceux qui craignent Dieu ont échangé des propos.
Il est certain qu’au final, les paroles d’encouragement exercent leur effet, car, disent nos Sages, “ grande est l’étude qui conduit à l’action ”. Vous vous efforcerez de multiplier le nombre des participants, issus de cercles de plus en plus larges, conformément aux besoins du moment.
Tel est, en effet, l’enseignement des jours de ‘Hanouka, au cours desquels on multiplie, de jour en jours, “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même que le luminaire de la Torah, sa dimension profonde, qui est qualifiée d’huile, comme l’indiquent différents textes.
Puisse Dieu vous accorder d’être l’un de ceux qui font porter leurs efforts en la matière, dans toute la mesure du possible.
Lettre n°4991
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4991, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Tévet 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 3 Kislev, dont l’acheminement a été quelque peu retardé. Je vous adresse, ci-joint, un discours ‘hassidique(1) qui a fait l’objet d’une étude publique, ici, pendant le Chabbat qui a béni le mois de Kislev, c’est-à-dire au début des derniers événements(2). Vous y trouverez ma réponse et aussi ma conception, concernant différents sujets que vous évoquiez dans votre lettre.
Je voudrais ajouter qu’à mon sens, il est, bien entendu, une conception erronée de penser que, quand surviennent des événements particuliers, ce n’est pas le moment d’évoquer les points que nous mentionnions dans nos précédents courriers, dans les lettres que vous m’avez adressées et dans mes réponses.
Bien au contraire, si, d’ordinaire, quand la situation est normale, la Torah et les Mitsvot sont indispensables à l’individu et à la collectivité, à tout notre peuple, les enfants d’Israël, combien plus en est-il ainsi quand le mode de vie courant est remis en cause, surtout d’une manière aussi radicale, qui pose même le problème de la survie.
Notre Torah délivre les enseignements originaux suivants(3), relatifs à une armée, en temps de guerre :
A) Des soldats ne doivent pas jeûner, pas même à titre de prière, dans le but d’obtenir la victoire à la guerre. En effet, ils affaiblissent ainsi le corps qui doit mener le combat. A l’opposé, ils peuvent, pendant la guerre, s’engager à jeûner par la suite, après la victoire, quand la paix aura été rétablie.
B) Il convient, en plus des pratiques courantes, d’ajouter de la sainteté à un campement militaire, y compris en dehors de la période de guerre. En d’autres termes, un état de guerre demande un effort de plus, une attention particulière au respect de la Torah de vie, qui nous a été donnée par “ l’Eternel, Homme de guerre, dont Dieu est le Nom ”. De cela, dépend la victoire au combat, y compris durant une guerre pour laquelle la Torah entérine la nécessité d’une armée, de forces, d’équipements.
Bien entendu, vous avez raison d’écrire qu’en cette période, il ne convient pas de mentionner les fautes(4), ce qu’à Dieu ne plaise. Il n’en est pas de même, en revanche, pour la formulation de reproches, comme vous le prétendez. Bien au contraire, durant la guerre et, plus généralement, dans un campement militaire, ceux-ci sont particulièrement nécessaires.
Et, la différence(5) est bien évidente. En rappelant les fautes, on fait référence au passé. En formulant des reproches et en précisant le comportement qu’il convient d’adopter, on prend en compte le présent et l’avenir.
S’agissant de l’armée, le point fondamental de la conduite de la guerre et, plus généralement, du comportement militaire, est la soumission, l’obéissance complète du petit envers le grand, du subordonné envers le supérieur. Cette attitude ne résulte pas d’une analyse préalable, permettant la compréhension de l’ordre reçu, son approche intellectuelle. En fait, elle est basée sur le principe(6) selon lequel : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”. Pour quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile de préciser cette image.
Me fondant sur la promesse selon laquelle “ Les eaux nombreuses… et les fleuves… ”(7) ne pourront étouffer l’amour du Saint béni soit-Il pour Israël, de même que l’amour profond et essentiel de chaque Juif et de chaque Juive pour Dieu, je fais le vœu que cet amour se révèle concrètement.
Dans la pratique, il est certain que l’éternité d’Israël se révélera, de l’étroitesse et du tourment vers la largesse véritable. Quiconque a reçu de la divine Providence la capacité d’influencer les autres possède le mérite, la responsabilité et toutes les grandes forces nécessaires pour cela.
Je vous adresse ma bénédiction pour des jours de ‘Hanouka qui éclaireront l’obscurité de la nuit et de l’exil. De la sorte, nous obtiendrons la réalisation de la promesse selon laquelle nous pourrons “ louer et exalter Son grand Nom ”, dans le troisième Temple, lors de notre délivrance véritable, par notre juste Machia’h.
Avec mes respects,
Notes
(1) Intitulé : “ Les eaux nombreuses ”. Le Rabbi le prononça pendant le Chabbat qui bénit le mois de Kislev et, à sa demande, il fut édité afin d’être expédié en Terre Sainte dès le début de la guerre du Sinaï. Voir, à ce sujet, la lettre n°4890. (2) Quand la guerre éclata. (3) Le Rabbi note en bas de page : “ Voir le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, fin du chapitre 571, le Rambam, lois des rois, fin des chapitres 6 et 7, le Yerouchalmi, Chabbat, chapitre 2, paragraphe 6 et le Séfer Ha ‘Hinou’h, à la Mitsva 566, qui dit : Les âmes juives sont liées à la Présence divine de manière immuable. A fortiori en était-il ainsi dans le campement ”. (4) Afin de ne pas mettre en éveil l’accusateur. (5) Entre l’accusation et le reproche. (6) A l’origine du don de la Torah. (7) Selon le titre du discours ‘hassidique cité au début de cette lettre.
Lettre n°4992
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4992, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Tévet 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me demandez comment réparer la faute que l’on sait(1). Les livres indiquent que l’on doit multiplier les mots de la Torah et de la prière, en graver un certain nombre en son esprit(2).
De cette façon, même si l’on a une autre pensée, on n’en conserve pas moins ces textes dans sa mémoire. Parmi ceux que vous connaîtrez par cœur, figurera également le discours ‘hassidique intitulé : “ Tu honoreras l’ancien ”, qui se trouve dans le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Kedochim.
Vous vous efforcerez, en particulier, d’exercer une influence positive sur les jeunes, de les rapprocher de la Torah et des Mitsvot. Vous connaissez, en effet, l’enseignement de nos Sages selon lequel “ celui qui enseigne la Torah au fils de son prochain est considéré comme s’il l’avait enfanté ”. Vous donnerez, en outre, de la Tsédaka, tous les jours de semaine, avant la prière du matin et parfois même avant celle de Min’ha.
Vous me dites que votre désir d’étudier la Guemara et les efforts que vous faites pour cela se sont affaiblis. Il y a sûrement là une intervention du mauvais penchant, destinée à établir un lien entre cet affaiblissement et les accomplissements sacrés auxquels vous vous êtes engagé. Comme vous le savez, une Mitsva en attire une autre et non le contraire(3), ce qu’à Dieu ne plaise. Lorsque l’autre côté(4) verra qu’il n’est pas parvenu à affaiblir votre engagement à l’étude de la ‘Hassidout, ses usages et ses pratiques, il vous laissera.
Vous me demandez si vous devez organiser votre étude en sorte qu’au bout de quelques jours, après avoir appris quelques fois plusieurs pages de Guemara, vous les révisiez et y ajoutiez quelques commentaires. Bien entendu, ceci dépend des capacités de celui qui étudie et de la pratique de son entourage.
Vous devez donc prendre conseil auprès de vos amis, qui vous connaissent et de vos proches. Le point commun à tous est, cependant, le suivant. Il faut avoir une étude plus profonde et une autre, plus superficielle, à la fois de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. Il faut également réviser les Hala’hot applicables à la vie quotidienne, de même que celles du Chabbat et des fêtes. Et, il est bon que l’étude profonde porte sur “ ce que l’on désire en son cœur ”, conformément à l’expression de nos Sages.
Vous me décrivez vos activités et j’en suis satisfait. Sans doute les intensifiez-vous, de temps à autre, conformément à l’Injonction selon laquelle on connaît l’élévation, dans le domaine de la Sainteté. Vous venez d’être nommé surveillant et dirigeant de l’une des activités participant à la diffusion(5). Puisse donc Dieu faire que vous soyez vous-même imprégné et que vous imprégniez les autres, avec une ardeur accrue, en accomplissant toutes les actions nécessaires pour cela.
Votre récompense(6) est précisée au début du Torah Or, qui dit : “ Son cerveau et son cœur seront mille fois plus affinés ”(7).
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) L’émission séminale en pure perte. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4972. (3) Une Mitsva ne peut empêcher l’accomplissement d’une autre. (4) Les forces du mal. (5) Des sources de la ‘Hassidout. (6) Pour s’être consacré aux autres. (7) De sorte que l’étude peut être mille fois plus fructueuse.
Lettre n°4993
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4993, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Tévet 5717,
Brooklyn,
Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Avraham Avich Morde’haï(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du premier jour de ‘Hanouka :
A) L’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, dit que l’Injonction selon laquelle “ on ne peut pas dépenser plus d’un cinquième ”(2) s’applique uniquement en temps normal, mais non pour celui qui recherche la guérison de son âme(3).
Cette affirmation figure dans différents textes dont il est l’auteur, en particulier à la fin du chapitre 3 d’Iguéret Ha Techouva.
B) Nos Sages, au traité Ketouvot 67b, s’interrogent sur Mar Oukva et se demandent pourquoi il dépensa plus d’un cinquième, bien qu’en sa situation, il pouvait être comparé à un homme qui accède à la Techouva, comme le dit le commentaire de Rachi sur le traité Sanhédrin 31b.
Ceci ne contredit pas ce qui a été dit auparavant. En effet, sa Techouva était déjà achevée, ce qui veut dire qu’il avait obtenu la “ guérison ”. C’est une évidence. C’est ce que dit l’Admour Hazaken, au chapitre 10 d’Iguéret Ha Kodech.
C) Le traité Baba Batra 73b rapporte les propos de Rav Papa Bar Chmouel : “ Si je n’étais pas présent, je ne l’aurais pas cru ”. L’affirmation de Rabbi Yo’hanan, à la page 75a : “ Si tu ne l’avais pas vu, tu ne l’aurais pas cru ”, n’est pas liée à la précédente, pour différentes raisons :
1. Le disciple de Rabbi Yo’hanan se moqua des paroles des Sages, ce qui, par contre, n’est pas le cas, en l’occurrence.
2. Rav Papa parle de “ croire ”, ce qui peut vouloir dire qu’il n’aurait pas cru que ceci devait être interprété au sens littéral. A l’opposé, en se moquant, on contredit entièrement ce qui est dit, comme l’indique, du reste, le contenu de cette moquerie.
3. L’affirmation selon laquelle le disciple se moqua doit être interprété au sens littéral, comme auparavant, ce qui n’est pas le cas de la remarque de Rav Papa, formulée après coup.
4. Selon plusieurs avis, parmi les premiers Sages, les récits de Rabba Bar Bar ‘Hanna rapportés ici ne sont que des allusions. Vous consulterez également le saint Zohar, tome 3, page 223b et les Tikouneï Zohar, Tikoun 7. Ces allusions sont précisées par tous les commentateurs du Talmud et par le Eïn Yaakov, à cette référence.
Il en résulte que “ Si je n’étais pas présent, je ne l’aurais pas cru ” n’a rien à voir avec la moquerie de ce disciple.
D) Nos Sages disent, selon le traité Baba Batra 74b, que le Saint béni soit-Il tua l’ange de la mer, lors de la création du monde. Vous soulevez, à ce sujet, une objection, à partir du traité ‘Houlin 41b, qui dit : “ On ne fait pas la Che’hita sur les mers, afin de ne pas prêter à penser que l’on offre un sacrifice à l’ange de la mer ”.
Je ne comprends pas du tout votre question. En effet, qu’importe que l’ange de la mer soit mort ? Quiconque sacrifie aux idoles le fait devant un objet inerte, de bois ou de pierre. De même, on peut aussi effectuer un tel sacrifice parce que l’on n’a pas connaissance de l’affirmation de nos Sages, au traité Baba Batra.
E) Vous m’interrogez également sur l’affirmation de nos Sages, au traité Pessa’him 118b, selon laquelle Dieu s’adressa à l’ange de la mer, lors de la sortie d’Egypte.
Vous consulterez le Midrash Chemot Rabba, au chapitre 15, selon lequel l’ange de la mer auquel le traité Baba Batra fait allusion est celui de l’océan et non des autres mers, alors que le traité Pessa’him se réfère, bien évidemment, à l’ange de la mer Rouge.
Du reste, cette question ne se pose pas, en tout état de cause. En effet, après que l’ange de la mer ait été tué, un autre a pu le remplacer. Car, il est clair qu’à toute créature doit correspondre un ange et un astre, là-haut.
De plus, il faut rappeler que, s’agissant de l’affirmation de nos Sages, au traité Baba Batra, il existe des Midrashim divergents. Dans ce traité Baba Batra, il est dit que l’ange de la mer s’appelle Rahav, alors que, pour différents autres textes, ce nom est celui de l’ange de l’Egypte et de la mer Rouge. Et, à ce sujet, on trouve, par ailleurs, encore d’autres avis.
Vous ne me décrivez pas votre programme d’étude, mais, au moins à l’avenir, vous fixerez une étude de la ‘Hassidout. Conformément à l’expression de l’Admour Hazaken, celle-ci sera fixée à la fois dans le temps et dans l’esprit.
Que Dieu vous accorde la réussite,
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
E. Kwint,
Notes
(1) Le Rav A.A. M. Porouch - Glickman, de Jérusalem. (2) De ses revenus pour la Tsédaka. (3) Qui expie ses fautes par cette Tsédaka
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