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Iguerot Kodesh — lettres 4912 à 4931

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°4912

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4912, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Kislev 5717,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yochoua Chnéor Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du premier jour de Roch ‘Hodech Kislev, mois des miracles et de la délivrance. Entre temps, vous avez sûrement reçu la mienne, qui faisait suite à votre précédent courrier et répondait aux questions qui y étaient posées.

Vous m’interrogez sur les Hakafot(2). Sans doute avez-vous déjà obtenu la réponse(3), à ce sujet, par le ‘Hassid, Rav Yaakov Eliézer Herzog, que vous avez dû voir. Bien entendu l’idée de supprimer le Kiddouch, à l’avenir et d’écourter les Hakafot est totalement exclue, de la manière la plus tranchée.

Vous évoquez les difficultés, les voiles, les obstacles. Vous connaissez sûrement l’allusion que l’on découvre(4) dans le verset (Bamidbar 13, 33) : “ nous étions, à nos yeux, comme des sauterelles ” et, précisément à cause de cela, “ c’est ainsi qu’ils nous considéraient ”. Si ceux qui craignent Dieu, en général et les ‘Hassidim, en particulier, avaient conscience des forces spirituelles dont ils disposent, ils se mettraient au travail avec une ardeur sans relation avec celle qui est actuellement la leur. Dès lors, beaucoup de voiles, d’obstacles et même de difficultés disparaîtraient.

Ainsi, le Tanya explique, à la fin du chapitre 29 : “ Dès que Dieu s’emporta contre eux…(5). Et, chacun peut en tirer un enseignement… ”. Ceci doit être pris au sens le plus littéral. Il s’agit réellement de chacun, de manière concrète, de chacun d’entre nous.

Vous évoquez les offices de jeunes et les colonies de vacances, dont certains contestent l’intérêt, pour différentes raisons.

Le critère, en la matière est le suivant. S’il y a un doute, quant à l’origine de la question que l’on se pose, on doit déterminer s’il en résulte une action plus forte dans le domaine de la sainteté ou, au contraire, un empêchement de cette action. Comme le dit le Hayom Yom, à la date du 23 Sivan, chaque obstacle à ce qui est utile ou conduit à l’action, même pour la motivation la plus élevée, n’est qu’un stratagème de l’âme animale.

En l’occurrence, il ne fait pas de doute que les colonies de vacances et les offices de jeunes sont un des moyens de convaincre la jeunesse, les jeunes gens et, par leur intermédiaire, leurs parents et leur famille. Heureuse est la part de ceux qui ont adopté une telle activité.

Bien plus, je ne comprend pas la nature des objections que vous rapportez et j’ai déjà écrit au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav C.B. Althuiz(6), qu’un problème est posé par les ‘Hassidim ayant été physiquement coupés de mon beau-père, le Rabbi, pendant quelques années. Ceux-ci n’ont pas eux-mêmes entendu ses propos, ni même reçu ses écrits sur l’importance de l’action, la nécessité de conquérir la jeunesse, l’éducation des filles, l’action menée auprès des femmes. Bien plus, parce qu’ils n’ont pas été habitués à cela et qu’il y a eu une interruption, ce qu’ils en ont effectivement obtenu ne les a pas touchés(7), comme l’explique le Likouteï Torah, au début de la Parchat Chemini.

C’est donc pour cela que l’on n’accorde pas à ces domaines toute l’attention qu’ils mériteraient. Or, “ quand l’un tombe, l’autre se dresse ”, quand on ne maintient pas le niveau que l’on devrait normalement avoir, on subit les voiles, les obstacles et l’opposition du camp adverse.

Bien entendu, vous pouvez montrer la présente à tous ceux que cela concerne. Puisse Dieu faire que les jours propices du mois de Kislev, en particulier le 10 et le 19(8), mettent en éveil, les forces cachées, les forces potentielles et profondes, qui se révéleront et agiront, d’une manière concrète.

Car, les forces profondes sont également liées à ces jours, conformément à la sainte lettre du Rabbi Rachab, qui traite de l’essence et de sa révélation. Sans doute un programme a-t-il donc été déjà préparé, afin de profiter de ces jours pour développer tout ce qui concerne ‘Habad, dans votre entourage, dans toute la mesure du possible.

Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération et en saluant tous les ‘Hassidim,

Notes

(1) Le Rav Y.C. Z. Serebrianski, de Melbourne, Australie. Voir, à son sujet, la lettre n°4876. (2) De Sim’hat Torah. (3) Voir la lettre n°4850. (4) A propos des explorateurs qui voulurent décourager les enfants d’Israël d’entrer en Terre Sainte. (5) Ils regrettèrent aussitôt de ne pas avoir accompli Sa Volonté, d’avoir refusé de se rendre en Terre Sainte. (6) Voir la lettre précédente. (7) Une même racine hébraïque signifie à la fois ‘obtenir’ et ‘toucher’. (8) Libérations de l’Admour Haémtsahi et de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes.

Lettre n°4913

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4913, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Kislev 5717,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Moché(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 4 Kislev, dans laquelle vous évoquez les classes, les élèves, le programme des études et leur avancement. Soyez satisfait comme je l’ai moi-même été, en prenant connaissance de tout cela.

Vous savez à quel point nos saints maîtres, fondateurs et directeurs des Yechivot Tom’heï Temimim, le Rabbi Rachab et mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, accordaient une attention particulière au moindre détail concernant ces Yechivot.

Il faut ajouter, comme l’explique le début de Chaar Ha I’houd, que la réflexion elle-même doit être précise. En effet, l’homme, ici-bas, est ainsi appelé(2) parce qu’il est à l’image du Très Haut. Les Justes ressemblent à leur Créateur et ils porteront même Son Nom(3). C’est une évidence.

Vous avez sans doute déjà préparé un programme pour profiter des jours du 19 Kislev et de ‘Hanouka, qui approchent, afin de développer et d’élargir, dans la mesure du possible, quantitativement et qualitativement, tout ce qui concerne la sainte institution dans laquelle vous vous trouvez.

Que Dieu vous accorde la réussite, conformément à la décision bien connue du Tribunal céleste(4).

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération et en saluant tous vos amis dans cette mission sacrée,

Notes

(1) Le Rav M.Levertov, de Pittsburgh. Voir, à son sujet, la lettre n°4790. (2) Adam, homme, de la même étymologie que Adamé, Je ressemble. (3) Dans le monde futur. (4) Voir la lettre n°4910.

Lettre n°4914

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4914, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Kislev 5717,

Brooklyn, New York,

A nos frères, les enfants d’Israël et

ceux qui chérissent la Torah et les Mitsvot,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de la célébration annuelle du centre des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch, qui aura lieu le dimanche 12 Tévet prochain, j’adresse mes salutations et ma bénédiction à tous les responsables de la Yechiva, de même qu’à ceux qui leur viennent en aide et prennent part aux préparatifs de cette célébration.

Comme on le sait, cette célébration annuelle constitue une précieuse opportunité de financement pour les Yechivot Loubavitch. Elle doit procurer, sur place, les moyens nécessaires, de même que de nouveaux amis et des responsables de ces institutions. De façon générale, il faut créer un climat favorable pour leur renforcement et leur développement.

Bien entendu, quels que soient l’effort et l’attention que l’on a pu apporter aux préparatifs de cette célébration annuelle, on n’en aura jamais trop fait. En outre, plus l’effort est important, plus l’on acquiert un mérite.

Les principaux responsables ont un mérite particulier et aussi une grande responsabilité. Ils doivent donner le ton et ouvrir la voie aux autres. Et, nos Sages disent qu’il est une Mitsva de diffuser leurs actions, afin que d’autres agissent également dans cet esprit.

J’espère que chacun aura conscience du mérite considérable et de l’obligation sacrée qui lui incombent, ceux d’assurer le maintien et le développement du centre des Yechivot Tom’heï Temimim, que l’on s’acquittera de sa mission de la meilleure façon. De la sorte, on obtiendra, avec les membres de sa familles, les bénédictions divines, que nos saints maîtres invoquent et suscitent pour ceux qui soutiennent les Yechivot qu’ils ont fondé et dirigé au sacrifice de leur vie.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et en tous vos besoins, matériels et spirituels,

Mena’hem Schneerson,

Lettre n°4915

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4915, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Kislev 5717,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav ‘Haïm Abba(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, la nouvelle selon laquelle vous avez accepté un poste de Cho’het de volailles, d’enseignant pour les enfants et de guide spirituel d’une synagogue.

Que Dieu vous accorde la réussite en tout cela. Vous élèverez le sort de la Tradition d’Israël, en renforçant le Judaïsme et en le diffusant. J’espère que vous avez profité, dans cette perspective, du mois de Tichri et, en particulier, de ses fêtes.

Vous écrivez qu’ils(2) sont de simples “ colonistes(3) ”. Or, vous connaissez le dicton du Baal Chem Tov, qui nous a été rapporté par mon beau-père, le Rabbi, selon lequel “ la simplicité de l’homme simple est liée au caractère infini(4) de l’Essence divine ”. Et, la Guemara dit(5) : “ Plus il est simple et mieux c’est ”.

J’espère qu’à l’occasion du Roch Hachana de la ‘Hassidout, le jour lumineux de la fête de la libération, le 19 Kislev qui approche, vous vous préparerez, de la manière qui convient, afin d’en profiter pour diffuser les sources à l’extérieur, la ‘Hassidout, ses usages et ses pratiques.

Dieu fasse que vous connaissiez, en tout cela, une considérable réussite, conformément au récit bien connu de l’Admour Haémtsahi, selon lequel, parce que l’Admour Hazaken fit don de lui-même pour la ‘Hassidout, le Tribunal céleste décida qu’en tout ce qui concerne la Torah, la crainte de Dieu et les bons comportements, ceux qui sont attachés à lui et suivent sa voie auraient le dessus.

Avec ma bénédiction de réussite,

Notes

(1) Le Rav H.A. Weill, de Toronto. (2) Les membres de cette communauté. (3) Les habitants des “ colonies ” juives en Russie, qui n’avaient qu’une médiocre connaissance de la Torah et se consacraient aux activités agricoles. (4) La même racine hébraïque signifie à la fois simple et infini. (5) A propos d’un Choffar.

Lettre n°4916

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4916, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5717,

Brooklyn,

A mon proche parent, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Dov Zeev(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir, avec plaisir, votre lettre du 25 ‘Hechvan, m’annonçant votre retour(2) et votre montée en Terre Sainte, d’une manière positive.

Vous avez transmis les nouvelles recueillies ici(3) au cours d’une réunion ‘hassidique, sans doute pénétrée de joie de la Mitsva, d’engagement à mettre en pratique la Torah et les Mitsvot, conformément à l’enseignement bien connu selon lequel “ la joie brise les limites ” et les barrières.

Puisse Dieu faire que ceci aide à faire disparaître les limites et les barrières dressées par “ l’autre côté ”(4), puis également ce qui impose la restriction au sein même du domaine de la Sainteté, “ l’Egypte de la Sainteté ”.

Nous assisterons très prochainement à la réalisation de la promesse selon laquelle “ Tu te répandras à l’ouest, à l’est… ” et nous obtiendrons “ un héritage sans limites ”. Pour cela, il faut diffuser les sources(5) sans limite.

Puisse Dieu faire que le mérite de celui dont nous célébrons la joie(6) vienne en aide à chacun, afin de mener à bien cette diffusion, en bonne santé, avec largesse d’esprit et dans une joie véritable.

En saluant tous les ‘Hassidim et en ayant de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav D.Z. Ludmir, de Jérusalem. Voir, à son sujet, les lettres n°3061 et 5026. (2) Après un séjour auprès du Rabbi. (3) Emanant du Rabbi. (4) Les forces du mal. (5) De la ‘Hassidout. (6) L’Admour Haémtsahi, dont la fête de la libération est le 10 Kislev, date de cette lettre.

Lettre n°4917

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4917, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre de la veille du Chabbat avec plaisir et joie. En effet, vous la concluez en me disant que vous reprenez votre travail, dans le domaine de l’éducation, qui est une mission divine.

Puisse Dieu exaucer tous les souhaits de votre cœur et ceux de votre épouse, afin que vous ayez très prochainement un enfant. Vous connaissez le dicton ‘hassidique des premiers ‘Hassidim, selon lequel un croyant et un ‘Hassid doivent mettre en pratique les Injonctions du Maître, du Créateur et Lui-même doit satisfaire les besoins de ceux qui mettent en pratique Ses Injonctions.

Bien plus, Il doit préparer les réceptacles pour cela(1), ainsi qu’il est dit : “ Il satisfera tes besoins ”(2).

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération(3) et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, en saluant tous les ‘Hassidim,

Notes

(1) Voir la fin du discours ‘hassidique intitulé “ Il ne se souvint pas ”, prononcé par le précédent Rabbi en 5688 (1928). (2) Que l’on peut également traduire : “ Il fera de toi un réceptacle ”. (3) De l’Admour Hazaken, le 19 Kislev.

Lettre n°4918

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4918, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 27 Mar ‘Hechvan.

Il est une bonne idée d’envisager, le moment venu, votre installation dans un Mochav ou dans un Kibboutz religieux, comme Komemyout ou ‘Hafets ‘Haïm.

Vous étudiez sûrement, avec ardeur et constance(1), la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout. Vous influencez également vos amis pour qu’ils en fassent de même, surtout en fonction le début de votre lettre qui évoque la situation actuelle(2).

Vous connaissez le commentaire que donnent nos Sages du verset Chmouel 2, 8, 15, selon lequel l’étude de la Torah de ceux qui se trouvent à l’intérieur cause la réussite de ceux qui partent à la guerre(3). Combien plus est-ce le cas pour l’étude de la ‘Hassidout, la Torah de vie, qui ne comporte pas…(4) émanant du domaine du mal, selon Iguéret Ha Kodech, au chapitre 26.

Puisse Dieu faire que le mérite de celui dont nous célébrons la joie et la délivrance(5) nous conduise sur la voie qui est droite devant lui, matériellement et spirituellement à la fois, celle du bonheur véritable.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Cette lettre est vraisemblablement adressée à un élève de la Yechiva. (2) Référence à la guerre du Sinaï. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°4890. (4) De controverses et de questions. (5) L’Admour Haémtsahi, libéré le 10 Kislev des prisons tsaristes.

Lettre n°4919

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4919, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5717,

Brooklyn,

Je te salue et te bénis,

Tu me demandes si tu dois te rendre au mariage de telle personne. De façon générale, il ne sert à rien de se mettre en colère. En effet, chaque Juif croit en la divine Providence. Il faut donc être certain que Dieu a fait tout cela pour le bien, en particulier d’après ce qu’expliquent la ‘Hassidout et l’enseignement du Baal Chem Tov, comme l’indique Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, au chapitre 25.

En conséquence, il faut prendre part à la joie d’un Juif, surtout d’un proche. Combien de temps y passer ? Faut-il y rester seulement pour la cérémonie du mariage ou bien également après cela ? Ces points seront débattus avec les ‘Hassidim qui se trouvent sur place.

Lettre n°4920

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4920, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5717,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires, aux

multiples connaissances, le Rav Chlomo Yossef(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous adresse mes respects et ma bénédiction, à l’occasion de votre anniversaire. Que s’accomplisse en vous le Psaume que vous commencez à réciter(2) : “ J’atteindrai les attributs de la rigueur… jusqu’à la vieillesse et l’âge avancé ”, selon l’interprétation qu’en donne le Cho’her Tov, qui en applique les termes à la fin de l’exil : “ Tu me libéreras, à nouveau, de l’exil ”, puis : “ Je me réjouirai pour Toi avec une harpe, Saint d’Israël ”. Vous consulterez le commentaire de la Michna de l’Admour Haémtsahi, dernière édition, chapitre 126.

N. B. : Je viens de recevoir le fascicule d’additifs à l’Encyclopédie(3), tome 1 et je vous en remercie beaucoup. Il est sûrement inutile de vous rappeler, de même qu’à tous les ‘Hassidim, la nécessité de profiter, dans toute la mesure du possible, de la fête de la libération du 19 Kislev, qui approche. Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite en tous points.

J’ai eu l’occasion de me procurer les responsa Kol Mevaser. Selon le chapitre 48 de cet ouvrage, il semble que le Grya interdise également les profits que l’on peut réaliser avec ces bateaux(4). Il serait bon de se procurer le fascicule qu’il mentionne.

Il est à peu près certain que, si vous organisiez la fête qui convient à l’occasion de votre soixante dixième anniversaire, on y entendrait des propos d’encouragement à la crainte de Dieu, à la Torah, aux Mitsvot et à la ‘Hassidout. Tout ceci serait d’actualité, compte tenu de la situation actuelle(5) et de la proximité de ‘Hanouka.

Notes

(1) Le Rav C.Y. Zevin, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4811. (2) Correspondant au nombre des années. (3) Talmudique, dont le Rav Zevin est l’auteur. (4) Israéliens poursuivant leur voyage pendant le Chabbat. Voir, à ce sujet, les lettres n°4796 et 4811. (5) Après la guerre du Sinaï. Voir, à ce sujet, la lettre n°4890.

Lettre n°4921

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4921, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous concluez votre lettre en faisant l’éloge de votre maître et je suis un peu surpris par ce que vous écrivez. Vous indiquez clairement que, s’il figurait parmi les élèves du Baal Chem Tov, il serait leur égal. S’il était parmi les Sages de la Michna ou de la Guemara, il serait leur équivalent.

Je me demande qui, dans notre génération, est en mesure de formuler pareille affirmation ou ce qui lui ressemble. Comment se permettre de dire, de sa propre initiative, qu’une certaine personne, si elle appartenait à ces générations, atteindrait le niveau des élèves du Baal Chem Tov, des Sages de la Michna ou de la Guemara ? Dieu fasse que quelqu’un, à notre époque, comprenne ce que sont de tels niveaux. Si c’était le cas, notre génération ne serait pas à ce point orpheline !

Bien plus, le Zohar et les Tikouneï Zohar expliquent que Etanim, les puissants, est l’anagramme de Tanaïm, les Sages de la Michna. C’est ce que disent le Zohar, tome 3, page 242a, le début de la porte de l’inspiration divine et d’autres textes encore.

Une autre explication sur les Sages de la Michna et de la Guemara, qui est, néanmoins, basée sur la même idée, figure dans le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, à la Parchat Tazrya, dans le discours ‘hassidique intitulé

“ Une controverse fut soulevée dans la maison d’étude céleste ”. Et, il y en a une autre dans les Biyoureï Ha Zohar, à la Parchat Vaychla’h.

Du fait de nos nombreuses fautes, il n’est pas donné à chacun de formuler une telle affirmation, “ s’il était dans telle génération… ” et de dire cela, même à propos de son maître, auquel on doit pourtant manifester le plus grand respect, d’après la Hala’ha. On sait que l’on ne doit pas exagérer les éloges de ceux qui se trouvent dans le monde de la Vérité, qu’eux-mêmes ne le désirent absolument pas(1).

En ces jours, surtout le 19 Kislev, Hilloula du Maguid(2), successeur du Baal Chem Tov, date de la libération et de la victoire de l’Admour Hazaken, successeur du Maguid et du Baal Chem Tov, puisse Dieu faire que vous ayez une réussite accrue dans la diffusion de leurs sources(3), jusqu’à ce qu’elles parviennent à l’extérieur et que soit hâté le terme de notre exil.

Alors, seront révélées les raisons de la Torah, comme le précisent nos Sages, cité par Rachi dans son commentaire du verset “ Il m’abreuvera des baisers de sa bouche ”. Nous en possédons un avant-goût grâce à l’enseignement des premiers Sages, qui sont le Baal Chem Tov, le Maguid, l’Admour Hazaken et leurs disciples.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Jugement étant alors plus sévère. (2) De Mézéritch. (3) Celles de la ‘Hassidout.

Lettre n°4922

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4922, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Après un silence particulièrement long, j’ai bien reçu votre lettre du 23 ‘Hechvan, m’annonçant une bonne nouvelle, puisque vous me dites que vous vous sentez beaucoup mieux.

Dans différents domaines de la Torah et des Mitsvot, la majorité ne suffit pas. La totalité est nécessaire, comme cela a été expliqué lors d’une réunion ‘hassidique et reproduit dans le troisième Kovets Loubavitch. Puisse donc Dieu faire, pour ce qui vous concerne également, que vous m’annonciez non seulement une grande amélioration, mais même un total rétablissement.

En effet, là aussi, la majeure partie ne suffit pas et il faut que, selon les termes du verset, “ tu sois entier avec l’Eternel ton Dieu ”, comme l’explique le Likouteï Torah, au second chapitre du discours ‘hassidique intitulé “ Car cette Mitsva ”. Vous serez entier par vos deux cent quarante huit membres, par vos trois cent soixante cinq nerfs spirituels et, en conséquence, par vos deux cent quarante huit membres, par vos trois cent soixante cinq nerfs physiques.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération et pour donner de bonnes nouvelles,

Lettre n°4923

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4923, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5717,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Différents textes, en particulier Iguéret Ha Kodech de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 7, explique que chaque Néfech(2), chaque Roua’h(3) et chaque Nechama(4) possèdent une Mitsva spécifique, devant faire l’objet d’attention et d’efforts particuliers, très largement au delà du soin qui est apporté à toutes les autres Mitsvot.

Pour un ‘Hassid ou pour une personne issue d’une famille ‘hassidique, cette Mitsva est la diffusion des sources(5), pour lesquelles ont fait don d’eux-mêmes nos maîtres, têtes et cerveaux de tous les ‘Hassidim, comme l’explique le second chapitre du Tanya.

Sans doute adopterez-vous, vous-même, le comportement prôné par Iguéret Ha Kodech et vous consacrerez-vous à cette diffusion. Ceci hâtera le succès de vos préoccupations personnelles, puisque que telle est la propriété de la Mitsva spécifique précédemment définie.

Puisse le mérite de ce jour y contribuer, puisque c’est celui de la joie liée à la libération de l’Admour Haémtsahi. Ce mérite protégera chacun, au sein de tout Israël, afin de diffuser les sources en tout endroit, en sorte qu’elles parviennent jusque dans les plus reculés et même dans ceux qui sont perdus, puisque celui dont nous célébrons la joie se distinguait par sa largesse et sa libéralité.

En effet, nos maîtres rapportent que l’Admour Hazaken, l’Admour Haémtsahi et le Tséma’h Tsédek correspondent aux Sefirot de ‘Ho’hma, la découverte intellectuelle, de Bina, l’analyse raisonnée(6) et de Daat, la synthèse profondément ressentie.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav H.Medalyé, de Leeds. Voir, à son sujet, les lettres n°3118, 5118 et 5250. (2) Partie de l’âme qui est à l’origine de l’expression végétative de la vie. (3) Partie de l’âme qui est à l’origine des manifestations émotionnelles de la vie. (4) Partie de l’âme qui est à l’origine des manifestations intellectuelles de la vie. (5) De la ‘Hassidout. (6) Qui se caractérise, précisément, par sa largesse.

Lettre n°4924

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4924, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5717,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Alexander Sender(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du premier jour de Roch ‘Hodech Kislev, dans laquelle vous évoquez votre visite dans le quartier Maoz Aviv. Vous avez constaté que de nombreuses personnes n’étaient pas encore rentrées à la maison(2). Toutefois, celles-ci sont sûrement revenues entre temps et il convient donc de leur rendre visite encore une fois, de leur expliquer ce qui s’est passé, “ en ces jours-ci, à cette époque-là ”, comme le dit la prière Al Ha Nissim(3), avec une lumière et une vitalité accrue, d’après les principes et les règles de la ‘Hassidout ‘Habad.

Que Dieu accompagne votre bouche, afin que vos paroles soient acceptées, qu’elles fassent leur effet, dans l’action concrète, l’existence quotidienne, puisque telle(4) est la finalité de l’homme, en lutte contre les forces du mal et “ l’autre côté ”. Pour cela, il faut lutter contre son corps et son âme animale, ainsi qu’il est dit : “ Tu lui viendras en aide ”, conformément à l’explication bien connue du Baal Chem Tov(5).

C’est de cette façon que l’on peut conquérir sa part du monde et même, au final, le monde entier, comme l’expliquent différents passages du Tanya, en particulier les chapitres 36 et 37. Et, cette idée apparaît également, en allusion, dans l’enseignement bien connu de la partie révélée de la Torah selon lequel “ l’homme est tenu de dire : le monde a été créé pour moi ”. Et, il est bien clair qu’il en est réellement ainsi, conformément aux Injonctions : “ Tu t’éloigneras du mensonge ” et “ Un homme doit considérer qu’il se trouve lui-même, ainsi que le monde entier, sur une balance en équilibre ”(6).

Vous profiterez sûrement des jours du 19 Kislev et de ‘Hanouka, qui approchent, pour diffuser les sources de la ‘Hassidout, ses usages et ses pratiques en tout endroit que vous pourrez contacter, ce qui constitue une autre formulation de ce qui a été dit auparavant. En effet, de la diffusion de ces sources dépend la venue de notre juste Machia’h. Et, c’est alors que commencera à se réaliser la promesse énoncée dans le Tanya, aux chapitres 36 et 37.

La relation faite avec la diffusion des sources ne transcende pas la raison. Il existe effectivement un lien entre les deux événements, comme l’expliquent la causerie de Sim’hat Torah 5690(7) et divers autres textes.

Que Dieu vous accorde la réussite de donner des nouvelles bonnes et détaillées de tout cela, en bonne santé, avec calme et largesse de l’esprit.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav A.S. Youdassin, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°4802. (2) Ayant été enrôlées dans l’armée pour la campagne du Sinaï. Voir la lettre n°4890. (3) “ A propos des miracles ”, récitée à ‘Hanouka et à Pourim. (4) La crainte de Dieu. (5) Voir, à ce sujet, les lettres n°4382, 5097 et 5289. (6) Qu’une action positive suffit pour faire pencher du côté du bien. (7) 1929, du précédent Rabbi.

Lettre n°4925

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4925, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Kislev 5717,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et assume une mission sacrée, le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me demandez où vous pouvez trouver des explications ou des additifs au discours ‘hassidique du Rabbi(2) figurant dans le Torah Or, à la fin de la Parchat ‘Hayé Sarah.

Je suis surpris par cette question car, depuis deux ans déjà(3), a été imprimé, à la fin du Torah Or, aux éditions Kehot, un commentaire du Tséma’h Tsédek sur une grande partie de ce discours ‘hassidique. De fait, à la fin de cette édition, j’ai également indiqué des références, pour la plupart dans des discours ‘hassidiques du Torah Or ou d’autres textes de la ‘Hassidout qui les commentent.

Peut-être n’avez-vous utilisé les termes qui concluent votre lettre que de manière plaisante. Pour autant, j’ai pensé qu’il était juste de formuler une remarque, à ce sujet. Vous écrivez qu’en différents domaines concernant l’âme, le retard est comparable à une fin de non recevoir(4). Vous soulignez qu’il en est ainsi pour l’âme.

A mon avis, cela n’est pas exact, bien au contraire, comme l’établit la ‘Hala’ha de la partie révélée de la Torah selon laquelle il n’y a pas de renvoi pour tout ce qui concerne les êtres vivants. Il n’en est pas de même, en revanche, pour ce qui n’est pas vivant. Et, l’on trouve encore quelques correspondances à cela dans les lois de la partie révélée de la Torah(5). En tout état de cause, pour l’action concrète, je réponds à votre lettre sans retard, conformément à votre demande.

Je vous adresse ma bénédiction pour que le mérite de celui dont nous célébrons la joie(6) protège chacun, au sein de tout Israël, afin de diffuser les sources(7) en tout endroit, jusqu’à ce qu’elles parviennent à ceux qui, pour l’heure, sont “ repoussés ” et même “ perdus ”(8). En effet, celui dont nous célébrons la joie se caractérisait par sa largesse et libéralité. Comme on le sait, nos saints maîtres ont souligné que l’Admour Hazaken, l’Admour Haémtsahi et le Tséma’h Tsédek correspondent aux Sefirot de ‘Ho’hma, la découverte intellectuelle, Bina, l’analyse raisonnée et Daat, la synthèse ressentie.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,

Notes

(1) Le Rav I.Hutner, de Brooklyn. Voir, à son sujet, les lettres n°3833 et 5027. (2) De l’Admour Hazaken. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4823. (4) En l’occurrence, le fait de répondre avec retard à une lettre. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Note ultérieure : On ne reçoit pas l’impureté. Ce qui est fixé ne peut pas être annulé. Il n’y a pas de fin de non recevoir. Celle-ci n’existe pas et telle est l’idée de la Techouva. La lumière qui entoure les mondes transcende l’enchaînement des mondes, le temps et l’espace. En effet, elle supprime également le retard, qui est aussi une introduction dans le temps, mais différée. L’absence de Techouva est possible chez un descendant de Noa’h, qui n’a pas d’âme divine, laquelle est éternelle, ainsi qu’il est dit : ‘Vous êtes attachés… vivants…’. ”. (6) L’Admour Haémtsahi, libéré en ce jour des prisons tsaristes. (7) De la ‘Hassidout. (8) Conformément aux termes du verset.

Lettre n°4926

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4926, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Kislev 5717,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chnéor Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous évoquez l’écriture d’un Séfer Torah et sa conclusion.

Tout est effet de la divine Providence, en particulier ce qui est lié à la Torah et à ses Mitsvot. Vous m’écrivez à propos de ce Séfer Torah. Il est donc, pour moi, une obligation et un mérite de vous rappeler ici la décision hala’hique de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, selon laquelle la dernière lettre de l’expression Petsoua Daka doit être un Aleph(2), comme le disent les responsa Chéérit Yehouda, chapitre 16, du frère de l’Admour Hazaken(3). Le Michnat Avraham, au chapitre 32, recense les différents avis émis à ce sujet.

Mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, m’a dit qu’étant à Worms, avant la première guerre mondiale, il vit un Séfer Torah qui, selon une tradition locale, a été écrit par le Maharam de Rothenburg. Il est rédigé de cette façon. De même, il consulta, à Prague, un Séfer Torah qui, selon une tradition locale, transmise d’une génération à l’autre, fut corrigé par Ezra le Scribe, le Otsar Ha Sefarim, les manuscrits de monsieur Sasson, de Londres, dont certains sont très anciens, un Tana’h ayant appartenu au petit-fils du Rachba, un autre, manuscrit, d’un disciple du Rachba, auteur du Migdal Oz, un ‘Houmach de Damas rédigé il y a mille cent ans, un Tana’h écrit il y a cinq cents ans, un autre datant à peu près de la même période, le manuscrit d’un ‘Houmach yéménite de la même époque. Dans tous ces textes, Daka était écrit avec un Aleph. Bien plus, dans le Tana’h manuscrit de l’auteur du Migdal Oz, il y avait un Hé, dans Daka et cet auteur l’a lui-même effacé pour le remplacer par un Aleph.

J’ai dressé cette longue liste parce que, à ma surprise et pour ma douleur, j’ai appris que très peu, en Terre Sainte, ont connaissance de ces éléments, bien que ma lettre, à ce propos, ait été reproduite dans le Otsar Ha Posskim, à la fin du premier tome.

L’écriture d’un Séfer Torah est très importante et la Mitsva est accomplie avec sa conclusion. Il ne me semble donc pas qu’il faille la repousser de quelques mois, bien que l’on n’ait pas coutume de se hâter, en la matière et, de fait, on peut s’interroger sur ce manque d’empressement. Mais, cela ne justifie pas de tout repousser pour plusieurs semaines et, a fortiori, pour plusieurs mois.

Quand le Sofer parviendra à la fin, il faudra la fixer(4) à la date propice la plus proche de cette conclusion. Il existe, pratiquement en chaque mois de l’année, une telle date. En Chevat, il s’agit du Roch ‘Hodech, selon le verset Devarim 1, 3. En Adar, ce sera les jours de Pourim ou le 7 Adar.

B) Deux synagogues demandent que leur soit attribué ce Séfer Torah. Vous dites que, dans l’une d’elles, vous enseignez la Loi Orale. Vous y introduirez donc également la Loi Ecrite, de sorte que l’une et l’autre soient intègres.

C) Vous parlez, dans votre lettre, “ d’introduire le Séfer Torah dans le domaine de la synagogue ”. Vous ne précisez pas ce que vous entendez par “ domaine ”. Toutefois, il me semble que vous ne devriez pas faire cadeau ce Séfer Torah. Vous le mettrez à la disposition de la synagogue, mais il restera votre propriété. Car, de la sorte, on accomplit pleinement la Mitsva(5).

J’espère que, de temps à autre, vous rencontrez les ‘Hassidim de votre ville, que vous fixez également un temps pour étudier la ‘Hassidout. Bien entendu, à ceci s’applique l’enseignement de nos Sages selon lequel “ on connaît l’élévation, dans le domaine de la Sainteté ” et “ à quiconque ajoute(6), on ajoute(7) ”.

Conformément à votre demande, on mentionnera votre nom et celui des membres de votre famille près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse Dieu faire que, dans le calme de l’esprit et du corps, vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela. Vous me direz également que vous vous efforcez de guérir ceux qui vous consultent(8) non seulement physiquement, mais aussi moralement. Car, rien ne résiste à la volonté.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav C.Z. Its’haki, de Ramat Gan. Voir, à son sujet, la lettre n°5008. (2) Conformément à la coutume Ashkénaze, alors que les Sefardim l’orthographient avec un Hé. Voir, à ce sujet, les lettres n°1623 et 5046. (3) Le Maharil. (4) La

fête de conclusion. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Selon les commentateurs du Choul’han Arou’h, Yoré Déa, chapitre 270, paragraphe 2 ”. (6) Des efforts. (7) Des bénédictions. (8) Le destinataire de cette lettre est vraisemblablement un médecin.

Lettre n°4927

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4927, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Kislev 5717,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Eléazar Aryé(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous me faites savoir que vous organisez un Melavé Malka, repas de David le roi Machia’h, à l’issue du prochain Chabbat(2).

Ces jours du mois de Kislev sont propices et favorables à cela. C’est un mois de miracles, comprenant les jours de ‘Hanouka, de la conclusion de l’édification du Sanctuaire, de la fondation du second Temple, révélant et mettant en évidence ce qui s’est passé “ en ces jours-ci, à cette époque-là ”.

Vous connaissez le commentaire du Ari Zal sur le verset : “ Ces jours-ci sont commémorés et revécus ”, selon lequel, chaque année, en cette période, quand on commémore ce qui s’est passé, l’événement se déroule à nouveau, comme la première fois.

De nombreux Juifs se réuniront et “ chaque fois que dix Juifs se rassemblent, la Présence divine se révèle ”. Il s’agit, en outre, du repas de David, roi d’Israël, qui vit encore. Tous seront donc inspirés à intensifier leur engagement pour notre Torah, Torah de vie et ses Mitsvot. Cette inspiration se poursuivra pendant les jours suivants, qui arrivent pour la paix.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav E.A. Jungreiz. (2) Voir la lettre n°4899.

Lettre n°4928

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4928, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Kislev 5717,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Daniel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 27 Mar ‘Hechvan, dans laquelle j’ai lu que, de façon générale, vous vous consacrez aux affaires communautaires des ‘Hassidim, non seulement pour le rite de la prière, mais aussi pour la diffusion des sources de la ‘Hassidout, de ses usages et de ses pratiques.

Vous connaissez le dicton de l’Admour Hazaken(2) selon lequel la ‘Hassidout s’adresse à tous les Juifs et non uniquement à une classe ou à un groupe, parmi eux. Et, rien ne résiste à la détermination(3).

Vous m’interrogez sur l’éventuelle acquisition d’une maison pour la synagogue, alors que vous ne disposez que de la moitié de la somme requise. Conformément à l’usage, en Terre Sainte, un achat peut effectivement être effectué dans ces conditions, même si l’on possède un peu moins que la moitié de son prix. Bien plus, on peut dire aux membres de la communauté que les rentrées de la synagogue seront consacrées, en majorité ou même en totalité au paiement de cette dette. Cette promesse rendra les discussions plus aisées.

Bien que vous n’en disiez rien, j’ai bon espoir que vous avez organisé une réunion ‘hassidique, ce 10 Kislev(4) et que vous le ferez avec encore plus de faste, le 19 Kislev(5), Roch Hachana de l’étude et des voies de la ‘Hassidout. Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite.

Je vous adresse ma bénédiction afin que, pendant de nombreuses années, vous me donniez de bonnes nouvelles de ce qui vous concerne personnellement et de vos réalisations communautaires, en bonne santé, avec largesse d’esprit et en fixant un temps pour l’étude de la Torah.

En adressant ma bénédiction à tous les ‘Hassidim, à l’occasion de la fête de la libération,

Notes

(1) Le Rav D.‘Haskind, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°1960. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4769. (3) Il suffit donc de le vouloir pour y parvenir. (4) Fête de la libération de l’Admour Haémtsahi des prisons tsaristes. (5) Fête de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes.

Lettre n°4929

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4929, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Kislev 5717,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et assume une mission sacrée, le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de l’issue du Chabbat, avec la demande de bénédiction qu’elle contenait et qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Je vous remercie d’avoir pris la peine de transmettre ma lettre(2) au grand Rav Weiss(3). Sans doute lui avez-vous également montré les lettres précédentes ou bien lui en avez-vous donné une copie, bien que vous n’en parliez pas dans votre courrier.

Je lis avec plaisir, dans votre lettre, que vous vous apprêtez à célébrer la date lumineuse du 19 Kislev(4), qui approche et également le 10 Kislev(5). Puisse Dieu faire que l’inspiration se prolonge tout au long de l’année. Ce jour le permet, en effet, puisqu’il est le Roch Hachana de la ‘Hassidout et de tout ce qui la concerne. Or, la dimension profonde conditionne l’aspect extérieur. En effet, Israël est qualifié de biche, dans le verset Chmouel 2, 1, 19, conformément à l’interprétation qu’en donnent nos Sages, à la fin du traité Ketouvot.

Vous m’interrogez sur un changement de formulation, dans le Sidour. En effet, avant la prière Anénou, “ exauce-nous ”, il est dit que celle-ci est dite “ lors d’un jeûne public ”, alors qu’avant la bénédiction Chema Kolénou(6), “ entends notre voix ”, il est dit : “ lors d’un jeûne ”.

Je m’interroge sur le sens de votre question. Comment aurait-on pu formuler autrement ? Avant Anénou, ceci concerne effectivement un jeûne public, alors que, pour Chema Kolénou, il s’agit bien de tous les jeûnes à la fois. Il n’y a nullement là une tournure superflue ou un changement.

Je vous joins ce qui a été édité dernièrement. Sans doute en mettrez-vous le contenu à la disposition du plus grand nombre, car “ ils étaient nombreux avec vous ”.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rav I.Dubov, de Manchester. Voir, à son sujet, les lettres n°4313 et 5028. (2) Ayant vraisemblablement un contenu hala’hique. (3) Le Rav Its’hak Yaakov Weiss, auteur du Min’hat Its’hak. (4) Fête de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes. (5) Fête de la libération de l’Admour Haémtsahi des prisons tsaristes. (6) Dans laquelle le paragraphe Anénou est intercalé.

Lettre n°4930

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4930, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Kislev 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 10 Kislev, date de la libération de l’Admour Haémtsahi, dans laquelle vous faites allusion aux ‘Hassidim ‘Habad, aux ‘Hassidim en général et à leur relation avec leur prochain(1).

En la matière, des instructions ont été données à tous les ‘Hassidim et, plus généralement, à tous les Juifs, par l’Admour Hazaken, fondateur de ‘Habad, dans le chapitre 32 du Tanya. Et, le discours ‘hassidique intitulé “ Enrôlez ”, dans son Likouteï Torah, l’explique encore plus clairement. Cette idée est également exprimée, en des termes enflammés, par le Séfer Ha Mitsvot de son petit-fils, le Tséma’h Tsédek, à la Mitsva de l’amour du prochain.

A l’occasion de la date lumineuse du 19 Kislev(2), qui approche, vous consulterez également Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, qu’il rédigea à la suite de l’emprisonnement auquel il avait été condamné à la suite d’une dénonciation. Ce texte dit : “ Voici l’objet de mon propos… Tous les ‘Hassidim doivent savoir... ”.

Or, s’il leur donnait un tel avertissement(3), combien plus doit-il en être ainsi pour tous les Juifs(4), surtout quand la divine Providence a fait qu’ils se rencontrent. En effet, n’est-il pas remarquable que l’Admour Hazaken, dans une lettre bien connue, rapporte qu’il a été libéré alors qu’il récitait le verset : “ Il a libéré mon âme dans la paix ” ? Or, la fin de ce même verset est : “ Ils étaient nombreux avec moi ”. C’est une évidence.

J’ai donné une explication relativement longue à propos de ce qui n’est qu’une évidence, car je suis surpris par le contenu de votre lettre et par sa conclusion selon laquelle vous êtes moralement troublé par cette situation.

J’espère que vous participerez à la réunion des ‘Hassidim, le 19 Kislev, fête de la libération de l’Admour Hazaken. Nos Sages disent, en effet, que le fait de partager un repas rapproche. Combien plus le fait-il pour ceux qui sont d’ores et déjà proches.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Qui n’est pas aussi profonde que celle qui existe entre les ‘Hassidim eux-mêmes. Voir, à ce sujet, la lettre n°4981. (2) Date de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes. (3) D’aimer les Juifs les plus éloignés. (4) Qui ne sont pas éloignés.

Lettre n°4931

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4931, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Kislev 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 10 Kislev, date de la libération de l’Admour Haémtsahi et de celle des ‘Hassidim.

Vous me demandez si vous devez participer à la fête de nomination d’un Rav “ conservative ” et je suis surpris par cette question. Il est sûrement inutile de vous préciser que le mouvement conservative constitue un rejet du Dieu d’Israël et de Sa Torah, selon les critères du Rambam et des Décisionnaires. Tout ceci a été clairement établi(1), dernièrement, par une interdiction bien connue. Je ne répéterai pas ici ce que j’ai déjà écrit, dans une lettre consacrée à ce sujet, que vous avez sûrement lue.

Lorsque des Juifs, ayant une troublante méconnaissance de ce mouvement et de ce qui le concerne, font venir un homme, qu’ils consacrent comme leur Décisionnaire, allant ainsi à l’encontre de ce que dit le Choul’han Arou’h et des principes de la foi, il est bien évident que tout Juif croyant et craignant la Parole de Dieu doit en concevoir une peine profonde.

Non seulement on se laisse aller à ses passions, en étant conscient que l’on commet une faute, puis, après avoir satisfait son désir, on s’emplit de regret, mais bien plus, on introduit une voie nouvelle, à l’encontre de Dieu et de Sa Torah. Or, vous m’adressez une lettre pour me demander si vous devez partager leur joie, causée par leur décision de nommer cet homme ou bien s’il convient de vous en abstenir.

Il est bien évident que le comportement individuel de ce rabbin, pour ce qui est de la Torah et des Mitsvot(2), n’entre pas en ligne de compte. Il ne s’agit pas ici de l’attitude d’un homme, à titre personnel ou même de quelques dizaines d’individus, mais d’une nomination consacrant une communauté conservative et un dirigeant qui la conduira dans cet esprit.

S’ajoutant à tout cela, un autre point est important également. Votre lettre semble indiquer que l’on s’apprête à célébrer cette occasion joyeuse le soir du 19 Kislev, qui est, selon l’expression de nos saints maîtres(3), “ le jour du début de tes actions ”, plénitude de la finalité véritable de la création de l’homme sur cette terre, afin d’y révéler la dimension profonde de notre sainte Torah, le sommet et le point culminant de la Torah de Dieu, des Mitsvot de Dieu, issues de la Profondeur, de l’Essence de la Divinité, afin qu’elles éclairent l’intériorité de nos âmes. Et, il est clair que chaque mot employé ici a une signification précise !

Considérez donc, en votre esprit, ces deux éléments. Un ancien élève de la Yechiva Loubavitch, en cette nuit-là, agit de la sorte, même si cela ne sera connu que par la suite, comme le précisent différents textes. Vous pouvez également vous représenter la situation à l’inverse. Celui qui, auparavant, était un élève de la Yechiva participe à la joie de la constitution d’une communauté hérétique, y prononce des louanges et des encouragements.

Je vous joins un fascicule qui vient de paraître. Sans doute mettrez-vous son contenu à la disposition du plus grand nombre. Puisse Dieu faire que les conseils contre les stratagèmes et les ruses du mauvais penchant, qui sont exposés dans différentes causeries de la ‘Hassidout, vous préservent même du mal dans sa forme la plus fine et non uniquement de la situation effroyable qui vient d’être évoquée.

Je vous adresse ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles, à l’occasion de la fête de la libération et, pour votre anniversaire, afin que vous ayez une année de réussite matérielle et spirituelle, dans vos occupations communautaires et dans vos affaires personnelles.

Notes

(1) Il s’agit de la lettre n°4162. Voir également la lettre n°4306. (2) Le fait qu’il soit lui-même religieux. (3) Voir les Iguerot Kodech du Rabbi Rachab, tome 1, lettre n°110.

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