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Iguerot Kodesh — lettres 4872 à 4891

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°4872

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4872, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Mar ‘Hechvan 5717,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Issa’har Dov(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’écrivez que le nombre des élèves s’est accru et j’en suis satisfait. Vous évoquez l’exiguïté des locaux. Sans doute en reparlerez-vous au grand Rav et ‘Hassid, le Rav B.E. G.(2).

Selon ce qu’expliquent différents textes de ‘Hassidout, en tenant compte, en particulier, du fait que la récompense est à la mesure de l’effort, l’éducation des filles juives est une nécessité, un besoin vital, car celles-ci vont fonder des foyers juifs. C’est pour cela qu’elles sont appelées “ maîtresses de maison ”.

Vous trouverez sûrement les moyens d’appliquer concrètement tout cela, c’est bien évident. La divine Providence vous a accordé d’être l’un des dirigeants, en la matière. A n’en pas douter, Dieu vous récompensera en vous accordant la satisfaction de vos besoins et de ceux des membres de votre famille, de Sa main pleine, ouverte, sainte et large.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav I.D. Gurvitch, directeur du Beth Rivka de Yerres, dans la région parisienne. Voir, à son sujet, la lettre n°4397. (2) Le Rav Binyamin Elyahou Gorodetski, fondé de pouvoir du Rabbi en France.

Lettre n°4873

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4873, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Mar ‘Hechvan 5717,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Binyamin Elyahou(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites qu’il est difficile de se procurer des parchemins pour les Tefillin. Il y a bon espoir que l’école de scribes(2) sera, avec le temps, une institution autonome(3).

Si le Merkaz Le Inyaneï ‘Hinou’h, ici-même, se procure tout ce dont il a besoin, en la matière, auprès de cette école de scribes et si, en outre, elle fournit les élèves des institutions Ohaleï Yossef Its’hak et Tom’heï Temimim, il sera peut-être possible d’absorber toute la production des deux écoles, celle de Meknès et celle de Paris. S’il y a un solde à écouler, on pourra l’envoyer dans tous les endroits où il y a des écoles ‘Habad. Toutefois, les parchemins et les boîtiers doivent être convenables.

En conséquence, j’ai été satisfait d’apprendre, par votre lettre, que vous avez déjà commandé l’équipement nécessaire en Terre Sainte. Entre temps, sans doute prépare-t-on quelques élèves aptes à cela(4), par exemple en leur enseignant la Hala’ha.

Notes

(1) Le Rav B.E. Gorodetski, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°4961. (2) De Paris et de Meknès. Voir, à ce sujet, la lettre n°4961. (3) Financièrement équilibrée. (4) A devenir scribes.

Lettre n°4874

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4874, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Mar ‘Hechvan 5717,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Azryel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai lu, avec satisfaction, dans votre lettre, que le nombre de vos élèves(2) augmente, mais il est clair que cela n’est pas suffisant. Sans doute, vous efforcez-vous de les multiplier, quantitativement et qualitativement, parmi les garçons comme parmi les filles.

Vous évoquez un Beth Rivka, pour les filles, à temps plein. Il est clair que cela est nécessaire, même si les débuts sont difficiles. Bien entendu, il faut faire en sorte qu’il n’y ait pas de dissension. Il y a sûrement différentes manières de rassurer ceux qui ont des doutes, en la matière, craignant que l’on détruise leur propre école. Bien plus vous précisez que le Rav(3) est favorable à la création de cette école.

Il est dit : “ Ton commencement sera dans la peine ” et, comme le souligne le Baal Chem Tov(4), c’est ainsi que “ ta fin prendra un grand essor ”(5). Vous connaissez la causerie de mon beau-père, le Rabbi, selon laquelle “ quand on installe un réverbère dans l’obscurité de la nuit, tous se rassemblent autour de lui ”(6). C’est bien évident.

A l’avenir, vous écrirez sans doute régulièrement et avec les détails qui conviennent. Puisse Dieu faire que ces nouvelles soient réjouissantes, matériellement et spirituellement.

Sans doute profiterez-vous des jours du 19 Kislev(7) et de ‘Hanouka, qui approchent, de la manière qui convient à votre mission sacrée, au sein des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch(3). Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav A.Chaikin, d’Agadir. Voir, à son sujet, les lettres n°4413 et 4639. (2) De l’école Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch d’Agadir. (3) De la ville d’Agadir. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°1559, 3366 et 5171. (5) Ce qui est la fin du même verset. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°3672. (7) Date de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes.

Lettre n°4875

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4875, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Mar ‘Hechvan 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre du 21 ‘Hechvan, qui faisait suite à une interruption.

Vous évoquez votre querelle avec celui qui collecte(1). Vous trouverez sûrement un compromis, de sorte que celui-ci puisse poursuivre son travail.

Je suis surpris qu’il continue à exiger un tel pourcentage(2), alors qu’il s’agit d’une institution dispensant une éducation aux valeurs sacrées. Conformément à un enseignement bien connu de nos Sages, l’institution fait, pour le collecteur, beaucoup plus que le collecteur pour l’institution.

Notes

(1) Vraisemblablement des fonds pour une institution de Torah. (2) A titre de commission.

Lettre n°4876

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4876, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Mar ‘Hechvan 5717,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yochoua Chnéor Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

Après une longue interruption, j’ai reçu votre lettre du 16 ‘Hechvan. Vous me demandez de préciser mon intention pour les nouveaux bâtiments, pour l’achat des maisons, en particulier celle de madame Hertz, qui se trouve à environ une demie heure de marche de la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, à Melbourne.

Bien entendu, l’école des petites filles devrait être le plus près possible de celle des petits garçons, mais non dans le même bâtiment. On pourrait, à la rigueur, le permettre s’il y avait deux entrées séparées, mais, en pareil cas, il y aurait également des mélanges avant et après le temps des études. Malgré cela, on pratiquera ainsi si l’on ne peut faire autrement. Il n’en sera pas de même s’il s’agit d’une autre rue. Alors, les élèves ne se verront pas, y compris pendant ces heures. C’est ce qu’il faut rechercher, a priori.

La proximité est souhaitable car, dans différents domaines, “ la bougie qui éclaire une personne peut en éclairer cent ”(2). C’est le cas, par exemple, pour les travaux administratifs, les examens, la surveillance. Bien entendu, si l’on ne peut faire autrement, on renoncera aussi à cela, d’autant que vous avez sûrement une liaison téléphonique, grâce à laquelle la distance importe peu.

Vous évoquez la création de nouvelles classes dans le secondaire(3). Mais, vous concluez vous-même en disant que cette question se posera dans trois ans. De façon générale, votre manière d’aborder le problème est la bonne. En effet, vous envisagez uniquement l’ajout de classes correspondant à la scolarité légalement obligatoire, mais non celui des classes suivantes qui, comme vous le soulignez, imposent des dépenses considérables, d’autant que l’on ne sait pas combien voudront poursuivre leurs études, quand la loi ne l’impose pas.

Sans doute établissez-vous un programme afin de profiter, de la manière qui convient, du mois de Kislev et de ses fêtes, dans le but de renforcer et de diffuser ce qui concerne ‘Habad à Melbourne, en particulier les écoles ‘Habad.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav Y.C. Z. Serebrianski, de Melbourne, Australie. Voir, à son sujet, les lettres n°4456, 4912, 4986 et 5077. (2) Certains moyens peuvent être mis en commun entre les deux écoles. (3) En anglais dans le texte, “ high school ”.

Lettre n°4877

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4877, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Mar ‘Hechvan 5717,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yossef Mena’hem(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 13 Mar ‘Hechvan.

Vous m’annoncez une amélioration de votre état de santé et puisse Celui Qui guérit toute chair et accomplit des merveilles vous permettre de continuer à donner de bonnes nouvelles. Vous me direz que vous allez de mieux en mieux, que vous aurez une prompte et complète guérison.

Bien plus, nous nous approchons de Kislev, mois des miracles et des jours de ‘Hanouka, conclusion de l’édification du Sanctuaire et fondation du second Temple. C’est à ce propos du Sanctuaire et du Temple qu’il est dit : “ Ils Me feront un Sanctuaire et Je résiderai parmi eux ”, c’est-à-dire au sein de chaque Juif. C’est l’objectif qu’il convient d’atteindre et l’on peut également le faire pendant le temps de l’exil.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Je viens de recevoir, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, ayant de bons comportements et assumant une mission sacrée, Rav Moché Weber, le Séder Olam Rabba complet(2), tome 1, avec les commentaires Yemot Olam, Séder Zemanim et Massoret Séder Olam(3). Je vous remercie beaucoup pour ce cadeau.

Bien que mon temps ne me permette pas de le comparer aux éditions précédentes, je présume que l’on trouve, dans ces commentaires, ce qui est dit dans l’introduction, c’est-à-dire qu’il reprendra toutes les explications se trouvant dans les notes et les références préalables. Il est important de ne pas avoir à chercher dans les anciennes éditions.

A ce propos, l’édition de 5665(4) du Séder Olam a été publiée de nouveau, en photocopie de la précédente, à New York, en 5712(5).

Comme vous me le demandez et conformément à mon habitude, j’ai formulé des remarques sur trois ou quatre passages, selon ce qui m’est venu à l’esprit en feuilletant rapidement votre livre. Et, nos Sages donnent l’assurance qu’au final, la paix règne(6).

Ces remarques, de portée générale, sont les suivantes :

A) Plusieurs calculs, parfois même simples, sont répétés à la fois dans les tableaux et dans le commentaire. C’est le cas, par exemple, du premier tableau que l’on retrouve au second paragraphe de l’introduction et au premier paragraphe du Yemot Olam.

B) Il n’a pas été précisé quand commence le compte(7), au Roch Hachana précédant la création de l’homme, à celui qui le suit ou bien à celui d’encore après. Vous consulterez, à ce sujet, le Rambam, lois de la sanctification du nouveau mois, chapitre 6, paragraphe 8, avec ses commentaires, lois de la Chemitta et du Yovel, chapitre 10, paragraphe 2 et les longs développements des livres traitant de ce sujet.

Il aurait fallu, au moins, faire mention de cela, car cet élément a une incidence sur les calculs du Séder Olam. Ainsi, d’après le compte que l’on retient pour instaurer un second mois d’Adar, Adam fut créé la première année après la création, c’est-à-dire après qu’une année entière se soit écoulée. Ce n’est pas ce que dit le premier tableau.

C) Il n’est pas du tout question des années qui ne sont pas entières(8). De même, dans les chiffres, il n’est pas précisé s’il s’agit, par exemple, du courant de la cent trentième année ou bien de la cent trentième année révolue. Bien évidemment, plusieurs calculs en dépendent et cela aurait permis de résoudre quelques contradictions.

Dans différents cas, les versets et les enseignements de nos Sages ne permettent pas de lever le doute. D’autres calculs, par contre, peuvent être confirmés. Mais, en tout état de cause, il faut faire mention de ce problème, comme je le disais.

Dans le tableau 6 : Il est impossible qu’en 2448(9), Moché se soit tenu devant le Pharaon et que l’on ait offert le sacrifice de Pessa’h, cette même année. En effet, selon le Séder Olam, les plaies, qui sont intervenues entre ces deux événements, durèrent douze mois. Cette erreur est imputable à l’imprécision mentionnée au paragraphe C. Il faut en conclure que Moché se tint devant le Pharaon au début de sa quatre vingtième année, soit en 2447.

Dans le même tableau : Il est inconcevable de situer les trois bergers, Myriam, Aharon et Moché, dans la même année, puisqu’il y avait un Roch Hachana au milieu.

Dans l’introduction, au paragraphe 1 : La création du monde fut-elle en Nissan ou en Tichri ? Il n’y a pas de position définitive, à ce sujet. Vous consulterez le Maguen Avraham, au début du chapitre 592. Vous verrez aussi ce que dit la Hala’ha à propos de la bénédiction du soleil, qui est récitée en son temps(10), en l’occurrence en Nissan.

Notes :

A) Il existe un avis isolé selon lequel le monde fut créé le 1er Tichri ou le 1er Nissan et non le 25 du mois précédent(11), celui du Levouch, au chapitre 581. Mais le Sdeï ‘Hémed, principes, fin de l’article Beth, en cite un second, le Ras et il marque son étonnement devant les deux à la fois. Vous consulterez ce qu’il dit.

B) Le Chémen Sasson sur le Chaar Ha Kavanot, première partie, paragraphes 15 et 36, explique ces deux avis, d’après la Kabballa, en une longue analyse.

Chapitre 1 : Entre le déluge et la tour de Babel, il y eut trois cent quarante ans et le Séder Zemanim

en détaille le compte : “ Arpa’hchad naquit deux ans après le déluge… ”. Or, le déluge dura plus de douze mois.

Il aurait fallu au moins mentionner le fait que de nombreux Sages ont eu des difficultés à expliquer l’omission de cette année(12).

Fin du chapitre 10 : Le Séder Zemanim souligne la différence qui existe dans la manière de compter le jour à l’époque où l’on consommait la manne et après la mort de Moché.

Or, on peut expliquer simplement que la manne ne tombait pas pendant le Chabbat, mais, selon un avis, ce jour devait tout de même être compté, car c’est bien le même gâteau qui était alors consommé. D’après le second avis, il ne faut pas le compter, car ceci ne reflète pas le mérite de Moché, puisqu’à la veille du Chabbat, tous en recevaient une double part.

Le Assara Maamarot analyse les avis selon lesquels Moché mourut pendant le Chabbat ou bien à la veille de ce jour. Et, je ne comprends pas pourquoi vous citez l’année 2150(13). Comment aurait-il(14) pu dire, trente jours avant le 7 Adar(15) : “ Aujourd’hui s’emplissent…(16) ” ? Il est très difficile d’accepter cette idée, mais ce point ne sera pas développé ici.

Notes

(1) Le Rav Y.M. Weinstock, de Jérusalem. (2) Livre offert au Rabbi par le destinataire de cette lettre. (3) Jours du monde, ordre des époques et tradition de l’ordre du monde. (4) 1905. (5) 1952. (6) Que le destinataire de cette lettre ne se formalisera pas de ces remarques. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°233. (8) Voir le Likouteï Si’hot, tome 20, à partir de la page 26. (9) 1312 avant l’ère vulgaire. (10) Quand le soleil fut créé. (11) Le 25 Elloul ou le 25 Adar. (12) Dans le compte des années écoulées depuis la création du monde. (13) 1610 avant l’ère vulgaire. (14) Moché, notre maître. (15) Date de son décès. (16) “ Mes jours et mes années ”, jour pour jour.

Lettre n°4878

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4878, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Mar ‘Hechvan 5717,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Menaché(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 24 Mar ‘Hechvan(2), dans laquelle vous faites preuve d’une grande profondeur et d’un sens de l’analyse. Cette lettre faisait suite à vos précédents courriers. Et, vous m’excuserez de vous dire que je ne sais qu’y répondre, car vous détaillez ce dont il n’était pas question dans les courriers précédents. Je préciserai maintenant mon propos, en trois paragraphes :

A) Concernant l’obligation(3) de nourrir ses enfants et la relation avec l’obligation de nourrir l’épouse.

Comme vous le dites dans cette lettre, la question qui se pose, à ce propos, est la suivante. Ceux qui considèrent que la Torah lui fait obligation de nourrir cette femme pensent que le mari lui-même est tenu, par la Torah, de nourrir son épouse, ce qui veut dire que, toujours d’après la Torah, le père doit nourrir ses enfants. Tel est sûrement l’avis du ‘Ho’hmat Chlomo.

On peut en déduire ce qui est, de toute façon, une évidence. Ceux qui parviennent, d’une autre façon, à la conclusion que le mari doit nourrir son épouse, ne doivent pas faire intervenir leur position, quant à l’obligation du père envers ses enfants, dans la discussion qui fait l’objet de notre propos.

Or, il s’agit, en l’occurrence, du Rambam, au chapitre 12 de ses lois du mariage, du Tour, du

Séfer Mitsvot Gadol, qui reproduisent ses propos. Et, c’est d’eux que vous parlez dans votre lettre !

Notes : Ceci n’est pas lié à ce qui vient d’être dit. Vous faites beaucoup d’efforts pour démontrer que, d’après le Rambam, l’obligation de nourrir les enfants, même les plus petits, est instituée par les Sages, ce qui va totalement à l’encontre du sens simple de ses paroles, que vous reproduisez dans votre lettre.

Je ne sais pas pourquoi vous devez avancer une explication aussi difficile à accepter

en affirmant que le Rambam et tous ceux que vous citez, quand ils font référence aux plus petits enfants, introduisent plusieurs nuances à propos de l’expression “ comme une décision des Sages ” et non “ par une décision des Sages ”.

Vous consulterez, à ce propos, les commentaires du Gaon de Vilna, qui s’interroge, mais ne précise pas le sens de son interrogation. Et, au début de cette explication, on cite des mots, “ comme… ”, signifiant, bien au contraire, que la nécessité de nourrir les enfants est instaurée par la Torah.

B) Je disais qu’un comportement que l’on constate dans la Torah n’est pas nécessairement une décision hala’hique. Peut-être ne s’agit-il que d’un récit. Bien entendu, il n’y a pas de différence, de ce point de vue, entre un récit rapporté dans les cinq livres de Moché ou bien dans les autres livres de la Torah.

Vous posez, à ce sujet, la question suivante. Différentes pratiques instaurées par nos Sages sont basées sur les versets de la Torah. Je ne comprends pas en quoi cette objection contredit mon affirmation, qui concernait la manière d’étudier la Torah, par exemple, ce qui fait effectivement l’objet de notre propos.

En effet, la Torah demande au maître d’assurer la subsistance de l’épouse(4). Ceci découle d’une coutume de la Torah, qui n’est nullement une obligation, celle que le mari nourrisse son épouse. A ce propos, je disais qu’il n’est pas du tout logique de faire une distinction, en définissant une autre règle qui s’appliquerait aux lois que l’on déduit de récits et de comportements mentionnés dans les autres livres de la Torah.

De plus, on peut penser qu’une telle pratique est une coutume et non une obligation. Bien entendu, on ne peut pas avancer que le devoir d’assurer la subsistance de la femme, incombant au mari, comme l’imposent les Sages, découle de l’obligation faite, au maître, par la Torah, de nourrir l’épouse de son serviteur.

En l’occurrence, il ne s’agit donc pas d’un simple appui du verset. Bien entendu, les lois des Sages n’apparaissent pas dans les cinq livres de la Torah et un appui d’un verset ne permet pas d’introduire une loi nouvelle. Il sert uniquement de rappel pour une loi déjà connue.

En la matière, il n’y a pas de différence entre un principe de la Torah, des Sages ou une Hala’ha transmise à Moché sur le mont Sinaï, si l’on s’appuie sur un verset. Vous consulterez les traités Pessa’him 96b, Kiddouchin 57b, avec le commentaire de Rachi, Erouvin 4b et d’autres références encore, qui sont citées dans l’Encyclopédie talmudique, à l’article “ appui ”.

C) J’ai dit que la prière pouvait ne pas être obligatoire et, malgré cela, devoir répondre à plusieurs principes de la Torah, afin qu’elle suscite l’amour et la crainte de Dieu.

Vous objectez, à ce sujet, que l’amour et la crainte de Dieu sont des obligations permanentes, ne se limitant pas à la prière. Là encore, je ne comprends pas le sens de cette question. Car, on ne se trouve pas en permanence devant Dieu, ce qui est le cas, en revanche, pendant la prière. Ce qui est vrai de l’âme l’est également pour le lieu(5). Il n’est pas une obligation de s’y rendre et de voir(6), sauf, bien sûr, pendant les trois fêtes de pèlerinage(7). Pour autant, celui qui y va et voit, doit mettre en pratique les règles liées à la crainte du Temple.

Il en est de même pour la prière. Il existe de fortes Hala’hot, par exemple l’interdiction de prier faite à celui qui est ivre. On ne voit pas que ce principe soit instauré par la Torah(8), mais, pour autant, il est bien clair que l’on ne peut pas adopter un comportement qui irait à l’encontre de l’honneur de Dieu, si l’on est ivre, que c’est l’heure de prier et qu’on désire le faire. Si l’on aboutit, de cette façon, à formuler ce qui serait une vexation ou une insulte, ce serait bien le contraire de la crainte de Dieu, principe instauré par la Torah.

Il est un nombre incalculable d’actes permis qui, dans leur accomplissement, impliquent des obligations et des interdictions de la Torah, comme je viens de l’écrire à quelqu’un, dans un courrier. Ainsi, même d’après l’avis qui dit que le principe de l’enterrement ne découle pas de la Torah, il reste clair que l’interdiction d’enterrer l’impie à côté du Juste est introduite par la Torah.

Ce que vous dites du temps de la prière et de son rituel est indépendant de l’amour et de la crainte de Dieu. En effet, tous les rituels ont un point commun. Ils proclament la louange de Dieu.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav M.Klein, de Brooklyn. Voir, à son sujet, la lettre n°4826. (2) Imprimé dans Nessieï ‘Habad Ou Bneï Doram, page 169. (3) Du maître envers les enfants et l’épouse de son serviteur. (4) De son serviteur. (5) En l’occurrence celui du Temple. (6) La révélation divine dans le Temple. (7) Pessa’h, Chavouot et Soukkot. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ D’après la conclusion du Talmud, au traité Bera’hot 31b, on est alors considéré comme ayant servi les idoles. Le traité Erouvin 64a ajoute que sa prière est une abomination. On aurait pu dire qu’il y a là une Interdiction de la Torah, mais ce que dit le traité Bera’hot de l’homme ivre montre que ce n’est pas le cas. Vous consulterez le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, partie Ora’h ‘Haïm, fin du chapitre 185 ”.

Lettre n°4879

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4879, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Mar ‘Hechvan 5717,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Avraham Tsvi Ha Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre, qui faisait suite à une interruption, du fait de laquelle j’étais déjà inquiet, m’en demandant la cause. Vous m’indiquez comment se passent les cours de ‘Hassidout(2). J’ai bon espoir que vous ne vous suffirez pas des acquis, jusqu’à maintenant. Vous vous efforcerez d’élargir ces cours, quantitativement et qualitativement. Bien entendu, vous le ferez de manière pacifique et agréable, comme l’expliquent plusieurs causeries et plusieurs lettres de nos maîtres.

Les Justes(3) sont à l’image du Créateur et ils nous demandent d’adopter un tel comportement(4). Or, il est dit que “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec forfaiture(5) ” et “ Il exige uniquement en fonction des forces dont ils disposent ”. Il est donc certain qu’il en est de même, en la matière(6).

En conséquence, nous possédons les forces nécessaires pour satisfaire pleinement à cette exigence. Les jours de Kislev, mois de la délivrance(7) approchent et vous établirez donc un programme, suffisamment à l’avance, permettant de les utiliser de la manière la plus efficace, afin de diffuser les sources(8), dans l’endroit où vous avez eu le mérite d’être envoyé à cet effet.

Que Dieu vous accorde la réussite.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, concernant tout cela et en saluant tous les participants à ce cours important,

Notes

(1) Le Rav A.T. Cohen de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4759. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4759. (3) En l’occurrence, les maîtres de la ‘Hassidout. (4) De faire un ajout permanent. (5) Envers Ses créatures. (6) Les maîtres de la ‘Hassidout insufflent la force de mettre en pratique leur enseignement. (7) De l’Admour Hazaken des prisons tsaristes, le 19 Kislev. (8) De la ‘Hassidout.

Lettre n°4880

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4880, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er jour de Roch ‘Hodech Kislev 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre demande de bénédiction de la veille de ce Chabbat. Puisse Dieu faire qu’à réception de la présente, vous constatiez, de vos yeux de chair, l’amélioration de votre vue.

Bien plus, sans doute vous efforcez-vous de prendre du vin(1) pour le Kiddouch(2) et la Havdala(3). Car, ceci exerce un effet sur le luminaire des yeux.

Les propos de nos Sages sont particulièrement précis. En l’occurrence, ils emploient le terme de “ luminaire ” et un ajout doit donc se manifester dans le luminaire de la Torah(4), qui est aussi appelée “ homme ”, ainsi qu’il est dit : “ Voilà la Torah de l’homme ”.

Il faut donc étudier l’enseignement profond de la Torah. Vous en avez sûrement des cours et il vous suffira donc de les renforcer, comme le dit l’Admour Hazaken, dans Iguéret Ha Kodech, à la fin du chapitre 7.

Dans l’attente de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Plutôt que du jus de raisin, par exemple. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°1947, 3689, 4041, 4408 et 5181. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir les Pirkeï de Rabbi Eléazar, les commentaires du Gaon de Vilna, le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, début du chapitre 296 ”. (4) La ‘Hassidout.

Lettre n°4881

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4881, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er jour de Roch ‘Hodech 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, qui n’était pas datée.

Vous consulterez, à propos de ce que vous évoquez(1), les responsa du Tséma’h Tsédek, partie Yoré Déa, chapitre 93(2), de même que ce qu’il explique, à propos du verset : “ Il est miséricordieux ”(3). Ceci est imprimé dans les additifs des Tehilim Ohaleï Yossef Its’hak, pages 626 et 627. Vous consulterez également les références citées par le Darkeï Techouva, sur Yoré Déa, chapitre 181, paragraphes 17 à 19.

Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin. En outre, vous fixerez un temps pour l’étude de la ‘Hassidout. Vous en apprendrez au moins quelques lignes chaque jour.

Que Dieu vous accorde la réussite,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Sur le fait de se raser la barbe. (2) Voir également la lettre n°5054. (3) La relation entre la barbe et les treize Attributs de Miséricorde divine

Lettre n°4882

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4882, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er jour de Roch ‘Hodech Kislev 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre en son temps. J’espère que, depuis lors, vous avez redoublé d’ardeur dans votre propre étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, de même que dans votre prière fervente.

En outre, vous enseignerez la Torah à vos élèves, vous les conduirez sur la voie menant vers le Sanctuaire de Dieu, en les guidant, par la lumière et la chaleur de la ‘Hassidout.

La partie révélée de la Torah établit une différence entre ce qui est humide, mais n’humecte pas et ce qui a la capacité d’humecter(1). Vous devez donc introduire un ajout spécifique à vos accomplissements personnels, afin d’humecter(2) de la manière qui convient(3). Mais, “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec forfaiture envers Ses créatures ” et vous disposez donc des forces nécessaires pour cela. Et, le résultat est à la mesure de l’effort(4).

Vous gardez sans doute les trois études bien connues, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°4907. (2) Les élèves. (3) Pour qu’à leur tour, ils en fassent de même. (4) Textuellement “ la marque, sur le dos du chameau, dépend du poids du fardeau ”.

Lettre n°4883

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4883, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er jour de Roch ‘Hodech Kislev 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dont l’acheminement a été quelque peu retardé. Vous évoquez l’endroit où vous gagnez votre vie, qui n’est pas ce qu’il devrait être. Ceci a un effet sur vos gains et vous vous demandez si vous devez faire quitter la Yechiva à vos enfants, afin qu’ils vous viennent en aide dans votre travail.

Il est évident que vous ne devez même pas penser à cela. Bien au contraire, quand ils étudient notre Torah, Torah de vie, Celui Qui donne la Torah, le Créateur du monde, Qui le dirige, multiplie les bénédictions des parents, en tous leurs besoins, y compris la subsistance matérielle et la bonne santé.

Il faut donc trouver d’autres solutions, mais ne pas réduire l’origine de la bénédiction vous concernant, ce qu’à Dieu ne plaise.

Il serait bon de donner, chaque jour de semaine, avant la prière du matin, quelques pièces pour la Tsédaka. Notre Torah, Torah de vie, rapporte l’assurance de Dieu, béni soit-Il, selon laquelle : “ Je vous rassasierai de bénédictions, jusqu’à ne plus pouvoir dire : cela suffit ”.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Lettre n°4884

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4884, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er jour de Roch ‘Hodech Kislev 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous

bénis,

Sans doute avez-vous reçu ma lettre, qui faisait réponse à votre précédent courrier. Je suis surpris de ne pas avoir eu de vos nouvelles, depuis lors. Sans doute, cela signifie-t-il que vous connaissez l’élévation, en tout ce qui vous concerne.

Je veux dire qu’il faut étudier la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout, faire une prière fervente, laquelle maintient l’homme spirituellement et, grâce à cela, matériellement, ainsi qu’il est dit : “ Tu seras intègre avec l’Eternel ton Dieu ”, par les deux cent quarante huit membres et les trois cent soixante cinq nerfs moraux. Vous consulterez, dans le Likouteï Torah, le discours ‘hassidique intitulé “ Car, cette Mitsva ”.

Vous serez également intègre en vos deux cent quarante huit membres et en vos trois cent soixante cinq nerfs physiques. En effet, le corps juif est saint également.

Vos trois demandes de bénédiction ont été reçues en leur temps.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et également de l’influence que vous exercez sur vos amis, auxquels Dieu accordera longue vie, en tout ce qui vient d’être dit,

Lettre n°4885

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4885, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er jour de Roch ‘Hodech Kislev 5717,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Na’hman Dov(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, avec ce qu’elle contenait. Puisse Dieu vous accorder la réussite pour multiplier les participants au Maamad(2), conformément au contenu profond de cette pratique. Ceux-ci se rapprocheront de l’enseignement de la ‘Hassidout, de ses usages et de ses pratiques. Vous consulterez le chapitre 37 du Tanya, qui dit : “ Avec cet argent(3), on aurait pu assurer la subsistance de son âme de vie ”. C’est donc cette vie que l’on consacre à Dieu.

Mais, bien entendu, il faut leur dire, leur expliquer tout cela. Avant tout, le point de vitalité doit se répandre dans tous leurs deux cent quarante huit membres et leurs trois cent soixante cinq nerfs moraux, puis, de cette façon, dans leurs deux cent quarante huit membres et leurs trois cent soixante cinq nerfs physiques(4). C’est tout à fait clair. Bien évidemment, celui qui fait des efforts en ce sens est récompensé le premier(5).

C’est à ce propos qu’il est dit : “ Tu seras intègre avec l’Eternel votre Dieu ”. Vous consulterez, dans le Likouteï Torah, le discours ‘hassidique intitulé : “ Car, cette Mitsva ”, au chapitre 2(6).

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, d’autant que nous sommes entrés dans le mois de Kislev, celui de la délivrance(7) et des miracles(8),

Notes

(1) Le Rav N.D. Wichnin, de Montréal. Voir, à son sujet, la lettre n°1164. (2) Participation financière aux réalisations du Rabbi. (3) Consacré à la Tsédaka. (4) Voir la lettre précédente. (5) En recevant cette vitalité. (6) Voir la lettre précédente. (7) De l’Admour Hazaken des prisons tsaristes. (8) De ‘Hanouka.

Lettre n°4886

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4886, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er jour de Roch ‘Hodech Kislev 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dont le cheminement a été quelque peu retardé.

En un moment propice, je mentionnerai votre nom, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous obteniez la satisfaction de vos besoins.

Bien plus, vous m’écrivez que vous souhaitez être lié et vous attacher à la ‘Hassidout, à ses usages et à ses pratiques. Puisse Dieu faire qu’en la matière également, se réalise la promesse de nos Sages selon laquelle “ quand un homme se sanctifie quelque peu ici-bas, on le sanctifie considérablement d’en haut ”.

Vous m’interrogez sur les propos de l’Admour Hazaken, au chapitre 30 du Tanya, selon lesquelles on doit étudier la Torah “ bien au-delà de son désir et de sa volonté, selon sa nature et son habitude ”. Vous me demandez ce qu’il en est de celui qui ne dispose que de peu de temps pour mettre tout cela en pratique.

L’Admour Hazaken n’écrit pas uniquement qu’il faut “ étudier beaucoup ”. Il précise : “ bien au-delà de son désir et de sa volonté, selon sa nature et son habitude ”. De ce point de vue, ceux qui exercent une activité professionnelle et ceux qui se consacrent à l’étude sont identiques. L’un et l’autre doivent dominer leur nature, leur habitude, en fonction du désir et de la volonté.

Les lois de l’étude de la Torah définissent l’obligation de ceux qui ont une activité commerciale, vis-à-vis de l’étude de la Torah. Or, rien ne résiste à la volonté profonde d’un Juif, qui est à même de dominer sa volonté superficielle. Vous consulterez le Rambam, à la fin du second chapitre des lois du divorce.

Vous avez sûrement connaissance des trois études bien connues, portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Vous les garderez, au moins à l’avenir. Mais, en plus de cela, vous devez fixer un temps pour l’étude du luminaire de la Torah, c’est-à-dire de la ‘Hassidout, non seulement dans le temps, mais aussi dans l’âme.

J’ai reçu, en son temps, le livres des mémoires. Je vous en remercie.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, toujours et tous les jours,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°4887

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4887, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Kislev 5717,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

aux multiples accomplissements, le Rav Moché Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir, en son temps, votre télégramme, m’annonçant le début des études dans la sainte Yechiva A’heï Temimim Loubavitch(2), que vous dirigez.

J’ai été encore plus satisfait en recevant de vos nouvelles par le Rav et ‘Hassid, aux multiples accomplissements, le Rav H.M. A. Hadakov(3). En effet, vous lui avez dit, lors d’une conversation téléphonique, que l’objectif que vous vous étiez fixé, celui de réunir trois cents élèves, a d’ores et déjà été atteint.

Bien entendu, j’ai été particulièrement joyeux de vos derniers propos. Vous dites que vous regrettez de vous être limité à trois cents, que vous auriez dû dire cinq cents. J’ai donc bon espoir que vous et votre épouse prendrez conscience des opportunités considérables, qui vous sont offertes, pour développer et élargir la Yechiva Tom’heï Temimim de New Haven. Tout dépend de votre volonté. Vous en avez les capacités et celles-ci n’attendent que d’être utilisées, de la manière qui convient.

Puisse Dieu faire que vous preniez bientôt conscience que l’on ne peut se contenter de cinq cents élèves, dans une ville comme New Haven. Il faut s’élever très haut, d’une étape vers l’autre, d’autant que nous venons d’entrer dans le mois de Kislev, celui de la victoire de l’Admour Hazaken, fondateur de ‘Habad et de ce qui le concerne.

Par son emprisonnement et par l’abnégation dont il fit preuve, à cette occasion, il obtint la victoire, là-haut et ici-bas. Dès lors, le Tribunal céleste trancha qu’en tout ce qui concerne la Torah, la crainte de Dieu et les bons sentiments, ceux qui sont liés à lui et suivent sa voie, auraient le dessus.

Avec ma bénédiction, pour vous et votre épouse, afin que vous conceviez une grande et sincère satisfaction de tous vos enfants, que vous donniez de bonnes nouvelles, toujours et tous les jours,

Notes

(1) Le Rav M.I. Hecht, de New Haven. Voir, à son sujet, la lettre n°1464. (2) De New Haven. (3) Le Rav ‘Haïm Morde’haï Aïzik Hadakov, directeur du secrétariat du Rabbi.

Lettre n°4888

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4888, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Kislev 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites que telle personne agit, envers vous, d’une manière qui n’est pas convenable. Je regrette l’approche de ce problème que vous avez adoptée. Celle-ci ne correspond pas à la mienne. Car, à mon avis, vous ne travaillez pas dans cet endroit pour faire plaisir à telle personne(1), ou bien parce qu’il s’agit de telle institution, mais parce que celle-ci appartient à mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Tous ceux qui travaillent dans cette institution y trouvent donc leur bien, matériel et spirituel, de même que celui des membres de leur famille, même si ce travail consiste à trouver les moyens nécessaires pour la diriger(2). Par ce travail, ils reçoivent donc de cette institution plus que ce qu’ils lui apportent, grâce à la miséricorde invoquée pour eux par le fondateur de l’institution, qui le dirige, mon beau-père, le Rabbi.

Il est donc bien évident, même si vous aviez, par ailleurs, parfaitement raison dans ce que vous prétendez, que votre relation et votre manière de vous exprimer ne correspondent pas à celle d’un membre de la direction(3). Il ne faut pas diminuer, ce qu’à Dieu ne plaise, le bien que vous recevez en travaillant dans cette institution.

En conséquence, tout ce que vous écrivez de la manière dont telle personne vous parle ne concerne en aucune façon la question de votre travail.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, concernant tout cela,

Notes

(1) Au Rabbi, qui l’a envoyé là. (2) A collecter des fonds pour assurer son fonctionnement. (3) De cette institution.

Lettre n°4889

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4889, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Kislev 5717,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

aux multiples connaissances, le Rav Yossef(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu le Divreï Issa’har Divreï Yossef et je vous en remercie.

A l’occasion qui convient, sans doute ferez-vous parvenir les autres livres(2) à la bibliothèque qui se trouve près de moi. En effet, je n’en dispose pas. Je vous en remercie d’avance.

En signe d’amitié et conformément à l’enseignement de nos Sages selon lequel “ toutes les discussions sont négatives, mais celles de la Torah sont bonnes ”, j’ai rédigé, ci-après, quelques notes en feuilletant rapidement ce livre, en fonction du temps dont je dispose. Et, comme le disent nos Sages, la paix règne à la fin(3).

Avec mes respects et ma bénédiction,

Début de l’introduction du Divreï Yossef : “ Pendant la nuit, Léa elle-même était Ra’hel ” : Vous verrez le Taameï Ha Mitsvot de Rabbi ‘Haïm Vital, à la Parchat Tétsé, qui fait référence à l’interdiction du prix de la mauvaise femme. En l’occurrence, les signes que Ra’hel transmit à Léa furent une partie de son âme. C’est pour cela qu’elle était elle-même Ra’hel.

A ce propos : A) S’agissant des signes et d’une autre femme, vous consulterez le ‘Hessed Le Avraham, seconde source, fleuve, chapitre 1, de même que le commentaire du Riva sur la Torah, à cette référence. B) Le Cheviveï Noga que vous citez figure dans le Pardès, comme l’indiquent les références. Vous consulterez la longue explication se trouvant à la porte 13.

Fin de l’introduction : “ Les quatre pierres ” : Le Yalkout Chimeoni, Yov, au paragraphe 899, cité par le Yalkout Réouveni, à cette référence, voit, en cela, une référence à ses quatre épouses(4).

Ceci correspond à l’explication selon laquelle les douze pierres évoquent les douze tribus. Ces deux commentaires soulignent qu’il eut “ une couche entière ”.

Début du Divreï Yossef : “ Son comportement n’était pas bon. Selon le Maguid, il s’agit d’une interdiction des Sages ” : Il faut considérer qu’il n’en est pas ainsi uniquement pour le Maguid. Car, un comportement qui n’est pas bon est pire qu’une interdiction des Sages. Il s’agit d’une manière d’agir qui n’est pas positive.

Fin du Divreï Yossef : “ L’avis du Rambam sur le port des vêtements du Cohen en dehors du moment du service ” : On peut s’interroger sur cette affirmation, car le Rambam affirme qu’il a droit d’en tirer profit, même avant le service de Dieu, sauf pour la ceinture, qu’il n’est pas autorisé à porter, car elle comporte du Chaatnez(5), selon le Kleï Ha Mikdach, chapitre 8, paragraphes 11 et 12.

Vous consulterez les Tossafot Yechénim sur le traité Yoma 69a. Néanmoins, votre explication correspond à ce que disent les Tossafot, au traité Yoma.

Notes

(1) Le Rav Y.Hirsch, de Brooklyn. (2) Publiés par le destinataire de cette lettre. (3) Le destinataire de cette lettre ne tiendra donc pas rigueur au Rabbi de ces remarques. (4) Celles de Yaakov. (5) Un mélange de laine et de lin.

Lettre n°4890

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4890, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Kislev 5717,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de l’issue de ce Chabbat, dans laquelle j’ai lu, avec plaisir, que vous poursuivez vos efforts pour diffuser “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même que le luminaire de la Torah, qui est la ‘Hassidout, dans votre entourage(1).

De fait, une sainteté accrue est nécessaire en cet endroit, ainsi qu’il est dit : “ Ton campement sera saint ”. On demande qu’il en soit ainsi et l’on possède donc toutes les forces nécessaires pour mener à bien cette mission.

En conséquence, je suis surpris que vous vous déclariez quelque peu découragé. Il est clair que cela fait de la peine. En effet, vous devez voir la situation telle qu’elle est, c’est-à-dire vous considérer comme l’émissaire du Saint béni soit-Il, chargé d’encourager votre entourage, de lui faire connaître la lumière bienfaisante, ainsi qu’il est dit : “ Goûtez et voyez que Dieu est bon ”.

De la sorte, ils(2) seront protégés et également heureux, matériellement et spirituellement. Et, si celui qui sauve une âme juive est considéré comme ayant sauvé le monde entier, combien plus en est-il ainsi quand on a le moyen de rapprocher plusieurs âmes juives de notre Père Qui se trouve dans les cieux, y compris par des actes quotidiens.

Bien plus, nous sommes entrés dans le mois de Kislev, celui de la délivrance et des miracles, de la libération du fondateur de la ‘Hassidout ‘Habad, l’Admour Hazaken, selon lequel “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ” est le réceptacle de “ Tu aimeras l’Eternel ton Dieu ”(3). Celui-ci enseigne également que la ‘Hassidout n’est pas le fait d’un groupe ou d’une partie du peuple juif(4). Elle appartient véritablement à tous et chacun a besoin de ses enseignements.

Combien plus en est-il ainsi pour la jeunesse, qui s’engage sur le chemin de la vie et doit affronter différentes épreuves. Sa bonne santé, à la fois physique et morale, concerne le plus grand nombre.

Puisse Dieu faire que vous-même, avec tout votre entourage, proche et éloigné, vous vous souveniez et observiez que l’on s’enrôle dans les armées de Dieu, Qui donne la Torah et ordonne les Mitsvot. Ils(2) se soumettront donc au joug de la Royauté divine, de même qu’à celui de la Torah et des Mitsvot. De la sorte, la Torah et les Mitsvot les protégeront, en tout endroit où ils se trouveront, leur permettront d’obtenir la victoire morale et la victoire, au sens littéral(5).

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

N. B. :

Vous voudrez bien communiquer mes salutations à tous ceux qui sont près de vous. Vous leur transmettrez mes chaleureuses salutations, afin que leur campement soit saint, par la sainteté de la Torah et des Mitsvot.

L’Eternel Dieu se trouve dans leur campement pour les sauver et pour placer leurs ennemis dans leurs mains. Très prochainement, ils mériteront et nous mériterons, au sein de tout Israël, d’assister à l’accomplissement de la promesse selon laquelle les armées de Dieu, c’est-à-dire tous les Juifs, seront libérés de l’exil par notre juste Machia’h.

Notes

(1) Dans l’armée d’Israël. (2) Les soldats. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°3933, 4705 et 4131. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°4769. (5) La semaine précédant la date de cette lettre, eut lieu la campagne du Sinaï, qui se solda par la victoire d’Israël. Voir, à ce propos, les lettres n°4897, 4918, 4924, 4945, 4953, 4974, 4989, 4991, 5005, 5009, 5019, 5032, 5034, 5061, 5076 et 5079.

Lettre n°4891

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4891, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Kislev 5717,

Brooklyn,

A mon proche parent, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chnéor Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du premier jour de Roch ‘Hodech Kislev, mois de la délivrance et des miracles, avec la liste des élèves du Beth Rivka(2), auxquelles Dieu accordera longue vie.

En un moment propice, je mentionnerai leurs noms près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef d’Israël, afin qu’elles connaissent un immense succès dans leurs études et dans leur comportement, pour la grande satisfaction des parents, des professeurs et de la direction du Beth Rivka.

A n’en pas douter, mon beau-père, le Rabbi, invoquera une grande miséricorde pour cela, de même que pour le renforcement et le développement du Beth Rivka, quantitativement, par le nombre des élèves et qualitativement, par le haut niveau des études et le bon comportement.

Heureux est le sort de tous ceux qui se consacrent à cette mission et des élèves qui fréquentent une telle école.

Il est clair que tout cela relève également de la décision prise par le Tribunal céleste(3), comme le rapporta l’Admour Haémtsahi. En effet, grâce à l’abnégation pour la ‘Hassidout dont fit preuve l’Admour Hazaken, le Tribunal céleste décida que, pour tout ce qui concerne la Torah, la crainte de Dieu et les bons comportements, ceux qui sont attachés à lui et suivent ses voies auraient le dessus.

A titre de participation à ce qui concerne le Beth Rivka, je vous joins un chèque d’un montant de vingt cinq. Puisse Dieu faire qu’il en soit “ ainsi(4) pour la vie ”. Vous le comprendrez d’après ce qui est expliqué dans le Likouteï Torah, au second chapitre du discours ‘hassidique intitulé “ Je me réjouirai en Dieu ”.

Avec ma bénédiction de réussite,

N. B. Sans doute avez-vous reçu, en son temps, ma lettre, qui faisait réponse à la vôtre.

Notes

(1) Le Rav C.Z. Butman, de Montréal. Voir, à son sujet, la lettre n°1445. (2) De Montréal. (3) Après la libération de l’Admour Hazaken, le 19 Kislev. (4) Ko, terme dont la valeur numérique est vingt cinq.

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