Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°4811
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4811, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires, aux
multiples connaissances, le Rav Chlomo Yossef(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je suis surpris de ne pas avoir reçu de lettres de votre part, de ne pas avoir des vos nouvelles depuis un temps particulièrement long. Entre temps, il y a eu le mois de Tichri, avec toutes ses fêtes, tout ce qui le concerne et l’on peut alors accomplir de nombreuses choses, dans le domaine de ‘Habad, à l’intérieur comme à l’extérieur.
Il semble que l’on ait tu l’affaire des bateaux(2), bien que le camp opposé(3) ait introduit un ajout, par rapport à la pratique de cet été, puisqu’il y a maintenant des départs le vendredi, à la veille du Chabbat ! Mais, à mon sens, il est tout aussi clairement interdit de commencer son voyage à l’issue du Chabbat.
Celui qui médite à toutes les persécutions engagées contre la Torah et les Mitsvot pourra vérifier que, chaque fois qu’il devient plus difficile de mettre en pratique un Commandement, on peut en trouver l’origine dans l’affaiblissement de cette pratique, de la part de ceux qui craignent la Parole de Dieu.
J’espère que le remboursement des dépenses des émissaires(4) a bien été effectué, depuis un certain temps déjà, comme vous en aviez convenu, en son temps, avec notre ami(5), en tenant compte, en particulier, de ce que je disais dans mon précédent courrier. En effet, le remboursement d’une dette ancienne fait toujours l’objet d’un doute. C’est bien évident. Je vous remercie de me communiquer les détails, à ce sujet.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Quand il est venu prendre congé, avant de repartir en Terre Sainte, le Rav Walgelernter m’a dit qu’il s’efforcerait d’obtenir du grand Rabbinat une interdiction, concernant les propriétaires de ces bateaux(6).
Vous vous rappelez sûrement que j’avais protesté contre l’envoi, en Terre Sainte, de viande congelée avant le salage(7), ce qui avait suscité votre étonnement. Or, ce que je craignais est effectivement arrivé. Cet envoi est effectué, d’ici, officiellement depuis seulement quelques mois, mais, déjà, le mal est fait, ici. On en fait commerce, dans les abattoirs, aux Etats-Unis, sous prétexte que le grand Rabbinat le permet. Bien entendu, ici, il importe peu, pour la santé, que la congélation soit totale. Et, il en est de même en Terre Sainte, après que la viande ait été reçue là-bas.
Vous m’avez écrit, il y a quelques temps, à propos du doute soulevé par l’emploi du titre de président(8). J’ai eu l’occasion de consulter, ces jours-ci, le recueil “ la Torah et l’état ”, tomes 5 et 6, dans lequel il y a un article du Rav Fogelman, que vous consulterez.
Notes
(1) Le Rav C.Y. Zevin, de Jérusalem. Voir, à son sujet, les lettres n°4310, 4871 et 4920. (2) Israéliens voyageant pendant le Chabbat. Voir la lettre n°4796. (3) Les partisans du maintien de ces bateaux. (4) Envoyés par le Rabbi pour rendre visite aux ‘Hassidim de Terre Sainte. Voir les lettres n°4402, 4470, 4554, 4696 et 4871. (5) Monsieur Zalman Shazar. (6) Mais non les passagers de ces voyages. (7) Voir, à ce sujet, les lettres n°965 et 3969. (8) Voir, à ce sujet, les lettres 4226 et 4347.
Lettre n°4812
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4812, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 23 Tichri, dans laquelle vous évoquez votre activité pédagogique, basée sur les valeurs sacrées, envers les filles, de même que la situation amère, en la matière, puisque rien ne fait suite à l’éducation dispensée aux élèves de votre école. De ce fait, certaines sont absorbées par le courant ambiant. En conséquence, vous vous demandez si vous pouvez continuer à dispenser une telle éducation, dès lors que vous avez la responsabilité des élèves.
Je suis surpris que vous ayez un doute, en la matière. En effet, vous dites vous-même qu’un grand nombre de ces élèves se maintient dans le camp de ceux qui craignent la Parole de Dieu. Or, une seule âme juive est un monde entier. Bien plus, il ne fait pas de doute que les quelques jeunes filles rejoignant un camp étranger n’en conservent pas moins, au profond d’elles-mêmes, le souvenir de ces années d’éducation traditionnelle, qui intervient non seulement dans leur pensée, mais aussi dans leur action, comme on peut le vérifier concrètement.
Bien entendu, il faut trouver le moyen de conserver les jeunes filles achevant leur scolarité dans un contexte orthodoxe. Il n’est pas de mot pour dire à quel point cela est important, d’autant qu’il y a de grandes chances de les sauver, puisqu’elles ont été, pendant plusieurs années, dans un milieu traditionnel.
Je suis sûr que vous avez déjà beaucoup réfléchi à ce problème et à la manière d’y apporter une solution. J’aimerais savoir quelles sont vos conclusions. Sans doute, certaines sont-elles applicables à la vie pratique. De fait, nos Sages demandent de ne rien écarter. Nous avons assisté, à notre époque, à plusieurs événements qui n’avaient, logiquement, aucune possibilité de se produire. Or, cette période de comportement inhabituel, d’événements sortant du cadre de ce que l’on peut prévoir, n’est absolument pas achevée, comme la vie quotidienne en fait la preuve. Et, l’assurance nous a été donnée que l’Attribut du bien est plus fort que celui du malheur.
Heureuse est votre part, de même que celle de toutes les personnes qui se consacrent à l’éducation aux valeurs sacrées se trouvant ainsi sur la brèche, à notre époque, pour sauver les âmes juives des courants inhabituels et des eaux tumultueuses. Ce sauvetage ne concerne pas uniquement le monde futur. Il a aussi une incidence en ce monde.
Dans le programme de l’école que vous dirigez, une place importante est sûrement accordée à la vision juive du monde et surtout à l’étude des lois applicables au quotidien. Comme on a pu le constater lors des épreuves endurées en Russie, l’étude de la ‘Hassidout et de ce qui la concerne protège efficacement celui qui l’adopte et les membres de sa famille, y compris quand, par exemple, l’étude du Moussar n’a pas résisté à l’épreuve.
Certes, il faut avoir la conviction qu’il n’y aura plus de telles poursuites, ce qu’à Dieu ne plaise, y compris dans ce pays-là et, a fortiori, dans les autres. Toutefois, les épreuves de la richesse, de la liberté, du manque de soumission sont, parfois, bien plus difficiles à surmonter que la pauvreté et les persécutions.
Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Lettre n°4813
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4813, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Raphaël(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, qui n’était pas datée.
A) Nous avons dit, à propos de la ferveur de la prière, qu’il en est deux sortes, celle qui est introduite tout au long de la prière et celle qui est spécifiquement demandée pour le premier verset du Chema Israël et pour la première bénédiction du Chemoné Essré. Il existe une discussion pour déterminer si la première est réellement nécessaire tout au long de la prière.
Ceci peut être rapproché de ce que différents textes expliquent, de la nécessité d’agir “ pour Son Nom ”, qui est demandée au début de l’action. Puis, l’on considère que la suite est le prolongement du début.
Vous verrez également ce que dit l’Admour Hazaken dans le Tanya, à la fin du chapitre 41, page 58b. Vous verrez aussi, plus généralement, l’idée développée dans le Kountrass A’haron, à la page 154b.
B) Vous évoquez ce que dit le Kessef Michné, à propos de l’affirmation du Rambam, dans ses lois des causes premières de l’impureté, à la fin du chapitre 6. Il considère, en effet, que l’on est purifié en sortant du Mikwé(2). Je vous remercie d’avoir reproduit les explications du Gaon de Ragatchov, en la matière, basées sur la Tossefta.
C’est l’occasion pour moi de vous faire remarquer que cette idée, le fait d’être purifié précisément en sortant du Mikwé, est un fait véritablement nouveau, qui serait même surprenant s’il n’était pas énoncé par le Kessef Michné.
De fait, on peut s’interroger, à ce sujet, de différents points de vue, comme le fait longuement le Chem Mi Chimeon, première édition, du Rav Ch. Polak, paru à Satmar en 5692(3), partie Yoré Déa, chapitre 18.
J’ai lu avec plaisir, dans votre lettre, que vous entretenez une relation avec ‘Habad. Ceci renforce donc mon espoir que vous avez fixé un temps pour étudier l’enseignement de ‘Habad ou, tout au moins, que vous le ferez, à l’avenir. A n’en pas douter, vos amis et vos connaissances, parmi les ‘Hassidim ‘Habad de la ville sainte de Jérusalem, vous viendront en aide, en la matière, dans la mesure où cela est nécessaire.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav R.Cohen, de Jérusalem. (2) Mais, non pendant que l’on se trempe. (3) 1932.
Lettre n°4814
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4814, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous évoquez l’usage de lire des Tehilim après la prière. Vous me demandez pourquoi on ne les dirait pas avant celle-ci.
En fait, il s’agit de deux pratiques différentes(1), qui n’ont pas la même qualité et le même contenu. On lit des Tehilim avant la prière pour se préparer à celle-ci, en relation avec le Tikoun ‘Hatsot(2). A l’opposé, les Tehilim suivant la prière en sont la conclusion, introduisant la journée qui vient ensuite.
Déjà, les premiers Sages demandaient qu’on lisent des Tehilim après la prière. A notre époque, cette pratique a été renouvelée par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, comme l’explique un grand nombre de ses lettres, en particulier dans le Kovets Mi’htavim sur les Tehilim, qui est également imprimé dans le Tehilim Ohel Yossef Its’hak. Ces textes montrent l’importance d’une telle pratique.
En conséquence, quiconque peut agir, en la matière, en a le mérite et l’obligation sacrée. Il doit instaurer cette pratique en tout endroit où cela est possible. Le mérite de tous en dépend.
J’espère que vous avez vous-même adopté cette pratique, consistant à lire des Tehilim après la prière, de même que les autres pratiques, l’étude quotidienne d’une Paracha du ‘Houmach, avec le commentaire de Rachi, de la Sidra de la semaine, le dimanche du début de cette Sidra jusqu’au Chéni, le lundi du Chéni au Chlichi et ainsi de suite, l’étude quotidienne d’un passage du Tanya, selon sa répartition annuelle, comme l’explique la lettre mentionnée ci-dessus. En tout état de cause, vous adopterez ces pratiques, à l’avenir.
Que Dieu vous accorde la réussite.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Voir le Kovets Mi’htavim sur Tehilim, page 211, dans la note. (2) Les lamentations sur la destruction du Temple, récitées au milieu de la nuit.
Lettre n°4815
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4815, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, dans laquelle vous me décrivez votre situation familiale.
De façon générale, la pratique fait la preuve qu’en pareil cas, pendant les premières années du mariage, la meilleure manière de s’accorder et d’instaurer une paix durable pour de nombreuses années, pour le bonheur de l’un et de l’autre, est de ne pas faire attention à ce qui suscite la mésentente. A n’en pas douter, tout cela sera passager. Moins l’on y prête d’attention, plus chacun se renforce en ce qui est bien et plus vite on se rapproche et l’on s’accorde.
Bien entendu, je m’efforcerai de faire ce que je pourrai, de la manière qui convient, en la matière. Néanmoins, j’espère que vous vous conformerez vous-même à ce qui vient d’être exposé. Comme vous le savez, le verset dit : “ Comme le visage se reflète dans l’eau, le cœur de l’homme se reflète en son prochain ”. Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, d’un homme et de son épouse. Nos Sages constatent que “ une femme a la larme facile ”. Il faut donc s’efforcer de s’adresser à elle d’une manière conciliante et agréable.
Puisse Dieu faire que vous m’annonciez bientôt une issue positive, pour l’un et l’autre. Tous deux ensemble, vous éduquerez votre fils à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions.
Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Lettre n°4816
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4816, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Au jeune Its’hak Tsvi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 29 Tichri.
Je mentionnerai, en un moment propice, tous ceux que vous citez, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse Dieu faire que votre frère ‘Hananya Yossef accepte pleinement le joug de la royauté divine, en célébrant sa Bar Mitsva. En bonne santé, il grandira et sera un ‘Hassid, craignant Dieu et érudit de la Torah.
Vous m’interrogez sur un enseignement de mon beau-père, le Rabbi, figurant dans le Hayom Yom, qui concerne la date à laquelle on commence à porter les Tefillin. En effet, il n’est pas dit pendant combien de temps(2) on les met sans bénédiction et, plus généralement, pourquoi on commence par les mettre sans dire cette bénédiction.
On peut expliquer simplement qu’on le fait jusqu’à ce que l’on s’habitue à bien les mettre, conformément à la Mitsva, faute de quoi il s’agirait d’une bénédiction inutile. Or, tous ne sont pas semblables, en la matière. C’est pour cela qu’un temps n’a pas été fixé pour les mettre sans bénédiction(3).
Je suis surpris que vous n’évoquiez pas, dans votre lettre, les activités du mois de Tichri, en particulier dans le cadre des jeunes de l’association ‘Habad.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
E. Kwint,
Notes
(1) Le Rav I.T. Eisenbach, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4551. (2) Avant la Bar Mitsva. (3) Celui-ci variant avec la dextérité de chaque enfant.
Lettre n°4817
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4817, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Na’houm(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat, exposant la nécessité de faire en sorte que la station de préparation des jeunes aux métiers de la mer et de la pêche soit confiée à la responsabilité de ceux qui craignent la Parole de Dieu.
Toutefois, vous ne me donnez aucun détail, à ce sujet, ni spirituel, ni matériel. Du reste, une telle institution doit sûrement avoir recours à des spécialistes, qui ne sont qu’un petit nombre. En outre, elle a sans doute des dépenses spécifiques.
A n’en pas douter, vous connaissez la situation viciée de la pratique juive, parmi les marins, y compris par rapport aux situations les plus critiques dans d’autres domaines. Certes, il y a plusieurs raisons à cela, en particulier le fait que le capitaine est le seul maître à bord.
Il est difficile de remédier à un tel état de fait en nommant un capitaine orthodoxe, car, pour l’heure, il en existe très peu. Et, il y a encore d’autres raisons, dont il faut tenir compte dans l’analyse, pour déterminer s’il faut prendre le contrôle de cette institution ou non.
Il est certain que la plupart de ces contradictions ne s’appliquent pas aux pêcheurs. Quelques unes, néanmoins, sont également valables, dans ce domaine(2).
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Le Rav N.Winerski, de Jérusalem. (2) La moralité peut également être améliorée.
Lettre n°4818
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4818, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre de ce vendredi, veille du Chabbat. Vous me dites que vous avez été nommé Rav, dans votre ville. Il semble que vous pourrez exercer vos fonctions sans aucune influence extérieure(1), ce qu’à Dieu ne plaise.
Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite, que vous renforciez et que vous diffusiez de plus en plus largement les valeurs juives, dans votre ville. Et, vous connaissez l’interprétation que donne l’Admour Hazaken(2) de l’expression “ maître de l’endroit ”(3).
De fait, il est vrai que le Rav est le maître de l’endroit, par la force de son ordination rabbinique et celle du Choul’han Arou’h. Certes, un homme est proche de lui-même et n’est donc pas crédible, quand il parle de sa propre personne. Mais, plusieurs causeries de nos saints maîtres disent que l’on peut trouver, dans la ‘Hassidout, différents moyens, divers conseils pour déjouer le plan du mauvais penchant et ses stratagèmes, destinés à abuser l’homme.
Vous êtes, en outre, épaulé par le fait que votre épouse peut participer à cette action, à sa manière, sur la base des expériences qu’elle a accumulées, de manière fructueuse. Ainsi, de manière calme et pacifique, mais avec la détermination qui convient, vous pourrez diriger votre communauté et vous ne devrez pas faire de concessions(4). Bien au contraire, les membres de la communauté n’ont pas confiance en un Rav qui diffuse des concessions. Il n’en est pas de même s’il emprunte le chemin de la vérité.
Vous ne détaillez pas les cours que vous donnez publiquement, mais ceux-ci incluent sûrement l’étude des lois qui sont nécessaires, au quotidien. Au final, telle est bien la mission de l’homme(5).
Avec ma bénédiction de réussite dans cette mission sacrée, en bonne santé, moralement et physiquement,
Notes
(1) Sans pressions. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°786, 1885 et 3235. (3) Utilisée à propos du Rav. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°4463 et 5196. (5) Respecter les Mitsvot, au quotidien.
Lettre n°4819
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4819, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
Le Rav Naftali(1), le Cho’het,
Je vous salue et vous bénis,
Vous savez sans doute ce qu’a dit mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et qui figure dans plusieurs de ses discours ‘hassidiques. Chaque année, ou plus exactement, à chaque Roch Hachana, un Juif doit adopter une pratique nouvelle, concernant la Torah et les Mitsvot.
Sans doute en avez-vous fait de même(2) et cette pratique nouvelle a sûrement été un ajout à l’étude de la ‘Hassidout, Parole du Dieu de vie.
Que Dieu vous accorde la réussite, afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav N.Junik, de Montréal. Voir, à son sujet, la lettre n°3644. (2) A l’occasion du dernier Roch Hachana.
Lettre n°4820
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4820, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 ‘Hechvan 5717,
Brooklyn, New York,
A l’attention du professeur Avraham Its’hak(1) Ha Cohen,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, votre lettre, rédigée avant votre voyage. Je n’y ai pas répondu, ne sachant pas quand vous alliez rentrer. C’est ainsi que ma réponse à été retardée jusqu’à maintenant. Prochainement, nous nous rencontrerons et je n’évoquerai donc ici que brièvement le contenu de votre courrier(2).
Vous m’interrogez sur l’interdiction d’épouser les Natinim(3). Vous dites que, selon certains avis, cette interdiction découle de l’application du verset : “ car il détournera ton fils ”.
Il s’agit, en l’occurrence, de rechercher la source de l’affirmation du Coran, écrit par quelqu’un qui était ignorant en matière de Judaïsme et, en la matière, ne reçut, par d’autres personnes, que quelques connaissances décousues. Les contradictions qu’il y a dans le Coran permettent de l’établir.
Il en résulte que les sources de ces connaissances doivent être simples et faciles à établir. En l’occurrence, tout cela(4) est clairement dit, par exemple dans Mala’hi. Comme je le précisais dans ma lettre, je ne vois donc pas pourquoi il faudrait imaginer qu’il discute l’avis des premiers Sages ou même de ceux de la Guemara et qu’il tranche leurs discussions
Concernant le jeûne du Ramadan, je n’ai pas honte de dire que j’apprends qu’il compte quarante jours. J’ai toujours pensé qu’il en avait trente, selon la durée du mois.
Nos dernières publications vous ont été adressées, par envoi séparé. A n’en pas douter, elles susciteront votre intérêt.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Le professeur A. I. Kats. Voir, à son sujet, la lettre n°4209. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4209. (3)
Dont le roi David n’accepta pas l’appartenance au Judaïsme et qu’il distingua en en faisant des puiseurs d’eau et des coupeurs de bois, afin qu’ils ne soient pas intégrés au peuple d’Israël. (4) Ce qui concerne les Natinim.
Lettre n°4821
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4821, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 5 ‘Hechvan, avec ce qu’elle contenait, après un silence et une interruption particulièrement longue.
Votre lettre semble indiquer que vous ne vous occupez pas de ce qui concerne ‘Habad. Il est clair qu’une telle attitude n’a pas lieu d’être, ni par l’intellect du domaine de la sainteté, ni même par le sens courant, même si elle a malheureusement été adoptée par plusieurs ‘Hassidim, en Terre Sainte.
Certes, je comprends tous les prétextes que l’on peut avancer, le fait que telle personne n’apporte pas son concours. Plusieurs causeries expliquent que de telles justifications ont une incidence pour la récompense et la punition. En revanche, elles n’apportent rien de concret pour renforcer ce qui existe et encore moins pour le développer.
Il est certain que ce que vous faites par ailleurs est particulièrement important et que “ celui qui se consacre à une Mitsva est dispensé d’en accomplir une autre ”. Pour autant, vous disposez, à n’en pas douter, de plusieurs heures par jour, pendant lesquelles vous n’accomplissez pas cette Mitsva. Et, vous recherchez alors d’autres activités, alors que “ je n’ai pas gardé ma propre vigne ”.
Puisse Dieu faire que ces propos ne soient pas inutiles, comme une voix qui appelle dans le désert et qu’au final, il fassent leur effet.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°4822
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4822, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 2 Mar ‘Hechvan, dans laquelle vous faites référence à l’état de santé de votre fille, à laquelle Dieu accordera une longue vie, à ses yeux(1) et à l’avis des médecins.
Tout d’abord, vous ne déciderez pas tout de suite d’entreprendre le voyage que vous projetez, après que le médecin qui la suit ait décrit son état et ses traitements et que vous ayez envoyé ce compte-rendu au médecin que vous désirez consulter, en l’occurrence celui de Boston.
En effet, on dit ici que de nombreuses personnes venant de Terre Sainte consultent des spécialistes en Suisse. Il serait donc bon que vous en fassiez de même. Par des amis de Terre Sainte, vous trouverez sûrement plusieurs relations, dans ce pays.
De plus, il est quelque peu difficile de comprendre la situation, telle que vous la décrivez dans votre lettre. En effet, il est facile de diagnostiquer une forte tension des yeux et je ne comprends donc pas comment l’on peut avoir un doute, en la matière. Par ailleurs, si cela est survenu brusquement, on peut penser qu’il s’agit de la conséquence du choc psychologique. Toutefois, votre lettre ne dit pas du tout si l’on a fait une recherche, en la matière. Or, ceci(2) implique des traitements particuliers.
Certes, tout cela n’est pas très grave, mais j’ai, néanmoins, jugé bon d’attirer votre attention, à ce sujet.
En un moment propice, je mentionnerai son nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) A la suite d’une chute, elle avait, en effet, perdu la vue. (2) Un tel choc.
Lettre n°4823
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4823, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 5 Mar ‘Hechvan, dans laquelle vous me décrivez votre programme d’étude. Vous concluez en constatant que certaines explications sont difficiles, par exemple les termes du Rabbi(1) dans le Torah Or, à la Parchat ‘Hayé Sarah.
Vous savez sans doute que l’on a publié une explication, à ce sujet, du Tséma’h Tsédek, figurant dans les additifs du Torah Or, paru aux éditions Kehot. De façon générale, en pareil cas, quand on rencontre un passage difficile, il est clair que l’on ne doit pas le passer. Il faut l’étudier, au moins superficiellement et, si même cela n’est pas possible, on doit, au moins, en lire les mots.
Comme en toute chose(2), on peut trouver à cela une allusion dans la partie révélée de la Torah, en l’occurrence l’affirmation de nos Sages, au traité Meguila 18a : “ Avons-nous, nous-mêmes, la connaissance…(3) ? En fait, il est une Mitsva de lire… ”.
Avec ma bénédiction pour étudier la Torah et accomplir les Mitsvot de la meilleure façon, en bonne santé,
Notes
(1) L’Admour Hazaken. (2) Appartenant à l’enseignement profond de la Torah. (3) Comprend-on profondément le texte de la Torah que l’on étudie ?
Lettre n°4824
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4824, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue(1),
Je fais réponse à votre lettre du 5 ‘Hechvan, dans laquelle vous me rapportez ce qui s’est malheureusement passé lors de la naissance(2).
Vous devez vérifier si votre union n’a pas eu pour effet de blesser une Juive ou un Juif(3). Y a-t-il eu des fiançailles précédents, que l’on aurait annulé sans présenter des excuses de la manière qui convient ? De même, il est bien évident qu’il faut respecter pleinement les lois de la pureté familiale, faire vérifier les Tefillin du mari et les Mezouzot de la maison.
Par ailleurs, vous avez sûrement adopté la coutume des femmes juives vertueuses, consistant à prélever de la Tsédaka avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes. En plus de cela, vous donnerez également de la Tsédaka, dans la semaine, les lundis et jeudis.
En votre cœur, vous placerez votre confiance en le Créateur du monde, Qui le dirige. Il exaucera le souhait de votre cœur et vous donnera des enfants.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) L’enfant était mort-né. (3) A qui l’un ou l’autre aurait, au préalable été fiancé.
Lettre n°4825
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4825, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du cinquième jour de Mar ‘Hechvan, dans laquelle vous me décrivez le programme de la Yechiva, l’étude du Zohar et des écrits du Ari Zal. Vous concluez en disant que votre étude est basée sur la méthode de telle personne, qui a éclairé notre génération.
Sans vouloir porter atteinte à quiconque, ni remettre qui que ce soit en cause ou bien ce qui le concerne, ce qui n’est qu’une évidence, je suis particulièrement surpris de constater que l’on étudie la Kabballa selon des explications nouvelles, des voies nouvelles, malgré les propos terribles tenus par le saint Zohar lui-même et, de manière encore plus détaillée, par l’introduction de Rabbi ‘Haïm Vital à la Porte des introductions.
On peut ici formuler un raisonnement a fortiori. Si, aux premières générations, auxquelles fait référence cette introduction de Rabbi ‘Haïm Vital, on signifiait de manière aussi tranchée que l’étude de la Kabballa devait être conforme à la tradition reçue, combien plus doit-il en être ainsi à notre époque.
Un autre point a suscité, de ma part, un grand étonnement. Le Baal Chem Tov a eu la révélation de Dieu et il a étudié auprès de son maître, A’hya de Shilo, qui était également le maître du prophète Elie. Puis, il a offert cet enseignement à ses disciples et ces derniers aux disciples de ses disciples. Cet enseignement s’est répandu de plus en plus largement. La Kabballa et la ‘Hassidout se sont propagées avec des explications larges, ayant une base forte. Dès lors, comment peut-on adopter d’autres explications et d’autres moyens ?
Les propos de nos maîtres nous éclairent et nous apportent des explications, à la lumière desquelles nous irons à la rencontre de notre juste Machia’h, qui viendra, comme il l’a dit lui-même, “ quand tes sources se répandront à l’extérieur ”.
Même si l’on considère qu’à titre personnel, chacun peut adopter les explications qui lui conviennent, en fonction de sa compréhension, et, de fait, on peut se demander s’il en est bien ainsi, il est, en tout état de cause, impensable qu’on en fasse de même quand il s’agit des autres. Ainsi, dit la Michna, à la fin du chapitre 5 du traité Edouyot : “ J’ai moi-même reçu de nombreuses personnes. Tu n’as, toi, reçu que d’une seule personne ”. C’est bien évident.
J’ai déjà expliqué par ailleurs, m’appuyant sur mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, ce qui est dit dans plusieurs textes de ‘Hassidout. Heureuse est la part de celui qui s’efforce de diffuser l’enseignement du Baal Chem Tov, de ses disciples, des disciples de ses disciples, tel qu’il est, avec leurs explications. Celui-ci avance sur un chemin sûr et il en sera récompensé le premier, car le mérite de tous dépend de lui.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°4826
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4826, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires, aux
multiples accomplissements, le Rav Menaché(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 4 Mar ‘Hechvan, évoquant l’explication du ‘Ho’hmat Chlomo sur la subsistance qui doit être accordée à une femme. Son obligation est-elle prononcée par la Torah ou bien par les Sages ? Vous reproduisez ce texte et vous l’analysez.
Je voudrais formuler, à propos de ce que vous écrivez(2), les remarques suivantes :
A) Bien entendu, ceux qui considèrent que le maître doit nourrir l’épouse(3) admettront que la Torah fait obligation à l’homme de nourrir l’épouse. Selon le même raisonnement, ils diront que la Torah oblige aussi à nourrir ses enfants, puisque le maître doit le faire également. Il est difficile d’avancer, comme vous le faites, qu’il s’agit uniquement des enfants qui sont petits. A n’en pas douter, tel est également l’avis du ‘Ho’hmat Chlomo.
B) Vous expliquez cette difficulté de la manière suivante. Si l’on considérait que le maître est responsable de la subsistance de l’épouse(3), mais que, malgré cela, l’obligation qui incombe au mari de nourrir son épouse est une simple coutume, différentes conclusions en seraient remises en cause. Vous en concluez que, selon ces dernières, il s’agit bien d’une obligation de nos Sages.
Je suis surpris que vous me soupçonniez d’une erreur pareille, de penser que ces importantes Hala’hot, selon l’expression du traité Bera’hot 31a, seraient instaurées par la Torah, d’autant que l’on en déduit certaines des Prophètes et des Ecrits saints(4). C’est le cas, par exemple, pour la nécessité, faite à l’endeuillé, de se couvrir la tête.
En fait, il est clair qu’il n’y a aucune différence, selon que ces lois proviennent de la Torah ou des Sages. La question est, en réalité, la suivante. Une coutume mentionnée par la Torah, les Prophètes ou les Ecrits saints est-elle une obligation ou bien peut-elle être considérée comme un récit, c’est-à-dire comme une possibilité offerte ? Et, si l’on adopte cette dernière position, il est certain que, au même titre qu’on ne peut déduire une obligation de la Torah des récits dont elle fait état, on ne peut pas le faire non plus de la tradition des Sages, des usages qui sont rapportés. Cela est une évidence et c’est pour cela que je me posais la question précédemment rappelée.
C) Je formulerai également une remarque accessoire, qui n’est pas directement liée à cette analyse. Il est évident pour vous que, la prière étant instaurée par les Sages, toutes ces importantes Hala’hot le sont également. A mon humble avis, cela n’est nullement lié.
En effet, on peut envisager que la prière soit seulement une possibilité accordée et que, malgré cela, celui qui prie le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il, soit tenu de respecter différents principes de la Torah, des règles liées à l’honneur, à l’amour et à la crainte de Dieu, par exemple : “ Dieu se trouve dans les cieux et tu es sur la terre. Tes propos seront donc brefs ”. Il me semble que cela est évident également(5).
D) Le deuil est-il instauré par la Torah ou par les Sages ? Les avis des derniers et des premiers Sages, en la matière, ont été compilés par le Sdeï ‘Hémed, principes, chapitre 1, paragraphe 350 et par le Péat Ha Sadé, à la même référence.
E) Les coutumes citées par la Torah, les Prophètes et les Ecrits saints deviennent-elles des obligations ou bien s’agit-il uniquement de récits ?
Différents points, à ce sujet, ont été exposés par le Torat Neviim du Maharats ‘Hayot, que vous consulterez.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav M.Klein, de Brooklyn. Voir, à son sujet, les lettres n°4742 et 4878. (2) Voir la lettre n°4742. (3) De son serviteur. (4) Et non pas des cinq livres proprement dits de la Torah. (5) Voir, sur tout cela, Nessieï ‘Habad Ou Bneï Doram, page 169 et le lettre n°4878.
Lettre n°4827
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4827, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
A mon proche parent, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint
Dieu et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yehouda Leïb(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 7 Mar ‘Hechvan, date à laquelle on a commencé, en Terre Sainte, à dire Tal Ou Matar Livra’ha(2). Vous consulterez, à ce sujet, le Likouteï Torah, à la Parchat Haazinou, selon lequel la rosée et la pluie représentent l’ensemble des bénédictions accordées par Dieu, à Son initiative ou bien en rétribution de l’effort des hommes.
Vous me décrivez l’inspiration du temps de notre joie(3), pendant le septième mois(4), rassasié de tout le bien. Puisse Dieu faire qu’elle soit concrètement ressentie tout au long de l’année, que les éléments négatifs aillent en diminuant et que le domaine de la sainteté soit élargi. Heureux est le sort de tous ceux qui font des efforts en ce sens. Et, cet effort est à la fois moral et physique, comme le dit notre sainte Torah. Le mérite de tous vous vient en aide et vous serez récompensés les premiers.
Vous transmettrez mes salutations à tous vos amis, dans cette mission sacrée, afin que chacun d’entre nous connaisse la réussite en sa fonction, toujours et tous les jours. Il est dit que “ Yaakov avança sur son chemin ”, d’un avancement sans limite, comme l’âme peut l’obtenir uniquement en s’introduisant dans un corps. Cette descente doit se solder par une élévation, au-delà même de la Pensée originelle, comme l’établissent différents textes.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav Y.L. Slonim, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4436. (2) La bénédiction de la pluie, “ rosée et pluie pour la bénédiction ”. (3) La fête de Soukkot. (4) Le mois de Tichri, septième après Nissan, celui de la sortie d’Egypte.
Lettre n°4828
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4828, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 7 Mar ‘Hechvan. Bien que vous n’en disiez rien dans cette lettre, vous vous efforcez sûrement que vos amis, partageant vos idées, quand ils rencontrent votre épouse, lui expliquent ce qu’elle ne comprend pas de notre Torah, en général et de la ‘Hassidout, en particulier.
Très souvent, les paroles que l’on entend d’une personne étrangère sont mieux accueillies que celles émanant des proches, des amis et même du mari lui-même. Il est inutile de vous rappeler qu’aucun effort ne doit être épargné, pour tout ce qui concerne la Torah, les Mitsvot et l’influence accordée à la maîtresse de maison, l’épouse d’un homme étant comme sa propre personne.
Selon un enseignement bien connu de nos Sages, “ celui qui te dit ne pas avoir fait d’effort et avoir, néanmoins, obtenu le succès, ne le crois pas, celui qui te dit avoir fait des efforts, mais ne pas avoir obtenu le succès, ne le crois pas, celui qui te dit avoir fait des efforts et avoir obtenu le succès, crois-le ”. L’un des aspects de la question est de donner soi-même l’exemple, dans tous les domaines où l’on veut exercer son influence.
Que Dieu vous accorde la réussite en tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°4829
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4829, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 7 Mar ‘Hechvan, dans laquelle vous me décrivez votre état d’esprit et les fluctuations que vous constatez, dans ce domaine.
Je suis surpris que vous en soyez étonné, car nos Sages nous ont dit qu’il en était ainsi et cela est longuement expliqué dans le Tanya : “ Un peuple se dresse contre l’autre(1). Parfois, l’un se relève… ”.
J’attends, de votre part, une proposition détaillée(2) pour les mois qui viennent. Je pourrai alors l’examiner et vous faire part de mon avis. Jusque là, vous poursuivrez sûrement votre étude(3), comme elle a été jusqu’à maintenant.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le bien contre le mal. Parfois, c’est l’un qui l’emporte, parfois c’est l’autre. (2) D’activité. (3) Cette lettre est vraisemblablement adressée à un élève de la Yechiva ayant parfois le désir de la quitter.
Lettre n°4831
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4831, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Mar ‘Hechvan 5717,
Brooklyn,
Aux dirigeants des jeunes de l’association ‘Habad,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je suis surpris et peiné par votre silence particulièrement long. Après une recherche de ma part, de manière indirecte, il semble que la raison en soit l’absence d’activités, de la manière qui convient. Il est clair que rien n’est ajouté aux actions “ courantes ”.
J’ai dit que j’étais “ peiné ” et, en fait, ce terme n’est pas exact. Il ne décrit pas pleinement la réalité. Les jeunes sont pleins d’empressement et, pour l’heure, ils ne sont pas soumis aux contraintes nécessaires pour gagner sa vie. Ceci doit renforcer, encourager, empresser. Or, on ne fait rien ! Qu’en sera-t-il donc pour ceux qui doivent effectivement gagner leur vie(1) ?
Ceci s’applique aux personnes qui ont déjà eu le mérite de voir les luminaires de la ‘Hassidout, de ce qui la concerne, au moins jusqu’à un certain point. Celle-ci explique, de la manière la plus claire, la nécessité de l’empressement, d’agir de la meilleure façon en tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. Tout cela n’est pas un simple ajout, mais le moyen de vérifier si l’on est le serviteur du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il ou bien quelqu’un qui pense ne dépendre de personne, qui ne fait que demander quelle est l’obligation dont il doit s’acquitter, la considérant comme une corvée et retrouvant ensuite son indépendance, estimant avoir fait son devoir.
Bien évidemment, quand on agit de cette dernière façon, on pense avoir besoin d’être encouragé, flatté, félicité. Plus encore, parfois, cela suffit pour réussir. D’autres fois, ce n’est pas encore suffisant(2).
D’après ceux qui adoptent une telle attitude, on peut comprendre ce que devraient faire les personnes qui, pour l’heure, n’ont pas encore eu le mérite de recevoir la lumière de la ‘Hassidout, la force qu’insufflent ses maîtres, depuis le Baal Chem Tov, jusqu’à mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Il est bien évident que, si chaque Juif, au sein de tout Israël, se doit, tout au long de l’année, d’emplir chacune de ses journées d’un contenu véritable, de ne pas les laisser vides, combien plus est-ce le cas pendant Tichri, le septième mois, rassasié de tout le bien, d’un bien général pour toute l’année. Si l’on ne profite pas de ces jours, si on ne le fait pas pleinement, on peut comprendre ce qui en résultera pour le reste de l’année.
Il est vrai que j’ai reçu quelques coupures de journaux sur votre campagne des quatre espèces(3), mais il semble que cela ait été fait avec des dimensions réduites, que l’on n’ait pas mis en place toute l’infrastructure nécessaire. Et, en tout état de cause, ce n’est pas là toute la mission que la divine Providence a confié aux jeunes de l’association ‘Habad. Bien plus, elle n’en est même qu’une toute petite partie, même si cette Mitsva, au même titre que toutes les autres, inclut en elle toutes les Mitsvot et insuffle une force accrue pour les accomplir, que celles-ci soient plus simples ou plus déterminantes.
Est-ce là, comme l’entend la direction des jeunes de l’association ‘Habad, le contenu de l’Injonction : “ Et, Yaakov avança sur son chemin ” ? En avançant à ce rythme, quand atteindrons-nous l’objectif que la divine Providence nous a assigné, pour lequel elle exige un effort de notre part ?
Avoda, l’effort, est de la même étymologie que Ivoud Orot, le tannage des peaux. C’est cet effort qui permet de servir Dieu, de le faire au stade le plus élevé, de devenir Son “ serviteur fidèle ”.
Je vous adresse ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela, après avoir médité, de la manière qui convient, au rôle de l’homme juif sur la terre, en particulier quand il appartient à la communauté des ‘Hassidim, pour lesquels nos saints maîtres ont fait don d’eux-mêmes, non seulement au cours de leur vie physique, mais aussi après que leur âme soit retournée là-haut, comme l’expliquent les lettres de mon beau-père, le Rabbi et d’autres textes encore.
Nos Sages font également allusion à tout cela, dans le traité Sotta 13b et dans les propos des Tossafot, à la fin de ce chapitre. Ils disent que “ le premier libérateur sera le dernier libérateur ”, Moché, le “ berger fidèle ”, qui “ n’est pas mort ” et poursuit sa mission de la même façon. Une même explication figure dans le Midrash Bamidbar Rabba et Tan’houma, ‘Houkat, sur le verset : “ les chefs du peuple ”, selon laquelle un berger fidèle reste attaché à son troupeau, même après son décès.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Textuellement “ qui portent leur moulin sur le cou ”. (2) Pour apporter la motivation à l’action. (3) Pendant la fête de Soukkot.
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