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Iguerot Kodesh — lettres 4711 à 4730

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°4711

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4711, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Elloul 5716,

Brooklyn, New York,

A l’attention des dirigeants de la trente quatrième

réunion nationale de la fédération des jeunes

d’Agoudat Israël en Amérique,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre invitation pour votre réunion nationale, qui se tiendra, avec l’aide de Dieu, du 17 au 19 Elloul.

Puisse Dieu faire que cette réunion suscite, chez ses participants et même chez ceux qui lui sont extérieurs, la volonté d’assumer leur mission profonde, celle d’inculquer l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot, dans l’existence quotidienne, en particulier à la jeune génération, qui se trouve encore au seuil de la vie.

Une telle action est encore plus nécessaire, à notre époque, marquée par la crise, dans le monde, en général et dans la vie de notre peuple, en particulier, une époque qui a suscité de terribles déceptions, pour ce qui concerne les opinions et les conceptions profanes et extérieures.

Comme en chaque période de crise, la jeune génération est celle qui souffre le plus. Une partie d’entre elle n’a pas été éduquée à la Torah de vérité, à la foi et à la religion. Elle est donc désorientée et elle recherche, en tâtonnant, sa voie sur le chemin de la vie.

Pour chacun de ceux qui appartiennent à cette jeune génération et se trouvent dans un rayon de lumière, celui de la Torah et du luminaire qu’elle contient(1), il est donc une obligation particulière et, simultanément, un mérite spécifique de fournir l’exemple vivant d’un Juif, ayant une vie juive, dans sa maison et à l’extérieur de celle-ci.

De cette façon et, bien entendu, également par des actions directes(2), on placera tout son entourage et, en particulier, les jeunes, sur la bonne voie, celle de la Torah et des Mitsvot.

Parmi les signes de la période du talon du Machia’h(3), nos Sages mentionnent le fait que : “ les jeunes gens feront blanchir(4) le visage des anciens ”. Or, commentant les remontrances de la Parchat Be’houkotaï, de même que celles de la Paracha de cette semaine(5) et tous les reproches de la Torah, en général, l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, dit : “ Ces remontrances semblent être des malédictions, mais en réalité, elles sont des bénédictions ”.

Puisse Dieu faire que les enfants et les jeunes Juifs, en Amérique, n’acceptent pas tous les éléments qui ne conviennent pas à une Torah entière et intègre, même si les anciens de la génération précédente ont cessé de lutter, dans ce domaine(6).

Bien plus, ils combattront, en la matière et prendront même l’initiative de la lutte. A haute voix, ils annonceront et proclameront que notre Torah est une Torah de vérité, que la vérité ne peut pas souffrir le compromis, qu’elle est éternelle. De tout temps, dans tous les pays, la Torah régit la vie de chaque Juif et de chaque Juive, au quotidien.

Le Créateur du monde, Qui le dirige, nous a donné l’assurance qu’avec la détermination qui convient et l’ardeur nécessaire, on emporterait enfin la victoire, dans le combat. Puisse Dieu faire qu’il en soit ainsi, sans obstacle et sans voile, au plus vite.

En effet, en cette période déterminante, de chaque instant dépend le sort de nombreux Juifs, en fonction du discours de ceux qui sont fidèles à notre Torah, Torah de vie et à ses Mitsvot et selon qu’ils sont emportés par le courant de nos ennemis, commençant par prôner le compromis et aboutissant à remettre totalement en cause la Tradition d’Israël.

Je vous adresse ma bénédiction afin de réaliser des actions concrètes, qui élèveront le sort de la Tradition d’Israël en proclamant la suprématie de la Torah et des Mitsvot dans des cercles de plus en plus larges.

Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne année,

Notes

(1) De son enseignement profond. (2) De diffusion de la Torah et des Mitsvot. (3) Précédant sa venue. (4) Au sens littéral, “ de honte ”. (5) Ki Tavo. (6) C’est l’interprétation positive du fait que “ les jeunes feront blanchir le visage des anciens ”.

Lettre n°4712

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4712, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Elloul 5716,

Brooklyn,

Au jeune Moché ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du premier jour de Roch ‘Hodech Elloul.

Vous dites que l’étude de l’enseignement profond de la Torah prépare la venue du Machia’h et la délivrance complète. Vous avez, bien entendu, raison. Vous connaissez la réponse que fit le roi Machia’h au Baal Chem Tov(2). Il lui affirma qu’il viendrait “ quand tes sources se répandront à l’extérieur ”.

Nous nous en tenons donc aux sources du Baal Chem Tov, de l’Admour Hazaken, de ses disciples et des disciples de ses disciples. En effet, l’enseignement profond de la Torah doit être reçu, par tradition, d’un maître à l’autre, comme l’expliquent longuement le Ari Zal et son disciple, Rabbi ‘Haïm Vital. Vous consulterez les propos terribles que ce dernier a prononcé, à ce sujet.

Vous ne me décrivez pas votre étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. Et, j’appelle ‘Hassidout ce qui a été défini plus haut, c’est-à-dire les sources du Baal Chem Tov. Sans doute me préciserez-vous tout cela à la prochaine occasion.

Vous connaissez sûrement les trois études, bien connues, portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Vous les garderez, au moins à l’avenir.

Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) M. H. Brandween, de Jérusalem. (2) Qui connut une élévation de l’âme, pendant Roch Hachana et le rencontra.

Lettre n°4713

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4713, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Elloul 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 14 Elloul et celle qui la précédait.

J’en suis surpris, car, en pareil cas, on a l’habitude de consulter un Rav, tranchant la Hala’ha, en faisant choisir un Rav par chacune des parties(1) ou bien en confiant le jugement au tribunal rabbinique, mais non d’écrire, à propos d’un Juif, les expressions que vous utilisez dans votre lettre.

Bien plus, nous sommes en Elloul, mois de la miséricorde, lorsque chaque Juif, même le Juste le plus parfait, a besoin de la pitié de Dieu. Or, il est dit que “ Je bénirai ceux qui te béniront ”(2). Il est effroyable, en cette période, d’employer des expressions contraires à tout cela.

Il est dit que “ l’homme est proche de lui-même ”(3). Il en est bien ainsi pour chacun. Si la crainte de manquer de pain(4) est si grande qu’elle vous suggère des mots aussi durs sur une certaine personne, elle doit sûrement avoir une source qui n’est pas pure. Elle vous fait donc perdre la tête, car Dieu demande de bénir chaque Juif, comme l’explique longuement l’Admour Hazaken, au chapitre 32 du Tanya.

Puisse Dieu faire, en ces jours propices du mois d’Elloul, que vous changiez votre attitude, d’une extrême à l’autre. Il est dit, en effet que : “ Quiconque a pitié des créatures…(5) ”. Et, vous savez ce que désigne ce terme de “ créatures ”(6). Combien plus est-ce le cas quand il s’agit des personnes à propos desquelles vous m’écrivez.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, afin que vous surmontiez cette épreuve, soyez inscrit et scellé pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Qui ont un différend afin de constituer, de cette façon, un tribunal rabbinique, qui le tranchera. (2) C’est en bénissant les autres que l’on est soi-même béni et non en employant, à leur encontre, des mots sévères. (3) Il n’est pas objectif, pour ce qui concerne sa propre personne. (4) Le différend porte, en l’occurrence, sur un problème professionnel. (5) On le prendra en pitié. (6) Ceux qui n’ont pas d’autre qualité que d’avoir été créés par Dieu.

Lettre n°4714

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4714, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Elloul 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 13 Elloul, dans laquelle vous me décrivez votre situation, pour ce qui concerne l’étude de la Torah, la crainte de Dieu et la lutte contre le mauvais penchant.

L’explication de tout cela(1) est déjà donnée par le Tanya. Vous étudierez donc au moins Iguéret Ha Techouva et les trente trois premiers chapitres de la première partie du Tanya, de même que quelques chapitres du Dére’h Ha ‘Haïm(2). Et, vous rencontrerez les jeunes de l’association ‘Habad à Jérusalem(3). Ainsi, vous connaîtrez la réussite, en la matière.

Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin. De même, vous porterez un Talith Kattan, dont les Tsitsits auront été vérifiées. Chaque jour de semaine, avant la prière du matin, vous donnerez quelques pièces à la Tsédaka.

Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Le moyen de progresser, dans ces domaines et de rectifier ce qui doit l’être. Voir la lettre suivante. (2) De l’Admour Haémtsahi. (3) Où réside vraisemblablement le destinataire de cette lettre.

Lettre n°4715

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4715, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Elloul 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 5 Elloul :

A) Comment celui qui a commis plusieurs fautes peut-il se racheter ?

Il doit étudier Iguéret Ha Techouva, de l’Admour Hazaken et la première partie du Tanya(1). Il y trouvera un bon conseil pour tout cela.

B) Comment celui qui a commis une faute qui n’est pas réparée par la Techouva peut-il se racheter ?

Rien ne résiste à la Techouva et il n’est pas de faute que celle-ci ne puisse réparer, même s’il faut, pour cela, que les fautes intentionnellement commises soient transformées en bienfaits(2). Néanmoins, toutes les formes de Techouva ne sont pas identiques et tous les efforts accomplis, en la matière, ne le sont pas non plus.

Si vous étudiez Iguéret Ha Techouva, vous percevrez la lumière, dans ce domaine et vous saurez ce que vous devez faire. Les amis que l’on possède jouent un rôle prépondérant et vous vous rapprocherez donc des jeunes de l’association ‘Habad et des ‘Hassidim âgés de la ville sainte de Jérusalem(3). Ils vous guideront.

Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin. De même, vous garderez les trois études bien connues, portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya.

Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Voir la lettre précédente. (2) Au stade le plus élevé de la Techouva. (3) Où réside vraisemblablement le destinataire de cette lettre.

Lettre n°4716

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4716, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Elloul 5716,

Brooklyn,

Aux dirigeants du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch

en notre Terre Sainte, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre compte-rendu et vos télégrammes.

Sans doute avez-vous intégré au programme d’étude du réseau des cours particuliers relatifs aux jours de Tichri, qui approchent. Il serait bon, pendant les prochaines fêtes, de rencontrer les élèves(1) et d’organiser une fête, pour Sim’hat Beth Ha Choéva(2).

Il serait judicieux également que la campagne de diffusion des quatre espèces(3) soit spécifiquement menée dans les maisons des élèves(1), par les enseignants et les enseignantes du réseau ou, tout au moins, par ceux qui en sont proches. Ceci renforcera le lien et la lumière de l’enseignement s’introduira dans ces maisons. C’est bien évident.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, à ce sujet, avec tout le détail qui convient, je conclus en vous adressant ma bénédiction pour une considérable réussite dans votre mission sacrée et afin d’être inscrits et scellés pour une bonne année.

Notes

(1) Le Rabbi mentionne les garçons et les filles. (2) Pendant ‘Hol Ha Moéd Soukkot. (3) De la fête de Soukkot.

Lettre n°4717

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4717, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Elloul 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 14 Elloul, dans laquelle vous me dites que vous envisagez de venir poursuive vos études ici.

Vous connaissez ma réponse, à ce sujet. Il y a beaucoup à faire, dans le domaine de ‘Habad, en Terre Sainte. Et, du fait de nos fautes, la négligence y est importante également. Quiconque se trouve sur place doit donc se servir de ses forces et de ses possibilités, dans ce sens, jusqu’à ce que soit bâti ce qui est détruit, comblé ce qui manque.

Chaque instant qui s’écoule sans que l’on fasse tout cela est une perte que l’on ne retrouvera pas. Et, qui sait s’il y aura encore un moment propice comme celui que l’on connaît actuellement ? Et, s’il en est ainsi pour chacun, combien plus est-ce le cas pour les jeunes, qui possèdent la force et l’ardeur, qui n’ont encore vécu que peu des temps dans ce monde du mensonge.

Ceci vous concerne particulièrement. Vous avez observé que votre effort a été couronné de succès, dans le domaine de la bonne éducation. Toute pensée qui affaiblit ou dérange(1), en la matière a donc une source qui n’est pas pure, conformément au proverbe bien connu(2) du Rabbi Rachab, énonçant le critère qui permet de déterminer cette source, comme le rapporte le Hayom Yom, à la date du 23 Sivan 5703(3).

Il découle de tout cela qu’en méditant sincèrement à ce que vous devez accomplir dans le domaine de ‘Habad, en Terre Sainte, vous commencerez à agir concrètement, au plus vite. Vous influencerez, en particulier, votre entourage. Vous expliquerez que tout cela concerne chacun et point n’est besoin d’en dire plus, tant cela est évident, même si parfois la corruption inspirée par des éléments accessoires aveugle même les yeux des Sages.

Puisse Dieu faire que vous m’annonciez, par retour du courrier, que vous avez commencé votre action, en tout ce qui vient d’être dit et dans la joie. Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Cette action dans le domaine de l’éducation. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4540. (3) 1943.

Lettre n°4718

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4718, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Elloul 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me décrivez ce qui s’est passé, lors du mariage de votre fille, célébré en un moment bon et fructueux.

Différents livres sacrés expliquent que, chaque fois que l’on assiste à un miracle, surtout s’il est évident et, de fait, il n’est pas de jour sans miracle, mais celui à qui il survient n’en a pas conscience, on doit méditer aux bienfaits de Dieu, Qui accomplit de grandes merveilles et apporter un sacrifice d’action de grâce, c’est-à-dire adopter une pratique supplémentaire de notre Torah, Torah de vie et de ses Mitsvot.

C’est également là le réceptacle pour multiplier les bienfaits de Dieu, pour celui qui a bénéficié du miracle et pour les membres de sa famille. Vous devez comprendre ce que je veux dire.

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’exprime ma bénédiction, à vous et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°4719

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4719, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Elloul 5716,

Brooklyn, New York,

A l’attention du docteur Mena’hem Harari,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 13 Tamouz, de même que les manuscrits que vous m’avez adressés par l’intermédiaire du Rav Pin’has Althuis.

Vous savez sans doute que ces manuscrits ne sont pas de votre père. Ce sont des discours qu’il a retranscrits et qui ont été prononcés à différentes occasions. Il n’est donc pas bon de les imprimer en l’état, bien que les discours de cette époque font partie du programme que nous nous sommes fixés et que nous espérons enfin éditer, le moment venu, pour le mérite de tous, quand le temps et les moyens le permettront.

Jusqu’à cette parution, ces discours nous serviront à éclaircir certains points, dans d’autres textes qui sont édités, car, conformément à l’expression bien connu de nos Sages, “ les propos de la Torah sont pauvres dans un cas et riches dans un autre ”(1). Le mérite de tous dépend donc de vous, dès maintenant(2).

J’aimerais savoir si vous avez le souvenir de récits de votre père, relatifs aux visites qu’il rendit à nos saints maîtres. Peut-être ceux-ci ont-ils un contenu qui peut intéresser chacun.

Je vous remercie encore une fois pour votre cadeau.

Avec mes respects et ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

Notes

(1) Très concises, dans le premier cas, très détaillées dans le second, de sorte que le dernier texte permet de comprendre le premier. (2) Grâce aux précisions qui seront tirées de ces manuscrits pour les parutions à venir.

Lettre n°4720

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4720, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Elloul 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 15 Elloul, dans laquelle vous me décrivez brièvement votre vie.

Il serait bon que vous étudiez Iguéret Ha Techouva, de l’Admour Hazaken, avec la réflexion et l’approfondissement qui conviennent(1). Concernant ce qui y est dit au chapitre 3(2), à la page 93a, on peut observer qu’à notre époque, cette pratique a une conséquence négative sur la santé et donc également sur le service de Dieu.

Il faut donc l’échanger(3) contre une autre forme de mortification, par exemple le fait de se taire plutôt que de prononcer des paroles qui ne conviennent pas, de se boucher les oreilles devant ce que l’on ne doit pas entendre, de se fermer les yeux devant ce que l’on ne doit pas voir. Concrètement, on peut observer que cela est plus difficile que ces jeûnes. Et, la récompense est à la mesure de l’effort.

De manière pratique, cela veut dire que vous devez intensifier votre engagement dans la Torah et les Mitsvot, en général, ce qui inclut le Précepte “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”, le fait d’influencer les autres en ce sens, d’une manière amicale et pacifique.

L’un des moyens d’y parvenir est de donner soi-même le bon exemple en ce sens, de montrer comment un ‘Hassid doit se comporter, au quotidien. De la sorte, tout ce qui vous concerne ira de mieux en mieux, car même un peu de lumière suffit pour repousser beaucoup d’obscurité. Et, les mauvaises impressions, les éléments négatifs s’amenuiseront de plus en plus.

Pour obtenir l’aide de Dieu et Sa bénédiction en tout cela, il faut multiplier la paix dans vos quatre coudées et dans tout votre entourage. J’attends de bonnes nouvelles de tout cela.

Vous me parlez également de l’état de votre épouse(4).

Dieu fera que sa grossesse se passe bien, qu’elle enfante aisément et en son temps.

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’exprime ma bénédiction, à vous et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°4714 et 4715. (2) La nécessité de jeûner pour racheter ses fautes. (3) Le jeûne. (4) Qui attend un enfant.

Lettre n°4721

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4721, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Elloul 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre du 20 Elloul, avec ce qu’elle contenait. Comme vous me le demandez, je mentionnerai le nom de cette femme, à laquelle Dieu accordera longue vie, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin qu’elle obtienne la satisfaction de ses besoins, en général et que son état de santé s’améliore, en particulier.

Il est sans doute inutile de vous rappeler que tout ajout à la Torah et à ses Mitsvot, effectué par les membres de sa famille, renforceront également son mérite, afin de multiplier les bénédictions du Créateur du monde, Qui le dirige, en tout ce dont elle a besoin.

Dernier point, qui suscite le plus d’intérêt, vous me faites savoir que vous allez vous marier.

Il est vraisemblablement superflu de vous rappeler que le mariage introduit une vie nouvelle pour deux personnes qui s’associent, puis s’unissent afin de fonder un foyer juif. Il est donc nécessaire et même indispensable de prendre la ferme décision de baser cette vie sur des fondements qui sauront résister aux fluctuations de ce monde, sans rien perdre de leur force et de leur détermination. En effet, de la solidité des fondations dépend le maintien de tout l’édifice.

La vie du peuple d’Israël et de chaque Juif, à titre personnel, a traversé différentes périodes, diverses mutations. Malgré cela, ils sont “ tous présents aujourd’hui ”, selon l’expression de la Torah. Ceci fait, bien entendu, référence à un mode de vie conforme aux enseignements de notre Torah, Torah de vie.

C’est pour cette raison que de nombreux peuples, matériellement nombreux et forts, ont disparu, sans laisser de trace, alors que les enfants d’Israël sont toujours vivants. Et, il en est bien ainsi, individuellement, pour chaque Juif et chaque Juive.

Ce qui vient d’être dit permet de comprendre ce que l’on attend de chacun d’entre nous : “ Il ne faut pas s’affecter devant les moqueurs ”. Même si les Juifs sont “ la minorité d’entre les nations ”, même si ceux qui respectent la Torah et les Mitsvot ne sont pas toujours majoritaires parmi les Juifs, adopter ce mode de vie n’en est pas moins l’obligation et le mérite de chacun d’entre nous. C’est de cette façon que l’on peut avoir une vie heureuse, spirituellement et matériellement.

Que le Créateur du monde, Qui le dirige, vous accorde, ainsi qu’à votre fiancée, le mérite de prendre une décision, en ce sens. De la sorte, vous serez heureux tout au long de votre vie.

Avec ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov et afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année,

Lettre n°4722

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4722, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Elloul 5716,

Brooklyn,

A madame Z. Althuis, madame G. Gansburg

et madame B. Zalmanov(1),

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre du 8 Elloul, avec ce qui y était joint, de même qu’à votre question, posée par télégramme, qui m’a été répétée par le ‘Hassid, Rav Raphaël Cohen.

En fait, vous devez vous-même apporter une réponse à cette question, car tout dépend du caractère de celles qui se consacrent à ces activités(2). On a observé concrètement et l’on voit encore actuellement que l’on introduit des actions requérant un certain financement, alors que la subvention accordée est largement inférieure à celle qui existe chez les autres. Or, si l’on agit avec l’énergie qui convient, sans laisser de place au doute, sans s’affecter de ceux qui demandent pourquoi et pour quelle raison, on connaît la réussite. Bien plus, les difficultés sont bien moins importantes que ce que l’on imagine, d’emblée.

Il en est de même pour ce qui vous concerne. Une large part du financement est déjà disponible. Si vous travaillez sans vous décourager, il est certain que vous réussirez à créer cette institution. Il ne faut donc pas se soucier des difficultés, surtout au début. Il ne faut pas s’affecter devant ceux qui se moquent. Plus l’accomplissement est important et plus il y aura des moqueurs. Bien plus, certains se moquent parce qu’ils sont jaloux, sans oser le dire.

Vous évoquez le profil des enseignantes et des monitrices.

J’ai déjà dit, à différentes occasions, qu’il existe une interaction entre toutes les institutions ‘Habad. Une faiblesse dans un point essentiel, chez l’une, se trouvera donc multipliée dans toutes les autres. Or, un homme juge en fonction de ce qu’il observe de ses yeux. Il ne réfléchit pas pour essayer de sonder les cœurs. S’il voit que l’on a recruté une monitrice issue d’un certain milieu, il en déduira clairement qu’il peut en faire de même et il diffusera largement cette position, sans se demander s’il y avait des conditions particulières, si la candidate possédait des qualités spécifiques.

En conséquence, et comme je l’ai écrit, il est indispensable, pour ce séminaire de jeunes filles, de ne faire aucune concession, en tout ce qui concerne la crainte de Dieu, surtout dans une école, en général et dans une institution ‘Habad, en particulier, que l’on observe très attentivement(3), surtout quand on recherche les insuffisances. C’est bien évident.

Vous me dites, dans votre lettre, qu’il y a des candidates(4) qui sont pleinement acceptables et pour lesquelles aucune question ne se pose. Il est bien évident que la priorité doit leur être accordée.

Je vous adresse ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, que vous assumerez avec largesse d’esprit.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Voir, à leur sujet, la lettre n°4526. (2) Il s’agit de la création d’un séminaire de jeunes filles. Voir, à ce propos, la lettre n°4526. (3) Textuellement “ avec sept yeux ”. (4) Pour être enseignante ou monitrice.

Lettre n°4723

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4723, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Elloul 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Avraham Tsvi Ha Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je suis surpris de n’avoir aucune nouvelle de vous, depuis très longtemps déjà. Or, si à chaque époque et de tout temps, chaque journée doit avoir son contenu spécifique, combien plus est-ce le cas, en cette période du talon du Machia’h(2). Nos Sages nous ont fait savoir que “ il n’est pas un jour dont la malédiction ne soit pas…(3) ”. Bien entendu, ils ont précisé qu’il en est ainsi afin que les Juifs multiplient, au quotidien, les applications du verset : “ L’Eternel ton Dieu transformera pour toi la malédiction en bénédiction ”.

Vous consulterez également le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, Parchat Be’houkotaï, au discours ‘hassidique intitulé “ En brisant… dix femmes pétriront ”, soulignant que toutes les remontrances sont, en réalité, des bénédictions.

Bien évidemment, rendre compte des actions qui ont été menées n’est que l’aspect le plus accessoire(4). Mais, concrètement, on peut observer que, quand on sait qu’à telle date, on devra écrire à telle personne ou lui raconter ce qui a été fait, on redouble d’ardeur et d’empressement. En effet, qui est plus grand pour nous que le fils aîné d’Israël, Reouven ? Or, nos Sages disent que “ s’il savait…(5) ”.

Il faut, en effet, interpréter cette affirmation au sens simple, malgré ce qu’explique le Yefé Toar, à cette référence, dans le Midrach Vaykra Rabba, au chapitre 34. Et, pour répondre à sa question et à l’étonnement dont il fait état, on peut avancer l’explication figurant dans une lettre de mon beau-père, le Rabbi(6), imprimée dans le Ha Tamim, qui fait référence à notre père Avraham, selon laquelle toutes les interprétations ont leur place, dès lors qu’il s’agit d’une âme vêtue d’un corps(7). Vous consulterez ce texte.

Pour l’heure, voici ce qui fait l’objet de la présente(8). D’après les nouvelles qui m’ont été transmises par les émissaires(9), les jeunes Rabbanim, auxquels Dieu accordera longue vie, à l’issue de leur visite à Jérusalem, en particulier à Méa Chéarim, je propose que l’on instaure un cours de Tanya, quelques fois par semaine, dans l’une des synagogues de ce quartier.

Bien évidemment, je ne fais pas allusion à ceux qui participent déjà à ce cours, mais aux synagogues de ceux qui se dénomment les Natoureï Karta. Dans leur bulletin, il a été imprimé, dernièrement, que l’on ne doit pas permettre l’étude de la ‘Hassidout ‘Habad. L’opposition à cette étude se renforce tellement qu’elle s’exprime également dans cet organe. Malheureusement, certains disent que, de ce fait, une ou deux personnes ont effectivement été empêchées d’étudier la ‘Hassidout.

Tous ceux qui boivent l’eau du Baal Chem Tov, de ses disciples et des disciples de ses disciples doivent donc, non seulement protester contre les quelques lignes qui ont été publiées, car, au final, la protestation n’est pas un but en soi, mais aussi renforcer l’étude de la ‘Hassidout et la diffuser, y compris à l’extérieur et même dans les quatre coudées de ceux qui s’y opposent.

Je suis convaincu que vous connaîtrez la réussite. En effet, le Tribunal céleste a tranché(10) qu’en tout ce qui concerne la Torah, la crainte de Dieu et les bonnes actions, ceux qui sont attachés à lui(11) et suivent sa voie auraient le dessus. Vous consulterez, à ce sujet, les résumés et notes sur le Tanya, à la page 122.

Nos Sages disent que le monde ne peut pas se passer de tanneries(12) et de parfumeries(13) et “ heureux celui qui… ”. On peut comprendre à quel point il faut avoir pitié du tanneur qui lutte contre le parfumeur ou s’oppose à lui. De façon générale, notre sainte Torah “ fait directement référence à ce qui se passe là-haut et seulement par allusion à ce qui est ici-bas ”(14). Cette affirmation de nos Sages s’applique également au service de Dieu que l’homme assume dans le monde, afin qu’il soit la Demeure de Dieu. Ce service se répartit en deux domaines, “ Ecarte-toi du mal ” et “ Fais le bien ”.

Un tanneur travaille les peaux, comme l’explique le Torah Or, au début de la Parchat Michpatim, à propos du serviteur juif assumant cette forme du service de Dieu. Le parfumeur, en revanche, est celui qui diffuse la Torah, en général et son aspect profond, la ‘Hassidout, en particulier, laquelle est directement liée à l’odeur. En effet, nos Sages disent, comme le rapporte Rachi, commentant le verset de Chir Hachirim “ Il m’enivrera des baisers de sa bouche ”, que les raisons de la Torah et son enseignement profond seront révélés par le Machia’h. Or, le signe qui est lié à lui est bien l’odeur et nos Sages affirment que, par celle-ci, on prouvera l’authenticité du Machia’h, quand il ne sera pas possible de le déterminer d’une autre manière.

Cette affirmation de nos Sages fait la preuve que le monde ne peut pas exister sans le travail du tanneur, comme l’établissent différents textes. Pour autant, si ce tanneur soulève une opposition contre le parfumeur, la situation devient effroyable. Il est inutile d’en dire plus, tant cela est évident et également douloureux.

A quoi sommes-nous parvenus, en cette génération ? Jusqu’à maintenant, ceux que les rédacteurs de ce bulletin prétendent écouter, ceux dont ils acceptent l’autorité et qui ont le pouvoir de protester ne se sont même pas fait entendre. On peut donc penser que leur silence…(15).

Je propose donc de fixer l’étude à laquelle je faisais précédemment allusion et, bien entendu, je ne souhaite pas qu’elle soit confidentielle, qu’on ne sache pas qu’il s’agit de ‘Hassidout. Il faut agir comme le fait l’opposant, c’est-à-dire affirmer clairement qu’elle doit avoir lieu dans telle synagogue.

Il serait bon qu’un des temps de cette étude soit pendant le Chabbat, qui est spécifiquement consacré à l’étude de l’enseignement profond de la Torah, comme l’établissent les écrits du Ari Zal et différents textes ou, plus en détail, le Kountrass Ets ‘Haïm, du Rabbi Rachab.

Je vous adresse la présente en express, afin que vous commenciez votre action, en la matière, à titre de préparation pour la nouvelle année. Il serait bon que cette étude commence à la veille de Roch Hachana, afin d’en conférer le mérite à l’année qui vient de s’écouler, ou, tout au plus, au début de l’année qui vient.

Puisse Dieu faire que cette année soit celle de notre délivrance et de la venue de notre juste Machia’h. En effet, la diffusion des sources(16) prépare tout cela et l’introduit. Le réceptacle pour obtenir un tel résultat est l’application des termes du verset selon lequel “ le monde s’emplira de connaissance de Dieu, comme l’eau recouvre le fond de la mer ”, grâce à l’enseignement du Machia’h, qu’il délivrera à tout Israël et qui sera infiniment supérieur à la Torah que nous possédons à l’heure actuelle, comme le soulignent nos Sages, dans le Midrach Kohélet Rabba, au chapitre 11, commentant le verset : “ Il y en aura deux ”.

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’exprime ma bénédiction, à vous et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°3458. (2) Juste avant sa venue. (3) Supérieure à celle de la veille. (4) L’essentiel étant, bien sûr, de les réaliser. (5) Voir Iguerot Kodech du précédent Rabbi, tome 3, lettre n°810. (6) Que ce qu’il avait fait serait inscrit dans la Torah, il s’en serait abstenu. (7) Qui peut donc avoir des réactions humaines. (8) Voir, à ce sujet, la lettre suivante. (9) Envoyés en Terre Sainte à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir, à ce sujet, l’avant-propos et la lettre n°4546. (10) Après la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes, le 19 Kislev. (11) A l’Admour Hazaken. (12) Dont l’odeur est particulièrement désagréable. (13) Les deux extrêmes sont donc nécessaires. (14) Le matériel est uniquement l’aboutissement du spirituel. (15) Est un consentement. (16) De la ‘Hassidout.

Lettre n°4724

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4724, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Elloul 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

aux multiples accomplissements, empli d’ardeur,

le Rav Amram(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai fais connaissance, avec plaisir, du Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, a de bons comportements, le Rav Ouryel Zimmer(2). A ma demande, il vous a rendu visite et il a évoqué avec vous la diffusion de la ‘Hassidout dans les cercles et les milieux sur lesquels s’exerce votre influence(3).

Dans notre discussion, il a été question de la lignée de laquelle vous êtes issu. En effet, vous descendez de nos saints maîtres, en particulier du Tséma’h Tsédek et sans doute leur êtes-vous également attaché. Or, la sainteté ne quitte pas le lieu où elle se révèle. Elle se transmet aux enfants et aux petits-enfants et elle prend la forme de la grâce, de la sagesse.

Et, s’il en est ainsi pour la grâce et la sagesse physiques, combien plus est-ce le cas pour la grâce et la sagesse morales. Il convient, en particulier, d’étudier leur enseignement, qui est éternel et à propos duquel il est dit : “ Ma Parole est comme le feu ”, purifiant de tous les voiles et de tous les obstacles, bien plus que l’eau. En effet, nos Sages disent, au traité Sanhédrin 39a, que “ l’immersion essentielle est celle du feu ”.

Nous sommes à la fin de l’année et, très bientôt, commencera une nouvelle année. D’après les paroles de l’Admour Hazaken, au chapitre 14 d’Iguéret Ha Kodech, une lumière nouvelle, issue de la Sagesse supérieure, n’ayant encore jamais éclairé le monde, se révèle et brille, chaque année, dans le monde céleste comme dans le monde terrestre. Les créatures inférieures en tirent leur vitalité.

Je formule donc la proposition suivante. Il serait particulièrement judicieux que la nouvelle année commence, dès Roch Hachana, par l’introduction d’une étude publique de la ‘Hassidout, dans un endroit auquel tous ont accès, les synagogues, les maisons d’étude, les Yechivot sur lesquelles vous exercez votre influence. En effet, de façon générale, la Torah est la lumière, mais aussi le réceptacle pour intégrer et unir les lumières et les bénédictions célestes.

Dans la mesure du possible, ils serait bon et judicieux que cette étude commence, au moins pour une journée, encore en 5716. En effet, une journée de l’année est considérée comme toute l’année. Pour quelqu’un comme vous, je suis convaincu qu’il est inutile d’en dire plus.

Puisse Dieu faire que cette année soit celle de notre délivrance véritable, grâce à l’étude et à la diffusion des sources(4), entrée en matière, préparation et réceptacle de l’accomplissement du verset : “ La terre s’emplira de connaissance de Dieu comme l’eau recouvre le fond de la mer ”, de la révélation du l’enseignement du Machia’h, qu’il délivrera à tous et qui transcendera la Torah que nous possédons à l’heure actuelle, comme l’expliquent nos Sages, dans le Midrach Kohélet Rabba, au chapitre 11, commentant le verset : “ Il y en aura deux ”.

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’exprime ma bénédiction, à vous et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.

Avec mes respects et ma bénédiction,

N. B. : J’ai compris de ce que m’a dit le Rav Zimmer que vous n’acceptez pas certains points et y êtes même opposé. A n’en pas douter, cela ne vous empêchera pas de réaliser ce qui vient d’être dit et ne le retardera même pas. En effet, le Rambam(5) souligne, comme vous le savez, qu’il faut accepter la vérité de celui qui la dit.

En l’occurrence, je ne fais que transmettre les enseignements et les idées de nos maîtres, le Baal Chem Tov et l’Admour Hazaken, qui firent don de leur propre personne pour que l’on étudie la partie profonde de la Torah. Ils ont demandé qu’on la transmette, après eux, à ceux qui boivent leur eau, au sein de tout le peuple d’Israël, afin que chacun agisse, en la matière, dans toute la mesure du possible. Et, celui qui peut…(6).

Notes

(1) Le Rav A.Blau, de Jérusalem, chef des Natoureï Karta. (2) Voir, à son sujet, la lettre n°4447. (3) Voir la lettre précédente. (4) De la ‘Hassidout. (5) Dans son introduction à ses huit chapitres. Voir, à son sujet, la lettre n°4633. (6) Agir, mais ne le fait pas, est considéré comme ayant mal agi.

Lettre n°4725

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4725, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

A l’issue du Chabbat Parchat

Nitsavim Vayéle’h 5716,

Brooklyn,

Je te salue et te bénis,

J’ai bon espoir que ton état de santé s’est amélioré. Nos Sages disent que “ la Torah a autorisé le médecin à guérir ” et sans doute te conformes-tu donc aux prescriptions des médecins, non seulement dans les domaines purement médicaux, mais aussi en ta nourriture et en ta boisson(1), qui font également partie du traitement.

Il ne faut pas adopter une attitude rigoriste en la matière, car celle-ci se révélerait être un allègement de la Loi(2). Chaque Juif a reçu l’Injonction de préserver son corps et de le maintenir en bonne santé. S’agissant de ce qui est permis par le Choul’han Arou’h, parce que le médecin demande de le faire, il faut donc adopter une position rigoriste en se conformant à son avis(3).

Bien plus, un dicton(4) de l’Admour Hazaken dit que “ l’on n’imagine absolument pas à quel point le corps d’un Juif est cher à Dieu ”.

Si le médecin te demande de consommer certains aliments et certaines boissons, et qu’un Rav le permet, tu dois le faire et c’est ainsi que tu seras en bonne santé, physique et morale.

Avec ma bénédiction pour que tu donnes de bonnes nouvelles de tout cela, que tu sois inscrit et scellé pour une bonne et douce année(5),

Notes

(1) Le régime alimentaire. (2) Puisqu’un corps en mauvaise santé ne permet pas d’accomplir les Mitsvot de la meilleure façon. (3) Plutôt que d’écarter une telle pratique. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°3166. (5) Cette lettre est vraisemblablement adressée à un enfant ou à un très jeune homme.

Lettre n°4726

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4726, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Elloul 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites que vous restez encore dans le doute. En effet, par nature, vous accomplissez toute chose avec un grand enthousiasme. Or, il vous semble que ma lettre vous demandait de vous calmer(1). De fait, tout se passe bien(2), Dieu merci et il ne faut donc pas rechercher des réalisations grandioses et gigantesques.

Vous n’avez pas interprété mes propos d’une manière exacte. Car, à mon sens, vous pouvez effectivement rechercher des réalisations grandioses et gigantesques. Je suis également d’avis que vos accomplissements communautaires et personnels peuvent encore être améliorés et développés, comme c’est le cas, du reste, pour tout ce qui concerne les hommes, a fortiori en matière d’éducation. Bien plus, selon moi, l’enthousiasme est même profitable, en la matière.

En revanche, je ne considère pas que cet enthousiasme consiste à ne regarder ni à droite ni à gauche, à agir avec les yeux fermés. Il est possible et même nécessaire que cet enthousiasme conduise à redoubler d’ardeur. Pour autant, les actions doivent, malgré cela, être réalisées en concertation avec au moins quelques autres personnes et non avec uniquement un autre avis ou même seul.

Il est dit que “ le salut est obtenu par les nombreux conseillers ” et ceci s’applique également au domaine de la Sainteté, dans lequel l’enthousiasme est, certes, nécessaire, mais il est clair que ce sentiment n’exclut nullement l’avis des autres.

Comme je l’ai écrit plusieurs fois(3), Rav Achi lui-même, qui cumulait la connaissance de la Torah et la grandeur, consultait tous les bouchers de son endroit(4). Et, combien plus est-ce le cas…(5).

Puisse Dieu faire que vous interprétiez ces propos dans le sens que je leur confère. Je suis convaincu qu’un tel comportement est votre bien et celui de cette institution, matériellement et spirituellement.

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’exprime ma bénédiction, à vous et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rabbi demandait au destinataire de cette lettre de ne pas prendre d’initiatives rapides, sans concertation avec les autres responsables. (2) Au sens de l’école dans laquelle le destinataire de cette lettre exerce son activité. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4628. (4) Quand on l’interrogeait sur la Cacherout d’un animal. (5) Pour celui qui ne peut pas se comparer à Rav Achi.

Lettre n°4727

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4727, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Elloul 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

empli d’empressement, aux multiples accomplissements,

le Rav Chimchon Raphaël(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre bénédiction à l’occasion de la nouvelle année, qui approche. Quiconque bénit est lui-même béni, de la bénédiction du Saint béni soit-Il, dont l’intérêt dépasse le capital.

Vous connaissez le dicton de l’Admour Hazaken(2) selon lequel “ on ne se bat pas avec des idées ”. Néanmoins, on observant la situation morale des jeunes, aux Etats-Unis et l’évolution intervenue, ces toutes dernières années, on peut constater qu’il est actuellement plus facile d’agir qu’auparavant, que l’on peut réaliser des accomplissements beaucoup plus importants. Quiconque peut intervenir, en la matière et a fortiori celui qui l’a déjà fait et a vu ses efforts couronnés de succès, doit se mobiliser pour cette mission sacrée.

Certes, on affronte, en la matière, des voiles et des obstacles, comme pour tout ce qui appartient au domaine de la Sainteté. L’un d’entre eux est le stratagème du mauvais penchant, visant à convaincre un homme actif que ce qu’il accomplit n’a pas d’effet, qu’il est dommage d’y consacrer le temps et l’ardeur qui pourraient être investis dans d’autres actions, en particulier celles qui appartiennent au domaine de la Sainteté.

Vous connaissez le proverbe de mon beau-père, le Rabbi, au nom de son père, le Rabbi Rachab(3), selon lequel toute idée qui contribue à affaiblir les réalisations de l’homme, liées à

sa pratique de la Torah et des Mitsvot, même si elle a une apparence de sainteté, provient, en réalité, de “ l’autre côté ”(4). En effet, il(5) est expert en son art et parfois il sait se travestir, se revêtant d’une redingote de soie pour apparaître à l’homme(6). C’est bien évident.

J’espère que vous ne me tiendrez pas rigueur de ces quelques lignes. Comme je le disais, on ne se bat pas avec des idées, mais je vois, en l’occurrence, le bien de très nombreux membres du “ jeune Israël ”(7) et de leurs familles. Je considère donc comme étant de mon devoir de vous dire tout cela. Vous voudrez bien m’en excuser.

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’exprime ma bénédiction, à vous et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.

Avec mes respects et ma bénédiction de réussite en tout cela,

Notes

(1) Le Rav C.R. Weiss, de New York. Voir, à son sujet, la lettre n°4044. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°1407 et 4423. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4540. (4) Celui des forces du mal. (5) Le mauvais penchant. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°3503. (7) Mouvement américain, attaché à la Torah, dont le Rav Weiss est l’un des dirigeants.

Lettre n°4728

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4728, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Elloul 5716,

Brooklyn, New York,

A l’attention du distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires, a des

comportements généreux, est issu d’une illustre famille,

le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’exprime ma bénédiction, à vous et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.

J’ai hésité à vous écrire ce qui suit. Je le ferai néanmoins, au moins brièvement.

D’après les informations que m’ont transmises les émissaires(2), auxquels Dieu accordera longue vie, à leur retour de Terre Sainte, et pour faire suite à notre discussion, lors de votre visite ici, à propos de la jeune génération en Erets Israël, qui a été déçue, en différents domaines et, jusqu’à un certain point, n’a pas d’attache, dans l’existence actuelle, je dois malheureusement constater que ce que je craignais s’est effectivement réalisé, mais dans une proportion particulièrement large.

Il semble, en effet, que cette déception ait conduit une partie de ces jeunes, importante également au sens qualitatif, à rechercher les plaisirs de ce monde, au sens le plus littéral, même s’il s’agit, pour ma joie, au moins à l’heure actuelle, de plaisirs qui, pour la plupart ne sont pas interdits et relèvent, selon la terminologie du Tanya, de la force du mal qui peut encore connaître l’élévation, une belle maison, de beaux meubles, une fonction agréable et calme.

Tout ce qui est recherché, en la matière, a pour effet de se désengager, dans les accomplissements moraux. Et, si une partie de la jeunesse appartient à cette catégorie, une minorité est même descendue encore plus bas que la force du mal pouvant encore recevoir l’élévation.

Comme je le disais, au cours de notre entretien, dans la perspective de la vie d’un homme, un instant précis n’est pas très important. Il faut retenir uniquement la direction générale, l’objectif que l’on poursuit. L’aspect douloureux et même effrayant de cette situation est donc le fait qu’au cours de ces dernières années, les jeunes, en Terre Sainte, se soient dirigés d’une spiritualité véritable, vers une autre, plus réduite et d’elle vers la matérialité, puis de celle-ci vers la grossièreté.

Bien évidemment, je ne souhaite nullement vous peiner et c’est la raison pour laquelle j’ai été bref, dans toute la mesure du possible. Ces quelques lignes n’ont d’autre but que d’exprimer l’espoir que vous userez de votre influence auprès de ceux qui peuvent prendre les mesures qui s’imposent afin de rectifier cette situation au plus vite. Bien entendu, il faudra éviter tout ce qui repousse la jeunesse, en la matière.

J’ajoute que quelques uns des émissaires ont rencontré, d’une manière informelle, ceux qui n’appartiennent pas à la jeunesse orthodoxe, ni même ceux qui se trouvent au milieu. Ils ont pu échanger avec des personnes qui, pour l’heure, ne respectent pas du tout la Torah et les Mitsvot. La chute à laquelle je faisais allusion peut malheureusement être ressentie chez tous ceux-là, quoique d’une manière différente, selon les groupes.

Avec mes respects et ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Chnéor Zalman Chazar. Voir, à son sujet, la lettre n°4309. (2) Envoyés en Terre Sainte à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir, à ce sujet, l’avant-propos et la lettre n°4546.

Lettre n°4729

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4729, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Elloul 5716,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre, à laquelle était joint le tiré à part de votre article intitulé : “ Jusqu’à quand ? ”(2). J’ai particulièrement apprécié son contenu. J’espère qu’il s’agit du début d’une série d’articles et, plus important encore, d’actions qui permettront d’atteindre le but recherché.

J’ai retardé ma réponse, car je voulais voir quelle réaction susciterait votre article dans les cercles auxquels il est destiné. Maintenant, monsieur Blesinski(3) est venu ici et m’a transmis les termes de la discussion que vous avez eue et j’observe que, malheureusement, l’une de mes craintes, en la matière, était justifiée. En effet, on extrait de son contexte l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ Dieu demande le cœur ”(4).

En d’autres termes, on reconnaît que l’argument est globalement justifié, mais l’on refuse d’en tirer les conclusions qui s’imposent et de les mettre en application. On s’en échappe, de toutes les manières possibles, avec des justifications insensées, jusqu’à remettre en cause l’analyse logique.

Ce que je veux dire est très simple. L’idée première consiste à reconnaître la vérité indéniable et intégrale et non à introduire d’abord des compromis. Bien entendu, cela ne veut pas dire qu’il faille attendre de tous ceux qui n’ont pas un comportement irréprochable qu’il se transforme, en un seul instant, d’une extrême à l’autre. En revanche, on peut leur demander de reconnaître qu’il en est ainsi, que telle est bien la vérité. Car la vérité et le compromis sont antinomiques.

Il est possible qu’un homme, même après avoir reconnu la vérité, trébuche, dans son comportement concret, pour différentes raisons ou bien par manque de détermination. Il est, cependant, nécessaire qu’il ait conscience de son échec, qu’il sache qu’il a agi à l’encontre de sa conscience. Alors, on peut espérer qu’il rectifie ce qu’il a fait, qu’il se rapproche de plus en plus de la perfection désirée.

Il n’en sera pas de même s’il considère que le compromis est la plus haute perfection, que celui-ci peut être substitué à la vérité. Il s’ôtera alors lui-même la possibilité de réparer la faute et de combler le manque.

Ce qui vient d’être dit vous permettra d’établir ma position, dans la discussion que vous avez eue avec monsieur Blesinski, à propos de ce qu’il y a lieu d’attendre, de la part de ceux qui viennent demander des directives. Telle est la réponse qu’il convient d’apporter à la question : “ Jusqu’à quand ? ”.

Mon avis est très clair. Me basant sur l’expérience, je dis qu’il faut leur répondre avec détermination : La Torah est une Torah de vie. Elle écarte les compromis. Or, de deux choses, l’une. Ou bien l’on admet qu’elle émane de Dieu et, dès lors, l’homme qui a un intellect limité, qui ne comprend que jusqu’à un certain point, ne peut pas la modifier. A l’opposé, si la logique humaine décide en dernière instance, la Torah perd toute sa valeur. Elle n’est plus la Parole du Dieu de vie et l’homme perd alors tout appui. Selon le dicton populaire, “ un homme ne peut se grandir en tirant ses cheveux vers le haut ”.

Si celui qui pose la question reconnaît la vérité et désire l’atteindre, on lui fixera en programme, en fonction de sa personnalité et de son entourage. L’un privilégiera le Précepte “ Ecarte-toi du mal ” et l’autre choisira “ Fais le bien ”. Ce sont là des modalités permettant d’atteindre l’objectif fixé, de la manière la plus efficace.

Il n’en est pas de même si l’on introduit, d’emblée, un compromis. Alors, non seulement on n’obtiendra pas le but que l’on s’est fixé, mais, bien plus, on ira à l’inverse de celui-ci.

D’après ce que dit le Tanya, j’ajoute que l’on ne doit pas se décourager, dans le dur combat qu’il convient de mener contre son mauvais penchant. Parfois, il semble que l’on parvienne à le vaincre, chaque jour. Car il en va bien ainsi, dans notre monde. D’autres fois, l’un tombe et l’autre se redresse. D’autres fois encore, …(5). Mais, en tout état de cause, il est bien clair que, par chaque action positive, par chaque accomplissement, on ajoute de la lumière dans le monde et l’on en diminue l’obscurité. On ne le fait pas uniquement dans son monde, dans le petit monde que constitue l’homme, mais bien dans l’ensemble du monde. Et, vous consulterez, à ce sujet, le chapitre 11 d’Iguéret Ha Techouva.

Dans certains cercles, ici, dont on trouve sûrement l’équivalent en Terre Sainte, on prétend qu’en mettant en avant toutes les six cent treize Mitsvot, on effraye ceux qui désirent se purifier et l’on repousse plusieurs âmes juives.

Or, la pratique a fait la preuve que l’inverse est vrai. Au final, tous ressentent qu’on a voulu leur donner ce qui n’est qu’un compromis et, par la suite, ils ne font plus confiance à l’homme qui les a guidés, même après qu’on leur ait expliqué qu’il était nécessaire de leur présenter seulement une moitié ou un tiers de la Torah.

Vous connaissez le dicton de notre maître(6), selon lequel un effort n’est jamais vain. Je suis certain que votre action et vos propos ont apporté leurs fruits et des fruits de fruits. Toutefois, à notre époque, on ne peut pas se contenter de peu. Il faut fournir l’effort nécessaire pour se servir de chaque instant, en cette période décisive, afin de sauver les âmes juives. En effet, qui sait si, par la suite, on pourra encore le faire ?

J’ai donc bon espoir que vous poursuivrez vos efforts en ce sens, que vous rejetterez totalement les menaces qui vous sont faites pour que vous ne multipliez pas les requêtes(7), de même que les doutes sur l’intérêt de votre action, car celui-ci est incontestable et il le sera encore plus si vous faites preuve de fermeté et si vous parlez ouvertement.

La divine Providence vous a offert la possibilité de mettre les cœurs en éveil, dans certains milieux. Car, jusqu’à maintenant, “ on a oublié la vérité, du fait des futilités de la période, on a dormi, l’on a sombré dans la torpeur et ce sommeil était agréable ”, selon l’expression du Rambam.

Je me permets d’ajouter que l’un des moyens d’action, en la matière, consiste à donner un exemple bon et positif, par ses pensées, ses paroles et ses actions, celui de quelqu’un qui mène l’action, qui guide et qui encourage. Le mérite de tous vous vient en aide pour vous renforcer et pour être vainqueur dans ce combat, qui sera plus aisé que vous l’imaginez.

Je crains que, pour différentes raisons, vous aurez moins de succès avec ceux qui sont d’âge mûr. En revanche, je pense que vous aurez une grande réussite avec les jeunes. Et, ceux-ci seront à même de convaincre les anciens. Nos Sages disent que l’un des signes de la période du talon du Machia’h(8) est que “ les jeunes gens feront blanchir le visage des vieux et ces derniers se lèveront devant les petits ”. Ceci peut aussi se réaliser d’une manière positive(9).

J’attends de bonnes nouvelles de tout cela et je vous souhaite, de même qu’à tous les vôtres, d’être inscrits et scellés pour une bonne et douce année.

Avec mes respects,

Pour ce qui est de l’action concrète :

Tous les Juifs sont “ croyants, fils de croyants ”. Ils ont foi en les propos de nos Sages, selon lesquels les Tefillin ont pour but de soumettre son cœur et son cerveau à Dieu. Or, toute la Torah fut comparée aux Tefillin. A l’autre extrême, des aliments qui ne sont pas cachers bouchent le cœur et le cerveau. Ceci(10) est donc bien le commencement le plus immédiat, s’appliquant à tous de la même façon.

De plus, il est essentiel d’introduire sa journée, au quotidien, en priant et en donnant quelques pièces à la Tsédaka, bien évidemment pendant la semaine. Il est clair que la prière sera faite selon le texte courant, reçu des membres de la grande Assemblée. Outre l’importance profonde de tout cela, il y a également là un aspect essentiel, la conscience que tous ceux qui accèdent à la Techouva sont unis par leur prière et par leur comportement quotidien.

Si quelqu’un désire faire un ajout à cela, de son initiative personnelle, il l’introduira après cette prière. A mon avis, et comme je le disais, cette prière doit respecter le texte figurant dans le Sidour. Il s’agira donc des bénédictions du matin, du Chema Israël, de la Amida, ce qui inclut également celles du Moussaf et de l’issue du Chabbat et des fêtes.

Il faut souligner, à chaque fois, que la négligence actuelle d’une Mitsva, même à l’instant du début, est effectivement une faute et, qu’à ce propos, la Techouva est également nécessaire.

Notes

(1) Le Rav I.Damyel de Ramat Gan. (2) Imprimé dans la livraison de Chavouot du “ Jeune ouvrier ”. Voir le Kfar ‘Habad n°273, pages 26 à 29. (3) Le Rav Meïr Blesinski. Voir, à son sujet, la lettre n°4353. Voir également la lettre suivante. (4) La ferveur plus que le formalisme. (5) L’inverse est vrai. (6) Du précédent Rabbi. (7) De multiplier la pratique des Mitsvot. (8) Juste avant sa venue. (9) Les anciens reviendront à la pratique juive grâce aux jeunes. (10) Le port des Tefillin et le respect de la Cacherout.

Lettre n°4730

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4730, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Elloul 5716,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Meïr(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous joins une copie de la lettre que j’adresse à monsieur Damyel(2) de même qu’un extrait que, pour des raisons évidentes, je n’ai pas souhaité inclure dans cette lettre. Il serait bon que vous lui parliez du contenu de cet extrait, en le présentant comme venant de vous en bien comme étant établi sur la base de mes opinions, en la matière. Je vous remercie de me dire ce qu’il en est.

A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, j’exprime ma bénédiction, à vous et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav M.Blesinski. Voir, à son sujet, la lettre n°2919. (2) Il s’agit de la lettre précédente.

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