Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°4691
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4691, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Elloul 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je suis très surpris par votre comportement. Vous avez eu le mérite que le Créateur du monde, dans Sa grande bonté, fasse des miracles évidents pour vous-même, votre épouse et les membres de votre famille. Et, puisse Dieu faire que vous n’ayez pas de doute, concernant la grossesse et le nom qui a été donné. Il y a véritablement eu là d’immenses miracles.
Certes, qui sait ? Mais, il est à peu près certain qu’une large part de ce qui s’est passé peut s’expliquer par la mission sacrée que vous assumez, dans cette ville, dans les écoles de mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël.
Or, après tout cela, vous considérez votre travail comme une contrainte. Vous pensez que vous rendez service aux autres. Certes, vous devez gagner votre vie et c’est pour cela que vous assumez ces fonctions. C’est bien évident. En outre, je ne souhaite pas en dire plus, car cela est douloureux.
En ce mois, le Roi se trouve dans le champ et Il accueille chacun avec bienveillance, comme l’explique longuement le Likouteï Torah, Devarim, page 32b. Il exaucera les requêtes des responsables communautaires et donc également les miennes, afin que tous se consacrent à ces actions de développement et d’élargissement, dans toute la mesure du possible. Quant à vous, vous formerez des disciples, qui seront “ une descendance bénie de Dieu ”.
Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela et pour que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, de même que les membres de votre famille.
Lettre n°4692
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4692, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Elloul 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre de la veille du Chabbat Parchat Choftim, dans laquelle vous m’apprenez que vous avez signé, de manière positive, le contrat avec la synagogue(1).
Puisse Dieu faire que ce soit en un moment bon et fructueux. Vous connaissez le dicton(2) du Tséma’h Tsédek, qui nous a été transmis par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. En effet, il a dit, une fois, à quelqu’un qui s’occupait d’une synagogue : “ Il a appelé le soleil (Chéméch) et la lumière a brillé ”, “ Il a appelé le Chamach(3) et la lumière a brillé ” dans la synagogue.
Dieu fasse qu’il en soit ainsi pour vous et que vous connaissiez la réussite. Ainsi, vous multiplierez les bénédictions, en tous vos besoins, de même qu’en ceux des membres de votre famille.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) Pour en être le bedeau, le Chamach. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4050. (3) Le bedeau. Terme qui, ponctué différemment, peut aussi se lire Chéméch, le soleil.
Lettre n°4693
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4693, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Elloul 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Il est sûrement inutile de souligner à quelqu’un comme vous que, si le rôle d’une école orthodoxe, de tout temps, a été d’enseigner notre sainte Torah aux élèves, une mission nouvelle lui a été confiée, à notre époque.
De nos jours, l’école doit éduquer aux valeurs juives, en général, à la pratique des Mitsvot, y compris en transmettant les connaissances les plus élémentaires, en d’autres termes faire de l’enfant un Juif à part entière, descendant d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov. Bien évidemment, cet objectif est encore plus important que de recevoir la connaissance de la Torah, si toutefois on peut distinguer l’un et l’autre.
En conséquence, comme je l’ai longuement expliqué par ailleurs, il est indispensable d’inclure dans tous les programmes scolaires, quels qu’ils soient, de la plus petite classe à la plus grande, un temps significatif pour l’étude des principes du Judaïsme, des Lois que l’on applique au quotidien, des coutumes. Et, vous connaissez l’enseignement de nos Sages selon lequel “ la pratique de la Torah est plus importante que son étude ”.
Il existe sûrement un programme général, duquel on doit tenir compte. Pour autant, il est certain que chaque directeur d’école a la possibilité d’introduire largement de telles connaissances et cette forme d’éducation. Tout ne dépend que de sa volonté.
Si l’on tient compte de l’importance de tout cela, de la valeur fondamentale de ce qui peut être accompli, on se dira que tout effort est justifié. Et, le mérite de tous ces enfants vous viendra en aide.
Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Lettre n°4694
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4694, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Elloul 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me dites que, quand vous vous trouvez à votre domicile, votre crainte de Dieu est supérieure à celle que vous avez en étant dans la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, bien que vous y étudiez, avec ardeur, la Torah, en général et la ‘Hassidout, en particulier. Vous me demandez ce que vous devez faire.
Il est bien évident que ce raisonnement vous est suggéré par votre mauvais penchant, qui souhaite vous empêcher de vous trouver dans la tente de la Torah et de la prière(1). En effet, l’une et l’autre ne se trouvent pas à la maison. Et, la Michna dit : “ la Torah est acquise en s’attachant à des amis(2) ” et “ Pars en exil dans un lieu de Torah ”. Il en est de même pour la prière et, en particulier, pour l’étude de la ‘Hassidout. Vous redoublerez donc d’ardeur et vous exciterez le mauvais penchant(3), comme l’explique le Tanya.
Que Dieu vous accorde la réussite.
Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin. De même, vous porterez un Talith Katan dont les Tsitsits seront vérifiés.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) A la Yechiva (2) A des compagnons d’étude. (3) Contre le bon penchant.
Lettre n°4695
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4695, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Elloul 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du Roch ‘Hodech du mois de la miséricorde(1), dans laquelle vous me demandez de vous désigner la porte de la Torah et de la crainte de Dieu, de vous indiquer le moyen de garder ses yeux et sa langue(2).
Il est clair que cela dépend de différents éléments, des traits de caractère de celui qui pose cette question, des conditions de l’endroit. Néanmoins, l’idée générale est exprimée par le saint Tanya, au début du chapitre 41. Il faut mettre en éveil la crainte de Dieu que chacun possède naturellement, méditer au fait que Dieu se trouve devant soi, qu’Il sonde les entrailles et le cœur afin de déterminer si on Le sert comme il convient. Vous consulterez ce texte.
Le comportement que l’on doit adopter par la suite peut être envisagé de différentes manières et selon plusieurs voies. Vous exposerez donc votre situation à des ‘Hassidim amis, qui vous connaissent. Ceux-ci
vous guideront, en se basant sur leur expérience, acquise auprès de leurs élèves.
La période est propice pour connaître la réussite, en la matière, comme l’explique le Likouteï Torah, à la Parchat Reéh, page 32b, qui dit qu’en Elloul, le Roi se trouve dans le champ et Il accueille avec bienveillance tous ceux qui se rendent auprès de Lui. Vous consulterez ce texte.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Elloul. (2) Des visions et des propos interdits.
Lettre n°4696
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4696, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Elloul 5716,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
aux multiples connaissances, le Rav C.Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Voici ce qui fait essentiellement l’objet de la présente. J’ai eu, hier, la visite du Rav Hollander(2). Il m’a dit, entre autres, qu’étant à Kiev, il s’est rendu, avec ses amis, chez le rabbin de la ville, le Rav Panitch. Quelqu’un y était présent qui s’est présenté comme le mari de la sœur de l’épouse, en premières noces, du Rav Zevin Chlita. Je ne possède aucun autre détail. Il semble qu’il s’agisse d’un vieil homme, devant avoir quatre vingt ans. Il a ajouté discrètement que, pendant la nuit, il éteint la lumière et écoute les émissions radiophoniques de Terre Sainte(3).
J’ai compris que le Rav Hollander ne vous avait pas encore prévenu de tout cela. Il est très occupé et je me demande même s’il le fera. C’est la raison pour laquelle je vous adresse ces quelques lignes.
Vous avez sûrement reçu mes télégrammes. J’y ajouterai ce que m’a dit le Rav Valgelernter. Lui-même s’adressera, peut-être même par télégramme, aux grands rabbins, à propos de la question des bateaux(4), en général, de celui-ci qui doit voyager le 22/8, en particulier.
A l’issue d’une longue discussion que nous avons eue à ce sujet, il(5) n’a pas été capable de me donner une seule raison, même la plus faible, en la matière. J’ai, pourtant, cité, dans notre discussion, ce que disent les journaux de Terre Sainte sur la prétendue “ situation de force majeure ”. En effet, “ si les dépenses augmentent, il y aura de moins en moins de voyageurs et, à terme, ces voyages disparaîtront complètement ”.
De même, on m’a cité hier une curieuse explication : “ Si le bateau s’immobilise, pendant un jour ou deux, au milieu de son voyage, les frais de sécurité qui en découleront seront très élevés. Les prix augmenteront et il y aura moins de voyageurs ”. Il est, bien entendu, risible d’envisager qu’il en soit ainsi.
A ce propos, on peut vérifier à quel point il est exact de dire que “ à force de vouloir approfondir ta compréhension(6)… ”. En effet, la volonté dénature la compréhension, parfois même de manière effroyable. Quelqu’un, ici, veut donner une autorisation(7) et ne trouve aucune raison logique, permettant de le faire. Il justifie donc sa position en avançant le raisonnement typique suivant, que connaissent ceux qui fréquentent la Yechiva et qui est formulé avec un profond sérieux :
“ Si l’on prétend que ce voyage est interdit parce que le bateau pourrait s’arrêter dans un port, pourquoi les derniers Sages discutent-ils de la possibilité de voyager quand les marins sont juifs ? Il faut bien en conclure que ce voyage est permis ”.
Bien évidemment, il a aussitôt ajouté que, d’après ce “ raisonnement ”, les propriétaires des bateaux ont le droit de les faire voyager pendant le Chabbat. En effet, les premiers et les derniers Sages traitant de cette question, d’un bateau appartenant à des Juifs, ne précisent pas que ces propriétaires s’écartent de la pratique juive.
En fait, je n’aurais même pas fait mention de tout cela si je ne craignais qu’en Terre Sainte, on se serve de tous ces arguments, bien plus, on mette en avant la situation de force majeure, l’éventuelle disparition de ces bateaux, dans quelques années, comme on l’a dit.
J’expliquerai également le contenu du télégramme. D’après la description de la situation, en fonction d’informations que j’ai obtenues d’une manière officieuse, il est bien clair que s’il n’y avait pas de pressions exercées par le rabbinat et les voyageurs, la direction de Zim n’accepterait pas l’interdiction(8). De plus, on a dernièrement introduit un nouvel argument, selon lequel “ ces voyages sont un fait accompli, depuis des années déjà ”.
A l’inverse, si le rabbinat et les groupes de voyageurs réclament avec fermeté, en disant que s’ils n’obtiennent pas gain de cause, ils n’emprunteront plus ces bateaux, il est certain que la direction de Zim recherchera un arrangement, au moins pour quelques bateaux.
C’est pour cela que j’ai souligné, dans mon télégramme, que, même s’il était possible de trouver une permission pour les voyageurs, à condition de ne pas boire l’eau douce qui se trouve à bord, de ne pas l’utiliser pour se laver, de renoncer au confort, autant de conditions que, bien entendu, la plupart ne respecterait pas, une telle autorisation serait, de fait, supprimée par l’interdiction faite aux propriétaires des bateaux(9).
De plus, j’ai appris, à ma grande surprise, par le Rav Valgelernter, que l’on recherche quelqu’un, possédant peut être des notions de mécanique, qui inspecterait le bateau pendant qu’il est en marche, afin de voir comment il est dirigé et comment fonctionnent les machines. Bien évidemment, des difficultés surgissent et j’en suis profondément surpris. Mais, pour l’heure, personne n’a demandé le journal de bord des dernières semaines, qui recense les actions et les travaux menés sur le bateau, d’une manière claire et détaillée. J’ai fait valoir que c’était la vérification la plus aisée et il n’a pas pu me répondre.
A ce propos, les jeunes émissaires(10), auxquels Dieu accordera longue vie ont rapporté ici que le Rav Franck s’était plaint, en leur présence, de ne pas connaître le contenu de mes lettres. Néanmoins, d’après ce qu’il en a entendu, il serait du même avis. Ceci m’a conduit à demander, par télégramme, qu’on lui montre mes lettres.
Pour l’instant, je conserve ici l’analyse, faite pour les journaux, du problème des bateaux. On a imprimé ici uniquement ce qui a été rédigé en Terre Sainte. Néanmoins, si cette situation perdure, je crains que toute l’affaire soit diffusée auprès du large public. C’est une raison de plus établissant la nécessité de régler cette situation au plus vite.
Il faut également apprendre une leçon de tout cela. Le verset dit : “ Ah, ils tirent la faute par des cordes futiles ”. Au début, les bateaux partaient d’ici quelques jours avant le Chabbat. Puis, l’on a vraisemblablement vu que tout allait bien et que tout était calme. On a donc commencé à les faire partir également à la veille du Chabbat.
Bien évidemment, ils ne partent pas exactement au lever du jour, ce qui est, du reste, impossible, car plusieurs démarches administratives sont nécessaires avant qu’un bateau quitte le port. Or, les bureaux maintiennent leurs heures de fermeture, si ce n’est dans des cas très exceptionnels. Ils ne font pas d’heures supplémentaires et ne commencent pas leur journée plus tôt. En général, les bateaux partent donc vers midi et parfois même plus tard.
Cela s’est également bien passé, sans réaction. Un fait nouveau a donc été introduit, cette année. D’après le programme, un bateau part d’ici à la veille de Yom Kippour. Et, entre parenthèses, en fonction de ce qui vient d’être dit, tous les marins savent qu’en plus des démarches administratives, il faut aussi, pour quitter les ports importants, ayant une grande activité, que les paquebots soient remorqués jusqu’au large. C’est ensuite seulement que les manœuvres commencent, à proprement parler, sur le bateau, que ses machines se mettent en marche, alors que la remorque rentre au port. Cela aussi prend beaucoup de temps et, parfois même, plusieurs heures.
En plus de cela, quand les passagers embarquent, plusieurs heures sont également nécessaires, en particulier pour mettre à jour les listes, les carnets, les reçus relatifs à tout ce qui a été mis en dépôt, les modifications, d’une cabine à l’autre, par rapport à ce qui est inscrit dans les livres de bord. De façon générale, ces travaux durent de nombreuses heures. Bien évidemment, si le voyage commence dans l’après-midi, à la veille du Chabbat, ils s’achèvent longtemps après le coucher du soleil et l’apparition des étoiles.
Mais, pour ma part, je pense que toutes ces précisions sont inutiles, puisqu’il y a là un point bien plus grave(11). Mon but(12) est uniquement de vous montrer à quel point les propriétaires des bateaux et tous ceux qui ont voyagé à la veille du Chabbat abusent l’opinion publique. En effet, il est impossible qu’ils ne sachent pas tout cela, puisqu’ils l’ont eux-mêmes vécu. Malgré cela, ils affirment, haut et fort, que l’on n’effectue aucun travail, qu’il n’y a pas le moindre risque d’interdiction, en la matière. Or, c’est précisément leurs paroles qui sont entendues.
Le Rav Hanzin(13) m’a demandé, y compris en votre nom, s’il fallait reproduire ou photocopier mes lettres et les adresser à différents Rabbanim de Terre Sainte. Intrinsèquement, il est très judicieux qu’eux-mêmes(14) sachent comment fonctionnent ces bateaux. Il semble, en effet, que l’on ne connaisse rien de tout cela. Néanmoins, faut-il les envoyer par la poste ? Pour différentes raisons, on peut craindre des réactions négatives.
A mon sens, il serait donc plus facile de trouver un ‘Hassid, en chaque endroit où se trouvent des membres du grand rabbinat, qui prenne l’initiative de leur rendre une visite personnelle et, au cours de celle-ci, de leur montrer mes lettres ou bien de leur en laisser une copie. On expliquera à ce ‘Hassid les réponses qu’il devra donner aux questions qu’on pourra lui poser.
S’il est exact, comme je l’ai déduit des propos du Rav Valgelernter, qu’il faille convaincre tous les membres du rabbinat, il faut, avant tout, voir comment l’on peut mettre tout cela concrètement en pratique. Il est clair que, s’il en résulte des dépenses, par exemple pour les photocopies, je serais heureux de les prendre en charge. Bien évidemment, vous pouvez, en mon nom, engager à l’action tous les ‘Hassidim qui peuvent agir, en la matière. Néanmoins, il faut se demander s’il est bon de faire une grande publicité de tout cela.
J’espère que vous avez parlé, de la manière qui convient, avec monsieur Chazar(15), des dépenses occasionnées par le voyage des émissaires, auxquels Dieu accordera longue vie. Bien entendu, il n’est p as bon que ceci devienne une dette en souffrance. Pour lui-même, il est sans doute plus aisé d’accorder une subvention de sa caisse, peu de temps après leur visite, plutôt que de nombreuses semaines après celle-ci.
Je ne connais pas encore, avec précision, le coût de ce voyage et des frais de séjour en Terre Sainte. Il semble, néanmoins, que le montant en soit supérieur à ce que je pensais. Puisse Dieu faire que l’apport de leur visite justifie cette dépense, même si l’on tient compte de la limite des possibilités financières, bien plus qu’il lui soit largement supérieur.
Je vous joins les dernières parutions. Sans doute en mettrez-vous le contenu à la disposition du plus grand nombre. Le mérite de tous dépend de vous.
En vous remerciant et avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
M. Schneerson,
Je viens d’avoir connaissance d’une curieuse rumeur, selon laquelle un Rav a exclu de sa Yechiva deux jeunes gens parce qu’ils étudiaient la ‘Hassidout. Cette nouvelle est-elle fondée ?
Je viens d’apprendre que, ces prochains mois, à partir de Tichri, et bien que les journées raccourcissent, on a décidé que tous les bateaux israéliens partiraient d’ici à la veille du Chabbat.
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4310. (2) Voir, à son sujet, les lettres n°4310 et 4414. (3) Dont certaines sont animées par le Rav Zevin. (4) Israéliens voyageant le Chabbat. Voir, à ce sujet, la lettre n°4555. (5) Le Rav Valgelernter qui défend le voyage de ces bateaux pendant le Chabbat. (6) Tu t’es trompé. (7) Ces voyages. (8) De tels voyages. (9) De les faire voyager pendant le Chabbat, ce qui a pour conséquence d’interdire aux voyageurs de profiter de la profanation du Chabbat, de la part de ces propriétaires. (10) Envoyés par le Rabbi en Terre Sainte, à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir, à ce sujet, l’avant-propos et la lettre n°4546. (11) La profanation du Chabbat que constitue un tel voyage, indépendamment de tout ce qui vient d’être cité. (12) En mentionnant ces précisions. (13) Le Rav David Hanzin, de Peta’h Tikva. (14) Ces Rabbanim. (15) Voir, à ce sujet, la lettre n°4310.
Lettre n°4697
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4697, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Elloul 5716,
Brooklyn,
A madame Mary(1),
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 2/8 et vous avez sûrement déjà reçu celle qui faisait suite à votre précédente lettre. J’y répondais partiellement à la question que vous abordez, dans votre présent courrier.
Comment faire éditer ce livre(2) ? A mon avis, il faut le faire imprimer et ne pas lui conserver une forme manuscrite. Aussi, s’il y a un espoir que l’on puisse faire paraître l’ensemble du livre, avec tous ses additifs et les notes, en bas de page, il est certain que cela est positif.
A l’opposé, si la publication est conditionnée par tel ou tel autre élément et que, de ce fait, elle sera impossible ou bien prendra très longtemps, il faut envisager une édition partielle, reprenant uniquement les ajouts et rappelant, à chaque fois, la référence correspondante dans la précédente édition du Séfer Ha Rikma.
Cette dernière solution aura un coût beaucoup plus réduit. Le livre sera publié plus aisément. Le Séfer Ha Rikma, en tout état de cause, ne s’adresse pas au grand public et il est réservé aux spécialistes. Il n’y a donc pas lieu de craindre que l’on ne s’en serve pas, parce qu’il faudra, en permanence, consulter un autre livre.
En souhaitant que vous puissiez réaliser votre souhait sans difficulté et de la meilleure façon, que vous soyez inscrite et scellée pour une bonne année,
Notes
(1) Madame M. Wilenski, de Cincinnati. Voir, à son sujet, la lettre n°4344. (2) Du Séfer Ha Rikma, commenté par le Rav Wilenski, mari de la destinataire de la présente. Voir, à ce sujet, la lettre n°4344.
Lettre n°4698
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4698, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Elloul 5716,
Brooklyn,
A mon proche parent, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
le Rav Yehouda Leïb(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 25 Mena’hem Av, dans laquelle vous me décrivez les actions et les impressions résultant de la visite des jeunes émissaires(2), les Rabbanim auxquels Dieu accordera longue vie. Soyez satisfait, comme vous m’avez vous-même satisfait.
En effet, le contenu de votre lettre raffermit mon espoir que les ‘Hassidim de Terre Sainte feront effectivement tout ce qui est en leur pouvoir pour que la visite, les actions et les impressions servent au but essentiel, qui est la diffusion des sources(3) à l’extérieur, comme l’ordonne notre Torah. Et, cette diffusion aura un effet concret, dans l’existence quotidienne, dans les pensées, dans les paroles et dans les actions.
Bien plus, nous sommes dans la période favorable que constitue le mois de la miséricorde(4), lorsque le Roi se trouve dans le champ et accueille avec bienveillance quiconque vient l’y rencontrer, comme l’explique le Likouteï Torah, à la Parchat Reéh, page 32b, que vous consulterez.
Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles, dans ce domaine également.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) Le Rav Y.L. Slonim, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4436. (2) Envoyés en Terre Sainte par le Rabbi, à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir, à ce sujet, l’avant-propos et la lettre n°4546. (3) De la ‘Hassidout. (4) Celui d’Elloul.
Lettre n°4699
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4699, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Elloul 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 14 du mois de Mena’hem Av, qui m’est parvenue avec un peu de retard.
Pendant les jours et les semaines passées, vos capacités se sont affirmées, dans le domaine de la pédagogie et de l’éducation. Vous pouvez, en conséquence, évaluer ce que sera votre succès futur et prendre la décision qui convient.
Vous me faites part de la manière dont vous avez été affecté par ce qui vous entoure. J’ai déjà donné mon opinion, à ce sujet. Il ne faut y prêter aucune attention et, pour y parvenir, le meilleur moyen est de vous concentrer sur une bonne pensée.
Vous le ferez plus aisément si vous apprenez par cœur et gravez dans votre mémoire ce que dit le Tanya, au début du chapitre 41 : “ Voici, Dieu se trouve devant lui… ”. Vous consulterez ce texte.
Je suis surpris que vous ne disiez rien, dans votre courrier, de la vérification de vos Tefillin et des autres points que je mentionnais dans ma précédente lettre.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Lettre n°4700
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4700, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Elloul 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du mois de Mena’hem Av, dans laquelle vous faites référence au rituel de prière et au nœud des Tefillin.
Conformément à la tradition de ‘Habad, l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, a établi ce rituel en consultant des dizaines de livres. En effet, la prière a pour but d’apporter l’élévation à tout ce qui concerne l’homme, spirituellement et même matériellement.
Il est donc clair que, pour quiconque désire appartenir aux ‘Hassidim de l’Admour Hazaken, il est très bon et judicieux de prier selon le rituel qu’il a lui-même instauré.
Il en est de même pour le nœud des Tefillin et pour tout ce qui est lié à la prière.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai tous ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°4701
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4701, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Elloul 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du second jour de Roch ‘Hodech Elloul, le mois de la miséricorde, qui est émaillée de plaintes sur votre situation. En effet, vous dites que vous ne connaissez pas la réussite, y compris dans l’influence que vous exercez sur les autres.
Vous connaissez le dicton(1) de nos saints maîtres, selon lequel tout obstacle à ce qui est utile ou bien à ce qui renforce concrètement le service de Dieu, même pour la cause la plus élevée, n’est qu’un stratagème de l’âme animale.
Et, il en est bien ainsi, pour ce qui vous concerne. Si ces plaintes accroissaient votre ardeur à l’étude de la Torah, à la pratique des Mitsvot et à la diffusion des sources(2) à l’extérieur, elles seraient peut-être justifiées, même si elles ne sont pas conformes aux voies de la ‘Hassidout, rappelant que : “ Vous servirez Dieu dans la joie ”.
En revanche, si mes craintes s’avèrent fondées, si ces plaintes vous affaiblissent dans tous ces domaines, vous êtes en présence d’un stratagème bien connu du mauvais penchant, qui dit à l’homme : “ En tout état de cause, tu ne réussiras pas, tu ne pourras pas me vaincre. Pourquoi t’engager sur cette voie(3) ? ”, ce qu’à Dieu ne plaise.
Le mensonge qu’il y a dans cet argument est bien clair. En effet, chacun d’entre nous, au sein de tout le peuple d’Israël, a reçu l’assurance d’avoir part au monde futur, ainsi qu’il est dit : “ Aucun d’entre nous ne sera repoussé ”.
A notre époque, un autre point s’ajoute à tout cela, comme l’expliquent les discours ‘hassidiques du Chabbat Parchat Ekev(4) et du Chabbat Parchat Choftim(5) : “
‘Et ce sera si’, pendant la période du talon(6) du Machia’h(7) : alors, il est certain que ‘vous écouterez ces jugements’ ”, car il s’agit de la dernière génération, que la transformation de la matière ne peut pas être remise à plus tard. De ce fait, “ il est certain que vous écouterez ”, car une réflexion, même sommaire, suffit pour faire la preuve au “ vieux roi ”(8), qu’une telle ruse est insensée, de sa part.
Il est, toutefois, beaucoup plus judicieux de ne pas engager le dialogue avec lui. Il est dommage de consacrer du temps à cela. De plus, il est dit que “ celui qui se lie à un homme dépravé…(9) ”. Vous devez donc exciter le bon penchant contre lui, vous expliquer à vous-même qu’il est, certes, dit : “ Vous ne serez pas libérés à la hâte ”, mais qu’il en sera ainsi uniquement quand la délivrance, la sortie de l’exil aura déjà commencé, mais non en ces derniers instants de l’exil.
Bien au contraire, en cette période, chaque instant reçoit une valeur considérable. Très bientôt, “ arriveront les années à propos desquels Tu diras : Je ne les souhaite pas ”(10), selon l’expression du traité Chabbat 151b. Il faut donc se servir de chacun de ces instants de la manière la plus efficace.
Un peu de lumière repousse beaucoup d’obscurité et il est clair qu’en servant Dieu, d’une manière directe, par la Torah et les Mitsvot, on peut repousser l’obscurité beaucoup plus clairement qu’en engageant le dialogue avec le mauvais penchant.
Ce qui vient d’être dit vous montre également à quel point il est important d’étudier la dimension profonde de la Torah, suscitant l’amour et la crainte de Dieu. Vous consulterez, à ce propos, le Rambam, lois des fondements de la Torah, au début du chapitre 2 et la fin de l’introduction du Séfer Ha ‘Hinou’h.
Et, cette étude doit être quotidienne, comme la mesure qui protège la récolte(11), laquelle est, en l’occurrence, la partie révélée de la Torah, comme l’enseignent nos Sages, au traité Chabbat 31a : “ Il lui dit : il aurait été préférable… que… sans… ”(12). Le Likouteï Torah, Vaykra, à la page 6a, explique tout cela. Vous le consulterez.
Puisse Dieu faire que ces quelques lignes, relativement brèves, compte tenu de l’importance du sujet, vous persuadent d’influencer vos amis(13), en la matière.
A l’occasion de votre anniversaire(14), vous avez sûrement adopté la coutume récente des ‘Hassidim, en ce jour. Puisse Dieu faire que vous ayez une année de réussite, dans l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, dans la pratique la meilleure des Mitsvot, ce qui inclut aussi et avant tout la prière fervente, qui est la colonne vertébrale donnant sa stature au corps dont les membres sont les deux cent quarante huit Injonctions de la Torah. Vous consulterez, à ce sujet, le Likouteï
Torah, Balak, à la page 74.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°4540. (2) De la ‘Hassidout. (3) Celle d’une cause perdue. (4) Voir le Séfer Ha Maamarim 5716, page 544. (5) Voir le Séfer Ha Maamarim 5716, page 552. (6) Ekev signifie à la fois ‘si’ et ‘talon’. (7) Juste avant sa révélation. (8) Le mauvais penchant. (9) Devient lui-même dépravé. (10) Il sera trop tard pour accomplir tout cela. (11) Une mesure de terre salée est mêlée au blé, pour le conserver. (12) Il aurait été préférable de ne pas récolter, plutôt que de le faire sans y placer cette mesure de terre salée. (13) Textuellement “ d’être humide, au point d’humidifier les autres ”. (14) Voir, à ce sujet, la lettre n°4339.
Lettre n°4702
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4702, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Elloul 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, qui n’était pas datée, dans laquelle vous évoquez les fouilles archéologiques de Beth Chéarim. Entre temps, vous avez sûrement eu connaissance des lettres des Rabbanim de Terre Sainte, à ce sujet.
Je suis surpris que vous ne disiez rien de votre situation, concernant votre étude de la Torah et votre pratique de ses Mitsvot, lesquelles sont le canal et les réceptacles de tout ce qui concerne un homme juif et, en particulier, un élève de Yechiva. Sans doute me préciserez-vous tout cela, à la prochaine occasion.
Puisse Dieu faire que vous m’appreniez également que vous avez un temps fixé pour l’étude de l’enseignement profond de la Torah qui, à notre époque, s’est révélé dans la ‘Hassidout, permettant à l’homme d’aimer Dieu et de Le craindre. Vous consulterez, à ce sujet, le Rambam, lois des fondements de la Torah, au début du chapitre 2(1).
C’est également la ‘Hassidout qui permet de percevoir l’Unité de Dieu, en expliquant ce qu’elle est réellement. Ce sont là des Mitsvot perpétuelles(2), s’appliquant à tout moment et en tout lieu, pour chaque homme juif, comme l’explique l’introduction du Séfer Ha ‘Hinou’h(1).
Puisse Dieu faire que vous intensifiez ce temps fixé(3). La Hala’ha souligne, en effet, que l’on s’élève dans le domaine de la Sainteté. Et, vous influencerez vos amis en ce sens.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Voir la lettre précédente. (2) L’amour de Dieu, la crainte de Dieu, la proclamation de Son Unité. (3) Consacré à l’étude de la ‘Hassidout.
Lettre n°4703
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4703, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Elloul 5716,
Brooklyn,
A mon proche parent, le Rav et ‘Hassid,
aux idées pures, issu d’une illustre famille,
le Rav Avraham Yehouda(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre de la veille de Roch ‘Hodech du mois de la miséricorde(2), qui faisait suite à une longue interruption. Comme vous me le demandez, je mentionnerai ceux que vous citez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. J’ai appris, avec satisfaction, par votre lettre, que vous avez pris part à l’action menée en faveur de cet homme.
Puisse Dieu faire que vous en recueilliez les fruits et les “ fruits de fruits ”. Avant tout, cette démarche ne restera pas au stade de la parole, mais une action concrète en résultera, ce qui veut dire que, grâce à votre effort, cet homme comprendra que l’acte est essentiel. Bien plus, vous êtes à l’origine de tout cela et vous allez ainsi à l’encontre de ce qui semble être une évidence pour l’intellect humain.
Ce qui vient d’être dit peut être rapproché des deux avis, énoncés par le traité Chabbat 88a, celui du Saducéen et celui de Rava, selon lequel, en proclamant : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”, on se préserve des falsifications de l’intellect.
Pour notre malheur et pour notre peine, il semble qu’en ces derniers mois, le combat contre la religion se soit renforcé, fouilles archéologiques de Beth Chéarim(3), respect du Chabbat, viande de porc(4), réforme. Il est difficile d’en dire plus, tant cela suscite la peine et même l’effroi.
Parmi les livres que j’ai reçus dernièrement, figure également une biographie du Gaon de Vilna. J’ai été surpris d’y trouver une référence, à votre nom, renvoyant à ce que dit le Tséma’h Tsédek, à propos du Gaon de Vilna, à la fin des décisions hala’hiques du Tséma’h Tsédek(5).
Si j’avais vu cette référence au nom de quelqu’un d’autre, je n’aurais sûrement pas été aussi surpris. Néanmoins, je sais la valeur que vous accordez aux récits de nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera, en particulier à ceux que vous avez entendus dans la maison de votre père(6).
Je suis donc effectivement très étonné. Comment avez-vous pu accepter ce qui contredit totalement la conception qu’avait le Tséma’h Tsédek de la Torah, alors que son cœur était celui d’un lion ? Vous consulterez la conclusion de ses décisions hala’hiques, rapportant ce qu’il dit d’un enseignement de l’Admour Hazaken.
Certes, qui suis-je…(7) ? Néanmoins, c’est la Torah…(8). Vos paroles appartenaient sûrement au domaine de la Sainteté, pour ce qui concerne le Tséma’h Tsédek. Mais, comment avez-vous pu envisager ce que vous écrivez, là-bas, à son propos ?
De la même façon, il est rapporté qu’un Grand de notre peuple, quand on lui cita une explication au nom du Rambam, répondit que celle-ci n’était mentionnée nulle part. Il précisa ensuite que sa réponse catégorique n’avait pas été formulée sur la base de son érudition. En fait, cette affirmation heurtait la logique et il était donc impossible que le Rambam en soit l’auteur.
Voici ce qui se passa concrètement(9), comme je l’ai entendu de mon beau-père, le Rabbi. Les décisions hala’hiques du Tséma’h Tsédek furent imprimées à Vilna, où les opposants à la ‘Hassidout étaient puissants, à l’époque, d’autant qu’on passait alors, à Loubavitch, d’une personne à une autre(10).
Un copiste rajouta donc les mots que vous citez. Quand l’ouvrage quitta l’imprimerie, on s’aperçut de cet ajout et on ne le rectifia pas, par la suite, dans la plupart des éditions. On en conserva seulement quelques unes, qui étaient exactes, comme en témoigne le grand nombre d’exemplaires de la dernière édition, parue ces derniers mois.
Et, c’est précisément ces derniers mois que des opposants à la ‘Hassidout, héritiers de cette époque, ont, de nouveau, marqué leur défiance devant la diffusion de son enseignement. Ils se servent de moyens effroyables pour lui faire obstacle, allant jusqu’à exclure des élèves de la Yechiva, parce que ceux-ci ont été découverts alors qu’ils étudiaient le Tanya(11). Bien entendu, comme c’est le cas, ces dernières années, nul n’y prête attention.
Une telle erreur est donc regrettable, même si, de façon générale, de telles anomalies sont inévitables.
Je possède le manuscrit de ces décisions hala’hiques, qui, certes, est uniquement une copie, l’original étant resté de l’autre côté de l’océan(12). Bien entendu, ces deux lignes ne s’y trouvent pas.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne année, pour vous et les membres de votre famille et, avant tout, pour que vous possédiez la clarté, d’une manière positive.
Notes
(1) Le Rav A.Y. Chen, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°3950. (2) Elloul. (3) Voir la lettre précédente. (4) Textuellement “ l’autre chose ”. (5) Ouvrage paru aux éditions Kehot, page 138. (6) Il s’agit du Rav David Tsvi Chen. (7) Pour faire des remontrances aux autres. (8) Et, il convient de l’étudier. (9) Voir, à ce propos, la lettre n°2484. (10) D’un Rabbi à son successeur. (11) Voir, à ce propos, la fin de la lettre 4696. (12) En Europe.
Lettre n°4704
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4704, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Elloul 5716,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Aharon Its’hak(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 2 Elloul.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom et celui des membres de votre famille, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef d’Israël, à propos de ce que vous m’écrivez.
Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin et, au moins à l’avenir, vous adopterez la pratique instaurée par mon beau-père, le Rabbi, celle des trois études bien connues, portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya.
Une autre pratique convient à votre âge(2), d’après ce qui nous a été transmis par mon beau-père, le Rabbi. Il serait bon, en effet, que vous appreniez la Michna, d’une manière fixe, en plus de vos autres études. Dans la mesure du possible, vous en apprendrez quelques chapitres par cœur.
Dieu vous accordera la réussite en tout cela.
Vous évoluez parmi des personnes qui ont beaucoup de temps libre(3). Vous devez donc vous considérer comme l’émissaire de Dieu pour diffuser le Judaïsme en général, la pratique des Mitsvot, l’étude de la Torah, en particulier celle des lois qui sont d’application quotidienne. Et, vous connaissez le dicton de nos saints maîtres selon lequel un effort n’est jamais vain.
Que Dieu vous accorde de longs jours et des années agréables. Et, vous m’annoncerez de bonnes nouvelles de tout cela.
Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
N. B. : J’espère que vous participez aux réunions des ‘Hassidim, qui ont également lieu à Tel Aviv, de temps à autre. Tout au moins, le ferez-vous à l’avenir.
Notes
(1) Le Rav A.I. Baum, de Tel Aviv. (2) Vraisemblablement avancé. (3) Les retraités.
Lettre n°4705
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4705, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Elloul 5716,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
est empli d’empressement, se consacre aux
besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Chaoul(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre de l’issue du Chabbat, qui faisait suite à une longue interruption. Je suis surpris de constater que vous avez pris l’habitude, semble-t-il, de supprimer toute ligne réjouissante de vos courriers. Il est certain que, quand on est affecté et peiné, on a du mal à intégrer des informations réjouissantes.
Pour autant, celles-ci existent et les faire connaître à un autre Juif, qui s’y intéresse, est un moyen de mettre en pratique la Mitsva d’aimer son prochain, ainsi qu’il est dit : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”, ce qui est “ un grand principe de la Torah ” et le réceptacle permettant d’accomplir l’Injonction : “ Tu aimeras l’Eternel ton Dieu ”, conformément au dicton bien connu de l’Admour Hazaken.
Je fais allusion, en particulier, à l’extension du bâtiment(2). Même si celle-ci est réduite, elle n’en est pas moins une extension. De même, il y a la pose de la première pierre(3).
Vous demandez quelle sera l’issue finale de tout cela. Il me semble vous avoir déjà écrit que, sans l’ombre d’un doute, si l’on s’attelle à la tâche, et si vous êtes le premier à le faire, votre action se maintiendra solidement. En tout état de cause, elle ne sera pas diminuée, par rapport à ce qu’elle est actuellement. Il est certain que cette institution se développera de plus en plus.
Sans même être sur place, je doute que des miracles soient nécessaires pour cela, comme vous l’écrivez dans votre lettre. On pourra sûrement s’en passer. Néanmoins, la situation présente évoque ce que dit la ‘Hassidout, concernant la valeur de l’abnégation d’Avraham. En effet, celui-ci ne chercha pas à offrir sa vie. Il se consacra à la mission qui lui était confiée, ainsi qu’il est dit : “ Il invoqua, là-bas, le Nom de l’Eternel, Dieu du monde ”. Mais, s’il fallait, pour cela, donner sa vie, il était prêt à le faire. A n’en pas douter, il en est de même, en l’occurrence.
Puisse Dieu faire que vous observiez tout cela avec un œil plus réjoui, malgré les difficultés, les voiles et les obstacles. De la sorte, votre service de Dieu sera plus joyeux et “ la joie brise les limites ”.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, par retour du courrier, de vous-même et de toutes les autres personnes qui participent à votre action sacrée, afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
N. B. : Je vous joins un chèque pour les besoins de la Yechiva.
Notes
(1) Le Rav H.C. Brook, de Richon Le Tsion. Voir, à son sujet, la lettre n°4407. (2) De la Yechiva A’heï Temimim de Richon Le Tsion, ce qui est une nouvelle réjouissante. (3) De cette même Yechiva. Voir, à ce sujet, la lettre n°4653.
Lettre n°4706
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4706, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Elloul 5716,
Brooklyn,
Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
Naftali Ha Cohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 5 Elloul et à celle qui la précédait, dans lesquelles vous me faites part de ce que l’on vous demande(2). Vous étudiez actuellement le Tanya dans un endroit proche et l’on attend de vous que vous vous rendiez en un lieu beaucoup plus éloigné. Il semble que les raisons en soient les suivantes :
A) Le cours ayant lieu à proximité s’en trouvera affaibli et, a fortiori, il ne se développera plus.
B) Pendant le troisième repas du Chabbat, vous ne participerez plus, comme vous le faites actuellement, à la réunion au cours de laquelle est récité un discours ‘hassidique. A la place de cela, vous suivrez un cours d’Ethique.
Vous avez fait valoir que nombre de vos amis ne prennent pas part à ce cours d’Ethique et l’on vous a répondu que ceux-ci n’assistent pas non plus à la réunion ‘hassidique, pendant laquelle on prononce des paroles de Torah, alors que vous-même y êtes présent.
Vous me demandez de quelle manière vous devez réagir, par rapport à ces exigences.
Je suis surpris par une telle question. Je sais, en effet, que vous étudiez profondément la Guemara et ses commentaires, depuis quelques temps déjà. Or, même une étude superficielle de celle-ci permet de déterminer la manière de considérer de telles demandes. Cette déduction sera faite par ordre croissant de complexité :
A) Même si l’on considère toutes ces modifications comme un simple changement de coutume, conservant un contenu identique pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, vous connaissez la Hala’ha relative aux lacets(3). En effet, lorsque l’objectif, la volonté profonde est la recherche de la faute, la transgression d’un certain aspect de la Torah et des Mitsvot, on applique à ce décret toutes les caractéristiques de la pratique que l’on cherche à supprimer.
Il en est de même, en l’occurrence. D’après ce que vous écrivez, il est clair que le but de ces deux modifications est d’affaiblir votre étude d’une partie de la Torah, de vous en éloigner. Or, la Torah est intègre et toutes ses parties furent données sur le mont Sinaï. Il faut donc considérer cette exigence comme une demande qui vous est faite de réduire votre étude de la Torah ou une partie de celle-ci et d’influencer les autres pour qu’ils en fassent de même.
B) Un autre point s’ajoute à cela. Si ce changement aboutit à une situation plus mauvaise que la précédente, il est clair qu’il est d’autant plus grave. En effet, on fait l’acquisition de la Torah, en particulier, en s’attachant à des compagnons d’étude et en discutant avec les élèves. Il faut donc appliquer, en la matière, l’enseignement de nos Sages selon lequel “ un homme doit étudier le texte qui l’attire ”.
Il en est de même pour vos compagnons dans cette étude et ceux avec lesquels vous la discutez. La réussite et la manifestation de la bénédiction ne sont pas identiques pour tous. Jusqu’à maintenant, vous avez étudié la Torah avec un ami et vous avez connu le succès. Il n’est pas certain, si vous le faites avec un autre ami, que vous recevrez la même bénédiction.
La manière de considérer une telle exigence peut aussi être déterminée, par un raisonnement a fortiori, établi à partir de l’affirmation du Choul’han Arou’h, Yoré Déa, chapitre 240, paragraphe 25, selon laquelle la révélation de la bénédiction, même au bénéfice du doute, écarte l’injonction et le risque…(4). Vous consulterez ce texte.
Il en est de même, à l’autre extrême, pour ce qui concerne le fait d’adopter, à un certain moment, une étude en divergence avec votre comportement actuel. Tous les moments ne sont pas identiques, du point de vue de l’étude qui peut y être menée. Vous avez connu la réussite, pour une certaine étude, à un certain moment. Là encore, il est à peu près certain qu’un changement ne pourrait avoir qu’une issue négative. C’est bien évident.
C) Pour ce qui est de la seconde exigence, celle de remplacer, pendant le troisième repas du Chabbat, l’étude de l’enseignement profond de la Torah par un cours d’Ethique, vous connaissez l’enseignement du Ari Zal, qui a été accepté par tous les milieux du peuple juif, ‘Hassidim ou non. Selon les termes de son disciple, Rabbi ‘Haïm Vital(5) :
“ L’Eternel Dieu nous a éclairés et nous a envoyés un homme saint, venu du ciel, le grand et divin Rav, le ‘Hassid, mon maître, Rav Its’hak Lourya Ashkénazi, dont le mérite nous protégera. Celui-ci est empli de Torah comme une grenade de graines. Il connaît la Loi Ecrite, la Michna, le Talmud, le commentaire, les Midrachim et les récits de nos Sages ”.
Dans un autre texte, le Taameï Ha Mitsvot, à la Parchat Vaét’hanan, Rabbi ‘Haïm Vital dit encore : “ Mon maître, dont le mérite nous protégera, avait une intelligence si profonde, qu’il pouvait envisager la Hala’ha de six manières différentes ”.
Or, le Ari Zal dit lui-même que le Chabbat est particulièrement propice pour l’étude de l’enseignement profond de la Torah. A fortiori ne convient-il pas d’annuler la pratique positive, déjà adoptée, consistant à se consacrer à cette étude pendant le saint Chabbat.
Note : Je suis surpris et étonné par ce que vous dites, de l’usage de fixer un cours d’Ethique précisément pendant le troisième repas du Chabbat.
En effet, s’agissant de la journée du Chabbat, en général, le verset dit clairement : “ Tu appelleras le Chabbat plaisir ”. La Hala’ha retient ce principe et y interdit toute peine, y compris celle qui aura pour effet certain de mettre en pratique une Mitsva, comme le rappellent les commentateurs du Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 287.
En outre, le saint Zohar explique par le détail(6), précisément à propos de l’après-midi du Chabbat, que ce moment est particulièrement propice, là-haut. C’est alors que l’on dit, durant la prière de Min’ha, dans toutes les communautés juives, “ Voici ma prière, adressée à Toi, Eternel, en un moment propice ”.
Comment se présenter devant notre Père et notre Roi, précisément à ce moment, avec un cours d’Ethique qui, de façon générale, est basé sur le thème : “ Ecarte-toi du mal ” et décrit précisément les défauts des hommes ? Le Ari Zal souligne qu’il ne faut pas mettre en éveil l’Attribut de rigueur céleste, pendant le troisième repas du Chabbat. Un tel usage dépasse même la lecture du Ta’hanoun, pendant le Chabbat et les fêtes.
Vous consulterez le Rambam, lois du Chabbat, chapitre 24, paragraphe 7, le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, début du chapitre 339, le Séfer Ha Mitsvot du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva de ne pas allumer du feu(7).
Et, vous connaissez le principe hala’hique selon lequel on retient l’avis de la Kabbala, lorsque le Talmud et les Décisionnaires ne le contestent pas.
Tout cela est absolument évident et j’ai donc bon espoir qu’il n’y ait qu’un malentendu, dans cette discussion entre vous-même et ceux qui ont exprimé ces exigences.
Je vous adresse ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela et “ il n’est de bien que la Torah ”, considérée dans son intégralité, c’est-à-dire quand elle est “ bonne pour les cieux et bonne pour les créatures ”. Vous consulterez Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, au chapitre 26. Et, vous serez inscrit et scellé pour une bonne année.
M. Schneerson,
Vous citez le Michna Beroura, au chapitre 292. Ce texte ne s’applique pas à notre cas, car il envisage le moyen de s’écarter de l’interdiction que sont les discussions inutiles, dans la maison d’étude. Vous consulterez le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 307.
Le Choul’han Arou’h emploie le verbe “ multiplier(8) ”, parce qu’il fait allusion à une interdiction du Chabbat, dont l’équivalent serait permis, pendant la semaine. En effet, il peut y avoir des discussions inutiles et néanmoins permises, par exemple pour celui qui ne sait pas étudier la Torah. C’est le cas, entre autres, de la “ grand-mère ”, qui n’est pas astreinte à l’étude de la Torah, à laquelle font allusion les Tossafot, au traité Chabbat 113b. Pour les autres personnes, en revanche, il est interdit même d’en dire peu et même dans la semaine, comme le souligne le traité Yoma 19b.
Vous consulterez également le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, lois de l’étude de la Torah, chapitre 3, paragraphes 5 et 6, Ora’h ‘Haïm, chapitre 156, paragraphe 16, adoptant une position rigoriste, par rapport à ce que dit le Maguen Avraham, à la même référence.
Mais, vous verrez aussi le Zohar, tome 1, page 32a, le Séfer ‘Hassidim, au chapitre 110, les additifs au Torah Or, à la fin de la Parchat Ki Tissa, la lettre du Gaon de Vilna à sa famille, quand il se rendit en Terre Sainte, le Arou’h Ha Choul’han, début du chapitre 307. En tout état de cause, ce point ne sera pas développé ici.
Bien plus, lors de la prière de Min’ha du Chabbat, il y a, de façon générale, dix personnes qui sont réunies et vous verrez, à ce propos, Iguéret Ha Kodech, au chapitre 23.
Le Beth Yossef et le Baït ‘Hadach, sur le Tour, chapitre 290 disent que l’on instaure, le Chabbat, une étude portant sur les récits de la Torah, qui insufflent la crainte de Dieu, écartent de la faute et guident vers la Techouva. Il est bien clair qu’il ne doit pas s’agir de propos faisant souffrir et rappelant les fautes. Bien au contraire, il est ici question de récits de la Torah et le Sifri, Ekev, 11, 22 souligne qu’une telle étude permet de “ connaître le Saint béni soit-Il ”.
Le Rambam, dans ses lois des fondements de la Torah, au début du chapitre 2, fait allusion à tout cela, en ces termes : “ Comment parvenir à L’aimer et à Le craindre ? En méditant, en observant Sa Sagesse qui est sans aucune commune mesure, en éprouvant une profonde envie de connaître Son grand Nom, ainsi qu’il est dit : Je verrai Ton ciel, que Tu as fait de Tes doigts ”.
Or, tous savent quelle est l’étude montrant “ Sa Sagesse qui est sans aucune commune mesure ” et ce “ que Tu as fait de Tes doigts ”. Vous consulterez le Chneï Lou’hot Ha Berit, porte des lettres, début de la lettre Kouf. S’agissant de “ Son grand Nom ”, vous verrez le Radal sur les Pirkeï de Rabbi Eliézer, chapitre 3, paragraphe 10. Vous verrez également, dans le Séfer Ha Si’hot de mon beau-père, le Rabbi, sa causerie du Chabbat ‘Hol Ha Moéd Pessa’h 5700(9).
Notes
(1) Le Rav N.Roth de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4368. (2) La demande émane vraisemblablement de la direction d’une Yechiva ou d’un organisme communautaire, étranger à la ‘Hassidout. (3) S’appliquant lorsque les non Juifs portent des lacets rouges et les Juifs, des lacets noirs. Si les non Juifs émettent un décret faisant obligation de porter des lacets rouges, dans le but de les persécuter, ceux-ci sont tenus de faire don de leur vie plutôt que de s’y conformer. (4) D’un mauvais usage de cette étude. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ Dans son introduction à la ‘Porte des Introductions’, également imprimée dans le Ets ‘Haïm, édition de Varsovie, 5651 ”. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Zohar, tome 2, page 156a. Vous consulterez également le Mikdach Méle’h. Zohar, tome 3, page 129a. Vous verrez les responsa du Rachba, citées par le Birkeï Yossef et le Ma’hzik Bera’ha, Ora’h ‘Haïm, chapitre 292. (7) Pendant le Chabbat. (8) Les paroles inutiles. (9) 1940.
Lettre n°4707
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4707, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Elloul 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 7 Elloul.
Je suis particulièrement désolé de constater que votre fille a voyagé de cette façon(1), non seulement parce qu’elle ne s’est pas conformée à ce qui lui a été demandé, mais aussi parce qu’il y a là une interdiction, clairement établie par nos Sages et peut-être même par la Torah. Mais, du fait de nos fautes, ceux qui ont donné une permission, en la matière, se sont trompés, parce qu’ils ne connaissent pas bien le fonctionnement d’un bateau, le moyen de le diriger et d’assurer le service à ses passagers.
Il semble, par exemple, que personne ne se soit demandé, jusqu’à maintenant, d’où provient l’eau douce, quand le bateau se trouve au large. A l’époque du Talmud, chaque voyageur en emportait avec lui une certaine quantité, jusqu’à ce qu’il parvienne dans un endroit où il pouvait se ravitailler. Parfois, le capitaine en emportait pour tous les passagers. Mais, ce n’est plus le cas, de nos jours.
A l’heure actuelle, on adoucit, chaque jour, l’eau salée de la mer, en fonction de la quantité qui en est nécessaire. Pour cela, on la fait bouillir dans des cuves spéciales, puis la vapeur est envoyée vers un autre endroit, qui est froid et l’eau est adoucie. Par manque de place sur le bateau, cette opération est répétée quotidiennement, en fonction des besoins de la journée, lesquels dépendent, bien sûr, du nombre des passagers. Dans un tel bateau, dont pratiquement tous les passagers et les membres de l’équipage sont juifs, il y a bien là une cuisson, pendant le Chabbat.
Il en est de même pour plusieurs autres travaux, nécessaires pour le confort à bord. Ceci s’ajoute à la transgression du Chabbat, à la profanation publique du Nom de Dieu. Plusieurs travaux interdits pendant le Chabbat sont effectués par l’équipage pour le compte des propriétaires du bateau. Et, on ne les aurait pas effectués si le nombre des passagers, à bord, n’était pas suffisant pour cela.
J’ai longuement expliqué tout cela dans mes lettres adressées aux grands rabbins(2), sur la base de mes connaissances de mécanicien dans le fonctionnement des bateaux et leur direction, en général. Il y a malheureusement, en cela, la transgression publique du Chabbat la plus importante, commise par des centaines de Juifs, au vu et au su de tous. Bien entendu, chacun des voyageurs y participe, car on ne peut comparer une transgression du Chabbat par dix voyageurs à celle qui est actuellement le fait de plusieurs centaines, mais si ce qui se passe en présence de dix personnes est également considéré comme un fait public.
Bien entendu, je ne vous aurais pas écrit tout cela, en sachant que vous en concevrez de la peine, si ce n’était à ce point important. Chacun, en Terre Sainte(3), doit, en effet, faire savoir à son entourage qu’il est une interdiction tranchée de conduire, de cette façon, un bateau pendant le Chabbat et également d’y voyager. C’est pour cela que j’ai quitté ma réserve et je vous ai écrit tout cela.
Une brève réflexion conduit à la conclusion suivante. On mène actuellement un combat pour empêcher la commercialisation du porc, la construction d’un Temple réformé et même les fouilles archéologiques de Beth Chéarim. Pour autant, tout cela n’est pas aussi grave que le point effroyable qui vient d’être évoqué. En effet, nul ne parviendra à abuser le public au point de lui faire croire que les réformés craignent Dieu, que le porc est cacher ou que les fouilles archéologiques de Beth Chéarim sont une grande Mitsva. A l’opposé, plusieurs incitent des Juifs intègres et craignant Dieu à emprunter ces bateaux, en leur expliquant qu’ils accomplissent une Mitsva inestimable en voyageant sur un paquebot israélien, se déplaçant pendant le Chabbat.
Bien plus, de la sorte, on utilise les Juifs, puisque le trésor public gagne, de la sorte, quelques Shekels de plus, alors que, selon notre Torah, Torah de vie, Jérusalem fut détruite parce que l’on ne respectait pas le Chabbat. Et, si l’on en respectait un de la manière qui convient, la délivrance serait immédiate.
Comme sont merveilleuses les associations d’idées de nos Sages ! En effet, le même texte du traité Chabbat 119b dit, juste après cela : “ Parce que l’un ne faisait pas de remontrance à l’autre, parce que l’un n’avait pas de pudeur envers l’autre(4) ”.
Concernant de pareilles situations et la manière de les améliorer, vous connaissez le dicton de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera(5), selon lequel on éteint, en agissant ainsi, un incendie avec de l’essence et du pétrole, lesquels sont effectivement des liquides, comme l’eau, mais, pour autant, n’éteignent pas le feu, bien au contraire.
Il est inutile d’en dire plus car ceci est douloureux et occasionne un choc profond. Je suis sûr que, pour votre part, vous ferez également tout ce qui est possible, en la matière.
Puisse Dieu faire que nous assistions bientôt à l’élévation du sort de la Tradition d’Israël, au respect du Chabbat et à la promesse(6) selon laquelle “ ils seront immédiatement libérés ”.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) En empruntant un bateau israélien se déplaçant pendant le Chabbat. Voir, à ce sujet, la lettre n°4555. (2) D’Israël. (3) Où réside, vraisemblablement, le Rav, destinataire de cette lettre. (4) Jérusalem fut détruite. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°4535. (6) Enoncée par le Rambam.
Lettre n°4708
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4708, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Elloul 5716,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
aux multiples accomplissements, ayant de bons
comportements et de multiples connaissances,
le Rav Moché Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir votre télégramme, m’annonçant que vous êtes bien arrivé à Melbourne(2). Sans doute avez-vous trouvé les membres de votre famille en bonne santé, de même que les ‘Hassidim, qui ont sûrement été heureux de vous voir. Or, “ la joie brise les limites ”, c’est-à-dire tout ce qui fait entrave à l’action de l’homme. C’est pour cela que l’on s’efforce d’engager joyeusement chaque processus, afin que celui-ci soit réellement fructueux.
Je vous joins un fascicule contenant des discours ‘hassidiques ayant été prononcés pendant que vous étiez à Brooklyn. J’espère que vous mettrez leur contenu à la disposition du plus grand nombre. Le mérite de tous dépend de vous.
En plus d’avoir transmis, de façon générale, mes salutations aux ‘Hassidim, je suis sûr que vous leur expliquerez, par le détail, tout ce qui concerne l’école de filles Beth Rivka de Melbourne, en Australie. La divine Providence, vous a confié le mérite, de même qu’aux membres de votre famille, d’en être le fondateur, avec votre fils, auquel Dieu accordera longue vie.
Vous parviendrez sûrement à convaincre votre fils, malgré ses multiples activités et ses réalisations communautaires, de se consacrer également à cette école, avec la plus grande ardeur, à la mesure de l’importance d’un tel accomplissement.
Puisse le Créateur du monde, Qui le dirige, vous accorder beaucoup de satisfaction véritable, juive et ‘hassidique de tous vos fils, vos filles et des vôtres, pour de longs jours et de bonnes années.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année et dans l’attente de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav M.Z. Feiglin, de Shephertown, en Australie. Voir, à son sujet, la lettre n°4384. (2) Une même lettre fut envoyée à son fils, le Rav David.
Lettre n°4709
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4709, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Elloul 5716,
Brooklyn, New York,
A l’attention du Rav, érudit bien connu,
‘Hassid qui craint Dieu, empli de connaissance
et menant une profonde analyse, homme distingué,
le Rav Reouven(1) Ha Cohen Chlita, grand rabbin,
président du Tribunal rabbinique et enseignant à la
Yechiva de Peta’h Tikva et sa région,
Je vous salue et vous bénis,
Pour faire suite à mon télégramme du 9 de ce mois(2), je vous joins les copies de mes lettres du 23 Tamouz et de Roch ‘Hodech Mena’hem Av, adressées aux grands rabbins, l’érudit Rav I.A. Ha Lévi Chlita Herzog(3) et l’érudit Rav I.R. Chlita Nissim(4), de même que la copie du télégramme que je leur ai adressé, le 2 Mena’hem Av. Dans tous ces écrits, j’expose mon opinion tranchée, concernant le problème effroyable des bateaux israéliens(5).
Je suis profondément navré que la discussion, à ce propos, se soit prolongée à ce point et que la décision hala’hique du grand rabbinat de Terre Sainte en ait été retardée. Entre temps, un grand nombre de nos frères juifs empruntent ces bateaux. J’éprouve un regret particulier pour les passagers du bateau partant le 15 Elloul afin de passer en Terre Sainte les jours redoutables qui approchent. Et, un autre bateau partira véritablement à la veille du jour sacré(6).
J’espère que vous ferez vous-même, au plus vite, tout ce qui est en votre pouvoir pour empêcher cette transgression du Chabbat et cette profanation publique du Nom de Dieu.
Avec mes respects et ma bénédiction pour tout le bien, en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
Je vous joins un fascicule(7) que nous venons de faire paraître. Il suscitera sûrement un vif intérêt de votre part.
Notes
(1) Le Rav R.Kats. (2) La même lettre fut envoyée au Rav Franck et au Rav Unterman. (3) Le Rav Its’hak Aïzik Herzog, grand rabbin ashkénaze d’Israël. (4) Le Rav Its’hak Nissim, grand rabbin séfarade d’Israël. (5) Dont les voyages sont une profanation du Chabbat. (6) Yom Kippour. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°4555.
Lettre n°4710
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4710, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Elloul 5716,
Brooklyn, New York,
A nos frères, les fils et filles d’Israël,
que Dieu leur accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Le situation financière des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch nous contraint à lancer un appel à l’aide exceptionnel.
Depuis plusieurs décennies, les Yechivot Loubavitch sont les piliers les plus solides de la Torah intègre, emplie de crainte de Dieu. On sait également la renaissance et la vitalité qu’elles ont apportées à la vie juive, en Amérique, depuis leur transfert en cet endroit, en 5700(1), par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
A une telle époque, il conviendrait donc d’apporter aux Yechivot Tom’heï Temimim tous les moyens nécessaires pour poursuivre leur développement et leur expansion. Or, celles-ci doivent gérer un déficit croissant, s’ajoutant à la nécessité de couvrir le budget courant.
Je m’adresse donc, du fond de mon cœur, à tous ceux qui chérissent la Torah et reconnaissent le caractère vital de la présence des valeurs juives véritables, en Amérique.
Tendez largement la main et adressez rapidement la plus large contribution possible aux Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch. Votre participation, à ce moment, viendra en son temps.
Par le mérite de cette Tsédaka pour la Torah, en ces jours de miséricorde et de bonne volonté(2), Dieu, Qui donne la Torah, vous accordera, à vous et aux vôtres, d’être inscrits et scellés pour une bonne et douce année.
Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
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