KOULAM Télécharger l’app

Iguerot Kodesh — lettres 4611 à 4630

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°4611

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4611, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Israël Zussman(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille de Roch ‘Hodech Mena’hem Av. Entre temps, vous avez sûrement reçu mon courrier, répondant aux questions que vous posiez, dans vos précédentes lettres.

Vous me demandez de quelle manière il convient de s’adresser aux autres. Si tout cela devait être rédigé, l’exposé en serait bien trop long et, de fait, cela est inutile, puisque notre génération a eu le mérite d’assister à la diffusion des enseignements, à ce propos, de nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera. Tout cela est précisé dans les saintes causeries qui figurent dans le Likouteï Dibbourim, le Séfer Ha Si’hot et d’autres livres encore.

Le point essentiel, comme on peut le vérifier concrètement, est le suivant. Des paroles agréables et engageantes sont beaucoup plus efficaces que l’attitude opposée. Bien évidemment, il s’agit là uniquement de la forme(2), c’est-à-dire de la manière d’aborder l’autre, qui doit être amicale. Pour ce qui est du fond, en revanche, il faut faire preuve de la détermination nécessaire, en tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. Pour autant, c’est à ce propos qu’il est dit : “ Je le(3) renverrai peu à peu ”. On ne peut pas tout demander depuis la première rencontre(4). Pour quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus.

Le principe le plus fondamental est le suivant. Une action est préférable à mille plaintes. Il est bien clair que l’inaction, même si on la justifie de différentes façons, n’aura aucune conséquence(5) et n’améliorera rien. A l’opposé, il est pratiquement certain qu’une action portera ses fruits en relativement peu de temps et, a fortiori, à plus long terme.

Vous avez sûrement rencontré les jeunes émissaires(6), auxquels Dieu prêtera longue vie et vous profiterez de leur séjour en Terre Sainte de la manière qui convient.

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav I.Z. Dvurts, de Kfar ‘Habad. Voir, à son sujet, la lettre n°4403. (2) Textuellement “ de vêtement ”. (3) Le mal. (4) Avec celui que l’on entend rapprocher de la pratique juive. (5) Positive. (6) Envoyés en Terre Sainte à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir l’avant-propos et la lettre n°4546.

Lettre n°4612

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4612, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Moché Tsvi(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 27 Tamouz, dans laquelle vous envisagez de vous adresser aux nations du monde pour leur suggérer d’accéder à la Techouva(2). Et, vous me demandez ce que j’en pense.

Sans vouloir diminuer l’importance intrinsèque d’un tel accomplissement, il suffit de méditer à l’état d’esprit qui règne, à notre époque, pour parvenir à la conclusion suivante. Il n’y a, pour l’heure, aucune chance qu’un tel appel soit suivi d’effet, auprès de ceux qui ont une influence, en la matière. Et, ceux qui répondront à l’appel, à n’en pas douter, n’en ont pas besoin(3) ou bien n’ont aucune influence sur la situation(4).

Comme le montrent différents textes, la situation du monde est telle que, du fait de nos fautes, une Techouva inspirée par l’amour de Dieu ou même par Sa crainte(5) est, pour l’heure inconcevable. Seule la peur de la punition immédiate peut inspirer la Techouva. En revanche, la menace d’une punition ultérieure(6) reste sans effet.

En conséquence de tout cela, il est dommage d’investir de l’enthousiasme et des efforts en ce domaine, alors qu’il existe, par ailleurs, plusieurs réalisations fondamentales, dont certaines ne peuvent être menées à bien par personne d’autre.

Et, ceci constitue une preuve supplémentaire du fait suivant. Ceux qui, se basant sur un passage bien connu du Yerouchalmi et sur un commentaire de Chir Hachirim qui est attribué au Ramban, prétendent que la délivrance d’Israël sera un phénomène naturel et progressif, ne tiennent pas compte de la réalité et n’apprennent pas la leçon du passé, ainsi qu’il est dit : “ Comme aux jours de ta sortie d’Egypte ”. Là-bas également, la délivrance fut obtenue par un bond en avant, de la quarante neuvième porte de l’impureté vers la rédemption complète, la main haute(7).

Ceci répond également à la question qui a été posée. Si la conception qui vient d’être exposée est justifiée, et celui qui raisonne de manière droite parviendra à la conclusion qu’il ne peut en être autrement, comment le monde pourrait-il être transformé par la Royauté de Dieu ?

La réponse est donc la suivante. C’est de cette façon(8) qu’est obtenue la libération d’Israël, qui sera aussi celle du monde entier. En l’espace d’un clin d’œil, les armées de Dieu quittèrent l’Egypte, abomination de la terre et elles furent portées, sur les ailes des aigles, pour être “ une nation de prêtres et un peuple saint ”, comme l’explique le Tanya au chapitre 37. C’est de cette façon que toute la création sera transformée. C’est bien évident.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav M.T. Segal, de Kfar ‘Habad. (2) Les conduire à s’engager à mettre en pratique les sept Mitsvot des descendants de Noa’h. Le but de cet appel était d’expliquer aux peuples que la Techouva fera venir le libérateur du monde, que tous attendent et qui se révélera au Nom de Dieu et de Sa Torah. (3) Parce qu’ils mettent déjà en pratique les Mitsvot qui leur incombent. (4) Ils ne sont pas en mesure de convaincre les autres. (5) Ce qui est un stade inférieur au précédent. (6) Dans le monde futur. (7) Un passage immédiat d’une extrême à l’autre et non un avancement progressif. (8) Par une transformation radicale.

Lettre n°4613

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4613, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn, New York,

A l’attention des dirigeants et des notables

de la communauté Nid’heï Israël(1), à Mexico,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Le délégué des Sages(2) de la Yechiva Tom’heï Temimim Loubavitch, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, empli d’empressement, Rav Morde’haï Dov Teleshevski, se trouve actuellement dans votre ville. Sans doute lui viendrez-vous en aide afin qu’il mène à bien la mission qui lui est confiée de la meilleure façon possible, compte tenu, en particulier, de la situation difficile que connaissent les institutions de Torah du mouvement Loubavitch, qui ont besoin d’une subvention financière au plus vite.

En ces jours du mois de Mena’hem Av, qui commence par la destruction(3) et se poursuit par la consolation et la reconstruction, ainsi qu’il est dit : “ Il console Tsion et reconstruit Yerouchalaïm ”, l’aspect essentiel de cette consolation doit passer par notre sainte Torah. Et, nos Sages constatent que : “ il ne nous reste que cette Torah ”, c’est-à-dire les maisons de prière et les maisons d’étude, qui sont les “ petits sanctuaires ”, à notre époque.

En conséquence, toute aide apportée aux sanctuaires de la Torah, dans lesquels on étudie la Torah intègre de Dieu, est effectivement une consolation et une reconstruction, hâtant la délivrance véritable et complète, lorsque “ ces jours se transformeront en allégresse et en joie ”(4), très bientôt et de nos jours.

Le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”(5) mais en proportion largement accrue. Il bénira donc ceux qui agissent et ceux qui font agir les autres en leur accordant une grande réussite, matérielle et spirituelle.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Les exilés d’Israël. (2) Le collecteur de fonds. (3) Par la commémoration de la destruction du Temple. (4) Précédant le jeûne de Tichea Be Av. (5) De la manière dont on agit envers Lui

Lettre n°4614

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4614, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 27 Tamouz.

Je lis avec effroi que vous envisagez de vous imposer des jeûnes, en vous basant sur ce que dit le chapitre 3 d’Iguéret Ha Techouva, de l’Admour Hazaken. Bien plus, vous ajoutez que vous avez la force de le faire également en été(1). Si vous voulez m’écouter, écartez cette idée dès réception de la présente. Et, si vous l’avez déjà fait plus de trois fois, vous ferez siéger trois de vos amis(2) et il vous l’annuleront(3).

J’ai déjà expliqué par ailleurs qu’il est une erreur de penser qu’en jeûnant, on adopte une attitude plus rigoriste. Bien au contraire, celle-ci l’est beaucoup moins, puisqu’elle conduit à négliger la Torah et la prière, auxquelles il faudrait se consacrer. Et, l’Admour Hazaken porte témoignage, à ce propos, sur ce qui concerne notre époque et il dit, dans ce chapitre 3(4) : “ Dans nos générations, cela est interdit… ”.

Il n’est sûrement pas utile d’en dire plus. On peut observer concrètement ce qui résulte de ces jeûnes, même si toutes les constitutions ne sont pas identiques, de ce point de vue. Chez les uns, les conséquences apparaissent tout de suite, chez les autres plus tard. Chez tous, néanmoins, la Torah et la prière sont compromises, à terme.

Mais, peut-être voulez-vous réellement “ diminuer votre graisse et votre sang ”(5), ce qui, de fait, n’est pas compréhensible, car pourquoi aller à l’encontre de l’enseignement du Baal Chem Tov(6) selon lequel le corps doit participer au service de Dieu(7) ? En tout état de cause, si tel est réellement votre souhait, vous connaissez l’explication du Rabbi Maharach(8) selon laquelle plusieurs jeûnes peuvent être effectuées en retardant sa parole, sa pensée(9). Vous consulterez, à ce propos, le Séfer Ha Toledot Maharach, à la page 72.

Dans la pratique, on peut vérifier, d’une part, qu’il est plus difficile de jeûner de cette façon qu’au sens simple, d’autre part que l’on ne conçoit pas, de la sorte, d’autosatisfaction, comme c’est parfois le cas pour le jeûne, au sens littéral.

En la matière, il importe, avant tout, que les Juifs craignant la Parole de Dieu engagent un dur combat contre l’obscurité profonde de l’exil, en cette période du talon du Machia’h. Bien plus, nous sommes tous comme des “ tisons sauvés du feu ”(10). Nous devons donc accomplir également ce qui incombait aux martyrs qui sont morts pour sanctifier le Nom de Dieu. Chaque instant libre doit être consacré à cela et permettre de faire briller la pénombre du monde par “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, par le luminaire de la Torah qu’est la ‘Hassidout. Or, la pratique a montré que l’on a beaucoup plus de réussite, en la matière, lorsque le corps ne fait pas obstacle, parce qu’il a faim, soif ou bien parce qu’il est triste.

Ce qui concerne un homme est son affaire, dont nul n’a connaissance, ne sachant ce qu’a décidé le Tribunal céleste(11). Il n’en est pas de même, en revanche, quand il s’agit de rapprocher les cœurs des enfants d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux, avec joie et amour. On peut voir les fruits d’une telle action dans ce monde.

Conformément au dicton bien connu de nos saints maîtres, il est certain qu’un effort n’est jamais vain. J’ai déjà écrit, y compris, me semble-t-il, à vous même qu’il n’y a pas lieu de s’engager sur des chemins et des sentiers tortueux pour pouvoir s’élever vers la maison de Dieu, alors que nos saints maîtres nous ont frayé une large route, sur laquelle peuvent s’engager tous les Juifs, du plus petit au plus grand, dans leur existence quotidienne, afin de bâtir un Sanctuaire pour Dieu ici-bas, en appliquant à leur comportement le principe : “ En toutes tes voies, reconnais-Le ”.

Puisse Dieu m’accorder le mérite de recevoir, par retour du courrier, une lettre dans laquelle vous m’annoncerez une bonne nouvelle. En effet, vous me direz que vous avez abandonné l’idée énoncée au début de votre lettre(12), que vous constatez le résultat de vos efforts joyeux pour éclairer la part du monde qui vous est confiée et vos quatre coudées, y compris au sens le plus simple, dans votre maison. Pour cela, vous maintiendrez votre corps en bonne santé. Et, vous aurez, en outre, la santé profonde, puisque votre âme la possèdera également.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles par retour du courrier,

Notes

(1) Bien que les jours soient alors beaucoup plus longs. (2) Qui constitueront ainsi un tribunal. (3) Le vœu de jeûner. (4) D’Iguéret Ha Techouva, précédemment cité. (5) Ce qui est le but d’un jeûne, comme le définit Iguéret Ha Techouva, puisqu’il peut remplacer un sacrifice dont la graisse et le sang sont offerts à Dieu. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°4384. (7) Textuellement “ auquel ‘tu viendras en aide’ ”. (8) Voir, à ce sujet, la lettre n°4159*. (9) En écartant les paroles et les pensées inutiles. (10) A l’issue des massacres de la seconde guerre mondiale. (11) A son égard. (12) Celle de s’imposer des jeûnes.

Lettre n°4615

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4615, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Aux dirigeants de la Yechiva Tom’heï Temimim, à Lod,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais suite à ma lettre du 7 Mena’hem Av et, entre temps, j’ai bien reçu les vôtres, des 4 et 7 Mena’hem Av, de même que les photographies, les cartes et les bandes magnétiques. Je vous remercie pour tout cela.

J’ai déjà écrit que, pour ce qui concerne la collecte au profit de l’école d’imprimerie, au même titre que pour toutes les autres collectes, il faut se servir pleinement de ce moment propice, car plus le temps passe, depuis cet événement(1) et depuis la pose de la première pierre(2), plus les sentiments et l’enthousiasme se résorbent. Il sera donc plus difficile de les faire renaître.

Vous me dites que vous avez envoyé des courriers, à ce sujet, mais “ le corps de la terre est un ”(3) et, ici-même, un tel envoi n’est qu’une entrée en matière(4), qu’une préparation de la visite qui est faite par la suite. Il est impossible de s’en remettre uniquement à cela.

Il en résulte également qu’en annonçant maintenant la pose de la première pierre d’un nouveau bâtiment, à Kfar ‘Habad, pour la Yechiva de Lod(5), on remettra en cause, de toute évidence, la collecte effectuée pour l’école d’imprimerie, tout en réduisant les rentrées pour ce nouveau bâtiment, du fait de la proximité avec la collecte pour l’école d’imprimerie.

Au lieu de réfléchir à la manière d’organiser une nouvelle collecte(6), il serait préférable de se demander comment profiter de la meilleure façon de la collecte qui est actuellement organisée pour l’école d’imprimerie.

Concernant le huitième paragraphe de votre lettre du 15 Sivan, il est évident que l’identité du prêteur importe peu(7). Il faut savoir, en revanche, qui utilisera les fonds prêtés et supportera donc les dépenses qui en résulteront.

Pour ce qui est du neuvième paragraphe, vous avez bien compris ma position, quant à l’orientation que doit avoir l’école d’imprimerie. J’aurais aimé avoir le mérite de vous voir immédiatement passer à l’action concrète. Puisse Dieu faire que vous ne tardiez pas, car le manque qui en résulterait ne pourrait être comblé, ce qu’à Dieu ne plaise.

Dans votre compte-rendu du 7 Sivan, joint à ce courrier, une décision concerne les élèves achkénazes. J’aimerais savoir quelles conséquences elle a eu ou, tout au moins, obtenir une description détaillée de ce qui a été fait pour obtenir un tel résultat. En effet, il n’en est plus question, par la suite, dans toutes vos lettres et j’ai bien peur que cette décision soit restée un écrit(8) ou bien selon l’expression désormais devenue courante, qu’elle ne soit plus à l’ordre du jour.

Je voudrais soulever un autre point, qui est essentiel également, car il permettra de déterminer l’intérêt des enseignants et du recteur pour la Yechiva. Que font les élèves pendant les vingt quatre heures du Chabbat et qui les surveille ?

De temps en temps, vous me demandez si telle fonction doit être confiée à telle personne. Il est clair que la direction doit en prendre la décision sur place, en fonction des capacités du candidat, après un essai ou bien en fonction de la réussite qu’il a connu dans son travail, s’il a déjà assumé les mêmes fonctions dans un autre endroit.

Mais, il est bien évident que :

A) l’on doit s’écarter, pour différentes raisons, de ceux qui sont éloignés(9) par l’esprit,

B) le désir de se consacrer à ‘Habad est plus fréquent chez ceux qui ont un lien avec ‘Habad, ce désir étant une nécessité absolue(10), en particulier dans les institutions ‘Habad,

C) l’on doit avoir tous les égards envers ceux qui se sont rapprochés de ‘Habad, qui le sont devenus et ne sont pas nés comme tels, qui se sont attachés. Bien plus, comme le font remarquer nos Sages, ceux-là sont, bien souvent, plus méticuleux que ceux qui sont nés ‘Habad. On peut le vérifier concrètement.

Ceci permet de répondre à la question que vous m’avez posé à propos d’une certaine personne et de tous les membres de sa famille. Il faut leur donner la place qui leur convient, de sorte que tous soient pleinement satisfaits. Bien évidemment il est différentes façons de le faire afin que personne n’en souffre(11).

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

E. Kwint,

Notes

(1) L’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir, à ce propos, la lettre n°4281 et l’avant-propos. (2) De cette école d’imprimerie, à Kfar ‘Habad, le dimanche 3 Sivan. (3) L’usage est partout le même, quel que soit le pays. (4) Textuellement “ le labourage ”. (5) Dans l’optique de son transfert à Kfar ‘Habad. (6) Pour le nouvel édifice de la Yechiva. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°4341. (8) Non suivi d’effet. (9) De ‘Habad. (10) Pour assumer de telles fonctions. (11) Parmi ceux qui sont en place.

Lettre n°4616

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4616, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Ephraïm Eliézer Ha Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre carte postale de la veille de Roch ‘Hodech Mena’hem(2) et, comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom, sans en faire le vœu, pour tout ce que vous citez, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef d’Israël.

Vous faites référence au commentaire de la Michna, au traité Nazir, chapitre 8, Michna 6, dont le second point est la tonsure du lépreux, qui fait suite à l’immersion rituelle, ce qui va à l’encontre d’un verset de la Torah(3).

Vous consulterez, à ce propos, les traités Negaïm, chapitre 14, Michna 2 et Nazir, chapitre 6, Michna 6, puisque l’on déduit une tonsure de l’autre(4). Selon ces textes, l’immersion rituelle n’est pas valable si elle précède cette tonsure. Vous verrez également le Rambam, lois de l’impureté de la lèpre, chapitre 11, paragraphe 4 et les commentateurs de ce texte.

Je voulais, tout d’abord expliquer que l’expression “ après l’immersion ”, figurant dans le commentaire de la Michna, signifie, en fait : “ après cela, l’immersion ”. La virgule suivant le mot “ après ” a été écartée ou encore oubliée et les imprimeurs, par la suite, n’y ont plus fait attention et ne l’ont pas corrigée.

Ou bien peut-être faut-il dire “ après le rinçage ”, pour reprendre l’expression du verset. Vous consulterez le Tiféret Israël et la dernière Michna du traité Negaïm, chapitre 14, Michna 2, de même que le Min’hat ‘Hinou’h, Mitsva 173, paragraphe 7.

Puis, je me suis aperçu que tout cela ne répondait pas encore à la question la plus profonde, se posant en la matière, qui est la suivante. Pour quelle raison le Rambam mentionne-t-il ici l’immersion rituelle, qui ne concerne nullement notre propos, alors qu’il ne parle pas de l’aspersion, ni des oiseaux(5) ?

En conséquence, il me semble qu’il y a bien là une faute d’imprimerie et qu’il faut dire “ après la décision(6) ”. Le copiste n’a pas compris le sens de cette expression et, voyant que le verset dit : “ il pratiquera l’immersion rituelle ”, il a fait cette correction.

Et, il est indispensable, en l’occurrence, de faire savoir que cette décision a été prise, car elle est essentielle, par rapport au second point, car l’enfermement ne suffit pas pour la tonsure, selon le traité Negaïm, chapitre 8, Michna 8.

A ce propos, il faut signaler que, pour le Nazir, la tonsure faisant suite à l’impureté doit, semble-t-il, faire suite à l’immersion rituelle. La raison de cette différence entre le lépreux et le Nazir est la suivante. Selon le traité Nazir, chapitre 6, Michna 6, le lépreux est purifié par la tonsure et le lépreux, par le nombre de jours qui se sont écoulés(7). Or, cette tonsure peut intervenir par la suite et elle doit donc nécessairement avoir lieu après l’immersion rituelle. En effet, en différents points, la tonsure faisant suite à l’impureté est déduite de celle qui fait suite à la pureté. Et, cette dernière doit, bien entendu, être faite en état de pureté.

De plus, dans la tonsure faisant suite à l’impureté(8), celui qui place les cheveux sous le chaudron(9) s’est pleinement acquitté de son obligation, ce qui veut bien dire que cette tonsure intervient après l’immersion rituelle. Pourquoi le Rambam ne le précise-t-il pas clairement ? Comme on le sait, selon un principe établi, il mentionne uniquement les lois ayant été énoncées clairement et non celles pour lesquelles une déduction(10) doit être faite.

Vous consulterez également le Lé’hem Michné sur les lois du Nazir, chapitre 6, paragraphe 11, qui donne une interprétation précise des propos du Rambam. Vous verrez également le Min’hat ‘Hinou’h, à la Mitsva 406, selon lequel la tonsure est faite après l’immersion rituelle. Mon temps ne me permet pas de vérifier si cette Hala’ha a été nommément mentionnée par une autre source.

Vous citez le Likouteï Torah, Balak, à la page 72b, selon lequel on dit, à l’issue du Chabbat : “ Ne crains rien, Yaakov, Mon serviteur ”. Vous me demandez pourquoi ce passage n’apparaît pas dans le Sidour.

La raison en est bien simple. C’est parce que l’on n’a pas l’usage de le dire. Malgré cela, la coutume de ceux qui le récitent est commentée, car toute coutume a sa raison d’être, comme l’explique le Peri Ets ‘Haïm, porte de la prière, début du chapitre 1, à propos de la prière. Vous consulterez également le Likouteï Torah, Chir Hachirim, à la page 20b, qui dit : “ Une lumière nouvelle éclairera Tsion(11)… La signification de cette lumière nouvelle est la suivante… ”. Et, il en est de même dans le Likouteï Torah, Nitsavim, à la page 45a : “ Le Choffar de Roch Hachana est une simple corne de chamois… ”. Il existe d’autres exemples encore.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son sujet, la lettre n°4460. (2) Av. (3) Selon lequel elle doit le précéder. (4) Celle du lépreux de celle du Nazir. (5) Egalement nécessaires pour la purification du lépreux. (6) De purification. Le Rabbi cite deux termes signifiant décision, Hé’hlet ou Ha’hlata. (7) Depuis le début de la lèpre. (8) Celle du Nazir. (9) Se trouvant dans le Temple, à cet effet. (10) A partir d’un verset de la Torah. (11) Phrase qui apparaît dans les bénédictions du Chema Israël, mais que l’Admour Hazaken ne retient pas dans son Sidour. Il la commente, cependant, dans le Likouteï Torah.

Lettre n°4617

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4617, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

aux multiples connaissances, le Rav C.Y.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu le septième volume de l’Encyclopédie talmudique. Comme c’était le cas pour les précédents, celui-ci ne “ conclut pas le Hallel ”(2), du fait des nombreux points qui sont mentionnés dans chaque article et de leur agencement harmonieux. Autre point, tout aussi essentiel, on peut trouver, dans pratiquement chaque article, des idées nouvelles, y compris pour ceux qui se consacrent à ces sujets. Le seul problème est la longue période qui s’écoule entre la parution de chaque volume.

Il est certain qu’il ne faut pas tenir compte des dépenses et que l’on peut faire en sorte que vous-même vous consacriez uniquement à ce que nul autre ne peut faire, c’est-à-dire que vous soyez libéré de tout l’aspect technique.

On conseille l’empressement à ceux qui possèdent naturellement cette qualité et il est donc important que ces volumes paraissent plus souvent, comme je l’ai dit au Rav Hutner, quand il m’a rendu visite. En effet, les livres classés par ordre alphabétique ont une caractéristique particulière. Tant que le volume relatif au Tav n’est pas paru, on considère que celui du Aleph n’est pas complet.

Un billet du Rav Hutner est joint à ce volume et sans doute celui-ci reprend-il ce que vous avez vous-même écrit et c’est ce qui a été envoyé.

Je suis conduit à revenir encore une fois sur ce qui est douloureux et pénible, le problème des bateaux(3), pour mentionner deux points, l’un réjouissant, l’autre allant à l’encontre de ce sentiment.

A) La classe du Bneï Akiva qui devrait se rendre en Erets Israël a fait savoir qu’elle n’emprunterait pas, pour cela, un bateau israélien se déplaçant pendant le Chabbat.

Et, cette classe a fait connaître officiellement la raison pour laquelle elle a adopté cette position. Elle a écrit, sans ambiguïté, qu’un tel voyage est une profanation du Chabbat, d’après la Torah, basé sur la pratique en vigueur dans ces bateaux.

En outre, la classe a demandé qu’on lui réponde officiellement pour lui dire s’il existait un moyen d’organiser ce voyage sans cela(4).

B) Je viens de recevoir une coupure du Yediot A’haronot(5), semble-t-il du 2 Mena’hem Av. Il s’agit d’un article de Yermyahou Halpern, dont le titre est : “ Les représentants de Shoam(6) négocient avec les grands rabbins ”. Le compte-rendu de cette négociation est effroyable et je n’en reproduirai pas les termes car vous lirez vous-même cet article. Je voudrais seulement ajouter un point que Halpern a, semble-t-il, passé sous silence et il est difficile de savoir pourquoi il l’a fait, car, en tout état de cause, cela se saura. Mais, peut-être le compte-rendu ne correspond-il pas à la réalité et cette négociation s’est-elle, en réalité, passée d’une manière totalement différente.

Le point que je veux ajouter est le suivant. Il est clair que la discussion ne porte pas sur la flotte commerciale car, pour notre honte et face à toutes les nations, les bateaux commerciaux ne posent même pas la question(7) et, entre nous, on peut réellement se demander s’ils respecteraient une instruction qui leur serait donnée, en la matière. Il s’agit donc bien, en l’occurrence, de bateaux de passagers, ne transportant des marchandises qu’à titre accessoire. Bien plus, une grande partie de ces marchandises sont, en fait, les bagages des voyageurs, car il est clair que l’on ne peut pas faire payer, pour les marchandises, aussi cher que pour les passagers. On évite donc les premières et on ne les accepte qu’à un certain prix. Cela est bien connu.

Un argument surprenant est donc avancé. Il faudrait permettre, maintenant, une profanation du Chabbat d’après la Torah parce qu’à terme, ces paquebots pourraient devenir des bateaux de guerre. Cela serait risible, si le sujet n’était pas si douloureux.

De même, on propose de ne plus envoyer de marchandises par ces bateaux. Concrètement, il n’en est pas ainsi, car, pour la plupart, les passagers des paquebots israéliens, par exemple ceux de la compagnie Zim et les marchandises commerciales qu’ils transportent pourraient emprunter d’autres bateaux, plus confortables. C’est uniquement par amour d’Israël que ceux-ci sont préférés, même au prix d’un confort moins grand et d’un coût supérieur.

Bien évidemment, toute affirmation doit être démontrée, prouvée, étayée. Aussi, si l’on pénètre dans un bureau de vente des billets de ces bateaux et que l’on demande les conditions qui existent dans ces bateaux et dans les autres, on pourra vérifier ce qui vient d’être dit, à condition, bien entendu, que ce bureau donne des informations conformes à la réalité.

Vous faites référence, dans votre compte-rendu, à l’automatisation. Dans mes deux lettres, je vous ai déjà écrit ce que j’en savais. Et, j’ai expliqué que, malgré cela, quelqu’un ne craint pas de dire que la conduite(8) peut être automatique. Ceci peut être assimilé à une tromperie, car s’il est vrai que le bateau est conduit automatiquement, on doit néanmoins, de temps à autre, effectuer des réglages et, bien souvent, les modifier plusieurs fois, pendant les vingt quatre heures(9).

Bien plus, il existe un usage international selon lequel, lors de la relève des équipes assurant le fonctionnement des machines, toutes les quatre heures, c’est-à-dire six fois en vingt quatre heures, le mécanicien de la nouvelle équipe doit vérifier toutes les machines en fonctionnement, en particulier celles qui dirigent le bateau et celles qui les contrôlent. Pour effectuer cette vérification, on doit actionner les roues et les manettes afin de constater que tout est en état de marche. Il en est de même pour le contrôle de la cuve d’eau, d’huile ou d’essence, des chaudières, de l’arrivée d’air dans ces chaudières. Cette vérification a pour effet d’augmenter ou de diminuer la chaleur, l’huile ou l’essence, c’est-à-dire d’éteindre ou d’allumer du feu.

J’ajouterai un autre point. On m’a demandé ici pourquoi cette question est posée précisément maintenant, alors que ces bateaux existent depuis plusieurs années déjà. J’ai répondu que cette question ne s’adressait pas à moi, mais au grand rabbinat ou bien aux rabbins qui, ici, se consacrent à ces sujets-là. En tout état de cause, cette objection ne change rien à la question qui est posée et à la décision qui doit être prise. Quelle que soit la raison pour laquelle la question a été posée seulement maintenant, la Torah et les Mitsvot n’en sont pas moins éternelles et elles ont, à l’heure actuelle, la même valeur qu’il y a quelques années.

De même, on m’a demandé pourquoi je suis intervenu, en la matière, précisément maintenant. J’ai répondu en décrivant la réalité. Il y a quelques semaines, on s’est adressé à moi et l’on m’a demandé une bénédiction, à l’occasion d’un départ pour s’installer en Erets Israël. On m’a également interrogé sur la manière d’effectuer ce voyage. Bien entendu, ma réponse a été conforme au Choul’han Arou’h, selon lequel il est une interdiction tranchée de voyager par ces bateaux et une interdiction encore plus claire, basée sur la Torah, de les faire fonctionner pendant le Chabbat. Il est clair que la première interdiction concerne les voyageurs et la seconde, les propriétaires du bateau, comme je l’ai longuement précisé dans mes deux lettres aux grands rabbins.

Cette réponse a été diffusée à plusieurs groupes de voyageurs et l’on ma demandé pourquoi je n’avais pas fait part de mon avis au grand rabbinat, puisque celui-ci autorise de tels voyages. Je me suis donc adressé au grand rabbinat, afin de clarifier tout cela.

D’après ce que j’observe maintenant, et vous m’excuserez de le dire, la position adoptée jusqu’à ce jour(10) s’explique par un manque de connaissance de l’aspect technique de la situation.

Un autre point, tout aussi essentiel, doit être ajouté. Mon propos n’est pas de prédire l’avenir, mais, compte tenu de la situation qui prévaut ici, si les grands rabbins émettent une interdiction certaine, on pourra organiser le voyage de ces bateaux, à partir d’ici, en sorte qu’au moins quelques uns d’entre eux se déplacent d’une manière permise par le Choul’han Arou’h, c’est-à-dire en faisant escale dans un port pour le Chabbat. Si j’en avais la possibilité, je dirais même qu’il s’agit là d’une certitude à cent pour cent, à la condition que cette position ne soit pas présentée comme une action destinée à vaincre les partis de gauche, en Terre Sainte.

La décision hala’hique des grands rabbins ne doit laisser la place à aucune prétendue permission, comme celle figurant dans le compte-rendu de l’article précédemment cité, selon lequel on peut permettre ce voyage à la condition que Shoam prenne l’engagement écrit qu’un non Juif rallumera les chaudières, si celles-ci s’éteignent pendant le Chabbat. On peut penser que nul ne sera gêné du fait de prendre un tel engagement. Bien entendu, rien ne sera arrangé, même si cet engagement est tenu, comme je l’ai longuement montré dans mes courriers précédents. En effet, même si les chaudières ne s’éteignent pas, il y a des dizaines de travaux interdits par la Torah qui sont effectués dans un bateau et pour lesquels un spécialiste est nécessaire.

Vous faites référence, à la fin, à la réponse pouvant être apportée à une autre question que l’on m’a posée. Ai-je réellement bon espoir que l’on prononcera une telle interdiction ? De façon générale, je ne suis pas réellement optimiste, en particulier pour ce qui concerne les domaines d’intervention des partis, en Terre Sainte, surtout des partis religieux. Malgré cela, je suis convaincu qu’en l’occurrence, on connaîtra la réussite sans difficulté. On obtiendra qu’au moins quelques bateaux voyagent d’une manière permise.

Ici, les tenants des partis de gauche disent eux-mêmes que, si le grand rabbinat avait émis une interdiction, en la matière, une autre organisation aurait été adoptée. Certes, on peut les suspecter de ne pas tenir parole. Néanmoins, tout cela a été dit sous la pression de l’opinion publique orthodoxe, ici. Il pourrait donc en être ainsi, au moins pour quelques bateaux.

Je n’ai pas écrit tout cela directement au grand rabbinat, car le compte-rendu de ce journal est si effroyable que, pour l’heure, je ne veux pas croire qu’il(11) ait pu penser à accorder une telle permission, selon les conditions qui y sont énoncées.

Si toutefois cela est vrai, ce qu’à Dieu ne plaise, il me sera, certes, difficile de vous déranger encore une fois(12), pour un sujet qui n’est pas très “ populaire ”. Toutefois, en fonction de ce que l’on constate ici, il est clair que si une interdiction claire est émise et que l’on aménage le voyage d’au moins un bateau, il en résultera une immense sanctification du Nom de Dieu. Et, l’on peut, bien sûr, en déduire l’inverse, dans le cas contraire.

Sans exagérer, on sauvera ainsi de nombreux Juifs d’une transgression publique du Chabbat. Il suffit, pour cela, d’émettre une interdiction conforme au Choul’han Arou’h. Je vous envoie donc cette lettre en express et vous trouverez sûrement l’occasion de faire avancer les choses, pendant qu’il en est encore temps. Le mérite de tous dépend de vous.

A ce propos, il convient de noter le point suivant. La ruse est si importante, dans ce domaine, qu’une question nouvelle a été posée ici(13). Y a-t-il un port, sur le chemin d’ici à l’Europe, dans lequel un bateau pourrait être amarré pour la journée ?

Comme je l’ai déjà écrit, il y en a plusieurs. Je n’en citerai que deux, en précisant qu’il y a, entre New York et le Portugal, vers l’est, environ trois mille deux cents miles. En s’écartant légèrement de l’itinéraire habituel de ces bateaux, on passe par les îles des Bermudes, dont le port principal est Hamilton, à sept cent miles de New York. De même, à huit cent miles à l’ouest du Portugal, il y a les îles des Açores, où il y a le port de Ponta Delgado. Entre ces deux ports, la distance est environ la moitié de celle qui sépare New York du Portugal. Tous s’accordent pour dire que l’on peut parcourir une telle distance en moins de six jours.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4310. (2) Il est difficile d’en achever l’étude. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4555. (4) Sans qu’il se déroule également le Chabbat. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°4634. (6) Vraisemblablement un organisme assurant la gestion de ces bateaux. (7) Du respect du Chabbat. (8) Du bateau, pendant le Chabbat. (9) En l’occurrence du Chabbat. (10) Par le grand rabbinat d’Israël. (11) Le grand rabbinat. (12) Afin d’intervenir auprès des grands rabbins d’Israël pour leur expliquer tout cela. (13) En Amérique.

Lettre n°4618

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4618, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue(1),

Dans le cadre des activités des femmes et jeunes filles ‘Habad, vous avez sûrement rencontré les émissaires(2) venues d’ici, auxquels Dieu accordera longue vie.

Conformément à ce qui est prévu, ceux-ci devront visiter les groupements des femmes et jeunes filles ‘Habad de notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie par notre juste Machia’h afin de leur apporter les salutations d’ici(3). Par la suite, ils seront également les émissaires pour transmettre ici(4) des nouvelles du développement de l’activité très importante développée par les femmes et jeunes filles ‘Habad.

J’attends de bonnes nouvelles de tout cela.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Envoyés en Terre Sainte à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir, à ce sujet, l’avant propos et la lettre n°4546. (3) Du Rabbi. (4) Au Rabbi.

Lettre n°4619

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4619, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

A l’organisation des femmes et jeunes fille ‘Habad,

groupement de Tel Aviv, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 26 Tamouz, qui faisait suite à une interruption particulièrement longue. J’y ai lu, avec plaisir, que les cours se poursuivent, que des réunions sont fixées. Sans doute les ‘Hassidim vous viennent-ils en aide pour organiser les conférences, comme je le leur ai maintes fois souligné.

Bien que vous ne le précisiez pas, vous profitez sûrement de la période des vacances scolaires(1). En effet, une partie des enfants(2) traîne dans les rues, sans but précis. Il faut donc les organiser en classes et en groupes, de la manière qui convient, leur transmettre un message ayant un contenu. Il serait bon d’en rappeler la nécessité aux autres groupements(3), car cet accomplissement est particulièrement important.

J’ai bon espoir que les émissaires(4), auxquels Dieu accordera longue vie, vous transmettront les salutations d’ici(5). Sans doute votre rencontre sera-t-elle profitable, de différentes façons.

Puisse Dieu faire que ce profit se prolonge tout au long de l’année, d’une manière fructueuse.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Pour mener une action auprès des enfants. (2) Qui sont en vacances. (3) Des femmes et jeunes filles ‘Habad, dans les autres villes. (4) Envoyés en Terre Sainte à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir, à ce sujet, l’avant-propos et la lettre n°4546. (5) Du Rabbi. Voir la lettre précédente.

Lettre n°4620

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4620, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de l’issue du Chabbat. Il est clair que le temps que vous consacrez à l’étude de la ‘Hassidout n’est pas suffisant. De façon générale, nos Sages disent que l’on doit faire un ajout, dans le domaine de la Sainteté. En l’occurrence, même si ce temps était suffisant, il devrait être augmenté dès demain.

Vous connaissez le dicton d’un des ‘Hassidim âgés, possédant de larges connaissances de ‘Hassidout et priant avec ferveur. Celui-ci, après une longue et méticuleuse réflexion(1), pendant le Chema Israël du coucher, avec un effort moral et physique, conclut : “ Demain, je devrai être complètement différent ”(2).

On peut trouver une allusion à cela dans le fait que l’homme est qualifié de Mehale’h, celui qui avance, ainsi qu’il est dit : “ Je vous ferai avancer parmi ceux qui restent debouts(3) ”. C’est pour cela que l’âme descend dans le corps.

Vous consulterez également le Torah Or, à la fin de la Parchat Vayéchev, au discours ‘hassidique intitulé “ Ainsi a parlé ”, de même que d’autres textes. On attend tout cela de chacun d’entre nous et il est donc clair que toutes les forces nécessaires nous ont, d’emblée, étaient accordées. Tout dépend donc de votre volonté.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Tendant à établir le bilan du service de Dieu de la journée. (2) Car l’accomplissement d’un jour ne pourrait être suffisant pour le lendemain. (3) Les anges.

Lettre n°4621

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4621, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 10 Mena’hem Av et je vous remercie pour le plaisir que vous m’avez procuré par le contenu du courrier que vous avez adressé à mon secrétariat, décrivant la visite des émissaires(2), auxquels Dieu accordera longue vie, dans votre ville.

Puisse Dieu faire que la trace de tout cela soit conservée pendant les jours qui viennent, d’une manière concrète, afin de diffuser les sources(3) à l’extérieur.

Je vous adresse un fascicule qui vient de paraître. Sans doute mettrez-vous son contenu à la disposition du plus grand nombre. Le mérite de tous dépend de vous.

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Vous évoquez le commentaire de Rachi sur le verset Bamidbar 16, 4, qui est basé sur le Midrach Bamidbar Rabba et Tan’houma. Lorsqu’il y eut la quatrième révolte(4), il(5) craignit de ne pouvoir se faire entendre(6). Or, le chapitre 11 d’Iguéret Ha Techouva affirme que le pardon de Dieu ne fait pas de différence entre la première et la millième fois.

Vous auriez pu poser cette question à partir de la Hala’ha tranchée, à ce propos, qui figure dans le traité Yoma 86b.

La différence est, en fait, la suivante. Le traité Yoma et le Midrach envisagent une situation dans laquelle il peut ne pas y avoir de Techouva(7). Vous consulterez, à ce sujet, les commentateurs et les Décisionnaires.

Vous noterez également que, quand la faute est commise à plusieurs reprises, il est difficile que la Techouva soit entière. Ainsi, nos Sages parlent de “ celui qui commet une faute et récidive…(8) ”. Bien plus, il s’agissait, en l’occurrence, de la quatrième faute. Et, le saint Zohar, cité par le début du troisième chapitre d’Iguéret Ha Techouva, précise que “ à partir de la troisième faute, la tache(9) s’étend d’une extrémité à l’autre ”.

Vous citez le traité Avoda Zara 19a, qui parle de “ celui qui ne sait pas ce qu’il dit(10) ”. Or, le Likouteï Torah, commentant le discours ‘hassidique intitulé “ Ne fais pas disparaître ” souligne qu’il est nécessaire de comprendre la Loi Orale(11).

Rachi précise clairement, dans son commentaire du traité Avoda Zara, à cette référence, que la compréhension est nécessaire. Néanmoins, l’approfondissement peut manquer(12).

Notes

(1) Le Rav I.Dubov, de Manchester. Voir, à son sujet, la lettre n°4313. (2) Envoyés en Terre Sainte, à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir, à ce sujet, l’avant-propos et la lettre n°4546. (3) De la ‘Hassidout. (4) Contre Dieu, celle du veau d’or. (5) Moché, notre maître. (6) Par Dieu pour obtenir le pardon d’Israël. (7) Chaque faute pèse donc plus lourd quand elle s’ajoute à toutes les précédentes que l’on n’a pas encore regrettées. (8) Cette faute est alors perçue comme un acte permis. (9) Déposée sur l’âme par la faute. (10) Quand il lit les mots de la Torah et n’en reçoit pas moins une récompense. (11) Faute de quoi cette récompense n’est pas accordée, ce qui semble contredire l’affirmation précédente. (12) De sorte que l’on “ ne sait pas ce que l’on dit ” si l’on comprend le sens d’un texte sans, toutefois, en pénétrer la dimension profonde, comme on pourrait le faire.

Lettre n°4622

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4622, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue(1),

Je fais réponse à votre lettre du 2 Mena’hem Av, dans laquelle vous me décrivez les difficultés de votre vie.

Or, Dieu vous est venu en aide et vous avez éduqué des enfants qui suivent la voie du Judaïsme, même s’ils sont différents l’un de l’autre. Et, vous pouvez avoir bon espoir qu’ils continueront à suivre cette voie. Si, en outre, vous méditez à ce qu’a été le passé récent(2), vous conviendrez que vous êtes l’une des plus heureuses que l’on peut rencontrer.

Combien plus en est-il ainsi si l’on vous compare à vos proches. En effet, certains d’entre eux sont restés de l’autre côté(3) et certains autres…(4). Bien évidemment, cela ne veut pas dire qu’il soit impossible d’aspirer à mieux que cela. Que Dieu, Qui est l’Essence du bien vous accorde, le moment venu et Il vous l’accordera sûrement, beaucoup plus que tout cela.

Mais, tout en espérant, au plus vite, l’amélioration de votre situation actuelle, vous ne devez pas pour autant oublier les bienfaits et les éléments positifs que Dieu vous accorde, ce qu’à Dieu ne plaise. C’est ainsi que l’on renforce sa foi et sa confiance en Dieu, que l’on améliore sa santé et que l’on obtient un foyer plus sain, plus juif et plus ‘hassidique.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Aux massacres de la dernière guerre. (3) Ne pratiquent pas la Torah et les Mitsvot. (4) Ne sont plus de ce monde.

Lettre n°4623

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4623, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Aux dirigeants des jeunes de l’association ‘Habad,

groupement de Tel Aviv, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis(1),

J’ai bien reçu votre lettre et j’attends la suite de vos bonnes nouvelles, en particulier pour ce qui concerne l’organisation et le profit véritable du séjour des émissaires(2), auxquels Dieu accordera longue vie, en notre Terre Sainte, dans toute la mesure du possible.

Bien entendu, il est nécessaire d’obtenir, pour cela, la collaboration de tous les ‘Hassidim de Terre Sainte. Et, les jeunes doivent, en la matière, être les premiers à agir. En effet, ils ne se servent pas de leurs forces depuis de nombreuses années déjà, dans des domaines profanes(3). Leur enthousiasme doit donc être beaucoup plus grand. Il faut se servir de la vigueur du jeune âge et aussi de celle de l’âge mûr, au même titre que tout ce qui appartient à la création, afin de bâtir une demeure pour Dieu ici-bas, par l’intermédiaire de la Torah et des Mitsvot.

La ‘Hassidout souligne qu’un homme réside, dans sa maison, par toute l’essence de son être. Et, il en est de même pour la Résidence de l’Homme céleste. Pour cela, il faut diffuser les sources de l’enseignement caché de la Torah. C’est ainsi que l’on s’attache à l’aspect caché du Saint béni soit-Il.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, je conclus en vous accordant ma bénédiction pour connaître une réussite considérable en votre mission sacrée. Pour cela, vous devez être “ tous comme un ”(4), comme l’explique l’Admour Hazaken, au chapitre 32 du Tanya(5).

Notes

(1) Une lettre identique fut envoyée au groupement de Jérusalem des jeunes de l’association ‘Habad. (2) Envoyés en Terre Sainte à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir, à ce propos, l’avant-propos et la lettre n°4546. (3) Comme c’est le cas de ceux qui sont plus âgés. (4) Tous unis. (5) Soulignant l’importance de l’amour du prochain.

Lettre n°4624

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4624, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

a de multiples connaissances, le Rav Moché(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 10 Mena’hem(2), dans laquelle vous faites référence à la question des bateaux(3), pour faire suite à mon courrier. Il semble que je n’ai pas suffisamment expliqué, dans ma lettre, la situation telle qu’elle est réellement. Je le décrirai donc ici.

Comme vous le savez sans doute, les propriétaires de ces bateaux, malheureusement, accepteront une décision hala’hique uniquement dans la mesure où ils y trouvent leur compte ou, plus exactement, s’ils constatent qu’en ne l’appliquant pas, ils subiront une perte financière, autrement si le nombre des voyageurs et des envois de marchandises diminuent.

En conséquence, quiconque emprunte ces bateaux diminue les chances de voir ces propriétaires se conformer à la décision de la Torah. En effet, il est clair qu’un tel voyage est interdit, même s’il commence le dimanche, comme vous le dites vous-même dans votre lettre(4). La permission qui serait accordée de voyager à bord d’un tel bateau, même si l’on pouvait imaginer qu’elle soit absolument incontestable, ôterait le moyen de remédier à la transgression publique du Chabbat et aux travaux interdits par la Torah, qui sont effectués par les propriétaires de ces bateaux.

En l’occurrence, chacun doit donc faire ce qui est en son pouvoir pour empêcher cette situation, non seulement parce que tous les Juifs endossent une responsabilité collective, mais aussi parce qu’aux yeux des nations et d’une large part de notre peuple, les enfants d’Israël, ces bateaux sont représentatifs de l’ensemble du peuple juif et ils sont considérés comme sa propriété, comme s’ils étaient son bien propre.

A ce propos, je ne peux m’empêcher d’exprimer ma surprise et surtout ma grande peine, face au silence de l’organisation rabbinique(5), à ce sujet. Cette institution sait sûrement que les pressions exercées pour maintenir la religiosité en Erets Israël émanent de l’opinion publique aux Etats-Unis. Si elle ne succombait pas à une crainte inutile et si elle exprimait clairement son avis sur la propriété de ces bateaux, de même que sur les autres problèmes qui, là-bas, concernent le Judaïsme, il est clair que la situation serait radicalement différente de ce qu’elle est, à l’heure actuelle.

L’argument futile selon lequel il y a, là-bas, un “ maître des lieux ”(6) ne correspond, bien entendu, nullement à la réalité. On sait, en effet, que la guerre défensive menée par les Rabbanim de Terre Sainte pour la religion dépend largement de l’aide qu’ils reçoivent des Etats-Unis, car c’est d’ici que viennent les fonds(7), qui sont la clé de tous les problèmes.

Ce qui suit n’est pas directement lié à notre propos, mais je l’ai expliqué dans mes longues lettres et j’ajouterai donc un point, en relation avec votre conception selon laquelle un homme a le droit d’entreprendre un tel voyage dans les trois jours qui précèdent le Chabbat, même s’il lui faudra, de la sorte, transgresser ce jour. En effet, plusieurs, parmi les premiers Décisionnaires, traitent de cette question et vous appliquez leur avis à ce qui fait l’objet de notre propos.

A mon humble point de vue, leur avis ne s’applique pas, en la matière, car une telle permission s’entend uniquement si une certaine raison rend nécessaire ce voyage, trois jours avant le Chabbat et uniquement de cette façon. En revanche, s’il n’y a aucune justification à cela et si l’on peut voyager d’une autre façon, il est bien évident que l’on est tenu de le faire. En effet, la Guemara dit bien, au traité Mena’hot 41a : “ Justifie le fait que tu t’en dispenses ”(8), affirmation formulée à propos d’une Injonction, qui est une obligation personnelle. Combien plus en est-il ainsi s’il s’agit de transgresser un Interdit, comme le précise le Tséma’h Tsédek dans ses responsa, partie Yoré Déa, début du chapitre 92. Il me semble avoir indiqué la référence de ces responsa sur la copie de ma lettre.

Un autre point concerne également notre propos. Même s’il était obligatoire de voyager de cette façon, le Rav donnant la permission et la permission elle-même ne peuvent s’appliquer qu’au voyage proprement dit. En revanche, le voyageur n’a pas le droit d’utiliser l’eau qui lui est servie à bord, puisque celle-ci est préparée pendant le Chabbat. De façon générale, la préparation de l’eau, pour qu’elle soit douce et puisse être utilisée pour se laver, est quotidienne. Il n’y a pas de place, sur un bateau, pour aménager un réservoir d’eau douce, suffisant pour plusieurs centaines de personnes pendant vingt quatre heures.

La majorité et même la quasi-totalité des voyageurs est juive et l’on ne peut donc émettre aucune permission, en la matière. Bien évidemment, on ne peut pas appliquer ici le principe selon lequel “ la bougie allumée pour une personne en éclaire cent ”. De même, on ne peut pas se servir de l’électricité pendant toutes ces vingt quatre heures, y compris pendant la nuit. Et, il y a de nombreuses autres restrictions encore.

Il faut noter également qu’en l’occurrence, l’interdiction de voyager sur ces bateaux ne résulte pas uniquement du travail qui est accompli de la sorte, mais aussi de la profanation publique du Chabbat qui en résulte, à bord. En l’occurrence, il ne s’agit pas seulement de mettre un instrument(9) en état de repos(10). Ce qui doit être accompli concerne le voyage de plusieurs centaines de passagers. Plus leur nombre est important et plus la profanation du Chabbat est considérable.

En effet, il est bien évident que l’on ne peut comparer une profanation du Chabbat qui est le fait de dix personnes et celle émanant de plusieurs centaines de Juifs, au vu et au su de tous, ce qu’à Dieu ne plaise. Chaque passager prend donc une part de cette aggravation. Et, ceci commence depuis le début du voyage. En pareil cas, chacun sait que les passagers et les membres de leur famille se trouvent sur un bateau qui transgressera le Chabbat, malgré l’interdiction émise, à ce sujet.

Il est un autre point et, là encore, je suis surpris que l’on n’en ait pas parlé. Il y a, sur le bateau, une cuisine cachère, sous surveillance rabbinique. Cette cuisine, les aliments et les boissons appartiennent aux propriétaires du bateau, comme tout ce qui s’y trouve. Or, ceux-ci transgressent le Chabbat publiquement et l’on peut donc se demander dans quelle mesure on peut leur faire confiance, quant à la Cacherout de ces aliments, ou même s’en remettre au surveillant rituel. Il est clair que ceci s’applique, en particulier, au vin. De plus, il y a le réfrigérateur dans lequel sont conservés les aliments. Celui-ci fonctionne au moyen de machines mises en action par celles du bateau, qui sont en marche pendant le Chabbat. Il y a, en la matière, une transgression d’un Interdit de la Torah, comme c’est le cas pour la distribution de l’eau.

Il est bien clair que le Rav donnant cette autorisation ne peut pas prétendre qu’il a été interrogé uniquement sur le voyage proprement dit, qu’il n’est donc pas tenu de formuler une mise en garde sur tous les points qui viennent d’être évoqués. En effet, c’est, en l’occurrence, le grand public qui est concerné. Pour lui, une permission relative à ce voyage s’appliquera à tous les points qui le constituent, y compris à la nourriture et à la boisson. Il est bien clair que nul ne jeûnera pendant le Chabbat.

On dit que, d’ici deux ou trois semaines, un certain bateau voyagera, qui ne partira pas à la veille du Chabbat. Selon certains, tous les billets sont déjà vendus. En effet, les voyageurs, pour la plupart, désirent passer les jours redoutables, Roch Hachana, les dix jours de Techouva et le jour sacré(11), en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie par notre juste Machia’h. Chaque jour au cours duquel il est possible de faire savoir l’importance d’emprunter de tels bateaux doit donc être pleinement utilisé.

Car, une telle situation est proprement incroyable ! Pour passer Roch Hachana dans le Palais du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il, fera-t-on un acte duquel il est dit que celui qui le réalise…(12) ? C’est pourtant ce que disent le Choul’han Arou’h, Yoré Déa, chapitre 2, paragraphe 6, que vous consulterez, le Kountrass A’haron de l’Admour Hazaken, au paragraphe 10, les responsa Tséma’h Tsédek, Yoré Déa, chapitre 1, paragraphe 3, selon la mention inscrite à même le texte.

Beaucoup se basent sur la prétendue permission que vous avez donnée. Plus tôt on rectifiera cette fausse interprétation et plus l’on allègera l’épreuve à laquelle on est confronté pour réparer cette situation. On pourra, par exemple, acquérir un billet d’avion. Je prends donc la liberté de vous proposer que vous diffusiez votre avis tranché, avec la publicité qui convient et au plus vite.

Avec mes respects, ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav Moché Feinstein. (2) Av. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4555. (4) Voir Iguerot Moché, partie Ora’h ‘Haïm, chapitre 92. (5) Des Etats-Unis, dont le Rav M.Feinstein était le président. (6) Le grand rabbinat d’Erets Israël. (7) Des collectes. (8) Une telle justification est donc bien nécessaire. (9) Appartenant à un Juif. (10) Pendant le Chabbat, ce qui est une obligation. (11) Yom Kippour. (12) Est considéré comme s’il abjurait.

Lettre n°4625

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4625, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 10 Mena’hem Av. Vous me demandez comment réparer ce qui s’est passé(1). Le Rav(2) vous a donné sa réponse, à ce sujet et il n’y a donc pas lieu d’en être inquiet, ce qu’à Dieu ne plaise.

Néanmoins, vous répétez encore une fois, dans votre lettre, la question que vous posez sur ce qu’il convient de faire. Il serait donc judicieux que vous ayez une bonne connaissance d’Iguéret Ha Techouva, de l’Admour Hazaken. Vous en étudierez profondément les douze chapitres.

Sans doute continuerez-vous à apporter votre concours, à l’avenir, pour que les émissaires(3), auxquels Dieu accordera longue vie, connaissent la réussite. Vous me donnerez de bonnes nouvelles, à ce sujet.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le destinataire de cette lettre avait eu une relation conjugale, puis s’était aperçu que son épouse était peut-être en état de Nidda. (2) Textuellement “ le maître de l’endroit ”. (3) Envoyés en Terre Sainte à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir, à ce sujet, l’avant-propos et la lettre n°4546.

Lettre n°4626

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4626, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

se consacre aux besoins communautaires,

assume une mission sacrée, le Rav Its’hak Dov(1),

Je vous salue et vous bénis,

Il est sans doute inutile de vous rappeler la nécessité de diffuser les sources(2) à l’extérieur, y compris dans l’endroit où vous vous trouvez actuellement. Comme je l’ai rappelé plusieurs fois, il ne faut pas commettre l’erreur de penser que, pendant la période qui est couramment appelée “ vacances ”, on doit diminuer la Torah et les Mitsvot, en général, la diffusion des sources à l’extérieur, en particulier.

Durant cette période, bien au contraire, on est dispensé de tout ce que l’on fait dans le but de recevoir une récompense(3), au sein de ce monde matériel et même grossier. Il faut donc intensifier tout ce que l’on accomplit d’une manière désintéressée, tout ce qui conduit à refuser la récompense, y compris la plus élevée, c’est-à-dire, comme l’explique le Likouteï Torah, toutes les révélations que l’on qualifie de partielles(4), dès lors qu’elles appartiennent à l’enchaînement des mondes, qu’elles sont donc nécessairement limitées.

Il est clair qu’à chaque pas, on peut trouver quelqu’un qui accepte de recevoir ces sources(5), même si, parfois, celui qui le découvre doit forger en lui un réceptacle(6). C’est une évidence.

Je vous joins un fascicule qui vient de paraître, car je ne sais pas si vous le possédez. Vous savez ce que dit l’Admour Haémtsahi, à propos de l’étude de la ‘Hassidout, y compris à son époque : les commentaires les plus récents suscitent un plus grand intérêt.

Mais, en fait, qu’importe, pourvu que l’on étudie la ‘Hassidout, qu’on le fasse intensément, que cette étude se répande dans tout votre entourage proche, puis plus éloigné.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rav I.D. Ushpal, de Brooklyn. (2) De la ‘Hassidout. (3) Les études profanes, permettant de faire carrière. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°4352 et 4435. (5) De prendre connaissance de la ‘Hassidout. (6) Le préparer à recevoir cet enseignement.

Lettre n°4627

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4627, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat. Je suis surpris que vous ne disiez rien de vos actions, dans le domaine du Judaïsme, en l’endroit où vous vous trouvez actuellement. Je veux dire que vous devez influencer vos amis afin qu’ils se rapprochent, de plus en plus de la Torah et des Mitsvot, en particulier dans l’action concrète.

En effet, l’homme juif existe pour assumer ce qui est sa mission essentielle, définie par les termes de la Michna : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”. Pour mener à bien ce service, il faut adopter un mode de vie conforme à l’enseignement de notre Torah, Torah de vie et à l’influence que l’on doit exercer, en la matière, sur son entourage.

Bien plus, vous vous apprêtez à suivre une formation d’officiers, ce qui accroîtra votre responsabilité, en tout ce qui vient d’être dit. Il est bien clair que vous devez avoir, chaque jour, une étude fixée de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. Ceci s’ajoute, bien sûr, aux trois études bien connues, portant sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya.

Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de tout cela,

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°4628

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4628, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je voudrais souligner un point qui, même s’il semble évident, n’a, en apparence, pas été suivi d’effet jusqu’à maintenant. Nos Sages racontent(1) que Rav Achi, qui était lui-même un important recteur de Yechiva, lorsqu’on lui posait une question(2), réunissait tous les bouchers et leur demandait ce qu’ils en pensaient.

On peut en conclure que celui à qui manque même une seule qualité de Rav Achi doit, combien plus, se concerter avec ceux qui ont des connaissances en la matière, surtout s’ils ne sont pas des bouchers, mais bien ses équivalents.

Vous devez comprendre ce que cela veut dire. Et, ce principe ne s’applique pas uniquement à la question qui se pose maintenant. Il en est de même pour toutes les autres interrogations, actuelles et à venir.

Vous évoquez le voyage, ici, de certains jeunes gens. Si ceux-ci désirent mon accord et mon sentiment, et dans la mesure où il s’agit uniquement d’une visite(3), la réponse dépend de deux points :

A) Ce voyage ne doit pas causer du tort aux écoles que fréquentent ces jeunes gens.

B) Un profit doit en découler pour les autres, c’est-à-dire qu’à leur retour et, mieux encore, dès leur départ, la trace de cette visite devra être évidente dans leur entourage, qui intensifiera les actions de ‘Habad, en général et la diffusion des sources(4), au sens le plus littéral. Il faut, pour cela, réciter des textes de ‘Hassidout, tenir des réunions ‘hassidiques.

En conséquence, vous devez décider sur place ce qu’il y a lieu de faire, en sachant de qui il s’agit(5). Vous communiquerez mon accord à ceux qui en ont besoin.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour que vous répondiez à mes deux lettres précédentes,

Notes

(1) Voir, à ce propos, les lettres n°2668 et 4726. (2) Sur la Cacherout d’un animal. (3) Et, non d’un séjour prolongé. (4) De la ‘Hassidout. (5) Qui peut être autorisé à faire ce voyage.

Lettre n°4629

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4629, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

aux multiples actions, qui se consacre aux besoins

communautaires, le Rav Yochoua(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, le septième volume de l’Encyclopédie talmudique(2). Je vous remercie d’avoir pensé à me l’envoyer. Puisse Dieu faire que, dans la largesse d’esprit, vous poursuiviez cette grandiose entreprise, en développant la connaissance de notre sainte Torah, Torah de vie, Parole du Dieu de vie, dans les cercles les plus larges de notre peuple, les enfants d’Israël.

Comme nous nous en étions entretenus, quand vous étiez ici, puisse Dieu faire que les volumes suivants paraissent plus rapidement. Le coût supplémentaire qui en résultera sera couvert par les rentrées, non seulement morales, mais aussi matérielles, au sens le plus littéral.

A n’en pas douter, chaque membre de la direction(3) et de la rédaction peut agir en ce sens, avec empressement, conformément à la situation qu’il occupe. Le mérite de tous dépend de vous.

Avec ma bénédiction,

N. B. : Je vous joins un fascicule paru récemment. Sans doute mettrez-vous son contenu à la portée du plus grand nombre.

Notes

(1) Le Rav Y.Hutner, de Jérusalem. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4617. (3) De cette Encyclopédie.

Lettre n°4630

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4630, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Zisha(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre dont l’acheminement a été retardé. Vous me dites que, compte tenu de la situation actuelle(2), vous vous demandez s’il serait bon de vendre le bâtiment de la Yechiva. Vous sollicitez mon conseil.

Cette hypothèse ne me convient pas du tout. Car, c’est précisément dans la situation actuelle qu’un grand effort est nécessaire dans le domaine de l’éducation basée sur les valeurs sacrées. Or, il est clair que la vente du bâtiment de la Yechiva affaiblirait non seulement les membres de la communauté et les parents d’élèves, mais aussi la direction de cette Yechiva. On peut vérifier qu’il en serait bien ainsi.

Bien plus, différents textes expliquent que les actions de l’homme, ici-bas, ont un impact, là-haut. En écartant l’éventualité de réduire et de diminuer la taille de cette école, vous renforcerez donc ceux qui la défendent, là-haut, comme le dit le saint Zohar, à la Parchat Tetsavé, page 184b, que vous consulterez. On trouve également une allusion à cela dans la partie révélée de la Torah, car il est dit : “ N’ouvre pas la bouche…(3) ”, même uniquement par des mots et, a fortiori, par une action.

Je vous joins un fascicule qui est paru dernièrement. Sans doute mettrez-vous son contenu à la disposition du plus grand nombre. Le mérite de tous dépend de vous.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav Z.Woltner, de Tanger. Voir, à son sujet, la lettre n°4354. (2) Dans les pays arabes, en l’occurrence au Maroc. (3) A l’accusateur.

← Lettres précédentes Lettres suivantes →
Étudiez les Iguerot Kodesh dans Koulam Recherche dans les 8 945 lettres, lecture confortable, brakha du jour — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam