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Iguerot Kodesh — lettres 4591 à 4610

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°4591

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4591, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

aux multiples accomplissements et aux bons

comportements, le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre de la veille du Chabbat, relatant la visite des émissaires(2), auxquels Dieu accordera longue vie, dans votre ville. Puisse Dieu faire que les propos d’encouragement prononcés lors de cette fête exercent leur effet, d’une manière concrète, durant les jours qui viennent, car “ l’acte, et non la théorie, est essentiel ”.

Nous avons fait remarquer, au cours de différentes réunions ‘hassidiques, que les expressions des Sages sont particulièrement précises. C’est ce qu’enseigne la ‘Hassidout, s’écartant ainsi de l’avis de penseurs et de grands d’Israël(3). Vous consulterez également ce que dit l’introduction du Guide des égarés(4), à ce sujet.

En l’occurrence, nos Sages soulignent que les “ paroles inutiles(5) ” ne sont ni interdites, ni repoussantes. D’une manière plus fine, on peut qualifier ainsi des propos d’encouragement, destinés à modifier l’action concrète, mais qui n’atteignent pas leur but. Vous devez comprendre ce que je veux dire. Et, ceci nous permettra de comprendre le sens de l’expression : “ Malheur à celui qui parle devant des oreilles qui n’écoutent pas ”. Vous consulterez également le commentaire de la Michna(4), traité Avot, fin du chapitre 1 et le traité Bera’hot 6b, qui dit : “ Lorsque quelqu’un craint Dieu, ses paroles sont entendues ”.

J’ai été satisfait par la description du Mikwé qui figure dans votre lettre. Bien plus, le Tachbets, cité par différents textes, explique que, pour tout ce qui concerne un Mikwé, il faut s’efforcer de mettre en pratique le plus grand nombre possible d’avis.

Puisse Dieu faire que Dieu, Mikwé d’Israël(6), devant Lequel les enfants d’Israël se purifient et également ces paroles sur la pureté spirituelle, au sens le plus littéral, provoquent celle des filles d’Israël, mais aussi celle des fils d’Israël, comme le disent les “ Responsa provenant du ciel ”, au chapitre 5. Le Rambam dit, en effet, que l’immersion rituelle, permettant d’accéder à la pureté, n’a jamais été supprimée(7), en particulier dans l’optique de la prière(8), qui, tous le reconnaissent, est plus aisément exaucée, grâce à elle, comme le souligne le Rif, à propos des élèves de Rabbi Yehouda, au chapitre 3 du traité Bera’hot, au nom de Rav Haï Gaon. Tout cela est également expliqué par le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, à la Parchat Tavo, page 43b.

C’est de cette manière que l’on rapprochera la délivrance véritable et complète, comme le disent les Tossafot Yom Tov, à la fin du traité Yoma et le Rambam, à la fin des lois du Mikwé. Et, comme nous l’avons souligné, les paroles des Sages sont précises. Ainsi, ces jours(9) se transformeront en joie et en allégresse.

Avec mes respects et ma bénédiction,

N. B. : Votre lettre a été ouverte par l’inspecteur des postes en Angleterre.

Notes

(1) Le Rav I.Golditsh, de Manchester. (2) Envoyés en Terre Sainte à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir l’avant-propos et la lettre n°4546. (3) Selon lesquels il convient d’en retenir l’idée générale, sans pour autant en analyser chaque mot. (4) Du Rambam. (5) Voir, à ce sujet, les lettres n°3909, 3958 et 4088. (6) Voir les lettres n°4592 et 4651. (7) Bien que les lois de l’impureté ne s’appliquent plus, à l’heure actuelle. (8) Afin de la préparer. (9) Qui précèdent le 9 Av et commémorent la destruction du Temple.

Lettre n°4592

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4592, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je n’ai pas eu de vos nouvelles depuis bien longtemps, mais je présume qu’un émissaire s’acquitte de la mission qui lui est confiée. Or, chaque homme, chaque Juif, est bien l’émissaire de l’Homme céleste, siégeant sur le Trône, chargé de mener à bien la mission définie par la Michna : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”.

Pour cela, il faut être en bonne santé et intègre, comme le précise le Rambam, au début du chapitre 4 des lois des opinions. Sans doute, me confirmerez-vous clairement qu’il en est bien ainsi. En effet, chaque fois qu’une vérification est possible, on ne doit pas se contenter d’une présomption.

Pour l’heure, voici ce qui fait l’objet de la présente. J’ai reçu un courrier du Rav ‘Haïm Axelrod, concernant la construction d’un Mikwé, dans votre ville et pour votre communauté. Il me dit qu’il s’est adressé à vous, mais n’a pas reçu de réponse. Il ne me fournit aucune autre précision. Je ne connais ni votre quartier, ni celui qui m’écrit. J’interviens donc directement auprès de vous et sans doute ferez-vous tout ce qui convient(1), selon les besoins du moment.

Que Dieu vous accorde la réussite.

Puisse Dieu faire(2) que Dieu, Mikwé d’Israël, devant Lequel les enfants d’Israël se purifient et également ces paroles sur la pureté spirituelle, au sens le plus littéral, provoquent celle des filles d’Israël, mais aussi celle des fils d’Israël, selon les “ Responsa provenant du ciel ”, au chapitre 5. Le Rambam dit, en effet, que l’immersion rituelle, permettant d’accéder à la pureté, n’a jamais été supprimée, en particulier dans l’optique de la prière, qui, tous le reconnaissent, est plus aisément exaucée, grâce à elle, comme le souligne le Rif, à propos des élèves de Rabbi Yehouda, au chapitre 3 du traité Bera’hot, au nom de Rav Haï Gaon. Tout cela est également expliqué par le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, à la Parchat Tavo, page 43b.

C’est ainsi que l’on rapprochera la délivrance véritable et complète, comme le disent les Tossafot Yom Tov, à la fin du traité Yoma et le Rambam, à la fin des lois du Mikwé. Et, comme nous l’avons vu, les paroles des Sages sont précises. Ainsi, ces jours se transformeront en joie et en allégresse.

Avec mes respects et ma bénédiction de réussite,

Notes

(1) Pour la construction de ce Mikwé. (2) Voir la fin de la lettre précédente.

Lettre n°4593

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4593, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au jeune Mena’hem Ben Tsion(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos deux lettres. En un moment propice, je citerai tous ceux que vous mentionnez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de chacun d’entre eux.

Vous évoquez vos activités dans le cadre des jeunes de l’association ‘Habad. Sans doute ne vous contenterez-vous pas de ce qui a été fait. De façon générale, nul ne doit se satisfaire de ce qu’il a déjà fait. Le besoin du moment est, en effet, une action ayant des dimensions plus larges. Et, puisque cela est nécessaire, il est clair que les forces qu’il faut posséder pour y parvenir sont accordées. Tout dépend de ceux qui agissent concrètement.

Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles, en particulier de ce qui vient d’être dit.

Vous me faites part de votre anniversaire. A cette occasion, vous avez sûrement adopté les coutumes dernièrement introduites par les ‘Hassidim(2). Puisse Dieu vous accorder une année de réussite, dans l’étude de la Torah, la pratique des Mitsvot de la meilleure façon, ce qui, bien entendu, inclut la prière fervente.

Il est clair que la diffusion des sources(3) est “ un grand principe de la Torah ”, tout comme Rabbi Akiva enseigne que “ ‘tu aimeras ton prochain comme toi-même’ est un grand principe de la Torah ”.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

E. Kwint,

Vous me faites part des objections soulevées contre les jeunes de l’association ‘Habad. Cessez donc de les discuter, car une partie de ceux qui les avancent auraient porté une accusation, en tout état de cause et les autres ne perçoivent pas la différence fondamentale qui existe entre l’attitude de proximité, adoptée par ‘Habad et celle…(4).

‘Habad met en pratique l’enseignement que délivrent nos Sages, à ce sujet, cité par l’Admour Hazaken, au chapitre 32 du Tanya : “ Aime les créatures(5) et rapproche-les de la Torah ”. Leur optique, par contre, va en sens inverse et consiste à rapprocher la Torah des Juifs(6).

Celui qui ne fait pas de différence entre ces deux conceptions opposées(7) a-t-il voix au chapitre, en la matière ? Ceux qui critiquent ‘Habad, à ce sujet, ne prêtent pas attention à la première partie de l’Injonction de nos Sages, précédemment citée. Et, quiconque comprend à quel point il est important de séparer le grain de l’ivraie acceptera calmement toutes ces critiques. Vous consulterez attentivement, à ce propos, le traité Baba Metsya 85a.

J’ai bien reçu l’index et je vous en remercie.

Pour compléter l’étude du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya(8), il est bien clair que l’on commence par le passage de la veille, car il est également nécessaire d’en préserver l’ordre et non d’apprendre le second chapitre avant le premier.

Vous me demandez également pourquoi ces études du ‘Houmach, des Tehilim et du Tanya ne sont pas, d’emblée, repoussées jusqu’à l’issue de Tichea Be Av(9). En effet, elles sont comparées aux sacrifices, pour lesquels “ la nuit suit le jour ”(10). Bien évidemment, on complète ces études, pendant la nuit suivante, uniquement en cas de force majeure, dans l’impossibilité de faire autrement et c’est à ce propos qu’une comparaison a été faite avec les sacrifices. A priori, par contre, il ne doit pas en être ainsi, car la prière d’Arvit(11) contredit ces études.

Dans de nombreux cas, le complément est possible uniquement si l’on ne peut faire autrement. En d’autres termes, tel qu’il est prévu par la Hala’ha, il ne rattrape pas totalement ce qui a manqué et n’a qu’une valeur partielle. Néanmoins, cela n’est pas toujours le cas.

Il faut rappeler également l’affirmation des écrits du Ari Zal, selon lesquels on n’étudie par la Loi Orale pendant la nuit. De même, on s’efforce de ne pas lire des Tehilim, durant la nuit, jusqu’à son milieu(12).

Notes

(1) Le Rav M.B. T. Wilhelm, de Jérusalem. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4339. (3) De la ‘Hassidout. (4) Qui consiste à écarter les Juifs qui, pour l’heure, ne pratiquent pas les Mitsvot. (5) En offrant l’intégralité de la Torah à ceux qui n’ont d’autre qualité que d’avoir été créés par Dieu. (6) Au moyen de compromis. (7) Celle qui présente une Torah intégrale et celle qui s’appuie sur des concessions. (8) Si, un jour, elle n’a pu avoir lieu et doit être rattrapée, le lendemain. (9) Du fait de l’interdiction d’étudier la Torah pendant ce jour. Dans la pratique, on maintient bien ces trois études, dans l’après-midi du 9 Av. (10) On continue à brûler, pendant la nuit, les sacrifices qui n’ont pu l’être pendant la journée. (11) Introduisant le jour suivant. (12) On le fait uniquement pendant la seconde moitié de la nuit.

Lettre n°4594

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4594, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yehouda(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous me faites remarquer que le Targoum Yonathan, au verset Vaykra 13, 1, ne traduit pas l’expression : “ Et, avec Aharon ”. Il faut en rechercher les premières éditions, en particulier celle qui fut éditée par le docteur Moché Ginsburger(2), à Berlin, en 5658(3) et en 5663(4). Il y a sûrement là un oubli d’un imprimeur et ceux qui l’ont suivi, n’y prêtant pas attention, ne l’ont pas corrigé.

Vous m’interrogez sur la lecture du passage “ Et, tu prendras de la farine ”(5), lorsque le Yom Kippour est un Chabbat(6) :

A) Il ne suffit pas de le dire dans la répétition de la prière(7). En effet, on le lit, en application du verset, “ Et, nous complèterons par les bœufs de nos lèvres ”, ainsi qu’il est dit : “ Quiconque étudie les lois…(8) ”. Vous consulterez le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, seconde édition, fin du chapitre 1.

B) Il est impossible de le dire à sa place(9), car le Moussaf inclut en lui celui du jour(10) et celui du Chabbat. Or, les pains de propitiation sont insérés entre eux.

C) Vous faites remarquer que les actes du service de Dieu de Yom Kippour doivent être exécutés dans l’ordre. C’est uniquement vrai pour ceux qui sont effectués en habit blanc(11), comme le précise le traité Yoma 60a. Bien plus, les pains de propitiation sont liés au Chabbat et non à Yom Kippour.

Vous consulterez les commentateurs du Rambam, lois du service de Yom Kippour, chapitre 1, paragraphe 2 et le traité Zeva’him 91a, qui dit : “ L’un est plus fréquent que l’autre(12)… Néanmoins, si l’on a fait d’abord la Che’hita de l’autre(13)… ”.

Notes

(1) Le Rav Y.Shmotkin, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, les lettres n°2841, 2890 et 4743. (2) Il s’agit du “ Targoum Yonathan Ben Ouzyel sur la Torah ”, qui dit : “ Et, avec Aharon ”. (3) 1898. (4) 1903 (5) Lu à l’issue de la prière du Moussaf, qui rapporte la nécessité d’offrir les pains de propitiation. (6) Voir, à ce propos, la lettre n°4743. (7) Du Moussaf. Il faut encore le dire après le Moussaf, comme on le fait chaque Chabbat. (8) D’un sacrifice est considéré comme s’il l’avait offert. (9) Ces pains étaient offerts entre le sacrifice de Moussaf de Yom Kippour et celui du Chabbat. (10) De Yom Kippour. (11) Porté par le grand Prêtre. (12) C’est donc le plus fréquent qui a la préséance. (13) Du moins fréquent.

Lettre n°4595

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4595, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

A madame Sarah(1),

Je vous bénis et vous salue,

Il est sûrement inutile de vous rappeler l’obligation essentielle et profonde de toute enseignante et éducatrice, celle de renforcer les élèves, afin qu’ils puissent surmonter les épreuves de l’existence et supporter les vents qui soufflent dans le monde, sans s’écarter du chemin de la vie, celui de notre Torah, Torah de vie.

Ceux qui délivrent un enseignement en apparence sans rapport avec ce qui vient d’être dit(2) doivent aussi en faire un usage positif, celui d’un canal transmettant aux élèves une foi profonde en le Créateur du monde, Qui le dirige. Il est l’Essence du bien et, dans Sa grande bonté, Il nous a tracé la voie conduisant vers une existence heureuse.

La réflexion qui convient vous permettra de trouver les mots pour expliquer la vérité aux élèves, d’une manière qui convienne à leur âge et à leur compréhension. Et, rien ne résiste à la volonté.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) Madame S. Shaffer, de Hertslya. (2) Portant sur les matières séculaires.

Lettre n°4596

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4596, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn, New York,

A l’attention du distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre du 25 Tamouz. Vous ne m’indiquez pas d’autre adresse et je présume donc que vous passerez encore quelques temps à Paris. C’est donc à cet endroit que je vous adresse la présente.

S’agissant du contenu de votre lettre, la question des bateaux(2), vous connaissez sans doute la succession des événements et leur développement, puisque vous êtes en relation avec le bureau de Terre Sainte. Comme toutes les interrogations et les difficultés liées à Erets Israël, ce problème ne se limite pas à la question proprement dite qui est posée. Il a une portée beaucoup plus large et il est le reflet de la relation avec notre Torah et ses Mitsvot.

Tout cela est particulièrement ressenti dans la rue juive, aux Etats-Unis, en particulier par les jeunes, qui ne perçoivent pas toute la finesse du problème. Ceux-ci reçoivent des nouvelles de leurs amis et de leurs connaissances, qui ont voyagé sur ces bateaux, connaissent le comportement de l’équipage, quand il est en fonction et quand il est au repos. A leurs yeux, cette question reçoit une acuité particulière et elle est intimement liée à la relation qui existe entre la Terre Sainte et notre Torah, notre foi.

Bien plus, vous savez que les propriétaires de ces bateaux sont juifs, que les bateaux eux-mêmes sont israéliens. Les jeunes se demandent donc si la population et les dirigeants appartiennent bien à “ la nation de prêtres et le peuple saint ”, ou bien s’ils sont neutres, de sorte que “ chacun fait ce que bon lui semble ” ou encore s’ils se trouvent à l’extrême gauche.

Il semble que le télégramme que je vous ai envoyé par l’intermédiaire du Rav Zevin, à Jérusalem, pensant que vous étiez là-bas, ne vous soit pas parvenu. Je vous en joins donc une copie.

Il est inutile de préciser que je ne suis pas parvenu à la conclusion énoncée dans mon télégramme, c’est-à-dire l’interdiction absolue d’emprunter ces bateaux, selon la manière dont ils voyagent actuellement, à l’issue d’une analyse superficielle. C’est seulement après une profonde analyse et des hésitations sur l’opportunité de mon intervention en la matière, compte tenu, en particulier, de l’honneur dû aux grands rabbins(3), que la situation m’a conduit à exprimer ma position, d’une manière tranchée. De plus, je me suis basé sur mes connaissances en mécanique, comme je l’ai écrit longuement dans mes lettres aux grands Rabbins, auxquels Dieu accordera longue vie.

La conclusion de cette analyse approfondie est qu’il est impossible de diriger automatiquement un bateau pendant vingt quatre heures. En l’occurrence, il ne servirait à rien de confier certains travaux à des non Juifs, comme le mentionne votre lettre. D’une part, il faut être un expert dans la conduite des bateaux et de nombreuses personnes sont nécessaires pour cela. Il en résulterait un coût immense. Il est évident que les travailleurs et l’équipage de ces bateaux ne peuvent pas être uniquement des non Juifs. Et, même si quelqu’un propose une telle solution, on comprend de quelle manière les hommes de gauche y réagiront.

Il y a, cependant, une manière, relativement simple et facile, de résoudre le problème. Il faut, pendant la durée du Chabbat, ancrer le bateau dans un port. Il y a, en effet, plusieurs ports, sur le chemin, à l’aller comme au retour.

Il faut savoir que, de toute façon, les bateaux ne font pas le voyage sans interruption, pour différentes raisons. Certes, l’immobilisation du bateau, dans un port, pendant toute une journée, a un coût, mais celui-ci reste inférieur à l’embauche d’un second équipage, uniquement pour un jour par semaine. Il est, en outre, largement inférieur à celui du respect du Chabbat dans les champs et dans les usines, en Terre Sainte.

Bien évidemment, j’ai envisagé également la possibilité d’arrêter les bateaux, en pleine mer, pendant le Chabbat. Il est clair que cela ne présente aucun danger, que cela est techniquement possible, mais ce ne serait qu’une réponse partielle à la question du Chabbat, puisqu’on immobiliserait les machines qui font avancer le bateau. Le problème ne sera pas entièrement réglé pour autant, car, même si l’on se conforme aux instructions et que l’on éteint ces machines, plusieurs autres continueront à fonctionner, celles qui émettent et reçoivent des télégrammes, règlent l’air conditionné et le vent, mesurent le mouvement des autres bateaux. En effet, toutes sont nécessaires quand le bateau se trouve en pleine mer. De même, il y a des machines qui transmettent les instructions d’une partie du bateau à une autre. D’autres assurent le service aux voyageurs et il y en a encore d’autres. Par ailleurs, on note des informations dans des carnets, conçus à cet effet. Conformément aux usages internationaux, on le fait chaque jour que le bateau passe en mer.

De plus, cette situation peut être comparée à une absence de repos(4) car, pour notre peine et pour notre douleur, l’équipage n’écoute pas du tout les instructions qui lui sont données, en la matière, non seulement pour ce qui concerne chacun, à titre personnel, mais aussi pour ce qui touche l’ensemble du bateau et qui est public, comme en attestent des centaines de témoins qui ont emprunté ces bateaux. Cela a même été diffusé par la presse.

Je suis convaincu que la remarque suivante est inutile, pour quelqu’un comme vous. Je l’inclus ici, néanmoins, afin d’être complet.

Certains disent que l’amour du prochain et la nécessité de soutenir nos frères, les enfants d’Israël, en tout endroit où ils se trouvent et, a fortiori, en Terre Sainte, “ pays vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”, font que l’on doit s’efforcer, dans toute la mesure du possible, de multiplier les recettes financières. De cette façon, en effet, on vient en aide à nos frères, les enfants d’Israël qui se trouvent en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie.

Ceux qui avancent un tel argument ne savent sans doute pas qu’il est aussi celui des personnes revendiquant que l’on travaille, pendant le Chabbat, dans toutes les usines et les champs d’Erets Israël. Et, de la sorte, les gains seront beaucoup plus importants que par ces bateaux.

Je leur ai répondu(5) en citant une parole bien connue de mon beau-père, le Rabbi. Il y a de nombreuses années, on lui posa une question, en la formulant par l’image suivante. Lorsque l’on éteint un incendie, on ne se demande pas si l’eau est potable. On se sert également des eaux d’égout. Mon beau-père, le Rabbi répondit que c’était effectivement le cas. Il fit cependant remarquer que, si l’on veut éteindre cet incendie avec du pétrole ou de l’essence, sous prétexte qu’il s’agit aussi d’un liquide, non seulement on n’obtient pas le résultat escompté, mais, bien plus, on provoque un désastre.

Il en est de même lorsque l’on veut aider un Juif et, a fortiori, plusieurs Juifs, d’une manière qui est interdite par notre Torah, Torah de vie. Dès lors, il ne s’agit plus d’aide, mais bien d’un tort, d’une catastrophe.

En effet, nous nous en tenons à ce que nous dit la Torah. Non seulement, en transgressant le Chabbat, on ne renforce pas et l’on ne construit pas, mais, bien au contraire, les hommes se déciment, les chemins se détruisent, comme l’affirme le traité Chabbat 33a. Plus encore, nos Sages enseignent aussi, au traité Chabbat 119b, que “ Jérusalem fut détruite uniquement parce que l’on y transgressa le Chabbat ”.

Quiconque a foi en Dieu et en Sa Torah veut que se perpétue Erets Israël. Il se lamente et souffre de sa destruction. Bien évidemment, il ne souhaitera pas la renforcer en agissant de la sorte.

Certains luttent énergiquement contre la vente de viande de porc(6) en Terre Sainte, bien que cette abomination se fasse en public, sans ruser, sans exercer des pressions, par des personnes agissant à titre personnel, sans qu’une telle pratique soit présentée comme permise.

A l’opposé, s’agissant de ces bateaux, la plupart des voyageurs n’ont pas conscience de transgresser une Interdiction, aussi bizarre que cela puisse paraître. Ils savent que le voyage en bateau(7), de façon générale, est permis, surtout s’il commence au moins trois jours avant le Chabbat. Et, ils ne pensent même pas que de tels bateaux ne voyagent pas du tout dans les mêmes conditions que celles qui sont décrites par le Talmud, les premiers et même les derniers Sages.

Ces bateaux portent le nom de tout le peuple d’Israël. Et, vous savez sans doute ce qui se passe, à leur bord. Or, précisément dans ce domaine, on ne veut pas connaître l’avis du Choul’han Arou’h. Bien plus, on exerce des précisions, on menace. Il est difficile d’en dire plus, car tout cela est douloureux.

Le nom a une importance. En l’occurrence, une partie de la Alya porte le vôtre. Vous ferez donc usage de votre influence et de vos possibilités, qui sont bien plus étendues que ce que vous imaginez, pour préserver des centaines, des milliers de nos frères, les enfants d’Israël, de la transgression du Chabbat, conformément à ce qui vient d’être dit. Puissiez-vous avoir la mérite de mettre en pratique la Volonté de Dieu.

Puisse Dieu faire que, de votre vivant et du nôtre, s’accomplisse, d’une manière effective, la troisième affirmation de nos Sages, mentionnée dans le Yerouchalmi, traité Taanit, chapitre 1, fin du paragraphe 1, selon laquelle “ si les Juifs respectent un Chabbat de la manière qui convient, le fils de David(8) viendra immédiatement ”. A ceci, le Midrach Chemot Rabba, à la fin du chapitre 28, ajoute : “ Pourquoi cela ? Parce que celui-ci est considéré comme l’ensemble des Mitsvot ”.

Avec mes respects, ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Le Talmud Babli, traité Chabbat 118b dit : “ deux Chabbats de la manière qui convient(9) ”. Mais, il ne contredit pas le Yerouchalmi, traité Taanit, précédemment cité, comme l’explique l’Admour Hazaken, dans son Likouteï Torah, à la Parchat Behar, au début du discours intitulé “ Vous respecterez Mes Chabbats ”. Vous consulterez ce texte.

Notes

(1) Le Rav Chlomo Zalman Shargay. Le texte de cette lettre a, par la suite, été revu et corrigé par le Rabbi. C’est la version corrigée qui est présentée ici. Voir également, à ce sujet, la lettre n°4555. Voir, à propos du Rav Shargay, la lettre n°4531. (2) Conduits par des Juifs et voyageant également pendant le Chabbat. (3) Aux deux grands rabbins d’Israël, achkénaze et séfarade. (4) Du Chabbat. (5) Voir la lettre n°4535. (6) Textuellement “ la viande de l’autre chose ”. (7) Conduit par un équipage non juif. (8) Le Machia’h. (9) Et, non un, comme le dit le Yerouchalmi.

Lettre n°4597

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4597, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav Yaakov(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille de Roch ‘Hodech Mena’hem(2).

Vous évoquez la répétition et la modification des mots Ve La Harog, “ et de tuer ”, Lifneïhem, devant eux(3). Peut-être y a-t-il eu là deux enseignements successifs(4). En effet, les coutumes de Pourim ont été imprimées du vivant, ici-bas, de mon beau-père, le Rabbi, après qu’il en ait relu le texte.

Concernant ce que vous dites de la bénédiction Ha Rav Et Rivénou, j’ai effectivement vu mon beau-père, le Rabbi, la réciter en l’absence de dix personnes, lorsqu’il était à Paris(5). A ce propos, c’est moi qui lui ai alors lu la Meguila et, quand j’ai répété ces mots, il m’a, d’un geste, exprimé sa satisfaction. Bien entendu, il s’est contenté d’un geste, parce que nous étions au milieu de la lecture. Puis, après celle-ci, la conversation a porté sur d’autres sujets.

Vous évoquez le mot Zé’her, que l’on peut orthographier avec cinq ou six points(6). Vous avez sûrement vu les différents avis, émis à ce sujet, dans le Ketsot Ha Choul’han. Je n’ai pas eu l’occasion de recevoir une instruction de mon beau-père, le Rabbi, à ce sujet.

La raison de ma proposition, en la matière, est exposée dans une note sur cette coutume, qui est éditée dans les fascicules de Pourim. Mais, il existe, en outre, une autre raison, qui ne figure pas dans ce texte. On sait, en effet, ce qu’instaura Rabbi Abbahou, à Césarée, comme le rapporte le traité Roch Hachana 34, afin de rassembler toutes les coutumes à la fois et que l’on n’ait pas l’impression qu’il s’agisse de deux Torahs.

Vous me dites avoir envoyé ici une liste des coutumes qui vous sont connues. Je n’en garde pas le souvenir. Peut-être l’ai-je oublié ou bien ce document a-t-il été envoyé à quelqu’un d’autre. Ma proposition reste donc valable(7) , dans l’intérêt de tous.

A ce propos, toutes les coutumes publiées dans les fascicules et les brochures, imprimées du vivant, ici-bas, de mon beau-père, le Rabbi, ont, bien entendu, été relues par lui. Quant à celles qui ont été éditées par la suite, j’ai indiqué si elles résultaient de mon propre raisonnement et, dans ce cas, j’en ai donné l’explication. Et, si ce n’est pas le cas, c’est que je l’ai entendu de mon beau-père, le Rabbi, ou vu chez lui.

La semaine dernière, trois jeunes gens du Canada m’ont rendu visite. Ils étaient de passage ici, se rendant en Terre Sainte et je me suis permis de leur donner votre adresse, en précisant que, par votre intermédiaire, ils pourraient entrer en contact avec ceux qui peuvent faire une évaluation de la situation, dans le domaine de l’éducation et de la jeunesse, leur apprendre les détails que d’autres voudraient leur cacher.

Je ne les ai vus qu’une seule fois, mais ils sont issus de familles ‘hassidiques. En Amérique, ils sont considérés comme craignant Dieu. S’ils avaient de plus larges connaissances et savaient la valeur des choses, leur crainte de Dieu sera encore plus profonde.

J’ai appris que vous n’étiez pas en bonne santé. Puisse Dieu faire que vous recouvriez vos forces, que, selon l’expression courante, vous conserviez le pouvoir, au sens littéral et selon l’explication qu’en donne l’Admour Hazaken, dans le discours ‘hassidique intitulé Maskil Le Etan Ha Ezra’hi, imprimé dans le Kountrass Limoud Ha ‘Hassidout.

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Y.Landa, Rav de Bneï Brak. Voir, à son sujet, la lettre n°4311. (2) Av. (3) Des mots de la Meguila d’Esther, quand elle est lue, à Pourim. Dans sa lettre de la veille de Roch ‘Hodech Mena’hem Av, le Rav Landa, répondant à la lettre n°4443, disait : “ Voici ce que je me souviens de notre saint maître, le Rabbi Rachab. Quand il m’a demandé, pour la première fois, de lire la Meguila à Rostow, en utilisant sa propre Meguila, il m’a dit, avant de commencer cette lecture : ‘Chez nous, on ne répète pas. On dit Ve La Harog et Lifneïhem’. C’est bien ce que j’ai fait. J’ai également lu ainsi, à Moscou, devant votre beau-père, le Pourim qu’il revint de Rostow, craignant des fouilles qui devaient alors avoir lieu dans cette ville. Et, nous avons lu la Meguila, étant quelques personnes, dans un hôtel de Zaradya. De fait, il m’a alors demandé de réciter la bénédiction Ha Rav Et Rivénou, ‘Il mène notre combat’, même en l’absence de dix personnes. De même, dans la Parchat Za’hor, le mot Zé’her, souvenir, était toujours lu avec un Ségol et, dans la Paracha ‘Et, Amalek vint’, avec un Tseïré ”. (4) Dans un premier temps, le Rabbi Rachab demanda de ne pas répéter ces mots, puis, dans un second temps, il conseilla de le faire. (5) A Pourim 5698-1938. (6) Avec un Tseïré et un Ségol ou bien avec deux Ségol. (7) D’établir une telle liste de coutumes.

Lettre n°4598

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4598, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Aux membres du comité de Kfar ‘Habad,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre compte-rendu et à ce que vous me dites de l’édification du Mikwé. Je suis contraint de vous répéter encore une fois, bien que dans les grandes lignes, ma conception relative à la construction, à Kfar ‘Habad. En la matière, la négligence est effroyable. Puisse Dieu faire qu’elle ne provoque pas des carences et des accidents qu’il serait difficile de réparer.

Cette négligence, qui affecte la volonté, détourne la raison(1). On se saisit donc de toute explication, toute raison conduisant à repousser la construction le plus longtemps possible et même impossible. De même, il semble que vous ayez profité de ma lettre demandant que le Mikwé soit esthétique et bien arrangé pour en annuler la construction et recommencer la discussion depuis le début.

Pour faire disparaître tout cela, je m’engage, sans en faire le vœu, à collecter, auprès des ‘Hassidim, une somme de deux mille livres ou peut-être même plus que cela. Néanmoins, je vous la donnerai uniquement après la fin de la construction du Mikwé, c’est-à-dire quand il sera conforme au plan figurant dans le compte-rendu et que ce montant sera nécessaire pour l’achever. C’est alors que je le transmettrai.

Dès réception de la présente lettre d’accord(2), vous devez donc commencer la construction du Mikwé, s’il est vrai que le seul obstacle est ce montant.

Il semble qu’il en soit de même pour la construction de la synagogue. Le premier montant collecté pour cela est mis en dépot, inutile(3), depuis des dizaines de mois déjà. Il semble que l’on ne réfléchisse pas à quel point tout cela(4) est nécessaire.

Je vous adresse ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela. Puisse Dieu faire que vous m’adressiez, au plus vite, une réponse détaillée et réjouissante.

Notes

(1) Empêche de raisonner objectivement. (2) Pour commencer les travaux. (3) Textuellement “ comme une pierre que personne ne retourne ”. (4) La construction de cette synagogue.

Lettre n°4599

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4599, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me demandez de vous libérer de vos fonctions. J’ai déjà signifié un refus à de telles demandes, émanant de nombreux ‘Hassidim. J’exprimerai, une fois pour toutes, mon opinion et vous ferez ensuite ce que bon vous semble. La voici :

Les fonctions des ‘Hassidim, en Terre Sainte, à Kfar ‘Habad et dans les institutions ‘Habad, sont le canal et les réceptacles leur permettant de recevoir les bénédictions de notre saint maître, dont le mérite nous protégera, non seulement matérielles, mais aussi spirituelles, au sens le plus littéral, pour eux et pour les membres de leur famille. Et, il en est de même pour le fait d’élire domicile à Kfar ‘Habad.

Nos Sages disent que l’on confère un mérite à son prochain, même en son absence. En revanche, on ne peut pas le faire contre sa volonté. Il est donc possible que certains ‘Hassidim recherchent un autre canal, d’autres réceptacles et qu’ils connaissent la réussite, dans leur démarche.

Bien entendu, je ne trouve aucune justification, aucune logique à une telle attitude, à cette recherche. Mais, vous connaissez le dicton(1), cité par la ‘Hassidout, selon lequel “ on ne peut pas greffer une tête ”(2) et, en outre, “ ils n’ont pas le même avis ”(3). Il en est bien ainsi pour ce qui vous concerne et pour votre mission sacrée.

Vous me dites que certains ne sont pas satisfaits de votre comportement. Dans tous les problèmes surgissant entre les personnes, les deux partis sont responsables, mais non dans la même proportion(4). Or, la part, même la plus infime, de responsabilité, doit être rectifiée. Lorsqu’il n’y aura plus lieu de se plaindre, lorsque la plainte sera inconcevable, elle disparaîtra aussitôt.

Avec ma bénédiction pour que vous preniez une décision en fonction de votre bien et non de votre volonté,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3744. (2) On ne peut suggérer l’intelligence à celui qui en est dépourvu. (3) On ne peut faire l’unanimité. (4) L’un a une plus large part de responsabilité que l’autre.

Lettre n°4600

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4600, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je te salue et te bénis,

Je fais réponse à ta lettre, dans laquelle tu me dis que tu n’as pas pu prendre part à la réunion ‘hassidique des jours propices des 12 et 13 Tamouz(1).

Tout est effet de la divine Providence, comme l’établissent l’enseignement du Baal Chem Tov et, plus généralement, la ‘Hassidout. Il y est expliqué également, avec de nombreux détails, que l’on peut déduire de toute chose un enseignement, dont on fera usage pour le service de Dieu. Il en est de même, en la matière. De façon générale, comment quelqu’un peut-il empêcher son prochain de participer à une telle réunion ? En fait, même si cet homme affirme sa volonté de lui faire obstacle, une telle situation est généralement possible parce que celui que l’on veut empêcher n’a pas lui-même une forte volonté de participer. Ou peut-être cette volonté n’est-elle pas pure.

En pareil cas, des motivations accessoires(2) interviennent dans la volonté de l’homme. Dès lors, il est possible que quelqu’un puisse intervenir afin d’empêcher cette participation et même y parvenir. Voici pour le premier point.

Il en est également un second. Différents textes de ‘Hassidout expliquent que le voile affectant la volonté du domaine de la Sainteté doit appeler une soif plus intense de la satisfaire. De la sorte, on peut transformer ceux qui, jusqu’alors, ont fait obstacle, leur faire prendre conscience de l’importance et de la sainteté de ce qui est recherché.

Il en est de même, en l’occurrence. Le fait de ne pas participer à cette réunion, dont la finalité est d’approfondir son amour de la Torah, son amour de Dieu et son amour du prochain, doit susciter une ardeur accrue à l’étude de la Torah, à la pratique des Mitsvot de la meilleure façon.

Le but du voile est de provoquer le désir de s’investir d’emblée dans tous les domaines cités. De la sorte, la position de ce qui dérange cette volonté sera modifiée. Pour se préparer à cela, il faut, très simplement, étudier plus, mettre en pratique les Mitsvot d’une meilleure façon. Que Dieu t’accorde la réussite.

Tu envisages la possibilité de poursuivre tes études, à la Yechiva Loubavitch de New York. Tu devrais demander à la direction de la Yechiva Tom’heï Temimim, à Montréal(3), d’entrer en contact avec la Yechiva, ici, afin de vérifier s’il s’agit d’une bonne proposition.

Sans doute t’efforces-tu de lire chaque jour, après la prière, des Tehilim, selon leur répartition mensuelle.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Quelqu’un l’ayant empêché de le faire. (2) Etrangères à ce que doit être son objectif véritable, le service de Dieu. (3) Dont le destinataire de cette lettre est l’élève.

Lettre n°4601

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4601, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav David(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été satisfait d’obtenir de vos nouvelles par les jeunes gens qui se sont rendus en Terre Sainte(2), messieurs Dalphin et Sand. J’ai également reçu votre lettre du 25 Tamouz. Puisse Dieu faire que, toujours et tous les jours, vous m’annonciez de bonnes nouvelles, d’un bien visible et tangible.

Bien plus, nos Sages disent qu’il n’est de bon que la Torah. Vous me donnerez donc de bonnes nouvelles de votre étude de la Torah, en général, de celle de la ‘Hassidout, en particulier. Qu’attendez-vous donc ? Le Chaar Ha Hakdamot, de Rabbi ‘Haïm Vital, explique longuement qu’en réduisant son étude de l’enseignement profond de la Torah, on retarde la délivrance. De fait, le Gaon de Vilna formule la même affirmation(3), dans son commentaire de Michlé.

En diffusant cette étude, au sein de son propre extérieur(4), de même qu’à l’extérieur au sens littéral, on provoquera la venue du Machia’h. Puisse Dieu faire que vous vous mettiez aussitôt à l’action de cette façon, que vous fassiez en sorte que votre entourage vous imite. Que Dieu vous accorde la réussite.

Je vous joins un fascicule qui vient de paraître. A n’en pas douter, vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre. Le mérite de tous en dépend.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav D.Tenenhuis, de Bathurst. Voir, à son sujet, les lettres n°2392 et 2639. (2) Délégués par le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. Voir le Séfer Toledot ‘Habad aux Etats-Unis, pages 279 et 280. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°2886. (4) De sa propre personnalité.

Lettre n°4602

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4602, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de Roch ‘Hodech Mena’hem Av. Vous évoquez vos affaires et vous me dites que l’on vous a acheté des marchandises et que l’on a du mal à vous payer. Vous ne savez pas ce qui adviendra.

En un moment propice, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous gagniez votre vie, d’une manière digne et calme. Puisse Dieu faire que, dans toute la mesure du possible, vous mettiez en pratique l’enseignement bien connu de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, selon lequel “ le Saint béni soit-Il donne aux Juifs des biens matériels, afin qu’ils en fassent de la spiritualité ”.

Cela veut dire que l’on doit se servir de ce que l’on gagne pour la Torah et ses Mitsvot, que l’on doit se nourrir soi-même et nourrir les membres de sa famille conformément aux enseignements du Choul’han Arou’h, afin d’être partie intégrante de la Sainteté, ainsi qu’il est dit : “ En toutes tes voies, reconnais-Le ”. Le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au chapitre 231, explique tout cela longuement.

Il serait bon également que vous préleviez la dîme de vos gains pour la Tsédaka et il a déjà été dit, à ce propos : “ De grâce, mettez-Moi à l’épreuve, en la matière ”.

Vous avez sans doute connaissance des trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celles-ci portent sur les Tehilim, selon leur répartition mensuelle, tous les jours après la prière du matin, le ‘Houmach, avec le commentaire de Rachi, de la Sidra de la semaine, le dimanche du début de la Paracha au Chéni, le lundi du Chéni au Chelichi et ainsi de suite, l’étude quotidienne du Tanya, selon sa répartition annuelle. Vous les adopterez au moins, à l’avenir.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Lettre n°4603

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4603, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

A l’attention des élèves de la Yechiva,

émissaires(1) du Rabbi Chlita,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sûrement reçu, en son temps, le télégramme du Rabbi Chlita(2), à l’occasion de votre fructueuse arrivée en Terre Sainte, dont voici le texte :

“ Que votre arrivée en Terre Sainte soit pacifique et que votre visite, en ce pays connaisse une considérable réussite, vous permettant de mener à bien la mission qui vous est confiée, dont le point central est la diffusion des sources(3) à l’extérieur. Ainsi, la délivrance sera immédiate(4). Vous saluerez tous les ‘Hassidim.

Notes

(1) Envoyés en Terre Sainte à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir l’avant-propos et la lettre n°4546. (2) Cette lettre a été rédigée par le secrétariat du Rabbi. (3) De la ‘Hassidout. (4) Puisqu’elle doit résulter de cette diffusion.

Lettre n°4604

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4604, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena’hem Av,

Brooklyn, New York,

A l’attention du comité national de l’association

des enseignants d’Agoudat Israël en notre Terre Sainte,

puisse-t-elle être restaurée et rebâtie par notre juste Machia’h,

très bientôt, de nos jours, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue largement et vous bénis,

Je fais réponse à votre invitation et je citerai ici, brièvement, quelques points qu’il aurait fallu développer, mais il est difficile de le faire dans le cadre épistolaire.

Il est clair que ces propos, sont dits et adressés, par votre intermédiaire, à tous les professeurs et à tous les éducateurs.

Un enseignant et un éducateur doit toujours garder présent à l’esprit que la jeunesse ne croit pas aux compromis(1), n’accepte pas les demi-vérités, si toutefois il en existe. C’est la raison pour laquelle l’éducation sans compromis a une grande réussite, à la différence des compromis à moitié, au tiers ou au quart, en particulier pour ce qui concerne la Torah et ses Mitsvot.

Certains commettent l’erreur de penser qu’une éducation sans compromis effrayera les jeunes, qu’elle sera trop radicale. Le contraire est vrai. Tout compromis sur les valeurs suscite, dans le cœur de l’élève, un manque de confiance non seulement pour l’éducateur, mais aussi pour les idées qu’il représente.

Un autre point est essentiel également. Le compromis est un renoncement, un écart par rapport au droit chemin. Or, à quoi peut-on comparer le moindre écart par rapport à la voie de la vérité absolue ? A une entaille pratiquée sur la graine que l’on porte en terre. Même si sa taille est infime, elle sera, à terme, à l’origine d’une immense malformation de l’arbre qui poussera par la suite. Or, il est difficile d’imaginer d’emblée ce que sera cette malformation. Vous devez comprendre ce que cela veut dire.

A l’opposé, il faut prendre en compte le fait que les Juifs sont des “ croyants, fils de croyants ”. Selon le dicton(2) de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h : “ Un Juif ne veut pas et ne peut pas se séparer de la Divinité ”.

Dans la vie pratique, certains adoptent un comportement qui n’est pas conforme à ce qui vient d’être dit. Bien plus, ils font le choix d’aller à l’encontre de la Torah de vérité et de ses Mitsvot. Quiconque observera tout cela s’apercevra que l’explication d’une telle situation est la suivante.

Un homme est fait de chair et d’os. Il possède deux âmes, une âme divine et une âme animale. Il ne surmonte pas toujours l’épreuve. S’il trébuche, dans la pratique de la Torah et des Mitsvot et fait le contraire de ce qui devrait être, il aura le courage de faire face à la vérité, de s’avouer qu’il a succombé, a transgressé la Volonté de Dieu, de même que sa volonté véritable, selon sa conscience. Il est dit que “ celui qui confesse sa faute et l’abandonne sera pris en pitié ”. Il reviendra donc vers le droit chemin et sera guéri.

A l’opposé, celui qui n’a pas ce courage, même envers sa propre personne, recherchera son propre mérite, tentera de justifier son mauvais comportement. Bien plus, nos Sages disent qu’une faute en attire une autre. Il ressentira donc un besoin profond de justifier son attitude, par rapport à lui-même et par rapport aux autres, de défendre son honneur, qu’il perd, à ses propres yeux, du fait de sa faiblesse.

Il est dit que “ l’amour-propre recouvre toutes les fautes ”. C’est en particulier vrai pour l’amour de sa propre personne. Et, la corruption, celle de l’amour-propre, rend aveugle. Elle oriente l’esprit et permet de découvrir une explication “ logique ” ou même une conception du monde englobant toute la création et expliquant le comportement que l’on a adopté. De la sorte, on fait taire les remords que l’on peut éprouver, en “ démontrant ” qu’une telle attitude n’est pas un échec et une chute, mais, bien au contraire, une ascension, qu’elle n’est pas une faute, mais, à l’opposé, une Mitsva.

De telles conceptions ont, bien entendu, donné naissance aux systèmes éducatifs qui en sont le résultat et ne prône le respect que d’une moitié, engageant au compromis, pour l’autre moitié.

Le point commun à toutes ces conceptions est le suivant. L’écart par rapport au droit chemin, la chute et l’obscurité sont présentés comme une élévation et une lumière.

En conséquence, l’éducation sans compromis rejette résolument la conception selon laquelle “ les temps ont changé ”, l’affirmation selon laquelle la Torah et les Mitsvot doivent être adaptées en conséquence.

Cette vision de l’éducation ne consiste pas uniquement à ajouter quelques heures d’étude de notre Torah, à multiplier le nombre des Mitsvot, des lois et des coutumes, dans le programme éducatif et dans la vie de l’élève.

En effet, tout cela reste compté, limité. On peut alors mesurer l’effort qu’il convient d’investir.

En fait, l’éducation sans compromis est, avant tout, un moyen de placer l’élève face à la vérité, de lui dire que l’obscurité est obscure, que la lumière est lumineuse, que la Torah est unique, intègre, depuis qu’elle a été donnée, jusqu’à l’heure actuelle et pour l’éternité. Dans sa totalité, elle est une Torah de vérité et également une Torah de vie, au sens le plus littéral, dans notre monde.

Puisse Dieu faire que votre réunion vous apporte une ardeur et un enthousiasme accrus dans votre travail, qui est une mission sacrée, celle d’éduquer et d’enseigner, afin d’apporter aux fils et aux filles d’Israël, les Paroles du Dieu de vie, une Parole intégrale et conservant toute sa pureté, sans faire intervenir les actions des hommes et leurs stratagèmes.

De cette façon, vous parviendrez à vous acquérir la jeunesse, à l’éduquer et à la conduire sur la voie de Dieu, celle de la Torah et des Mitsvot. Et, “ le petit sera mille, le jeune constituera une immense nation ”.

De vos jours et des nôtres, ces jours(3) seront transformés en allégresse et en joie. “ L’un n’enseignera plus à l’autre, car tous Me connaîtront, du plus petit au plus grand ”.

Avec mes respects et ma bénédiction de réussite,

M. Schneerson,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°4463. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2079. (3) Précédant le 9 Av et commémorant la destruction du Temple.

Lettre n°4605

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4605, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Aux dirigeants du réseau de Ohaleï Yossef Its’hak

Loubavitch en notre Terre Sainte,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A) Je n’ai pas obtenu de nouvelles détaillées de votre part, mais j’espère que ce qui concerne la colonie de vacances progresse, dans toute la mesure du possible. Il semble, en effet, que vous ayez commencé avec retard.

Vous connaissez l’enseignement suivant de nos Sages, à ce propos, reproduit par l’Admour Hazaken, au chapitre 9 d’Iguéret Ha Techouva : “ Si l’on avait l’habitude de lire une page(1), on en liera deux(2) ”. L’effort pour organiser tout cela doit donc être double par rapport à la situation actuelle et à ce qui aurait dû être fait il y a quelques temps.

J’attends des nouvelles détaillées, à ce sujet.

B) Je n’ai pas précisé au comité du Kfar(3), tant cela est évident, qu’il devait apporter l’aide la plus importante possible à cette colonie de vacances, car cela est son intérêt tout autant que celui des participants à cette colonie et peut-être au-delà du leur.

Je viens donc souligner tout cela encore plus clairement(4), bien que ces propos s’adressent aux dirigeants du réseau Ohaleï Yossef Its’hak(5), mais ceux-ci sauront transmettre fidèlement ces propos au comité du Kfar. Il est certain que ce dernier apportera l’aide la plus considérable.

Même si certaines réalisations concernant le Kfar ne peuvent être menées à bien qu’en négligeant cette colonie(6), vous devez, cependant, savoir qu’une Mitsva ayant un temps précis repousse différentes autres actions. Or, c’est bien le cas, en l’occurrence. Cette colonie est d’actualité, car ses participants se disperseront ensuite, en différents endroits. Il est donc particulièrement important qu’elle soit réellement parfaite, en tous points.

L’aide dont il est ici question ici émane du comité du Kfar. Mais, combien plus doit-il provenir également des membres de la direction du réseau, de toutes les écoles d’Ohaleï Yossef Its’hak, de tous les enseignants et les enseignantes. Chacun doit agir en ce sens, donner l’exemple aux autres. Et, si, pour une quelconque raison, certains ne souhaitent pas apporter leur participation, j’ai bon espoir qu’à réception de la présente, ils adopteront eux-mêmes le comportement précédemment cité, que définit l’Admour Hazaken, dans Iguéret Ha Techouva(7).

C) Pour l’heure, je n’ai pas encore obtenu de nouvelles, concernant le programme qui vous permettra de profiter de la période des vacances et l’organisation que vous avez mise en place afin que, quelques fois pendant ces semaines, vous rencontriez les élèves ou bien vous entriez en contact avec eux, de la manière qui convient.

A ce propos, peut-être est-il bon de profiter du séjour en Terre Sainte des émissaires(8), auxquels Dieu accordera longue vie.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et connaître une considérable réussite en tout cela,

Notes

(1) Avant la faute. (2) Pour la réparer. (3) Kfar ‘Habad. (4) Par la présente lettre. (5) Et, non au comité de Kfar ‘Habad. (6) Du fait du manque de moyens pour se consacrer à tout cela à la fois. (7) En faisant le double, afin de rattraper ce qui a pu manquer. (8) Envoyés en Terre Sainte à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir l’avant-propos et la lettre n°4546.

Lettre n°4606

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4606, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 4 Mena’hem Av.

Je suis surpris et peiné par ce que vous m’écrivez. Vous me dites qu’il n’y a pas de place pour accueillir d’autres élèves(1), bien que vous receviez des candidatures. Il est bien clair qu’en pareil cas, il faut profiter de ce moment propice(2), de la part des parents de ces jeunes filles et des jeunes filles elles-mêmes. La question de la place peut sûrement être résolue.

Bien plus, c’est actuellement l’été et, la plupart du temps, ils(3) ne se trouvent, de toute façon, pas à l’école. Même si les dépenses s’en trouvent accrues, tout cela est justifié. Bien plus, on peut penser qu’une partie de ces élèves de vacances resteront à l’école, après celles-ci. De la sorte, elles se joindront aux ‘Hassidim, peut-être même avec leur famille. C’est une évidence.

Je vous adresse la présente en express, car il est peut-être encore temps de réparer pleinement tout cela. Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Il s’agit ici d’une école de filles. (2) Puisque les candidatures se présentent spontanément. (3) Les enfants.

Lettre n°4607

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4607, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 3 Mena’hem Av, dans laquelle vous faites état de la proposition qui vous a été faite par le ‘Hassid, Rav Its’hak Gansburg, celle d’assumer des fonctions dans les écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, en notre Terre Sainte.

Vous avez accepté cette proposition et vous lui avez fait part de votre décision, par écrit. Puis, vous avez été saisi par le doute car, on vous propose de rester là où vous travailliez auparavant. Or, vous avez donné votre accord par écrit et ce document se trouve maintenant chez le Rav I.Gansburg, directeur de l’école. Si l’on vous demande de changer d’avis, en la matière, vous devez donc orienter ceux qui s’adressent à vous vers le Rav Gansburg. Il est clair que, sans son consentement, vous ne pouvez pas revenir sur votre engagement.

A quelqu’un comme vous, il est sans doute inutile de souligner qu’en tout temps et en tout lieu, s’applique l’enseignement de nos Sages selon lequel la crainte de Dieu doit précéder la sagesse. Combien plus est-ce le cas, en cette génération orpheline et dans le pays “ vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”(1).

Tout ceci doit se trouver, en permanence, face aux yeux de l’éducateur et du professeur, quelle que soit la discipline qu’il enseigne(2). Le début de la sagesse reste la crainte de Dieu. Vous devez saisir chaque occasion et même la susciter, pour insuffler la crainte et l’amour de Dieu aux élèves.

Ceci sera un élément très fort pour qu’ils saisissent au mieux cet enseignement. Avec la réflexion qui convient, on peut toujours trouver un moyen de mettre tout cela en pratique.

Avec mes bénédictions de bonnes nouvelles et de réussite,

Notes

(1) En Erets Israël. (2) Y compris les matières séculaires.

Lettre n°4608

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4608, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce mardi, dans laquelle vous me dites que vous êtes touché par la ‘Hassidout et par les ‘Hassidim. Vous me demandez comment étudier la ‘Hassidout et la comprendre comme si vous en aviez eu connaissance depuis votre naissance.

Vous connaissez sûrement le récit de nos Sages selon lequel on reçut la Torah grâce à la proclamation selon laquelle : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”. Or, la Torah est une profonde sagesse, ainsi qu’il est dit : “ Elle est votre sagesse et votre entendement aux yeux des nations ”(1). Malgré cela, c’est bien par une telle proclamation qu’il est possible de la recevoir, c’est-à-dire grâce à la soumission(2). Et, il en est de même pour toutes les parties de notre Torah, y compris, bien entendu, pour l’enseignement de la ‘Hassidout.

Je veux dire que l’on ne peut pas exiger, depuis le début de l’étude, de comprendre toutes les nuances et tous les détails de cet enseignement, de le faire sans effort et sans difficulté. Aucune matière ne peut être saisie de cette façon et encore moins notre Torah.

Nos Sages expriment tout cela en un dicton bref et précis : “ Celui qui dit ne pas avoir fait des efforts, mais avoir, néanmoins, connu le succès, ne le crois pas ”. Puis, ils précisent aussitôt que : “ Celui qui dit avoir fait des efforts et ne pas avoir connu le succès, ne le crois pas ”.

Il est donc certain que vous percevrez le sens de cette sagesse, si vous l’étudiez de la manière qui convient. En conséquence, il est clair qu’un programme d’étude dépend des connaissances et des aptitudes de celui qui l’adopte. Vous rencontrerez donc les ‘Hassidim âgés qui se trouvent près de vous. Ils vous guideront, en fonction de l’expérience qu’ils ont de situations similaires.

Vous connaissez sûrement le groupement des jeunes de l’association ‘Habad, à Bneï Brak(3). Les rencontrer vous sera sûrement inutile, en tout ce qui vient d’être dit.

Comme pour toutes les parties de la Torah, l’étude est grande dans la mesure où elle conduit à l’action. Il en est de même pour la ‘Hassidout, qu’il faut apprendre afin de l’appliquer. En effet, “ elle n’est pas dans le ciel, n’est pas inaccessible ”. Tout ne dépend donc que de votre volonté.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Elle est perçue comme telle même par les nations. (2) Et, non par la compréhension. (3) Où réside vraisemblablement le destinataire de cette lettre.

Lettre n°4609

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4609, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav A.S.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de Roch ‘Hodech Mena’hem Av. Je vous remercie pour les livres que vous m’avez envoyés et pour la peine que vous avec prise à le faire.

Vous parlez, dans votre lettre, du Rav Zakheim. J’aimerais savoir si celui qui était parent du Rav Binyamin Zakheim, qui était rabbin à Yekatrinoslav, ville dans laquelle mon père et maître était également Rav.

J’espère que vous avez déjà rencontré les émissaires(2) venus d’ici, auxquels Dieu accordera longue vie, que ceux-ci auront l’occasion de se rendre dans votre synagogue et maison d’étude, bien que leur temps soit limité. Et, je souhaite recevoir, de votre part, également de bonnes nouvelles les concernant.

Leur mission consiste essentiellement à renforcer le prestige des ‘Hassidim et de ‘Habad. Puisse Dieu faire qu’ils connaissent la réussite. De leurs jours et des nôtres, cette période(3) se transformera en allégresse et en joie. Conformément à ce que dit la Guemara, au traité Meguila 29a, toutes les synagogues et toutes les maisons d’étude, qualifiées de “ petits sanctuaire ”, seront transférées en Terre Sainte. Nous mériterons ainsi le troisième Temple, très bientôt et de nos jours.

Je vous joins un fascicule, paru ces jours-ci. Vous le mettrez sûrement à la disposition du plus grand nombre. Le mérite de tous en dépend.

Avec ma bénédiction,

Pour l’heure, j’ai reçu les livres suivants(4) : les deux tomes de Kétem Péra’hya, le Pardès Péra’hya et le Daat Rachi.

Notes

(1) Le Rav A.Chklovski. Voir, à son sujet, la lettre n°4298. (2) Envoyés en Terre Sainte à la suite de l’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir l’avant-propos et la lettre n°4546. (3) Précédant le 9 Av, date de la destruction du Temple. (4) Envoyés au Rabbi par le destinataire de cette lettre.

Lettre n°4610

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4610, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Mena’hem Av 5716,

Brooklyn,

Aux membres du comité pour la création d’une

école secondaire - séminaire à Kfar ‘Habad(1),

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je suis surpris de ne pas avoir des nouvelles du développement de votre projet, depuis bien longtemps déjà. Or, le temps est particulièrement court. Il est sans doute inutile de vous rappeler les points suivants. Je les répète, néanmoins, une fois de plus, afin d’en souligner l’importance.

A) Il y aura sûrement des divergences d’opinion sur le programme d’étude(2). J’ai donc déjà exprimé mon avis clairement, sans le moindre doute, à ce sujet. Ce programme doit être le même que celui des écoles Beth Yaakov les plus orthodoxes de Terre Sainte, soit en l’occurrence, comme on le sait, celui de la ville sainte de Jérusalem.

Bien évidemment, ces études porteront également sur le contexte de la ‘Hassidout. Il est clair que vous pouvez renforcer la crainte de Dieu, y compris au-delà de ce qui est pratiqué dans ces écoles Beth Yaakov. En effet, dans le pays où vous vous trouviez auparavant(3), une telle activité était liée à un danger effectif(4), pour les parents comme pour les enfants. Or, on n’en tenait aucun compte et c’est ainsi que l’on a permis aux enfants d’accéder au monde futur et également à ce monde.

Combien plus doit-il en être ainsi quand on se trouve dans un endroit où une telle activité ne présente aucun danger. Bien plus, toutes les nations qualifient ce pays de Terre Sainte. Et, notre sainte Torah porte témoignage que, vers elle, “ sont toujours tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”.

Il est donc bien clair qu’il n’y a pas lieu de s’affecter devant les moqueurs, ni d’avoir peur de tous les autres voiles et obstacles qui pourraient se dresser, en la matière. Il est indispensable que cette école secondaire séminaire soit conforme au programme qui vient d’être défini.

B) En conséquence, il est bien évident que ses enseignantes devront être choisies de telle façon qu’elles n’exercent pas une influence négative sur la crainte de Dieu des élèves et leur pratique juive, ce qu’à Dieu ne plaise.

Une bonne influence, en la matière, est obtenue non seulement par les mots que l’on prononce, mais aussi par un comportement adapté. Car, si l’étude est possible quand le maître ressemble…(5), comme le soulignent nos Sages, y compris pour ceux qui ont un caractère fort(6), combien plus est-ce le cas, pour ce qui fait l’objet de notre propos.

C) Tout ceci ne doit pas être anodin à vos yeux. Vous savez ce qui résulte des conceptions développées par les partisans des compromis(7). Ceux-ci s’abusent eux-mêmes en avançant que des concessions, dans des domaines accessoires, leur permettront de préserver ce qui est essentiel. La pratique a montré que le contraire est vrai. Ces compromis ouvrent la porte à d’autres compromis. Et, au bout d’un certain temps, on est soi-même surpris de constater où l’on est parvenu. Et, point n’est besoin d’en dire plus, car on peut vérifier concrètement qu’il en est bien ainsi.

D) De même, il est inutile de vous rappeler que vous devez collaborer avec celles(8) qui poursuivent la création des écoles du réseau(9), car, de fait, vous avez un objectif commun et l’on peut espérer que vous trouverez, en peu de temps, le moyen d’unifier les deux institutions(10).

Il y a sûrement, en la matière, plusieurs façons de mettre en pratique le principe selon lequel “ la bougie allumée pour une personne en éclaire cent ”(11). Vous utiliserez toutes les forces pour renforcer et développer, au lieu d’avoir des doublons dans votre travail.

J’attends de bonnes nouvelles de tout cela, de même que des informations relatives aux candidates à l’enseignement, qui porteront témoignage sur la manière dont elles ont été éduquées. Tous les débuts sont difficiles et il faut donc investir tous les efforts, tout l’empressement nécessaires pour structurer ce projet de la manière qui convient.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, je conclus en vous adressant ma bénédiction pour une considérable réussite dans l’organisation de tout cela, conformément à l’enseignement de notre Torah, Torah de vie, comme l’expliquent nos saints maîtres.

Notes

(1) Pour les jeunes filles. Voir, à ce propos, les lettres n°3828, 4308, 4404, 4467, 4526 et 4722. (2) De ce séminaire pour les jeunes filles. (3) En Union soviétique. (4) Du fait des persécutions. (5) A un ange de Dieu. (6) Mais n’en seront pas moins impressionnés par l’influence exercée sur eux par le maître. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°4463. (8) Les femmes animant ce réseau. (9) Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (10) Le réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte et le séminaire de jeunes filles de Kfar ‘Habad. (11) Des réalisations communes.

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