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Iguerot Kodesh — lettres 4468 à 4487

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°4468

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4468, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Alexander Zysel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai beaucoup entendu parler de vous et de vos actions, en particulier dans le domaine pédagogique et, de ce fait, la réception de votre lettre m’a, par elle-même, causé du plaisir. Vous y décrivez brièvement ce que vous avez vécu et la manière dont vous êtes installé, actuellement.

Je suis, toutefois, surpris et un peu peiné par le contenu de cette lettre et surtout par son esprit pénétré de tristesse ou même d’un sentiment encore plus fort. J’écris que je suis surpris et je m’en explique. La divine Providence vous a placé dans un rayon de lumière, puisque la possibilité vous a été accordée de vous consacrer à l’éducation des Juifs. C’est bien la preuve que vous possédez les forces nécessaires pour mener à bien cette mission primordiale.

Il est dit que “ le Saint béni soit-Il n’agit pas par mégarde, envers ses créatures ”. Tout dépend donc de vous. Si vous le voulez réellement et fortement, il est certain que vous surmonterez les difficultés et les entraves, de même que les voiles et les obstacles.

Même si vous êtes triste parce que, pour l’heure, vous n’êtes pas parvenu à améliorer cette éducation, comme cela serait nécessaire, vous connaissez l’explication du Tanya et de différents livres selon laquelle la tristesse est à écarter systématiquement, bien plus, qu’elle est nuisible. En outre, notre saint maître dit que “ une action concrète est préférable à mille plaintes ”.

Bien plus, la nature humaine veut, quand on pousse un soupir, que l’on en éprouve un peu de satisfaction, en constatant que l’on est préoccupé de la sorte. Mais, cet état n’apporte pas l’ardeur qui conduit à l’action, laquelle permettrait de combler le manque.

Bien entendu, mon but n’est nullement de vous faire un discours. Je désire, plus exactement, vous exprimer mon avis clair et tranché, qui est le suivant. Vous exercez une activité pédagogique et cela constitue un mérite considérable, qui n’est pas donné à chacun, surtout à notre époque. Certes, comme c’est le cas pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, Dieu accorde les moyens, les forces nécessaires. Il édicte, en outre, l’Injonction : “ Et, tu choisiras la vie ”. Mais, au final, l’homme doit faire le choix de son plein gré, par son libre arbitre.

Il est dit de tous ceux qui se sont trouvés dans l’enceinte de la Yechiva Tom’heï Temimim, que “ la tranche de pain ‘hassidique qu’ils y ont consommée ne sera jamais perdue ”, ce qu’à Dieu ne plaise. Et, le manque d’action doit donc vous aiguillonner et vous suggérer l’insatisfaction. De temps en temps, on vous renforce et on vous encourage par des allusions. Parfois, on vous désigne même tout cela du doigt.

A n’en pas douter, si vous réfléchissez à ce qui s’est passé dernièrement, vous découvrirez ces enseignements et ces allusions. J’espère qu’au moins partiellement, ceci a été à l’origine d’actions concrètes, que vous multiplierez de plus en plus.

Vous connaissez sûrement le contenu des deux télégrammes(2) que j’ai adressés aux habitants de Kfar ‘Habad, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, Amen. Leur contenu s’adresse à tous les ‘Hassidim et, plus généralement, à tous ceux qui craignent la Parole de Dieu. Il est clair qu’il concerne, en particulier, les anciens élèves de la Yechiva et ceux qui en ont fait leur occupation(3).

J’ai bon espoir que vous apporterez votre contribution afin de renforcer Kfar ‘Habad et les institutions qui s’y trouvent, quantitativement et qualitativement, dans toute la mesure de vos moyens et même au-delà de ceux-ci. Je serais heureux d’obtenir de vos bonnes nouvelles, dans ce domaine également.

Il découle de tout cela, pour ce qui concerne votre personne et la conclusion de votre lettre, que vous vous trouvez effectivement dans un rayon de lumière. Vous avez la possibilité d’illuminer des âmes juives. Or, “ la bougie de Dieu est l’âme de l’homme ” et vous pouvez donc apporter à quelques Juifs la lumière et la chaleur ‘hassidiques.

Vous dites que vous m’imposez l’effort de lire votre lettre. Le contraire est vrai. Et, je suis sûr que, dans vos prochains courriers, la tristesse diminuera de plus en plus, la joie s’intensifiera, la joie de la Mitsva qui consiste à rapprocher les cœurs du peuple d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux.

Avec ma bénédiction pour que vous donniez de bonnes nouvelles de tout cela, prochainement,

Notes

(1) Le Rav A.Z. Bunin, de Raanana. (2) Il s’agit des lettres n°4303 et 4404. (3) Qui se consacrent aux activités communautaires.

Lettre n°4469

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4469, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 12 Sivan et je suis surpris par l’attitude de quelques ‘Hassidim. J’ai écrit et j’ai dit oralement, à plusieurs reprises, qu’en ces contrées, “ plus on est allongé(1) et mieux c’est(2) ”. Exprimé dans les termes de notre langue maternelle(3), cela signifie que les découvertes et les hésitations ne sont pas toujours une qualité, qu’elles ne présentent aucun avantage quand il s’agit de gagner sa vie. De temps à autre, on retourne donc à ce que l’on était habitué à faire(4), là où l’on se trouvait auparavant(5).

Certes, l’habitude est une seconde nature, comme le souligne le Tanya, mais cela également ne doit pas effrayer un ‘Hassid. Il faut donc au moins essayer de changer cette nature. Parfois, quand on s’engage en ce sens, on s’aperçoit que cela n’est pas si difficile. Et, l’on est plus à l’aise, plus libre, dans sa tête et dans ses poches(6).

Que le Créateur du monde, Qui le dirige, exauce les souhaits de votre cœur, d’une manière positive, afin que vous gagniez bien votre vie, que vous puissiez intensifier votre étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, en bonne santé et dans l’opulence.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Notes

(1) Simple, ne recherchant pas la sophistication. (2) Conformément au principe annoncé à propos du Choffar. (3) Ce qui suit est en Yiddich. (4) On retrouve le comportement traditionnel. (5) En Russie. (6) Dans sa réflexion et dans ses moyens financiers.

Lettre n°4470

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4470, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

érudit aux multiples connaissances, se consacrant

aux besoins communautaires, le Rav C.Y.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille du Chabbat. Je vous remercie d’avoir fait référence aux frais de voyage, pour le séjour de quelques semaines des élèves de notre Yechiva en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, conformément à ce que je vous disais, dans la lettre que je vous ai adressée(2).

Néanmoins, il semble que mes propos n’ont pas dû être suffisamment précis. Il est clair que les frais d’hébergement en Terre Sainte sont sensiblement identiques aux frais de voyage(3). Du reste, il me semble que je l’ai dit, moi-même, dans ma lettre. Mais, ce serait le cas uniquement si ces élèves voyageant par l’intermédiaire d’organismes étrangers, étaient hébergés par des étrangers, auquel cas un paiement serait effectivement nécessaire. C’est effectivement le cas pour les élèves d’autres Yechivot, se rendant en Terre Sainte par l’intermédiaire du département de l’Agence juive qui s’occupe de cela.

Toutefois, ce n’est pas le cas, en l’occurrence. Si je dispose des frais de voyage, je pense que je pourrai les faire héberger à Kfar ‘Habad, dans les Yechivot ‘Habad, à la Yechiva Tom’heï Temimim de Lod. De la sorte, les frais seront réduits au strict minimum. Je ne dispose pas d’une telle possibilité, en revanche, pour le coût du voyage.

On vous a dit que les billets devaient être payés par l’Agence juive en devises étrangères. Cela est également surprenant. Par ailleurs, il est clair qu’ils n’emprunteront pas le bateau, car celui-ci poursuit son voyage pendant le Chabbat(4). En revanche, ils pourront se déplacer par un avion El Al. Néanmoins, selon mon programme, ils devront, à l’occasion de ce voyage, passer quelques jours à la Yechiva Tom’heï Temimim de France(5), mais cela sera facile à organiser, puisque les vols El Al desservent Londres. Ils y feront donc escale et y reprendront, plus tard, un autre avion El Al(6). Entre temps, ils se rendront en France et en reviendront, à leur frais, bien entendu.

Si vous avez la possibilité de mettre cette question, de nouveau, à l’ordre du jour, vous le ferez sans doute, avec l’empressement qui convient, d’autant, comme je le disais dans ma lettre précédente, qu’il en résultera, à mon sens, le plus grand encouragement pour les habitants du Kfar(7) et pour son développement.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4310. (2) Il s’agit de la lettre n°4402. Concernant ce voyage, voir également la lettre n°4546. (3) Le Rav Zevin demandait donc pourquoi prendre en charge les uns plutôt que les autres. (4) Ce qui est une transgression du Chabbat, quand les marins sont juifs. Voir, à ce sujet, la lettre n°4555. (5) A Brunoy, dans la région parisienne. (6) Pour poursuivre leur route vers la Terre Sainte. (7) Kfar ‘Habad, à la suite de l’attentat qui y avait été perpétré. Voir, à ce sujet, la lettre n°4281 et l’avant-propos.

Lettre n°4471

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4471, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre express du jour au cours duquel deux fois fut dit le mot ‘bon’, lors de la création(1). Malgré sa longueur(2), je ne comprends toujours pas pourquoi il faut adopter un comportement désordonné, alors qu’il est possible de procéder méthodiquement.

Je veux dire que, dans le monde entier, quand on souhaite transmettre une certaine information à la direction d’une école, on ne s’en remet pas au fait que l’on a fortuitement rencontré l’un des membres de cette direction et qu’au milieu d’une discussion, on lui a glissé quelques mots, à ce sujet. On doit, plus exactement, se rendre dans son bureau spécifiquement à cet effet et lui préciser ce que l’on a l’intention de faire.

Et, vous connaissez l’enseignement que donne notre Torah, en la matière : “ Tout ce qui est dit(3) à l’extérieur du tribunal ne doit pas être pris en compte ” et il en est de même, en l’occurrence, même ce bureau se trouvait dans un endroit éloigné et, a fortiori, lorsque l’on passe chaque jour près de lui.

Vous parlez d’une “ race inférieure ”(4).. Même si la situation était celle que vous décrivez dans votre lettre, on ne peut justifier le comportement désordonné de l’un par l’injustice commise par l’autre, d’autant qu’au final, le tort est causé aux élèves qui, bien évidemment, ne sont pas responsables si l’enseignement ne leur est pas dispensé.

Il est sûrement inutile de vous rappeler les termes du verset : “ Comme le visage se reflète dans l’eau, le cœur de l’homme se reflète en celui de son prochain ”. Bien entendu, cela ne veut pas dire que, si quelqu’un observe de manière défavorable, on doit en faire de même envers lui. Le contraire est vrai. Bien plus, même au bénéfice du doute, on doit adopter ce comportement(5) et, comme le dit la conclusion d’Iguéret Ha Kodech, chapitre 2 : “ Grâce à tout cela, peut-être…(6) ”.

Avec ma bénédiction pour que les cœurs se rapprochent, pour que l’on médite réellement à tout cela, afin de le mettre en pratique, avec un cœur intègre,

Notes

(1) Le mardi, troisième jour de la semaine. (2) Le destinataire de cette lettre y présentait son argumentation contre la direction d’une école. (3) Aux juges. (4) Le destinataire de cette lettre disait que les membres de la direction considèrent les enseignants comme des inférieurs. (5) Considérer l’autre de manière favorable. (6) L’autre sera-t-il ramené à de meilleurs sentiments.

Lettre n°4472

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4472, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav I.Steinfeld,

Je vous salue et vous bénis,

On m’a transmis le contenu de votre lettre, dans laquelle vous vous étonnez qu’en discutant avec tel Juif qui, pour l’heure, ne fait pas encore partie de ceux qui craignent la Parole de Dieu, j’ai évoqué avec lui le sujet de la réincarnation des âmes(1).

Je suis surpris par votre étonnement, car des livres, édités en de nombreux endroits, traitent de la réincarnation des âmes. Les premiers Sages ont mentionné ce sujet et en ont fait mention dans leurs ouvrages, de sorte que ce concept n’appartient plus à l’enseignement profond de la Torah, à son aspect caché. Il en est également question dans la partie révélée de la Torah.

Bien plus, seule cette idée de la réincarnation des âmes permet de répondre à d’immenses questions que peuvent se poser nos frères, les Juifs de cette époque, en particulier les jeunes, qui observent ce qu’a dernièrement connu notre peuple(2). Or, cette observation n’a pas une bonne influence sur eux, sur leur foi en la divine Providence et en la manière dont le Créateur du monde le dirige. Leur pratique des Mitsvot s’en trouve également affaiblie, comme le savent tous ceux qui sont en contact avec la jeune génération, en particulier aux Etats-Unis.

Tout canal, tout moyen permettant de diffuser publiquement les idées de notre sainte Torah, Torah de vie, doit donc être saisi, dans toute la mesure du possible. Bien plus, il y a encore quelques générations, on évitait de publier des paroles de Torah dans les journaux, de peur que l’on ne fasse pas bon usage de ces journaux et qu’on les jette dans la rue. A l’opposé, dans la génération précédant la nôtre, les Grands d’Israël ont adopté ce comportement(3). C’est ainsi qu’il y avait des journaux orthodoxes en Pologne, en Terre Sainte.

De même, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef d’Israël, fit imprimer de nombreux commentaires de la Torah dans des journaux américains, dans l’espoir que ceux-ci puissent atteindre un ou deux Juifs de plus(4), afin de les ramener vers la vérité et de les placer dans un rayon de lumière.

Et, il eut été réellement souhaitable que tous ceux qui craignent la Parole de Dieu sortent dans la rue et y enseignent la Torah aux Juifs, sans leur imposer de conditions préalables, sans leur demander de respecter les Mitsvot avant d’accéder à cette étude. Par l’intermédiaire d’un tel enseignement, ils auraient sauvé de nombreuses et précieuses âmes juives, les auraient ramenées vers Dieu et vers Sa Torah, au plus vite.

Certes, comme vous le savez, le Zohar, expliqué dans différents textes de ‘Hassidout, en particulier le saint Tanya, affirme que “ la Torah, sans l’amour et la crainte de Dieu, ne connaît pas l’élévation ”. Pour autant, on peut constater que l’attitude qui vient d’être décrite, c’est-à-dire la diffusion de notre Torah, Torah de vie, auprès de tous les Juifs venant poser des questions, en leur apportant les précisions nécessaires, avec bienveillance et proximité, permet effectivement de rapprocher ceux à qui l’on s’adresse, même si, bien entendu, tous ne réagissent pas de manière identique.

Vous consulterez également les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, chapitre 4, paragraphe 3, dans le Kountrass A’haron, qui disent : “ Et, l’on peut considérer que le Rav doit s’introduire…(5) ”. Vous verrez ce texte. Et, combien plus en est-il ainsi pour ce qui concerne les idées de la Torah qui sont bien connues mais dont on n’a pas une connaissance parfaite. On en fait donc une mauvaise interprétation et l’on aboutit à une conclusion contraire à la vérité.

Je perçois, dans votre lettre, que vous partagez cet étonnement avec plusieurs de vos amis. Je vous demande donc de leur transmettre le contenu de ce qui vient d’être dit. Vous leur rappellerez, vous leur soulignerez, en particulier, que :

De nombreux Juifs se noient dans l’océan de l’ignorance et c’est la seule raison pour laquelle beaucoup d’entre eux ne respectent pas les Mitsvot, de manière concrète. En la matière, quiconque peut intervenir, mais préfère s’enfermer dans ses quatre coudées, s’expliquant à lui-même qu’il est dans le vrai, alors qu’eux…(6) encourt ce que dit le saint Zohar, à différentes références, quand il établit une différence entre le comportement de Moché, notre maître, après le don de la Torah et celui de Noa’h, avant ce don(7).

Mais, de fait, il n’est nul besoin, en la matière, d’avoir recours aux explications du saint Zohar. Il suffit de considérer ce qui est accompli, quand il s’agit d’un sauvetage physique. Si quelqu’un passe au bord d’un fleuve et observe un Juif qui se noie, il est clair qu’il interrompra son étude et fera tout ce qui est en son pouvoir pour le sauver. Or, s’il en est ainsi pour le salut du corps, combien plus doit-il en être de même pour celui de l’âme.

J’ajouterai que, même s’il n’est pas sûr que l’interlocuteur modifiera son comportement, quand il étudiera la Torah, qui peut se permettre de condamner quelqu’un à mort(8) en affirmant qu’il n’accèdera pas à la Techouva, ce qu’à Dieu ne plaise ? Il y a, au moins, un doute, à ce sujet, ou, en tout cas, le doute d’un doute. Et, le Choul’han Arou’h tranche qu’une question de vie ou de mort repousse toute autre considération, même s’il y a un doute, plusieurs doutes. Cela est écrit dans le même Choul’han Arou’h qui traite du fait de porter les Tefillin.

Puisse Dieu faire que vous trouviez les mots pour expliquer tout cela à vos amis, afin qu’ils modifient l’attitude qu’ils ont eu jusqu’à maintenant, qu’ils mettent en pratique l’enseignement de nos Sages selon lequel “ quand on se réunit, propage(9) ”, qu’ils diffusent les sources des Paroles du Dieu de vie, jusqu’à ce qu’elles parviennent à l’extérieur.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le destinataire de cette lettre considère que l’on ne doit pas enseigner la dimension profonde de la Torah à celui qui n’est pas pratiquant. (2) Les massacres de la seconde guerre mondiale. (3) Ils faisaient imprimer des paroles de Torah dans les journaux. (4) Que l’on n’aurait pas pu contacter autrement. (5) Dans la maison de l’élève qui n’est pas digne de confiance car peut-être de cette façon parviendra-t-il à le ramener à de meilleurs sentiments. (6) Vivent dans l’erreur. (7) Moché se préoccupa du bien-être de tous les hommes de sa génération, alors que Noa’h se préoccupa uniquement de se sauver lui-même et de sauver les membres de sa famille des eaux du déluge. Voir, à ce sujet, la lettre n°3559. (8) En le privant de la connaissance. (9) De la réunion de Juifs doit résulter une propagation de la Torah.

Lettre n°4473

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4473, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Votre lettre semble indiquer votre surprise, du fait que je ne vous ai pas écrit immédiatement après l’événement(1). Or, mon attitude devait, a fortiori, être celle d’Aharon le grand Prêtre(2). En effet, le verset porte témoignage que celui-ci “ se tût ”. Combien plus devait-il en être ainsi pour des personnes comme nous.

Avec ma bénédiction de réussite et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) L’attentat perpétré à Kfar ‘Habad à la veille de Roch ‘Hodech Iyar. Voir, à ce propos, la lettre n°4281 et l’avant-propos. Voir également la lettre n°4506. (2) Constatant la mort de ses deux fils, Nadav et Avihou.

Lettre n°4474

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4474, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de dimanche, dans laquelle vous me dites qu’un jeune homme est attiré par la ‘Hassidout, mais ses parents n’en sont pas satisfaits et, parfois même, lui font obstacle. Vous me demandez que faire.

Je suis surpris que vous soyez dans le doute, à ce sujet, car il s’agit d’une Hala’ha tranchée dans le Choul’han Arou’h, Yoré Déa, chapitre 240, paragraphe 25. Même si cet obstacle le met en situation de danger, même si le père ne l’empêche pas d’étudier la Torah en général, mais seulement une partie bien précise, il est dit, dans les lois du respect dû aux parents, qu’il n’est pas nécessaire de l’écouter. Vous consulterez ce texte. Combien plus est-ce le cas quand on empêche toute étude et il est bien évident que les raisons invoquées, à cette référence, ne s’appliquent pas à son cas.

Vous me demandez comment réaliser tout cela et s’il faut le faire “ d’une main forte ”. Je ne comprends pas ce que cela apporterait. L’étude de la Torah n’est pas un moyen de vaincre l’autre, ce qu’à Dieu ne plaise. Combien plus est-ce le cas du luminaire de la Torah, qui est l’arbre de vie et appartient uniquement au domaine de la sainteté.

Le Raya Méhemna explique longuement tout cela, à la Parchat Nasso, de même que le Tanya, de l’Admour Hazaken, dans Iguéret Ha Kodech, au chapitre 26. S’agissant du programme d’étude de ce jeune homme et du lieu où cette étude se déroulera, vous consulterez les ‘Hassidim âgés de la ville sainte de Jérusalem. Vous leur exposerez la situation dans tous les détails.

Vous me demandez si vous devrez vous-même poursuivre vos études dans l’endroit où vous vous trouvez actuellement ou bien rejoindre la Yechiva Tom’heï Temimim de Lod. Cela dépend également de certains détails et de détails de détails. Vous exposerez donc tout cela aux ‘Hassidim âgés et ils vous guideront.

Vous et vos amis connaissez sûrement les trois études, concernant chacun, qui ont été instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celles-ci portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Sans doute les gardez-vous déjà ou, tout au moins, vous le ferez à l’avenir.

Dieu vous accordera la réussite.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°4475

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4475, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je vous réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat, dans laquelle vous me dites que vos voisins vous dérangent parfois, par leurs paroles. Vous me demandez ce que vous devez faire.

Il est bien clair que vous ne devez tenir aucun compte de tout cela. Et, vous vous raffermirez dans la foi de tout Israël, de chacun d’entre nous, selon laquelle le Créateur du monde, Qui le dirige, accorde Sa Providence à tous.

Le Créateur est l’Essence du Bien et tout ce qu’Il fait est pour le bien. Que peut vous faire un homme lorsque le Créateur du monde se tient devant vous et vous protège ? Vous vous consacrerez donc à vos études de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. Chaque jour de semaine, avant la prière du matin, vous donnerez quelques pièces à la Tsédaka.

Que Dieu vous accorde la réussite afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°4476

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4476, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Barou’h(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre de ce lundi, qui faisait suite à une longue interruption. Vous me faites part de la suite de ce qui se passe dans votre synagogue(2). Vous me dites surtout que vous vous êtes arrangé pour que tout se passe bien, en Tichri prochain.

Il faut espérer qu’il en soit de même également, par la suite. Je veux être sûr qu’à l’avenir, vos efforts ne s’amenuiseront pas. Comme vous le savez, nos Sages disent que “ l’on vient en aide à celui qui désire se purifier ”.

Puisse le Créateur du monde, Qui le dirige, faire en sorte que votre visite à ce congrès apporte certains résultats, non seulement pour ce qui est de la synagogue, mais aussi pour ce qui concerne le Judaïsme, en général.

Vous ne dites rien des membres de votre famille et de vous-même. J’en déduis que tout va bien.

Avec ma bénédiction, exprimée selon la formulation de mon beau-père, le Rabbi, pour que vous ayez un été en bonne santé et joyeux,

Notes

(1) Le Rav B.Litvin, de T. Clemes, Michigan. Voir, à son sujet, les lettres n°4085 et 4575. (2) Concernant la séparation entre les hommes et les femmes dans la synagogue. Voir, à ce propos, la lettre n°4085. Le jugement se poursuivit jusqu’en 5719-1959. C’est alors que la cour suprême du Michigan trancha que cette séparation resterait dans la synagogue. A ce propos, le destinataire de cette lettre édita un livre épais, intitulé “ La sainteté de la synagogue ”, qui est recueil de responsa sur la nécessité de cette séparation. Il y fait état également de ce jugement.

Lettre n°4477

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4477, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à ta lettre du 18 Sivan, dans laquelle tu m’indiques de quelle manière telle personne te considère, son attitude n’étant pas convenable(1). Il en résulte des conséquences qui ne sont pas souhaitables.

Un élève de Yechiva de ton âge, en particulier quand il a reçu son éducation dans un foyer ‘hassidique, auprès de quelqu’un qui est lui-même un ancien élève de la Yechiva, doit, bien évidemment, étudier la Torah et pratiquer les Mitsvot parce que telle est la Volonté du Saint béni soit-Il. Il ne s’agit pas pour lui de rendre service à quelqu’un, mais de rechercher son propre bien, dans ce monde et dans le monde futur, le bien de son âme et celui de son corps.

Cela veut dire également que, même si telle personne ne se comporte pas envers moi de la manière qui convient, je ne dois pas avoir une attitude allant à l’encontre de mon propre bien. Si l’on est vraiment touché, on interviendra, d’une manière agréable et pacifique, pour que tout rentre dans l’ordre de la meilleure manière possible et, s’il semble que telle personne n’en soit pas satisfaite, je m’efforcerai de bien agir envers lui et, au final, ceci apportera la réussite, ainsi qu’il est dit, “ comme le visage se reflète dans l’eau, le cœur de l’homme se reflète dans celui de son prochain ”.

Concrètement, en particulier dans ton cas, un compagnon d’étude n’est pas essentiel, à ton âge, car seule importe l’ardeur à l’étude. En pareille situation, tu n’auras plus besoin de chercher un compagnon d’étude, car tous voudront étudier avec toi.

Certes, il te faudra du temps avant de parvenir à cela. Jusque là, il ne sera pas aisé, il sera même difficile d’étudier seul. Néanmoins, il faut le faire avec énergie et être certain qu’il n’en sera ainsi que pour un temps relativement court.

Ce qui vient d’être dit s’applique uniquement si ce que tu écris est intégralement exact. Toutefois, il est dit que “ l’homme est proche de lui-même ”(2). Il faut donc accepter qu’il puisse en être autrement, ainsi qu’il est dit : “ L’amour (propre) cache toutes les fautes ”.

Tu devrais donc réfléchir encore une fois à tout ce qui dépend de toi. Si une évolution positive intervient, la situation que tu décris s’arrangera d’elle-même, en tout cas d’une manière significative.

Tu gardes sans doute les trois études, qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celles-ci portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Chaque matin de semaine, avant la prière, tu donneras quelques cents à la Tsédaka.

Et, Dieu t’accordera la réussite.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Le destinataire de cette lettre est un jeune élève de la Yechiva qui se plaint de l’attitude de son compagnon d’étude envers lui. (2) Il n’est donc pas objectif, pour ce qui le concerne.

Lettre n°4478

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4478, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 18 Sivan, m’annonçant la bonne nouvelle que vous diffusez les livres de ‘Habad, dans toute la mesure du possible. Vous ne donnez pas de détails, à ce sujet, mais tel est effectivement le besoin du moment, d’autant que nous approchons de la fin de notre exil.

Comme vous le savez, le Baal Chem Tov répondit(1) : “ Lorsque tes sources se répandront à l’extérieur ”. La diffusion des livres de ‘Hassidout participe à cela. Il faut donc se renforcer et développer largement cette activité.

Nos Sages disent que l’on conseille l’empressement uniquement à ceux qui, par nature, possèdent cette qualité. En conséquence, si, jusqu’à maintenant, vous avez effectué cette diffusion dans toute la mesure du possible, il vous faut désormais la développer. Pour cela, vous soulignerez vous-même la nécessité d’étudier la ‘Hassidout et d’autres également en feront de même.

Une telle campagne est, par elle-même, importante, fondamentale et ce qui vient d’être dit(2) incombe, dans notre génération, à quiconque est conscient de son devoir et a eu le mérite d’avoir connaissance du luminaire de la Torah, c’est-à-dire de l’enseignement de la ‘Hassidout. Il est certain que vous avez reçu les forces nécessaires pour vous acquitter de cette obligation et de ce devoir.

Que Dieu vous accorde la réussite afin d’accomplir tout cela sans rencontrer d’obstacle et dans une proportion qui sera de plus en plus large.

Comme vous me le demandez, je mentionnerai vos noms près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Avec ma bénédiction de succès en tout cela,

Notes

(1) Au Baal Chem Tov, qui lui demandait quand il viendrait. (2) La nécessité de diffuser les sources de la ‘Hassidout.

Lettre n°4479

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4479, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 18ème jour du troisième mois(1), dans laquelle vous me demandez ce que doit faire votre épouse.

Notre Torah, Torah de vie, a déjà répondu à cette question, puisqu’elle énonce trois Mitsvot essentielles, dont les initiales forment le mot Ha ‘Hén, la grâce(2), toutes trois confiées aux femmes. Il y a, par ailleurs, toutes les Mitsvot qu’elles sont tenues de mettre en pratique, comme le précise le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, dans ses lois de l’étude de la Torah, à la fin du chapitre 1. Et, vous connaissez, en outre, l’explication que nos Sages donnent du verset : “ L’honneur de la fille du Roi se trouve à l’intérieur ”. Un comportement pudique, le fait de se couvrir la tête, permet d’avoir des fils…(3).

Vous parlez de votre manière de vous installer, à l’avenir. Il est clair que tous ceux qui peuvent renforcer le Judaïsme, le diffuser dans votre ville, auprès de ses habitants, doivent le faire, dans toute la mesure du possible. Il en est, bien sûr, de même pour les autres Mitsvot de la Torah, surtout celle qui consiste à sauver les âmes juives afin qu’elles accèdent au monde futur. Cette Mitsva augmente la bénédiction de Dieu et le succès qu’Il accorde à ceux qui la mettent en pratique. Elle leur procure enfants, santé et prospérité matérielle.

Il est donc bien clair que vous et votre épouse, dans la mesure où Dieu vous a accordé la capacité d’agir avec empressement dans ce domaine, parmi vos frères se trouvant dans votre ville, devez le faire, avec le plus grand empressement.

Je suis surpris que vous ne me disiez rien de votre étude de la ‘Hassidout, en plus de celle de la partie révélée de la Torah et des trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi. Ces dernières portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le 18 Sivan. (2) Hadlaka, l’allumage des bougies, ‘Hala, la Cacherout, Nidda, les lois de la pureté familiale. (3) Craignant Dieu et érudits de la Torah.

Lettre n°4480

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4480, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Sivan 5716,

Brooklyn,

A l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad,

groupement de Londres, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai été satisfait de recevoir votre lettre du 20, qui faisait suite à une longue interruption. Je suis, néanmoins, surpris que celle-ci soit aussi courte et qu’elle ne fournisse aucun détail sur la manière dont vous avez profité de Lag Baomer et du jour de Chavouot.

Bien plus, vous ne me faites pas part non plus de vos plans pour les mois de l’été, pendant lesquels les enfants sont libérés des autres études(1). Rien ne se mêle donc à l’influence positive qu’on peut alors leur prodiguer.

Vous ne me dites pas non plus ce que sera votre programme pour les mois de l’été, pour ceux qui iront rencontrer, à la campagne, ceux qui y sont venus de différents endroits(2). Là encore, une influence positive, qui est l’objectif des femmes et jeunes filles ‘Habad, leur permettra de renforcer leur pratique juive et se marquera ensuite dans de nombreux endroits(3).

De la sorte, Dieu bénira toutes celles qui participent aux activités de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad, en général et en ce qui vient d’être dit, en particulier. Elles auront un bon été, qui renforcera leur santé et apportera la réussite dans leur action.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Des études séculaires. (2) Pour y passer les vacances. (3) Après leur retour de vacances.

Lettre n°4481

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4481, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Sivan 5716,

Brooklyn,

A l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad,

en France, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 15 Sivan, qui faisait suite à une longue interruption. Vous me décrivez votre action, en général et la fête que vous avez organisée pour Lag Baomer, en particulier.

Puisse Dieu faire que vous intensifiez votre action, quantitativement et qualitativement, en particulier pendant les mois d’été, qui approchent, lorsque les enfants sont libérés des autres études(1). L’influence positive qu’ils recevront, pendant cette période, ne sera donc entravée par aucun élément étranger.

De même, avec la préparation qui convient, on peut profiter du fait qu’à la campagne, on rencontre des personnes provenant de nombreux endroits(2). L’influence positive parviendra donc dans leur lieu de résidence habituel. La propagation des valeurs juives, qui est l’objectif de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad, se fera ainsi, simultanément, en plusieurs endroits.

J’espère que vous vous concerterez à propos de tout ce qui vient d’être dit et que vous préparerez votre action de la manière qui convient.

Dieu bénira toutes celles qui participent à l’œuvre de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad, en général et à ce qui vient d’être dit, en particulier. Il leur accordera un bon été, raffermira leur santé et, avant tout, fera en sorte que leur action soit fructueuse.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Des études séculaires. Voir la lettre précédente. (2) Pour les vacances. Voir la lettre précédente.

Lettre n°4482

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4482, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je vous ai dit que j’attendais au moins un peu de soumission. En effet, si vous vous habituez à en faire preuve, vous éprouverez, à tout le moins, un doute sur la valeur de votre analyse et même sur vos décisions. Vous vous direz qu’elles ne sont peut-être pas exactes. Car, peut-être avez-vous l’impression qu’il en est autrement, uniquement parce que “ l’homme est proche de lui-même ”(1).

Si vous adoptez cette attitude, avant de prendre une initiative incisive ou, en tout cas, ayant une incidence large, vous prendrez conseil auprès de quelqu’un qui n’est pas directement concerné(2).

Comme j’en ai pris l’habitude, je dois immédiatement souligner que mon propos n’est pas d’affirmer qu’en tel domaine, cette personne a totalement tort et cette autre a raison. De façon générale, de telles assertions ne font pas l’objet de la présente. Je me contente d’observer le comportement général.

En d’autres termes, quand on étudie les livres de ‘Hassidout et les causeries de nos maîtres, on les comprend bien. Puis, quand il faut agir concrètement, on décide, avec la plus grande certitude, que tout ce qui est dit dans ces livres concerne les autres.

A titre d’exemple, je citerai un seul point. Si les premières lignes du chapitre 41 du Tanya, figurant à la page 56a, étaient gravées dans votre esprit, et même si vous connaissiez uniquement la dernière ligne et demie de cette page, “ et voici que Dieu se trouve devant lui, l’observe, sonde ses entrailles et son cœur ”, je suis certain que vous n’envisageriez même pas de prononcer les propos incisifs que vous avez dits. Bien plus, vous n’auriez même pas utilisé des termes beaucoup moins acerbes que ceux-là.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Il a donc du mal à être objectif pour ce qui concerne sa propre personne. (2) Et, peut donc être objectif.

Lettre n°4483

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4483, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Ye’hyel Mi’hel Yehouda Leïb(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 17 Sivan. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez bientôt la suite des actions que vous décrivez dans votre lettre. Cette suite sera concrète et fixe. Et, cette fixité dans le temps et dans l’esprit, de la part des organisateurs, se renforcera et attirera ceux qui, pour l’heure, se disent qu’ils ne sont pas des ‘Hassidim.

Sans doute profiterez-vous, dans toute la mesure du possible, du fait que vous vous trouvez dans un lieu nouveau. Dans la mesure du possible et du nécessaire, vous influencerez ceux qui s’y trouvent, de sorte qu’à votre retour de là-bas, en un moment bon et fructueux, vous maintiendrez le contact(2) et vous serez le canal leur apportant la Torah et les Mitsvot, telles qu’elles sont illuminées par la lumière et la chaleur de la ‘Hassidout.

Puisse Dieu faire que vous ayez une réussite considérable, que votre influence s’exerce sur vos disciples, qui, à leur tour, influenceront les autres. Conformément au dicton(3) bien connu de mon beau-père, le Rabbi, la perfection se marque avec la naissance du petit-fils(4). Il en est donc de même pour “ tes enfants (qui) sont tes élèves ”. La plénitude d’un guide spirituel est obtenue quand ses élèves forment, à leur tour, des élèves.

Vous consulterez la Tossefta, à la fin du traité Edouyot, citée dans l’épître de Rav Cherira Gaon et reproduite dans le Arou’h, à l’article Abbayé, de même que le Séfer Ha Yo’hassin, selon laquelle celui dont l’élève a un élève reçoit le titre de Rabban(5).

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav Y.M. Y. L. Zalmanov, de Bneï Brak. Voir, à ce sujet, la lettre n°4282. (2) Avec ces personnes. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4544. (4) C’est-à-dire avec la troisième génération. (5) Notre maître.

Lettre n°4484

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4484, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Nissan(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre des 15 et 22 Sivan. Vous évoquez l’envoi de documents(2) pour deux élèves de plus(3). Il faut d’abord se demander ce qu’il en résultera de positif pour les autres et pour ceux qui viendront ici eux-mêmes.

Il en est de même pour l’élève qui est venu, en visite, pour la fête de Chavouot. J’aimerais savoir si, à son retour, il a récité un discours ‘hassidique(4), s’il a animé une réunion ‘hassidique. Très simplement, les conséquences de son voyage ont-elles justifié son coût ?

Il est clair qu’il faut choisir, en fonction de cela, la nature de ceux qui viennent ici et leur poser, d’emblée, cette condition(5). Bien entendu, on ne peut pas attendre la même chose de chacun, car “ leurs avis diffèrent ”(6) et, selon les termes de l’Admour Hazaken, “ l’intellect de l’un ne s’émerveille pas et ne se met pas en éveil de la même idée que celui de l’autre ”. Le point commun à tous doit être l’intérêt(7) pour soi-même et pour les autres. J’attends les précisions que vous m’apporterez, à ce sujet.

Concernant les documents qui vous concernent personnellement, ceux-ci ont été transmis au bureau.

Avec ma bénédiction pour un été fructueux et pour se préparer comme il convient à la fête de la libération(8) du 12 et 13 Tamouz, qui approche,

Notes

(1) Le Rav N.Nemanov, directeur de la Yechiva de Brunoy, dans la région parisienne. Voir, à son sujet, les lettres n°4083 et 4585. (2) De demandes de visas d’entrée aux Etats Unis. (3) De Brunoy, qui viendront poursuivre leurs études ou bien en visite chez le Rabbi, à New York. (4) Qu’il a entendu, se trouvant chez le Rabbi. (5) Voir également, à ce sujet, les lettres n°4585, 4628, 4646 et 4683. (6) Chacun a sa propre personnalité. (7) D’un tel voyage. (8) Du précédent Rabbi des prisons soviétiques.

Lettre n°4485

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4485, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre

aux besoins communautaires et assume fidèlement

sa mission, le Rav Yaakov(1) Ha Cohen,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris, avec plaisir, que vous vous efforcerez de participer à la préparation de la réunion ‘hassidique qui aura lieu le Chabbat Roch ‘Hodech Tamouz, de la Parchat Kora’h, qui approche, dans la synagogue Ancheï Loubavitch. Vous y assisterez et sans doute y transmettrez-vous mes salutations à tous les participants.

On y prononcera sûrement des paroles de Torah, d’encouragement à la pratique de la Torah et de ses Mitsvot. Avec l’aide de Dieu, vous connaîtrez une réussite considérable, conformément au dicton suivant, bien connu(2), que nous avons entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, au nom de l’Admour Hazaken : “ Ce qu’une réunion ‘hassidique peut accomplir, l’ange Mi’haël ne peut le faire ”.

Et, puisse ceci prendre la forme, en particulier, du plus grand nombre possible d’actions qui seront menées pour renforcer et développer la synagogue Ancheï Loubavitch, en tout ce qui pourra la concerner.

Pour évoquer un point qui est d’actualité(3), je rappellerai que la Sidra que nous lirons ce Chabbat est consacrée aux Cohanim(4), à son début et également à sa conclusion.

Plus largement, tous les Juifs sont qualifiés de Cohanim.

Ils reçurent ce titre afin de se préparer au don de la Torah, ainsi qu’il est dit : “ Vous serez pour Moi une nation de Cohanim et un peuple sacré ”.

De quelle manière fait-on en sorte qu’il en soit ainsi ? Le Rambam l’explique, à la fin des lois de la Chemitta et du Yovel, en ces termes : “ Celui dont l’esprit se porte volontaire, qui comprend qu’il doit se séparer afin de se tenir devant Dieu, de Le servir et de Le connaître, sera consacré Saint des Saints. Il méritera, dans ce monde, ce qui sera le bien pour lui, comme ce fut le cas pour les Cohanim et les Léviim ”.

En d’autres termes, lorsque des Juifs prennent conscience de la finalité de la création de l’homme, laquelle est, selon la formulation de la Michna, “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”, ils servent Dieu par tout ce qu’ils font, ainsi qu’il est dit : “ En toutes tes voies, reconnais-Le ”. Dès lors, ils sont des Cohanim.

Il est un principe, s’appliquant aux dons qui sont faits aux Cohanim, comme le dit la conclusion de notre Sidra. Ceux-ci doivent être “ du meilleur ”. Et, cette règle est immuable, ainsi qu’il est dit : “ L’offrande de Dieu sera de tout ce qu’il a de gras ”. Le Ibn Ezra précise : “ La partie la plus importante ”, qui est “ une alliance éternelle comme le sel ”.

La promesse de Dieu est définitive. Lorsque les Juifs adoptent le comportement qui vient d’être décrit, Dieu leur accorde “ tout ce qu’Il a de gras ”, en tout lieu, à chaque époque, c’est-à-dire “ une alliance éternelle comme le sel ”.

Le lieu naturel du service de Dieu par les Juifs est essentiellement le Temple. Et, il en est de même, à notre époque, pour les synagogues et les maisons d’étude, qui sont aussi “ un petit Temple ”. D’elles émanent la sainteté et la clarté du foyer de chacun, permettant de sanctifier et d’illuminer les préoccupations profanes.

Que Dieu accorde le succès afin que cette attitude soit effectivement une proche préparation pour hâter le rétablissement du service de Dieu dans le troisième Temple, qui sera éternel. Alors s’accomplira la promesse selon laquelle “ Tu rétabliras le service sur le parvis de Ta maison ”.

Avec ma bénédiction pour un bon Chabbat et un joyeux mois à tous ceux qui participeront à cette réunion et, avant tout, au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples accomplissements et aux comportements généreux, le Rav Chlomo Zalman(5) Chlita,

Notes

(1) Le Rav Y.Kats, de Chicago. Voir, à son sujet, les lettres n°2046 et 4674. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4433. (3) A partir de ce paragraphe, une lettre identique fut adressée au Rav David Meïr Shulman, de Brooklyn. Voir, à son sujet, la lettre n°4342. (4) Le destinataire de cette lettre est un Cohen. (5) Le Rav C.Z. Hecht, de Chicago. Voir, à son sujet, la lettre n°4322.

Lettre n°4486

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4486, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je ne sais pas s’il sera utile de vous rappeler encore une fois quelle est ma conception. J’essayerai, néanmoins, de le faire, très brièvement :

A) A notre époque, en particulier chez vous, on peut vérifier concrètement que la subsistance matérielle est directement liée à la subsistance morale(1), c’est-à-dire au nombre d’élèves prenant part à vos cours, au nombre de personnes priant dans votre synagogue.

B) Je m’efforce d’encourager les membres de votre synagogue que je connais pour qu’ils fassent tout ce qui est en leur pouvoir afin de la développer. Mais, bien évidemment, ils assument une activité professionnelle et ne se consacrent pas à une mission sacrée. Leur intervention, en la matière, reste donc nécessairement limitée. Il n’en est pas de même pour celui qui assume une mission sacrée, dont ceci(2) doit être la préoccupation essentielle.

C) En plus de tout cela, l’attitude consistant à faire faire son travail par les autres s’appliquera uniquement dans le monde futur, comme le précisent nos Sages. Et encore, ce sera le cas uniquement pour le labourage des champs, mais non pour ce qui concerne la Torah et les Mitsvot.

D) Les jeunes Rabbanim, quand ils doivent ouvrir une synagogue, ont l’habitude de ne pas s’en remettre à l’un des membres de la communauté, même s’ils peuvent, par ailleurs, se servir de l’influence qu’il exerce, attendre de lui qu’il soit très actif. Pour autant, ils prennent effectivement eux-mêmes l’initiative. Bien plus, ils orchestrent personnellement les actions menées par ces membres et, de temps à autre, ils les encouragent.

E) S’agissant de votre communauté, il se trouve, au-delà de toute espérance naturelle, que certains membres sont prêts à agir bien plus qu’on aurait pu l’espérer. Ils vous demandent, exigent de participer aux actions. Une telle attitude est, à proprement parler, le contraire de la normale.

Pour préciser encore plus clairement ma position, je répète ce que je vous ai déjà dit plusieurs fois. Il est absolument indispensable que vous alliez rendre visite aux membres de votre communauté, chez eux ou, tout au moins, que vous les rencontriez souvent. De ce point de vue, une conversation téléphonique ne suffit pas et encore moins une absence d’échange ou bien un échange qui reste exceptionnel.

Bien évidemment, la définition du Rav en tant que travailleur social(3), qui a été adoptée aux Etats-Unis, ne me convient pas du tout. Pour autant, vous ne pouvez attendre, pour renforcer et développer votre synagogue, que cette définition évolue, dans ce pays.

Il est donc indispensable que vous rendiez visite aux voisins de la synagogue, que vous les rencontriez, que vous leur demandiez de venir prendre part aux cours, à la synagogue. Mais, dans quel cas cette démarche, de votre part, sera-t-elle fructueuse ? Lorsque vous comprendrez que c’est là votre véritable bien, encore plus que celui des membres de la communauté.

Vous connaissez le dicton ‘hassidique(4), prononcé par l’Admour Hazaken, selon lequel on peut apprendre la manière de servir Dieu en observant le comportement d’un voleur. En effet, la Michna dit : “ Qui est le Sage ? Celui qui apprend de chacun. ”. En l’occurrence, même si l’on ne connaît pas la réussite dès la première fois, on essayera encore et encore(5).

Puisse Dieu faire que ces quelques lignes soient suffisantes, que vous m’appreniez que vous vous absorbez dans vos actions, en tout ce qui concerne la synagogue, y compris celles qui n’auront pas un apport immédiat. Bien plus, vous me direz que vous faites tout cela dans la joie et l’enthousiasme, sans mélancolie.

Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Que l’on connaît l’opulence matérielle en ayant une activité spirituelle. (2) Le développement de la synagogue. (3) En anglais dans le texte, “ social worker ”. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°1329. (5) Comme le fait le voleur, qui ne se décourage pas si son premier larcin a été un échec.

Lettre n°4487

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4487, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 24 Sivan. J’y ai lu, avec plaisir, que vous avez participé à la distribution de Matsa Chemoura, mais je suis surpris que vous concluiez ce paragraphe en précisant que le fait que tout ceci ait été réalisé à votre initiative est passé pratiquement inaperçu. Une telle humilité est totalement déplacée.

A n’en pas douter, si l’on savait que cette action était la vôtre, que vous en étiez l’auteur, on aurait été attentif à votre parole et à votre effort tendant à promouvoir l’étude de la ‘Hassidout et l’adoption de ses pratiques et de ses usages.

Certes, il est inutile de se plaindre du passé. Néanmoins, je vous écris ceci car il vous arrive sûrement, de temps à autre, de vous trouver encore dans le même cas. A mon sens, vous devez donc adopter l’attitude que je viens de définir. Vous connaissez le dicton du Juste, le grand Rav et ‘Hassid, Rabbi Hillel de Paritch(1), selon lequel tout ce que l’on accomplit(2) a pour but de mieux comprendre les idées de la ‘Hassidout.

Il en est de même à notre époque, celle du talon du Machia’h(3), dont la venue dépend de la diffusion des sources(4). La nécessité du moment consiste donc à saisir toute opportunité pour les besoins de cette diffusion, d’autant que vous vous trouvez dans un endroit où personne d’autre ne le fait.

Vous évoquez vos études de comptabilité. Puisque vous les avez déjà commencées et en avez payé les frais de scolarité, vous les poursuivrez et les achèverez. Puisse Dieu faire qu’elles ne vous imposent pas un trop grand effort.

Vous envisagez également la situation de cette femme et vous me précisez que l’on consulte deux médecins spécialistes, sans que l’un ait connaissance de l’autre. Pour qu’il n’y ait pas de confusion, à terme, il serait bon d’obtenir, d’une manière diplomatique, qu’ils se concertent afin de convenir ensemble d’un traitement. Bien évidemment, si l’un des deux risque d’en concevoir de l’énervement ou de la rancune, il faudra se contenter de présenter l’avis de ces deux spécialistes au médecin de famille et de solliciter son conseil.

Vous parlez de l’enseignement aux soldats religieux, qui dépend du bon vouloir des participants et vous dites que, du fait de toutes ses raisons, il n’y en a qu’un petit nombre. Or, vous connaissez le dicton(5) de mon beau-père, le Rabbi, relatif à l’expression de nos Sages selon laquelle “ on se consacre à la Torah ”. Il souligne qu’il faut le faire comme s’il s’agissait d’une activité commerciale(6).

En effet, un commerçant ne reste pas enfermé dans sa chambre, attendant que quelqu’un vienne lui demander s’il a des marchandises à vendre, qui lui conviendraient. Bien au contraire, il court, recherche des clients, précisément dans les endroits de grand passage. Pour quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile de développer à la fois cette image et ce qu’elle veut dire.

Je voudrais uniquement souligner un point. La divine Providence vous a donné la possibilité d’allumer plusieurs bougies(7), ainsi qu’il est dit : “ La bougie de Dieu est l’âme de l’homme ”, d’illuminer non seulement votre part du monde, mais également la leur, par la lumière de la Torah et son luminaire, qui en est la dimension profonde. Puisse Dieu faire que vous saisissiez pleinement cette opportunité.

La satisfaction morale qui en résulte est considérable et la récompense à venir sera grande, car vous aurez causé une immense satisfaction au Créateur du monde, que les mots ne peuvent exprimer. Conformément à l’explication que nos Sages donnent du verset : “ Pour séparer le grain de l’ivraie ”(8), il est clair que ceux-ci concernent également les soldats qui, pour l’heure, ne sont pas encore pieux. Et, bien au contraire….(9).

Ce qui vient d’être dit vous permettra de comprendre ma position concernant le fait de quitter l’appartement dans lequel vous vous trouvez actuellement. Pour différentes raisons, cela n’est pas judicieux. Vous expliquez pourquoi vous refusez votre demeure actuelle. Il n’y a pas de ‘Hassidim(10), pas de réunions ‘hassidiques. A mon sens, il s’agit là, bien au contraire, de raisons positives(11), comme je le disais

au paragraphe précédent. Dieu agit “ mesure pour mesure ”(12), mais en une proportion largement accrue. Il est certain que, grâce aux actions menées dans l’endroit où vous vous trouvez maintenant, non seulement votre spiritualité ne diminuera pas, mais bien au contraire.

Vous parlez d’une thérapie par des rayons. Je suis surpris que celle-ci soit envisagée pendant une grossesse. Il faut donc opter, par exemple, pour un traitement basé sur des massages.

Vous me demandez si vous devez poursuivre votre activité pédagogique. Là encore, vous pouvez déduire ma position de ce qui a été dit. Vous devez effectivement la poursuivre et, bien plus, vous perfectionner, en la matière. Et, il en est de même pour votre épouse, quand sa situation le lui permettra, c’est-à-dire quelques temps après la naissance, en un moment bon et fructueux.

Vous dites que votre épouse enseigne plusieurs disciplines, ce qui dilue son influence. Vous savez ce qui est dit du peuple juif et de tout ce qui le concerne, “ vous êtes la minorité d’entre les nations ”. Malgré cela, les Juifs, au final, connaissent le succès et ils emportent la victoire. Commentant le verset “ Vous vous trouvez tous aujourd’hui… ”, nos Sages constatent que “ les nations disparaissent, alors que vous existez pour l’éternité ”. Et, il en est de même pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, en comparaison avec ce qui se trouve également chez les autres nations.

Votre épouse est sûrement en contact avec les femmes et jeunes filles ‘Habad de Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. Et elle participe à leurs actions, dans la mesure du possible. J’espère que vous m’écrirez, en détail, à ce sujet. Le simple fait de savoir qu’elle devra régulièrement rendre compte ici des actions qu’elle a menées dans ce domaine, la conduira à prendre plus d’initiatives et à révéler toutes les forces envisageables pour développer ces actions.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°3866 et 4568. (2) Non pas uniquement l’étude, dans sa dimension intellectuelle, mais, tout autant, les bonnes actions réalisées envers les autres. (3) Précédant sa venue. (4) De la ‘Hassidout. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°4299. (6) Essek signifie à la fois se consacrer et faire du commerce. (7) De mettre en éveil plusieurs âmes. (8) Soulignant la nécessité d’enseigner la Torah aux enfants des ignorants, qui n’ont pas d’autre moyen d’accéder à la connaissance. (9) Ils sont concernés en premier lieu. (10) A proximité. (11) Justifiant de rester dans cette maison. (12) De la manière dont on agit envers Lui.

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