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Iguerot Kodesh — lettres 4408 à 4427

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°4408

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4408, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 26 Iyar et, conformément à votre demande, je mentionnerai le nom de votre fils aîné, auquel Dieu accordera longue vie, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin qu’il ait une meilleure santé. Comme vous le savez, nos Sages soulignent que le vin du Kiddouch et de la Havdala renforcent la clarté des yeux.

Vous faites références à vos pensées(1). Nos saints livres disent que “ sa pensée revient avec le livre ”(2). Lorsque l’on étudie avec un texte, les lettres brillent et elles permettent de faire disparaître les mauvaises pensées. Même si l’on ne dispose pas d’un livre, on gravera, en son esprit, les paroles de la Torah, en général et de son enseignement profond, en particulier, “ arbre de la vie, dans lequel il n’y a pas d’interrogation ”, ainsi qu’il est dit : “ Je supprimerai l’esprit d’impureté de la terre ”, selon le Raya Méhemna, à la Parchat Nasso, cité et expliqué par l’Admour Hazaken, dans Iguéret Ha Kodech, au chapitre 26.

Tout cela repousse l’obscurité et les pensées qu’elle inspire. Comme vous le savez, on pense en permanence, alors qu’il n’en est pas de même pour la parole, puisque l’on peut se taire. C’est donc précisément avec une pensée sainte que l’on repousse une pensée indésirable.

A l’occasion de la fête de Chavouot, qui approche et d’après l’enseignement de nos Sages selon lequel on doit adopter la formulation de son maître, mon beau-père, le Rabbi, puissions-nous mériter, au sein de tout Israël, de recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde.

N. B. : Vous évoquez les livres parus aux éditions Kehot. Il me semble vous avoir déjà écrit, à ce sujet, que vous devez vous adresser aux responsables en Terre Sainte et, en premier lieu, au Rav Avraham Pariz, 16 rue Bar Ko’hba, Peta’h Tikva.

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Sans doute portez-vous également les Tefillin de Rabbénou Tam, qui correspondent à l’Attribut de découverte intellectuelle. Il semble que ce soit le moment de les faire vérifier. Vous le ferez à la fois pour celles de Rachi et pour celles de Rabbénou Tam ”. (2) Autre lecture du verset de la Meguila d’Esther : “ Par cet écrit, il annule sa pensée ”.

Lettre n°4409

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4409, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 25 Iyar et j’y ai lu avec plaisir que plusieurs des doutes que vous aviez ont disparu. Nos saintes livres expliquent que Safek, le doute, a la même valeur numérique que Amalek(1), c’est-à-dire à la force du mal qui le caractérise(2). Concrètement, Amalek est celui qui n’hésite pas à sauter dans un bassin empli d’eau bouillante, pourvu que cette initiative retire l’enthousiasme des enfants d’Israël, ainsi qu’il est dit : “ Il t’a refroidit ”(3). Vous consulterez le Midrach Tan’houma, à cette référence.

Vous pourrez en déduire qu’il en est de même pour tous les doutes que vos mentionnez et qui émanent de la même source. Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Vous dites avoir lu, dans les livres d’astronomie, qu’un rayon de lumière émanant des étoiles doit parcourir beaucoup plus de six millénaires avant de parvenir à la terre. Vous me demandez comment accorder cette affirmation avec celle de notre sainte Torah, selon laquelle nous sommes en l’an 5716 depuis la création(4).

Même si l’on admet que ce calcul de la distance des étoiles est exact, malgré les controverses qui subsistent, à ce propos, entre les astronomes, ceci ne remet nullement en cause, la date de la création. En effet, tout comme les étoiles ont été créées, les rayons de lumière l’ont été également. Or, Dieu peut susciter une étoile qui brille uniquement à partir de sa création, mais Il peut aussi faire en sorte qu’elle soit créée avec le rayon de lumière émanant d’elle.

Bien plus, la première Paracha de notre Torah dit : “ et ce fut matin, un jour ”, alors que l’Injonction “ Que soient des luminaires ” fut énoncée seulement le quatrième jour. Il en résulte que la lumière existait déjà, alors que les luminaires n’étaient pas encore à leur place dans les cieux.

Vous dites avoir lu, dans tel livre, que les six jours de la création n’étaient peut-être pas de vingt quatre heures. Malheureusement, de telles explications figurent également dans d’autres livres. Néanmoins, elles dénaturent les versets. Du reste, vous m’excuserez de dire que leurs auteurs ne connaissaient pas suffisamment les règles fondamentales sur lesquelles les chercheurs des différentes disciplines, désirant établir l’âge de la terre, ont basé leurs suppositions.

La connaissance et la recherche de ces règles font la preuve, selon la logique la plus élémentaire, qu’il s’agit bien de suppositions(5), éloignées de toute certitude. Bien plus, tel est également l’avis de ces scientifiques, comme ils le disent eux-mêmes dans leurs propres livres, même si l’on ne fait pas état des doutes que soulèvent ces règles dans les manuels scolaires, destinés à des débutants.

Il est inutile d’en dire plus ou même de citer la preuve la plus évidente, établissant que les six jours de la création étaient bien de vingt quatre heures, en l’occurrence l’incidence que ceci a sur le respect du Chabbat, lequel fait suite à ces six jours.

Vous avez sûrement connaissance des trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celles-ci portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Vous les garderez donc, au moins à l’avenir. En outre, vous vous fixerez une étude de la ‘Hassidout.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Soit deux cent quarante. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3722. (3) Autre lecture du verset : “ Il t’a rencontré ”. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°3868. (5) Voir, à ce sujet, les lettres n°4209 et 4414.

Lettre n°4410

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4410, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 26 Iyar. Vous écrivez qu’il faut adopter une attitude intransigeante envers les élèves, quand cela est nécessaire(1). Or, il est dit que “ le juge ne peut se baser que sur ce qu’il voit de ses propres yeux ”(2). Pour autant, vous devez établir vous-même s’il est préférable d’user de la bonté ou de la sévérité.

Ainsi, même si l’on peut envisager qu’il en soit comme vous le dites(3), il faut, malgré tout, pour différentes raisons, adopter une attitude bienveillante et être clément, même dans la rigueur. Bien plus, nos Sages constatent que “ il est trois personnes(4) que l’on repousse de la main gauche(5) et que l’on rapproche de la main droite(6) ”. Et, de fait, on sait le risque qui est lié au fait de “ frapper son fils quand il est grand ”.

A ceci s’ajoute les rumeurs qui, semble-t-il, émanent des élèves les plus âgés. Celles-ci ne renforcent pas le bon renom(7). Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°4276. (2) La situation doit donc être évaluée sur place. (3) Qu’il soit nécessaire d’être sévère. (4) Un enfant étant l’une des trois. (5) Faiblement. (6) Avec force. (7) De l’école.

Lettre n°4411

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4411, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Selon un dicton bien connu, les éducateurs des Yechivot doivent se consacrer aux élèves et non l’inverse. Cela veut dire que chaque doute doit être interprété dans le sens le plus favorable pour les élèves, sans se préoccuper plus que de mesure de la bonne renommée des éducateurs et de ceux qui prennent les décisions.

En quelque sorte, il y a là une forme du son de soi. Mais, à l’heure actuelle, on attend cela également de nous. La ‘Hassidout souligne que l’on doit faire don de son âme et non de son corps. Il faut donc renoncer à son propre bien, y compris au bien véritable, celui qui appartient au domaine de la sainteté, au profit de son prochain, a fortiori d’une communauté.

Vous connaissez le dicton de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, auquel on demandait quel était l’apport de la ‘Hassidout. Il répondit que celle-ci avait pour objet de venir en aide à l’autre, même au prix de son propre bien. On lui demanda quelle référence de la partie révélée de la Torah apportait la preuve qu’il en était bien ainsi. Il cita le traité Nidda 17a, selon lequel “ celui qui les brûle(1) est un ‘Hassid(2) ”. Vous consulterez ce que disent les Tossafot, à ce sujet.

Les pensées du cœur de l’homme se concentrent sur le fait que nous nous approchons du temps du don de la Torah(3). Or, Celui Qui la donna n’accepta pas, pour garants, les boucs(4), mais seulement les chevreaux(5). Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Vous connaissez le commentaire que donne le Ari Zal du verset “ Ces jours sont commémorés et revécus ”. Lorsqu’ils sont “ commémorés ”, ils sont effectivement “ revécus ” et ils se déroulent à nouveau, comme ce fut le cas la première fois. Puisse Dieu faire que nous obtenions de bonnes nouvelles de tout cela.

Avec mes respects et ma bénédiction, selon la formulation de notre maître, mon beau-père, le Rabbi, pour recevoir la Torah avec joie et de manière profonde,

Notes

(1) Ses ongles, bien qu’il soit dangereux de détruire une partie de son corps. (2) Car, il se met ainsi en danger afin d’écarter celui qui pourrait être causé à son prochain, du fait de ces ongles. (3) La fête de Chavouot. (4) Les adultes. (5) Les enfants.

Lettre n°4412

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4412, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav Aharon(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 25 Iyar et sans doute continuerez-vous à me donner de bonnes nouvelles de vos actions et de celles des ‘Hassidim de votre ville.

Je vous joins une copie de ma lettre adressée à tous(2) et qui sera sûrement envoyée, ces jours-ci, de manière officielle, au groupement des femmes et jeunes filles ‘Habad de Melbourne.

Comme vous en avez la bonne habitude, vous enverrez sans doute ici les coupures de presse qui concernent ‘Habad(3). Il est vraisemblablement inutile de préciser que de tels articles doivent être plus fréquents. De fait, il serait bon d’adopter l’usage qui est celui des ‘Hassidim, dans différents pays, en faisant paraître, chaque veille de Chabbat et de fête, une idée concernant la Torah et les Mitsvot, dans un journal local que lisent nos frères, les enfants d’Israël. Dans la mesure du possible, cette idée sera commentée et éclairée par la ‘Hassidout. Il serait bon d’en souligner la nécessité aux ‘Hassidim.

Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde(4),

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Le Rav A.Serebrianski, de Melbourne, Australie. Voir, à son sujet, les lettres n°3956 et 4513. (2) Il s’agit de la lettre n°4355. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4513. (4) Pendant la fête de Chavouot.

Lettre n°4413

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4413, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et assume une mission sacrée, le Rav Azryel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre de ce mardi, qui faisait suite à un silence particulièrement long et je n’y ai trouvé aucune raison, justifiant que vous ayez cessé de m’écrire pendant si longtemps.

Vous me faites part de votre œuvre sacrée, dans votre ville et de son développement. A n’en pas douter, vous ne vous contenterez pas de cela. Vous l’élargirez, quantitativement et qualitativement, conformément aux besoins du moment. Sans doute, y a-t-il largement matière à cela. De même, votre épouse se servira pleinement de ses capacités dans votre ville. Car, tout ne dépend que de la motivation.

Vous évoquez la construction d’un Mikwé. Il est dommage que celui-ci soit encore en cours de réalisation. En l’occurrence, chaque jour est comparable à un monde entier, comme vous devez le comprendre. Là encore, tout dépend de la volonté de ceux qui se consacrent à ce projet, car la possibilité en est entièrement accordée. J’attends de bonnes nouvelles de tout cela.

A l’occasion de la fête de Chavouot, qui approche, puissions-nous mériter, au sein de tout Israël, selon la formulation de mon beau-père, le Rabbi, de recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,

L’envoi de la présente a été retardé et, entre temps, j’ai reçu votre lettre du 14 Sivan. Vous envisagez une visite ici. Or, il faut vérifier si, compte tenu du changement de situation(2), on vous accordera un visa de retour(3). Bien entendu, vous effectuerez cette recherche de manière officieuse. Vous devez en comprendre la raison.

Concernant votre anniversaire, vous adopterez sûrement, à cette occasion, les coutumes des ‘Hassidim. Puisse Dieu faire que vous ayez une année de réussite dans l’accomplissement de votre mission, puisque “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”.

Vous formerez, avec largesse d’esprit, des élèves, qui seront des ‘Hassidim, craignant Dieu et érudits.

Notes

(1) Le Rav A.Chaykin, d’Agadir, Maroc. Voir, à son sujet, la lettre n°4639. (2) De la manière dont les Juifs étaient considérés, à l’époque, dans les pays arabes. (3) Au Maroc.

Lettre n°4414

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4414, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Sivan 5716,

Brooklyn, New York,

Au grand Rav, érudit bien connu, aux multiples et profondes

connaissances, qui met en forme ses explications, les analyse,

‘Hassid qui craint Dieu, aux comportements généreux, aux

multiples qualités, recherchant le bien de son peuple,

le Rav I.A.(1) Chlita, grand Rabbin(2),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous remercie pour votre télégramme, qui faisait réponse au mien(3), relatif au douloureux problème du conseil des synagogues et du comité des rabbins de New York(4). Par ailleurs, j’ai eu personnellement de vos nouvelles par le Rav Hollander, à son retour de sa visite en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, de même que les détails de ce qui s’y est passé.

Il est difficile de décrire le tort causé par votre décision d’annuler votre lettre. Comme je l’ai dit dans mon télégramme, ceci aura, à mon sens, également une incidence sur l’introduction des conservateurs et des réformés en Terre Sainte. Pour des raisons évidentes, je n’ai pas voulu préciser tout cela dans mon télégramme. J’ai donc uniquement dit que “ ceci concerne toutes les générations et tous les pays ”.

Si nous avons le mérite de profiter de ce moment propice pour le Judaïsme des Etats-Unis, il y aura là une évolution fondamentale dans la manière dont les Juifs de tous les milieux considéreront les conservateurs et les réformés, conformément à l’optique de notre sainte Torah.

Tout cela est nécessaire dans notre génération, une génération orpheline, conformément à l’enseignement bien connu de nos Sages selon lequel “ celui qui découvre une lézarde ”, dans un certain domaine, concernant une certaine Mitsva, ne peut en aucune façon l’obturer par un compromis. Bien au contraire, il doit faire preuve de vigilance et “ l’entourer d’une barrière ”.

Je conclus ma lettre, conformément à l’affirmation de la Michna, selon laquelle un homme doit s’exprimer selon les termes de son maître, mon beau-père, le Rabbi, en vous souhaitant et en me souhaitant de recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde(5).

Avec mes respects, ma déférence et ma bénédiction,

Je saisis cette opportunité pour vous livrer les remarques que m’a inspiré votre dernière lettre(6).

Vous évoquez la contradiction apparente entre l’avis des chercheurs, d’une part, situant dans le temps “ l’apparition de l’écriture et le développement des langues et des cultures, en général ”, le sens simple et immédiat de la Torah, des commentaires de nos Sages, d’autre part, accepté, en chaque génération par tout notre peuple, qui établit la date de la création du monde. C’est, en effet, la 5716ème année depuis cette création, selon la mention qui est portée sur les actes officiels. Vous dites que “ c’est la question fondamentale, à la base de toutes les recherches, à l’heure actuelle ”.

A mon sens, il n’y a nullement là une contradiction. En effet, on ne peut pas contredire une simple approximation(7). Je m’explique :

A) De façon générale, il y a une règle qui s’applique à toutes les conclusions scientifiques et il me semble qu’elle est appelée principe de Heisenberg. Selon celle-ci, toute conclusion, quelle que soit la discipline à laquelle elle appartient, n’est, en réalité, que l’approximation la plus plausible, la plus proche du réel. En d’autres termes, un homme ne peut avoir aucune certitude, concernant le futur. Il ne peut qu’émettre une supposition.

L’une de ces suppositions est la suivante. Plus l’on assiste à des événements et plus le nombre de ceux qui sont conformes à la règle dépassera celui des événements qui s’en écartent. Encore une fois, il ne s’agit que d’une probabilité et non d’un fait inéluctable.

Selon ce principe, la science ne peut exclure l’éventualité qu’une pierre s’envole. Cet événement contredit l’usage courant, mais non les conclusions scientifiques.

Il en est ainsi pour toutes les lois naturelles, sans aucune exception et, combien plus est-ce le cas pour celles de l’évolution, dont les scientifiques eux-mêmes développent plusieurs conceptions, se contredisant et s’excluant les unes les autres.

B) En plus de tout cela, s’il existait actuellement une loi véritable, qui ne serait pas une simple approximation mais établirait bien une évolution connue, on ne pourrait rien en déduire pour les lois en vigueur depuis plusieurs millénaires avant notre époque et pour la manière dont elles ont évolué(8).

Si l’on s’intéresse à l’évolution, telle qu’elle se manifestait il y a longtemps, on doit faire des suppositions diverses et nombreuses, que l’on ne peut pas vérifier empiriquement. Tous les chercheurs reconnaissent eux-mêmes que les conditions de la nature et de la vie étaient alors radicalement différentes de ce qu’elles sont maintenant. C’est en particulier vrai pour la température, pour la pression atmosphérique, pour la présence d’éléments radioactifs, beaucoup plus importante qu’à l’heure actuelle, pour les relations entre les animaux et les végétaux.

Il est surprenant de constater que les chercheurs utilisent des paramètres relatifs à l’évolution constatée actuellement pour bâtir des hypothèses sur le passé le plus lointain, comme si rien n’avait été modifié. Il font des suppositions et en tirent des conclusions, qu’aucun d’entre eux n’a jamais tenté de vérifier en fonction des conditions qui prévalaient alors. Or, ces conclusions sont acceptées, nul ne les remet en cause et on les érige en lois.

Jusqu’à une période récente, on pouvait croire que ces lois possédaient un soupçon de vérité. Mais, notre époque est celle de la crise, y compris dans le domaine scientifique et ce soupçon de vérité a donc disparu. Ainsi, on s’est aperçu que la quantité la plus infime d’un catalyseur ou d’un élément radioactif peut modifier un événement et son rythme, parfois même de la manière la plus surprenante.

Cette constatation écarte toute éventualité de preuve scientifique, de conclusions émises à propos de l’évolution des végétaux et des animaux, dans l’environnement et les conditions qui prévalaient alors, alors que les éléments radioactifs étaient beaucoup plus nombreux qu’actuellement.

Et, ce n’est là qu’une partie des données dont on a la certitude qu’elles ont été modifiées. En effet, il y en a d’autres, fondamentales et nombreuses, comme, par exemple, la composition de l’atmosphère et sa densité(9). Ceci a une influence directe sur les rayons du soleil et sur ceux de la lumière, sur les rayons cosmiques(10) de toute sorte, sur la façon dont ils pénètrent sur la terre et y agissent.

C) Par ailleurs, toutes les théories sur l’évolution et donc toutes les questions que l’on peut poser, à ce sujet, sont basées sur l’idée qu’il y avait, à l’origine, une matière fondamentale, sans forme définie. Puis, à un certain moment, à une certaine époque, et pour des raisons qui nous sont totalement inconnues, l’évolution commença. Dès lors, cette matière devint composée, de plus en plus complexe. Elle fit ainsi apparaître le règne végétal, puis animal.

Quelle est l’origine de cette forme première de la matière ? La réponse que l’on apporte à cette question est la suivante. Il n’appartient pas aux chercheurs scientifiques d’y répondre. Si un chercheur est croyant, il dira qu’elle fut créée, à partir du néant, par le Créateur. Il en est de même également pour une autre question fondamentale. Comment expliquer que ces causes se soient manifestées précisément à ce moment, ni avant et ni après ?

Bien évidemment, il est difficile de justifier l’intérêt et le caractère scientifique de la théorie selon laquelle Dieu aurait créé des milliards d’atomes et les auraient soumis à des lois. Par la suite, ces atomes auraient subi des mutations, en fonction de ces lois. Car, quelle différence y a-t-il entre ceci et le récit, selon son sens simple, tel qu’il est présenté par le livre de Béréchit, affirmant que Dieu créa, le premier jour, le ciel et la terre, le second jour… et, ainsi de suite, jusqu’au sixième jour, quand Il créa l’homme, doué de discernement, capable de parler, de se développer jusqu’à un stade très élaboré ?

Bien au contraire, selon l’optique de la science, à l’heure actuelle, la création de l’être le plus simple, n’ayant même qu’une seule cellule, à partir du néant, est beaucoup plus inconcevable que l’évolution, en un temps relativement court, d’un être évolutif à partir d’un être primaire.

La prétendue contradiction la plus importante qui existe entre la science et la foi est la création à partir du néant. La science est une interprétation d’un phénomène que l’on a pu constater au moins une fois. Or, il est impossible, selon cette définition, de faire la preuve de la création à partir du néant. Bien plus, d’après les dernières “ conclusions ” scientifiques, la destruction de l’existant, pour qu’il redevienne néant et son contraire, la création à partir du néant sont, l’une et l’autre, impossibles de manière naturelle.

Celui qui a foi en la création à partir du néant, malgré cette “ conclusion ”, croira aisément que Dieu ait pu créé un homme doué de discernement. Il en est de même pour les animaux. De fait, nos Sages constatent que le monde fut créé à l’âge adulte. Aucune explication logique ne peut justifier que le Créateur soit limité à la création à partir du néant. Celui Qui peut créer à partir du néant peut, a fortiori, créer un homme à partir de la poussière de la terre.

Ce qui vient d’être dit écarte toutes les approximations avancées quant à la période nécessaire pour l’évolution. Aucune explication scientifique, aucune preuve ne peut être donnée établissant que le monde n’ait pas été créé à l’âge adulte, même si l’on considère que certains végétaux et minéraux se sont développés par la suite, à partir de ceux qui les précédaient.

D) J’ai entendu certaines personnes poser la question suivante. Pourquoi Dieu devait-Il créer spécifiquement des minéraux, des végétaux, des animaux, des humains ? Pourquoi ne créa-t-Il pas le minéral le plus premier, qui aurait ensuite subi des mutations en fonction des lois de l’évolution ? Pourquoi devait-Il s’imposer six jours consécutifs de création, si l’on peut s’exprimer ainsi ?

Il est clair que ces questions n’ont aucun caractère scientifique. Bien plus, elles sont contradictoires. En effet, aucune loi énoncée par la science ne peut justifier la création à partir du néant et les phénomènes naturels, tels qu’ils nous apparaissent.

Il n’y a donc pas lieu de se demander pourquoi s’est passé tel événement, qui échappe à l’entendement, alors qu’un autre événement aurait pu le remplacer. En effet, ce dernier n’est pas plus logique que le premier. Bien plus, comme nous venons de le voir, le second événement, en l’occurrence la création à partir du néant, est bien moins “ acceptable ”, scientifiquement, que la formation de l’homme, tel qu’il est actuellement, à partir du minéral, sans mutations intermédiaires.

E) A ce propos, certains proposent maintenant une interprétation littérale de l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ Il créait des mondes et les détruisait ” ou bien des passages du Zohar et de la Kabbala faisant référence à Adam Kadmon, l’Homme Antérieur. Selon eux, il existait auparavant un homme physique et des mondes matériels, qui furent ensuite détruits. C’est après cela qu’apparut notre monde, qui a 5716 ans.

Différents livres mentionnent cette explication, y compris parmi ceux des premiers érudits de la Kabbala. Plusieurs références traitant de tout cela sont cités dans le Torah Chelema, Béréchit 1, 5, à partir du paragraphe 422.

S’agissant de la Kabbala comme de toute autre partie de la Torah, les controverses sont concevables uniquement avant qu’une position définitive ait été arrêtée, en fonction des principes de la Torah. En revanche, lorsque celle-ci a déjà été arrêtée, elle reste, concrètement, la seule à être exacte.

Il en est de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Avant l’époque du Ari Zal, il y avait effectivement une controverse, en la matière, comme l’indiquent les références citées par le Torah Chelema. Puis, le Ari Zal formula son avis et il est, en la matière, le Décisionnaire en dernière instance, accepté par tous les Juifs, Ashkenazim, l’Admour Hazaken, le Gaon de Vilna et Sefardim.

Or, comme le Ari Zal l’affirma clairement, on ne peut considérer qu’il existait, au préalable, un monde matériel comme le nôtre. Il en fut ainsi uniquement dans la présente Chemitta, comme l’explique le Torah Or, de l’Admour Hazaken, à la page 51d et le Torat ‘Haïm, à la même référence. Il n’y avait donc pas là une existence effective, une création concrète autrement que de la manière dont lui-même l’interprète.

Notes

(1) Le Rav Its’hak Aïzik Herzog, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°4306. (2) D’Israël. (3) Il s’agit de la lettre n°4306. (4) Instances dans lesquelles siègent des rabbins orthodoxes et d’autres, réformés. (5) A l’occasion de la fête de Chavouot. (6) Voir la lettre n°3319. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°4409. (8) Toutes les lois établies à l’heure actuelle ne peuvent pas avoir valeur rétroactive. (9) En anglais dans le texte, “ density ”. (10) En anglais dans le texte, “ cosmic rays ”.

Lettre n°4415

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4415, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat, en plus des nouvelles qui m’ont été transmises par téléphone. C’est à ce propos que nos Sages délivrent un enseignement bien connu : “ Si nous en avions le mérite…, mais nous ne l’avons pas ”. Je veux dire que si vous vous préoccupiez de renforcer le Judaïsme et de le propager dans votre ville, assumant, en tant qu’élève(1) de la Yechiva Tom’heï Temimim, votre rôle de diffusion des sources de la ‘Hassidout, jusqu’à ce qu’elles parviennent à l’extérieur, vous m’écririez sans doute et me rapporteriez ce qui est lié au mérite et non ce qui cause de la peine. Néanmoins, vous n’avez pas ce mérite. En conséquence, vous me téléphonez et vous m’écrivez pour de tels objets.

Puisse Dieu faire que cette allusion de la divine Providence vous suffise, que votre fils, auquel Dieu accordera longue vie, guérisse très vite, car, à l’avenir, vous vous investirez en tout ce qui vient d’être dit. De la sorte, vous m’annoncerez souvent de bonnes nouvelles, de vos actions positives, de leurs fruits, de vos projets de les élargir, même si vous ne m’écrivez rien de tout cela depuis bien longtemps car votre activité s’est affaiblie.

En effet, rien ne résiste à la Techouva et, comme le disent nos Sages, cités dans le chapitre 9 d’Iguéret Ha Techouva, de l’Admour Hazaken : “ Si l’on avait l’habitude de lire une page, on en lira deux ”(2). Vous devez comprendre ce que je veux dire.

A l’occasion de la fête de Chavouot, qui approche, puissions-nous mériter, au sein de tout Israël, selon la formulation de notre maître, mon beau-père, le Rabbi, de recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde. Vous ferez contracter à votre fils, qui aura une longue vie, l’alliance de notre père Avraham(3) en un moment bon et fructueux.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,

N. B. : Vous évoquez son nom(4). Vous savez que celui-ci doit recevoir l’accord des deux parents. L’enfant aura de longs jours et de bonnes années.

Notes

(1) Ancien élève. (2) La Techouva conduit à doubler son action par rapport à ce que l’on accomplissait auparavant. (3) Celle de la circoncision. (4) Celui qu’il convient de donner au nouveau-né.

Lettre n°4416

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4416, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav ‘Haïm Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Sans doute réfléchissez-vous à un programme pour la période de l’été, qui approche, lorsque les jeunes sont en vacances de l’école et des études profanes. De nombreuses actions peuvent alors être menées, dans le cadre des Talmud Torah. Et, il a été dit que “ le salut est obtenu par les nombreux conseillers ”(2).

Il est sûrement inutile de vous rappeler que vous devez, par la suite, correspondre avec les personnes des endroits que vous visitez(3), afin d’entretenir leur motivation et, avant tout, les conduire à prendre de bonnes décisions, concrètement applicables.

A l’occasion de la fête de Chavouot, qui approche, puissions-nous mériter, au sein de tout Israël, selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi, de recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde.

Notes

(1) Le Rav H.H. Azimov, directeur du réseau des Talmud Torah Loubavitch de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°3820. (2) Il convient donc de solliciter le conseil d’autres personnes. (3) Afin de collecter des fonds pour les institutions Loubavitch.

Lettre n°4417

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4417, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Sivan 5716,

Brooklyn,

A la Rabbanit, madame Sarah(1),

Je vous bénis et vous salue,

Je fais réponse à votre lettre du 27 Iyar et je vous remercie pour la bonne nouvelle selon laquelle les activités des femmes et jeunes filles ‘Habad s’organisent, dans votre ville. Vous avez eu la possibilité de trouver un lieu fixe et, de la même façon, vous parviendrez également à vous fixer spirituellement.

Conformément à un proverbe(2) de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, la fixité doit être dans l’esprit et, de manière plaisante, il a déjà été dit, à ce sujet, que, selon la loi de notre Torah, Torah de vie, “ ce qui est fixé ne peut pas disparaître(3) ”.

Sans doute la publication de la brochure(4) progresse-t-elle, avec l’éclat qui convient. De tout temps, il a été vrai que “ tout ce qui est gras sera consacré à Dieu ” et le Rambam explique que ce qui appartient au domaine de la sainteté doit être choisi, y compris au sens littéral, matériellement. Mais, combien plus en est-il ainsi en cette génération orpheline. Il est maintenant nécessaire d’attirer vers la dimension profonde, au moins dans un premier temps, grâce à la beauté extérieure.

Bien que vous n’en disiez rien, j’ai bon espoir que vous profiterez du temps du don de notre Torah(5) pour élargir votre action, l’étendre dans les plus larges proportions. En effet, ces jours sont propices, de même que ceux qui les précèdent.

Tout cela a été brièvement expliqué dans ma lettre(6) adressée à la réunion générale des femmes et jeunes filles de l’association ‘Habad, qui a eu lieu ici. Puissiez-vous connaître la réussite en cela, grâce à la largesse d’esprit de chacune de vos adhérentes, de vos participantes et, avant tout, de celles qui les dirigent.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête, pour connaître la réussite en tout cela et en saluant votre mari, le Rav(7) Chlita,

Notes

(1) Madame S. Shochat, de Toronto. Voir, à son sujet, les lettres n°4184 et 4492. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4371. (3) Aucun principe d’annulation ne s’applique alors. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°4317. (5) La fête de Chavouot. (6) Il s’agit de la lettre n°4355. (7) Le Rav Dov Yehouda Shochat, de Toronto.

Lettre n°4418

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4418, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yedidya(1), le Cho’het,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre feuillet, avec ce qui y était joint(2). Je vous adresse un reçu au nom des institutions portant le nom de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, “ vers laquelle toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”.

Vous et ceux qui vous ressemblent(3) protégez ce pays. Car, quiconque veut le fera en sorte de multiplier le nombre des élèves et les heures d’étude. Grâce à tout cela, Dieu “ construira la maison ” et “ gardera la ville ”. Rabbi Abba Bar Kahana fut le premier à l’expliquer. Rabbi Assi et Rabbi Ami développèrent son commentaire, précisant, au début du Midrach E’ha Rabba, que ces expressions font référence à ceux qui se consacrent à l’étude, jour et nuit.

Puisse Dieu faire que, très prochainement, dans la bonté et la miséricorde, Dieu suscite Son esprit sur chaque Juif, au sein de tout le peuple d’Israël. Alors, on verra de ses yeux, on écoutera de ses oreilles, on percevra en son cœur, que “ nous mentionnons le Nom de l’Eternel, notre Dieu ” et “ Il nous envoie Son aide, dans la Sainteté ”.

Dieu tiendra Sa promesse et “ Il nous répondra, au jour où nous L’invoquons ”, par la délivrance véritable et complète.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav Y.Zuns, de Brooklyn. Voir, à son sujet, la lettre n°1440. (2) En l’occurrence un don. (3) Et apportent leur contribution à ces institutions.

Lettre n°4419

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4419, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Chavouot 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de la veille du Roch ‘Hodech du troisième mois(1). Je mentionnerai votre nom, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Vous évoquez le pardon(2). Ce n’est pas ainsi qu’il fallait l’entendre. Je ne me suis pas formalisé, ce qu’à Dieu ne plaise et il n’y a donc pas lieu de demander pardon. Néanmoins, à la nécessité de diffuser les sources(3) s’applique également l’enseignement de nos Sages, cité à la fin du chapitre 9 d’Iguéret Ha Techouva, de l’Admour Hazaken, selon lequel “ celui qui avait l’habitude de lire une page(4) en lira deux(5) ”.

En l’occurrence, j’ai bon espoir que vous redoublerez vos efforts afin de diffuser les sources, que vous intensifierez votre action, dans le cadre des jeunes de l’association ‘Habad. La ‘Hassidout explique que l’action, pour la sagesse, est multiple, c’est-à-dire qu’elle est largement décuplée.

Si vous le voulez, vous connaîtrez la réussite, en la matière, pour vous-même et pour ce que vous accomplirez. Puisse Dieu faire que j’obtienne de bonnes nouvelles de cela, au plus vite et dans la plus large mesure, conformément aux besoins du moment.

Vous me faites part de votre anniversaire. Dieu fasse que vous ayez une année de réussite en tout ce qui vient d’être dit, plus généralement que vous observiez le fruit de l’effort qui vient d’être défini, de “ notre effort ”, expression qui désigne les enfants. Vous concevrez d’eux, avec votre épouse, beaucoup de satisfaction ‘hassidique.

Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde(6), dans l’attente de bonnes nouvelles de tout cela, au plus vite,

J’ai bien reçu le discours ‘hassidique avec les notes manuscrites de mon beau-père, le Rabbi. Je vous en remercie beaucoup, du fond de mon cœur.

Notes

(1) Après la sortie d’Egypte, celui de Sivan. (2) Le destinataire de cette lettre demandait pardon au Rabbi, vraisemblablement de ne pas avoir diffusé la ‘Hassidout jusqu’alors, de la manière dont il aurait fallu le faire. (3) De la ‘Hassidout. (4) Avant de s’écarter du droit chemin. (5) Après sa Techouva. (6) Pendant la fête de Chavouot.

Lettre n°4420

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4420, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de la fête de Chavouot 5716,

Brooklyn, New York,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Avraham(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 27 Iyar et du 3 Sivan. Puisse Dieu m’accorder bientôt le mérite d’apprendre non seulement que l’on a bien reçu ma lettre et que l’on a prononcé des paroles d’encouragement, mais aussi que l’on a agi concrètement. La Michna dit, en effet, que “ l’acte est essentiel et non la théorie ”.

Vous connaissez le dicton du Rachbats(2), que nous rapporta plusieurs fois mon beau-père, le Rabbi, à propos de celui qui possède de profondes connaissances de ‘Hassidout, mais ne s’en sert pas pour prier avec ferveur. Or, il faisait allusion à quelqu’un qui possède réellement de telles connaissances et prie effectivement de la manière qui convient, sans toutefois faire appel à toutes ses connaissances. Le Rachbats disait, à ce propos : “ Ils sont soulevés par le vent, mais il n’y a pas de pluie ”.

Il est inutile de préciser qu’il faisait allusion à la croissance de la récolte et des fruits, qui dépend précisément de la pluie. Vous devez comprendre ce que cela veut dire. J’attends donc des nouvelles bonnes et détaillées. Puisse Dieu faire qu’elles me parviennent prochainement.

A l’occasion de la fête de Chavouot, que Dieu nous accorde le mérite, au sein de tout Israël, conformément à la formulation de notre maître, mon beau-père, le Rabbi, de recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde.

Avec ma bénédiction pour la fête,

Notes

(1) Le Rav A.Pariz, de Peta’h Tikva. Voir, à son sujet, la lettre n°4092. (2) Rav Chmouel Betsalel Sheftel, qui fut le professeur du précédent Rabbi.

Lettre n°4421

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4421, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de la fête de Chavouot 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du quarante cinquième jour de l’Omer(2) et je vous remercie pour la bonne nouvelle que constitue l’amélioration de la santé de monsieur Rosenberg. En pareil cas, vous trouvez sûrement les mots qui conviennent pour lui expliquer que l’on renforce les bénédictions de Dieu en multipliant les réceptacles permettant de les contenir.

Ces réceptacles sont la pratique de la Torah et des Mitsvot. Et, vous connaissez le proverbe du Rabbi Maharach, selon lequel “ l’essence de l’âme suggère les mots ”(3).

A l’occasion de la fête de Chavouot, que Dieu nous accorde le mérite, au sein de tout Israël, conformément à la formulation de notre maître, mon beau-père, le Rabbi, de recevoir la Torah avec joie et d’une manière profonde.

Avec ma bénédiction pour la fête,

M. Schneerson,

N. B. : Je vous joint un exemplaire de ma lettre, adressée à toutes, pour la réunion des femmes et jeunes filles ‘Habad, qui a eu lieu ici. Il serait bon de se demander si le moment n’est pas venu de créer une structure identique dans votre ville, même si son nom n’est pas encore “ femmes et jeunes filles ‘Habad ”. Je m’en remets à votre entendement.

Notes

(1) Le Rav I.Dubov, de Manchester. Voir, à son sujet, la lettre n°4313. (2) Le Roch ‘Hodech Sivan. (3) Pour convaincre son prochain.

Lettre n°4422

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4422, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Texte du télégramme adressé aux ‘Hassidim du monde entier, à l’occasion de la fête de Chavouot :]

Recevez la Torah avec joie et d’une manière profonde.

Lettre n°4423

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4423, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 3 Sivan, dans laquelle vous me dites que votre fille, à laquelle Dieu accordera longue vie, est fiancée depuis longtemps. Mais, pour l’heure, vous ne pouvez envisager de célébrer son mariage, par manque des moyens nécessaires pour acquérir un appartement.

Vous connaissez le proverbe selon lequel on donne un conseil uniquement à celui qui le sollicite. Malgré cela, je saisis cette opportunité pour réitérer ma protestation la plus véhémente contre cet usage qui a cours en Terre Sainte(1), selon lequel un mariage est la cause de dépenses considérables. Il faut, en effet, que l’appartement se trouve en tel endroit, que telles autres conditions soient remplies. Il en résulte une interruption particulièrement longue(2).

A quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’expliquer à quel point une telle interruption est peu souhaitable, en particulier dans notre génération, une génération orpheline. Vous devez comprendre ce que je veux dire. Bien plus, une telle pratique est, malheureusement, répandue parmi les jeunes gens des Yechivot, qui devraient pourtant servir de modèles et d’exemples d’un comportement basé sur notre sainte Torah.

Comme vous le savez, il faut accorder à chacun les circonstances atténuantes, surtout quand il s’agit d’un usage qui a été malheureusement adopté par de nombreuses familles. Néanmoins, ceux qui se trouvent sur place, en particuliers les recteurs de Yechiva, ceux qui exercent leur influence parmi les élèves, doivent élever une protestation, faire tout ce qui est en leur pouvoir pour modifier cette coutume, Minhag, anagramme de…(3). Et, bien entendu, vous devez vous-même agir ainsi pour ce qui concerne votre propre famille.

J’ai bon espoir que, conformément à votre lettre, vous avez une étude fixée de la ‘Hassidout et vous continuez à réserver un accueil bienveillant à ceux qui ont été formés à la Yechiva Tom’heï Temimim. Comme vous le savez, nos Sages disent que l’on conseille l’empressement uniquement à ceux qui possèdent naturellement cette qualité.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

N. B. : Je vous joins un chèque pour vos dépenses personnelles.

Comme vous me le demandez, je mentionnerai ceux que vous citez dans votre lettre près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin qu’ils obtiennent la satisfaction de leurs besoins.

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°4736. (2) Entre les fiançailles et le mariage. (3) Guéhénom, l’enfer. Voir, à ce sujet, la lettre n°3640.

Lettre n°4424

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4424, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Mena’hem Zeev(1) Ha Lévi,

Je vous salue et vous bénis,

Vous évoquez la réponse du Rav I.A. Z.(2), concernant le Rav qui permet de déplacer la dépouille de quelqu’un(3). Il faut exclure d’emblée des opinions aussi sujettes à caution. Or l’auteur se base sur elles comme si elles étaient basées sur les secrets de la Torah, ce qu’à Dieu ne plaise.

En notre génération, une génération orpheline, si l’on ne formule pas une réponse circonstanciée, en de tels cas, on a réellement des craintes à avoir. Bien plus, pour ce qui concerne la partie révélée de la Torah, une réponse lui a été faite et elle a même été éditée dans un fascicule indépendant. Or, nombreux sont ceux qui se consacrent à cette partie révélée de la Torah et peuvent donc voir son erreur.

Combien plus convient-il donc de lui répondre, pour ce qui est de la partie cachée de la Torah. Bien plus, on pourrait se servir de cela pour décourager de l’étude de cette partie cachée et de la ‘Hassidout. Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Notes

(1) Le Rav M.Z. Gringlass, de Montréal. Voir, à son sujet, la lettre n°4285. (2) Rav Ichaya Acher Zelig Margolis. Voir, à son sujet, la lettre n°4285. (3) De la déterrer.

Lettre n°4425

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4425, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Israël Zusman(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 28 Iyar.

Vous demandez quand y a-t-il eu un changement dans les coutumes de la prière. J’ai reçu les coutumes présentées dans les fascicules de mon beau-père, le Rabbi, qui ont été éditées(2), sauf s’il est précisé qu’il s’agit d’une conception personnelle et, dans la plupart des cas, j’en précise la raison.

S’agissant des coutumes que vous citez, la fin de la bénédiction(3) “ Il choisit Son peuple, Israël, avec amour ”, je les ai directement reçues, bien que discrètement, de mon beau-père, le Rabbi. Il en est de même pour le fait de baisser la tête en récitant le Kaddich, pour le fait de toucher le début et la fin du passage de la Torah, quand on est appelé à sa lecture.

Ce n’est pas le cas, en revanche, de la lecture de l’expression “ le souvenir (Zé’her) d’Amalek ” avec un Tséré ou un Ségol(4). Ceci est ma conception personnelle, basée sur ce qui est imprimé dans le Boné Yerouchalaïm. Mes références sont précisées dans mes notes sur les Rechimot de la Meguilat Esther, que vous consulterez.

Vous me demandez comment l’on procédait, en la matière, à Loubavitch. Mon beau-père, le Rabbi, m’a dit que l’on respectait là-bas, à la synagogue, des coutumes sans fondement. Malgré cela, le Rabbi Rachab n’intervenait pas.

Sans doute me ferez-vous savoir, avec le détail qui convient, ce qui se passe au Kfar. Puisse Dieu faire que vous forgiez de larges réceptacles afin de recevoir les bénédictions de Dieu, un héritage sans limite. Et, qu’il y ait, avant tout, un rapprochement des cœurs et la paix, comme le demande la Michna.

Avec ma bénédiction et en saluant tous les ‘Hassidim auxquels Dieu accordera longue vie,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav I.Z. Dvurts. Voir, à son sujet, la lettre n°4403. (2) En annexe aux recueils de discours ‘hassidiques du précédent Rabbi. (3) Précédant la lecture du Chema Israël. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°4246.

Lettre n°4426

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4426, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Sivan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du quarante troisième jour de l’Omer(1) et celle qui la précédait. Vous évoquez la situation de la Yechiva et vous me dites que, selon votre avis et celui de quelques ‘Hassidim de votre ville, il n’est pas possible, à l’heure actuelle, de faire venir un jeune homme des Etats-Unis, d’autant que celui-ci devrait être marié(2). En effet, il n’y a pas lieu d’envoyer un célibataire, qui doit s’occuper de trouver un bon parti ou bien le fera très prochainement.

Néanmoins, l’essentiel manque à votre lettre. Ceci me rappelle l’explication de la ‘Hassidout faisant remarquer que les Interdictions sont liées aux Youd et au Hé(3), alors que les Injonctions dépendent du Vav et du Hé(4). Malgré cela, les Injonctions repoussent les Interdits, comme le soulignent le début d’Iguéret Ha Kodech, de l’Admour Hazaken, le Likouteï Torah, Bamidbar, à la fin de la Parchat Balak, Vaykra, à la page 45c, Chir Hachirim, page 48d.

De manière plaisante, on pourrait dire que, si le monde n’avait pas été créé(5), les Injonctions auraient, néanmoins, dû être respectées. Il n’en est pas de même pour les Injonctions.

Je veux dire que vous ne m’écrivez pas qui remplacera ce jeune homme, qui aurait dû venir des Etats-Unis. En effet, de telles actions sont indispensables. Je ne soulève donc pas une objection. Je souligne encore une fois que les ‘Hassidim, sur place, peuvent non seulement le remplacer, pour que ce qu’il aurait dû faire ne manque pas, mais bien plus, dépasser ce qu’il aurait pu accomplir.

C’est précisément pour cela que vous n’avez pas encore trouvé les moyens de faire venir ce jeune homme. Sa présence n’est donc pas indispensable au développement de la Yechiva. Et, tout dépend de la volonté de chacun des ‘Hassidim et de tous ensemble. J’attends de vos bonnes nouvelles.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le 28 Iyar. (2) Ce qui suppose de lui apporter les moyens de la subsistance pour un couple. (3) Les deux premières lettres du Tétragramme. (4) Les deux dernières lettres du Tétragramme. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°4447.

Lettre n°4427

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4427, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Sivan 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et assume une mission sacrée, aux multiples

accomplissements, le Rav Aharon Morde’haï(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de Roch ‘Hodech Sivan et à ce qu’elle contenait.

Vous envisagez différentes possibilités d’utiliser l’argent laissé par votre frère, dont Dieu vengera le sang(2). A mon sens, il faudrait prélever, de ce montant, une livre(3) pour chacun des héritiers. En effet, différents ouvrages soulignent l’aspect moral d’un héritage(4). Néanmoins, n’importe quelle somme suffit pour cela et l’on peut donc se contenter de donner une seule livre.

A mon avis, l’essentiel de cette somme doit être consacré à une cause ou à une institution se trouvant à Kfar ‘Habad, de préférence en relation avec la colonie de vacances de cette année ou bien la création d’une école dans laquelle les élèves du réseau(5) pourront poursuivre leurs études.

Il serait bon également, à titre exceptionnel, d’acheter, avec cette somme, des Sidourim pour chaque classe ou même pour toute l’école que Sim’ha dirigeait. Puisse Dieu faire que vous preniez la meilleure décision, en la matière. A l’avenir, vous ne donnerez que des nouvelles bonnes et réjouissantes, de ce qui vous concerne personnellement et de vos activités communautaires.

Avec ma bénédiction et en saluant tous les membres de votre famille,

N. B. : Je vous remercie pour la brochure que vous avez jointe à votre lettre. Dans la mesure du possible, vous en publierez une seconde avant le début de l’année scolaire.

Je vous joins une copie de ma lettre adressée à toutes, à l’occasion de la réunion générale des femmes et jeunes filles ‘Habad qui a eu lieu ici. Sans doute profiterez-vous de son contenu, de la manière qui convient.

Notes

(1) Le Rav A.M. Zilbershtrom, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°3462. (2) Il s’agit de Sim’ha Zilbershtrom, assassiné à l’école professionnelle de Kfar ‘Habad, avec les cinq élèves de cette institution. Voir, à ce sujet, la lettre n°4281 et l’avant-propos. (3) Une livre israélienne. (4) Qui fait qu’on ne peut le supprimer totalement. (5) Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte.

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