Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°4308
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4308, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Iyar 5716,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
Le Rav Na’houm(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre de ce mardi, dans laquelle vous me dites que vous avez emménagé dans votre nouvelle maison, à Kfar ‘Habad. Puisse Dieu faire qu’en changeant d’endroit, vous changiez de Mazal, pour le bien et pour la bénédiction, en un bien visible et tangible, à la fois matériel et spirituel.
Avec calme et largesse d’esprit, vous vous efforcerez, dans toute la mesure de vos moyens, de développer Kfar ‘Habad, d’agrandir tout ce qui le concerne, conformément à la volonté de son fondateur, qui le dirige, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Bien entendu, ceci inclut également le point le plus essentiel et le plus fondamental, le séminaire de jeunes filles.
De la sorte, Dieu interviendra à Sa façon, “ mesure pour mesure ”(2) mais d’une manière considérablement accrue. Il multipliera les canaux et les réceptacles(3) pour chacun et chacune des habitants de Kfar ‘Habad, de même que pour l’ensemble de celui-ci, ainsi qu’il est dit : “ Il assurera ta subsistance ”, “ Ouvre grand ta bouche et Je l’emplirai ”.
Il est sûrement inutile de vous rappeler la nécessité d’expliquer à tous vos disciples, à Kfar ‘Habad, l’affirmation de l’Admour Hazaken(4) selon laquelle l’attribut de miséricorde se révèle maintenant(5), un héritage sans limite, s’étendant d’une extrême à l’autre.
J’adresse ma bénédiction et mes salutations à tous les habitants de Kfar ‘Habad, petits et grands, auxquels Dieu accordera longue vie.
Notes
(1) Le Rav N.Travnik, gendre du Rav Garelik, de Kfar ‘Habad, qui fut ensuite son successeur. (2) De la manière dont on agit envers Lui. (3) Véhiculant la bénédiction. (4) Voir la lettre précédente. (5) Après le malheur, en l’occurrence l’attentat.
Lettre n°4309
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4309, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Iyar 5716,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
issu d’une illustre famille, le Rav C.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous écris avec beaucoup de peine, à la suite des événements de Kfar ‘Habad, alors que mon cœur souffre pour les victimes. Peut-être trouverez-vous, dans la présente, des expressions inhabituelles, mais l’homme qui a de la peine n’est plus le même. Vous comprendrez sûrement mes propos.
Vous avez sans doute eu connaissance du télégramme(3) que j’ai envoyé hier à Kfar ‘Habad. En voici le texte :
“ A chacun et chacune des ‘Hassidim, aux habitants de Kfar ‘Habad, aux institutions qui s’y trouvent, en particulier à l’école professionnelle et à l’école agricole, aux élèves, aux enseignants, aux directeurs, aux responsables et aux parents,
J’ai bon espoir qu’avec l’aide de Dieu, Qui protège d’un œil ouvert et accorde Sa Providence, vous vous renforcerez contre tous les obstacles, vous multiplierez les constructions individuelles et publiques, vous développerez les institutions en quantité et en qualité.
Dans le calme et avec largesse d’esprit, vous grandirez et agrémenterez l’étude de notre Torah, qui est notre rempart, celui de la Torah de vie et des Paroles du Dieu de vie, la pratique des Mitsvot, avec joie et enthousiasme, ainsi qu’il est dit : “ On vivra par elles ”.
A partir de Kfar ‘Habad, les sources de la ‘Hassidout, l’enseignement et les actions de nos saints maîtres, se répandront, jusqu’à parvenir à l’extérieur, rapprocher de notre Père Qui se trouve dans les cieux, tous nos frères, les enfants d’Israël, dans la bonté et la miséricorde, révéler la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h, très prochainement.
Je prends part à vos prières et à vos jeûnes. Avec l’aide de Dieu, je suis convaincu que je participerai bientôt à votre joie véritable, profonde et entière, à la fois matérielle et spirituelle.
M. S. ”
Ma position est donc très claire, pour ce qui concerne les habitants du Kfar. Néanmoins, dans quelle mesure un télégramme et des propos d’encouragement permettront-ils de calmer les esprits traumatisés par cette horrible tragédie ? Tout dépend de l’action concrète qui le suivra. En effet, il ne s’agit pas, en l’occurrence, de rechercher un confort accru, mais bien d’une question de vie ou de mort, qui affecte et angoisse les habitants du Kfar.
Par ma part, j’avais une opinion très tranchée déjà avant cela. En fonction de celle-ci, j’ai proposé et demandé, depuis longtemps, un plan de développement du Kfar. Comme je l’ai maintes fois souligné, mon objectif n’était pas la recherche du bien-être, mais bien un besoin fondamental et vital de grandir, pour le futur de Kfar ‘Habad et de toutes les institutions ‘Habad qui en reçoivent l’influence, directement ou indirectement.
Certains se sont demandés si le plan que je proposais devait être appliqué intégralement. A l’heure actuelle, en revanche, il est évident pour tous que des paroles en l’air, des promesses ou même des actions limitées ne suffiront pas pour rassurer les habitants du Kfar. C’est uniquement en appliquant entièrement mon programme ou même en le dépassant que l’on pourra calmer les esprits, retrouver une vie normale, non pas sous la contrainte, mais de plein gré, dans la tranquillité et la largesse d’esprit, comme je le disais dans ce télégramme.
Je répéterai brièvement les points essentiels que j’ai proposés et demandés, mais qui n’ont malheureusement pas été suivis d’effet. Ce sont les suivants :
A) Je me suis toujours efforcé de faire en sorte que l’on multiplie, par tous les moyens, la population du Kfar et les sources de revenus. J’ai demandé, encouragé la création d’une école professionnelle, d’une école agricole, de la manière la plus large et au plus vite. J’ai eu le regret, la surprise et la peine de constater que, pour des raisons indépendantes de ma volonté, la procédure a été très longue, de la plus grande lenteur.
Aussi douloureux que cela puisse être, je dois dire que la raison en dépend des organismes et des administrations concernés, en Terre Sainte, de ceux qui ont le pouvoir de réaliser tout cela. En effet, ils ont été en proie à l’hésitation, comme un commerçant, avant de s’engager dans une transaction. Quel montant prêter ? A quelles conditions ? Quelles diminutions imposer ?
Bien plus, malgré les promesses qui m’ont été faites ici, quoique de manière officieuse, la parole donnée n’a pas été tenue et la main a été refermée là où elle aurait dû être largement ouverte. On a pratiqué ainsi, de manière particulièrement sévère.
Je n’ignore pas la situation financière difficile de ces administrations. Mais, je sais et j’observe que, quand il s’agit de la diaspora et de réalisations beaucoup moins importantes, non pas uniquement de mon point de vue, que l’école professionnelle ou l’école agricole de Kfar ‘Habad, en notre Terre Sainte, il n’y a pas de réduction de crédits, à la différence de ce qui est imposé au Kfar. L’argument de l’absence du financement disparaît donc.
Bien plus, la nécessité d’élargir le réfectoire ou de construire des bâtiments pour ces écoles n’est pas une fin en soi. Il s’agit de préparer le développement du Kfar. En effet, ceci aurait rassuré et encouragé ses habitants, hommes, femmes et enfants, avec tout leur entourage.
B) Il en est de même pour les constructions du nouveau Kfar, pour lesquels il est nécessaire d’adopter la même approche, laquelle, de fait, correspond bien à la réalité. Car, en l’occurrence, il ne s’agit pas de hâter cette édification pour des raisons de confort, mais bien de permettre le développement du Kfar.
En outre, il est clair que l’on pouvait encore habiter dans les anciens bâtiments et que l’on aurait ainsi ajouté des habitants au Kfar. Or, si l’on avait adopté cette optique au lieu de raisonner à l’économie et à la réduction de crédits, nous aurions pu entamer déjà les négociations relatives à la troisième tranche.
C) Le paragraphe B est également la raison pour laquelle j’ai demandé que le second Kfar soit à proximité de l’actuel. Tout d’abord, l’installation dans le nouveau Kfar aurait été facilitée, puisque la vie y aurait été la même que dans l’ancien. De plus, les habitants de l’ancien Kfar auraient été largement encouragés en constatant qu’ils constituent un point central, autour duquel se réunissent plusieurs implantations, adoptant le même mode de vie qu’eux et s’encourageant mutuellement.
Bien évidemment, je comprends parfaitement l’idée et l’effort requis pour peupler le nouveau Kfar, dans la bande de Lakish ou en un autre endroit. Mais, si l’on avait mis en balance la perte occasionnée pour ‘Habad et l’intérêt d’installer cent familles dans cette région, puisque c’est bien de cela qu’il était question dans un premier temps, on aurait vu qu’il n’y avait nulle comparaison entre ces deux situations.
Je me souviens aussi de l’explication selon laquelle les terrains autour de Kfar ‘Habad appartiennent à d’autres, à la compagnie Mehadrin. Mais, je sais que l’on trouve, chaque jour, des solutions à de tels problèmes, sans difficulté particulière, surtout dans la situation que connaît actuellement la Terre Sainte.
D) Je dois ajouter un autre point, même si je ne sais pas dans quelle mesure ceci correspond à la réalité. Néanmoins, l’argument m’a été présenté et je vous le transmets donc. La protection, au Kfar, est insuffisante et celui-ci est comme un champ ouvert. De plus, il est entouré de vergers, qui servent de cachettes lors des incursions(4).
Il n’y a pas là, de ma part, un reproche ou de la morale, ce qu’à Dieu ne plaise et, à n’en pas douter, vous ne me soupçonnerez pas de cela. Comme vous le savez, la morale ne fait pas partie des conceptions de Loubavitch. En fait, je veux dire qu’au moins à l’avenir, et de façon immédiate, on doit commencer à ressentir un changement fondamental de la situation qui vient d’être décrite(5).
Avant tout, les habitants de Kfar ‘Habad, avec leur femme et leurs enfants, doivent pouvoir constater, de leurs propres yeux, que la relation avec leur village a été modifiée. Quand ils verront et s’apercevront que les administrations et les amis ont pris conscience et sont passés à l’action, en élargissant leur soutien, ils seront plus attachés au Kfar et, non seulement ce dramatique événement ne provoquera pas le découragement et l’impuissance, ce qu’à Dieu ne plaise, mais bien plus, la profondeur de leur âme, une âme ‘Habad, se mettra en éveil. Ils verront alors que la chute les a conduits à une considérable élévation.
Bien évidemment, la condition à remplir, pour tout cela, est, comme je l’ai dit, d’agir concrètement, avec empressement, afin de multiplier les institutions et la population du Kfar, les moyens d’assurer sa subsistance, la sécurité, la garde et la protection.
Je sais, bien sûr, qu’une partie de ce qui vient d’être dit ne peut être obtenu par une intervention directe auprès des administrations auprès desquelles vous exercez votre activité. Néanmoins, la divine Providence a fait que vous soyez l’un de ceux qui sont à l’origine de la création du Kfar. Vous êtes intervenu, avec diligence, pour le développer. Sa fondation, son expansion et son futur dépendent donc directement de vous.
En conséquence, je suis convaincu que vous avez la possibilité d’intervenir et d’agir, en la matière. En effet, vous êtes personnellement impliqué et le Saint béni soit-Il attend une action, de la part d’un homme, uniquement en fonction des forces qu’Il lui accorde.
Vous pouvez vous demander quelle est la particularité de Kfar ‘Habad, justifiant que l’on dépasse la ligne de la loi, qu’on l’agrandisse et qu’on le développe, au-delà de la mesure. La réponse est la suivante. Tout d’abord, l’ensemble des paragraphes de cette lettre ne nécessitera pas un financement important, qui ne puisse être réuni. Autre point, qui est essentiel, Kfar ‘Habad a effectivement un caractère exceptionnel et ses habitants sont particuliers. En effet, après vingt cinq ans d’asservissement, dans le régime communiste, ils sont sortis, intègres en leur foi et fermes, en leur esprit. Ils ont pu s’installer en Terre Sainte, en renforçant l’esprit contre la matière. Ils peuvent donc servir d’exemples et de modèles à cette génération orpheline.
Vous gardez sans doute le souvenir de ce dont nous avons parlé, quand vous étiez ici. Il est indispensable que la jeunesse d’Erets Israël soit guidée et renforcée, moralement, afin de ne pas tomber dans les filets des idéologies destructrices, voulant s’en prendre à leur âme, en particulier en Terre Sainte. Il y a donc bien quelque chose à faire, en la matière.
On peut ajouter que Kfar ‘Habad est l’une des rares implantations, pour ne pas dire la seule, à laquelle ses habitants sont restés fidèles, malgré les difficultés, les voiles et les obstacles. Ils ont fait preuve d’une discipline exemplaire. Pour la plupart, ils ne me connaissent pas personnellement. Et, j’ai bon espoir qu’ils feront preuve du même courage, à l’avenir. Mais, il ne faut pas se voiler la face. La situation de Kfar ‘Habad est, à l’heure actuelle, particulièrement sérieuse. Si l’on tient compte du fait que nombre d’entre eux ont des amis et des proches qui se sont installés dans d’autres pays, d’une manière infiniment plus agréable et aisée, si l’on sait qu’ils correspondent avec eux et leur rendent visite, l’épreuve est, pour eux, d’autant plus forte.
J’espère qu’à l’avenir, je pourrais encore, avec l’aide de Dieu, préserver l’intégrité du Kfar, son développement et son expansion. Néanmoins, chacun d’entre nous dit, chaque jour et dès le début du jour, dans la prière : “ Ne nous soumets pas à l’épreuve ”.
Je conclus en précisant que mon but n’est pas d’exercer des pressions, ce qu’à Dieu ne plaise. Le télégramme que j’ai envoyé avant même de vous écrire et de recevoir votre réponse en fait la preuve. En d’autres termes, je ferai, en tout état de cause, avec l’aide de Dieu, tout ce qui est en mon pouvoir pour assumer la responsabilité qui m’incombe. Pour autant, j’ai bon espoir que tous les amis de ‘Habad se trouvant sur place, a fortiori ceux qui sont d’origine ‘Habad et, en particulier, ceux qui sont conscients de ces origines(6), leur suggérant des sentiments qui les conduisent à agir, de manière chaque jour accrue, sauront de quels moyens ils disposent et quel est le besoin du moment. Ils feront tout ce qui est possible et même encore plus que cela.
De la sorte, je suis convaincu que tout sera fructueux, agréable et positif. Chacun et chacune pourra dire fermement, avec un cœur joyeux : “ Je Te rends grâce, Eternel, car Tu m’as réprimandé(7) ”, “ Il a donné l’élévation… ”.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, je conclus en vous adressant mes respects et ma bénédiction.
Notes
(1) Chnéor Zalman Chazar. Voir, à son propos, les lettres n°3919, 4554 et 4728. (2) L’attentat qui y a été perpétré. Voir, à ce sujet, la lettre n°4281 et l’avant propos. (3) Il s’agit de la lettre n°4303. (4) Des terroristes. (5) Afin de redonner du courage aux habitants de Kfar ‘Habad, après cet attentat. (6) Comme c’est le cas du destinataire de cette lettre. (7) Puisque l’on verra alors les conséquences positives qu’a pu avoir ce drame.
Lettre n°4310
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4310, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Iyar 5716,
Brooklyn, New York,
Au Rav, érudit célèbre et bien connu, distingué ‘Hassid qui
craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav C.Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous joins une copie de la lettre que j’adresse à monsieur Chazar(2). Celle-ci est plus longue que ce qu’il a l’habitude de recevoir et certaines personnes, du fait de leurs nombreuses occupations, mettent les longues lettres de côté pour les lire quand ils disposeront de plus de temps. Sans doute, vous efforcerez-vous donc de le rencontrer au plus tôt, à propos du contenu de cette lettre, à laquelle vous apporterez vos propres explications, selon le besoin.
Il est inutile de préciser qu’il faut se servir de la prise de conscience, dans différents milieux, du fait de l’événement(3). Simultanément, il faut, à tout prix, empêcher les habitants de Kfar ‘Habad de se décourager, ce qu’à Dieu ne plaise, pendant qu’il en est encore temps. Tout dépend des actions qui seront menées et de la diligence dont on saura faire preuve.
Que Dieu s’exprime par votre bouche(4) et que vous connaissiez la réussite. Je vous remercie de me faire connaître la suite de ce qui se passera.
Avec mes respects et ma bénédiction,
M. Schneerson,
Ces jours-ci, de jeunes rabbins d’ici se rendent à Jérusalem. Ils tenteront de convaincre le grand Rabbinat, en général et le Rav Herzog Chlita(5), en particulier, à propos de la question et de la controverse, qui ont été soulevées ici, pour déterminer si ceux qui respectent la Torah et les Mitsvot ont le droit d’appartenir à une organisation religieuse, comptant, parmi ses membres, des conservateurs et des réformés(6). Malgré la décision hala’hique d’interdiction émise par les Rabbanim et les recteurs de Yechivot, certains, en particulier parmi ceux qui font ce voyage, entendent maintenir leur participation.
Il faut tout faire, non seulement pour que leur position mensongère ne reçoive aucun appui, ce qu’à Dieu ne plaise, mais, bien plus, pour que les grands Rabbins d’Israël s’expriment clairement, en énonçant une interdiction absolue et tranchée, à ce propos.
Il est difficile d’expliquer tout cela, de manière détaillée, dans une lettre. Je vous joins donc une photocopie de la décision hala’hique des recteurs de Yechiva et également de ma lettre(7), formulant une demande au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples accomplissements et empli d’ardeur, le Rav David Hollander, pour qu’il vous rencontre à la première occasion et vous rapporte la chronologie des événements et leurs différents aspects.
Bien évidemment, vous pouvez dire au grand Rabbin(8) que je vous ai écrit, à ce propos et lui transmettre le contenu de ma lettre. Je vous remercie d’avance de me donner de bonnes nouvelles, en la matière.
On m’a demandé quelle est ma position, sur le sujet, en rapport avec celle que j’ai prise à propos des élections en Terre Sainte. En effet, il y avait, parmi les candidats, des hommes qui, s’ils se trouvaient aux Etats-Unis, auraient pu appartenir au mouvement conservateur(9).
J’ai répondu que la différence est bien évidente. Pour ce qui est des élections, la participation de ceux qui respectent la Torah et les Mitsvot ne signifie pas que ceux-ci les reconnaissent comme représentants d’un mouvement religieux. Il n’en est pas de même quand il s’agit d’une organisation “ rabbinique ” de New York, comme le comité des rabbins de New York, ou bien d’une fédération de synagogues, comme le conseil des synagogues d’Amérique, dont l’intitulé lui-même établit le caractère religieux.
Une personne orthodoxe appartenant à cette organisation, au même titre qu’un rabbin réformé ou conservateur, ou encore un représentant de leur Temple, reconnaît, par le fait même, que celle-ci est bien une synagogue et que cet homme est effectivement un Rav, à l’encontre de la décision hala’hique de notre Torah, conformément à l’affirmation du Rambam que je cite dans ma lettre et comme l’évidence permet de l’établir.
Bien entendu, si vous pouvez présenter le Rav Hollander à ceux qui sont susceptibles d’avoir une influence, dans ce domaine, vous le ferez sûrement et je vous en remercie d’avance.
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem. Voir, à son sujet, les lettres n°3834, 4347, 4402, 4470, 4556, 4617 et 4696. (2) Il s’agit de la lettre précédente. (3) De l’attentat à Kfar ‘Habad. Voir la lettre n°4281 et l’avant propos. (4) Lors de cette entrevue avec C. Z. Chazar. (5) Le grand Rabbin Ashkénaze d’Israël. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°4306. (7) Il s’agit de la lettre n°4162. (8) Herzog, précédemment cité. (9) Malgré cela, le Rabbi avait prôné la création d’un front uni des partis religieux, incluant également ces Juifs réformés. Pourquoi n’adoptait-il pas une même position, en la matière ?
Lettre n°4311
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4311, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Iyar 5716,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins publics,
le Rav Yaakov(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat, dans laquelle vous précisez la manière de fixer une Mezouza(2), en fonction de ce que vous avez entendu du Rabbi(3). Je vous remercie de précisions supplémentaires. Si c’est effectivement le cas, vous voudrez bien me les faire connaître. Je vous en remercie d’avance.
Il est sûrement inutile de souligner à chaque ‘Hassid que l’événement qui s’est malheureusement passé(4) doit mettre en éveil les forces cachées, permettre de s’attacher à nos saints maîtres. Chacun et chacune participera donc, dans la mesure de ses possibilités au développement des institutions ‘Habad de Terre Sainte et le fera précisément dans l’emplacement actuel(5), comme l’indiquent les discours ‘hassidiques bien connus de l’Admour Hazaken, de l’Admour Haémtsahi et du Tséma’h Tsédek(6).
Je vous joins une copie de la lettre que j’ai adressée à quelqu’un. Elle vous intéressera peut-être. Bien évidemment, mon propos n’est pas de faire un discours(7) et j’ai bon espoir que vous vous servirez de votre influence, dans ce domaine.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav Y.Landa de Bneï Brak. Voir, à son sujet, les lettres n°4251, 4443 et 4597. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4251. Voir également la lettre n°4443. (3) Rachab. (4) L’attentat perpétré à Kfar ‘Habad. Voir, à ce sujet, la lettre n°4281 et l’avant propos. (5) A Kfar ‘Habad, sans fuir cette ville, à cause de ce qui s’est passé. (6) Voir, à ce propos, la lettre n°4307. (7) Sans incidence concrète, mais, bien au contraire, que cette lettre soit suivie d’effet.
Lettre n°4312
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4312, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Iyar 5716,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et assume une mission sacrée, le Rav Oury(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai enfin reçu votre lettre du 4 Iyar, qui faisait suite à un silence particulièrement long. Vous faites allusion à l’affaiblissement que l’on constate à Kfar ‘Habad(2). Je m’en remets, en la matière, à celui qui a fondé ce village et le dirige, c’est-à-dire mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël. Bien au contraire, le travail et la tranquillité y seront accrus, de même que la bénédiction de Dieu, non seulement dans les intérêts publics, mais aussi dans les préoccupations personnelles de chacun et de chacune, précisément en un bien visible et tangible, comme le tranchent l’Admour Hazaken, l’Admour Haémtsahi, le Tséma’h Tsédek et comme je le disais dans ma lettre(3), adressée il y a quelques temps.
Vous m’annoncez que vous cherchez un terrain convenable pour l’école et je vous remercie de cette bonne nouvelle. Néanmoins, vous vous félicitez de la réalisation du projet(4) pour l’année scolaire 5718(5), alors qu’il est clair que cela n’est nullement suffisant(6). Car, pour tout ce qui concerne l’éducation, chaque mois, chaque semaine et même chaque jour revêt une importance particulière. Si vous faites preuve de l’engagement et de l’empressement nécessaires, vous obtiendrez, à n’en pas douter, un effort de la part des administrations compétentes. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez bientôt une bonne nouvelle, à ce sujet.
Je suis surpris que, pour l’heure et jusqu’à la présente lettre, vraisemblablement commencée avant-hier, personne ne m’ait rapporté quoi que ce soit à propos de l’inscription(7). Puisse Dieu faire que le succès soit considérable. Sans doute recruterez-vous les jeunes de l’association ‘Habad et les élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim, comme il convient pour cette tâche.
Je vous adresse ma bénédiction afin que le problème de votre maison soit réglé très rapidement, de manière positive. Vous pourrez redoubler d’ardeur, comme il convient, en votre mission sacrée, au sein du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, en Terre Sainte.
Notes
(1) Le Rav O.Ben Cha’har, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, les lettres n°3911 et 4528. (2) A la suite de l’attentat qui y a été perpétré. Voir, à ce sujet, la lettre n°4281 et l’avant propos. (3) Il s’agit de la lettre n°3262. Voir également la lettre n°4307. (4) De construction d’un bâtiment pour cette école. (5) 1957-1958. (6) Que cette échéance est beaucoup trop tardive. (7) Des élèves à l’école.
Lettre n°4313
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4313, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Iyar 5716,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Its’hak(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous évoquez la nécessité de transmettre la clé(2), lors de la vente du ‘Hamets. Vous savez sans doute que, dernièrement, ceux qui accomplissent les Mitsvot de la meilleure façon eux-mêmes s’en dispensent, en différents endroits et différentes villes.
Mais peut-être votre lettre avait-elle uniquement pour but de discuter la Loi, sans rechercher une implication concrète.
Avec ma bénédiction et en saluant tous les vôtres,
Notes
(1) Le Rav I.Dubov. Voir, à son sujet, les lettres n°3968, 4421 et 4621. (2) Du local vendu, au Rav effectuant cette vente.
Lettre n°4314
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4314, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Iyar 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous évoquez votre fils et sa fiancée. Vous rechercherez sûrement une occasion de lui rappeler encore une fois, d’une manière diplomatique, la nécessité de mettre en pratique la Torah et les Mitsvot. Car, rien ne résiste à la volonté(1).
Comme vous le savez, il est certain qu’un effort n’est jamais vain. Et, vous lui parlerez de telle façon qu’il ne s’agisse pas uniquement d’une simple intervention(2).
Que Dieu guide vos paroles et qu’Il vous accorde la réussite, en la matière.
Avec ma bénédiction et en saluant tous les vôtres,
Notes
(1) La motivation véritable permet de convaincre. (2) Il faut, en l’occurrence, user de persuasion.
Lettre n°4315
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4315, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[9 Iyar 5716]
Vous vous conformez aux instructions de votre professeur et du recteur de votre Yechiva. Vous avez raison de le faire.
En l’occurrence, vous venez d’adopter une activité dans le domaine de l’éducation positive et sainte. Sans doute, avec le temps, vous habituerez-vous à cette fonction. Les difficultés et les obstacles disparaîtront alors et la réussite sera accrue.
Puisse Dieu faire que vous me donniez, très prochainement, de bonnes nouvelles de tout cela.
Lettre n°4316
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4316, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Iyar 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre, dans laquelle vous me dites que la Providence divine vous a fait rencontrer un érudit de la Torah. Celui-ci a mis en éveil vos sentiments juifs qui, comme le disent nos Sages, de sainte mémoire, sont toujours en alerte pour le Saint béni soit-Il, Sa Torah et Ses Mitsvot.
Néanmoins, il est bien clair que ce sentiment passager n’est pas suffisant. Il faut le prolonger durant les jours suivants et dans l’existence quotidienne. En effet, il est nécessaire, chaque jour, d’agir, d’accomplir ce qui est bon, afin que les journées ne soient pas dépourvues et nues.
Car, c’est bien en cela que l’homme est supérieur à l’animal, lequel ne fait que boire et manger. Cet homme est élu d’entre toutes les créatures. Il possède une âme intellectuelle et une âme divine, qui doit illuminer son entourage. Combien plus doit-il le faire par “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”. Si on le veut vraiment, rien ne résiste à la volonté et l’on connaît la réussite.
Dans l’attente de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°4317
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4317, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Iyar 5716,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Dov Yehouda(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’approuve l’idée d’organiser une association ‘Habad à Toronto. Ceci inclut sans doute également un groupement des femmes et jeunes filles ‘Habad, qui en sera un département et, en outre, fonctionnera en conformité avec les lois du pays.
Puisse Dieu faire que votre action se développe, quantitativement et qualitativement.
A ce sujet, je suis un peu surpris que la brochure relative à la réunion des femmes ‘Habad de Toronto ait un tel retard de parution(2). En pareil cas, plus tôt sont publiés de tels propos, plus les conséquences se manifestent vite, conformément à l’affirmation selon laquelle “ la compétition entre les érudits développe la sagesse ”.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav D.Y. Shochat. Voir, à son propos, la lettre n°3485. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°4148, 4184 et 4417.
Lettre n°4318
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4318, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Iyar 5716,
Brooklyn,
Aux dirigeants de Kfar ‘Habad, en notre Terre Sainte,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre(1) du 8 Iyar, de même qu’à vos télégrammes, que j’ai reçus. Et, je fais suite à mon propre télégramme de réponse(2) :
A) A mon sens, il est indispensable, comme je l’ai écrit plusieurs fois, d’agrandir les institutions de Kfar ‘Habad, dans toute la mesure du possible. Sans doute les habitants et les dirigeants de Kfar ‘Habad feront-ils tout ce qui dépend d’eux pour cela. Les dirigeants des institutions en feront de même.
B) A mon avis, il faut se dépêcher de construire tous ces bâtiments, personnels et publics, en particulier la synagogue(3) et le Mikwé(4). Encore une fois, vous ferez sûrement tout ce qui dépend de vous et vous multiplierez les interventions auprès des administrations concernées, afin qu’elles en fassent de même.
C) Je répète encore une fois ce que je vous ai écrit, il y a quelques années. Il faut multiplier le nombre d’habitants convenables, à Kfar ‘Habad. Bien évidemment, il faudra apporter de l’aide à ceux qui seront acceptés comme résidents au Kfar. Si vous modifiez votre façon d’accueillir les nouveaux venus, vous trouverez sûrement une solution à la question de la répartition des domaines.
D) Il est bien évident, et c’est le point essentiel de tout ce qui vient d’être dit, que la proximité entre vous doit être accrue. Nos Sages affirment, à ce propos, qu’il faut savoir faire des concessions. Et, il y a là un enseignement très clair. Même si l’on pense avoir raison, dans les arguments que l’on avance, même s’il ne s’agit pas d’une impression, mais de la réalité, on doit, envers et contre tout, faire des concessions, car la paix que l’on suscite, de cette façon, est particulièrement importante. Celle-ci contient les bénédictions du Saint béni soit-Il, qui n’ont pas de limite. Et, elle les révèle ici-bas, sous la forme d’enfants, de santé et de prospérité matérielle.
Pour cela, la largesse d’esprit et la tranquillité morale sont nécessaires et l’on peut en déduire qu’elles sont effectivement accordées à tous. Ce résultat dépend donc des habitants du Kfar, il est livré à leur libre arbitre. A n’en pas douter, s’accompliront les Injonctions de notre Torah, Torah de vie et l’instruction de notre saint maître.
Conformément au proverbe du Tséma’h Tsédek, que nous avons entendu de mon beau-père, le Rabbi : “ L’unité des ‘Hassidim les conduira devant le Machia’h ”, comme je le disais dans le télégramme.
J’ai bon espoir et même la certitude que je pourrais, très bientôt, participer à votre joie véritable et profonde, bien qu’à distance. Par l’esprit, néanmoins, je serais réellement proche. Vous aurez le calme de l’esprit et la largesse, de même que tous les membres de votre famille, auxquels Dieu accordera une longue vie à Kfar ‘Habad, en l’endroit dans lequel s’est révélé et se révélera encore l’Attribut de miséricorde, supérieur à celui de la bonté qui le précède, un héritage sans limite, s’étendant d’une extrême à l’autre.
Avec ma bénédiction pour tout le bien matériel et spirituel, en un bien visible et tangible et dans l’attente de vos nouvelles bonnes et détaillées,
N. B. : Les résidents du Kfar susceptibles de le faire participeront sûrement au voyage de Miron(5), au jour de Lag Baomer, qui approche. Ceux qui resteront au Kfar ou bien ceux qui s’y trouveront pour le Chabbat précédant Lag Baomer se réjouiront également dans cet endroit, par des réunions dans lesquelles ils prononceront des paroles de ‘Hassidout et des propos d’encouragement. L’une de ces réunions sera organisée pour les femmes et jeunes filles ‘Habad, auxquelles Dieu accordera longue vie.
Notes
(1) Voir, à ce propos, la lettre n°4281 et l’avant propos. (2) Il s’agit de la lettre n°4303. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°3498, 4508* et 4651. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°4284. (5) Voir, à ce sujet, les lettres n°3439 et 4320.
Lettre n°4319
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4319, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Iyar 5716,
Brooklyn,
Aux dirigeants de la Yechiva Tom’heï Temimim,
Que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres des 25 Chevat, 1er, 4, 10, 16, 18 Adar, 8, 9, 27 Nissan, 5 et 7 Iyar, avec ce qui y était joint. De même, j’ai reçu, en leur temps, les photographies des écoles de Kfar ‘Habad et les cartes. Enfin, j’ai reçu la lettre relative aux formulaires de l’école professionnelle, du 2 Adar.
Vous évoquez, en plus de ce que j’ai écrit dans mon télégramme(1), une collecte pour l’école professionnelle et pour l’école agricole. Il est effectivement bon de l’organiser, à condition qu’elle ne puisse être interprétée comme un défi lancé aux arabes(2). De fait, il y a différents moyens de la diffuser sans courir ce risque.
La collecte pour le nouveau bâtiment de la Yechiva Tom’heï Temimim de Kfar ‘Habad(3) est également judicieuse. Néanmoins, il faut se demander si l’on peut mener conjointement deux collectes. Il est très improbable que les donateurs acceptent de doubler leur participation. En pareil cas, il est clair que l’école professionnelle et l’école agricole ont la priorité, car ce qui les concerne est d’actualité(4). Il n’en est pas de même pour l’autre bâtiment, à propos duquel on pourra toujours faire une communication par la suite, en soulignant que, malgré ce qui s’est passé, on a décidé de bâtir un nouvel édifice à Kfar ‘Habad.
Bien évidemment, ce qui vient d’être dit est uniquement l’idée générale et il vous appartient de réfléchir, sur place, pour déterminer si le lancement simultané de deux collectes présentera un avantage, très concrètement, en termes financiers. Et, il a déjà été dit que “ le salut est obtenu par les nombreux conseillers ”(5).
Depuis deux ans(6), je saisis chaque occasion pour vous souligner, directement ou indirectement, qu’il est absolument impératif de multiplier le nombre des élèves, au sens le plus littéral, c’est-à-dire numériquement. Pour ma douleur et pour ma peine, on n’a tenu aucun compte de mes propos. J’ai écrit qu’une multiplication des élèves agrandirait également les rentrées financières. Malgré cela, vous avez considéré que le contraire était vrai, que moins il y aurait d’élèves et plus le déficit pourrait être contenu ou qu’en tout état de cause, il y aurait moins de dépenses, même si les rentrées étaient réduites. Et, peut-être y avait-il encore d’autres raisons.
En tout état de cause, de manière concrète, le nombre des élèves a été réduit. Bien entendu, si ce n’était toutes les raisons, toutes les explications qui ont été données, à ce sujet, telle catégorie ne convient pas et telle autre pourrait avoir une influence négative, le nombre des élèves de la Yechiva aurait pu maintenant être le double. Et, même si toutes ces justifications étaient vraies, puisse Dieu avoir fait que vous ayez multiplié les élèves convenables, selon vos propres critères.
Je suis surpris par la conclusion de votre lettre, évoquant un grand abandon. Et, vous ne faites aucune relation entre cette situation et votre conception, le comportement que vous avez adopté dernièrement. Vous incriminez des hommes qui n’ont pas le libre arbitre, alors que tous, et surtout les dirigeants de la Yechiva Tom’heï Temimim auraient dû, comme en toute chose, rechercher d’abord un enseignement pour le service de Dieu et, ensuite seulement, une explication dans les termes de ce monde, soumis à la Klipat Noga(7). Vous occultez donc, dans toute la mesure du possible, tout aspect spirituel et, a fortiori, tout enseignement pour le service de Dieu.
Actuellement, les fondateurs et dirigeants de la Yechiva, nos saints maîtres, sont en mesure de couvrir les dépenses pour deux cents élèves, même s’il n’y avait aucun moyen naturel de le faire, il y a deux ans. Il est clair que, s’il était une évidence pour vous qu’il peut en être ainsi pour les élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim en Terre Sainte, vous auriez pu réunir les moyens nécessaires pour quatre cents, six cents, voire mille élèves. Et, il en aurait effectivement été ainsi, sans aucune exagération.
La différence est donc la suivante. Huit cents élèves de plus auraient pu avoir accès à l’enseignement du Baal Chem Tov et à celui de l’Admour Hazaken. Une attitude étriquée et sévère leur a retiré cette possibilité. Autre aspect, la réduction devient ainsi possible également à l’extérieur car, même quand on a deux cents élèves, on peut penser à en réduire le nombre.
Le but de ces quelques lignes est de vous rappeler, encore une fois, l’attitude de mon beau-père, le Rabbi, qui consistait à développer ses institutions, dans toute la mesure du possible. Vous connaissez sa sainte causerie(8), relative à ses institutions, dans laquelle il dit : “ J’ai toujours été endetté et je ne suis jamais resté en dette ”.
Je souligne encore une fois que l’on ne doit pas interpréter la présente comme des paroles d’encouragement, d’ordre général, sans incidence concrète. Mon intention est bien simple. Pendant les années passées, cette direction étriquée a, malheureusement, ôté a des centaines de Juifs la possibilité d’étudier la ‘Hassidout. Le voile et l’obscurité qui en résultent sont considérables. Bien plus, quelques uns de ceux qui sont entrés à la Yechiva Tom’heï Temimim l’ont quittée. Différents textes de la ‘Hassidout expliquent longuement ce qui découle d’une contraction de l’Attribut de sévérité du domaine de la sainteté(9). Vous devez comprendre ce que je veux dire.
Puisse Dieu faire qu’au moins à réception de la présente, chacun s’investisse pleinement, selon la fonction qu’il assume, au sein de la direction de la Yechiva, afin de réunir le plus grand nombre possible d’élèves convenables et pour adopter des critères moins élitistes. De la sorte, il y aura bon espoir que les élèves ayant quitté la Tom’heï Temimim eux-mêmes, pour des raisons qu’ils pensaient justifiées, prennent conscience de la stricte vérité. Alors, la direction de la Yechiva elle-même percevra également cette vérité.
Je répète, pour la troisième fois, que tout ce qui vient d’être dit doit être interprété au sens le plus littéral. La Yechiva de Lod aurait pu, à l’heure actuelle, compter quelques centaines d’élèves de plus que ceux qu’elle possède. Mais, que faire ? Nos Sages disent qu’il ne sert à rien de se plaindre du passé. Que l’on se serve donc des jours qui viennent, en les exploitant pleinement, dans toute la mesure du possible. De la sorte, on peut espérer qu’à la prochaine rentrée scolaire, il y aura effectivement quelques centaines d’élèves de plus et, sans exagérer, plus de deux cents s’ajoutant à ce qu’a été leur nombre, dans le passé. Et, il est dit, à ce propos : “ De grâce, mettez-Moi à l’épreuve, en la matière ”.
Sans doute, m’écrivez-vous, avec tous les détails nécessaires, à propos de tout ce qui a été dit dans la présente lettre et dans le télégramme qui l’a précédée.
Avec ma bénédiction pour une considérable réussite en tout cela,
M. Schneerson,
Notes
(1) Il s’agit de la lettre n°4303. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°4305. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°4304. (4) Du fait de l’attentat. (5) Il faudra donc recueillir l’avis de plusieurs personnes, à ce sujet. (6) Voir, à ce sujet, les lettres n°2731, 4037 et 4341. (7) La force du mal qui peut encore recevoir une élévation dans le domaine de la sainteté. (8) Voir, à ce sujet, la lettre n°1698. (9) Bien que, dans le domaine de la sainteté, il soit uniquement positif, la contraction peut le placer sous l’emprise des forces du mal.
Lettre n°4320
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4320, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Iyar 5716,
Brooklyn,
Aux jeunes de l’association ‘Habad
de la ville sainte de Jérusalem,
que Dieu vous accorde une longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je viens de recevoir, avec plaisir, votre lettre du 24 Nissan, avec ce qui y était joint. Soyez satisfaits, comme je l’ai moi-même été par la bonne nouvelle de vos réalisations destinées à favoriser la pratique juive, en général et à diffuser les sources(1), en particulier. Sans doute intensifierez-vous cette activité, conformément aux besoins de cette période.
Différents textes expliquent que, plus l’on se rapproche de l’instant de
la délivrance véritable et complète, plus la valeur et l’importance de chaque instant augmente. En effet, il convient de préparer la venue du roi Machia’h. C’est pour cela que chaque instant doit être utilisé de la meilleure façon. Il est inutile d’en dire plus, tant cela est évident.
Ceci permet de répondre à la question que vous posez, à propos de Lag Baomer. Il est bien évident que tous ceux qui le peuvent, doivent participer au voyage à Miron(2). Sans en faire le vœu, je participerai aux frais engagés, jusqu’à un certain montant.
Et, ceux qui, pour des raisons justifiées, ne pourront pas voyager, organiseront sûrement la fête qui convient, une réunion ‘hassidique, à Jérusalem. Ils harmoniseront leurs activités avec celles de tous les autres groupements(3) et de tous les membres.
J’attends des nouvelles bonnes et détaillées de tout cela.
Avec ma bénédiction pour une considérable réussite,
N. B. : Si la campagne de la Matsa Chemoura(4) a eu une suite, vous voudrez bien me le faire savoir.
Il me semble vous avoir déjà écrit, dans l’une de mes précédentes lettres, qu’il serait bon de maintenir le contact, avec ceux dont vous avez fait la connaissance, au cours de l’une des activités. Au final, s’accomplira la décision de la Michna selon laquelle “ une Mitsva en attire une autre ”(5).
Notes
(1) De la ‘Hassidout. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°4318. (3) Des jeunes de l’association ‘Habad. (4) Tendant à assurer sa distribution, avant la fête de Pessa’h. (5) Ayant accompli une première Mitsva, dans le cadre d’une action menée par les jeunes de l’association ‘Habad, ils en accompliront nécessairement une autre.
Lettre n°4321
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4321, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Iyar 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre express qui a été, en outre, expédiée par avion. Et, je m’interroge sur la raison de cette hâte.
Il semble que vous vous en teniez à votre position et moi, à la mienne. Je vous écris donc, encore une fois, pour vous exprimer clairement mon opinion. Je considère qu’il n’y a pas lieu de gaspiller de l’argent pour réaliser ce qui est le contraire d’une construction, c’est-à-dire pour quitter votre ville, dans laquelle il y a beaucoup à faire, où il faut diffuser les sources(1) jusqu’à ce qu’elles parviennent à l’extérieur.
Très simplement, votre désir de quitter cette ville vous est suggéré par votre mauvais penchant, qui ne peut souffrir la propagation d la ‘Hassidout, de quelque façon que ce soit. Et, mon avis est très clair. Vous devez diffuser les sources dans cet endroit et il n’y a donc pas lieu de le quitter.
Je vous ai déjà fait part, quand vous étiez ici, de ce que j’ai pu observer, chez mon beau-père, le Rabbi. Celui-ci n’acceptait pas la conception selon laquelle “ l’argent n’est pas un problème ”(2), y compris chez ceux qui étaient riches en or et en argent matériels. Combien plus n’admettait-il pas une telle attitude de la part de celui qui assume une fonction communautaire, c’est-à-dire de quelqu’un que l’on observe attentivement(3). Lorsque celui-ci dépense un Chekel, on prétend qu’il en a donné dix. Or, ceci s’applique bien à vous et à votre comportement qui, en l’occurrence, n’est pas adapté, me semble-t-il. Ainsi, il n’était pas nécessaire d’avoir une conversation téléphonique sur le sujet(4) qui a été discuté et l’on pourrait formuler d’autres remarques encore.
J’ai jugé bon de formuler ma lettre en ces termes, bien que ce ne soit pas mon habitude, car j’ai dit, d’abord en allusion, puis clairement, à différentes reprises, que tous ceux qui se consacrent aux besoins communautaires doivent rendre des comptes sur leurs dépenses, non seulement aux autres, mais aussi à eux-mêmes, en sachant que “ je me trouve au sein de mon peuple ”(5). Certes, de telles personnes subissent des limites et elles doivent tenir compte des possibilités, mais il en est de même pour moi. Bien sûr, l’avancement et le développement sont nécessaires, mais ils doivent aussi se marquer dans la dimension morale. Or, votre comportement va à l’encontre de cela. Vous réduisez le financement destiné à la diffusion des sources(6), car vous vous installez dans une situation, dans laquelle vos pensées sont tournées vers l’Amérique. Et, dans le domaine matériel, vous adoptez donc le comportement qui vient d’être décrit.
Cela sera sûrement inutile, mais, néanmoins, je répète encore une fois qu’il ne s’agit nullement, de ma part, de contraindre les ‘Hassidim à vivre dans une situation matériellement difficile, ce qu’à Dieu ne plaise. Un examen sommaire(7) suffit pour déterminer que ma conception est précisément le contraire de cela. Néanmoins, une vie organisée et non étriquée exclut le désordre et le gaspillage que même la logique première ne permet nullement de justifier.
Avec ma bénédiction pour que vous compreniez tout cela d’une manière joyeuse et donc profonde,
N. B. : Je n’envoie pas la présente en express et puisse Dieu faire qu’à l’avenir, les ‘Hassidim adoptent la même attitude, si ce n’est dans les cas les plus exceptionnels.
Notes
(1) De la ‘Hassidout. (2) En russe dans le texte. (3) Textuellement “ avec sept yeux ”. (4) Vraisemblablement d’un autre continent, avec le secrétariat du Rabbi. (5) Ils sont redevables envers les autres. (6) De la ‘Hassidout. (7) De la réalité.
Lettre n°4322
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4322, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Iyar 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai eu de vos nouvelles, avec plaisir, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre aux besoins communautaires, aux multiples accomplissements, le Rav C.Zalman Hecht(1). J’ai reçu également votre demande de bénédiction, qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela.
Comme nous en avons eu l’habitude, jusqu’à maintenant, l’un envers l’autre, vous-même ne me dites rien du temps que vous consacrez à l’étude de la ‘Hassidout et, pour ma part, je vous soulignerai donc qu’il s’agit d’une nécessité absolue, comme je le fais à chaque fois.
De fait, cette obligation incombe à chacun, en notre génération orpheline. J’espère que, de temps à autre, vous consultez un livre ‘hassidique, mais j’ai bien peur que cet usage ne soit pas fixe, en particulier d’après le sens que donne à ce terme l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h. Selon lui, la fixité véritable est non seulement dans le temps, mais aussi dans l’esprit.
Vous connaissez l’enseignement de la Michna, selon lequel “ un riche qui apporte le sacrifice d’un pauvre ne s’est pas acquitté de son obligation ”. Et, il en est de même, dans le domaine moral, car “ il n’est de richesse que par l’esprit ” et “ il n’est de pauvreté que par l’esprit ”.
Ainsi, celui qui est capable d’une étude profonde, d’une qualité et donc d’une quantité accrues, ne peut pas se contenter de celle qui est le fait d’un “ pauvre par l’esprit ”. Vous devez comprendre le sens de cette image. Et, tout dépend de votre volonté. En effet, vous en avez le désir, qui est la dimension profonde de la volonté, au même titre que tous les Juifs, en particulier ceux qui respectent la Torah et les Mitsvot, puisque “ une Mitsva en attire une autre(2) ”.
Puisse Dieu vous accorder et m’accorder le mérite que je reçoive une bonne nouvelle de votre part, celle qu’au moins à l’avenir, vous fixerez, dans votre esprit et dans le temps, une étude de la dimension profonde de la Torah qui, à notre époque, a été révélée par la ‘Hassidout.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav Chlomo Zalman Hecht, de Chicago. Voir également, à son propos, la lettre n°4485. (2) Attire, en l’occurrence, la Mitsva d’étudier la ‘Hassidout.
Lettre n°4323
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4323, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Iyar 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’avez fait savoir que vous avez acheté une maison(1) et je vous adresse ma réponse.
Puisse Dieu faire que ce soit en un moment bon et fructueux, matériellement et spirituellement à la fois.
La ‘Hassidout définit la notion d’acquisition et elle précise que celle-ci s’entend, à proprement parler, dans le monde spirituel d’Atsilout, où “ Il ne fait qu’un avec Ses Lumières, Il ne fait qu’un avec Ses réceptacles ”(2). Et, c’est précisément grâce à cela que l’on peut acquérir spirituellement une maison, ici-bas.
Que Dieu fasse qu’il s’agisse donc d’une acquisition spirituelle, comme l’expliquent les discours ‘hassidiques intitulés “ Chant, cantique pour l’inauguration de la maison ”, dans le Likouteï Torah et dans le Sidour(3). Une même explication figure, en particulier, à la fin de la séquence de discours intitulé “ De nombreuses eaux ”.
Ceci se reflétera également sur l’achat de votre maison, au sens littéral. Ce sera une maison heureuse, dans tous les domaines.
Puisse Dieu vous accorder
la possibilité de m’annoncer bientôt une bonne nouvelle également en me disant que vous avez trouvé un bon parti pour votre fille et que celle-ci bâtit, à son tour, une maison juive.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à ce propos, les lettres n°608 et 3154. (2) Ce monde spirituel, bien que début de l’existence créée, reste encore partie intégrante de la Divinité. (3) De l’Admour Hazaken, avec les commentaires de la ‘Hassidout.
Lettre n°4324
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4324, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Iyar 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, après un long silence, votre lettre du 19ème jour de l’Omer(1), La Omer(2), selon la formulation de l’Admour Hazaken(3), dans son saint Sidour. En effet, vous connaissez la discussion qui existe, à ce propos et vous consulterez également, sur le même sujet, Iguéret Ha Kodech, à la fin du chapitre 13.
Comme vous me le demandez, je citerai votre nom et celui de votre épouse près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous obteniez la satisfaction de vos besoins.
Vous me dites, dans votre lettre, que vous étudiez le saint Tanya et, quelque peu, le Likouteï Torah, comme ceci vous a été demandé en 5672(4). Or, de nombreuses années se sont écoulées, depuis lors et il est donc clair que cela n’est nullement suffisant. En effet, notre Torah demande de connaître l’élévation, dans le domaine de la sainteté et, selon certains avis, ce principe est introduit par la Torah elle-même(5). Même si l’on admet qu’il est une institution des Sages, comme le dit l’Admour Hazaken dans son Choul’han Arou’h pur, Ora’h ‘Haïm, fin du chapitre 34, on sait que les propos des Sages sont “ plus impératifs ” et “ plus agréables ” que ceux de la Torah.
A l’avenir, vous ajouterez donc à tout cela et, à n’en pas douter, Dieu accomplira Sa promesse selon laquelle “ à quiconque ajoute(6), on ajoute(7) ”.
Vous participez sûrement aux réunions des ‘Hassidim et “ grand est le repas partagé, qui rapproche ”, qui unit les enfants d’Israël, attire les bénédictions divines d’une manière considérable, ainsi qu’il est dit : “ Bénis-nous, notre Père, tous comme un, de la lumière de Ta Face ”. Vous consulterez, en particulier, le chapitre 32 du Tanya et le Séfer Ha Mitsvot du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva de l’amour du prochain.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Vous m’interrogez sur l’affirmation du Séfer Ha Mitsvot, du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva du compte de l’Omer, chapitre 2, selon laquelle le Machia’h sera plus élevé que Moché(8). En effet, le Rambam dit, au chapitre 9 de ses lois de la Techouva, qu’il sera “ un prophète, proche de Moché notre maître ”.
En réalité, le Séfer Ha Mitsvot ne fait que répéter ce qui est clairement affirmé par le Midrach Tan’houma, à la Parchat Toledot : “ Il sera plus élevé que Moché ”, conformément à la version de ce texte qui doit être retenue et qui figure également dans le Yalkout Chimeoni Ichaya.
On peut donc considérer que l’affirmation du Rambam concerne uniquement la prophétie, ainsi qu’il est dit : “ Il n’est pas venu de prophète…(9) ”. Vous consulterez également ses lois des fondements de la Torah, au chapitre 7. Vous verrez aussi le Likouteï Torah du Ari Zal, à propos du verset “ jusqu’à la venue de Shilo(10) ”, le traité Mena’hot 29b, le Likouteï Torah de l’Admour Hazaken, à la fin de Chir Hachirim. Ce point ne sera pas développé ici.
Notes
(1) Le 4 Iyar. (2) Et non Ba Omer. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°3599. (4) 1912, vraisemblablement par le Rabbi Rachab. (5) Et, non par les Sages. Voir, à ce propos, les lettres n°1239, 1527, 1968 et 4459. (6) Un effort, en l’occurrence du temps d’étude de la ‘Hassidout. (7) Des bénédictions. (8) Voir, à ce sujet, la lettre n°923. (9) Pour Israël, comme Moché. (10) Du Machia’h.
Lettre n°4325
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4325, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Iyar 5716,
Brooklyn, New York,
A l’attention de monsieur Eliézer Steinman(1), Tel Aviv,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 23 Adar et j’y ai lu, avec plaisir, que, dans vos ouvrages à paraître, vous ferez figurer des références, pratique dont je soulignais l’intérêt, dans ma lettre précédente.
Concernant le second point de mon courrier et votre réponse, ce que vous appelez “ l’idée de l’étude et de l’action ”, vous avez, bien sûr, raison de dire qu’une discussion de vive voix est préférable à une correspondance écrite. Pour autant, cette dernière possède également une grande force. Elle contient même ce qui ne peut s’exprimer oralement, non seulement, comme vous le dites dans votre lettre, car “ les mots confèrent la sagesse(2) ”, mais aussi parce que ce qui est écrit peut être relu à plusieurs reprises, ce qui n’est pas vrai pour des paroles.
D’après les explications de la ‘Hassidout, il est clair que la révélation de la pensée dans la parole et même de la parole dans l’action, apporte la pérennité et tisse un lien plus ferme avec le monde, avec le milieu proche et, de la sorte, avec l’environnement lointain.
Je ne sais pas comment interpréter le fait que vous ayez passé sous silence le point essentiel de cette seconde partie(3), c’est-à-dire le mode de vie ‘hassidique, au quotidien. L’explication la plus simple pouvant être donnée à cela est la suivante. Pour l’heure, vous craignez que votre réponse ne corresponde pas à ma proposition, formulée dans cette lettre. Et, je pourrais donc m’en offusquer.
Si cette interprétation est effectivement la bonne, je veux écarter cette éventualité. Je considère selon leur sens le plus littéral les propos d’encouragement à la pratique de la Torah et des Mitsvot que l’on adresse à son prochain. Ceux-ci sont le moyen de mettre en éveil la dimension profonde de la personne qui les écoute. Or, chaque Juif possède cette dimension et il est donc à même de la révéler concrètement.
Lorsque cette révélation est retardée, le manque de succès de celui qui a émis les propos(4) est insignifiant par rapport à la douleur qu’éprouve cette dimension profonde, essence de l’âme juive, qui descend ici-bas, “ d’une cime élevée vers une fosse profonde ”, de dessous le Trône du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il, vers ce monde matériel, selon les termes de la Kabbala, que reproduit l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 6 du Tanya.
Ce monde est celui des forces du mal et de “ l’autre côté ”. En conséquence, les impies y sont puissants. Mais, l’âme y descend afin de connaître l’élévation, par l’intermédiaire de la Torah et les Mitsvot. On peut en déduire que chaque instant passé par cette parcelle de Divinité dans les forces du mal et “ l’autre côté ”, ne permettant pas d’obtenir une élévation extraordinaire, suscite la douleur la plus intense.
Tout cela était expliqué, d’une manière un peu plus détaillée, dans la lettre que je vous ai adressée il y a quelques temps(5) et dont je vous joins une copie.
Vous me dites que vous êtes entré dans le verger de la ‘Hassidout par amour du prochain et du fait du désir que vous éprouvez pour la Soukka de David, c’est-à-dire pour l’âme juive. J’ai bon espoir que ceci s’applique également à votre propre personne et à votre âme. En effet, toutes les âmes sont identiques et elles ont un même Père. Seuls les corps et leurs besoins sont différents, comme le souligne le Tanya, au chapitre 32.
En ces jours qui séparent le “ temps de notre liberté ” du “ temps du don de notre Torah ”, nous avons reçu, malgré cette liberté, l’injonction et la possibilité de nous élever chaque jour, depuis la libération de la servitude de l’Egypte jusqu’à la libération véritable que le peuple d’Israël obtint par le don de la Torah. Et, nos Sages trouvent une allusion à cela dans l’expression “ gravé (‘Harout) sur les Tables de la Loi ”, qu’ils lisent : “ liberté (‘Hérout) par les Tables de la Loi ”.
Or, ce qui était vrai, à l’époque l’est encore, à l’heure actuelle. Seul est libre celui qui vit dans la confiance en le Créateur du monde, qui parvient à la perfection de la justice et du bien, dont il fait des règles de son comportement, même s’il n’en comprend pas toujours les voies, car nos pensées ne sont pas les Siennes et nos voies ne sont pas Celle qu’Il emprunte.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à son sujet, les lettres n°4134 et 4506. (2) Quand ils sont écrits et observés. (3) De la lettre du Rabbi. (4) Pour la provoquer. (5) Il s’agit de la lettre n°1726*.
Lettre n°4326
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4326, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Iyar 5716,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Tsvi(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de ce jeudi, dans laquelle vous me décrivez l’organisation du Talmud Torah et de la synagogue que vous dirigez. Vous en évoquez, en particulier, l’agrandissement et le développement.
Sans doute profitez-vous de ces jours propices de la manière qui convient. Ma lettre d’avant Pessa’h, adressée à tous(2) en souligne l’importance et elle vous est sûrement parvenue. En conséquence, vous tirerez tout le parti qui convient de Lag Baomer, d’autant que c’est un jour pendant lequel on ne travaille pas(3).
Vous organiserez sûrement un centre aéré(4), suffisamment tôt. Puissiez-vous connaître la réussite, dans ce domaine également. Il est sûrement inutile de vous rappeler le verset : “ Partage ton pain… et ne te détourne pas de ta propre chair ”. Le Elyahou Rabba explique que ceci s’applique également dans le domaine de la Torah et des Mitsvot et la fin du verset fait donc allusion à la manière dont vous les pratiquez, à l’ajout que vous y apportez, de temps à autre, car “ à quiconque ajoute(5), on ajoute(6) ”.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav T.Shusterman, de Chicago. Voir, à son sujet, la lettre n°3892. (2) Il s’agit de la lettre n°4197. (3) Un dimanche. (4) En anglais dans le texte, “ day camp ”. (5) Un effort. (6) Des bénédictions.
Lettre n°4327
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4327, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[14 Iyar 5716]
Après une interruption, j’ai reçu votre lettre du 11 Iyar, m’annonçant une bonne nouvelle, l’amélioration de votre état de santé. Puisse Dieu faire que celle-ci s’améliore encore, non seulement physiquement, mais aussi moralement, bien que vous ne fassiez pas du tout allusion à ce domaine, dans votre lettre.
Bien évidemment, ceci inclut également toutes les actions que vous menez envers votre prochain, surtout au cours des jours propices, des fêtes et des dates particulières, qui approchent, pour la paix.
De façon générale, la formulation(1) que vous me communiquez, dans votre lettre, est bonne. Néanmoins, peut-être est-il préférable de remplacer les mots “ à la veille du Yom Kippour ” par “ à la veille du jour sacré ”. En effet, il y a là un meilleur signe(2), comme le souligne le traité Ketouvot 103b.
Notes
(1) De l’épitaphe devant figurer sur la pierre tombale de quelqu’un qui est décédé à la veille de Yom Kippour. (2) Pour l’âme du défunt.
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