Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°419
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°419, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Kislev 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav M.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) Vous trouverez ci-joint le Kountrass Hé’haltsou, qui vient de paraître, avec quelques ajouts. Vous me confirmerez sans doute l’avoir reçu.
B) J’ai été heureux d’apprendre, par le Rav L.K(2), qu’un visa a été accordé à mon proche parent, le Rav I.Kluvgant(3).
Peut-être pouvez-vous demander à Lawat s’il lui a trouvé un appartement. En effet, quand il était ici, il m’a dit qu’il s’en occupait.
A la réflexion, il est sans doute préférable que j’interroge d’abord mon beau-père, le Rabbi Chlita, à ce propos(4).
C) A la fin du Kountrass Hé’haltsou, j’ai noté une remarque à propos du Rav L.Schneersohn(5). Pouvez-vous m’écrire ce que vous savez de sa famille, de ses fils, de ses filles, en particulier du Rav C.Z. de Lodgh(6) et avec qui ses enfants se sont mariés. Je vous en remercie d’avance.
En transmettant mon salut à toute la communauté,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Mena’hem Zéev Gringlass, de Montréal. Voir les lettres n°170, 548, 619, 657. (2) Le Rav Leïb Kremer, de Montréal. (3) Le Rav Isser Kluvgant. Voir la lettre n°278. (4) De fait, le précédent Rabbi lui conseilla de se rendre en Australie et il n’utilisa donc pas ce visa. (5) Le Rav Leïb Schneersohn. Le Rabbi note qu’il est le fils du Rav Chnéor, lui-même fils de Rabbi Mena’hem Na’houm, qui est le fils du Tséma’h Tsédek. (6) Le Rav Chnéor Zalman, fils de Rav Leïb. Le Rav Gringlass était originaire de Lodgh.
Lettre n°420
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°420, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[ 8 Kislev 5709(1)]
J’ai bien reçu vos deux lettres du 23 et du 24 Mar’hechvan et je m’en suis fort réjoui.
J’ai été particulièrement satisfait du recueil d’explications et de proverbes que vous m’avez adressé et je m’empresse de vous confirmer l’avoir bien reçu. Ainsi, vous-même, vous dépêcherez-vous de rédiger d’autres explications et de les envoyer ici.
A n’en pas douter, vous conférerez ainsi un mérite au plus grand nombre.
Notes
(1) Cette lettre est adressée au Rav Chnéor Zalman Duchman. Voir la lettre n°414. (2) Celui-ci fut ensuite imprimé dans le livre du Rav Duchman, Lechema Ozen.
Lettre n°421
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°421, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Kislev 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et s’acquitte
fidèlement de sa tache, le Rav Y.Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, votre lettre du 2 de ce mois. Vous trouverez ci-joint les reçus et je vous remercie chaleureusement, au nom du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, pour ces chèques.
Je voudrais bien faire paraître les Pisskeï Dinim(2), mais il se trouve que je n’y parviens pas. J’ai commencé à travailler sur de nombreux manuscrits, afin d’annoter le texte à partir duquel l’impression a été faite, qui donne la Hala’ha et les responsa du Tséma’h Tsédek. Tout cela requiert beaucoup d’effort et de temps.
Par ailleurs, j’ai également d’autres occupations, s’ajoutant, bien sûr, aux activités courantes. C’est pour cela que cette parution est retardée.
En tout état de cause, dans la mesure où cela dépend de moi, j’essaye de faire au plus vite et j’espère que le retard actuel sera pour le bien.
Ce dimanche, j’ai achevé les mémoires du Rabbi Chlita, en anglais, sur lesquelles j’ai travaillé pendant plus d’un an et demie. J’espère que ce livre paraîtra pour ‘Hanouka.
Hier, le Rabbi Chlita m’a dit qu’il pensait éditer, pour le 19 Kislev, un discours ‘hassidique intitulé Quiconque prend les créatures en pitié, avec la lettre qu’il vous a écrite au début du mois de ‘Hechvan. Bien évidemment, le nom du destinataire ne sera pas indiqué. Il en résultera également quelques jours de travail pour moi. Et, bien souvent, c’est ainsi que cela se passe.
Je conclus en vous souhaitant tout le bien, en vous remerciant et en espérant que vous donnerez de bonnes nouvelles.
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(3),
Notes
(1) Le Rav Yaakov Kats de Chicago. Voir les lettres n°174, 449, 459, 484, 493*, 720. (2) Le Rav Kats devait en financer la parution. (3) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°422
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°422, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Fête de la libération,
19 Kislev 5709,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav A.E.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je suis heureux de vous faire savoir que le fascicule édité, à l’occasion du 19 Kislev, à la mémoire de votre mère(2) vient de paraître. Il a été relié hier et les premiers exemplaires ont été apportés ici avant la réunion ‘hassidique(3).
J’en ai aussitôt transmis quelques uns à mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui en a été très satisfait et m’a dit: Je dois moi-même étudier ce texte. Je me suis alors souvenu, bien que cela ne soit pas tout à fait comparable, de ce qu’il m’avait raconté, il y a quelques temps.
Un ‘Hassid avait vu l’Admour Hazaken qui étudiait le Tanya. Il s’étonna: Vous étudiez le Tanya?. L’Admour Hazaken lui répondit alors: J’y trouve plus d’idées nouvelles qu’à Mézéritch(4). Le Rabbi(5) dit à ce propos: Comment s’étonner quand on sait qu’il possédait une âme nouvelle?(6).
Vous en trouverez ci-joint un exemplaire et vous voudrez bien me faire savoir combien je dois vous en envoyer, en plus de celui-ci.
Vous avez sans doute reçu ma lettre du 24 Mar’hechvan.
En vous souhaitant une bonne fête de la libération et en vous saluant,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Avraham Elyahou Axelrod. Voir la lettre n°412. (2) Voir la lettre n°412. (3) Tenue par le précédent Rabbi à l’occasion du 19 Kislev. (4) Où il se trouvait auprès de son maître, le Maguid. (5) Rachab. (6) Qui descendait dans ce monde pour la première fois et possédait donc une considérable élévation.
Lettre n°423
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°423, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Kislev 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre troisième lettre du 7 Kislev et, entre temps, la mienne, du 8 Kislev, vous est sûrement parvenue.
Vous continuerez sans doute à m’envoyer fréquemment vos notes(2). Pour vous en remercier et vous inviter à faire diligence, à l’avenir, vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 19 Kislev, qui vient de paraître. A n’en pas douter, vous en ferez profiter le plus grand nombre.
J’attends vos lettres et salue tous vos proches.
En vous souhaitant une bonne fête de la libération,
Rav Mena’hem Schneerson,
Je viens de recevoir votre lettre du 14 Kislev.
Notes
(1) Le Rav Chnéor Zalman Duchman. Voir la lettre n°414. (2) Parues dans son livre, Lechéma Ozen.
Lettre n°424
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°424, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Fête de la libération 5709,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
Le Rav H.H.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 29 Mar’Hechvan. Entre temps, vous avez dû recevoir la mienne, datée du 23 Mar’hechvan, à laquelle je vous demande de bien vouloir répondre, ainsi qu’à la présente.
A) A la date du décès d’un proche parent, on dit le Kaddich suivant Mizmor Chir Leyom Hachabbat(2) uniquement si l’anniversaire est le vendredi ou le Chabbat, mais non si c’est le Chabbat avant cette date. C’est ce qu’a dit mon beau-père, le Rabbi Chlita(3).
B) Vendredi prochain, partira d’ici, pour la Terre Sainte, une délégation de trois personnes représentant la comité d’aide de Chicago. Il y aura, parmi eux, le Rav Chlomo Palmer(4).
C) Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 19 Kislev, que vous mettrez à la disposition du plus grand nombre.
D) Les publications que vous nous avez commandées vous ont été adressées.
En saluant tous vos proches et en vous souhaitant une bonne fête de la libération,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav ‘Hano’h Hendel Havlin, de Jérusalem. Voir les lettres n°179, 416, 424, 455, 498, 512, 518. (2) Dans la prière du vendredi soir. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°416. Une même explication figure dans le Séfer Haminhagim ‘Habad. (4) Voir la lettre n°418.
Lettre n°425
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°425, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Fête de la libération 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.H.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sans doute reçu ma lettre du 22 Mar’hechvan et vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 19 Kislev, que vous mettrez à la disposition du plus grand nombre.
Nous avons reçu ici, du Rav Chnéor Zalman Taubel, quinze Shekels pour le Maamad(2).
Vous consulterez la fin du discours ‘hassidique figurant dans ce fascicule, qui souligne l’importance d’inviter les autres à donner de la Tsédaka. Et j’ai déjà écrit à quelqu’un, à quel point il est regrettable qu’il soit nécessaire d’encourager la participation au Maamad, qui en est la forme la plus élevée, comme on le sait.
Vous saluerez tous vos proches. En vous souhaitant une bonne fête de la libération,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chlomo ‘Haïm Kasselman. Voir les lettres n°355, 373, 445, 465, 471, 478, 548, 574, 598, 614, 624, 637, 694, 753. (2) Voir la lettre n°375.
Lettre n°426
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°426, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Fête de la libération,
19 Kislev 5709,
Au distingué ‘Hassid, érudit qui craint Dieu,
le Rav C.Posner(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai consulté ici, le Michnat Binyamin, ouvrage du Rav Zilberberg, qui réside dans votre ville. Plusieurs points qui y sont traités figurent dans le Tséma’h Tsédek, qui aurait donc dû être cité.
Il semble que ces livres soient régulièrement réédités et il est donc possible de réparer cela.
Je ne souhaite pas lui écrire directement, car je ne le connais pas personnellement et ne sais pas ce qu’est son discours. Je vous écris donc à vous(2), en répondant à votre question. Je m’en remets à vous pour que le message lui parvienne, de la manière qui convient le mieux.
Bien évidemment, si vous pensez que, du fait des conditions de l’endroit, il n’est pas souhaitable que cette réponse soit portée à sa connaissance, vous pourrez me restituer la lettre ci-jointe.
Je vous joins le fascicule édité à l’occasion du 19 Kislev, qui vient de paraître. A n’en pas douter, vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre.
En vous souhaitant une bonne fête de la libération et en saluant toute la communauté,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chalom Posner. Voir les lettres n°30, 40, 386, 427, 499, 579. (2) Il s’agit de la lettre suivante.
Lettre n°427
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°427, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Fête de la libération 5709,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu et se consacre aux
besoins communautaires, le Rav C.Posner(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je ne possède pas les livres du Rav A.B. Zilberberg, qui est de votre ville et ceux-ci ne se trouvent pas non plus dans la bibliothèque du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. J’ai pu uniquement consulter rapidement les responsa Michnat Binyamin.
En feuilletant ce livre, j’ai été très satisfait qu’en la période actuelle et dans ce pays, ait pu être imprimé un ouvrage qui prend en compte les pratiques de nos pères, ne cherche pas systématiquement à multiplier les permissions, allant pour cela à l’encontre de la logique élémentaire et écartant la loi de la Vérité la plus rigoureuse.
En effet, l’expression qu’employa mon beau-père, le Rabbi Chlita dans son introduction au Kountrass Ets ‘Haïm, à propos d’un autre pays pourrait bien s’appliquer à celui-ci: Des jeunes gens présentés comme des érudits et des génies, alors qu’ils se rasent la barbe et se coupent les Péot, discutent les passages talmudiques les plus profonds, bâtissent des édifices entiers pour supprimer la Mitsva, la dénuder, en faire un corps sans âme et ils rejettent les raisonnements des Sages, annulant les interdits qu’ils ont prononcés.
Du reste, j’ai été surpris que l’auteur modifie son attitude, au paragraphe 76, en ne condamnant que faiblement l’usage d’un microphone, à Roch Hachana, dans la synagogue. Il supplie de ne pas l’utiliser et renvoie simplement au Pardès. Or, selon certains, il y a là une véritable interdiction. De plus, malgré toutes les précautions que l’on peut prendre en plaçant un microphone, certaines d’entre elles étant, semble-t-il, citées dans le Pardès de 5705, une telle pratique est faite aux yeux de ceux qui ne possèdent aucune connaissance et peuvent donc penser que ce qui est permis pendant un jour de fête l’est aussi pour le Chabbat.
Le sage se doit donc d’être prévoyant. Il ne peut ouvrir la voie vers ce qui peut conduire à transgresser un Interdit de la Torah. Même si une étude approfondie ne permet pas de prononcer une interdiction tranchée(2), il n’y a pas lieu, pour autant, de faire imprimer ce texte, prêtant à penser que ceux qui adoptent d’ordinaire la position la plus rigoureuse sont également conciliant, en la matière. C’est à ce propos qu’il est dit: Si un mot vaut une pièce, le silence en vaut deux.
Par ailleurs, j’ai été très étonné, en lisant ce livre, de constater que les propos des Sages les plus récents y sont cités, alors que l’auteur se garde de parler de l’Admour Hazaken, du Tséma’h Tsédek et de leur responsa.
A ce propos, vous consulterez le Ramah, sur le Ora’h ‘Haïm et le Netivot, sur ‘Hochen Michpat, au chapitre 28, qui soulignent la grande valeur des ouvrages qui se sont répandus dans tout le peuple juif. Et celui qui fait une erreur sur les commentaires du Choul’han Arou’h est considéré comme s’il s’était trompé sur la Michna elle-même. C’est ce qu’indique l’Admour Hazaken en personne, au début du second chapitre des lois de l’étude de la Torah.
J’ai voulu, dans un premier temps, accorder les circonstances atténuantes à l’auteur, considérer qu’il n’avait pas vu ces livres ou n’en avait pas connaissance, comme le dit le Chneï Lou’hot Haberit, à la fin de la Parchat Balak, commentant le verset j’ai commis une faute parce que je ne savais pas. Or, j’ai vu qu’il cite le Sdeï ‘Hémed, dans lequel est mentionné, à différentes références, l’avis de l’Admour Hazaken et du Tséma’h Tsédek.
Je mentionnerai ici quelques références du Michnat Binyamin, sans prétendre à l’exhaustivité, de sujets traités profondément par le Tséma’h Tsédek, ceux qu’il évoque de manière accessoire étant trop nombreux.
Pour le premier chapitre des responsa Michnat Binyamin, vous consulterez le Tséma’h Tsédek, Chaar Hamilouïm, début du chapitre 12.
A ce propos, ces responsa disent que l’on peut consommer des sacrifices en position assise et citent, comme référence, les Tossafot, au traité Yoma 25a. Or, les Tossafot émettent deux avis, à ce propos et celui qui permet de le faire le présente même comme une obligation. Si l’on poursuit le raisonnement de ces responsa, on doit dire que la bénédiction des Cohanim est récitée en étant assis, ce qui n’a pas de sens.
Le Rambam dit que l’on ne s’assoit pas dans l’esplanade du Temple et, selon lui, cela s’applique également aux Cohanim(...). Le Tséma’h Tsédek dit aussi que les Cohanim consomment les sacrifices en restant debout.
Pour le chapitre 18 de ces responsa, vous consulterez les Likoutim, à la fin des Pisskeï Dinim du Tséma’h Tsédek, de même que le Divreï Né’hémya et le Chéérit Yehouda.
Pour le chapitre 25, vous consulterez les responsa du Tséma’h Tsédek sur Ora’h ‘Haïm, à la fin du chapitre 11, à propos de la protection accordée au sage qui est confronté à un danger.
Concernant le mariage d’une veuve ou d’une divorcée, vous consulterez le traité Pessa’him 112a, soulignant la qualité de la première par rapport à la seconde. Le Ari Zal, dans le Chaar Hapessoukim, exprime le même avis. De nombreux livres disent qu’au bout de douze mois(3), tout danger présenté par l’union avec une veuve est écarté. Bien plus, selon le Zohar ‘Haï, l’âme du défunt reçoit une élévation lorsque la veuve épouse un érudit. Rabbi Chalom Sharabi a écrit un livre, à ce propos, qui est déjà imprimé.
Il me semble, néanmoins, que cette pratique n’a pas été adoptée par les Achkenazim. Vous consulterez le Tséma’h Tsédek pour déterminer ce que doit faire, en la matière, un érudit de la Torah, de nos jours.
Le Michnat Binyamin, se basant sur le Chneï Lou’hot Haberit, dit que l’on ne doit pas épouser une veuve devant ensuite faire subir un déchaussement à son beau-frère. Or, il ne cite pas la référence du Chneï Lou’hot Haberit, afin que l’on puisse en consulter la raison. De fait, le Chaar Hapessoukim dit qu’il est préférable d’épouser cette femme, plutôt qu’une autre veuve.
Pour le chapitre 34, vous consulterez les responsa Tséma’h Tsédek, Chaar Hamilouïm, Ora’h ‘Haïm, au début et les Pisskeï Dinim, à la même référence.
L’auteur dit que, dans la bénédiction après le repas(4), on dit: la joie se manifeste dans Sa demeure, ce que nous avons mangé Lui appartient et non et ce que nous avons mangé Lui appartient. Telle est effectivement la coutume de ‘Habad.
Il dit que l’on prononce Itgadél Veïtkadéch(5), en plaçant un Tseïreï sous les deux Dalet. Notre coutume, conformément à l’enseignement et à la pratique du Rabbi, est d’y mettre un Pata’h, Itgadal Veïtkadach. C’est également la version que retient le Yaabets, dans son Sidour. Tout cela est expliqué dans le fascicule édité à l’occasion du 2 Nissan 5708(6).
Je conclurai en vous souhaitant une bonne fête de la libération, du 19 Kislev 5559(7). C’est à cette date que les sources de ton enseignement(8) commencèrent à se répandre. Puis, elles eurent une diffusion de plus en plus large, comme le souligne Igueret Hakodech, au chapitre 14.
Et c’est véritablement de nos jours que s’accomplira la promesse faite par notre juste Machia’h au Baal Chem Tov. Il viendra, de manière effective et nous conduira vers la délivrance, au sens le plus littéral, qui sera la délivrance véritable et complète.
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chalom Posner. Voir la lettre précédente. (2) Du microphone. (3) De deuil. (4) Prononcée en présence des jeunes mariés. (5) Dans le Kaddich. (6) Date de l’anniversaire du décès du Rabbi Rachab. (7) 1799, date à laquelle l’Admour Hazaken fut libéré des prisons tsaristes. (8) Celui du Baal Chem Tov.
Lettre n°428
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°428, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Kislev, fête de la
libération 5709,
A mon parent, l’érudit ‘Hassid qui craint Dieu,
le docteur A. Hilman(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 3 Mar’hechvan, puis les numéros 20 et 21 de la revue Beth Haknesset.
Vous me demandez mon avis sur votre article intitulé les oisifs(2); selon sa conclusion, vous proposez de modifier la prière de Rabbi Ne’hounya Ben Hakana(3), énoncée au traité Bera’hot 28b, pour parler de ceux qui se trouvent dans les cirques(4) et les théâtres.
Vous vous basez sur le Yerouchalmi Bera’hot 4, 2, qui donne la version suivante de cette prière: Tu as permis que je ne me trouve pas dans les théâtres et dans les cirques. La même formule figure dans le Sidour de Rome, page 297 et le Ma’hzor de Roumanie, page 255, de même que dans le Sidour avec le commentaire Olat Rya, du Rav Kook, page 343.
Vous me pardonnerez de penser qu’il n’y a là qu’une belle image. Aucune modification de cette prière n’est nécessaire, pour différentes raisons:
A) Rachi, au traité Bera’hot et plusieurs Sages des premières générations parlent des oisifs et expliquent le sens de cette expression.
B) Si l’on évoque les cirques et les théâtres, il faudrait dire ceux qui se rendent et non ceux qui se trouvent, comme on le fait aux références indiquées par le Arou’h Hachalem. A ce propos, on peut s’interroger sur le traité Avoda Zara 18b qui emploie l’un et l’autre dans le même contexte.
C) Il s’agit là d’une prière, vraisemblablement quotidienne, d’un des premiers Sages de la Michna, qui vécut particulièrement vieux, selon le traité Meguila 28a. S’il parlait d’abord de cirques, puis de théâtres, cette même formule aurait sans doute été retenue par plusieurs autres textes.
Or, dans deux ou trois références du Talmud et du Midrach(5), on parle de théâtres d’abord, de cirques, ensuite. Il en est de même pour le Yerouchalmi, sur lequel vous vous appuyez.
D) Cette formule serait ici en abrégé, procédé auquel on recourt pour des termes courants, ce qui n’est pas le cas, en l’occurrence. En effet, ces mots sont issus d’une langue étrangère(6) et n’apparaissent que quelques fois dans la Loi Orale. Bien plus, dans ce traité, ils ne sont pas employés autrement que cette fois-là.
Or, on sait qu’à l’époque des copistes, chaque livre était considéré de manière indépendante, tant la copie et la relecture étaient pénibles et coûteuses.
E) Il est difficile, selon le Yerouchalmi, de dire ils font des efforts(7) à propos de ceux qui se rendent dans les cirques et les théâtres. On peut plus aisément dire ils iront en enfer(7) des oisifs, en tenant compte de la condamnation, par nos Sages, de ceux qui falsifient les instruments de mesure.
Ainsi, Rachi, commentant le verset Vaykra 19, 35, citent les paroles de nos Sages, selon lesquelles l’usage de poids falsifiés souille la terre, constitue un blasphème, repousse la Présence de Dieu, fait tomber les Juifs par l’épée et les envoie en exil.
Par ailleurs, j’ai trouvé, à la page 202 de cette brochure, un bref article sur l’Admour Hazaken, dans lequel quelques éléments doivent être rectifiés.
L’Admour Hazaken fut emprisonné, pour la première fois, au lendemain de Soukkot 5559(8) et libéré le 19 Kislev de la même année. Le second emprisonnement se passa en 5561(9). Le Tanya fut édité, pour la première fois, en 5557(10). Igueret Hakodech fut imprimé seulement après que l’Admour Hazaken ait quitté ce monde.
Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 19 Kislev 5709.
Je salue tous les membres de votre famille et vous souhaite une bonne fête de la libération,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Docteur Acher Hilman. Voir la lettre n°244. (2) Textuellement ceux qui se trouvent dans les coins de la rue. (3) Qui dit: Tu as permis que je ne sois pas un oisif. (4) Assistant aux combats de gladiateurs. (5) Le Rabbi note, en bas de page: A la réflexion, je me suis dit que l’on parle de cirques et de théâtres seulement une fois dans le Talmud et le Midrach, précisément dans Kohélet Rabba 2, 2. Or, il est pratiquement certain qu’une erreur s’est glissée ici. On peut l’établir à partir de trois preuves, le Midrach Tan’houma, au début de la Parchat A’hareï, le Yalkout Chimeoni Kohélet et le Kohélet Zouta. Dans tous ces textes, il est question de théâtres, d’abord et de cirques, ensuite. Il ne m’appartient pas d’expliquer la version retenue par le Sidour et le Ma’hzor, précédemment cités. (6) Le Grec. (7) C’est la suite de cette prière: Nous faisons des efforts et ils font des efforts, nous serons récompensés et ils ne le seront pas, nous recevrons le monde futur et ils iront en enfer. (8) 1799. (9) 1801. (10) 1797.
Lettre n°429
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°429, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Troisième jour de ‘Hanouka 5709,
Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav I.Horovits(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre en son temps et, il y a peu, je vous ai adressé les résumés et commentaires sur le Tanya(2), comme vous l’avez demandé.
De même, vous trouverez ci-joint la fascicule qui vient de paraître, à l’occasion du 19 Kislev.
Je voudrais répondre aux questions que vous m’avez posées, il y a quelques temps. La ‘Hassidout parle bien du huitième des treize Attributs de Miséricorde divine, Venotser, Il garde le bienfait, anagramme de Tsinor, le conduit et Ratson, la volonté.
En effet, 1. il est écrit Notser, sans Vav, 2. le verset Chemot 34, 7 dit Notser et non Venotser(3).
Notes
(1) Le Rav Ichaya Horovits. Voir les lettres n°163, 522, 534, 538, 547, 576, 585, 602. (2) Du Tséma’h Tsédek, venant de paraître. (3) La fin de cette lettre est la même que celle de la lettre n°222. Voir également les lettres n°219 et 408.
Lettre n°430
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°430, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Cinquième lumière de
‘Hanouka 5709,
Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre en son temps et je vous joins le fascicule édité à l’occasion du 19 Kislev, qui vient de paraître.
Vous m’avez interrogé sur le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, Ora’h ‘Haïm, chapitre 308, paragraphe 83: Il est interdit de jouer à la balle pendant le Chabbat et les fêtes. Certains permettent de la transporter et de jouer dans le domaine public. Vous êtes surpris de cette affirmation et vous considérez que, pour éviter les confusions, il aurait fallu dire que ceci concerne uniquement les fêtes, mais non le Chabbat.
De fait, d’autres difficultés sont soulevées ici:
1. Pourquoi ne pas dire même dans le domaine public, selon la formulation la plus courante? Le Ramah dit bien: Il est permis de jouer à la balle, même dans le domaine public et, à la même référence: Une femme peut allaiter son enfant, même dans le domaine public.
2. Il s’agit ici des lois du Chabbat et non de la fête. Pourquoi ne pas mentionner seulement le Chabbat, sans parler de la fête, considérant que l’on pourrait déduire l’un de l’autre, alors que le contraire n’est pas vrai.
A mon humble avis, il est clair qu’il y a ici une faute d’imprimerie. Je me suis dit qu’il y a peut-être un mot qui manque. Ainsi, on dirait: de jouer, pendant la fête, dans le domaine public, reprenant, de la sorte, la formulation des Tossafot, référence qui est indiquée en marge.
Pour autant, on n’a pas encore répondu aux deux questions posées. Et une première édition du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, emploie comme abréviation, pour désigner Rechout Harabim, le domaine public, non pas les lettres Reïch, Hé, Reïch, comme dans l’édition courante, mais seulement Reïch Hé.
Il me semble donc qu’il y avait, dans le manuscrit, les lettres Reïch, Hé, Youd, signifiant Rechout Haya’hid, domaine privé(2). Puis, le copiste, par erreur, indiqua seulement un Reïch et un Hé qui, par la suite, furent interprétés comme désignant Rechout Harabim, le domaine public. Alors, on ajouta un second Reïch. Puis, dans l’édition de Vilna et les suivantes, cette erreur fut aggravée lorsque le mot abrégé fut indiqué en toutes lettres, Rechout Harabim.
J’ai vu un avis(3) qui proposait la correction suivante du Choul’han Arou’h, chapitre 308, paragraphe 83: de jouer, pendant Chabbat, dans le domaine privé et, durant la fête, dans le domaine public, mais je ne le partage pas. En effet,
rien n’oblige à dire qu’à la différence de ce que l’on rencontre d’ordinaire, plusieurs mots ont été omis ici. Dans l’explication précédemment donnée, en revanche, seul un Youd l’a été, c'est-à-dire uniquement un point.
*
*
*
Puisque nous parlons d’erreurs d’imprimerie dans le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, j’évoquerai également une question qui m’a été posée sur la partie Yoré Déa, chapitre 33, paragraphe 2. L’Admour Hazaken dit que Hamraa est un gavage léger de l’animal, lui permettant de rendre la nourriture, alors que Halaata est un gavage profond, qui ne permet pas de rendre. Or, les commentateurs et le Chass Haarou’h, au traité Chabbat 155b adoptent la position inverse. Quelle est la source de cette position de l’Admour Hazaken?
En fait, je me suis dit qu’il n’y a nullement là une idée nouvelle de sa part, mais seulement une faute d’imprimerie de la part du copiste. Concrètement, l’Admour Hazaken pense également que Halaata est un gavage léger et Hamraa, un gavage profond. Il est trois moyens de le prouver:
Le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, lois du Chabbat, chapitre 324, paragraphe 6; le Tséma’h Tsédek, dans ses Pisskeï Dinim, à cette même référence, Yoré Déa, chapitre 33, seconde version, paragraphes 1 et 2; le Tséma’h Tsédek, à la même référence, second chapitre 33, première version, paragraphe 2.
Il est bien clair que, si le Tséma’h Tsédek avait adopté une position inverse de celle de l’Admour Hazaken, il ne l’aurait pas passé sous silence.
Je conclus en vous souhaitant tout le bien et en saluant tous vos proches,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Its’hak Doubov. Voir la lettre n°196. (2) Cette correction fut ultérieurement introduite dans le Choul’han Arou’h. (3) Le Rav Avraham ‘Haïm Naé, dans son Kountrass Hachoul’han.
Lettre n°431
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°431, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Tévet 5709,
Dernier jour de ‘Hanouka,
Au distingué et érudit ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav C.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos cinquième et sixième lettres. Vous avez sûrement déjà reçu le Kountrass Hé’haltsou. Par courrier séparé, vous a été adressé, la semaine dernière le discours ‘hassidique intitulé vous vous trouvez tous ensemble aujourd’hui, prononcé le 14 Iyar 5708(2).
Nous ne possédons pas les causeries du 19 et du 20 Kislev 5673(3) ni, de façon générale, celles du Rabbi(4), à l’exception des quelques unes qui sont imprimées dans le Torat Chalom. Je vous remercie de bien vouloir me les adresser.
J’attends la suite de vos notes et je conclus en reproduisant ce que j’ai écrit à quelqu’un(5), aujourd’hui, concernant la lecture de la Torah de ce jour.
Le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Nasso, explique que l’inauguration du Sanctuaire(6) eut lieu lorsque celui-ci reçut l’onction, puis également après cela. En effet, l’huile d’onction représente un stade intermédiaire entre la Lumière qui pénètre une créature et celle qui l’entoure.
On peut considérer qu’au sein même de la Torah, cette huile fait allusion à la ‘Hassidout ‘Habad, telle qu’elle se révéla après Pétersburg(7). Car, avant cette date, son enseignement brûlait(8). La causerie du 19 Kislev 5664(9), imprimée dans Torat Chalom à la page 42(10), établit un lien entre cette idée et ‘Hanouka, de même que le 19 Kislev.
En saluant tous les vôtres,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chnéor Zalman Duchman. Voir la lettre n°414. (2) Par le précédent Rabbi, à l’occasion de Pessa’h Chéni. (3) 1912, du Rabbi Rachab. (4) Du Rabbi Rachab. (5) Une même lettre a, en effet, été écrite au Rav Chalom Mendel Kalmenson. (6) Lecture de la Torah du dernier jour de ‘Hanouka. (7) Après la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes, lorsque la diffusion de la ‘Hassidout devint beaucoup plus large. (8) Le monde n’était pas encore apte à la recevoir. (9) 1903, du Rabbi Rachab. (10) A la page 39 de l’édition actuelle.
Lettre n°432
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°432, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Tévet 5709,
Au ‘Hassid érudit, qui craint Dieu,
le Rav I.N.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, qui n’était pas datée.
Mes nombreuses occupations, en particulier la préparation, pour l’impression du Tséma’h Tsédek sur Chemot, sur le modèle du Or Hatorah Béréchit, mais avec quelques notes et références, ne me permettent pas de répondre ici à toutes vos questions, d’autant que je ne souhaite pas retarder l’envoi de la lettre, que vous trouverez ci-jointe, pour le Rav Y.Gordon(2).
Je ne répondrai donc qu’à certaines de ces questions. Par la suite, au fur et à mesure, je traiterai, à mon humble avis, des autres questions:
A) La divine Providence: Dieu, par Sa connaissance propre, perçoit tous les minéraux, végétaux, animaux et humains, de même que toutes les situations auxquelles ils sont confrontés. Mais, y a-t-il, en outre, selon l’enseignement du Baal Chem Tov, une finalité spécifique à chaque détail les constituant?
Réponse: Je vous ai déjà écrit, dans ma précédente lettre(3), qu’un discours ‘hassidique de 5696(4) permet d’établir que c’est effectivement le cas.
Il faut, en l’occurrence, distinguer quatre notions, création, providence, connaissance, finalité. Avant même la révélation de l’enseignement du Baal Chem Tov, on savait que Dieu crée et connaît le moindre détail des minéraux, végétaux, animaux et humains, de même que les situations auxquelles ils sont confrontés.
Le Baal Chem Tov révéla donc que la Providence porte également sur le détail, que le hasard n’existe pas, que chaque événement est voulu par Dieu. Une créature douée de discernement n’agit pas sans raison. Combien de fois plus doit-il en être ainsi pour Dieu Lui-même.
Je vous joins ce que j’avais répondu, il y a quelques temps(5) à des questions portant sur la divine Providence et sur les révélations du Baal Chem Tov, en la matière, par rapport à ses prédécesseurs. Au premier paragraphe et à la fin du cinquième, j’indique ce qui est, à mon humble avis, la position de la ‘Hassidout, en citant des références dans les écrits de nos maîtres. Le discours ‘hassidique auquel je faisais allusion auparavant y est également reproduit. Vous voudrez bien me restituer cette lettre, après en avoir pris connaissance.
B) Peut-on appeler plus de sept personnes à la lecture de la Torah, pendant le Chabbat, pour ne pas donner à quelqu’un l’impression d’être mis de côté?
Réponse: Tout dépend, en fait de la nature de cette personne, des conséquences que peut avoir pour elle le sentiment d’être écartée. En la matière, il appartient de juger en fonction de la situation particulière.
Comme vous le savez, la pratique s’est répandue d’ajouter des appelés à la Torah, le Chabbat. En Pologne, il me semble même qu’un dernier appelé(6) est tellement courant que l’on n’envisage même pas qu’il puisse en être autrement.
A l’opposé, nous faisons attention de ne pas augmenter le nombre des appelés à la Torah, y compris le Chabbat. Il semble que cet usage soit basé sur l’enseignement du Tséma’h Tsédek, dans ses responsa Ora’h ‘Haïm, au chapitre 35.
Une telle situation s’est présentée ici, lors d’un Chabbat précédant un mariage. Mon beau-père, le Rabbi Chlita, n’a pas accepté que l’on augmente le nombre des appelés. Il a demandé que l’on organise deux lectures de la Torah, dans deux endroits différents.
La valeur, l’importance et le plaisir d’être attaché au Rabbi, surtout lorsque l’on est séparé de lui par la distance, font que nous devons tous nous efforcer de mettre en pratique les enseignements des maîtres de la ‘Hassidout ‘Habad, leurs usages, leurs gestes, dans la mesure où il nous concerne, ce qui exclut, bien évidemment, les coutumes qui leur sont propres.
Vous voudrez bien m’excuser car je dois conclure, pour cette fois-ci.
Vous transmettrez mon salut à toute la communauté,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Israël Noa’h Bélinitski. Voir les lettres n°405 et 717. (2) Le Rav Yo’hanan Gordon, qui fut, par la suite, membre du secrétariat du Rabbi. (3) La lettre n°417. (4) 1936, du précédent Rabbi. (5) Il s’agit de la lettre n°94. (6) Après les sept nécessaires.
Lettre n°433
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°433, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Tévet 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos questions:
A) Question: Comment peut-on distinguer plusieurs phases de la Lumière qui précède le Tsimtsoum(2)? Le Ets ‘Haïm ne dit-il pas que cette Lumière est infinie et toujours identique?
Réponse: Cette Lumière est infinie dans sa liaison avec l’enchaînement des mondes, c'est-à-dire non seulement par rapport aux mondes proprement dits, mais aussi à leur organisation et aux relations de cause à effet qui existent entre eux, car le Tsimtsoum est à l’origine de tout ce processus. Pour autant, cette Lumière n’est pas réellement infinie.
Une telle conclusion s’impose, car Seule l’Essence de Dieu est, à proprement parler, infinie, car elle est Unique et rien d’autre n’est concevable. Or, à l’exception de cette Essence, tout est constitué d’au moins deux éléments, à savoir la créature et son Créateur. Il en est de même pour cette Lumière, qui émane bien d’un Luminaire, partie intégrante de l’Essence divine.
On peut définir de nombreux niveaux qui sont infinis par rapport à ce qui leur est inférieur et composés par rapport à ce qui leur est supérieur. Ainsi, les quatre éléments fondamentaux de la matière(3) sont infinis par rapport aux créatures et composés par rapport au potentiel théorique, comme le disent le Rambam et le Ramban. L’âme qui s’introduit dans un corps est infinie par rapport à lui et composée par rapport à l’essence de cette âme, puisqu’elle compte cinq niveaux. On peut citer également d’autres exemples.
Plus généralement et plus profondément, tout ce qui concerne le Créateur relève de l’infini véritable. En effet, il n’est rien d’autre que Lui, sans aucune distinction qui puisse être faite entre le point le plus haut et le plus bas. Les révélations du Créateur, en revanche, sont composées, comme on l’a vu.
Ce qui vient d’être dit a une incidence sur le service de Dieu. L’effort véritable, celui du serviteur profondément soumis, possède le caractère de ce qui est infini. A ce stade, aucune distinction ne peut être faite entre la Mitsva et ce qui la prépare, les dispositions de nos Sages. Car, Seul existe le Maître, à l’origine de toutes ces Injonctions.
Certes, il est dit que l’on doit adopter une position rigoriste, s’il s’agit d’une Mitsva de la Torah, mais ne pas le faire, pour une Injonction de nos Sages. D’autres distinctions sont également faites. Mais, cela ne signifie pas pour autant que l’on introduise des distinctions entre les Mitsvot. En fait, la Présence du Maître, qui apparaît à l’évidence pendant la lecture du Chema Israël, demande que l’on adopte une telle attitude.
On peut retrouver l’équivalent de cette idée dans la partie révélée de la Torah. Ainsi, le Rambam considère que toutes les Mitsvot, y compris celles des Sages, trouvent leur origine dans la Torah. Néanmoins, une telle distinction est bien définie par les Sages eux-mêmes, c'est-à-dire par la Torah, selon son propre raisonnement.
A l’exception de ce qui vient d’être dit, chaque forme du service de Dieu est composée, de sorte qu’elle a, au moins, deux aspects, celui qui accomplit la Mitsva et la Mitsva proprement dite. Je pourrais développer tout cela si vous m’indiquez qu’un des points que je viens d’introduire vous pose problème.
Remarque: Je n’expliquerai pas ici ce qui semble difficile à comprendre, c'est-à-dire les distinctions qui peuvent être faite avant le Tsimtsoum, alors qu’existent uniquement Lui et Son Nom.
B) Question: Un discours ‘hassidique de 5666(4), intitulé la branche de palmier et le saule, distingue la lumière de l’intellect, de l’intellect proprement dit. Comment faut-il comprendre cette différence?
Réponse: On peut définir différentes phases du raisonnement. Nous les présenterons rapidement, au moyen d’une image approximative. Il est dit que celui qui reconnaît devoir une partie de la dette qui lui est réclamée doit jurer qu’il ne doit pas le reste. Il est dit aussi qu’un homme ne peut pas faire marque d’effronterie devant celui qui lui est venu en aide(5) et il y a effectivement là un stade plus élaboré du raisonnement. Au dessus de cela, on trouve la compréhension qui est toute en finesse. A un stade plus élevé, il y a aussi l’intellect proprement dit ou, plus exactement, l’observation, faite par les forces morales de l’homme.
Pour chacun de ces stades, plus on s’élève et plus l’on s’éloigne de la formalisation, des mots, plus l’on remonte vers la cause première et la lumière. Au stade le plus haut, les mots de la pensée n’ont plus aucun sens.
Dans chaque raisonnement, on peut retrouver ces différentes étapes. Vous consulterez aussi le chapitre 20 du Tanya, les paragraphes 5 et 22 du Kountrass Hé’haltsou et d’autres textes.
Dans chaque discours ‘hassidique, on peut donc distinguer, en fonction du contexte, la lumière de l’intellect et l’intellect proprement dit.
Dans le discours ‘hassidique que vous citez, il est question de ‘Ho’hma, la force de découverte intellectuelle, au stade de laquelle n’existent pas encore les mots constituant les pensées. Cette distinction doit donc être faite entre la première orientation du concept et le début de sa formalisation, deux stades qui, l’un et l’autre, sont encore trop élevés pour être composés de mots.
Vous ferez sans doute tout ce qui est en votre possible, concernant ce que je vous joins à propos de la répartition des différents traités du Talmud.
Je conclus en vous souhaitant tout le bien,
M. Schneerson,
Le caractère infini est effectivement celui de l’Essence de Dieu, selon le Torat Chalom, à la page 198(6).
Notes
(1) Le Rav Yossef Goldstein. Voir également la lettre n°466. (2) La contraction de cette Lumière qui est à l’origine du processus créatif. (3) Le feu, le vent, l’eau et la terre. (4) 1906, du Rabbi Rachab. (5) Il ne peut donc pas nier globalement le prêt qui lui a été consenti et, s’il le fait, c’est que celui-ci n’a jamais existé. (6) Du Rabbi Rachab, à la page 190 de l’édition actuelle.
Lettre n°434
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°434, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Tévet 5709,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav C.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos septième et huitième lettres. Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 24 Tévet, une lettre(2) de mon beau-père, le Rabbi Chlita et une autre du Ma’hané Israël. Vous ferez porter vos efforts sur leur contenu, qui n’est nullement réservé aux ‘Hassidim.
Par colis séparé, nous venons de vous adresser, comme vous l’avez demandé, les mémoires(3), la causerie de Pessa’h 5703(4), le second recueil de lettres(3), le discours pour les femmes(3). Vous me confirmerez les avoir reçus et les mettrez sans doute à la disposition du plus grand nombre.
Bien évidemment, mon beau-père, le Rabbi Chlita, sait que vous nous envoyez vos souvenirs et voila ce qu’il a dit, à ce sujet: C’est une très bonne chose. De temps à autre, je lui rapporte l’un de vos récits et il en conçoit, à chaque fois, du plaisir.
Je vous salue et attends de recevoir la suite de vos notes,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chnéor Zalman Duchman. Voir la lettre n°414. (2) Sur la nécessité de répartir, dans chaque communauté, les différents traités du Talmud. (3) Du précédent Rabbi. (4) 1943, du précédent Rabbi.
Lettre n°435
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°435, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Tévet 5709,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav D.(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) Vous avez sans doute reçu, en leur temps, mes lettres du 19 Kislev et du 11 Tévet. Je suis surpris que vous n’y ayez pas encore répondu.
B) Nous avons reçu, ces jours-ci, 620 tomes 4 du Sifrénou, 616 Séfer Hasi’hot, 604 Chaareï Ora, 450 tomes 1 du Sifrénou et 100 Tanya. Comment se fait-il qu’aucun Atéret Roch et Chaar Haémouna Vehay’houd ne nous soient parvenus?
Je réitère encore une fois ma demande. Faites-moi savoir immédiatement ce que vous envoyez, avant même que les livres nous parviennent. Dans la mesure du possible, adressez-nous maintenant ce que nous n’avons pas encore reçu, en particulier le Likouteï Torah, le Torah Or et ce que je mentionnais auparavant.
C) Jeudi dernier, nous avons enfin reçu, par la poste, un Likouteï Torah, envoyé par le Rav Shapiro. Il nous est parvenu sans difficultés(2) et nul n’a posé de question, à son propos.
Il serait très judicieux que vous adressiez ce que j’ai cité, de même que les autres livres, le Likouteï Torah, le Torah Or, à mon beau-père, le Rabbi Chlita, au Rav Hadakov, à monsieur Mindel(3), à moi-même, au Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, à Ma’hané Israël et aux éditions Kehot. Bien évidemment, vous nous ferez savoir qui sont les destinataires de ces envois.
D) Je vous demande encore une fois d’activer l’impression des Pisskeï Dinim et de conclure celle du Choul’han Arou’h. Il semble qu’il soit désormais obligatoire d’inscrire, sur le côté de la première page, la mention: Imprimé en Allemagne.
E) Dans mon introduction au Likouteï Torah, il faut ajouter, à la liste des éditions de ce livre, celle de Vilna, en 5645(4). De plus, la date de cette édition est 5664(5).
Le plus simple est de faire confectionner un tampon, portant le texte suivant: Quelques mots ont été omis au début de la sixième ligne: Vilna 5645. Quelques mots ont été omis à la fin de la septième ligne: en 5664.
Vous marquerez chaque livre de ce tampon, à la fin de mon introduction.
F) Je vous joins les grandes lignes des causeries du 19 Kislev, à condition que vous en adressiez une copie au Rav Morde’haï Perlov. Je vous envoie également le fascicule édité à l’occasion du 24 Tévet, une lettre(6) de mon beau-père, le Rabbi Chlita et une du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. Vous me ferez savoir ce qui a été fait, dans ce domaine.
G) Si l’on a besoin du Hayom Yom et de la Haggada de Pessa’h commentée dans les camps de réfugiés et dans les endroits que vous visitez, vous pourrez les faire éditer et les vendre avec un bénéfice réduit, à condition que cela ne retarde pas la parution des autres livres. Ici, vous n’enverrez qu’une centaine de Hayom Yom.
J’adresse mon salut à tous vos proches et j’attends, au plus vite, votre courrier détaillé,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav David Bravman. Voir la lettre n°415. (2) Douanières. (3) Le Rav Nissan Mindel. (4) 1885. (5) 1904. (6) Sur la nécessité de répartir, dans chaque communauté, les différents traités du Talmud. Voir également la lettre précédente.
Lettre n°436
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°436, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Tévet 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav B.T.(1), émissaire du Rabbi,
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sûrement reçu ma lettre du 19 Kislev, avec le fascicule édité à l’occasion du 24 Tévet, qui y était joint, de même que la lettre(2) de mon beau-père, le Rabbi et celle de Ma’hané Israël.
Après vous être concerté avec ceux qui connaissent les conditions de l’endroit et du pays, peut-être serait-il bon de les publier dans la presse locale et sur les panneaux d’affichage des synagogues. Bien évidemment, cela ne doit pas contredire ce que vous faites pour collecter le Maamad(3).
Vous avez écrit, me semble-t-il, que le Rav Domb s’est engagé à agir pour le compte du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. A-t-on fait quelque chose, dans ce domaine?
Je transmets mon salut à vos proches et j’attends votre réponse aux questions posées dans mes précédentes lettres.
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Ben Tsion Chem Tov. Voir les lettres n°272, 446, 467, 509, 519, 631. (2) Sur la nécessité de répartir, dans chaque communauté, les différents traités du Talmud. Voir également les deux lettres précédentes. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°375 et 425.
Lettre n°437
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°437, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Tévet 5709,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav B.T.(1), le Cho’het,
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai bien reçu votre lettre du 3 Tévet et vous trouverez ci-joint la brochure éditée à l’occasion du 24 Tévet, une lettre(2) de mon beau-père, le Rabbi Chlita et une autre, de Ma’hané Israël, dont le contenu concerne chacun. Vous investirez donc vos efforts, dans ce domaine, afin de toucher le plus grand nombre.
B) Je verrai, après le Chabbat, ce qu’il convient de faire pour le reçu destiné à monsieur Hammer.
C) Vous ferez sans doute parvenir le Maamad(3) que vous avez pu collecter, comme vous le dites dans votre lettre, au Rav B.G.(4), qui nous en informera aussitôt.
D) Vous avez interrogé mon beau-père, le Rabbi Chlita, sur la différence entre la connaissance, celui qui connaît et ce qui est connu, mais vous ne précisez pas ce qui vous pose problème. Lorsque vous me le direz, je tâcherai d’y répondre, à mon humble avis.
Vous cherchez une définition de la connaissance. A mon humble avis, on peut la présenter comme le monde de l’intellect, c'est-à-dire, plus précisément, de l’intellect pur, qui n’a encore aucune formalisation précise et reste donc caché. Dans le monde, et jusqu’à son stade le plus bas, ne se révèle donc que sa synthèse, qui peut être appliquée concrètement.
Mais, l’on sait que la quintessence, sans se révéler est bien présente à chaque étape, y compris la toute dernière. Une image, citée par différents textes, permet de le comprendre, celle de l’huile, qui imbibe toute chose.
De même, une quintessence ne peut se lier qu’à une autre quintessence. Ainsi, on sait qu’au sein du processus de la création, les étapes étant la source des mondes qui les suivent sont toutes liées entre elles. De ce point de vue, une relation directe existe bien entre la connaissance et l’Essence de Dieu.
Je n’en dis pas plus car, comme je le soulignais, je n’ai pas compris quelle est votre question et ce qui vous pose problème. J’attends donc vos précisions.
Je transmets mon salut à tout votre comité,
Rav Mena’hem Schneerson,
Je me suis aperçu que vous vous interrogez sur ce qui est dit dans cette lettre(5). Je le préciserai donc brièvement. Si l’on classe ces notions par ordre décroissant, il faut citer d’abord la connaissance, puis celui qui connaît et enfin ce qui est connu. C’est ce que dit cette lettre. Selon le Pardès, que je citais dans mes annotations(6), ces trois notions correspondent au trois Sefirot de Kéter, ‘Ho’hma et Bina.
L’idée nouvelle introduite par le Tanya, au début du second chapitre(7) est la suivante: 1. Les Juifs possèdent une âme supplémentaire. 2. Celle-ci descend plus bas que la Sagesse de Dieu.
C’est pour cela que le Tanya cite d’abord la connaissance, qui est infinie et n’apporte que le début de la révélation. Puis, il introduit celui qui connaît, c'est-à-dire l’âme, ce qui est bien une idée nouvelle et le stade le plus bas de ce dévoilement.
Dans le chapitre 4, en revanche, c’est la Torah qui est présentée comme infinie. L’idée nouvelle est alors la supériorité de la Torah par rapport aux différentes parties de l’âme, puisqu’elle constitue, avec la connaissance, une seule et même entité. Celui qui connaît est alors cité en premier lieu, car c’est lui qui possède l’infini et constitue donc le début de l’unification. La connaissance, à l’opposé, est mentionnée la dernière, puisqu’elle est l’idée nouvelle et la fin de l’unification.
Ce qui vient d’être dit permet de comprendre également les chapitres 23 et 48 du Tanya.
Vous consulterez attentivement, le chapitre 42 et, dans la seconde partie, le chapitre 7 et la note du chapitre 9.
Notes
(1) Le Rav Betsalel Wilshanski. Voir également les lettres n°286, 289, 494, 497, 545. (2) Sur la nécessité de répartir, dans chaque communauté, les différents traités du Talmud. Voir également les trois lettres précédentes. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°375, 425 et 436. (4) Le Rav Binyamin Gorodetski, directeur du bureau européen d’aide aux réfugiés. (5) Celle que le précédent Rabbi a envoyée au Rav Wilshanski. (6) A la lettre du précédent Rabbi. (7) Qui introduit ces trois notions.
Lettre n°438
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°438, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Tévet 5709,
Au grand Rav, ‘Hassid érudit qui craint Dieu,
le Rav M.Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je viens de recevoir votre lettre du 13 Tévet et je vous adresse, par colis séparé, la séquence des discours ‘hassidiques intitulée Ma colombe de 5640(2). Vous trouverez ci-joint le fascicule édité pour le 24 Tévet, une lettre(3) de mon beau-père, le Rabbi Chlita et une autre de Ma’hané Israël, dont le contenu concerne chacun. Vous vous efforcerez donc de lui donner la diffusion qui convient.
Possédez-vous des fonds collectés pour le Maamad(4) ou pour le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h? Si c’est le cas, vous pourrez les transmettre au Rav D.Bravman(5) et lui demander de nous prévenir au plus vite.
Concernant la répartition du Talmud, je me suis demandé quelle définition il convenait d’en donner. Chaque participant est-il considéré comme s’il avait lui-même étudié l’ensemble du Talmud pendant l’année? Ou bien n’a-t-il appris que son propre traité tout en s’associant à l’étude des autres(6)?
Cette situation ne peut être comparée à un sacrifice public, qui implique la participation de tous. De même, comment définir, en pareil cas, une association? Chaque associé possède-t-il l’ensemble ou bien seulement une partie des différents éléments qui le composent?
Je proposerai une réponse rapide, n’ayant pas le temps d’approfondir cette question maintenant. On peut penser qu’en pareil cas, chacun est considéré comme s’il avait lui-même étudié la totalité du Talmud. On sait, en effet, que le côté du bien est plus fort que son pendant. Or, concernant les lois du Chabbat, le traité Chabbat 93b dit que deux personnes ayant, pendant ce jour,
effectué un travail, sont condamnables si chacune ne pouvait le réaliser seule. Une véritable transgression est alors commise à la fois par l’une et par l’autre(7).
Certes, un avis conteste une telle condamnation, mais l’on peut considérer que sa position est spécifique au Chabbat, puisqu’elle est déduite d’un verset, comme le dit la Guemara.
Et, la situation, en l’occurrence, est bien la même. Nul ne peut, à lui seul, étudier l’ensemble du Talmud. Celui qui exerce une activité professionnelle doit, par son travail subvenir à ses besoins, alors que celui qui a l’étude pour seule occupation a le devoir de s’approfondir, dans toute la mesure du possible, de déterminer la Hala’ha concrètement applicable, d’avoir connaissance de la partie profonde de la Torah.
Je conclus en saluant toute votre communauté,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Morde’haï Perlov. Voir les lettres n°303, 326, 463, 500. Des lettres identiques furent également envoyées à d’autres personnes. (2) 1880, du Rabbi Maharach. (3) Sur la nécessité de répartir, dans chaque communauté, les différents traités du Talmud. Voir également les quatre lettres précédentes. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°375, 425, 436 et 437. (5) Le Rav David Bravman, responsable des publications, en Europe, pour le compte des éditions Kehot. (6) Voir, à ce propos, les lettres n°444 et 463. (7) Le Rabbi note, en bas de page: Par la suite, je me suis aperçu que cette preuve est citée par les responsa Na’hala Leïsraël, du Rav Ye’hyel Mi’hel de Niznov, chapitre 10, paragraphe 16. Il ajoute que, dans d’autres domaines, sans relation avec le Sanctuaire, ces deux personnes ne seraient pas condamnables. Le Maharacha’h commente longuement cette idée. Dans les responsa du ‘Ha’ham Tsvi, citant le Rachba, il est dit, au contraire, que, dans les domaines qui ne sont pas liés au Sanctuaire, toutes deux sont condamnées même si chacune pouvait, à elle seule, effectuer la totalité de ce travail. Le Yad Chaoul, sur le Yoré Déa, discute cette position. Vous consulterez également le Maguen Avraham, le ‘Hochen Michpat et le Ma’hané Efraïm.
Étudiez les Iguerot Kodesh dans Koulam
Recherche dans les 8 945 lettres, lecture confortable, brakha du jour — gratuit, iOS & Android.
Télécharger Koulam