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Iguerot Kodesh — lettres 399 à 418

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°399

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°399, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Elloul 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav A.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint le fascicule que mon beau-père, le Rabbi Chlita, a demandé d’éditer à l’occasion du 18 Elloul. Il est certain et il ne fait pas de doute que vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre. Du reste, le mot Bevadaï, certain, est constitué des initiales du verset et David bénit l’Eternel, comme l’explique le Sidour du Ari Zal(2) et le doute, Safek, a la même valeur numérique que Amalek, qui doit être effacé.

J’évoquerai un point lié à la présente période. Le Rambam dit: Pourquoi Roch Hachana ne peut-il être un dimanche, un mercredi et un vendredi? Parce que certains jours furent adoptés pour cette fête et d’autres repoussés. Mais, il n’explique pas pourquoi est-ce précisément ces trois jours qui furent exclus, alors que le lundi, le mardi, le jeudi et le Chabbat furent conservés et le Rabad pose lui-même cette question.

Selon Rabbénou ‘Hananel, sur le traité Chabbat, Rabbi considère que l’impossibilité, pour ces trois jours, d’être Roch Hachana est un principe transmis à Moché, sur le mont Sinaï(3). Le Ramaz, en revanche, lui trouve une explication d’après l’enseignement ésotérique de la Torah.

En effet, le premier jour de Roch Hachana est celui du jugement sévère. Il ne peut donc être le dimanche, premier jour de la création, celui de l’Attribut de bonté, ni le mercredi, qui correspond à celui de l’éternité, également liée à la bonté. Or, deux jours exclus ne peuvent se suivre et il ne restait donc que le vendredi qui pouvait être repoussé.

Mais, il est plus satisfaisant d’expliquer que le vendredi est lié à l’Attribut du fondement, Yessod, qui adoucit la sévérité. C’est pour cela qu’il fut déclaré deux fois bon, lors de la création. Dieu le définit même, cette seconde fois, comme très bon et nos Sages expliquent: Il fait ainsi allusion au roi Machia’h, après que la sévérité ait été adoucie. Le second terme bon fut dit après la création de l’homme et c’est pour cela que le premier Roch Hachana, qui commença donc avant l’apparition de l’homme, put être un vendredi. Cette idée ne sera pas approfondie ici.

Nos Sages disent, au traité Pessa’him 54, que le mot bon ne fut pas dit, le second jour de la création, parce qu’alors fut créée la lumière de l’enfer. Ce terme fut donc réintroduit, le vendredi. Le Maharya ‘Haver dit, à ce propos: Le lundi représente le jugement sévère, contrebalancé par la bonté que révéla la circoncision(4). C’est pour cela que le mot bon fut réintroduit, le vendredi.

Ceci nous permettra de répondre à une autre question. Le Rambam avait sans doute une bonne raison pour repousser précisément ces trois jours, comme l’indique le Rabad. Dès lors, pourquoi ne l’énonça-t-il pas?

On peut le comprendre si l’on adopte l’explication qui vient d’être donnée. Le Séfer Hasi’hot de l’été 5700(5), citant le Baal Chem Tov, dit que le Rambam était versé dans la Kabballa. Vous consulterez le commentaire que je donne, à ce propos. Néanmoins, il ne souhaitait pas le révéler, même pas par allusion, à cause du danger qui en découlait, à son époque.

Avec ma bénédiction pour que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, avec tous vos disciples,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav A.Schvebel. Voir, sur le contenu de la présente lettre, la lettre n°298. (2) Voir, à ce propos, la lettre suivante. (3) Donc sans raison logique. (4) Liée à l’Attribut du fondement, qui se révèle le sixième jour. (5) 1940, du précédent Rabbi.

Lettre n°400

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°400, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Elloul 5708,

Au distingué ‘Hassid, érudit qui craint Dieu,

élève de la Yechiva, le Rav Y.Hitrik(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint le fascicule que mon beau-père, le Rabbi Chlita a demandé de publier pour le 18 Elloul. Il est certain que vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre. Du reste, le mot Bevadaï, certain, est constitué des initiales du verset et David bénit l’Eternel, comme l’explique le Sidour du Ari Zal(2). Par ailleurs, David correspond à l’Attribut de royauté et vous consulterez, à ce propos la Mitsva de nommer un roi, commentée par le Tséma’h Tsédek.

Ceux qui étudieront ce texte se rapprocheront du Dieu unique, Maître du monde. Vous vous consacrerez donc à cette diffusion et vous nous en donnerez de bonnes nouvelles, de manière concrète.

Ainsi s’accompliront les termes de mon beau-père, le Rabbi Chlita, dans le commentaire qu’il développa, cette année, le 18 Elloul: Il y a action concrète lorsque celle-ci peut être constatée de manière effective. C’est pour cela que l’action est si importante. Son influence se marque également dans les sphères célestes.

Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, de même que les membres de votre famille et vos élèves,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Yehouda ‘Hitrik. Voir la lettre n°316. Le Rabbi envoya une lettre identique au Rav Meïr ‘Haïm ‘Haïkin. (2) Voir la lettre précédente.

Lettre n°401

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°401, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Elloul 5708,

Au ‘Hassid qui craint Dieu ...

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’avez interrogé sur le discours ‘hassidique intitulé Ainsi parle l’Eternel de 5703(1), au paragraphe 4, selon lequel la Techouva répare le manque causé par la négligence d’une Mitsva. Cela veut-il dire que la Lumière de Dieu se dévoile alors, comme si la Mitsva avait effectivement été accomplie? En pareil cas, comment comprendre le début du premier chapitre d’Igueret Hatechouva, qui dit que cette lumière est perdue? Ou bien peut-être l’effet de la Techouva n’est-il pas rétroactif?

En fait, ce paragraphe 4 dit clairement que l’on dévoile la Lumière, non seulement pour l’avenir, mais aussi de manière rétroactive.

Quant à l’affirmation du premier chapitre d’Igueret Hatechouva, le Likouteï Torah précise qu’elle concerne uniquement une simple Techouva. La plus profonde, en revanche, celle qui émane du fond du coeur, remplace aussi la lumière qui a manqué.

Ceci peut être lié au traité Yoma 86a, selon lequel la Techouva inspirée par la crainte de Dieu n’est pas rétroactive, alors que celle qui est inspirée par l’amour fait disparaître la faute, comme si elle n’avait jamais été.

Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,

M. Schneerson,

Concernant la question que vous avez posée sur le discours intitulé Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre de 5702(2), vous avez sans doute déjà reçu ma réponse écrite(3).

Notes

(1) 1943, du précédent Rabbi. (2) 1942, du précédent Rabbi. (3) Il s’agit de la lettre n°393.

Lettre n°402

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°402, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Elloul 5708,

A notre cher et distingué ami, le ‘Hassid qui craint Dieu,

grand érudit, le Rav El’hanan Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Au seuil de la nouvelle année, qui s’approche, je voudrais vous exprimer nos voeux les plus chaleureux, au nom du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h et en mon nom propre, pour vous même, votre chère épouse et les membres de votre famille, afin que vous soyez inscrits et scellés dans le livre de la vie, de la bénédiction, de la paix, de l’opulence, de la meilleure manière possible, matériellement et spirituellement.

En plus des textes que je vous adresse, il vous arrive, par ailleurs, de prendre connaissance de mes explications. Je voudrais donc saisir la présente occasion et, comme à mon habitude, le faire avec des paroles de la Torah.

Le Rambam indique pour quelle raison un Cohen(2) ne reçoit aucune part de la Terre Sainte, à la différence des autres Juifs. En effet, l’Eternel est son héritage. Il se consacre aux préoccupations spirituelles, porte une responsabilité morale envers le peuple. C’est donc Dieu Qui subvient à Ses besoins.

La mission du Cohen est définie par le verset Ils enseigneront Tes Jugements à Yaakov. Elle consiste à diffuser la Torah et le Judaïsme au sein du peuple d’Israël. C’est donc ce que je vous souhaite pour la nouvelle année. Puisse Dieu faire que vous assumiez votre mission de Cohen, en particulier en prenant part à l’oeuvre de mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui est comparable au Grand Prêtre.

Par ailleurs, je voudrais vous exprimer notre profonde reconnaissance pour votre intérêt et votre contribution appréciables au Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. Je suis convaincu qu’à l’avenir, vous serez encore à nos côtés pour réaliser les multiples objectifs de cette institution, afin de mettre en pratique la Volonté de Dieu.

Avec mon salut et ma bénédiction,

Rav Mena’hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif,

Notes

(1) Par ailleurs appelé Alexandre Koven. Voir la lettre n°189. (2) Le destinataire de cette lettre en est un.

Lettre n°403

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°403, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch Hachana 5709,

A mon proche parent, érudit qui craint Dieu, le Rav H.,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu vos lettres en leur temps et vous me pardonnerez pour le retard avec lequel cette réponse vous parvient. Il est dû à mes nombreuses occupations, qui m’ont conduit à classer les réponses que je dois apporter selon leur degré d’urgence.

Vous m’interrogez sur les discours ‘hassidiques de 5702 et 5700(1), selon lesquels l’expression Koved Roch est expliqué par Rachi de la manière suivante: Soumission et humilité. Or, vous ne retrouvez pas ce terme d’humilité dans les propos de Rachi.

Une

même affirmation figure dans le Sidour Maharid, à propos de la Amida.

Le chapitre 10 d’Igueret Hatechouva et les notes du commentaire de Pirouch Hamilot, du Tséma’h Tsédek, citent effectivement Rachi sans mentionner le mot humilité.

A mon humble avis, ces discours ‘hassidiques précisent donc les termes de Rachi, en indiquant que la soumission doit conduire à l’humilité, alors que Rabbi Obadya de Bartenora interprète ce mot comme désignant la crainte. Du reste, les notes citées plus haut précisent que les deux explications sont exactes. Le discours ‘hassidique auquel vous faites référence permet de préciser la différence entre elles.

Car, selon une interprétation, on peut considérer que la soumission est plus restrictive, qu’elle a uniquement une dimension physique. Mais, elle peut aussi être prise au sens large et désigner à la fois la soumission du corps et l’humilité de l’esprit. Ainsi, le mot Ko’hav désigne les étoiles, en général, mais aussi une étoile particulière qui porte ce nom. Taharot est le nom d’un ordre de la Michna, mais aussi d’un traité particulier de cet ordre, comme le dit l’introduction du commentaire de la Michna.

Ces discours ‘hassidiques expliquent donc que Rachi emploie le terme de soumission en son sens le plus large, c'est-à-dire désignant également l’humilité. Certes, ces textes distinguent ensuite la soumission de l’humilité. Dès lors, comment établir que Rachi fait référence aux deux à la fois?

En fait, ces discours expliquent que les deux sentiments, éprouvés lors du Chema Israël, sont nécessaires pour se préparer à la prière(2), car il faut soumettre son corps à Dieu pour pouvoir déverser son âme devant Lui, par cette prière, ce que l’humilité permet de réaliser.

Le Likouteï Torah explique qu’une méditation pénétrée de soumission conduit à la fois à la soumission et à l’humilité. Il dit aussi qu’il faut courber et réduire la matérialité et la grossièreté du corps. Il développe encore d’autres explications similaires(3), sans citer le commentaire de Rachi.

Je conclurai en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, une année de paix et de délivrance.

Votre proche parent, qui vous salue,

Rav Mena’hem Schneerson,

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 18 Elloul, qui est paru il y a peu.

Notes

(1) 1942 et 1940, du précédent Rabbi. (2) Du lendemain matin. (3) Le Rabbi note, en bas de page: En particulier les explications du Maguid et de l’Admour Hazaken, qui figurent dans le Likouteï Torah Chir Hachirim.

Lettre n°404

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°404, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch Hachana 5709,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav Z.

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sans doute reçu ma lettre, accompagnée du fascicule qui a été édité à l’occasion du 18 Elloul. Vous voudrez bien me le confirmer.

En cette fin d’année, j’ai relu vos précédents courriers et j’ai retrouvé une question à laquelle je n’ai pas encore répondue. Vous voudrez bien m’excuser pour ce retard.

Voici la question. Rachi, commentant le verset Mi’ha 6, 9, dit: Celui qui lit, chaque jour, un verset dont la première et la dernière lettres sont les mêmes que celles de son nom sera sauvé de l’enfer. Vous m’interrogez sur la signification de ce commentaire.

Il fait allusion à l’usage, mentionné dans plusieurs Sidourim et qui est aussi une coutume ‘Habad, de lire chaque jour un tel verset. Néanmoins, nous le lisons à la fin du paragraphe Elokaï Netsor, qui est à la fin de la Amida, ce qui veut dire que nous le répétons plusieurs fois, chaque jour.

Pour l’heure, j’ai pu vérifier que cette pratique(1) est rapportée par le Ze’hira, le Sidour Avodat Israël de Ber, qui dit qu’elle concerne également les femmes, le Sidour Nehora Hachalem, mais non dans le Chneï Lou’hot Haberit et son résumé, ni dans le Yaabets, bien que certains citent ces références.

Concrètement, j’ai interrogé mon beau-père, le Rabbi Chlita. Il m’a dit que, étant élève, lorsqu’il apprenait à prier, son père, le Rabbi(2), lui a demandé d’intercaler, chaque jour et dans chaque prière, les versets correspondant à son nom.

Du reste, il me semble que certains se demandent si ce qui est imprimé entre parenthèses dans le commentaire de Rachi est de lui ou a été ajouté ultérieurement. En effet, cette pratique n’est pas mentionnée par les premiers Sages, ni par les élèves de Rachi.

J’ai vu que dans la Torah imprimée à Amsterdam en 5460(3), des explications de Rabbi Ovadya le prophète ont été introduites dans le commentaire de Rachi, comme le précise l’introduction de cet ouvrage. Mais, je n’en dispose pas et je ne peux donc pas le vérifier. Peut-être en est-il de même pour le commentaire de Rachi sur le livre de Mi’ha.

Je vous quitte en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, avec toute votre communauté,

M. Schneerson,

Ma lettre a été retardée jusqu’au lendemain de Roch Hachana et je vous joins donc le texte de trois discours ‘hassidiques. Vous voudrez bien me confirmer les avoir reçus. Ils sont destinés à toute votre communauté, comme nous en étions convenus.

Soyez définitivement inscrit pour une bonne année,

M. S.

Notes

(1) Le Rabbi note, en bas de page: J’ai vu que l’on cite, à propos de cet usage, la Idra Rabba, le Kaf Ha’haïm et le Michpat Tsédek, mais je ne dispose pas de ces livres. (2) Rachab. (3) 1700.

Lettre n°405

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°405, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Elloul 5708,

A Bélinitski(1),

Je fais réponse aux questions que vous m’avez posées.

1ère question: Y a-t-il contradiction entre l’unité de Dieu et l’existence des mondes? Peut-on établir une relation entre cette idée et le fait que le Temple avait un endroit précis alors que, parallèlement, il transcendait l’espace, puisque l’arche d’alliance n’y occupait aucune place.

Réponse: Deux notions préalables doivent être introduites:

A) L’arche d’alliance n’avait, certes, pas de dimensions, mais cela ne constitue nullement une explication. C’est uniquement une preuve, une illustration du fait que deux éléments extrêmes peuvent coexister.

B) Bien plus, l’absence de dimension de l’arche d’alliance, en l’occurrence, ne prouve rien, par rapport à votre question. En effet, on pourrait penser qu’existent l’espace, ce qui le dépasse, puis l’un et l’autre, de manière conjointe. En fait, on peut uniquement en tirer un raffermissement de sa foi, la preuve que, pour Dieu, rien n’est impossible, comme nous le montrerons.

En revanche, prétendre que les mondes existent, malgré l’unité de Dieu contrevient effectivement à la foi, si l’on ne précise pas que l’existence du monde n’est pas distincte de celle de Dieu, ce qu’à Dieu ne plaise ou si l’on affirme pas qu’il en est ainsi, même si l’on ne peut l’expliquer.

Après avoir précisé que les mondes émanent uniquement d’un reflet de la Lumière divine, résultat du Tsimtsoum(2), lequel n’a lui-même aucune existence propre, on peut comprendre qu’il n’y a nullement là deux éléments opposés. Il n’est donc plus nécessaire de dire que l’on a conjointement l’espace et ce qui le transcende.

Le fait que l’arche d’alliance n’occupait pas de place est cité, comme une preuve, par différents textes de la ‘Hassidout. De même, il est dit que Dieu montra toutes les générations à Adam, le premier homme et ceci établit également que le temps et ce qui le dépasse peuvent se rejoindre.

Pour revenir à votre question, on peut distinguer trois conceptions du Divin, la perception inférieure, la perception supérieure et ce qui transcende l’une et l’autre:

A) Si l’on mesure l’arche d’alliance, on lui trouvera une longueur de deux coudées et demie, avec précision. Ceci correspond à la vérité de la Torah, qui a demandé de la façonner à ces dimensions. On peut le vérifier par ses sens. Pour autant, tout en la mesurant, on aura conscience, sans toutefois pouvoir le vérifier que, si celle-ci était placée dans le Saint des Saints, ce dernier mesurerait bien dix coudées(3).

Cette image démontre qu’une existence est réelle, sans pour autant qu’il faille la prendre en compte. C’est la perception inférieure. Il est plusieurs manières d’en faire la preuve et il n’est donc nul besoin d’avoir recours à l’image de l’arche d’alliance, qui n’a aucune dimension.

B) Si l’on mesure le Saint des Saints, on trouvera, de chaque côté, dix coudées. Et l’on sait que, si l’on mesure, par la suite, l’arche d’alliance, celle-ci aura elle-même deux coudées et demie. Dès lors, on voit ce qui transcende l’espace tout en sachant que l’on se trouve dans l’espace.

On peut en conclure que l’espace n’existe pas réellement. C’est la perception supérieure, brièvement exposée par le second chapitre du Kountrass Ets ‘Haïm(4).

C) Si l’on prend en compte conjointement les deux dimensions, celle de l’arche sainte et celle du Saint des Saints, qui a dix coudées de côté, on prendra la mesure de ces deux valeurs avec autant de force pour l’une que pour l’autre.

Il n’en fut pas ainsi lorsque Dieu montra toutes les générations à Adam, car celui-ci n’en reçut qu’une image, une représentation, qu’une vision spirituelle. Il est clair que cette vision ne fut nullement comparable pour lui à ce qu’il voyait de ses yeux.

Il y a là une preuve évidente que rien n’est impossible pour Dieu, que l’on peut, en même temps, Le saisir et ne pas Le saisir, car aucune règle ne peut être édictée, en la matière, comme l’explique le sixième chapitre de l’introduction du Imreï Bina(5).

Ceci se passa précisément pour l’arche d’alliance et ne peut donc être comparé aux différentes générations que Dieu montra à Adam.

Voila comment il faut interpréter le fait que l’arche n’avait aucune dimension.

Il est inutile de préciser que la différence entre ces trois conceptions ne dépend pas de ce que l’on souhaite mesurer en premier lieu. En fait, il s’agit d’affirmer que tout dépend de la disposition d’esprit et du niveau de celui qui effectue la mesure, de son hypothèse de départ, de la nature de ses évidences et de ce qui peut encore le surprendre.

Dans certains textes de la ‘Hassidout, deux de ces conceptions sont exposées conjointement, sans que la différence entre elles ne soit précisée. C’est, par exemple, le cas des discours de Chabbat ‘Hol Hamoéd Soukkot et de Sim’hat Torah 5677(6). En effet, ces textes ne font pas une analyse détaillée et ne donnent qu’une présentation générale de ce sujet. Ceci permet de comprendre une affirmation, en apparence contradictoire, que l’on trouve, par ailleurs, sur la juxtaposition de la limite et de l’infini.

2ème question: Le Baal Chem Tov souligne que la divine Providence régit également une feuille morte ou un fétu de paille(7). En est-il ainsi seulement pour le règne végétal et non pour le minéral? Est-ce parce que plusieurs âmes sont emprisonnées dans le végétal, mais non dans le minéral?

Réponse: J’introduirai quelques notions préalables:

A) La réincarnation n’introduit aucune différence entre le végétal et le minéral. Des âmes s’introduisent également dans ce dernier, ce qu’à Dieu ne plaise, comme l’expliquent longuement le Chaar Haguilgoulim et le Chaar Hamitsvot(8).

D’autre part, l’intervention de la divine Providence dans le végétal ne peut être liée à la présence, dans celui-ci, de ces âmes. Il est bien clair que l’on n’introduit pas une âme dans chaque végétal.

B) Si l’on souhaite établir un lien entre l’action de la divine Providence dans le minéral, le végétal et l’animal, d’une part, la présence, effective ou potentielle, d’âmes dans ces éléments, c'est-à-dire leur relation avec le genre humain, d’autre part, la conception du Baal Chem Tov n’a plus rien de novateur. Les Sages des générations précédentes reconnaissaient, en effet, que la divine Providence pouvait régir un minéral, un végétal ou un animal, dès lors qu’il en découlait une incidence pour l’homme. C’est ce qu’explique, en particulier, le Chomer Emounim.

En fait, le Baal Chem Tov nous a révélé que chaque aspect particulier des minéraux, végétaux et animaux est bien régi par la divine Providence. L’Admour Hazaken cite, à ce propos, une preuve décisive, celle du héron chargé d’exécuter la sentence divine auprès du poisson, au fond de la mer. Au sens le plus littéral, nos Sages disent que le héron et le poisson sont bien jugés, l’un et l’autre.

Ce qui vient d’être dit est une partie d’un concept plus large, qui figure dans l’enseignement du Baal Chem Tov, selon lequel la Parole de Dieu(9) se trouve en permanence dans le minéral, le végétal, l’animal ou l’humain qu’elle vivifie. A chaque instant, cette Parole crée de nouveau l’objet, comme elle le fit pendant les six jours de la création. Rien n’est donc livré au hasard.

Aucun croyant ne prétendrait que le hasard est intervenu dans la création, même pour un seul détail concernant un minéral, un végétal ou un animal. Or, il en est de même à chaque instant où cette création se perpétue. En effet, le Baal Chem Tov enseigne que la création s’effectue de nouveau, à tout moment, à partir du néant absolu.

Plus profondément, la création et tous les événements constituant ses six millénaires figuraient dans la Pensée première de la création. A ce stade, ils sont tous réduits à un seul point. Ainsi, une modification d’un événement vécu à l’heure actuelle devrait avoir pour conséquence un changement de ce point et de cette pensée, si l’on peut ainsi s’exprimer.

Or, cette Pensée et cette Volonté sont le désir de Dieu, qui doit s’accomplir de la manière la plus précise. Chaque situation, même la plus insignifiante, ne concernant que le minéral, occupe donc bien sa place dans le plan de Dieu. Un discours ‘hassidique de 5696(10) explique tout cela.

Bien plus, les seules situations pour lesquelles il est parfois difficile d’établir si elles correspondent au désir de Dieu, sont celles qui concerne les hommes et, en particulier, le plus parfait et le plus protégé d’entre eux, c'est-à-dire le Juif. Lui seul est doté du libre arbitre et peut donc modifier les termes de la mission qui lui est confiée, dans le plan de Dieu.

Les autres créatures ne peuvent en faire de même. Elles doivent s’en tenir à la mission qui leur est dévolue, laquelle est strictement conforme au Dessein divin. Igueret Hakodech l’explique, au chapitre 25.

3ème question: L’image du plan(11), qui permet de comprendre les différents Attributs de l’émotion, illustre-t-elle également l’agencement des mondes, l’un par rapport à l’autre?

Réponse: Vous ne précisez pas ce que vous voulez déduire de cette comparaison. Chaque image décrit quelques aspects d’une idée. Souvent, ces aspects sont contradictoires, l’un correspondant à une qualité et l’autre, à un défaut. Vous auriez donc dû préciser à quel détail précis vous souhaitez appliquer l’image du plan, puis vérifier s’il s’applique aussi à l’agencement des mondes.

L’image du plan figure au début du Midrach Béréchit Rabba. Ce plan est, en l’occurrence, la Torah. Et le Midrach constate que l’architecte construit seulement s’il dispose de plans et de cartes. Il figure aussi dans le Zohar. Le Maguid Méréchit l’applique aux Attributs du sentiment, qui correspondent bien à la Torah, par rapport à l’Essence de Dieu. Pour autant, il ne précise pas le sens de cette image et ce qui la distingue des autres.

Le douzième chapitre de Chaar Hay’houd, par contre, mentionne l’image du plan avec trois autres allégories, pour décrire la trace laissée par le Tsimtsoum(2).

Le discours ‘hassidique de Chemini Atseret 5670(12) définit chacune de ces images. Il conclut que le plan présente l’intégralité des détails, ce qui est une qualité. Il évoque, en ce sens, celui qui délivre son enseignement de manière concise. Pour autant, le plan a une nature différente de ce qu’il décrit. Il n’est donc qu’une allusion, qu’une indication, ce qui constitue une limite.

Pour décrire la relation entre les mondes, on doit choisir le premier aspect du plan, mais non le second. En effet, le monde de Yetsira n’a pas une nature différente de celui de Brya. Et il en est donc de même pour le monde d’Atsilout, par rapport à celui de Brya, mais non pour la lumière qui éclaire chacun d’entre eux.

Un discours ‘hassidique de 5689(13) applique l’image du plan à la relation entre le monde caché et le monde révélé. Il précise, cependant, qu’ici-bas, un plan n’est qu’une représentation. Il n’en est pas de même, spirituellement. De même, le discours précédemment cité de Chemini Atséret indique que l’image du plan décrit plus spécifiquement le monde de Brya. Cela est vrai uniquement par rapport à la trace laissée par le Tsimtsoum(2), mais non par rapport au monde d’Atsilout.

Ce même discours dit que le plan, tout comme une image, est étranger à ce qu’il décrit. Mais, il ne précise pas la différence entre l’un et l’autre. On peut la définir de la manière suivante.

Le plan et l’image apportent, l’un et l’autre, une représentation fidèle. Néanmoins, une image véritable, par exemple celle qui est énoncée par la Torah est directement liée à ce qu’elle décrit. Ainsi, la royauté terrestre est une représentation fidèle de la royauté céleste, les dix forces de l’âme illustrent les dix Sefirot. En revanche, rien de commun n’existe entre le plan et ce qu’il décrit.

La relation entre un monde et l’autre est donc illustrée, de la manière la plus précise, par celle qui existe entre une idée et sa représentation, mais non par le plan.

4ème question: Pour montrer à quel point le Créateur transcende la créature, peut-on dire que le monde fut créé par deux lettres(14), alors qu’un ouvrage entier présentant la sagesse issue de ces deux lettres nous reste encore inaccessible?

Réponse: Là encore, vous n’avez pas suffisamment précisé votre question. De quelle manière la grandeur de Dieu sera-t-elle illustrée par cette image?

Les mondes constituent, à proprement parler, ces lettres, qui sont à l’origine de leur existence. La perception du Divin découle de l’observation de la création et de l’enchaînement des mondes. Le Ets ‘Haïm dit que Dieu créa le monde pour que l’on y reconnaisse Sa grandeur.

Cette perception peut être comparée à l’idée exprimée par les lettres qui servirent à créer le monde. A ce stade, la compréhension est possible et donc nécessaire.

La grandeur intrinsèque de Dieu, en revanche, est déjà décrite, de manière plus profonde, par le vingtième chapitre du Tanya, par référence à une seule parole, comparée à la force de s’exprimer ou même de comprendre.

Si la grandeur de Dieu consiste à bâtir des mondes, le Tanya donne, à ce propos, une image de ce qui transcende la parole tout en restant lié à elle. C’est la source de la source des mondes, dans la Volonté de Dieu. La ‘Hassidout, en particulier le Likouteï Torah, définit la grandeur de Dieu qui est décrite par ses deux lettres.

De fait, il est trois manières de percevoir la grandeur de Dieu:

A) Le Tanya décrit la soumission de la création et de la force qui la réalise par rapport à leur source première, comme on l’a dit. Il est nécessaire d’en avoir connaissance pour comprendre que l’unité de Dieu n’est nullement remise en cause par cette création.

B) Le Likouteï Torah explique que la création des mondes n’a rien de commun avec les autres caractères de la Divinité, pas même les lettres, y compris dans leur stade le plus inférieur. Il est dit, en effet, que la création des mondes n’est pas l’aspect le plus déterminant de la Divinité.

La même distance existe entre les mondes et la Torah qui est plus longue que la terre. C’est là que trouve l’image que vous avez citée.

C) La grandeur de Dieu est perçue également par rapport à l’essence de l’âme, non pas en tant que source de la parole ou encore de révélations plus hautes, qui ne peuvent s’exprimer par les mots, mais bien en prenant pour référence la quintessence de cette âme. Il en est de même là-haut.

Vous rattachez la majesté de Dieu par rapport à la Torah à la seconde catégorie. Mais, il s’agit là uniquement de l’aspect superficiel de la Torah. Sa dimension profonde, en revanche, est liée à l’aspect profond de la Divinité et ne peut donc pas faire l’objet d’une représentation sous forme de lettres, comme le comprend celui qui est familiarisé avec l’étude des discours ‘hassidiques.

On retrouve, dans la catégorie la plus inférieure, les trois manières de se soumettre à Dieu et de percevoir Sa grandeur. Ce sont la Lumière de Dieu Qui pénètre les mondes, celle qui les entoure et le stade de perception dans lequel tout ce qui est lié à la création devient négligeable. Tout cela ne sera pas développé ici.

Notes

(1) Le Rav Israël Noa’h Bélinitski, de Brunoy. (2) La contraction de la Lumière divine qui est à l’origine du processus créatif. (3) De sorte que l’arche n’y occuperait aucune place. (4) Du Rabbi Rachab. (5) De l’Admour Haémtsahi. (6) 1916, du Rabbi Rachab. (7) Voir, à ce propos, la lettre n°94. (8) Qui sont les écrits du Ari Zal. (9) Prononcée pendant les six jours de la création. (10) 1936, du précédent Rabbi. (11) Qui sera précisé plus loin. (12) 1910, du Rabbi Rachab. (13) 1929, du précédent Rabbi. (14) De Son Nom, qui compte quatre lettres.

Lettre n°406

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°406, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[8 Tichri 5709(1)]

A Stolman(1),

J’ai bien reçu votre lettre et je voudrais vous remercier, au nom du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h et en mon nom propre, pour l’estime et les considérations élogieuses que vous portez sur l’oeuvre de notre institution, dans votre courrier. Ceci nous aide et nous encourage.

Or, cet encouragement est, dernièrement, très nécessaire, alors que se multiplient les difficultés et les obstacles, nous empêchant de mettre notre programme en application, alors que ceux qui nous aident sont de moins en moins déterminés, de moins en moins nombreux.

Nos activités se développent d’un mois à l’autre, d’une semaine à l’autre, sans possibilité de les restreindre autrement que par des sacrifices, moraux et donc également physiques, de la part de ceux qui bénéficient de notre aide. Il n’est pas aisé d’endosser pareille responsabilité.

Je reprends la belle image qui figure dans votre lettre, celle d’une déflagration atomique et de l’immense quantité d’énergie libérée de cette manière.

Vous connaissez sans doute les problèmes auxquels les scientifiques ont été confrontés, dans ce domaine et qu’il fallait résoudre pour assurer la réussite de tout le processus:

1. La réaction en chaîne: Dans une situation positive, il fallait que les premiers atomes explosant sous l’effet de la bombe puissent, à leur tour, en faire exploser d’autres qui, à leur tour, auraient le même effet, de sorte que la quantité d’énergie dégagée soit de plus en plus importante.

2. Dans une situation négative, en revanche, il était nécessaire de découvrir le moyen de diminuer le nombre des atomes ayant explosé.

3. Les coûts énergétiques et financiers de l’explosion devaient être plus faible que la recette pouvant découler de l’énergie libérée de cette façon. En effet, les expériences et la recherche, en la matière, n’étaient pas purement théoriques. Elles devaient avoir une incidence sur la vie, la rendre plus pure et plus belle.

Il est bien évidemment inutile de vous décrire ce qui découle de cette image.

Je vous souhaite encore une fois, de même qu’à tous les membres de votre famille, d’être définitivement inscrits pour une bonne année, de disposer, l’an prochain, de moyens accrus et d’avoir la volonté de mobiliser toutes vos forces pour suivre la voie qui a été tracée pour tout Israël, depuis qu’il s’est tenu au pied du mont Sinaï, c'est-à-dire celle de la Torah et des Mitsvot, en particulier celles qui sont liées à une bonne éducation.

Et que s’accomplisse la bénédiction que vous a accordée mon beau-père, le Rabbi Chlita.

Notes

(1) L’original, en anglais, porte la date du 11 octobre 1948. (2) Monsieur Julius Stolman. Voir la lettre n°168.

Lettre n°407

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°407, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Tichri 5709,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav M.Zelivanski,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre question, concernant la Hala’ha concrètement applicable. Peut-on utiliser, pour faire des Tsitsit, des fils tissés par un Juif, dans l’intention d’en faire des Tsitsit, mais avec une machine(1)?

Les Sages des dernières générations s’opposent sur ce point. Nombreux sont ceux qui permettent l’usage de ces fils, mais vous n’ignorez pas l’avis du Divreï ‘Haïm, dans les responsa, Ora’h ‘Haïm, tome 2, chapitre 1 et d’autres Sages, qui l’interdisent.

J’ai demandé à mon beau-père, le Rabbi Chlita, quelle position il convenait d’adopter, en la matière. Il m’a indiqué que, durant la première guerre mondiale, entre 5675 et 5678(2), lorsque les réfugiés affluèrent en Russie, le Rabbi(3) délégua spécialement des émissaires à la fabrique de Guinsburg, où ils tissèrent des fils à la machine. Cette initiative doit être prise en compte.

Bien évidemment, la question qui se pose ici est uniquement de savoir si l’on peut considérer que ces fils ont été tissés pour les Tsitsit(4), mais il est bien clair que l’on doit vérifier que du lin(5) ou toute autre substance ne s’y mélange pas.

Je conclus en vous souhaitant d’être définitivement scellé pour une bonne année, de même que toute votre communauté,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Et non à la main. (2) 1914-1918. (3) Rachab. (4) Malgré la machine, qui se substitue à la conscience de l’homme. (5) Ces fils sont en laine.

Lettre n°408

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°408, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Dix jours de Techouva 5709(1)]

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Je vous souhaite d’être définitivement scellé pour une bonne année et de connaître la réussite, matérielle et spirituelle,

Mena’hem M. Schneerson

N. B. Vous m’écrivez, dans votre lettre:

A) A la fin du septième chapitre de Chaar Hay’houd Vehaémouna, il faut lire, à la dixième ligne, Madrégat, le niveau et non Madrégato, son niveau.

J’ai fait la même remarque dans mon commentaire du Tanya et j’ai dit qu’il devait en être de même à la onzième ligne. Il est, cependant, difficile de le vérifier. Nous n’en possédons pas le manuscrit et ce passage a été imprimé pour la première fois dans l’édition de 5660(2), réalisée, d’après l’avant propos du correcteur, à partir d’une copie.

A la page 88b, par contre, troisième ligne à partir du bas de la page, il semble qu’il faille dire Mimadregat. J’ai pu vérifier que Rabbi Acher le Cho’het adopte également cette version, dans son Tanya, qui se trouve chez le Rav Kazarnovski, son gendre.

B) E’had, un, par permutation de lettres, devient Vaéd, pour l’éternité.

Je l’ai expliqué, à mon humble avis et j’ai indiqué, comme référence, le fascicule édité pour le 12 Tamouz(3), à la page 6. Cette explication se trouve dans le numéro du Kovets Loubavitch qui est sous presse(4).

C) La perception que nous pouvons avoir du Divin est négative(5).

On trouve, à ce propos, une discussion entre les Sages, d’Israël comme, du reste, des autres nations, pour savoir si les qualificatifs attribués à Dieu sont systématiquement négatifs ou bien s’ils peuvent aussi être positifs.

L’enseignement de ‘Habad considère que l’on peut trouver l’un et l’autre et qu’il en est même une troisième catégorie, qui est totalement négative.

Vous consulterez, à ce propos, le Likouteï Torah, les discours ‘hassidiques de 5666, de 5670(6), de 5693(7) et d’autres encore.

Mais, seule la pensée, percevant la Divinité, reçoit une formulation négative. Cette perception est, à l’opposé, systématiquement positive lorsqu’elle émane du fond du coeur. L’un de ces discours ‘hassidiques le précise.

Notes

(1) Cette lettre est, en fait, une carte de voeu, adressée au Rav Chnéor Zalman Schneersohn, de Paris. (2) 1900. (3) Edité en 5708. (4) Il s’agit de la lettre n°220, qui est imprimée dans le Kovets Loubavitch n°11, édité pendant l’été 5709. (5) Nous savons ce que Dieu n’est pas. (6) 1906, 1910, du Rabbi Rachab. (7) 1933, du précédent Rabbi.

Lettre n°409

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°409, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Tichri 5709,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav C.M.,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 25 Elloul:

A) Doit-on dire la bénédiction du lavage des mains et le paragraphe Elokaï Nechama lorsque l’on a été réveillé toute la nuit?

Voici la réponse qui doit être faite publiquement: On les omet. C’est ce que dit l’Admour Hazaken, dans son Sidour. Bien évidemment, on peut répondre Amen aux bénédictions récitées par quelqu’un qui a dormi.

Voici la réponse qui doit être faite discrètement: On doit les dire. C’est ce que m’a répondu mon beau-père, le Rabbi Chlita.

B) Doit-on relire la Torah, lorsque la prière est dite en commun, même si ceux qui y participent en ont déjà entendu la lecture?

Je n’ai jamais entendu parler d’une telle pratique et je n’ai jamais vu qu’on l’adopte.

Vous trouverez ci-joint deux discours ‘hassidiques, que vous mettrez à la disposition du plus grand nombre.

Avec ma bénédiction, afin d’être définitivement scellé pour une bonne année,

Rav Mena’hem Schneerson,

Lettre n°410

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°410, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Tichri 5709,

Au grand Rav, ‘Hassid érudit qui craint Dieu,

le Rav I.

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre interrogation, dans la lettre du 24 Elloul. Tous ceux qui participent à la prière doivent-ils également dire Zo’hrénou et Oubeséfer(1), pendant la répétition de l’officiant?

Mon beau-père, le Rabbi Chlita, confirme votre propre coutume, selon laquelle l’assemblée doit répéter les paragraphes Ou’htov, Va’hatom, Oubeséfer, y compris pendant le Chabbat et les fêtes.

Vous dites que certains répètent également les paragraphes Zo’hrénou et Mi ‘Hamo’ha. Vous concluez qu’il est sans doute bon de le faire, car pourquoi les distinguer des précédents?

J’ai entendu parler d’une telle pratique et j’ai toujours été surpris que l’on répète le paragraphe Mi ‘Hamo’ha, qui n’est pas une prière, implorant la miséricorde de Dieu, mais une affirmation, proclamant Son éloge.

Notre coutume est de ne pas répéter non plus Zo’hrénou. Il me semble que l’on peut le justifier de la manière suivante. Souviens-Toi de nous pour la vie n’est qu’une modeste requête, après que l’on ait demandé Inscri-nous dans le livre de ceux qui ont une bonne vie(2). L’officiant, en revanche, dit cette phrase pour se familiariser avec le texte de la prière.

Vous me direz combien d’exemplaires des publications d’Otsar Ha’hassidim et du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h il faut envoyer dans votre ville.

J’ai demandé depuis longtemps(3) si quelqu’un possède les commentaires du Tanya rédigés par le Rav C.G. Estherman(4), que je restituerai par la suite. Je n’ai pas reçu de réponse claire à cette question.

Je conclus en vous souhaitant d’être définitivement scellé pour une bonne année,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Les paragraphes qui sont intercalés dans la prière, pendant les dix jours de Techouva. (2) Tous ceux qui ont accepté Ton alliance. (3) Voir les lettres n°191, 218, 321, 336, 418, 474, 693. (3) Le Rav Chmouel Gronam Estherman, premier guide spirituel de la Yechiva, à Loubavitch.

Lettre n°411

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°411, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Yom Kippour 5709,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav ...

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre bénédiction pour la nouvelle année. Quiconque accorde une bénédiction en reçoit une lui-même, avec l’ajout de Dieu, dont l’intérêt dépasse le capital. Depuis longtemps, je voulais vous dire ce qui va suivre et je saisirai donc cette occasion pour le faire, d’autant que ces jours sont fastes, là-haut et ici-bas.

Nombreux sont ceux qui s’efforcent de perpétuer, de la manière qui convient, le souvenir éternel de leurs proches, ayant quitté ce monde, ou même leur propre souvenir, et Dieu fasse qu’ils aient une longue vie, ou encore celui de membres de leur famille. Mon beau-père, le Rabbi Chlita, a montré l’importance des livres de ‘Hassidout que vous avez fait éditer dans ce but. Il a demandé d’indiquer, sur la page de garde de chacun, qu’il était publié par vos soins et au mérite de qui il était dédié.

Vous avez pu le vérifier en consultant les livres Torat Chmouel qu’il est sûrement possible de se procurer à Paris. Imitant votre exemple, de nombreux ‘Hassidim en ont fait de même.

Je formulerai donc la proposition suivante, avec l’accord de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Faites éditer, vous aussi, un livre de ‘Hassidout, parmi ceux qui sont prêts pour l’impression, pour l’élévation de l’âme de vos parents.

Ces âmes recevront ainsi un grand mérite et en concevront beaucoup de satisfaction. Vous devez, en effet, prendre leur succession et poursuivre leur action, dans le domaine de la Torah et des Mitsvot. Pour quelqu’un comme vous, il est sans doute inutile d’expliquer ce que cela veut dire.

Nous préparons actuellement l’édition des livres suivants: 1. Le Tséma’h Tsédek sur Chemot, tome 1. 2. Le recueil des discours ‘hassidiques de mon beau-père, le Rabbi Chlita, prononcés en 5704 et 5705. 3. La séquence des discours ‘hassidiques de Roch Hachana 5708.

Vous pourrez vous acquitter des frais d’impression en plusieurs mois, si un seul paiement vous est difficile. Nous devons simplement avoir la certitude qu’à des dates fixées, l’échéance nous parviendra.

Les coûts sont les suivants. Le premier et le second livres, après déduction du produit de la vente, reviendra à deux mille dollars, le troisième à mille dollars.

En considérant ces chiffres, vous pouvez être étonné que je vous propose de donner un tel montant. Néanmoins, à l’issue d’une brève réflexion et en considérant qu’il s’agit d’apporter l’élévation aux âmes précédemment citées, de la relation qui vous lie à ces âmes, vous accepterez sûrement, avec un plaisir et un désir profonds, l’une de ces propositions.

Vous voudrez bien faire connaître, au plus vite, votre décision à mon beau-père, le Rabbi Chlita.

A l’occasion de la nouvelle année, en montrant à Dieu vos bonnes résolutions, en la commençant par ce qui est lié à la Torah et aux Mitsvot, en particulier à l’enseignement profond de la Torah, vous obtiendrez qu’il en soit ainsi tout au long de l’année, matériellement et spirituellement.

Rav Mena’hem Schneerson,

Vous trouverez ci-joint le fascicule qui vient de paraître.

Lettre n°412

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°412, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Tichri 5709,

Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav A.E.(1),

J’ai appris la tragique disparition de votre mère. Puisse son âme avoir part à la vie éternelle et que Dieu vous console, parmi tous les endeuillés de Sion et de Jérusalem.

Comme vous me l’avez demandé et en dehors des documents que je vous ai adressé à ‘Hol Hamoéd Soukkot et que vous voudrez bien me restituer, je voudrais vous faire part de quelques pratiques basées sur l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi Chlita(2).

On ne déchire pas le Talith Katan(3). Le Izkor(4), selon le texte figurant dans le Sidour Torah Or, est dit également la première année. On ne quitte pas la synagogue, mais on le dit néanmoins de manière discrète(5).

On lit la Haftara pendant les onze premiers mois. On est appelé à la Torah chaque fois que possible. Le Chabbat, on monte le matin et à Min’ha. On ne dit pas Kel Malé Ra’hamim, pendant la première année. On lit soi-même la Torah.

La Michna est étudiée dans l’ordre. Pendant les trente premiers jours, on lit le chapitre 24 du traité Mikwaot après chaque prière. Puis, l’on ne dit que quatre Michna qui correspondent à Nechama, l’âme.

Voici les Kaddich que l’on récite: avant la prière, avant Bare’hou, après la Amida, après Ouva Letsion, après le Cantique du jour, après Kavé, après Alénou, après les Tehilim, après la Michna, puis, à Min’ha, avant la Amida et après celle-ci, après Alénou, après la Michna et, à Arvit, avant Bare’hou, avant et après la Amida, après Alénou, après la Michna(6).

Très bientôt, s’accompliront les termes de la promesse selon laquelle ils se réveilleront et se réjouiront ceux qui reposent sous terre, après la venue de notre juste Machia’h, lors de la délivrance véritable et complète.

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Avraham Elyahou Axelrod. Voir les lettres n°225, 422, 460. (2) Celles-ci sont, pour la plupart, basées sur la lettre de condoléances que le précédent Rabbi, son beau-père, avait écrit au Rabbi, lorsque celui-ci avait perdu son père, Rabbi Lévi Its’hak. Le précédent Rabbi se trouvait alors dans une maison de repos, à Morristown, New Jersey et il n’eut connaissance de ce décès qu’à l’issue des sept jours de deuil. Voici cette lettre: Par la grâce de Dieu ב'ה, 4 Elloul 5704, à mon bien cher gendre, le grand Rav, le ‘Hassid Rabbi Mena’hem Mendel Chlita. Je viens d’apprendre le tragique décès de mon proche parent, ton père, le grand Rav et ‘Hassid, qui aura part à la vie éternelle. Je prends part à ta peine. Que Dieu te console parmi tous les endeuillés de Sion et de Jérusalem. Le ‘Hassid, Rav Ye’hyel Halperin, qui se trouvait en permanence à Loubavitch en 5643, année au cours de laquelle mon père était en deuil de mon grand-père, m’a dit que celui-ci étudiait alors quelques passages de la Michna, en expliquant certains d’après la partie ésotérique de la Torah et une page de Guemara, en présence de dix personnes. Il lisait lui-même la Torah, bien que cela lui ait été difficile, du fait de sa santé précaire. Il lisait la Haftara pendant le Chabbat et était encore appelé à la Torah, à Min’ha. Il récitait dix sept Kaddich, avant la prière, avant Bare’hou, après la Amida, après Ouva Letsion, après le Cantique du jour, après Kavé, après Alénou, après les Tehilim et après la Michna, soit au total neuf Kaddich à Cha’harit. A Min’ha, il disait un Kaddich avant la Amida, un après celle-ci, un après Alénou, un après la Michna, soit quatre Kaddich. A Arvit, il disait un Kaddich avant Bare’hou, un après la Amida, un après Alénou, un après la Michna, soit quatre Kaddich et donc, au total, dix sept Kaddich. Lorsque mon père portait le deuil de ma grand-mère, en 5672, il lut lui-même la Torah pendant les trente premiers jours, puis jusqu’à Pessa’h, alors qu’il se trouvait à l’étranger. Il rentra ensuite à Loubavitch et cessa de le faire. Par la suite, il exprima son regret d’avoir interrompu cette lecture. Que Dieu raffermisse la santé de ta mère et qu’elle ait une longue et agréable vie, matérielle et spirituelle. Qu’Il renforce également ta propre santé et celle de ton épouse, matériellement et spirituellement. Ton beau-père, qui t’aime au delà de toute limite, te bénit et te souhaite d’être inscrit et scellé pour une bonne année, matérielle et spirituelle. (3) Lorsque l’on déchire ses vêtements, au moment de l’enterrement. (4) La prière pour l’âme des morts, prononcée au septième jour de Pessa’h, à Chavouot, à Yom Kippour, à Chemini Atséret. (5) Le Séfer Haminhaguim ‘Habad, page 59, dit, néanmoins: Pendant la première année du deuil, on ne quitte pas la synagogue lorsque l’assemblée dit le Yzkor, mais on ne le lit pas. Il en est de même chaque fois que l’on dit le Izkor. (6) Soit, au total, dix huit Kaddich, alors que le précédent Rabbi en dénombrait dix sept, omettant le Kaddich qui précède la Amida d’Arvit. On peut s’interroger, à ce propos. En 5643, année du décès du Rabbi Maharach, on ne disait pas le Kaddich après les Tehilim. De ce fait, le Rabbi Rachab écrit, dans son testament: J’ai scrupuleusement récité seize Kaddich.

Lettre n°413

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°413, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 ‘Hechvan 5709,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav I.M. M. Lis(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos questions.

A) Nous n’avons pas coutume de dire, à Yom Kippour, les paragraphes Elokénou Velokeï Avoténou et Ribono Chel Olam, précédant et suivant la lecture du sacrifice d’Its’hak(2).

B) On ne dit pas le Ta’hanoun et le Al ‘Heth(3) dans le Chema Israël du coucher, à Yom Kippour, même si celui-ci n’est pas un Chabbat. Mon beau-père, le Rabbi Chlita, dit, à ce propos: On dit, à Yom Kippour, juste le nombre de Al ‘Heth qu’il faut.

C) Pour quelle raison le premier chapitre du Tanya, citant les qualités que possèdent naturellement tous les Juifs, dit-il qu’ils sont miséricordieux et font le bien, sans mentionner qu’ils sont humbles(4)?

On peut donner, à ce propos, la précision suivante. Le premier chapitre du Tanya décrit la nature des Juifs, telle qu’elle découle de l’âme animale, alors que le chapitre 12 d’Igueret Hakodech définit celle de l’âme divine. Dans ces deux textes, il est dit qu’ils sont miséricordieux et font le bien, alors que leur humilité n’est pas citée.

En effet, la miséricorde et les bienfaits sont issus du domaine de la bonté et de ce qui tend vers lui. A l’opposé, l’humilité émane de la rigueur, qui a pour effet une contraction, selon le Or Hatorah du Tséma’h Tsédek.

Igueret Hakodech montre donc que, dans l’âme juive, le domaine du bien est dominant. C’est pour cela que les Juifs sont miséricordieux et font le bien. A l’opposé, l’orgueil et l’humilité n’ont pas leur place ici, l’un et l’autre émanant de la rigueur.

Le traité Yebamot 79a dit que les enfants d’Israël, par la nature même de leur âme animale, font le bien, sont miséricordieux et humbles, mais cette dernière qualité est différente des deux premières, que les Juifs possèdent depuis toujours. A l’opposé, le traité Beïtsa 25b dit qu’ils forment le plus fier de tous les peuples. Néanmoins, lors de la révélation du Sinaï, la Torah leur ôta toute force et ils devinrent humbles. Dès lors, les pères purent, selon le traité Nedarim 20, transmettre ce caractère à leurs enfants, sans effort de la part de ces derniers.

Vous consulterez, à ce propos, l’explication du Maharcha sur le traité Yebamot. C’est donc pour cela que le premier chapitre du Tanya, mentionnant les qualités naturelles d’Israël, qui émanent de l’âme animale, ne parle pas de leur humilité.

Vous avez sûrement fixé, dans votre ville, une étude publique du Tanya, dans un endroit très fréquenté. De plus, vous étudiez sans doute les causeries et les discours ‘hassidiques de mon beau-père, le Rabbi Chlita, ainsi qu’il est dit le huitième sera pour vous une convocation sacrée(5).

En saluant toute votre communauté,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Its’hak Mena’hem Mendel Lis. (2) Au début de la prière du matin. Ces deux paragraphes sont lus uniquement lorsqu’est dit le Ta’hanoun. (3) Certains ont coutume de le lire chaque jour. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°326. (5) Le verset parle de Chemini Atséret, huitième jour de Soukkot. Le Rabbi le cite pour faire allusion au précédent Rabbi, le huitième maître de la ‘Hassidout depuis le Baal Chem Tov.

Lettre n°414

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°414, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 ‘Hechvan 5709,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

élève de la Yechiva, le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Mon beau-père, le Rabbi Chlita, m’a transmis votre lettre, nous demandant de vous envoyer nos publications. Mais, il est clair que celles que nous adressons au Rav M.P. Hacohen(2) doivent être mises à la disposition du plus grand nombre. Nous n’avons pas la possibilité des les adresser à chacun en particulier.

Néanmoins, votre demande nous est parvenue d’une manière exceptionnelle et nous y accéderons donc, exceptionnellement, à condition que: 1. ce qui vous est envoyé par colis soit mis à la disposition de tous, 2. ayant signé votre lettre avec la mention petit-fils du Rav M.Y. de Homyl(3), vous nous adressiez les souvenirs que vous avez reçus de votre grand-père et également de son frère(4).

En effet, depuis quelques temps déjà, mon beau-père, le Rabbi Chlita, souhaite que l’on recueille les souvenirs de ‘Hassidim des précédentes générations. Par la suite, l’occasion se présentera sûrement de les mettre à la disposition du plus grand nombre(5).

Vous transmettrez mon salut à toute la communauté et au Rav M.P.

Rav Mena’hem Schneerson,

Il me semble que, lors de l’emprisonnement de mon beau-père, le Rabbi Chlita, à Pétersburg, vous étiez l’un de ceux à qui j’ai confié des manuscrits pour les cacher.

Notes

(1) Le Rav Chnéor Zalman Duchman, auteur de Lechéma Ozen. Voir les lettres n°420, 423, 431, 434, 441 et 461. (2) Le Rav Morde’haï Perlov. (3) Le Rav Morde’haï Yoël Duchman. (4) Le Rav Chnéor Zalman Duchman. (5) A la suite de cela, son livre, Lechéma Ozen, fut imprimé en 5723.

Lettre n°415

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°415, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Mar’Hechvan 5709,

Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,

le Rav D.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres de Roch ‘Hodech et du 7 Mar’Hechvan:

A) Pour l’heure, je n’ai pas reçu le Likouteï Torah. J’ai interrogé, à ce propos, le R. B. G.(2), qui m’a dit en avoir reçu un exemplaire, pour son usage personnel. Ces jours-ci, nous avons reçu vingt cinq Sidourim. Il serait bon que nous disposions du Chaareï Ora avant ‘Hanouka et du Likouteï Torah avant le Chabbat Bechala’h.

B) Je suis surpris que vous n’ayez pas envoyé, par ceux qui voyagent, au moins une partie des livres dans la ville de Nemanov(3), à partir de laquelle il est plus facile de trouver des personnes qui viennent ici.

C) Concernant l’autorisation d’importer les livres ici, notre avocat recherche quel est l’organisme, le bureau des douanes ou le département d’état, qui a délivré celles qui ont été accordées, en pareil cas. Vous voudrez bien nous le faire savoir et le mieux serait que vous puissiez obtenir la copie de l’une de ces autorisations.

En tout état de cause, il ne faut pas attendre cette autorisation pour les livres qui sont prêts à être expédiés. Il n’y a aucune raison d’en retarder l’envoi à cause de cela. Vous devez nous adresser immédiatement, par la poste, au moins mille Sidourim, cinq cents séries du Choul’han Arou’h, du Torah Or, des différents Chaar et du Likouteï Torah, deux cents tome 5 du Sifrénou. Dès qu’ils seront expédiés, vous nous préviendrez.

D) A la fin de mes notes sur les Pisskeï Dinim, il faut ajouter celle-ci, à la fin du chapitre 9: Dans une version, j’ai trouvé la précision suivante, du R. L. N. H., sur le paragraphe 2: A Pourim 5625(4), le Rabbi(5) a demandé de dire la bénédiction de Chéhé’héyanou, le matin, avant la lecture de la Meguila.

E) Il faut faire éditer les Pisskeï Dinim au plus vite, car un donateur est prêt, comme je vous l’ai déjà écrit(6).

F) J’ai répondu au Rav M.Zelivanski, il y a un mois environ(7). Vous voudrez bien vérifier qu’il a reçu ma lettre.

G) Vous trouverez ci-joint le discours ‘hassidique du 13 Tichri et les propos tenus pendant le repas de Sim’hat Torah, afin de les mettre à la disposition du plus grand nombre.

Je vous adresse également une lettre ouverte du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h et qu’en ce jour de la naissance du Rabbi(8), alors que ce moment lui est particulièrement propice, comme le dit le Yerouchalmi Roch Hachana 3, 8, nous puissions tous avoir le mérite de prendre part à la diffusion de son enseignement, qui est celui du Baal Chem Tov et celui de mon beau-père, le Rabbi Chlita.

J’attends de bonnes nouvelles au plus vite et je transmets mon salut à toute la communauté,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav David Bravman, responsable des publications, en Allemagne, pour le compte des éditions Kehot. Voir les lettres n°279, 435, 456, 480. (2) Le Rav Binyamin Gorodetski, directeur du bureau européen d’aide aux réfugiés. (3) Le Rav Nissan Nemanov, c'est-à-dire à Paris. (4) 1865. (5) Le Tséma’h Tsédek. (6) Voir la lettre n°376. (7) Voir la lettre n°407. (8) Rachab, le 20 Mar’Hechvan, date de cette lettre.

Lettre n°416

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°416, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 ‘Hechvan 5709,

Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav H.H.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres du 7 Tichri et du 7 Mar’Hechvan. J’y fais maintenant réponse:

A) Vous trouverez ci-joint le discours ‘hassidique du 13 Tichri, que vous mettrez à la disposition du plus grand nombre, de même qu’une lettre ouverte du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. Je vous ai adressé, par ailleurs, le Kountrass Hé’haltsou 5659(2).

B) Toutes nos institutions ont, à n’en pas douter, fait ce que leur a demandé mon beau-père, le Rabbi Chlita, dans son télégramme et ont sollicité l’aide du comité des Yechivot de Chicago(3). Ce comité a écrit aux Rabbanim de Terre Sainte, à propos des subventions qu’il doit accorder.

Vous vous entretiendrez donc immédiatement avec le Rav C.Y. Zevin(4) afin de déterminer ce qu’il y a lieu de faire et pourquoi la Yechiva Tséma’h Tsédek a été oubliée.

C) Nous n’avons pas la coutume que celui qui commémore un anniversaire de deuil conduise la bénédiction, à la fin du troisième repas du Chabbat précédant cette date et qu’il dirige l’office, à l’issue de ce Chabbat(5).

D) Vous nous enverrez sûrement un exemplaire du magazine dans lequel se trouvera un article élogieux sur les résumés et notes du Tanya(6) et sur le Kountrass Hé’haltsou, lorsqu’il paraîtra.

E) Je suis surpris que vous ne dites rien des commentaires de votre père sur le Tanya. Je renouvelle donc ma demande(7). Pouvez-vous me les envoyer? Je vous les restituerai, si vous le désirez.

F) Nous avons écrit au Rav Binyaminson(8). Nous n’avons plus de série complète des conversations avec les jeunes, car certains numéros sont épuisés.

Vous transmettrez mon salut à tous vos proches,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav ‘Hano’h Hendel Havlin, de Jérusalem. Voir les lettres n°179, 424, 455, 498, 512, 518. (2) 1899, du Rabbi Rachab. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°357 et 418. (4) Le Rav Chlomo Yossef Zevin. Voir la lettre n°485. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°397. Une même affirmation figure au Séfer Haminhaguim ‘Habad, à la page 79. (6) Rédigés par le Tséma’h Tsédek et qui venaient d’être édités. Voir, à ce propos, la lettre n°397. (7) Voir les lettres n°397, 418, 455, 498 et 518. (8) Le Rav Yera’hmyel Binyaminson, de Londres.

Lettre n°417

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°417, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 ‘Hechvan 5709,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Y.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai gardé en mémoire le fait que je suis le dernier à avoir écrit, puisque vous n’avez pas répondu à ma dernière lettre et ne m’avez pas confirmé avoir reçu le discours ‘hassidique du Rabbi(2), intitulé Dans son rêve, il vit une échelle, qui figure dans le fascicule 52 et que je vous ai adressé(3).

J’ai vu dans la presse que vous avez participé à la conférence rabbinique et que vous avez proposé une formule pour le Heter Isska(4). Je m’en suis réjouis.

Je vous envoie maintenant le Kountrass Hé’haltsou 5659(5), qui vient de paraître. Vous me confirmerez sans doute l’avoir reçu.

A ce propos, je vous rappelle que vous avez promis, il y a quelque temps déjà, de me faire parvenir une copie de la conclusion de la lettre du Rabbi(2) à propos de l’usage de la Langue Sacrée(6). Vous m’en avez adressé le début l’an dernier(7).

De même, vous m’avez promis une copie, dans la mesure du possible, des lettres(8) délivrant un enseignement que vous pourriez posséder. Je vous en remercie d’avance.

Je vous souhaite tout le bien et salue les membres de votre famille, bien que je ne les connaisse pas,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Yaakov Landa, de Bneï Brak. Voir les lettres n°228, 473, 539, 552, 585. (2) Rachab. (3) Voir la lettre n°319. (4) Permettant à une banque juive le prêt à intérêt à ses clients, en lui donnant un statut d’associée aux affaires réalisées grâce à ce prêt. (5) 1899, du Rabbi Rachab. (6) Voir les lettres n°228, 235, 262, 294, 319, 473. (7) Voir la lettre n°319. (8) Du Rabbi Rachab.

Lettre n°418

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°418, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Premier jour de Roch

‘Hodech Kislev 5709,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires,

le Rav M.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 21 Elloul, qui m’est parvenue avec retard et j’espère que vous allez bien.

Je vous joins le Kountrass Hé’haltsou qui vient de paraître et que vous mettrez à la disposition du plus grand nombre, de même que deux petits fascicules édités pour les soldats(2). Vous me direz s’ils conviennent à votre besoin(3) et, le cas échéant, combien d’exemplaires vous en désirez.

Je vous remercie de m’avoir donné des nouvelles de mon frère. J’espère qu’il va bien, de même que sa famille. Je vous remercie d’aller le voir et de le saluer de ma part. Je suis convaincu que vous accéderez à ma requête, comme vous l’avez fait la dernière fois et je vous en remercie d’avance.

Concernant ce que demande le Rav H.A. Naé(4), vous lui donnerez cinquante Shekels du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. Celui-ci a sans doute tenu parole. De même, vous vous efforcerez que le Rav M.Axelrod(5) adresse à mon beau-père, le Rabbi Chlita, directement ou par mon intermédiaire, les commentaires du Rav C.G.(6) sur le Tanya.

Peut-être est-il possible de se procurer également les commentaires du Rav Z.Havlin, qui se trouvent, comme me l’a écrit le Rav H.H. Havlin(7), chez son frère, à Tel Aviv. Vous verrez également ce que possède le Rav Zyslin(8).

Par envoi séparé, vous ont été adressés les résumés et notes sur le Tanya(9). A la fin de ce livre, vous trouverez une liste de nos publications.

Je conclurai maintenant. Le comité des Yechivot de Chicago(10) a écrit aux Rabbanim de Terre Sainte à propos de la répartition des subventions entre les Yechivot. Vous devez rencontrer le Rav C.Y. Zevin(11), à ce propos et décider ensemble ce qu’il y a lieu de faire.

Il est pratiquement certain que des représentants de ce comité viendront sur place et peut-être même le Rav C.Palmer(12) fera-t-il partie de la délégation.

Vous voudrez bien me confirmer avoir reçu cette lettre et m’annoncer de bonnes nouvelles au plus vite.

Vous saluerez les membres de votre famille et toute la communauté,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Moché Gour Aryé, de Tel Aviv. Voir, à ce propos, les lettres n°218 et 555. (2) Voir la lettre n°101. (3) Du fait de la guerre en Terre Sainte. (4) Le Rav ‘Haïm Avraham Naé, auteur du Ketsot Hachoul’han. Voir la lettre n°764. (5) Le Rav Moché Axelrod. Voir la lettre n°474. (6) Le Rav Chmouel Gronam Estherman, premier guide spirituel de la Yechiva, à Loubavitch. Voir la lettre n°410. (7) Le Rav ‘Hano’h Hendel Havlin. Voir la lettre n°416. (8) Le Rav Chaoul Dov Ber Zyslin, de Tel Aviv. (9) Du Tséma’h Tsédek. (10) Voir, à ce propos, la lettre n°416. (11) Le Rav Chlomo Yossef Zevin. Voir la lettre n°485. (12) Le Rav ‘Haïm Chlomo Palmer. Voir la lettre n°424.

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