Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°379
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°379, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Tamouz 5708,
A la communauté juive de Varsovie, Pologne,
Je vous salue et vous bénis,
Je vous serais très reconnaissant de bien vouloir me communiquer les informations suivantes, relatives à ma belle-soeur et à sa famille(1): 1. Quelle est la date de son décès? 2. Où s’est-il passé? 3. Dans quelles conditions?
Voici le nom de ma belle-soeur: Sheïna Sonya Horenstein, née Schneersohn. Son mari: Mendel Horenstein. La mère de son mari: Moussya Horenstein. Leur dernière adresse à Otwock: Cliniecka 4.
Dans l’attente de votre réponse(2) et vous en remerciant par avance,
Mendel Schneerson,
Notes
(1) Assassinés, pendant la guerre, en Pologne, par les nazis. Voir la lettre n°263 (2) Voir, à ce propos, la lettre n°382.
Lettre n°380
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°380, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Tamouz 5708,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav H.H.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres du 5 Nissan et du 17 Sivan. Entre temps, vous avez vous-même sans doute reçu la mienne, datée du 14 Nissan(2) et le fascicule édité à l’occasion de Pessa’h, qui y était joint. Je fais maintenant réponse à vos courriers:
A) Il semble que le début de l’article du Rav C.Glitsenstein, consacré à l’Admour Haémtsahi(3), a été imprimé dans la livraison de Kislev 5708 du magazine Yehadout. Il est dommage que les lecteurs prennent connaissance des quelques confusions qui s’y trouvent, en particulier l’affirmation selon laquelle l’Admour Hazaken s’intéressait uniquement à la spiritualité de ses ‘Hassidim, alors qu’une large partie de son temps, de son énergie et de ses efforts était consacrée à leur situation économique.
Bien plus, il voyageait lui-même dans tout le pays afin de collecter des fonds pour cette activité. Et l’on sait ce qu’il a dit, à ce propos, à Rabbi Barou’h de Mézibogh(4) et les décisions hala’hiques qu’il prit pour renforcer l’interdiction de la concurrence déloyale.
Il écrit encore, dans cette article que la campagne pour que les Juifs adoptent des activités agricoles fut lancée par l’Admour Haémtsahi, alors que de telles implantations existaient avant son époque. Bien plus, l’Admour Hazaken, dès son mariage et pendant tout le temps qu’il dirigea les ‘Hassidim, encouragea également le travail de la terre parmi ses disciples.
Ainsi furent constituées les implantations agricoles de Biélorussie. Un fascicule qui sera bientôt édité décrit longuement l’activité communautaire de l’Admour Hazaken.
L’ordre de conscription(5) fut lancé durant l’année du décès de l’Admour Haémtsahi, c'est-à-dire de nombreuses années après que soit introduite cette campagne pour la promotion de l’activité agricole. Ce n’est pas ce que l’on comprend, en lisant rapidement cet article.
B) Vous voudrez bien transmettre au Rav P.T. Mendelsohn cinq livres, prélevés sur les fonds du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h qui se trouvent en votre possession.
C) Je vous joins un fascicule et une lettre(6) publiés à l’occasion du 12 Tamouz. Le fascicule vous est envoyé par courrier ordinaire.
D) Vous voudrez bien me faire savoir ce que deviennent mon proche parent, Pin’has Landau et tous les membres de sa famille.
E) Vous voudrez bien transmettre au Rav H.A. Naé(7) la réponse à la question qu’il m’a posée par l’intermédiaire du Rav Telushkin. Je ne peux pas lui promettre que ses notes(8) seront en ma possession avant la fin de l’impression du Choul’han Arou’h, car je ne sais pas combien de temps il faudra pour qu’elles me parviennent.
Néanmoins, je ne comprends quelle incidence cela aura puisqu’il a, de toute façon, décidé de les éditer lui-même. Il doit donc les préparer pour l’impression et il lui suffit, en l’occurrence, de le faire au plus vite.
S’il m’adresse ses notes, il serait bon qu’il m’en envoie deux exemplaires, car le Choul’han Arou’h n’est pas imprimé ici(9). Il est donc préférable que j’en conserve un et que j’envoie le second à l’imprimerie.
Je conclus en vous souhaitant tout le bien et la paix, dans tous les domaines. Vous saluerez toute la communauté,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(10),
Notes
(1) Le Rav ‘Hano’h Hendel Havlin, de Jérusalem. Voir la lettre n°179. (2) La lettre n°357. (3) Le Rav Chimeon Glitsenstein. Voir, à ce propos, la lettre n°348*. (4) Rabbi Barou’h, petit-fils du Baal Chem Tov, lui reprocha ces voyages, qui avait un objectif matériel et l’Admour Hazaken lui répondit: Serais-je plus important que Rabbi Pin’has Ben Yaïr qui, toute sa vie, voyagea pour délivrer les captifs?. (5) Des Juifs dans l’armée du tsar. Ceux-ci, effectuant vingt cinq ans de service militaire, furent connus sous le nom de cantonistes. (6) L’un et l’autre du précédent Rabbi. (7) Le Rav ‘Haïm Avraham Naé, de Jérusalem. Voir la lettre n°386. (8) Il s’agit du tableau des corrections du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, édité à Jérusalem, en 5709, dans le Kountrass Hachoul’han. Le Rav Naé pensait, dans un premier temps, l’inclure dans l’édition du Choul’han Arou’h préparée par le Rabbi. Voir, à ce propos, la lettre n°386. (9) A New York, mais en Allemagne, par l’intermédiaire du Rav David Bravman. (10) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°381
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°381, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Tamouz 5708,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C., le Cho’het(1),
Je vous salue et vous bénis,
Votre gendre, le Rav Y.Goodman(2), m’a transmis vos questions et j’y fais réponse:
A) Quelle est la référence de l’affirmation suivante de nos Sages, citée par le Ramban, dans son commentaire du verset Béréchit 2, 9: Trois dirent la vérité et furent perdus, le serpent, les explorateurs et Doëg l’édoméen?
Il semble que cette référence soit le Midrach Pirkeï Rabbénou Hakadoch, au chapitre 3, paragraphe 47. Néanmoins, la version du Ramban diffère de celle dont nous disposons. Celle que j’ai pu consulter, à la fin du Colbo et dans le Otsar Hamidrachim d’Eisenstein, est la suivante: Trois dirent la vérité et furent perdus de ce monde et du monde futur. Il s’agit des explorateurs, de Doëg et des habitants de Ramon Habeérot.
A ce propos, 1. L’Admour Hazaken cite aussi cette explication dans une lettre datée du mardi de la Parchat Nitsavim 5571(3), imprimée au chapitre 20 de Beth Rabbi. Néanmoins, il est impossible de savoir de quelle version il disposait, puisqu’il cite uniquement ce qui est lié à l’idée qu’il développe, c'est-à-dire le cas de Doëg(4). 2. On ne peut soulever aucune objection contre cette affirmation à partir de celle du Midrach Béréchit Rabba, chapitre 19, selon lequel le serpent dit un mensonge. Car, l’une et l’autre sont exactes. Le serpent fut perdu parce qu’il avait dit la vérité, mais, pour pouvoir convaincre ‘Hava, il mentit également. Vous consulterez également les discours ‘hassidiques intitulés le serpent était rusé dans le Torah Or et dans le Torat ‘Haïm.
B) Vous vous demandez pourquoi, dans de nombreuses lettres que vous avez pu voir, le jour de la semaine n’est pas mentionné et seule la date du mois est citée. Or, le Ramban, commentant le verset Chemot 20, 8, dit que les Juifs comptent les jours en fonction du Chabbat. Dimanche est le premier jour après le Chabbat, lundi le second. C’est ainsi que nous accomplissons la Mitsva de nous souvenir chaque jour du Chabbat.
Il me semble qu’il n’y a là aucune difficulté: 1. Il est clair, même selon le Ramban, qu’il n’y a pas là une Mitsva s’appliquant tout au long du jour, comme c’est le cas pour l’étude de la Torah. Il suffit donc de se rappeler une seule fois du Chabbat, ce que l’on fait dans le Cantique du jour(5). 2. A mon humble avis, il est clair que le Ramban n’entend pas nous obliger à compter chaque jour dans l’optique du Chabbat. Il indique uniquement que, si l’on est amené à compter les jours, on devra le faire en fonction du Chabbat. Il en est de même pour la Mitsva du parapet(6). Et, quand le Ramban précise chaque jour, il veut dire que l’on ne s’en souvient pas uniquement durant le Chabbat ou à la veille de ce jour. C’est pour cela que le compte des jours, dans la Loi Ecrite, n’est pas fait en fonction du Chabbat, comme le dit le traité Roch Hachana 3a. 3. Il semble, en outre, que l’avis du Ramban n’ait pas été adopté. En effet, il interdit de compter les jours d’une autre manière que dans l’optique du Chabbat. Or, je n’ai jamais vu aucun avis interdisant d’utiliser les mots dimanche et lundi.
Des jeunes gens, qui sont nos émissaires, se trouvent actuellement dans votre ville(7). Ce sont les ‘Hassidim craignant Dieu, le Rav A.Michtilim et le Rav N.Gour Aryé, qui vous ont sans doute parlé des causeries de mon beau-père, le Rabbi Chlita, de la grande importance de tels voyages.
Je suis convaincu que, malgré toutes vos occupations, vous leur viendrez en aide et vous efforcerez que cette visite, dans votre ville et dans sa région, soit très fructueuse, jusque dans le moindre détail, matériel et spirituel. Je vous écris, à ce sujet, uniquement pour souligner tout cela.
Je conclus en vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
J’ai également trouvé trace de l’affirmation de nos Sages, à propos des trois qui dirent la vérité, dans le Ma’hzor Vitry, dans un paragraphe manuscrit qui est imprimé à la fin du Menorat Hamaor de Rabbi I. Elncaoua, tome 4, page 568, qui dit: Trois ont avoué la vérité et ont été perdus de ce monde et de l’autre monde. Il s’agit de Doëg l’édoméen, des habitants de Ramon Habeérot et des explorateurs. Rabbi Meïr inclut également le descendant d’Amalek.
Dans les notes de ce texte, sont cités les Avot de Rabbi Nathan, version B, chapitre 45, les Pirkeï Rabbénou Hakadoch 27a, édition Shenblum, en trois volumes et le Eked Haagadot, édition Horovits, chapitre 133.
Notes
(1) Le Rav Chmaya Krinski, Cho’het de Boston. Voir la lettre n°366. (2) Le Rav Yochoua Na’houm Goodman. (3) 1810. (4) L’Admour Hazaken dit, en effet: Trois dirent la vérité et furent perdus du monde. L’un d’entre eux était Doëg. (5) Récité chaque matin à la fin de la prière. (6) Qui doit entourer le toit de la maison. Si l’on fait construire une maison, il est une Mitsva d’y placer un parapet. En revanche, il n’est pas nécessaire de construire une maison dans le but de pouvoir y mettre un parapet. (7) Voir, à ce propos, la lettre n°378.
Lettre n°382
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°382, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Tamouz 5708,
Très chère madame S. Taucker,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai bien reçu votre lettre du 15 et je suis surpris que vous ne répondiez pas à mes questions, concernant la date du décès(1): 1. de Sonya Horenstein, 2. de son époux. 3. De quelle manière leur êtes-vous venue en aide? 4. Où se trouvaient-ils? Il en est de même pour les autres questions.
Des lettres nous sont parvenues ici, indiquant qu’ils ont pu s’enfuir et rejoindre les partisans, dans les forêts, qu’ils étaient alors ensemble et n’avaient pas été séparés.
J’espère que vous répondrez à toutes ces questions.
Vous avez sans doute déjà reçu le paquet de nourriture. Et la pénicilline vous a été envoyée, ce vendredi, par poste aérienne.
Dans l’attente de votre réponse(2),
Au nom du Rav Schneerson,
le Rav A.Kwint,
son secrétaire
Notes
(1) De la belle-soeur du Rabbi, la Rabbanit Sheïna, fille du précédent Rabbi et de son mari. L’un et l’autre furent tués, lors de la Shoa. Voir les lettres n°263 et 379. (2) Voir la lettre n°388.
Lettre n°383
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°383, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה;
28 Tamouz 5708,
A mon parent, le bien cher docteur A. Hilman(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 7 Iyar, qui m’est parvenue par courrier ordinaire. J’ai été satisfait d’apprendre que vous allez bien, de même que tous les membres de votre famille.
Entre temps, vous avez sûrement reçu la lettre que je vous ai écrite avant Pessa’h, dans laquelle je vous informais que le périodique Sinaï m’est bien parvenu et vous en remerciais(2).
Je formulerai quelques remarques sur votre lettre, en reprenant les points dans l’ordre:
1. Vous constatez que le terme désignant la vision est, d’ordinaire, ‘Hazeï, dans le Babli et ‘Hameï, dans le Yerouchalmi. C’est, en effet, ce que dit le Er’heï Hamidrach, de Bacher et le Arou’h Hachalem, à la fin de la page 48c, qui donne, à ce propos, plusieurs exemples. Mais, à mon humble avis, la différence est beaucoup plus radicale, car ‘Hazeï est de la même étymologie que Ma’hazé, la vision. Le Likouteï Torah évoque ce point, également.
2. Vous notez que le terme Haggada signifie dire, comme dans le verset et tu diras à ton fils. J’ai précisé, dans mon commentaire de la Haggada, que cette explication est donnée par le Abudarham.
En effet, si Haggada de Pessa’h est pris au sens de Midrach de Pessa’h, seule une partie du texte justifie une telle appellation, depuis nous étions les esclaves du Pharaon en Egypte, jusqu’à et nous dirons devant Lui Hallélouka. Ce n’est pas la signification qu’indiquent le Talmud et les premiers Sages.
3. Vous dites que les noms des étapes du Séder forment un acrostiche. Et, semble-t-il, vous trouvez, en cela, un appui pour retenir le mot Ro’htsa(3). Il me semble plus logique, en pareil cas, de retenir Ra’hats, qui permet d’introduire Baré’h et Nirtsa(4) dans l’acrostiche:
Kadech Oure’hats
Maror Kore’h Karpas Ya’hats
Choul’han Ore’h Maguid Ra’hats
Tsafoun Baré’h Motsi Matsa
Hallel Nirtsa(5)
4. Vous remarquez que les versets relatifs aux enfants sage et naïf sont exprimés au singulier, alors que celui qui parle de l’impie est au pluriel.
On peut peut-être avancer la raison suivante. Il est possible de ranger, dans la catégorie de l’impie, des personnes aux idées très différentes, un sage, un naïf, quelqu’un qui ne sait pas poser de questions, tous ayant en commun leur caractère impie et posant donc la même question: Quel est ce labeur que vous vous imposez?.
On peut vérifier concrètement que ceux qui formulent le plus fortement de telles interrogations sont, généralement, des personnes ne sachant pas poser de questions.
Néanmoins, ceci devrait avoir pour conséquence de citer l’impie en dernier lieu et l’on peut s’interroger, à ce propos.
Le Rav ‘Hadakov m’a suggéré la raison de cette différence. En effet, les impies, lorsqu’ils posent une question, troublent l’ordre établi et n’ont pas d’organisation, comme le souligne Rachi, dans son commentaire du verset Devarim 1, 22. Dès lors, chacun se démarque de l’autre, comme le dit Rachi, dans son commentaire du verset Béréchit 46, 27.
*
*
*
A la fin de votre lettre, vous vous interrogez sur l’explication du Levouch, selon lequel on ne dit pas, dans la prière des fêtes, Beahava Mikra Kodech, une convocation sacrée, avec amour. De fait, les lois de la fête furent transmises lorsque Dieu plaça la montagne au dessus de leur tête(5). En effet, demandez vous:
A) Pourquoi disons-nous, dans la prière de la fête, Tu nous as donné cette fête, Eternel notre Dieu, avec amour?
La différence me semble bien simple. Ici, l’expression avec amour se rapporte à ce qui est dit auparavant, Tu nous as donné, Toi Eternel(6). A l’opposé, la convocation sacrée est célébrée, par les enfants d’Israël, avec leur propre amour.
B) Il est dit que Dieu plaça la montagne sur leur tête et nos Sages en concluent, au traité Chabbat 88a, que la Torah fut donnée par la contrainte. Dès lors, comment les enfants d’Israël purent-ils dire nous ferons et ensuite nous comprendrons? En effet, le verset Ils acceptèrent de plein gré Sa Royauté fait allusion au passage de la Mer Rouge et non à l’acceptation de la Torah et des Mitsvot.
Voici le sens profond de cette explication. Il est envisageable qu’un homme n’accepte pas la Torah et les Mitsvot, tant qu’il n’a pas compris et ressenti qu’elles représentent la forme la plus parfaite du bien, que se soustraire à elles conduit à sombrer dans le mal. Plus l’on prend conscience de tout cela et plus il devient improbable de rejeter la Torah.
Or, lors du don de la Torah, cinquante jours seulement s’étaient écoulés depuis la sortie d’Egypte, abomination de la terre, aux comportements corrompus. Les enfants d’Israël n’étaient donc pas en mesure de modifier leur existence d’une extrême à l’autre, par rapport à la situation qu’ils quittaient et d’intégrer cette prise de conscience.
C’est pour cela que Dieu plaça la montagne sur leur tête et suggéra cette prise de conscience en révélant la vérité, de sorte qu’il perçurent, par leurs sens, la perfection, y compris matérielle, de la Torah et des Mitsvot, sans lesquelles leur vie n’avait plus aucun sens, même dans sa dimension physique. Ils dirent donc, avec la plus grande sincérité, nous ferons et nous comprendrons.
Néanmoins, ils ne parvinrent pas à cette prise de conscience par leur propre effort et par progrès successifs, mais bien grâce à un don, un éclair du ciel. Il n’en resta donc qu’une trace cachée, après le don de la Torah. Par la suite, ils accomplirent effectivement la Torah par contrainte, car cette pratique leur imposait un intense et âpre effort.
En d’autres termes, la révélation divine fit que, lors du don de la Torah, chaque Juif fut proche de la prophétie, ou même réellement prophète, comme l’expliquent le Zohar, le Guide des égarés, le Abravanel, le Avodat Hakodech, le Ikarim et d’autres textes encore. Ils eurent la vision de Dieu et dirent donc nous ferons et nous comprendrons avec sincérité, de tout leur coeur.
Puis, la prophétie disparut et il fut impossible de leur demander qu’ils tiennent l’engagement pris lorsqu’ils étaient prophètes.
Vous consulterez aussi le Torah Or sur la Meguilat Esther.
Vous saluerez pour moi les membres de votre famille. En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(7),
Notes
(1) Docteur Acher Hilman. Voir la lettre n°244. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°317 et 350. (3) Pour désigner le lavage des mains qui précède la consommation de la Matsa. Ce mot rime donc avec Motsi Matsa. (4) La bénédiction après le repas et l’acceptation du Séder. Les différentes étapes du Séder qui, présentées de cette façon, riment: On fait le Kiddouch, on se lave les mains, on mange un légume, on casse la Matsa, on lit la Haggada, on se lave les mains, on mange de la Matsa, des herbes amères, puis l’une et l’autre ensemble, on mange l’Afikomen, on dit la bénédiction après le repas, on lit le Hallel et le Séder est accepté. (5) Lors de la révélation du Sinaï. La Torah fut alors donnée par la contrainte et les enfants d’Israël ne la reçurent donc pas avec amour. (6) Il s’agit donc de l’amour de Dieu pour Israël. (7) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°384
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°384, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Mena’hem Av 5708,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se
consacre aux besoins communautaires,
le Rav Moché Shapira, Atlantic City,
Je vous salue et vous bénis,
Notre ami, remarquable pédagogue, le Rav Yaakov Hecht, l’un des responsables du système éducatif et le directeur du département pour la protection et le développement de la bonne éducation, une branche du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, a l’intention de visiter votre ville, afin d’y instaurer des Chyoureï Limoudeï Hadat, une heure d’études religieuses, dans les écoles publiques, tous les mercredis.
Vous avez sans doute connaissance de l’oeuvre du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, en général et de ce département, en particulier, qui dispense gratuitement un enseignement religieux à près de dix mille enfants des écoles laïques.
Ces réalisations ont, Dieu merci, connu un essor remarquable et elles rendent nécessaire la mobilisation d’importants moyens. Notre situation financière, qui est difficile, nous contraint à nous rendre dans votre ville, afin d’y obtenir de l’aide pour que cette grande institution, unique dans le domaine de l’éducation, ne chancelle pas, ce qu’à Dieu ne plaise.
Je voudrais donc vous prier de réserver un bon accueil au Rav Y.Hecht, de faire usage de votre influence pour lui venir en aide. Je sais que vos occupations sont multiples, du fait de vos responsabilités communautaires, mais je suis sûr que vous êtes attentif à l’importance de cette action éducative, que vous ne ménagerez pas votre aide à cette grande et importante Mitsva, qui concerne des milliers d’enfants.
Je vous en remercie d’avance,
Lettre n°385
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°385, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Mena’hem Av 5708,
A mon proche parent, le distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre et, même si, avant qu’elle me parvienne, je m’étais enquis, auprès de votre soeur et de votre beau-frère(2), de ce que vous deveniez et de votre situation, j’ai été heureux de vous lire et d’apprendre que tout va bien, matériellement et spirituellement, que vous diffusez maintenant la ‘Hassidout, en particulier, la Torah, les Mitsvot et la crainte de Dieu, en général.
Vous avez souhaité que l’on vous envoie des publications et j’ai donc demandé que vous soient adressés, par colis séparé, un Séfer Hamaamarim, un Séfer Hasi’hot, le fascicule édité à l’occasion du 12 Tamouz et les conversations avec les jeunes.
Tout ceci a été pris en charge par le Keren Hamatsot(3) du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h puisque vous avez l’intention de les mettre à la disposition du plus grand nombre, jusqu’à ce que vous trouviez localement un moyen de financer les livres qui vous sont envoyés. En effet, les moyens du Keren Hamatsot sont très limités et son action est dirigée, en priorité, envers les réfugiés, qui n’ont aucun moyen de payer.
Notes
(1) Le Rav Chmouel Grossman. (2) Le Rav Chlomo Aharon Kasarnowski et son épouse. (3) Fonds pour la mise à la disposition des réfugiés de Mezouzot, de Tsitsit et de Tefilin.
Lettre n°386
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°386, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Mena’hem Av 5708,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav A.H.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 27 Tamouz et la suivante, avec vos treize pages de notes sur le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken(2).
Je n’ai pas pu en prendre connaissance, car je les ai toutes reçues ensemble. Néanmoins, je les consulterai au plus vite et vous confirmerez l’avoir fait, comme vous me l’avez demandé.
Les jeûnes commémorant la destruction du Temple(3) ont été repoussés(4) deux fois, l’an dernier(5) et cette année. Selon un avis, deux fois constituent d’ores et déjà un fait établi. Puisse donc Dieu faire qu’ils soient définitivement repoussés, qu’ils ne soient pas uniquement permis, comme le dit le traité Yoma 6b à propos d’une même famille de Cohanim, mais bien transformés en joie et en allégresse, très bientôt et de nos jours, Amen(6).
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Avraham ‘Haïm Naé, auteur du Ketsot Hachoul’han. (2) Voir la lettre n°380. (3) Le 17 Tamouz et le 9 Av. (4) Au dimanche parce qu’ils étaient un Chabbat. (5) Voir la lettre n°278. (6) Une lettre comportant également ce dernier paragraphe fut envoyée au Rav Chalom Posner.
Lettre n°387
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°387, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Mena’hem Av 5708,
Au distingué ‘Hassid craignant Dieu, aux multiples
accomplissements, le Rav Y.T. Fogelman(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous me dites que l’on vous a interrogé sur le discours ‘hassidique intitulé lorsque dix personnes sont assises, prononcé en 5688(2). Il y est dit que le Nom divin Kel est le premier des treize Attributs de miséricorde divine. Or, les Tossafot, au traité Roch Hachana 17b considèrent qu’il s’agit du premier Nom Avaya(3) ou encore du second.
Il est quatre manières de compter le début de ces treize Attributs, comme l’indique le Korban Netanel, à la fin du premier chapitre du traité Roch Hachana. Et vous consulterez également le Be’hayé, à la Parchat Tissa:
* depuis le premier Avaya, selon la Pessikta Rabbati, le Midrach Cho’her Tov 93, le ‘Ho’hmeï Tsarfat cité par Abudarham, à la fin du traité Taanit, reprenant vraisemblablement l’avis de Rabbénou Tam, Rabbi Avraham Ibn Ezra sur la Torah et le Roch,
* depuis le second Avaya, selon le Ranag sur les Tossafot, un Gaon, qui semble être Rabbi Saadya Gaon, cité par Rabbi Avraham Ibn Ezra et, semble-t-il, d’après l’une des interprétations du Sefer Halikoutim, du Ari Zal, à la Parchat Tissa,
* depuis le Nom Kel, d’après le Zohar, tome 3, page 131b, le Ets ‘Haïm, Chaar Ari’h Anpin, chapitre 11, Le Peri Ets ‘Haïm, Chaar Haseli’hot, chapitre 4, le Chaar Hakavanot, le Michnat ‘Hassidim et d’autres textes. Et l’on peut se demander pourquoi le Dére’h Emeth, commentant le Zohar, adopte le premier avis. Si je puis me permettre, il me semble que cette explication ne peut être celle de Rabbi ‘Haïm Vital, puisqu’elle contredit les écrits du Ari Zal. On dit, du reste, qu’à la suite d’une erreur d’imprimerie, des passages du Imreï Bina ont été introduits dans le Dére’h Emeth,
* depuis le terme Ra’houm, miséricordieux(4), pour le Séfer ‘Hassidim, chapitre 250, le Maharal de Prague, dans son Netivot Olam, qui dit se baser sur le tome 3 du Zohar, précédemment cité et sur le Talmud, mais j’avoue ne pas le comprendre, car ces références confortent bien l’avis du Ari Zal.
Pour tout ce qui concerne la dimension ésotérique de la Torah, l’avis à retenir est celui de la Kabballa(5), dont les Sages avaient connaissance de l’avis des Tossafot et du Ranag
et prirent donc leur décision en conséquence. Du reste, le Rav Azoulay, commentant le Séfer ‘Hassidim, dit: Notre maître et les Tossafot décomptèrent les Attributs de miséricorde divine de cette façon, parce que, à leur époque, le Zohar ne s’était pas encore répandu. Ce livre, en effet, de même que les écrits du Ari Zal, révèle leur compte et leur contenu(6).
Si l’on prend pour référence la partie révélée de la Torah, on peut dire que tout dépend de la version du Talmud que l’on retient. Selon celle du Rif et du Roch, on peut comprendre que le début de ces Attributs est le Nom Avaya. Du reste, on connaît le lien particulier entre le Roch et les maîtres des Tossafot, dont l’un des plus grands est Rabbénou Tam. On connaît aussi le lien entre le Rif et les Gaonim.
A l’opposé, selon la version la plus répandue du Talmud, celle que nous possédons, le texte, avant de commenter les treize Attributs, cite bien les mots Kel Ra’houm. Il en est de même pour la version du Eïn Yaakov. Il y a là une preuve indubitable que Kel est bien le commencement de ces Attributs. C’est ce que disent le Maharal et le Ets Yossef(7), alors que le Dikdoukeï Sofrim ne signale pas cette version.
Le Roch pose une question, à ce propos. Si l’on n’adopte pas l’avis de Rabbénou Tam, comment se fait-il que la communauté, lorsqu’elle dit, à voix haute, les treize Attributs de miséricorde divine(8), le fait à partir du Nom Avaya?
La réponse à cette interrogation peut être déduite des écrits du Ari Zal, selon lesquels ces deux Noms Avaya sont à l’origine de l’ensemble des treize Attributs de miséricorde divine. On peut le comprendre d’après la ‘Hassidout, le Likouteï Torah et le Torah Or, ce qui permet d’expliquer la Pessikta et le Midrach Cho’her Tov d’après l’avis du Ari Zal.
Très simplement, la communauté dit donc: Toi, Avaya, Avaya, nous T’implorons d’être Kel Ra’houm.
Le Roch remarque également que Notser ‘Hessed Lealafim, Il garde le bienfait pour les milliers, devrait être un seul Attribut, mais les Tossafot ont déjà répondu à cette objection.
Vous voudrez bien me confirmer avoir reçu cette lettre. En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Le Likouteï Amarim, à la page 17, évoque les deux Noms Avaya. Le Kitveï Kodech cite l’explication du Baal Chem Tov figurant dans le discours ‘hassidique précédemment cité, qui est également imprimé dans le livre Baal Chem Tov.
Notes
(1) Le Rav Yehouda Tsvi Fogelman. (2) 1928, par le précédent Rabbi. (3) De ces mêmes versets de la Parchat Tissa 34, 6-7, qui en compte deux. Ces treize Attributs furent invoqués par Moché pour obtenir le pardon d’Israël, à la suite de la faute du veau d’or. (4) La suite de ce même verset. (5) C'est-à-dire, en l’occurrence, le troisième, celui qui était mentionné dans le discours ‘hassidique du précédent Rabbi. Le Rabbi note, en bas de page: Ceci peut être au comparé au fait que la Hala’ha retient l’avis de Rav pour les interdictions et celui de Chmouel, pour les arbitrages, selon le Roch. Vous consulterez aussi le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken et le début du Chaar Hacollel. (6) Le Rabbi note, en bas de page: Additif ultérieur: Le Dorech Letsion, cité par le Bneï Issa’har, trouve une preuve à l’appui du Zohar et des écrits du Ari Zal, selon lesquels les treize Attributs de miséricorde divine commencent par Kel, dans le fait que ceux-ci restent les mêmes, que le Temple soit bâti ou non. Or, à l’époque du Temple, le Nom Avaya était lu tel qu’Il s’écrit. S’il était le premier des ces Attributs, il y aurait donc bien une différence, d’une époque à l’autre. (7) Le Rabbi note, en bas de page: C’est aussi ce que dit le Bneï Issa’har et ceci permet de comprendre la formulation du commentaire de Rachi. (8) Dans les Seli’hot.
Lettre n°388
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°388, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Mena’hem Av 5708,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav H.H. Havlin(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sûrement reçu ma lettre de la semaine dernière, vous demandant, pour l’instant, de ne rien faire pour la Rabbanit Sheïna(2). Entre temps, vous avez sans doute obtenu également le fascicule édité à l’occasion de la fête de la libération(3).
L’anniversaire du décès de mon père(4) a sans doute été marqué comme il se doit. Vous voudrez bien prélever dans la caisse, pour mon compte, trois livres pour la Yechiva Torat Emeth, trois pour le Collel ‘Habad et trois pour le groupe international des Tehilim. J’en donnerai la contrepartie ici, quand vous me le ferez savoir.
Je conclurai par un mot de Torah, en reprenant ce que j’ai expliqué à la date anniversaire du décès(4), lors d’une réunion de ‘Hassidim, c'est-à-dire une interprétation, par allusion et basée sur la ‘Hassidout, de la première Michna du traité Kélim, chapitre 24(5). Je la reproduirai brièvement ici.
Le bouclier recourbé(6) fait allusion à celui qui met la Torah et les Mitsvot en pratique pour qu’elles le protègent de toute difficulté. Bien plus, pendant la guerre, on se couche sur ce bouclier. Car, on peut être en lutte contre le mauvais penchant et, néanmoins, se trouver couché, c'est-à-dire avoir la tête et le pied au même niveau.
En pareil cas, l’intellect, auquel fait allusion la station debout, ne fonctionne pas. L’amour et la crainte de Dieu provoqués par la réflexion, que symbolise la position assise, causant la descente de la tête vers le pied, ne se révèlent pas. Seuls subsistent l’amour et la crainte naturels, ou même l’amour caché, dans lequel se trouve également une part de crainte.
Certes, ce n’est là que le début du service de Dieu, mais l’effort sur sa propre personne est alors nécessaire. Et l’on ne ressent pas d’attirance pour la spiritualité. On peut donc se corrompre, d’une manière permise par la Torah.
Dès lors, il est possible de contracter l’impureté par contact, de ne pas mal agir par nature, mais bien du fait de la grossièreté de sa personnalité, d’un investissement profond dans les plaisirs du monde, y compris ceux pour lesquels on n’éprouve pas d’attrait particulier.
Une telle situation résulte de l’action de l’homme, qui sert Dieu sans aucun enthousiasme, sans investissement intellectuel, sans être assis, mais véritablement en position de chute.
La seconde catégorie de boucliers(7) ne permet ni de se coucher, ni de s’asseoir. Elle fait allusion à un service de Dieu purement intellectuel, détaché des sentiments, à la station debout, c'est-à-dire à la méditation au bien qu’apporte la Divinité. Pour autant, la lutte(8) se poursuit et l’on peut en être la victime, tomber à terre, en éveillant son enthousiasme pour les plaisirs du monde. Dès lors, l’impureté est possible et peut être contractée par contact avec un mort, c'est-à-dire à cause de la morsure du serpent(9).
La troisième catégorie(7) est constituée par le bouclier des arabes, c'est-à-dire la situation de celui qui ne fait pas d’usage intrinsèque de la Torah et des Mitsvot, étant un arabe du domaine de la sainteté, c'est-à-dire celui qui se prosterne devant la poussière(10), laquelle symbolise la soumission, ainsi qu’il est dit: Que mon âme soit comme poussière pour tous(11).
C’est donc le plus petit bouclier, comme le souligne Rabbi Ovadya de Bartenora, puisqu’il fait allusion à celui qui ne ressent plus sa propre personne, n’a d’autre désir que de procurer satisfaction et joie à Dieu. Car, le plaisir du Maître devient le sien et il n’est plus qu’une émanation de son Créateur. Aucune lutte contre lui n’est envisageable, puisque ses ennemis fondent comme neige. Il est donc systématiquement pur.
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav ‘Hano’h Hendel Havlin, de Jérusalem. Voir la lettre n°179. (2) Pour marquer le deuil, bien que son décès ait pu être établi, comme l’indiquait la lettre n°382. (3) Du 12 Tamouz. (4) Le 20 Mena’hem Av. (5) Récitée par l’endeuillé. (6) Pour entourer le corps. (7) Définie par cette Michna. (8) Contre le mauvais penchant. (9) De la faute de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. (10) Comme le faisait ce peuple à l’époque d’Avraham, selon le Midrach. (11) Ce niveau est donc spirituellement le plus élevé. Il désigne l’homme qui est totalement soumis et ne peut donc contracter l’impureté.
Lettre n°389
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°389, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mena’hem Av 5708,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.M. Kalmenson(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous savez sûrement, depuis longtemps, que nous éditions nos publications par l’intermédiaire du Rav D.Bravman(2). Or, cette activité subit un retard, dont il semble que la raison essentielle soit l’impossibilité d’emprunter des fonds sur place et la difficulté d’expédier les livres, après l’impression.
Je me trouvais hier auprès de mon beau-père, le Rabbi Chlita et celui-ci m’a indiqué que, dans la mesure où vous pouvez obtenir une autorisation, même temporaire, de vous rendre sur place, il serait bon que fassiez ce voyage au plus vite, à condition qu’il ne remette nullement en cause votre déplacement en Irlande(3).
Vous prendrez avec vous mille Shekels, que j’ai demandé au Rav N.Nemanov de prélever pour vous sur notre caisse. Puis, avec le Rav D.B.(2), vous tenterez d’accélérer le processus, dans toute la mesure du possible.
Pour aller plus vite, le Rav D.B. pourra choisir une reliure souple, comme celle du Sifrénou. Vous essayerez d’activer également l’envoi des livres, par ceux qui se rendent en France, puis, à partir de ce pays, viennent ici, où même arrivent directement ici. Je m’en remets à votre discernement, en la matière.
Nous disposons également du reste de la somme correspondant à ces publications, mais mon beau-père, le Rabbi Chlita, ne souhaite pas qu’un montant supérieur à celui que j’ai indiqué soit transféré en une seule fois. Le Rav N.N. et le Rav B.T. C. T.(4) pourront vous en dire plus, concernant nos publications.
Vous voudrez bien m’indiquer au plus vite ce que vous avez fait, dans ce domaine. Il est bien évident que je prendrai en charge, d’ici, toutes les dépenses que cette activité occasionnera.
J’attends rapidement de vos bonnes nouvelles pour tout ce qui vient d’être dit,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chalom Mendel Kalmenson. Voir la lettre n°270. (2) Le Rav David Bravman. Voir la lettre n°367. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°395. (4) Le Rav Nissan Nemanov et le Rav Ben Tsion Chem Tov.
Lettre n°390
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°390, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Vendredi 1er Elloul 5708,
Au distingué jeune homme, l’élève de la Yechiva Y. L.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre et les questions que vous me posez ne sont pas si fortes que vous le prétendez. De fait, elles portent sur des points fondamentaux, mais, ceux-ci étant courants, on n’y prête guère attention.
L’usage répandu de certaines idées conduit à penser qu’on les comprend parfaitement. Mais, une juste analyse démontre qu’il est difficile de les percevoir et de les formaliser.
Ce qui vient d’être dit est vrai dans chaque domaine, dans chaque discipline. L’attention la plus approfondie doit être portée sur les principes fondamentaux, de cette science et de ses règles.
De telles questions sont difficiles à exposer par écrit, d’autant que le temps ne permet pas une analyse approfondie. Je répondrai donc brièvement.
Question: Pourquoi le monde d’Atsilout est-il caché de toutes les créatures? Pourquoi Brya est-il celui du Trône céleste? Pourquoi les anges se trouvent-ils dans le monde de Yetsira? Et pourquoi le monde d’Assya est-il celui des astres?
Réponse: Chaque accomplissement raisonné doit avoir un but, une finalité, qu’il doit atteindre aussi bien par sa formulation générale que par chacun de ses aspects particuliers.
Nos Sages enseignent que la finalité de la création des mondes est la révélation de la royauté céleste, ainsi qu’il est dit (Ichaya 43, 7): Tout ce qui porte Mon Nom, est pour Mon honneur, Je l’ai créé, façonné et fait. Nos Sages commentent cette affirmation au sixième chapitre du traité Avot.
Tout ce qui existe ici-bas possède une source, là-haut. De même, la royauté terrestre découle de la Royauté céleste. Or, il est possible d’avoir connaissance des usages d’un monarque de chair et d’os, comme le disent nos Sages, au traité Bera’hot 58a. En l’observant, on peut donc, conformément à l’enseignement des Sages, se représenter la Royauté céleste.
Ce qui vient d’être constaté nous permettra de comprendre une expression courante dans le Midrach: Cela évoque l’image d’un roi.... Bien plus, le Midrach E’ha Rabba commence par: Le Saint béni soit-Il dit aux anges: Que fait un roi de chair et d’os? Hé bien, J’en fais de même.
Nos Sages tirent de nombreux enseignements du comportement d’un monarque ici-bas et de la manière dont il règne. Sa cour conserve ses distances par rapport à lui. Elle est, selon l’expression du Tanya, séparée, étrangère et éloignée. Le Rambam précise qu’il doit inspirer la crainte, ne pas se tenir face à un autre homme, ne pas lui adresser des paroles douces, l’appeler uniquement par son nom. Malgré cela, on doit accepter sa royauté, car on doit avoir conscience, au moins jusqu’à un certain point, de sa grandeur.
De plus, le roi, en tout cas celui qui est apte à régner, n’est pas uniquement un monarque. Il possède une valeur intrinsèque. Néanmoins, il entre en relation avec son peuple en régnant et en dirigeant. Voici de quelle manière il le fait.
Le peuple ne peut nullement comprendre les qualités personnelles du roi. C’est la raison pour laquelle, disent nos Sages, on ne peut le voir dévêtu. Sa qualité, dans la mesure où il règne sur un peuple, consiste à déterminer, par sa sagesse et son entendement, les besoins de ce peuple avant même qu’il n’en prenne conscience.
Puis, le roi se rend dans son palais, prend place sur son siège et, en fonction de ce qu’il a décidé, de toute la profondeur de sa sagesse, il donne des instructions aux ministres sur la manière de diriger le pays, parfois en en précisant la raison. Il est clair que ceux qui se trouvent à l’intérieur du palais et voient le roi, siégeant sur son trône, ne peuvent l’oublier et n’ont pas besoin d’une preuve qu’il existe.
Néanmoins, le roi désire que ses sujets, se trouvant à l’extrémité de son palais, lui obéissent également. Il délègue donc, auprès d’eux, des émissaires chargés de faire connaître sa volonté à tout le peuple, sans pour autant lui fournir d’explication, à ce propos.
Avec toutes les distinctions qui doivent être introduites, ce qui vient d’être dit s’applique, de manière identique, à l’enchaînement des mondes.
Le roi, lorsqu’il se trouve seul, fait allusion à ce qui précède le Tsimtsoum(2).
Puis, le roi quitte sa grandeur intrinsèque pour réfléchir, par sa sagesse, aux besoins du peuple. Cette image correspond au monde spirituel d’Atsilout, un monde à part entière, puisque les besoins du peuple peuvent, à ce stade, être évalués, mais qui reste, cependant, caché aux créatures. On a vu, en effet, que le peuple n’a pas connaissance de la réflexion du roi.
Le roi se rend ensuite dans son palais, qui illustre le monde spirituel de Brya. Là, il siège sur son trône et le peuple se soumet à lui. Il s’agit alors du monde caché.
Par la suite, le roi délègue ses émissaires, qui sont les anges, se trouvant dans le monde spirituel de Yetsira. Ceux-ci, lorsqu’ils portent le vêtement qui convient, peuvent également se révéler dans celui d’Assya. Ils sont porteurs des ordres du roi, ceci est permis, cela ne l’est pas, cet homme n’est pas coupable, cet autre l’est.
Enfin, l’on parvient à l’extrémité du royaume, au monde le plus bas, celui des astres qui ont un corps et une âme. Là, se trouvent toutes les créatures de ce stade le plus inférieur de la création.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Yehouda Leïb Bistritski. (2) La contraction de la Lumière céleste qui est à l’origine du processus créatif. Avant le Tsimtsoum, la création n’a encore aucun sens.
Lettre n°391
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°391, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Elloul 5708,
Au ‘Hassid qui craint Dieu, responsable communautaire
plein d’ardeur, aux multiples réalisations, le généreux
Rav M.T. Weksler,
Je vous salue et vous bénis,
Nos émissaires(1), de remarquables jeunes gens, ‘Hassidim qui craignent Dieu, les Rabbanim Chalom ‘Haskind et Chimeon Aharon Simpson nous ont parlé de vous et de l’enthousiasme avec lequel vous avez accueilli l’oeuvre du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Nous avons été particulièrement satisfaits d’apprendre que vous avez promis d’apporter votre aide aux accomplissements du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, en organisant une réception chez vous. Ainsi, non seulement vous agirez vous-même, mais vous engagerez les autres à le faire.
Il est inutile de vous préciser l’importance d’une telle Mitsva. J’espère que vous nous préviendrez, lorsque la réunion qui a été prévue se tiendra chez vous.
Elloul est le dernier mois de l’année, qui prépare Roch Hachana, lorsque nous demandons tous à Dieu d’être inscrits et scellés pour une bonne santé, de nous accorder la santé, la prospérité et de satisfaire tous nos désirs, matériels et spirituels.
Deux versets forment le nom d’Elloul, par les initiales des mots qui les constituent: 1. Je suis à mon Bien Aimé et mon Bien Aimé est à moi. 2. Chacun à son ami et des dons aux pauvres(2).
Ces deux versets précisent ce que doit être la préparation d’Elloul. Il faut d’abord mettre en pratique les termes du verset Je suis à mon Bien Aimé. Chaque Juif doit retourner vers Dieu en éprouvant un sentiment de Techouva. Puis, il doit apporter à ce sentiment une expression concrète, en appliquant les termes du second verset, chacun à son ami et des dons aux pauvres.
De façon générale, un homme fréquente des personnes qui ont une situation comparable à la sienne et qui, de ce fait, peuvent être définies comme des amis. D’autres personnes, en revanche, se trouvent dans une situation inférieure et sont donc des pauvres. Bien évidemment, ceci concerne la dimension morale autant que la dimension physique. Pour parvenir à la plénitude, un Juif doit donc cumuler ces deux domaines, se consacrer à la fois aux amis et aux pauvres.
Celui qui agit personnellement et, en outre, invite les autres à le faire, exerce sur eux une influence positive. Il parvient donc bien à la plénitude dans ces deux domaines, en particulier lorsqu’il vient en aide au Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Avec l’expression de ma reconnaissance et tous mes voeux pour la nouvelle année,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(3),
Notes
(1) Qui, durant l’été 5708, avaient visité de nombreuses villes pour le compte du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h et s’étaient, en particulier, rendus à Los Angeles, où résidait le Rav Weksler. Voir, à ce propos, la lettre n°378. (2) Les deux Mitsvot de Pourim telles que les définit la Meguila, cadeaux aux amis et dons aux pauvres. (3) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°392
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°392, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Elloul 5708,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav M.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre et les quatre vingt quinze(2), don de monsieur Dalfon(3), qui y étaient joints. Ce n’est sans doute qu’un début et je vous en remercie.
Ma réponse a été retardée par mes multiples occupations, car je dois éditer les résumés du Tséma’h Tsédek et ses commentaires sur le Tanya, avec quelques additifs. J’ai bon espoir que cet ouvrage sera publié dès la semaine prochaine.
Je ne possède pas le Zé’her Yehouda et le Tseror Ha’haïm.
Je conclurai par des paroles de la Torah. Dans le livre qui va être édité, j’ai noté une explication du Baal Chem Tov selon laquelle l’ange Mi’haël échangerait la totalité de son service de Dieu contre l’un des quatre Tsitsit d’un Juif. Or, pourquoi est-ce précisément cette Mitsva qui est mentionnée ici? Et pourquoi est-il question d’un Tsitsit et non uniquement d’un fil de Tsitsit?
L’explication figure dans le Zohar, tome 3, page 216a, constatant que l’initiale du nom des quatre anges qui sont les quatre pieds du Char céleste forment le mot Guemara. Mi’haël est l’un d’eux. Or, le Tikouneï Zohar, au Tikoun 10, précise que celui qui porte des Tsitsit est considéré comme s’il bâtissait le Trône céleste(4).
L’ange Mihaël considère donc que, par un Tsitsit, il est considéré comme ayant accompli ces réalisations. Il préférerait donc agir de manière concrète et est prêt, pour cela, à échanger la valeur que représente le Char céleste.
C’est donc pour cela qu’il est ici question d’un seul des quatre Tsitsit. En effet, c’est tout ce que Mi’haël possède, comme on vient de le dire(5). Dans mes notes imprimées, je développe également une autre explication, basée sur la partie révélée de la Torah.
Je vous souhaite d’être inscrit et scellé pour une bonne année. En saluant tous les vôtres,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Mena’hem Zeev Gringlass, de Montréal. Voir la lettre n°170. (2) Dollars. (3) Voir, à propos des frères Dalfon, de Montréal, les lettres n°208, 213, 236, 282 envoyées au Rav Gringlass et la lettre n°281, qui leur est personnellement adressée. (4) Qui est l’équivalent de ce Char, se trouvant dans le monde spirituel de Brya. (5) Il ne peut donc rien échanger de plus. (6) Dans le livre, à paraître, du Tséma’h Tsédek.
Lettre n°393
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°393, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Elloul 5708,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu ...
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à la question que vous avez posée(1) sur le discours ‘hassidique, intitulé Au commencement Dieu créa le ciel et la terre, de 5702(2). Il est dit que les réceptacles des dix Sefirot du monde spirituel d’Atsilout sont des créatures. Pour autant, ces réceptacles ne sont nullement comparables aux créatures des mondes spirituels de Brya, Yetsira et Assya(3), ce qu’à Dieu ne plaise. En fait, ils sont donc définis comme des créatures uniquement par rapport aux Lumières de ce même monde d’Atsilout. Car, l’attachement de ces réceptacles à leur source ne fait pas abstraction de leur propre existence et l’on peut donc bien parler de création, à leur propos.
Or, vous vous interrogez sur cette affirmation car, selon différents textes, l’attachement de ces réceptacles à leur source fait effectivement abstraction de leur propre existence.
Ce discours ‘hassidique explique que les lumières et les réceptacles du monde spirituel d’Atsilout sont, non seulement attachés, mais même unifiés à leur source. Pour autant, on peut bien dire que les réceptacles sont créés, car leur unification est effectivement perceptible. On peut vérifier à l’évidence que deux éléments, séparés à l’origine, ont été réunis. Rien de tel ne peut être dit des lumières. Et l’on retrouve une même distinction, à propos des différents stades de la compréhension, comme l’indiquent le discours ‘hassidique Igdal de 5700(4) et celui de Chavouot 5701(5).
Il est effectivement expliqué, par ailleurs, que l’attachement à leur source des réceptacles d’Atsilout n’apparaît pas à l’évidence. Cela veut dire qu’ils ne portent pas la marque de cet attachement, car, par nature, les réceptacles, sont conçus pour voiler.
Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
M. Schneerson,
Notes
(1) La question avait été posée au précédent Rabbi, qui avait répondu: Par la grâce de Dieu ב'ה, 5 Elloul 5708, Brooklyn, à mon ami, ‘Hassid qui craint Dieu. Je vous salue et vous bénis. Vous m’avez interrogé sur le discours ‘hassidique de 5702, intitulé au commencement Dieu créa le ciel et la terre. J’ai transmis votre lettre à mon gendre, le grand Rav, Rabbi Mena’hem Mendel Chlita, qui ne manquera de vous répondre, avec l’aide de Dieu. (2) 1941, prononcé par le précédent Rabbi. (3) Déjà entachées par le mal qui, en revanche, est absent du monde spirituel d’Atsilout. (4) 1940, du précédent Rabbi. (5) 1941, du précédent Rabbi.
Lettre n°394
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°394, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Elloul 5708,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et assume fidèlement
sa mission, le Rav Y.Kats(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous présente mes excuses pour n’avoir pu vous répondre jusqu’à maintenant. En effet, outre les problèmes du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, qui font désormais partie des affaires courantes, outre les tracas habituels, il m’a fallu préparer la publication des résumés et des commentaires du Tanya(2). Je tenais à ce que ce livre soit prêt pour le 18 Elloul(3). Or, il a été nécessaire de consulter de nombreux manuscrits.
Je vous adresserai un exemplaire de ce livre et du fascicule édité à l’occasion du 18 Elloul. L’un et l’autre se trouvent actuellement à la reliure. Vous voudrez bien me confirmer les avoir reçus.
Mon beau-père, le Rabbi Chlita, m’a demandé de vous écrire, car, selon lui, vous devriez voir, sans plus attendre, monsieur Kishin(4) et lui parler, afin d’éveiller en lui de l’intérêt pour les institutions de mon beau-père, le Rabbi Chlita.
Je voudrais vous remercier, du fond du coeur, pour l’aide que vous avez apportée à nos émissaires(5). Mais, vous savez sans doute qu’un Juif n’est jamais satisfait: 1. Pourquoi a-t-on eu peur de dire qu’ils étaient les émissaires du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h? 2. Pourquoi, matériellement, le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h est-il perdant à Chicago, plus que dans toute autre ville, comme cela a également été le cas cette fois-ci?
Pourquoi ces questions vous sont-elles adressées? Je vais m’en expliquer. Mon beau-père, le Rabbi Chlita, m’a raconté que, lorsqu’il était à l’école, il était systématiquement puni, chaque fois qu’un enfant s’était mal comporté. Le professeur lui disait alors: Tu es responsable et tu seras puni. Imagine, maintenant, à quel point le véritable coupable doit avoir peur!.
Je vous demande encore une fois de m’excuser pour ne vous avoir pas répondu plus tôt. En vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Yaakov Kats, de Chicago. Voir la lettre n°174. (2) Par le Tséma’h Tsédek. Voir la lettre n°392. (3) Anniversaire de la naissance de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya. (4) Auquel le précédent Rabbi s’était adressé pour lui demander de contribuer financièrement à l’achat d’un bâtiment pour la Yechiva Loubavitch. (5) Les délégués du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, qui avaient visité Chicago pendant l’été 5708. Voir, à ce propos, la lettre n° 378.
Lettre n°395
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°395, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Elloul 5708,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav C.M.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre m’annonçant que votre groupe de Cho’hatim est bien arrivé à Dublin(2). Comme vous me l’avez demandé, je vous adresse le fascicule du 18 Elloul, qui a été relié hier après midi. Vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre et il sera l’instrument pour rapprocher de la Torah et des Mitsvot, en général, de l’enseignement du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken(3), en particulier, ceux qui, pour l’heure, en sont encore éloignés.
S’il vous arrive de vous trouver à l’extérieur, vous ferez sûrement bon usage de ce texte, pour qu’il contribue à mettre en pratique les termes de la promesse(4) selon laquelle tes sources se répandront à l’extérieur, pour ce que ce terme d’extérieur concerne cet endroit.
Vous avez sans doute connaissance du proverbe de mon beau-père, le Rabbi Chlita, selon lequel un Cho’het n’est pas uniquement un homme tenant un couteau à la main.
Cette période nous conduit vers celle qui sépare un Roch Hachana de l’autre, puisque Yom Kippour s’appelle également ainsi(5), comme le soulignent les Tossafot, au traité Nedarim 23b, de même que le Séfer Hassidim et le Likouteï Torah. On trouve, à ce propos, de profonds enseignements et voici l’un d’entre eux:
Chaque être vivant, et tout Israël possède la vie, doit garder présent à l’esprit que le Saint béni soit-Il ne nous a pas demandé de célébrer Roch Hachana au premier jour de la création, lorsque apparurent les cieux, la terre et tous ce qu’ils contiennent, ni même au septième jour, que Dieu voulut sanctifier. Il instaura cette fête au sixième jour, quand fut créé Adam(6) qui, aussitôt, proclama devant toutes les autres créatures: Dieu règne et se revêt de gloire. Venez, nous nous inclinerons, nous agenouillerons et nous prosternerons devant l’Eternel, Qui nous a créés.
C’est ce que relatent nos Sages, dans les Pirkeï de Rabbi Eliézer et dans le Zohar. Par cette proclamation, Adam, le premier homme, put soumettre toute la création à Dieu, de sorte que chaque créature prit conscience que Dieu règne et se revêt de gloire.
Or, la Che’hita a la même finalité, quoiqu’elle l’atteigne d’une autre manière. Selon nos Sages, au traité ‘Houlin 30b, elle provoque un déplacement, d’un endroit vers l’autre. Pour cela, l’animal perd son âme, la vitalité et l’enthousiasme qu’il avait jusqu’alors.
Dès lors, cet animal peut se confondre à la chair et au sang de l’homme, créé à l’image du Trés Haut. Le temps ne me permet pas de développer tout cela.
Je conclus en vous souhaitant, ainsi qu’à tout votre groupe, d’être inscrit et scellé pour une bonne année, matériellement et spirituellement,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif,
Notes
(1) Le Rav Chalom Mendel Kalmenson. Voir la lettre n°260. (2) Où une importante quantité de viande avait été offerte, au profit des réfugiés. (3) Tous deux nés le 18 Elloul, date de cette lettre. (4) Faite au Baal Chem Tov par le Machia’h. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°102. (6) Voir, à ce propos, la lettre n°249.
Lettre n°396
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°396, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Elloul 5708,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav A.E.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Mon beau -père, le Rabbi Chlita, m’a demandé d’éditer le fascicule du 18 Elloul et il se trouve qu’il a été publié à la mémoire de votre oncle. Je vous en joins un exemplaire. Dans quelques jours, nous disposerons de quelques fascicules avec une reliure plus luxueuse. Je les adresserai alors à la famille du défunt. Vous voudrez bien me dire s’ils doivent leur être adressés par votre intermédiaire ou directement.
Vous expliquez la formulation d’Igueret Hakodech, insignifiants dans la Torah et comme insignifiants par rapport à la Lumière de Dieu(2), en soulignant que cette dernière vivifie les mondes. Il ne me semble pas que cette interprétation puisse être donnée ici, car ce texte explique la valeur de la Torah, unifiée avec la Lumière de Dieu. C’est pour cela qu’il est dit insignifiant.
Néanmoins, il est bien précisé que les mondes sont comme insignifiants par rapport à l’aspect infini de Dieu, qui transcende Sa Lumière, laquelle est à l’origine de la valeur de la Torah. Cet aspect infini est donc incomparablement plus élevé que ce qui en découle, c'est-à-dire la Torah elle-même.
Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année, avec tous les membres de votre famille,
Rav Mena’hem Schneerson,
Je viens de recevoir votre lettre du 18 Elloul. Je m’efforcerai d’obtenir les mille(3) auprès de ... En tout état de cause, j’ai engagé ma responsabilité personnelle et vous n’avez donc aucune crainte à avoir.
Notes
(1) Le Rav Avraham Elyahou Axelrod. Voir la lettre n°225. (2) Par rapport à l’aspect infini de Dieu, les mondes sont comme insignifiants. De même, dans la partie profonde de la Torah, ils sont insignifiants. (3) Dollars.
Lettre n°397
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°397, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Elloul 5708,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav H.H.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 8 Elloul.
A) Il me semble vous avoir déjà écrit que vous devez, de votre côté, mettre tous les moyens en oeuvre pour obtenir une subvention accrue de la part du comité des Yechivot de Chicago(2). Vous voudrez bien me faire savoir quel montant celui-ci vous a attribué au titre de l’année 5708.
B) Vous voudrez bien transmettre ce message également à la direction de la Yechiva Tséma’h Tsédek Midrach Chmouel(3). Celle-ci devra nous donner des informations sur son fonctionnement, si cela n’a pas encore été fait, nous indiquer le nombre de ses élèves, qui sont les professeurs, quel financement a été obtenu.
C) J’ai écrit(4) qu’il n’est pas notre coutume de conduire la prière pendant le Chabbat précédant le décès d’un proche, y compris le vendredi soir. Cela veut dire que nous n’adoptons pas l’avis selon lequel il est nécessaire de le faire. En revanche, il n’y a aucune interdiction d’être l’officiant, au même titre que durant n’importe quel autre Chabbat.
D) On vous a envoyé, à titre de représentant de notre institution, les résumés et commentaires du Tanya, rédigés par le Tséma’h Tsédek, avec quelques additifs. Vous avez sans doute reçu ce livre et vous vous efforcerez, dans la mesure du possible, de faire paraître un bon article, à son propos, dans le support qui convient, afin que son enseignement se diffuse largement.
E) A ce propos, peut-être nous adresserez-vous enfin les commentaires de votre père sur le Tanya? On m’a dit qu’ils se trouvaient en votre possession et ils reproduisent sûrement les propos de ‘Hassidim des premières générations.
F) Je vous remercie de m’avoir fait savoir comment l’anniversaire du décès de mon père(5) avait été marqué à la Yechiva Torat Emeth.
G) Le Rav B.C. Schneerson(6) a écrit un article trop court sur le Tséma’h Tsédek, dans un journal de Jérusalem. Il serait bon qu’il en rédige un plus long pour le périodique Kol Torah, comme le Rav Weber l’a promis, il y a quelque temps déjà.
H) Un ‘Hassid vivant actuellement dans la banlieue parisienne, le Rav Chnéor Zalman Taubel souhaite que vous lui fassiez parvenir une paire de belles Tefilin de Rachi, de taille moyenne. Vous voudrez bien me dire si cela est possible et à quel prix.
Pour l’heure, je conclurai en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année, d’un bien visible et tangible, matériel et spirituel, avec tous les membres de votre famille, vos élèves et vos proches.
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav ‘Hano’h Hendel Havlin, de Jérusalem. Voir la lettre n°179. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°357. (3) A Jérusalem, portant le nom du Tséma’h Tsédek et du Rabbi Maharach. (4) Dans le Séfer Haminhaguim. (5) Le 20 Mena’hem Av. (6) Le Rav Barou’h Chimeon Schneerson, actuel recteur de la Yechiva Ko’hav Meyaakov.
Lettre n°398
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°398, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Elloul 5708,
Vous recherchez des livres pour votre fille. Nous avons envoyé et nous envoyons encore, dans votre ville, par l’intermédiaire du bureau(1) ou du comité des implantations(2), toutes les publications du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. Parmi ceux-ci, vous trouverez sûrement ce qui lui convient. Bien évidemment, je ne peux vous donner mon avis, d’ici, sur d’autres livres, sans les voir et les examiner.
Néanmoins, puisque vous abordez cette question, je dirais qu’il ne faut pas exagérer l’importance de ce qui n’est qu’accessoire, en l’occurrence les livres de lecture ou d’étude, même si cela est indiscutablement important, lorsque l’on néglige, pour ne pas employer un terme plus fort, ce qui est essentiel, c'est-à-dire l’école et le milieu que l’on fréquente.
Certes, vous ne trouvez pas de place pour elle, à l’heure actuelle, dans une bonne école. Mais pourquoi ne vous efforcez-vous pas de créer une classe qui lui convienne? Avez-vous au moins essayé, même sans succès, de le faire?
Et, si cela est vraiment impossible, pourquoi ne serait-elle pas institutrice ou éducatrice dans une bonne école? Alors, il n’y aurait plus de problème de classe et elle pourrait faire usage de ses qualités dans une ou plusieurs matières. Elle évoluerait alors dans le milieu qui convient pour que son Judaïsme reste intacte et qu’elle opère la transition, en particulier à son âge, entre l’ancien mode de vie de notre pays et celui de l’Europe, en général. Cela est particulièrement important.
Vous me dites être navré de cette situation, mais vous connaissez sans doute le proverbe que cite mon beau-père, le Rabbi Chlita, au nom de son père, le Rabbi(3): Une action concrète vaut mieux que mille plaintes.
Je me suis permis de développer quelque peu cette idée, bien que je ne l’ai jamais fait jusqu’à maintenant, car je n’avais pas encore eu l’occasion d’aborder ce sujet avec vous. En tout état de cause, vous voudrez bien excuser mon intervention dans un domaine qui vous concerne personnellement
Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion du 18 Elloul, que vous mettrez à la disposition du plus grand nombre.
Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le bureau européen d’aide au réfugiés, à Paris. (2) Le comité des implantations des ‘Hassidim, dans la région parisienne. (3) Rachab.
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