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Iguerot Kodesh — lettres 358 à 378

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°358

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°358, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Nissan 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav N.G.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 22 Adar et je voudrais, par la présente, vous transmettre le fascicule édité à l’occasion de la fête de Pessa’h, qui est paru hier. Vous le recevrez sans doute après la fête, mais vous vous efforcerez néanmoins de le mettre à la disposition du plus grand nombre. L’un étudiera le discours ‘hassidique et l’autre, la causerie(2). Chacun comprendra en fonction de ses moyens, comme le dit l’introduction du Tanya, basée sur le Zohar. Mais, en tout état de cause, tous prendront connaissance de l’enseignement du maître.

C’est en cela que l’on se distingue du Pharaon, qui dit: «Que les hommes(3) aillent servir Dieu». Mais, nous tenons de Moché, dont il est un équivalent à chaque époque, en particulier en celle du «talon du Machia’h», comme le souligne le Tikouneï Zohar, au Tikoun 69, que nous devons être libérés «avec nos jeunes (par le nombre de leurs années comme par le niveau de leurs connaissances) et avec nos anciens, avec nos fils et avec nos filles». C’est seulement de cette manière que «nous célébrerons la fête pour Dieu».

En vous souhaitant une fête de Pessa’h cachère et joyeuse et en saluant tous les vôtres,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Naftali Gluskin. (2) Ce fascicule contenant l’un et l’autre. (3) D’âge mur.

Lettre n°359

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°359, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Pessa’h 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav D.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre et, entre temps, vous avez dû recevoir les jeunes gens venus d’ici(2). Vous vous efforcerez d’envoyer, par leur intermédiaire, le plus grand nombre de livres.

Voici la raison essentielle pour laquelle je vous écris. Il faut agrandir un peu le format des Pisskeï Dinim, afin qu’il soit le même que celui du Tséma’h Tsédek de nos éditions, c'est-à-dire 25,5 centimètres sur 16,5. La reliure doit faire 26,5 sur 17,5.

S’il est d’ores et déjà impossible d’agrandir le format, peut-être la reliure, au moins, pourrait-elle avoir ces dimensions. Le livre sera réparti en deux volumes.

La page de garde sera la même que celle du Tséma’h Tsédek que nous avons édité, c'est-à-dire celle que j’ai ajouté au Dére’h Mitsvoté’ha. Elle portera d’abord la mention «Bibliothèque Otsar Ha’hassidim Loubavitch», puis, en dessous et au centre, «recueil de la chaîne de lumière». Un peu plus bas, à droite: «Cinquième Sanctuaire(3)» et, en regard, à gauche: «septième porte».

En dessous, vous reproduirez la mention figurant dans les Pisskeï Dinim jusqu’à Mendel(4). Puis, vous indiquerez «seconde édition», placerez le sigle des éditions Kehot et ajouterez «publié par les éditions Otsar Ha’hassidim en l’an 5708 de la création, 770 Eastern Parkway», comme vous l’avez fait dans le Tanya.

Après cette page de garde, il y aura mon introduction et les pages suivantes, que je vous adresserai après la fête.

Je vous joins le fascicule édité pour la fête de Pessa’h. A n’en pas douter, vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre.

Je vous souhaite un Pessa’h cacher et joyeux. Vous saluerez toute la communauté.

Notes

(1) Le Rav David Bravman, responsable des publications, en Europe, pour le compte des édition Kehot. Voir la lettre n°279. (2) Les Rabbanim Pozner et Baumgarten. Voir la lettre n°326. (3) Celui du Tséma’h Tsédek. (4) Ce qui est l’indication du nom de l’auteur.

Lettre n°360

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°360, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Nissan 5708,

Au distingué jeune homme, ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav C.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à la question que vous m’avez posée. Le discours ‘hassidique intitulé «et Dieu sentit l’odeur agréable», de 5708, dit: «La forme(2), arrondie, sphérique, carrée ou ayant des extrémités, n’est pas précisée dans les dix Paroles de la création». Or, soulignent nos Sages, rien ne fut créé, à l’origine, en ayant une forme carrée et un discours ‘hassidique de 5663(3) affirme, de fait: «rond, ayant des extrémités ou trois coins (4)».

Il nous faut d’abord vérifier si ce principe est accepté par tous, quelle que soit la situation:

A) Le Babli et le Yerouchalmi, au traité Chevouot, parlent du serment vain de celui qui jure avoir vu un «serpent de la taille d’une poutre de pressoir», mais ne précise pas que cette poutre était carrée. Le Yerouchalmi donne une explication, à ce propos. Pour le Babli, en revanche, on peut considérer que la règle selon laquelle rien ne fut d’emblée créé en ayant une forme carrée n’existe pas. Mais, l’on peut s’interroger sur cette conclusion car, selon différents commentateurs, c'est bien d’une poutre carrée qu’il s’agit, dans ce texte.

B) Rabban Chimeon Ben Gamliel énonce ce principe, dans le traité Maasérot, mais un autre Tana semble le contester. Là encore, cette interprétation est difficile à accepter, car elle mettrait en opposition le Babli et le Yerouchalmi.

C) Le Yerouchalmi conclut que les êtres ne furent pas créés avec une forme carrée. Certains aliments, en revanche, le furent.

D) Les êtres ne furent pas créés avec une forme carrée et des côtés lisses, c'est-à-dire formant un cube. Ils peuvent, en revanche, être carrés d’un côté et arrondis de l’autre ou encore posséder un côté qui ne soit pas totalement lisse.

E) Le Noda Bihouda explique que le principe selon lequel une femme ne peut concevoir lors de sa première relation n’est qu’une règle générale, à laquelle il peut y avoir des exceptions. Il peut donc en être de même pour ce qui fait l’objet de notre propos.

F) Un cube a une arête toujours identique, mais, au sens figuré, on peut appeler cube n’importe quel volume à six faces. Peut-être ce discours ‘hassidique fait-il allusion à cela et la question posée trouve ainsi sa réponse.

On peut encore formuler les remarques suivantes:

A) On sait qu’un cristal de sel est cubique et ses faces sont lisses.

B) Le Midrach Me’hilta, au début de la Parchat Bechala’h, dit: «Ils revinrent et campèrent devant Pi Ha’hirot(5). Les mottes de terre, à cet endroit, n’étaient pas incurvées, mais comme des monticules». Tout le développement qui suit semble difficile à comprendre. Pourquoi ne pas dire simplement qu’il y avait là des mottes de terre en forme de monticules?

On peut donc expliquer que le Midrach justifie, de cette manière, pourquoi les enfants d’Israël étaient alors encerclés. Il n’y avait pas de pentes, qu’ils auraient pu escalader, pour se sauver, s’ils étaient poursuivis par les Egyptiens. Il s’agissait, en fait, de monticules, qui n’étaient pas ouverts, mais pleins. Ceux-ci n’étaient pas arrondis, auquel cas il eut été possible de les traverser, en en cassant uniquement la partie la moins large. En fait, ces monticules étaient cubiques. C'est-à-dire qu’ils se touchaient et, pour les traverser, il fallait les casser tout du long.

Bien plus, ces monticules n’avaient pas été bâtis par des hommes, car, si c’était le cas, on aurait pu les détruire plus facilement. Ils avaient été créés ainsi. Or, on sait que rien de carré ne fut créé pendant les six premiers jours. Le Midrach conclut donc: «Il portait des orifices» et n’étaient donc pas lisses. On peut ainsi comprendre tout le développement de ce passage.

Il est précisé que ces monticules n’avaient pas été bâtis par les hommes, car: 1. cela signifie qu’ils n’étaient pas interdits, même s’ils étaient servis comme des idoles, car, selon le traité Avoda Zara 45a, «les montagnes ne peuvent être leurs dieux(6), 2. cela justifie que Dieu ait demandé que les enfants d’Israël campent à cet endroit, bien que l’on ne puisse donner une indication en faisant usage du nom d’une idole. Certes, cette disposition émane de nos Sages, mais l’on sait qu’ils ne peuvent interdire ce que la Torah autorise clairement.

C) Il faut comprendre la référence qui est faite ici aux six jours de la création: 1. Première possibilité, il est des créations célestes qui furent réalisées après ces six jours, comme le Ta’hach(7) ou l’orifice du centre de la terre. A l’opposé, l’action d’Adam, au jour même de sa création, put permettre qu’un objet soit carré, déjà pendant les six jours de la création. 2. Autre hypothèse, les six jours de la création recouvrent tout ce qui fit alors son apparition, de manière naturelle ou par l’intervention d’Adam. En revanche, il put y avoir une créature ultérieure, que rien n’empêchait d’être cubique. Mais, on peut encore s’interroger, à ce propos.

D) Selon la ‘Hassidout et la Kabbala, un lien est établi entre le premier Tsimtsoum(8) et la forme cubique. Le Meoreï Or indique que cette forme est liée à l’élément féminin.

*

*

*

Vous m’avez interrogé, il y a quelques temps, sur l’intervention de l’Admour Hazaken, rapportée par le Torat Chalom, pour le sauvetage de Rabbi Pin’has Baal Haaflaa(9): «Selon le Rambam, un agonisant est considéré comme mort. Si, par la suite, il guérit, il peut en conclure que la sentence prononcée contre lui a bien été exécutée. Les élèves du Baal Chem Tov, avec le Maguid de Mézéritch à leur tête, acceptèrent cette décision du Rambam et c’est bien ce qui se passa(10)».

Je notais, à la page 332, que je n’avais pas trouvé la référence de ce principe hala’hique du Rambam, qui semblait plutôt être l’avis de Rachi.

Vous dites que ce que rapporte le Torat Chalom ne concerne pas la discussion entre les Décisionnaires sur la validité des actes d’un mourant, mais porte sur la valeur intrinsèque de cet homme. Or, le Rambam dit bien que celui qui assassine un agonisant n’est pas condamnable(11), car, de façon générale, celui qui est à l’agonie ne s’en remet pas. Ceci répondrait à l’objection qui a été soulevée.

Néanmoins, on ne peut accepter cette interprétation:

A) Le récit indique, en effet, que l’Admour Hazaken chercha une décision hala’hique présentant un caractère novateur, puis demanda l’accord du Maguid et des autres élèves du Baal Chem Tov pour retenir cette décision. C’est seulement après cela que Rabbi Pin’has fut sauvé.

Or, la Hala’ha à laquelle vous faites référence fait l’unanimité. Elle ne requiert donc pas la référence au Rambam ou l’accord du Maguid.

B) Outre la formulation du récit, les faits mêmes indiquent qu’il ne peut en être ainsi. Le tribunal céleste avait condamné à mort Rabbi Pin’has et le Maguid cherchait un moyen de le sauver. Or, selon la Hala’ha, le condamné à la peine capitale n’a plus de valeur intrinsèque, étant considéré comme déjà mort, d’après la décision de la Torah. Il se trouve donc dans une situation inférieure à celle du mourant. Car ce dernier va perdre la vie alors que lui, potentiellement, est déjà mort. Dès lors, quelle était l’utilité que Rabbi Pin’has agonise, alors que, finalement, il n’était pas potentiellement mort(12)? Tout cela serait surprenant.

Si l’on considère qu’il s’agit d’une punition ou d’un moyen de racheter sa faute, l’agonie ne se justifie plus, car il est d’autres moyens d’obtenir ce rachat. Il aurait pu, par exemple, devenir aveugle puis retrouver la vue, car l’aveugle est considéré comme mort, selon le traité Nedarim 64b. Et il en est ainsi selon l’unanimité des avis(13).

De plus, on ne peut faire de distinction entre la condamnation du tribunal céleste et celle des hommes, en considérant que l’on est potentiellement mort seulement dans ce dernier cas, qui est irréversible, alors que le tribunal céleste prend en compte la Techouva et le Roi du monde abroge alors la sentence. Car, si la Techouva suffisait à sauver Rabbi Pin’has, pourquoi fallait-il lui imposer l’agonie? C’est une évidence.

*

*

*

Dans votre première lettre, vous me donnez différentes explications sur le Rambam, qui pourraient établir que celui-ci pense, comme Rachi, que l’agonisant est tenu pour mort, bien que le texte semble indiquer le contraire, bien que les Hagaot Maïmonyot établissent clairement que tel n’est pas l’avis du Rambam. Néanmoins, ceci permettrait de répondre à cette question et de confirmer une interprétation du Lé’hem Michné.

Je ne sais pas pourquoi vous voulez bâtir un raisonnement aussi peu défendable. En tout état de cause, tous les développements sont possibles. Pour autant, même si ce que vous écrivez est exact, il reste nécessaire, à mon humble avis, de revoir la formulation du Torat Chalom.

Pensez donc! L’Admour Hazaken aurait pu s’appuyer sur Rachi, qui adopte clairement cet avis. Or, il préfère mentionner le Rambam, dont l’opinion n’est pas aussi tranchée et accepter de nombreuses difficultés pour parvenir à la conclusion que le Rambam est en accord avec Rachi! Peut-on imaginer une affirmation plus surprenante que celle-ci?

Je conclus en vous souhaitant tout le bien et en transmettant mon salut à vos parents,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Chalom Rivkin. Voir la lettre n°165 et la suivante. (2) De chaque créature. (3) 1903, du Rabbi Rachab. (4) Le Rabbi note, en bas de page: «Ajout ultérieur: Une autre référence indique: Les êtres furent d’emblée créés avec une forme ronde ou carrée.» (5) Avant de quitter l’Egypte. Le Pharaon constata alors qu’ils étaient encerclés et qu’il serait aisé de les vaincre. (6) Le Rabbi note, en bas de page: «Ajout ultérieur: On consultera le Tsafnat Paanéa’h sur la Torah, à cette référence». (7) Animal qui fut créé pour que sa peau constitue les tentures du Sanctuaire, dans le désert. (8) La contraction de la Lumière céleste qui est à l’origine du processus créatif. (9) L’un des élèves du Baal Chem Tov, qui avait été condamné à mort par le tribunal céleste. Pour le sauver, l’Admour Hazaken put obtenir qu’il se trouve à l’agonie, puis guérisse. (10) Rabbi Pin’has guérit et la sentence fut ainsi rapportée. (11) Bien que son acte soit interdit. (12) le Rabbi note, en bas de page: «Ajout ultérieur: Il est difficile de faire une distinction entre la mort potentielle du corps et celle de l’âme, en avançant qu’il avait l’une et pas l’autre». (13) Le Rabbi note, en bas de page: «On peut le déduire de ce que le Baal Chem Tov écrivit à son beau-frère, à propos d’un cas similaire. Pourquoi le salut de Rabbi Guerchon de Kitov fut-il obtenu lorsqu’il devint aveugle, alors que Rabbi Pin’has fut à l’agonie? C’est parce que le premier manqua de respect aux Sages, qui sont «les yeux de la communauté» et le second, à la Torah, qui vivifie les membres du corps».

Lettre n°362

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°362, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Iyar 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav I.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 23 Nissan.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Lag Baomer, qui vient d’être relié. Vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre, comme vous le précisez vous-même dans votre lettre. Vous me ferez également part de l’organisation des études et de votre manière d’exercer une influence positive sur les autres, dans ce domaine(2). Mon beau-père, le Rabbi Chlita, en concevra du plaisir.

Je ne peux savoir, d’ici, qui dirige chaque implantation(3), en la matière. Mais, je présume que rien de négatif ne résultera de ce qui fait l’objet des préoccupations de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Il n’y aura donc pas de heurts, du fait que le fascicule vous est envoyé à vous.

J’espère que vous vous souvenez du moment que nous avons passé ensemble, en 5687(4), lors d’une discrète réunion ‘hassidique qui eut lieu dans un couloir, de ce qui s’était dit et des propos concernant la vache rousse.

Puisse Dieu faire que nous ressentions, en notre coeur et en notre chair physique, ce que dit la causerie de Lag Baomer imprimée dans ce fascicule. Il ne faut donc pas s’affecter, selon que l’on soit au dessus ou au dessous de la roue(5). Car, nous sommes riches et, nous autres qui appartenons à la communauté des ‘Hassidim, nous possédons même la richesse éternelle.

Vous saluerez toute notre communauté,

Rav Mena’hem Schneerson,

Combien d’exemplaires des autres fascicules faut-il adresser au bureau(6) afin de les mettre en vente?

Notes

(1) Le Rav Its’hak Yaakov Minkovitch. Voir également les lettres n°368 et 374. (2) Afin que tous étudient ce fascicule. (3) Des ‘Hassidim. Voir, à ce propos, la lettre n°318. (4) 1927. (5) Puisqu’elle tourne. (6) D’aide aux réfugiés, à Paris.

Lettre n°363

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°363, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Iyar 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, grand érudit et

responsable communautaire, le Rav N.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre et vous avez sûrement reçu ma réponse.

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Lag Baomer et vous le mettrez sans doute à la disposition du plus grand nombre.

Je ne sais pas quand nos émissaires(2) parviendront en Angleterre(3). En tout état de cause, tout a sans doute été fait pour que leur visite dans ce pays soit fructueuse, même si vous ne pouvez pas attendre leur venue. Peut-être serait-il bon que vous vous concertiez sur ce point. Vous trouverez leur adresse plus bas.

Vous transmettrez mon salut à tous les membres de votre famille,

Rav Mena’hem Schneerson,

Sachant où vous vous trouvez maintenant, je vous joins également une lettre pour votre beau-père(4).

Rabbi Posner c/o Rabbi Gorodetski

20 Rue Villiers L’Isle Adam

Paris 20 France

Notes

(1) Le Rav Nissan Mindel, par la suite secrétaire du Rabbi. Voir la lettre n°347. (2) Le Rav Mena’hem Mendel Baumgarten et le Rav Its’hak Zalman Posner. Voir, à leur propos, la lettre 326. (3) Où le Rav Mindel s’était rendu pour rendre visite à son beau-père, le Rav Avraham Sender Nemtsov. (4) La lettre suivante.

Lettre n°364

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°364, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Iyar 5708,

Au distingué ’Hassid qui craint Dieu,

le Rav A.S. Nemtsov(1), le Cho’het,

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Lag Baomer et vous le mettrez sans doute à la disposition du plus grand nombre.

J’espère que vous recevrez bientôt la visite de nos émissaires qui se trouvent en Europe, les Rabbanim Posner et Baumgarten(2). Ils se rendront dans votre pays et, en particulier, dans votre ville.

Il est sans doute superflu de vous demander de leur venir en aide, dans toute la mesure du possible, afin qu’ils puissent mener à bien la mission qui leur est confiée. Je voudrais uniquement vous en souligner l’urgence et l’importance. Vous leur prêterez main forte personnellement et tous ceux que vous pourrez influencer en feront de même.

J’ai bon espoir que vous vous investirez dans tout cela, en privilégiant l’action. J’abrège donc mon propos et je conclus ma lettre en vous saluant et en vous remerciant chaleureusement, par avance, pour votre aide.

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Rav Avraham Sender Nemtsov. Voir la lettre n°315. Le Rabbi envoya une lettre identique au Rav Yera’hmyel Binyaminson, de Londres également. (2) Voir la lettre précédente et la lettre n°326.

Lettre n°365

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°365, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Iyar 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav I.D.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de Lag Baomer. A n’en pas douter, vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre.

J’espère que vous recevrez bientôt la visite de nos émissaires(2), les jeunes Rabbanim Posner et Baumgarten, qui se rendront dans votre pays et dans votre ville. Il est sans doute inutile de vous demander de leur venir en aide, dans toute la mesure de vos moyens, pour qu’ils puissent mener à bien la mission qui leur est confiée. Je voudrais simplement vous inviter à agir avec empressement, à les aider vous-même et à faire intervenir toutes les personnes sur lesquelles vous exercez une influence.

Je répondrai maintenant aux questions que vous me posez dans votre lettre de la veille du Chabbat A’hareï:

A) Dans la Haggada avec un recueil d’explications et de coutumes(3), à la page 35, il est dit que la Hala’ha est énoncée dans le Choul’han Arou’h et non dans le Sidour. Vous indiquez que l’Admour Hazaken rapporta de nombreuses lois dans son Sidour.

J’ai bien précisé que cela concernait uniquement les pratiques du Séder. On peut, en effet, distinguer deux catégories de lois qui figurent dans le Sidour:

1. Il y a de longs développement que l’Admour Hazaken rédigea, de manière indépendante, dans le but de les intégrer au Sidour. Ce sont des lois énoncées très brièvement, concernant des points courants, s’adressant à tous et devant être connues de celui qui ne dispose pas d’un Choul’han Arou’h, lorsque la question est soulevée. On parle alors de Séder ou de Hala’hot. Les lois relatives à la bénédiction des Cohanim entrent dans cette catégorie.

2. Il y a aussi les usages, et non les lois, que l’on adopte pendant la prière ou bien en récitant une bénédiction. Ainsi, toutes les règles du Chema Israël sont réunies, au début du Sidour.

L’Admour Hazaken n’écrivit aucun développement pour la Haggada. Il mentionna uniquement les pratiques importantes du Séder. C’est la base de ce que

j’ai écrit.

B) J’ai écrit dans le Hayom Yom que l’on vérifie le ‘Hamets après la prière d’Arvit, sans autre précision. Vous notez que le Choul’han Arou’h introduit de nombreuses distinctions, à ce sujet.

Comme je l’ai dit dans l’introduction de ce livre, mon but n’était pas de citer la loi, mais la coutume des ‘Hassidim, basée sur celle des chefs de la ‘Hassidout et sur leur enseignement. Or, la pratique courante est de rechercher le ‘Hamets systématiquement après la prière d’Arvit.

On peut le justifier de différentes manières. La plus probante est celle qui applique ici une manière d’agir que l’on retrouve par ailleurs. En effet, nous avons coutume de rechercher le ‘Hamets pendant un très long moment. Or, je n’en ai pas fait mention dans le Hayom Yom, car je n’ai pas eu connaissance d’une durée précise, à ce propos(...).

C) Le Tanya explique, au chapitre 42, que l’on prosterne, dans la Amida, afin de se soumettre à Dieu par une action, après l’avoir fait par la parole, en lisant le Chema Israël. Vous citez le traité Bera’hot 21a, selon lequel on ne se soumet pas à la royauté de Dieu pendant la Amida.

On peut donner, à ce propos, l’explication suivante. Chaque Mitsva a des aspects essentiels et d’autres, accessoires. L’aspect fondamental de la prière est la parole, comme le dit le chapitre 38 du Tanya. Vient ensuite la pensée, alors que l’action est, elle, totalement secondaire.

Nos Sages expliquent donc que, durant la prière, on ne se soumet pas à la royauté de Dieu par la parole, qui est son aspect essentiel. Du reste, l’affirmation de la Guemara est dite dans le contexte du décret d’Ezra, qui est lié à la parole, comme le précisent nos Sages(4).

Ceci explique l’étonnement de la Guemara: Rabbi Yossi considère-t-il que celui qui a perdu de la semence ne devrait pas mettre les Tefilin?!. La nécessité de se prosterner durant la Amida n’est donc nullement liée au décret d’Ezra.

La raison profonde pour laquelle le décret d’Ezra ne porte que sur la parole est la suivante. Nos Sages établissent un lien entre la sainteté de la langue et celle de l’organe de la reproduction.

Vous transmettrez mon salut à tous vos proches,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Its’hak Doubov. Voir la lettre n°196. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°326. (3) Dont le Rabbi est l’auteur. (4) Il demande de ne pas prononcer des paroles de Torah, lorsque l’on a perdu de la semence, avant de s’immerger dans un bain rituel.

Lettre n°366

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°366, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Iyar 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav C., le Cho’het(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je voudrais vous présenter le porteur de cette lettre, le ‘Hassid qui craint Dieu et dont le comportement est généreux, le Rav M.Hacohen(2), que je connais depuis de nombreuses années.

Je vous prie de bien vouloir l’aider, dans toute la mesure du possible, à obtenir les papiers officiels dont il a besoin, selon le conseil de mon beau-père, le Rabbi Chlita, comme il vous l’expliquera vous-même. Il est clair qu’une telle intervention de votre part ne présente aucun risque.

Le Likouteï Torah, à la Paracha de cette semaine(3), explique que les remontrances de la Torah ne sont, en réalité que des bénédictions. Ainsi, le verset dit: L’un trébuchera sur l’autre et nos Sages expliquent, au traité Chevouot 39a, que l’un trébuchera par la faute de l’autre, car chaque Juif est responsable de tous les autres.

Or, il y a bien là une bénédiction, car cela signifie également que l’un peut venir en aide à l’autre, du fait du lien par lequel on est uni. On le fera donc de bon coeur, car un Juif est également agréable à un autre Juif, comme l’expliquent nos Sages(4) et comme le rapporte la ‘Hassidout.

La récompense est, en pareil cas, particulièrement importante, comme le disent nos Sages, dans le Midrach Vaykra Rabba, à la Paracha de la semaine dernière, en soulignant que celui qui reçoit apporte plus que celui qui donne.

J’espère avoir de vos bonnes nouvelles dans tout ce qui vient d’être dit et je salue tous vos proches,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Chmaya Krinski, de Boston. Voir la lettre n°381. Une lettre identique a été envoyée au Rav Yehouda Leïb Halévi Horovits. Voir, à son propos, la lettre n°203. (2) Voir, à son propos, la lettre n°372. (3) Celle de Be’houkotaï. (4) Le mot Arev signifie à la fois garant, interdépendant et agréable.

Lettre n°367

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°367, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Iyar 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav D.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre:

A) Pour la première page de garde du Torah Or(2), vous prendrez la même que celle de l’édition que nous reproduisons. En haut, vous inscrirez: Trésors des ‘Hassidim Loubavitch. En dessous de cette mention, un trait, au milieu puis, sur deux lignes: Recueil de la chaîne de lumière. A droite: Troisième sanctuaire(3) et à gauche: troisième porte(4). Ensuite, le titre du livre jusqu’à: Parchat Vayakhel, un trait d’union et: Quatrième édition, puis le sigle des éditions Kehot et édité par ... à New York, comme pour la page de garde du Choul’han Arou’h.

Lettre n°368

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°368, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Sivan 5708.

Au ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav I.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre et, conformément à votre demande, je vous joins le fascicule édité à l’occasion de la fête de Chavouot, de même que la lettre adressée à tous(2).

Il est une Mitsva de diffuser tout cela au plus grand nombre. Vous voudrez bien me faire savoir ce qui a été accompli, en la matière.

Je conclus en vous souhaitant de recevoir la Torah joyeusement et en saluant toute la communauté,

Rav Mena’hem Schneerson,

Je vous remercie tout particulièrement pour le récit du Rabbi Maharach que vous m’avez transmis, d’autant que vous précisez qui l’a raconté. Je l’ai rapporté à mon beau-père, le Rabbi Chlita, en citant votre nom et il en a été satisfait.

Vous voudrez bien, à l’avenir, me transmettre systématiquement tous les récits. Vous les adresserez ici et le mérite de tous dépendra de vous.

Notes

(1) Le Rav Its’hak Yaakov Minkovitch. Voir la lettre n°362. (2) Par le précédent Rabbi, à l’occasion de Chavouot.

Lettre n°369

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°369, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Sivan 5708,

Au ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav D.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sans doute reçu ma lettre de la veille de Chavouot(2) et la précédente, définissant tout ce qui concerne le Torah Or et le Likouteï Torah. Je voudrais ici vous donner les informations concernant les Pisskeï Dinim, s’ajoutant à celles qui figuraient dans ma lettre de la veille de Pessa’h(3).

A) Dans la mesure du possible, les Pisskeï Dinim ressembleront au Tséma’h Tsédek publié par les éditions Kehot, que vous possédez sans doute, de même que le Rav Perlov(4).

B) Je vous ai écris, à la veille de Pessa’h, qu’il fallait inscrire sur la page de garde la mention: Deuxième édition. C’est une erreur, il s’agit de la troisième édition.

C) Ma préface sera au verso de la première page de garde.

Vous reproduirez mon introduction aux responsa Tséma’h Tsédek des éditions Kehot, dans le tome ‘Hochen Michpat ou dans les additifs, mais avec les modifications suivantes: 1. Après ses explications sur le Talmud, vous ajouterez: Troisième édition de ses décisions hala’hiques. 2. Après additifs au tome 3 et à la fin, vous ajouterez: second tome de décisions hala’hiques. 3. La date sera le 20 Mena’hem Av 5708(5). 4. Dans la note, après les mots responsa Ora’h ‘Haïm, il faut préciser: Ces 644 responsa ont été rééditées par reproduction de la première version, parue à Shanghai en 5706.

D) A la page suivante:

Que soit béni celui qui désire conserver l’anonymat et qui a permis l’édition de ce livre à la mémoire de Tsvi Hirsh, fils de David Cohen

‘Haya Golda, fille de Zalman Noa’h décédé le 19 Mena’hem Av 5704

décédée le 18 Sivan 5699 par l’intermédiaire du Rav Chlomo Aharon, fils de Moché Kazarnowski

La page suivante restera blanche. A la page d’après, au centre mais vers la gauche, la première ligne, en haut, portera: Pisskeï Dinim, puis, en dessous: Tséma’h Tsédek. Plus bas, il y aura un point et, sous celui-ci: Première partie: Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm et Yoré Déa. Au verso, vous imprimerez un index, qui sera rédigé comme suit:

Index Choul’han Arou’h 1, 1, Yoré Déa 1, 1,

Puis, vous reproduirez l’édition courante, jusqu’à la fin de la première partie.

E) La seconde partie constituera un second volume. Vous reproduirez ce qui vient d’être dit, mais la première page de garde sera identique à celle du second tome des Pisskeï Dinim, à la deuxième page de garde, jusqu’à Mendel(6). Au lieu de Première partie: Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, il faudra préciser: Seconde partie: Choul’han Arou’h Even Haézer, ‘Hochen Michpat, Commentaires et notes.

Au verso, il y aura un index, dont voici le texte:

Index Even Haézer 1, 1, ‘Hochen Michpat 1, 3, Commentaires 1, 1 Commentaires sur le Talmud 26, 1, Notes 49, 1 Omissions et corrections Remarques

Puis, vous reproduirez l’édition imprimée, jusqu’à la fin. Vous placerez ensuite mes commentaires, que je vous joins sous la forme d’un document indépendant.

F) Je vous prie instamment de faire une lecture méticuleuse de tout ce qui vient d’être dit et de me faire savoir, par le détail, ce qu’il en est.

J’attends de vos bonnes nouvelles,

Rav Mena’hem Schneerson,

Il semble que l’on éditera seulement cinq cents ou mille exemplaires du Sdeï ‘Hemed. Je le prépare actuellement pour l’impression.

Notes

(1) Le Rav David Bravman, responsable des éditions, pour le compte des éditions Kehot, en Europe. Voir la lettre n°279. (2) La lettre n°367. (3) La lettre n°359. (4) Le Rav ‘Haïm Morde’haï Perlov. Voir la lettre n°326. (5) Date anniversaire du père du Rabbi. (6) Jusqu’au nom du Tséma’h Tsédek.

Lettre n°370

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°370, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Sivan 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav M.M.(1), le Cho’het,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre. Le Roch, commentant le traité Tamid 32b explique que, selon un avis, la confection des pains de propitiation(2) repousse les interdits du Chabbat. Vous demandez qui est l’auteur de ce raisonnement.

Cette discussion est rapportée au traité Mena’hot 95b. Les Tossafot font une distinction entre celui qui pense que les pains de propitiation étaient confectionnés dans l’enceinte du Temple et celui qui considère qu’il est possible de le faire pendant le Chabbat. Il s’agit, selon eux, de deux auteurs.

D’après cette interprétation, il y a ici trois avis exprimés: 1. La confection des pains ne repousse pas le Chabbat. C’est l’avis d’une Michna sans indication du nom de l’auteur(3), au traité Mena’hot 100b. 2. On peut cuire ces pains, pendant le Chabbat. On ne peut, en revanche, préparer la pâte et la pétrir, pendant ce jour. Cet avis est exprimé dans la même Michna. 3. Tout le processus de fabrication des pains repousse le Chabbat. C’est l’avis de Rabbi Yehouda, à la même référence.

A ce propos, le Rambam tranche que les pains sont fabriqués dans l’enceinte du Temple et ne repoussent pas le Chabbat. On peut en conclure qu’il n’y a pas de divergence entre les Sages de la Michna, à ce propos. Tous s’accordent pour dire que ce pain n’est pas cuit pendant le Chabbat, selon cette Michna, mais tel n’est pas l’avis des Tossafot, comme on l’a vu.

C’est aussi ce que dit le commentaire du Radak sur le verset Chmouel 1, 21, qui dit que les lois du Chabbat sont repoussées seulement d’après Rabbi Yehouda. Dans le Yalkout Chimeoni, le Radak précise que Doëg et David s’opposèrent sur ce point(4). On peut s’interroger, à ce propos, sur la version du Yerouchalmi Sanhédrin 10, 2.

Or, une forte question peut être soulevée ici. En effet, celui qui considère que la confection du pain repousse les Interdits du Chabbat doit dire qu’il était systématiquement préparé pendant ce jour. Si ce n’était le cas, il aurait été disqualifié pour avoir passé la nuit(5). Pour l’autre avis, en revanche, il fallait préparer le pain avant le Chabbat.

Dès lors, comment y avait-il un doute, en la matière, alors qu’il suffisait de voir ce qui se passait chaque semaine, depuis l’époque de Moché(6). Le Kessef Michné pose lui-même cette question.

Il faut en conclure que cette controverse a toujours existé et qu’à chaque époque, le Sanhédrin décidait ce qu’il fallait faire, en la matière. Et nos Sages disent, au traité Roch Hachana 25(7), que l’on s’en tiendra à l’avis du juge de son époque.

Doëg présidait le tribunal des Sages, comme le dit Rachi, commentant le verset Héros parmi les bergers (Chmouel 1, 14). Le traité Sanhédrin 93b dit que la Hala’ha retient toujours l’avis de David. En conséquence, lorsque l’un et l’autre se trouvaient à Nov(8), la question se posa encore une fois. La confection des pains de propitiation repoussait-elle, ou non, le Chabbat?

Le Yerouchalmi ‘Haguiga 2, 2, ne mentionne pas ce point parmi les controverses soulevées avant l’époque de Beth Hillel et Beth Chamaï, car, en la matière, l’avis de la majorité était toujours adopté(9). A l’opposé, il y eut bien une controverse sur le fait d’imposer les mains(10). La distinction est bien claire et l’on ne développera pas plus ce sujet.

*

*

*

Je voudrais, à cette occasion, exprimer ma conviction que, ayant fait imprimer, à vos frais, un livre, tout à fait particulier, de nos maîtres, vous inviterez, à n’en pas douter, les autres à en faire de même. Vous conduirez et vous encouragerez vos amis et vos connaissances à faire éditer, à leurs frais, les livres de nos maîtres afin de les mettre à la disposition du plus grand nombre. Il est sûrement inutile de préciser le grand mérite, en la matière, de ceux qui agissent et de ceux qui font agir les autres.

Je souhaite donc, par la présente, vous stimuler et vous inviter à l’action, dans ce domaine, à la mesure de vos moyens. Si vous vous investissez dans cet accomplissement comme il convient, vous parviendrez à trouver des donateurs, auxquels reviendra ce grand mérite.

J’espère avoir de vos bonnes nouvelles, pour tout cela et je vous souhaite tout le bien,

Rav Mena’hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif,

Notes

(1) Le Rav Mena’hem Mendel Margolis. Voir la lettre n°177. (2) Dans le Temple, pour le service qui y était effectué. (3) Et qui fait donc l’unanimité. (4) Le Rabbi note, en bas de page: Le Parchat Dera’him, au chapitre 13, discute ce point. (5) Avant d’être utilisé pour le service, ce qui est interdit. Or, cela aurait toujours été le cas, si le pain était préparé à la veille du Chabbat. (6) Dans le Sanctuaire, puis dans le Temple. (7) Le Rabbi note, en bas de page: On consultera également le Rambam, Mamrim, 2, 1. (8) Où se trouvait alors le Sanctuaire, avant la construction du Temple. (9) Car, comme on l’on a vu, la position adoptée pouvait varier, d’une époque à l’autre. (10) Sur l’animal, un jour de fête, avant de le sacrifier. Cet acte est permis, selon un avis, interdit, selon l’autre. Cette controverse est donc bien mentionnée dans le Yerouchalmi.

Lettre n°371

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°371, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Tamouz 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav R.A.

Je vous salue et vous bénis,

Vous me demandez si nous avons coutume de manger de la Matsa à Pessa’h Chéni.

Comme je vous l’ai dit oralement, notre coutume, basée sur la pratique du Rabbi Chlita, est d’en consommer dans le repas de la journée du 14 Iyar. De plus, je viens de trouver quelques références dans les livres imprimés.

La seconde édition du Likouteï Meïr, du Rav Meïr Banet de Tcharada, en Hongrie, reproduit, à propos de Pessa’h Chéni, le tome trois du Likouteï Maharya’h, selon lequel: Les hommes de bonnes actions mangent de la Matsa, le jour du 14 Iyar. Or, on peut s’interroger, à ce propos, car le sacrifice de Pessa’h Chéni était consommé à la veille du 15 Iyar.

Le Zi’hron Yehouda précise que l’auteur du Imreï Ech et son beau-père, le Rav David Deutch, mangeaient de la Matsa et un oeuf dur, à la veille du 15 Iyar.

Le Darkeï ‘Haïm Vechalom, du Rav M.Gold de Munkatch, dit, aux paragraphes 631 et 632, que la coutume de Munkatch était de manger de la Matsa et des herbes amères durant le repas de la journée du 14 Iyar. En effet, le sacrifice était, certes, mangé la veille du 15, mais il était offert pendant le jour. Or, le début est essentiel. Mais, la veille du 15, il mangeait également de la Matsa.

En vous souhaitant tout le bien,

Rav Mena’hem Schneerson,

Lettre n°372

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°372, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Tamouz 5708,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid, érudit qui craint Dieu,

le Rav A.E. Axelrod(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, avec le chèque de votre tante. Comme vous l’avez suggéré, nous lui avons adressé une lettre de remerciement et de bénédiction.

Le Tséma’h Tsédek commente l’affirmation de nos maîtres selon laquelle le vin appartient au propriétaire, mais on exprime sa reconnaissance à celui qui l’a versé(2), d’autant que vous étiez sur les deux rives du fleuve(3). Il est donc certain que le mérite de tous dépend de votre intervention. Ainsi, vous pourrez acquérir la certitude qu’il vous est possible d’accomplir encore beaucoup plus. Il vous manque uniquement de concrétiser ce potentiel.

J’ai entendu que l’affaire de notre ami, le Rav M.Cohen, a eu une issue positive(4). Là encore, le mérite vous en revient et une Mitsva en attire une autre.

Je vous joins le fascicule édité à l’occasion de la fête de la libération(5). A n’en pas douter, vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre.

En vous souhaitant tout le bien,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Avraham Elyahou Axelrod. Voir la lettre n°225. (2) La tante est le donateur, mais sa participation est parvenue par l’intermédiaire de son neveu, qu’il convient donc de remercier. (3) Eloignés l’un de l’autre, ce qui impose un effort particulier. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°366. (5) Du précédent Rabbi, des prisons soviétiques, le 12 Tamouz.

Lettre n°373 bis

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°373 bis, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 9 Tamouz 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav C.H.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de la fête de la libération(2), afin que vous le mettiez à la disposition du plus grand nombre.

Qu’en est-il de la liste des causeries(3) que vous connaissez et dont vous vous souvenez, de même que des récits fiables, dont vous pouvez indiquer la source?

Je vous souhaite tout le bien et attends votre réponse, à ce propos,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Chlomo ‘Haïm Kasselman. Voir la lettre n°355. (2) Du Rabbi précédent, le 12 Tamouz. (3) Du précédent Rabbi.

Lettre n°374

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°374, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Tamouz 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav I.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre et, comme à mon habitude, j’ai raconté au Rabbi ce que vous m’avez dit de la réunion de 5670(2). J’ai, en outre, demandé(3) pour quelle raison vous vous trouviez alors dans cet hôtel(4). Mon beau-père, le Rabbi Chlita, m’a répondu: On ne peut pas poser une telle question, à son propos.

J’ai été heureux d’entendre sa réponse, qui reflétait la satisfaction que lui causait votre détermination ‘hassidique.

Vous trouverez, ci-joint, le fascicule édité à l’occasion de la fête de la libération(5), que vous mettrez à la disposition du plus grand nombre.

Je conclus en saluant l’ensemble de la communauté,

Rav Mena’hem Schneerson,

Vous continuerez, très certainement, à rédiger les causeries et le récit des événements dont vous avez le souvenir. Vous le ferez avec plus de détails et je vous en remercie d’avance.

Notes

(1) Le Rav Its’hak Yaakov Minkovitch. Voir la lettre n°362. (2) 1910. Il y eut alors la conférence rabbinique de Pétersburg, à laquelle participa le Rabbi Rachab. L’un des points principaux qui y fut traité fut la formation séculaire que l’on pouvait légalement imposer à un rabbin. (3) Au Rabbi précédent. (4) Où se tenait la conférence. (5) Du précédent Rabbi, le 12 Tamouz.

Lettre n°375

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°375, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Tamouz 5708,

Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux

besoins communautaires, le Rav M.Ashkenazi(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint le fascicule édité à l’occasion de la fête de la libération(2). Il vient de paraître et, à n’en pas douter, vous le mettrez à la disposition du plus grand nombre.

Vous avez sûrement déjà reçu la lettre du Rav H.M. A.(3).

Il serait judicieux que vous fassiez tout spécialement usage de cette période, entre le 12 Tamouz et le 18 Elloul(4) pour intensifier la collecte du Maamad(5) auprès de tous ceux qui peuvent y participer. La formulation de nos Sages, en effet, n’est pas toux ceux qui agissent, mais tous ceux qui peuvent agir.

De même, vous vous efforcerez de trouver de l’aide pour le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, par exemple en collectant les cotisations des membres(6) ou des dons pour les publications. Il n’est pas de mots pour exprimer à quel point cela est important et vous ferez sans doute tout ce qui est en votre pouvoir.

Je conclus en saluant tous les vôtres et en vous adressant ma bénédiction pour la fête de la libération,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Meïr Ashkenazi, Rav de la communauté de Shanghai. (2) Du précédent Rabbi, le 12 Tamouz. (3) Le Rav ‘Haïm Mendel Aïzik Hadakov, directeur du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. (4) Date de la naissance du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken. (5) Fonds transmis directement au Rabbi pour financer les actions qu’il décide. Voir, à ce propos, les lettres n°269, 289, 291, 301, 309, 338, 353. (6) Voir, à ce propos, la lettre n°194.

Lettre n°376

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°376, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Tamouz 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav D.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 17 Sivan et j’y fais réponse:

A) Nous avons reçu, au total, 1639 tomes 2 du Sifrénou et 1016 tomes 4, 660 Tanya, 65 Séfer Hasi’hot, 52 tomes 1 du Sifrénou, 5 Pokéa’h Ivrim, 5 Séfer Hamaamarim.

Nous avons un grand besoin de tomes 1 du Sifrénou. De même, vous nous enverrez un exemplaire de tout ce qui vient d’être imprimé, livre entier ou fascicule, y compris avant la reliure.

B) Il est bien clair que, dans le Likouteï Torah, il faut écrire: Troisième palais(2), quatrième porte(3).

C) En comptant toutes les réductions, vous vendrez, dans vos régions, le Choul’han Arou’h et le Likouteï Torah pour deux Shekels et demi, le Torah Or et les Pisskeï Dinim, pour un Shekel et demi.

D) Dans les notes du second tome des Pisskeï Dinim, il faut ajouter à la page 38c (la première, car, dans le second tome, il y a deux pages 1), la note suivante:

Dans le manuscrit n°1211, à la douzième ligne, après le mot Lechalem, on trouve: Le Baït ‘Hadach et le Dricha citent une preuve pour le Tour, à partir de l’explication des Tossafot, à la page 41b. Toutefois, cette preuve des Tossafot peut être repoussée(...).

E) Une impression rapide du Pisskeï Dinim est souhaitée ici, un donateur ayant été désigné.

F) Vous trouverez, ci-joint, le fascicule édité pour le 12 Tamouz et une lettre pour les élèves de la Yechiva.

Vous me confirmerez, par retour, la réception de cette lettre et vous voudrez bien répondre à toutes les questions posées.

Avec ma bénédiction pour la fête de la libération et en saluant toute la communauté,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav David Bravman, responsable des publications en Europe, pour le compte des éditions Kehot. Voir les lettres n°367 et 369. (2) L’Admour Hazaken, son auteur, est le troisième Rabbi, après le Baal Chem Tov et le Maguid de Mézéritch. (3) Les trois premières étant, le Tanya, le Choul’han Arou’h et le Torah Or.

Lettre n°377

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°377, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tamouz 5708,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav N.N.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Pour faire suite à ma lettre du 9 Tamouz, je voudrais vous rappeler encore une fois la nécessité d’envoyer les fonds à Bravman(2), dans la mesure du possible. Je vous en remercie d’avance.

En vous souhaitant tout le bien,

M. Schneerson,

Un compte rendu des discours de Pessa’h(3) a été fait, mais il n’y a personne qui soit susceptible de le recopier. Or, il n’en existe qu’un seul exemplaire.

Si l’un de vos disciples se trouvant ici peut s’en charger pour vous, je lui donnerai ce texte, afin qu’il le copie et me le restitue.

Notes

(1) Le Rav Nissan Nemanov. Voir la lettre n°321. (2) Pour financer la publication des livres, en Allemagne. (3) Du précédent Rabbi.

Lettre n°378

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°378, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Tamouz 5708,

Au ‘Hassid qui craint Dieu et s’acquitte fidèlement de sa

mission, le Rav Y.Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 12 Tamouz et je vous joins le fascicule édité à l’occasion de la fête de Chavouot, de même qu’une copie de ma lettre du 4 Sivan, avec la photographie(2).

Il serait bien dommage que cette photographie ait échoué dans un endroit qui ne convient pas.

Comme vous me l’avez demandé, j’ai interrogé mon beau-père, le Rabbi Chlita, sur la possibilité, à l’heure actuelle, d’une guerre avec la Russie(3). Il considère que cela est tout à fait improbable et ne voit en cela qu’une menace envers le grand public.

Vous serez sûrement intéressé d’apprendre que, lors de la réunion ‘hassidique organisée pour la fête de la libération, mon beau-père, le Rabbi Chlita a encouragé les élèves de la Yechiva et les jeunes gens à voyager, pendant quelques semaines, pour diffuser les valeurs juives, une bonne éducation, distribuer de bons livres. Il a confié au Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h l’organisation de ces voyages.

Je vous joins une photographie de la lettre du Rabbi Chlita, à ce propos.

J’espère que vous me confirmerez avoir reçu cette lettre et, plus généralement, me donnerez de vos nouvelles.

En vous saluant et en vous souhaitant tout le bien,

Rav Mena’hem Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Yaakov Kats, de Chicago. Voir la lettre n°174. (2) Qui n’étaient, semble-t-il, pas parvenus au Rav Kats. (3) Et les Etats Unis. C’était l’époque de la guerre froide.

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