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Iguerot Kodesh — lettres 4228 à 4247

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°4228

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4228, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 6 Nissan et à celle qui la précédait. Vous évoquez l’état de santé de votre fils, auquel Dieu accordera longue vie. En un moment propice, je mentionnerai son nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez bientôt de bonnes nouvelles, à son sujet.

Il serait bon de faire vérifier ses Tefillin et de faire en sorte, de manière bienveillante mais avec toute la détermination possible, qu’il les porte chaque jour de semaine, quel que soit l’endroit où il se trouve. Comme vous le savez, c’est ainsi qu’un Juif assure sa protection.

Vous rappelez également de quelle manière vous gagnez votre vie. Comme vous le savez, nos Sages conseillent, en la matière, de multiplier sa contribution à la Tsédaka. Ainsi, s’accomplit la bénédiction de Dieu selon laquelle “ tu prélèveras la dîme pour t’enrichir ”. Et, le terme de multiplier est bien le plus exact, en la matière. Il faut, en effet, remédier au rétrécissement des canaux et, pour cela, on doit se porter à l’autre extrême, comme le dit le Rambam, au chapitre 3 de ses lois des opinions.

Car, le comportement adopté par l’homme, ici-bas, appelle le même de la part de l’Homme céleste, siégeant sur le Trône. Le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”.

Il est sûrement inutile de vous rappeler la nécessité d’insuffler la crainte de Dieu à vos élèves, de leur enseigner les lois applicables au quotidien, car telle est la finalité de l’homme, ainsi qu’il est dit : “ garder Ses Mitsvot ”. Et, rien ne résiste à la volonté.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Lettre n°4229

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4229, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de la fête des Matsot 5716,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, est issu d’une illustre

famille, le Rav Yossef Yoël, qui est appelé professeur Rivlin,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre, m’annonçant que l’on s’apprête à éditer les manuscrits de votre illustre grand-père, le grand Rav, ‘Hassid de renom et disciple de l’Admour Hazaken(1). Il n’est pas de mots pour dire à quel point cela est important, surtout à notre époque, alors que la lumière et l’obscurité se révèlent conjointement. Le moment est donc propice pour renouveler ce qui concerne les valeurs sacrées de la Tradition d’Israël.

Puis, j’ai reçu des épreuves imprimées et j’ai pu observer la lumière, une Torah de lumière, bienfaisante et douce. Le mérite du public dépend de ceux qui le lui confèrent, en s’efforçant de publier(2) de tels ouvrages.

Vous publiez ces écrits pour tous et j’ai donc bon espoir que vous ferez preuve de largesse envers votre propre personne, en les étudiant, en les consultant et en conduisant votre entourage à en faire de même. Grande est l’étude de notre Torah, Torah de vie, qui conduit à l’action. Or, le bien et le sacré n’ont pas de limites. Plus l’étude est intense et plus l’action est importante.

Je vous adresse ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, pour donner de bonnes nouvelles. Vous voudrez bien transmettre également mes salutations et ma bénédiction, à l’occasion de la fête, à votre beau-père, auquel Dieu accordera longue vie. Je vous en remercie.

Vous savez sûrement que je dispose d’une bibliothèque. Je vous saurai gré de bien vouloir lui adresser tout ce que vous publiez.

Notes

(1) Il s’agit du Ohaleï Yossef. Voir, à ce sujet, la lettre n°3834. (2) Textuellement, selon la formulation hébraïque, “ de les faire sortir à la lumière ”.

Lettre n°4230

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4230, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Nissan 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Israël Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre m’annonçant une bonne nouvelle, puisque vous me dites que vous vous installez à Kfar ‘Habad(2). Puisse Dieu faire qu’en changeant d’endroit, vous changiez de Mazal, pour le bien et pour la bénédiction. Vous multiplierez ce qui concerne “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même que le luminaire de la Torah, qui est la ‘Hassidout et vous influencerez votre prochain pour qu’il en fasse de même.

Le fait de se trouver à Kfar ‘Habad constitue un grand mérite. Son fondateur, qui le dirige, est mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protège, chef d’Israël. Celui-ci invoque la miséricorde divine pour ceux qui y résident et qui s’y installent, afin de les bénir et de les protéger.

Et, ceux qui reçoivent cette bénédiction doivent, pour leur part, multiplier la paix et la proximité entre les personnes, ainsi qu’il est dit : “ Bénis-nous, notre Père, tous comme un ”. Car, la Michna dit que “ le Saint béni soit-Il ne trouva d’autre réceptacle contenant la bénédiction pour Israël que la paix ”. Le discours ‘hassidique “ Enrôlez pour vous ” explique tout cela longuement.

Avec ma bénédiction et en saluant tous ceux qui s’installent(3) et auxquels, bien entendu, ces propos s’adressent également,

(Le Rabbi Chlita n’a pas signé cette lettre(4) du fait de la sainteté de la fête et je le fais donc à sa place.

Le secrétaire),

Notes

(1) Le Rav I.I. Halperin, de Jérusalem. (2) Une même lettre fut adressée au Rav ‘Haïm Meïr Garelik, qui s’installait également à Kfar ‘Habad. (3) A Kfar ‘Habad. (4) Rédigée à ‘Hol Ha Moëd Soukkot.

Lettre n°4231

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4231, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Nissan 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Mena’hem Zeev(1) Ha Lévi,

Un nouveau fascicule vient d’être publié, en plus de ce qui était déjà sous presse.

Il semble que cela soit exclu(2), d’autant que, pour l’heure, je n’ai pas trouvé d’allusion à cette coupe de cheveux dans la ‘Hassidout, si ce n’est dans le Sidour du Maharid(3), dont je suis certain qu’il est basé sur les écrits du Tséma’h Tsédek.

Notes

(1) Le Rav M.Z. Gringlass, de Montréal. Voir, à son sujet, la lettre n°3816. (2) Vraisemblablement le fait de couper les cheveux à un enfant pour la première fois, à l’âge de trois ans, pendant la période de l’Omer. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3946.

Lettre n°4232

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4232, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 13 Nissan, m’annonçant une bonne nouvelle, puisque vous venez d’achever l’étude du Talmud Babli et que vous la recommencez, de nouveau. De même, vous avez appris l’ensemble du Torah Or, pendant l’hiver et vous apprenez actuellement le Likouteï Torah.

Comme votre sort est heureux ! Vous avez eu le mérite d’apprendre tout cela et la réussite de votre étude s’en trouvera sûrement accrue, à l’avenir. Ainsi, s’accomplira pour vous la promesse selon laquelle “ grande est l’étude qui conduit à l’action ”. Car, conformément au dicton de nos saints maîtres, il ne suffit pas d’étudier la Torah. Il faut encore recevoir son enseignement.

Vous évoquez votre étude future du Likouteï Torah. Vous dites qu’il ne suffit pas d’étudier et de conclure les commentaires sur une Sidra pendant la semaine. Il n’empêche qu’il est bon d’apprendre ce livre dans l’ordre. Ainsi, vous ressentirez l’obligation de le conclure au plus vite. Il n’en sera pas de même si vous en répartissez l’étude en plusieurs parties.

Comme vous me le demandez, je citerai tous les noms que vous mentionnez, afin qu’ils obtiennent la satisfaction de leurs besoins, comme vous les définissez dans votre lettre. Vous me donnerez de bonnes nouvelles de tout cela.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,

(Le Rabbi Chlita n’a pas signé cette lettre du fait de la sainteté de la fête et je le fais donc à sa place.

Le secrétaire),

Lettre n°4233

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4233, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Nissan 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 8 Nissan, dans laquelle vous me décrivez votre mission sacrée, au sein du Talmud Torah public, dans le quartier ou vous résidez. Vous me dites que les cours se multiplient, quantitativement et qualitativement.

Puisse Dieu faire que vous ne vous contentiez pas de ce qui a été accompli jusqu’à maintenant, que vous redoubliez d’ardeur, selon vos possibilités. Vous multiplierez ainsi, de nombreuses fois, la réussite que Dieu vous accorde. Car, disent nos Sages, “ lorsqu’un homme se sanctifie quelque peu ici-bas…(2) ”.

Heureux est le sort que la divine Providence vous a confié, celui d’enseigner la Torah aux enfants d’Israël ! Sans doute faites-vous précéder tout cela des clés extérieures, ainsi qu’il est dit : “ Le début de la sagesse est la crainte de Dieu ”. Vous prononcez donc des paroles d’encouragement devant ceux qui reçoivent vos leçons et les cours dans lesquels vous enseignez les lois qu’il est nécessaire de savoir, au quotidien(3).

Bien souvent, ceux qui étudient profondément le Talmud, les Décisionnaires et les premiers Sages ont une connaissance imparfaite de ces lois usuelles. Or, disent nos Sages, “ une faute commise par inadvertance du fait d’un manque de connaissance…(4) ”. Bien évidemment, il ne faut nullement en éprouver de la gêne(5), ce qu’à Dieu ne plaise.

Plusieurs Grands de notre peuple avaient une étude fixée de ces lois usuelles, concrètement applicables. On en fait mention dans la Loi Ecrite, puis, encore une fois, dans la Loi Orale, ainsi qu’il est dit : “ tu craindras Dieu… car c’est toute la finalité de l’homme ”. Nos Sages précisent que “ l’action est essentielle, et non la théorie ”. Il est inutile d’en dire plus, tant cela est évident et ma remarque avait seulement pour but d’infirmer l’avis de ceux qui se trompent et s’égarent. Ceci est particulièrement vrai en notre Terre Sainte, dans laquelle s’applique, en outre, plusieurs lois spécifiques à ce pays.

Avec ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,

(Le Rabbi Chlita n’a pas signé cette lettre du fait de la sainteté de la fête et je le fais donc à sa place.

Le secrétaire),

N. B. : Vous connaissez sûrement les trois études concernant chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Elles portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Vous les adopterez, au moins à l’avenir.

Notes

(1) Le Rav H.Zorotski, de ‘Hadéra. (2) Dieu le sanctifie considérablement là-haut (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3892. (4) Est considérée comme si elle avait été délibérément accomplie. (5) Du fait d’enseigner des lois aussi simples.

Lettre n°4234

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4234, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai lu avec plaisir, dans votre lettre, que vous gagnez mieux votre vie. J’espère que s’accompliront pour vous les termes du verset : “ Ouvre la bouche et Je l’emplirai ”. Pour votre part, vous mettrez en pratique le dicton de l’Admour Hazaken(1) selon lequel Dieu accorde aux Juifs des biens matériels, afin qu’ils en fassent de la spiritualité.

Bien évidemment, il est nécessaire de renouveler les discussions entre vous, à propos de ce qui concerne la crainte de Dieu et la ‘Hassidout. Vous dites qu’il faut d’abord exiger de soi-même(2). Vous avez, certes, raison, mais, à notre époque, on ne peut repousser aucune mission sacrée. Il faut donc assumer les deux simultanément, pour soi-même et pour les autres, ne pas attendre d’être soi-même parfait, comme l’explique le Rabbi Rachab, dont les propos sont rapportés dans le Kountrass Ou Mayan, page 22.

Bien entendu, vous pouvez transmettre tout cela à vos amis, qui suivront la même voie, car ces propos s’adressent également à eux.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3943. (2) Avant d’exiger des autres.

Lettre n°4235

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4235, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Nissan 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Meïr Ha Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous m’indiquez que vous avez, Dieu merci, été nommé juge(2). Puisse Dieu faire que vous vous prépariez, dans toute la mesure du possible et de toutes vos forces, à cette mission sacrée. Nos Sages décrivent l’immense responsabilité et aussi le grand mérite qu’elle représente.

L’idée générale, en la matière, peut être déduite de l’affirmation de nos Sages selon laquelle la Hala’ha est tranchée d’après l’avis de Beth Hillel(3) parce que les membres de cette école étaient conciliants, comme le dit le traité Erouvin 13b. Nos Sages précisent la nature de cette qualité, aux traités Sanhédrin 93b et Sotta 5a : “ la Hala’ha est tranchée en son sens, car Dieu est avec lui ”.

Plus profondément, il est dit, dans le traité Erouvin, que “ l’un et l’autre expriment l’opinion du Dieu (Elokim) de vie ”. Elokim a la même valeur numérique que Ha Téva, la nature et ce Nom désigne donc la Divinité qui apparaît à travers les processus naturels, comme l’explique le Chaar Ha Y’houd Ve Ha Emouna, au chapitre 6.

Il n’en est pas de même pour le Nom divin Avaya, qui correspond à la Divinité révélée. C’est à ce propos qu’il est dit : “ J’ai placé Dieu (Avaya) en permanence face à moi ”. Or, c’est par ces mots que commencent les quatre parties du Choul’han Arou’h. On retrouve donc la même introduction dans le Tour et dans le Ramah. Vous devez comprendre ce que tout cela veut dire.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

(Le Rabbi Chlita n’a pas signé cette lettre du fait de la sainteté de la fête et je le fais donc à sa place.

Le secrétaire),

Notes

(1) Le Rav M.Kaplan, de Jérusalem. (2) D’un tribunal rabbinique. (3) Contre Beth Chamaï.

Lettre n°4236

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4236, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me parlez de vos proches, dont les enfants sont morts.

Vous leur transmettrez qu’ils doivent, au plus vite, respecter, de la manière la plus scrupuleuse et la meilleure, les lois de la pureté familiale. De même, ils feront vérifier les Tefillin du mari et les Mezouzot de leur maison. Les femmes donneront quelques pièces à la Tsédaka, avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes.

Il s’efforceront également de recevoir des invités. Dieu considérera ce qu’ils ont en leur cœur. Il leur accordera Sa bénédiction, de sorte qu’à l’avenir, ils donneront uniquement de bonnes nouvelles, en la matière.

Sans doute poursuivez-vous vos études avec l’ardeur et la persévérance qui conviennent, selon le programme de la Yechiva et vous influencez vos amis pour qu’ils en fassent de même. Ainsi, vous augmenterez la bénédiction de Dieu dans votre propre étude.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°4237

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4237, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Nissan 5716,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la fin d’Adar et à la précédente. Je vous remercie pour la bonne nouvelle qu’est l’amélioration de votre état de santé. Puisse Dieu faire que vous alliez de mieux en mieux, conformément à la décision de notre sainte Torah selon laquelle on connaît l’élévation dans le domaine de la sainteté.

En plus de l’ajout à l’étude de la ‘Hassidout, vous avez sûrement intensifié vos actions également dans le cadre des jeunes de l’association ‘Habad. Ainsi sont accrues la bénédiction de Dieu et la réussite en tous vos besoins.

Vous me demandez de quelle manière fixer une Mezouza(1) dans une fenêtre. De façon générale, un enseignement a été donné, en la matière, par nos saints maîtres. Il faut se baser sur la position du gond, comme le disent les premiers Sages. Et, ceux-ci rapportent la question suivante, qui leur a été posée. Que faire si les gonds de toutes les portes d’une chambre sont systématiquement tournés vers l’extérieur ? Comment entrer dans cette chambre ? Ils répondent qu’on peut le faire par la fenêtre.

Néanmoins, il n’en est pas ainsi pour les portes qui donnent sur la cour ou sur la rue. Il serait bon que vous obteniez des précisions, à ce sujet, auprès des ‘Hassidim âgés se trouvant dans votre entourage. Sans doute connaissent-ils tout cela.

Vous évoquez également la nuit interdite(2). Lorsque cela est possible, a-t-on le droit d’avoir une relation conjugale pendant la première partie de la nuit ? Il faut savoir que :

A) conformément au Michnat ‘Hassidim, à la fin du traité “ Séder du soir de Pessa’h ”, s’il s’agit de la soirée au cours de laquelle la femme s’est rendue au Mikwé, il n’est pas d’autres jours interdits que Tichea Be Av et Yom Kippour.

B) si vous évoquez la première moitié de la nuit, il est préférable, selon différents textes, qu’une relation conjugale ait lieu pendant la seconde, comme l’explique le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 240, paragraphe 7 et ses commentaires.

C) s’agissant de la nuit interdite, le Darkeï ‘Haïm Ve Chalom adopte une position rigoriste, en la matière, au chapitre 825, citant le Zé’her Tsaddik Livra’ha, du Rabbi de Munkatch. Néanmoins, je n’ai pas reçu d’instruction, à ce sujet et l’on peut se demander pourquoi il y aurait lieu d’être rigoriste dans la seconde moitié de la nuit. Pour autant, je ne dispose pas du Zé’her Tsaddik Livra’ha et je ne peux consulter ses références.

Il reste, toutefois, la difficulté suivante. Lors d’une relation conjugale, la pensée est déterminante. On peut donc craindre que l’on médite à cette nuit interdite, ce qui, bien évidemment, sera dommageable, même si cette pensée est négative. Peut-être est-ce la raison de cette affirmation(3).

Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom et celui de votre épouse près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que le souhait de votre cœur soit satisfait et que vous ayez bientôt un enfant.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,

(Le Rabbi Chlita n’a pas signé cette lettre(4) du fait de la sainteté de la fête et je le fais donc à sa place.

Le secrétaire),

E. Kwint,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°4227. (2) La veille du 25 décembre. (3) Interdisant la relation également pendant la seconde moitié de la nuit. (4) Rédigée pendant ‘Hol Ha Moëd Pessa’h.

Lettre n°4238

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4238, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Nissan 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Alexander Sender(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 8 Nissan, avec ce qu’elle contenait. J’y ai lu avec plaisir de quelle manière il vous a été donné de constater que le cœur d’Israël est en éveil pour la Torah et ses Mitsvot, que tout dépend uniquement de celui qui suscite la prise de conscience.

Puisse Dieu faire que vous multipliez de telles visites(2), que vous connaissiez la réussite et que vous serviez d’exemple aux autres ‘Hassidim, qui vous imiteront. Nous n’avons pas encore le mérite, semble-t-il, que ceci se passe dans le cadre de ‘Habad. Si c’était le cas, il y aurait plus d’enthousiasme et de chaleur, car celui qui confie la mission doit nécessairement intervenir, extérieurement ou profondément.

Que les visites faites jusqu’à maintenant servent donc à préparer tout cela, en plus de l’apport essentiel qu’elles ont déjà ! Vous pourrez exercer votre influence sur les autres personnes qui partagent cette mission avec vous, afin de leur apporter la chaleur et la lumière, de sorte qu’elles puissent les communiquer aux autres, dans les endroits que vous visitez.

Vous évoquez des livres et des fascicules aisés. Vous en trouverez plusieurs parmi les ouvrages parus aux éditions Kehot, en Terre Sainte. Vous me préciserez quels sont les fascicules qui vous conviennent et un courrier sera envoyé d’ici en Terre Sainte, à ce propos.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,

(Le Rabbi Chlita n’a pas signé cette lettre(3) du fait de la sainteté de la fête et je le fais donc à sa place.

Le secrétaire),

Notes

(1) Le Rav A.S. Youdassin, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°3860. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4011. (3) Rédigé pendant ‘Hol Ha Moéd Pessa’h.

Lettre n°4239

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4239, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 10 Nissan. Il n’y a pas lieu de me présenter des excuses parce que vous avez écrit ici. Bien au contraire, je suis très satisfait de pouvoir rendre service à qui que ce soit, de quelque manière que ce soit.

Pour ce qui vous concerne, en particulier vous énoncez différentes raisons pour m’expliquer qu’il ne s’agit pas d’une fuite au combat. Mais, l’expérience a montré qu’il n’en est pas ainsi, qu’un Juif, surtout celui à qui Dieu a accordé des qualités d’éducateur, capable d’influencer les autres, doit effectivement guider son entourage. Pour autant, ses paroles doivent émaner de son cœur. C’est ainsi qu’elles pénètrent dans le cœur de ceux qui l’écoutent.

La plupart du temps, les conséquences n’apparaissent pas immédiatement, mais, conformément au dicton de nos saints maîtres, un effort n’est jamais vain. Bien plus, vous reconnaissez vous-même qu’il n’y a pas pratiquement pas, dans votre endroit, de responsables animés de la crainte de Dieu.

Vous me dites que votre fils aîné est en âge de recevoir une éducation(1), alors que le succès que vous avez auprès de votre communauté est douteux(2).

Vous connaissez l’enseignement de nos Sages, en la matière, selon lequel un homme doit faire ce qui est en son pouvoir, conformément aux enseignements de notre Torah, Torah de vie. Il faut formuler des reproches, réprimander, aller jusqu’à frapper. Il est bien évident que l’accomplissement d’une Mitsva ne peut pas empêcher celui d’une autre Mitsva, en l’occurrence celle de l’éducation, “ et, tu enseigneras à tes enfants ”. Bien au contraire, une Mitsva en attire une autre.

Bien plus, Dieu agit, en la matière, “ mesure pour mesure ”(3), mais d’une manière largement accrue et, quand on rapproche son prochain de la Torah de Dieu et de Ses Mitsvot, il est certain que l’on reçoit, du Créateur du monde, une réussite accrue pour conduire son fils à la Torah et aux Mitsvot

Puisse Dieu vous guider d’une manière positive devant Lui, matériellement et spirituellement à la fois.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Ce qui implique la nécessité de se rapprocher d’un endroit où il pourra recevoir cette éducation. (2) Ce qui rend moins difficile le fait de la quitter. Le destinataire de cette lettre est vraisemblablement le Rav de cette communauté. (3) De la manière dont on agit envers Lui.

Lettre n°4240

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4240, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 5 Nissan, faisant état de votre bilan moral. Vous parvenez à la conclusion que vous ne ressentez pas votre avancement dans le service et la crainte de Dieu à la mesure de votre étude de la Torah.

Nos Sages enseignent, au traité Avoda Zara 19a, que l’on étudie la Torah en deux temps. En effet, on apprend d’abord “ la Torah de Dieu ” puis, par la suite, “ sa Torah(1) ”. C’est alors que l’on atteint le sommet de l’étude.

Certes, on peut s’interroger. Comment la “ Torah de Dieu ” peut-elle devenir “ sa Torah ” ? Il n’y a pourtant rien de commun entre Celui Qui donne la Torah et celui qui l’étudie, entre le Créateur et la créature. Et, s’il est impossible qu’un éléphant traverse le chas d’une aiguille, même dans un rêve, alors que l’un et l’autre sont limités, combien plus en est-il ainsi pour la créature et le Créateur, Qui est véritablement infini, Qui n’est qu’un avec Sa Sagesse et Sa Torah, comme l’expliquent longuement le Rambam et le Tanya, dans Chaar Ha Y’houd Ve Ha Emouna.

Pourtant, il en est bien ainsi, par un effet de la bonté du Saint béni soit-Il, Qui est tout puissant, pour Lequel rien n’est impossible. Aussi, pour que la “ Torah de Dieu ” devienne “ sa Torah ”, il faut Le servir et une étude purement intellectuelle n’est nullement suffisante. Ainsi, la Me’hilta dit, à la Parchat Yethro : “ Acceptez d’abord Ma royauté, puis Mes Décrets ”. Et, le traité Bera’hot, au début du second chapitre, précise que, chaque jour, il faut recevoir d’abord le joug de la royauté divine, puis celui de la Torah et des Mitsvot.

Il découle de tout cela que, si l’on ne se prépare pas de la manière qui convient et que nos Sages résument en un dicton court, constatant qu’il fallut, pour recevoir la Torah, dire : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”, si l’étude n’est pas conforme à tout cela(2), elle ne se lie pas réellement à l’homme qui s’y consacre et, dès lors, son effet n’apparaît pas.

Certes, il convient de respecter le libre arbitre et un tel homme poursuivra donc son étude de la Torah. Bien plus, il la comprendra, s’il possède les capacités intellectuelles requises. Telle est, en effet, la situation naturelle et nos Sages disent, dans la Michna, au chapitre 4 du traité Avoda Zara, “ doit-Il perdre Son monde à cause des…(3) ”. Bien plus, l’assurance nous a été donnée que “ nul ne sera repoussé ” et, au final, ces paroles de la Torah le feront effectivement revenir sur le bon chemin. Néanmoins, il peut en être ainsi dans une vie ultérieure, comme le précise le Tanya, à la fin du chapitre 39 et, dans l’intervalle, des dizaines d’années seront perdues.

Il découle de tout cela que l’on doit étudier la Torah avec pureté, en respectant l’immersion rituelle selon Ezra(4), en faisant précéder cette étude par la crainte de Dieu et l’acceptation du joug de la royauté divine. Mais, même après tout cela, l’aide de Dieu reste encore nécessaire. Il faut donc donner une pièce à un pauvre. Alors, Dieu agit, mesure pour mesure(5) et Il accorde la réussite dans l’étude, que l’on soit pauvre ou riche.

Bien entendu, il est difficile d’expliquer tout cela dans le cadre d’une lettre. J’ai, toutefois, bon espoir que ces quelques lignes suffiront, si vous les consultez avec toute l’attention nécessaire.

Vous connaissez sans doute les trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Elles portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Vous les gardez ou, tout au moins, vous le ferez à l’avenir.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Le secrétaire,

Notes

(1) Celle de l’homme qui l’étudie. (2) Si elle est purement intellectuelle, sans être précédée par la soumission. (3) Insensés. (4) Après chaque relation conjugale. (5) A l’image de ce qui a été accompli.

Lettre n°4241

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4241, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Nissan 5716,

Brooklyn,

A mon proche parent, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint

Dieu et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Azryel Zelig(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille de Pessa’h.

Je vous remercie d’avoir pris la peine de m’envoyer les livres du Mossad Ha Rav Kook(2) et ceux du Rav Ovadya. Je suis, pourtant, surpris que les négociations et l’expédition aient duré tant de temps.

Vous me dites que le Rav Ovadya souhaite échanger ses livres contre les responsa du Tséma’h Tsédek. D’un côté, il ne faut pas dévaluer les parutions des éditions Kehot, ce qui pourrait donner l’impression qu’on ne leur accorde pas toute leur valeur. Mais, d’un autre côté, ces livres doivent parvenir, en particulier, à ceux qui enseignent la Hala’ha et guident leur entourage. C’est bien le cas pour lui et il en sera de même, à l’avenir si lui-même ou l’un de ceux qui le suivent publie un livre. Il faut donc mettre en avant ces deux points.

Vous parlez des livres destinés au Mossad Ha Rav Kook, que vous n’avez pas encore transmis. Ceux dont nous disposons sont expédiés maintenant, à votre nom. Il s’agit de Ha Krya Ve Ha Kedoucha, Kav Naki, Hayom Yom, Meor Enaïm. En revanche, le Sidour Torah Or, de l’Admour Hazaken, avec le Chaar Ha Collel, est épuisé depuis quelques temps déjà et l’on en prépare une nouvelle édition. Quand elle sera prête, on vous l’enverra.

De même, on vous a adressé le nouveau catalogue, que vous pourrez leur montrer(3) pour déterminer ce qui est paru entre temps. Ils verront ainsi ce qui est encore sous presse.

Vous avez sûrement profité des jours de Pessa’h de la manière qui convient, au sein de l’association ‘Habad comme des jeunes de l’association ‘Habad. Vous m’écrirez, à ce sujet, en me précisant tous les détails nécessaires. De votre côté, vous en montrerez l’importance(4). Je vous remercie, par avance, de tout ce que vous pourrez faire, en la matière.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Vous avez sûrement reçu, il y a quelques temps, la réponse à vos courriers précédents. Je viens de recevoir les lettres du Rav Ovadya. Sans doute contactez-vous également d’autres auteurs, pour qu’ils adressent leurs livres à la bibliothèque, ici-même, au moins à titre d’échange, contre des livres de Kehot.

Notes

(1) Le Rav A.Z. Slonim. Voir, à son sujet, la lettre n°3920. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°3026 et 3105. (3) Au Mossad Ha Rav Kook. (4) Du fait d’écrire.

Lettre n°4242

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4242, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 7 Nissan et je suis surpris par la durée de l’intervalle qui s’écoule entre deux courriers. Je suis également étonné par le début de cette lettre, affirmant que vous n’avez pas d’explication justifiant que vous n’ayez pas profité des jours de Pourim. En effet, à quoi aboutira le fait d’utiliser imparfaitement des jours propices ? Chaque journée ne reçoit-elle pas son contenu spécifique ? Et, la ‘Hassidout explique que “ des jours ont été créés ” et que l’homme introduit l’Unique en eux.

Vous envisagez d’acheter des livres. Il me semble vous avoir déjà écrit qu’il est bon de les acquérir en échange de livres de Kehot. En revanche, pour différentes raisons, il ne faut pas les acheter. En tout état de cause, je vous remercie pour tout ce que vous ferez, en la matière.

Je vous joins une copie de ma lettre, adressée à tous. Puisse Dieu faire que vous vous en serviez, dans votre entourage et dans votre pays.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°4243

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4243, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Nissan 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav N.N.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 8 Nissan et la suivante. Puisse Dieu faire qu’au moins à l’avenir, vous cessiez de me faire écrire des lettres exprimant des exigences. Que Dieu m’accorde le mérite et le succès de rédiger des lettres de remerciement, demandant de s’élever encore plus, de temps à autre, dans le domaine de la sainteté, au-delà de la réussite qui va croissant. Bien plus, les élèves, ayant reçu, donneront à leur tour. Ils seront les canaux, les réceptacles, les émissaires diffusant la ‘Hassidout parmi nos frères, les Sefardim, de même que ses usages et ses coutumes.

Quel dommage ! Chaque jour, chaque instant qui passe ne se retrouvera jamais plus, surtout en notre époque du talon du Machia’h, alors que, selon le dicton de mon beau-père, le Rabbi, “ il(2) se tient derrière notre mur ”. Il suffit donc de faire briller les boutons, car ceux-ci devront être lumineux, lors de la parade. Il est inutile d’en dire plus. Tout cela a été exposé, répété une seconde fois, puis une troisième, à différentes occasions, par écrit et de vive voix. La formulation n’était pas la même, mais le contenu était toujours identique.

Sans doute avez-vous profité des jours de la fête de Pessa’h, de la manière qui convient. Vous m’écrirez, à ce sujet, avec le détail qui convient.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rav Nissan Nemanow, guide spirituel de la Yechiva Tom’heï Temimim de Brunoy, dans la région parisienne. Voir, à son sujet, la lettre n°4083. (2) Le Machia’h.

Lettre n°4244

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4244, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre d’avant la fête de Pessa’h, dans laquelle vous me dites que votre bilan moral n’a servi à rien et que vous n’en voyez pas les fruits. Différents textes permettent d’établir qu’en pareil cas, celui-ci émane d’une source qui n’est pas pure.

Le Rabbi Rachab précise de quelle manière on peut déterminer cette source(1) et ses propos sont reproduits dans le Hayom Yom. Si ce bilan dérange l’action concrète, il émane de celui qui complote(2). Or, comme l’indique votre lettre, votre réflexion a provoqué votre découragement et elle a donc affaibli vos actions.

Comme je l’ai déjà écrit à plusieurs ‘Hassidim(3), on sait ce que tranche notre Torah, y compris dans sa partie révélée, à propos de la destruction du ‘Hamets matériel, que l’homme doit rechercher. S’il le découvre, il le fera disparaître mais, s’il ne le voit pas dans les forces dont il dispose et n’a donc rien à brûler, il n’en aura pas moins accompli la Mitsva comme il convient, s’étant acquitté de sa tâche. Car, la Torah n’a pas été donnée aux anges.

Ainsi, même si vos arguments étaient justifiés, vous avez fait votre devoir, formulé des reproches et même mis en pratique l’Injonction : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”. Il faut donc s’efforcer de rendre ce prochain meilleur. Bien plus, il est à peu près certain que votre bilan est faux, comme je le disais. Il est dit, à ce propos, que “ une action est préférable à mille plaintes ”.

Vous poursuivrez donc votre action auprès de votre entourage. Vous accomplissez, de la sorte, la mission que Dieu vous a confiée. Or, rien ne Lui est impossible. Au final, vos propos agiront donc de la manière qui convient.

Vous me dites que l’on vous interroge sur les bénéficiaires qui hériteront de vos biens. Il me semble que la même pratique existe également aux Etats Unis. A ceux qui n’ont pas d’enfants, on demande, après cent vingt ans, de transmettre ces biens à une institution. Et, tout cela ne vous empêche sans doute pas de faire des cadeaux, tout au long de votre vie, pour de longs jours et de bonnes années.

Vous me direz sûrement comment vous avez profité de Pessa’h, temps de notre libération. Puisse Dieu faire que ce soit une bonne préparation pour la fête de Chavouot, qui approche, ainsi qu’il est dit : “ Quand tu feras sortir le peuple d’Egypte, vous servirez Dieu sur cette montagne ”.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°4017. (2) Du mauvais penchant. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4088.

Lettre n°4245

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4245, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Nissan 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Morde’haï Guerchon(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre question, posée il y a quelques temps, concernant l’endroit où doit être célébré le mariage et la fête qui le suivra, en un moment bon et fructueux.

A mon sens, il faut le faire dans un endroit convenable. Ainsi, la cérémonie et le repas qui suivra auront lieu en un endroit qui se trouve au centre de la ville(2). En effet, il ne faut pas faire comme certains, qui déplacent les mariés et les invités, d’un endroit à un autre.

Puisse Dieu faire qu’ils bâtissent un édifice éternel, basé sur la Torah et les Mitsvot, telles qu’elles sont éclairées par le luminaire de la Torah, qui est l’enseignement de la ‘Hassidout.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav M.G. Spalter, de New York. (2) Et, donc d’accès facile.

Lettre n°4246

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4246, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Nissan 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et assume une mission sacrée, le Rav Barou’h(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je suis surpris de ne pas avoir de vos lettres et de vos nouvelles depuis bien longtemps, alors que vous vous consacrez à l’éducation des enfants juifs, leur enseignez la sainte Torah. Or, tout ce qui concerne la Torah, en particulier, doit être “ développé chaque jour ”, selon l’expression du Zohar. Bien plus, l’enseignement et la surveillance des élèves est effectuée au sein d’une institution ‘hassidique, dans laquelle on ressent, superficiellement et même profondément, l’esprit de ses fondateurs, qui la dirigent, nos saints maîtres. L’enseignant, le recteur de la Yechiva, le surveillant ne sont donc que les canaux révélant leurs bénédictions. Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Vous me demandez mon avis sur la manière de ponctuer l’expression “ souvenir(2) d’Amalek ”. J’ai déjà écrit au grand Rav H.Naé ce que j’en pensais et il a consigné mon avis dans le calendrier du Collel(3). Ma position est basée sur une affirmation de l’Admour Hazaken(4), imprimée dans le Boné Yerouchalaïm et cité dans le Ketsot Ha Choul’han, tome 4, du même auteur(5).

Vous évoquez le fait de porter un couvercle sur les Tefillin du bras, pendant toute la durée de la prière, afin d’en protéger les coins. C’est ce que je fais moi-même. Bien évident, la partie de ce couvercle qui se trouve face au Youd(6) est coupée, afin que ce Youd ne soit pas séparé du boîtier, conformément à l’enseignement du saint Zohar.

Dans les Tefillin de mon beau-père, le Rabbi, en revanche, la partie du couvercle qui était à l’emplacement du Youd était entière. On peut en conclure qu’il ne portait pas ce couvercle pendant la prière. Sans doute son père, le Rabbi(7), en faisait-il de même.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav B.Pariz, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°699. (2) Zé’her, que l’on peut ponctuer avec un Tséré ou avec un Segol. (3) Collel ‘Habad. Voir, à ce sujet, la lettre n°3807. (4) Voir le Likouteï Si’hot, tome 11, page 248. (5) Le Rav ‘Haïm Naé. (6) Constitué avec la lanière. (7) Rachab.

Lettre n°4247

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4247, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me dites que vos études sont fructueuses. Néanmoins, pour ce qui concerne la réparation de ce que l’on sait(1), il vous semble qu’il n’y a pas d’amélioration.

Néanmoins, “ ce qui est caché auprès de Dieu…(2) ” et l’homme doit uniquement faire ce qui lui incombe. Il est impossible que la situation ne s’améliore pas et il n’y a donc là qu’un stratagème du mauvais penchant, destiné à vous humilier et à vous décourager, afin de vous empêcher de progresser dans le service de Dieu. Vous consulterez également le Tanya, à partir du chapitre 29.

En tout état de cause, essayez d’oublier complètement tout cela. Ne pensez même pas à la réparation, dans la mesure du possible. Efforcez-vous d’accroître l’influence que vous exercez sur votre prochain, de le rapprocher de la Torah et de ses Mitsvot. Ainsi, vous intensifierez la bénédiction de Dieu pour votre propre progression, qui sera accordée à Sa manière, c’est-à-dire “ mesure pour mesure ”(3), mais beaucoup plus largement.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,

Notes

(1) Vraisemblablement, l’émission de semence en pure perte. (2) Pourquoi s’en préoccuper ? (3) De la façon dont on agit envers Lui.

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