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Iguerot Kodesh — lettres 4188 à 4207

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°4188

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4188, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Adar 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Avraham ‘Hano’h(1),

Je vous salue et vous bénis,

Le Beth Rabbi(2), traitant de l’Admour Hazaken, se trouve déjà chez l’imprimeur. Mais, il n’est pas encore mis en page et, pour l’heure, je n’ai pas pu en corriger les épreuves comme il le faudrait, par manque de temps. Des additifs sont donc encore possibles, y compris au milieu de l’ouvrage. En revanche, il n’y a pas lieu d’améliorer le texte qui a déjà été arrêté.

Il est particulièrement judicieux de traduire les causeries en Hébreu(3) et de les éditer, au même format que le Likouteï Dibbourim ou le Séfer Ha Si’hot. S’il ne peut en être autrement, le coût de cette publication sera pris en charge par les éditions Kehot. De même, il serait bon de mettre en forme, au moins partiellement, les écrits du Tséma’h Tsédek.

Sans doute enverrez-vous ici un enregistrement, s’il existe, de l’émission de radio décrivant Pourim à Kfar ‘Habad. Vous en ferez de même lors des occasions à venir. Les frais seront pris en charge par les éditions Kehot.

Il faut donner à E. S.(4) les livres des éditions Kehot qu’il demandera et lui expliquer que l’on en fait de même avec plusieurs auteurs envoyant leurs ouvrages à la bibliothèque, ici. C’est, en particulier, le cas en l’occurrence, puisqu’il en résultera un bien pour le plus grand nombre(5).

Lorsque vous négocierez le manuscrit de Friedberg et son envoi ici, vous inclurez également les autres manuscrits et non uniquement les livres.

Notes

(1) Le Rav A.H. Glitsenstein, de Lod. Voir, à son sujet, la lettre n°3879. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3879. (3) Du Yiddich. (4) Vraisemblablement Eliézer Steinman. Voir la lettre n°4134. (5) Par la publication qui sera ainsi faite du contenu de ces livres.

Lettre n°4189

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4189, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Adar 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat, qui faisait suite à un long silence, de même que tout ce qu’elle contenait. Je vous remercie pour les bonnes nouvelles que vous me donnez, à propos de la manière dont s’est passée la fête de Pourim, dans votre synagogue. Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, tout soit transformé en joie. Ainsi, vous vous consacrerez joyeusement et avec toute l’énergie nécessaire, à l’élargissement et au développement de cette synagogue et de votre entourage, dans la matérialité du spirituel et dans la spiritualité du matériel.

Vous avez pu instaurer la circoncision et Dieu vous a accordé le grand mérite de faire une boulangerie convenable. Or, nos Sages disent qu’une Mitsva en attire une autre. Le mérite de tout cela se marquera donc en les autres domaines également et en tout ce que vous mentionnez, dans ce courrier.

De la sorte, votre état de santé s’améliorera physiquement, ce qui est important en soi, car c’est à propos du corps juif qu’il a été dit : “ Tu nous as choisis ”, comme l’explique le Tanya. De plus, c’est de cette façon que l’on peut servir Dieu.

Avec ma bénédiction de bonne santé et pour donner de bonnes nouvelles,

Lettre n°4190

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4190, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 21 Adar et aux précédentes. Je n’éprouve aucune colère et je n’ai nul désir de vous écarter, ce qu’à Dieu ne plaise. Je ne vous ai pas répondu uniquement du fait de mes nombreuses occupations, d’autant que, pour ce qui vous concerne, tout se passe bien, comme en attestent vos lettres. Et, il n’est pas aisé de donner, à distance, des instructions précises, surtout que la direction de cette institution est autonome.

Pour autant, je ne peux cacher que je suis peiné et surpris. Il est dit que “ l’on m’a chargé de garder les vignes ”, ce qui veut dire que, d’après la Torah, il s’agit bien de vignes, dans lesquelles il convient de travailler. Pour autant, on peut émettre une plainte en constatant que “ je n’ai pas gardé ma propre vigne ”. Or, il en est bien ainsi pour ce qui vous concerne et pour d’autres encore. Vous ne faites rien dans la vigne de ‘Habad. Vous aviez commencé à le faire et, pour différentes raisons, vous avez très vite cessé toute activité. Dans d’autres vignes, en revanche, vous travaillez, vous obtenez un résultat et vous êtes satisfait. Vous devez comprendre ce que je veux dire.

J’ai été content de ce que vous me dites, concernant votre conférence aux femmes et jeunes filles ‘Habad. Vous en ferez de même, à l’avenir et vous multiplierez même de telles interventions. Nos Sages disent que l’on doit étudier le sujet que l’on souhaite et combien plus est-ce le cas pour ce qui concerne les femmes. Les conférences et les cours doivent donc les intéresser. Ainsi, en relativement peu de temps, vous pourrez approfondir ces concepts et les élargir.

La fête de Pessa’h approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction. Vous la célébrerez, avec les membres de votre famille, de manière cachère et joyeuse.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°4191

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4191, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Nissan 5716,

Brooklyn,

Aux dirigeants de l’association ‘Habad en Terre Sainte,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je suis surpris de ne plus avoir de vos nouvelles depuis bien longtemps. Or, nous avons soif et envie de nouvelles réjouissantes, relatives au développement des activités, dans la vigne de ‘Habad.

S’agissant de la fête de Pessa’h, qui approche, vous voudrez bien, comme l’an dernier, envoyer, en mon nom, un paquet de Matsot Chemourot, bien entendu faites à la main, à messieurs Chazar, Sirkus et Its’hak Korn.

Si vous pensez qu’il faut en envoyer à d’autres personnes, vous me préciserez votre proposition et je vous répondrai par télégramme. Je vous remercie, par avance, pour tout cela.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Lettre n°4192

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4192, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Comme vous le savez, lorsque survient une dispute, il est impossible que celui qui est dans son bon droit, ne soit pas, malgré tout, un peu fautif. Bien plus, en l’occurrence, la polémique importe peu, de même que la désignation avec le doigt du coupable, dans tel domaine et du coupable, dans tel autre. Il s’agit ici de développer une institution et de faire un effort sincère pour obtenir ce résultat.

Tant que cette institution ne prendra pas l’ampleur qui convient, tous les membres de la direction en seront responsables. Or, il est dit que, si un Juste accède à la Techouva de la manière qui sied, la délivrance sera immédiate, comme l’explique le Tikouneï Zohar, cité par la ‘Hassidout. Combien plus une amélioration de la situation de tous ceux qui prennent part à cette réalisation commune provoquera-t-elle la délivrance de ce projet commun. Il n’est pas nécessaire d’en dire plus, puisque la pratique concrète et la logique attestent qu’il en est bien ainsi.

Sans doute distribuerez-vous de la Matsa Chemoura, en plus de celle que vous vendez, conformément à la causerie prononcée, à ce sujet, il y a quelques années. Puisse Dieu faire que l’on reçoive cet aliment de la guérison et de la foi, dans vos quatre coudées, pour toute l’année.

Pessa’h approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction. Vous le célébrerez, avec les membres de votre famille, d’une manière cachère et joyeuse.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°4193

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4193, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Nissan 5716,

Brooklyn,

A madame Mery(1),

Je vous bénis et vous salue,

J’ai été content de recevoir votre lettre du 3/9, qui faisait suite à une interruption. Vous évoquez les moyens financiers de votre fonds, destiné à attribuer, chaque année, une bourse à un élève méritant(2).

Il est clair que l’on peut toujours effectuer une telle attribution. Mais, il est tout aussi évident qu’il ne s’agit pas uniquement d’une bourse, mais bien de la prise en charge des besoins. Il n’est donc pas possible de fixer un montant à l’avance. Tout dépend de la personne qui fait le don et des moyens qu’elle y consacre, du budget annuel et du nombre des bénéficiaires.

Si vous choisissez l’une des formules qui viennent d’être définies, je pense que l’on pourra l’attribuer au réseau scolaire de ‘Habad en notre Terre Sainte ou bien au Maroc.

Je ne vous ai pas écrit tout cela, car une distribution de prix n’est pas très fréquente, chez les Juifs. Nous n’avons rien contre une telle manière de procéder, mais nous ne la pratiquons pas. L’une des raisons essentielles à cela est sans doute la nécessité de pénétrer de sainteté les études en Yechiva. Une telle procédure n’a donc pas été introduite, afin de ne pas suggérer aux élèves une motivation financière ou, plus généralement, matérielle.

Pour autant, ces dernières années, plusieurs Yechivot, en particulier en Terre Sainte, récompensent effectivement les élèves. En revanche, ils ne le font généralement pas avec de l’argent, mais plutôt avec des livres.

Vous ne dites rien de vos problèmes de santé et je veux croire que ceux-ci étaient uniquement passagers, que vous vous sentez maintenant beaucoup mieux et que vous pourrez passer la fête de Pessa’h de la manière qui convient.

Je vous souhaite de donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit, en particulier de votre état de santé.

Notes

(1) Madame M. Wilenski, de Cincinnati. Voir, à son sujet, la lettre n°4081. (2) Voir la lettre n°4081.

Lettre n°4194

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4194, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Nissan 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, homme distingué qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Moché Tsvi(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai lu, avec plaisir, dans votre lettre, qu’il y a un cours fixe de Tanya(2), une fois par semaine et que les participants y prennent beaucoup d’intérêt. Bien entendu, un cours hebdomadaire n’est nullement suffisant. Nos Sages disent que l’on ne peut passer trois jours sans étude de la Torah et ceci s’applique également à son luminaire, qui en est la dimension profonde et que le Zohar appelle “ l’âme de la Torah ”. Il s’agit, pour notre génération, de l’enseignement de la ‘Hassidout.

Or, rien ne résiste à la volonté et, s’il en est ainsi à l’extérieur d’Erets Israël, combien plus est-ce le cas dans le “ pays vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu du début de l’année à la fin de l’année ”. Pour quelqu’un comme vous, il est sûrement inutile d’en dire plus et ces quelques lignes n’ont d’autre but que de conseiller l’empressement à celui qui possède cette qualité de manière naturelle, conformément à l’enseignement de nos Sages. Bien plus, en l’occurrence, comme je le disais, il s’agit uniquement de développer ce qui existe déjà.

Puisse Dieu faire que vous réussissiez à former des élèves craignant Dieu, étudiant la Torah dans la pureté et accomplissant les Mitsvot de la meilleure façon.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

N. B. : Je saisis cette occasion pour vous remercier de votre approche positive et de votre bienveillance envers les membres des jeunes de l’association ‘Habad en notre Terre Sainte, qui vous ont rendu visite quelques fois et, à n’en pas douter, le feront encore à l’avenir. Votre attitude les encourage à redoubler d’ardeur dans leur effort de diffusion des sources(3) à l’extérieur.

Notes

(1) Le Rav M.T. Nerya, recteur de la Yechiva de Kfar Ha Roé. (2) Au sein de la Yechiva. (3) De la ‘Hassidout.

Lettre n°4195

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4195, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Nissan 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se

consacre aux besoins communautaires, le Rav Eliézer(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je suis surpris de ne pas avoir de vos nouvelles depuis votre lettre du 1er Adar.

Dans cette lettre du premier jour de Roch ‘Hodech et dans la précédente, vous évoquez l’école agricole. Il est clair qu’en vous introduisant dans le domaine de l’éducation ‘Habad, vous devez adopter un état d’esprit correspondant. Il est indispensable qu’il n’y ait pas de différence entre le comportement et le mode de vie de cette institution et ceux de l’école de menuiserie ou encore de l’école d’imprimerie, qui verra bientôt le jour. J’ai déjà répondu à tout cela dans la lettre que je vous avais écrite, à l’époque.

Peut-être certains élèves s’en iront-ils, mais l’on ne peut pas abaisser, de leur fait, le niveau d’une institution éducative, surtout pour aller à l’encontre de l’esprit de ‘Habad. Ce que vous proposez est donc exclu.

Néanmoins, tous les comportements de Loubavitch doivent être présentés de manière agréable, sans pour autant faire de concessions. Il ne faut donc pas renvoyer ces élèves, ce qu’à Dieu ne plaise, mais leur expliquer l’aspect négatif d’une telle attitude, leur montrer que celle-ci va à l’encontre de leur propre bien. Point essentiel, il ne faut pas adopter la manière d’agir du Moussar(2), en décrivant le mal largement et en en parlant la plupart du temps. L’effort et les explications porteront plutôt sur l’élévation du bien véritable.

Très simplement, il faut multiplier les réunions ‘hassidiques, avec ces élèves, bien évidemment à un niveau en rapport avec leur compréhension, par des récits, des chants, des danses de ‘Habad.

De même, si vous placez une radio(3) dans l’école, vous ne pourrez pas interdire qu’il y en ait dans les chambres, là où ils dorment. Or, là, nul ne pourra les guider en ce qu’ils choisissent et écoutent.

Vous ne parlez pas de votre état de santé et j’ai bon espoir qu’il s’est amélioré. Puisse Dieu faire qu’il soit encore meilleur, pour vous, pour votre épouse et pour tous les membres de votre famille.

Pessa’h approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction. Vous le célébrerez, avec les membres de votre famille, d’une manière cachère et joyeuse.

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav E.Karasik. Voir, à son sujet, la lettre n°3908. (2) De l’Ethique. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4138.

Lettre n°4196

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4196, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre, dans laquelle vous me décrivez comment s’est passé le mariage, en un moment bon et fructueux et vous m’expliquez, brièvement, comment vous vivez maintenant. J’aimerais savoir, plus précisément, comment vous vous préparez à la fête de Pessa’h, qui approche. Vous me le ferez sûrement savoir.

Vous évoquez également votre comportement. Je ne suis pas du tout satisfait que vous fassiez un demi jeûne, tous les lundis et jeudis. Telle n’est pas la voie de la ‘Hassidout. Au lieu de mortifier le corps, il faut faire souffrir l’âme animale. Cela signifie que l’on ne doit pas remettre en cause son intégrité physique, en s’abstenant de boire et de manger, alors que la nourriture est indispensable à la santé.

A la place de cela, il faut imposer des souffrances à l’âme animale, c’est-à-dire ne pas rechercher le plaisir, quand on mange et quand on boit, éviter les paroles inutiles et, a fortiori, celles qui frôlent la médisance ou sont même interdites. On doit aussi mettre en pratique l’Injonction : “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ”, y compris envers celui qui donne l’impression de ne pas accorder cet amour en retour, ou même qui a causé du tort, a manqué de respect.

Tous ces comportements sont, parfois, bien plus difficiles à mettre en pratique que le jeûne, supprimant uniquement la nourriture et la boisson. En outre, ils n’affaiblissent pas la santé et permettent donc d’étudier la Torah, de mettre en pratique les Mitsvot de la meilleure façon, sans être importuné par des préoccupations physiques.

Je vous adresse ma bénédiction pour que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela. Vous m’en annoncerez une également à propos de l’action que mène votre épouse afin de renforcer le Judaïsme, pour vous-mêmes et pour votre entourage. Et, vous aurez une fête de Pessa’h cachère et joyeuse.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,

Lettre n°4197

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4197, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Nissan 5716,

Brooklyn, New York,

A nos frères, les enfants d’Israël et, en particulier,

aux responsables éducatifs, partout où ils se trouvent,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Pessa’h, la première fête qui nous fut donnée, concerne, à la fois le peuple d’Israël, dans son ensemble et chaque Juif, en particulier. Sa célébration est spécifiquement liée à l’éducation.

Pour tout Israël, la sortie d’Egypte marqua la naissance en tant que peuple et le début de la préparation pour recevoir la Torah, laquelle délivre un enseignement et constitue le guide de la vie.

A chaque Juif, à titre individuel, la Torah souligne l’importance d’éduquer un enfant, ainsi qu’il est dit : “ Et, tu diras à ton fils ”. L’éducation est, précisément, l’un des aspects déterminants de cette fête.

Pessa’h est donc un moment propice pour méditer au dispositif et aux propriétés de l’éducation, à la manière de la dispenser concrètement, en particulier pendant les fêtes.

Les fêtes, en général et Pessa’h, en particulier, ont de nombreuses lois et coutumes, qui sont alors mises en pratique. En outre, elles marquent de leur influence l’existence quotidienne, tout au long de l’année.

Cette influence, qui est importante pour chaque Juif, devient fondamentale, pour les jeunes et les enfants.

Une telle influence aurait donc dû être renforcée et accrue pendant les fêtes, mais, dans la pratique, pour différentes raisons, les enfants et les élèves, garçons et filles, sont soustraits à celle de la Yechiva supérieure, de la Yechiva élémentaire ou du Talmud Torah, non seulement durant la fête, mais aussi pendant les jours qui la précèdent.

Là où nous vivions auparavant, les vacances des élèves, entre les périodes scolaires, n’était pas dommageables à leur éducation. La rue et, a fortiori, la maison, procuraient à l’enfant et au jeune une atmosphère vivante et chaude de valeurs juives, de pratique des Mitsvot, au quotidien, de la meilleure façon. L’objectif des écoles était alors, essentiellement, de faire acquérir aux élèves la connaissance de la Torah.

A notre époque, en revanche, en particulier, dans ce pays, les institutions scolaires ne se contentent pas de donner aux élèves la connaissance de la Torah et du Judaïsme. Elles doivent, avant tout, implanter en eux la crainte de Dieu, l’accomplissement des Mitsvot le plus scrupuleux et, plus généralement, le mode de vie du Judaïsme.

Dans ce contexte, le fait d’être soustrait à l’influence des écoles pendant les vacances et, surtout, pendant les fêtes, prive les élèves d’une impulsion dont ils ont un besoin vital, précisément au moment où ils devraient la recevoir de manière la plus large.

Je m’adresse donc à tous ceux qui interviennent dans le domaine éducatif ou pourraient le faire, afin de leur demander de prendre les mesures nécessaires pour rectifier cette situation. Ce sont essentiellement les suivantes :

A) A la veille de la fête ou, tout au moins, à la date la plus rapprochée de celle-ci, on enseignera encore une fois aux enfants, de la manière qui convient, les lois et les coutumes de cette fête, de même que son contenu et ses explications.

B) Il est, en outre, indispensable, pendant la fête, en particulier à ‘Hol Ha Moëd, que les enseignants réunissent les enfants, d’une façon convenable, afin de profiter de ces jours propices pour renforcer l’influence exercée sur les enfants par tout ce qui concerne cette fête, en général et ce qui doit affecter leur comportement, en particulier.

On trouvera sûrement un moyen de surmonter les difficultés et les problèmes qui surgiront, du fait de l’éloignement des enfants ou de leur dispersion. En effet, la réunion, pendant les jours de fête, n’aura pas nécessairement lieu dans les locaux de l’école. De même, la répartition entre les classes et les professeurs importe peu, en la matière, puisqu’il ne s’agit pas d’enseignement. Plusieurs classes peuvent donc être groupées.

C) En outre, les parents ne s’en remettront pas totalement aux écoles. Pour leur part, ils auront conscience, d’une part, que l’influence de la rue est dommageable, d’autre part, qu’une responsabilité accrue leur incombe, lorsque leurs enfants disposent de beaucoup plus de temps libre, pendant les fêtes et les vacances. Pour autant, ils doivent savoir que les forces dont ils disposent sont également accrues.

Dieu fasse que les garçons et les filles, les enfants appartenant aux quatre catégories définies par la Haggadah se réunissent, autour de la même table, dans le but de mettre en pratique “ les Témoignages, les Décrets et les Jugements que l’Eternel notre Dieu nous a ordonnés ”, qu’ils posent bien les questions, afin de connaître la véritable réponse de la Torah et de la mettre en pratique.

Ce début de rassemblement des exilés, réunissant les enfants dispersés autour de la même table du Séder, hâtera le début de la délivrance, puis la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h, lorsque s’accomplira le vœu par lequel ce Séder est introduit : “ Cette année, nous sommes esclaves. L’an prochain, nous serons libres ”.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

M. Schneerson,

Lettre n°4198

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4198, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) Vous me demandez si vous devez prier en vous couvrant la tête du Talith, car nul ne le fait, dans votre synagogue et une telle attitude serait donc ostentatoire.

A mon avis, il ne faut pas le faire avec trop de force. Néanmoins, vous lisez la Torah et vous êtes celui qui prononce les paroles d’encouragement. Tous comprendront donc que vous portiez le Talith sur la tête, y compris ceux qui ne le font pas encore.

De plus, certains pourront imiter votre exemple.

B) Vous me demandez pourquoi, parmi les enfants de telle personne, seul celui dont la crainte de Dieu est la plus réduite a survécu, alors que ceux qui craignaient Dieu ont été assassinés, en sanctifiant le Nom de Dieu.

C’est à propos de telles questions qu’il est dit : “ Pourquoi s’interroger sur ce qui est dissimulé auprès de Dieu ? ”. On trouve une explication, dans les livres, à propos de cas similaires. Une telle âme peut devoir accéder à la Techouva pour ce qu’elle a fait ou encore être chargée de faire du bien à une personne ou à une autre, par le mérite de laquelle elle se maintient dans un corps, ce qu’elle ne pourrait faire par son propre mérite.

Une telle âme n’est, pour l’heure, pas encore parvenue à la Techouva. Mais, comme le disent nos Sages, Dieu retarde Sa colère et Il ne la punit pas, dans l’espoir qu’elle ne se détournera pas, accédera à la Techouva et reviendra à de meilleurs sentiments.

La fête de Pessa’h approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction. Vous la célébrerez, avec les membres de votre famille, de manière cachère et joyeuse.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°4199

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4199, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Nissan 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chmouel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 26 Adar. Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom et celui des membres de votre famille près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef d’Israël, afin que vous obteniez la satisfaction de vos besoins, matériels et spirituels.

Vous mentionnez, dans votre lettre, votre participation à une fête ‘Habad, à Kfar ‘Habad, au jour lumineux du 19 Kislev(2). Lors de celle-ci, vous avez sûrement entendu que cette date est qualifiée de Roch Hachana de l’étude et des voies de la ‘Hassidout. Or, le but de Roch Hachana est de vivifier, par l’inspiration qu’il apporte, tous les jours de l’année. Et, il en est donc de même du 19 Kislev, pour ce qui concerne la ‘Hassidout.

En ce jour, chaque Juif a la possibilité d’obtenir la motivation et de prendre de bonnes décisions pour toute l’année. De votre côté, vous préparerez sûrement les réceptacles nécessaires, vous ferez en sorte que cette révélation se produise et vous la renforcerez. Car, rien ne résiste à la volonté.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit, en particulier de l’éducation de vos filles et pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse.

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) Le Rav C.Babiov, de Jérusalem. (2) Libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes.

Lettre n°4200

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4200, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce mardi, dans laquelle vous me dites que vous avez proposé un parti à telle personne et que l’union était déjà conclue, lorsque quelqu’un est intervenu pour semer le doute quant au passé de la jeune fille, bien qu’à l’heure actuelle, elle affirme vouloir épouser un homme respectant la Torah et les Mitsvot et qu’elle mettra elle-même en pratique la loi de Moché et d’Israël(1).

Ainsi, le présent est positif, alors que le passé n’est que douteux. Selon le Choul’han Arou’h, on peut réellement se demander si un tel témoignage est fiable. Et, bien plus, on sait que la Techouva est efficace.

A mon avis, il ne faut donc pas se préoccuper de tout cela. Dieu couronnera votre intervention de succès. Elle sera positive et interviendra dans un bon moment.

Je suis très surpris(2) de ne pas avoir eu, pendant tout ce temps, des nouvelles de vos actions, dans votre entourage, pour renforcer le Judaïsme, en général et diffuser les sources(3), en particulier. Il est dit, à propos de chacun de nous, que “ le salut provient des nombreux conseillers ”. Vous connaissez également le récit de nos Sages selon lequel “ Rav Achi réunissait… ”.

Je veux présumer qu’un émissaire s’acquitte de la mission qui lui est confiée. Or, chaque Juif est l’émissaire de Dieu, chargé de bâtir pour Lui une demeure ici-bas, par “ la bougie (qui) est la Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, par le luminaire de la Torah, qui en est l’enseignement profond.

Il est donc indispensable de se préoccuper de l’autre. Car c’est uniquement en donnant de la Tsédaka que l’on reçoit de Dieu le succès, en ses propres efforts. Ainsi, disent nos Sages, “ Rabbi Eliézer donnait une pièce à un pauvre et priait ensuite ”, récitant, en particulier, les douze bénédictions intermédiaires(4) dont la première demande le discernement(5).

En tout état de cause, la Hala’ha précise que, chaque fois qu’une vérification est possible, il faut la faire et ne pas se contenter d’une présomption(6), comme l’établit le début du Yoré Déa.

La fête de Pessa’h approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien. Vous la célébrerez, avec les membres de votre famille, de manière cachère et joyeuse. Et, vous vous efforcerez de réunir les quatre fils, de leur raconter la sortie de l’Egypte, des barrières, des entraves et de la rendre brillante pour eux. Car, la Torah s’adresse à tous à la fois.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Les Mitsvot spécifiquement confiées aux femmes. (2) Cette seconde partie de la lettre fut envoyée à plusieurs personnes. (3) De la ‘Hassidout. (4) De la Amida. (5) Textuellement, les trois forces de l’intellect, ‘Ho’hma, Bina et Daat. (6) En l’occurrence, celle affirmant que l’émissaire s’acquitte effectivement de la mission qui lui est confiée.

Lettre n°4201

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4201, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Nissan 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Issa’har Douber(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de Roch ‘Hodech Nissan, qui faisait suite à une nouvelle interruption, longue également. Vous me dites que vous affrontez plusieurs difficultés dans votre mission consistant à éduquer les jeunes filles juives aux valeurs sacrées. C’est, en effet, de cette façon qu’un homme s’acquitte de la tâche qui lui est confiée, depuis que nous avons été exilés de notre pays et avons été éloignés de notre terre.

Bien plus, c’est précisément en ces dernières années que l’obscurité et le voile sont diminués, même s’ils existent encore. Du reste, les ‘Hassidim venant du pays dans lequel nous étions auparavant(2) l’observent eux-mêmes, concrètement, de leur yeux de chair.

Tenez donc, au moins pour un court instant, le raisonnement “ a fortiori ” suivant : “ Dans la situation qui était la mienne, il y a une vingtaine d’années, j’ai mis en pratique la Torah et les Mitsvot, alors qu’il en résultait un danger véritable. Bien plus, c’est grâce à cela que j’ai été sauvé, avec tous les membres de ma famille. Combien plus dois-je rendre grâce au Créateur du monde, Qui le dirige, m’a fait quitté l’étroitesse, m’a conduit vers la largesse. Je dois donc accomplir tout cela joyeusement ”. Il est sûrement inutile d’en dire plus.

Parfois, surgissent des obstacles et des voiles, mais, vous avez dû vous apercevoir qu’avec un léger effort et surtout avec une ferme détermination à faire avancer les choses, on connaît la réussite. Il en sera sûrement ainsi, à l’avenir. Notre maître, mon beau-père, le Rabbi, assume toujours sa mission. Il invoque la miséricorde divine pour que ceux qui mettent en pratique ses enseignements et sa volonté connaissent le succès en tout ce qu’ils

accomplissent, y compris en leurs préoccupations personnelles.

Vous évoquez l’édition de carnets de notes pour les élèves. Je suis surpris que vous n’en disposiez pas encore, car il y en a dans toutes les écoles. Bien évidemment, il est bon de les réaliser maintenant.

Vous me demandez quelle attitude adopter envers les élèves et comment se répartir entre les deux attitudes, inspirer la crainte, d’une part, avoir un comportement bienveillant, d’autre part, ce qui est indispensable envers les enfants et les femmes, surtout en matière d’éducation.

Il est vrai qu’il doit en être ainsi et ces deux attitudes sont conjointement possibles. Les limites entre elles apparaissent pendant l’éducation, en fonction de la personnalité de l’élève. On ne peut donc pas émettre de règles immuables, en la matière. Cela dépend également du lieu, de l’époque et des élèves. Il serait bon que les enseignants se concertent, de temps à autre, tous ensemble ou, au moins, la majorité d’entre eux, en examinant le comportement des élèves et la manière de les influencer. Que Dieu vous accorde la réussite.

Sans doute préparez-vous le Séder de Pessa’h suffisamment à l’avance. Il faudrait vérifier les habitudes qu’avaient les élèves, chez elles, au Maroc. Dans les points essentiels, leur Séder doit être conforme aux coutumes de ‘Habad. Toutefois, certains points peuvent sans doute être effectués en accord avec leur coutume, de la manière qui convient.

La demande de bénédiction qui figurait dans votre lettre sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Son état de santé s’est sans doute amélioré.

Pessa’h approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction. Vous le célébrerez, avec les membres de votre famille, de manière cachère et joyeuse.

Avec ma bénédiction et mes salutations, aux dirigeants et aux élèves, pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, matériellement et spirituellement,

Notes

(1) Le Rav I.D. Gurevitch, directeur du Beth Rivka de Yerres, dans la région parisienne. Voir, à son sujet, la lettre n°3910. (2) De Russie soviétique.

Lettre n°4202

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4202, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Nissan 5716,

A monsieur Elyahou(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 11/3, dans laquelle vous me parlez de votre service militaire et vous sollicitez ma bénédiction.

Que le Créateur du monde, Qui le dirige, vous accorde Sa bénédiction, en toutes vos préoccupations personnelles et publiques, c’est-à-dire dans la manière dont vous influencez votre entourage. Car, chez un Juif, ces deux dimensions sont liées.

En effet, chacun de nous, au sein de tout le peuple juif, a besoin de recevoir la bénédiction et la réussite de Dieu, dans sa vie quotidienne. Combien plus est-ce le cas pour ceux qui se trouvent dans l’armée. Pour les obtenir dans la plus large mesure, celui qui les demande doit adopter un comportement en rapport avec sa démarche, c’est-à-dire venir en aide aux autres, chaque fois que cela est possible, sans attendre de récompense ou de rétribution. Dieu agit “ mesure pour mesure ”(2) et Il adoptera donc la même attitude envers l’homme qui sollicite la bénédiction.

En conséquence, vous devez vous servir de l’influence que vous exercez sur vos amis, leur faire savoir ce qu’explique notre Torah, Torah de vie, les rapprocher de la pratique de ses Mitsvot, desquelles il est dit : “ On vivra par elles ”. Et, vous ne vous contenterez pas de leur parler une fois ou deux. Vous le ferez jusqu’à ce que vos propos soient suivis d’effet et introduisent une modification concrète. Vous connaissez sûrement le dicton selon lequel les paroles émanant du cœur pénètrent dans le cœur. Et, rien ne résiste à la volonté.

Bien plus, nous nous approchons de la fête des Matsot, temps de notre liberté de l’exil d’Egypte, à l’époque. Or, cette libération est liée à celle de l’âme et, selon les termes du verset : “ Lorsque tu feras sortir ce peuple d’Egypte, vous servirez Dieu sur cette montagne ”, le mont Sinaï sur lequel la Torah fut donnée.

Or, il en est de même à notre époque. La délivrance et la liberté véritable dépendent de la ferme résolution d’étudier la Torah et de pratiquer les Mitsvot. Car, rien ne résiste à la volonté.

Je vous saurais gré de transmettre mes salutations et mes vœux, à l’occasion de la fête, à vos amis et à votre entourage. Que chacun d’entre eux et tous ensemble célèbrent la fête de Pessa’h, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, d’une manière cachère et joyeuse.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) E. Ederhy, de Tsahal. (2) De la manière dont on se comporte envers Lui.

Lettre n°4203

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4203, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, qui me posait les questions suivantes :

A) S’agissant de la discussion bien connue relative au coucher du soleil(1), vous me demandez ce que doivent faire les femmes tenues d’effectuer une vérification(2).

Dernièrement, nombreux sont ceux qui s’interrogent de nouveau sur le coucher du soleil. Des livres ont été rédigés sur le sujet, en plus des articles que l’on trouve dans les périodiques de Torah. Pour autant, il est clair que les ‘Hassidim se basent uniquement sur la décision de l’Admour Hazaken, exprimée dans son Sidour, qui est ultérieur à son Choul’han Arou’h.

On sait aussi que le Gaon de Vilna est du même avis. Vous consulterez le Ora’h ‘Haïm, au chapitre 261, le Yoré Déa, au chapitre 262, le Chnot Elyahou, sur le traité Bera’hot et également le Gour Aryé sur Chabbat Lachem.

B) Vous évoquez les relations conjugales des érudits de la Torah, qui sont fixées tous les vendredis soirs. Vous dites que le Réchit ‘Ho’hma, dans la “ porte de la sainteté ”, adopte une position très restrictive, dans ce domaine et vous faites sûrement allusion au chapitre 16. Vous me demandez s’il y a lieu d’établir, en la matière, une distinction entre la première année et les suivantes.

Je n’ai vu aucun texte effectuant une telle différence. Certes, on ne peut tirer une preuve de ce que l’on n’a pas vu. En l’occurrence, pourtant, on ne peut imaginer que les livres traitant de ce sujet n’y fassent pas allusion. On peut donc considérer qu’il s’agit bien là d’une preuve.

Dans la partie révélée de la Torah, les commentateurs du Choul’han Arou’h traitent de ce sujet, dans le Ora’h ‘Haïm, chapitre 240 et le Even Ha Ezer, chapitre 76. Dans le Even Ha Ezer, vous consulterez également le Pit’heï Techouva, citant le Kerem Chlomo.

Le Réchit ‘Ho’hma se base sur différents textes du Zohar, par exemple le tome 1, pages 14a et 50a. Ces références sont citées dans le Nitsoutseï Zohar, tome 3, page 49b.

Dans la pratique, nous devons nous en tenir aux écrits du Ari Zal. Certes, il en existe différentes versions, selon que l’on consulte le Peri Ets ‘Haïm, le Michnat ‘Hassidim ou le Taameï Ha Mitsvot. Il convient, en l’occurrence, de retenir ces deux derniers ouvrages et non le premier. En effet, les Pisskeï Dinim du Tséma’h Tsédek, sur le Yoré Déa, au chapitre 116, précisent que : “ Le Michnat ‘Hassidim ne rapporte que les propos du Ari Zal et c’est vraisemblablement là qu’il a trouvé cette affirmation ”.

De même, il faut adopter le Taameï Ha Mitsvot, de Rabbi ‘Haïm Vital, plutôt que son Peri Ets ‘Haïm, dans lequel il cite aussi l’avis de ses amis. La référence, dans le Michnat ‘Hassidim, est le traité Che’hina, au chapitre 11 et, dans le Taameï Ha Mitsvot, à la Parchat Béréchit, au paragraphe “ concernant la relation conjugale ”, page 16a de l’édition de Vilna.

Certes, les notes et commentaires sur la “ porte des Mitsvot ”, au début de la Parchat Béréchit, s’interrogent, à ce sujet, se basant sur l’enseignement des Sages qui demandent de s’en tenir au vendredi soir. Mais, l’on sait que l’on ne supprime pas un enseignement ayant été donné du fait d’une question soulevée, à ce sujet.

Il faut savoir que tout cela est en accord à la fois avec la partie révélée de la Torah et les écrits du Ari Zal uniquement dans la mesure ou un tel retrait n’aura pas de conséquences encore plus graves. En revanche, s’il y a lieu de craindre qu’il en soit ainsi, il est bien clair, à mon avis, qu’il faut supprimer ce retrait. On, peut le déduire, a fortiori, de ce qui est établi, au nom du Séfer ‘Hassidim, dans le Beth Chmouel sur Even Ha Ezer, au début du chapitre 23.

J’ai vu que ce sujet était également traité dans le Biyour Hala’ha sur le Michna Beroura, Ora’h ‘Haïm, à cette même référence.

C) Vous me dites que votre épouse respecte les coutumes de Francfort, qui vous paraissent surprenantes et qui ne sont pas connues, dans votre tradition familiale.

Il est clair qu’en la matière, il faut adopter une position conciliante, en allant même au-delà de l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ il est trois personnes(3) qu’il convient de rapprocher de sa main droite ”. En effet, il est bien évident que votre question porte sur des coutumes qui ne sont pas interdites.

Et, même en agissant de la sorte, on peut se demander s’il est nécessaire de lui faire changer ses coutumes. En effet, il est à peu près certain que, si vous faites vous-même des concessions sur ce qui a été dit, vous obtiendrez aisément qu’elle en fasse de même, pour les coutumes qui pourraient conduire à enfreindre un Interdit, y compris si elles ne portent que sur un moyen de mieux accomplir la Mitsva.

Si une partie de ses coutumes sont réellement surprenantes pour votre entourage, il est une certitude que, peu à peu, elle les abandonnera d’elle-même, du fait de ceux qui l’observent.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3976. (2) En application des lois de la pureté familiale. (3) L’une d’elles étant la femme.

Lettre n°4204

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4204, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Nissan 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

se consacre aux besoins communautaires, assume

une mission sacrée, le Rav Morde’haï(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, me demandant les références de l’analyse du Tséma’h Tsédek, dans ses responsa, relative à l’apport du bois au pain(2) et à l’affirmation : “ Que mes mains soient consacrées à Celui Qui les a faites ”.

Vous faites vraisemblablement allusion aux responsa Yoré Déa, chapitre 183. Vous consulterez également les commentaires du Tséma’h Tsédek sur le Talmud, à cette référence du traité Ketouvot.

Vous êtes sûrement intéressé par la discussion qui a été portée à l’ordre du jour des jeunes Rabbanim des Etats-Unis, à propos du comité rabbinique de New York et du conseil des synagogues. A mon sens, il en découlera des conséquences encore plus déterminantes et importantes pour la communauté américaine et surtout pour la jeune génération, pour les jeunes, comme le précise ma lettre dont je vous joins une copie(3). Celle-ci, pour différentes raisons, a été rédigée de manière concise et sur un ton qui n’est pas polémique.

Il est sans doute inutile de souligner à quelqu’un comme vous l’importance de résoudre ce problème avec des organisations et des comités se trouvant en contact avec les jeunes et dont les membres de la communauté tiennent compte. En conséquence, quiconque a le pouvoir d’influer, en la matière, doit le faire, afin que tout se passe de la meilleure façon possible et qu’il n’y ait pas de place pour le doute et pour la falsification(4). Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Avec mes respects et ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) Le Rav M.Gifter, recteur de la Yechiva de Telz, à Cleveland. (2) Qui améliore son goût lorsqu’il permet de le faire cuire. (3) Il s’agit de la lettre n°4162. (4) Introduite par la réforme.

Lettre n°4205

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4205, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 5 Chevat et je suis surpris de ne pas avoir eu de vos nouvelles, depuis lors. Vous m’interrogez sur l’éducation que vous devez donner à vos enfants. Celle-ci sera-t-elle meilleure parmi les enfants des communautés orientales, desquelles vous êtes proche, ou bien faut-il opter pour une école plus orthodoxe, bien que les enfants en sont essentiellement d’origine ashkénaze ?

Il y a assurément, à l’heure actuelle, des écoles parfaitement orthodoxes, qui appartiennent aux communautés orientales. Néanmoins, s’il n’y en a pas près de vous, à proximité de votre maison, il est bien évident que la crainte de Dieu reste l’élément déterminant. De plus, en vous adressant au professeur de la classe, vous pourrez sûrement obtenir que vos enfants n’aient pas un sentiment de solitude.

Vous évoquez l’éventualité de mener des études permettant d’être scribe. La réponse à cette question dépend de vos aptitudes, dans ce domaine, qui ne peuvent être appréciées que par la pratique, c’est-à-dire en vous adressant à un expert en la matière, qui vous testera de la manière qui convient. Vous prendrez une décision au vu des résultats.

Vous me dites que, du fait de vos difficultés pour gagner votre vie, vous payez vos dettes en un délai plus long que celui qui avait été prévu à l’origine.

Il ne faut surtout pas que cela vous décourage, ce qu’à Dieu ne plaise. Il est certain que celui qui vous a prêté cet argent ne vous en veut pas. Bien au contraire, il est satisfait de constater que vous remboursez la dette d’une façon qui vous est supportable. Il est dit, en effet, que : “ Tu ne seras pas un usurier envers lui ”.

Car, qui a connaissance de ce qui est caché auprès de Dieu ? Au final, Dieu permet effectivement à un Juif de payer sa dette, puisqu’il est une Mitsva de le faire. Certes, on peut se demander, en l’occurrence, pourquoi cette possibilité est retardée. Mais, encore une fois, nous n’avons pas connaissance de ce qui est caché et la subsistance matérielle dépend, non pas du mérite, mais bien du Mazal.

Sans doute profiterez-vous des jours de Pessa’h, avec les élèves, de la manière qui convient. Et, vous ferez donc toutes les préparations nécessaires pour que ces jours de Pessa’h, qui approchent, ceux qui les précèdent et ceux qui le suivent, se passent de la meilleure façon. Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite.

Je suis surpris que vous n’évoquiez pas la situation de votre mère et ce que deviennent les autres membres de votre famille. Sans doute me le préciserez-vous, à la prochaine occasion.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Lettre n°4206

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4206, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 14 Adar, dont le cheminement a été retardé. Comme vous me le demandez, je citerai tous les noms que vous m’écrivez, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, en particulier celui de votre fils, auquel Dieu accordera une longue vie, afin qu’il trouve, très prochainement, un parti qui soit bon pour lui, matériellement et spirituellement. Sans doute agirez-vous, dans ce domaine, en ayant recours aux voies de la nature. Ainsi, Dieu vous accordera une réussite surnaturelle.

Il serait bon que votre fils étudie, chaque jour, l’enseignement profond de la Torah, qui en est l’âme et insuffle la vitalité à tout ce qui concerne l’homme, y compris la Torah et les Mitsvot, en général. Une telle étude est de nature à supprimer les voiles et les obstacles, comme l’explique un passage bien connu du Raya Méhemna, commenté par l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, dans Iguéret Ha Kodech, au chapitre 26.

De plus, il est du devoir d’un père de marier son fils. Il serait donc judicieux que vous-même, le père, fixiez une telle étude.

Et, comme vous le savez, cette étude doit être fixée à la fois dans le temps et dans l’âme.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse et pour donner de bonnes nouvelles,

Lettre n°4207

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4207, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Nissan 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me rapportez quelques points de votre existence. Vous concluez en vous plaignant du fait qu’il vous est difficile de gagner votre vie et vous vous en étonnez.

Or, la raison en est énoncée dans votre lettre, puisque, ces dernières années, vous avez gagné votre vie, en contrevenant au respect du Chabbat, Or, nos saints livres soulignent qu’un travail interdit, en ce jour, ne renforce pas la subsistance matérielle et, bien au contraire, qu’il la remet en cause.

Néanmoins, le Tout Puissant affirme que la Techouva est efficace, qu’elle peut réparer le passé. Vous déciderez donc, avec la plus grande fermeté, d’accomplir les Mitsvot de notre Torah, Torah de vie. Et, vous vous efforcerez de trouver un endroit pour gagner votre vie et, plus généralement, de vous installer d’une manière permise et cachère, selon le Choul’han Arou’h. De la sorte, il y a bon espoir que, peu à peu, vous trouviez une situation. Peut-être, au début, affronterez-vous des difficultés, mais il est dit que : “ tu commenceras dans la peine et, à la fin, tu fructifieras largement ”.

Vous ferez vérifier vos Tefillin, de même que les Mezouzot de l’endroit où vous résidez, afin de vous assurer qu’elles sont cachères, conformément à la Hala’ha. Chaque jour, avant la prière du matin, vous donnerez un franc à la Tsédaka. Puis, après cette prière, chaque jour, y compris le Chabbat et les fêtes, vous lirez au moins un Psaume du livre des Tehilim.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

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