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Iguerot Kodesh — lettres 4120 à 4139

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°4120

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4120, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au jeune ‘Hassid qui craint Dieu

et assume une mission sacrée,

le Rav ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 7 Chevat, avec ce qu’elle contenait. Sans doute avez-vous profité du jour de la Hilloula(2) de la manière qui convient, pour vous-même et dans l’influence que vous exercez sur votre entourage.

En effet, telle était la volonté profonde de celui dont nous célébrons la Hilloula. Il mettait en pratique la sentence de la Michna : “ Aime les créatures et rapproche-les de la Torah ”. Ces termes s’appliquent même à ceux qui ne sont rien de plus que des créatures de Dieu(3), comme le dit le chapitre 32 du Tanya.

En outre, il faut les rapprocher de la Torah et non rapprocher la Torah d’eux, en l’adaptant, comme cela a été expliqué, lors de la réunion ‘hassidique du jour de la Hilloula.

Notes

(1) Le Rav H.Ciment, de Boston. Voir, à son sujet, la lettre n°2269. (2) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat. (3) N’ayant pas d’autre qualité.

Lettre n°4121

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4121, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

se consacre aux besoins communautaires

et assume une mission sacrée, le Rav Saadya(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 4 Chevat, avec la demande de bénédiction et les listes(2) qu’elle contenait. De même, j’ai reçu, en son temps, votre précédente lettre, du 1er Tévet. J’espère qu’à réception de la présente, vous aurez constaté l’amélioration de l’état de santé des membres de votre famille.

On vous propose de les traiter par irradiation de rayons sur la tête. A ce propos, il me semble vous avoir déjà écrit, une fois, qu’il faut considérer cette thérapeutique avec prudence. Beaucoup d’autres traitements ne présentent aucun danger ou, en tout cas, sont moins dangereux et l’on en connaît mieux les conséquences que les rayons.

Sans doute avez-vous profité du jour de la Hilloula(3) de la manière qui convient et dans les domaines nécessaires, non seulement pour les élèves et les enseignants, mais aussi autour de vous, dans la ville. Il me semble vous avoir déjà écrit que tout ‘Hassid se trouvant dans un certain endroit doit s’y considérer comme l’émissaire de nos saints maîtres, y diffuser leur enseignement, leurs usages et leurs pratiques, dans tout l’entourage de la ville et du pays.

Nos Sages disent que “ lorsque l’un d’entre vous se trouve en Barbarie…(4) ”. Cette mission a été confiée à chacun d’entre nous et, encore avant cela, nous avons reçu les forces nécessaires pour la mener à bien comme il convient, avec largesse d’esprit.

Avec ma bénédiction de bonne santé, pour vous comme pour tous les membres de votre famille et afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav S.Liberov, de Sefrou, Maroc. Voir, à son sujet, la lettre n°3508. (2) Vraisemblablement des élèves de l’école. (3) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat. (4) “ Je considère que vous vous y trouvez tous ”, afin d’assurer l’élévation de ce pays.

Lettre n°4122

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4122, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Chevat 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, envoyée il y a quelques temps et, juste maintenant, votre demande de bénédiction, à l’occasion de la Hilloula, qui sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau de celui dont nous célébrons la Hilloula, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Vous évoquez votre réussite à rapprocher le cœur de quelques Juifs de la Torah et des Mitsvot. J’en suis satisfait. Nos Sages disent que celui qui sauve une âme est considéré comme s’il préservait le monde entier. Combien plus est-ce le cas, quand il s’agit de plusieurs âmes.

Comme vous le savez, une Mitsva, même accomplie une seule fois, suscite, là-haut, une unification immuable, pour l’éternité, comme l’explique le Tanya, à la fin du chapitre 25, d’autant que vous avez le mérite d’être l’intermédiaire pour l’accomplissement de plusieurs Mitsvot et bonnes actions.

Puisse Dieu faire que s’applique, en la matière, la décision de nos Sages selon laquelle “ une Mitsva en attire une autre ”. Ainsi, votre désir et votre enthousiasme pour de telles actions s’en trouveront accrus. Dès lors, on vous donnera la possibilité d’exaucer les souhaits de votre cœur, en ce qui vous concerne personnellement, pour les membres de votre famille et pour les autres.

Vous voudrez bien m’excuser pour ce que je vais vous dire maintenant. Je préciserai, au préalable que la paix est si importante que toute la Torah fut donnée afin de la réaliser, comme le précise le Rambam, à la fin de ses lois de ‘Hanouka. Bien plus, la Michna la définit comme un réceptacle contenant la bénédiction du Saint béni soit-Il. Je me permettrai donc

de vous souligner la nécessité de renforcer la paix de votre foyer, de vous engager à la réaliser.

Entre les lignes de votre lettre et entre celles de l’entretien que nous avons eu ici, on peut déterminer l’état d’esprit de votre épouse. Au sens le plus simple, cela signifie donc que vous devez faire un effort particulier pour être conciliant, pour faire des efforts dans ce domaine, dans toute la mesure du possible.

On peut trouver la preuve de l’importance de tout cela, y compris dans la partie révélée de la Torah. En effet, comme le disent nos Sages, le Saint béni soit-Il demanda et ordonna d’effacer Son grand Nom, écrit dans la Sainteté. Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, du Nom de Son Essence et ceci est effectué par le Cohen. Le but de tout cela est de rétablir la paix entre un homme et son épouse, y compris lorsque cette dernière n’a pas un bon comportement, ce qu’à Dieu ne plaise et, a fortiori, quand elle est pudique et a élevé ses enfants sur la voie de la ‘Hassidout.

Tout effort en ce sens est une Mitsva élevée et considérable. J’espère donc que vous me réjouirez en me donnant une bonne nouvelle, en me disant que vous faites tout ce qui est en votre pouvoir, dans ce domaine, en tenant compte de l’affirmation de nos Sages selon laquelle les femmes sont émotives. Vous réjouirez donc le cœur de votre épouse de la manière qui convient, c’est-à-dire sans sévérité et, précisément, avec un visage lumineux.

Sans doute ces quelques lignes seront-elles suffisantes. J’attends de vos bonnes nouvelles.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,

Lettre n°4123

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4123, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Chevat 5716,

Brooklyn,

Aux dirigeants de la Yechiva Tom’heï Temimim,

Aux dirigeants des écoles professionnelles,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres des 7, 11 et 14 Chevat, avec ce qui y était joint et j’y fais réponse.

A) Concernant le bâtiment central de Tom’heï Temimim à Kfar ‘Habad(1), il serait bon de l’éloigner, le plus possible, de l’école professionnelle, pour les raisons que j’ai données auparavant et pour d’autres encore.

B) Pour ce qui est de l’école d’imprimerie, le grand Rav, ‘Hassid qui se consacre aux besoins communautaires, le Rav B.E. Gorodetski(2) vous a sûrement dit que la construction devait être achevée au plus vite et de la manière qui convient, comme je le disais dans mes lettres précédentes.

C) Comme vous me le demandez, cette lettre vous est adressée en express et sans doute me confirmerez-vous aussitôt l’avoir reçue. Avant tout, vous passerez à l’action, de la manière qui vient d’être définie.

Avec ma bénédiction de réussite,

M. Schneerson,

Je viens de recevoir votre lettre du 16 Chevat, avec ce qu’elle contenait et j’y fais réponse.

D) Dans l’école d’imprimerie, la linotypie et peut-être même la composition manuelle, avec tout ce que cela implique, sont indispensables. On ne peut en aucune façon se contenter d’un offset et je suis même surpris que vous me posiez cette question.

Bien évidemment, si le matériel d’offset vous est donné en plus de ce qui vient d’être dit, il est bon de l’accepter, à condition de ne rien ôter à ce qui a été défini et qui est, pour l’heure, l’essentiel.

E) Il est indispensable qu’il y ait une école pour les filles et j’ai demandé plusieurs fois(3) que celle-ci soit créée, au Kfar(4).

F) L’idée de ce qui ressemblerait à un Collel(5) n’est pas exclue, bien qu’elle soit nouvelle, chez ‘Habad. Ceci doit faire suite aux classes des jeunes gens et n’être que pour un temps limité. Ces jeunes gens devront, par la suite, devenir enseignants de Yechiva ou guides spirituels. Et, ils s’engageront, d’emblée, à assumer de telles fonctions et non à poursuivre leurs études dans un autre Collel.

Une partie d’entre eux, au moins, se consacreront à l’étude de la ‘Hassidout et non uniquement à la partie révélée de la Torah, afin de marquer notre différence.

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°4037. (2) Voir, à son sujet, la lettre n°4067. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3828. (4) Kfar ‘Habad. (5) Voir, à ce sujet, la lettre suivante.

Lettre n°4124

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4124, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chlomo ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai bien reçu votre lettre, avec ce qu’elle contenait, une demande de bénédiction du jour de la Hilloula(2). Sans doute considérerez-vous, avec tout le sérieux nécessaire, ce que j’ai écrit à la direction de la Yechiva(3).Vous ferez porter vos efforts, en la matière et vous vous consacrerez à cela, avec ardeur.

Il faut faire en sorte que la Yechiva ait un bon renom, non pas par soucis de propagande ou bien par recherche du retentissement, mais conformément à la dimension profonde des choses et non uniquement pour la crainte de Dieu ou pour la ‘Hassidout, mais aussi pour la dimension révélée de la Torah.

Vous connaissez le récit de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon lequel l’Admour Hazaken, au début de son œuvre de diffusion de la ‘Hassidout, en Russie, fit intervenir des élèves qui avaient de profondes connaissances de la partie révélée de la Torah. En tout endroit où ceux-ci parvenaient, ceux qui les écoutaient étaient émerveillés par leurs connaissances et c’est ainsi qu’ils captaient leur cerveau et leur cœur pour l’étude de la ‘Hassidout.

B) Vous évoquez les discours ‘hassidiques que l’on étudiera dans les différences classes. Comme vous le savez, nos Sages disent que “ l’on doit étudier ce que l’on désire en son cœur ”. Il faut donc, en la matière, tenir compte du désir véritable des élèves.

C) Vous m’interrogez sur la création de ce qui devrait être l’équivalent d’un Collel(3). Je désire obtenir des informations précises, à ce sujet, le nombre d’heures d’étude quotidienne de ceux qui le fréquenteront, leurs capacités et le fait qu’après y avoir poursuivi leurs études pendant quelques temps, ils pourront et voudront devenir des guides spirituels, des enseignants, des recteurs de Yechiva, dans le domaine de ‘Habad, de même que tous les frais que cela occasionnera. C’est ensuite que je pourrai prendre une décision, sur ce point, comme je l’ai écrit dans la lettre que j’ai adressée à tous les dirigeants de la Yechiva.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Le Rav C.H. Kasselman, directeur de la Yechiva de Lod. Voir, à son sujet, la lettre n°4992. (2) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat. (3) Voir la lettre précédente.

Lettre n°4125

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4125, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Chevat 5716,

Brooklyn,

Aux membres de l’association “ Bienfaits de ceux qui

gardent le Chabbat ”, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’avez fait savoir que la réunion annuelle de votre association aurait lieu ce dimanche et je vous adresse ma réponse.

Puisse Dieu faire que votre réunion soit fructueuse, matériellement et spirituellement, qu’elle permette de faire des “ bienfaits ”, au sens le plus littéral. Ceux-ci sont intrinsèquement importants et, en outre, ils susciteront les bienfaits moraux(1).

Les actes des Pères sont une indication pour les fils. Avraham, en particulier, se consacra à ces bienfaits. Il donnait aux autres(2), mais son but était de proclamer : “ Bénissez le Dieu éternel, Qui possède ce que vous avez mangé ”.

Il en sera donc de même pour l’action de votre association.

Bien plus, non seulement ceux qui en reçoivent les bienfaits, mais aussi ceux qui voient, ceux qui entendent que l’on garde le Chabbat et que l’on accomplit des bienfaits, comprendront le lien entre l’un et les autres(3) et en seront marqués.

De fait, un lien spécifique existe effectivement. En effet, le respect du Chabbat porte témoignage et établit, selon les termes du ‘Hinou’h, à notre Paracha, que “ le monde est créé, ce qui est à la base même de la foi, par Sa Volonté infinie ”, c’est-à-dire par Sa bonté gratuite(4).

L’homme est créé à l’image de Dieu. Il reçoit l’Injonction de Lui ressembler, de s’attacher à Ses voies, de faire le bien. Bien plus, la foi, se trouvant à la droite de Dieu lui a été donnée, comme l’expliquent le Tanya, à la fin du chapitre 4, le Torah Or, à la page 95b, qui conclut : “ Cela veut dire que du côté droit émane également le feu de la foi ” et le Torah Or, au début de la page 32b.

Il est dit de l’Homme céleste que “ Son trône fut préparé dans la bonté ”. C’est pour cela que les bienfaits de l’homme inférieur sont particulièrement importants et lui permettent d’obtenir la bénédiction, pour lui et pour tous les membres de sa famille, en tous leurs besoins, matériels et spirituels.

Avec ma bénédiction de réussite,

M. Schneerson,

N. B. : Comme à mon habitude, mais sans en faire le vœu, je vous joins un chèque, qui est ma participation au fonds des “ bienfaits de ceux qui gardent le Chabbat ”.

Notes

(1) La possibilité de se rapprocher de Dieu. (2) En l’occurrence à manger. (3) C’est précisément celui qui garde le Chabbat qui prodigue des bienfaits. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Voir Iguéret Ha Kodech, au chapitre 17 ”.

Lettre n°4126

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4126, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au jeune Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat, dans laquelle vous me décrivez la grande impression que vous a faite la réunion, le discours de telle personne qui a enflammé les esprits pour la crainte de Dieu, la Torah et les Mitsvot. Participer à l’organisation de tout cela fut un grand mérite.

Vous pouvez en déduire mon opinion, pour ce qui concerne l’avenir. Vous devez conserver cette activité, même si, comme tout ce qui est profond, elle demande beaucoup de temps, d’empressement et de concentration. L’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, nous a donné l’assurance qu’en offrant de la Tsédaka(2) à son prochain, “ on a un cerveau et un cœur mille fois plus affinés ”.

Néanmoins, les termes de cette promesse parlent d’affinement et non d’érudition ou de crainte de Dieu. En conséquence, il reste nécessaire d’étudier la Torah et également de faire en sorte que s’éveillent les sentiments du cœur, l’amour et la crainte de Dieu. Pour autant, on reçoit bien la bénédiction pour une réussite considérable, littéralement mille fois plus importante.

Vous devez donc étudier, chaque jour, la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout, pendant un certain temps, comme il convient à un jeune homme, étudiant de Yechiva. Puis, en dehors des temps d’étude de la Yechiva, ou bien en ne prenant qu’une petite partie de ce temps, vous vous consacrerez à tout cela. Je suis sûr que, de cette façon, même votre père, le Rav Chlita, vous donnera pleinement son accord.

Bien évidemment, ceci concerne uniquement votre organisation courante. A titre exceptionnel, en revanche, on peut et, parfois, on doit se consacrer aux besoins communautaires plus qu’à l’étude de la Torah ou, à l’inverse, prendre du temps de l’étude pour ces besoins. En effet, il faut se dire que les besoins communautaires dont il est ici question sont, bien souvent, à notre époque, un cas de vie ou de mort. Là encore, s’accomplira la promesse de la Michna selon laquelle “ une Mitsva en entraîne une autre ” et non le contraire, ce qu’à Dieu ne plaise.

Vous me demandez qui inviter à parler devant l’assemblée. Il est clair que les personnes se trouvant sur place doivent le décider, en tenant compte de l’apparence que cela prendra, de ce que l’on entendra. Pour autant, il faut se servir de toutes les forces possibles et ne pas émettre de règles absolues, en la matière, pas même sur place et encore moins à distance, car la situation évolue, de temps à autre.

J’ai lu avec satisfaction, dans votre lettre, que vous étudiez la ‘Hassidout ‘Habad de façon régulière. Vous connaissez sûrement le dicton de l’Admour Hazaken selon lequel l’étude doit être fixée dans le temps et dans l’esprit, ce dernier point étant essentiel. Comme vous le savez, ce qui est fixé ne peut pas être annulé. Or, chaque jour a son contenu propre et la bénédiction de la Torah est récitée quotidiennement, au présent, “ Il donne la Torah ”. L’étude de la ‘Hassidout doit donc également être quotidienne.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Dans votre lettre du jour lumineux du 19 Kislev, vous me posez les questions suivantes :

A) Il est nécessaire, à la fois, de croire, d’une foi pure et de comprendre, par son intellect, mais cela n’est pas contradictoire. Bien au contraire, ces deux attitudes sont complémentaires.

Le début du service de Dieu est la foi pure. Aussitôt après cela, on est tenu de mettre en pratique la Mitsva qui est “ le principe de tous les principes et le pilier de tous les sagesses, savoir qu’il est une existence première ”, selon les termes du Rambam, au début de son livre. Et, le Zohar, tome 2, page 25a, précise : “ Cette Injonction précède toutes les autres. Il faut connaître le Saint béni soit-Il ”.

Or, “ celui qui dit ne pas avoir fait d’effort et avoir, néanmoins, réussi, ne le crois pas ”. Il faut faire des efforts intellectuels pour comprendre, dans toute la mesure de ses moyens, les possibilités de l’homme étant limitées. Puis, au-delà de ses moyens, on fera intervenir la foi profonde et infinie.

Vous consulterez également la Mitsva de la foi en Dieu, du Tséma’h Tsédek, le Kountrass Torat Ha ‘Hassidout, au chapitre 13 et d’autres textes encore.

B) L’organisation de votre étude de la partie révélée de la Torah dépend de la Yechiva dans laquelle vous vous trouvez. En tout état de cause, il est nécessaire d’apprendre et de connaître les lois d’usage courant.

Pour ce qui est de la ‘Hassidout, vous demanderez conseil au Rav C.H. Kasselman(3). En effet, tout dépend des aptitudes de chacun.

Notes

(1) C. Shtantsel, de Tel Aviv. (2) En l’occurrence morale. (3) Voir, à son sujet, la lettre n°4124.

Lettre n°4127

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4127, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 14 Chevat, que vous commencez en me disant que votre visage est couvert de honte(1).

Il est bien évident que le but de tout cela(2) est un changement profond, dans l’action concrète. Vous me dites qu’il est certaines choses, desquelles vous ne pouvez pas vous préserver. Or, le Créateur le demande à chaque Juif et il est donc certain qu’Il accorde, au préalable, toutes les forces nécessaires pour y parvenir. Il en est bien ainsi, dans votre cas.

Néanmoins, comme dans tous les autres domaines, on ne peut demander une modification radicale, d’une extrême à l’autre, en un seul instant, car un homme progresse par étape, avec l’effort qui convient. C’est ainsi que s’accomplit la promesse de nos Sages selon laquelle “ celui qui fait des efforts connaît la réussite ”.

Il serait bon de faire vérifier vos Tefillin et les Mezouzot de l’endroit dans lequel vous résidez. Vous respecterez l’immersion rituelle instaurée par Ezra(3) et, chaque jour de semaine, avant la prière, vous donnerez quelques pièces à la Tsédaka. Vous apprendrez par cœur des textes de la Torah qui seront gravés dans votre esprit, en particulier des chapitres de la Michna et au moins un chapitre du Tanya. Et, vous vous efforcerez d’avoir un compagnon d’étude, au moins pour l’étude publique, celle de la Yechiva et de la maison d’étude.

Dieu fasse que vous me donniez de bonnes nouvelles et m’annonciez l’amélioration de la situation que vous décrivez.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Du fait d’un mauvais comportement adopté par le destinataire de cette lettre. (2) De cette prise de conscience. (3) Après chaque relation conjugale.

Lettre n°4128

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4128, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du jour de la Hilloula(1), avec la demande de bénédiction qui y était jointe. Vous me dites que l’état de santé de votre épouse s’est un peu amélioré. Puisse Dieu faire qu’elle ait une prompte guérison.

Vous me dites que votre travail vous prend du temps. Ceci évoque l’image d’un homme affamé, affaibli par la faim, qui prétendrait manger uniquement lorsqu’il se renforcera. Concernant cette fatigue, en effet, la Michna explique, au traité Avot, chapitre 3, Michna 5, que “ celui qui se soumet au joug de la Torah est délivré de celui des préoccupations du monde ”. Et, il en est de même en sens inverse(2).

En conséquence, si vous voulez réduire l’effort pour gagner votre vie, l’un des meilleurs moyens d’y parvenir est de se soumettre au joug de la Torah. Il est inutile d’en dire plus, tant cela est évident.

Dieu fasse que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela, de même que de votre participation, la plus intense possible, à la Yechiva.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat. (2) Celui qui se consacre à son travail est appelé à le faire de plus en plus.

Lettre n°4129

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4129, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chmouel Betsalel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 14 Chevat et à votre demande de bénédiction du jour de la Hilloula(2) de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef d’Israël, qui sera lue, en un moment propice, près de son saint tombeau.

Vous m’interrogez sur le fait d’augmenter le nombre des appelés à la Torah, afin de collecter des fonds pour la Yechiva(3). Conformément à une instruction(4) de mon beau-père, le Rabbi, se basant sur les responsa du Tséma’h Tsédek, on ne va pas au-delà des sept appelés et de celui qui récite la Haftara, en pareil cas. On peut, en revanche, faire plusieurs lectures, dans des endroits différents.

Votre seconde question portait sur la situation morale de ceux qui prient dans la synagogue et de ses responsables(5). Il est bien évident que tout dépend des personnes, en particulier et de l’état de la synagogue, en général. Il est difficile d’émettre des règles, en la matière, d’une époque à l’autre, surtout quand on se trouve à distance.

Il est dit que “ la réponse est obtenue par les nombreux conseillers ” et, en l’occurrence, c’est ce qu’il convient de faire. Il est sans doute inutile de vous rappeler ce qui est expliqué, dans le Tanya, au chapitre 32 et, plus longuement, par le Tséma’h Tsédek, dans le Dére’h Mitsvoté’ha, Mitsva de l’amour du prochain. Vous pourrez y trouver une réponse à votre question.

Vous me dites que vous vous êtes installé dans une nouvelle maison. Puisse Dieu faire qu’en changeant d’endroit, vous changiez de Mazal, pour le bien et pour la bénédiction, matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction de réussite,

Notes

(1) Le Rav C.B. Althuiz, de Melbourne, Australie. Voir, à son sujet, la lettre n°1105. (2) Le 10 Chevat. (3) Grâce aux dons qui sont faits, à cette occasion. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°885. (5) Faut-il rechercher précisément une synagogue dont tous les membres sont pratiquants ?

Lettre n°4130

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4130, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[21 Chevat 5176]

Je fais réponse à votre lettre et à la demande de bénédiction qu’elle contenait.

Vous me décrivez votre situation et vous me dites qu’à votre sens, vous ne réussissez pas dans l’étude et vous n’avez pas le compagnon d’étude qu’il vous faudrait. Mon avis est très clair, je l’ai déjà écrit et je suis surpris que vous n’observiez pas la réalité. De tels arguments sont des stratagèmes du mauvais penchant, voulant vous détourner du chemin qui est droit pour vous, à la fois matériellement et spirituellement.

Vous évoquez l’état de santé de votre proche parente. Or, si l’on a mis en pratique ce qui était écrit dans ma précédente lettre, il est absolument certain que son état de santé a dû s’améliorer.

Que Dieu vous accorde l’inspiration, afin d’observer la divine Providence, avec bonté et miséricorde, en tout ce qui vient d’être dit.

Lettre n°4131

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4131, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Chevat 5716,

Brooklyn, New York,

A tous les amis de l’éducation judicieuse et, en particulier

à tous les participants à la fête annuelle de Beth Sarah,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

La fête annuelle des écoles Beth Sarah aura lieu le dimanche, premier jour de Roch ‘Hodech Adar, dans la semaine de la Parchat Terouma, qui raconte la construction du Sanctuaire et du Temple. Ceci rappelle et souligne l’importance des femmes et des jeunes filles, qui conduisent à l’action et donnent l’exemple, en toutes les phases de la vie juive.

En effet, la Torah nous raconte que ces femmes furent les premières à bâtir le lieu sacré dans lequel la Présence divine devait se révéler. De même, elles refusèrent de prendre part au veau d’or, qui était l’antithèse de ce Sanctuaire.

Une femme juive, ayant reçu une bonne éducation, dans l’esprit de la Torah a conscience, au moyen d’un sentiment profond et béni de Dieu, de ce qui est sain et doit être renforcé ou de ce qui est nocif et doit être écarté de la vie juive.

De nos jours, on confond, très souvent, le bien et le mal, la lumière et l’obscurité. Il est donc encore plus fondamental qu’auparavant de donner une éducation de Torah aux filles, basée sur les valeurs sacrées, afin que celles-ci puissent remplir la mission qui leur revient, en tant que maîtresses de maison, assumant, pour une large part, la responsabilité de ce qui constitue le foyer juif.

Dans les écoles Beth Sarah, les jeunes filles sont préparées, depuis leur plus jeune âge, à perpétuer la Tradition de nos mères, Sarah, Rivka, Ra’hel et Léa, de toutes les générations de mères juives fidèles, qui ont gardé et préservé les bases de la maison et de la vie juives.

Je lance donc un appel fervent à tous ceux qui accordent de la valeur aux Juifs et au Judaïsme véritable, les uns ne pouvant se concevoir sans l’autre et évaluent, à sa juste valeur, l’importance de l’éducation des filles basée sur les valeurs sacrées. Je m’adresse aux ‘Hassidim, en particulier, pour que tous viennent en aide aux écoles Beth Sarah, fondées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, en réunissant les moyens financiers qui permettront de maintenir ces institutions et de les développer.

Le mérite de renforcer l’éducation des filles juives dans l’esprit de la Tradition d’Israël protégera les donateurs et tous ceux qui apportent leur aide. Dieu leur viendra en aide en tout ce qu’ils ont besoin, matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction pour tout le bien,

M. Schneerson,

Lettre n°4132

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4132, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Chevat 5716,

Brooklyn,

Aux dirigeants de l’association des ‘Hassidim ‘Habad

en notre Terre Sainte, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres des 16 Tévet et 9 Chevat, avec tout ce qu’elles contenaient.

Vous évoquez les nouvelles que vous avez obtenues du pays dans lequel nous nous trouvions auparavant(1) et vous me demandez quelle attitude vous devez adopter(2). Il existe un fonds leur envoyant des colis, à partir de la France. Mais, il n’est pas du tout certain que l’on pourra y avoir recours si l’on n’a pas un document officiel, précisant quelle est son utilisation. Ceci s’ajoute à ce que je disais dans mon précédent courrier, à propos des destinataires(3), dans le pays où nous nous trouvions auparavant.

Vous me dites que les colis envoyés d’Europe n’ont, là-bas, aucune valeur. J’en suis un peu surpris car cet envoi, effectué depuis la France et sans doute également depuis d’autres pays européens, porte sur des milliers de colis. Et, ils sont actuellement expédiés seulement quand on a pu vérifier le désir de ces proches de les recevoir.

Je réponds également à la question de certaines personnes, qui ont porté plainte et demandé qu’une injonction(4) soit donnée aux administrations correspondantes(5) de leur délivrer un permis de sortie ou une attestation. A mon sens, il est clair qu’il ne faut pas procéder de cette façon. Je pense que les démarches doivent être effectuées de manière amicale, avec des paroles agréables. Il est évident que toute plainte doit être exclue et je suis même surpris que l’on puisse penser à une telle éventualité.

Le mois d’Adar commencera dans quelques jours(6) et je n’ai encore reçu aucune information sur les besoins de Tsédaka pour Pessa’h. Or, l’expérience des années précédentes a fait la preuve que ceux qui désirent s’adresser aux organismes d’entraide par notre intermédiaire doivent le faire au plus vite, car la demande est très importante, par rapport aux moyens consacrés à cette réalisation.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

M. Schneerson,

Notes

(1) La Russie. (2) Pour aider ceux qui se trouvent là-bas. (3) De ces colis. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°4138. (5) D’Erets Israël. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°4145.

Lettre n°4133

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4133, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Chevat 5716,

Brooklyn,

Aux responsables de la synagogue ‘Habad de Ramat Its’hak,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre avec plaisir. Vous me décrivez vos réunions ‘hassidiques des jours propices, en particulier la fête de la libération du 19 Kislev, lorsque “ Il a libéré notre âme dans la paix ” et que “ la lumière et la vitalité de notre âme nous ont été accordées ”, le Roch Hachana de la ‘Hassidout.

Conforment à son nom, “ tête de l’année ”, cette date distribue la vitalité et la force aux jours qui la suivent, pour tout ce qui concerne la ‘Hassidout, ses usages et ses pratiques, insufflant une lumière et une vitalité accrues à la vie juive, durant la semaine et, a fortiori, pendant le Chabbat et les fêtes.

Que Dieu exauce les souhaits de votre cœur, selon l’expression que vous employez dans votre lettre. Que votre synagogue soit réellement ‘Habad et que d’elle émane la lumière de la Torah et de la ‘Hassidout, pour tout votre entourage.

Grand est le mérite de diffuser les sources à l’extérieur, qui permet de prodiguer tout le bien physique et moral à chacun des membres de cette synagogue, en particulier à ses responsables, avec tous les membres de leur famille.

Avec mes respects et ma bénédiction pour tout le bien,

Lettre n°4134

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4134, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Chevat 5716,

Brooklyn, New York,

A monsieur Eliézer Steinman,

Je vous salue et vous bénis,

Je voudrais, par la présente, vous remercier d’avoir pris la peine de m’adresser les livres que vous avez publiés dernièrement, c’est-à-dire les écrits du Maguid de Doubno, ceux de Rabbi Na’hman de Breslev et les deux premiers volumes de Béer Ha ‘Hassidout.

Concernant ces livres et, en particulier la série Béer Ha ‘Hassidout, je voudrais formuler deux remarques :

A) L’auteur d’un livre, en général et celui qui traite d’un sujet profond, en particulier, a pour objectif de susciter l’intérêt, dans le cœur du lecteur, afin que celui-ci continue à s’intéresser aux idées dont traite cet ouvrage, à les approfondir. C’est en particulier le cas lorsque cet auteur ne fait que présenter, selon sa propre formulation, des notions traitées par ailleurs.

A chaque époque, en particulier dans la nôtre, on s’efforce de simplifier la tâche du lecteur et de l’étudiant, en faisant “ une anse pour saisir la coupe ”(1). A mon sens, et comme l’expérience l’établit, il est donc particulièrement important de préciser, en bas de page ou bien à la fin du livre, les références de chaque chapitre, avec l’indication des pages.

Quand on fait une citation, on donne au lecteur le moyen d’exprimer son propre avis sur ce texte et l’on aiguise son désir d’approfondir le sujet. Bien plus, cette pratique est positive non seulement pour le lecteur et l’étudiant, mais aussi pour l’auteur, qui ne conserve pas toujours la liste des références ou, même si c’est le cas, n’en dispose pas nécessairement au moment où il analyse ce texte encore une fois.

J’observe que ces références manquent, dans vos livres et, si vous acceptez ma proposition, vous compléterez tout cela, dans vos prochaines parutions. Mieux encore, vous éditerez des additifs aux livres déjà publiés, dans lesquels vous citerez ces références(2).

B) Vous exposez des conceptions et des idées de la Torah, qui est une Torah vivante, une Torah de vie. Bien plus, vous évoquez sa partie qui met en éveil le sentiment et vous vous adressez à des lecteurs pour lesquels ces idées sont nouvelles, étrangères à leur système de valeur. Pour que ceci(3) soit plus intègre et plus profond, il ne suffit pas que l’auteur, réalisant ce recueil, lise ces ouvrages de la Torah, les étudie, avec toute l’attention nécessaire et en transmette le contenu.

Cet auteur doit, en outre, dans toute la mesure du possible, “ s’introduire ” dans l’esprit de la Torah et de ceux qui en ont conçu les idées. Combien plus une telle attitude est-elle nécessaire si cet auteur entend tirer des conclusions concrètes, s’appliquant à la vie courante.

Je ne vous connais pas personnellement, mais j’espère que vous ne m’en voudrez pas si je me permets de vous faire remarquer que, pour atteindre l’objectif assigné à ces livres, tel que vous le définissez dans l’introduction du Béer Ha ‘Hassidout, vous devez adopter, de manière profonde, le mode de vie correspondant, c’est-à-dire baser concrètement votre existence sur la Torah, de la manière qui est indiquée dans vos livres de référence, ceux de la ‘Hassidout.

Il est dit que “ Dieu demande le cœur ”, mais cela ne suffit pas. Il est clair que c’est une obligation absolue, mais l’on ne peut en aucune façon s’arrêter là.

Peut-être me soupçonnerez-vous de vouloir convaincre un Juif de mettre pleinement en pratique la Torah et les Mitsvot, selon les exigences de la ‘Hassidout.

Et, je concède que nos Sages avaient raison de dire que “ lorsque l’on soupçonne quelqu’un, cela ne peut pas être totalement infondé ”.

Mais, en tout état de cause, ce qui est, au moins quelque peu, mon intention, n’enlève rien à l’intérêt de cette démarche pour atteindre l’objectif que vous vous êtes fixé. A mon sens, il s’agit même d’une obligation absolue pour que les paroles de ‘Hassidout que vous transmettez soient proches de leur source et de leur aspect profond.

Vous serez peut-être étonné par mon espoir d’influencer, uniquement par une lettre, un homme cultivé, ayant sûrement fait des choix dans sa vie et y adhérant pleinement. Or, cette influence devrait être telle que, dès réception de cette lettre, vous modifiez non seulement vos conceptions, mais aussi votre comportement.

L’explication est donc la suivante. Je n’introduis pas ici une idée nouvelle, de ma propre initiative. Je ne fais que rappeler une notion très ancienne, qui, pour autant, reste nouvelle chaque jour et crée, sans cesse, les mondes. Cette notion est celle de notre Torah et de ses Mitsvot.

Selon les termes de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya, l’âme d’un Juif est une “ parcelle de Divinité véritable ”, qui est donc infinie. Celui qui a foi en l’homme et en les forces infinies de son âme croit également qu’en un seul instant, il peut atteindre la plus haute élévation, quelle qu’ait été sa situation précédente. Or, un modeste élément, une petite étincelle peut être à l’origine de tout cela, puisque cet élément a seulement pour but d’ouvrir le canal infini, se trouvant dans l’âme de l’auditeur ou du lecteur.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Pour revenir au premier point de ma lettre, vous possédez sûrement les index des livres de ‘Habad que j’ai rédigés, à différentes occasions. Je pense qu’ils sont très utiles, pour la raison précédemment énoncée, non seulement pour les autres, mais aussi pour mon usage personnel.

Notes

(1) Un index des sujets traités. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3657. (3) Ces livres.

Lettre n°4135

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4135, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Chevat 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous prenez sûrement part aux réunions des ‘Hassidim et grand est le repas partagé, qui rapproche. De cette proximité dépend également la fin de l’exil, dont la cause est la haine injustifiée, comme le souligne nos Sages. La réparation doit donc être en conséquence, c’est-à-dire, comme je l’ai maintes fois précisé, un amour sans raison.

En apparence, une telle démarche ne peut pas être réellement “ sans raison ”. Un grand principe de la Torah dit, en effet, que “ tu aimeras ton prochain comme toi-même ”. Il faut en conclure que cet amour s’adresse également à ceux qui ne sont pas “ ton prochain ” par la pratique de la Torah et des Mitsvot. On les aimera donc, néanmoins.

Vous consulterez le chapitre 32 du Tanya, le Séfer Ha Mitsvot du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva de l’amour du prochain et les notes du Tséma’h Tsédek sur le Tanya, chapitre 32, dans les résumés et notes, page 36.

Avec ma bénédiction de bonne santé et pour donner de bonnes nouvelles,

Lettre n°4136

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4136, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Chevat 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Il semble que vous vous paniquiez vous-même à propos de l’état de santé de votre épouse, à laquelle Dieu accordera une longue vie.

Vous connaissez la signification de l’expression : “ Pour la faute que nous avons commise devant Toi par notre mauvais penchant ”. En effet, la maladie d’un corps juif provient des forces du mal. Mais, parfois, le mauvais penchant lui-même ne trouve pas l’aplomb et la ruse nécessaires pour obtenir un tel résultat. C’est alors l’homme qui s’affaiblit lui-même, sans fondement, sans justification.

Puisse Dieu faire que vous commenciez à faire en sorte que votre cerveau domine votre cœur. L’Admour Hazaken affirme qu’il y a là une situation naturelle et innée, d’autant que la panique qui apparaît dans votre lettre semble totalement injustifiée.

Je vous joins une lettre pour votre épouse. Vous consulterez le médecin qui la suit pour déterminer s’il faut la lui donner tout de suite ou s’il est préférable d’attendre.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°4137

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4137, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Chevat 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 20 Chevat, dans laquelle vous me dites que vous n’avez pas d’enthousiasme à l’étude.

Il n’y a là qu’un stratagème du mauvais penchant, s’employant à détourner l’homme du service du Créateur. Il ne faut donc pas dialoguer avec lui, mais, bien au contraire, s’emporter contre lui, comme l’explique longuement le Tanya.

Vous intensifierez donc votre étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, même s’il vous semble ne pas avoir d’enthousiasme. Nos Sages parlent, en effet, du “ joug ” de la Torah et affirment que l’effort est couronné de succès. En peu de temps, vous pourrez vérifier qu’il n’y avait là qu’une épreuve.

Vous me demandez comment réparer. Pour cela, vous multiplierez les mots de la Torah et de la prière. Vous graverez dans votre esprit quelques chapitres de Tanya, de Michna et le discours ‘hassidique intitulé “ Tu honoreras l’ancien ”, qui se trouve dans le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Kedochim. Vous oublierez ce qui s’est passé et vous ne penserez même pas à la réparation, pendant les années qui viennent.

Et, vous influencerez votre entourage, pour le rapprocher de la Torah, des Mitsvot et du luminaire de la Torah, l’enseignement de la ‘Hassidout, ses usages et ses pratiques.

Vous me faites part de votre anniversaire. Sans doute, à cette occasion, avez-vous adopté les coutumes dernièrement introduites par les ‘Hassidim. Que Dieu vous accorde une année de réussite, en tous vos besoins.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°4138

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4138, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Chevat 5716,

Brooklyn,

Aux dirigeants de la Yechiva Tom’heï Temimim,

Aux dirigeants de l’école professionnelle,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos deux lettres du 20 Chevat et à celle du 21 Chevat, avec tout ce qu’elles contenaient. De même, j’ai reçu la carte du domaine du Kfar(1).

A) Concernant l’endroit où doivent être édifiés les bâtiments de la Yechiva, j’ai déjà écrit(2) qu’ils doivent se trouver le plus loin possible des écoles professionnelles. Mais, bien entendu, il ne faudra pas les placer là où il y a un risque de devoir les réduire. Conformément à ma position dans d’autres domaines, les bâtiments et les terrains doivent pouvoir être agrandis par la suite.

B) S’agissant des collecteurs de fond, j’ai déjà répondu à la question. Il appartient à la direction de les choisir, en fonction de leurs aptitudes et de leurs capacités.

C) Vous évoquez la nécessité que l’école professionnelle dispose d’une radio(3) et d’un tourne-disques. Il est clair que, s’il s’agit d’une exigence, il est hors de question d’y accéder, même s’il n’en découle aucun risque important. Pour autant, il faut s’efforcer de réunir le plus grand nombre d’élèves convenables et cette demande résulte peut-être de l’absence de centre d’intérêts, pour ces élèves, en dehors des classes. Il faut donc s’efforcer, dans toute la mesure du possible, d’occuper ce temps libre avec des activités sacrées, mais intéressant également l’âme animale. Dès lors, cette exigence disparaîtra.

Toutefois, je ne peux m’empêcher d’exprimer mon étonnement devant votre doute. Si vous permettez tout cela dans l’école agricole, comment pourrez-vous l’interdire dans l’école de menuiserie et même à la Yechiva Tom’heï Temimim de Lod ? Si vous vous intéressiez aux possibilités d’échanger avec les élèves, d’organiser, pour eux, des réunions ‘hassidiques, en fonction de leurs connaissances et de leur capacité, cette question disparaîtrait d’elle-même de l’ordre du jour.

D) Vous évoquez une rumeur, dans votre lettre du 21 Chevat.

Il est clair que les ‘Hassidim qui ont porté plainte et demandé une injonction pour obtenir un visa de sortie doivent les retirer immédiatement(4). Il est possible d’effectuer des démarches de manière amicale et agréable, mais non en allant à l’encontre de la logique la plus évidente. Il faut donc s’efforcer de faire disparaître cette rumeur.

Comme le disent les Tikouneï Zohar, la bonté et la proximité écarteront la rigueur et la sévérité. Là encore, il est surprenant qu’il soit nécessaire de vous rappeler, en se trouvant sur un autre continent, ce qui est pourtant si évident.

S’agissant des élèves de l’école agricole, j’ai déjà dit qu’il faut les multiplier, dans toute la mesure du possible. En effet, il est inéluctable que quelques uns de ceux qui seront acceptés abandonnent l’école par la suite, parce qu’ils auront des difficultés à s’accoutumer aux études. Il en est systématiquement ainsi.

Avec ma bénédiction de réussite et pour donner de bonnes nouvelles,

M. Schneerson,

Notes

(1) Kfar ‘Habad. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4123. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°4195. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°4132.

Lettre n°4139

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4139, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yehouda Aryé(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce mardi, dans laquelle vous me faites part de vos difficultés à comprendre que la création est effectuée chaque jour, à chaque instant, ainsi qu’il est dit : “ Il renouvelle, dans Sa bonté, tous les jours et toujours, la création originelle ”. Dès lors, quelle est la place du Chabbat, duquel il est dit : “ Et, le septième jour, Il se reposa ” de la création des six premiers jours ?

La différence est très simple. Il est dit : “ Les cieux et la terre furent achevés, avec toutes leurs armées(2) ” et aussi : “ Il n’est rien de nouveau sous le soleil ”, à l’issue des six jours de la création. Puis par la suite, la création n’est, en réalité, qu’un renouvellement de ce qui existait auparavant, alors que, pendant les six jours, tout fut réellement nouveau, n’ayant pas existé auparavant et ayant été créé à partir du néant(3).

Vous me demandez comment organiser votre étude de la ‘Hassidout. Bien évidemment, tout dépend de vos connaissances et de vos aptitudes. Vous consulterez les ‘Hassidim âgés qui se trouvent sur place. Vous leur préciserez votre situation et ils vous guideront

Vous connaissez sans doute les trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celles-ci portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Vous les garderez donc, au moins à l’avenir.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Le Rav Y.A. Falik, de Jérusalem. (2) Tout ce qu’ils contiennent. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Vous consulterez, à ce sujet, le discours ‘hassidique intitulé ‘Je serai pour Lui’, prononcé en 5700, à partir du chapitre 2. A ce sujet, on peut également faire une distinction entre Roch Hachana, le Chabbat et les jours de semaine, comme l’expliquent différents textes, en particulier le Séfer Ha Mitsvot du Tséma’h Tsédek, à la fin de la Mitsva de ne pas allumer du feu pendant le Chabbat ”.

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