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Iguerot Kodesh — lettres 4100 à 4119

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°4100

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4100, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Chevat 5716, Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

est plein d’empressement, a de bons

comportements, multiplie les actions positives,

le Rav Moché Zalman(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

Après un long silence, au cours duquel j’ai, néanmoins, obtenu des nouvelles de vous et de votre famille, j’ai été satisfait de recevoir votre lettre de la veille du Chabbat Vaye’hi, dans laquelle vous me faites part de votre contentement de voir se développer la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak de Melbourne.

Les ‘Hassidim soulignent que “ la joie brise les limites ” et la vôtre doit donc vous conduire à redoubler d’ardeur, afin de renforcer et d’élargir la Yechiva, qui est une source de bénédiction pour tous les Juifs de Melbourne et de tout le pays, matériellement et spirituellement.

Ainsi, la Torah nous raconte que “ les actions des pères sont une indication pour les enfants ”. Or, quand notre père Yaakov se rendit en Egypte, “ il envoya Yehouda ”, “ pour reconnaître, devant lui, le pays de Gochen ”. Nos Sages expliquent qu’il y prépara une Yechiva. De la sorte, Yaakov, fondateur de cette Yechiva, put vivre la meilleure partie de sa vie en Egypte, conformément à la question(2) que le Tséma’h Tsédek posa à son grand-père, l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et à la réponse(3) qu’il lui apporta. Vous consulterez, à ce sujet, le Hayom Yom, à la page 12.

J’émets le vœu et le souhait de recevoir de vos bonnes nouvelles, dans tous ces domaines, pendant de nombreuses années encore. Vous me donnerez également de bonnes nouvelles, matérielles et spirituelles, de vous-même et de toute votre famille.

Et, le mérite de celui dont nous célébrons la Hilloula, le 10 Chevat, qui approche, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et dont cette sainte institution(4) porte le nom, vous protégera, avec tous les membres de votre famille, matériellement et spirituellement.

Avec ma bénédiction pour de longs jours, de bonnes années et pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav M.Z. Feiglin, de Melbourne, Australie. Voir, à son sujet, la lettre n°833. (2) “ Comment Yaakov, élu d’entre les Patriarches put-il vivre les meilleures années de sa vie en Egypte ? ” (3) “ Précisément parce qu’il y instaura une maison d’étude. ” (4) La Yechiva de Melbourne.

Lettre n°4101

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4101, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et assume une mission sacrée,

le Rav Chnéor Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille de Roch ‘Hodech Chevat, dans laquelle vous m’annoncez une bonne nouvelle, puisque vous me dites que vous avez conclu l’affaire, concernant la maison et que vous avez déjà versé un acompte.

Puisse Dieu faire que ce début intervienne en un moment bon et fructueux, que tout se poursuive de la même façon et que cette demeure soit joyeuse, matériellement et spirituellement, consacrée à la ‘Hassidout et à la diffusion de ses sources.

Je suis surpris que, dans votre lettre, vous ne parliez pas de vos élèves et de ce que vous avez réalisé avec eux. J’ai pourtant, à maintes reprises, rappelé aux ‘Hassidim l’affirmation, figurant dans différents textes ‘hassidiques, selon laquelle chacun possède un “ portique ”, c’est-à-dire une Mitsva spécifique, par l’intermédiaire de laquelle la Torah et les Mitsvot reçoivent l’élévation, par laquelle les bénédictions célestes se révèlent.

Pour les ‘Hassidim et les élèves de la Yechiva, en particulier à notre époque, ce portique est la diffusion des sources de la ‘Hassidout à l’extérieur. En conséquence, demander une bénédiction, dans quelque domaine que ce soit, passe par l’élargissement de ce portique. Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Sans doute profiterez-vous du jour de la Hilloula(2) du 10 Chevat, qui approche, de la manière qui convient. Et, puisse Dieu faire que cette motivation se prolonge, tout au long de l’année.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav C.Z. Levittin, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°3433. (2) Du précédent Rabbi.

Lettre n°4102

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4102, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Chevat 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me parlez de l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad de Cleveland.

J’ai pris connaissance avec satisfaction, dans ce courrier, de votre intérêt pour l’action menée par cette association et, plus encore, de votre participation personnelle, du fait que vous y conduisez vos amies et vos connaissances.

Bien évidemment, je suis d’accord avec vous, lorsque vous dites qu’il n’y a pas lieu de se décourager. Les Juifs et le Judaïsme ont traversé de nombreuses difficultés pendant les millénaires de leur existence. Ils vécurent, en se renforçant dans la Torah et les Mitsvot, au sein de nombreux peuples, qui étaient physiquement beaucoup plus forts et beaucoup plus nombreux. Malgré cela, il ne reste aucune trace de ces peuples.

Ceci nous enseigne que, même dans la situation actuelle, nous ne devons pas nous laisser abuser par le mauvais penchant, prétendant qu’il est difficile d’être juif. A l’opposé, si un Juif souhaite réellement être heureux, non

seulement dans le monde futur, mais aussi dans ce monde, s’il veut concevoir une satisfaction véritable de ses enfants, il n’a pas d’autre moyen d’y parvenir qu’en se maintenant sur la voie qui nous a été tracée, dans la sainte Torah, par le Maître du monde, Qui le dirige.

Quand l’on désire réellement qu’il en soit ainsi, non seulement on surmonte les difficultés et l’on connaît la réussite, mais, bien plus, ces difficultés s’avèrent bien moins importantes que ce que l’on a pu imaginer et, au fur et à mesure de l’effort, elles deviennent même de plus en plus mineures.

Que Dieu vous accorde la réussite, afin de trouver les mots qui conviennent pour expliquer tout cela à vos amies et à vos connaissances. De cette façon, vous vous mobiliserez et vous intensifierez votre action, pour renforcer les valeurs juives, d’une manière sans cesse croissante.

Que le mérite de tout cela vous protège dans toutes vos préoccupations personnelles.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°4103

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4103, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Chevat

5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 3 Chevat. Je vous remercie de m’avoir annoncé la bonne nouvelle de l’amélioration de votre santé physique. Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, vous m’en disiez de même, à propos de votre santé morale. Pour cela, vous devez élargir votre activité dans le domaine de ‘Habad, en particulier dans le cadre des jeunes de l’association ‘Habad.

Vous me dites que vous êtes émotif. La meilleure solution, en pareil cas, est de détourner sa pensée. Ainsi, lorsque vous aurez une telle idée, vous la chasserez en vous concentrant sur une autre, si possible appartenant à la Torah. En revanche, vous ne lutterez pas contre de telles pensées, lorsqu’elles surviennent, au moyen d’un raisonnement logique. En effet, ne plus y penser est beaucoup plus efficace.

Si vos Tefillin n’ont pas été vérifiées pendant les douze derniers mois, il serait bon de le faire maintenant. De même, vous respecterez scrupuleusement, sans en faire le vœu, les trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celles-ci portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°4104

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4104, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Chevat 5716,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre, dans laquelle vous me décrivez vos études et vos objectifs. Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous connaissiez la réussite, dans ce domaine.

Plusieurs textes établissent, et la pratique concrète, perceptible aux yeux de chair, permet de le vérifier, que chacun et chacune doit, à la fois, donner et recevoir, en fonction de son entourage et de ses capacités. Vous dites, au début de votre lettre, que vous avez reçu votre éducation sur des bases ‘hassidiques, dans une famille de ‘Hassidim depuis plusieurs générations. Vous devez donc faire preuve de largesse envers les autres et leur apporter la lumière bienfaisante, celle de la ‘Hassidout ‘Habad, de ses usages et de ses pratiques.

Telle est votre richesse, par rapport au milieu dans lequel vous évoluez. La mission qui vous est confiée et votre don de la Tsédaka, considéré comme l’ensemble des Mitsvot, se trouvent donc dans ce domaine. Et, si ce devoir sacré vous a été confié, il est sûr que l’on vous a donné, au préalable, les forces nécessaires pour le mener à bien.

Sans doute accomplirez-vous tout cela, avec l’empressement nécessaire et de la manière qui convient, d’autant que la plupart de vos amies s’apprêtent sans doute à travailler, à terme, dans le domaine pédagogique. Tout ajout positif, de la part de chacune d’elles, sera donc multiplié, de nombreuses fois, chez leurs futurs élèves.

Le Créateur du monde, Qui le dirige et agit “ mesure pour mesure ”, mais de manière largement accrue, intensifiera Sa bénédiction et votre réussite, dans vos préoccupations personnelles, en plus du succès en tout ce qui vient d’être dit.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°4105

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4105, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Chevat 5716,

Brooklyn,

Aux membres du comité de Kfar ‘Habad,

Que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai bien reçu les trois comptes-rendus(1) des 7, 13 et 19 Tévet. Je suis satisfait d’apprendre que vous cherchez à lier encore plus étroitement le village actuel avec le nouveau, conformément à ce que je vous avais déjà écrit auparavant. A mon avis, vous devez, par tous les moyens possibles, faire en sorte que l’ensemble du domaine vous appartienne. Il faut donc en utiliser toutes les parties, pour l’habitation ou bien pour les cultures.

Bien évidemment, ceci aura pour conséquence de multiplier le nombre des habitants du Kfar, ce dont j’ai également souligné l’importance à plusieurs personnes. J’ai aussi écrit qu’à mon sens, ceci aurait une incidence matérielle et spirituelle à la fois. Vous devez comprendre ce que je veux dire.

B) Je suis surpris que vous ne disiez rien des préparatifs de la Hilloula du 10 Chevat. Sans doute ceux-ci ont-ils été engagés. Peut-être serait-il bon de nommer des responsables, en la matière, qui pourront se préparer à leur tâche suffisamment tôt, comme cela a été le cas pour Pourim.

C) J’ai également entendu qu’en différents endroits, on profite de telles occasions pour gagner sa vie. Pour cela, on prépare un endroit dans lequel on vend des boissons et des gâteaux(2). En outre, on y diffuse et on y vend les publications des ‘Hassidim. S’il y avait, au Kfar, des endroits pour dormir, ceci pourrait également être une source de subsistance.

D) Point essentiel, le moment est enfin venu d’arrêter de considérer le Kfar uniquement comme un lieu de rassemblement réservé à quelques individus. Il s’agit, en fait, d’une communauté, dont l’influence s’exerce également sur l’extérieur. Il est donc nécessaire et même indispensable d’apporter à ses résidents ce dont ils ont besoin pour influencer cet extérieur, c’est-à-dire non seulement une synagogue, mais aussi un lieu d’hébergement pour les visiteurs, qui recevront des informations sur ‘Habad, sur les ‘Hassidim, en Terre Sainte et dans le reste du monde, à l’heure actuelle et dans le passé. Plusieurs points peuvent être ajoutés à cela, mais une réflexion immédiate vous permettra de les déterminer.

J’ajoute, encore une fois, bien que, pour moi, ce point ne soit pas essentiel, que l’on peut, grâce à cela, gagner honorablement sa vie, matériellement et spirituellement à la fois

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit.

Conformément à mon optique, précédemment rappelée, j’ai écrit à la Yechiva Tom’heï Temimim de Lod(3) pour dire qu’à mon sens, l’édifice principal de cette institution, dont la construction est prévue, devrait se trouver à Kfar ‘Habad. Bien entendu, pour que cela soit possible, le Kfar doit lui attribuer un terrain suffisant et large, dans un endroit qui convient.

Notes

(1) Des réunions de ce comité. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°4271. (3) Il s’agit de la lettre n°4095.

Lettre n°4106

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4106, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav David(1),

Je fais réponse à votre lettre du 4 Chevat, dans laquelle vous me dites que vous avez commencé à enseigner le Tanya aux professeurs de l’école(2) de cette ville.

Il s’agit d’une bonne initiative, dans la mesure où ces professeurs apportent leur participation de leur plein gré, sans aucune contrainte, pas même verbale, pas même en allusion. En effet, il faut se garder de prêter à penser que l’on se sert de leur adhésion au réseau pour les obliger à participer. De plus, les sujets étudiés doivent être “ selon ce que son cœur désire ”, d’après l’expression de nos Sages.

J’aimerais savoir comment on utilise les heures supplémentaires(3), que certains professeurs ont décidé d’offrir, comme nous en avions parlé auparavant.

Notes

(1) Le Rav D.‘Hanzin, de Peta’h Tikva. Voir, à son sujet, la lettre n°3822. (2) Affiliée au réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°2990.

Lettre n°4107

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4107, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Chevat 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce jeudi. Votre nom et ceux de vos enfants et petits-enfants seront mentionnés(1), en un moment propice. Puisse Dieu faire que vous conceviez de la satisfaction d’eux et de tous à la fois, une satisfaction véritable, c’est-à-dire une satisfaction juive.

Comme le fait remarquer notre sainte Torah(2), “ est-il quoi que ce soit qui Lui soit impossible ? ”. Nos saints livres établissent qu’en observant(3) d’un œil agréable et bienveillant, non seulement on voit les qualités, mais, bien plus, on le renforce. Dès lors, les aspects négatifs deviennent moindres, accessoires.

Bien plus, le Tanya, au chapitre 32 et le Dére’h Mitsvoté’ha, à la Mitsva d’aimer son prochain, expliquent la valeur d’un tel amour et l’on dit d’Aharon, le Cohen, défini comme “ saint des saints ”, qu’il “ aimait les créatures ”, y compris celles qui n’avaient aucune autre qualité que d’avoir été créées par Dieu, comme l’explique l’Admour Hazaken, dans ce chapitre du Tanya.

Les Cohanim sont empressés et, par leur service de Dieu, ils obtiennent que “ Sa Parole court promptement ”, sans barrière et sans obstacle, comme le dit le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, à la fin de la Parchat Kora’h.

Puisse donc Dieu faire que tout cela s’accomplisse pour vous(4), au plus vite et ici-bas, dans ce monde.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Près du tombeau du précédent Rabbi. (2) A propos d’Avraham, qui conçut Its’hak à cent ans et de Rivka, qui lui donna naissance à quatre vingt dix ans. (3) Son prochain. (4) Le destinataire de cette lettre est vraisemblablement un Cohen.

Lettre n°4108

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4108, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Chevat 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

De temps à autre, je demande au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, multiplie les accomplissements positifs et les bons comportements, le Rav Yaakov Ben Tsion Yourkovitch Chlita(1), ce que vous devenez et ce que vous faites. Il m’a également rapporté ce qu’il vous a écrit à propos de votre état d’esprit ou, plus exactement, de votre découragement. Il m’a, en outre, précisé ce que vous lui avez vous-même répondu, concernant votre situation morale.

Vous connaissez, à ce propos, le dicton(2)

de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef d’Israël, selon lequel l’interdiction de la médisance s’applique non seulement envers son prochain, mais aussi à l’encontre de sa propre personne. Et, le Rambam précise la différence devant être faite entre la médisance et la calomnie. La première peut également être vraie, mais elle est, toutefois, exagérée, ou même encore plus que cela.

Autre point, qui est essentiel, différents textes de ‘Hassidout établissent que la graine portée en terre fera pousser la récolte ou bien un arbre fruitier uniquement dans la mesure où elle se décompose, dans un premier temps. C’est donc en perdant son existence première qu’elle permet le plus large développement.

Néanmoins, dans quel cas cette décomposition est-elle positive ? A la condition qu’elle s’effectue dans une terre fertile, que l’on prépare pour la récolte, que l’on irrigue. A l’opposé, si elle s’effectue sur une table, non seulement elle ne sera d’aucune utilité, mais, bien plus, la graine elle-même sera perdue.

Or, il existe une même différence entre la tristesse et l’amertume, comme l’explique le Tanya. Comment distinguer ces situations pour ne pas être soi-même abusé et pour déterminer la nature véritable de la décomposition et du découragement ? Par les actions qui en découlent. S’il s’agit d’un engagement accru pour les valeurs juives, celui-ci sera de nature à faire “ pousser la récolte ” et à multiplier les graines. S’il affaiblit cet engagement, a fortiori s’il le fait disparaître, il appartient à la seconde catégorie.

Vous comprendrez sûrement cette image. Il est indispensable que vous fixiez un temps pour étudier la ‘Hassidout. Vous le fixerez à la fois dans le temps et dans l’esprit. Alors, vous mettrez enfin en pratique le Précepte : “ Servez Dieu dans la joie ”.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Voir la lettre suivante. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3795.

Lettre n°4109

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4109, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

12 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yaakov Ben Tsion(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’écrivez à propos de votre fils Barou’h Boaz Chlita(2). Vous consulterez le début des lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, basé sur les notes du Ramah, Yoré Déa, chapitre 245 et sur le Midrach Tan’houma, selon lesquels, dès qu’un enfant a trois ans, il doit étudier également sur texte(3) et non uniquement par cœur, comme il le fait dès qu’il commence à parler, selon l’explication bien connue de nos Sages.

Ceci apporte une réponse simple à la question posée dans les commentaires du Gaon de Vilna, chapitre 245, paragraphe 19, qui dit ne pas comprendre ce qui est exposé ici.

Vous évoquez ce ‘Hassid(4) et vous me demandez de quels livres vous devez lui conseiller la lecture. Vous le connaissez personnellement et vous pouvez donc déterminer ce qui sera bon pour lui, afin de le guider comme il convient. Du reste, comme l’indique sa lettre, il recevra vos directives avec gratitude.

Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite, en la matière, même si cet homme se trouve dans un endroit éloigné. Ceci s’ajoutera donc aux efforts que vous déployez envers ceux qui sont proches de vous. Le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”, mais de manière largement accrue. Il vous accordera donc Son aide, en toutes vos préoccupations, spirituelles et matérielles.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav Y.B. T. Yourkovitch, de Montréal. Voir la lettre précédente. (2) Actuellement, le Rav de la communauté Loubavitch de Lod. (3) Voir, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 7, page 350. (4) Il s’agit du destinataire de la lettre précédente.

Lettre n°4110

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4110, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

a de bons comportements, le Rav Avraham Sender(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 11 Chevat et à la précédente, dans laquelle vous m’interrogez sur le paragraphe Kéter(2), selon le rite de ‘Habad, qui dit : “ la fin comme au début ” et non “ la fin comme le début ”.

Vous consulterez, à ce propos, le Chaar Ha Collel, dont l’explication est proche de ce que vous écrivez. Vous concluez en disant que vous hésitez à écarter la formulation “ la fin comme le début ”. J’en suis surpris, puisque l’Admour Hazaken, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, le fait effectivement.

Bien plus, la Michna dit, à la fin du chapitre 9 du traité Negaïm : “ Tu es un grand Sage, car tu mets en pratique les propos des Sages ”. Et, le Beth Rabbi rapporte le récit des premiers ‘Hassidim, au nom du Tséma’h Tsédek, selon lequel l’Admour Hazaken, quand il établit le texte de son Sidour, avait soixante rituels posés devant lui.

Vous vous excusez de m’écrire à propos de cela, mais il n’y a pas lieu de le faire. En effet, la Michna, précédemment citée, affirme que l’on doit renforcer les propos des Sages, ce qui inclut également la nécessité d’être délivré du doute.

Je vous adresse ma bénédiction pour avoir de longs jours et de bonnes années. Et, il n’est de bon que la Torah, pour celui qui se consacre à elle. Du reste, différents textes expliquent la différence entre se consacrer à elle(3) et l’étudier.

Notes

(1) Le Rav A.S. Nemtsov, de Long Beach. Voir, à son sujet, la lettre n°3984. (2) Dans la répétition du Moussaf du Chabbat et des fêtes. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3580.

Lettre n°4111

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4111, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Chevat 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 10 Chevat, date de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef d’Israël.

Vous me dites que vous avez consacré la majeure partie de votre vie à une éducation hébraïque intégrale. Il est sans doute inutile de vous préciser que cette éducation se prolonge tout au long de la vie. Et, il en est ainsi aux deux extrêmes à la fois. D’une part, celui qui se trouve dans la situation la plus basse peut modifier radicalement son état, parfois même, selon l’expression du Zohar, “ en une heure et en un instant ”. D’autre part, celui qui a atteint le sommet le plus élevé a encore beaucoup à apprendre, car le bien n’a pas de limite.

Quelqu’un qui se consacre à l’éducation des autres, et même à la sienne propre, doit, en permanence, être vigilant, saisir chaque occasion et chaque opportunité qui se présente, ou même les susciter. On peut vérifier concrètement à quel point le dicton suivant, bien connu, est juste : “ J’ai beaucoup appris de mes maîtres et, de mes disciples, plus que de tous les autres ”.

L’éducation des autres, afin de les guider et de leur montrer le chemin conduisant vers la demeure de Dieu est une formation pour celui qui la dispense. Elle a un effet positif sur sa propre éducation.

Bien entendu, mon but n’est pas de vous faire de la morale, ce qu’à Dieu ne plaise, mais de vous souligner que vous n’êtes nullement dispensé de vous servir de vos capacités, dans toute le mesure du possible, pour rapprocher les cœurs juifs de notre Père, qui se trouve dans les cieux, par l’étude de notre Torah, Torah de vie et la pratique des Mitsvot.

Tout ceci augmentera les bénédictions de Dieu, en tous vos besoins, pour votre état de santé physique et pour les besoins des membres de votre famille.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

N. B. : J’aimerais savoir si vos conférences, que vous me décrivez, ont fait l’objet d’une publication, que l’on peut se procurer. En effet, celles-ci ne figurent pas dans ma bibliothèque.

Lettre n°4112

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4112, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yehouda Leïbush(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu connaissance, avec plaisir, par le distingué ‘Hassid qui craint Dieu, a de bons comportements et de l’empressement, le Rav Raphaël Wilshanski(2), des paroles d’encouragement que vous avez prononcées, lors de la réunion ‘hassidique du jour de la Hilloula(3) de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef d’Israël.

Différents textes expliquent le plaisir que conçoit ainsi celui dont on célèbre la Hilloula et vous consulterez, à ce sujet, le commentaire de Rachi sur le traité Yebamot 122a. Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, d’un chef du peuple juif, qui fit don de sa vie pour Israël. Son action fut celle d’un Juste, distribuant la vitalité à tous les vivants. Toute âme fut liée à la sienne, par un amour intense et éternel, selon les termes de l’Admour Hazaken, dans Iguéret Ha Kodech, au début du chapitre 27.

On peut donc se lier profondément à lui, car, de là où il se trouve, il voit et entend ce qui se passe, comme le souligne le traité Chabbat 153a. Combien plus est-ce le cas quand on répète son enseignement, avec lequel son âme était profondément liée, selon l’explication du Tanya, au début du chapitre 5.

Puisse Dieu faire que le mérite de celui dont nous célébrons la Hilloula protège chacun d’entre nous, au sein de tout le peuple juif, afin d’obtenir l’aide céleste, pour mettre en pratique la mission qui nous est assignée, comme l’expose la Michna, celle de “ servir mon Créateur ”.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav Y.L. Stern, de Paris. (2) Voir les lettres n°3869 et 4067. (3) Le 10 Chevat.

Lettre n°4113

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4113, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Raphaël(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 11 Chevat et à la précédente, avec ce qu’elle contenait.

Je vous remercie de m’avoir décrit, d’une manière relativement détaillée, la Hilloula(2) et le résumé des interventions(3). Bien que vous ne le précisiez pas, les femmes et jeunes filles ‘Habad, dans le cadre de leurs activités, ont sûrement souligné l’importance de ce jour, d’une manière conforme à l’esprit de leur organisation. Il en a, sans doute, été de même dans les Talmud Torah. Si des articles sont parus dans la presse, à ce sujet, vous voudrez bien m’en adresser les coupures. Je vous en remercie.

Vous savez sûrement qu’il existe maintenant des magnétophones, permettant d’enregistrer. Vous en avez sans doute vu, quand vous étiez ici. Dernièrement, les ‘Hassidim ont pris l’habitude d’enregistrer leurs réunions et d’en envoyer la bande ici. Bien évidemment, ils en conservent également une copie, afin de s’en servir, à différentes occasions et de se remémorer l’enthousiasme suscité par ces réunions ‘hassidiques. Il serait bon de vérifier si un tel appareil peut être trouvé à Paris et ce qu’il coûterait.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de vos activités communautaires et de vos préoccupations personnelles,

Notes

(1) Le Rav R.Wilshanski, de Paris. (2) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat. (3) Prononcées à cette occasion. Voir la lettre précédente.

Lettre n°4114

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4114, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Chevat 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre de la veille du Chabbat Parchat Bo, qui faisait suite à un silence particulièrement long. Je n’y ai pas trouvé la raison de ce silence. En tout état de cause, j’espère que vous n’avez pas de problème de santé.

Même si vous ne le dites pas dans votre lettre, j’espère que, de temps à autre, vous participez aux réunions des ‘Hassidim, apportant l’inspiration et rappelant des souvenirs. Si l’on cesse de le faire, pendant un certain temps, pour une raison quelconque, on doit ensuite éprouver un désir encore plus vif d’y participer.

Car, au final, il est certain que s’accomplira la parole de nos Sages selon laquelle “ quand on décoche une flèche vers le ciel, celle-ci retombe sur sa pointe ” et l’on peut observer que, plus celle-ci s’éloigne de la terre, qui est son origine, plus elle y redescend avec une grande vitesse

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit, de ce qui est expliqué clairement et de ce qui se trouve entre les lignes,

Lettre n°4115

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4115, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et assume une mission sacrée, le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me posez les questions suivantes :

A) Le Or Ha Torah(2) du Tséma’h Tsédek, à la page 280b, dit que la prière du matin, correspondant au sacrifice perpétuel, est dite pendant les quatre premières heures du jour et le Chema Israël pendant ses trois premières heures, puisqu’il évoque le sacrifice des encens, duquel il est dit : “ Chaque matin ” et que ce dernier précède le sacrifice perpétuel.

Vous vous interrogez, à ce sujet, car la prière du matin, pendant du sacrifice perpétuel et prononcée pendant les quatre premières heures, remplace, en fait, l’aspersion, sur l’autel, du sang de ce sacrifice perpétuel, qui précédait le sacrifice des encens et de laquelle il est également dit : “ Chaque matin ”.

Je suis surpris que vous le présentiez comme une question, alors que tout ce que vous dites figure dans la note sur laquelle vous vous interrogez. Bien plus, une partie de ce discours ‘hassidique explique pourquoi l’aspersion du sang précède le sacrifice des encens et ce dernier, la combustion des membres de l’animal.

Pour en revenir à votre question proprement dite, vous ne comprenez pas, en fait, l’explication de nos Sages(3), rapportée par le traité Pessa’him 59b, selon laquelle : “ Seul le sacrifice des encens précède le sacrifice perpétuel ”. La nécessité de dire la prière pendant les quatre premières heures, alors que l’aspersion du sang précède le sacrifice des encens et que, à propos de l’un et l’autre, il est dit : “ Chaque jour ”, est , en effet, affirmé par le Talmud(4), sur lequel vous devez poser votre question et non sur ce discours ‘hassidique.

S’agissant de l’explication donnée par ce discours, on peut avancer qu’au sein de la prière, dans son ensemble, l’aspersion du sang est plus spécifiquement liée au Chema Israël, qui est une phase d’extase, d’enthousiasme, comparable à une flamme. La graisse et le sacrifice des encens, par contre, correspondent à la Amida, dite pendant ces quatre premières heures. La différence entre le Chema Israël et la Amida, précisée par plusieurs textes de la ‘Hassidout, permet de l’établir.

Il faut noter également que le sacrifice perpétuel durait une bonne heure, comme le dit la Michna, au début du chapitre “ le sacrifice perpétuel est offert… ”. Le sacrifice et l’aspersion du sang devaient être achevés avant que celui-ci coagule. Ce temps était donc très court et, en conséquence, la majeure partie de cette heure était consacrée aux préparatifs de l’offrande des membres et à cette offrande proprement dite, comme l’indiquent les chapitres 4 et 5 du traité Tamid.

La question ne se pose pas non plus dans sa dimension spirituelle. En effet, pour le sacrifice perpétuel du soir(5), le Chema Israël n’était pas récité, alors que l’aspersion du sang sur l’autel avait bien lieu. A ce propos, la Kabbala explique, et la ‘Hassidout le mentionne, que le Chema Israël du matin porte également sur la prière de Min’ha, comme le précise le Torah Or, au début de la Parchat Vaye’hi, à la page 45c.

B) Vous m’interrogez sur le discours ‘hassidique intitulé “ Le 25 Kislev ”, selon lequel les Attributs du sentiment reçoivent leur élévation par l’intermédiaire de celui de la découverte intellectuelle, ‘Ho’hma, car ils sont proches l’un de l’autre. A l’opposé, l’élévation des lettres constituant les pensées et les paroles émane de Kéter, la couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes et, dans le service de Dieu, correspond au don de soi.

Certes, il est deux formes du don de soi, celui du Chema Israël et celui du verset “ Béni soit le Nom de l’honneur de Sa Royauté pour l’éternité ”. Néanmoins, les lettres reçoivent l’élévation par le premier et non par le second. Vous en demandez la raison.

Celle-ci est précisée par différents textes. La seconde forme du don de soi est l’amour “ de toute ton âme ”, lié aux forces de l’intellect. On trouve, à ce propos, l’image d’un plat, c’est-à-dire d’un aliment dont le corps profite également, duquel n’émane pas uniquement une odeur. Pour apporter l’élévation aux lettres, qui proviennent de la phase antérieure de l’intellect, il faut faire intervenir la forme première de la compréhension ou même ce qui la dépasse, mais non ce qui lui fait suite, c’est-à-dire le service de Dieu réfléchi. Pour plus de précisions, à ce sujet, vous consulterez les parties correspondantes du Chaareï Ora, de l’Admour Haémtsahi, en particulier les chapitres 9 et 10.

Il n’en est pas de même pour la première forme du don de soi et le sacrifice des encens, qui transcendent totalement la compréhension. De ce fait, les encens ne peuvent pas être mangés. Le Kountrass Ets ‘Haïm, du Rabbi Rachab, père de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et d’autres textes encore expliquent ce qui résulte de tout cela pour le service de Dieu.

On peut peut-être avancer que l’équivalent du don de soi raisonné, dans la partie révélée de la Torah, est l’affirmation selon laquelle : “ Ton sang serait-il plus rouge que le mien ? ”(6).

Pour être complet, il faut ajouter que le sacrifice des encens de Yom Kippour, “ le plus fin ”, possède une immense qualité, que n’a pas celui de toute l’année, bien que l’un et l’autre soient une odeur. La différence entre eux est celle qui existe entre la narine droite et la narine gauche, de même qu’entre les deux parties les plus élevées de l’âme, ‘Haya et “ ‘Haya de ‘Haya ”(7), comme l’explique le Zohar, tome 3, page 130b. On retrouve cette même différence entre le don de soi de ‘Haya et le don de soi de Ye’hida, comme l’expliquent Atéret Roch, à la fin de la porte de Yom Kippour, le Kountrass Ha Avoda, au chapitre 5 et le discours ‘hassidique Le’h Le’ha de 5674(8).

On peut avancer qu’une même différence existe entre la Techouva de toute l’année et celle de Yom Kippour, lorsque “ l’essence même du jour apporte l’expiation ”.

C) Vous m’interrogez sur l’introduction du Chaareï Ora, à la page 2b, expliquant la valeur du sacrifice des dix martyrs, assassinés par les romains. Ce don de soi, en effet, fut parfait et la Torah ne fut pas sa seule motivation(9).

L’explication est bien simple. Ce don de soi n’est pas apprécié par rapport à celui de ‘Hanouka ou de Pourim, mais bien par rapport à celui du don de la Torah, même si l’on pourrait avancer qu’à ‘Hanouka, la prière est également intervenue(10), puisque le service de Dieu, dans le Temple, était alors suspendu. Il n’en fut pas de même pour Rabbi ‘Hanina Ben Tradyon(11), qui fut brûlé en portant un Séfer Torah, mais, à mon sens, cette explication est très difficile à accepter.

La valeur du sacrifice des dix martyrs est expliquée également par le Ets ‘Haïm, portes 39 et 50. De fait, le début de ce texte dit, entre parenthèses, “ Le Ets ‘Haïm explique ” et peut-être fait-il allusion à ce passage.

D) Vous m’interrogez également sur le discours de ‘Hanouka qui est imprimé à la fin du Or Ha Torah. Il y a vraisemblablement là une erreur d’imprimerie et il s’agit, en fait du Dére’h Emouna. Vous me demandez qui est l’auteur de la note, à la page 10b, commençant par “ A mon humble avis, cela n’est pas exact ”.

Il semble que vous n’ayez pas vu la version de ce discours que nous avons imprimée, de manière indépendante, il y a quelques années, à l’occasion de ‘Hanouka. Il y est dit que le texte est de l’Admour Hazaken et les notes, du Tséma’h Tsédek. Néanmoins, ce discours a été retranscrit par ceux qui l’ont écouté et non rédigé par l’Admour Hazaken lui-même. La remarque du Tséma’h Tsédek s’applique donc à la retranscription.

On trouve aussi de telles notes du Tséma’h Tsédek dans un discours ‘hassidique imprimé dans le Likouteï Torah sur trois Parachyot, à la page 85c et dans quelques autres textes encore.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav I.Hutner. Voir, à son sujet, la lettre n°3833. (2) Dans la partie consacrée à ‘Hanouka. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Et, également, le verset, qui dit lui-même ‘chaque jour’, à propos du sacrifice des encens, alors que, pour l’aspersion du sang, cette expression est énoncée à une autre référence. Pour autant, elle a bien été appliquée au sang du sacrifice perpétuel, comme le souligne le traité Yoma 33b et ceci doit être remarqué ”. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Vous consulterez le traité Bera’hot 27a ”. (5) Actuellement remplacé par la prière de Min’ha. (6) Principe duquel on déduit que l’on n’a pas à mettre en danger sa propre vie pour sauver celle de son prochain. Ainsi, celui qui ne possède qu’un verre d’eau n’est pas tenu de le donner à l’homme qui a soif et, par la suite, d’endurer lui-même la soif. (7) Ou Ye’hida. (8) 1913, du Rabbi Rachab. (9) Elle émana d’une relation directe avec le Créateur. (10) En plus du don de soi. (11) L’un des dix Sages assassinés par les Romains.

Lettre n°4116

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4116, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Chevat 5716,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre demande de bénédiction et je suis surpris que vous ne précisiez pas quelle est votre activité, dans le domaine de ‘Habad. Or, vous avez sûrement connaissance de la volonté, clairement établie, profonde et intense, de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon laquelle chaque ‘Hassid, chaque élève de la Yechiva doit diffuser les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur.

Il faut propager non seulement l’enseignement de la ‘Hassidout, mais aussi ses usages et ses pratiques, non seulement dans l’extérieur proche, mais aussi en celui qui est relativement éloigné. Et, il est inutile d’en dire plus, tant cela est évident.

Dans votre pays, en particulier, il est indispensable que chacun s’emploie à renforcer la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak de Melbourne, dont l’influence s’exerce sur l’ensemble du pays. Il faut le faire financièrement, mais aussi physiquement, sans ménager ses efforts.

Puisse Dieu faire que vous vous engagiez à tout cela et que vous vous soumettiez à la ‘Hassidout, en en fixant l’étude, à la fois dans le temps et dans l’esprit. Ceci augmentera la bénédiction, en tout ce que vous écrivez, pour vous et pour tous les membres de votre famille.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°4117

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4117, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Chevat 5716,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

a de bons comportements, le Rav Barou’h(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre express de ce mardi, avec ce qui y était joint.

Je vous remercie pour votre réponse rapide, bien qu’elle ait été rédigée avec beaucoup d’amertume, concernant la synagogue et la guerre qui s’y déroule, afin qu’elle soit dirigée de la manière qui convient(2).

Je souligne cette amertume, car nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, et la pratique apporte la preuve qu’il en est bien ainsi, que celui qui part au combat en étant triste et amer s’en trouvera affaibli, dans sa lutte. A l’opposé, si l’on se dit que l’on va mettre en pratique les enseignements de notre sainte Torah, qui nous fut donnée par le Créateur du monde, on agit avec un enthousiasme qui fait toute la différence. Dès lors, la victoire est beaucoup plus probable, beaucoup plus rapide.

J’espère que vous ne me soupçonnerez pas d’être devenu un moraliste et de vous faire des remontrances. L’objectif de ce que je viens d’écrire est de vous conduire à intensifier votre action, à raffermir la confiance des Juifs, à renforcer leur joie.

Vous connaissez cette explication ‘hassidique du verset “ Servez Dieu dans la joie ”. Même le 9 Av, jour qui sera prochainement transformé en joie et en allégresse, avec la venue de notre juste Machia’h, on peut jeûner et lire les Kinot tout en éprouvant une certaine joie. En effet, on a le grand bonheur de pouvoir mettre en pratique la Volonté du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il. Et, le Rambam souligne, à la fin de ses lois du Loulav, que celui qui s’empêche d’être joyeux mérite une punition, alors que celui qui se réjouit accomplit un acte important du service de Dieu. Vous consulterez ce texte.

Je vous joins la lettre de l’avocat(2). Si vous avez d’autres informations, à ce sujet, j’espère que vous me les communiquerez et qu’elles seront bonnes. Je vous en remercie d’avance.

J’envoie un extrait de votre lettre à Pittsburgh(2). Je suis sûr que, s’ils ont encore besoin de votre aide, vous la leur apporterez. Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction pour que vous vous emplissiez de joie et de succès,

Notes

(1) Le Rav B.Levittin. Voir, à son sujet, la lettre n°4085. (2) Voir, sur ce point, la lettre n°4085.

Lettre n°4118

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4118, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Chevat 5716,

Brooklyn,

Aux dirigeants des jeunes de l’association ‘Habad à

Jérusalem, ville sainte, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai bien reçu les lettres du comité pour les élections et des ‘Hassidim âgés, qui me donnaient les informations et le nom des élus.

Un devoir vient donc de vous être confié, parmi les ‘Hassidim et puisse Dieu faire que vous preniez conscience de cette grande responsabilité et du mérite qui l’accompagne. Ceci mettra en éveil vos forces profondes, afin d’assumer votre nomination avec sincérité, d’obtenir la réussite, parmi les ‘Hassidim et tous les enfants d’Israël et de diffuser les sources, jusqu’à ce qu’elles parviennent à l’extérieur.

Et, l’assurance nous a été donnée qu’avec l’effort qui convient, on connaîtra, en la matière, une réussite considérable.

Nous avons également reçu la promesse que cette mission sacrée augmentera les bénédictions de Dieu et le succès de chacun, en ses préoccupations personnelles.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,

Lettre n°4119

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4119, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Chevat 5716,

Brooklyn,

Aux dirigeants des jeunes de l’association ‘Habad à

Jérusalem, ville sainte, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Vous engagerez sans doute les actions concrètes de façon immédiate. En effet, la Michna dit que l’acte est essentiel, et non la théorie. Bien plus, vous connaissez le commentaire que donne le Baal Chem Tov du verset : “ Dans une contrée aride, fatigué… je T’observerai dans la Sainteté ”(1). Dernièrement, les activités des jeunes de l’association ‘Habad, à Jérusalem, ont été considérablement affaiblies. Ceci éveillera sûrement en vous un effort accru, comme l’indique ce verset.

Je voudrais rappeler ici ce que j’ai déjà écrit(2), à plusieurs reprises, à la direction de la Yechiva Torat Emet(3). Tous les jeunes gens mariés, en particulier ceux qui ont été acceptés dernièrement, doivent consacrer de leur temps, chaque jour, pour les activités dans le domaine de ‘Habad. La direction m’a répondu que ces jeunes gens sont prêts à assumer cette responsabilité et ce mérite, qu’elle en a parlé aux jeunes de l’association ‘Habad, afin de déterminer le moyen le plus efficace d’utiliser leurs capacités, leur temps et leur enthousiasme.

Je suis surpris de constater que, pour l’heure, les jeunes de l’association ‘Habad n’ont, semble-t-il, rien fait, dans ce domaine. Il serait bon que vous rencontriez, au plus vite, la direction de la Yechiva Torat Emet. Vous pourrez montrer la présente et décider ce qui doit être fait, en la matière.

Il est sûrement inutile de vous rappeler que, comme chaque fois que l’on entreprend une action nouvelle, on doit tenir compte de ce qui existe et vouloir le renforcer. Puis, le plus rapidement possible, vous devrez introduire des actions nouvelles et alors s’accomplira la promesse de nos Sages selon laquelle “ à quiconque ajoute(4), on ajoute(5) ”.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) C’est précisément dans une “ contrée aride ” que l’on peut “ observer Dieu dans la Sainteté ”. (2) Voir la lettre n°3328. (3) La Yechiva Loubavitch de Jérusalem. (4) Un effort. (5) Des bénédictions.

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