Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°4026
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4026, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Tévet 5716,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Avraham Dov(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 8 Tévet, dans laquelle vous m’indiquez que vous avez eu la possibilité de mettre en place un office quotidien, dans votre synagogue, depuis ‘Hanouka. Certes, vous avez affronté quelques difficultés, mais nos Sages disent que tous les débuts sont difficiles(2). D’après ce que vous écrivez, cette affirmation s’est pleinement réalisée, en l’occurrence. Il en sera donc de même par le fait que cette précision est donnée uniquement à propos du début(3).
On sait que le début et la fin d’un processus en sont le premier et le dernier points. Ces deux termes, en revanche, ne décrivent pas tous les stades intermédiaires. Or, un effort, somme toute, limité, vous a permis d’obtenir un tel résultat. Vous pouvez donc en conclure ce que celui-ci sera quand l’effort qui convient sera réalisé.
Ce qui vient d’être dit vous permettra de comprendre la satisfaction que m’a procurée votre intervention pour que les femmes et les jeunes filles fréquentent également la prière, pendant le Chabbat, d’autant que c’est aussi un moyen de mettre en pratique l’Injonction : “ Ecarte-toi du mal ”. Vous devez comprendre ce que je veux dire.
Vous distribuez des gâteaux à l’issue de l’office et cela est une bonne chose. Il serait judicieux de faire en sorte également que l’un des membres de la communauté capables de le faire dise, à chaque fois, quelques mots, pendant cinq ou dix minutes.
Je vous adresse ma bénédiction afin de donner de bonnes nouvelles de tout cela et pour pouvoir acheter une bonne maison, matérielle et spirituelle. Vous consulterez également, à ce sujet, la fin de la séquence de discours ‘hassidiques intitulé “ De nombreuses eaux ”(4).
Notes
(1) Le Rav A.D. Hecht, de New York. Voir, à son sujet, la lettre n°3973. (2) Mais non la suite. (3) Tout deviendra donc facile ensuite. (4) Du Rabbi Maharach, grand-père du précédent Rabbi.
Lettre n°4027
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4027, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Tévet 5716,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chlomo Chnéor Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 27 Kislev, alors que vous aviez cessé de m’écrire. Vous évoquez la réunion ‘hassidique, au jour lumineux du 19 Kislev, fête au cours de laquelle Il a libéré notre âme dans la paix, lorsque la lumière et la vitalité de nos âmes nous ont été accordées.
Ce jour est défini comme le Roch Hachana de la ‘Hassidout et de ses voies. Et, l’on parle bien de tête de l’année et non de son début(2), car c’est cette fête qui distribue la vitalité à tous les jours de l’année. Et, vous vous efforcerez qu’il en soit effectivement ainsi(3).
Il est dit, en effet, qu’un homme est inscrit et scellé(4) à Roch Hachana. Malgré cela, il est jugé chaque jour, afin d’attirer cette lumière(5), au quotidien, comme l’indiquent le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Kora’h et le Kountrass Oumayan.
Bien évidemment, je ne fais pas allusion uniquement à vous, mais à chaque ‘Hassid et à tous ensemble. Et, vous connaissez la décision du Tribunal céleste selon laquelle, du fait de l’abnégation dont fit preuve l’Admour Hazaken pour la ‘Hassidout, tous ceux qui sont liés à lui et suivent sa voie l’emporteraient, pour ce qui concerne la Torah, la crainte de Dieu et les bons comportements.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav C.C. Z. Katsnelenboygen, de Cleveland. Voir, à son sujet, la lettre n°2808. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°3989 et 4018. (3) Que tous conservent la motivation tout au long de l’année. (4) Pour une bonne année. (5) Qui lui a été accordée à Roch Hachana et de la révéler dans le monde.
Lettre n°4028
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4028, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Tévet 5716,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
Le Rav Chalom Mendel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’avez fait part de la naissance de votre fille, avec Mazal Tov, Mazal Tov.
Puisse Dieu faire que vous l’éduquiez, avec votre épouse et tous vos enfants, à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, dans la largesse.
Comme le dit(2) le Rabbi Rachab, notre coutume est de dire “ à la Torah ” et non uniquement “ au dais nuptial et aux bonnes actions ”, pour la naissance d’une fille(3). Nos Sages expliquent, en effet, au traité Bera’hot 17a : “ En quoi consiste le mérite des femmes ? A faire enseigner…(4), à faire apprendre…(5), à attendre…(6) ”.
Avec ma bénédiction de Mazal Tov,
M. Schneerson,
J’ai bien reçu votre lettre du 3 Tévet. Vous me dites que vous avez allumé l’électricité(7) sans avoir pu demander quelle était la Hala’ha, en la matière. C’est effectivement ce qu’il fallait faire selon notre Torah, Torah de vie, comme l’indique le Choul’han Arou’h, au chapitre 328.
Vous consulterez également le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 330, fin du paragraphe 3, précisant ce qui peut être fait pour une femme parvenue au neuvième mois de sa grossesse. Le paragraphe 1 envisage, en outre, l’absence de bougie et la crainte qu’elle éprouve alors.
Vous m’interrogez sur les combinaisons de noms(8). Mon beau-père, le Rabbi, ne voulait pas que les noms de nos maîtres soient associés à d’autres noms.
Notes
(1) Le Rav C.M. Kalmenson, de Paris. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°1760 et 4156. (3) Bien que celle-ci ne soit pas tenue d’étudier la Torah. (4) La Torah aux enfants. (5) La Torah par leur mari. (6) Le retour de leur mari de la maison d’étude. (7) Vraisemblablement, pendant le Chabbat, à cause de l’accouchement. (8) Familiaux avec ceux des maîtres de ‘Habad et de leur épouse.
Lettre n°4029
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4029, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Tévet 5716,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Ben Tsion(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 8 Tévet, qui était rédigée brièvement. Vous me donnerez sans doute plus de détails, ces prochains jours. Puisse Dieu faire que le contenu de vos lettres soit modifié et n’exprime pas uniquement de bons vœux pour l’avenir.
Certes, ces vœux sont positifs et l’espoir est sûrement fondé, mais le but final reste bien l’action présente. Dieu fasse que, très prochainement, commencent à arriver les nouvelles du passé récent et du présent. Et, les actions se développeront, de temps à autre, jusqu’à la venue du Machia’h, duquel il est dit : “ Mon serviteur comprendra, s’élèvera et sera très haut ”.
J’ai pris connaissance, avec plaisir, par votre lettre, de la réunion pour les élèves du Talmud Torah qui a été organisée par les femmes et jeunes filles ‘Habad. Assurément s’accompliront, en cela également, les termes de l’affirmation selon laquelle “ le pauvre fait pour le riche plus que ce que ce dernier fait pour lui ”. Et, il en est de même pour le maître et l’élève.
L’impact de telles actions doit donc marquer les deux côtés(2), permettre qu’un plus grand nombre d’élèves et de parents se rapproche des pratiques de la ‘Hassidout et de ses usages, puis, par la suite, de son enseignement et d’actions concrètes, qui seront accrues, de manière quantitative et qualitative à la fois. Celles-ci seront menées par les femmes et jeunes filles ‘Habad, y compris dans leur maison et auprès des membres de leur famille.
J’adresse mes salutations à tous les ‘Hassidim et aux membres de leur famille. Que tous reçoivent la bénédiction et la vie, pour l’éternité.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav B.T. Chem Tov, de Londres. Voir, à son sujet, la lettre n°2401. (2) Les enseignants et les élèves.
Lettre n°4030
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4030, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, 13 Tévet 5716, Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre du 11 Tévet et ce qu’elle contenait, après un silence particulièrement long. Comme vous me le demandez, je vous joins les reçus.
Je suis surpris que vous ne me disiez rien de la diffusion des sources à l’extérieur, ce qui est le besoin du moment, comme l’indique la sainte lettre du Baal Chem Tov, relatant de quelle manière il demanda au Machia’h quand il viendrait.
Or, si cela concerne tous ceux qui sont liés à l’enseignement du Baal Chem Tov, combien plus est-ce le cas pour les élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim. En effet, le fondateur de cette institution, le Rabbi Rachab, précisa que ceux-ci sont tous “ des bougies pour éclairer ”.
Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, de telles actions ne manquent pas, même si vous ne me faites pas part de leur réalisations. Vous connaissez, en effet, la décision du Tribunal céleste selon laquelle, du fait de l’abnégation dont fit preuve l’Admour Hazaken pour la ‘Hassidout, tous ceux qui sont liés à lui et suivent sa voie l’emporteraient, pour ce qui concerne la Torah, la crainte de Dieu et les bons comportements.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela, en bonne santé, physique et morale,
Lettre n°4045
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4045, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Tévet 5716,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yehouda Zera’hya Morde’haï Leïb ‘Haïm(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je suis surpris que vous ne me précisiez pas si vous avez participé à la réunion ‘hassidique, au jour lumineux du 19 Kislev(2), fête au cours de laquelle “ Il a libéré notre âme dans la paix ”, lorsque “ la lumière et la vitalité de nos âmes nous ont été accordées ”.
En effet, ce n’est pas uniquement l’Admour Hazaken qui a alors été libéré. Ce n’est pas seulement son âme qui a été délivrée dans la paix, mais bien l’enseignement de la ‘Hassidout, dans son ensemble, ses usages et ses pratiques. Cette date exerce donc son effet sur quiconque appartient au peuple d’Israël et lui insuffle une ardeur accrue.
Une image, donnée à ce sujet, est bien connue. En apportant la lumière, la force et la vitalité à l’un des membres du corps, on vivifie également tous les autres. Or, tous les Juifs forment bien un seul et même organisme, depuis les chefs de tribu jusqu’aux puiseurs d’eaux, c’est bien évident(3).
Je viens de recevoir votre lettre du mercredi de la Parchat Vaéra. Je vous remercie pour les bonnes nouvelles qu’elle contient.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav Y.Z. M. L. H. Segal, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°3154. (2) Fête de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes et Roch Hachana de la ‘Hassidout. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3815.
Lettre n°4046
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4046, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Tévet 5716,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Eliézer(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre en son temps et je viens de recevoir les deux exemplaires du livre Maré Yaakov. Je vous en remercie. Sans doute en ferez-vous de même, à l’avenir, pour tout ce que vous publierez. En effet, la bibliothèque, ici, est au service du plus grand nombre.
J’ai lu, avec plaisir, ce que vous dites de l’auteur de ce livre, qui était très attaché à la ‘Hassidout, qui la respectait et l’honorait grandement, moralement et financièrement. Je veux déduire de cette formulation que vous appréciez vous-même une telle conception. La Michna dit que “ l’acte est essentiel et non la théorie ”. Cette appréciation aura donc, à n’en pas douter, une incidence sur votre existence quotidienne, d’autant que, comme vous le précisez, vous diffusez la Torah et la crainte de Dieu, auprès des jeunes et des vieux, en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie, le pays “ vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”.
En conséquence, tout ajout(2) que vous ferez pour vous-même, puisque nos Sages disent que l’on connaît l’élévation dans le domaine de la Sainteté, ce qui est une Injonction s’appliquant à chacun, sera multiplié de nombreuses fois, en agissant également auprès de tous ceux qui reçoivent votre influence.
Que Dieu vous accorde le succès afin de réaliser cet ajout, au plus vite et avec la plus grande détermination. Et, que s’accomplisse en vous la bénédiction selon laquelle “ à quiconque ajoute(3), on ajoute(4) ”.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav E.Nisenbaum, Manchester. (2) A la pratique juive et ‘hassidique. (3) Des efforts. (4) Des bénédictions.
Lettre n°4047
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4047, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Tévet 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me faites part des pensées qui troublent votre étude de la Torah et votre service de Dieu. Vous concluez en me décrivant l’organisation de votre journée.
En fait, un point permet d’expliquer l’autre. Dans l’organisation de votre journée, on ne trouve aucune étude, aucune action mettant en éveil l’amour et la crainte de Dieu, a fortiori la conscience de son unité. Bien évidemment, il ne s’agit pas de proclamer que “ Dieu est un ”, sans savoir à quoi correspond Son unité, car c’est à ce propos qu’il est dit : “ Ils Le flattent par leur bouche… mais, leur cœur n’est pas avec Lui ”.
Il est évident, et on peut le vérifier concrètement, que l’étude de l’Ethique a pour effet d’améliorer les comportements des hommes. Car, comment parvenir à L’aimer et à Le craindre ? En méditant à Sa grandeur, comme l’explique le Rambam, dans ses lois des fondements de la Torah, début du second chapitre.
Lorsqu’un manque est constaté en ces trois Mitsvot(1), que l’on doit respecter en permanence, comme le souligne l’introduction du Séfer Ha ‘Hinou’h, la prière est également imparfaite. Il est dit, en effet, que “ l’on se met à prier avec la ‘tête lourde(2)’ ”. Selon les élèves de Rabbénou Yona, et comme la Hala’ha le tranche, dans le Choul’han Arou’h, chapitre 98, fin du paragraphe 1, cela veut dire qu’il faut méditer à la grandeur de Dieu et à la petitesse de l’homme.
Concrètement, vous devez immédiatement fixer, dans le temps et dans votre esprit, une étude de l’enseignement profond de la Torah, qui, à notre époque, a été révélé par la ‘Hassidout. Vous en aurez donc une étude, le jour, une autre, la nuit et, au moins pendant quelques minutes, avant la prière, afin de mettre en pratique ce que dit la Michna, précédemment citée, à propos de la prière(3).
De même, vous respecterez scrupuleusement l’immersion rituelle d’Ezra(4). Afin de renforcer l’aide de Dieu, vous prélèverez, chaque matin de semaine, sans en faire le vœu, quelques pièces pour la Tsédaka. De la sorte, selon l’expression de nos Sages, “ Il donne une pièce à un pauvre et, ensuite, il prie ”.
Puisse Dieu faire que vous commenciez à mettre tout cela en pratique, de manière sincère et au plus vite. Que Dieu vous accorde le succès.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) L’amour, la crainte, la proclamation de l’unité. (2) Avec humilité. (3) Prononcée avec “ la tête lourde ”. (4) Après chaque relation conjugale.
Lettre n°4048
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4048, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Tévet 5716,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Chmouel Abba(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous évoquez le Psaume 107, pour ce qui concerne la prescription de l’avenir.
Vous consulterez scrupuleusement l’explication qu’en donne le Baal Chem Tov et qui est imprimée en différents endroits. On doit, en effet, connaître les points qui concernent chacun et qu’il est indispensable de savoir, dans son existence quotidienne, afin d’assumer sa mission et la finalité de sa création, c’est-à-dire le service du Créateur, comme le précise la Michna(2), mais non l’avenir.
Il est dit, à ce propos, que “ les éléments cachés sont pour l’Eternel, notre Dieu et les éléments révélés, pour nous et pour nos enfants, afin d’accomplir tous les propos de cette Torah ”.
Notes
(1) Le Rav C.A. Greenberg, de Tel Aviv. (2) Au traité Kiddouchin 82a.
Lettre n°4049
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4049, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Tévet 5716,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue(1),
Je fais réponse à votre lettre du premier jour de Roch ‘Hodech Tévet. Bien évidemment, en vous écrivant, je ne voulais pas vous faire peur, ni vous signifier que vous devez cesser de m’écrire(2). Je n’avais pas non plus l’intention de vous montrer que le monde est en ordre parfait et irréprochable(3). Jusqu’à la venue du Machia’h, la perfection ne sera pas de ce monde, au sein de la matière, comme l’établissent différents textes, figurant dans nos livres sacrés.
Le message de ma lettre était uniquement le suivant. Lorsque des défauts existent, il ne faut pas les cacher. De même, on ne doit pas minimiser non plus l’action de grâce qu’il convient de rendre à Dieu, pour tout le bien qu’il accorde, dans la plus large proportion. De plus, le moyen de réparer les défauts n’est pas le découragement et le renoncement, ni même l’accablement. Non seulement, cela n’est d’aucun effet, mais, bien plus, la réparation proprement dite en sera d’autant plus difficile.
A l’opposé, quand on est joyeux et satisfait, le service de Dieu, en général et la réparation des défauts, en particulier sont beaucoup plus fructueux. On peut le vérifier empiriquement. Vous connaissez le dicton de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon lequel un soldat(4), quand il part pour le front, doit chanter une marche joyeuse(5). De la sorte, il accroît ses chances d’être victorieux au combat.
Or, s’il en est ainsi pour un combat physique, combien plus est-ce le cas en tout ce que l’on veut accomplir conformément à la Volonté du Créateur. Car, au final, telle est bien la véritable victoire, l’assurance du bien, comme l’expliquent clairement différents textes de ‘Hassidout.
J’espère que vous accepterez l’enseignement, précédemment cité, de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous agirez donc et vous le ferez joyeusement, en étant de bonne humeur. Puisse Dieu faire que chacun ait des raisons de se réjouir.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et connaître la réussite en tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Vraisemblablement, pour se plaindre. (3) Qu’il n’y a donc pas de quoi se plaindre. (4) En anglais dans le texte. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°2278.
Lettre n°4050
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4050, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[24 Tévet 5716]
Vous connaissez le dicton(1) suivant du Tséma’h Tsédek(2) : “ Il a appelé le soleil (Chéméch) et la lumière a brillé ”, “ Il a appelé le Shamash(3) et la lumière a brillé ”.
Mon beau-père, le Rabbi explique que “ un Shamash doit éclairer toute la synagogue, dans le domaine spirituel ”. Lorsque l’on agit en ce sens, on obtient, au final, le succès.
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3078. (2) Petit-fils de l’Admour Hazaken et arrière-grand-père du précédent Rabbi. (3) Celui qui s’occupe de la synagogue. Terme qui, ponctué différemment, peut aussi se lire Chémech, le soleil.
Lettre n°4051
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4051, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Tévet 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je réponds à votre lettre du 5 Tévet, qui fait suite, comme vous le dites vous-même, à votre courrier précédent, rédigé il y a un an et demi. Pendant ce temps, vous avez pu et vous avez donc dû connaître l’élévation, dans l’étude de la ‘Hassidout, dans la pratique de ses usages et de ses coutumes. J’ai recherché ces précisions ou, tout au moins, une brève présentation de celles-ci, dans les quatre pages que comptait votre lettre. Je n’y ai pas trouvé une seule allusion à tout cela. Vous ne faites que me poser encore une fois des questions..
Je suis surpris par votre attitude, car vous êtes un Juif, ayant conscience que la Torah fut donnée parce que les enfants d’Israël proclamèrent : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”. Plus généralement, la Michna, au traité Bera’hot, début du second chapitre, souligne qu’un Juif accomplit tout ce qu’il entreprend en mettant en avant sa soumission. Mais, il semble que vous ayez adopté l’attitude opposée, que vous posiez une question après l’autre. Dès que vous recevez la réponse aux précédentes questions, vous en recherchez de nouvelles.
Je vous ai accordé les circonstances atténuantes en me disant que, dans l’intervalle, entre vos deux lettres, vous avez étudié la ‘Hassidout, profondément et en en appliquant les termes à votre propre personne. Vous avez également appris la partie révélée de la Torah et il est dit que “ grande est l’étude qui conduit à l’action ”. Néanmoins, vous êtes particulièrement modeste et vous ne voulez donc pas vous en vanter.
Mais, s’il en était effectivement ainsi, il aurait fallu y faire au moins une allusion, dans votre lettre et, avant tout, vos questions auraient dû être formulées d’une autre manière. En pareil cas, votre introduction, précisant que vos questions ne sont ni un défi ni une attaque, aurait été inutile. Votre manière de rédiger en aurait fait la preuve. De plus, avant de formuler ces questions par écrit, vous auriez recherché des références qui vous auraient peut-être montré qu’elles ne se posent même pas.
En tout état de cause, je ne suis pas délivré du doute. Je répondrai donc, brièvement, aux questions qui ont une incidence concrète :
A) Les causeries des maîtres de ‘Habad apportent quelques détails sur les périodes antérieures à la ‘Hassidout, qui ne sont pas mentionnés dans les autres livres. Il semble que vous tiriez de cela des conclusions effroyables. La plupart des questions que l’on peut se poser, en la matière, sont le fait d’un manque de connaissances. Si ce n’était pas le cas, vous sauriez qu’en ce domaine, le premier livre édité est le Chiv’heï Ha Baal Chem Tov, essentiellement basé sur les propos de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, comme l’explique l’introduction de cet ouvrage. Mais, ce point ne sera pas développé ici.
B) Concernant le Sidour, vous me demandez comment le texte de la prière a pu être changé et comment des modifications sont envisageables, dans un Sidour sur la page de garde duquel il est écrit : “ Selon le rite du Ari Zal ”.
Vous consulterez, à ce sujet, l’introduction du Chaar Ha Collel, qui relate l’histoire de l’édition du Sidour. Celui-ci a été imprimé par des hommes, à propos desquels il est dit : “ Qui peut comprendre les erreurs ? ”. Il y eut donc des fautes d’imprimerie, dès la première édition. Déjà à l’époque de l’Admour Hazaken, on dressa une liste de corrections et, de temps à autre, on faisait des vérifications, en fonction de la tradition reçue par les ‘Hassidim.
C) Vous m’interrogez également sur les mesures de la Torah.
Dans le livre du grand Rav ‘Haïm Naé, sont citées plusieurs de ces mesures. Il est précisé également si elles sont établies sur la base de la logique ou bien si elles émanent d’une tradition des ‘Hassidim.
D) Concernant vos troisième et quatrième questions, je ne vois pas ce qui en résulte, pour votre étude de la Torah et votre pratique des Mitsvot. Il est donc dommage que vous perdiez du temps à vous approfondir sur ce qui n’a rien à voir avec la mission qui est confiée à chacun d’entre nous, c’est-à-dire, selon les termes de la Michna : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ”.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de vous-même,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°4052
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4052, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Tévet 5716,
Brooklyn
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre de la veille du Chabbat Parchat Vaygach, qui faisait suite à un silence particulièrement long. Je n’y trouve aucune explication de cette interruption, ni du fait que votre lettre soit si brève. Sans doute, vos prochaines lettres seront-elles détaillées. Vous me décrirez, en particulier, les réunions ‘hassidiques des jours propices du mois de Kislev, chez les ‘Hassidim, chez les femmes des ‘Hassidim et chez les élèves. Vous m’adresserez également des coupures de journaux, conformément à la bonne habitude qui a toujours été la vôtre.
Selon différents textes de la ‘Hassidout, y compris le discours(1) qui a été prononcé avant-hier, pendant le Chabbat, la Divinité que chaque créature porte en elle présente deux caractères opposés, l’élévation, d’une part, la proximité, la révélation dans l’espace, le dévoilement, d’autre part. En effet, Dieu eut la Volonté de créer chaque être et de lui donner l’élévation.
Ces deux caractères opposés se révèlent également dans l’Attribut de Royauté divine, Mal’hout. D’une part, on sait que “ il n’est pas de roi sans peuple ”(2) et, d’autre part, il est dit que “ tu dois Le craindre ”(3). Et, cet Attribut se révèle dans l’espace, puisque Dieu veut régner sur ces créatures et émettre des Décrets, à leur égard.
Combien plus doit-il en être ainsi pour la royauté terrestre, puisqu’il est dit : “ Qui sont les rois ? Ce sont les Sages ”. Celui qui est chargé de collecter des fonds pour les institutions ou, plus généralement, un ‘Hassid, émissaire de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, doit mener sa mission à bien, en tout endroit où il est conduit par la divine Providence.
Or, la proximité et le dévoilement sont positifs seulement s’ils accompagnent l’élévation et même la séparation. Il faut savoir, néanmoins, que cette dernière n’est pas la finalité ultime et, selon un dicton bien connu, “ la plainte des personnes installées(4) est repoussante ”. Pour autant, l’élévation et, a fortiori, la séparation, qui ne s’accompagnent pas d’un dévoilement, ne sont pas positives non plus.
Il semble que, chez certains ‘Hassidim, vous compris, ce sentiment domine envers les Juifs de cette ville(5). Ceci a un effet sur la manière dont les sources, c’est-à-dire l’enseignement de la ‘Hassidout, ses usages et ses pratiques, sont diffusées à l’extérieur. Ces sources ne parviennent pas en tous les endroits où elles peuvent et doivent arriver.
J’en ai vu un exemple, la semaine dernière, quand une certaine personne de cette ville m’a rendu visite. Nous avons eu un long entretien et cet homme m’a fait l’impression d’être orthodoxe, craignant Dieu. Son épouse ne fait pas obstacle à sa pratique. Bien au contraire, elle lui vient en aide, pour tout cela. Or, il semble qu’il n’ait jamais apporté sa contribution à une quelconque activité de ‘Habad. Il va sans dire que l’on n’a même pas cherché à l’attirer.
Il m’a rappelé une autre personne, qui se trouve dans le même cas et que l’on n’a que très peu convaincu, pour l’heure. J’ai bien peur que la raison en soit ce que je disais auparavant. Différents textes expliquent que celui qui exerce une influence sur les autres doit évaluer les moyens de celui qui la reçoit et ses capacités. Si vous consentez la réflexion qui convient, vous ferez en sorte que votre influence soit pleinement reçue.
Dieu fasse que vous agissiez de cette façon, pour tout ce qui concerne les Juifs de votre pays et, en particulier, de votre ville. Que Dieu vous accorde la réussite.
J’aurais pu citer d’autres exemples de personnes que l’on n’a pas attiré de la manière qui convient, bien qu’elles soient très proches. Mais, celui que je viens de donner sera suffisant. Bien évidemment, vous pouvez faire connaître tout cela aux autres ‘Hassidim. En effet, chacun d’entre eux doit être “ une bougie pour éclairer ”. Cette mission vous incombe donc également.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, pour tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Il s’agit du discours ‘hassidique intitulé “ Voici les noms ”, dans le Séfer Ha Maamarim 5716, page 424. (2) Ce qui correspond à la proximité. (3) Donc ressentir Son élévation. (4) Dans le confort, qui se contentent de se plaindre, sans être animé d’un réel désir de changer. (5) Dont ils cherchent à se séparer.
Lettre n°4053
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4053, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[25 Tévet 5716]
Je fais réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat Vaye’hi et à celle qui la précédait. Du fait de l’urgence, je m’empresse de vous écrire, sans respecter l’ordre de réception des courriers.
Vous me dites que l’on vous sollicitera peut-être pour travailler également à l’école agricole(1). En effet, on s’est adressé à vous pour vous demander de vous rendre dans le camp de l’immigration des jeunes(2), afin d’y sélectionner les élèves qui conviennent à cette école agricole. Vous craignez que ceci affecte votre travail, au sein de l’école professionnelle(1).
Ce voyage destiné à choisir les élèves qui conviennent n’aura lieu qu’une seule fois et il durera seulement un jour ou deux. Bien évidemment, il est important que les élèves retenus soient convenables(3). Et, si la direction estime que vous êtes apte à les choisir, il faut, bien entendu, accéder à cette requête.
Concernant un travail fixe dans l’école agricole, vous ne savez pas encore si l’on vous en fera la proposition et, a fortiori, vous n’en connaissez pas les détails. Si elle vous est effectivement formulée, vous discuterez sûrement cette proposition, afin qu’elle ne cause aucun tort(4). Car, la direction de la Yechiva a également intérêt à ce que l’école professionnelle fonctionne bien.
L’école agricole, étant une institution nouvelle, nécessite un effort plus important que l’école professionnelle, dont le fonctionnement est déjà normal et pourra peut-être être assuré, ensuite, par un plus petit que vous, surtout si vous conservez votre autorité, en vous y rendant de temps à autre, chaque fois que cela est nécessaire, au moins pour quelques instants.
Comme votre sort est enviable ! La divine Providence vous a accordé les moyens de participer à la création d’institutions scolaires positives, dans l’esprit de ‘Habad, selon la vocation que leur a confiée mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Votre première lettre m’a fait un grand plaisir. Vous me dites que vous constatez une évolution positive chez les élèves. Depuis lors, leur avancement est sans doute encore plus important. Je suis surpris que vous n’en disiez rien.
Notes
(1) De Kfar ‘Habad. (2) S’installant en Terre Sainte. (3) Selon l’esprit de l’école. (4) Aux autres fonctions.
Lettre n°4054
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4054, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Tévet 5716,
Brooklyn, New York,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav P.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre du 21 Kislev, depuis quelques temps et ma réponse a été retardée, du fait de mes nombreuses occupations.
Concernant la construction(2), vous évoquez la possibilité d’aménager une grande cuisine, selon le plan d’origine, mais sans l’enduire et sans l’aménager, afin de se maintenir dans le cadre de la subvention réduite qui a été accordée. J’en suis surpris, car j’ai écrit clairement que le plan d’origine devait être intégralement réalisé et que je trouverai le financement complémentaire, s’il n’y avait pas d’autre solution, en demandant aux ‘Hassidim de Terre Sainte d’organiser une collecte spécifique afin de réunir cette somme. Je suis sûr que cela s’arrangera de la meilleure façon. Vous me direz pour quand est nécessaire ce financement complémentaire. De mon côté, je m’arrangerai pour organiser cette collecte suffisamment tôt.
Je suis surpris que vous évoquiez le 19 Kislev, plus précisément la fête qui a eu lieu, en ce jour lumineux, au Kfar(3), d’une manière aussi brève. Vous préférez vous en remettre aux autres. J’ai déjà écrit aux ‘Hassidim que, du fait de nos nombreuses fautes, nous recevons, en grand nombre, des lettres rapportant tout ce qui fait de la peine. Puis, quand il y a une nouvelle réjouissante, celle-ci devient “ la marmite des associés(4) ”. Aussitôt, chacun devient humble et préfère laisser à son ami l’honneur de rédiger la lettre. Vous devez comprendre ce que je veux dire.
Notes
(1) Le Rav Pin’has Althaus, de Tel Aviv. Voir, à son sujet, la lettre n°3908. (2) Du réfectoire de l’école professionnelle. Voir, à ce sujet, la lettre n°3919. (3) Kfar ‘Habad. (4) Chacun s’en remettant à l’autre pour la communiquer.
Lettre n°4055
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4055, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Tévet 5716,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yochoua Chnéor Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) Je suis surpris que vous ne disiez rien de la réunion ‘hassidique du 19 Kislev(2), dont vous avez sûrement profité, pour tout ce qui concerne la Yechiva.
B) Vous mentionnez le pour et le contre afin de déterminer s’il convient de punir les retards des élèves(3).
Bien évidemment, tout dépend de la nature de ces élèves et tous ne sont pas identiques, en la matière. Certains sont en retard sans le vouloir, alors que d’autres agissent délibérément et il y a aussi tous les cas intermédiaires entre ces deux extrêmes.
Il existe, en la matière, deux grandes règles. L’obéissance et l’ordre doivent être respectés. Pour autant, il ne faut pas éloigner les élèves de la Yechiva. Dans certains cas, ce qui ne peut pas être modifié doit donc entrer dans l’organisation. On constituera, par exemple, une classe de ceux qui arrivent à une certaine heure, du fait de l’éloignement de leur domicile.
C) Vous me dites que, dans une des classes, il y a des élèves ayant des capacités très différentes. Or, il est difficile de la diviser en deux, car celle-ci ne compte que peu d’élèves.
On est confronté à ce problème dans chaque école, car il est impossible d’avoir, dans chaque classe, un niveau unique de capacités. La direction, sur place, doit donc trouver une voie médiane, pour que les classes ne soient pas trop petites et pour que l’on ne perde pas d’élèves. Il est impossible, en la matière, d’émettre des principes immuables. La situation change d’une période à l’autre et il faut également prendre en compte les conditions de l’endroit.
D) Le ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Moché Cantor, pense inscrire son fils, pour une année, à la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch. J’en suis satisfait. Ceci lui sera beaucoup plus utile qu’il l’imagine. La logique permet de l’établir, surtout si l’on médite au fait que mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et dont l’école porte le nom, suscite la bénédiction et la réussite, pour tout ce qui concerne cette école.
Celui qui médite à l’histoire de la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch de Melbourne n’aura pas besoin d’autres preuves. Vous réfléchirez donc à cette courte période, qui était sont début, et il est dit que “ tous les débuts sont difficiles ”. Ainsi, vous imaginerez ce que sera l’avenir.
Heureux sont tous ceux qui participeront à cette réalisation et qui recevront leur éducation au sein de cette institution sacrée. Bien évidemment, vous pouvez transmettre tout cela au Rav M.Cantor. Et, compte tenu de la nécessité d’aimer son prochain, non seulement vous le pouvez, mais, en outre, vous le devez. Puisse Dieu faire que le Rav M.C. serve d’exemple aux autres parents et que cet exemple soit imité.
E) Je mentionnerai le nom que vous me communiquez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que ce jeune homme ait une prompte et complète guérison. Ses parents l’éduqueront à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions.
Il serait bon de vérifier, de la manière qui convient, si ses parents respectaient les lois et les principes de la pureté familiale(4). Si ce n’était pas pleinement le cas, ce qu’à Dieu ne plaise, ils s’engageront à le faire, à l’avenir et ils influenceront leur entourage, dans ce domaine, car c’est là d’une certaine façon, un moyen de regretter ce qui s’est passé.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et en saluant tous les ‘Hassidim.
N. B. : Dans la lettre que vous m’aviez écrite auparavant, vous décriviez l’effort des ‘Hassidim, en faveur de la Yechiva. Mais, vous évoquez uniquement ceux qui résident à Melbourne. Il faudrait donc s’adresser à ceux qui sont à Sidney et il y en a peut-être également en d’autres endroits.
Car, la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch illuminera tout le pays. Ceux qui sont liés à Loubavitch ou simplement en relation avec ce mouvement ont donc l’obligation et le mérite de fournir un tel effort, de la renforcer et de la développer, dans toute la mesure du possible.
A n’en pas douter, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, intercédera en leur faveur, en tout ce dont ils ont besoin, matériellement et spirituellement, de même que les membres de leur famille.
Notes
(1) Le Rav Y.C. Z. Serebrianski, de Melbourne, en Australie. Voir, à son sujet, les lettres n°3093 et 4269. (2) Voir la lettre précédente. (3) De la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, de Melbourne. (4) Au moment de la conception de cet enfant.
Lettre n°4056
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4056, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Tévet 5716,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Ephraïm Eliézer Ha Cohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du jour de la Hilloula de l’Admour Hazaken, le 24 Tévet. Puisse Dieu faire que s’accomplisse la formule transmise par la tradition et sanctifiée par de nombreuses générations, en la matière : “ Que son mérite nous protège ”. Il nous protégera donc quand on se consacre à lui et même quand on ne le fait pas(2). En effet, les maîtres de ‘Habad exigent que toute chose soit profonde et ils font corps eux-mêmes, entièrement, avec la Torah, comme le dit le traité Sotta 21a(3). Ceci délivre un enseignement à tous ceux qui sont liés à eux et, par leur intermédiaire, à tout le peuple juif.
Je vous joins ce qui vient d’être publié. Un extrait y figure, relatif à la Hilloula, mais il n’est pas complet.
A l’occasion de votre anniversaire, je vous adresse ma bénédiction pour une année de réussite et pour donner de bonnes nouvelles.
Je viens de recevoir votre carte postale. Vous citez le Torah Or, page 55a, qui dit : “ L’Attribut de Mal’hout du monde d’Atsilout prend sa source dans celui de l’En Sof, qui est Mal’hout d’Adam Kadmon ”. Vous faites remarquer que l’ordre semble ne pas être respecté, puisque l’En Sof se trouve au dessus d’Adam Kadmon.
A mon sens, la phrase “ qui est Mal’hout d’Adam Kadmon ” doit être interprétée comme une parenthèse. C’est pour cela que ce discours ‘hassidique ne la commente pas. Elle est uniquement une précision sur ce qu’est le développement de Mal’hout de l’En Sof. Le texte explique donc qu’il s’agit de Mal’hout d’Adam Kadmon, la Volonté qui inclut en elle tout l’enchaînement des mondes, comme le soulignent différents textes. Vous consulterez, en particulier, le Ets ‘Haïm, porte 3, chapitre 1, qui dit : “ Atik est Mal’hout d’Adam Kadmon ” et le début d’Atéret Roch, de l’Admour Haémtsahi.
Notes
(1) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son sujet, la lettre n°3948. (2) Paraphrase de ce qui est dit à propos de l’étude de la Torah. (3) Le Rabbi note, en bas de page : “ Y compris selon la conclusion de ce texte, puisqu’il s’agit, en l’occurrence d’un érudit de la Torah, ayant la crainte de Dieu, comme le dit la Guemara et comme l’expliquent les Tossafot, au traité ‘Haguiga 15b ”.
Lettre n°4057
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4057, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Tévet 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de ce mercredi, dans laquelle vous me dites que vous avez pris conscience de vos origines, puisque vous êtes issu d’une famille de ‘Hassidim ‘Habad et vous commencez à adopter les voies ‘hassidiques. Vous avez fixé un temps pour l’étude de la Torah et vous me demandez des directives, en la matière.
Il est clair que les détails et le temps de cette étude ne sont pas identiques pour tous. Tout dépend des conditions du moment. Il serait donc judicieux de prendre conseil auprès des ‘Hassidim âgés qui sont près de vous. Ceux-ci vous indiqueront ce qu’il y a lieu de faire, en se basant sur ce qu’ils ont appris et sur ce qu’ils ont reçu des guides ‘hassidiques des époques précédentes.
En tout état de cause, l’idée générale est la suivante. Il faut étudier la ‘Hassidout au moins deux fois pendant les vingt quatre heures de la journée, une fois le jour et une autre la nuit. Il faut l’étudier avant la prière du matin. En effet, le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, chapitre 98, fin du paragraphe 1, précise qu’une telle étude permet de prendre conscience de la grandeur de Dieu. Vous consulterez ce texte.
Bien évidemment, il faut aborder la ‘Hassidout comme les autres parties de notre sainte Torah, c’est-à-dire en proclamant “ nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ” et non l’inverse(1), car alors, “ l’intégrité de ceux qui sont droits les guident ”(2), ce qui n’est pas le cas…(3), comme l’explique le traité Chabbat 88a.
Que Dieu vous accorde le mérite et la réussite de donner de bonnes nouvelles de tout cela. Et, Dieu vous aidera d’une manière accrue si vous guidez vos amis en ce sens, en les rapprochant de la lumière et du luminaire de la Torah, de ses pratiques et de ses usages.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,
N. B. : Vous me demandez pourquoi il faut porter la barbe(4). Les responsa du Tséma’h Tsédek, Yoré Déa, chapitre 93, en expliquent longuement la raison, d’après l’enseignement profond de la Torah. L’explication de la partie profonde de la Torah figure dans le Pirouch Ha Milot, du Tséma’h Tsédek, commentant le verset : “ Il est miséricordieux et rachètera la faute ”. Ce texte se trouve dans le Dére’h Mitsvoté’ha, tome 2 et dans les additifs aux Tehilim, avec le commentaire du Tséma’h Tsédek, page 626.
Vous consulterez donc ces explications, qui sont agréables et vous verrez à quel point cela est important, en particulier pour les jeunes gens.
Notes
(1) En cherchant à comprendre avant de se soumettre. (2) L’étude permet effectivement de trouver la bonne explication. (3) Dans la situation inverse. (4) Voir également, à ce propos, la lettre n°2332.
Lettre n°4058
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4058, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Tévet 5716,
Brooklyn,
Aux membres de la section féminine de Brownsville East New York
des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
Vous m’avez fait savoir que demain, mercredi de la Parchat Vaéra, 27 Tévet, aura lieu votre banquet annuel et je vous adresse ma réponse.
Dieu fasse qu’en la matière, vous connaissiez la réussite, matérielle et spirituelle.
Ce banquet a lieu dans la semaine de la Parchat Vaéra, qui traite de l’Egypte, de la manière dont on en sortit, à l’époque et indique également de quelle manière on peut quitter l’Egypte de notre époque, se libérer de l’exil et de toutes les entraves, matérielles et spirituelles, qu’il impose.
Or, il est particulièrement important que les femmes, en général et les responsables communautaires, en particulier, se souviennent du mérite particulier et de la mission spécifique qui sont confiés à la femme juive, de même que du rôle qu’elles jouent dans la sortie d’Egypte, à l’époque comme à l’heure actuelle.
Nos Sages constatent que “ c’est par le mérite des femmes vertueuses que nos ancêtres furent libérés de l’Egypte ”. Celles-ci ne s’effrayèrent pas devant les décrets du roi de l’Egypte, qui voulait assassiner les enfants juifs. Faisant don de leur propre personne, elles constituèrent une génération de jeunes Juifs qui, par la suite, dirent : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ” et qui reçurent la Torah.
Vous œuvrez activement et avec dévouement au profit des Yechivot Tom’heï Temimim Loubavitch, qui furent fondées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et forment des élèves qui, tout au long de leur vie, diront : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ” et progresseront dans la Torah intègre et la crainte de Dieu.
J’ai donc bon espoir que vous poursuivrez votre action, avec encore plus de soumission et d’abnégation.
Que Dieu accorde le succès à vous toutes, en ce point comme en vos besoins personnels, matériels et spirituels.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°4059
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°4059, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Tévet 5716,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre et je vous remercie de m’avoir fait savoir que cette personne va mieux. Vous évoquez également votre situation morale et vous me faites part de votre insatisfaction, de votre préoccupation.
Vous devez donc tenir le raisonnement “ a fortiori ” suivant. La santé physique ne dépend pas de l’homme, mais de Dieu. Malgré cela, un homme doit faire ce qui est en son pouvoir, en empruntant les voies naturelles et également les voies morales. Combien plus en est-il ainsi pour la spiritualité, qui dépend totalement de l’homme.
Nos Sages constatent que “ tout est dans les mains de Dieu, sauf la crainte de Dieu ” et “ le résultat est à la mesure de l’effort(1) ”. Dieu n’exige qu’en fonction des forces dont chacun dispose et il a été personnellement dit à chacun : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”. Il en est de même pour l’ensemble de la Torah et des Mitsvot(2). Il est donc bien clair que tout dépend de vous. Si vous faites un effort, en fonction de ce que l’on attend de vous, vous découvrirez le bien et “ il n’est de bien que la Torah et les Mitsvot ”.
Pour obtenir l’aide de Dieu en tout cela, vous respecterez l’immersion rituelle selon Ezra(3), de même que les trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celles-ci portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Vous donnerez également une pièce à la Tsédaka, avant la prière du matin, pendant les jours de semaine.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Textuellement : “ La trace, sur le dos du chameau, dépend du poids du fardeau ”. (2) Qui ont également été données individuellement à chacun. (3) Après chaque relation conjugale.
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