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Iguerot Kodesh — lettres 3666 à 3685

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°3666

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3666, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav David Halevi(1),

Je vous salue et vous bénis,

La demande de bénédiction que vous m’avez adressée pour cette femme sera lue, en un moment propice, près du saint tombeau, de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Il est sans doute inutile de vous rappeler qu’il convient de lui rendre visite, de temps à autre. Vous inviterez également d’autres personnes à en faire de même. Ceci l’encouragera.

Nos Sages expliquent à quel point cela est important. Selon le Baal Hala’hot Guedolot, cette pratique(2) est, clairement, l’une des 613 Mitsvot.

Je suis surpris que vous ne disiez mot du succès qu’a eu le centre aéré(3).

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,

Notes

(1) Le Rav D.Edelman. Voir, à son sujet, la lettre n°3069. (2) La visite aux malades. Voir, à ce sujet, la lettre n°170. (3) En anglais dans le texte : “ day camp ”.

Lettre n°3667

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3667, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Tamouz 5715,

Brooklyn, New York,

Je fais réponse(1) à la question posée par de nombreuses personnes.

Je vous demande de diffuser ma position tranchée, selon laquelle chacun et chacune de ceux qui craignent Dieu doivent prendre part aux élections(2) pour la Knesset et pour les différentes instances. Il faudra voter pour la liste la plus orthodoxe et convaincre les autres d’en faire de même.

Ne pas prendre part au vote aurait pour conséquence de renforcer les listes qui s’opposent à Dieu, à Sa Torah et à Ses Mitsvot.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Ce télégramme a été adressé à l’association ‘Habad en Terre Sainte. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2559.

Lettre n°3668

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3668, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 20 Tamouz, dans laquelle vous évoquez votre paresse, pour laquelle vous sollicitez mon conseil.

Vous étudierez profondément le début du chapitre 41 du Tanya, au moins jusqu’à “ devant le Roi ”, au début de la seconde page. Vous le connaîtrez par cœur et, de temps à autre, vous le répèterez, par la parole ou, tout au moins, par la pensée. Il vous suffira de méditer au sens simple de ces lignes pour vous défaire complètement de votre paresse.

Vous me dites que, selon certains, vous n’avez pris que la partie superficielle de la ‘Hassidout, mais non son contenu profond. Il est clair que cela est mieux que de ne pas même en prendre la partie superficielle. Ainsi, le traité Mena’hot, chapitre 8, Michna 5 explique que “ la troisième de la première est comme la première de la troisième ”(1).

Bien plus, vous avez conscience de ne pas avoir pris la dimension profonde. Aussi, vous ne vous contenterez pas de cette situation et vous introduirez tous vos efforts, moraux et physiques, pour toucher la profondeur. Puis, par la suite, vous ferez plus que la toucher.

La solution est donc la suivante. Il faut étudier abondamment la Torah, adopter les comportements de la ‘Hassidout avant même d’être en mesure de vous l’expliquer à vous-même ou d’en percevoir la raison.

Je suis surpris que vous me demandiez si vous devez enseigner le Tanya aux jeunes gens et aux élèves. Si vous avez l’occasion de diffuser les sources(2) à l’extérieur, pourquoi être dans le doute ? Il faut faire preuve d’empressement, en la matière et nos Sages disent : “ Attrape et mange, attrape et bois(3) ”, car “ si ce n’est maintenant, quand cela sera-t-il ? ”. S’il est dit qu’en donnant de la Tsédaka matériellement, on a “ un cerveau et un cœur mille fois plus affinés ”, combien plus est-ce le cas lorsque cette Tsédaka est à la fois matérielle et spirituelle.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

N. B. : Je suis surpris que vous ne disiez rien des réunions ‘hassidiques qui ont eu lieu pendant les jours de la fête de la libération(4), les 12 et 13 Tamouz.

Notes

(1) La troisième huile extraite de la première olive est identique à la première huile extraite de la troisième olive. De même, prendre la partie superficielle de l’enseignement profond de la Torah revient à prendre la partie profonde de l’enseignement révélé de la Torah. (2) De la ‘Hassidout. (3) Saisis toutes les occasions se présentant à toi. (4) Du précédent Rabbi.

Lettre n°3669

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3669, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav ‘Haïm Douber(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous évoquez le risque(2) que présentent les habitations des non-Juifs. Mon temps ne me permet pas d’analyser et de discuter cette notion.

Néanmoins, on sait que, de manière concrète, le comportement des Cohanim(3), en Terre Sainte ou bien les voyages qu’ils effectuent, à l’extérieur de celle-ci, font la preuve qu’un tel risque ne doit pas être pris en compte.

Parmi ces Cohanim, il y a également des grands du peuple juif, enseignant la Torah publiquement.

Notes

(1) Le Rav H.D. Gulewski. (2) D’une éventuelle impureté. (3) Qui doivent se préserver de toute impureté.

Lettre n°3670

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3670, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Il est sûrement inutile de vous rappeler la nécessité de connaître les lois que l’on applique au quotidien(1) et vous la soulignerez également en tout endroit où vous étendez votre influence. En effet, lorsque l’on étudie le Choul’han Arou’h dans l’ordre, une longue période est nécessaire(2). Or, chaque jour doit avoir son contenu(3).

Il faut donc s’efforcer d'en sélectionner quelques chapitres(4) et d'en systématiser l’étude. Mieux encore, vous choisirez quelques chapitres du Dére’h ‘Haïm, avec le Netiv ‘Haïm, qui est imprimé dans plusieurs Sidourim.

La finalité de l’homme est, en effet, de craindre Dieu et de respecter ses Mitsvot. Il est donc indispensable d’étudier la partie de la Torah qui met en éveil cette crainte de Dieu, c’est-à-dire les lois permettant de respecter les Mitsvot.

Dieu fasse que vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles de tout cela.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3515. (2) Avant de connaître les lois dont l’application est quotidienne. (3) Dont l’accomplissement est conditionné par la connaissance de ces lois. (4) Du Choul’han Arou’h.

Lettre n°3671

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3671, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 24 Tamouz, dans laquelle vous évoquez une modification, cette année, concernant votre voyage à la campagne(1).

En fait, tout dépend du début de la réunion qui se tient dans votre ville. La divine Providence vous a confié le mérite et la mission de l’organiser. Or, à l’issue de quelques jours, vous l'avez abandonnée, au milieu, ou peut-être même au début, afin de vous rendre à la campagne au plus vite.

Il est bien clair que la santé du corps ne peut pas être obtenue au prix de la santé de l’âme. Bien plus, lorsque vous étiez dans mon bureau, je vous ai dit qu’il ne fallait pas vous affecter si le nombre des participants n'était pas important. Car, il s’agit seulement d’une première fois, d’un début et c’est à ce propos que nos saints maîtres disent(2) : “ Tout se passe de la manière dont cela a été engagé ”.

Si, passés deux ou trois jours, vous vous êtes dit qu’il était préférable d’aller à la montagne plutôt que de vous consacrer à cette activité, que se passera-t-il, après ce début, quand cette activité sera déjà ancienne ?

Il est certain que vous avez une explication toute prête. Telle personne ne vous a pas aidé, telle autre ne vous a pas soutenu, telle activité n’était pas organisée. Dans quel cas peut-on se satisfaire de telles explications? Lorsqu’il s’agit de s’acquitter de son obligation. Une annonce est alors faite bruyamment, “ Voyez, je suis là ” et si une large foule n’est pas présente pour vous applaudir et vous féliciter, vous estimez que vous vous êtes acquitté de ce qui vous incombait, que nul ne peut, désormais, vous faire le moindre reproche.

A l’opposé, si vous aviez observé la situation telle qu’elle est réellement, c’est-à-dire comme une occasion d’enseigner la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout, non seulement de montrer que “ tous les mondes sont soumis au moindre détail de la Torah ”, ce qui inclut également les Etats Unis et tout ce qui les concerne, mais, bien plus, d'établir que “ les préoccupations célestes ne peuvent se comparer à elle(3) ”, vous ne vous seriez pas dépêché d’achever tout cela. Votre mauvais penchant n’aurait donc pas imaginé des justifications et des prétextes. Vous ne seriez allé à la campagne qu’au moment prévu et vous auriez satisfait vos besoins physiques et moraux à la fois.

Il est bien évident que mon rôle n’est pas de faire de la morale. C’est la raison pour laquelle je n’ai pas soulevé ce problème devant vous, bien que j’ai eu connaissance de cette réunion et de sa durée. Néanmoins, vous évoquez vous-même la campagne(4), dans votre lettre. Je suis donc obligé de vous dire de quelle manière je vois la situation et vous voudrez bien m’en excuser.

Il est tout aussi clair que le mal est fait et qu’il est inutile de se plaindre de ce qui est passé. Puisse Dieu faire qu’au moins à l’avenir, vous et votre famille vous rendiez à la campagne de manière fructueuse, matériellement et spirituellement. Les noms de vous tous seront mentionnés près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Afin de s’y rendre plus tôt que prévu. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3436. (3) A la Torah. (4) En anglais dans le texte, “ country ”.

Lettre n°3672

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3672, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre du 15 Tamouz, qui faisait suite à une longue interruption, dans laquelle vous me décrivez la situation de l’éducation dans votre ville. Vous avez commencé à visiter les écoles, puis l’on vous a empêché de le faire. Vous avez adressé un courrier aux différentes administrations afin d’obtenir l’autorisation d'effectuer ces visites. Mais, vos lettres sont restés sans effet.

L’éducation de la jeune génération a une importance fondamentale et nos Sages disent que “ s’il n’y a pas de chevreaux, il n’y aura pas de boucs ”. Tout cela n’est donc nullement suffisant. Même si l’on vous permet de visiter les écoles et de faire passer des examens aux élèves, il est clair que vous ne pourrez nullement y exercer votre influence(1). La crainte de Dieu de ces élèves et leur pratique des Mitsvot, qui sont le but de l’éducation, n’en seront donc pas modifiées.

Il y a sûrement, dans votre ville, des personnes qui désirent assurer une bonne éducation à leurs enfants. De même, il y a, en Terre Sainte, différents partis qui, pour diverses raisons, s’intéressent également à ce domaine. Or, les partis religieux ont sûrement des adhérents, dans votre ville. Comment donc, pendant tout ce temps, n’a-t-il pas été possible d’instaurer des cours supplémentaires pour les enfants, à la synagogue ou dans tout autre endroit qui convient ?

De la sorte, vous enseignerez les lois qu’il est nécessaire de connaître au quotidien(2), la crainte de Dieu, de façon générale. Un tel début, même avec des proportions limitées, vous permettra, par la suite, de réunir d’autres enfants, que vous ne connaissez pas encore. Vous connaissez le dicton de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon lequel “ lorsque l’on élève une torche dans la pénombre de la nuit, tous se rassemblent autour d’elle ”(3).

Il ne résultera pas de tout cela de grandes dépenses, au moins dans un premier temps, car on pourra trouver des donateurs, parmi les habitants de la ville et des personnes assumant une mission sacrée, qui se consacreront à cette activité, au moins jusqu’à ce qu’elle s’élargisse.

La situation de votre ville est comparable à celle qui existe dans beaucoup d’autres endroits, en Terre Sainte. Vous pouvez donc vous concerter avec les personnes concernées et rechercher une solution. Il est dit que “ le salut vient des nombreux conseillers ” et vous savez que “ une action est préférable à mille plaintes ”.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Dans la mesure où il ne s’agit pas d’une action suivie. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3515. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°1241.

Lettre n°3673

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3673, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Avraham Halevi(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 3 Tamouz, dans laquelle vous me dites que vous m’avez envoyé quelques fascicules de votre livre Netiv Yachar, pour lequel vous sollicitez mon accord.

Vous savez que notre coutume, pour diverses raisons, est de ne pas donner d’accord sur les livres. Que Dieu vous accorde de grandir et d’embellir la Torah, qui suscite l’action concrète, pénétrée de crainte et d’amour de Dieu.

Le Zohar et les Tikouneï Zohar soulignent que l’amour et la crainte de Dieu sont nécessaires pour apporter l’élévation et vous connaissez le dicton de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, selon lequel on trouve une allusion à tout cela dans le Talmud, au traité Pessa’him 50b.

Comme à mon habitude, je vous joins quelques remarques sur ces fascicules.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,

Ces remarques sont formulées en se basant sur l’affirmation de nos Sages, énoncée au traité Baba Metsya 84a, d’après laquelle “ il faut poser des questions afin d’élargir l’objet de l’étude. Mais, n’ai-je pas conscience qu’il a bien parlé(2) ? ”, même si, d’ordinaire, on ne soulève pas d’objection contre un commentaire(3).

Début du premier fascicule : Il ne fut pas clairement enjoint aux végétaux de se répartir entre les espèces. Le Yerouchalmi Kilaïm, chapitre 1, paragraphe 7, permet d’établir clairement qu’il n’y a pas d’interdiction ou, en tout cas, pas d’obligation, en la matière, comme l’expliquent, en particulier, les Tossafot au traité ‘Houlin 60a, le Maharcha à la même référence et la Torah Chléma.

Début du second fascicule : “ D’un fil à un lacet de sandale ”. Un lacet de sandale est également un bien et non une âme. En fait, on peut expliquer que le fil constitue une parure ou un vêtement de la tête, selon le traité Chabbat, au début du chapitre 6, alors que le lacet est lié au pied.

Début du troisième fascicule : Béer Cheva. Au sens simple, une différence doit être faite entre les noms cités par les versets Béréchit 21, 31 et 26, 33, comme l’explique le Sforno.

Début du quatrième fascicule : Le chameau est lié à la Klipat Noga(4). Vous consulterez le Meoreï Or, à l’article “ porc ”, également lié à la Klipat Noga. Néanmoins, seul ce dernier sera pur(5), mais non le chameau, le lapin et le lièvre. Le porc est le seul à posséder les signes qui le caractérisent(6), alors que le chameau(7) est identique au lapin et au lièvre. Dans la Parchat Reéh, son nom est cité dans un verset indépendant.

Pourquoi les chameaux ont-ils été omis ? On peut l’expliquer de la façon suivante :

A) Au sens simple, les émissaires de Yaakov chevauchaient des chameaux, comme le disent nos Sages, dans le Midrach Béréchit Rabba, chapitre 60, paragraphe 14, à propos du verset : “ Elles chevauchèrent des chameaux ”. C’est pour cela qu’il n’était pas nécessaire de les mentionner. Malgré cela, on cite le serviteur, car un émissaire peut également être un fils, par exemple.

B) D’après le commentaire, basé sur l’affirmation de nos Sages, dans le Midrach Béréchit Rabba, le chameau, par son signe d’impureté, fait allusion à Esav, qui est également impur, alors que Yaakov est pur. C’est pour cela qu’il n’est pas cité. On peut le comprendre d’après l’explication du Torah Or, de l’Admour Hazaken, au début de la Parchat Vaychla’h, selon laquelle Yaakov pensait qu’Esav avait déjà obtenu l’élévation. On consultera ce texte.

Début du cinquième fascicule : Le commentaire de l’expression “ en ces termes ” n’est pas exact. Bien au contraire, cette expression fait allusion à l’élévation véritable et parfaite, comme le dit le Ramban, à propos du verset Chemot 6, 10.

Là encore, l’interprétation qu’il convient de retenir est la suivante. Il ne s’agit pas simplement de ce que j’ai entendu, mais bien de ce qui a été dit, de la manière la plus claire.

Notes

(1) Le Rav A.Horowitz, de Jérusalem. (2) La formulation de ces remarques ne remet pas en cause la valeur du travail accompli. (3) Puisque l’on peut imaginer de maintenir deux commentaires divergents, seule la Hala’ha devant adopter une conclusion unique. (4) La force du mal qui peut connaître l’élévation vers le domaine de la Sainteté. (5) Dans le monde futur. (6) Il a le sabot fendu, mais ne rumine pas. (7) Qui rumine, mais n’a pas le sabot fendu.

Lettre n°3674

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3674, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 18 Tamouz, dans laquelle vous me dites que vous priez dans la synagogue et maison d’étude des ‘Hassidim ‘Habad, à Méa Chéarim(1). Vous évoquez également vos cours de Torah.

Il est sûrement inutile de vous rappeler l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ à quiconque ajoute(2), on ajoute(3) ”. Comme vous le savez, les enfants d’Israël sont définis comme ceux qui connaissent l’élévation, franchissant une étape après l’autre. Et, c’est précisément pour cette raison que l’âme descend, “ d’une cime élevée vers une fosse profonde ”, comme l’explique la ‘Hassidout. C’est uniquement de cette façon qu’elle peut ensuite connaître une immense élévation.

En conséquence, si l’on n’utilise le temps et la capacité qui sont accordés pour cette élévation, ce qu’à Dieu ne plaise, il n’y a pas seulement, en cela, la simple perte d’un avantage et d’un profit. En fait, la descente de l’âme devient alors inutile et, malheureusement, une chute se produit effectivement, “ d’une cime élevée vers une fosse profonde ”, comme l’explique longuement une lettre, qui a été adressée à tous, l’an dernier.

Dieu exige uniquement en fonction des forces qu’Il accorde. Chacun, dans la situation qui est la sienne, reçoit donc le moyen de connaître cette élévation. Et, l’on sait qu’il est dit : “ Je le renverrai peu à peu ”(4). Il ne faut donc pas s’effrayer si, pour telle personne, comme pour la majeure partie des Juifs, l’avancement est lent. Bien plus, c’est en pareil cas qu'une telle démarche est réellement durable.

Vous me demandez s’il faut accorder de l’importance au prénom du gendre et à celui du beau-père(5). Il faut interroger un Rav, à ce sujet, surtout s’ils sont totalement identiques, ce qui n’est pas le cas, pour ce qui vous concerne(6). Le Tséma’h Tsédek écrit, dans ses responsa, Even Haézer, à la fin du tome 1, qu’en pareil cas, il n’y a rien à craindre. Vous consulterez ce texte.

Vous m’interrogez sur le Dére’h Mitsvoté’ha, qui, à la Mitsva de la circoncision, cite les écrits du Ari Zal, selon lesquels : “ Chaque ‘Hessed(7) a la même valeur numérique que le Nom divin Avaya(8). Et, deux ‘Hessed deux tiers font soixante dix(9) ”. Vous constatez que ce compte n’est pas exact.

On trouve une explication, à ce sujet, qui est énoncée dans différents textes, en particulier le Chaar Ha Mitsvot, à la Parchat Le’h Le’ha, le Ets ‘Haïm, début de la porte 33. Peut-être ne disposez-vous pas de ces livres et je reproduirai donc ici ce que dit le Chaar Ha Mitsvot, concernant votre question :

“ Le chiffre vingt six n’est pas un multiple de trois. L’un des trois tiers doit donc être plus important que les deux autres. C’est, en fait, à la majorité, c’est-à-dire, en l’occurrence, aux deux tiers, que ce reste doit être affecté ”.

Ce texte en explique la raison d’après la Kabbala. Il précise, en outre, comment le reste pourrait être affecté d’une autre manière et indique ce qui en découle.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) A Jérusalem. (2) Un effort. (3) Une bénédiction. (4) Que ce processus doit être progressif. (5) Lorsqu’ils sont identiques. (6) L’un et l’autre ayant, vraisemblablement, un second prénom, par ailleurs. (7) Bonté. (8) Soit vingt six. (9) Deux fois 26, plus deux tiers de 26 font 69,33 et non 70.

Lettre n°3675

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3675, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu connaissance de la manière dont vous enseignez la Torah publiquement et j'en suis satisfait. Sans doute, introduisez-vous un ajout, en la matière, de temps à autre.

Puisse Dieu faire que notre comportement soit conforme aux enseignements de nos saints maîtres, de l’espoir qu’ils placèrent en ceux qui sont liés à eux, comme l’explique la causerie de Pessa’h 5694(1), dans sa seconde partie, décrivant le comportement particulier des personnes les plus élevées de Berditchev, de même que ce qu’en a dit le Rabbi Rachab.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et pour être en bonne santé,

Notes

(1) 1934. (2) Dans le Likouteï Dibbourim, tome 1, page 131a.

Lettre n°3676

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3676, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yona(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 23 Tamouz et je suis surpris que vous ne me disiez rien de la manière dont vous avez profité des jours de la libération de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, les 12 et 13 Tamouz, date de notre délivrance et de la liberté de nos âmes. Si, ce qu'à Dieu ne plaise, vous ne l'avez pas fait, en son temps, en organisant des réunions 'hassidiques, permettant de s'engager à mettre en pratique la Torah et les Mitsvot, de prendre de bonnes résolutions, vous vous rappellerez sans doute du dicton de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel une action concrète vaut mieux que mille plaintes.

Le but de la présente n'est pas de se plaindre du passé, mais d'exprimer le vœu que vous recherchiez énergiquement l'occasion de réunir tous ceux qui peuvent être concernés par une telle activité. Mais, de fait, tous les Juifs, sans aucune distinction, sont bien concernés par la Torah et les Mitsvot. Le Commandement qui est à la base de toute la Torah, Je suis l'Eternel ton Dieu, est énoncé au singulier et il s'adresse à chacun d'eux, en particulier.

Le but d'une telle réunion est d'être encouragé, de prendre de bonnes décisions, pour l'avenir, en tout ce qui concerne la crainte de Dieu et les Mitsvot. On ne doit pas se dire que l'on est esseulé(2), car chacun est un émissaire du Saint béni soit-Il, Créateur du monde, Qui le dirige, Qui régit chaque époque et chaque lieu, à Bogota, pendant le temps de l'exil pas moins que dans le Saint des Saints, lorsque l'on possédait encore le Temple. Point n'est besoin de préciser ce qui est bien évident.

Vous posez une question sur le Maharcha, dans son commentaire du traité Chabbat 105a, qui dit que le Tav est la marque du pluriel. Or, vous constatez que Nimrétset, furieuse(3), est au singulier. Il n'y a là aucune difficulté. Le Maharcha ne dit pas que Nimrétset est au pluriel, mais que le Tav est, de façon générale, la marque du pluriel. Il souligne ainsi que le verset pouvait dire Nimratsa ou Nimrétset(4). En l'occurrence, il opta pour le Tav, qui est, grammaticalement, la marque du pluriel, afin d'indiquer que cette malédiction unique en incluait plusieurs en elles(5).

Tout ceci sera encore plus clair si l'on se rappelle que:

A) Dans différents textes, nos Sages commentent les versets en modifiant la vocalisation des mots. Ainsi, il disent: Ne lis pas Banaï'h, tes enfants, mais Bonaï'h, tes constructeurs.

B) La marque du pluriel est Vav Tav. Malgré cela, des centaines de mots, dans le Tana'h, sont dépourvus de ce Vav. Ainsi, Avot, les pères, s'écrit tantôt Aleph, Beth, Vav, Tav, tantôt Aleph, Beth, Tav.

S'il était dit, dans ce verset, Nimratsa, il n'aurait pas été possible d'y voir une allusion du pluriel. Le mot Nimrétset, en revanche, offre cette possibilité si l'on y ajoute un 'Holam(6) afin d'obtenir la vocalisation du pluriel.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d'être dit et pour donner de bonnes nouvelles à propos des moyens de votre subsistance matérielle,

Notes

(1) Le Rav Y.Dresher, de Bogota. Voir, à son sujet, la lettre n°3742. (2) Textuellement, seul dans un champ, comme pourrait le penser quelqu'un qui habite à Bogota. (3) Qui s'écrit, Nimrats, furieux, plus un Tav. (4) Ajoutant à Nimrats, pour indiquer le féminin, un Hé ou un Tav. (5) Le roi David, parlant de son ennemi, dit: Il a prononcé, à mon encontre, une furieuse malédiction. (6) Correspondant à la voyelle o.

Lettre n°3677

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3677, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J'ai bien reçu votre lettre du 24 Tamouz. Je suis surpris du laps de temps qui s'écoule entre vos lettres et également du fait que vous n'y ayez pas fait mention de votre participation aux réunions 'hassidiques des jours de la libération, les 12 et 13 Tamouz, dates de notre délivrance et de la liberté de nos âmes, car vous y avez sûrement participé. Or, il a été décidé, là-haut(1), que ce qui résulte d'une telle réunion est infiniment plus grand que ce qui peut être obtenu par l'ange Mi'haël, comme le dit la causerie de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, imprimée dans le fascicule sur les Tehilim(2) et dans d'autres recueils.

Je vous remercie pour ce que vous m'avez écrit, à propos du démantèlement du front religieux uni(3). Il est inutile de préciser la douleur et le tort qui en résultent. Vous avez raison de dire que ma volonté et mon désir de le constituer étaient très forts. Il me semble avoir fait, pour cela, tout ce qui était en mon pouvoir, d'une manière positive. Pour différentes raisons, je n'ai pas voulu intervenir d'une autre manière.

Vous dites que je désirais que soit constitué un front uni, au moins pour les élections. Néanmoins, j'ai souligné, à maintes reprises, que ce n'était pas le cas et que je l'envisageais uniquement pour ces élections. En effet, aussi profitable que celui-ci puisse être pour cette échéance, il aurait été dommageable par la suite, n'ayant pas été techniquement construit et reposant uniquement sur des opinions. Pour notre douleur et pour notre peine, nous avons pu observer qu'une telle formation est susceptible de provoquer l'erreur.

Il suffit de voir à quel point les opinions des différents partis ont subi une chute par rapport à ce qu'elles étaient, il y a tout juste une dizaine d'années. Cela est vrai pour tous les partis religieux et, donc, combien plus, pour un rassemblement de partis.

L'une des questions qui auraient été immédiatement mises à l'ordre du jour, après les élections, eut été celle de la participation à la coalition. Or, je suis certain que, s'il y avait eu un regroupement ou un front, dont la constitution n'était pas uniquement technique, celui-ci aurait décidé de prendre part à la coalition, ce qui, à mon sens, est une interdiction de la Torah.

La différence(4) est bien évidente. Celui qui possède une carte d'identité(5) et, de la sorte, reconnaît les autorités, doit prendre part au vote(6). En votant, il renforce la situation religieuse, sans pour autant endosser la responsabilité des lois qui sont promulguées, par ailleurs. A l'opposé, celui qui apporte sa participation à la coalition porte bien la responsabilité de toutes les dispositions qui seront arrêtées. Il n'est nul besoin d'en dire plus, car cela est bien évident.

Vous me dites que plusieurs de vos lettres sont restées sans réponse. En fait, celles-ci ne donnaient pas matière à réponse et formulaient uniquement la demande que les noms de membres de votre famille soient mentionnés, afin qu'ils obtiennent la satisfaction de leurs besoins. C'est effectivement ce que j'ai fait et ces noms ont bien été mentionnés, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Je suis surpris qu'encore une fois, on a cessé, dans les endroits où vous exercez votre influence, de m'adresser ce qui est imprimé. Je n'en comprends pas la raison et vous voudrez bien vérifier pourquoi il en est ainsi.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de vos préoccupations personnelles et des affaires communautaires,

Notes

(1) Par le Tribunal céleste. (2) Le Kovets Mi'htavim, se trouvant dans le Tehilim Ohel Yossef Its'hak, à la page 189. Voir également les lettres du précédent Rabbi, tome 3, lettre n°784, de même que la lettre du Rabbi n°3507. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3489. (4) Entre la nécessité de voter et le fait de prendre part à la coalition. (5) La nationalité israélienne. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°3559.

Lettre n°3678

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3678, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 25 Tamouz. J'y ai appris, avec satisfaction, que vos affaires connaissent une reprise. Vous me dites que, pour différentes raisons, vous avez été conduit à refuser un plus grand nombre de commandes. Je n'approuve pas du tout cette attitude. Lorsque l'on obtient la réussite et que le canal(1) s'élargit, il faut agrandir le réceptacle, ici-bas, recevoir la bénédiction, ne peut pas affirmer que l'on n'est pas encore prêt à l'intégrer, en refusant des commandes.

De façon matérielle, également, votre manière d'agir n'est pas la bonne. En effet, celui dont vous avez refusé la commande recherchera un autre fournisseur et il ne le fera pas uniquement une seule fois(2).

Vous envisagez de vous associer avec ce 'Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires. J'en suis satisfait car, pour diverses raisons, cette proposition est judicieuse. Mais, bien évidemment, il faudra en discuter les aspects spécifiques. Comme le préconisent nos Sages, il serait bon que tous les points soient rédigés, par écrit, afin de ne pas laisser la place au doute. De la sorte, la paix régnera entre vous, non seulement dans l'action concrète, car celle d'un 'Hassid ne peut être suspectée(3), mais aussi dans les cœurs et de manière profonde.

Avec ma bénédiction de réussite et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et aussi de l'amélioration de votre situation morale,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Véhiculant la bénédiction. (2) Il abandonnera définitivement celui qui n'a pas pu honorer sa commande. (3) De malhonnêteté.

Lettre n°3679

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3679, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

28 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 25 Tamouz, de même qu'à ce qu'elle contenait(1) et que vous m'envoyez vraisemblablement pour justifier votre émotion, à réception de ma lettre. Il semble que celle-ci soit due au fait que je n'en étais pas le signataire(2). Vous en élaborez différents commentaires, mais cela n'a pas lieu d'être, car il n'y avait là, de ma part, aucune de ces intentions, ce qu'à Dieu ne plaise.

Voici pour quelle raison je n'ai pas signé cette lettre. Je lis moi-même, bien évidemment, tous les courriers qui me sont adressés et j'indique personnellement la réponse qu'il convient de leur faire. Pour ce qui est de la signature, le principe adopté est le suivant. Si le contenu de la lettre l'exige, par exemple si une demande pressante(3) y est formulée ou bien si elle comporte une explication de la partie révélée de la Torah ou de la 'Hassidout, je la signe. Tel n'était pas le cas de celle que je vous ai adressée, qui était uniquement un accusé de réception de la vôtre et un moyen d'attirer votre attention sur le contenu du courrier adressé aux jeunes de l'association 'Habad, que j'avais effectivement signé. A la fin, je précisais qu'il concerne chacun d'entre nous. C'est donc comme si la lettre que j'ai signé vous était adressée, ou bien c'est même véritablement le cas.

Tout cela était si évident pour moi que l'idée d'écarter toute autre interprétation ne m'est même pas venue à l'esprit. Néanmoins, je vois, dans ce que vous m'écrivez et, encore plus, dans ce qui se trouve entre les lignes, que cette situation vous dérange. C'est la raison pour laquelle je vous adresse ces quelques lignes.

Puisse Dieu faire que vous renforciez le Judaïsme et sa diffusion en tout endroit où vous vous trouvez. Vous le ferez en bonne santé et avec largesse d'esprit.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Vraisemblablement une copie de la lettre adressée par le Rabbi au destinataire de la présente. (2) Cette lettre était signée par le secrétaire du Rabbi. (3) De la part du Rabbi.

Lettre n°3680

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3680, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Aux dirigeants de l'école professionnelle de Kfar 'Habad,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J'ai appris, incidemment, que vous mettez les élèves en vacances(1) depuis le début du mois de Mena'hem Av, ou même que vous l'avez déjà fait, sans attendre cette date. J'en ai été horrifié. Et, par la suite, il y aura encore d'autres vacances, à la fin d'Elloul et au début de Tichri. Je suis surpris que vous puissiez envisager une négligence aussi consternante de l'étude de la Torah, en particulier dans une période(2) où les études séculaires ne sont pas imposées, alors que l'on pourrait en profiter pour donner aux élèves de l'école professionnelle le moyen de rattraper les heures d'études sacrées qui leur manquent, pendant le reste de l'année.

Même si un tel projet s'explique par une certaine raison ou bien par une quelconque intervention(3), pourquoi l'accord n'a-t-il pas été sollicité ici? Je fais également partie de la direction de l'école professionnelle! Je porte donc, moi aussi, la responsabilité de cette négligence de l'étude de la Torah, de la part de plusieurs dizaines de Juifs, ayant déjà passé l'âge de la Bar Mitsva(4).

Or, on sait que cette institution est liée à ma personne. On pense donc que tout cela est connu de moi, se passe avec mon accord, ou peut-être même plus que cela(5). Et, l'on dispense ces enfants d'étudier la Torah, pendant quelques mois par an. On en déduira qu'une telle situation est favorable, qu'il n'y a pas lieu de la remettre en cause.

Plus précisément, lorsqu'un enfant se trouve à l'école professionnelle, on peut observer l'état de sa crainte de Dieu, de sa pratique effective des Mitsvot. La fermeture de l'école empêche une telle surveillance et je ne sais pas qui est capable d'endosser une telle responsabilité.

L'étude d'un métier est subordonnée aux instances extérieures. Je ne connais pas le circuit administratif et je ne sais donc pas dans quelle mesure il est possible d'y intervenir(6). En revanche, pour ce qui est des études sacrées, l'école doit rester ouverte tout au long de l'année. Seuls un petit nombre d'élèves obtiendront quelques jours de vacances afin de voir leurs parents ou bien pour se reposer, entre deux sessions d'étude. Mais, l'on ne mettra pas en congé tous les élèves, au même moment. Il est important que des élèves se trouvent en permanence dans l'enceinte de la maison d'étude et de la synagogue(7), plutôt qu'à l'extérieur.

Je ne sais pas non plus comment sont attribués les salaires. S'ils ne sont pas versés pour les mois d'été pendant lesquels on est en congé, je m'efforcerai, bien entendu, de réunir la somme nécessaire, dans les conditions qui viennent d'être définies.

Vous avez plein pouvoir, en engageant ma responsabilité, pour transmettre ma proposition, ma requête et mon exigence à tous les professeurs des matières saintes de cette école. J'ai bon espoir qu'ils l'accepteront. Si, pour des raisons de santé ou pour d'autres motivations, ces professeurs doivent eux-mêmes se reposer, pendant quelques semaines, ils ne le feront pas tous en même temps, de sorte que l'école professionnelle soit effectivement ouverte en permanence.

Il est bien évident que, si certains élèves refusent catégoriquement la prolongation de leurs études tout au long de l'année et exigent des interruptions de quelques jours, il ne faudra pas pour autant les exclure de l'école. Néanmoins, j'espère qu'ils ne seront que quelques uns à réagir ainsi et que leur nombre diminuera encore quand ils verront à quel point l'organisation de l'école professionnelle, en été, est agréable, matériellement et spirituellement.

Je vous adresse la présente en express. Vous voudrez bien m'informer sur tout cela, par retour ou même, si possible, par télégramme.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles et pour connaître la réussite,

M. Schneerson,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°2855, 3521, 3698, 3717, 3750 et 3752. (2) De l'année, celle des vacances. (3) D'une des instances. (4) Et, donc astreints à cette étude. (5) A la demande du Rabbi. (6) Pour obtenir que l'école reste ouverte. (7) De cette école.

Lettre n°3681

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3681, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Tamouz 5715,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué 'Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires, aux

multiples accomplissements, le Rav Avraham Aharon(1),

Je vous salue et vous bénis,

J'ai bien reçu votre lettre et le livre qui l'accompagnait, le Séfer 'Hassidim avec votre commentaire, le Michnat Avraham. Mon temps ne m'a pas permis de le consulter comme il l'aurait fallu, mais, comme marque d'amitié, en signe de reconnaissance et d'estime, je l'ai feuilleté, comme en attestent les quelques notes que vous trouverez ci-jointes.

Je vous remercie beaucoup pour ce cadeau et je vous serais doublement reconnaissant si vous demandiez à ceux qui s'en occupent de m'adresser également vos autres livres.

Par envoi séparé, nous vous avons adressé quelques livres que nous avons édités. Ils vous intéresseront sûrement, du fait de l'importance des connaissances dont il s'agit .

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes à caractère général:

A. Notre époque est, malheureusement, bien différentes des précédentes, qui étaient relativement calmes, sans grands bouleversements. Désormais, la Torah et les livres occupent désormais une place importante dans le foyer de chacun, y compris chez ceux qui ne les comprennent pas(2). Et, tous les autres objets(3) sont repoussés, de bon gré, devant ces livres.

En conséquence, il est, à mon avis, une Mitsva et une obligation, pour tous ceux qui éditent des livres liés à la Torah, aux Mitsvot, à la crainte de Dieu, de faire en sorte que ceux-ci soient d'usage facile, qu'ils puissent être transportés aisément, d'une maison à l'autre ou dans une petite bibliothèque.

Un quelconque manque à ce caractère pratique du livre peut empêcher plusieurs personnes de l'acquérir, de l'étudier ou de le lire. Or, ces personnes ne doivent pas être écartées. Il est dit, en effet, que l'on ne sait pas qui sera le plus apte. Et, peut-être quelqu'un aura-t-il des enfants d'une grande élévation.

De fait, les livres que vous éditez sont beaux. Ils le sont profondément, puisqu'ils comportent des index et aussi extérieurement, par le choix des caractères et du papier. Le format de vos livres, en revanche, contredit fortement ce qui vient d'être exposé. J'ai pu vérifier tout cela concrètement en observant la différence de diffusion, pour les livres des éditions Kehot, entre une édition de grand format et la même, de petit format.

2. L'édition de Bologne du Séfer 'Hassidim s'est répandue dans le peuple juif. Elle a été acceptée et consacrée par les premières générations comme par les dernières. Concrètement, toute contradiction ou modification doit donc être tranchée en fonction de cette édition et non d'après d'autres manuscrits, qui ne peuvent servir qu'à quelques vérifications, surtout d'après l'avis selon lequel l'édition de Bologne est ultérieure(4).

En conséquence, la publication du Séfer 'Hassidim, qui peut aussi avoir une incidence sur l'action concrète doit suivre l'édition de Bologne, tout en rétablissant les passages qui y ont été censurés. Pour autant, il est très utile d'y mentionner également les différences que l'on constate dans les autres manuscrits et de les expliquer.

*

*

*

Dans le testament(5), au paragraphe 1, dans votre édition:

Vous consulterez également la décision hala'hique du Tséma'h Tsédek, sur le Choul'han Arou'h Yoré Déa, chapitre 116 et les responsa Tsafnat Paanéa'h du Rav de Ragatchov, au chapitre 128.

Doit-on prendre en compte le fait que les mères des mariés portent le même prénom? Vous consulterez, à ce sujet, le Sdeï 'Hémed, à l'article mariés, au paragraphe 10.

Dans le livre, au paragraphe 1:

Vous expliquez longuement la nature d'un 'Hassid. L'édition Mekitseï Nirdamim, dans les notes sur le chapitre 975, cite plusieurs passages du Talmud et des premiers Sages qui mentionnent ce titre. Vous verrez, à ce propos, le Chaareï Kedoucha, de Rabbi 'Haïm Vital, à la fin du premier tome.

Toutefois, à mon avis, cette discussion n'est pas à sa place. Elle l'est, en revanche, au chapitre 975 et dans les suivants. A cette référence, par contre, l'auteur n'explique pas du tout ce qu'est un 'Hassid et il emploie ce terme uniquement au sens figuré, désignant ainsi tous ceux qui craignent Dieu, y compris s'ils ne sont pas des 'Hassidim, selon la définition précise que l'on peut donner de ce terme. En effet, ce livre adresse son propos à tous ceux qui craignent Dieu et respectent Son Nom. Il est écrit pour tous à la fois.

Vous évoquez l'orientation du cœur d'un 'Hassid. Mais, ceci n'explique nullement la nature du 'Hassid et de la 'Hassidout. La signification de cette affirmation est, en fait, la suivante. Il est un 'Hassid qui est grand, par sa Torah et par ses bonnes actions, alors qu'un autre 'Hassid voudrait parvenir à la même élévation, mais n'a cependant pas reçu la Torah de son maître ou ne l'a pas suffisamment comprise. En pareil cas, l'action lui manque et il sera puni pour cela. Il est dit, en conséquence: C'est la raison pour laquelle j'ai voulu écrire ce livre, précisément pour de telles personnes.

Au paragraphe 410:

Concernant la lecture de la Torah, vous consulterez le Tsafnat Paanéa'h sur le Rambam, lois de la prière, chapitre 12.

Au paragraphe 549:

Concernant l'emploi de la seconde et de la troisième personnes, dans le texte des bénédictions(6), vous consulterez le Zohar, tome 3, page 289a, les Tikouneï Zohar, Tikoun 39, le Séfer Ha Bahir, pages 183-184 et les références citées dans les notes du Rav A.Margolis, sur ce texte. A ce qu'il dit et à ce que vous dites vous-même, on peut ajouter également le Chiboleï Ha Leket Chalem, au chapitre 165, le Peri Ets 'Haïm, porte 2, chapitre 82 et le Likouteï Torah de l'Admour Hazaken, Parchat Masseï, page 91b.

A la fin du livre, au paragraphe 600:

La faute dont il est ici question est, très simplement, celle de transporter un aliment interdit(7) ou de le consommer, ou encore de défaire un nœud. J'ai vu que les notes du Michnat 'Hassidim renvoyaient au Maguen Avraham, chapitre 638 et au Peri Megadim, à la même référence. Vous consulterez également le Choul'han Arou'h de l'Admour Hazaken, au même chapitre, paragraphe 18.

Notes

(1) Le Rav A.A. Price. (2) Alors qu'auparavant, on possédait peu de livres, mais on les étudiait. (3) De la maison, face au plaisir de posséder une bibliothèque. (4) Aux manuscrits. En effet, c'est toujours le dernier avis émis qui doit être maintenu. (5) De Rabbi Yehouda Ha 'Hassid, auteur du Séfer 'Hassidim. (6) Toutes les bénédictions commencent, en effet, à la deuxième personne, béni sois-Tu et se terminent, à la troisième personne, Qui a…. (7) Pendant le Chabbat. Il s'agit de l'interdiction du Mouktsé.

Lettre n°3682

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3682, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 29 Tamouz 5715, Brooklyn,

Au Juste, Rav et distingué ‘Hassid qui craint Dieu, se consacre aux besoins communautaires, est issu d’une illustre famille, le Rav Yé’hezkel Shraga Chlita(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 3 Sivan, à laquelle étaient jointes quatre feuillets de votre livre Divreï Yé’hezkel Shraga, qui est actuellement sous presse. Vous concluez votre propos en sollicitant la rédaction d'une approbation(2).

Notre usage est de ne pas donner des approbations pour les livres, comme j’ai pu le constater chez mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Lui-même se conférait sûrement en cela, comme en tous ses autres comportements, à ce que faisait son père, le Rabbi Rachab et il convient donc de respecter cet usage.

Puisse Dieu accroître votre capacité dans la Torah, avec largesse d’esprit. Vous parviendrez à maintenir une crainte de Dieu pure, à diffuser l’étude de la partie profonde de la Torah, que le “ berger fidèle ” appelle, dans le saint Zohar, "arbre de vie", comme le souligne le Tanya de l’Admour Hazaken, dans Iguéret Hakodech, au chapitre 26.

Ainsi, s’accomplira la promesse de nos Sages, à propos de l’étude de la Torah, qui disent : “ Pour celui qui en a le mérite, elle est un élixir de vie ”, comme l’explique longuement le Kountrass Ets ‘Haïm, du Rabbi Rachab. Et, ceci permet de comprendre les propos, terribles et merveilleux à la fois, que Rabbi ‘Haïm Vital développe, par le détail, dans l’introduction du Chaar Ha Hakdamot.

Avec mes respects et ma bénédiction,

En signe d’amitié, je formulerai quelques remarques sur ces fascicules, à la hâte, du fait de mes nombreuses occupations :

La première lettre :

Il faut s’attacher au Juste, parfois même de la manière la plus forte. Cette affirmation peut être parfaitement comprise, d’après ce que dit le saint Tanya, de l’Admour Hazaken, au chapitre 2, selon lequel on peut s’unifier à lui, comme un membre du corps obéissant à la tête et au cerveau, quelle que soit l’instruction que l'on reçoive. Vous consulterez également ce que dit la Me’hilta, à propos du verset : “ Ils crurent en Dieu et en Moché, Son serviteur ”.

Je suis surpris que vous ayez introduit d'une manière aussi concise, dans cette lettre, la nécessité d’étudier la partie profonde de la Torah qui, en ces dernières générations, a été révélée par l’enseignement du Baal Chem Tov, de ses disciples et des élèves de ses disciples. Or, une carence de cette étude ou même une étude moins importante que ce qu’elle pourrait être, retardent la délivrance et prolongent l’exil, comme le souligne longuement Rabbi ‘Haïm Vital, à cette même référence. Quiconque médite sincèrement à ses propos aura les cheveux qui se dressent sur sa tête.

Depuis l’époque du Baal Chem Tov, nous avons le mérite de percevoir la clarté de la Torah. Grâce à cela, nous pouvons en comprendre, au moins grâce à des paraboles, la dimension profonde. En conséquence, ce que la Hala’ha dit des autres parties de la Loi Orale s’applique également dans ce cas, de sorte que celui qui apprend sans comprendre ce qu’il dit ne s’est pas acquitté de son obligation, selon le Maguen Avraham, à la fin du chapitre 50. Vous consulterez également le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, à la même référence et son Likouteï Torah Vaykra, à la page 5b.

Il en est également ainsi pour quelqu'un à qui cette compréhension fait défaut, pour une raison indépendante de sa volonté ou bien pour celui qui ne sait pas que l’on peut étudier la partie profonde de la Torah. Pour autant, on sera effectivement récompensé pour en avoir prononcé les mots. A ce sujet, vous consulterez, en particulier, le Pardès, porte 27, chapitre 1. Car, ce manque de connaissance est bien une faute, pour laquelle on est passible d’une condamnation, ainsi qu’il est dit : “ J’ai commis une faute, car je ne savais pas ”. Vous verrez ce que dit, à ce sujet, le Chneï Lou’hot Haberit, à la fin de la Parchat Balak. Et, “ celui qui dit que toute la Torah a été donnée sur le mont Sinaï sauf…(3) ”.

Vous connaissez la réponse que fit notre juste Machia’h au Baal Chem Tov. Il lui affirma qu’il viendrait “ lorsque tes sources(4) se répandront à l’extérieur ”. Celles-ci doivent effectivement se répandre. On peut en déduire, à l’évidence, la grande obligation, l’immense responsabilité qui incombent à chacun de ceux à qui Dieu a accordé la possibilité d’influencer les autres, en la matière. Tous doivent conduire leurs élèves vers ces sources, “ et d’une formule positive…(5) ”, car “ lorsque le Temple n’a pas été reconstruit du vivant de quelqu’un…(6) ”.

Puisse Dieu faire que s’accomplisse la promesse selon laquelle nous nous immergerons dans ces sources, comme l’indique le Rambam, en allusion, à la fin de ses lois du Mikwé : “ Tous Me connaîtront… La connaissance de Dieu recouvrira la terre entière, comme l’eau recouvre le fond de la mer ”.

La seconde et la troisième lettres :

S'agissant du Sanhédrin(7), différents textes discutent effectivement ce point. Quelques uns de ceux qui, au début, ont formulé cette proposition ou bien l’ont acceptée, se sont maintenant retirés. Toutefois, quelques uns proposent encore un équivalent du Sanhédrin, mais non un Sanhédrin, à proprement parler.

Une proposition similaire a déjà été introduite, dans la génération précédente. Les grands du peuple juif l’ont alors résolument repoussée et les petits, par leur crainte de Dieu, savaient que leur voix ne serait pas entendue, au sein du peuple d’Israël, qui adopte pour règle uniquement la Parole de Dieu et ne souffrira donc pas que l’on tienne des propos déplacés, à propos de ceux qui guident les Juifs sur le chemin de la Torah et des Mitsvot, qui mènent ce combat, renforcent la Torah et engagent les autres à la mettre en pratique.

Si l’on s’adresse aux Juifs en invoquant un parti, un pogrom, la fusion de la crainte de Dieu et des voies du monde, on sera nécessairement exclu du campement. A l’époque, les grands d’Israël ont repoussé cette proposition, pour différentes raisons et combien plus doit-il en être ainsi, en cette génération orpheline. Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Concrètement, on peut observer, parmi ceux qui soutiennent ce projet et veulent instaurer un Sanhédrin ou ce qui en tient lieu, que l’enthousiasme est proportionnel au manque de crainte de Dieu.

La quatrième lettre :

Concernant les Tsitsit(8) et les Matsot faites à la machine, le Rabbi Rachab, père de mon beau-père, le Rabbi, en a permis l’utilisation, dans un cas de force majeure, alors que les réfugiés de Russie étaient nombreux, à partir de 5670(9). Des Tsitsit furent alors faites à la machine, après que le début du processus de fabrication ait été introduit par les hommes. Ce point ne sera pas développé ici.

Les avis des derniers Décisionnaires, à propos de ces Tsitsit faites à la machine, sont réunis dans le Meassef Le‘hol Ha Ma’hanot, chapitre 11, paragraphe 3 et le Hala’ha Le Moché sur le Kitsour Choul’han Arou’h, au début du chapitre 9.

Concernant la Matsa faite à la machine, vous verrez le Sdeï ‘Hémed, à l’article ‘Hamets et Matsa, paragraphe 13, la Haggadat Ha Mevaer, édité à Pietrkov, en 5674(10) et le Chearim Metsouyanim Be Hala’ha sur le Kitsour Choul’han Arou’h, à la fin du chapitre 110.

Notes

(1) Le Rav Y.S. Lipchitz Halbershtam, Rabbi de Stropkov. Voir, à son sujet, les lettres n°1072 et 1170. (2) Pour l’impression de ce livre. (3) Un seul point remet en cause l’ensemble de la Torah. (4) Celles de la ‘Hassidout. (5) On peut déduire une formule négative. L’importance de la responsabilité souligne la gravité de celui qui ne l’assume pas. (6) C’est comme s’il avait été détruit de son vivant. (7) La possibilité d’en constituer un, à l’époque actuelle. (8) Voir, à ce sujet, la lettre n°1722 et le Likouteï Si’hot, tome 2, page 508. (9) 1910. (10) 1914.

Lettre n°3683

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3683, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 29 Tamouz 5715, Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Avraham Israël Moché(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre. Vous faites allusion aux traités du Talmud Yerouchalmi(2). Je n’ai reçu, pour l’heure, qu’un volume du traité Bera’hot, mais non ceux de Péa, Demaï et Maasser Cheni, que vous mentionnez dans votre lettre.

Puisse Dieu vous conférer la réussite, afin que vous diffusiez également l’étude du Yerouchalmi. Et, vous savez ce que l’Admour Haémtsahi, fils de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, a dit du Talmud Yerouchalmi. Ses propos sont imprimés, en particulier, dans le Chaareï Ora, paru aux éditions Kehot, aux pages 44 à 47.

Avec ma bénédiction de réussite, pour vous et pour vos amis, les Rabbanim Chlita,

N. B. : Je vous joins un coupon d’envoi en port payé, destiné à couvrir les frais d’envoi.

Par amitié, j’ai voulu, au moins rapidement, formuler quelques remarques sur le fascicule “ commentaires de R. A. I. M.(3) ”, qui se trouve à la fin de ce volume.

Au début :

Doit-on dire que le Chema Israël est introduit par les Sages, auquel cas il n’y a pas lieu de prendre des précautions, en la matière(4) ? Vous consulterez, à ce sujet, le Babli 4b, qui dit : “ Les Sages ont introduit des précautions, pour ce qu’ils ont institué, comme la prière d’Arvit ”.

Concernant la fin de ce paragraphe, il faut citer le Chaagat Aryé, au paragraphe 1.

Au commencement du chapitre 5 :

On doit effectivement se demander quelle est cette relation, qui n’est pas précisée. La Boraïta introduit deux points, mais le Yerouchalmi la formule très brièvement. La Tossefta, chapitre 3, paragraphe 21 et le Babli 31a précisent : “ on ne peut commencer à prier…(5) on ne peut quitter quelqu’un…(5) ”. De fait, les premiers prophètes concluaient leurs propos par une éloge et par des termes de consolation.

La manière dont ces prophètes achevaient leurs paroles implique bien que l’on doit se quitter ainsi, qu'il faut en faire de même. Et, cette preuve est même encore plus évidente que celle de la prière, comme l’indiquent les Tossafot Ri sur le Alfassy.

En effet, le fait qu’en se quittant ainsi, on peut se rappeler l’un de l’autre, n'a rien à voir avec notre sujet, comme le disent clairement les Tossafot Ri. Et, le Gaon de Vilna, dans le Babli, commentant cette manière de se séparer, précise qu’on le fait dans la joie de la Mitsva. La Tossefta introduit la même formulation pour la prière et le fait de quitter un ami : “ Avec une parole sage ”.

A la fin :

“ Rabbi Meïr dit : Un Juif est toujours entouré de Mitsvot. Au bain, il en est dépourvu, mais il peut observer sa circoncision ”(6). Vous posez, à ce sujet, la question suivante. Selon un avis, il est permis de penser à des paroles de la Torah dans les lieux d’aisance et ceci justifie une telle pensée. Vous discutez ce point.

En fait, il n’y a là aucune difficulté. Le but de Rabbi Meïr est de souligner la qualité de chaque Juif, qui se trouve entouré de Mitsvot, même lorsque telle n’est pas sa préoccupation. Et, vous consulterez le traité Mena’hot 43b, qui dit : “ Le Saint béni soit-Il les a entourés ”. Cette question ne se pose donc pas.

Néanmoins, d’après la conception défendue dans ce fascicule, une question plus forte aurait pu être soulevée. En effet, on accomplit, au bain également, les Mitsvot qui sont des sentiments du cœur, comme la foi, l’unité, l’amour, la crainte de Dieu. Bien plus, la phrase prononcée(7) dans le bain, “ Malheur à moi, je suis nu de Mitsvot ” est, bien évidemment, une expression de crainte de Dieu et de foi.

Notes

(1) Le Rav A.I. M. Salman, de Jérusalem. (2) Edités, à Jérusalem, en 5714-1954, avec plusieurs commentaires, dont celui du Rav Salman. (3) Rav Avraham Israël Moché. (4) Pour ne pas en rater l’heure. (5) Qu’avec des propos élogieux. (6) Voir la causerie du Chabbat Parchat Le’h Le’ha 5748-1987. (7) Par le roi David.

Lettre n°3684

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3684, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 29 Tamouz 5715, Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 24 Tamouz. Il est dommage que vous attendiez un événement malheureux pour m’écrire. En effet, l’amour du prochain est une Mitsva que l'on peut concevoir logiquement. Bien plus, elle est un grand principe de la Torah et même son fondement, selon Rabbi Akiva et comme le précise aussi Hillel l’ancien. Le Tanya l’explique, au chapitre 32, de même que le Séfer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva d’aimer son prochain. Il aurait donc fallu m’écrire pour m’annoncer également des événements réjouissants. De la sorte, les lettres appartenant à la seconde catégorie auraient été moins nombreuses.

A la fin de votre lettre, vous écrivez : “ Je travaille très dur afin de maintenir une caisse de bienfaisance portant le nom de nos martyrs. C’est moi qui la dirige ”. Il y a une contradiction entre le début et la fin de cette formulation. Travailler pour une caisse de bienfaisance ne peut pas être dur, car ceci procure une satisfaction morale particulièrement forte.

Un travail dur ne procure pas de satisfaction, même s’il est très aisé, alors que celui qui est effectué avec plaisir et de plein gré, raffermit la santé morale et physique. Si vous méditez, même quelques instants, au verset : “ Celui qui prend le pauvre en pitié prête à Dieu ”, à l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ la bienfaisance est plus importante que la Tsédaka ”, vous remercierez Dieu pour le sort enviable qui est, chaque jour, le vôtre, puisque Dieu vous a choisi pour venir en aide à ceux qui sont dans le besoin.

Puisse Dieu faire que, pour de longs jours et de bonnes années, vous connaissiez la réussite dans cette œuvre de bienfaisance, au service de la communauté. Par ailleurs, vous cumulez sans doute les trois piliers du service de Dieu, que sont la Torah, la prière et les bonnes actions, à titre individuel.

Comme vous me le demandez, je citerai tous les noms que vous me transmettez, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Dieu permettra que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de tout cela.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°3685

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3685, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 29 Tamouz 5715, Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Ephraïm Eliézer Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, ce matin, votre lettre du 27 Tamouz et j’ai mentionné votre nom, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous obteniez ce que vous avez demandé. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles, à ce sujet, d’un bien visible et tangible.

Le mois d’Av, dans la ‘Hassidout, présente une qualité particulière. Commentant le passage bien connu, au chapitre 22 d’Iguéret Ha Kodech, page 134b, mon beau-père, le Rabbi, précise que le mot “ père ” est employé à deux reprises(2). Il constate que, s’agissant de celui qui aime faire de la morale, le terme ‘Hassid n’apparaît pas. Il n’en est pas de même pour celui qui intercède en faveur des autres et demande que tout se révèle en un bien visible et tangible. Dans ce cas, on mentionne effectivement le qualificatif de ‘Hassid.

Je vous adresse un fascicule, présentant la suite de la description de l’emprisonnement, qui a été édité à l'occasion de la fête de la libération, les 12 et 13 Tamouz, celle de notre délivrance et de la liberté de nos âmes. Sans doute en mettrez-vous le contenu à la disposition du plus grand nombre. Le mérite de tous dépend de vous.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav E.E. Yalles, de Philadelphie. Voir, à son sujet, la lettre n°3426. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3702.

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