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Iguerot Kodesh — lettres 3686 à 3705

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°3686

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3686, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,[Tamouz 5715]

1) On peut effectivement répondre à cette question si l’on consulte le traité Avot, chapitre 6, Michna 3(1).

2) Tel est effectivement le sens simple de ce passage talmudique, selon la version qui en est retenue.

Il n’en est pas de même pour la version du Eïn Yaakov et pour l’une de celles qui figurent au traité Makot 11a. Il faut en conclure que Rachi n’accepte pas ces versions(2), du fait de l’enseignement de nos Sages au traité Avot, précédemment cité.

Notes

(1) Ceci fait réponse à la question posée par Rachi, au traité Soukka 53a : “ David n’enseignait pas la Hala’ha en présence d'A’hitofel, son maître ”. Pourquoi Rachi extrait-il ce verset de son sens simple en disant que David savait la réponse à cette interrogation, mais ne voulait pas enseigner la Hala’ha ? (2) Que nos Sages n’enseignent pas.

Lettre n°3687

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3687, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,[Tamouz 5715]

Les eaux pures(1) :

On peut y pratiquer l’immersion rituelle, ce qui n’est pas le cas quand l’eau est impure ou encore disqualifiée, au moins du fait d’une disposition de nos Sages. Combien plus l’entrée dans l’eau doit-elle être pure.

Ce n’est pas ce que semble indiquer la Michna A’harona. Le Tiféret Israël explique comment l’on se met en état de contracter l’impureté(2), mais, à mon humble avis, ceci ne concerne nullement notre propos.

Vous consulterez également le Goulat Alyot, la Pricha sur Yoré Déa, chapitre 24, en définissant la cause et le Sdeï ‘Hémed, principes, chapitre 2, paragraphe 1 et 2.

Notes

(1) Ceci fait réponse à une question posée sur le traité Mikwaot, chapitre 7, Michna 2 : “ Celles-ci sont disqualifiées et l’on n’en utilise pas les eaux, qu’elles soient impures ou pures ”. Quelle idée nouvelle est introduite par l’expression : “ qu’elles soient impures ou pures ” ? (2) Sans encore la contracter de manière effective.

Lettre n°3688

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3688, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 1er Mena’hem Av 5715, Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Aharon(1),

Je vous salue et vous bénis,

Nous avons bien reçu votre lettre du 16 Tamouz. Je vous remercie de m’adresser une photographie des élèves des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch de votre ville(2).

Vous m’annoncez que vous avez organisé une réunion ‘hassidique pour la fête de la libération des 12 et 13 Tamouz, celle du chef d’Israël, de notre délivrance et de la liberté de notre âme. Je vous remercie pour cette bonne nouvelle. Sans doute s’efforce-t-on de faire en sorte que l’encouragement en résultant soit conservé, tout au long de l’année, d'une manière concrète. En effet, dit le Midrach, “ l’action concrète est essentielle et non la théorie ”.

Vous me parlez d'un homme, résidant à Bechar, qui vous a raconté ce qui est arrivé à son fils, lequel aura une longue vie. Il faut lui expliquer qu'il n'y a nullement là une intervention des démons, ce qu'à Dieu ne plaise, mais uniquement un problème de santé physique. Or, celle-ci est directement liée à la situation morale. Néanmoins, il faut également avoir recours aux voies de la nature et, pour cela, cet homme fera vérifier les Mezouzot de sa maison et également ses Tefillin, non pas uniquement les boîtiers, dans leur apparence extérieure, mais aussi, les parchemins, afin de s'assurer qu'ils sont bien conformes à la Hala'ha.

De même, la mère de cet enfant adoptera un comportement pudique. Elle appliquera, en particulier, les lois de la pureté familiale. Avant d'allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes, de même que dans la semaine, les lundis et jeudis matins, elle donnera quelques francs à la Tsédaka. Le fils portera un Talith Katan et il s'efforcera de se couvrir la tête. De plus, les parents consulteront un médecin spécialiste dans ce domaine, se trouvant dans une grande ville. Ils se conformeront à sa prescription.

Que Dieu leur accorde le mérite et la réussite de conduire cet enfant à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, dans l'intégrité.

Vous me parlez également d'un homme qui souffre des cils. Celui-ci consultera un médecin spécialiste et il se conformera à sa prescription. De même, il fera vérifier ses Tefillin et, à l'avenir, il respectera scrupuleusement le Kiddouch et le Havdala(3).

Conformément à votre demande, tous ces noms seront mentionnés près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef d'Israël, afin que chacun obtienne la satisfaction de ses besoins. Lorsque vous aurez de bonnes nouvelles, les concernant, vous ne manquerez pas de me les faire connaître.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita, le secrétaire,

Notes

(1) Le Rav A.Ben Hamou. Voir, à son sujet, la lettre n°2267. (2) Au Maroc. (3) Qui sont directement liés à la clarté des yeux. Voir, à ce sujet, les lettres n°2556 et 3757.

Lettre n°3689

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3689, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 1er Mena'hem Av 5715, Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 21 Tamouz, dans laquelle vous me parlez du travail que vous avez effectué jusqu'à maintenant. Vous constatez que celui-ci est difficile, même s'il vous procure largement les moyens de votre subsistance. En conséquence, vous avez eu l'idée d'accepter un poste d'enseignant, bien que, pour l'heure, vous n'ayez pas d'expérience en la matière.

Un point essentiel manque à votre lettre. Me posez-vous cette question avec l'accord de votre épouse? En effet, nos Sages disent que, pour toutes les questions matérielles, celle-ci doit également formuler son avis. En l'occurrence, la question a une portée globale, puisqu'elle concerne les moyens de subsistance de toute la famille.

Si elle donne son accord pour que cette question soit soulevée, il serait bon que vous ayez d'abord une première expérience de l'enseignement, ce qui doit sûrement être possible pendant les vacances, sans engagement de votre part.

Je suis surpris que vous ne parliez pas de votre étude de la partie révélée de la Torah et de la 'Hassidout, de même que de votre participation aux activités de 'Habad, car celles-ci sont, en particulier pour les 'Hassidim, le canal et les réceptacles permettant d'obtenir les bénédictions de Dieu, satisfaisant tous les besoins.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°3690

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3690, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 2 Mena'hem Av 5715, Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites que vous êtes confronté à l'alternative suivante, étudier dans une synagogue constituée de personnes ayant soif de la Parole de Dieu ou bien dans une autre, où il est encore nécessaire de mettre en évidence ce désir profond, que chaque Juif éprouve nécessairement pour la Parole de Dieu et pour Sa Torah.

Vous connaissez l'enseignement de nos Sages, à ce sujet, selon lequel il convient de séparer le grain de l'ivraie. Néanmoins, cette question se pose uniquement avant d'avoir fait son choix. En l'occurrence, vous avez déjà commencé à apprendre dans la première synagogue. Vous consulterez donc les 'Hassidim qui se trouvent sur place, afin de déterminer l'attitude que vous devez avoir, à l'avenir, s'il vous faut poursuivre ce que vous faites maintenant ou bien s'il convient que vous changiez d'endroit.

Que Dieu vous accorde la réussite,

Lettre n°3691

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3691, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 2 Mena'hem Av 5715, Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 28 Tamouz.

Vous savez sûrement qu'entre temps, le fils de cet homme(1) m'a rendu visite, ici. Je lui ai demandé de transmettre mes salutations et je lui ai donné un Tanya, à titre de protection, afin qu'il soit placé près de lui, dans la chambre où il passe le plus clair de son temps.

Il serait bon de s'efforcer que ce Tanya soit entouré deux fois(2), si ce qui est fait dans cette chambre le rend nécessaire. Pour des raisons évidentes, je ne l'ai pas dit à son fils.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita, le secrétaire,

Notes

(1) Qui est vraisemblablement hospitalisé et pour lequel une bénédiction a été demandée au Rabbi par le destinataire de cette lettre. (2) De deux emballages, placés l'un sur l'autre, si cet homme, par exemple, est appelé à se déshabiller ou bien à se laver, dans cette chambre.

Lettre n°3692

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3692, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 2 Mena’hem Av 5715, Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, homme aux multiples accomplissements, qui se consacre aux besoins communautaires, monsieur A. Levenstein,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 23 Tamouz. J’y ai pris connaissance, avec plaisir, de vos efforts et de votre réussite, en ce qui concerne le public orthodoxe, dans votre ville, tout particulièrement dans le domaine de l’éducation judicieuse.

A l’époque où l’on possédait le Temple, on disait, on soulignait que “ s’il n’y a pas de chevreaux, il n’y a pas de boucs ”. Combien plus en est-il ainsi pendant le temps de l’exil, à notre époque, en cette génération orpheline, alors que la question de l’éducation de la jeune génération occupe une place fondamentale, qu'elle est à la base de la perpétuation de notre peuple, la nation d’Israël.

Chaque effort, chaque accomplissement en ce sens, sont donc justifiés, même s’ils demandent beaucoup de forces, d’énergie et de temps. Bien plus, l’assurance nous a été donnée qu’un effort n’est jamais vain. Lorsque l’on agit sincèrement, Dieu accorde Sa réussite, y compris d'une manière surnaturelle.

En conséquence, j’ai été satisfait de lire, dans la suite de votre lettre, que cette école, permettant aux enfants d’évoluer dans un milieu orthodoxe, se développe actuellement, qu’on y ajoute un grand nombre d’heures d’études sacrées, par rapport au programme en vigueur.

J’ai été heureux de lire que vous n’agissez pas seulement comme quelqu’un qui participe à la joie de son ami ou de son prochain(1). Vous mettez en pratique l’enseignement de nos Sages selon lequel “ les Juifs sont responsables les uns des autres ”(2). De la sorte, plus une communauté juive intensifie sa crainte de Dieu, son étude de la Torah, sa pratique des Mitsvot, plus l’ensemble des communautés juives, dispersées aux quatre coins de la terre, augmenteront leur force et leur puissance, “ l’un viendra en aide à l’autre et dira à son frère : sois fort ”.

Avec mes respects et ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée, destinée à développer l’éducation, dans l’esprit de la Tradition d’Israël et en saluant tous ceux qui vous aident, dans ce projet,

Notes

(1) Sans être directement concerné. (2) L’action de l’un concerne tous les autres.

Lettre n°3693

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3693, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 2 Mena’hem Av 5715, Brooklyn,

Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Chalom Dov(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 25 Tamouz. Il est bien évident que vous(2) devez redoubler d’ardeur dans votre action, élargir l’éducation sacrée sans vous préoccuper des obstacles qui sont dressés par ces personnes, s’opposant à vous. Il serait bon d'appliquer ce que j’évoquais dans mes précédents courriers, c’est-à-dire de ne pas disperser vos forces en prenant en charge ce qui n’est pas votre mission première et essentielle.

Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite, que vous grandissiez la Torah, avec une crainte de Dieu pure. Ainsi, vous pourrez l’étudier en mettant en pratique les termes de la promesse selon laquelle “ pour celui qui en a la mérite, elle est un élixir de vie ”.

Concernant les boîtiers(3), dont les dimensions doivent être de deux doigts sur deux doigts, vous consulterez le Chiyoureï Torah, du Rav Naé. Ces dimensions correspondent effectivement à notre coutume et le Tanya en fait également mention, dans Iguéret Hakodech, au chapitre 10, page 115a.

A propos de l’étude que l’on fixe, à la date anniversaire du décès(4), lorsque celui-ci est le 9 Av(5), voici comment il convient de pratiquer. Jusqu’au milieu du jour, l’étude de la Michna qui suit la prière portera sur les chapitres que l’on sait des traités Taanit et Moed Kattan. Dans la seconde moitié du jour, en revanche, on fera comme pour toutes les autres études fixées, c’est-à-dire que celui qui les apprend tout au long de l’année pourra le faire également, le 9 Av. Vous consulterez le Hayom Yom, à cette date.

Pour ce qui est du fait de se rendre au cimetière(6), cette pratique est effectivement citée dans les livres, mais je n’ai jamais vu mon beau-père, le Rabbi, le faire. L’une des raisons en est peut-être l’impossibilité, en ce jour, de se tremper, au préalable, au Mikwé. J’ai trouvé une telle explication dans le Nimoukeï Ora’h ‘Haïm, du Rabbi de Munkatch, au chapitre 559. Celui-ci dit aussi que certains s’y rendent, mais restent à l’extérieur de son enceinte. Toutefois, je n’ai pas vu mon beau-père, le Rabbi, pratiquer de cette façon non plus.

On peut également expliquer cet usage en fonction de ce qui est dit par différents textes, c’est-à-dire l’affirmation que la vision, l’observation d’un cimetière suscite un lien(7), ce qui est fait, en l’occurrence, sans que l'on se soit rendu au Mikwé.

Avec ma bénédiction et en saluant tous vos amis,

Notes

(1) Le Rav C.D. Lipchitz. Voir, à son sujet, la lettre n°1574. (2) Les membres des Peïlim, “ groupe d’action du camp de la Torah ”. (3) Des Tefillin. (4) Pour l’élévation de l’âme de celui dont on célèbre l’anniversaire. (5) Date à laquelle il est interdit d’étudier la Torah. (6) Le 9 Av. (7) Comme si l'on y entrait.

Lettre n°3694

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3694, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 3 Mena’hem Av 5715, Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 29 Tamouz. De fait, je suis surpris en considérant différents ‘Hassidim, comme je le leur souligne maintes fois. En effet, lorsqu’ils demandent une bénédiction, ils doivent me faire savoir quels sont le canal et les réceptacles véhiculant celles que Dieu doit leur accorder(1). Si, pour une quelconque raison, ils ne veulent pas me le communiquer, par écrit(2), ils n’en sont pas dispensés pour autant d'adopter, concrètement, un tel ajout.

C’est précisément pour cela que l’on parle de “ pluies de bénédictions ”(3). En effet, pour que la pluie fasse son effet, en particulier pour qu'elle apporte le succès, il faut, au préalable, labourer et semer. Puis, après cette pluie, plusieurs autres actions sont encore nécessaires. Il est sûrement inutile d’en dire plus, tant cela est évident.

Or, je constate que, vous-même, vous ne me précisez rien de tout cela, dans votre lettre. Et, vous ne m'expliquez pas non plus quelle action vous menez pour diffuser les sources(4).

Vous me dites que vous pensez vous rendre, pendant quelques temps, en bord de mer, afin d’améliorer votre état de santé. C’est une bonne initiative et puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite, en cela. Afin d’être également des émissaires de Mitsva, vous chercherez sûrement, là-bas, à renforcer le Judaïsme et à le diffuser. Car, il est impossible que vous ne trouviez pas des Juifs, en cet endroit. Et, il est certain qu’un effort n’est jamais vain.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

M. Schneerson,

Notes

(1) Si l’on demande une bénédiction, on doit s’engager à un bon comportement, afin d'obtenir que Dieu satisfasse cette requête. (2) Dans la lettre qu’ils adressent au Rabbi, à cet effet. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3457. (4) De la ‘Hassidout.

Lettre n°3695

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3695, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Mena’hem Av 5715,

Brooklyn,

Aux membres de la communauté et à ceux

qui prient dans la maison d’étude,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu de vos nouvelles et de celle de votre synagogue, avec plaisir, par le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, empli d’empressement, lequel m’a également fait part des cours publics(1).

Que Dieu vous accorde la réussite, de sorte que votre synagogue mette en pratique la Hala’ha de notre Torah, Torah de vie. En effet, pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, on doit introduire un ajout, sans cesse et nos Sages soulignent que “ l’on connaît l’élévation, dans le domaine de la Sainteté ”. La Torah donne, en outre, l’assurance que “ à quiconque ajoute(2), on ajoute(3) ”. On obtient ainsi de Dieu une bénédiction accrue, pour tous les membres, tous ceux qui prient dans cet endroit, en tous leurs besoins et en ceux des membres de leur famille, matériellement et spirituellement.

En m’entretenant avec le Rav Chlita, à propos de la sainteté du Temple que l’on doit retrouver dans une synagogue, qui est un “ petit Sanctuaire ” et de l’importance d’une haute séparation(4), j’ai été surpris de comprendre, par ce qu’il disait, qu’il y a, en la matière, un certaine faiblesse chez quelques personnes priant dans votre synagogue.

Je suis convaincu que cette faiblesse est uniquement imputable au fait que l’on n’a pas bien expliqué l’importance de cette question, que l'on n'a pas souligné à quel point elle affecte, tôt ou tard, la pérennité de la synagogue et le bonheur de ses membres.

Le Rav Chlita et les autres membres de la synagogue trouveront sûrement les mots qui conviennent pour expliquer tout cela, pour que soit prise par tous la ferme décision qu’une telle séparation, conforme à la Hala’ha, est une nécessité, qu'elle doit être faite de la meilleure façon.

Néanmoins, pour renforcer tout cela, je veux également écrire quelques lignes, à ce sujet.

Dans différents domaines, on observe la situation de manière plus claire lorsqu’on en applique les termes à sa propre personne, de façon concrète. Ainsi, on peut imaginer qu’un homme, de chair et d’os, ait besoin d’un service qui lui soit rendu par quelqu’un d’autre, même si ce besoin n’est pas très fort. De façon générale, deux personnes ne peuvent avoir des idées strictement identiques. Et, l'on peut toujours trouver une autre personne, plus haut placée ou même se passer totalement du service rendu par quelqu’un d’autre.

Malgré tout cela, chacun comprend clairement que celui qui rend un service ne peut pas, dans un premier temps, humilier son interlocuteur, aller à l’encontre de sa volonté, puis, tout de suite après cela, lui dire qu’après de telles actions, il souhaite lui rendre un service et c’est pour cela qu’il lui rend visite.

La synagogue est un lieu de prière, dans laquelle on se réunit pour exprimer sa foi en le fait que Dieu, Créateur du monde, Qui le dirige, satisfait les besoins de chacun, guérit toute chair. Chacun, avec les membres de sa famille, veut être certain qu’il obtiendra la satisfaction de ses besoins, tout ce qui lui est nécessaire. On a conscience que tout dépend du Saint béni soit-Il et l’on se rend donc à la synagogue. Là, on demande à Dieu : “ Ecoute notre voix, aie pitié de nous, accueille notre prière avec miséricorde et bienveillance ”.

En revanche, lorsque celui qui implore Dieu le fait d’une manière qui va à l’encontre de Sa Volonté, telle qu’Il nous l’a exprimée dans sa sainte Torah, bien plus, quand il fait tout ce qui provoque la colère de Dieu dans un endroit qui est appelé maison de prière, quand il lui dit : “ Tu as demandé qu’une synagogue soit agencée d’une certaine manière, que les prières y soient prononcées d’une façon précise. Nous n'en tenons aucun compte et nous Te le montrerons. Nous irons à l’encontre de Ta Volonté, afin de susciter Ta colère. Par la suite, nous aurons suffisamment d’impudence pour Te dire : Guéris-nous et nous serons en bonne santé, bénis pour nous cette année, bénis-nous notre Père ”.

Une brève réflexion à tout ce qui vient d’être dit ne laissera aucun doute sur ce qu'est la synagogue, en général et sur la nécessité d’y placer une séparation, en particulier.

En ces jours, nous nous lamentons de la destruction du Temple et de l’exil. Or, nous affirmons que : “ c’est à cause de nos fautes que nous avons été renvoyés de notre terre ”. On peut en conclure que la délivrance dépend de la réparation de nos fautes. Que Dieu accorde donc à chacun et chacune d’entre nous, au sein de tout le peuple juif, un enthousiasme accru pour la pratique des Mitsvot de la meilleure façon, dans le domaine personnel et, a fortiori, en ce qui est public.

Car, il y a bien là un moyen de sanctifier publiquement le Nom de Dieu. De la sorte, on peut hâter la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.

Avec ma bénédiction pour chacun et chacune, matériellement et spirituellement,

Notes

(1) De Torah, qui sont donnés dans cette synagogue. (2) Des efforts. (3) Des bénédictions. (4) Entre les hommes et les femmes. Voir, à ce sujet, la lettre n°3453.

Lettre n°3696

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3696, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena'hem Av 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 28 Tamouz, dans laquelle vous me dites que la réception du courrier que je vous ai adressé vous a motivé, que vous avez, par la suite, conservé cette motivation, pendant un certain temps, dans l'étude de la Torah, la prière et dans votre comportement. Puis, vous vous êtes affaibli. Depuis, vous connaissez des hauts et des bas, de sorte que le désespoir l'emporte.

J'ai déjà écrit à quelques jeunes gens, se trouvant dans la même situation, pour leur rappeler que différents passages du Tanya répondent à cette question, en particulier à partir du chapitre 27. De façon générale, le désespoir et la recherche de miracles, en tout ce qui concerne la lutte contre le mauvais penchant, ne sont que des stratagèmes et des incitations de ce dernier.

Le moyen le plus efficace est donc de ne pas engager le dialogue avec le mauvais penchant, de se renforcer dans les trois domaines du service de Dieu que sont la Torah, la prière et plus généralement les Mitsvot, les bonnes actions. En le faisant avec ardeur et empressement, on a la certitude de réduire l'obscurité, puis de la repousser.

Il est dommage de perdre du temps à discuter de tout cela. Et, si, en outre, vous utilisiez votre capacité d'exercer une influence sur les autres envers les plus jeunes, afin de les rapprocher du service de Dieu, vous obtiendriez de Dieu une aide accrue.

Vous gardez sûrement les trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celles-ci portent sur le 'Houmach, les Tehilim, le Tanya et elles sont bien connues. De plus, vous donnez sûrement une ou deux pièces à la Tsédaka, chaque jour de semaine, avant la prière. Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°3697

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3697, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena'hem Av 5715,

Brooklyn,

Au distingué 'Hassid qui craint Dieu, homme aux

multiples accomplissements et d'une grande célébrité,

le Rav Aryé(1),

Je vous salue et vous bénis,

J'ai entendu parler de vous, à diverses reprises, de manière incidente. J'ai eu connaissance, avec plaisir, de vos accomplissements positifs, en particulier dans le domaine de l'amour du prochain. Le Tanya, au chapitre 32 et, plus longuement, le Séfer Ha Mitsvot, du Tséma'h Tsédek, à la Mitsva de l'amour du prochain, expliquent à quel point un tel comportement est fondamental, ici-bas et là-haut.

Comme votre sort est heureux! La divine Providence vous a accordé les moyens d'adopter un tel comportement et il ne fait pas de doute qu'au final, cet amour du prochain renforce également l'amour de la Torah et l'amour de Dieu. Je fais allusion aux personnes avec lesquelles vous entrez en contact, grâce à votre comportement. De la sorte, vous mettez en éveil, chez eux, le point de la foi et, à terme, ils raffermissent bien l'amour de Dieu et l'amour de la Torah, dont chaque Juif est nécessairement animé.

Et, il est bien clair, comme le dit l'Admour Hazaken, que si ce n'est pas le cas(2), on n'a pas, pour autant, perdu la Mitsva d'aimer son prochain. Mais, dans la pratique, on peut constater qu'à quelques exceptions près, qui conservent un caractère exceptionnel, l'amour du prochain crée une proximité, permettant de se souvenir de Dieu, de Sa Torah et de Ses Mitsvot. Dès lors, les paroles sont entendues et, avec le temps, elles font leur effet.

Dieu fasse que vous observiez les effets positifs de vos efforts, sans aucune interruption entre le temps des semailles et celui de la récolte.

Vous citez, dans votre lettre, un proverbe du Tséma'h Tsédek, à propos d'Aharon le grand Prêtre et de Mi'haël, le grand rappelle le chapitre 32 du Tanya, il est effectivement dit: Sois un disciple d'Aharon, comme le commentent longuement les Avot de Rabbi Nathan.

Vous reproduisez, à la fin de votre courrier, une affirmation du Tséma'h Tsédek, concernant le Baal Chem Tov, le Maguid de Mézéritch et l'Admour Hazaken(4). Celle-ci figure dans un manuscrit ancien, qui est en votre possession. Je n'ai pas connaissance de ce récit. Néanmoins, celui-ci mérite d'être vrai. Il n'est pas donné et permis à n'importe qui de parler ainsi, mais celui qui en a le pouvoir doit le faire.

Comme je l'ai dit, je n'ai pas reçu ce récit de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et, pour l'heure, je ne l'ai pas trouvé non plus dans les manuscrits. Je n'ai donc pas la possibilité de l'authentifier. Pour autant, il est clair que le Tséma'h Tsédek aurait pu prononcer de telles paroles.

Si vous possédez d'autres belles explications, il est sûrement inutile de vous demander de m'en communiquer une copie. Je vous en remercie par avance

Avec ma bénédiction de grande réussite dans votre mission sacrée,

Concernant ce que dit ce manuscrit ancien, à propos du prophète Elie et du Baal Chem Tov, on peut citer un autre récit(5), rapporté par le Rabbi(6), père de mon beau-père, le Rabbi, qui dit: Le Baal Chem Tov affirma qu'il pouvait monter directement dans le ciel, comme le fit le prophète Elie. Néanmoins, il voulut mettre en pratique les termes du verset: 'Car tu es poussière et tu retourneras à la poussière'. De fait, la poussière fut créée par l'Essence de Dieu et, en elle, on peut ressentir Sa Présence, comme le souligne le Torat Chalom, à la page 50(7), que vous consulterez.

Notes

(1) Le Rav Aryé Lewin, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°3771. (2) Si l'on n'a pas mis en éveil de meilleurs sentiments chez son prochain. (3) L'ange Mi'haël est le grand Prêtre, là-haut. Aharon est le grand Prêtre, ici-bas. Or, ce dernier est plus élevé que le premier. Voir, à ce sujet, la lettre n°3771. (4) Le Baal Chem Tov reçut l'enseignement d'A'hya de Shilo, alors que le Ari Zal reçut celui du prophète Elie, qui le tenait lui-même d'A'hya de Shilo. Il en résulte que le Baal Chem Tov est plus grand que le Ari Zal et le Maguid de Mézéritch, disciple du Baal Chem Tov, plus grand que Rabbi 'Haïm Vital, disciple du Ari Zal. (5) Voir Likouteï Si'hot, tome 2, page 515. (6) Rachab. (7) Page 46, dans la nouvelle édition.

Lettre n°3698

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3698, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

5 Mena'hem Av 5715,

Brooklyn,

Aux dirigeants des jeunes de l'association 'Habad,

dans la ville sainte de Jérusalem, puisse-t-elle être

restaurée et rebâtie, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Nous avons bien reçu votre lettre du 23 Tamouz et je suis surpris, comme je vous l'ai déjà écrit, que celle-ci soit aussi brève. Pendant une longue période, vous n'écrivez pas du tout, puis, après cette interruption, vous m'adressez un courrier très concis. Et, c'est bien le cas de la présente, qui n'est qu'une liste rapide. Or, comme vous le savez, l'optique de 'Habad est la compréhension, que l'on acquiert uniquement en entrant dans le détail.

Pour autant, il faut aussi garder la synthèse, la formulation finale(1), afin de ne pas s'écarter de l'idée. Celle-ci est, en l'occurrence, la crainte de Dieu, la soumission, l'unité parfaite et systématique dans la manière de Le servir. Certes, il peut ne s'agir que de la crainte inférieure(2). Néanmoins, différents textes établissent que celle-ci est liée à la crainte supérieure(3). De même, la soumission conduit à l'unité, comme l'établit le Tanya, au chapitre 32. Ces trois étapes correspondent au Youd et à la pointe qu'il y a au dessus de cette lettre, c'est-à-dire à l'aspect synthétique de la conclusion finale(1).

Je vous joins une copie de la lettre concernant ce qu'il y a lieu de faire pendant les vacances(4). Vous connaissez mon sentiment, selon lequel, pour diverses raisons, ces vacances n'ont pas lieu d'être, bien au contraire. Si j'en avais le pouvoir, je les aurais supprimées de par le passé et, a fortiori, pour le présent et pour l'avenir.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,

Notes

(1) Textuellement un point dans un palais. (2) Son premier niveau, inspiré par la peur de la punition ou le rejet du mal. (3) Son niveau le plus élevé, inspiré par la conscience de l'immensité de Dieu et de l'insignifiance de l'homme. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°3680.

Lettre n°3699

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3699, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Mena'hem Av 5715,

Brooklyn,

Aux dirigeants des jeunes de l'association 'Habad

en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et

rebâtie, groupement de Tel Aviv,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J'ai bien reçu votre lettre de Roch 'Hodech Mena'hem Av, rédigée d'une manière extrêmement concise. Celle-ci concernait vos activités, en général et la fête de la libération des 12 et 13 Tamouz, en particulier. Je suis profondément surpris par cette concision(1).

J'ai été particulièrement satisfait de constater qu'une classe a été confiée au jeune Its'hak Yadgar(2). Sans doute de telles activités seront-elles élargies, conformément à ce qui est dit dans l'extrait de ma lettre, relatifs aux actions à mener pendant les vacances.

Cent livres, prélevées sur une caisse spécifique, seront donc consacrées à cette activité. De plus, cent autre livres seront données, à titre de participation à des activités similaires, qui seront menées pendant la période des vacances et encore cent afin de prendre une part dans les réalisations du 18 Elloul, en particulier la journée d'étude pour les soldats

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles, qui seront détaillées, de ce qui se passe dans le domaine de 'Habad et, en particulier, des jeunes de l'association 'Habad,

Notes

(1) Voir le début de la lettre précédente. (2) Actuellement émissaire du Rabbi à Taana'h, en Terre Sainte.

Lettre n°3700

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3700, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena'hem Av 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 29 Tamouz. Conformément à votre demande, les noms de tous ceux que vous citez seront mentionnés près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Vous évoquez l'ancien village(1). Or, j'ai déjà écrit à quelques 'Hassidim qu'il est important de faire en sorte que celui-ci et le nouveau se réunissent, afin qu'il ne reste pas de logements inoccupés(2). Il est pratiquement impossible qu'il en soit autrement.

Ceux qui résident dans ces deux localisations auront un comportement conforme à ce que doivent être des habitants de Kfar 'Habad. En fonction des réponses que j'ai reçues, j'espère que l'on agira effectivement en ce sens, avec toute l'énergie nécessaire. Dès lors, la réussite sera assurée.

Vous évoquez une intervention, effectuée ici, à propos de la part qui a été attribuée à telle personne ou bien de la répartition de ces parts. Néanmoins, il est difficile de donner des instructions lorsque l'on se trouve à distance, surtout quand il peut en résulter du tort pour d'autres personnes, puisque le nombre de ces parts est limité. C'est précisément pour cela qu'un conseil du Kfar, émanation de la communauté, a été élu.

Vous gardez sans doute les trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi. Elles portent sur le 'Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Et, vous prenez sûrement part aux cours publics. Dieu vous accordera la réussite.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) La première implantation de Kfar 'Habad. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3498.

Lettre n°3701

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3701, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena'hem Av 5715,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué 'Hassid qui craint Dieu,

aux multiples connaissances, le Rav Yossef Barou'h(1),

Je vous salue et vous bénis,

J'ai reçu, avec plaisir, votre lettre du lundi 29 Tamouz, phrase dont le début contredit la fin(2). En effet, il n'y a pas lieu d'employer le premier terme, ou bien le dernier(3), car, dans la pratique, on peut observer que l'on prête attention au jour de la semaine. Et, combien plus doit le faire un Rav, puisque cela a une incidence sur la lecture de la Torah.

Il n'est rien que l'on ne puisse trouver, en allusion, dans la Torah et mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, a instauré que l'on étudie, chaque jour, la Paracha correspondante de la Sidra de la semaine. C'est donc le Cheni qui est étudié, le lundi. En l'occurrence, ce passage définit la fonction d'un Rav, délivrant l'enseignement à Israël, son attitude, en particulier quand il est confronté aux problèmes financiers, ce qui, d'après la partie révélée de la Torah, requiert un plus grand effort que de prononcer une interdiction. La 'Hassidout donne, à ce sujet, une explication figurant dans un fascicule que vous trouverez ci-joint.

En tout état de cause, j'ai pris connaissance avec satisfaction, par votre lettre, de vos commentaires et des allusions que vous mettez en évidence dans le fascicule présentant la description de l'emprisonnement de mon beau-père, le Rabbi. Sans doute m'adresserez-vous encore de telles explications, dans vos prochaines lettres. En effet, la lumière la plus forte est celle qui fait suite à l'obscurité et la plus grand joie, celle qui fait suite à la tristesse. Une telle supériorité est effectivement ressentie, en la matière.

Vous évoquez la possibilité d'offrir le sacrifice de Pessa'h et de le consommer au même moment. D'une part, ce sacrifice unit ces deux moments, d'autant qu'il s'agit bien ici de celui de Pessa'h, qu'il est fondamental de consommer, ce qui n'est pas le cas pour les autres sacrifices dont la consommation n'est qu'un aspect parmi d'autres, comme le disent la Michna, au traité Pessa'him 76b et Rachi, à cette référence, qui précise: Il lui accorde, en l'occurrence, une valeur particulière, car il a reçu l'Injonction de le consommer.

Il a déjà été maintes fois expliqué que le sacrifice de Pessa'h, précisément, présente également l'aspect inverse. En effet, le fait de le sacrifier, puis de le consommer sont deux Mitsvot indépendantes l'une de l'autre. Il n'en est pas de même pour les autres sacrifices que l'on consomme. Et, le Séfer Ha Iréim précise, au chapitre 405, qu'il en est ainsi parce que le sacrifice et la consommation n'ont pas lieu à la même heure.

Mais, de ce fait, on peut dire, à propos des Chelamim, que les deux jours et la nuit qui les sépare(4) sont également réunis pour constituer une même période du fait que l'on recherche la sainteté. Et, un autre point s'ajoute à Pessa'h, puisqu'en tout état de cause, la nuit suit le jour(5), pour tous les sacrifices. Je ne possède pas le Otserot Yossef, que vous mentionnez, à ce sujet.

Pour une certaine raison, on vient d'éditer le discours 'hassidique intitulé Tsion sera libéré par le jugement, de l'Admour Hazaken, avec les commentaires du Tséma'h Tsédek. Je vous le joins. Vous en mettrez sûrement le contenu à la disposition du plus grand nombre. Le mérite de tous dépend de vous.

Avec ma bénédiction de réussite,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Y.B. Blumenfeld. Voir, à son sujet, la lettre n°3388. (2) Puisque le 29 Tamouz 5715 était un mardi. (3) Pour énoncer la date du jour, si l'on veut le faire avec exactitude. (4) Pendant lesquels ils peuvent être consommés. (5) Et, ne le précède pas. Ce qui n'a pu être achevé dans le jour pourra, le cas échéant, l'être la nuit suivante. On ne pourra pas, en revanche, le commencer dès la nuit précédente.

Lettre n°3702

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3702, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Mena'hem Av 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J'ai bien reçu votre lettre de Roch 'Hodech Mena'hem Av et puisse Dieu faire que se révèle, très bientôt, le Père(1) miséricordieux, juste et bienfaisant, selon l'explication que mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, donne du passage bien connu du saint Tanya, dans Iguéret Ha Kodech, au chapitre 22, page 134b, soulignant qu'il est deux façons de qualifier le Père(2). Il souligne, en effet, que lorsque l'on exprime son amour et que l'on fait de la morale, on ne Lui donne pas le titre de bienfaisant, alors qu'en revanche, quand on intercède pour que se révèle un bien visible et tangible, on lui accorde effectivement ce titre.

Conformément à votre demande, je mentionnerai votre nom et tous ceux que vous citez dans votre lettre, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, en fonction de ce que vous m'écrivez. Lorsque vous obtiendrez de bonnes nouvelles(3), vous ne manquerez pas de me les communiquer.

Je vous joins un fascicule contenant un discours 'hassidique de l'Admour Hazaken, intitulé Tsion sera libéré par le jugement, avec des notes du Tséma'h Tsédek. Pour une certaine raison, il vient tout juste d'être imprimé.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Av, comme le nom de ce mois. (2) Voir également, à ce sujet, la lettre n°3685. (3) De ces personnes demandant une bénédiction.

Lettre n°3703

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3703, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Mena'hem Av 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué 'Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Raphaël Na'hman Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille du Chabbat 'Hazon, dans laquelle vous me justifiez votre long silence. Vous me dites que vous n'avez rien à écrire et vous comprenez à quel point une telle assertion est pénible. Or, à ma grande douleur, il en est ainsi pratiquement pour tous les 'Hassidim se trouvant en Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie.

Et, la situation n'en est pas modifiée pour autant. A chaque instant, il est possible de mener une action, d'une manière relativement aisée, surtout en Terre Sainte, à l'heure actuelle, afin de diffuser les sources(2) à l'extérieur et, en outre, de renforcer le Judaïsme, en général. Malgré cela, des dizaines de 'Hassidim, et peut-être encore plus que cela, parmi lesquels se trouvent des anciens élèves de la Yechiva, en lesquels nos saints maîtres ont investi des forces, afin qu'ils soient des lumières pour éclairer, restent assis, les bras croisés, attendant qu'on les invite à l'action.

Puis, lorsque cette invitation leur parvient effectivement, ils donnent naissance à une fille(3), pour reprendre l'expression du Likouteï Torah. Bien plus, dans la plupart des cas, il n'y a même pas de naissance du tout, ainsi qu'il est dit: Le vent souffle, mais il n'y a pas de pluie. Or, il est absolument certain que l'on peut voir, y compris par ses yeux de chair, des centaines d'élèves de Yechiva et, plus généralement, de Juifs qui ont soif, qui désirent qu'on leur montre la vérité. En effet, ceux-là se sont eux-mêmes aperçus que l'autre côté(4), selon l'expression courante, avec tout ce que cela recouvre, n'a pas d'existence et pas de pérennité.

Il en résulte qu'il y a non seulement un manque à gagner, atteignant personnellement tel élève de la Yechiva ou tel 'Hassid(5), mais aussi un gaspillage des forces de notre maître, tête et cerveau de toute la génération, que l'on n'utilise pas. C'est à ce propos qu'il est dit: Le roi est enchaîné. Car, qui sont les rois? Ce sont les Sages.

Je suis contraint de répéter tout cela encore et encore, car, semble-t-il, mes lettres n'ont pour effet que de décourager, durant un temps plus ou moins long, puis tout redevient comme auparavant, ainsi qu'il est dit: C'est un peuple à la nuque raide.

Puisse Dieu faire que chacun d'entre nous se serve de cette raideur uniquement pour le domaine de la Sainteté et que s'accomplissent en nous les termes du verset: Parce que c'est un peuple à la nuque raide, Tu pardonneras.

Avec ma bénédiction de bonne santé et pour donner de bonnes nouvelles,

N. B. : Il est bien clair que tout ce qui vient d'être dit ne s'adresse pas personnellement à vous, mais concerne aussi à la majeure partie des 'Hassidim, comme je le soulignais. Vous pouvez donc diffuser ce message, de la manière qui convient, à condition de ne pas en cacher la fin(6). En effet, si l'on prend pour référence ce qui s'est passé jusqu'à maintenant, on peut comprendre que ces propos auront le même effet, c'est-à-dire qu'ils ne feront pas d'effet du tout.

Notes

(1) Le Rav R.N. Kahn, auteur du Chmouot Ve Sippourim. Voir, à son sujet, la lettre n°3225. (2) De la 'Hassidout. (3) Agissent faiblement. (4) Celui du mal. (5) Se soustrayant à cette action de diffusion. (6) Sur la manière de réagir à l'invitation du Rabbi.

Lettre n°3704

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3704, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Mena'hem Av 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me demandez où placer l'arche sainte(1). Il faut vérifier s'il ne s'agit pas, en l'occurrence, de modifier une pratique(2). Si une telle saillie n'existait pas dans le mur, jusqu'à maintenant, il n'y a pas lieu de la pratiquer.

On sait, en effet, à quel point on doit faire particulièrement attention de ne rien modifier, dans une synagogue, même s'il s'agit d'un petit détail, même s'il semble ne poser aucun problème, à ce moment précis. En effet, celui qui observe cette pratique se demandera en quoi cette modification est différente d'une autre(3). Vous devez comprendre ce que je veux dire.

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,

Notes

(1) Afin qu'elle soit saillante, par rapport au mur. (2) Existant, d'ores et déjà, dans cette synagogue. (3) Qui contrevient à la Hala'ha, point qui lui échappe.

Lettre n°3705

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3705, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 8 Mena'hem Av 5715, Brooklyn,

Au grand Rav, distingué 'Hassid qui craint Dieu, aux multiples accomplissements, empli d'empressement, le Rav 'Hananya Yom Tov Lipa Chlita(1),

Je vous salue et vous bénis,

J'ai reçu, avec plaisir, votre lettre de ce lundi, dans laquelle vous me faites part de l’amélioration de votre état de santé. Puisse Dieu faire que vous alliez de mieux en mieux. Nos Sages disent, en effet, que l’on connaît l’élévation, dans le domaine de la Sainteté. Chaque Juif appartient à une nation sacrée, à la fois par son âme et par son corps. En effet, c’est de cette manière que l’on se prépara à la révélation du Sinaï. Or, la Torah ne fut pas donnée aux anges, ni même aux âmes telles qu’elles se trouvent là-haut.

Ainsi, disent nos Sages(2) : “ Etes-vous descendus en Egypte ? Avez-vous un mauvais penchant ? ”. Et, vous connaissez la décision du grand maître(3), dans son Michné Torah, lois des opinions, début du chapitre 4, selon laquelle “ le fait d’avoir un corps intègre et en bonne santé est partie intégrante des voies de Dieu ”.

J’ai déjà fait remarquer, par ailleurs(4), que, si je peux me le permettre, je dirais qu’il manque un mot dans cette expression et qu’il faudrait dire : “ est partie intégrante des voies du service de Dieu ”, comme on peut le déduire du contexte, ou bien “ est partie intégrante des voies de la connaissance de Dieu ”, selon ce que semble indiquer sa conclusion.

Vous me dites que vous organisez un repas d’actions de grâce(5), le dimanche de la Paracha “ Et, ce sera si vous écoutez… l’Eternel ton Dieu gardera pour toi l’alliance et le bienfait… ”. Je m’associe donc à ceux qui vous souhaitent d’augmenter votre force(6) dans la Torah, qui est un élixir de vie, quand on l’étudie avec pureté et crainte de Dieu.

L’amour et la crainte de Dieu permettent l’élévation(7), comme l’établit le traité Yoma 72b : “ Pour celui qui en a le mérite, elle est un élixir de vie ”. Et, Rachi explique : “ On doit l’étudier pour son nom et la mettre en pratique ”. Le traité Pessa’him 50b établit clairement que "l’étude et l’action pour son nom permettent de s’élever au dessus du ciel". Les Tikouneï Zohar l'établissent, au Tikoun 14, cités dans différents passages du Tanya, en particulier à la fin du chapitre 39 et dans le Kountrass A’haron. L’amour et la crainte assurent l’élévation et permettent de se présenter devant Dieu.

La Guemara conclut que la Torah réjouit celui qui en a le mérite, celui qui s’est sanctifié afin de l’apprendre pour son nom, ainsi qu’il est dit : “ Les Préceptes de Dieu sont droits. Ils réjouissent le cœur ” et la fin de ce verset, “ la crainte de Dieu pure ” souligne que l’on doit étudier la Torah dans la pureté. Vous consulterez ce texte.

Comment acquérir l’amour et la crainte ? L’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, a déjà répondu à cette question, en soulignant que l’amour est à l’origine de toutes les Injonctions, y compris celle de craindre Dieu.

Il nous est enjoint d’aimer Dieu en notre cœur, même s’il semble difficile que l’on puisse donner un tel ordre. Néanmoins, il est dit: “ voici ce que m’a enseigné le Maguid de Mézéritch, qui le tient du Baal Chem Tov. La Mitsva d’aimer Dieu consiste à investir sa pensée et sa conscience dans les idées qui mettent en éveil cet amour ”(8) et il est précisé, en Yiddish, que “ l’on doit se vêtir de ces idées ”, de l’étude de la ‘Hassidout, en méditant à la grandeur de Dieu, comme le montrent différents passages du saint Tanya.

La Hala’ha tranche qu’au moins trois fois par jour, chacun est tenu d’accomplir tout cela(9). Comme le disent les élèves de Rabbi Yehouda, cités par le Ramah, lois de la prière, début du chapitre 98, “ il faut, avant la prière, méditer à la grandeur de Dieu, qu’Il soit loué et grandi ”.

C’est là un chemin tracé, permettant de respecter la Mitsva la plus légère comme la plus déterminante. En effet, on étudie, on pratique pour Son Nom, d'une manière totalement désintéressée, sans même rechercher la récompense du monde futur, comme le dit le Rambam, à la fin des lois de la Techouva.

Il faut donc avoir pour seule intention de servir le Créateur et, en conséquence de respecter également les Préceptes que l’on “ foule du talon ”. En effet, on ne pourra se séparer de l’unité de Dieu, même un seul instant, ce qu’à Dieu ne plaise.

Et, “ d'après ce qui est la vérité absolue, celui qui commet la faute la plus légère transgresse bien la Volonté de Dieu et se sépare totalement de Son unité ”, comme l’explique précisément le Tanya, au chapitre 24, traitant du défaut qui est causé de la sorte et de la punition qui en découle. En l’occurrence, il s’agit bien, néanmoins, de ce qui est positif, de la récompense et de ce qui en découle. Vous consulterez ce texte. Vous verrez également le Zohar, à la Parchat Mikets, page 199a et le Midrach Tan’houma, au début de la Parchat Ekev.

Puisse Dieu faire que l’effort consenti dans tous ces domaines et, a fortiori, dans le but de rejeter la faute et la transgression, par “ les talons de vos pieds ”, selon l’expression du traité Sanhédrin 108b, que Rachi applique à la faute bien connue, celle qui prolonge l’exil, conduise à la réalisation, très bientôt et de nos jours, de la fin d’un verset de notre Paracha : “ Il aura de l’amour pour toi ”. Cette sollicitation de Dieu fait que l’homme, à son tour, aime Dieu. Alors, “ Il te bénira et te multipliera… sur la terre qu’Il a promis à tes ancêtres de te donner ”, par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav H.Y. T. L. Deutsch. Voir, à son sujet, la lettre n°3662. (2) Pour répondre aux anges qui se plaignaient que la Torah ne leur soit pas donnée. (3) Le Rambam. (4) Voir la lettre n°1968. (5) A l’occasion de cette guérison. (6) Ce terme, ‘Heïlo, est souligné dans le texte, car il est constitué des initiales de ‘Hananya Yom Tov Lipa, les prénoms du destinataire de cette lettre. (7) Des Mitsvot que l’homme accomplit. (8) Selon le Chneï Ha Meorot, du Rav Its’hak Aïzik Halevi Epstein, tome 2, chapitre 2, page 30b. (9) D’avoir cette réflexion.

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