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Iguerot Kodesh — lettres 3566 à 3585

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°3566

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3566, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[19 Sivan 5715]

Je fais réponse à votre lettre de la veille du temps du don de notre Torah et à celle qui la précédait et exprimait vos vœux, à l'occasion de la fête. Or, quiconque bénit est lui-même béni, de la bénédiction du Saint béni soit-Il, ainsi qu'il est dit: Je bénirai ceux qui te béniront, comme l'explique le traité Sotta 31b. Car, ce verset ne fait pas uniquement allusion à un Cohen. Et, l'on trouve la même affirmation dans le Midrach Ha Gadol et aussi dans le Yerouchalmi Bera'hot, chapitre 8, cité par le traité 'Houlin 49a, où il est dit que l'intérêt(1) dépasse le capital.

Vous m'interrogez sur les additifs à la Haggadah de Pessa'h, publiée aux éditions Kehot(2):

A) Concernant le nom du Chabbat Ha Gadol(3), vous consulterez la Torah Cheléma, tome 11 et ses additifs, qui indiquent plusieurs références traitant de ce sujet.

B) Le Rabbi Rachab disait: Cette année, nous sommes ici, l'an prochain, nous serons en Erets Israël, en levant le ton pour les mots l'an prochain, signifiant ainsi qu'il s'agit du passé. Vous me demandez comment il faut comprendre cette affirmation.

Je n'ai reçu aucune explication, à ce sujet. Néanmoins, il me semble, que ces mots font référence, très simplement, à une période qui a déjà commencé, en ce Pessa'h. Et, l'on dit ensuite, l'an prochain, nous serons libre, en appuyant, cette fois-ci, sur l'an prochain, car on fait, cette fois-ci, allusion au futur.

Pour bien comprendre tout cela, surtout dans la dimension spirituelle, il faut préciser que la réalisation de la promesse selon laquelle l'an prochain, nous serons en Erets Israël ne dépend que de l'homme lui-même, lequel possède le libre arbitre, en particulier pour tout ce qui est moral. Erets Israël est l'endroit que Dieu protège en permanence, du début de l'année à la fin de l'année. Il faut, pour cela, ne pas s'écarter de la Volonté de Dieu, mais, bien au contraire, marcher dans Mes Décrets.

En conséquence, lorsque l'on dit et que l'on décide l'an prochain en Erets Israël, on peut le faire aussitôt et même au plus vite. Etre libre, en revanche, délivré de la servitude, requiert, d'après la partie révélée de la Torah, un acte d'affranchissement ou toute autre procédure similaire. Dans le domaine spirituel, cela signifie que seul le Saint béni soit-Il peut égorger le mauvais penchant afin que l'homme soit réellement libre. Nos Sages disent, en effet: Ne lis pas 'Harout, gravé sur la pierre, mais 'Hérout, liberté.

*

*

*

Concernant ce qui vient d'être dit, concernant l'an prochain, vous consulterez le Zohar, tome 1, page 265a et le Rambam, lois de la Techouva, fin du chapitre 8.

*

*

*

C) Vous proposez d'expliquer la différence de formulation du Rambam, qui écrit tantôt Merorim, herbes amères, au pluriel, tantôt Maror, au singulier, en appliquant la première expression à l'époque du Temple et la seconde, après sa destruction.

Or, c'est précisément pour écarter cette interprétation, à laquelle j'avais également pensé, que j'ai cité une autre référence du Rambam, les lois du 'Hamets et de la Matsa, chapitre 1, paragraphe 4, qui dit Maror, au singulier, alors que, dans sa Haggadah, il écrit Merorim, ce qui contredit cette interprétation.

D) Concernant la lecture que vous faites de la Tossefta, vous consulterez le Tsafnat Paanéa'h, qui est également cité dans l'additif.

E) Il est dit, dans cet additif(4), que l'étude du huitième jour a été instaurée après le don de la Torah. Ceci est lié à la question suivante. L'Injonction de la circoncision a-t-elle été uniquement réitérée, sur le mont Sinaï(5)?

A mon avis, cette affirmation n'est pas exacte. C'est pour cela que je cite les Tossafot et non le traité Chabbat, car on a pu réitérer, lors du don de la Torah, que les Préceptes qui avaient déjà été donnés auparavant et, en l'occurrence, pour la circoncision, il s'agit de ce qui a été dit dans la Parchat Le'h Le'ha. Il n'en est pas de même pour le huitième jour, dont le principe a été énoncé après le don de la Torah.

F) Vous citez le Ifat Toar, selon lequel ils furent circoncis dans la journée de la veille de Pessa'h et non la nuit. Le Riva, à la Parchat Bo, énonce une affirmation encore plus forte, puisque, selon lui, ils pratiquèrent la circoncision à partir du 10 Nissan.

Néanmoins, on ne peut retrouver cette interprétation dans le Midrach Chemot Rabba, à la référence que je citais. Ce texte dit, en effet, qu'ils se circoncirent après avoir senti l'odeur du sacrifice de Pessa'h que Moché faisait griller. Il faut en conclure qu'il y a là des explications Midrachiques divergentes ou bien que chaque groupe(6) pratiqua autrement.

Vous demandez comment ils s'inscrivirent pour le Pessa'h(7) et le consommèrent et vous comparez tout cela à une conversion. Je n'accepte pas cette comparaison. En effet, tous étaient astreints, en Egypte, à offrir le sacrifice de Pessa'h et ils consommèrent celui de Moché parce qu'il les avait tous inclus dans le sien. En pareil cas, il est permis de conférer un mérite à quelqu'un, en agissant de cette façon. C'est en particulier le cas pour le Pessa'h offert en Egypte, qui présentait quelques particularités. Cette situation était liée à la délivrance et à la protection de la plaie des premiers-nés. En effet, il est dit que Dieu fit un bond au dessus de la porte et ceci concernait bien chacun.

*

*

*

Il est dit, dans l'additif, et ceci a été rappelé au préalable, qu'ils pratiquèrent la circoncision la nuit, parce que la Parchat Tazrya n'avait pas encore été énoncée(8). Or, je viens de trouver cette explication dans le commentaire du Rachach sur le verset Chir Hachirim 1, 12.

Notes

(1) De cette bénédiction. (2) C'est sous cette forme que furent publiés, dans un premier temps, les commentaires du Rabbi. Par la suite, ceux-ci furent mis en parallèle au corps du texte. (3) Qui précède la fête de Pessa'h. (4) Cette explication est énoncée, dans la Haggadah du Rabbi, à propos de la coupe du prophète Elie. Voir, à ce sujet, le Likouteï Si'hot, tome 17, à partir de la page 125. (5) Ayant déjà été énoncée auparavant, ou bien la pratiquons-nous parce qu'elle a été ordonnée lors de la révélation du Sinaï. (6) Le sacrifice du Pessa'h était offert par groupes. (7) Afin de constituer un groupe. (8) Qui demande de la pratiquer le jour.

Lettre n°3567

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3567, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me posez la question suivante. Vous avez pris l'habitude de prier plus longtemps et, de ce fait, vous n'entendez plus la Kedoucha, récitée par l'officiant. Vous me demandez si vous devez conserver cette pratique ou bien s'il est préférable d'écourter votre prière, afin d'entendre la Kedoucha.

La ferveur est un élément fondamental de la prière. Il en est même une forme globale(1), sans laquelle la prière est sans valeur(2). Il n'y a donc pas lieu de diminuer la réflexion de la prière et le temps qui lui est consacré, même pour entendre la Kedoucha.

Le Tséma'h Tsédek adopte cette conclusion, dans ses responsa, imprimées dans le Chaar Ha Milouïm, au chapitre 11. Vous consulterez également les références qu'il cite.

Avec ma bénédiction,

M. Schneerson,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2588. (2) Le Rabbi note, en bas de page: Voir le Rambam, lois de la prière, chapitre 4, le Choul'han Arou'h de l'Admour Hazaken, chapitre 98, fin du paragraphe 2, le Kountrass A'haron du Tanya, page 154b, les 'Hidoucheï Rabbi 'Haïm Ha Lévi sur le Rambam, à la même référence.

Lettre n°3568

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3568, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué 'Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Saadya(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) Je fais réponse à votre lettre du 13 Sivan. Puisse Dieu faire que vos élèves se multiplient quantitativement et donc également qualitativement. Ce grand nombre simplifiera la situation, en fonction du principe selon lequel lorsque mille entreprennent l'étude de la Loi Ecrite, cent parviennent à celle de la Michna. De fait, je suis un peu surpris que ce grand nombre ne soit pas déjà atteint, puisque vous me dites que plusieurs élèves ont été envoyés de Casablanca(2). J'attends de vos bonnes nouvelles.

B) Vous m'écrivez, à propos du Mikwé(3). Bien que votre lettre ne soit pas claire, vous semblez indiquer que l'eau sortant du bassin est retenue par un bouchon en fer, qui ferme l'orifice pratiqué sur le sol de ce bassin. Je lis tout cela avec effroi, mais peut-être n'y a-t-il là qu'une mauvaise interprétation de vos propos.

La permission d'agir de la sorte a été remise en cause, puisque ce bouchon est destiné à avoir une position fixe. Vous possédez sûrement une copie de la lettre du Rabbi Rachab, qui ne permettait même pas de fermer cet orifice avec un bouchon en caoutchouc(4), car, selon un avis, celui-ci peut contracter l'impureté. Il conseillait donc d'effectuer cette fermeture avec un ustensile en bois, qui est plus lisse.

Néanmoins, il est difficile d'obtenir une adhésion parfaite entre le bois et la pierre. La solution est donc la suivante. Un coin du sol peut être fait en bois et c'est là que sera pratiqué un orifice ayant un bouchon en bois. Il est, en effet, plus aisé d'obtenir l'adhésion entre deux pièces de bois. Néanmoins, le mieux, et c'est ce que je demande chaque fois que j'en ai la possibilité, est de ne pratiquer aucun orifice sur le sol et de réaliser l'évacuation de l'eau par une pompe, si possible par celle qui est appelée siphon. Ceux qui connaissent ces travaux savent de quoi il s'agit.

Je vous joins la réponse pour ce jeune homme. Je m'en remets à votre entendement pour lui apporter toutes les précisions supplémentaires qui pourraient s'avérer nécessaires. Comme votre lettre semble l'indiquer, il serait bon qu'il aille, après la préparation qui convient, poursuivre ses études à Brunoy(5).

Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d'être dit,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav S.Liberov, de Sefrou, Maroc. Voir, à son sujet, la lettre n°3508. (2) Pour renforcer l'activité. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3639. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°3189. (5) La Yechiva Tom'heï Temimim Loubavitch, dans la région parisienne.

Lettre n°3569

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3569, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) Je fais réponse à votre lettre de l'issue du Chabbat, dans laquelle vous me dites que vous ne savez pas si, du point de vue de la Hala'ha, il est permis d'abandonner le rite de votre prière(1), qui est vraisemblablement ashkénaze, pour adopter celui du Ari Zal.

Or, la pratique concrète fait la preuve que des milliers, des dizaines de milliers de Juifs, dans les premières générations des disciples du Baal Chem Tov, puis des disciples de ses disciples, ont changé le rite de leur prière, de cette manière.

Vous trouverez les justifications hala'hiques dans les responsa Min'hat Eléazar, tome 1, chapitre 11, dans les responsa Peri Ha Sadé, tome 2. Selon la conclusion de ces textes, il est permis d'adopter le rite séfarade ou Ari Zal, mais non l'inverse(2). Ces analyses citent également les références qui débattent de ce sujet.

Néanmoins, un tel changement est envisageable uniquement s'il est définitif, pour l'avenir. Il ne peut pas, en revanche, faire l'objet de fluctuations.

B) Vous me demandez de quelle manière étudier la 'Hassidout. Bien évidemment, tout dépend de la tournure d'esprit, des aptitudes et des capacités de celui qui le fait. Vous interrogerez donc, à ce sujet, les 'Hassidim âgés se trouvant dans la ville sainte de Jérusalem. Ils vous indiqueront ce qu'il y a lieu de faire, dans ce domaine.

De façon générale, il faut commencer cette étude par la troisième partie du Tanya, puis envisager la seconde et enfin la première. Vous étudierez ensuite certains textes du Dére'h Mitsvoté'ha(3).

Le principe premier et fondamental de tout cela est le suivant. Lors de la réception de la Torah, tous dirent: Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons(4) et il doit en être de même pour l'étude de la Torah. Je veux dire que, si vous ne comprenez pas certains points, si vous vous interrogez à leur propos, vous devez, malgré cela, avoir la conviction profonde qu'à terme, vous parviendrez à les comprendre.

Ceci s'applique également, et même encore plus fortement, à la 'Hassidout, enseignement profond de la Torah, qui en est l'âme, selon l'expression du Zohar. Car, à notre époque, le mauvais penchant s'attaque précisément à cette étude, comme le souligne le Kountrass Ets 'Haïm, du Rabbi Rachab.

Sans doute respectez-vous l'immersion rituelle telle qu'elle est définie par Ezra et vous gardez les trois études, concernant chacun, qui ont été instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Elles portent sur le 'Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues.

Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3400. (2) Abandonner l'un de ces rites pour le Sidour ashkénaze. (3) Du Tséma'h Tsédek. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°3550.

Lettre n°3570

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3570, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Sivan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du mardi de la Parchat Beaalote'ha, dans laquelle vous exprimez votre suspicion envers telle personne, qui ne m'aurait pas transmis votre courrier.

Ce soupçon n'est pas fondé. Je reçois toutes les lettres qui sont adressées à mon nom. Je les lis personnellement, bien que la réponse parvienne, quelques fois, avec la signature d'un de mes secrétaires, en fonction de la répartition qui est faite entre eux.

Il en est de même pour la décision d'imprimer un texte, dont je ne m'occupe pas personnellement. C'est pour cela que la lettre qui vous a été adressée était signée par quelqu'un d'autre, chargé de gérer tout cela. Je vous apporte toutes ces précisions afin de supprimer tout soupçon que vous pourriez encore éprouver envers un Juif.

Pour ce qui est de la question proprement dite, chacun a reçu une mission bien précise et la diffusion des livres qui sont édités revient, en Europe, en général et en France, en particulier, au bureau, se trouvant à Paris et recevant des directives d'ici. Pour toutes ces questions, vous devez donc vous adresser exclusivement au bureau de Paris.

Vous avez sûrement entendu parler des trois études qui concernent chacun, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Elles consistent à lire des Tehilim, chaque jour, après la prière du matin, selon leur répartition mensuelle, à étudier, chaque jour également, une Paracha du 'Houmach, avec le commentaire de Rachi, de la Sidra de la semaine, le dimanche du début au Chéni, le lundi du Chéni au Chelichi, enfin à apprendre, chaque jour, un passage de Tanya, selon sa répartition annuelle. Vous garderez ces études, au moins à l'avenir.

Et, Dieu vous accordera la réussite.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°3571

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3571, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Sivan 5715,

Brooklyn,

A l'association des femmes et jeunes filles 'Habad,

groupement de Toronto,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue,

J'ai reçu, par l'intermédiaire du grand Rav, distingué 'Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, multiplie les accomplissements positifs pour Dieu et pour Sa Torah, le Rav Dov Yehouda Cho'hat, un chèque de mille deux cents dollars, au profit des jeunes orphelins. Ce montant sera utilisé de la manière qui convient et au moment qui convient. Vous trouverez ci-joint un reçu de Ma'hané Israël, organisme qui se consacre à de telles actions.

Le simple fait d'avoir collecté cette somme pour ces orphelins, ce don de votre cœur pur, fait la preuve qu'il est inutile de vous rappeler à quel point il est important d'aider les orphelins, en général et ceux qui se trouvent dans la tente de l'étude de la Torah, en particulier, qui reçoivent une éducation basée sur les valeurs sacrées, suivent la voie de la Torah et des Mitsvot et, avec l'aide de Dieu, sauront organiser leur vie sur cette base.

Je voudrais simplement rappeler ici un mot de l'Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul'han Arou'h, soulignant l'importance de la Tsédaka. Celui-ci explique que le montant qu'on lui consacre apporte l'élévation à tout ce que l'on possède, par ailleurs, afin que l'ensemble de tout cela soit un sanctuaire pour Dieu.

On peut en déduire que, là où se trouve Dieu, Qui est l'Essence du bien, la bonté et le bienfait règnent. En d'autres termes, tous les biens que l'on possède seront utilisés, en bonne santé, pour ce qui suscite la joie.

Combien plus en est-il ainsi lorsqu'il s'agit d'aider de jeunes orphelins, de leur permettre de se maintenir. Par la suite, chacun d'entre eux bâtira un foyer juif, qui sera un édifice éternel. En conséquence, tous ceux qui leur apportent leur aide, à l'heure actuelle, reçoivent également une part de cet édifice éternel et leur intégrité est établie pour l'éternité.

Le Saint béni soit-Il agit mesure pour mesure et Il accordera à chacun et à chacune de ceux qui participent à cet accomplissement la bénédiction et la réussite, en tous leurs besoins personnels. Ainsi, en bonne santé et avec des cœurs joyeux, vous pourrez renforcer et élargir votre action, pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, lesquelles sont éternelles et immuables, de même que la récompense qu'elles permettent d'obtenir.

Avec ma bénédiction pour chacune d'entre vous, avec tous les membres de la famille,

M. Schneerson,

Lettre n°3572

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3572, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Sivan 5715,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué 'Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Dov Yehouda(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre du 18 Sivan. J'ai apprécié ce qui y était dit et ce qui y était joint(2), bien que vous m'en ayez prévenu, il y a quelques temps déjà. En effet, nos Sages disent, dans la Me'hilta, à la Parchat Yethro 19, 9, que ce que l'on voit n'est nullement comparable à ce que l'on entend.

A tout époque, une action positive, réalisée par des Juifs, surtout s'ils sont nombreux, suscite la joie. Combien plus est-ce le cas, à l'heure actuelle, en particulier quand il s'agit de femmes. En effet, les femmes vertueuses sont à l'origine de la première délivrance, lors de la sortie d'Egypte et il est dit que comme aux jours de ta sortie d'Egypte, Je te montrerai des merveilles, lors de la délivrance future, très bientôt et de nos jours, qui sera une délivrance complète et véritable.

Comme vous le proposez, je vous joins une lettre pour elles(2). Il est dit que le vin appartient à son propriétaire, mais l'on remercie celui qui le sert(3). Et, vous consulterez le Séfer Ha Mitsvot du Tséma'h Tsédek, à la Mitsva de la circoncision, fin du chapitre 3, selon lequel il en est ainsi uniquement pour un homme, au plein sens du terme, c'est-à-dire celui qui possède le libre arbitre(4).

Vous m'écrivez en leur nom et puisse donc Dieu faire que vous soyez Son émissaire pour susciter, dans tous les cas, la Tsédaka et le bien, Tsédaka matérielle, mais aussi spirituelle.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav D.Y. Cho'hat, de Toronto. Voir, à son sujet, la lettre n°3485. (2) Voir la lettre précédente. (3) En l'occurrence le Rav Cho'hat, bien que le don émane de ces femmes. (4) Et pourrait donc réserver à ce don une autre destination. Voir, à ce propos, les lettres n°864, 980, 1053 et 1089.

Lettre n°3573

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3573, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[20 Sivan 5715]

Toute prise de conscience est, dans un premier temps, principalement constituée de lumière. On en est donc émerveillé et enthousiaste, à l’évidence. Mais, au final, l’action concrète doit changer, au quotidien et il faut que les lumières s’introduisent dans des réceptacles. Dès lors, il est nécessaire d’occulter son émotion, de ressentir moins clairement l’enthousiasme, de se consacrer sur l’acte, qui est bien la finalité ultime.

N’écoutez donc pas les incitations de votre mauvais penchant, affirmant que tout cela doit vous conduire à la tristesse, ce qu’à Dieu ne plaise. Servez Dieu, bien au contraire, de façon méthodique. Introduisez les lumières dans de nombreux réceptacles. Dans le domaine de la Sainteté, il est un principe établi selon lequel “ je le renverrai peu à peu ”. Il s'applique pour l’étude de la Torah comme pour la pratique des Mitsvot, en particulier pour l’amour du prochain. On ne peut le réaliser en une seule fois, par un bond en avant, si ce n’est dans des situations particulières.

Pour tout cela, il est nécessaire d’avoir un corps en bonne santé et il faut donc adopter un comportement en rapport, pour tout ce qui concerne la nourriture, la boisson et le sommeil.

Le Tanya dit, au chapitre 7, que celui qui mange de la viande grasse de bœuf afin d'atteindre la largesse d'esprit, pour Dieu et pour Sa Torah, est considéré comme s'il offrait un sacrifice. Et, la Torah a accordé au médecin le pouvoir de guérir. En conséquence, lorsqu'il y a le moindre doute, à ce sujet, ou bien si l'on éprouve de la douleur, il faut le consulter et se conformer à sa prescription. Si l'on adopte une telle attitude, pas à pas, on connaît le succès moral et donc également matériel.

Dieu nous a ordonné d'être joyeux en tout état de cause et l'on peut vérifier concrètement que ce qui est accompli joyeusement est plus parfait et plus noble. Et, cela est bien utile pour la santé physique comme pour la santé morale.

Lettre n°3574

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3574, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Sivan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 12 Sivan, dans laquelle vous me dites que l'on vous a présenté une jeune fille et que vous avez décidé de vous fiancer. Mais, par la suite, vous vous êtes aperçu que vous vous êtes trompé sur son âge. Vous savez maintenant qu'elle est plus âgée que vous et vous me demandez ce qu'il y a lieu de faire.

En pareil cas, l'honneur d'une Juive ou d'un Juif est en cause. Pour ce qui concerne les fiançailles, en particulier, tout dépend de la coutume du pays et de l'endroit. En effet, la coutume est partie intégrante de la Torah. En conséquence, vous interrogerez les Rabbanim, tranchant la Hala'ha, qui se trouvent dans votre pays. Vous leur expliquerez de quoi il s'agit et leur exposerez les différentes possibilités. Ils vous indiqueront ce qu'il y a lieu de faire.

Que Dieu vous guide, qu'Il vous accorde la réussite et qu'Il vous permette de vous installer de manière convenable, matériellement et spirituellement.

Vous avez sûrement des études fixées de notre sainte Torah, Torah de vie. En outre, vous accomplissez, de la meilleure façon, les Mitsvot, en général, celle de la Tsédaka, en particulier. Il serait bon, par ailleurs, de faire vérifier vos Tefillin et surtout les parchemins.

Que Dieu vous accorde la réussite en tout cela.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Lettre n°3575

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3575, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Sivan 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué 'Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chmouel David Halévi(1),

émissaire des Sages,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre qui n'était pas datée, avec ce qu'elle contenait.

Je suis surpris que vous ne dites rien des actions positives que vous réalisez en votre endroit, surtout lors du temps du don de notre Torah et, à proximité de celui-ci, durant le Chabbat qui bénit le mois et à Lag Baomer.

Il est surprenant qu'il soit nécessaire de formuler une telle remarque, surtout à quelqu'un qui connaît parfaitement la conception, dans ce domaine, de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Selon lui, la mission d'un émissaire des Sages consiste essentiellement à récolter des biens matériels et semer de la spiritualité(2), y compris pour les délégués eux-mêmes et pour les institutions(3).

Vous me dites que vous pensez vous rendre à Frisco(4). Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite dans tous les domaines, matériels et spirituels. Il est inutile de préciser que, lorsque vous rendrez visite au Rav, distingué 'Hassid qui craint Dieu, issu d'une illustre famille et ami de la nôtre, le Rav C.Bespalov(5), vous lui transmettrez mes salutations toutes particulières et vous demanderez de leurs nouvelles, de manière détaillée.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d'être dit,

Notes

(1) Le Rav C.D. Raitchik, de Californie. Voir, à son sujet, la lettre n°840. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°3070 et 3706. (3) Et, a fortiori, pour celui qui est l'émissaire de nos maîtres. (4) S. Francisco. (5) Le Rav Chnéor Zalman Bespalov. Voir, à son sujet, la lettre n°3652.

Lettre n°3576

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3576, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Sivan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous m'écrivez ce qui suit:

A) J'ai indiqué(1) qu'il fallait étudier les chapitres 27 à 29 du saint Tanya, de même que ceux qui les précèdent et ceux qui les suivent. Or, vous en tirez une conclusion incidente, dont je ne comprends pas la signification.

Au sens le plus simple, je faisais référence à la condamnation de la tristesse que l'on trouve dans ces textes, au tort qu'elle cause. Or, la réflexion suffit pour l'écarter, de façon logique, même s'il semble que l'on est triste du fait des fautes que l'on a commises.

B) Vous avez un doute sur ce que j'écrivais à propos du don de la Tsédaka. Je disais qu'il faut y consacrer une pièce ou deux, avant la prière. Qu'en est-il lorsque l'on ne trouve pas de pauvre sur place?

Vous savez qu'en pareil cas, on transmet cette Tsédaka à un collecteur ou bien on la place dans un tronc disposé à cet effet.

C) Vous ne savez pas ce que signifie un Mikwé Tehora. Dans ma lettre, ce dernier mot n'avait pas de Vav et il fallait donc lire, Mikwé Tahara(3). Je voulais dire que vous devez adopter les règles de l'immersion rituelle définies par Ezra(4) et, si possible, le faire dans un Mikwé qui permet de s'élever vers un niveau de sainteté encore plus considérable(5).

Le Talmud présente une situation comparable, lorsqu'il mentionne l'immersion du grand Prêtre, pendant le Yom Kippour, entre deux étapes de son service.

Je suis surpris que vous ne disiez rien de la lecture quotidienne des Tehilim, après la prière. Puisse Dieu faire que ce soit un oubli dans votre lettre, mais non dans l'action concrète.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) Dans la lettre n°3415. (2) Un Mikwé pur. (3) Un Mikwé purificateur. (4) Soit après chaque relation conjugale. (5) Un Mikwé, qui est constitué d'eau de pluie.

Lettre n°3577

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3577, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Sivan 5715,

Brooklyn,

Au distingué 'Hassid qui craint Dieu,

le Rav Moché(1),

Je vous salue et vous bénis,

J'ai appris, avec effroi, le décès de votre frère Akiva Yossef, puisse-t-il reposer en paix. Puisse Dieu faire qu'à l'avenir, vous ne donniez que de bonnes nouvelles, d'un bien visible et tangible.

Vous évoquez un moyen d'assurer l'élévation de son âme. Vous savez que Michna est l'anagramme de Nechama(2). Vous fixerez donc une étude systématique de la Michna, afin d'en achever les six ordres avant Pessa'h Chéni, l'an prochain. De fait, l'étude de la Michna est également profitable aux âmes qui se trouvent encore dans des corps.

La note sur l'emprisonnement(3), quatrième partie, rapporte que le Tséma'h Tsédek demanda au 'Hassid qui craint Dieu, le Rav Abba Person, d'étudier la Michna par cœur. Il précisa que Michna est l'anagramme de Nechama, qu'en récitant de la Michna par cœur, on illumine son corps, au point de le rendre lumineux.

Certes, l'étude à laquelle je faisais allusion est dans le texte, mais elle prépare celle qui est par cœur et donc ce qui est introduit par le Tséma'h Tsédek. Et, sans doute retiendrez-vous, par cœur, quelques passages de la Michna des différents ordres.

Dieu vous accordera la réussite en tout ce qui vient d'être dit.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Le Rav M.Shlesinger. (2) L'âme. (3) Du précédent Rabbi.

Lettre n°3578

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3578, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Sivan 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué 'Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav David Nathan(1),

Je vous salue et vous bénis,

On m'a transmis une demande de bénédiction pour vous et pour votre épouse. Vos noms seront donc mentionnés, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Le mérite de cette période, celle de la Parchat Chela'h, qui se conclut en parlant des Tsitsit, Mitsva que l'on doit respecter plus scrupuleusement, permet d'exercer son influence sur le plus grand nombre, dans ce domaine(2).

Ceci vous permettra d'obtenir, de même que votre épouse, de longs jours et de bonnes années, de même qu'une satisfaction 'hassidique de tous vos enfants. Vous consulterez les résumés du Tanya, à la page 46, rapportant un dicton du Baal Chem Tov, selon lequel Mi'haël lui-même, le plus grand de tous les anges, échangerait la totalité de son service et de sa perception de Dieu contre un seul des quatre Tsitsit que chaque Juif possède. Vous consulterez également la note qui se trouve à la page 150 de cet ouvrage.

Avec ma bénédiction de bonne santé et pour donner de bonnes nouvelles de vous-même, des membres de votre famille et de vos élèves,

Notes

(1) Le Rav D.N. Lesser. Voir, à son sujet, les lettres n°2316 et 3777. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°1722.

Lettre n°3579

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3579, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Sivan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) Je fais réponse à votre lettre du 15 Sivan et à celle qui la précédait. J'évoquais l'influence que vous exercez pour diffuser les sources(1) à l'extérieur. Je faisais ainsi allusion à votre visite à la Yechiva. J'espérais qu'en formulant cette remarque, j'aurais éveillé en vous le désir de poursuivre, avec encore plus d'ardeur, des accomplissements aussi importants.

Car, ceux-ci sont indispensables, et non uniquement dans cette Yechiva. Ils sont liés à la réalisation de la promesse(2): Quand viendras-tu?, lorsque se répandront…(3), au plus vite. On assigne cet objectif à chacun d'entre nous et nous disposons, à n'en pas douter, des forces nécessaires pour satisfaire les attentes.

B) Dans ma lettre, je mentionnais également le troisième domaine du service de Dieu, celui des bonnes actions. Ceci complétait le sujet évoqué, mais était également en relation directe avec le contenu de ma correspondance.

En effet, se consacrer à la diffusion des sources et, plus généralement, exercer une influence positive sur son prochain est bien une bonne action.

C) Vous me dites que vous donnez toujours des cours à la Yechiva et j'en suis satisfait. Dieu merci, vous soulignez que l'esprit d'étude s'y est renforcé, par rapport à l'an dernier.

Sans doute vous employez-vous, pour votre part, à renforcer la crainte de Dieu. En effet, vous avez particulièrement besoin que s'accomplisse l'affirmation de nos Sages, énoncée au traité Bera'hot 6b, selon laquelle on écoute les propos de celui qui est animé par la crainte de Dieu. Et, il en est de même pour l'enseignement de la Torah, en particulier quand il s'adresse au plus grand nombre.

D) Il vous semble que votre mémoire se soit affaiblie, ces derniers temps. Comme vous le savez, il faut, pour cela, étudier le texte que le cœur désire. Si vous sentez que vous vous affaiblissez et que vous perdez le moyen d'approfondir votre étude, vous apprendrez un autre texte ou bien un autre sujet.

L'un des moyens propices, en la matière, est d'apprendre la Michna par cœur(4), mais, comme je le disais, sans se fatiguer, ainsi qu'il est dit: Il multipliera ce qu'il peut réunir de sa main(5). Il serait bon de connaître, par cœur, également le discours 'hassidique intitulé Tu honoreras l'ancien, qui est dans le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Kedochim.

E) Vous me faites part de votre anniversaire(6) et vous avez sûrement respecté les coutumes de ce jour. Vous avez été appelé à la Torah le jour même ou, si ce n'était pas un jour de lecture, le Chabbat qui le précède. Vous avez donné de la Tsédaka avant la prière, si c'était un jour de semaine et, si c'était un Chabbat ou une fête, à la veille de cette date. Vous avez eu une étude supplémentaire de la partie révélée de la Torah et de la 'Hassidout. Vous avez gardé, ce jour-là, les trois études qui concernent chacun et portent sur le 'Houmach, les Tehilim et le Tanya.

Puisse donc Dieu faire que vous ayez une année de réussite dans l'étude de la Torah et la pratique des Mitsvot, de la meilleure façon.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) De la 'Hassidout. (2) Faite par le Machia'h au Baal Chem Tov. (3) Les sources de ton enseignement à l'extérieur. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°3577. (5) De ce qui est à sa portée, sans effort. (6) Voir la lettre n°3564.

Lettre n°3580

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3580, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Sivan 5715,

Brooklyn,

Au distingué 'Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

a de bons comportements, le Rav Moché Ha Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J'ai eu plaisir à voir ici des 'Hassidim de Chicago et à obtenir de leurs nouvelles, de même que de savoir ce qu'ils deviennent, ce qu'il en est de leur synagogue Chaareï Tefila Bneï Reouven, de rite Ari Zal. Je fais maintenant référence à la discussion que nous avons eue.

A) J'ai été satisfait d'apprendre que vous avez fait l'acquisition d'un terrain afin d'y construire la synagogue et surtout que celui-ci se trouve dans un endroit central, là où résident les Juifs. Vous connaissez le dicton de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, commentant l'expression couramment utilisée par nos Sages, celui qui se consacre à la Torah(2). Or, pourquoi ne pas parler de celui qui étudie la Torah ou celui qui pratique la Mitsva?

En fait, un Juif ou une Juive doivent effectivement considérer la Torah et les Mitsvot comme un commerce. Concrètement, le commerçant ne reste pas chez lui, dans sa chambre, attendant que quelqu'un vienne lui proposer une bonne affaire et lui décerne une médaille et une place d'honneur, s'il l'accepte. Il sait que cette affaire est dans son intérêt et dans celui de sa famille. Il parcourt donc les marchés et les rues pour la découvrir. Et, il renonce à son propre bien et à ses préoccupations, se fatigue moralement et physiquement, pourvu que son commerce fonctionne bien et se développe, régulièrement.

Bien plus, même lorsqu'il ne peut se consacrer à ses affaires, le commerçant s'en préoccupe. Que devra-t-il faire demain et après-demain? Comment peut-il, dès maintenant, se préparer à ce qu'il ne fera que plus tard?

Pour obtenir un résultat, l'une des conditions à remplir est la suivante. Le commerce doit se trouver en un lieu de grand passage et les passants doivent appartenir aux cercles les plus larges. Ainsi, leur visite en cet endroit sera facilitée et l'on pourra établir un contact avec eux.

Tous les détails qui viennent d'être exposés s'appliquent, de la même manière, à la Torah et aux Mitsvot.

Combien plus est-ce le cas pour le choix de l'endroit d'une synagogue, qui est, au sens étymologique, un lieu de rassemblement(3) pour les Juifs qui viennent y prier le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il, pour y étudier Sa Torah. Or, il est dit que l'honneur du Roi est la présence d'une foule nombreuse.

B) Dans toutes les communautés juives, en particulier aux Etats Unis, la période des Seli'hot et le mois de Tichri sont propices pour rapprocher les cœurs juifs de notre Père Qui se trouve dans les cieux, de même que pour réunir les cœurs(4). Tout ce qui procède de la Sainteté doit donc être utilisé en ce sens. Cela importe pour toute l'année qui vient.

Il est clair que, même en multipliant les efforts, il n'est pas possible que la synagogue soit construite sur le terrain que vous avez acheté pour Tichri prochain. Mais, à mon sens, il faut s'efforcer de louer, à proximité de cet endroit, une grande pièce ou une salle, dans laquelle les Juifs du quartier pourront prier, pendant les moments propices de ce mois.

De même, vous créerez un Talmud Torah pour les enfants de la proximité. Ainsi, les Juifs du quartier fréquenteront la synagogue qui sera construite et ils en deviendront membres, en un moment bon et fructueux. Leurs enfants se rendront dans vos écoles. Or, tout cela dépend du début de l'année, du point de vue des études et de la prière.

De façon générale, on reste, tout au long de l'année, dans la synagogue où l'on a prié, en Tichri et l'on se maintient également dans l'école où l'on a été inscrit, à la rentrée.

C) Vous me dites qu'une autre synagogue ou maison d'étude vous propose de participer à la construction de la vôtre, à condition que vous changiez votre nom(5). Vous me demandez ce que j'en pense.

Votre synagogue est connue, à Chicago et dans sa région, depuis plusieurs dizaines d'années déjà. Il me semble donc hors de question de changer son nom, qui doit, bien au contraire, rester intact, puisqu'il lui a déjà apporté la gloire et le renom.

Pour accéder à leur requête, vous pouvez, néanmoins, ajouter leur nom(6), mais Chaareï Tefila Bneï Reouven doit rester le premier nom. Bien plus, il serait bon de séparer les deux appellations par la mention synagogue ou maison d'étude. Ainsi, vous pourrez dire: Synagogue Chaareï Tefila Bneï Reouven, de rite Ari Zal et synagogue (ou maison d'étude) une telle.

Puisse Dieu faire que, dans ce nouveau quartier, vous ayez le mérite et la réussite de bâtir une synagogue et une maison d'étude 'hassidique, de laquelle émanera, la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière, de même que le luminaire de la Torah, qui est l'enseignement de la 'Hassidout, ses pratiques et ses voies, dans tout votre entourage.

Avec ma bénédiction et en saluant ceux qui prient dans cette synagogue, ses membres et, tout d'abord, ses dirigeants,

Notes

(1) Le Rav M.Shayevitch. Voir, à son sujet, la lettre n°3381. (2) Que l'on pourrait traduire également par celui qui fait commerce, pour désigner celui qui l'étudie. (3) Beth Knesset, synagogue, signifie, textuellement, maison de rassemblement. (4) Entre eux, pour rapprocher les hommes. (5) Vraisemblablement pour adopter le leur. (6) Au nom actuel.

Lettre n°3581

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3581, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Sivan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille du Chabbat, dans laquelle vous évoquez votre voyage. Vous me demandez si vous devez songer à vous installer là-bas et, en particulier, à y chercher un parti. C'est une bonne initiative. Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite et m'annonciez de bonnes nouvelles.

Il est sans doute inutile de vous rappeler qu'il faut également y diffuser les sources(1) à l'extérieur, sans vous demander combien de temps vous pensez rester là-bas. Vous connaissez le dicton de mon beau-père, le Rabbi, à ce sujet. Il rappelle que l'on montait intégralement le Sanctuaire(2), jusque dans le moindre détail, également dans les étapes où la colonne de nuée ne restait que du soir au matin(3). Puis, au matin, cette colonne s'élevait et les enfants d'Israël repartaient.

Bien plus, c'est de cette façon que vous élargirez la réussite, en ce qui vous concerne personnellement.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) De la 'Hassidout. (2) Pendant les quarante années passées dans le désert, après la sortie d'Egypte. (3) Signifiant ainsi qu'il fallait repartir et que cette étape était, en l'occurrence, particulièrement courte.

Lettre n°3582

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3582, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Sivan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 13 Sivan. Vous pouvez comprendre à quel point son contenu m'a peiné. Même si la situation que vous décrivez dans votre lettre est exacte, même si l'évaluation que vous en faites est parfaitement juste, cela ne justifie en aucune façon que l'on lève la main et encore moins que l'on aille au delà de cet acte.

Bien plus, cela s'est passé en public et, plus précisément, lors d'une réunion 'hassidique. Or, tous ceux qui appartiennent à la communauté 'Habad vous considèrent comme un exemple, un modèle de ce que doit être un 'Hassid 'Habad, de ce qu'apporte l'enseignement de la 'Hassidout et de nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera, en particulier d'après le contenu d'Iguéret Ha Kodech, à la fin du chapitre 25. Point n'est besoin d'en dire plus, tant cela est douloureux.

Si vous acceptez mon avis, vous présenterez des excuses, de la manière qui convient et chacun d'entre vous jeûnera. Néanmoins, l'étude de la Torah est votre principale activité et vous fixerez donc deux demi jeûnes. Vous donnerez, en outre, à la Tsédaka, le coût d'un repas de ce jour. Puis, vous étudierez ce passage d'Iguéret Ha Kodech quatre ou cinq fois, jusqu'à ce que son contenu soit gravé en votre esprit, de la manière qui convient.

Puisse Dieu faire que s'accomplissent en vous les termes du Rambam, dans ses lois de la Techouva, chapitre 2, paragraphe 2, c'est-à-dire que Celui Qui a connaissance de ce qui est caché porte témoignage qu'il ne commettra plus cette faute. De cette fosse profonde, vous vous élèverez vers une cime élevée et vous connaîtrez la réussite dans la diffusion des sources à l'extérieur, avec largesse d'esprit, de même qu'un succès considérable dans l'étude de la partie révélée de la Torah et de la 'Hassidout.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Lettre n°3583

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3583, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Sivan 5715,

Brooklyn, New York,

Au distingué 'Hassid qui craint Dieu,

a de bons comportements et une profonde compréhension,

le Rav Mi'haël, qui est appelé docteur Wilenski(1),

Je vous salue et vous bénis,

J'ai été très satisfait d'obtenir de vos nouvelles par le 'Hassid, Rav Yossef Goldstein, le Cho'het. Je lui ai demandé de vous transmettre mes salutations, ainsi qu'à votre épouse, de même que mes vœux pour tout le bien.

Je vous remercie chaleureusement et du fond du cœur pour votre précieux cadeau, des lettres de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Soyez apaisé comme je l'ai moi-même été.

Concernant le contenu d'une de ces lettres(2), dans laquelle il est question de la bibliographie des livres et des discours de 'Habad, j'aimerais savoir si vous vous êtes consacré ou, au moins, intéressé à tout cela. Si c'est le cas, est-il resté quoi que ce soit de vos notes et quel est leur contenu?

Vous avez sûrement vu le fascicule Chaareï 'Habad(3), de monsieur Hoberman, qui est une réédition du livre du jubilé, de Zalman Choken(4).

Avec ma bénédiction, pour vous et pour votre épouse, afin que vous ayez un été en bonne santé, dans la joie et l'honneur,

Notes

(1) Voir, à son sujet, la lettre n°2880. (2) Voir les lettres du précédent Rabbi, tome 2, lettre n°520. (3) Les portes de 'Habad. (4) Il s'agit du livre Aleï Aïn, de Chlomo Zalman Choken, paru à Jérusalem en 5708 et 5712, 1948 et 1952.

Lettre n°3584

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3584, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Sivan 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de ce dimanche. Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous puissiez gagner votre vie et également pour votre commerce. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez, très prochainement, de bonnes nouvelles, à ce sujet.

Il est sûrement inutile de vous rappeler que le meilleur moyen d’éviter les difficultés que l'on peut éprouver pour assurer sa subsistance largement est, d’emblée, de donner de la Tsédaka en abondance. Il est dit, en effet, que le Saint béni soit-Il “ nourrit chacun et assure sa subsistance ”. Il est dit aussi : “ De grâce, mettez-Moi à l’épreuve, en la matière ”.

Nos Sages soulignent, en outre, que Dieu ne fait pas que donner à l'homme. Il protège également ce qu’Il octroie, de sorte que l’on puisse s’en servir en bonne santé et dans la joie. Plus vous donnerez de la Tsédaka, plus vous connaîtrez la réussite.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°3585

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3585, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Sivan 5715,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

monsieur A. Shklovski(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre qui m’annonçait une bonne nouvelle, à propos de l’organisation de la synagogue et de la maison d’étude, dans laquelle différents cours ont été ajoutés. Et, vous connaissez l’enseignement de nos Sages, rapportant la promesse divine selon laquelle “ à quiconque ajoute(2), on ajoute(3) ”.

Il est sûrement inutile de vous rappeler la nécessité de profiter, de la manière qui convient, des 12 et 13 Tamouz, qui approchent. Ces dates sont la fête de la libération de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous étudierez, en particulier, son enseignement, vous garderez ce qu’il a institué et vous renforcerez ses institutions, pour lesquelles il fit don de lui-même.

A n’en pas douter, il assume toujours sa mission, là-haut et il invoque la miséricorde divine pour ceux qui sont attachés ou liés à lui, de même que pour tous les membres de leur famille.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) De Peta’h Tikva. Voir, à son sujet, la lettre n°3039. (2) Des efforts. (3) Des bénédictions.

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