Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°3546
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3546, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Sivan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’interrogez sur le discours ‘hassidique intitulé “ Lorsque vous parviendrez ”, de 5666(1), affirmant que le Baal Chem Tov n’était pas soumis aux dimensions de l’espace et du temps, qu’il possédait une vision véritable(2). Cela vous semble difficile à accepter.
Ce discours ‘hassidique fait référence à l’espace et au temps de ce monde matériel, dont il ne subissait pas les limitations. Cela n’est pas lié, en revanche, à la nature profonde, à l’existence effective(3).
Vous consulterez le récit qui figure dans le Dére’h Mitsvoté’ha(4), à la fin de la Mitsva de la foi en Dieu et mes annotations, sur ce texte.
Notes
(1) 1906, prononcé par le Rabbi Rachab. (2) Percevait la réalité et ne pouvait être trompé par ses sens. (3) La réalité du monde n’était pas modifiée pour lui. (4) Du Tséma’h Tsédek.
Lettre n°3547
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3547, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Sivan 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Morde’haï Ha Cohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de l’issue de la fête de Chavouot. Concernant les Ethroguim(2), il faudrait qu’une personne compétente et parlant la langue du pays, se rende, discrètement, dans le verger et qu’elle aborde, innocemment, son propriétaire, pour lui demander comment poussent ces arbres.
Il serait bon de poser également ces questions à d’autres personnes résidant dans le même endroit, qui ne sont pas directement concernées, mais qui, en tant que voisins, savent sûrement ce qui se passe dans ces vergers. Ils permettront donc de clarifier la situation.
Par ailleurs, il serait bon de prendre trois Ethroguim, ayant poussé sur différents arbres de ce verger et de les examiner, à la lumière des indications données par les derniers Sages, qui figurent également dans le Chaar Ha Collel. Bien évidemment, pour tout cela, le plus tôt sera le mieux, d’autant que vous pourriez, en cela, être devancés par d’autres personnes.
Il n’y a pas lieu de considérer que seuls les Ethroguim de ce verger n’ont pas subi de croisements. On doit en trouver également dans d’autres endroits, qu’il faudrait donc rechercher, selon les mêmes critères. Bien évidemment, je participerai également aux dépenses qui en résulteront, à valeur égale.
Vous ne parlez pas de ce jeune homme et vous ne devez donc pas avoir de ses nouvelles. Or, il peut sûrement vous aider en la matière. L’aide peut aussi vous venir de quelqu’un qui a beaucoup de relations dans votre ville et dans votre pays, parmi lesquelles certains accepteront de faire ce voyage, seront pleins d’empressement et sauront obtenir la réponse à ces questions avec habileté. Ils trouveront également le moyen de prélever des graines et des plants, car je ne crois pas qu’on puisse le faire uniquement pendant le mois de Tévet.
Vous me dites que la brochure que vous avez fait éditer, à propos de Pessa’h, dans la langue du pays, est déjà parue(3) et j’en suis satisfait. Je suis surpris que vous ne l’ayez pas jointe à votre lettre, que vous ne précisiez même pas si elle a la forme d’un journal ou bien d’un fascicule. Sans doute me l’adresserez-vous au plus vite. Je vous en remercie d’avance. Et, il en est de même pour la brochure de Chavouot, à laquelle vous faites allusion.
Notes
(1) Le Rav M.Perlov, de Milan. Voir, à son sujet, les lettres n°3056 et 3721. (2) De Calabre, en Italie. Voir, à son sujet, la lettre n°3721. (3) En italien. Voir, à ce sujet, les lettres n°3149 et 3721.
Lettre n°3548
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3548, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Sivan 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav ‘Haïm Chaoul(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de la veille du temps du don de notre Torah.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai le nom de votre épouse près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que son état de santé s’améliore. En effet, Dieu “ guérit toute chair et accomplit des merveilles ”. Rien ne Lui est impossible.
J’ai appris avec plaisir, par votre lettre, que l’on placera, la semaine prochaine, la première pierre du bâtiment de la Yechiva A’heï Temimim de Richon Letsion(2). Puisse Dieu faire que cette Yechiva soit une pierre angulaire. La ‘Hassidout explique, en effet, qu’il est trois couronnes, celle de la prêtrise, celle de la Torah et celle de la royauté, puis une quatrième, de laquelle il est dit : “ La pierre que les bâtisseurs ont négligé est devenue la pierre angulaire ”. C’est la couronne du bon renom, qui surpasse toutes les autres et, de fait, inclut en elle celle de la royauté, de l’influence positive, des bonnes actions, à propos de laquelle il est dit : “ Avraham avait une fille ” et aussi celle de la prêtrise, c’est-à-dire du service de Dieu.
Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav H.C. Brook. Voir, à son sujet, la lettre n°3168. (2) Dont le Rav Brook était le directeur. Voir, à ce propos, les lettres n°3653 et 3654.
Lettre n°3549
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3549, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[13 Sivan 5715]
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous m’annoncez l’anniversaire du mariage de vos parents.
Puisse Dieu faire que vous célébriez cette date, pendant de nombreuses années, en bonne santé et avec largesse d’esprit.
Pour une large part, ces deux éléments dépendent de la satisfaction véritable, juive et ‘hassidique qu’ils concevront de tous leurs enfants.
Chacun reçoit le libre arbitre et tout dépend donc de la bonne volonté des fils et des filles. Puisse Dieu faire que vous adoptiez cette attitude, dans toute la mesure de vos moyens(1) et qu’en outre, vous influenciez vos frères et vos sœurs, en ce sens(2).
Avec ma bénédiction pour une étude de la Torah pénétrée de crainte de Dieu, pour pratiquer les Mitsvot de la meilleure façon et pour donner de bonnes nouvelles, de vous-même et de tous les membres de votre famille,
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme l’explique le Choul’han Arou’h ”. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Comme l’expliquent le Choul’han Arou’h, la ‘Hassidout et l’Ethique, précisant la manière dont on doit guider son prochain et l’aimer ”.
Lettre n°3550
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3550, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Sivan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre d’avant la fête de Chavouot, dans laquelle vous me dites que vous avez grandi parmi les ‘Hassidim. Dieu vous a accordé le mérite et la réussite d’accepter la Divinité comme une évidence. Vous me demandez quel chemin vous devez suivre, dans l’étude de la ‘Hassidout, la prière fervente et quelles sont les préparations nécessaires.
Il est clair que la manière d’étudier et la ferveur de la prière ne sont pas identiques, chez chacun, bien que tous y soient tenus. Il s’agit de Commandements de Dieu, dont l’obligation est perpétuelle, en tout temps et en tout lieu, comme l’affirme l’introduction du Séfer Ha ‘Hinou’h.
La manière d’étudier et la ferveur de la prière dépendent des caractères de l’esprit et des aptitudes de chacun. Il serait donc bon que vous rencontriez les ‘Hassidim âgés qui se trouvent dans votre entourage et surtout le guide spirituel, qui enseigne la ‘Hassidout. Vous leur demanderez conseil et Dieu leur suggèrera l’idée juste, qui sera bonne pour vous, en tout point.
Néanmoins, il est une préparation fondamentale, à laquelle chacun est tenu, qui est la suivante. Il est bien clair et il va de soi que la réception de la Torah, dans son ensemble, est possible uniquement lorsque l’on dit : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”(1), comme l’explique le traité Chabbat 86, décrivant le don de la Torah. Bien plus, le texte précise ensuite(2), à la page 88a, “ A nous-mêmes, qui adoptons un comportement intègre, s’appliquent les termes du verset : La probité de ceux qui sont droits les guidera. A vous qui adoptez un mauvais comportement, fait allusion la fin de ce verset : La malice de ceux qui se révoltent leur causera du tort ”.
Or, ceci s’applique à toutes les parties de la Torah et, combien plus, à son enseignement profond que le saint Zohar définit comme son “ âme ”, car le mauvais penchant de l’homme attaque encore plus fortement son étude. Vous consulterez, à ce sujet, le Kountrass Ets ‘Haïm, du Rabbi Rachab.
A l’opposé, chacun reçoit la force et le pouvoir de le(3) vaincre et le Saint béni soit-Il vient en aide, surtout en cette génération orpheline, alors qu’il est “ une Mitsva et une obligation d’étudier cette partie de la Torah ”(4) et de la diffuser. Que Dieu vous accorde la réussite en tout cela.
Il est sûrement inutile de vous rappeler à quel point il est nécessaire de respecter les règles de l’immersion rituelle définies par Ezra. Vous garderez également les trois études qui concernent chacun et que mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, a instaurées. Elles portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Lorsque l’on se soumet à Dieu, au préalable. Voir, à ce sujet, les lettres n°2973 et 3569. (2) Rapportant la réponse de Rava à un hérétique qui lui reprochait cette soumission inconsidérée. (3) Le mauvais penchant. (4) Selon les écrits du Ari Zal.
Lettre n°3551
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3551, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Sivan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai déjà répondu à votre courrier, il y a quelques temps. Vous avez sûrement reçu ma lettre et vous l’avez lue, avec l’attention qui convient. J’ai bon espoir que vous accèderez aux requêtes qui y étaient formulées et dont l’idée fondamentale était la suivante. Vous ne pouvez pas juger seul.
La Michna affirme que “ Il n’en est qu’Un Qui puisse juger seul ”. Qui peut se comparer à Lui et en être l’équivalent ? Votre prestige et votre honneur ne seront donc nullement diminués, si vous suivez le conseil du plus grand nombre, si vous vous conformez à leur avis.
Vous adopterez également celui du directeur de l’école. Et, vous vous souviendrez, vous graverez en votre esprit et en votre cœur que plusieurs élèves vous ont été confiés. Or, de chacun d’eux, il est dit que “ vous êtes les enfants de l’Eternel votre Dieu ”. Leur responsabilité vous est confiée et celle-ci est trop importante pour que vous puissiez la porter seul, selon vos opinions et votre interprétation.
Il n’en sera pas de même si toute la direction de l’école est du même avis. Alors, le mérite de ce qui est public viendra en aide pour que l’on fasse le bon choix. Bien évidemment, votre avancement individuel et ce qui vous concerne personnellement ne peut en aucune façon causer du tort aux élèves.
Et, de fait, la formulation qui vient d’être adoptée est bien la plus douce qui puisse être. Vous consulterez les lois de l’étude de la Torah de l’Admour Hazaken, chapitre 1, paragraphe 12, avec les références qui y sont indiquées.
J’espère qu’il ne me sera pas nécessaire de vous écrire tout cela encore une fois, même si vous estimez que certains dirigeants de l’école sont plus petits que vous. En effet, nos Sages disent : “ heureuse est la génération dans laquelle les grands écoutent les petits ”.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, à propos de tout ce qui vient d’être dit,
Lettre n°3552
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3552, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Sivan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’informez de l’état de santé de votre épouse. Il faudrait lui expliquer que chacun d’entre nous demande à Dieu, Créateur des mondes, parfois même exige de Lui, qu’Il satisfasse tous nos besoins, accède à nos désirs, sans tenir compte de notre mérite personnel.
Or, il est dit que l’on ne peut désigner Dieu par aucun terme et par aucun signe. Et, le verset demande : “ A qui pourriez-vous Me comparer ? De qui serait-Je l’équivalent et que l’on définirait comme saint ? ”. Malgré cela, on souhaite qu’Il s’intéresse à nos besoins, bien plus qu’Il les satisfasse, même s’ils sont secondaires, y compris dans la perception des hommes.
Nous demandons, nous exigeons tout cela et Dieu, dans Sa grande bonté, sans contrepartie, exauce notre prière. Mais, simultanément, Il nous demande une action, qui aura pour effet de rapprocher de Lui le cœur de Son enfant unique, de chaque Juif, homme ou femme, qui, pour différentes raisons, ne sait ce que l’on attend de lui, dans le domaine de la Torah et des Mitsvot.
Le Saint béni soit-Il affirme que la finalité de la création des mondes est que tel homme, avec son épouse, construise, pour Lui, un Sanctuaire dans le cœur de tel petit garçon ou de telle petite fille. Pour cela, Dieu abandonne les créatures célestes et terrestres, comme l’expliquent plusieurs chapitres du Tanya.
Il est bien clair qu’en pareil cas, il faut accomplir pleinement la demande du Saint béni soit-Il. Bien plus, il faut en concevoir une grande joie, un immense bonheur, dès lors que tel homme ou telle femme a reçu une requête de Dieu et donc également les moyens de la mener à bien. Plus encore, Il promet, en échange, tout le bien matériel et spirituel.
Si vous méditez, même un court instant, à tout cela, je ne comprends pas comment vous pouvez vous plaindre, ou même exprimer votre amertume. Vous devez, bien au contraire, en concevoir une grande, une immense joie.
Lettre n°3553
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3553, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Sivan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me faites savoir que votre état de santé n’est pas satisfaisant. A votre avis et selon le sens courant, vous n’êtes donc pas apte à assumer votre travail actuel, qui implique des voyages, pour grandir et parer la Torah. Vous demandez donc un allègement de ces voyages.
J’ai déjà été habitué à recevoir des demandes diverses et variées. Néanmoins, je ne m’attendais pas à ce que vous formuliez la conclusion de la vôtre, de la manière dont vous l’avez fait. Songez donc ! Vous considérez que vous n’êtes pas en bonne santé et vous en déduisez qu’il vous est difficile de travailler. En conséquence, vous demandez non pas que votre santé s’améliore, mais que votre travail soit allégé, ce qui va à l’encontre de la logique de l’âme divine, mais aussi de celle de l’âme intellectuelle.
Vous connaissez la signification du verset “ Il rassasie chaque être selon sa volonté ”. Il signifie que Dieu accorde à chacun en fonction de sa volonté propre et de son désir personnel. Dans Sa grande bonté, sans contrepartie, Il exauce non seulement la volonté, mais aussi le désir. Néanmoins, quand le fait-Il ? Lorsqu’il n’en résulte aucun tort !
Certes, selon la juridiction des hommes, celui qui se cause du tort à lui-même n’est passible d’aucune sanction. Il n’en est pas de même, en revanche, selon la Loi céleste. En conséquence, je demanderai, pour ma part, que votre état de santé s’améliore, de sorte que vous soyez à même, y compris selon votre propre perception, de continuer à assumer votre mission sacrée.
Il convient de conclure de manière positive. Vous me dites que votre fils est marié depuis un an. Puisse donc Dieu faire que sa maison soit un véritable foyer ‘hassidique, diffusant la vitalité et la chaleur de la ‘Hassidout dans son entourage, ce qui augmentera les bénédictions de Dieu pour satisfaire tous leurs besoins, enfants, santé et prospérité matérielle, dans la largesse.
Avec ma bénédiction de bonne santé et pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Lettre n°3554
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3554, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Sivan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du lendemain de Chavouot, dans laquelle vous m’écrivez que vous éprouvez des difficultés à étudier pendant un long moment, avec une attention soutenue, si ce n’est lorsque vous le faites avec d’autres personnes. Et, vous manquez de motivation.
Vous savez que le fait de se lier à des amis est un des quarante huit moyens d’acquérir la Torah. Vous me dites que vous êtes de nature paresseuse et peu motivée. Néanmoins, vous avez la possibilité de changer votre nature. Le moyen d’y parvenir est exprimé par le verset affirmant que “ Je le(1) renverrai peu à peu ” et non pas en une seule fois, passant ainsi d’une extrême à l’autre.
Voici comment il faut procéder. D’un jour à l’autre, vous ajouterez quelques instants d’étude et celle-ci portera sur “ ce que l’on désire en son cœur ”, selon l’expression de nos Sages. Et, vous ne consacrerez pas un long moment au même sujet. Dès que vous vous fatiguerez, vous changerez de thème, selon le désir de votre cœur, comme on l’a dit.
Un enseignement bien connu de nos Sages dit que “ Si le Saint béni soit-Il ne venait pas en aide…(2) ”. Ils disent aussi que “ Dieu ne demande qu’en fonction des moyens dont on dispose ”. Ainsi, chacun possède les forces nécessaires pour vaincre son mauvais penchant.
L’aide de Dieu est systématiquement nécessaire et, pour l’obtenir, vous prélèverez régulièrement quelques pièces pour la Tsédaka, avant la prière du matin. Après celle-ci, vous lirez, chaque jour, des Tehilim, selon leur répartition mensuelle. Et, vous fixerez une étude de “ l’âme ” de la Torah, qui est son enseignement profond, laquelle a été, de nos jours, révélée par la ‘Hassidout.
Je suis convaincu que, si vous mettez tout cela en pratique, votre situation s’améliorera peu à peu, étape par étape.
Vous me faites également part de l’état de votre épouse.
Il serait bon, à ce propos, de faire vérifier les Mezouzot de votre maison, si cela n’a pas été fait pendant les douze derniers mois. Vous ferez également vérifier vos Tefillin. Votre épouse a sûrement adopté la pratique des femmes vertueuses, consistant à donner quelques pièces à la Tsédaka, avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes.
Dieu fera que sa grossesse se passe bien. Elle donnera naissance, aisément, à un enfant en bonne santé, en son temps et de la manière qui convient.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Le mal. (2) L’homme ne pourrait pas vaincre son mauvais penchant.
Lettre n°3555
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3555, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Sivan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me dites que l’on vous observe sans complaisance, de même que vos agissements. Oubliez tout cela, car cette impression est sûrement imaginaire, pour une large part et ce qui ne l’est pas peut disparaître de différentes façons. Vous devez, pour cela, améliorer vos relations. Et, s’il en subsiste encore quelque chose, votre mission sacrée, consistant à diffuser la ‘Hassidout, ses usages et ses pratiques, ne doit pas en souffrir pour autant.
Vous évoquez également les terreurs nocturnes. Pour cela, vous ferez vérifier vos Tefillin et vos Mezouzot. Vous lirez, de manière scrupuleuse, le Chema Israël du coucher et vous répèterez, par cœur ou par la pensée, quelques lignes de Tanya.
Vous étudierez plusieurs fois la porte de la confiance en Dieu du ‘Hovat Ha Levavot et vous oublierez ces craintes. Vous ne tenterez même pas de lutter contre elles. Alors, elles s’affaibliront, jusqu’à disparaître totalement.
Vous possédez sûrement une photographie de mon beau-père, le Rabbi, d’un format de poche.
Lettre n°3556
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3556, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Sivan 5715,
Brooklyn,
Aux dirigeants de la Yechiva Tom’heï Temimim de Lod,
Aux dirigeants des écoles professionnelles en Terre Sainte,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Plusieurs, parmi les élèves des écoles professionnelles, ont treize ou quatorze ans et ils sont donc trop jeunes pour se contenter de quelques heures d’études sacrées par jour, consacrant toutes les autres aux études séculaires. Certes, les Sefardim ne sont pas habitués à cela(1) et peut-être même menace-t-on d’envoyer les enfants dans d’autres écoles(2). Malgré cela, une action auprès des élèves reste nécessaire, même s’ils sont déjà acceptés à l’école professionnelle. Ils peuvent, en effet, interrompre leurs études pendant quelques temps et se rendre à Lod ou à Tel Aviv, afin de compléter leurs connaissances de la Torah.
Concernant les bâtiments de Tibériade(3) et l’idée d’ouvrir, là-bas, une Yechiva, il semble que le problème soit complexe, de tous les points de vue, du fait des propriétaires des terrains, de ceux des édifices. A ceci s’ajoute, en particulier, la difficulté de l’éloignement. Il faudrait donc reprendre ce dossier depuis son début et se demander si les tracas et les démarches nécessaires sont justifiés pour obtenir un résultat douteux, à divers titres.
A la place de tout cela, il est préférable d’investir son ardeur dans le recrutement de nouveaux élèves, pour les bâtiments du Kfar qui sont libérés par ceux qui se rendent dans la nouvelle implantation(4). Ceci permettra de répondre à plusieurs questions à la fois. Par ailleurs, la surveillance et l’alimentation en seront considérablement simplifiées. On peut imaginer qu’il sera également plus facile d’obtenir l’aide des différentes administrations, puisque le Kfar est déjà subventionné pour des institutions similaires. De plus, plusieurs personnes envisagent, d’une manière particulière, tout ce qui concerne le Kfar.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabi Chlita,
le secrétaire,
A. Kwint,
Notes
(1) A une étude intensive de la Torah. (2) Les parents, si l’on impose des études sacrées trop importantes. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°3471 et 3472. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°3498.
Lettre n°3557
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3557, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Sivan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 7 Sivan. Bien évidemment, lorsque je disais, dans mon précédent courrier(1), qu’il fallait éviter un examen(2) intérieur, je faisais uniquement allusion à la période de la grossesse, mais non avant celle-ci ou bien après la naissance.
Vous me dites que vous ne pouvez plus accepter un travail dans le domaine de ‘Habad, du fait de vos moyens matériels(3). J’ai déjà écrit à plusieurs ‘Hassidim pour leur dire que l’on ne travaille pas dans le domaine de ‘Habad afin de rendre service à notre saint maître, mais surtout pour son propre bien, non seulement dans le monde futur, mais aussi dans celui-ci, afin d’y obtenir la santé et l’opulence matérielle.
En conséquence, si l’état de santé ou les moyens dont on dispose ne sont pas ce qu’ils devraient être, ce qu’à Dieu ne plaise, l’un des procédés permettant de les améliorer est de s’engager plus fermement dans le domaine de ‘Habad et non de prétendre que l’on prendra le médicament uniquement quand l’âme animale en aura reconnu l’intérêt. Cela est bien évident et peut être comparé à l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ le sel diminue les moyens matériels ”.
Puisse Dieu faire que vous perceviez ce message et que vous le mettiez en pratique, bien plus, que vous le transmettiez à vos amis.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela et pour que vous gagniez votre vie,
Notes
(1) Voir la lettre n°3446. (2) Gynécologique. (3) Qui sont insuffisants.
Lettre n°3558
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3558, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Sivan 5715,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sûrement reçu, en son temps, ma lettre(1) soulignant la nécessité absolue de constituer un front uni de tous les partis religieux, pour les élections(2).
J’ai bon espoir que vous profiterez des dernières heures qui restent encore pour réaliser ce projet. Avec la détermination qui convient, vous trouverez sûrement le moyen de surmonter toutes les difficultés, en la matière.
Avec ma bénédiction,
M. S. de Loubavitch(3),
Notes
(1) Voir la lettre n°3503. (2) En Israël. (3) Mena’hem Schneerson de Loubavitch.
Lettre n°3559
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3559, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Sivan 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav M.Z. Halevi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 12 Sivan et je vous restitue votre note, comme vous me le demandez. Vous dites, encore une fois, que vous êtes impressionné par cette lettre, reçue de Jérusalem, émanant du Rav I.A. Z. Margolis(2). Or, je vous ai déjà exprimé mon étonnement, à ce sujet(3).
A) Le Rav Margolis dit que, selon les écrits du Ari Zal, les Matsot sont liées aux forces raisonnées de l’attribut de découverte intellectuelle et non à ses réceptacles. Cela n’est pas compréhensible. Et, pourquoi avoir été chercher une explication aussi lointaine, alors que la ‘Hassidout de notre saint maître fait un large développement, à ce sujet, citant le Likouteï Torah, le Sidour, le Dére’h Mitsvoté’ha. Malgré cela, mon beau-père, le Rabbi, citant son père, le Rabbi Rachab, dit(4) que les Matsot sont effectivement liées aux réceptacles et il est clair qu’il n’y a là aucune contradiction.
En fait, la question posée par le Rav Margolis est difficile à comprendre. Car, il y a, dans les forces raisonnées de l’attribut de découverte intellectuelle, des réceptacles et des lumières à la fois. De plus, les Matsot, comme tout ce qui est lié à la Torah et aux Mitsvot, introduisent simultanément plusieurs allusions. Ainsi, les Matsot, liées aux forces raisonnées de l’attribut de découverte intellectuelle, correspondent également aux Patriarches, c’est-à-dire à la bonté, à la rigueur et à la miséricorde. Elles ont également un rapport avec l’attribut de royauté, puisqu’elles sont “ le pain de la pauvreté ”, selon les écrits du Ari Zal et même le Zohar et les Tikouneï Zohar.
La même remarque s’applique aussi à l’affirmation selon laquelle rien, dans les écrits du Ari Zal, ne permet d’identifier ce que l’on place sur les Matsot aux lumières. D’une part, parmi les six éléments placés au dessus des Matsot(5), certains font bien allusion aux lumières, d’autres aux réceptacles. Par ailleurs, ces six éléments ont eux-mêmes plusieurs significations. Mon temps ne me permet pas de rechercher maintenant ces références, dans les écrits du Ari Zal. Néanmoins, vous consulterez le Meoreï Or et le Kehilat Yaakov, à ces articles.
Néanmoins, il est clair que ces propos, qui sont ceux du Rabbi Rachab, ne peuvent présenter aucune contradiction. De plus, il est à peu près certain qu’une référence pourrait être trouvée dans les écrits du Ari Zal et permettre de rectifier tout cela.
Ce Rav conclut sa lettre en disant que, si tels étaient les propos de l’Admour Hazaken, il les prendront en compte et les accepteraient, comme s’ils émanaient du Ari Zal. Néanmoins, on peut, sans le moindre doute, s’en remettre, en la matière, au Rabbi Rachab, qui était le successeur de l’Admour Hazaken.
Nos Sages nous contraignent à accorder à chacun des circonstances atténuantes. Peut-être ne lui avez-vous donc pas précisé, dans votre lettre, qu’il s’agissait des paroles du Rabbi Rachab. C’est donc pour cela qu’il s’exprime ainsi.
De même, vous me dites que certains érudits de la Kabbala, lorsqu’ils rencontrent un texte provenant des sages du Peri Ets ‘Haïm, le mettent de côté. Il est clair que telle n’est pas notre façon d’agir et ces sages sont effectivement cités dans la ‘Hassidout, en particulier dans le Likouteï Torah. De plus, différents textes de ‘Hassidout mentionnent également la Kabbala de Rabbi Moché Cordovero et celle de Rabbi Israël Seroug(6), ce que ne font pas plusieurs sages de la Kabbala, parmi les Sefardim.
On peut donner, à ce propos, l’explication suivante. Les derniers sages n’ont pas voulu aborder les points sur lesquels le doute subsistait. Il n’en fut pas de même pour le Baal Chem Tov, le Maguid de Mézéritch, l’Admour Hazaken et leurs successeurs, qui reçurent la transmission, l’un de l’autre. Et, le Baal Chem Tov reçu celle de A’hya de Shilo, qui la transmit également au prophète Elyahou. Tous savaient donc quelle idée il fallait adopter. Comme on le sait, c’est pour la même raison qu’ils s’en remirent au Emek Ha Méle’h et vous consulterez également le Likouteï Torah Chir Hachirim, page 27a, qui dit : “ Tout cela n’est pas du tout mentionné dans le Ets ‘Haïm ”. Vous verrez également les controverses entre les sages de la Kabbala, citées dans l’index du Torah Or.
B) Le Rav Margolis évoque également la participation aux élections(7). Notre position, en la matière, est celle de notre chef, mon beau-père, le Rabbi, qui se trouve là-haut et assume encore ses fonctions, y compris ici-bas. Or, il a demandé et fait en sorte que l’on participe aux élections pour la première Knesset. On peut en conclure non seulement qu’il est permis de le faire, mais qu’il s’agit même d’une nécessité.
Certes, à mon sens, il est interdit de participer à la coalition, afin de ne pas avoir à endosser les décisions négatives qui sont prises. Néanmoins, quiconque possède la citoyenneté a, en l’acceptant de son plein gré, reconnu la légitimité de l’autorité et il peut donc voter. S’il ne le fait pas et donne ainsi un exemple qui sera imité par d’autres, on peut considérer qu’il porte la responsabilité du tort causé à tous, ce qu’à Dieu ne plaise, dans le cas où une loi n’est pas promulguée comme elle aurait dû l’être, quelle que soit, par ailleurs, son importance. Je n’ai encore rencontré personne qui ait les épaules suffisamment larges pour endosser une telle responsabilité.
Bien évidemment, tout ceci ne concerne pas ceux qui ne reconnaissent pas les autorités ou, pour cette raison, refusent de se rendre en Terre Sainte. En revanche, ceux qui vivent sur place et apportent leur participation dans un domaine quelconque(8), faisant le choix de montrer leur extrémisme uniquement quand il s’agit des élections, vont à l’encontre de la logique et, bien plus, ils causent du tort à tous. Et, de fait, on a pu vérifier, ces dernières années, que la voix d’un seul député suffit à éviter de nombreux problèmes, la transgression d’une interdiction de nos Sages, ou même de la Torah. Vous devez comprendre ce que je veux dire.
Bien évidemment, vous pouvez transmettre au Rav Margolis tout ce que je développe ici, à propos des élections. Vous pouvez même lui écrire en des termes beaucoup plus vifs, car tout ce que vous pourrez dire ne suffira pas pour épuiser le sujet. Avant le don de la Torah, on pouvait envisager l’attitude de Noa’h, qui cherchait son propre salut et ne formula pas, à sa génération, les reproches qui s’imposaient, comme le dit le saint Zohar(9). Mais, il n’en est pas de même après le don de la Torah, lorsque tout Israël ne constitue qu’un seul et même organisme(10).
Tout cela est expliqué à propos du don de la Torah, que nous venons de célébrer. Si un seul des six cent mille enfants d’Israël était absent, même s’il s’agissait de Mi’ha, celui qui dressa une idole, la Torah n’aurait pas pu être donnée, ce qu’à Dieu ne plaise, comme l’expliquent le Midrach Devarim Rabba, chapitre 7, paragraphe 8 et la Me’hilta de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï.
Pour l’heure, je ne possède pas les livres du Rav Margolis, que vous citez dans votre lettre, c’est-à-dire le Tikoun Ha Yessod et le Yechev Rou’ho.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Mena’hem Zeev Gringlass, de Montréal. Voir, à son sujet, les lettres n°2690 et 3741. (2) Le Rav Ichaya Acher Zelig Margolis. Voir, à son sujet, la lettre n°3741. (3) Voir, sur le contenu de cette lettre, la lettre n°3741. (4) A Pessa’h 5698-1938 : “ Les Matsot font allusion aux réceptacles et ce que l’on pose sur elles, aux lumières ”. (5) Sur le plateau du Séder. (6) Divergeant de celles du Ari Zal. (7) En Israël. Voir, à ce sujet, les lettes n°813, 1064, 3642, 3667, 3677, 3741 et 3767. (8) Le Rabbi note, en bas de page : “ Il serait bon de demander au Rav Margolis s’il utilise l’eau ou l’électricité et s’il paye ces services, s’il paye des impôts, lesquels permettent également de financer le ministère des cultes, c’est-à-dire de tous les cultes, avec tout ce que cela implique. Et, l’on pourrait multiplier les exemples. Il y a là une aide véritable et non uniquement une simple participation. Combien de fois a-t-il été arrêté, lui ou un de ses amis, pour ne pas avoir payé d’impôts ? Et, s’il est vraiment au niveau qu’il prétend avoir atteint, pourquoi ne met-il pas en pratique la décision du Rambam, à la fin du chapitre 6 des lois des opinions ? ”. (9) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tome 1, page 106a, partiellement expliqué au traité Sanhédrin 108b. Vous consulterez le discours ‘hassidique intitulé “ Ce mois-ci ”, de l’été 5700. Vous verrez, en particulier, quel est le comportement de Moché, qui va à l’inverse de celui que décrit le Rav Margolis ”. (10) Le Rabbi note, en bas de page : “ Vous consulterez le Séfer Hamitsvot du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva de l’amour du prochain, selon lequel il est dit de celui qui adopte une autre attitude : ‘Il porte une infirmité. Il ne s’approchera pas pour offrir un sacrifice. La Lumière de l’En Sof, qui porte tout en elle, ne le souffrira pas’. Des propos terribles ! Et seul ‘celui qui est intègre sera agréé’. ”
Lettre n°3560
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3560, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, 17 Sivan 5715, Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Chlomo(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 13 Sivan, dans laquelle vous me dites que l’aménagement d’un nouvel endroit, à Casablanca, a été achevé. Puisse Dieu faire que vos bons élèves se multiplient et que vos efforts soient récompensés. Vous leur apporterez une éducation sainte et intègre, basée sur la Torah et la ‘Hassidout.
Concernant les unions que vous évoquez, y a-t-il une raison suffisante et conforme au Choul’han Arou’h, qui permette de prolonger, à ce point, le délai entre la décision des fiançailles et le mariage effectif ? Ou bien s’agit-il d’une coutume sans fondement ? Si c’est le cas, il faut la supprimer, de manière bienveillante et diplomatique. Qui, à notre époque, peut demander, en conscience, qu’une flèche lui soit décochée ? En tout état de cause, il faut écourter le temps des fiançailles des ‘Hassidim et de ceux qui leur sont liés.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav C.Matusof, de Casablanca, Maroc. Voir, à son sujet, la lettre n°3010. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3536.
Lettre n°3561
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3561, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 12 Sivan.
Votre idée et votre raisonnement, vous conduisant à rechercher un parti(1) qui vous convienne précisément au Maroc, sont justes. Vous ne vous hâterez donc pas de vous installer en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie par notre juste Machia'h.
L'un des treize principes fondamentaux de notre foi est, en effet, celui de la venue du Machia'h. Nous croyons qu'il peut venir chaque jour. Or, des milliers, des dizaines de milliers de Juste l'attendent et souhaitent sa venue, en se trouvant à l'extérieur d'Erets Israël. Vous pouvez donc vous joindre à ceux qui craignent Dieu et Le servent, en dehors d'Erets Israël, en étudiant la Torah et en pratiquant les Mitsvot, de la meilleure façon.
Bien plus, le Tout Puissant vous a accordé la réussite et Il vous a placé dans un rayon de lumière, puisque vous vous employez à rapprocher les cœurs d'Israël de leur Père Qui se trouve dans les cieux, en dispensant une bonne éducation(2). Il n'est pas de sort plus enviable.
Vous maintiendrez donc les fonctions que vous avez occupées jusqu'à maintenant. Très bientôt et de nos jours, s'accomplira la promesse divine, notre juste libérateur viendra et il nous conduira, la tête haute, en notre pays, lors de la délivrance véritable et complète.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d'être dit,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Pour se marier. (2) Aux enfants, au Maroc.
Lettre n°3562
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3562, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du dimanche de la Parchat Beaalote'ha, dans laquelle vous me faites part de votre état de santé. Vous me dites que vous vous sentez faible et que vous êtes sujet à l'oubli.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous ayez une amélioration significative, dans tous ces domaines. Vous gardez sûrement les trois études qui concernent chacun et sont instaurées par mon beau-père, le Rabbi. Elles portent sur le 'Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues. Et, vous lisez également le Psaume qui correspond au nombre de vos années.
Mon beau-père, le Rabbi, nous a dit, à diverses reprises, qu'en pareil cas, il est bon d'apprendre de la Michna, en général et surtout par cœur. Il serait judicieux, après avoir étudié un certain temps, lorsque vous ressentez de la fatigue, d'aborder un autre texte de la Torah. Nos Sages disent, en effet, que l'on doit apprendre ce que son cœur désire.
Vous augmenterez également la ferveur de Votre prière. Pour cela, vous intensifierez votre amour et votre crainte de Dieu, qui élèvent la Torah vers le stade le plus élevé, comme l'expliquent le Zohar et les Tikounim, cités par le Tanya, aux chapitres 39 et 40. Et, l'Admour Hazaken mentionne également, à ce propos, une référence de la partie révélée de la Torah, le traité Pessa'him 50b.
De la sorte, la Torah s'élève au dessus de l'oubli et elle s'inscrit dans la mémoire, comme l'Admour Hazaken le dit également dans ses lois de l'étude de la Torah, chapitre 2, fin du paragraphe 10.
Que Dieu vous accorde la réussite, pour de longs jours et de bonnes années, afin que vous diffusiez le luminaire de la Torah et sa lumière, dans votre entourage proche et dans celui qui, pour l'heure, ne l'est pas encore.
Avec mes respects et ma bénédiction,
N. B. : Je vous joins une copie de ma lettre collective, adressée aux jeunes de l'association 'Habad, qui est destinée à ceux qui se sentent jeunes et donc à ceux qui le sont, de par les forces dont ils disposent. De différents points de vue, le nombre des années doit renforcer tout cela.
Pour une certaine raison, l'expédition de la présente a été retardée. Entre temps, j'ai reçu vos deux lettres et j'ai appris que vous partiez à la campagne, lieu que le Midrach Tehilim, à la fin du chapitre 23, appelle: l'aspect positif du monde.
Puisse Dieu faire que ce soit en un moment bon et fructueux et que vous ayez, selon l'expression de mon beau-père, le Rabbi, un été en bonne santé.
Lettre n°3563
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3563, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Sivan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
A) Je fais réponse à votre lettre du 13 Sivan, dans laquelle vous me dites que vous étudiez à la Yechiva et y suivez les cours, sans l'aide d'un maître. Vous me demandez comment, selon quelle voie et d'après quelle méthode vous devez étudier notre sainte Torah, en multipliant les connaissances ou bien en privilégiant l'approfondissement du texte, avec un ami ou bien seul.
Nos Sages affirment que les deux méthodes, l'accumulation de connaissances et l'approfondissement, sont l'une et l'autre nécessaires. La proportion entre l'une et l'autre doit être déterminée en fonction des aptitudes et de la tournure d'esprit de celui qui étudie. Aucun principe ne peut être énoncé, en la matière.
En revanche, l'étude et la connaissance des lois que l'on applique au quotidien sont indispensables, en particulier en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. En effet, certaines lois lui sont spécifiques et peu nombreux sont ceux qui les connaissent bien. Or, la finalité de l'homme est de craindre Dieu et de respecter Ses Commandements.
De même, à notre époque, il est important, en particulier pour ceux qui appartiennent aux communautés séfarades et ont donc hérité de leurs ancêtres la coutume d'apprendre l'enseignement profond de la Torah, d'avoir une étude fixée de l'âme de la Torah, c'est-à-dire de son enseignement ésotérique qui, à notre époque, est révélé et expliqué par la 'Hassidout.
Il serait bon que vous rencontriez le grand Rav et 'Hassid, Rav Na'houm Chmaryahou Sosonkin, qui habite dans le quartier des Rabbanim réfugiés, à Roméma, Jérusalem. Il vous conseillera une méthode d'étude. Par son intermédiaire, vous pourrez rencontrer des jeunes gens et des élèves, qui organisent leur étude de la même manière.
B) Comme vous le savez, la Michna énonce, parmi les quarante huit moyens d'acquérir la Torah, le fait de se lier à des amis. En conséquence, il serait bon de faire en sorte que vous l'étudiez avec d'autres personnes. Certes, il ne faut pas négliger l'étude lorsque l'on n'a pas d'ami, ce qu'à Dieu ne plaise. Et, nos Sages rapportent, au traité Avot, chapitre 3, Michna 6, ce qui est dit d'un homme seul qui apprend la Torah: Je viendrai à toi et Je te bénirai.
Vous consulterez également Iguéret Ha Kodech, de l'Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul'han Arou'h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, au chapitre 23.
Avec ma bénédiction pour étudier la Torah avec crainte de Dieu et pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°3564
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3564, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Sivan 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué 'Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chnéor Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me faites part de votre anniversaire. Vous connaissez sûrement la coutume ancienne(2), qui a été diffusée par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, consistant à lire le Psaume qui correspond au nombre de ses années, comme l'explique le recueil de lettres(3).
Puisse Dieu faire que, pendant de nombreuses années encore, vous vous consacriez à la Torah et aux Mitsvot, à la prière fervente. Vous aurez le mérite et la réussite de diffuser les sources(4) à l'extérieur, dans votre entourage proche et dans celui qui, pour l'heure, ne l'est pas encore. Vous le ferez en bonne santé et avec largesse d'esprit.
Comme vous le savez, le réceptacle contenant la bénédiction de Dieu est la paix, non pas uniquement celle qui est réalisée dans les sphères célestes, mais aussi celle que l'on obtient ici-bas, au sens le plus simple, en particulier dans l'endroit dont vous êtes le maître(5).
Le moyen de l'obtenir est celui qui est défini par la Torah, dont les voies sont agréables. Il faut, néanmoins, faire preuve de la fermeté nécessaire. Ainsi, il est dit, à propos du don de la Torah, que l'on doit avoir force et faiblesse(6). Le verset (Tehilim 76) et son Targoum le signifient également, qui disent: Des cieux, Tu as fait entendre le jugement. La terre a été saisie par la peur et elle est restée silencieuse. Ce jugement portait sur l'âme animale, comme le précise le Likouteï Torah, au discours 'hassidique intitulé Il est bon de placer sa confiance en Dieu. Ainsi, l'âme divine, Erets Israël, devint silencieuse.
Avec ma bénédiction pour de longs jours et de bonnes années dans tous les sens du terme(7), de même que pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
N. B. : Concernant l'étude des lois applicables en Erets Israël, le juge ne prend en compte que ce qu'il voit de ses yeux et vous vous servirez donc d'un livre que l'on trouve couramment, dans votre entourage.
Notes
(1) Le Rav C.Z. Garelik, Rav de Kfar 'Habad. Voir, à son sujet, les lettres n°3171, 3651 et 3779. (2) Voir les lettres n°3272, 3579 et 3776. (3) Du précédent Rabbi sur l'importance de lire les Tehilim. (4) De la 'Hassidout. (5) Le Rav, c'est-à-dire Kfar 'Habad. (6) Force de l'âme divine et faiblesse de l'âme animale. (7) Voir, à ce sujet, la lettre n°2268.
Lettre n°3565
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3565, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Sivan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 9 Sivan, m'annonçant une bonne nouvelle, puisque vous me dites que vous avez été retenus, avec vos amis.
Vous avez fait l'objet de ce choix et ce sera donc encore le cas. Vous assumerez donc avec succès ce qui doit être la mission de l'homme, conformément à l'enseignement de la Michna: J'ai été créé pour servir mon Créateur, en étudiant la Torah et en pratiquant les Mitsvot de la meilleure façon. Et, il est fondamental de diffuser les sources de la 'Hassidout, ses pratiques et ses usages, jusqu'à ce qu'ils parviennent à l'extérieur. C'est ce que vous ferez, avec vos amis, en bonne santé.
Vous connaissez l'enseignement exprimé de manière allusive par le verset les enfants d'Israël sortirent la main haute, que le Targoum rend par Bereïch Gueleï, avec la tête découverte. Ceci fait essentiellement allusion à la révélation de l'enseignement caché de la Torah, qui est la 'Hassidout. En effet, Bereïch est l'anagramme de Rachbi, initiales de Rabbi Chimeon Ben Yo'haï, dont il faut découvrir l'enseignement.
Le Zohar fait allusion à cela, qui est introduit par Au commencement (Bereïch) de la Volonté. Vous consulterez, à ce propos, les commentaires du Dére'h Emeth et du Nitsoutseï Orot.
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