Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°3486
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3486, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 14 Iyar, dans laquelle vous m’interrogez sur le moyen de réparer ce qui s’est passé et de lutter contre tout cela à l’avenir, car vous êtes saisi par le désespoir.
Différents textes établissent que le désespoir est un stratagème du mauvais penchant, un moyen dont il dispose pour faire tomber l’homme dans son filet. Il(1) lui explique donc que, n’ayant pas été en mesure de maîtriser son attirance vers le mal, celui-ci n’a plus aucune raison de la combattre, aucun intérêt à le faire.
Il est clair qu’un tel sentiment est hérétique, qu’il heurte la foi, selon laquelle Dieu a créé le monde entier, y compris l’homme. Il est dit que “ nul endroit n’est vidé de Sa Présence ”. Or, Dieu dit, dans Sa sainte Torah: “ J’ai créé le mauvais penchant et J’ai conçu la Torah comme son antidote ”. Néanmoins, “ celui qui dit ne posséder que la Torah, ne possède pas même la Torah ”. Et, nos Sages précisent ce qu’il advient à celui qui ne la mérite pas(2), ce qu’à Dieu ne plaise. Elle peut donc effectivement se transformer, pour un homme, en poison mortel, comme le précise le traité Yoma 72b.
C’est la raison pour laquelle il est indispensable de prier le Maître de tout, afin d’obtenir la satisfaction de ses besoins et, a fortiori, le salut de son âme. Pour que la prière soit acceptée, celle-ci doit être dite en état de pureté(3), en comprenant au moins le sens des mots que l’on prononce. Il est bon également de donner, le plus souvent possible, quelques pièces à la Tsédaka, avant la prière, comme le disent nos Sages, commentant le verset: “ Je percevrai Ta face dans la justice(4) ”.
Vous adopterez donc toutes ces pratiques et, après la prière du matin, vous lirez, tous les jours, des Tehilim, selon leur répartition mensuelle. Bien évidemment, vous préciserez, comme le veut la coutume juive, que vous n’en faites pas le vœu.
Si vous appliquez tout cela, votre combat(5) deviendra de plus en plus aisé. Peu à peu, vous chasserez le mauvais penchant de votre domaine. Il serait bon que vous appreniez par cœur le début du chapitre 41 du Tanya, jusqu’à “ comme s’il se tient devant le roi ”, à la page 56b. De même, il serait judicieux de faire vérifier vos Tefillin.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Le mauvais penchant. (2) “ Pour celui qui la mérite, elle est un élixir de vie; pour celui qui ne la mérite pas, elle est un poison mortel ”. (3) Après une immersion rituelle. (4) Tsédek, de la même étymologie que Tsédaka. (5) Contre le mauvais penchant.
Lettre n°3487
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3487, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Il est sûrement inutile de vous souligner que le matériel et le spirituel vont de pair. En effet, la création émane de l’unité infinie de Dieu, qu’elle exprime en chacun de ses aspects.
Néanmoins, le libre arbitre doit être respecté et c’est la raison pour laquelle il est possible de faire un choix entre deux voies. Il appartient donc à l’homme de choisir la vie et, de la sorte, de mettre en évidence l’unité qui se trouve en toute chose, en particulier chez les enfants d’Israël, “ peuple unique sur la terre ”.
En conséquence, lorsque l’on fait part de son état de santé physique, il est bon de donner également des précisions sur sa santé morale, surtout quand il s’agit de solliciter la bénédiction de “ Celui Qui guérit toute chair et accomplit des merveilles ”, afin que la spiritualité reçoive également une formulation matérielle.
Sans doute me fournirez-vous toutes ces précisions dans votre prochaine lettre.
Avec ma bénédiction pour que vous donniez de bonnes nouvelles de tout cela,
Lettre n°3488
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3488, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 12 Iyar, dans laquelle vous me faites part de vos craintes devant l’influence qu’exercent sur vous quelques personnes, cherchant à vous attirer vers un mode de vie qui s’écarterait de la foi et des Mitsvot. Vous souhaitez donc vous rendre dans une Yechiva, à l’extérieur d’Erets Israël.
Néanmoins, si telle est bien votre seule motivation, sachez qu’il existe de nombreux endroits, en Terre Sainte, dans lesquels se trouvent de bonnes Yechivot. Vous pouvez donc vous y rendre et y étudier la Torah avec ardeur et enthousiasme. Si vous le faites en vous liant à des amis, ceux-ci sauront vous renforcer, pour que vous avanciez réellement sur la voie qui conduit vers la maison de Dieu, ainsi qu’il est dit “ vous êtes attachés à l’Eternel votre Dieu, tous vivants aujourd’hui ”.
Il y a de nombreuses Yechivot qui sont pénétrées de crainte de Dieu, de manière profonde et même extérieurement, c’est-à-dire, par exemple, dans la manière dont les élèves se vêtissent. Tout ceci permet à un homme de se contenir, de trouver les forces nécessaires pour ne pas suivre le mauvais penchant. Même si, dans un premier temps, ce dernier adopte un langage séduisant, il est, au final, “ amer comme de l’absinthe ”, non seulement dans la dimension spirituelle, mais aussi physiquement.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et dans les meilleurs délais, de préférence dans une des Yechivot de Terre Sainte,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°3489
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3489, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Trente deuxième jour de la période des
trésors cachés(1) 5715,
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
homme estimable, aux comportements généreux,
responsable communautaire empli d’enthousiasme,
aux multiples accomplissements, homme de qualité,
issu d’une illustre famille, le Rav Its’hak Meïr Hacohen(2),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 25 Nissan, avec ce qu’elle contenait et j’aborde tout de suite ce qui est d’actualité, en l’occurrence le front religieux(3), qui regrouperait, en particulier, Agouda et Poaleï Agoudat Israël(4). A mon sens, sa constitution est une nécessité absolue et j’ai bon espoir que celui-ci ouvre effectivement la voie vers un front religieux uni(5). En effet, après la visite que m’a rendue monsieur Binyamin Mints, ma conviction que cette attitude est la bonne s’est renforcée.
Ma position est donc claire et elle est exprimée de manière tranchée. Pour ne pas compliquer la situation, bien au contraire pour faciliter la constitution de ce front uni, il faut, pour l’heure, mettre l’accent uniquement sur les élections(6), sans faire intervenir des éléments accessoires.
Avec mes respects et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) De la période de l’Omer, soit le 17 Iyar. (2) Le Rav I.M. Lewin. Voir, à son sujet, les lettres n°1032, 1045, 1098 et 3625. (3) Qu’il était nécessaire de constituer en Terre Sainte pour les élections. Voir, à ce sujet, les lettres n°3026, 3489, 3503, 3558, 3599, 3625, 3677 et 3741. (4) Les partis politiques orthodoxes. (5) Intégrant également les autres partis religieux. (6) Et non sur ce qui divise ces partis.
Lettre n°3490
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3490, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Iyar 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yaakov(1) et son épouse, madame Ra’hel,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat et à celle qui la précédait. J’ai été satisfait d’apprendre que vous donnez un cours aux jeunes gens, tous les Chabbats. Sans en faire le vœu, je mentionnerai le nom de ces jeunes gens, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin qu’ils obtiennent la satisfaction de leurs besoins, en général et qu’ils intensifient leur étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. De la sorte, ils multiplieront les bénédictions de Dieu et la réussite qu’Il accorde, en toutes leurs préoccupations.
Vous me demandez ce qu’est “ l’âme vitale ”. C’est, de manière générale, d’elle qu’il est question dans le premier chapitre du Tanya(2). Elle se divise en une âme intellectuelle(3) et une âme animale(4). Vous consulterez, à ce sujet, les notes sur le Tanya, à la page 81 et les références qui sont indiquées, à cette référence.
Vous évoquez ceux, parmi ces jeunes gens, qui partiront pour l’armée dans six mois et la requête qu’ils formulent, à ce sujet. Il reste encore un semestre avant leur engagement et il est donc trop tôt pour envisager cette question.
Vous me demandez comment vous procurer des exemplaires du Tanya et d’autres livres d’étude à bon prix. Vous contacterez, à ce sujet, les jeunes de l’association ‘Habad. En effet, il n’y a pas lieu de démultiplier l’action. Pour différentes raisons, la centralisation est nécessaire. Vous serez donc l’intermédiaire et le représentant des jeunes de l’Association ‘Habad, dans ce domaine.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai en particulier, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, votre fils Yossef Its’hak, auquel Dieu accordera une longue vie. Son nom, en effet, est une indication(5) et puisse Dieu faire qu’il grandisse pour posséder la crainte de Dieu, être un ‘Hassid et un érudit de la Torah. Vous le conduirez, de même que vos autres enfants, à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions.
Avec ma bénédiction de réussite,
Notes
(1) Le Rav Y.Pèles, de Terre Sainte. (2) Qui traite de l’âme animale. (3) Se servant de l’intellect pour satisfaire les besoins de l’homme. (4) Permettant à l’homme de satisfaire ses besoins purement physiques. (5) De sa valeur, puisqu’il s’agit de celui du précédent Rabbi.
Lettre n°3491
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3491, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Iyar 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chalom(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je suis surpris que vous ne m’ayez rien dit du développement de “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même que du luminaire de la Torah(2), de ses usages et de ses coutumes, dans votre entourage, grâce à la campagne qui convient et à l’ardent effort qui est nécessaire de votre part.
Vous savez sans doute ce que dit Iguéret Hakodech, au chapitre 14. Chaque jour, se révèlent une force intellectuelle plus élevée et une lumière nouvelle, qui n’a encore jamais éclairé le monde. On peut en conclure que l’effort consenti ici-bas ou, tout au moins, les réceptacles forgés pour contenir tout cela doivent également aller croissant. En effet, la Hala’ha retient l’avis de Beth Hillel(3).
Notes
(1) Le Rav C.Rivkin. Voir, à son sujet, les lettres n°1653 et 1913. (2) La ‘Hassidout. (3) Selon lequel on allume les lumières de ‘Hanoukka en ordre croissant.
Lettre n°3492
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3492, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de lundi. Comme vous me le demandez, je mentionnerai le nom de votre épouse près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin qu’elle ait une prompte guérison.
De la manière dont vous décrivez la situation, dans votre lettre, il semble qu’une large part de ses douleurs soit d’origine nerveuse. Aussi, elle pensera le moins possible à tout cela, en se concentrant sur d’autres idées et, avant tout, elle raffermira sa confiance en Dieu, Qui “ guérit toute chair et accomplit des merveilles ”. De la sorte, elle guérira au plus vite.
Bien évidemment, ceci n’exclut pas le fait de se conformer aux prescriptions du médecin. En effet, il est dit que “ la Torah a autorisé le médecin à guérir ” et il faut donc systématiquement emprunter les voies de la nature.
Conformément au proverbe du Baal Chem Tov que nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, tout ce qu’un Juif voit ou entend doit lui délivrer un enseignement sur sa manière de servir Dieu. Or, vous précisez, dans votre lettre, que vous exercez des fonctions dans la police. Vous devez donc saisir toute occasion qui se présente pour sanctifier le Nom divin en montrant que “ Dieu instaure Son autorité sur la terre ”, selon le verset Job 38, 33.
Il doit en être ainsi dans votre vie privée comme dans l’exercice de vos fonctions. Puisse Dieu faire que cela contribue également à la satisfaction de vos besoins, en général et à l’amélioration de l’état de santé de votre épouse, en particulier.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°3493
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3493, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, qui n’était pas datée. Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous ayez de longs jours et de bonnes années.
Il serait bon d’étudier la “ porte de la confiance en Dieu ” du ‘Hovat Ha Levavot et vous méditerez aux idées qui y sont exposées. Vous penserez, même un court instant, que chaque Juif et chaque Juive croit, d’une foi pure, que “ nul endroit n’est vidé de Sa Présence ”. Et, vous connaissez l’explication de nos Sages, basée sur le verset “ la puissance et l’allégresse se trouvent en Son endroit ”. Il est dit aussi que “ il ne faut pas franchir la porte du roi en portant un sac ”.
Il n’y a donc pas lieu de troubler Sa joie, “ la puissance et l’allégresse se trouvant en Son endroit ”, du fait de la tristesse d’une certaine personne, qui qu’elle soit, même s’il peut sembler, de manière passagère, qu’un tel sentiment est fondé. Et, il n’est nul besoin que cette méditation soit approfondie. Une réflexion sommaire est suffisante, pour cela.
Vous connaissez également la décision du Rambam, citée par le Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, au chapitre 241, selon laquelle il convient de servir Dieu “ en toutes tes voies ”. Or, ce service de Dieu doit nécessairement être joyeux, ainsi qu’il est dit : “ parce que tu n’as pas servi l’Eternel ton Dieu dans la joie ”.
La joie de la Mitsva est particulièrement importante. En effet, “ en toutes tes voies ”, il est possible de mettre en pratique une Mitsva. La joie doit donc régner chez vous, comme le dit le Rambam, à la fin des lois du Loulav et comme le reproduit mon beau-père, le Rabbi, dans son introduction au Kountrass Ets ‘Haïm et au Kountrass Ha Avoda.
Vous détournerez donc votre esprit de votre pensée et de vous-même. Et, vous vous consacrerez à l’amour de votre prochain, à l’amour de Dieu. Que Dieu vous accorde de longs jours et de bonnes années.
Avec ma bénédiction pour donner, très bientôt, de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Lettre n°3494
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3494, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de Pessa’h Cheni, dans laquelle vous m’écrivez que vous avez rejoint la Yechiva Torat Emet(1).
Puisse Dieu faire que cela soit en un moment bon et fructueux. Vous y étudierez la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout avec une ardeur et un enthousiasme véritables et vous exercerez une influence positive sur vos amis, afin qu’ils en fassent de même.
Il est sans doute inutile d’expliquer longuement que l’on obtient l’aide de Dieu, en la matière, en guidant son entourage, en le rapprochant de la Torah et des Mitsvot, en général, de la ‘Hassidout, de ses pratiques et de ses usages, en particulier. En effet, le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”(2), mais en proportion largement accrue.
J’ai reçu, en leur temps, vos deux précédents courriers. Vous me dites que, dans la synagogue où vous lisez la Torah, il est d’usage que le lecteur porte un Talith, à l’inverse de notre coutume(3). On attend de vous que vous adoptiez cette pratique et vous me demandez que faire.
Vous le porterez effectivement, car, d’une part, il appartient à l’individu de se conformer à la communauté et, d’autre part, le port du grand Talith est également une marque de déférence envers les présents, selon le Maguen Avraham, chapitre 18, paragraphe 2, dès lors que ceux-ci, ou la plupart d’entre eux, le désirent. Il ne faut donc pas leur manquer de respect en refusant de le porter.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) A Jérusalem. (2) De la manière dont l’homme agit envers Lui. (3) Si le lecteur de la Torah n’est pas marié, il ne porte pas le grand Talith, pendant cette lecture.
Lettre n°3495
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3495, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 5 Iyar, dans laquelle vous m’informez que l’on vous a attribué un lopin de terre et que vous y construisez. Vous me demandez si vous devez bâtir votre maison, bien que ceci vous fera contracter des dettes ou bien s’il vous faut chercher un travail.
J’ai déjà écrit à plusieurs ‘Hassidim, et leur ai demandé de diffuser qu’à mon avis, le canal et le réceptacle leur permettant de gagner leur vie se trouve à Kfar ‘Habad(1). Quiconque y a sa part doit donc s’y agripper, dans toute la mesure du possible.
Il ne faut pas craindre de s’endetter pour construire une maison convenable. En effet, “ vous résidez au sein de votre peuple ”(2) et tous ceux qui s’installent se trouvent dans une situation plus ou moins identique. Les conditions de remboursement seront donc favorables.
Que Dieu vous accorde la réussite en tout ce qui vient d’être dit, de sorte que vous m’annonciez une bonne nouvelle, à ce sujet, dans votre prochaine lettre. Vous évoquerez également vos études fixes de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, de même que votre participation aux enseignements publics.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°2262, 3301, 3338, 3496 et 3497. (2) Tous sont confrontés aux mêmes difficultés.
Lettre n°3496
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3496, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’interrogez à propos du lopin de terre et de la construction. Vous me demandez si vous devez vous y consacrer.
Je suis surpris que chacun me pose individuellement cette question, alors que j’y ai déjà répondu, à l’intention de plusieurs ‘Hassidim et j’ai demandé que mes propos soient diffusés(1). J’ai dit que le Kfar(2) était une préoccupation publique, qu’il pouvait également apporter la réussite à chacun, à titre individuel. Le mérite de nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera, vient donc en aide, en l’occurrence.
En général, tout ce qui est tortueux et procède de la ruse, nuit également aux autres personnes et est donc à exclure. Ceci s’applique également à votre situation. Vous devez remettre ce lopin et cette maison au comité du Kfar. En effet, au cours des prochains mois, vous travaillerez dans le domaine de ‘Habad(3) et vous n’en aurez donc pas l’utilité.
Vous devez avoir la conviction que mon beau-père, le Rabbi, poursuit sa mission, là-haut, qu’il satisfait les besoins, matériels et spirituels, des ‘Hassidim, en général et de ceux qui travaillent dans ses institutions, en particulier. Vous ne devez donc pas être soucieux, dans ce domaine.
Votre préoccupation portera plutôt sur ce que l’on attend de vous. Vous connaissez, à ce sujet, le récit d’un ‘Hassid de l’Admour Hazaken et ce que celui-ci lui répondit(4) : “ Tu parles de tout ce dont tu as besoin, mais tu ne dis rien de la mission pour laquelle on a besoin de toi ”. Lorsque ce ‘Hassid modifia son comportement, il retrouva sa richesse et parvint même à l’accroître.
Il en est de même, pour ce qui vous concerne. Dieu vous accordera la réussite et la largesse d’esprit, afin que vous gagniez votre vie comme il convient, que vous assumiez votre mission pour atteindre l’objectif qui vous a été assigné. La Michna dit, en effet, que “ j’ai été créé pour servir mon Créateur ”.
Pour différentes raisons, il est préférable qu’il en soit ainsi dans les meilleurs délais. Comme je le disais dans ma précédente lettre, vous vous rendrez au plus vite, en un moment bon et fructueux, là où vous devez assumer la mission qui vous est confiée. Le moment venu, les membres de votre famille, auxquels Dieu accordera une longue vie, vous y rejoindront, en bonne santé et intègres.
Avec ma bénédiction de réussite,
Notes
(1) Voir la lettre précédente. (2) Kfar ‘Habad. (3) Dans l’une des institutions. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°3473.
Lettre n°3497
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3497, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Iyar 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
Le Rav Israël Zusman(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 17 Iyar, dans laquelle vous m’interrogez sur ce que je vous ai écrit(2), l’affirmation selon laquelle le premier point se trouvant à l’extérieur de la source peut d’ores et déjà être qualifié d’extérieur. Vous me demandez ce que cela veut dire.
Les expressions “ partie révélée et partie cachée de la Torah ” ou encore “ corps et âme de la Torah ” permettent d’établir que chaque élément, avec toutes les parties qui le constituent, présente deux aspects à la fois, l’un révélé et l’autre caché. Or, d’après la partie révélée de la Torah, le premier point extérieur à la source ne lui appartient déjà plus. Il doit donc en être de même, dans la dimension profonde et spirituelle. Vous consulterez, à ce sujet, les Rechimot du Tséma’h Tsédek sur les Tehilim, pages 118 et 119, paragraphe 8.
Concrètement, les ‘Hassidim, y compris ceux qui sont réellement les plus âgés, doivent savoir que l’étude d’un discours ‘hassidique ou la prière fervente sont effectivement la source proprement dite, mais qu’elle n’apporte, en revanche, aucune garantie sur ce qui se passera par la suite. Un effort reste nécessaire pour que la motivation de la prière et de l’étude se prolongent sur l’instant suivant.
Il en est ainsi, même si la préoccupation de cet instant(3) est liée à cette prière fervente ou à l’étude de ce discours, par exemple s’il s’agit de lire des Tehilim ou d’apprendre la Torah à l’issue de la prière. En effet, la partie révélée de la Torah souligne la nécessité de s’assurer que la source n’est pas coupée du réservoir(4) qui se trouve sur son côté, comme l’établissent la Michna, la Guemara et les Décisionnaires.
Vous évoquez ce que vous n’avez pas mérité d’obtenir et vous me demandez s’il peut en être ainsi pour celui qui étudie la Torah publiquement. Vous connaissez le récit de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, qui apparaît également dans un fascicule(5), établissant qu’il peut effectivement en être ainsi pendant l’étude publique(6).
Néanmoins, ce récit n’a été diffusé qu’une seule fois. Auparavant, on ne le connaissait pas et ce fut même encore le cas par la suite. De façon générale, une telle crainte est un effet du mauvais penchant, un stratagème dont il se sert pour détourner l’homme de l’étude publique, au cours de laquelle il bénéficie du mérite de la communauté. Voyant qu’il n’a pas d’autre issue, celui-ci a recours à la ruse et il prétend donc que celui qui craint Dieu ne se mettra pas dans une telle situation(7). Or, on doit se conformer à la majorité(8).
Vous me demandez comment vous installer dans le nouveau quartier de Kfar ‘Habad. J’ai déjà communiqué mon avis à plusieurs ‘Hassidim(9). On cause ainsi du tort aux autres et il n’y a donc pas lieu d’avoir recours à la ruse, même si l’on pourrait trouver une permission de le faire. Pour autant, il faut s’efforcer, dans toute la mesure du possible, de résider au Kfar.
A mon sens, il est clair que cela(10) est le canal et le réceptacle permettant de recevoir la bénédiction et la réussite, qui sont accordées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celui-ci assume toujours sa mission là-haut, invoque la miséricorde céleste pour les ‘Hassidim résidant à Kfar ‘Habad, en particulier.
Avec ma bénédiction de réussite,
Notes
(1) Le Rav . Z. Dvurts. Voir, à son sujet, la lettre n°3259. (2) Dans la lettre n°3259. Voir également la lettre n°3729. (3) L’instant suivant. (4) Du bain rituel. (5) De ses enseignements. (6) Le Rabbi note, en bas de page : “ Vous consulterez le traité ‘Haguiga 15b, les lois de l’étude de la Torah de l’Admour Hazaken, chapitre 4, paragraphe 17 ”. (7) Que l’on ne prendra pas part à l’étude publique. (8) Et, considérer que telle est bien la situation, en l’occurrence. (9) Voir, à ce sujet, la lettre n°3495. (10) Le fait de résider à Kfar ‘Habad.
Lettre n°3498
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3498, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Iyar 5715,
Brooklyn,
Aux membres du comité de Kfar ‘Habad,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
A) Je fais réponse à votre lettre rédigée à l’issue du dernier Chabbat, dans laquelle vous me dites que vous avez transmis la liste intégrale de ceux qui s’installent(1) à l’occasion de la seconde phase(2). Puisse Dieu faire que cela soit en un moment bon et fructueux et que tout se réalise au plus vite.
En effet, la confusion et la lenteur effroyable de l’application concrète ont été très dommageables, jusqu’à présent. Vous connaissez le proverbe du Sage, cité dans une lettre de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel “ le passé indique ce que doit être le futur ”.
Bien évidemment, ceci s’applique aux bâtiments de la seconde phase et aussi à tous les autres points, concernant le Kfar, qui ont accumulé un retard considérable. J’ai été particulièrement satisfait de constater que vous avez ajouté des emplacements pour les artisans, même s’il n’y en a que huit, ce qui n’est guère suffisant. S’il est possible d’en augmenter le nombre, vous le ferez, dans toute la mesure du possible.
B) Vous envisagez que de nouveaux occupants, qui ne seraient pas choisis par le conseil du Kfar, s’installent dans les maisons qui sont libérées(3). Je suis surpris que vous puissiez formuler une telle proposition. Ceci est, en effet, une bonne entrée en matière pour perdre le contrôle de tout le Kfar, l’ancien et le nouveau.
Il n’en est pas ainsi uniquement en phase transitoire. Une dérogation est faite et l’on introduit alors une nouvelle procédure. Il faut donc être vigilant. Il vous appartient de sélectionner les nouvelles personnes qui s’installent. Bien évidemment, il ne s’agit pas d’en arriver à la lutte. Vous devez immédiatement préparer une liste exhaustive, pour tous les appartements libérés. Vous la présenterez et vous expliquerez qui sont les immigrants pour lesquels vous optez, car ceux-là adhèrent à l’esprit(4) et ils doivent être logés.
Vous pourrez, à cette occasion, mettre en avant le point qui vient d’être évoqué, c’est-à-dire le caractère inconcevable d’une intervention extérieure sur la vie spirituelle du Kfar. Il ne sera même pas nécessaire de parler durement. Je suis certain que, pour l’heure, il n’est même pas envisagé d’installer au Kfar des personnes qui ne devraient pas s’y trouver.
Néanmoins, il est impossible que les logements restent vides. Et, de fait, il est surprenant que vous n’ayez pas déjà préparé une telle liste, car les dirigeants de l’Association ‘Habad et le distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Israël Leibov vous ont sûrement précisé que nombreux sont ceux, parmi les immigrants(5), qui se trouvaient sous l’influence de ‘Habad et souhaitent s’y maintenir également, en Terre Sainte.
Il est inutile de se plaindre du passé. Cependant, dès réception de cette lettre, vous contacterez les dirigeants de l’Association ‘Habad et vous établirez une liste qui dépassera le nombre nécessaire. En effet, certains de ceux qui sont pressentis pourraient être écartés, pour une quelconque raison, par les différentes administrations.
De manière plaisante, on peut rappeler l’affirmation, que vous connaissez, selon laquelle, un endroit vide devient le lieu de la contraction et de la sévérité. Je vous adresse la présente en express et sans doute me répondrez-vous par retour du courrier.
C) Je suis également étonné que vous n’ayez pas même entamé la construction d’une synagogue et d’un bain rituel. Vous m’expliquez que vous ne possédez, pour l’heure, que la moitié de la somme requise, environ. Or, si vous dirigez le Kfar de cette façon, en attendant toujours d’avoir en votre possession le montant nécessaire pour agir, vous imaginez la situation qui en découlera.
La pratique a fait la preuve que tout ce qui est commencé peut être conduit à son terme, même si l’on n’a pas, d’emblée, les fonds nécessaires. L’été est la période de la construction, en Terre Sainte. Vous commencerez donc tout de suite à bâtir la synagogue et le bain rituel.
D) Je suis tout aussi surpris de votre question concernant le nom du Kfar. Mon beau-père, le Rabbi, l’a appelé Kfar ‘Habad et tel est donc le nom que j’emploie dans toutes mes lettres. Il n’y a pas lieu de le changer, ni même de lui ajouter un autre nom.
Avec ma bénédiction pour donner, au plus vite, de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Dans les nouvelles constructions de Kfar ‘Habad, après avoir été logés, jusqu’alors, dans des bâtisses datant de l’époque où le Kfar était encore un village arabe. (2) De cette installation. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°3556 et 3700. (4) ‘Hassidique du Kfar. (5) Venant du Maroc.
Lettre n°3499
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3499, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 16 du “ mois de l’éclat ”(1), dans laquelle vous me dites que le parti que l’on vous propose est la fille d’un Cohen.
Vous connaissez la décision de notre sainte Torah, mentionnée par les responsa du Tséma’h Tsédek, dont le mérite nous protégera, partie Even Haézer, chapitre 11. Selon sa conclusion, il est nécessaire de posséder une bonne connaissance d’un traité talmudique(2). La permission effective d’agir ainsi est accordée après que nombreux ont été ceux qui ont procédé de la sorte.
Vous me dites que les parents de la jeune fille n’acceptent pas qu’elle se couvre la tête et il semble qu’elle-même ne le souhaite pas.
S’ils ne changent pas d’avis, ce qu’à Dieu ne plaise, il est clair qu’il n’y a nullement lieu de s’intéresser à cette proposition. En effet, il s’agit là de “ la foi de Moché et Yehoudit ”(3), comme le soulignent le Talmud et les Décisionnaires. De plus, ceci ferait la preuve de votre désir de bâtir votre union et de l’introduire par ce qui va à l’encontre de l’avis du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il.
Vous consulterez également le Zohar, tome 3, page 126a et il est inutile d’en dire plus pour ce qui est bien évident. Néanmoins, s’ils reviennent sur leur décision et si elle adopte le comportement d’une jeune fille juive vertueuse, Dieu fera que cette union soit en un moment bon et fructueux.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Celui d’Iyar. (2) Pour épouser la fille d’un Cohen, car on est ainsi considéré comme un érudit de la Torah (3) Le fait de se couvrir la tête, ce qui ne peut donc pas être remis en cause.
Lettre n°3500
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3500, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre d’avant la fête de Pessa’h, dans laquelle vous faites état des fluctuations de votre service de Dieu, en général et de la ferveur de votre prière, en particulier.
Plusieurs textes de ‘Hassidout, en commençant par le Tanya, expliquent que “ une nation se dresse contre l’autre ”(1). Tout dépend donc de vous. Néanmoins, vous devez savoir ce qui suit. Il fut dit de la conquête de l’Erets Israël physique que “ Je le(2) renverrai peu à peu ”. Or, il en est de même pour l’Erets Israël moral, que chaque Juif possède en lui.
Il est expliqué, en effet, que Erets est de la même étymologie que Ratson, la volonté et nos Sages notent que “ cette terre voulut mettre en pratique la Volonté de son Créateur ”. De plus, le nom Israël fut attribué(3) “ parce que tu as combattu avec les hommes, avec les anges et tu les as vaincus ”.
En conséquence, lorsque, à l’inverse de tout cela, on constate une évolution négative, on doit éveiller en soi encore plus de forces. Et, l’on révèle ces forces cachées en se demandant pourquoi Dieu a fait qu’il en soit ainsi, comme le précise le Tanya.
Dieu fasse que vous exerciez, dans ce domaine, une influence positive sur votre entourage. Ceci accroîtra l’aide que Dieu vous accorde.
Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie et de manière profonde(4),
M. Schneerson,
Notes
(1) Lorsque le mal se renforce, le bien s’affaiblit et vice versa. (2) L’ennemi. (3) A Yaakov. (4) Pendant la fête de Chavouot.
Lettre n°3501
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3501, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Que devient cet homme? Vous lui direz qu’il doit se préparer à recevoir la Torah, avec joie et de manière profonde, au sein de tout le peuple juif. Il lui faut, pour cela, mettre en pratique les termes du verset “ Ils laveront leurs vêtements ”(1) et dire “ nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”(2).
Il a les moyens d’y parvenir. Il lui suffit de le vouloir, car “ Dieu est proche de tous ceux qui L’invoquent, de ceux qui L’appellent avec vérité ”.
Notes
(1) Purifier ses pensées, ses paroles et ses actions. (2) Mettre en avant sa soumission plus que sa compréhension.
Lettre n°3502
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3502, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue(1),
Je fais réponse à votre lettre du 3 Iyar , dans laquelle vous m’apprenez que votre état de santé s’est amélioré, bien que vous n’ayez pas encore recouvré toutes vos forces. Il est à peu près certain que ces séquelles ne sont qu’imaginaires. Vous cesserez donc d’y penser. Bien évidemment, cela ne vous empêche pas de vous conformer aux prescriptions des médecins. Ainsi, vous serez effectivement en bonne santé.
Vous évoquez les pratiques positives(2) que vous avez adoptées, depuis quelques années déjà. Votre mari, en revanche, ne l’a pas encore fait. Je suis certain que, si on lui en explique le sens, il ne vous empêchera pas d’agir de la sorte. Bien plus, à son tour, il en fera de même. En effet, il y a là une indication céleste, établissant que cette pratique le concerne.
Vous connaissez le proverbe du Baal Chem Tov(3) que nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon lequel tout ce qu’un Juif voit ou entend lui délivre un enseignement pour le service du Créateur. Or, dès lors qu’une telle pratique s’est introduite dans vos quatre coudées, il peut également l’adopter et celle-ci le concerne.
Ce qui est dit de l’ensemble de notre sainte Torah, “ ses voies sont des voies agréables et tous ses chemins sont paix ”, s’applique également, en la matière. Il faut donc lui expliquer tout cela, sans provocation, de manière agréable et paisible. Ainsi, la paix, et donc la bénédiction de Dieu, se raffermiront, dans votre foyer. En effet, notre Michna tranche que la paix est le réceptacle de la bénédiction du Saint béni soit-Il.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Permettant de mieux accomplir la Mitsva. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°3381.
Lettre n°3503
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3503, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Iyar 5715,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, votre lettre du 13 Iyar, mais l’objet de la présente est essentiellement ce qui est d’actualité. Je fais suite à notre discussion sur le thème du front uni(1). On dit qu’il ne reste que très peu de temps pour réunir les listes(2). Nous avons déjà échangé, à ce sujet et vous connaissez ma position et ce qui me conduit à l’adopter. Néanmoins, compte tenu de l’importance de l’enjeu, je m’en tiens à l’enseignement de nos Sages, selon lequel il est nécessaire de répéter encore une fois, quand vient le moment d’agir.
Je me limiterai à développer un point, mais, à mon sens, celui-ci est essentiel. Je vous présente, au préalable, mes excuses pour les termes vifs que pourrait contenir cette lettre, ce qui n’est pas à mon habitude. Cependant, vous comprenez bien que mon propos n’est nullement de m’en prendre à quiconque, à titre personnel.
Tous, et a fortiori de nombreux chefs de parti, reconnaissent que l’intérêt du public et du parti dépasse celui de l’individu. De même, le bien de l’ensemble de la population passe avant celui de votre domaine propre, c’est-à-dire du parti auquel vous appartenez. Et, pour des personnes religieuses, la valeur qui prime est la foi. Or, tous les Juifs sont des “ croyants, fils de croyants ”.
Un parti demande à ses membres de renoncer momentanément à leur intérêt personnel, pour celui de cette formation. En échange, il donne l’assurance qu’au final, chaque individu y gagnera également, et même largement, grâce à ce renoncement. Il en est de même, et même dans une plus large part, lorsqu’un parti renonce à son intérêt personnel pour celui de l’ensemble de la population.
Il va sans dire que le renoncement, de la part de l’individu, du parti ou de la population, est justifié, s’il est au profit de la foi et de ce qu’elle exige. La nôtre est basée sur la Torah de notre Dieu, qui ne connaît pas la limite. Et, l’intérêt d’un renoncement au profit de la foi l’est également, par rapport à toutes les autres formes que celui-ci peut recevoir. Plus précisément, un homme pieux ou même un parti qui se définit comme religieux doivent accorder la première place aux acquis de la religion et ensuite seulement à l’intérêt du parti.
Autre point, on ne peut indéfiniment abuser les électeurs. Certains d’entre eux souligneront nécessairement la contradiction évidente existant entre le programme d’un parti religieux et ses actions, clairement dommageables à la religion sous le prétexte d’un prétendu bénéfice pour cette formation. Il est certain que celle-ci, de même que ses membres, s’en ressentiront.
Il est sûrement inutile de vous rappeler la situation, lors des dernières élections à la Knesset. Celles-ci ont servi de champ de bataille pour les partis religieux, qui s’en sont trouvés ternis et blâmés, au delà de toute limite. Les termes du verset “ tes détracteurs et ceux qui te détruiront émaneront de ton sein ” se sont réalisés, de la manière la plus forte et la plus effroyable.
Ce qui vient d’être dit est le discours que l’on doit tenir quand on se trouve face à un dirigeant de parti. Néanmoins, j’ai foi en ce qui est longuement expliqué par la ‘Hassidout, en les termes de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 19 du Tanya, selon lesquels la sagesse de l’âme divine, quand elle se met en action, supprime et fait même totalement disparaître ce qui s’oppose à elle et la voile, ainsi qu’il est dit “ les monts fondent comme de la cire ”. Cette force est si intense qu’elle permet de résister à l’épreuve et de faire don de soi-même.
Je suis convaincu qu’une réflexion sommaire à l’idée que, selon toutes les conceptions, le manque à constituer un front uni serait vraisemblablement préjudiciable aux intérêts de la religion dans le pays “ vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”, vous conduira à la conclusion que, même au bénéfice du doute, on doit faire tout ce qui est en son pouvoir pour user positivement de son influence.
Bien évidemment, le mauvais penchant ne se tient pas à l’écart, en la matière, en se contentant d’observer la situation. En fait, il développe, devant chacun, l’argumentation qui est susceptible de le convaincre. Selon les termes de mon beau-père, le Rabbi, citant son père(3), “ il prend parfois l’apparence d’un Juste, intègre, humble, ayant de bons comportements ”. Il pourra donc prétendre que la constitution d’un front uni n’est qu’un leurre, allant à l’encontre de la vérité.
Et, si cela n’est pas suffisant, le mauvais penchant pourra encore présenter un autre argument : “ Qui suis-je et que suis-je ? On n’écoutera pas ma voix et je n’ai donc pas le moyen d’intervenir! ”. Et, il dispose d’autres arguments encore, mais tout cela ne change rien à la réalité et Dieu seul sait si l’on peut effectivement intervenir ou non.
L’un des traits de caractère de mon beau-père, le Rabbi, est ce qui est couramment appelé l’optimisme ou encore, selon la terminologie de la ‘Hassidout, la conviction qu’au final, le bien véritable sera le vainqueur, non seulement à terme et globalement, mais aussi à titre individuel et à court terme.
Certes, la pensée souligne qu’il ne reste que quelques jours pour constituer ce front et je ne suis assurément pas le seul à le dire, car ce qui vient d’être dit est évident et bien clair. Et, de fait, ou bien ce front se formera de lui-même, ou bien ma lettre ne sera d’aucune utilité.
Malgré cela, je vous adresse ces quelques lignes, car on est tenu de considérer que l’on se trouve soi-même, de même que le monde entier, sur une balance en équilibre. Je veux croire que vous aurez le courage, s’il le faut, de modifier une position que vous avez adoptée depuis quelques semaines déjà, que vous n’hésiterez pas à le faire.
Puisse Dieu faire que vous saisissiez cette occasion pour vous servir pleinement de l’influence que vous exercez, pour intervenir, avec la plus grande fermeté, pour la constitution de ce front uni des quatre partis religieux.
Bien évidemment, je fais ici allusion uniquement à un front technique, constitué pour le besoin des élections. En effet, si sa constitution est soumise à des conditions non techniques, s’appliquant au lendemain des élections, même si celles-ci sont, par ailleurs, pleinement justifiées, son existence sera d’emblée impossible, comme la pratique le démontre. Non seulement ce font ne sera pas possible, mais c’est précisément là le moyen de le détruire.
Nos Sages disent que l’on ne doit pas émettre un jugement définitif sur l’homme qui éprouve de la douleur. En conséquence, j’ai bon espoir que vous ne m’en voudrez pas pour les expressions quelque peu vives que vous trouverez ci-dessus. Et, je vous remercie d’avance de m’annoncer une bonne nouvelle sur le point essentiel(4).
Puisse Dieu faire que ma confiance ne soit pas déçue, que le bien et la vérité obtiennent la victoire, y compris dans les partis.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Des partis religieux israéliens. Voir, à ce sujet, la lettre n°3489. (2) Des différents partis. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3011. (4) La constitution du front uni.
Lettre n°3504
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3504, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 27 Iyar et à celle qui la précédait. Je suis satisfait que vous soyez en contact avec ce Rav. Puisse Dieu faire que cela amorce le changement qui permettra de rapprocher, au moins quelque peu, ceux qui le désirent, mais pensent, néanmoins, que ne se sont pas encore réalisés les termes du verset “ comme le visage se reflète dans l’eau ”(1).
Vous avez sans doute raison d’écrire que la faute incombe aux deux côtés à la fois(2) et que l’éloignement entre eux n’a aucune justification logique. Néanmoins, il est bon que les ‘Hassidim prennent l’initiative du rapprochement.
Bien évidemment, vous pouvez transmettre tout cela, en mon nom, aux jeunes gens et, plus généralement, aux ‘Hassidim. Néanmoins, l’action commandée et effectuée sur la base de la soumission ne sera pas, de leur part, la plus efficace, sauf pour le “ serviteur fidèle ”, qui conçoit le plaisir le plus intense en se soumettant, comme l’expliquent différents textes, en particulier la séquence de discours ‘hassidiques de 5666(3).
Notes
(1) Le cœur de l’homme se reflète dans celui de son prochain. Ainsi, certains s’abstiennent de se rapprocher des valeurs traditionnelles par manque de chaleur de la part de ceux qui pourraient les leur transmettre. (2) A celui qui transmet les valeurs et à celui qui souhaite s’en rapprocher. (3) 1906, du Rabbi Rachab.
Lettre n°3505
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3505, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 13 Iyar, dans laquelle vous me décrivez l’organisation et les horaires de l’étude, pour cet été. Bien que vous ne le disiez pas, vous traitez sûrement de chaque fête avec les élèves, juste avant celle-ci. De même, vous en étudiez les lois et les coutumes, d’une manière qu’ils peuvent comprendre.
Vous me dites que la journée des jeunes élèves s’arrête avec la coupure de midi, c’est-à-dire vraisemblablement vers douze heures trente. Or, on peut se demander comment ils passent le reste de la journée, qui en est, en fait, la plus grande partie. Bien plus, certains d’entre eux ont sûrement l’âge à propos duquel il est dit : “ Nourrissez-le comme un bœuf ”. Sans doute compléterez-vous tout cela, à la prochaine occasion.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,
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