Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°3466
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3466, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Iyar 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Its’hak Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 9 Iyar. Je souligne souvent aux ‘Hassidim que la Torah et les Mitsvot permettent de se lier à Dieu et à Son enseignement, que la situation spirituelle dépend de la situation matérielle. Je suis donc particulièrement surpris de constater que ceux qui font leurs études à la Yechiva et même les Rabbanim m’écrivent à propos de tout ce qui leur arrive, mais ne disent pas un mot de tout cela, pas même en allusion.
Bien évidemment, je ne leur demande pas de se vanter, dans leurs lettres, “ voyez tout ce que j’ai accompli ”. Pour autant, ils peuvent décrire ce qui est réalisé dans leur entourage et, a fortiori, dans les quatre coudées de celui qui m’écrit, dans sa maison. Il n’y a pas d’orgueil à cela.
Point n’est besoin d’en dire plus pour ce qui est bien évident et devrait l’être encore plus clairement pour ceux qui font leurs études à la Yechiva, mais ne me disent pas ce qui s’y passe, alors qu’un nouveau cycle d’étude vient de commencer(2).
Mon beau-père, le Rabbi, reçut des anciens ‘Hassidim le dicton suivant: “ On doit se lever(3) complètement différent ”. Puisse donc Dieu faire qu’en la matière, la situation soit radicalement différente.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav I.Hendel, de Montréal. Voir, à son sujet, les lettres n°143 et 158. (2) Après la fête de Pessa’h. (3) Chaque matin, à l’issue de la nuit.
Lettre n°3467
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3467, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, qui n’était pas datée.
Vous connaissez l’instruction de nos saints maîtres, selon laquelle il faut se conformer aux prescriptions des médecins. Or, il en est de même pour vous, mais vous semblez le faire uniquement de manière alternative et, durant certaines périodes, vous cessez de les écouter et vous vous écartez de leurs prescriptions.
La partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout établissent la valeur du corps juif. Il faut donc que celui-ci soit en bonne santé et intègre. C’est ainsi que l’on peut servir Dieu sans tracas et, bien plus, le Baal Chem Tov(1) applique à ce corps les termes du verset: “ tu lui viendras en aide ”.
A notre époque, le comportement contraire à celui-ci(2) découle, bien souvent, d’un désir ostentatoire ou même de ce qui est encore pire que cela. Abandonnez donc cette manière d’agir! A l’avenir, au moins, vous demanderez au médecin des instructions détaillées, quant à ce que vous devez boire et manger. Il sera sûrement possible de faire en sorte que celles-ci ne contredisent pas le Choul’han Arou’h, ce qu’à Dieu ne plaise. Ainsi, vous les respecterez et, dès lors, vous guérirez très vite et vous recouvrerez la santé.
Avec ma bénédiction de bonne santé et pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3381. (2) Celui des jeûnes et des mortifications.
Lettre n°3468
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3468, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 4 Iyar, qui, pour la première fois, a été rédigée dans l’esprit que demandent nos saints maîtres, c’est-à-dire avec confiance en Dieu. Différents textes expliquent que celle-ci confère la certitude que le Tout Puissant satisfera effectivement tous les besoins matériels, au sens le plus littéral, sans distinction, même s’il semble parfois qu’on ne le mérite pas.
Puisse Dieu faire que vous m’écriviez toujours dans le même esprit, ce qui aura pour effet de multiplier les bonnes nouvelles, d’un bien visible et tangible, dans le contenu de vos courriers.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai le nom de cette femme près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin qu’elle ait de longs jours et de bonnes années. Je suis étonné que vous ne me disiez pas de quelle manière s’est passé son installation.
Je suis encore plus surpris que vous ne me disiez rien des réunions ‘hassidiques de ce mois de Nissan ou bien des actions qui sont menées par les femmes ‘Habad. Sans doute compléterez-vous tout cela, à la prochaine occasion.
Avec ma bénédiction pour que, très prochainement, vous vous installiez correctement, matériellement et spirituellement à la fois,
Lettre n°3469
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3469, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Iyar 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et assume une mission divine,
le Rav Elyahou Leïb(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 5 Iyar(2). Vous connaissez le dicton du Baal Chem Tov, que nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel tout ou ce que l’on voit ou entend peut, et doit donc, délivrer un enseignement pour le service de Dieu. Combien plus en est-il lorsqu’il s’agit d’un événement qui concerne de nombreux Juifs, d’autant qu’en l’occurrence, Dieu a “ placé ceux qui étaient nombreux dans les mains de ceux qui n’étaient que quelques uns ”(3), d’une manière miraculeuse.
Il doit donc découler de tout cela une force accrue pour servir Dieu. Et, il ne faut nullement s’affecter du fait que certains ont une autre conception des faits et entendent l’imposer, sous prétexte qu’ils sont majoritaires. L’événement lui-même fait la preuve de leur erreur et montre que l’importance numérique n’est pas du tout déterminante.
De fait, ceux qui adoptent une autre attitude savent également qu’il en est bien ainsi. Néanmoins, ils ne combattent pas leur mauvais penchant comme ils devraient le faire et ils sont donc placés sous son emprise. Ceci s’ajoute à leur attitude, qui est une incroyable marque d’ingratitude(4).
Une image permettra de le comprendre. Un grand et puissant monarque témoigne de son profond amour pour l’homme le plus simple et le plus ordinaire. Quittant le lieu de sa gloire, il se dirige vers lui, avec tous ses ministres, puis le fait entrer dans le palais royal, comme l’explique le chapitre 46 du Tanya.
Est-il envisageable que cet homme le plus humble dise au roi que le palais lui appartient personnellement, qu’il y fera donc ce que bon lui semble et qu’il commencera par en renvoyer le roi, de toutes les manières possibles, c’est-à-dire en adoptant une attitude grossière, allant systématiquement à l’encontre de sa volonté? Vous devez comprendre ce que je veux dire.
Vous me dites que l’on a distribué de la Matsa Chemoura(5) aux parents d’élèves de votre école et j’en suis satisfait. Sans doute en a-t-on fait de même dans toutes les écoles du réseau(6).
Puisse Dieu faire que vous m’annonciez toujours de bonnes nouvelles de vos activités communautaires et de vos préoccupations personnelles.
Avec ma bénédiction, à propos de tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Le Rav E.L. Rivkin. (2) Dans laquelle le Rav Rivkin disait que plusieurs enseignants considéraient qu’il ne fallait rien dire de la date du 5 Iyar. D’autres proposaient d’y consacrer quelques mots et d’indiquer qu’en ce jour, il y a sept ans, les nations arabes avaient attaqué les Juifs, qui avaient été sauvés par un miracle de Dieu. Voir, à ce sujet, la lettre n°3404. (3) Comme ce fut le cas à ‘Hanoukka. (4) Envers le miracle de Dieu. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°3386. (6) Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte.
Lettre n°3470
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3470, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous évoquez le voyage que vous devez faire ici, afin que nous nous rencontrions et vous indiquez que, pour l’heure, vous n’en avez pas les moyens. En fait, vous les possédez effectivement, conformément au cinquième chapitre du Tanya. Et, nous pouvons même faire plus que nous rencontrer(1). En effet, le Tanya explique qu’en étudiant notre sainte Torah, en s’efforçant de la percevoir et de la comprendre, on se lie, en une union extraordinaire, à laquelle rien n’est comparable en ce monde matériel, avec l’idée qui fait l’objet de cette étude(2).
Vous fixerez donc une étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, la même que celle des personnes qui se trouvent ici(3). Vous serez donc uni à elles et au sujet de votre étude. Nous le serons donc, l’un à l’autre.
Bien plus, c’est ainsi que l’on met en évidence le fait qui est introduit par le chapitre 32 du Tanya, soulignant que seuls les corps sont séparés, alors que les âmes sont semblables. De ce point de vue, tous les Juifs sont, à proprement parler, des frères.
Si l’on prend pour référence l’essence de l’âme, la distance ne constitue pas une séparation, car celle-ci transcende l’espace, comme le dit le Likouteï Torah, à la fin de Devarim, au discours ‘hassidique intitulé “ Chant et cantique pour l’inauguration du Temple ”.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit, dans l’opulence matérielle et en bonne santé,
M. Schneerson,
Notes
(1) On peut également s’unir. (2) On peut “ rencontrer ” le Rabbi en étudiant son enseignement. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3620.
Lettre n°3471
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3471, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Iyar 5715,
Brooklyn,
Aux dirigeants de la Yechiva Tom’heï Temimim,
à Lod, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Pour faire suite à la lettre du Rabbi Chlita(1), que vous avez sûrement déjà reçue, vous trouverez ci-après le détail de quelques points, évoqués dans vos précédents courriers et auxquels vous apporterez sans doute une réponse, dans vos prochaines lettres.
A) Vous évoquez, dans votre lettre, l’étude des lois de la Che’hita et du Yoré Déa. Sans doute faites-vous allusion également au métier de la Che’hita et à l’étude, de manière générale, du Yoré Déa.
Globalement, il s’agit d’une bonne initiative, surtout pour les élèves séfarades. Bien évidemment, il faudra prendre en compte les points pour lesquels leur pratique diverge de celle des Cho’hatim ashkénazes.
Pour autant, le nom et la nature de la Yechiva ne doivent pas s’en trouver dévalués. L’étude de la Torah doit conserver sa profondeur. Vous devez comprendre ce que je veux dire.
B) Vous parlez de vos négociations afin d’obtenir une subvention de la part du comité des Yechivot. De fait, il est proprement incompréhensible que l’on vous ait accordé un montant aussi dérisoire, d’autant que le Rav Sheer est venu ici. Dans ses discussions, il a dit et répété qu’il considérait d’une manière positive et favorable les Yechivot Tom’heï Temimim. Or, il est très influent, au sein de ce comité.
C) Une lettre du Kfar(2) m’annonce qu’un terrain a été attribué, qui suffira pour y bâtir l’école professionnelle. Sans doute me direz-vous également ce qui a été fait concrètement, en la matière.
D) Il faudrait déterminer pourquoi le ministère du travail n’a pas donné son accord pour l’école professionnelle. Il y a sûrement un moyen de modifier cette décision, en introduisant quelques améliorations dans cette école. Bien évidemment, cela ne doit en aucune manière se faire au détriment des études sacrées.
E) Pour l’heure, je n’ai pas encore reçu les dossiers des élèves de l’école professionnelle et leurs photographies.
F) Vous me demandez s’il faut instituer le paiement d’une amende(3) pour les élèves qui ne font pas preuve de diligence. En la matière, vous devez prendre en compte l’usage en vigueur dans le pays où vous vous trouvez.
G) Concernant les bâtiments de Tibériade(4), il est possible d’y installer une école professionnelle. Il semble que les élèves en seront des Sefardim et il faut donc, avant tout, vérifier si une personne est apte à en assumer la direction. En effet, si les enseignants peuvent effectivement ne pas être des ‘Hassidim, il n’y a pas lieu de renoncer à la direction.
Bien évidemment, il en sera de même et une même vérification sera nécessaire, ou peut-être même devra-t-elle être encore plus scrupuleuse, si l’on y fonde une branche de la Yechiva Tom’heï Temimim.
Qu’en est-il du véhicule ?
Avec mes respects et ma bénédiction,
Le secrétaire,
A. Kwint,
Notes
(1) Cette lettre fut rédigée par le secrétaire, sous la dictée du Rabbi. (2) Kfar ‘Habad. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3385. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°3472 et 3556.
Lettre n°3472
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3472, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Iyar 5715,
Brooklyn,
Aux dirigeants de l’Association ‘Habad,
en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée
et rebâtie, que Dieu vous accorde une longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
A) Je viens de recevoir votre lettre du 5 Iyar, dans laquelle vous formulez différentes propositions, quand à la création du second Kfar ‘Habad(1). Je suis surpris que vous envisagiez également de le fonder en un endroit éloigné, non seulement du Kfar ‘Habad actuel, mais aussi de toute implantation religieuse, alors que vous connaissez la situation de la Terre Sainte, en la matière. Une réflexion sommaire permet d’établir qu’une telle éventualité est exclue.
B) A ce propos également, et comme je m’en suis entretenu oralement avec monsieur Chazar, quand il était ici, de même qu’avec monsieur Korn, lorsqu’il m’a rendu visite, le second Kfar ‘Habad doit être bâti à proximité du Kfar actuel.
Si cela est totalement impossible, il se trouvera, au moins, à proximité d’un endroit où résident des personnes actives de ‘Habad, par exemple à Jérusalem, à Tel Aviv ou à Lod. Si cela n’est pas possible non plus, on l’implantera là où il y a un groupe important de personnes respectant la Torah et les Mitsvot. Et, peut-être, grâce à tout cela…
Y a-t-il une possibilité et les moyens de bâtir un second Kfar ‘Habad à Tibériade(2), à proximité des bâtiments érigés sur le terrain de Poaleï Agoudat Israël ?
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit et puisse Dieu faire que cela soit au plus vite,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2826. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°3471 et 3556.
Lettre n°3473
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3473, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 10 Iyar. Je vous remercie de m’avoir au moins rapporté que les élèves ont organisé une réunion ‘hassidique, avec le recteur de la Yechiva, au cours de laquelle a été distribué le vin du repas du dernier jour de Pessa’h, celui du Machia’h(1).
On a sûrement rappelé aux élèves le point le plus important, qui est l’action concrète, en l’occurrence la constance et l’ardeur nécessaires pour l’étude de la Torah. En effet, bouger les lèvres est bien une action concrète, comme l’explique le Tanya, au chapitre 37. De même, les Mitsvot doivent être mises en pratique de la meilleure façon.
Vous évoquez une personne qui, pour l’heure, n’a pas les moyens d’assurer sa subsistance matérielle. Si l’on n’était pas resté indifférent, lorsque la subsistance spirituelle lui manquait également, on n’en serait pas là ! Car, c’est bien la raison de ce manque matériel. Les deux éléments sont liés.
Il faut donc renforcer sa subsistance morale et vous-mêmes, devez consentir des efforts en ce sens, dans toute la mesure du possible, par l’intermédiaire de tous ceux que vous mentionnez dans votre lettre, à ce sujet.
Alors, Dieu lui accordera la bénédiction pour sa subsistance matérielle. Vous connaissez, en effet, le récit et la décision de l’Admour Hazaken(2) : “ Tu ne parles que de ce dont tu as besoin. En revanche, tu ne dis rien de ce pour quoi l’on a besoin de toi ”. Et, l’issue de ce récit montre qu’en faisant ce que l’on doit faire, on obtient la satisfaction de tous ses besoins, dans la largesse.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit et puisse Dieu faire que cela soit au plus vite,
Notes
(1) Le vin que le Rabbi avait donné pour eux, lors de la distribution, à l’issue de la réunion ‘hassidique du repas du Machia’h. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°2547, 3496, 3509 et 3511.
Lettre n°3474
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3474, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Iyar 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Na’houm Shmaryahou(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du début du mois d’Iyar, de même que celle qui la précédait.
Je vous remercie de m’avoir annoncé la bonne nouvelle de la réunion ‘hassidique et surtout de l’inspiration qu’en ont tirée les participants, durant les jours qui l’ont suivie. Par la suite, ceux qui en ont le pouvoir s’assurent sans doute que cet enthousiasme reçoit bien une application concrète, y compris pendant les jours de semaine.
Vous dites que ceux qui résident à l’occident(2) n’ont jamais vu le Rabbi, car mon beau-père, le Rabbi, n’y est passé que brièvement, pendant une semaine(3). Mais, au final, cette visite aura un effet profond.
L’un des moyens d’obtenir un tel résultat, sous forme de révélation, est d’attirer une lumière encore plus intense. S’il s’agit d’une initiative des hommes, celle-ci consiste en un effort accru, afin que l’introduction de cette lumière soit beaucoup plus profonde.
Or, ces deux points dépendent des ‘Hassidim âgés de Jérusalem, qui doivent répéter devant eux des discours de la ‘Hassidout. Car, l’enseignement d’un Rabbi reflète sa quintessence profonde. Et, l’on doit donc les guider vers ses pratiques, de la manière qu’il nous a indiquée, dans l’existence quotidienne.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav N.S. Sosonkin, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°2759. (2) En Erets Israël. (3) En été 5689-1929.
Lettre n°3475
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3475, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, écrite à l’issue du saint Chabbat. Je suis surpris que vous ne disiez rien de votre étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, de même que de votre participation aux réunions ‘hassidique et aux enseignements publics.
Au début de votre lettre, et même au milieu de celle-ci, vous évoquez uniquement la nécessité de gagner votre vie et les différentes manières de le faire, comme si vous aviez oublié, ce qu’à Dieu ne plaise, le texte de la bénédiction prononcée après le repas, qui est instaurée par la Torah. Celle-ci commence en constatant que Dieu est “ le Roi du monde ” et que Lui, précisément, “ nourrit chacun et subvient aux besoins de tous, avec bonté et miséricorde ”.
Vous pouvez en conclure, sans l’ombre d’un doute, qu’il vous faut bâtir pour Lui une demeure ici-bas, en cet endroit, là où vous vous trouvez. Alors, vous pourrez vérifier qu’Il “ nourrit chacun et subvient aux besoins de tous ”. Vous consulterez également, avec l’attention qui convient, Iguéret Hakodech, au chapitre 9 et d’autres textes encore.
Puisse Dieu faire qu’au moins à l’avenir, tout cela soit complètement rectifié, en particulier dans l’action concrète. Sans doute ne manquerez-vous pas de m’annoncer de bonnes nouvelles, en la matière.
Dans l’attente de ces bonnes nouvelles,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°3476
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3476, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Iyar 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Avraham Tsvi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 25 Nissan et à celle du premier jour de Roch ‘Hodech Iyar que j’ai reçues conjointement.
Vous évoquez le récit relatif aux trois cent soixante quinze chapitres traitant de la volonté et du plaisir, qui tendent à déterminer lequel des deux implique l’autre. Vous dites que mon beau-père, le Rabbi, les rédigea quand il était jeune, qu’il les brûla ensuite, puis qu’il regretta ce qu’il avait fait.
Ce récit a effectivement été transmis par l’un des ‘Hassidim âgés, le Rav Mi’haël Dvorkin et vous m’en demandez la signification.
Je ne sais pas dans quelle mesure une explication est nécessaire. Et celle-ci doit-elle porter sur le nombre qui est mentionné ou sur l’idée proprement dite?
S’agissant du nombre, vous trouverez des références en marge de ce texte, établissant une relation entre trois cent soixante quinze, la volonté et le plaisir(2), qui correspondent, chez l’homme, ici-bas, aux deux parties de Kéter, la couronne qui surplombe l’enchaînement des mondes, c’est-à-dire Atik et Ari’h. Il en est donc de même pour l’Homme céleste(3). De même, la séquence de discours ‘hassidiques de 5666(4) traite aussi de la volonté et du plaisir(5).
Quant au fait qu’il brûla ce texte, puis qu’il regretta l’avoir fait, on peut peut-être expliquer qu’il s’agissait, en l’occurrence, de l’enseignement profond de la Torah et qu’en conséquence, il se refusait à avancer ce qu’il n’avait pas reçu de son maître. Vous consulterez, à ce propos, le Zohar, tome 2, page 221b. Par la suite, il regretta ce qu’il avait fait car il s’est avéré que cet enseignement lui venait bien de son maître.
A ce propos, vous citez la formule mnémotechnique Yad Yossef, la main de Yossef. Il semble que vous ayez omis de préciser, tout d’abord, qu’il y a bien là quatorze(6) parties.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Je viens de recevoir votre lettre du 9 Iyar.
Notes
(1) Le Rav A.T. Landau. (2) Le Rabbi note, en bas de page : “ Likouteï Torah Vaykra, page 9c et Chir Hachirim, pages 35d et 38c. (3) Les niveaux d’Atik et Ari’h correspondent donc également au Plaisir et à la Volonté. (4) 1906, du Rabbi Rachab, père du précédent Rabbi. (5) Le Rabbi note, en bas de page : “ A partir du discours intitulé Le’h Le’ha ”. (6) Valeur numérique du mot Yad.
Lettre n°3477
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3477, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos lettres du 29 Nissan, à celle qui la précédait, de même qu’à celles du 3 et du 6 Iyar, ainsi qu’au télégramme relatif à la participation des jeunes gens(1) aux inscriptions(2).
Je suis surpris et très étonné, pour ce qui vous concerne, beaucoup plus que pour tous les autres ‘Hassidim de Terre Sainte. En effet, vous vous trouviez personnellement aux Etats Unis lorsque mon beau-père, dont le mérite nous protégera, chef d’Israël et non uniquement des ‘Hassidim, envoyait les élèves de la Yechiva mener une action pour promouvoir la bonne éducation. Il choisissait alors les meilleurs élèves, les envoyait dans des villes de province, afin d’y fonder des Yechivot élémentaires, dans lesquelles on enseigne l’alphabet hébraïque, le Sidour, le ‘Houmach, la Michna et la Guemara. Or, ces élèves auraient pu se consacrer à leur propre étude de la ‘Hassidout, de même qu’à celle de la partie révélée de la Torah.
Vous connaissez également “ l’heure du mercredi ”(3), consacrée aux enfants qui ne parlent même pas le Yiddish, auxquels il faut également enseigner l’importance du Modé Ani, les fondements du respect du Chabbat. Là encore, mon beau-père, le Rabbi, déléguait des élèves de la Yechiva, y compris ceux qui possédaient déjà une perception profonde de la ‘Hassidout, priaient avec ferveur(4). Or, les élèves de la Yechiva Tom’heï Temimim étaient ici, à l’époque, très peu nombreux.
Cette même question se pose maintenant en Terre Sainte, après que les élèves aient déjà participé de nombreuses fois à ces inscriptions. Et, il s’agit, en l’occurrence, d’une quinzaine d’élèves, pour deux semaines seulement. Malgré cela, vous mettez de côté toutes vos activités afin d’envoyer un télégramme ici dans le but d’empêcher la participation des élèves à ces inscriptions, ce qui écartera des centaines d’enfants d’une bonne éducation, dans les endroits nouveaux et même dans les anciens.
Bien évidemment, le retard pris par les bâtiments pour l’école agricole et professionnelle fait “ également ” de la “ peine ”. Des jeunes arrivent actuellement du Maroc et, si ces bâtiments étaient prêts pour les accueillir, il serait possible d’en sauver des dizaines en les intégrants à ces écoles, puis de mener campagne pour obtenir d’autres bâtiments. Il n’en est pas de même, dans la situation actuelle.
De temps à autre, se présente une occasion supplémentaire de développer le domaine de ‘Habad, en Terre Sainte et donc de diffuser les sources à l’extérieur, afin de mettre en pratique les termes de la promesse(5) selon laquelle il viendrait quand ces sources se diffuseront. Et, il y a, en conséquence, de temps à temps, un nouvel empêchement, une nouvelle barrière qui se dresse.
J’ai appris, avec plaisir, que votre visite à l’école, affiliée au réseau, se trouvant à Min’ha a été du meilleur effet sur les élèves. Dieu fasse que l’on se conforme à mes propos et que l’on multiplie de telles visites. Qu’il en soit ainsi, au moins à l’avenir et que Dieu vous accorde la réussite.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
M. Schneerson,
Notes
(1) Elèves de la Yechiva. (2) D’enfants dans les écoles du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, pour l’année scolaire suivante. (3) Consacrée à l’étude de la Torah des enfants juifs fréquentant l’école communale. (4) Et, pouvaient donc se servir de leur temps d’une manière fructueuse. (5) Relative à la venue du Machia’h.
Lettre n°3478
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3478, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Iyar 5715,
Brooklyn,
Aux dirigeants des jeunes de l’association ‘Habad,
à Jérusalem, ville sainte,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je suis un peu surpris que vous ne m’écriviez plus afin de me décrire la suite de vos actions positives. A n’en pas douter, vous avez profité du mois de Nissan, qui propage les “ miracles des miracles ”, selon l’expression de nos Sages, au traité Bera’hot 57a, pour diffuser les sources à l’extérieur, de même que les enseignements et les comportements de la ‘Hassidout. Vous compléterez tout cela, à la prochaine occasion.
Vous évoquez la Yechiva du soir et j’espère que mon proche parent, le Rav Chmouel Mena’hem Mendel(1) vous a transmis le contenu de la lettre que je lui ai adressée(2). Celle-ci abordait une question qui vous concerne également. Comme marque de respect et pour le bon ordre, je répéterai ici mon propos.
Dans l’intérêt de votre mission sacrée, il n’est pas bon de morceler l’action comme vous le faites, en donnant un intitulé et un aspect différents à chaque réalisation. Certes, cela permet d’obtenir la “ rivalité des érudits ”(3). Celui qui est à la tête d’un tel accomplissement ressent plus clairement qu’il en est responsable. Mais, cet avantage est perdu par l’inconvénient qui en résulte, en l’occurrence le fait de démultiplier ce qui pourrait être obtenu en fonction du principe selon lequel “ la bougie qui éclaire une personne peut en éclairer cent ”. De même, l’action, en pareil cas, manque d’empressement, car les informations ne sont pas systématiquement communiquées, chaque domaine d’activité a un autre responsable et d’autres problèmes se posent encore.
J’ai donc proposé qu’une réunion soit organisée, au plus vite. Les responsables des différentes activités y participeront et, sans minimiser la valeur de quiconque, une coordination sera mise en place, de sorte que toutes les activités soient en phase. Ceci permettra de les développer, d’optimiser les coûts et les efforts, le temps et également l’argent.
Comme je le rappelais dans ma lettre, il est dit que “ le salut est obtenu par les nombreux conseillers ”. Il serait donc judicieux de faire participer à cette réunion les ‘Hassidim âgés de la ville sainte de Jérusalem, en particulier ceux que vous avez consulté jusqu’à maintenant et qui ont donc connaissance de ce qui est accompli. Je fais allusion, avant tout, à mon proche parent, le Rav et ‘Hassid, Rav Azryel Zelig Slonim.
De même, je voudrais également répéter ici que, pour différentes raisons, le nom Ohaleï Yossef Its’hak ou même simplement Yossef Its’hak est réservé, en Terre Sainte, au réseau(4). Votre Yechiva du soir ne le portera donc pas, mais elle s’appellera plutôt “ Yechiva du soir placée sous la direction de…(5) ”.
Plus généralement, je saisis cette occasion pour exprimer mon étonnement en constatant que vous avez choisi ce nom et l’avez attribué à une institution sans que nous nous concertions, au préalable, à ce sujet. Or, il s’agit, en l’occurrence, du nom de notre chef, le chef d’Israël et en faire usage implique donc une responsabilité particulière. Qui peut, en la matière, s’en remettre à son propre avis, sans consulter le plus grand nombre et, en particulier, ceux qui peuvent formuler un raisonnement objectif ? Est-on certain de sanctifier le Nom de Dieu et non…(6) ? Car, ceux qui en seront les témoins ne demanderont pas qui a choisi ce nom et si le plus grand nombre à donné son accord. Parfois même, on émettra un jugement sur celui qui porte le nom attribué à cette institution. Point n’est besoin d’en dire plus, tant cela est évident. Sans doute rectifierez-vous tout cela, de la manière qui convient.
Il est bien évident, et il n’est nullement utile de le préciser, que mon propos n’est pas de décourager, ce qu’à Dieu ne plaise. Il ne s’agit pas, en la matière, d’une remontrance. Bien au contraire, je suis satisfait, d’un côté, de constater votre engagement pour la bonne éducation, mais, d’autre part, il est fondamental, surtout à notre époque, que tout soit d’emblée structuré et organisé, quelle que soit l’action envisagée.
En conséquence, j’ai bon espoir que vous continuerez à mener cette action, avec toute l’ardeur nécessaire. Et, si certains points doivent être rectifiés, par un ajout ou bien par un retrait et un refus, vous le ferez également et, bien plus, ceci décuplera votre ardeur et votre réussite.
J’attends de vos bonnes nouvelles et je vous adresse ma bénédiction de réussite pour diffuser les sources à l’extérieur. Vous connaîtrez un succès transcendant la nature.
Notes
(1) Le Rav C.M. M. Schneersohn, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°3382. (2) Il s’agit de la lettre n°3448. (3) Qui “ multiplie la sagesse ”. (4) Des écoles portant ce nom. (5) Des jeunes de l’Association ‘Habad. (6) De le profaner.
Lettre n°3479
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3479, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre, vraisemblablement écrite à la fin du mois de Nissan et celle qui l’a suivie. J’y ai lu que vous mettez en pratique la Volonté de Dieu en respectant les Mitsvot, en général et en donnant de la Tsédaka, en particulier. Vous le faites avec joie et largesse.
A n’en pas douter, Dieu tiendra Sa promesse. Il dit, en effet : “ De grâce, mettez-Moi à l’épreuve, en la matière ” et, grâce à la Tsédaka, “ Je vous prodiguerai la bénédiction jusqu’à ce qu’il soit impossible de dire : cela suffit ”. Ainsi, “ mesure pour mesure ”, vous l’obtiendrez, par ce canal, de manière joyeuse également, “ par la lumière du visage du Roi vivant ”, le Roi céleste. Avant tout, vous pourrez bientôt m’annoncer que vous avez trouvé le parti qui convient à votre fille aînée.
Vous me dites qu’à ceux qui proposent un parti à votre fille, vous ne présentez pas l’étude de la ‘Hassidout comme un préalable nécessaire. Vous avez raison, en cela, car, de nos jours, la crainte de Dieu conduit, tôt ou tard, à adopter les instructions et les pratiques de la ‘Hassidout, puis, le moment venu, d’en étudier l’enseignement.
Vous me dites que vous participez aux réunions ‘hassidique et j’en suis satisfait. De même, vous discutez, avec les ‘Hassidim, des paroles de la Torah et des comportements ‘hassidiques. On sait l’importance que nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera, accorde à ces pratiques. Tous ceux qui reçoivent leur enseignement et les mettent en pratique leur procurent donc du plaisir, dans l’endroit où ils se trouvent, c’est-à-dire dans les palais célestes et dans les mondes supérieurs.
A n’en pas douter, cette satisfaction multiplie la bénédiction et la réussite, permettant d’obtenir la satisfaction de tous ses besoins, de même que ceux de tous les membres de la famille.
Avec ma bénédiction de Mazal Tov, à l’occasion de votre anniversaire et pour que vous ayez, conformément à l’expression de mon beau-père, le Rabbi, un été en bonne santé et joyeux,
Lettre n°3480
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3480, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre de la veille de Pessa’h, dans laquelle vous exprimez un bien meilleur moral que dans les précédentes. Puisse Dieu faire non seulement que vous conserviez ce moral, mais, bien plus, que vous raffermissiez également votre confiance en Dieu. La tranquillité d’esprit et la joie que vous en concevrez vous permettront d’assumer votre mission sacrée avec une ardeur accrue.
Je recevrai sans doute, ces jours-ci de bonnes nouvelles des inscriptions(1). Vous me direz également quelle est la conception que vous vous faites de la nouvelle année scolaire.
Vous considérez que l’enseignement n’est pas encore votre fort. Un très ancien verset traite de ce sujet et, faisant allusion à chaque homme en particulier, il dit : “ L’homme naît comme un ânon sauvage ”. On ne progresse donc que pas à pas, sur la voie qui conduit vers la maison de Dieu et permet d’assumer sa mission, de servir Dieu, de toutes ses forces et par tous ses moyens. La finalité est de s’unifier à l’Essence de Dieu et le moyen d’y parvenir ne connaît, bien évidemment, aucune limite.
De façon générale, chaque Juif, chaque Juive va de l’avant par rapport à ce qui a été son point de départ. Pour autant, on conserve la possibilité de s’améliorer sans cesse. Ainsi, remarquent nos Sages(2), “ les pieds des anges surpassent tous les précédents ”, comme l’explique le Tanya, à la fin du chapitre 13. Or, toutes les qualités et les valeurs que l’on accumule ici-bas sont insignifiantes par rapport à celles, ou plus exactement à leur quintessence, que l’on acquiert lorsque l’on atteint un plus large niveau de perfection.
Et, l’aide que Dieu accorde est également conforme à tout cela, comme l’explique Iguéret Hakodech, au chapitre 14. Chaque jour, on reçoit un intellect plus élaboré, émanant d’un stade plus haut, qui n’a encore jamais éclairé le monde, comme l’établit ce texte. De plus, ce qui est globalement vrai s’applique aussi, plus spécifiquement, à chaque domaine et dans chaque contexte.
En conséquence, votre moral doit susciter en vous des forces accrues et un effort véritable. De la sorte, la réussite de la “ trouvaille ”(3) sera d’autant plus forte.
Avec ma bénédiction de succès en tout ce qui vient d’être dit et pour donner de bonnes nouvelles également de vos préoccupations personnelles et de celles des membres de votre famille,
Notes
(1) De nouveaux élèves aux écoles du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte, pour l’année scolaire suivante. Voir, à ce sujet, la lettre n°3477. (2) Etablissant une hiérarchie des valeurs qui montre que l’avancement peut être permanent. (3) Ainsi qu’il est dit “ J’ai fait des efforts et j’ai trouvé ”.
Lettre n°3481
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3481, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 4 Iyar, de même que les deux qui la précédaient et j’y fais maintenant réponse:
A) Vous connaissez sûrement le proverbe suivant de mon beau-père, le Rabbi(1). Bien qu’il soit nécessaire de connaître l’état de ses affaires, en établissant une balance exacte, il y a, néanmoins, un temps pour le faire, généralement en fin d’année. En revanche, si l’on établit ses comptes en permanence, on gaspillera son temps et ses forces, en plus du préjudice qui en résultera pour les affaires proprement dites.
De façon générale, on doit mener ses affaires dans la largesse et avec confiance(2), ainsi qu’il est dit : “ Elargis la bouche et Je l’emplirai ”. Or, une balance implique la mesure et l’étroitesse, lesquelles vont à l’encontre de tels sentiments.
Or, il en est de même pour la Torah et les Mitsvot, “ affaire ” essentielle de l’homme, qui a été créé pour servir son Créateur. Notre sainte Torah, Torah de vie, fixe donc des moments précis pour établir un bilan, généralement à la fin d’une période. Ainsi, le Chema Israël du coucher permet d’établir celui de la journée qui vient de s’écouler. A la fin de l’année, c’est-à-dire pendant le mois d’Elloul et surtout durant les Seli’hot, on fait le bilan de l’année passée.
Vous dites que vous établissez fréquemment de tels bilans, que ceux-ci portent, en particulier, sur votre comportement des années passées et vous vous demandez, encore et encore, si vous devez intensifier votre engagement dans votre activité pédagogique, votre enseignement et l’influence que vous exercez sur les autres. Comme en atteste ce qui vient d’être dit, votre attitude va à l’encontre du principe énoncé par mon beau-père, le Rabbi, chef d’Israël.
B) Pour revenir à ce qui fait, à proprement parler, l’objet de notre propos, six cent treize Mitsvot furent données aux enfants d’Israël et nos Sages précisèrent que celles-ci doivent être pratiquées en dépassant la ligne de la Loi(3). La ‘Hassidout ajoute que chacune doit être mise en pratique avec enthousiasme et chaleur. Pour autant, il est clair qu’une Mitsva n’en contredit pas une autre et encore moins les six cent douze autres. Bien au contraire, “ une Mitsva en attire une autre ”.
Il en est de même pour ce qui concerne votre question, que vous réitérez dans nombre de vos lettres. Tous les points que vous citez, votre mission sacrée consistant à guider votre entourage vers la Torah et les Mitsvot, la sainte fonction que vous assumez dans cette institution, l’aide que vous apportez à la maison, car l’harmonie familiale est particulièrement importante, puisque, selon l’expression de nos Sages, la Présence divine se révèle dans le couple grâce à elle, tous ces points sont également importants et ils constituent un grand mérite.
Le Créateur “ forge leur cœur ensemble ” et Il vous a confié toutes ces missions à la fois. A n’en pas douter, vous pouvez donc faire en sorte que l’une ne contredise pas l’autre, bien plus que l’une vienne en aide à l’autre. N’écrivez-vous pas vous-même, dans votre lettre, que votre épouse est satisfaite de l’influence positive que vous exercez sur tel jeune homme, qui s’est rapproché de la crainte de Dieu ? Or, elle sait bien qu’en vous signifiant sa satisfaction, elle vous engage à poursuivre en ce sens. Cela veut bien dire qu’elle accepte votre action et la considère d’un œil bienveillant.
Il est clair qu’en étant éloigné, ou même en étant proche, il est difficile d’adopter une position tranchée et de dire que, de telle heure à telle heure, vous devez avoir telle activité, puis telle autre, jusqu’à telle heure. Tout dépend, en fait, des conditions du lieu et du moment, de l’état d’esprit, des urgences. Néanmoins, la Torah n’a pas été donnée aux anges et il ne faut pas exagérer la difficulté d’organiser ces activités d’une manière harmonieuse.
C) Vous m’écrivez que, lorsque vous considérez un jeune homme ou un élève se consacrant à l’étude, alors que vous assumez vous-même ces activités ou bien devez vous consacrer aux autres, vous ne savez pas si vous avez fait le bon choix. Or, le verset établit clairement que “ l’Eternel notre Dieu nous a ordonné de faire tous ces Décrets, afin de craindre l’Eternel notre Dieu ”. Il est dit aussi que “ Tu craindras Dieu et tu garderas Ses Mitsvot, car telle est la finalité de l’homme ”.
Il en résulte que tout ce qui concerne la crainte de Dieu et le respect concret de la Mitsva est bien l’objectif d’un homme. La Michna affirme que : “ J’ai été créé pour servir mon Créateur ” et non pour me servir moi-même, y compris de la manière la plus élevée, comme c’est le cas pour ce qui vient d’être dit et comme l’explique le Rambam, à la fin des lois de la Techouva.
On étudie la Torah par amour pour le Maître de tout, Qui a demandé de le faire. Il est dit, à propos de tous les Juifs, que “ vous êtes des fils pour l’Eternel votre Dieu ”. Rabbi Akiva enseigne que le Précepte “ Tu aimeras ton prochain comme toi-même ” est “ un grand principe de la Torah ” et, quand on observe que l’un de Ses fils se trouve dans une forêt profonde, entouré par des bêtes sauvages, mais qu’on l’abandonne à son sort, afin de se consacrer à sa propre étude, d’être considéré comme un érudit ou un fin lettré, telle n’est pas la finalité de la création de l’homme, comme elle a été conçue par Dieu. En effet, le Tout Puissant demande à l’homme de servir son Créateur.
Avec ma bénédiction pour servir Dieu dans la joie,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2516. (2) En Dieu. (3) De la meilleure manière possible.
Lettre n°3482
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3482, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Iyar 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yera’hmyel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre de l’issue du Chabbat Tazrya Metsora, dans laquelle vous évoquez les cours que vous donnez à vos amis et, avant tout, à un groupe d’élèves. Je vous en félicite. Il est sans doute inutile de vous expliquer longuement à quel point tout cela est important. Vous connaissez l’affirmation de nos Sages, au traité Baba Metsya 85a, selon laquelle, aussi fondamental qu’il puisse être d’enseigner la Torah au fils de son ami et, encore plus, à son propre fils, le sommet de l’élévation consiste, cependant, à séparer le grain de l’ivraie.
Il est sûrement inutile de vous rappeler la nécessité de faire en sorte que votre enseignement aux élèves de certaines écoles ne soit pas interprété comme une reconnaissance de ces écoles et de leurs conceptions. J’ai déjà écrit tout cela à quelques ‘Hassidim(2), bien qu’il s’agisse d’une évidence. Les précautions à prendre sont fonctions des conditions du lieu et des écoles. Tous les endroits ne sont pas identiques.
De façon générale, vos cours ne doivent pas figurer dans le programme de l’école et sa direction ne doit pas intervenir, pour ce qui concerne votre enseignement. Il est dit que “ le salut vient des nombreux conseillers ” et vous consulterez donc ceux qui se trouvent sur place.
Vous proposez que les filles participent également à votre conférence sur la ‘Hassidout, à la condition qu’elles prennent place sur des rangées séparées. Vous voulez sans doute dire qu’elles se trouveront dans un autre endroit de la salle, avec une séparation au milieu.
Il n’y a pas lieu de diffuser tout cela en ces termes et d’en faire une position officielle, un principe, car il y aura toujours des personnes se prétendant scrupuleuses, n’étant pas nécessairement sincères, qui rappelleront les propos de nos Sages selon lesquels “ celui qui enseigne la Torah à la fille de son ami…(3) ”. Il convient, néanmoins, de s’efforcer qu’il en soit effectivement ainsi. Encore une fois, il ne faut pas qu’en agissant de cette façon, que vous sembliez accorder votre approbation à cette école.
Encore à Riga, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, constitua des classes d’étude de la ‘Hassidout pour les filles(4). Il écrivit, pour elles, des lettres sur ce sujet et, avec le temps, cette action donna des fruits et elle fut même d’un grand intérêt.
En effet, la femme est la maîtresse de maison(5). Avant cela, il lui faut se fiancer(6). Et, de fait, la Loi de la Torah précise qu’il doit bien en être ainsi, comme le dit le Choul’han Arou’h, lois de l’étude de la Torah, de même que dans ces lois, dans la version de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 1. Les femmes sont astreintes à une telle étude, qui conduit à éprouver de la crainte de Dieu, de la soumission et à mettre en pratique tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot de la meilleure façon, au quotidien.
Tout cela est bien connu et l’on peut, chaque jour, constater empiriquement qu’il en est bien ainsi. Il est donc inutile d’en dire plus.
A ce sujet, il est très important qu’ait été fondée, dans votre ville(7), une succursale ou un groupement de l’Association des femmes ‘Habad. Vous ferez en sorte que ce groupement se développe, de la manière qui convient. Il y a quelques temps, j’ai écrit à plusieurs succursales de l’Association des femmes ‘Habad pour rappeler que celles qui y adhèrent ne doivent pas nécessairement être convaincues d’emblée et avoir déjà adopté le comportement ‘Habad le plus irréprochable.
Il est entendu que les femmes voulant adhérer à cette association ont d’ores et déjà une attitude bienveillante envers ‘Habad. Il y a donc lieu de penser que, pour la plupart d’entre elles, cette bonne pensée sera suivie d’un effet concret, à une échéance relativement courte, de sorte qu’elles puissent, à leur tour, guider les autres.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Le Rav Y.Blumenfeld. Voir, à son sujet, la lettre n°3719. (2) Voir, par exemple, les lettres n°3403 et 3440. (3) Comme s’il lui enseignait la sottise. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°2375. (5) Et de l’atmosphère qui y règne. (6) Et donc le faire de manière conforme à la ‘Hassidout. (7) A Bneï Brak. Voir, à ce sujet, la lettre n°3605.
Lettre n°3483
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3483, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Iyar 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Votre lettre du 10 Iyar, avec ce qu’elle contenait, m’est bien parvenue et vous trouverez ci-joints les reçus correspondants. Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, vous continuiez à me donner de bonnes nouvelles, à propos de tout ce que vous citez dans votre lettre.
Vous me demandez quelle attitude vous devez adopter envers les élèves âgés. Il est clair que vous ne pouvez les traiter comme de simples élèves. Ceux-ci doivent, en outre, être des amis. Bien entendu, le prestige de l’enseignant ou du recteur de la Yechiva ne doit pas s’en trouver diminué.
Avec ma bénédiction, formulée selon les termes de mon beau-père, le Rabbi, pour que vous passiez l’été en bonne santé et dans la joie,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°3484
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3484, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Pessa’h Cheni(1) 5715,
Brooklyn,
Aux dirigeants des jeunes de l’Association ‘Habad
en notre Terre Sainte, groupement de Tel Aviv,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je suis surpris que vous ne m’écriviez plus, depuis bien longtemps déjà. Sans doute recevrai-je, ces jours-ci, votre lettre, avec tous les détails nécessaires, faisant état de vos actions, en particulier de ce qui a été accompli pendant le mois de Nissan et à Lag Baomer, de même que de votre participation aux inscriptions(2) et à la préparation des vacances(3).
J’ai bien reçu les deux exemplaires du Bitaon(4). Sa page de garde, de la manière dont elle a été modifiée, semble indiquer que vous avez bien obtenu l’autorisation nécessaire pour sa parution, sans que celui-ci soit limité à un organe interne(5). Sans doute m’écrirez-vous bientôt, également sur ce point.
Puisse Dieu faire que ce soit en un moment bon et fructueux, que le Bitaon parvienne à devenir le canal, répandant la dimension profonde de l’enseignement de la ‘Hassidout, de ses pratiques et de ses usages, dans votre entourage proche et dans celui qui, pour l’heure, est encore éloigné.
Vous connaissez le proverbe(6) de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon lequel Pessa’h Cheni enseigne que l’on peut toujours rectifier, même si l’on est “ impur ” ou encore “ dans un chemin éloigné ”, y compris “ pour vous ”, c’est-à-dire de votre plein gré.
L’envoi de cette lettre a été retardé et, entre temps, je viens de recevoir votre lettre du 16 Iyar.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,
Notes
(1) 14 Iyar. (2) De nouveaux élèves dans les écoles du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch. (3) Des centres de vacances organisés pour les enfants. (4) Le Bitaon ‘Habad, organe des jeunes de l’Association ‘Habad. (5) Voir, à ce sujet, les lettres n°3059 et 3241. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°1069.
Lettre n°3485
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3485, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Iyar 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
se consacre aux besoins communautaires, a des
comportements généreux, le Rav Dov Yehouda(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 12 Iyar, dans laquelle j’ai appris, avec plaisir, l’enthousiasme dont vous faites preuve pour fonder une synagogue et une maison d’étude dans un quartier de la ville de Toronto où la population juive est importante.
Vous connaissez l’enseignement de notre saint maître(2), grand-père de mon beau-père(3), le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon lequel “ on prétend que, si l’on ne peut passer sous l’obstacle, il faut le franchir par le dessus. Je dis, pour ma part, qu’il faut d’emblée aller par le dessus ”. Or, il est dit aussi: “ Elargis la bouche et Je l’emplirai ”.
Dieu fasse donc que votre initiative soit couronnée de succès. Vous grandirez et vous parerez la Torah. Vous en ferez de même pour le service de Dieu du cœur qu’est la prière. Ce sera donc à la fois une synagogue et une maison d’étude, comme l’expliquent nos Sages, à propos du verset “ Dieu aime les portes(4) de Tsion ”.
Nos Sages enseignent, au traité Baba Batra 15b, que l’homme qui reçoit une pièce de Job est béni, car celui-ci était un homme droit, craignant Dieu. Je vous joins donc un chèque de l’une des caisses de mon beau-père, le Rabbi. Vous en ferez usage pour les premiers paiements(5). Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite et receviez pleinement la bénédiction de Dieu.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Le Rav D.Y. Shochat. Voir, à son sujet, les lettres n°1211, 3572 et 2784. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2328. (3) Le Rabbi Maharach. (4) Chaar, la porte du Temple, lieu où l’on prie, se lit également Chiyour, étude. (5) Relatifs à cette synagogue
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