Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°3406
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3406, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Dieu fera que ces jours de confiance en Lui, de foi en Dieu et en Moché, Son serviteur, apportent à chacun de nous le raffermissement de notre foi en celui qui est l’équivalent de Moché, en chaque génération et, en la nôtre, en mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Cette foi ne sera pas uniquement superficielle et détachée de l’action concrète. Bien au contraire, elle s’appliquera concrètement et permettra d’œuvrer pour les institutions et les réalisations de mon beau-père, le Rabbi, avec l’ardeur qui convient et qui est indispensable. Alors, tout cela(1) fondra comme de la cire et les enfants d’Israël seront libérés, la main haute.
Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
Vous citez(2) la fin du chapitre 12 d’Iguéret Hakodech, affirmant que “ les Juifs sont, par nature, miséricordieux et bons, car leurs âmes émanent des Attributs célestes ”. A l’opposé, la fin du premier chapitre du Tanya dit qu’elles émanent de l’âme animale.
Il est clair que les deux affirmations sont vraies. L’âme divine d’un Juif fait qu’il est, par nature miséricordieux et bon, car elle émane des Attributs célestes. Et, l’âme animale suggère une même nature. Il peut en être ainsi pour l’âme animale d’un Juif, qui compte à la fois du bien et du mal.
A ce sujet, on peut préciser, d’après plusieurs textes de ‘Hassidout, que l’âme animale d’un Juif est liée à son âme divine, qu’elle est à sa mesure. C’est la raison pour laquelle elle possède également la miséricorde et la bonté, même s’il est clair qu’elle possède également des sentiments opposées(3).
En effet, l’unique mélange du bien et du mal ne suffit pas pour expliquer que la miséricorde et la bonté émanent de l’âme animale. On peut ainsi justifier l’expression figurant à la fin du premier chapitre(4), “ de par leur naissance ”. En effet, l’âme divine ne se révèle que par la suite(5), comme le dit le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, seconde édition, fin du chapitre 4.
Notes
(1) Toutes les difficultés que surmontent ces institutions et ces réalisations. (2) Voir également, à ce sujet, les lettres n°326 et 413. (3) Appartenant au mal. (4) Du Tanya. (5) Lors de la Bar ou de la Bat Mitsva.
Lettre n°3407
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3407, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du début de Chevat, qui m’est parvenue avec retard. J’ai mentionné votre nom et celui de tous les membres de votre famille, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. A n’en pas douter, il invoquera la miséricorde divine pour que vous obteniez la satisfaction de tous vos besoins, matériels et spirituels.
Je suis satisfait de ce que vous me rapportez de vos activités communautaires. Vous dites que vous n’en observez pas immédiatement le résultat. Il est clair que cette plainte émane de “ l’autre côté ”, qui sait, avec habilité, choisir les arguments susceptibles de convaincre chacun, comme le dit le Hayom Yom, à la date du 23 Sivan.
On peut déterminer l’origine de ces arguments en observant s’ils font obstacle à la Torah et aux Mitsvot, ou bien l’affaiblissent. Si c’est effectivement le cas, ils émanent bien de “ l’autre côté ” et vous les écarterez totalement. Vous redoublerez d’ardeur dans votre enseignement et dans votre étude personnelle.
Nous sommes “ des travailleurs du jour ” et que Dieu fasse ce qui est droit à Ses yeux. Sans doute observerez-vous la réussite, le moment venu. Comme le dit le verset, Dieu fit que tout vienne en son temps.
Ce qui vient d’être exposé établit également que vos craintes, dont vous faites état dans votre lettre, ne sont que le produit de la ruse et des stratagèmes du mauvais penchant. C’est là sa raison d’être. Vous devez donc vous emporter contre lui, comme l’explique le Tanya. Dès lors, il fondra comme de la cire. Vous prendrez conscience de la vérité et vous observerez alors que Dieu vous garde, comme il le fait pour chaque Juif, qu’Il vous accorde Sa Providence. Vous pouvez donc vous en remettre à Lui.
A l’approche de la fête des Matsot, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien, je vous souhaite de la célébrer, avec tous les membres de votre famille, de manière cachère et joyeuse.
Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,
Lettre n°3408
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3408, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Nissan 5715,
Brooklyn,
A monsieur A. Z. Ben Ichay,
Je vous salue et vous bénis,
Mon secrétariat m’a transmis votre lettre, qui est parvenu avec quelque retard. Vous évoquez le Tanya édité à Altuna, en 5606(1) et vous me joignez une photocopie de trois de ses pages. Entre temps, j’ai reçu ici un Tanya de cette édition, mais la fin en manque. En tout état de cause, je vous remercie de votre effort et de votre intérêt(2).
A l’occasion de la fête de Pessa’h, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien, je vous souhaite de la célébrer avec un esprit de liberté véritable, matérielle et spirituelle à la fois, qui est concevable uniquement quand l’esprit l’emporte sur la matière et l’âme, sur le corps.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) 1846. (2) Pour avoir transmis ces pages au Rabbi.
Lettre n°3409
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3409, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er jour de ‘Hol Hamoed Pessa’h 5715,
Brooklyn,
A mon proche parent, le Rav, distingué ‘Hassid qui
craint Dieu, Rav Chmouel Mena’hem Mendel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous adresse ma bénédiction.
(Du fait de la sainteté de la fête, le Rabbi Chlita ne signe pas cette lettre. Je le fais donc à sa place.)
Le secrétaire,
A. Kwint,
N. B. : Vous citez le chapitre 37 du Tanya, à la page 48a : “ Chaque parcelle(2) ne descend pas ici-bas, bien qu’il s’agisse d’une chute considérable ”. Vous considérez que l’expression “ bien que ” est difficile à comprendre.
En l’occurrence, cette expression ne marque pas une opposition. Elle doit plutôt être lue comme “ en outre ”. De même, le verset dit “ et cela, en outre ” et nos Sages enseignent, au traité Sotta 89, “ en outre, il est annulé ”(3) ou encore “ et, en outre, la courbure du Jourdain ”. On peut trouver d’autres exemples.
On peut justifier le fait que l’Admour Hazaken emploie ce terme précisément ici, conformément au verset qui s’applique au contexte, “ en outre, Je l’ai fait ”, dans lequel ce mot a également le même sens et il est utilisé à dessein, comme on l’explique, dans la ‘Hassidout, à propos des “ quatre qui introduisirent leur propos par ‘bien que’ ”, en particulier dans le Likouteï Torah, au début de la Parchat Balak.
Notes
(1) Le Rav C.M. M. Schneersohn. Voir, à son propos, la lettre n°3382. (2) D’âme. (3) Dans ces deux citations est employé le mot Af, qui, d’ordinaire, signifie “ bien que ”.
Lettre n°3410
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3410, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[1er jour de ‘Hol Hamoed Pessa’h 5715]
Je fais réponse à votre lettre du 7 Nissan, dans laquelle vous me dites qu’il vous arrive de prier dans différentes synagogues. Dans certaines, on n’accepte pas que vous étudiez la Michna et que vous récitiez ensuite un Kaddich(1). On vous oppose, en effet, que l’on ne doit pas multiplier le nombre de Kaddich(2).
Je suis particulièrement surpris par un tel grief, car il s’agit d’un usage bien connu et répandu dans toutes les communautés juives. Il est donc bien clair que l’on ne multiplie pas les Kaddichs, de la sorte. Nos Sages disent, au traité Sotta 49a, que “ le monde repose sur le Yehé Chemé Rabba(3) de la Aggada ”, ce qui inclut également la Michna, comme le précisent les Décisionnaires. C’est uniquement de cette façon que l’on est sauvé et protégé, dans l’obscurité intense de cette période du talon du Machia’h.
Sans doute leur expliquerez-vous tout cela.
Notes
(1) Conformément à l’usage des personnes en deuil. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3260. (3) Que l’on répond au Kaddich.
Lettre n°3411
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3411, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3ème jour de ‘Hol Hamoed Pessa’h 5715,
Brooklyn(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous parlez du jeune Chmouel Gurvitch et vous précisez pour quelle raison il vient ici. J’en suis un peu surpris, car il y a une Yechiva, chez vous(2), qui a d’immenses possibilités. Il s’agit donc d’une Mitsva qu’il n’est pas possible de confier à quelqu’un d’autre. Et, de fait, personne d’autre ne s’y consacre.
Les ‘Hassidim n’agissent pas comme ils devraient le faire, ni quantitativement ni qualitativement. La raison en est sûrement la difficulté de cette époque, mais il doit y avoir également d’autres problèmes. Il en résulte que ceux qui ont le mérite et le succès de prendre part à cette mission sacrée doivent être encouragés par les autres. On doit leur venir en aide, dans toute la mesure du possible.
Au lieu de cela, vous m’expliquez, dans votre lettre, qu’il est bon et droit que ce jeune homme abandonne le sort enviable que la divine Providence lui a confié, consistant à aider et à renforcer le développement de la Yechiva. Il doit donc traverser l’océan pour rechercher “ ce qui est immense et grandiose ”.
Vous demandez quel but lui assigner, pour qu’il puisse acquérir des connaissances de ‘Hassidout. Même s’il était vrai qu’il pouvait le faire uniquement en traversant la mer, je me demande ce qui lui sera le plus profitable et, de fait, je n’ai même aucun doute, à ce sujet. Doit-il assumer la mission qui lui a été confiée par la divine Providence, au sein de la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak ou bien devenir un plus grand érudit de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout qu’il ne l’est, à l’heure actuelle ?
Bien plus, l’Admour Hazaken écrit, au début du Torah Or, que la Tsédaka, y compris sous sa forme morale, permet d’avoir “ un cerveau et un cœur mille fois plus affinés ”. En conséquence, une heure d’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, en Australie, en assumant cette activité, apportera la même réussite que mille heures, dans un autre endroit, où cette activité manquera.
Plus précisément, il ne m’a pas encore été annoncé que les jeunes gens et les élèves, en Australie, consacrent chaque instant libre à la Torah et à la prière, qui est le “ service de Dieu du cœur ”. L’ajout reste donc possible, en votre endroit. Dès lors, pourquoi diminuer les actions de la Yechiva et, de cette façon, sa propre réussite?
Il est sûrement inutile d’en dire plus, s’agissant de ce qui est bien évident.
Notes
(1) Cette lettre est adressée au Rav Abba Pliskin, qui dirigeait la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, à Melbourne, Australie. Voir, à son propos, la lettre n°1326. (2) A propos de cette Yechiva, voir les lettres n°3000, 3418, 3598, 3615 et 3744.
Lettre n°3412
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3412, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4ème jour de ‘Hol Hamoed Pessa’h 5715,
Brooklyn,
Aux dirigeants de l’association ‘Habad en Terre Sainte,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 13 Nissan. Je vous remercie d’avoir organisé la distribution de la Matsa Chemoura, comme je le demandais(1).
Concernant la diffusion, en Terre Sainte, de livres sacrés, par l’association ‘Habad, vous savez ce qu’a toujours été ma position. Cette activité ne peut être menée dans un but lucratif. Son bénéfice est, avant tout, moral.
Je vous adresse ma bénédiction, à l’occasion de la fête. Sans doute organiserez-vous une réunion ‘hassidique, lors du repas du roi Machia’h, au dernier jour de Pessa’h. Et, pour vous(2), le jour de la traversée de la mer Rouge(3) doit également se dérouler dans le chant et les louanges.
(Du fait de la sainteté de la fête, le Rabbi Chlita ne signe pas cette lettre. Je le fais donc à sa place.)
Le secrétaire,
A. Kwint,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3386. (2) Puisqu’il n’y a qu’un seul jour de fête, en Erets Israël. (3) Le septième jour de Pessa’h qui, en Erets Israël, est également le dernier jour de la fête.
Lettre n°3413
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3413, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
‘Hol Hamoed Pessa’h 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 16 Nissan et à celle qui la précède. J’ai été particulièrement satisfait d’apprendre que vous avez distribué de la Matsa Chemoura(1) à vos anciens amis et à vos connaissances actuelles. Sans doute, après la fête, m’écrirez-vous, de manière plus détaillée, pour préciser tout cela. Je vous en remercie d’avance.
Vous m’indiquerez également ce qu’ont fait les autres ‘Hassidim, en la matière, en fonction des informations dont vous disposez. Cette activité constitue un grand mérite, qui apportera un meilleur état de santé à votre mère, puisse-t-elle avoir longue vie. De plus, vous obtiendrez la bénédiction et la réussite, de même que votre épouse, dans vos préoccupations personnelles, afin que le souhait de votre cœur(2) soit exaucé prochainement.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Je vous joins des bons d’envoi en port payé, pour un montant de quarante Shekels, afin de couvrir ces dépenses(3). Ce qui en restera sera consacré à la parution du Bitaon(4). Il manque encore, ici, les numéros 18, 20, 44 et 47 de Ma’hanaïm, de même que les fascicules n°2, 3 et 19 de cette revue.
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3386. (2) Vraisemblablement celui d’avoir un enfant. (3) D’acquisition et de distribution des Matsot. (4) Bitaon ‘Habad, organe des jeunes de l’association ‘Habad ne Terre Sainte.
Lettre n°3414
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3414, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
L’alternative suivante se présente à vous. Vous pouvez travailler en tant que monitrice et rentrer chez vous pour le Chabbat ou bien terminer un cours de puéricultrice et exercer ensuite cette activité avec un diplôme.
Il me semble que la seconde possibilité est préférable. De nos jours, en particulier, il est nécessaire de mobiliser les capacités de toutes les personnes, dans le domaine pédagogique. De plus, il y a lieu d’en attendre, matériellement, un moyen d’assurer votre subsistance.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°3415
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3415, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me parlez de votre situation morale. Vous me dites qu’il vous arrive d’être saisi par un esprit de pureté et de crainte de Dieu, alors que, d’autres fois…(1).
Vous étudierez(2), avec la profondeur qui sied et qui convient, le Tanya de l’Admour Hazaken, du chapitre 27 au chapitre 29, de même que les chapitres qui les précèdent et ceux qui les suivent. Vous savez ce que nos Sages disent, à propos de la Torah et, plus généralement, du service de Dieu: “ Celui qui te dit qu’il n’a pas fait d’effort et qu’il a, néanmoins, connu le succès, ne le crois pas. Celui qui te dit avoir fait des efforts, mais ne pas avoir connu le succès, ne le crois pas ”.
Néanmoins, l’aide de Dieu est nécessaire, dans tous les domaines, vous lirez donc les Tehilim, selon leur répartition mensuelle, tous les jours, après la prière du matin. Durant les jours de semaine, vous donnerez une pièce ou deux à la Tsédaka, avant la prière. De même, vous vous purifierez en vous trempant dans un Mikwé.
Que Dieu vous accorde la réussite, en tout cela.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) L’inverse est vrai. (2) Afin d’écarter la tristesse. Voir, à ce sujet, la lettre n°3576.
Lettre n°3416
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3416, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos lettres des 9, 10 et 23 Nissan, avec ce qu’elles contenaient. Vous avez vous-même sûrement reçu mon précédent courrier. Vous méditerez à ce que j’y écris, concernant la nécessité impérative d’organiser votre temps, votre activité et votre travail. Certes, il est dit que “ tu es humble à tes propres yeux ”. Vous réfléchirez, néanmoins, un court instant, au papier à en-tête et aux enveloppes que vous avez vous-même fait imprimer. Vous y écrivez, en effet, que vous êtes le représentant du mouvement ‘Habad, dans votre pays.
Le mouvement ‘Habad fut introduit par l’Admour Hazaken, auteur du Tanya, par l’Admour Haémtsahi, par son gendre et successeur, le Tséma’h Tsédek. Méditer un seul instant à tout cela suffit pour inspirer la crainte, quand on pense à l’immense responsabilité que cela représente. Néanmoins, nous avons bon espoir que Dieu n’attend de vous que ce que vous avez la force d’accomplir. On vous accorde donc, d’emblée, les moyens d’assumer pleinement cette mission. Et, tout ne dépend que de votre volonté et de votre libre choix.
Vous savez également ce qui est dit, au nom du Rabbi Rachab, dans le Torat Chalom, à la date du 19 Kislev(1): “ Lorsque l’on a une certaine activité et qu’au même moment, on réfléchit à une seconde, on assume mal l’une et l’autre ”(2). En conséquence, je ne suis pas satisfait de ce que vous soulignez, dans votre lettre, à propos du mois d’Elloul, qui approche. En effet, tous les Juifs croient que notre juste Machia’h peut venir d’un jour à l’autre. Or, lorsque celui-ci vous demandera ce que vous avez fait en Nissan et en Iyar, vous devrez lui répondre que vous n’avez pas pu avoir l’activité qu’il aurait fallu, car vous étiez occupé à préparer votre voyage. En conséquence, vous n’avez pas assumé, de la manière qui convient, la mission pour laquelle la divine Providence vous a placé en cet endroit.
Il est bien entendu que l’usage de ‘Habad et de Loubavitch n’est pas de faire de la morale. A mon sens, les discussions et les échanges, jusqu’à maintenant, n’ont pas permis de modifier l’organisation établie. Pour autant, j’ai bon espoir que l’effet s’en fera finalement sentir et que, concrètement, cette modification interviendra effectivement.
Ces propos ne sont donc pas de la morale, mais plutôt une aide joyeuse et amicale, afin que vous puissiez mettre en pratique l’injonction de nos Sages, selon laquelle “ nous sommes des travailleurs du jour ”(3).
Il est clair que tout ceci ne s’adresse pas à vous personnellement, mais aussi aux autres ‘Hassidim de votre endroit. Une différence existe, néanmoins. Dieu vous a accordé la réussite de recevoir votre subsistance matérielle par le canal d’une action spirituelle et agréable, ce qui n’est pas le cas pour les autres ‘Hassidim. En effet, l’un doit faire de l’ordre dans la synagogue, le second être artisan et le troisième, faire commerce de biens matériels et parfois même grossiers.
J’ai bon espoir que ces quelques lignes, quantitativement peu nombreuses, suffiront pour vous faire bouger concrètement. Vous ne vous contenterez pas de promesses. Vous adopterez immédiatement l’attitude qui vient d’être décrite. Car, nous tous et chacun d’entre nous, avons reçu de mon beau-père, le Rabbi, l’assurance que la réussite est certaine, dès lors que l’on agit.
Les adultes doivent consacrer aux amusements beaucoup moins de temps que les enfants. En effet, ils mesurent le mérite que constitue la mission leur ayant été confiée.
Avec ma bénédiction pour que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) A la page 39. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°1375. (3) Chargés de faire le jour dans le monde, de l’illuminer.
Lettre n°3417
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3417, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me décrivez, par le détail, ce qui s’est passé et vous vous excusez d’être aussi précis. Il est clair qu’il n’y a pas lieu de le faire. Bien au contraire, toutes les précisions sont dignes d’éloge.
En effet, nos Sages disent qu’un homme doit s’exprimer dans des termes élégants et ils en citent pour preuve, dans le traité Pessa’him 3a, l’utilisation d’une périphrase par un verset. Or, celui-ci se trouve précisément dans la Parchat Noa’h, qui relate un récit.
La Parchat Chemini, en revanche, énonce une Injonction et tranche la loi. Le verset s’exprime alors de la manière la plus claire. En conséquence, tout comme il est nécessaire, dans le premier cas, de s’exprimer élégamment, il faut, dans le second...
Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et pour que vous me donniez de bonnes nouvelles,
Lettre n°3418
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3418, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Nissan 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Morde’haï(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai pris connaissance, avec plaisir, de votre lettre du 5/4, qui faisait suite à un long silence, de même que des coupures de presse et des photographies qui l’accompagnaient.
J’ai donc été satisfait d’apprendre que l’inauguration de la Yechiva(2) a été un succès, ce qui permet d’établir, une fois de plus, que le cœur juif est toujours en éveil pour la Torah et les Mitsvot, pour peu que l’on emploie les mots qu’il faut et que l’on agisse de la manière qui convient.
Ceci réconfortera sûrement tous ceux qui ont pris part à cette inauguration, les encouragera à en faire de même, à l’avenir, dans une plus large proportion, avec plus de force. En conséquence, les bénédictions de Dieu et la réussite seront également accrues, d’autant que la Yechiva a une vocation publique. Le mérite de tous dépend donc de vous.
J’espère qu’il est inutile de préciser à ceux qui soutiennent la Yechiva et agissent pour son compte à quel point on doit s’écarter de tout ce qui pourrait être interprété comme une affiliation à un parti, même si celui-ci reçoit l’assentiment de quelques unes de ces personnes. En effet, il faut se préserver de la moindre cause qui pourrait barrer l’accès de la Yechiva à certains Juifs.
Celle-ci doit être ouverte à tous ceux qui mettent en pratique la Torah et les Mitsvot, sans distinction en fonction de l’affiliation à un parti. De tout temps, c’est sur ce principe qu’est basée la réussite de Loubavitch, dans de nombreux pays, à différentes époques. L’action menée ne doit en aucune façon être affiliée.
J’espère que vous adoptez, en la matière, la même position que moi. Cette attitude apportera le moyen de préserver l’importance et l’œuvre de la Yechiva, afin que personne ne puisse prétendre qu’elle est plus proche d’un parti que d’un autre.
Conformément à votre demande, je citerai votre nom et celui de tous les membres de votre famille, que vous mentionnez dans votre lettre, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Le mérite de l’action que vous menez au profit de la sainte institution Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, portant son nom(3), vous protégera tous, à n’en pas douter. Mon beau-père, le Rabbi, invoquera la grande miséricorde divine pour chacun d’entre vous, afin que vous obteniez la satisfaction de vos besoins, matériels et spirituels.
Avec ma bénédiction de bonne santé et pour que vous donniez de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav M.Ritch, de Melbourne, Australie. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3411. (3) Celui du précédent Rabbi.
Lettre n°3419
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3419, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Nissan 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, ‘Hassid qui craint Dieu,
aux multiples connaissances, le Rav Moché(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de ce dimanche et peut-être n’ai-je pas suffisamment expliqué mon propos, dans ma précédente lettre. Il était le suivant.
Concernant le premier paragraphe des responsa, j’écrivais que l’on ne peut pas adopter une attitude plus conciliante, y compris en cas de force majeure, de peur que l’on ne place...(2). En effet, une disposition des Sages ne peut pas en renforcer une autre.
Selon cette interprétation, il faut conclure que l’interdiction de placer des fils de lin dans un Talith de laine est prononcée par la Torah(3).
Vous évoquez, au chapitre 58 de ces responsa, le cas d’une Matsa ancienne. J’ai omis, dans mon courrier, en évoquant le Erouv qui est valable toute l’année, y compris pendant le Chabbat Ha Gadol, de préciser “ même si l’année a deux Adars ”, ce qui fait plus de douze mois.
A ce propos, vous déduisez la nécessité, pour la Matsa, d’avoir un goût(4), du traité ‘Houlin 120a. Je suis surpris que vous ne mentionnez pas le traité Bera’hot 38b, qui le signifie clairement. Il n’en est pas de même pendant le reste de l’année, lorsque le goût a pour conséquence qu’il ne s’agit plus du “ pain du pauvre ”, ou bien, selon la formulation de la Guemara, qu’il ne s’agit plus du tout de pain(5).
Vous consulterez, à ce sujet, les notes de la Chita Mekoubetset et le Tsafnat Paanéa’h sur le Rambam, lois du ‘Hamets et de la Matsa, chapitre 7, paragraphes 6 et 2.
Vous analysez également, dans vos responsa, l’explication du Yerouchalmi, se demandant pourquoi une Matsa ancienne n’aurait-elle pu être préservée du contact avec le ‘Hamets. Or, le Talmud répond clairement à cette question et il dit qu’elle n’a pas été confectionnée pour la fête de Pessa’h. On trouve une explication similaire, dans le traité Soukka, chapitre 1, Michna 2(6).
Ce qui vient d’être dit nous permettra de comprendre l’explication de Rabbi Avraham Ibn Ezra, qui formule une même affirmation à propos de la Matsa de l’Erouv. Celle-ci n’est pas à l’abri du ‘Hamets, tout au long de l’année et il faut donc la détruire(7).
Avec tous mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav M.Rosin, auteur du Nézer Ha Kodech. Voir, à son sujet, la lettre n°3400. (2) Des fils de lin dans un Talith de laine. Voir la lettre n°3400. (3) Et, non par les Sages. (4) Le Rabbi note, en bas de page: “ On a soulevé une objection, à ce propos, à partir du Yerouchalmi Pessa’him, chapitre 2, paragraphe 4, selon lequel il n’est pas nécessaire que la Matsa ait le goût du blé. Ce point est largement discuté dans les responsa Matameï Its’hak, partie Ora’h ‘Haïm, chapitre 19, édité à Varsovie, en 5686 ”. (5) Le Rabbi note, en bas de page: “ On peut s’interroger sur ce que dit le Baït ‘Hadach, à la fin du chapitre 461, à propos de la Matsa trempée ”. (6) A propos d’une Soukka qui n’a pas été bâtie pour la fête de Soukkot. (7) A la veille de Pessa’h, en la remplaçant par une nouvelle Matsa.
Lettre n°3420
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3420, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Nissan 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chlomo Ovadya(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 23 Nissan, dans laquelle vous me décrivez votre activité sacrée. Vous me dites que, dans la mesure du possible, vous vous efforcez d’influencer positivement votre entourage, de rapprocher les cœurs de notre Père, Qui se trouve dans les cieux, en encourageant la pratique de la Torah et des Mitsvot. Vous m’interrogez sur les livres et les brochures qui traitent de cette question.
Les recueils de commentaires sont particulièrement nombreux et les ouvrages de ‘Hassidout, plus encore, qui sont emplis d’encouragement à mettre en pratique le Judaïsme et à le diffuser. Plusieurs de ces livres sont disponibles chez le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, multiplie les accomplissements positifs, est plein d’enthousiasme, Rav Mi’haël Lipsker(2). A ceci, s’ajoute tout ce qu’il pourra vous expliquer oralement.
Tout cela dépend de deux points, définis dans des citations bien connues de nos Sages(3), “ les paroles de celui qui est animé par la crainte de Dieu sont entendues ” et “ les propos émanant du corps pénètrent dans le cœur ”. En conséquence, plus vous approfondirez votre crainte de Dieu, qui ne connaît pas de limite, car, si elle est “ de tout ton cœur et de toute ton âme ”, elle peut encore être “ de tout ton pouvoir ”, plus vous parlerez avec chaleur et plus vous connaîtrez la réussite, dans l’influence que vous exercez sur les autres.
Bien évidemment, vous devez vous-même adopter un comportement conforme à tout ce qui vient d’être dit. Il est clair que plus vous atteindrez la perfection et plus le poids de vos paroles sera déterminant.
Comme vous le demandez, on mentionnera le nom de votre mère près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, chef d’Israël, afin que son état de santé s’améliore. Néanmoins, le saint Zohar, tome 1, page 84a et d’autres textes encore précisent qu’en pareil cas, on doit donner son nom et celui de sa mère(4). Vous voudrez bien me le communiquer, dans votre prochain courrier.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) De Meknès, Maroc. (2) L’émissaire du Rabbi dans cette ville. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3443. (4) Et, non celui du père. Voir, à ce sujet, la lettre n°2530.
Lettre n°3421
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3421, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre d’avant la fête de Pessa’h, dans laquelle vous m’écrivez que votre étude de la Torah n’est pas fructueuse. Vous envisagez donc diverses éventualités, concernant votre activité future et vous me communiquez des détails, à ce sujet.
Vous dites que votre étude n’est pas fructueuse. Or, nos Sages expliquent que “ celui qui te dit qu’il a fait des efforts et que ceux-ci ont été couronnés de succès, crois-le ”. Il s’agit bien ici de votre propre effort, d’une étude à la mesure de vos forces et de vos capacités. Vous devez l’investir dans la Torah !
Il est évident que celui qui possède de grandes capacités ne s’est pas acquitté de son obligation, lorsqu’il étudie la Torah comme quelqu’un qui a des moyens ordinaires. Par rapport à ses possibilités, en effet, il ne fait pas réellement d’effort.
Un homme n’est pas habilité à porter témoignage sur son propre compte. Seuls le recteur de la Yechiva ou son guide spirituel(1) peuvent donc établir la vérité, en la matière, car ils vous connaissent et peuvent déterminer vos aptitudes, votre persévérance et votre assiduité.
Quant aux propositions que vous me communiquez, vous prendrez conseil auprès de trois ‘Hassidim qui vous connaissent et savent quelle est la situation, dans votre endroit(2). Dieu leur suggérera le conseil qui sera juste pour vous, matériellement et spirituellement à la fois.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à un élève de la Yechiva. (2) Voir, à ce propos, les Iguerot Kodech du Rabbi Rachab, tome 3, lettre n°698, de même que les lettres du Rabbi n°3635, 3636 et 3794.
Lettre n°3422
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3422, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Il est inutile de vous préciser que plus les parents feront des efforts pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, ce qui n’a pas de limite, puisque “ la mesure de la Torah est plus longue que la terre ” et “ Ta Mitsva est très large ”, plus Dieu multipliera les bénédictions qu’Il accordera afin de satisfaire tous les besoins de chaque homme et des membres de sa famille.
Combien plus en est-il ainsi pour celui à qui la divine Providence a confié une mission rabbinique en un lieu sacré, une Yechiva. En effet, nos Sages disent(1) que “ les vauriens se trouvant à proximité du Rav dépendent également de lui ”. Ceci concerne, a fortiori, ceux qui, de leur plein gré, vous écoutent.
Il est dit que “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec traîtrise envers Ses créatures ”(2). Il est donc certain que chacun reçoit, d’emblée, toutes les forces nécessaires pour mener à bien la mission qui lui est confiée, en général et celle qui vient d’être décrite, en particulier.
Puisse Dieu faire que vous m’annonciez de bonnes nouvelles de tout cela.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
Notes
(1) Aux traités Bera’hot 10a, Taanit 22b et Sanhédrin 37a. (2) En attendant d’elles ce qu’elles ne sont pas capables de faire.
Lettre n°3423
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3423, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Nissan 5715,
Brooklyn,
Aux chers participants à l’étude de Guemara,
dans la synagogue Tséma’h Tsédek, de rite Ari Zal,
ici même, à New York, en particulier à ceux qui suivent
les cours des grands Rabbanim, distingués ‘Hassidim
qui se consacrent aux besoins communautaires,
le Rav Yé’hezkel et le Rav Guerchon,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre, dans laquelle vous m’annoncez qu’en ce Chabbat, Roch ‘Hodech du “ mois de l’éclat ”(1), vous conclurez l’étude du traité Roch Hachana. Conformément à la formule établie et traditionnelle, puisse Dieu vous venir en aide, avec la conclusion de ce traité, afin que vous commenciez l’étude d’autres traités, d’autres livres, pour les conclure, pour étudier, enseigner, garder, faire et accomplir.
Vous étudierez la Torah avec largesse d’esprit. Par cette étude, vous percevrez Celui Qui donne la Torah, comme le précisent différents textes de la ‘Hassidout, aspect profond et âme de la Torah.
Un point est d’actualité, concernant la conclusion de ce traité.
Il est dit que Rabban Gamliel dispensait également ceux qui travaillent dans les champs(2), et non uniquement ceux qui sont ici, car ces derniers se trouvent dans un cas de force majeure, alors qu’il n’en est pas de même pour les premiers. De même, il est dit que ceux qui se tiennent derrière les Cohanim ne reçoivent pas leur bénédiction. En fait, Rabban Gamliel ne dispense que ceux qui travaillent dans les champs.
Comment interpréter l’hypothèse de la Guemara et sa conclusion ? La finalité de la prière et le rôle de l’officiant, qui acquitte les présents de leur obligation, sont de formuler les besoins des hommes. L’officiant est délégué par eux. Or, disent nos Sages, “ on confère un mérite à un homme, même en son absence ”. Combien plus en est-il ainsi quand celui qui reçoit le mérite est lié, d’une quelconque façon, à celui qui l’accorde.
On envisage, en conséquence, que l’officiant puisse acquitter de leur obligation également ceux qui travaillent dans les champs, bien qu’il ne soit pas lié à eux, car “ on confère un mérite à un homme, même en son absence ” et l’on ne se limite donc pas à ceux qui sont ici présents, en contact direct avec celui qui accorde le mérite.
Vous faites remarquer que l’on pourrait imaginer le contraire, car les uns sont dans une situation de force majeure et non les autres. Certes, “ on confère un mérite à un homme, même en son absence ”. On ne peut, en revanche, le faire contre son gré. Aussi, celui qui n’est pas dans un cas de force majeure et, malgré cela, ne prie pas, agit, en quelque sorte, “ contre son gré ”, mais sans le faire à proprement parler, en donnant seulement l’apparence de ne pas accorder à la prière l’importance qui lui revient. Une telle situation peut être assimilée à la contrainte. Ceci, bien évidemment, confirme vos propos et votre analyse.
De fait, il faut distinguer la prière de la bénédiction des Cohanim. La prière dépend de l’homme, qui implore, supplie. Bien évidemment, plus l’on se prépare pour cela, plus l’on est apte à recevoir la bénédiction sollicitée. Il n’en est pas de même pour la bénédiction des Cohanim, que ceux-ci prononcent en tant que délégués de Dieu et sur Son ordre, ainsi qu’il est dit : “ Tu béniras de cette façon ”. Et, ces Cohanim, après leur bénédiction, formulent la requête suivante : “ Nous avons fait ce que tu nous as ordonnés ”.
Peu importe donc ce qu’a été la préparation de l’homme(3). En effet, “ Amoindrirez-vous la Main de Dieu ? ”, y compris lorsque l’homme ne s’est pas préparé? Malgré cela, les personnes qui se tiennent derrière les Cohanim ne reçoivent pas leur bénédiction. Certes, celle-ci émane du Saint béni soit-Il. Pour autant, celui qui reçoit cette bénédiction doit, au moins quelque peu, s’y préparer.
Ils(4) se tiendront donc face à face, afin d’attester de leur proximité et ils excluront toute autre position. Il en est ainsi pour une bénédiction provenant de Dieu. Les Cohanim ne peuvent l’accorder à ceux qui sont derrière eux, dès lors que ceux-ci ne se trouvent pas en situation de force majeure. Combien plus doit-il en être ainsi pour la prière, alors qu’il est essentiel, pour l’homme, de se préparer à servir Dieu, ainsi qu’il est dit : “ pour Le servir de tout votre cœur ”. Le traité Taanit 2a explique : “ Quel est le service de Dieu du cœur ? C’est la prière ”. C’est la raison pour laquelle la conclusion retenue est la suivante. Rabban Gamliel ne dispensait effectivement que ceux qui travaillaient dans les champs.
On sait que la fin est liée au début et le début, à la fin. Il en est ainsi pour l’ensemble de la Torah, mais également pour chaque détail qui la constitue. Or, en concluant un traité, on rejoint deux points diamétralement opposés, la bénédiction céleste qui est gracieusement accordée à l’homme, d’une part et l’accomplissement de la mission qui lui est confiée, grâce à son effort, d’autre part. Il est dit que “ la Torah est unique, pour nous ”, de sorte que tous les points qui la constituent dépendent l’un de l’autre.
Ce qui est vrai de l’âme vaut également pour le temps. Il y a, en effet, deux catégories, tout comme le début de ce traité(5) définit deux sortes de Roch Hachana, d’une part, ceux qui sont accordés par Dieu, sans effort de la part de l’homme, comme le 1er Tichri, date de la création, d’autre part, le 1er Nissan, qui fut instauré lors de la sortie d’Egypte, quand “ nos ancêtres fut sauvés par leur foi ”. Par ailleurs, les autres Roch Hachana résultent de la nature même de la création.
Là encore, ces deux catégories dépendent, l’une de l’autre. Ainsi, le 1er Tichri est le Roch Hachana du règne du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il. Il est dit que la royauté terrestre est à l’image de la royauté céleste, de laquelle elle découle. Or, la royauté terrestre est célébrée le 1er Nissan.
Avec mes respects et ma bénédiction pour que Dieu élargisse et développe le nombre de ceux qui prennent part à ces études, pour qu’Il embellisse cette étude, ainsi qu’il est dit : “ Il grandira la Torah et l’embellira ”,
Notes
(1) Celui d’Iyar. (2) De se joindre à la communauté pour prier, du fait de leurs obligations professionnelles. (3) Lorsqu’il s’agit de recevoir la bénédiction des Cohanim. (4) Les Cohanim et ceux qui reçoivent leur bénédiction. (5) Roch Hachana.
Lettre n°3424
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3424, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 22 Nissan, dans laquelle vous m’indiquez ce que préconise le médecin que vous avez consulté. Celui-ci vous conseille des piqûres et il vous a expliqué quel effet celles-ci pouvaient avoir.
Vous commencerez à vous préoccuper de tout cela, lorsque vous chercherez à vous marier. Dieu vous accordera le mérite et le succès afin de redoubler d’assiduité et d’ardeur à l’étude de la partie révélée de la Torah et, en particulier, de la ‘Hassidout, sans introduire des raisonnements, des limites et des barrières. Agir de la sorte provoque le dévoilement de la Miséricorde divine, correspondant aux treize points de la barbe, comme l’expliquent les commentaires du Tséma’h Tsédek, relatifs au verset “ Il est miséricordieux ”, figurant également dans les additifs du Tehilim Yohel Or.
Sans doute vous efforcez-vous, pour votre part, d’exercer une bonne influence sur votre frère, en ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. Vous interviendrez également par l’intermédiaire d’amis et de connaissances. Vous en ferez de même pour tout votre entourage.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°3425
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3425, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 18 Nissan, qui m’est parvenue avec beaucoup de retard. Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom et tous ceux que vous me citez, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Il me semble que vous m’aviez déjà écrit, à propos de tout cela, il y a quelques temps. Je suis donc surpris que vous ne me disiez rien, dans votre lettre, de votre étude de la partie révélée de la Torah et de son enseignement profond, que le Zohar appelle “ âme de la Torah ”, c’est-à-dire la ‘Hassidout.
La Torah est “ notre vie et la longueur de nos jours ”. Cela veut dire, au sens le plus littéral, qu’elle nous fait vivre, y compris dans ce monde matériel. Elle est le canal et le réceptacle permettant de recevoir les bénédictions de Dieu, qui satisfont les besoins de l’homme et des membres de sa famille.
Certes, la diffusion de la Torah que vous évoquez dans votre courrier est extrêmement importante. Il est dit, néanmoins : “ Tends ton pain à celui qui a faim… Si tu observes que quelqu’un est nu, couvre-le ”. Le Tana Dveï Elyahou explique que, si l’on voit un homme affamé de Torah et dévêtu de Mitsvot, on doit rassasier sa faim et le couvrir.
Ce verset se conclut par : “ Ne te détourne pas de ta proche chair ”. Il faut, en effet, augmenter, de temps à autre, sa propre étude de la Torah, sa pratique des Mitsvot de la meilleure façon, l’une et l’autre touchant son propre corps. Et, Dieu accorde à chacun la capacité d’assumer l’une et l’autre à la fois.
Concernant le détail de ce que vous m’écrivez, vous devriez, vous et votre épouse, donner, chaque jour de semaine, de la Tsédaka avant la prière. Votre épouse en fera de même avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes, en la dédiant au financement d’un mariage ou bien à une école qui dispense une éducation basée sur les valeurs sacrées.
Le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”, mais d’une manière largement accrue, pour ce qui concerne le mariage et la crainte de Dieu des enfants. Que Dieu vous accorde la réussite, afin que vous me donniez de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit, en bonne santé.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles,
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