Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°3386
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3386, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
A) Concernant la distribution de Matsa Chemoura, je vous joins une copie de la lettre(1). Il est clair que cela(2) est également valable pour cette année, car la Torah est éternelle. Pour notre peine et notre douleur, de nombreuses personnes ont encore besoin d’être encouragées et renforcées, comme cela est dit dans la causerie(3). Bien évidemment, plus on multiplie les différentes personnes recevant de la Matsa Chemoura, plus on accomplit cette Mitsva de la meilleure manière possible et plus l’on est digne d’éloge.
Vous connaissez la promesse du Ari Zal(4), selon laquelle “ celui qui se préserve de la moindre quantité de ‘Hamets à Pessa’h…(5) ”. Or, les Matsot du Séder ont un caractère essentiel, en particulier celle du milieu, puisqu’elles sont une disposition de la Torah, y compris à l’époque actuelle, sont appelées “ l’aliment de la foi ” et “ l’aliment de la guérison ”, dans la mesure où elles raffermissent la foi de chaque Juif.
B) Vous me dites que l’on vous pose diverses questions concernant notre foi et la manière d’en apporter une preuve rationnelle. Différents livres et écrits ont été publiés, à ce sujet et je suis surpris que vous ne citiez aucun d’entre eux.
Bien entendu, il est difficile de traiter de tout cela par écrit et de répéter ce qui a déjà été imprimé par ailleurs, voici de nombreuses années. Néanmoins, je citerai ici quelques points, afin de ne pas laisser votre question sans réponse.
1) Est-il possible de démontrer, d’une manière positive ou négative, l’existence de Dieu ?
Voici ma réponse :
Il est clair que l’on peut avoir une perception positive du Divin. On citera, à ce propos, les preuves suivantes :
a) Celui qui voit un livre imprimé, comprenant des centaines de pages, aura la certitude qu’il existe une imprimerie, dans laquelle ce texte a été composé, afin de délivrer le message qui est le sien. Il exclura, en revanche, l’éventualité que de l’encre ait été déversée au hasard et que les gouttes de cette encre se soient, d’elles-mêmes, organisées en un livre de plusieurs centaines de pages, énonçant des explications sensées.
Il en est de même, et bien plus encore, lorsque l’on voit un bout de bois ou une pierre et que l’on apprend ensuite que ceux-ci contiennent non pas des centaines ou des milliers, mais bien des milliards de milliards d’atomes. Or, tous sont organisés de façon merveilleuse et ils répondent à des règles immuables et particulièrement précises.
Le ‘Hovat Ha Levavot et le Kouzari expliquent tout cela longuement. Et, vous consulterez également le Séfer Ha ‘Hakira du Tséma’h Tsédek.
b) Celui qui observe la vitalité des êtres humains ou des animaux, par exemple, parviendra à la conclusion que l’âme existe.
2) Pourquoi faut-il admettre que la Torah fut donnée sur le mont Sinaï ? Et, si la preuve en est uniquement la Tradition, on peut en dire de même pour toutes les autres religions, avec les distinctions qui doivent être faites, en la matière.
Voici ma réponse :
Je suis surpris que vous n’ayez vraisemblablement pas lu ce qui est dit, à ce propos, dans la brochure de Chavouot du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h et dans les Conversations avec les jeunes. En effet, il existe une différence fondamentale(6).
Ainsi, on peut envisager qu’un homme abuse sa génération. De même, plusieurs personnes peuvent se concerter pour le faire. Une groupe d’hommes peut être à l’origine d’une telle supercherie, parce que tous ont une motivation commune, la justifiant. Il en est ainsi pour toutes les religions, pour les chrétiens, pour les adeptes d’Ichmaël, pour les Hindous.
Pour chacune de ces croyances, un homme, à l’origine, affirma à quelques uns de ses disciples que Dieu s’était révélé à lui et qu’Il lui avait transmis des préceptes, des instructions, des décrets et des lois. Il en est ainsi pour toutes les religions du monde, sans aucune exception, si ce n’est la nôtre, notre Torah, dont nous avons connaissance par les générations précédentes.
En effet, les enfants d’Israël de cette période l’ont reçue de la génération précédente et il en a été de même, au fil des générations, depuis celle qui s’est tenue devant le mont Sinaï. Six cent mille hommes, ayant entre vingt et soixante ans, accompagnés de plusieurs millions de personnes, jeunes de moins de vingt ans, personnes âgées de plus de soixante ans, femmes, membres d’autres peuples, tous ensemble ont entendu : “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”, non pas par un intermédiaire, mais directement de Dieu.
Parmi ces six cent mille hommes, il y avait des personnes issues de différents milieux, des ignorants et des sages érudits, des riches et des pauvres. Or, tous entendirent les mêmes mots, selon la même formulation, qu’ils transmirent à leur tour à leurs enfants et ceux-ci aux leurs, jusqu’à notre génération.
Vous savez sûrement que le Judaïsme reformé ou conservateur(7) a fait son apparition, il y a tout juste quelques dizaines d’années. Certes, auparavant, il y avait également quelques hérétiques, mais, globalement, des millions et des millions de Juifs prononçaient bien les mêmes mots, selon la même formulation. Tout au long de l’histoire du peuple d’Israël, il ne fut pas un seul instant qui ne vit pas cette transmission, par des centaines de milliers d’hommes et de femmes, de manière conjointe.
Il n’existe pas un seul autre événement au monde pouvant présenter un témoignage aussi probant que le don de la Torah.
3) Pourquoi ne pouvons-nous pas faire évoluer les Décrets de nos Sages ?
Voici ma réponse :
Prenons, tout d’abord, un exemple emprunté aux mathématiques. Cette discipline, à l’heure actuelle, est basée sur des principes qui étaient déjà connus et consignés dans des livres à l’époque des Grecs anciens, comme Euclide. Certes, les ouvrages de l’époque sont beaucoup plus sommaires que ceux que nous possédons, à l’heure actuelle. Pour autant, leurs principes et leurs modes opératoires ont bien été conservés et c’est de cette manière que l’on évolue, d’un domaine à l’autre, d’une invention vers l’autre. Pour autant, on raisonne comme on le faisait avant, avec les mêmes règles et l’on peut en conclure que ce que l’on découvre maintenant est toujours une déduction des paroles des anciens.
Toute proportion gardée, il en est de même pour notre sainte Torah. Celle-ci a révélé des principes et la manière de les mettre en pratique, d’en tirer des conclusions nouvelles. Tout cela fut donné sur le mont Sinaï, à plusieurs millions de personnes, toutes réunies. Par la suite, les Sages de chaque époque, se basant sur ces mêmes principes, ou, selon l’expression courante, sur “ les méthodes d’interprétation de la Torah ”, ont avancé sur la voie que la Torah définit comme vérité. Ils ont retenu différentes conclusions ou, plus couramment, des lois et des injonctions.
Certes, ces lois ont été enseignées par tel Sage de la Michna, de la Guemara ou par tel érudit. Elles découlent, néanmoins, des principes, des règles et des méthodes que Moché, notre maître, reçut de Celui Qui donna la Torah Lui-même. Il en résulte que si l’on veut résoudre une difficulté soulevée par notre époque, par exemple celles qui sont posées par l’électricité, si on désire le faire dans l’esprit de la Torah, à l’exemple des Rabbanim des précédentes époques, on doit suivre la voie de sa Torah et les règles qu’elle instaure.
L’une de ces règles est la suivante. Un tribunal rabbinique ne peut pas annuler les décisions d’un autre tribunal rabbinique, sauf s’il est plus important que lui. Et, ce principe a bien été instauré par Celui Qui a donné la Torah. Selon Lui également, au sein même de ce tribunal rabbinique, c’est l’avis majoritaire qui doit prévaloir, à condition que tous ses membres, dans leur manière de raisonner, suivent les voies de la Torah.
4) Y a-t-il une sainteté inhérentes aux lettres ? Et, que dit, à ce propos, le Choul’han Arou’h ?
Des ouvrages antérieurs au Choul’han Arou’h évoquent ce sujet, le traité Chabbat 104a, différents textes du saint Zohar et du Tikouneï Zohar. Et, il en est de même pour les signes de vocalisation(8), comme le disent les Tikouneï Zohar, Tikoun 5 et Tikoun 21, de même que les Tikounim du Zohar ‘Hadach.
Tout cela est très clair et bien évident. Si certains le contestent et émettent des doutes, à ce propos, c’est uniquement parce qu’ils n’ont pas d’autre moyen de justifier leur transgression des Mitsvot de notre Torah, Torah de vie. Ceux-là éprouvent de la honte à avouer qu’ils sont incapables de maîtriser leurs passions. Ils choisissent donc de se déculpabiliser en mettant en cause cette pratique plutôt que leur propre personne.
Il doit donc être clair que l’alternative est la suivante. On bien l’on admet l’origine céleste de la Torah et l’on doit alors accepter l’affirmation du Rambam selon laquelle “ celui qui croit en toute la Torah, à l’exception d’une seule lettre, qu’il rejette, va à l’encontre de la foi ”. Ou bien l’on refuse les Préceptes de la Torah et, en ce cas, on remet en cause également l’affirmation de la Loi Ecrite selon laquelle “ Je suis l’Eternel ton Dieu ”.
Ceux qui croient que Dieu est le Créateur du monde uniquement à Yom Kippour ou bien quand on dit le Yzkor(9), à la synagogue, mais non pendant le reste de l’année, ou dans la semaine, adoptent une attitude qui défie la logique la plus élémentaire. Celui qui opte en conscience pour une telle manière d’agir a sa place dans un hôpital psychiatrique, ce qu’à Dieu ne plaise.
En fait, comme je le disais, de nombreuses personnes ne désirent pas lutter contre leur mauvais penchant et elles tentent, de la sorte, de justifier les transgressions qu’elles commettent.
Dieu fasse que vous soyez un bon émissaire, transmettant la foi véritable aux membres de votre communauté, en particulier en cette période, juste avant de consommer “ l’aliment de la foi ” et “ l’aliment de la guérison ”, qui raffermit la foi pure et inaltérée, en chaque Juif et en chaque Juive. Nos Sages enseignent que l’enfant peut appeler son père seulement à partir du moment où il a goûté le blé. Le ‘Hassidout explique que ceci fait allusion à la Matsa. Et, il en est de même pour celui qui est un enfant par sa maturité intellectuelle(10), lorsqu’il appelle son Père Qui se trouve dans les cieux.
Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
Notes
(1) Voir les lettres n°2591 et 2649. (2) Le contenu de cette lettre, demandant l’organisation d’une telle distribution. (3) Du Chabbat Parchat Ha’hodech 5715-1954, reproduite dans Likouteï Si’hot, tome 1, page 243. Voir également les lettres n°3412, 3413 et 3469. (4) Voir le Béer Hétev Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 447. Voir également la lettre n°3379. (5) Reçoit l’assurance qu’il ne commettra pas de fautes pendant l’année. (6) Entre la révélation du Sinaï et les autres religions. (7) Les deux branches du Judaïsme réformé, en Amérique. (8) Voir, à ce sujet, les lettres n°103 et 3435. (9) La prière pour le souvenir des morts. (10) Dans le service de Dieu.
Lettre n°3387
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3387, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Nissan 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav ‘Haïm Mena’hem Chlomo(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 25 Adar. Vous citez les responsa du Tséma’h Tsédek, partie Yoré Déa, chapitre 204, évoquant le cas de celui qui est né avant ou après le coucher du soleil(2). Le Tséma’h Tsédek considère que ce moment appartient encore au jour, dans la mesure où l’on ne voit aucune étoile dans le ciel, au moment de la naissance.
Or, vous vous interrogez sur cette conclusion car, selon le Sidour de l’Admour Hazaken, la fin du jour(3) commence dès le coucher du soleil, puis, au bout de trois quarts de Mil(4), c’est la nuit. D’après cette conception, peu importe donc que l’on observe les étoiles ou non.
En fait, il y a plusieurs interprétations de la Boraïta(5) selon laquelle s’il y a une seule étoile, c’est le jour, s’il y en a deux, c’est la fin du jour. D’après certains, c’est uniquement l’avis de Rabbi Yossi, alors que, pour d’autres, c’est aussi celui de Rabbi Yehouda. Différents ouvrages traitent de cette question et nous n’y reviendrons pas ici. Mais, en tout état de cause, si l’on n’observe pas du tout d’étoiles dans le ciel, pas mêmes les plus grandes, c’est encore le jour et le soleil n’est donc pas couché.
C’est pour cette raison que les Décisionnaires ne sont pas plus explicites, à ce sujet, comme en fait la preuve la situation incertaine décrite par ces responsa. Tout cela est totalement indépendant de la discussion entre Rabbi Yehouda et Rabbi Yossi. En pareil cas, en effet, le fait de ne voir aucune étoile permet de lever le doute concernant le coucher du soleil, lorsqu’une montagne ou un nuage cache l’ouest(6).
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav H.M. C. Druck. (2) Lorsqu’il est impossible de le déterminer avec précision. (3) Le moment que l’on ne peut rattacher avec certitude ni au jour ni à la nuit. (4) A l’issue du temps nécessaire pour parcourir cette distance. (5) Au traité Chabbat 35b. (6) Direction dans laquelle le soleil se couche.
Lettre n°3388
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3388, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Nissan 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
aux multiples connaissances, Rav Yossef Barou’h(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre, il y a quelques temps et je suis surpris que, depuis lors, vous ne m’ayez donné aucune nouvelle, vous ne m’ayez pas confirmé que vous vous êtes bien installé, matériellement et spirituellement.
En ces jours, on rapproche une délivrance de l’autre(2). Je sais que vous appréciez beaucoup le commentaire de Rachi et vous connaissez sûrement sa merveilleuse explication(3), énoncée au traité Taanit 29a. Il dit que “ Pourim et Pessa’h furent des jours miraculeux pour Israël ”, établissant ainsi un lien entre ces deux fêtes, qui portent le nom d’Adar, mois au cours duquel naquit et se révéla pleinement le premier et dernier libérateur(4), celui de l’Egypte et, “ comme aux jours…(5), Je te montrerai des merveilles ”, celui de la délivrance future.
A Pourim, en Adar, “ ils accomplirent ce à quoi ils s’étaient auparavant engagés(6) ”. L’objection qui aurait pu être soulevée contre le don de la Torah(7) fut alors écartée. Celle-ci peut donc unifier la dimension profonde de l’âme juive, qui reste toujours fidèle à Dieu, à son aspect extérieur, comme l’explique le Maharal, d’après l’enseignement du Rambam, lois du divorce, fin du chapitre 2.
C’est de cette manière que l’on mettra en évidence l’unité entre l’enseignement caché de la Torah et sa partie révélée, que l’on réunira l’aspect occulte du Divin et Son côté dévoilé. Ce sera alors la délivrance complète et véritable, lorsque “ tous Me connaîtront, du plus petit au plus grand ”, selon le Chaar Ha Emouna, à partir du chapitre 16.
Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Y.B. Blumenfeld. Voir, à son sujet, les lettres n°1953, 3649 et 3701. (2) Celle de Pourim de celle de Pessa’h. (3) Voir le Likouteï Si’hot, tome 16, page 344. (4) Moché, notre maître. (5) De ta sortie d’Egypte. (6) Lors du don de la Torah. (7) Le fait que celle-ci fut donnée sous la contrainte.
Lettre n°3389
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3389, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’écrivez que votre activité pédagogique est fructueuse et j’en suis satisfait. Sans doute ne vous contenterez-vous pas de votre travail, dans ce domaine, même si celui-ci est intense. Vous ferez également tout ce qui est en votre pouvoir afin de diffuser les valeurs juives, dans tous les domaines.
L’un de vos premiers objectifs, en l’occurrence, sera de nommer des responsables parmi ceux qui sont sur place. Certes, ceux-ci doivent être suivis, jusqu’à ce qu’ils s’habituent à une telle action, montrent qu’ils sont dignes de confiance et responsables. Ils doivent recevoir fréquemment des instructions.
Puis, peu à peu, ils se familiariseront à l’action et s’amélioreront. On peut donc espérer qu’à brève échéance, ils soient à même de vous venir en aide. Vous serez donc comme un enseignant, un guide,
un éducateur efficace, s’assurant que son disciple puisse poursuivre ses études par ses propres moyens, bien plus qu’il soit en mesure de transmettre l’enseignement aux autres.
Avec ma bénédiction de réussite et pour donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Lettre n°3390
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3390, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Le point essentiel est le suivant. Il semble qu’en tout ce que vous citez, vous vous basiez sur votre propre perception. Or, nombreux sont ceux qui assimilent cette perception à la volonté propre. Mais, dans la pratique, ce que l’on veut n’est pas toujours identique à ce que l’on comprend.
Ces quelques lignes n’introduiront, en l’occurrence, que des évidences. Pourtant, il s’agit bien ici de ce que nos Sages appellent une mission divine, en l’occurrence l’éducation des enfants juifs. Il me faut donc répéter tout cela, en espérant que cela aura un effet.
Il est évident, et la pratique en fait la preuve, que chacun possède un amour propre, que ce sentiment forge la volonté en conséquence. Or, une telle volonté dénature le raisonnement. L’homme qui l’éprouve est incapable d’analyser objectivement, d’aboutir à la conclusion juste. La volonté détourne l’homme et son intellect, bien plus que la corruption.
En pareil cas, il n’y a qu’une seule solution. Il ne faut s’en remettre ni à sa propre volonté, ni à sa perception, ni même à son propre intellect, y compris pour ce qui semble être une nécessité, une évidence, une expression de la sainteté la plus pure, sans intérêt personnel. Nos Sages disent, en effet, que nul ne peut se présenter comme un Juste. Le moyen, en la matière, est donc le suivant. Il faut écouter ce que les autres disent.
Ce qui vient d’être exposé s’applique à chaque école, quelle qu’elle soit, mais combien plus est-ce le cas pour celle qui porte le nom de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Il est clair que ce nom doit être pris en compte.
Je suis donc particulièrement surpris et étonné d’une telle situation. Qui peut endosser une telle responsabilité et affirmer : “ Je dis que… ”, alors que tous les autres membres de la direction ont un avis divergent ? Or, au lieu de tout cela, vous n’avez suivi que votre propre perception, sans rien révéler de vos intentions à quiconque. En effet, vous saviez bien que nul ne serait d’accord avec vous. Et, vous étiez conscient que la responsabilité, en ce domaine, serait endossée par les écoles de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, qu’à elles seraient adressés les reproches par la suite, qu’il appartiendrait aux dirigeants de ces écoles de justifier votre comportement et de supporter le tort que celui-ci causerait, ce qu’à Dieu ne plaise.
Il est indispensable qu’à l’avenir, vous cessiez d’adopter une telle attitude, consistant à agir uniquement parce que “ je dis que ”, “ je désire que ”, parce que tous les autres sont sans importance devant vous. Vous adopterez donc la règle de conduite suivante. Vous réfléchirez, même quelques instants, à ce que dit le saint Tanya, au début du chapitre 41 : “ Il faut se rappeler en permanence ce qu’est le début du service de Dieu, son aspect essentiel et son origine… On doit, dans un premier temps, mettre en éveil sa crainte naturelle… Car, Dieu se tient devant lui… Il sonde les entrailles et le cœur pour savoir si on Le sert comme il convient ”.
Si vous appliquez tout cela, je suis sûr que vous n’adopterez plus la même attitude, que la réussite serait plus grande. Tous les événements malencontreux seraient écartés. Peu à peu, le comportement caractéristique du monde
de Tohou disparaîtrait et celui de Tikoun ferait son apparition. Si, dans une certaine mesure, vous tenez vraiment compte de mon avis, vous voudrez bien me faire savoir, par retour, que vous avez décidé de modifier votre attitude.
Ces jours, appartenant au mois de la délivrance et des miracles, sont propices pour se libérer soi-même de tout cela. Et, tout dépend uniquement de votre volonté. Puisse Dieu faire que vous ne vous trompiez pas vous-même. Ainsi, vous verrez la vérité telle qu’elle est et vous modifierez immédiatement ce qui doit l’être.
J’ajoute qu’il est probable que “ le petit malin ”, comme l’appelait mon beau-père, le Rabbi, agisse avec ruse envers vous et vous affirme que vos accomplissements sont sans valeur, puisque vous ne parvenez pas à trouver grâce aux yeux de vos amis, tous ayant des opinions divergentes. Je vous adresse donc, d’emblée, ma propre réponse à cette objection, bien que celle-ci soit bien connue depuis longtemps déjà. Elle est la suivante.
On ne s’enfuit pas de devant Dieu. On ne s’échappe pas non plus de devant nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera. Ces derniers ont choisi un ‘Hassid, lui ont conféré, de même qu’aux membres de sa famille, le mérite et le succès de recevoir une part enviable et de mener une action fructueuse. Ils considèrent, pour leur part, qu’il y a bien là un mérite et un succès. Peu importe donc si ce ‘Hassid en a lui-même conscience ou s’il ne l’a pas encore compris.
Il est donc indispensable que vous assumiez cette mission. Il est tout aussi évident que, si vous le faites de la manière voulue par nos maîtres, vous connaîtrez la réussite, y compris pour ce qui vous concerne vous personnellement, avec les membres de votre famille. Néanmoins, le libre arbitre est accordé à chacun et, au moins pour un certain temps, vous pouvez donc faire le choix de ne pas obéir à nos maîtres, ce qu’à Dieu ne plaise, d’aller à l’encontre de leur volonté et de ne pas assumer cette mission. Toutefois, au final, “ aucun d’entre nous ne sera écarté ” et nos saints maîtres obtiendront ce qu’ils désiraient, dans la bonté et la miséricorde.
La fête des Matsot approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien. La Mitsva essentielle du premier soir consiste à consommer “ l’aliment de la foi ” et “ l’aliment de la guérison ”, qui exercera pleinement son effet sur chacun d’entre nous. Cet effet se prolongera tout au long de l’année, comme l’explique la ‘Hassidout, en particulier le début du Chaar Ha Emouna. Nos Sages disent, en effet, que “ ‘Habakouk vint et formula la Torah en un seul principe, ainsi qu’il est dit : le Juste vit par sa foi ”.
Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, pour donner, par retour du courrier, de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit,
Lettre n°3391
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3391, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 28 Adar. Dès le début de l’action, vous souhaitez que vos conditions soient satisfaites, d’une part que règne une unité parfaite, d’autre part que les ‘Hassidim et les institutions vous soient soumis. Il est bien clair qu’en d’autres termes, de telles exigences reviennent, d’emblée, à un abandon.
Il faut dire la vérité. Je n’ai jamais vu, même lorsque mon beau-père, le Rabbi, dirigeait les ‘Hassidim, que s’instaure une véritable unité ou que les ‘Hassidim et les institutions soient soumis à quiconque, si ce n’est, pour une large part, au chef lui-même, c’est-à-dire à mon beau-père, le Rabbi.
La solution, dans votre cas, ne passe pas nécessairement par ces conditions, qui seront uniquement applicables quand le Machia’h viendra, période de laquelle il est dit que “ la terre s’emplira de connaissance de Dieu ”. Alors, on n’aura plus de temps à consacrer à de telles préoccupations et l’on effectuera une répartition des rôles, c’est-à-dire que chacun en recevra un, qui sera défini de la manière la plus précise.
Bien évidemment, ce rôle doit correspondre à vos capacités et vous vous y attellerez avec toute l’ardeur qui convient. En la matière, vous devez effectivement être celui qui dirige. Il vous appartiendra également de vous concerter avec les autres membres du comité exécutif. Comme le veut l’usage, la décision finale sera prise selon l’avis majoritaire. Pour les points les plus importants, une question sera posée par écrit et vous attendrez alors la réponse.
Il est clair que certains résultats ne peuvent pas être obtenus par une seule personne, par exemple lorsqu’il s’agit de visiter les chantiers à titre de délégué. Néanmoins, le rôle de chacun sera clairement défini et tous connaîtront la réussite. Il sera donc plus aisé d’être reconnu, dans les domaines précédemment cités.
Je vous adresse ma bénédiction pour que vous ayez, de même que les membres de votre famille, une fête de Pessa’h cachère et joyeuse. Que “ l’aliment de la foi ” et “ l’aliment de la guérison ” exercent pleinement leur effet sur chacun d’entre vous, en vous apportant la santé physique et morale à la fois.
M. Schneerson,
Lettre n°3392
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3392, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Nissan 5715,
Brooklyn,
Au jeune David Avraham(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du mois d’Adar, qui faisait suite à un silence. J’ai été satisfait d’y prendre connaissance de la manière dont vous exercez votre influence sur votre entourage, vos amis et vos connaissances, pour tout ce qui concerne la crainte de Dieu et, point le plus important, pour la pratique effective des Mitsvot.
Il est sûrement inutile de vous préciser qu’il n’y a pas lieu de vous affecter si tout ne se passe pas aussi rapidement que vous l’auriez voulu. En effet, qui sait ? Néanmoins, chacun d’entre nous doit faire tout ce qui est en son pouvoir et il est certain qu’un effort n’est jamais vain, surtout lorsque l’on prononce des paroles émanant du cœur et qui pénètrent dans le cœur(2), même si elles n’ont un effet que par la suite.
Conformément à votre demande, un courrier sera adressé à Paris, à propos de ce que vous écrivez et que vous mentionnez dans votre lettre. Que Dieu vous accorde le mérite et le succès de donner de bonnes nouvelles de vos préoccupations personnelles et de tout ce qui vient d’être rappelé.
Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, de même que pour connaître la réussite en tout ce qui vous concerne,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav D.A. Lesselbaum, de Kfar ‘Habad. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3443.
Lettre n°3393
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3393, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Nissan 5715,
Brooklyn, New York,
Au président, aux responsables et aux membres
de la synagogue, de rite Ari Zal, d’Albany Park,
que Dieu vous accorde longue vie(1),
Je vous salue et vous bénis,
Le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Chlomo Zalman Hecht(2), m’a transmis votre participation à la Tsédaka de Pessa’h(3), qui sera distribuée en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie par notre juste Machia’h.
L’un des enseignements délivrés par la fête de Pessa’h, temps de notre liberté, est le suivant.
La liberté matérielle, délivrance de l’esclavage physique et de la servitude, n’est pas réellement un but en soi, mais uniquement un moyen d’atteindre la libération morale, celle de l’âme.
Telle fut également la finalité de la sortie d’Egypte, “ lorsque tu feras sortir ce peuple d’Egypte, vous servirez l’Eternel sur cette montagne ”, où la Torah fut donnée.
Ce qui est vrai pour la communauté l’est, de la même façon, pour chaque individu. Aussi, la coutume juive, qui est partie intégrante de la Torah, décide-t-elle qu’un Juif s’introduise dans le temps de notre liberté, en mettant en pratique une Mitsva qui équivaut, à elle seule, à toutes les Mitsvot, celle de la Tsédaka. Avant Pessa’h, celle-ci est consacrée à cette fête et, avant le Séder, on
proclame : “ Quiconque a faim, qu’il vienne et mange ”.
Dans l’optique du temps de notre liberté, je vous adresse ma bénédiction afin que vous connaissiez la liberté véritable, soyez délivrés des tracas matériels et spirituels, de tout ce qui empêche de servir Dieu avec joie et enthousiasme.
Et, vous conserverez la joie et la liberté tout au long de l’année.
Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
Notes
(1) Une même lettre fut adressée à plusieurs autre synagogues. (2) Voir, à son sujet, la lettre n°3384. (3) Textuellement “ la contribution pour la farine (des Matsot) ”.
Lettre n°3394
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3394, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 26 Adar et j’y ai lu, avec satisfaction, que votre état de santé est meilleur. Vous avez sûrement reçu ma lettre, adressée il y a quelques temps.
Puisse Dieu faire que, très bientôt, vous recouvriez pleinement la santé(1) physique et morale, conformément au discours ‘hassidique de l’Admour Hazaken, intitulé “ Cantique d’Etan(2) l’Ezra’hi ”, qui est reproduit au début du Kountrass Limoud Ha ‘Hassidout.
Vous me demandez s’il suffit d’apprendre les livres et les causeries pour améliorer son comportement et assumer le service de Dieu. Il est clair que ce n’est pas le cas. Il faut, en outre, accepter l’autorité de quelqu’un. Il est dit, en effet, “ fais-toi un maître ”(3) et le verbe faire évoque ici la contrainte, ainsi qu’il est dit : “ On contraint(4) à donner de la Tsédaka ”. Il faut donc faire usage de cette contrainte, même lorsque le disciple ne le veut pas.
Bien plus, il s’agit, en la matière, de notions, relativement abstraites, dont traite la ‘Hassidout. L’erreur est donc aisée et d’autant plus dommageable. Vous connaissez également le sens des propos de Moché, maître de tout Israël : “ Inscris cela, en souvenir, dans le livre ”, mais, néanmoins, “ fais-le entendre aux oreilles de Yochoua ”(5).
Bien évidemment, il ne suffit pas de mettre en pratique le Précepte “ fais-toi un maître ”. Il est dit aussi : “ acquiers-toi un ami ”, c’est-à-dire quelqu’un à qui on puisse se confier, s’entretenir de ses propres défauts. Comme le dit l’Admour Haémtsahi(6), on peut ainsi liguer deux âmes divines contre une seule âme animale.
Vous m’interrogez également sur la sainteté. Différentes personnes étudient, dans les jours qui précèdent le mariage, les deux derniers chapitres de la porte de la Sainteté du Réchit ‘Ho’hma. Ceci s’applique également à ce que vous me demandez.
Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, en bonne santé,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3646. (2) Terme qui désigne également la puissance physique et morale. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3661. (4) Textuellement “ On fait faire de la Tsédaka ”. (5) Le livre, à lui seul, ne suffit donc pas. (6) Voir, à ce propos, les lettres n°2393 et 3536.
Lettre n°3395
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3395, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 21 Adar, dans laquelle vous traitez de votre situation familiale et de votre âge. En effet, vous avez vingt deux ans et vous vous trouvez à la croisée des chemins, vous demandant si vous devez continuer à enseigner, comme vous avez
commencé à le faire avec succès, ou bien poursuivre vos études à la Yechiva. Vous me demandez mon avis.
L’usage, à Jérusalem, qui se trouve être une pratique positive, partie intégrante de la Torah, veut que l’on n’attende pas un âge avancé pour se marier. Vous devez donc rechercher un bon parti, avec toute l’énergie qui convient. Pour cela, il vous faut aussi gagner votre vie et, à l’époque actuelle, surtout en notre Terre Sainte, faire usage, pour l’enseignement, de toutes les capacités que l’on trouve parmi ceux qui craignent la Parole de Dieu, les exploiter pleinement.
En conséquence, vous conserverez, à mon avis, vos fonctions d’enseignement et vous chercherez même à les développer. Puisse Dieu faire que s’accomplisse en vous le dicton de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, selon lequel la Tsédaka, y compris sous sa forme spirituelle, permet d’obtenir “ un cerveau et un cœur mille fois plus affinés ”. Dès lors, même si vous consacrez moins de temps à votre étude personnelle de la Torah, votre compréhension sera alors plus profonde.
Vous me dites que vous avez goûté l’enseignement de ‘Habad, mais n’avez pu en supporter l’intense luminaire et vous avez donc cessé de suivre les voies de la ‘Hassidout. J’en suis surpris. Une réflexion, même sommaire, devrait vous permettre de comprendre qu’une telle affirmation n’est pas recevable. Car, la Torah n’a pas été donnée aux anges. Chacune de ses parties se révèle, est diffusée et, lorsque l’on a connaissance de l’existence de l’une d’elles, on reçoit aussitôt la Mitsva de l’étudier. L’étude de la Torah est considérée comme l’ensemble des Mitsvot. Son enseignement profond, que le Zohar appelle “ âme de la Torah ”, en vivifie la partie révélée.
Vous dites ne pas en avoir eu le mérite. Or, il ne s’agit nullement de mérite, en l’occurrence. Nos Sages tranchent que “ celui qui te dit ne pas avoir fait des efforts et avoir, néanmoins, connu le succès, ne le crois pas ”. A l’opposé, ils affirment aussi que “ celui qui te dit avoir fait des efforts et, malgré cela, ne pas avoir connu le succès, ne le crois pas ”.
Bien évidemment, le levain, qui fait monter la pâte, dresse des obstacles devant chacun et il y a tout lieu de penser que telle est également la raison, en l’occurrence. Or, nos Sages disent, à ce propos, au traité Chabbat 105b : “ Tu n’auras pas de dieu étranger : ceci fait allusion au mauvais penchant ”. Dieu fasse que vous puissiez me donner de bonnes nouvelles, à ce sujet.
Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°3396
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3396, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Nissan 5715,
Brooklyn, New York,
A monsieur Ben Tsion, qui est appelé
docteur Dinor(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre et je viens d’obtenir votre livre Be Mifné Ha Dorot(2). Je vous remercie pour ce cadeau. Pour faire suite à notre discussion, je serais heureux d’obtenir également vos autres publications, en particulier Israël Ba Gola(3). Je vous en remercie d’avance.
Je n’ai pas encore eu le temps d’examiner votre livre, mais je ne souhaite pas retarder la présente, car la fête des Matsot, temps de notre liberté, approche et je voudrais vous adresser ma bénédiction pour une liberté véritable, de tous les tracas spirituels et matériels, des entraves et des barrières, de tout ce qui fait obstacle à une vie juive pleine et entière.
Il est inutile de préciser, surtout à quelqu’un comme vous, que la liberté physique n’est pas une fin en soi, qu’elle n’est que la préparation de la liberté morale, ainsi qu’il est dit : “ Lorsque tu feras sortir ce peuple d’Egypte, vous servirez l’Eternel sur cette montagne ”. Car, la liberté n’est pas envisageable si elle n’est pas également celle de l’esprit. Selon les termes de la ‘Hassidout, la liberté de l’âme animale doit aussi être liée à celle de l’âme divine.
Lorsque les deux penchants entrent en lutte, l’esprit ne peut dominer la matière, la soumettre, que pour un temps et il ne le fera donc pas avec un engagement parfait. Pour que l’esprit parvienne à vaincre définitivement la matière, il faut agir non pas sous la contrainte, mais avec la pleine conscience que la matière doit nécessairement être soumise à l’esprit. Alors, la paix s’instaure dans le microcosme que constitue l’homme, car la matière pourra se transformer et s’élever, devenir le réceptacle de l’esprit et non l’inverse.
Certes, pour obtenir un tel résultat, il faut d’abord se soumettre, mais, au final, on connaît la satisfaction morale et l’on est réellement libre. Comme le dit la ‘Hassidout, l’âme divine est toujours fidèle à Dieu. L’effort consistant d’abord à se soumettre permet de repousser le mal, puis de le transformer. Dès lors, le mal n’est plus soumis au bien. Il en devient partie intégrante et telle est la finalité véritable de l’homme.
Je conclus en vous adressant la bénédiction traditionnelle pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
Notes
(1) La seconde partie de cette lettre fut également adressée à plusieurs autres personnes. (2) Dans la perspective des générations. (3) Israël en exil.
Lettre n°3397
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3397, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre de la fin d’Adar, dans laquelle vous me dites que vous avez achevé vos études. Vous êtes donc à la croisée des chemins, ne sachant que faire à l’avenir. Vous me demandez mon avis.
Sans doute êtes-vous animée du désir d’exercer une influence positive sur votre entourage et vous aimez vous occuper des enfants. Vous opterez donc pour l’enseignement. Vous possédez sûrement toutes les connaissances nécessaires pour cela. Si vous avez besoin d’une formation complémentaire, l’usage veut, à l’époque actuelle, que l’on puisse l’acquérir tout en travaillant. Dès lors, ces deux activités forment un tout, car l’expérience concrète est la meilleure formation, mettant aussitôt en évidence ce qui doit être amélioré et ce qu’il est possible de parfaire.
Vous me demandez comment exercer une influence positive sur l’extérieur et de quels ouvrages se servir. A notre époque, l’ignorance est considérable, même en ce qui concerne les principes les plus fondamentaux et les plus premiers. On ne peut donc pas s’en remettre à ce qui se passe dans la rue, ni même, bien souvent, à la maison. Le contenu de la Torah, des Prophètes, des Ecrits saints, de l’abrégé du Choul’han Arou’h, est, très fréquemment, un fait nouveau, pour la plupart des jeunes.
Les explications qui peuvent être données, à ce sujet, le moyen de susciter leur intérêt pour de telles études et surtout pour le mode de vie de la Torah, figurent largement dans les causeries, les recueils de propos de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Ces textes figurent, en particulier, dans les livres et les publications du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, paraissant chaque mois depuis près de quatorze ans.
Mais, il importe, avant tout, d’agir concrètement. En poursuivant l’effort, vous trouverez votre voie et ce que vous devez faire, avec beaucoup plus de clarté. Et, rien ne résiste à la volonté.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
Pour le Rabbi Chlita,
Lettre n°3398
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3398, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, qui n’était pas datée. Concernant l’expiation du passé, vous devez étudier la Torah et prier longuement. Avant tout, cette étude et cette prière seront emplies de chaleur et d’enthousiasme. Ce sera, en particulier, le cas, pour l’enseignement profond de la Torah, qui est son âme.
De même, agissant “ mesure pour mesure ”, il vous faudra aussi exercer une influence positive sur votre entourage, en particulier sur les amis de votre classe, afin que ceux-ci adoptent la même attitude. Vous leur parlerez avec votre cœur et, avant tout, vous leur donnerez un bon exemple. Ainsi, vous parviendrez à les convaincre.
Par ailleurs, vous devez également, pour l’heure, ne plus penser du tout à ce que vous écrivez. Vous concentrerez votre pensée sur ce qui concerne la Torah et les Mitsvot.
Sans doute, connaissez-vous, par cœur, quelques chapitres de Michna et au moins un chapitre de Tanya. Sans en faire le vœu, vous maintiendrez la pratique qui consiste à lire des Tehilim chaque jour, après la prière.
Dieu vous permettra de donner de bonnes nouvelles de tout ce qui vient d’être dit.
Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°3399
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3399, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 4 Nissan.
On dit que vous avez cessé de manger, le matin et j’en suis surpris. Tout d’abord, je ne comprends pas la cause d’une telle attitude. Je ne comprends pas non plus ce qui vous permet d’agir de la sorte. Nous devons nous en tenir à l’enseignement de nos saints maîtres et vous connaissez celui du Baal Chem Tov(1), commentant le verset “ Lorsque tu verras l’âne de ton ennemi…, tu lui viendras en aide ”, sans avoir recours aux jeûnes et aux mortifications(2).
Combien plus doit-il en être ainsi en cette génération faible, alors que le corps qui a faim constitue un obstacle(3). La prière fervente et l’étude de la Torah en subissent donc le contrecoup. Même si l’on méritait une récompense, du fait d’une telle pratique, on peut se demander si celle-ci ne serait pas perdue par le tort qui en résulte.
Si vous voulez vous en remettre à mon avis, adoptez l’attitude bien connue(4) selon laquelle “ il est préférable de manger pour prier plutôt que de prier pour manger ”.
A l’occasion de la fête de Pessa’h, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien, je vous souhaite de la célébrer de manière cachère et joyeuse et vous pourrez m’annoncer que le souhait de votre cœur(5) a été exaucé.
Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3381. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°2346, 3529, 3761 et 3769. (3) A la ferveur de la prière et à la compréhension de l’étude. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°2178. (5) Vraisemblablement celui d’avoir un enfant.
Lettre n°3400
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3400, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[11 Nissan 5715]
Paragraphe 1(1): Peut-on placer des fils de laine sur un vêtement de lin? Vous écrivez que personne n’a tranché cette question. Je suis surpris que vous ne citiez pas les Décisionnaires mentionnés par le Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, à la fin du chapitre 9. Vous consulterez également, à cette même référence, le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken et les références qui apparaissent dans le Chaareï Techouva.
Ces textes établissent qu’on ne peut permettre cette pratique, même en cas de force majeure, de peur que l’on en vienne à placer des Tsitsit de laine sur un Talith de lin. Bien évidemment, tout cela est indépendant du développement que vous faites dans votre analyse, expliquant plusieurs points relatifs à ce sujet.
Paragraphe 12 : J’ai pris connaissance, avec plaisir, de votre conclusion, à propos de celui qui suit le rite du Ari Zal et se trouve dans une synagogue de rite Ashkénaze(2). Puisse Dieu faire qu’elle soit acceptée par tous.
Vous dites que “ il est bon de demander à l’assemblée(3)... et que la paix règne en Israël ”. Malheureusement, certains se prétendent zélés, dans ce domaine, mais ils ne le sont pas dans d’autres! Vous devez comprendre ce que je veux dire.
Pour conforter vos propos, je citerai le Maguen Avraham, au début du chapitre 68, selon lequel la prière peut être modifiée, à l’exception de ce qui en est dit dans la Guemara et qui s’applique à tous. L’introduction du Chaar Ha Collel, à la porte du Sidour, dont l’auteur est mon arrière-grand-père, le Rav A.D. Lawot, explique tout cela.
Vous consulterez également les responsa Mechiv Davar, au chapitre 17. Et, les responsa Min’hat Eléazar, tome 1, disent que l’on peut passer du rite Ashkénaze au rite Sefardi.
Paragraphe 58: Pour en venir à ce qui est d’actualité, peut-on accomplir la Mitsva de manger de la Matsa(4) avec celle qui a douze mois ou plus? A mon sens, il est bien évident qu’il est permis de le faire, pour les raisons suivantes:
1) On peut constater, pratiquement, qu’une telle Matsa reste consommable, qu’elle n’est nullement modifiée avec le temps.
2) La coutume juive, qui est partie intégrante de la Torah et qui est également mentionnée par le Sidour de l’Admour Hazaken, veut que l’on fasse un Erouv(5), à la veille de Pessa’h, pour tous les Chabbats de l’année, jusqu’au Pessa’h suivant. Et, ce Erouv reste valable, même pour le Chabbat Ha Gadol(6).
Partie Even Ha Ezer, paragraphe 1: Y a-t-il, chez une femme, une interdiction équivalente à celle, chez l’homme, de la mutilation de la verge? Vous consulterez, à ce sujet, le ‘Hinou’h, à la Mitsva 559, selon lequel cette disposition ne concerne que les hommes. C’est également ce que dit le Meïri, commentant le traité Yebamot 21.
Je saisis cette occasion pour vous exprimer mon étonnement, face au manque d’intérêt que l’on constate pour l’opération de la prostate(7). Compte tenu de la faiblesse de cette génération, cette intervention est relativement fréquente. Or, on n’interroge pas un Rav, à son propos, bien qu’elle ait souvent pour effet de rendre stérile, du fait des nerfs et des organes qui sont sectionnés par les médecins. Une concertation avec des médecins spécialistes devrait permettre qu’il en soit autrement.
Or, je n’ai pas observé, pour l’heure, que quiconque se penche sur cette question. Certains se sont adressés à moi et je leur ai souligné ce problème. Ils en étaient très étonnés. Les autorités rabbiniques avec lesquelles ils s’en sont entretenus l’étaient également.
Notes
(1) Cette lettre est une série de commentaires du Rabbi sur le Nézer Ha Kodech Cheelot Ve Techouvot du Rav Moché Rozin, paru à New York en 5713. Voir, à ce propos, la lettre n°3419. (2) Le Raz Rozin considère que celui-ci doit continuer à prier selon le rite du Ari Zal. A ce sujet, voir également les lettres n°2355, 3445 et 3569. (3) D’accepter un officiant qui maintiendrait ce rite. (4) Le premier soir de Pessa’h. (5) Afin de pouvoir transporter des objets, pendant le Chabbat, dans les parties communes d’un domaine. (6) Le Chabbat précédant Pessa’h de l’année suivante. (7) Voir, à ce sujet, les lettres n°2825, 2842, 2876 et 3594, de même que le Likouteï Si’hot, tome 12, page 212.
Lettre n°3401
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3401, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Nissan 5715,
Brooklyn, New York,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
le Rav Moché Douber(1),
Je vous salue et vous bénis,
A l’occasion de la fête des Matsot, qui approche, pour nous et pour tout Israël, de manière positive, je vous adresse ma bénédiction afin que celle-ci soit joyeuse, qu’elle vous libère véritablement de tous les tracas, matériels et spirituels, de tout ce qui vous empêche de servir Dieu avec joie et enthousiasme.
Et, vous conserverez cette liberté et cette joie durant tous les jours de l’année.
J’ai bien reçu vos deux fascicules, relatifs à l’emprunt et à la séparation(2). Je vous en remercie. Il semble que l’un des deux soit celui qui vous m’aviez donné sous forme de photocopies. Pour le plaisir de commenter la Torah et comme le veut la coutume, je poserai ici quatre questions, soulevées à la faveur d’un examen rapide(3), en espérant qu’elles ne sont pas erronées, ce qu’à Dieu ne plaise.
A) Concernant la séparation, je suis surpris que vous n’abordiez pas le point le plus essentiel. Lorsqu’il y a une telle séparation, faut-il considérer qu’il n’y a pas eu d’immersion rituelle, puisque le traité Erouvin 4b dit: “ Et, il rincera(4) ”? Bien évidemment, ceci ne peut être assimilé au fait de serrer les dents(5).
Ou bien faut-il dire que cette immersion a bien eu lieu, mais qu’elle est disqualifiée? Dans ce dernier cas, il faut se demander si la séparation porte sur la majeure partie du corps ou bien sur une petite partie de celui-ci. Il n’en est pas de même pour l’immersion rituelle, même si l’on peut s’interroger sur la raison d’être de cette distinction, puisque, en tout état de cause, il est nécessaire de “ rincer ”.
B) Je suis surpris par ce que vous dites, au début de la page 5. Si la séparation ne couvre qu’une petite partie du corps, mais qu’on ne souhaite pas la conserver, elle n’est pas considérée comme une séparation et seule une disposition des Sages demande de la prendre comme telle.
C) De même, je suis étonné que vous ne mentionniez pas les responsa du Tséma’h Tsédek, Yoré Déa, chapitre 158, desquels on peut déduire plusieurs points importants, concernant ce sujet.
D) Dans une note des pages 17(6) et 18(7), vous parlez de la séparation, par l’air, qu’il y a entre les Tefillin et la tête(8). Vous dites que la Torah n’en tient pas compte, car c’est bien ainsi qu’on doit les mettre. Néanmoins, cette séparation doit être réduite, dans toute la mesure du possible.
A mon humble avis, on ne peut pas avancer pareille affirmation. Bien au contraire, la Torah demande que le boîtier des Tefillin soit droit, comme le disent le traité Mena’hot 35a et l’introduction du Rambam au commentaire de la Michna, citant, en particulier, l’exemple de Yochoua. En conséquence, le point de contact entre ce boîtier et la tête doit être très réduit. De fait, si ce n’était le poids des Tefillin appuyant sur la tête, le contact entre un plan et une sphère n’est qu’un point unique.
Avec ma bénédiction, à l’occasion de la fête,
Notes
(1) Le Rav M.D. Rivkin. Voir, à son sujet, la lettre n°2181. (2) Entre le corps et l’eau, lors de l’immersion rituelle. (3) De ces deux fascicules. (4) Son corps dans l’eau, ce qui n’est pas le cas, en l’occurrence, du fait de cette séparation. (5) Qui empêche également le “ lavage ” de la bouche, sans toutefois qu’un corps étranger ne soit présent. (6) Le Rabbi écrit Tov, bon, mot dont la valeur numérique est dix sept. (7) Le Rabbi écrit ‘Haï, vivant, mot dont la valeur numérique est dix huit. (8) Ainsi, le Roch, au chapitre 18 des lois des Tefillin, dit qu’une séparation empêche de mettre en pratique la Mitsva des Tefillin, comme c’est le cas pour les vêtements du Cohen. Or, pour ces derniers, l’air constitue également une séparation, selon le Rambam, lois des ustensiles du Temple, chapitre 7, paragraphe 10. De même, l’air sépare les Tefillin de la tête et l’on peut donc se demander comment l’on doit mettre cette Mitsva en pratique.
Lettre n°3402
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3402, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 5 Nissan, avec la demande de bénédiction qu’elle contenait et dont j’ai donné lecture, ce jour, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Vous évoquez vos cours et vos difficultés de répondre aux questions(1). Même si toutes les
raisons que vous citez dans votre lettre étaient vraies, il n’en reste pas moins que celui qui se trouve dans une situation de force majeure est, certes, dispensé d’agir, mais, il ne peut, néanmoins, être considéré comme s’il l’avait fait.
Bien plus, il est dit que “ l’amour-propre recouvre toutes les fautes ” et le mauvais penchant(2) est rusé, comme le souligne mon beau-père, le Rabbi. Il faut donc s’interroger sur les raisons que vous invoquez. Puisse Dieu faire que ce manque disparaisse à l’avenir(3).
J’ai reçu votre bénédiction avec plaisir(4) et, comme le Saint béni soit-Il en donne l’assurance, “ celui qui bénit reçoit lui-même une bénédiction ”. Avec les membres de votre famille, vous célébrerez la fête des Matsot, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien, de manière cachère et joyeuse. Vous me donnerez de bonnes nouvelles de tous ceux que vous citez dans votre lettre.
Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,
Notes
(1) Textuellement “ vous n’avez pas de bouche pour répondre ”. (2) Textuellement “ le petit malin ”. (3) Textuellement “ que ce que l’on verse ne soit pas touché par le manque ”, paraphrasant un verset de Chir Hachirim. (4) Vraisemblablement à l’occasion de l’anniversaire du Rabbi, le 11 Nissan.
Lettre n°3403
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3403, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Nissan 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Aharon Morde’haï(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) Point d’actualité, une réunion des professeurs est organisée, sous l’égide des directeurs d’école(2), afin que ceux-ci se concertent sur la nouvelle année scolaire et les préparations des inscriptions.
Il est clair que cette réunion doit également servir à discuter des améliorations que l’on peut apporter aux méthodes pédagogiques et aux programmes. Officieusement, le temps est enfin venu, à mon sens, de rechercher les moyens d’entrer en contact avec les parents d’élèves et d’exercer une influence sur eux. En effet, l’atmosphère du foyer ne doit pas s’écarter de celle de l’école, bien au contraire et c’est là un point particulièrement important, même s’il n’entre pas dans les attributions directes d’une école.
B) Vous proposez que les jeunes de l’association ‘Habad enseignent dans des écoles totalement éloignées de la pratique(3). Il est évident qu’ils ne peuvent le faire dans une telle école, car ce serait un moyen de la légitimer. On pourrait donc craindre que quelques parents qui, jusqu’alors, n’y envoyaient pas leurs enfants, commencent à le faire.
Certes, de telles expériences ont été tentées dans différents endroits, y compris à New York. Mais, l’on souligne alors qu’il ne s’agit pas d’une initiative de l’école, que cela n’entre pas dans son programme, qu’il n’y a là qu’une intervention des élèves, même si celle-ci leur a été suggérée. En pareil cas, le rôle de la direction de l’école consiste uniquement à ne pas s’opposer à cet enseignement, ou même à rendre possible, de manière officieuse, ce qui est une initiative personnelle émanant de quelques élèves.
Il sera, sans doute, possible de trouver une synagogue ou un autre lieu, dans lequel cet enseignement des valeurs juives pourra être organisé. Bien évidemment, vous pouvez faire connaître mon avis à tous ceux qu’il pourrait intéresser, en particulier aux jeunes de l’association ‘Habad.
A l’approche de la fête des Matsot, qui arrive, pour nous et pour tout Israël, pour le bien, je vous souhaite de la célébrer, avec tous les membres de votre famille, de manière cachère et joyeuse.
Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête,
Notes
(1) Le Rav A.M. Zilbershtrom. Voir, à son sujet, la lettre n°2834. (2) Du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, en Terre Sainte. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°3440 et 3482.
Lettre n°3404
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3404, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Nissan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous m’annoncez la fête qui est organisée à l’occasion de l’inauguration du bâtiment de la Yechiva. Je suis un peu surpris que vous soyez aussi concis. Mais, je vous accorde des circonstances atténuantes, du fait de vos nombreuses activités. Pour autant, les informations manquent, ici.
Il est impossible que, le moment venu, la disposition d’un plus grand nombre d’informations ne soit pas utile. En tout état de cause, j’ai été très satisfait d’avoir connaissance de votre succès(1). Vous connaissez sûrement l’usage, dans ces pays, qui veut que la motivation acquise dans de telles fêtes reste vivace, tout au long de l’année. Pour cela, il faut rencontrer les participants, leur rappeler, de manière diplomatique, à quel point ils étaient touchés, pendant cette fête. De la sorte, ils seront prêts à accroître leur engagement physique et financier.
Il est sans doute inutile de vous rappeler qu’il serait bon de faire paraître, dans le journal qui convient, une description de la fête, afin que ses participants puissent s’exprimer publiquement et mettre en éveil l’esprit de compétition des autres. De plus, l’importance de la Yechiva s’en trouvera accrue.
Concernant la proposition de porter des uniformes(2), je n’en vois pas l’utilité. Cela ne se fait pas dans nos écoles de Terre Sainte et de France. Bien au contraire, cela peut avoir un inconvénient, car il est impossible de satisfaire chacun. Ces uniformes pourraient donc empêcher certains de venir à l’école(3). De plus, cette pratique pourrait poser problème, dans certains domaines(4), que l’on ne pourra accepter. La discorde en résultera. Il faut donc écarter cette proposition, en décrivant la situation telle qu’elle est, c’est-à-dire en montrant que cela n’existe pas et n’a jamais existé, dans nos institutions.
Il est exclu que les garçons et les filles se trouvent dans le même bâtiment. Je suis surpris qu’on ne puisse trouver un autre endroit pour ces études, car, pour l’heure, le nombre de filles désirant fréquenter nos écoles doit être peu important.
Vous me parlez de ce jeune homme attendant mon accord pour étudier, pendant quelques heures(5), à la Yechiva. Je suis surpris qu’un doute subsiste encore, en la matière, alors que l’on sait à quel point mon beau-père, le Rabbi, souligne l’importance d’agir ainsi. Qu’il reçoive donc toutes les bénédictions. Sans doute le fera-t-il de la manière qui convient et Dieu lui accordera le succès.
Il en est de même pour la suite à donner à ce que vous écrivez, dans votre lettre. Vous dites que les ‘Hassidim travaillant pour la Yechiva doivent être encouragés. Là encore, j’en suis étonné, car que peut-on ajouter aux propos passionnés de mon beau-père, le Rabbi, concernant la bonne éducation, basée sur les valeurs sacrées? Bien plus, il a lui-même agi en ce sens, consacré son temps, son énergie, son ardeur, ses forces les plus profondes à l’éducation non seulement des adultes, mais aussi des petits et des petites. Ce qui est clairement établi n’a nul besoin d’être démontré.
Vous envisagez la participation à la célébration du 5 Iyar(6). J’ai reçu, ces jours-ci, une lettre de Terre Sainte, dans laquelle on me dit que plusieurs écoles se trouvant là-bas, y compris parmi celles qui sont affiliées au Mizra’hi(7), ne participent pas à cette célébration, pour différentes raisons. Combien plus doit-il en être ainsi, dans votre pays. Il ne faut pas participer à ce qui est organisé sous l’égide d’un parti, comme je l’ai déjà écrit, à maintes reprises.
Il faut expliquer tout cela également aux autres. Votre but est de vous consacrer à l’éducation aux valeurs juives et rien d’autre. Si une certaine action est susceptible d’écarter un garçon ou une fille de votre école, celle-ci va à l’encontre de sa raison d’être.
Concernant cette date, on trouve des avis très divergents. En conséquence, si vous prenez position, en la matière, vous rencontrerez l’opposition de plusieurs cercles juifs. Il est donc, bien évidemment, préférable de ne pas aborder cette question, d’en minimiser l’importance jusqu’à la faire disparaître. Si cela est impossible, vous trouverez sûrement les mots qui conviennent pour expliquer tout cela.
Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse, pour connaître la réussite en tout ce qui vient d’être dit, de même qu’en vos préoccupations personnelles,
Notes
(1) Lors de ce dîner. (2) Par les élèves de l’école. (3) Parce que l’uniforme ne leur plaît pas. (4) On pourrait avoir des exigences, sur cet uniforme, qui contreviendraient, par exemple, aux règles de la pudeur. (5) Chaque jour. (6) Voir également, à ce sujet, la lettre n°3469. (7) Aux nationaux religieux.
Lettre n°3405
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3405, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Nissan 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
aux multiples connaissances, le Rav Chlomo Yossef(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’apprenez que vous éditez un recueil de récits ‘hassidiques et j’en suis satisfait. Sans doute préciserez-vous vos références(2), vous direz qui rapporte ce récit et le degré de précision de cette transmission, s’il s’agit réellement d’un récit ‘hassidique ou bien s’il n’y a là que l’expression d’un sentiment.
Vous évoquez les index des livres de ‘Hassidout. Les ouvrages de base en sont le Tanya, le Torah Or et le Likouteï Torah. Les index des deux premiers sont déjà édités, même s’ils ne sont pas exhaustifs, car le temps a manqué pour travailler comme il aurait fallu le faire, avant de les publier. Leur seconde partie présente des références et des comparaisons. Par ailleurs, je possède l’index du Likouteï Torah, sous forme manuscrite. Il sera sûrement édité et Dieu fait que tout arrive en son temps.
Concernant les manuscrits cachés(3), je n’ai pas eu le temps de consulter les avis divergents émis par les chercheurs, en ce domaine. De fait, ceux-ci sont même radicalement opposés. Néanmoins, une lecture rapide de ces textes et l’observation de quelques photographies montrent que l’orthographe(4) adopté ici est celle d’un ignorant, qui, par manque de connaissances, a pu se tromper, dans sa recopie.
Il faut donc être particulièrement prudent, pour ce qui concerne la valeur de ces manuscrits. Et, de fait, qui sait pour quelle raison ils ont été cachés ?
Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,
Notes
(1) Le Rav C.Y. Zevin, de Jérusalem. Voir, à son sujet, les lettres n°3026, 3452, 3599, 3657 et 3731. (2) Voir également, à ce sujet, la lettre n°3657. (3) Peut-être s’agit-il des manuscrits de la mer Morte. (4) Textuellement, l’ajout de lettres dans les mots où ceux-ci sont elliptiques, dans le verset.
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