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Iguerot Kodesh — lettres 3106 à 3125

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°3106

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3106, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Kislev 5715,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Ye’hyel Mi’hel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous remercie pour votre lettre du 7 Kislev, m’annonçant une bonne nouvelle, celles des cours publics que vous donnez. J’ai déjà dit à plusieurs ‘Hassidim qu’il est judicieux et important d’instaurer une étude des lois nécessaires à l’existence quotidienne(2), en plus de tous les autres enseignements, car, au final, tel est bien le but de l’homme, “ tu craindras Dieu et tu respecteras Ses Mitsvot ”.

De nos jours, les capacités sont affaiblies et l’on consacre donc moins de temps à l’étude de la Torah. Il faut, en conséquence, choisir un livre dont le contenu est directement applicable à l’action concrète, qui énonce la Hala’ha tranchée. Et, l’on commencera par les lois les plus courantes et usuelles. Dans la mesure du possible, on omettra même ce qui a moins d’incidence sur la pratique. Puis, Dieu accordera la réussite et l’on pourra revenir sur cette étude. C’est alors que l’on étudiera également ces paragraphes.

Vous organiserez sûrement une réunion ‘hassidique pour le 19 Kislev, qui approche, de la manière qui convient, c’est-à-dire en y prenant de bonnes résolutions, qui s’appliqueront concrètement, dans les trois domaines du service de Dieu que sont la Torah, la prière et les bonnes actions. Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction, à l’occasion de la fête de la libération,

Notes

(1) Le Rav Y.M. Dabroskin. Voir, à son sujet, la lettre n°2029. (2) Voir les lettres n°3048, 3091 et 3105.

Lettre n°3107

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3107, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Kislev 5715,

Brooklyn,

A tous nos frères, les enfants d’Israël, qui chérissent

et honorent la Torah et les Mitsvot,

que Dieu leur accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

La fête annuelle du centre des Yechivot Loubavitch aura lieu le dimanche de la Parchat Vaéra, 22 Tévet 5715. A cette occasion, j’adresse mes salutations et ma bénédiction aux responsables de cette institution, à ceux qui lui viennent en aide et aux donateurs. Que s’accomplisse en eux la promesse selon laquelle “ elle est un arbre de vie pour ceux qui se renforcent en elle et ceux qui la soutiennent sont heureux ”.

Le rôle fondamental de la Yechiva, qui est à la base même de l’existence juive, est, Dieu merci, clairement établi, dans tous les milieux. A l’époque actuelle, l’apport des Yechivot est encore plus déterminant, surtout en Amérique. C’est là qu’un enfant juif reçoit non seulement la connaissance qui lui est nécessaire de la Torah et des Mitsvot, mais aussi les moyens d’assumer pleinement son Judaïsme, afin d’avoir une vie heureuse et harmonieuse, conformément aux enseignements de notre Torah, Torah de vie, c’est-à-dire de vivre, au sens le plus littéral, dans ce monde matériel.

Chacun sait que les Yechivot Loubavitch, comptant plusieurs centaines d’élèves, occupent une place importante dans la vie juive, en Amérique. D’une part, elles assument le rôle important et beau de chaque Yechiva. Par ailleurs, elles possèdent également une spécificité, l’esprit d’amour du prochain et d’abnégation pour la Torah et les Mitsvot que l’on y acquiert, de sorte que ses élèves ont conscience de leur responsabilité et de leur engagement envers le peuple d’Israël, l’assument pleinement et sont des “ lumières pour éclairer ” leur entourage, par “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”.

Les Yechivot Loubavitch traversent actuellement une crise financière. Il est donc une obligation sacrée de les aider en leur apportant largement son soutien, afin d’agrandir et de développer tous ses départements.

On ne se contentera donc pas de donner aux Yechivot la possibilité d’exister. On leur offrira les moyens financiers, qui leur permettront de poursuivre leur expansion et de se développer, comme tout ce qui vit et doit donc croître.

Nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera, nous ont donné l’assurance que quiconque, homme ou femme, apportera son aide aux Yechivot Loubavitch, suscitera les canaux et les réceptacles par lesquels il obtiendra l’opulence matérielle, de la satisfaction de ses enfants et tout le bien, matériel et spirituel.

Avec ma bénédiction pour tout le bien,

Lettre n°3108

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3108, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Kislev 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 6 Kislev, dans laquelle vous me dites que votre épouse a enfanté, il y a deux ans, dans une maternité et qu’elle a ensuite éprouvé de grandes souffrances. En conséquence, elle refuse maintenant d’y retourner.

A mon sens, cette attitude n’est pas fondée. Vous dites vous-même que la situation s’est améliorée, que cette maternité est mieux surveillée. A l’issue de sa grossesse, lorsqu’elle devra enfanter, elle s’y rendra donc et Dieu fera que tout se passe bien, soit en un moment bon et fructueux. Elle aura un enfant en bonne santé et vous m’annoncerez cette bonne nouvelle. De même, vous renforcerez votre entourage en y diffusant “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même que le luminaire de la Torah, c’est-à-dire sa dimension profonde.

Je vous adresse ma bénédiction pour que vous ayez l’inspiration qui convient, dans vos pensées, vos paroles et vos actions, pendant les jours de la fête de la libération, à la date lumineuse du 19 Kislev, fête de notre délivrance et de la liberté de nos âmes, grâce à la victoire de l’Admour Hazaken, auteur du saint Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah.

N. B. : Vous me demandez si le fait de manger avec envie fait perdre à l’homme l’élévation qui est la sienne, y compris selon l’avis considérant que le principe “ Sanctifie-toi en ce qui t’est permis ” n’est pas introduit par la Torah(1).

Nos Sages disent(2) que “ les paroles des Sages Me sont agréables ” et “ les paroles des Sages sont impératives ”. C’est également ce qu’explique le Tanya, au chapitre 7. Vous verrez, en outre, la fin du chapitre 30, affirmant que ce principe est bien introduit par la Torah, qu’en tout état de cause, les paroles des Sages sont plus impératives que celles de la Torah.

Et, la logique élémentaire permet d’établir qu’il en est bien ainsi. En effet, celui qui mange avec envie reçoit(3) de l’aliment, qui est végétal ou animal. Dès lors, il perd sa qualité d’humain pour intégrer l’un de ses niveaux. C’est bien clair.

Notes

(1) Mais, par les Sages. (2) Rapportant les Propos de Dieu. (3) La satisfaction de son plaisir.

Lettre n°3109

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3109, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Kislev 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Moché Pin’has Hacohen(1),

et au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Avraham Its’hak(2),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été satisfait d’apprendre que vous vous êtes chargés d’adresser des lettres d’encouragement afin que l’on organise des réunions ‘hassidiques, à la date lumineuse du 19 Kislev, qui approche, jour de notre libération et de la délivrance de nos âmes, grâce à la victoire et à la libération de l’Admour Hazaken, auteur du saint Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah. Et, l’assurance a été donnée qu’un effort n’est jamais vain.

Grand est le mérite de ceux qui agissent en ce sens ou conduisent les autres à le faire. Vous connaissez le commentaire ‘hassidique(3) de la Michna : “ Deux personnes saisissent un vêtement(4). L’un dit : ‘Il est entièrement à moi’ et l’autre dit : ‘Il est entièrement à moi’ ”. Celui-ci figure dans différents textes, en particulier dans le Kountrass Limoud Ha ‘Hassidout, au chapitre 12. Il en est donc de même, en l’occurrence(5). Bien plus, ce vêtement peut être entièrement à l’un et à l’autre(6), comme en atteste la possibilité d’allumer une bougie à partir d’une autre.

Que Dieu vous accorde le mérite et le succès, en ces domaines, également à l’avenir, précisément comme l’explique(7) mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, citant l’expression de nos Sages “ celui qui se consacre à la Torah, celui qui se consacre à la Mitsva(8) ”. En effet, celui qui tient un commerce(9) n’attend pas que les clients viennent le trouver. Il part à leur recherche, consentant l’effort nécessaire.

Vous adopterez donc la même attitude, dans ce domaine. Dès lors, l’assurance est donnée que “ celui qui fait des efforts les voient couronnés de succès, de manière fructueuse,

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération,

Notes

(1) Le Rav M.P. Kats. Voir, à son sujet, la lettre n°3008. (2) Le Rav A.I. Kornblit. Voir, à son sujet, la lettre n°1440, dans laquelle a été indiqué, par erreur, le nom Ziskind. (3) A ce sujet, voir également la lettre n°3263. (4) Abandonné, qu’ils ont trouvé. (5) Le mérite de ce qui est accompli par deux personnes est partagé entre ces deux personnes. (6) Chacun possède la totalité du mérite. (7) Voir, à ce propos, les lettres n°2269, 2837, 3144, 3227 et 3232. (8) Et, non celui qui étudie la Torah ou celui qui pratique la Mitsva. (9) Essek signifie à la fois se consacrer et commercer.

Lettre n°3110

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3110, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Kislev 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 11 Kislev. Vous me citez les paroles des médecins et je suis très surpris que l’on déforme mes propos, ce qui, en conséquence, vous donne un mauvais moral.

J’ai dit et écrit que l’on doit s’en tenir aux prescriptions de médecins spécialistes. J’ai également dit et écrit, à maintes reprises, qu’il ne faut pas s’affecter de leur diagnostic. Vous connaissez la précision(1) que donne, à ce sujet, le Tséma’h Tsédek. Les Sages disent que “ le médecin est autorisé à guérir ” et guère plus(2).

Or, dans ces deux domaines(3), on fait exactement le contraire. On n’écoute pas les spécialistes et l’on s’émeut, quand on entend leur avis. Que puis-je donc faire, en la matière ?

Il est impossible d’ôter à un Juif ou à une Juive le libre arbitre qu’il possède. Différents textes de ‘Hassidout expliquent qu’un Juif le reçoit parce qu’il est lié à l’Essence de Dieu. On peut également le déduire du Likouteï Torah, Parchat Emor, page 38b. En effet, c’est uniquement pour l’Essence de Dieu que le choix est réellement libre et sans contrainte.

Que Dieu vous accorde la réussite, de même qu’à votre épouse, pour que vous vous conformiez à ces deux points, ce qui permettra de révéler, au plus vite, un bien visible et tangible.

Vous évoquez l’étude du Tanya et vous me dites que, ne connaissant pas le commentaire qu’en a donné telle personne, vous ne l’enseignez pas aux élèves. Je suis surpris qu’un jeune homme, ancien élève d’une Yechiva Loubavitch, puisse formuler une telle réponse, conforme en tout point à celle qu’avanceraient les personnes refusant l’étude de la partie profonde de la Torah, comme le dit le Kountrass Limoud Torat Ha ‘Hassidout. Car, de fait, quelle valeur peut avoir un tel prétexte, dès lors qu’il empêche l’étude effective? Vous m’écrivez que vous en recherchez le sens simple(4) et je suis choqué par une telle humilité. Vous consulterez, à ce propos, l’introduction du Tanya, au paragraphe commençant par : “ J’en appelle à vous ”.

Le grand mérite du jour lumineux de la libération de l’Admour Hazaken, qui est également la nôtre, permettra que chacun de nous se défasse de ses entraves, y compris celles qui viennent d’être citées, depuis le début de cette lettre jusqu’aux lignes précédentes. Ainsi, on étudiera la ‘Hassidout en abondance, on l’enseignera largement. Car, s’attacher à cet arbre de vie(5) est aussi le moyen de se lier à l’arbre de vie, au sens physique(6).

Je vous adresse ma bénédiction, à l’occasion de la fête de la libération et je salue ceux qui vous suivent, ce qui inclut, bien entendu, les membres de votre famille, puisque vous êtes le maître de la maison et que vous devez interpréter ce titre au sens littéral.

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2922. (2) Il n’est donc pas habilité à condamner. (3) Respecter les prescriptions du médecin et ne pas l’écouter, lorsque son pronostic est négatif. (4) Du Tanya. (5) La ‘Hassidout. (6) D’avoir une longue vie.

Lettre n°3111

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3111, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17(1) Kislev 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Nissan(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sûrement déjà reçu ma précédente lettre, qui faisait réponse à la vôtre. Je viens de recevoir vos courriers des 6 et 12 Kislev. Vous avez raison de dire qu’il n’est pas toujours bon de contraindre les élèves à accepter la décision de la direction(3). Pour autant, il faut également qu’ils ne puissent pas l’interpréter comme une marque de faiblesse ou un abandon, face aux pressions qu’ils exercent. Il faut donc évaluer d’emblée ce qu’ils peuvent accepter et de quelle manière.

En effet, disent nos Sages, “ on promulgue un décret, à l’égard de la communauté, uniquement si elle peut le supporter ”, en particulier pour ce qui peut se prolonger dans le temps. Ainsi, précisent les Sages, “ si l’on ne s’était pas opposé à ‘Hananya, Michaël et Azarya…(4) ”.

Parfois, on peut fournir des explications, dans certains domaines, dire pourquoi il aurait dû en être tout à fait autrement, mais constater que la situation ne le permet pas encore, que l’on ne peut, d’emblée, atteindre la plus haute élévation et le comportement qui en résulte, que la manière d’agir, en l’occurrence, ne convient donc pas.

Je vous joins un fascicule du 19 Kislev. Sans doute se prépare-t-on comme il convient pour la fête qui sera organisée en ce jour lumineux. On se servira également, en ce sens, des jours de ‘Hanoukka. Les discours ‘hassidiques de cette fête expliquent, en effet, que l’opposition, puis le miracle, se réalisèrent par “ de l’huile d’olive pure concassée pour le luminaire ”(5). A notre époque, celle-ci a été révélée et expliquée par l’enseignement de la ‘Hassidout.

Je vous adresse ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et afin de donner, très prochainement, malgré votre télégramme, de bonnes nouvelles de l’état de santé de votre fils Chalom Dov Ber. Vous m’annoncerez qu’il a recouvré ses forces.

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rabbi écrit Tov, bon, mot dont la valeur numérique est dix sept. (2) Le Rav N.Nemanov, directeur de la Yechiva de Brunoy, dans la région parisienne. Voir, à son sujet, la lettre n°3089. (3) De la Yechiva. (4) Il est difficile de supporter une épreuve qui se prolonge dans le temps. (5) Voir la lettre n°3099.

Lettre n°3112

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3112, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Kislev 5715,

Brooklyn,

A mon parent, le distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chnéor Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai pris connaissance avec plaisir des témoignages que vous avez adressés au Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h(2). Vous continuerez sûrement à les rédiger. Vous savez à quel point mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera tenait à ce que l’on réunisse de telles mémoires.

On peut constater que des témoignages de différentes sortes sont rédigés. On peut donc espérer qu’il en résultera le plus grand bien pour tous. Et, toute chose est bonne quand elle vient en son temps.

A l’occasion du jour lumineux du 19 Kislev, qui approche, je vous adresse le fascicule du 19 Kislev et la brochure. Sans doute en mettrez-vous le contenu à la disposition du plus grand nombre.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération,

Notes

(1) Le Rav C.Z. Bespalov. Voir, à son sujet, la lettre n°2901. (2) A la demande du Rabbi. Voir la lettre n°2901.

Lettre n°3113

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3113, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Kislev 5715,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre

aux besoins communautaires, le Rav David(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du dimanche de la Parchat Vaychla’h, qui faisait suite à un long silence. Vous m’y annoncez une bonne nouvelle, la naissance de votre fils, en un bon moment et qu’il a été appelé Israël Yossef. Tout comme vous lui avez fait contracté l’alliance(2), vous le conduirez, avec votre épouse, à la Torah, aux dais nuptial et aux bonnes actions.

Avec ma bénédiction de Mazal Tov,

N. B. Je suis surpris que, dans cette même lettre, vous ne disiez rien de l’action que vous menez auprès de votre entourage pour y diffuser “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même que la lumière de la Torah, l’enseignement de la ‘Hassidout, ses pratiques et ses usages.

Ceux qui possèdent une formation scientifique ont une responsabilité spécifique, dans ce domaine, conformément à l’affirmation de l’Admour Hazaken, auteur du saint Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah. Citant les Sages, il explique, en effet, à la fin du huitième chapitre du saint Tanya, que “ ce(3) qui est utilisé à froid(4) sera rincé à froid, ce qui est utilisé(4) en contact avec le feu sera porté au rouge par le feu ”(5).

J’ai appris avec plaisir que vous fréquentez l’office des jeunes de l’association ‘Habad. Puisse Dieu faire que celui-ci se développe quantitativement et qualitativement.

Notes

(1) Le Rav D.Gertner. (2) De notre père Avraham, celle de la circoncision. (3) L’ustensile. (4) Pour contenir ce qui n’est pas cacher. (5) Un plus grand investissement dans l’étude des sciences profanes doit donc avoir pour effet un engagement accru dans la pratique juive.

Lettre n°3114

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3114, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

17 Kislev 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Its’hak Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre. Vous m’interrogez sur le rideau de l’arche sainte(2). Je suis surpris que vous n’ayez pas interprété mes propos de la manière la plus simple. Mon but n’était pas de montrer qu’il y a un rideau à l’extérieur de l’arche sainte. Personne ne le conteste. Il s’agissait, en fait, de trouver une source établissant qu’il y en a un autre, à l’intérieur de celle-ci.

En conséquence, toutes les références que vous citez pour montrer qu’il y avait un rideau à l’extérieur ne font, pour reprendre l’expression familière, que “ enfoncer une porte ouverte ”. J’écrivais, pour ma part, que l’on pouvait tirer une preuve de la présence d’un rideau à l’intérieur, dans les commentaires de Rachi et même des Tossafot sur le traité Meguila.

Vous profiterez sûrement du jour lumineux du 19 Kislev, puis des jours de ‘Hanoukka, pour faire acquérir aux élèves, garçons et filles, de même qu’aux adultes par le nombre de leurs années qui sont encore des enfants par le niveau de leurs connaissances, la leçon que délivrent ces dates pour l’existence quotidienne. Et, lorsque l’on ouvre comme la pointe d’une aiguille, le Saint béni soit-Il ouvre comme le portique du Sanctuaire(3).

J’évoquais(4) “ ces dernières générations ” uniquement pour dire que le rideau est maintenant placé uniquement à l’extérieur.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération,

Notes

(1) Le Rav I.Z. Posner. Voir, à son sujet, la lettre n°3044. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3044. (3) Dans lequel se trouvait l’Arche sainte. (4) Dans la lettre n°3044.

Lettre n°3115

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3115, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Kislev 5715,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Yaakov Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du mardi de la Parchat Vayétsé, dans laquelle vous invoquez la pratique du Rabbi Rachab, qui a sans doute été respectée, en chaque génération, dans la famille du Rabbi, consistant à mettre, dans la lampe de ‘Hanoukka, une quantité d’huile suffisante pour brûler pendant cinquante minutes. Vous m’en demandez la raison.

Je n’ai pas reçu d’explication précise à ce sujet et peut-être est-il possible d’avancer la suivante. Il existe différents avis quant au moment d’allumer les bougies de ‘Hanoukka, avant Maariv ou bien après cette prière. Nous essayons donc de nous acquitter d’après les deux avis à la fois(2), c’est-à-dire de les allumer après Min’ha, en sorte qu’elles brûlent encore tout le temps nécessaire après Maariv.

Le temps ne me permet pas d’aborder cette question plus profondément. Vous consulterez le Peri Megadim, chapitre 672, paragraphe 3, la Michna Beroura, à la même référence et l’ordre de l’introduction du Chabbat, dans le Sidour de l’Admour Hazaken.

Avec ma bénédiction,

Sur le fait que la nature du corps ait changé, vous consulterez les références qui sont données dans le Sdeï ‘Hémed, principes, chapitre 9, paragraphe 5.

Les coutumes de ‘Hanoukka, respectées dans la famille du Rabbi, qui présentent une particularité sont présentées à la fin du Kountrass Barou’h Chéassa Nissim, paru aux éditions Kehot en 5711(3).

Notes

(1) Le Rav Y.I. Zalts, de Tsfat. Voir, à son sujet, la lettre n°2998. (2) Voir le Kountrass Héarot Ha Temimim, tome 2, page 125 à 128. (3) 1950.

Lettre n°3116

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3116, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Kislev 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chnéor Zalman(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre demande de bénédiction, dont je donnerai lecture, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Sans doute vous réunirez-vous tous, pour le jour lumineux du 19 Kislev, fête de la libération(2), qui est, selon l’expression du Rabbi Rachab, le jour de notre délivrance et de la liberté de nos âmes. Vous le ferez encore pendant les jours de ‘Hanoukka, qui viennent ensuite et qui lui sont liés. En effet, l’accusation et la délivrance(3) portaient sur la révélation et la propagation à l’extérieur du luminaire de la Torah(4). Or, le miracle de ‘Hanoukka et ses lumières concernent également “ l’huile d’olive pure concassée pour le luminaire. Et, le discours ‘hassidique de Tetsavé définit précisément ce terme de luminaire.

Dieu fasse que chacun d’entre nous assume la mission qui lui incombe en diffusant les sources(4) à l’extérieur, ce qui prépare et introduit, pour tout le peuple juif, la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h.

Avec ma bénédiction, à l’occasion de la fête de la libération,

Notes

(1) Le Rav C.Z. Vilenkin. (2) De l’Admour Hazaken des prisons tsaristes. (3) Du 19 Kislev. (4) De la ‘Hassidout.

Lettre n°3117

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3117, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Kislev 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me dites que vous désirez changer le nœud de vos Tefillin, afin d’adopter la coutume de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah. Cela est une bonne et judicieuse initiative.

Vous m’interrogez sur notre pratique, consistant à dire le Psaume 25 dans le Ta’hanoun. Vous consulterez, à ce sujet, les commentateurs du Choul’han Arou’h, Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 131.

Lettre n°3118

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3118, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Kislev 5715,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

En ces jours propices du mois de Kislev, celui de la délivrance, le troisième depuis Tichri, lorsque le monde fut créé, je vous adresse le recueil du 19 Kislev, dont vous mettrez sûrement le contenu à la disposition du plus grand nombre.

En fait, celui-ci est d’actualité tout au long de l’année. Il en est ainsi pour l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ Je dors en exil, mais mon cœur est en éveil pour le Saint béni soit-Il, Sa Torah et Ses Mitsvot ”. Combien plus est-ce le cas en cette période favorable, lorsqu’un Juif, pour peu qu’il ouvre comme la pointe d’une aiguille, avec l’effort qui convient, obtient que Dieu lui ouvre comme le portique du Sanctuaire.

La ‘Hassidout explique ce que cela veut dire. Le Sanctuaire n’avait pas de portes. Il était toujours ouvert(2) et il suffisait donc d’entrer dans l’esplanade du Temple. Bien plus, aucune barrière ne séparait l’esplanade d’Israël de celle des Cohanim. Il suffisait de gravir des marches. Vous comprendrez ce que cela veut dire.

Avec ma bénédiction à l’occasion de la fête de la libération,

N. B. : Dans votre dernière lettre, vous écrivez, à mon secrétariat, que le Mikwé, dans votre endroit, possède un seul bassin d’eau de pluie. Vous savez sans doute que l’usage s’est répandu, ces dernières années, de faire deux bassins(3), en plus de celui dans lequel on se trempe. Comme vous le savez, on s’efforce, dans la construction d’un Mikwé, de réunir le plus grand nombre d’avis émis(4).

Il en est de même pour ‘Hanoukka, qui approche. Plusieurs des derniers Sages(5) soulignent que l’on aurait pu allumer le Chandelier avec les autres huiles du Sanctuaire(6). En effet, la notion d’impureté est écartée pour tout ce qui est public. Néanmoins, le Saint béni soit-Il voulut faire la preuve de son amour pour les enfants d’Israël, qui accomplissent les Mitsvot de la meilleure façon.

On peut voir en cela la raison pour laquelle, précisément pour les lumières de ‘Hanoukka, l’usage veut qu’on les allume de la meilleure façon possible. Et, il en est de même pour la purification(7), que l’on doit aussi rechercher selon les standards les plus élevés.

Telle est l’allusion à la pureté et à l’impureté que le Rambam mentionne, à la fin des lois du Mikwé. Ceci peut être comparé aux idées erronées et aux bonnes idées. Là, encore, il faut adopter la meilleure attitude possible et, pour cela, on doit étudier la partie révélée de la Torah, ses secrets et les secrets de ses secrets.

Différents textes de ‘Hassidout définissent la Torah comme l’obligation du mari envers son épouse, c’est-à-dire du Saint béni soit-Il envers Israël. Cette obligation est triple, nourriture, vêtements et relations conjugales. La nourriture est la partie révélée de la Torah, que la compréhension permet d’intérioriser, ainsi qu’il est dit : “ Ta Torah se trouve dans mes entrailles ”. Vous consulterez, à ce sujet, le chapitre 4 du Tanya. Les vêtements font allusion aux secrets, que l’on ne perçoit pas pleinement, bien plus, qui dépassent l’intellect. Enfin la relation conjugale symbolise les secrets des secrets, comme le soulignent nos Sages, lorsqu’ils définissent ce que l’on enseigne uniquement en tête à tête(8). Tout cela ne sera pas développé ici.

Notes

(1) Le Rav H.Medalye. Voir, à son sujet, les lettres n°2329 et 2391. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°2863 et 2934. Cet extrait figure dans plusieurs lettres écrites par le Rabbi à cette période. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3140. (4) Le Rabbi note, en bas de page : “ Tachbets, tome 1, chapitre 17, cité par le Beth Yossef ”. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°1716. (6) Qui étaient impures. (7) Le Mikwé. (8) Et, non à une large audience.

Lettre n°3119

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3119, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Kislev 5715,

Brooklyn,

Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Moché(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 8 Kislev, dans laquelle vous me décrivez l’organisation des études et la nature des élèves, dans les différentes classes. Que Dieu vous accorde la réussite afin que vous meniez à bien votre mission, consistant à rapprocher les cœurs des enfants d’Israël de leur Père Qui se trouve dans les cieux, en leur donnant une bonne éducation. Vous savez que, selon l’explication de l’Admour Hazaken, on obtient ainsi, “ un cerveau et un cœur mille fois plus fins ”(2).

Vous évoquez l’étude du vendredi soir. Dans la mesure du possible, il serait bon qu’elle porte sur la Paracha de la semaine, avec le commentaire de Rachi, sur l’abrégé du Choul’han Arou’h sur les lois du Chabbat et sur la ‘Hassidout, en fonction du niveau des élèves.

Vous connaissez la proposition que j’ai formulée à plusieurs écoles(3), celles d’étudier les Hala’hot qui sont nécessaires pour l’existence quotidienne. Vous commencerez par les lois les plus fréquentes, par exemple celles des bénédictions. Au final, tel est le but de l’homme, ainsi qu’il est dit “ tu craindras Dieu et tu respecteras Ses Mitsvot ”.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, en bonne santé,

Notes

(1) Le Rav M.Levertov. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3101. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°3048, 3091, 3105 et 3106.

Lettre n°3120

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3120, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[18 Kislev 5715]

Je suis surpris que vous ne me précisiez pas qu’on enseigne bien aux élèves les lois nécessaires pour l’existence quotidienne(1), en fonction de leur niveau.

Bien évidemment, il faut commencer par les lois les plus usuelles(2). Il faut aussi apprendre les lois d’une fête, avant celle-ci.

Sans doute, le manque se trouve-t-il uniquement dans votre lettre, mais non dans la pratique concrète(3).

Notes

(1) Voir la lettre précédente. (2) Dans la lettre précédente, le Rabbi mentionnait les lois des bénédictions. Voir également la lettre n°3091. (3) Cet enseignement est effectivement dispensé, même si cela n’a pas été dit dans la lettre.

Lettre n°3121

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3121, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Kislev 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, issu d’une

illustre famille, branche d’une prestigieuse lignée,

le Rav ‘Haïm Chimeon Zeev(1),

Je vous salue et vous bénis,

Le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, aux multiples accomplissements, Rav Moché Pin’has Kats(2), m’a transmis votre remarque sur le chapitre 2 de Char Hay’houd Vehaémouna, de l’Admour Hazaken, que je cite : “ Cette nature de l’eau a été ajoutée à sa création et elle constitue donc un fait nouveau ”. Vous demandez s’il ne faut pas plutôt dire : “ elle n’est pas réellement un fait nouveau ”.

A mon avis, il est impossible d’avancer une telle interprétation. On retrouve cette formulation dans toutes les éditions que j’ai pu voir. Et, elle figure aussi dans Iguéret Hakodech, au chapitre 25, page 139.

Je pense que l’on doit interpréter les propos de l’Admour Hazaken de la manière suivante. La comparaison entre le passage de la mer Rouge et la création à partir du néant est accentuée par le fait de constater que la nature de l’eau s’écoulant sur une pente est bien un fait nouveau, créé à partir du néant, un caractère qu’elle ne possédait pas lors de sa création. Celui-ci n’est donc pas inéluctable, à la différence, par exemple, du fait d’avoir un volume, point commun à toutes les créatures.

La preuve suivante est citée, à ce sujet. Certaines créatures se tiennent droites d’elles-mêmes, y compris en l’absence de vent. C’est le cas, par exemple, pour un mur de pierre. Ceci permet de bâtir le raisonnement a fortiori suivant. Un événement extérieur doit intervenir en permanence pour modifier la seconde nature(3), dès lors que celle-ci a été créée. Combien plus doit-il en être ainsi quand il s’agit de faire disparaître la première nature(4). C’est bien évident.

Vous consulterez également le Péla’h Rimon, du Juste, Rabbi Hillel de Paritch, à la page 52c. Son interprétation est quelque peu divergente de celle-ci et ce point devrait être développé.

Vous avez sûrement pris part à la réunion ‘hassidique du jour lumineux du 19 Kislev. Si, tout au long de l’année, s’applique l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ je dors en exil, mais mon cœur est en éveil pour le Saint béni soit-Il, Sa Torah et Ses Mitsvot ”, combien plus est-ce le cas en ces jours propices. Car, lorsqu’un Juif ouvre, par l’effort qui convient, comme la pointe d’une aiguille, le Saint béni soit-Il ouvre pour lui comme le portique du Sanctuaire.

La ‘Hassidout explique ce que cela signifie. Le Sanctuaire n’avait pas de portes et il était donc ouvert en permanence. Aussi suffisait-il d’entrer dans l’esplanade. Bien plus, entre celle d’Israël et celle des Cohanim, il n’y avait pas même une barrière. Il suffisait donc de gravir des marches. Vous comprendrez tout ce que cela veut dire.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav H.C. Z. Rubin. Voir, à son sujet, les lettres n°2702 et 3291. (2) Voir, à son sujet, les lettres n°3008 et 3109. (3) Qui est acquise et non naturelle. (4) Qui existe depuis la création.

Lettre n°3122

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3122, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Kislev 5715,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Nathan David(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre seconde lettre, dans laquelle vous poursuivez le récit de vos mémoires. Vous avez eu le mérite de voir le Rabbi Rachab, père de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Ces souvenirs peuvent assurément mettre en éveil le cœur juif, qui est toujours attentif. Et, le discernement se révèle dans le cœur, afin de révéler tout cela, au quotidien, dans les pensées, les paroles et les actions, pour soi-même et pour son entourage.

Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Pour rejoindre ce qui est actuel, je vous adresse, ci-joint, une brochure du 19 Kislev, dont vous mettrez sûrement le contenu à la disposition du plus grand nombre.

Avec ma bénédiction,

N. B. Le nom de mon père est Lévi Its’hak, fils de Barou’h Chnéor. Il est un descendant en droite ligne du Tséma’h Tsédek(2).

Notes

(1) Le Rav N.D. Rosenblum. Voir, à son sujet, la lettre n°3025. (2) Le Rabbi précise : “ fils après fils ”.

Lettre n°3123

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3123, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Kislev 5715,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chlomo(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 14 Kislev, avec ce qu’elle contenait et je fais réponse à votre question. Il est bon effectivement, de traduire les mots ou les passages de la description de l’emprisonnement(2) qui ne sont pas compréhensibles à nos frères séfarades(3). Vous pouvez le faire à votre initiative, d’autant que cette traduction sera donnée en marge. Vous choisirez les termes les plus proches de leur sensibilité.

Vous m’interrogez sur votre voyage ici et vous me demandez quel est le moment le plus propice pour le faire. Lorsque le travail, sur place, que vous mentionnez dans votre lettre, sera clarifié et que vous serez fixé sur la visite du grand Rav et ‘Hassid, Rav B.E. G.(4), vous prendrez une décision commune, à ce sujet.

Vous agirez également en concertation avec le Rav M.Lipsker(5), qui a aussi l’intention de venir ici. Vous le ferez de la manière la plus profitable pour votre mission sacrée, au sein de l‘institution Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, au Maroc.

Vous organisez sûrement une réunion ‘hassidique, de la manière qui convient, pour le jour lumineux du 19 Kislev. Et, vous le ferez de nouveau pendant ‘Hanoukka. Vous en organiserez une également pour les élèves, garçons et filles. Et, il est certain qu’un effort n’est jamais vain.

En effet, lorsqu’un Juif ouvre, grâce à l’effort qui convient, comme la pointe d’une aiguille, le Saint

béni soit-Il lui ouvre comme le portique du Sanctuaire.

La ‘Hassidout explique ce que cela signifie. En effet, le Sanctuaire n’avait pas de portes. Il était donc ouvert en permanence et il suffisait de pénétrer dans l’esplanade. Bien plus, il n’y avait aucune séparation entre celle d’Israël et celle des Cohanim. Il suffisait donc de gravir des marches. Vous comprendrez ce que cela veut dire.

Vous voudrez bien distribuer(6) l’argent de ‘Hanoukka en mon nom, comme vous l’avez fait, l’an dernier(7).

Avec ma bénédiction, matérielle et spirituelle, à l’occasion de la fête de la libération,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav C.Matusof, de Casablanca. Voir, à son sujet, la lettre n°3010. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3083. (3) Par exemple, les expressions en Yiddish. (4) Le Rav Binyamin Elyahou Gorodetski, directeur du bureau d’aide aux réfugiés de Paris. Voir, à son sujet, les lettres n°2965 et 3003. (5) Le Rav Mi’haël Lipsker, de Meknès. Voir, à son sujet, également la lettre n°3083. (6) Aux élèves. (7) Voir, à ce sujet, les lettres n°1290, 1341, 1970, 2311, 3165. Une même instruction fut donnée à de nombreux directeurs de Yechivot ‘Habad.

Lettre n°3124

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3124, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Kislev 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du dimanche de la Parchat Vaychla’h, dans laquelle vous me dites que vous avez eu des difficultés à comprendre la première partie de mon courrier(1), qui répondait au vôtre. En effet, comment celui qui étudie la Torah et trouve une contradiction dans un livre accepté par tout le peuple juif peut-il se permettre d’écarter ce qui y est dit ?

A) J’ai énoncé, dans ma lettre, plusieurs raisons à cela. Et, même si l’on n’en connaissait pas les causes, on rencontre fréquemment de telles situations, chez les élèves de certaines Yechivot, dans lesquelles on n’étudie pas l’enseignement profond de la Torah. Ceux-ci rejettent certains livres et certains auteurs, parmi les derniers Sages ou même…(2).

Je ne souhaite pas répéter ce que disent ces personnes et, de fait, à quoi cela servirait-il ? Pourtant, tout cela est dit publiquement et les auteurs rejetés ne sont autres, par exemple, que le Maguen Avraham et le ‘Hatam Sofer.

B) Un autre point vous paraît déroutant. Comment créer le lien profond qui doit exister entre l’âme de l’élève et celle de son maître ? Comment être sûr d’avoir trouvé celui qui convient ?

Selon vous, ce lien profond ne peut se créer que dans la mesure où il existe d’abord un lien superficiel. Or, s’agissant de la responsabilité que cela implique,(3) nous assistons, chaque jour, à un fait qui est beaucoup plus fort, dans le domaine des fiançailles.

Le Zohar, tome 1, page 85b, explique qu’un homme et une femme partagent les deux moitiés d’une même âme, laquelle, descendue ici-bas, se répartit entre ces deux corps. Si les deux moitiés de l’âme ne se réunissent pas, il n’y aura qu’un demi corps et l’on comprend l’immense responsabilité qui en résulte. Une âme spécifique doit se rapprocher de l’âme collective à laquelle elle appartient. Malgré cela, on assiste à des fiançailles tous les jours!

Il faut bien en conclure que Dieu dirige le monde et lui accorde Sa Providence. Lorsqu’un homme s’acquitte de son obligation, telle qu’elle émane de la Torah, Dieu lui vient en aide et Il le conduit là où il doit aller, afin de mener à bien la mission qui lui est confiée.

Il en est de même pour l’attachement du disciple à son maître et du ‘Hassid à son Rabbi.

C) Vous me demandez comment étudier l’enseignement profond de la Torah. Cette question est également surprenante. Il s’agit bien, en effet, d’une partie de la Torah, comme son nom l’indique. On l’étudie donc de la même manière que toutes ses autres parties, c’est-à-dire en mettant en pratique le principe : “ Nous ferons et (ensuite) nous entendrons ”, ce qui signifie “ nous comprendrons ”, comme dans le verset “ Parle, car ton serviteur entend(4) ”.

Dans un premier temps, on ne saisit donc chaque notion que de manière superficielle. Mais, si l’on n’étudie pas pour humilier les autres, si l’on désire réellement comprendre l’enseignement du Saint béni soit-Il, Dieu accorde la réussite et l’on parvient à une perception profonde. Dès lors, on peut, selon l’expression de nos Sages, “ déduire la Hala’ha d’un certain passage ”. Alors, comme le disent les Sages au traité Sanhédrin 93b, “ la Hala’ha retient son avis, car Dieu est avec lui ”.

Il en est de même pour ce qui vous concerne. Vous devez étudier intensément la ‘Hassidout. Dans un premier temps, vous ne vous approfondirez pas sur chaque détail, comme c’était le cas lorsque vous avez commencé l’étude de la Guemara. Puis, peu à peu, vous connaîtrez la réussite.

D) Je suis surpris de constater votre incapacité de prendre conscience que toutes ces questions et ces hésitations ne sont qu’une attaque de votre mauvais penchant qui recherche, par tous les moyens, à retarder le moment où vous commencerez enfin l’étude de la partie profonde de la Torah.

Il vous trouble donc par des interrogations, des incertitudes. Vous dites vous-même, dans votre lettre, que, depuis lors, vous tâtonnez dans l’obscurité. Sept mois se sont écoulés(5), pendant lesquels vous auriez pu étudier, chaque jour, au moins quelques lignes de la partie profonde de la Torah, de l’arbre de vie. Au lieu de cela, vous hésitez, vous vous demandez s’il est bon d’entreprendre cette étude, s’il est possible de le faire.

Puisse Dieu faire qu’à l’avenir, au moins, vous utilisiez convenablement votre temps, pour ce qui est réellement bon pour vous.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Il s’agit de la lettre n°2625. (2) Parmi les premiers Sages. (3) De s’attacher à un maître. (4) C’est-à-dire “ comprend ”. Le mot Chema à les deux sens, en Hébreu. (5) La précédente lettre était écrite le 2 Iyar 5714.

Lettre n°3125

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3125, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

19 Kislev 5715,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 11 Kislev. Comme vous le savez, la Torah fut reçue lorsque l’on proclama : “ Nous ferons et (ensuite) nous entendrons ” c’est-à-dire “ nous comprendrons ”, comme dans le verset “ parle, car ton serviteur entend(1) ”. Et, nos Sages soulignent que “ nous ferons ” devait précéder “ nous comprendrons ”, montrant ainsi la nécessité de la soumission.

Tout cela doit se répéter chaque jour, comme le dit la Michna, au début du second chapitre du traité Bera’hot, à propos de la Mitsva du Chema Israël, que l’on est tenu de réciter deux fois par jour, afin d’accepter le joug de la Royauté céleste(2) et celui des Mitsvot(3).

Il en est de même pour vous et pour vos amis(4). Des Juifs vertueux souhaitent assurément connaître la réussite dans l’étude de notre sainte Torah et il n’est pas d’autre moyen d’y parvenir que la soumission, d’emblée. Il faut vous conformer à l’avis de la direction de la sainte institution au sein de laquelle vous poursuivez vos études, tel qu’il sera formulé après que vous ayez présenté vos explications et vos justifications. Vous devez accepter la décision et c’est de cette façon que vous connaîtrez la réussite.

Puisse Dieu faire que vous soyez l’émissaire positif, qui m’annoncera de bonnes nouvelles, à propos de tout cela.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Voir la lettre précédente et la note 4. (2) De se soumettre à Dieu. (3) De se soumettre à Ses Commandements. (4) Vraisemblablement élèves de la Yechiva.

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