Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°3066
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3066, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Au groupement des femmes pour la pureté familiale,
à Philadelphie, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai appris la création de votre groupement avec plaisir et joie. Vous avez fait en sorte qu’il soit possible d’en être membre et surtout d’agir concrètement, en expliquant l’immense importance de respecter la pureté familiale et en s’assurant que le Mikwé dans lequel on se rend soit convenable en tout point.
Vous connaissez l’explication de mon beau-père, le Rabbi, qu’il rapporta au nom de ses saints ancêtres, dont le mérite nous protégera, selon laquelle il est certain qu’une diffusion sérieuse a un effet concret(1) et qu’une seule action concrète est préférable à mille plaintes.
J’espère avoir de vos bonnes nouvelles, apprendre que le cercle des participantes à votre groupement se développe et s’élargit, que, de façon générale, votre action est fructueuse.
Bien plus, nous entrons maintenant dans le mois de Kislev, dans lequel se trouve la fête de ‘Hanoukka. Nos Sages racontent qu’à l’époque, du fait des persécutions, l’usage du Mikwé fut interdit aux Juifs. Or, Dieu fit un miracle et les femmes juives purent, malgré cela, s’y rendre et donner naissance à une génération droite et bénie.
Puisse Dieu faire qu’il en soit ainsi, “ en ces jours-ci, à cette époque-là ”(3), de sorte que votre action ait une considérable réussite, en tous les domaines.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) A ce sujet, voir, par exemple, la lettre n°1876. (2) A ce sujet, voir par exemple, la lettre n°2945. (3) Selon le texte de la bénédiction de Chéhé’héyanou, récitée à ‘Hanoukka.
Lettre n°3067
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3067, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue(1),
Je fais réponse à votre lettre, adressée par porteur, dans laquelle vous me dites résider dans cette ville depuis quelques années déjà. Or, vous n’apercevez pas d’issue positive, comme il le faudrait, car les jeunes s’identifient très peu au milieu orthodoxe et même les plus âgés s’affaiblissent, dans leur engagement juif.
De fait, vous auriez dû poser une telle question à ceux qui se trouvent dans votre ville et non à New York. Il est dit, en effet, qu’un effort n’est jamais vain. Dès lors, comment est-il possible, après avoir travaillé dans une ville pendant cinq ans, que la situation y soit ce que vous décrivez dans votre lettre?
Il me semble que l’un des éléments explicatifs est le suivant. Vous considérez cette ville comme un lieu de
travail(2) temporaire et vous attendez toujours l’été pour penser à partir et vous mettre à la recherche d’une autre ville. La nature humaine fait que l’on n’investit pas son intérêt et ses forces profondes en ce que l’on conserve uniquement pendant quelques mois. On se dit, en effet, que l’on s’en va bientôt.
Vous connaissez le dicton de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon lequel on doit tirer un enseignement en considérant le Sanctuaire(3). Dans certaines étapes du désert, on ne séjournait qu’un seul jour ou une seule nuit. Malgré cela, on construisait le Sanctuaire, avec tout ce qui le constituait, au même titre qu’en l’endroit où l’on demeurait pendant dix huit ans.
Il y a là une leçon pour chacun. On doit servir Dieu et mener à bien la mission que l’on a reçue ici-bas, sans consulter le calendrier et la montre, sans se dire que dix huit ans doivent être pris en compte, alors qu’un jour ou une nuit sont négligeables. En effet, Dieu est éternel et les actions réalisées par l’homme pour s’attacher à Lui le sont également. Même si, dans quelques minutes, on adoptera une autre activité, ce que l’on a accompli jusqu’à maintenant n’en est pas moins immuable, comme l’explique le chapitre 25 du Tanya.
Concrètement, il me semble que votre mari, le Rav, a, l’an dernier comme les années précédentes, recherché d’autres postes, avec la plus grande énergie. Il n’a rien trouvé qui lui convienne et vous devez y voir la preuve, l’un et l’autre, que votre place se trouve encore dans cette ville. Car, lorsque le Créateur, le Saint béni soit-Il, confie une mission, Il accorde également les moyens de la mener à bien.
Certes, on ne peut rien affirmer. Néanmoins, il y a tout lieu de penser que, plus vous vous acquitterez rapidement de la mission qui vous est confiée en cet endroit, plus vous irez, au plus vite, dans un lieu qui réunira plus de qualités. Car, la mission d’un Juif, et surtout d’un Rav et d’une Rabbanit, consiste à diffuser la Torah et le Judaïsme.
Que Dieu vous accorde la réussite, afin d’accomplir tout cela dans la joie, conformément à l’enseignement du Baal Chem Tov, qui s’applique à tous les Juifs, dans tous les domaines, “ servez Dieu dans la joie ”.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) En anglais, dans le texte: “ job ”. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3314.
Lettre n°3068
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3068, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Aharon Halevi(1)
et à son épouse, la Rabbanit ‘Hanna,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre et également vos salutations, par l’intermédiaire, du Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Ben Tsion Chem Tov, émissaire des Sages(2). J’espère qu’en constatant ce que l’énergie dont vous avez fait preuve jusqu’à maintenant vous a permis de développer, vous susciterez en vous de nouvelles forces, qui vous permettront d’agir encore plus, à l’avenir. Vous le ferez, en outre, avec joie, ce qui permet d’être bien plus efficace.
J’ai pris connaissance, avec une satisfaction particulière, de ce que vous dites, dans votre lettre, à propos des actions menées(3) pour la pureté familiale et de la création d’un comité féminin, en la matière. Puisse Dieu faire que son activité soit sérieuse et énergique, comme il convient, dans ce domaine. De la sorte, la réussite sera certaine.
Vous devez faire en sorte que ce comité n’ait pas un caractère politique, qu’il soit sans relation avec la Agouda ou le Mizra’hi, ce qui empêcherait de nombreuses femmes d’en devenir membres. Or, il est capital que le nombre des membres et des participants actifs soit le plus grand possible.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav A.Popack, de Philadelphie. (2) Voir, à son sujet, la lettre n°2979. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3066.
Lettre n°3069
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3069, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav David Halevi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je suis surpris de ne pas avoir des nouvelles de ceux pour lesquels vous avez sollicité une bénédiction. J’ai pourtant maintes fois dit qu’il est souhaitable, pour différentes raisons, après avoir demandé une bénédiction, de préciser ce qui est advenu. Puisse Dieu faire que vous soyez un bon émissaire, annonçant uniquement le bien, toujours et tous les jours.
Vous me dites que les élèves(2) sont peu nombreux. Vous devriez consulter vos collègues, dirigeant un Talmud Torah ou une Yechiva dans les différentes villes, afin de déterminer comment ceux-ci augmentent le nombre de leurs élèves. Leurs méthodes, si elles réussissent par ailleurs, seront sûrement efficaces chez vous également.
On peut, à ce sujet, formuler un raisonnement a fortiori. Si votre situation financière est bonne, comme vous l’indiquez dans votre lettre, combien plus le nombre des élèves doit-il augmenter. Et, il est certain qu’un effort n’est jamais vain, d’autant que les bénédictions de mon beau-père, le Rabbi, se révèlent en toutes les institutions qu’il a fondées et qui sont dirigées selon son esprit.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav D.Edelman. Voir, à son sujet, la lettre n°3230. (2) De la Yechiva Loubavitch de Springfield.
Lettre n°3070
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3070, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Kislev 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je viens de recevoir votre lettre du mardi de la Parchat Toledot, avec ce qu’elle contenait. Que Dieu vous accorde le mérite et la réussite, afin que disparaissent tous les voiles et tous les obstacles. Ainsi, vous aurez un bon moral, vos bonnes pensées se réaliseront et vous connaîtrez la réussite dans votre mission qui consiste, selon le proverbe(1) de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, à collecter des biens matériels(2) et à semer de la spiritualité(3). Il a été maintes fois souligné que l’un dépend de l’autre, comme le souligne cette formulation elle-même.
Ainsi, on peut avancer que, non seulement on collecte fructueusement des biens matériels dans la mesure où l’on sème de la spiritualité, mais aussi que la réussite de cette action spirituelle dépend des biens matériels que l’on récolte.
Au sens le plus simple, c’est bien de cette façon que l’on peut rapprocher les hommes, que l’on soutient le morale de ceux qui ont besoin d’être quelque peu redressé(4), pour être à même de recevoir et d’intégrer(5).
Sans doute expliquez-vous, quand l’occasion s’en présente ou même quand vous la provoquez, que nous entrons dans le mois de Kislev, celui de la libération et des miracles et il nous est demandé de prononcer une bénédiction “ en ces jours-là, à cette époque-ci ”(6), encore à l’heure actuelle, car l’équivalent s’en déroule chaque année, comme différents textes l’établissent clairement.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et en saluant tous les ‘Hassidim,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°2285, 2632 et 3076. (2) Pour les institutions de Torah. (3) Parmi les donateurs. (4) De recevoir des remerciements, d’être félicités pour leurs accomplissements. (5) Les valeurs spirituelles qu’on leur transmet. (6) A ‘Hanoukka.
Lettre n°3071
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3071, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Kislev 5715,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre du 11/10, dans laquelle vous me dites que vous avez six enfants et que votre foyer est le théâtre de disputes. Bien souvent, l’état de santé des membres de votre famille n’est pas ce qu’il devrait être.
En pareil cas, il faut, avant tout, appliquer scrupuleusement les lois de la pureté familiale, c’est-à-dire l’état de Nidda, les jours de vérifications, l’immersion dans un bain rituel conforme à la Hala’ha. De même, vous ferez vérifier les Mezouzot de votre maison, afin de vous assurer qu’elles sont valables. Et votre mari fera vérifier ses Tefillin.
L’épouse donnera quelques pièces à la Tsédaka, avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes et le mari en fera de même, au moins le lundi et le jeudi, avant la prière.
Il faut également s’assurer qu’en vous mariant, vous n’avez pas manqué de respect à un Juif ou à une Juive auquel l’un ou l’autre aurait été précédemment fiancé, puis aurait changé d’avis.
Que Dieu vous donne le mérite et le succès afin de mettre en pratique tout ce qui vient d’être dit. De la sorte, votre situation s’améliorera, à l’avenir, dans les domaines que vous invoquez.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°3072
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3072, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Kislev 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, votre demande de bénédiction et j’ai mentionné votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous obteniez, quand il le fallait(1), d’être inscrit et scellé pour une bonne année.
Je fais maintenant réponse à votre question. Devez-vous vous joindre au groupe qui, dans votre quartier, étudie la ‘Hassidout, alors que vous faites déjà partie d’un autre groupe, étudiant la Guemara? De plus, vous considérez que celui qui enseigne la ‘Hassidout, dans ce groupe, ne l’explique pas bien.
Me basant sur la décision de nos saints maîtres, j’ai déjà donné l’explication suivante, que j’illustrerai et que j’éclairerai, en rappelant l’affirmation du traité Chabbat 31a, selon laquelle on dit à celui qui a placé une mesure de blé dans sa grange: “ Si tu y as mis du sel(2), c’est bien. Si ce n’est pas le cas, il eut été préférable de ne pas l’engranger(3) ”, ce qui, de fait, est une expression particulièrement dure et incisive(4).
Certes, quelques personnes, parmi lesquelles figurent des érudits de la Torah, semblent ignorer cet enseignement de nos Sages. Mais, cela ne change absolument rien. Et, il est inutile d’en dire plus, pour ce qui est à ce point évident.
Pourquoi cette mesure de sel est-elle comparable aux parties de la Torah que sont la ‘Hassidout et la Kabbala? Le Likouteï Torah, Vaykra, Lo Tachbit, chapitre 5 l’explique et vous consulterez ce texte.
S’il en est ainsi pour chacun, combien plus est-ce le cas pour quelqu’un qui, par un effet de la divine Providence, a étudié la ‘Hassidout, pendant quelques temps. En pareil cas, l’Injonction de nos Sages est bien plus impérative.
A l’opposé, si l’on est motivé, on peut l’étudier(5) de manière beaucoup plus fructueuse que la partie révélée de la Torah. Elle est, en effet, appelée “ l’arbre de vie ” et, de ce fait, elle est soustraite à l’emprise des forces du mal.
Igueret Hakodech de l’Admour Hazaken, au chapitre 26 et le Kountrass Ets ‘Haïm, du Rabbi Rachab, expliquent longuement pourquoi il en est ainsi, même si l’opposition du mauvais penchant est particulièrement forte. Bien plus, celui-ci accepte parfois un compromis dans d’autres domaines, pourvu que l’on ne s’attache pas à l’arbre de vie. Bien évidemment, ces faits sont liés.
Vous gardez sûrement les trois études qui concernent chacun, instituées par mon beau-père, le Rabbi. Elles portent sur le ‘Houmach, les Tehilim, le Tanya et sont bien connues.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) C’est-à-dire au début de l’année. (2) Qui permet de conserver le blé. (3) Car ce blé se gâtera et, de la sorte, le travail pour l’engranger aura été inutile. (4) De même, c’est l’étude de la ‘Hassidout qui préserve celle de la Guemara. (5) La ‘Hassidout.
Lettre n°3073
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3073, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Kislev 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 20 Mar’hechvan, date de la naissance du Rabbi Rachab. Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom, celui de votre épouse et ceux des membres de votre famille, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, d’autant que nous sommes dans le troisième mois depuis le début de l’année, celui des miracles et de la délivrance. Puisse Dieu faire que chacun d’entre nous puisse constater que Dieu “ nous a fait vivre, nous a fait exister et nous a conduit en ce moment ”(1), dans la joie et l’enthousiasme.
J’ai pris connaissance, avec satisfaction, des actions que vous menez pour mettre en pratique les termes du verset, “ lorsque tu verras quelqu’un de dévêtu, tu le couvriras ”, que cette vision soit par un œil de chair ou par l’œil de l’intellect. En conséquence, il est sûrement inutile de vous rappeler la fin de ce même verset : “ Tu ne te déroberas pas de ta propre chair ”. Vous intensifierez donc votre étude de la ‘Hassidout, enseignement profond de la Torah, qui en est la partie évoquant les vêtements de la manière la plus précise, par opposition à celle qui est comparée à la nourriture(2).
Vous consulterez le chapitre 5 du Tanya, en fonction de ce qui est expliqué dans le Kountrass Limoud Ha ‘Hassidout, de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel il est possible de parvenir à une compréhension exhaustive de la partie révélée de la Torah, alors que les concepts abstraits de sa dimension profonde échappent à la compréhension de l’homme. Vous verrez également le Tanya, à partir du chapitre 11.
Sans doute ne m’en voudrez-vous pas pour cette remarque, qui se fonde sur l’enseignement de nos Sages selon lequel on conseille l’empressement uniquement à ceux qui possèdent naturellement cette qualité.
Vous me dites qu’en recevant la causerie sur la Tsédaka de l’année(3), vous en avez donné le montant au fonds consacré à vêtir les pauvres. Il y a, certes, là une bonne initiative. Néanmoins, il semble que vous n’ayez pas consulté les paragraphes 2 et 3 de cette causerie(4). Peut-être est-ce pour cela que vous avez, par la suite, apporté votre contribution à la caisse générale.
Comme vous le suggérez, je vous joins un chèque de la caisse générale pour ce fonds(5).
J’ai apprécié l’explication allusive du verset(6) “ Et David se fit un nom (Chem) ”(7). En effet, David et Chem sont liés, et sont même identiques. Tous deux sont liés à Mal’hout, l’attribut de Royauté, comme l’établissent différents textes.
Je viens de recevoir les bougies pour les lumières de ‘Hanoukka(8) et je vous en remercie beaucoup. Vous trouverez ci-joint(9) ce qui correspond à l’affirmation du Zohar, tome 3, page 128a(10).
Avec ma bénédiction pour que vous réussissiez à diffuser l’enseignement de la ‘Hassidout, ses voies et ses pratiques, dans votre environnement et parmi vos élèves,
Notes
(1) Selon la bénédiction de Chéhé’héyanou, qui est récitée à ‘Hanoukka. (2) La partie révélée de la Torah. (3) Qui est donnée, en fonction du nombre de jours de l’année, soit 354 en 5715, à une caisse générale, chargée de donner de la Tsédaka tous les jours, au nom de tous ceux qui lui ont apporté leur contribution. Voir, à ce sujet, les lettres n°3101 et 3258. (4) De Sim’hat Torah 5715. Voir Likouteï Si’hot, tome 2, page 652. Cette Tsédaka doit être donnée à une caisse générale, spécifiquement créée à cet effet et non à une autre cause. (5) Une participation de la caisse générale gérant la Tsédaka de l’année au fonds consacré à vêtir les pauvres. (6) Chmouel 2, 8, 13. (7) Etablissant un lien entre David et Chem. (8) Servant à les allumer. (9) Leur paiement. (10) “ Il convient de les payer à l’intégralité de leur prix ”. Voir également la lettre n°3266.
Lettre n°3074
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3074, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Kislev 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
On m’a transmis une demande de bénédiction pour vous, car votre état de santé doit être plus fort que ce qu’il est à l’heure actuelle.
Vous vous en tenez sûrement aux prescriptions du médecin. En effet, “ la Torah a donné au médecin la permission de guérir ”, c’est-à-dire également de conseiller le bon traitement, ce qui veut dire essentiellement que “ Je ne la placerai pas sur toi ”(1) car “ Je suis l’Eternel Qui te guéris ”.
En ce mois de la délivrance et des miracles, vous recouvrerez la santé et vous redoublerez d’ardeur, dans votre comportement basé sur l’enseignement de la ‘Hassidout, arbre de vie et ses pratiques. De plus, vous étudierez la Torah en bonne santé, physique et morale à la fois.
Le Midrach Me’hilta Yethro dit que “ le loup(2) dévore devant et derrière lui ”. Dieu fera donc que vous Le serviez de manière fructueuse, comme l’explique le Likouteï Torah, Torat Chmouel 5626(3), en son début.
Avec ma bénédiction de bonne santé et pour donner de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Que la maladie ne se manifestera même pas. (2) Zeev en Hébreu. Peut-être est-ce le prénom du destinataire de cette lettre. (3) 1866, du Rabbi Maharach.
Lettre n°3075
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3075, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Kislev 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de Roch ‘Hodech Kislev, dans laquelle vous me dites que vous voulez vous rendre dans un autre endroit, car vous souhaitez rester près de votre frère.
Vous connaissez la décision du grand Maître, le Rambam, dans ses lois du divorce, fin du chapitre 2, selon laquelle la volonté de chacun et de chacune est de mettre en pratique la Volonté du Saint béni soit-Il, qui nous a été révélée dans Sa sainte Torah, Torah de vie et Torah éternelle.
Dans l’endroit où vous vous trouvez actuellement, vous avez la possibilité d’étudier la Torah avec intégrité, à la fois ce que le Zohar appelle le corps(1) de la Torah et ce qu’il désigne comme son âme(2), dans la Sidra Beaalote’ha, “ lorsque tu élèveras les lumières ”, à la page 152(3), “ au moins comme la pointe d’une aiguille ” et à la page 1(4), “ le Maître du monde ”.
Si vous quittez cet endroit, il est à peu près certain que vous perdrez cette possibilité. Ce qui est votre volonté véritable est donc, en l’occurrence, bien clair. Vous voulez mettre en évidence la Volonté du Créateur, étudier la partie révélée de la Torah et son enseignement profond.
Parfois, vous êtes “ victime de votre mauvais penchant ”, selon l’expression du Rambam et vous désirez abandonner l’étude, pour différentes raisons. Vous consulterez ce que dit le Rambam, à ce sujet. Néanmoins, chaque Juif a les moyens de vaincre son mauvais penchant, avec l’aide du Saint béni soit-Il. Et, tout ne dépend que de votre volonté.
Dieu vous viendra en aide afin que vous n’excitiez pas votre mauvais penchant, qu’il cesse de vous troubler, en la matière.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Son enseignement révélé. (2) Sa dimension cachée. (3) En Hébreu Nekev, qui signifie un orifice, d’où la précision “ au moins comme la pointe d’une aiguille ”. (4) En Hébreu Alef, de la même racine que Alouf, Maître, d’où la précision “ le Maître du monde ”.
Lettre n°3076
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3076, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Kislev 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je ne me rappelle plus exactement si je vous ai déjà écrit pour le sujet suivant. Je formulerai donc brièvement mon propos.
Vous savez sans doute que je recherche des livres, aux contenus variés, en différentes langues, dès lors qu’ils ont trait aux Juifs et au Judaïsme. Bien évidemment, je recherche uniquement ceux qui ne sont pas fréquents.
De façon générale, voilà comment nous pratiquons. Ces livres sont envoyés, à titre de don, à la bibliothèque qui se trouve près de moi(1) ou bien ils sont échangés contre les ouvrages publiés par les éditions Kehot, ce qui permet de diffuser des livres de ‘Hassidout dans des endroits où ils ne se trouveraient pas autrement.
Très souvent, on trouve de tels livres dans différentes synagogues, où ils sont apportés par les descendants d’érudits de la Torah qui, eux-mêmes, n’en possèdent aucune connaissance. Là, ils restent totalement inutilisés(2), alors même que des livres du ‘Houmach ou des Tehilim manquent(3).
Il serait bon que vous interveniez, en la matière, de façon diplomatique. Si vous trouvez de tels livres, vous déterminerez le meilleur moyen de concrétiser tout cela(4). Bien entendu, vous le ferez en concertation avec les ‘Hassidim qui se trouvent sur place.
Avec ma bénédiction pour que vous ayez très bientôt une meilleure santé et pour donner de bonnes nouvelles de votre collecte de biens matériels(5) et de votre plantation de spiritualité, en tous les domaines qui viennent d’être évoqués,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2965. (2) Textuellement “ comme une pierre que personne ne retourne ”. (3) Dans ces synagogues. (4) D’envoyer ces livres à la bibliothèque. (5) Pour les institutions de Torah. Voir, à ce sujet, la lettre n°3070.
Lettre n°3077
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3077, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Kislev 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 23 Mar’hechvan, dans laquelle vous accusez réception de la mienne et vous m’écrivez aussitôt pour me dire qu’elle vous a fait une terrible impression(1). J’en suis très surpris. Vous connaissez sûrement l’affirmation de nos Sages selon laquelle les opinions des hommes divergent. Dans mon courrier, je ne prenais pas de décisions. Je ne faisais qu’émettre des alternatives, dans le but de clarifier votre situation.
Même si vous considérez que votre position, exprimée dans votre lettre, est bien claire, je ne devais pas pour autant vous définir la mienne de manière tranchée, afin de vous montrer une autre vision des choses, de manière plus fine. Il me fallait, bien au contraire, mettre en parallèle les deux conceptions, pour vous montrer les craintes que soulève la seconde, que l’on ne retrouve pas dans la première. En tout état de cause, je ne vois pas ce qu’il y a de terrible à cela.
Ma position est essentiellement la suivante. Lorsque l’on se trouve, à l’heure actuelle, en Terre Sainte, dont la situation est bien connue, on a la possibilité, à tout instant, de sauver, moralement, de nombreuses âmes et donc également de leur apporter le bonheur dans ce monde, comme le soulignent nos Sages. Cette obligation incombe donc à chaque Juif. Néanmoins, ceux qui craignent la Parole de Dieu, au quotidien, doivent la ressentir encore plus clairement.
Combien plus en est-il ainsi pour les ‘Hassidim, anciens élèves de la Yechiva Loubavitch, auxquels on a maintes fois souligné l’importance d’aimer son prochain, ce qui est “ un grand principe de la Torah ”, comme le dit Rabbi Akiva. Et, l’Admour Hazaken explique(2) que ce Précepte est le réceptacle de l’Injonction “ Tu aimeras l’Eternel ton Dieu ”, principe fondamental de toute la Torah.
Chacun doit donc prendre une part active à tout cela, y compris ceux qui se trouvent à l’extérieur d’Erets Israël et, a fortiori, ceux qui se trouvent dans le palais du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il(3).
Bien évidemment, il y a, en l’occurrence, comme c’est systématiquement le cas, deux manières d’agir. On peut rechercher un objectif que l’on obtiendra seulement à terme ou bien vouloir en observer les fruits tout de suite. En l’occurrence, une autre distinction peut également être faite entre l’action que les hommes considèrent comme étant de moindre importance ou bien, pour employer un euphémisme, qui reste dissimulée et celle qui est grandiose et prestigieuse.
Il est bien évident que chacun souhaite prendre part à la seconde, mais non à l’activité quotidienne, de moindre importance, que l’on assume, pour une large part, par soumission. Et l’on peut vérifier, dans la pratique, que c’est uniquement dans ce cas que l’on a une chance de faire preuve de l’enthousiasme qui convient.
Pour ce qui vous concerne, je n’ai malheureusement pas entendu grand chose de ce que vous accomplissez au quotidien, alors que ceux qui sont capables d’assumer cette tâche sont peu nombreux. Nul n’a donc le droit de s’en dispenser, en particulier ceux qui connaissent l’enseignement de la ‘Hassidout, de ses pratiques et de ses voies. Ceci vous explique ce que je disais dans mon précédent courrier, ma conception et ma réaction, quant à votre activité, en général et à celle qui est faite dans le domaine de ‘Habad, en particulier.
Bien évidemment, l’explication que vous donnez n’est nullement suffisante. Vous me dites que vous avez des difficultés de relation avec les autres personnes. Or, pendant ce temps, des dizaines de jeunes se dirigent vers la gauche et ceux qui peuvent les rapprocher de la pratique juive, en général, de la ‘Hassidout, en particulier, ne le font pas. A quoi bon toutes ces justifications ? Même si l’on dit que celui qui se trouve en situation de force majeure est dispensé d’agir, on ne le considère pas pour autant comme s’il l’avait fait effectivement. Et, en tout état de cause, celui qui devait profiter de l’action n’en reçoit rien.
Bien entendu, je ne veux rien minimiser, mais votre action et ses fruits apparaîtront par la suite. Entre temps, vous devez agir sur votre entourage, dans les actions quotidiennes, même si celles-ci restent cachées et secondaires. C’est ce qui est dit à propos de la Tsédaka que chacun et chacune est tenu de donner. Et, il en est de même pour la Tsédaka spirituelle. Il n’est pas un Juif qui ne puisse en donner, ici et maintenant.
Il est clair que mon but n’est pas de vous faire de la morale. Je me base sur l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ nous sommes des travailleurs du jour ”(4), c’est-à-dire que nous devons apporter la clarté. Il est donc de mon devoir de vous exprimer ma conception et d’émettre le vœu que vous fassiez le bon choix, c’est-à-dire que vous preniez une part active aux actions dont les fruits se manifesteront à court terme, que vous ne vous contentiez pas de vous préparer à une action grandiose.
Je souligne encore une fois que cela ne vous dispense pas de mener de telles actions. Comme vous le savez, nos Sages disent : “ Ne soupèse pas les Mitsvot de la Torah, de la plus légère à la plus grave ”, c’est-à-dire même lorsque la Torah porte témoignage que l’une est la plus légère et l’autre, la plus grave. Combien plus en est-il ainsi pour ce qui reste livré au jugement de l’homme.
Après ce qui est dit au début de ma lettre, j’espère qu’il est inutile de répéter encore une fois qu’il n’est nullement dans mon intention de vous inspirer le désespoir, de tenir des propos terribles ou même de refroidir votre ardeur pour ce qui vous paraît si important. Mon but est uniquement d’aider à construire et surtout de vous rappeler votre obligation envers votre environnement immédiat, celle d’y diffuser le luminaire de la Torah, qui est l’enseignement de la ‘Hassidout, ses pratiques et ses voies. Et, rien ne résiste à la volonté.
Je vous remercie de m’avoir adressé l’article relatif à mon père, qui a été publié.
Avec ma bénédiction pour que vous donniez de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3267. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2658. (3) En Terre Sainte. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°3041.
Lettre n°3078
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3078, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Kislev 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de la Parchat Toledot, dans laquelle vous me décrivez brièvement ce qu’a été votre vie et vous me dites que vous vous occupez actuellement de la synagogue Linat Tsédek, dont vous êtes le Chamach, l’intendant.
Vous connaissez sûrement l’explication(1) de mon beau-père, le Rabbi, qu’il donna au nom du Tséma’h Tsédek, à propos d’un Chamach. Il est dit, en effet, que “ Il appela le soleil (Chemech) et la lumière brilla ”. De même, “ Il appela le Chamach(2) et la lumière brilla ”.
Et, mon beau-père, le Rabbi précisa que le Chamach assume des fonctions fondamentales, au sein de la synagogue. Il apporte les moyens de prier avec ferveur, d’étudier la Torah comme il convient, de réciter des Tehilim après la prière, de développer les cours. Dès lors, la synagogue brille.
Et, le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”(3). En effet, lorsqu’on illumine le lieu qu’Il appelle “ maison de prière ”, on obtient la clarté dans sa propre maison, comme l’établissent différents textes.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2316. (2) Les deux termes sont orthographiés de la même façon, mais ponctués différemment. (3) De la manière dont on agit envers Lui.
Lettre n°3079
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3079, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Kislev 5715,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue(1),
J’ai reçu dernièrement votre lettre, qui faisait réponse à la mienne. Mais, dans cette seconde lettre également, je ne comprends pas pourquoi vous manquez de joie. Vous me dites que, soudain, rien ne va plus. Or, ce sentiment est sans fondement. De fait, “ en une nuit, il est apparu et en une nuit il disparaît ”(2), à condition que vous ne vous imposiez des pensées allant à l’encontre de la nature humaine et de l’enseignement de notre Torah, Torah de vie, qui demande à chacun et à chacune de servir Dieu dans la joie, ce qui est possible et nécessaire, à chaque instant de l’existence.
Vous savez sans doute, par expérience, ce que l’on peut vérifier empiriquement. Il est parfois difficile de lutter contre un certain état d’esprit. Le mieux est alors de l’oublier, purement et simplement. Il ne faut pas se battre, mais, bien au contraire, adopter d’autres activités, avoir d’autres pensées.
Le principe général est le suivant: “ Dieu fit l’homme droit, mais celui-ci voulut introduire de nombreux calculs ”. Or, s’il les introduit lui-même, il peut aisément s’en défaire lui-même.
Comme vous me le demandez, je citerai le nom de ceux que vous mentionnez près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Je terminerai en vous donnant un conseil, puisque vous sollicitez mon avis. Oubliez toutes ces idées et avancez, de manière droite, sur le chemin de la vie, car, à chaque pas, la divine Providence accompagne chacun d’entre nous, non seulement en ce qui nous semble important, mais aussi en chaque détail de la vie. C’est là un des fondements de l’enseignement du Baal Chem Tov, qui a été longuement expliqué par la ‘Hassidout ‘Habad.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Comme l’arbre de Yona.
Lettre n°3080
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3080, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Kislev 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 27/11, dans laquelle vous me faites part de la faiblesse de votre étude et de la perte de votre temps.
L’un des remèdes à cette situation est le suivante. Il faut étudier avec au moins une autre personne. D’une part, on acquiert la Torah en s’attachant à des amis. De plus, le fait de se trouver avec quelqu’un d’autre a pour conséquence d’être plus impliqué et plus fort.
Il en est également ainsi si l’on n’étudie pas toujours avec la même personne ou avec les mêmes quelques personnes. Même s’il s’agit toujours de quelqu’un de différent, cela reste préférable, plutôt que d’être seul. Et, rien ne résiste à la volonté.
Vous me faites également part de l’état de votre épouse et je réitère donc ma bénédiction. Dieu fasse que sa grossesse se passe bien, qu’elle enfante, en son temps et aisément.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°3081
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3081, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Kislev 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je suis surpris que le Tanya soit relativement délaissé dans le programme de la Yechiva et dans votre étude personnelle.
Certes, je ne connais pas exactement l’organisation qui avait été adoptée à Varsovie(1) et à Otvotsk(2). Néanmoins, je suis convaincu que, là-bas également, cette étude occupait la place qui convient.
Vous rectifierez sûrement tout cela au plus vite.
Notes
(1) Ou la Yechiva Loubavitch se trouvait après que le précédent Rabbi ait quitté la Russie. (2) Dans la banlieue de Varsovie, où la Yechiva Loubavitch se fixa ensuite, avant d’être reconstituée aux Etats Unis.
Lettre n°3082
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3082, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Kislev 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires
avec empressement, le Rav Yoel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre dans laquelle vous m’annoncez que vous organisez un Melavé Malka(2) dans les jours qui séparent le 19 Kislev, date de la Hilloula du grand maître, le Maguid, date, également, de la victoire de la ‘Hassidout, avec la libération de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, des jours de ‘Hanoukka, victoire du luminaire de la Torah(3). Il est dit(4), en effet, que “ ils(5) voulurent leur faire oublier Ta Torah(6) ”.
L’inspiration puisée pendant le repas de David le roi oint(2) vous permettra de mettre en pratique les termes du verset(7) : “ Il a libéré mon âme dans la paix, car ils étaient nombreux avec moi ”. Le Yerouchalmi explique que les hommes d’Abchalom, qui lui étaient opposés(8), se trouvaient, en réalité, “ avec moi ”.
Chacun doit donc, dans toute la mesure de ses moyens, prendre part à la diffusion des sources du Baal Chem Tov à l’extérieur. Car, profondément, “ ils sont nombreux avec moi ”, y compris parmi ceux qui, en apparence, marquent leur opposition. Au fond de leur cœur, ces derniers savent également que la dimension profonde de la Torah en est l’âme. Et, lorsque l’on conduit un Juif à ouvrir, même la pointe d’une aiguille, le Saint béni soit-Il lui vient en aide et Il lui ouvre comme le portique du Sanctuaire.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav Y.Halpern. (2) Le repas qui est pris à l’issue du Chabbat. (3) Son enseignement profond, qui est symbolisé par l’huile. (4) Dans le rituel de ‘Hanoukka. (5) Les Grecs. (6) La Tienne, c’est-à-dire son enseignement profond. (7) Des Tehilim que prononçait l’Admour Hazaken, lorsqu’il lui fut annoncé qu’il était libre. (8) Au roi David.
Lettre n°3083
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3083, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Kislev 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chlomo(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai bien reçu votre lettre du 25 Mar’hechvan et du 3 Kislev, avec tout ce qu’elle contenait. Et, vous avez sûrement reçu mon courrier, faisant réponse à votre précédente lettre, avec les courriers des élèves(2) qui y étaient joints.
B) Il serait bon de réfléchir à la possibilité de faire en sorte que les élèves de toutes les classes, les garçons et peut-être même également les filles, étudient les lois et les préceptes s’appliquant à l’existence quotidienne(3). En effet, au final, tel est bien le but recherché. Car, c’est l’acte, et non la théorie, qui est essentiel.
Bien évidemment, je ne fais pas allusion uniquement à Casablanca, mais bien à toutes nos institutions et, si j’en avais le pouvoir, j’aurais fait en sorte qu’il en soit de même dans toutes les écoles juives du monde.
Il est bon que vous vous concertiez tous, à ce sujet, afin que ceci s’applique dans les écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, au Maroc.
Il n’existe malheureusement pas de cahier reprenant ces lois, mais l’on peut choisir quelques chapitres du résumé du Choul’han Arou’h. Et, de fait, certains paragraphes de ces chapitres pourront être omis.
Pour renforcer cette étude, il faut prévoir des examens sur les lois usuelles. En la matière, je m’en remets à votre entendement.
C) Je n’ai, pour l’instant, aucune nouvelle concernant la ville d’Agadir.
D) Concernant la parution de “ la description de l’emprisonnement ”(4), vous proposez d’inscrire, en haut de la couverture, la mention “ fascicules n°34, 35 et 36 ”, puis, au milieu de celle-ci, tome 1, tome 2 et tome 3. C’est une bonne initiative. Bien évidemment, la dédicace qui figure dans le livre paru ici, établie au nom du donateur, n’a pas sa place dans l’édition que vous voulez publier.
Je ne sais pas combien de brochures il vous faudra pour le Maroc. Mais, il serait bon d’en imprimer une quantité suffisante pour pouvoir en envoyer deux cents en Terre Sainte. Vous les adresserez, à titre de cadeau, à l’association ‘Habad, 22 rue Fiarberg, à Tel Aviv. Et, vous en enverrez également dix exemplaires ici.
Sans doute faites-vous tous les préparatifs nécessaires pour les fêtes du 10 Kislev(5), du 19 Kislev(6), qui approchent, pour nous et pour tout Israël, pour le bien. Que Dieu vous accorde la réussite.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav C.Matusof, de Casablanca. Voir, à son sujet, la lettre n°3010. Le Rabbi envoya également une lettre d’un contenu similaire au Rav Mi’haël Lipsker, de Meknès. (2) Des écoles Loubavitch du Maroc. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°3048. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°3123 et 3375. (5) Fête de la libération de l’Admour Haémtsahi. (6) Fête de la libération de l’Admour Hazaken.
Lettre n°3084
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3084, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Kislev 5715,
Brooklyn,
Au groupe de jeunes filles…(1),
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
Je viens de recevoir votre lettre du 18 Mar’hechvan et j’ai lu sa conclusion avec plaisir, puisque vous m’indiquez que vous poursuivez les réunions ‘hassidiques. Des orateurs y interviennent et vous donnent des explications sur ce qui n’est pas clair pour vous.
Mais, il est clair que je proteste énergiquement contre l’expression que vous employez, à la fin de votre lettre, “ la mer de froideur qui nous a déjà envahi ”. Vous conviendrez qu’il s’agit d’une figure de style, plus que d’une description de la situation telle qu’elle est. Malgré cela, j’expliquerai pourquoi je proteste contre l’emploi de cette expression, même à titre de figure de style.
De façon générale, le mauvais penchant se sert d’un tel argument pour expliquer à l’homme qu’il y a bien peu de chances qu’il évolue, compte tenu de sa situation. Il n’y a donc pas lieu de lutter, puisque la victoire est éloignée et très difficile.
Voici ce qui est à l’origine de ma protestation. Quiconque est issu d’un foyer ‘hassidique, ou, plus généralement, d’un foyer juif, qui a dû, dernièrement(2), faire preuve d’abnégation pendant plusieurs mois ou même pendant plusieurs années, ne peut pas passer outre à ce qui s’est passé et ne pas le transmettre à ses enfants. Les qualités des parents, surtout celles qui se révèlent, pendant un certain temps, dans l’existence quotidienne, sont gravées dans l’esprit des enfants et deviennent partie intégrante de leur personnalité.
Certes, lorsque les conditions de vie sont modifiées, qu’il n’est plus nécessaire de révéler ces facultés à chaque pas, celles-ci se cachent. Mais, profondément, elles restent entières. En effet, tout ce qui est acquis par un choc moral et une vie difficile ne peut plus disparaître par la suite, pas même volontairement et encore moins de façon naturelle.
Tout ce qui vient d’être dit s’applique à votre situation. Pendant des décennies, vos parents ont lutté âprement et ils ont connu une victoire totale. Nombre d’entre eux et d’entre vous ont pris part à ce combat, activement ou au moins passivement, afin de ne pas s’assimiler à son entourage. Ces facultés sont donc gravées au profond de votre cœur et de votre âme.
Néanmoins, votre vie est désormais plus confortable. Vous avez donc l’impression qu’il n’est plus nécessaire de lutter afin de conserver votre identité véritable. Nul ne vous poursuit et n’exige de vous d’abjurer, ce qu’à Dieu ne plaise. Tout naturellement, ces facultés, prévenant l’homme du danger qui guette son existence, s’endorment.
En pareil cas, le danger de l’ennemi prend l’apparence d’un amour particulièrement intense et il en est bien ainsi, pour ce qui vous concerne. Si l’on attaquait ouvertement les principes de votre foi, vous n’auriez même pas cherché à engager le dialogue. Vous auriez dit non, avec conviction et fermeté. Mais, l’on vous attire par ce qui vous semble être de moindre importance, une légère entorse par rapport à la voie royale, celle du Roi du monde, le Saint béni soit-Il. Dès lors, certaines personnes peuvent se tromper et dire : “ Je ne cours aucun risque de m’écarter du chemin tracé. Tout cela est léger. De fait, quand je le voudrais, je retournerai vers la voie de nos ancêtres, celle de la Torah et des Mitsvot ”.
Vous connaissez la parabole de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon laquelle un citadin qui s’égare dans une forêt touffue, emplie de bêtes sauvages et de dangereux brigands, ne se trouve pas dans une telle situation de but en blanc. Il ne peut pas, en un instant, passer, sans transition de la capitale du Roi au cœur de cette forêt. Il doit, d’abord, quitter la ville, puis s’écarter de la voie royale, celle qui est tracée, d’abord de la distance d’un cheveu. Mais, dès lors qu’il s’est engagé sur cette voie, il s’écartera de plus en plus, sans même en avoir conscience. Quittant la route, il se trouvera sur un chemin, puis sur un passage et, au final, éloigné de tout lieu habité, de tout endroit où se trouvent des hommes. Il sera alors encerclé par les bêtes sauvages et le danger le guettera à chaque pas.
Vous devez comprendre ce que tout cela veut dire.
En ces jours qui précèdent la date lumineuse du 19 Kislev, lorsque l’Admour Hazaken fut libéré, après avoir été emprisonné parce qu’il désirait diffuser l’enseignement du Baal Chem Tov, la ‘Hassidout, ses voies et ses pratiques, auprès de chaque Juif, alors que sa libération marque également la victoire de sa conception, Dieu permettra que vous compreniez tout cela vous-mêmes, non pas par vos vêtements extérieurs, mais bien par le profond de votre personnalité, par votre âme, qui est en éveil pour toutes les valeurs sacrées, la Torah, ses Mitsvot et ses enseignements. Ainsi, vous trouverez en vous-même la force de ne pas vous affecter de ceux qui se moquent de vous, de montrer, par votre manière de vivre, que vous êtes fières d’avoir été élevées dans des foyers ‘hassidiques, que vous conservez cet esprit dans votre existence quotidienne. Et, rien ne résiste à la volonté.
Avec ma bénédiction de réussite dans cet accomplissement, très bientôt et au plus vite, ce qui apportera la réussite également à toutes vos préoccupations personnelles,
Notes
(1) Cette lettre fait suite à la lettre n°2942. Voir également la lettre n°3200. (2) Lors de la guerre mondiale.
Lettre n°3085
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3085, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Kislev 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 26 Mar’hechvan. Au début de celle-ci, vous demandez, en fait, pour quelle raison “ les impies connaissent la réussite ”. Il est sûrement inutile de vous préciser que cette question est bien ancienne, qu’elle date de l’époque du don de la Torah ou à proximité de celui-ci, comme le rapporte le traité Bera’hot 7a.
Mon beau-père, le Rabbi, écrivit à l’un des élèves de la Yechiva : “ Tu te demandes également pourquoi ? ”(1). Et, il conclut sa lettre en lui demandant d’assumer la mission qui lui est confiée plutôt que de poser des questions. En effet, la réponse, en la matière, appartient à Dieu(2). Bien plus, on n’a pas observé, jusqu’à présent que qui que ce soit ait pu tirer un profit, matériel ou spirituel, du fait de méditer à cette question.
Je fais réponse également à ce que vous me dites dans votre lettre, le fait que vous n’ayez personne auprès de qui prendre conseil. Votre personnalité a sûrement une dimension profonde et, vous savez, au profond de vous-même, que vous pouvez envisager de vous confier à une certaine personne. De plus, il est dit que “ le salut est obtenu par les nombreux conseillers ”. Il ne vous est donc pas demandé d’accepter ce conseil avec soumission.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°2891 et 3303. (2) Qui détermine pourquoi tel homme est heureux et tel autre souffre.
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