Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°3046
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3046, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Différents livres établissent que la participation au rachat d’un premier-né dispense de quatre vingt quatre jeûnes.
On trouve une discussion, à ce sujet, dans les responsa Chem Mi Chimeon, première version, partie Yoré Déa, chapitre 29, selon lesquelles cette participation est un moyen d’expier la transgression de l’alliance contractée par la circoncision, laquelle nécessite, précisément, quatre vingt quatre jeûnes.
Pour l’heure, je n’ai pas trouvé de référence à cette affirmation dans les livres de la ‘Hassidout ‘Habad. Mais, en tout état de cause, on peut s’en remettre à ceux que je citais auparavant.
Lettre n°3047
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3047, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chlomo ‘Haïm(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 12 Mar’hechvan et je vous remercie de me décrire, au moins brièvement, ce qui s’est passé pendant le mois de Tichri.
Vous m’écrivez que les études(2) se poursuivent de 6 heures 30 à 21 heures 30, puis qu’il y a le repas, jusqu’à 22 heures 30. Or, on peut s’interroger sur une telle organisation, qui ne semble pas être la meilleure pour la santé des élèves. Il leur reste ensuite, pour dire le Chema du coucher, dormir et réciter les bénédictions du matin, tout juste huit heures!
Vous savez à quel point mon beau-père, le Rabbi, tenait à ce que les élèves de la Yechiva Loubavitch soient en bonne santé. Combien plus doit-il en être ainsi à l’époque actuelle, alors que la génération s’est affaiblie, physiquement, surtout en Terre Sainte. Vous devriez vous concerter, à ce sujet et peut-être même consulter un médecin qui craint Dieu et connaît les conditions de l’endroit. Vous arrêterez une organisation définitive, en fonction de tous ces éléments.
Par ailleurs, il est bon, également, que les élèves disposent d’un peu de temps libre, afin qu’ils puissent transformer le profane en sacré(3), de leur plein gré et non en fonction de l’organisation de la Yechiva. Car, “ la compétition entre les érudits développe la sagesse ”.
Je suis surpris que la lettre de la direction de la Yechiva et la vôtre n’évoquent pas l’inscription d’élèves supplémentaires, pour la nouvelle année scolaire. Si vous observez la situation en Terre Sainte, vous conviendrez qu’il est nécessaire d’inscrire d’autres élèves. En effet, le nombre des Yechivot se multiplie et il semble que l’on inscrive tous ceux qui sont susceptibles de l’être.
Vous concluez votre lettre en invoquant une raison, qui explique le manque de discipline. Mais, même si vos propos sont vrais, la situation n’en est pas modifiée pour autant. Or, la discipline est le secret de la réussite, dans l’étude comme dans le comportement.
L’index du Torah Or, qui vient de paraître, vous a été adressé, par envoi séparé et il vous sera sûrement utile, afin d’assumer votre mission.
Avec ma bénédiction de réussite et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav C.H. Kasselman, directeur spirituel des Yechivot Loubavitch de Terre Sainte. Voir, à son sujet, les lettres n°2767, 3101 et 3194. (2) A la Yechiva. (3) Etudier la Torah de leur propre initiative.
Lettre n°3048
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3048, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Nissan(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre, dans laquelle vous me décrivez l’organisation des études(2), pour cette nouvelle année scolaire. Sans doute vous efforcez-vous de développer les élèves, garçons et filles, quantitativement et qualitativement, en particulier pour ce qui concerne leur comportement. Lorsque l’on ouvre l’équivalent de la pointe d’une aiguille, Dieu ouvre comme le portique du Sanctuaire.
Vous faites allusion, dans votre lettre, à votre intervention pour que le Mikwé soit rempli d’eau de pluie et non d’eau courante. J’en ai été satisfait. Sans doute ferez-vous en sorte que tout soit pour le mieux, car c’est là l’attitude qui doit être adoptée, pour ce qui concerne un Mikwé. Vous consulterez la Michna et ses commentaires, à la fin du traité Yoma, selon laquelle la délivrance d’Israël dépend de sa pureté. Vous verrez également la Boraïta, à la fin du traité Sotta, qui dit que “ la pureté conduit...(3) vers le prophète Elie ”.
Est-il possible d’instaurer que les élèves étudient les lois qui sont nécessaires pour le comportement quotidien(4)? Et, peut-on en faire de même à Meknès et dans les autres endroits?
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et pour que vous donniez de bonnes nouvelles, à propos de vos réalisations générales et de vos préoccupations personnelles,
N. B. : L’index du Torah Or, qui vient de paraître, vous a été adressé, par envoi séparé et il vous sera sûrement utile, afin d’assumer votre mission.
Notes
(1) Le Rav N.Pinson, de Casablanca, au Maroc. Voir, à son sujet, les lettres n°2851, 3140 et 3191. (2) Dans l’école Loubavitch de Casablanca. (3) Vers la sainteté et la sainteté vers la prophétie. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°2941, 3083, 3091, 3105, 3106, 3119, 3158, 3165, 3199, 3216, 3231, 3263 et 3313.
Lettre n°3049
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3049, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Issa’har Dov(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après un long silence, j’ai enfin reçu votre lettre du 21 Mar’hechvan, qui était toutefois rédigée de manière extrêmement concise.
Vous me faites part de la demande formulée par certains parents, souhaitant que les élèves de Beth Rivka étudient la couture. Il s’agit d’une bonne initiative. Bien évidemment, il est nécessaire d’avoir un professeur(2), connaissant parfaitement ce métier et non uniquement quelques travaux simples. Il faut aussi disposer de ce qui permettra de coudre de la meilleure façon. Ainsi, on acquerra de plus larges possibilités de gagner sa vie, par ce moyen.
Sans doute se prépare-t-on à faire usage, comme il convient, des fêtes du mois de Kislev, qui approche, c’est-à-dire du 10 Kislev, du 19 Kislev et de ‘Hanoukka.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Le Rav I.D. Gurvitch, directeur du Beth Rivka de Yerres, dans la région parisienne. Voir, à son sujet, la lettre n°2802. (2) Le Rabbi emploie ce terme au féminin.
Lettre n°3050
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3050, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, qui m’annonçait enfin une bonne nouvelle, la circoncision de votre fils. Je suis surpris que vous ayez tant attendu pour me le faire savoir.
Je lirai la demande de bénédiction que contient votre courrier près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Néanmoins, je dois vous faire part de ma surprise, car je vous ai écrit, à maintes reprises, afin de vous souligner à quel point il est important d’être joyeux. Or, chaque lettre que vous m’adressez commence et se conclut par votre formule traditionnelle, m’indiquant, brièvement, que tout va mal, votre état de santé, celui de votre épouse, celui de vos enfants, votre subsistance matérielle, votre état nerveux.
Or, vous observez personnellement de véritables miracles. Il semble que vous ne vouliez pas vous rappeler de ce que les médecins disaient, au début. Malgré cela, votre femme a été enceinte, puis elle a eu un enfant, à l’opposé de ce qu’ils disaient. Certes, nous sommes coutumiers du fait que, pendant la période de l’exil, le voile et la pénombre sont denses. Pour autant, il y a une limite également à cette obscurité ! Et en ce qui vous concerne, il semble que vous restiez indifférent à tout ce que l’on peut vous montrer de positif!
Bien sûr, vous répondrez que c’est un fait, mais il est pénible de voir un Juif souffrir de ce qui n’existe même pas. Et, cette situation est préjudiciable à votre état de santé. En effet, vous précisez, dans chaque lettre, que vous êtes angoissé, très soucieux.
Vous sollicitez une bénédiction, mais vous devez savoir que l’on ne peut ôter son libre arbitre à un Juif. Celui-ci lui est accordé parce que son âme divine est une parcelle de Divinité véritable, émanant d’un stade qui ne peut pas subir la contrainte. Et, il en est donc de même pour ce Juif lui-même.
Néanmoins, si vous vous entêtez, contre toute logique, à rechercher, en toute situation, ce qui n’est pas bon, à occulter systématiquement le bien visible et tangible qui vous est accordé, qui pourrait vous dicter votre comportement ?
Nos Sages disent, au traité Baba Batra 12, que celui qui reçoit le bien l’obtient pour de longues années. J’espère que, malgré tout, il en sera ainsi pour vous. Malgré cela, méditez sincèrement, encore une fois, à ce que dit le saint Zohar, tome 2, page 184b, au paragraphe introduit par “ Viens voir ”!
Comme vous le savez, l’expression fréquente, dans la partie révélée de la Torah, est “ Viens écouter ”. Il n’est ici question que d’audition, bien que celle-ci implique la compréhension. L’enseignement ésotérique de la Torah, en revanche, dit “ Viens voir ”. Et, la vision est infiniment plus forte que l’audition, même si elle n’apporte pas systématiquement la compréhension.
Avec ma bénédiction afin que vous mettiez enfin en pratique l’enseignement du Baal Chem Tov et des maîtres qui lui succédèrent, que vous serviez Dieu joyeusement et en bonne santé, de même que tous les membres de votre famille,
Lettre n°3051
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3051, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Avraham(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos lettres du 1er et du 12 Mar’hechvan, qui faisaient suite à un long silence. Vous me faites remarquer que je dois être satisfait, quand on n’écrit pas, car c’est là le signe que tout se passe comme à l’accoutumée. Néanmoins, l’expérience des dernières années a, malheureusement, fait la preuve que ce n’est pas le cas et puisse Dieu faire qu’à l’avenir, il en soit bien ainsi, comme vous l’écrivez.
Vous évoquez l’édition des causeries et des discours ‘hassidiques. Il me faudrait y consacrer beaucoup de temps(2), dont je ne dispose en aucune façon. Bien au contraire, de temps à autre, de nouvelles contraintes se font jour et, comme je le disais auparavant, j’ai maintenant un soucis de plus, qui est le suivant. Il conviendrait d’envoyer des nouvelles ici, sans attendre qu’on les demande, ou bien, après y avoir été invité, sans se contenter d’en donner uniquement les grandes lignes et de transmettre les détails par une voie détournée.
En conséquence, on n’éditera pas mes discours ‘hassidiques et mes causeries, tant que je n’en aurai pas relu le texte. Néanmoins, ceci ne concerne pas leur publication dans les journaux(3) et la traduction dans une autre langue.
Il existe sûrement un compte rendu de la réunion des femmes et jeunes filles ‘Habad, qui s’est tenue à Kfar ‘Habad. Vous voudrez bien m’en adresser une copie. Je vous en remercie d’avance.
Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav A.Pariz. Voir, à son sujet, la lettre n°2647. (2) Pour les rédiger. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°2989.
Lettre n°3052
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3052, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Que seront, à l’avenir, les activités communautaires ? Il semble qu’après tout ce qui a été accompli, après tout ce que l’on a pu observer de ses propres yeux, et, Dieu merci, le bien visible et tangible s’est révélé à différentes reprises, la controverse et l’action politique font que l’on reste indifférent(1).
Les efforts de nos saints maîtres pour que vos actions soient fructueuses restent vains. Le moment est enfin venu, pour ceux qui prennent part à ces actions, de comprendre que la ‘Hassidout existe, dans le monde, qu’il faut la diffuser, y compris à l’extérieur et, combien plus, à l’intérieur.
Point le plus fondamental, il ne s’agit pas ici de ce qui est écrit dans les livres ou bien des idées auxquelles il faut méditer avant de prier ou encore en certains moments propices, mais bien de ce qui concerne personnellement chacun d’entre vous, même si tous savent quelle situation est la leur. Combien plus nos saints maîtres le savent-ils. Or, ils vous ont choisi pour être leurs émissaires, pour diffuser cet enseignement et ses pratiques dans “ le pays vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”(2).
Vous comprendrez bien la leçon qui découle de tout cela. Elle est exprimée dans Iguéret Hakodech, au chapitre 24. Durant les nombreuses générations qui séparent le don de la Torah de la période actuelle, il y a eu des Justes, de grandes âmes, d’une haute élévation. Malgré cela, la gloire du Roi était cachée et différents gardes se trouvaient devant Sa porte, même si ceux qui voulaient observer Son honneur étaient nombreux.
En notre génération et à notre époque, Il a souhaité se révéler et Il a choisi certaines personnes pour Le faire connaître à tous, pour montrer Sa royauté et Sa gloire. Or, on refuse d’assumer cette mission afin de défendre son prétendu amour-propre et ses basses positions politiques. Bien plus, certains se servent de cette mission pour semer la discorde et la rancœur. Une telle situation peut être comparée à ce que dit le Tanya, à la fin du chapitre 24, l’image de celui qui tient…(3). Vous consulterez ce texte.
Et, concernant toutes les explications, formulées en sorte que “ ce n’est pas moi qui l’ai écrit, mais ce tailleur ”(4), vous connaissez le dicton du Rabbi Maharach(5), selon lequel “ on ne trompe pas Dieu. On ne trompe pas non plus les autres personnes. On peut tout juste se tromper soi-même ”.
Notes
(1) Voir également les lettres n°3059 et 3090. (2) En Terre Sainte. (3) La tête du Roi et l’introduit dans un lieu d’aisance. (4) Selon la phrase d’un sage à qui son père répondit : “ Cesse donc de médire ”. Il s’agit des justifications sous-entendant que quelqu’un d’autre est responsable. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°2991.
Lettre n°3053
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3053, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous évoquez les fiançailles de certaines personnes et, à ce sujet, vous et votre épouse vous servirez de votre influence, afin que le foyer qui sera bâti soit basé sur la Torah et les Mitsvot telles qu’elles sont éclairées par le luminaire de la Torah, qui est l’enseignement de la ‘Hassidout.
Il faut s’assurer d’emblée que la fiancée portera bien une perruque(1). J’ai bon espoir que le fiancé ne l’en empêchera pas, bien plus, qu’il l’encouragera et en sera satisfait. Il est inutile de dire à quel point cela est indispensable. De fait, la pratique démontre que les jeunes femmes se contentant de porter un fichu ou un foulard ne le font que pendant un temps très court(2). En outre, à l’époque actuelle, on contrevient souvent à ce principe et ce qui est bien connu n’a nullement besoin d’être prouvé.
Or, ils ont pu observer, de leurs propres yeux, les merveilles de Dieu et ils forgeront sûrement les réceptacles qui leur permettront de susciter la bénédiction et la réussite, de la manière qui vient d’être précisée, comme l’explique le Zohar, tome 3, page 126a et comme le précisent les derniers Sages.
Que Dieu vous accorde la réussite. Et, il est certain qu’un effort n’est jamais vain.
Avec ma bénédiction et dans l’attente de bonnes nouvelles,
Notes
(1) En français dans le texte. Voir, à ce sujet, la lettre n°2970. (2) Puis s’en défont et ne se couvrent plus la tête.
Lettre n°3054
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3054, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre question. Vous me demandez si vous devez écrire aux jeunes de l’association ‘Habad en Terre Sainte afin de décrire les activités réalisées à Londres(1). C’est effectivement une bonne initiative, au même titre que tout ce qui rapproche les ‘Hassidim en particulier et les enfants d’Israël, en général, tout ce qui renforce l’unité entre eux.
Cette manière d’agir est particulièrement judicieuse, d’autant qu’elle renforce et encourage ceux qui se trouvent dans d’autres endroits, afin que chacun prenne conscience(2) de la nécessité d’œuvrer, là où il réside, pour le Judaïsme, en général et la ‘Hassidout, en particulier.
Chacun doit le faire précisément là où la divine Providence l’a conduit, car le fait qu’il s’y trouve fait la preuve qu’il peut y mener une action et qu’il est donc tenu de le faire, pour son propre mérite.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Afin que celles-ci soient diffusées dans le cadre d’une rubrique, intitulée “ La vie des institutions ”, qui paraîtrait dans le Bitaon ‘Habad, l’organe des jeunes de l’association ‘Habad en Terre Sainte. (2) Par la lecture de ce journal.
Lettre n°3055
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3055, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je viens de recevoir votre lettre du 21 Mar’hechvan, dans laquelle vous me décrivez la situation de votre ville et je fais réponse à votre question(1). Nos Sages érigent en principe le fait que l’on ne doit pas même être réveillé lorsque tous dorment(2), d’autant qu’il s’agit, en l’occurrence, d’adopter une attitude moins rigoriste. Si chaque Cho’het porte un vêtement long, vous devez donc en faire de même.
Vous m’interrogez sur la rapidité de la prière, y compris pendant le Chabbat. Vous me demandez ce que vous devez faire, puisque vous faites partie du quorum nécessaire pour la prière publique. En fait, vous pouvez commencer votre prière avec les neuf autres et la terminer après eux. Ainsi, la quasi totalité des présents est bien réunie et votre prière est donc similaire à celle de la communauté, puisque l’une et l’autre commencent simultanément. Il serait bon que vous leur fassiez connaître Iguéret Hakodech se trouvant dans le Tanya, à la fin du Kountrass A’haron(3).
Vous et l’autre Cho’het avez sûrement instauré une étude publique de la ‘Hassidout. Si vous faites en sorte, d’emblée, que cette étude ne soit pas trop lourde, c’est-à-dire qu’elle ne dure pas trop longtemps, les autres Cho’hets et les surveillants rituels y participeront sûrement. Et, qui sait ? Peut-être est-ce pour cela que vous vous trouvez en cet endroit. De la sorte, quelques Juifs de plus pourront étudier la ‘Hassidout, adopter ses usages et ses pratiques.
Bien évidemment, ces quelques lignes s’adressent également à l’autre Cho’het. Vous réfléchirez ensemble et “ le salut est obtenu par les nombreux conseillers ”.
Par ailleurs, il serait bon que vous recherchiez les Juifs résidant dans cet endroit. Il me semble que quelques réfugiés y sont installés, alors que d’autres y sont nés. Si vous les trouvez, vous déterminerez sûrement un moyen de les rapprocher du Judaïsme, de la Torah et des Mitsvot. Que Dieu vous accorde la réussite.
Vous gardez sûrement les trois études qui concernent chacun et qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya. Il serait bon que vous le fassiez publiquement, afin de diffuser cette pratique et de conduire ceux qui se trouvent avec vous à l’adopter.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles et avec ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3086. (2) Se distinguer des autres, même s’il semble que ce soit pour le bien. (3) Qui explique l’importance de la ferveur, pendant la prière.
Lettre n°3056
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3056, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Morde’haï Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Le Rav Na’hman Elbaum, gendre du négociant en Ethroguim bien connu, le Rav Dov Ludmir, est parti d’ici, ces jours-ci. Il a proposé de prendre des graines, des plants et des pousses d’arbres à Ethroguim, se trouvant en Calabre, afin de les planter en Terre Sainte, à Kfar ‘Habad(2). A mon sens, c’est une bonne initiative.
Certes, on peut objecter que les ‘Hassidim, se basant sur l’avis de l’Admour Hazaken, s’efforcent de se servir d’un Ethrog de Calabre non seulement pour éviter le risque d’une greffe(3), comme l’expliquent les responsa ‘Hatam Sofer, citées par le Chaar Ha Collel, mais aussi parce que celui-ci provient des “ parties grasses de la terre ”(4), expression qui désigne, selon le Midrach Rabba, “ l’Italie de la Grèce ”, c’est-à-dire la presqu’île de Calabre.
Et, l’on peut comprendre cette interprétation de nos Sages, car elle permet de résoudre une difficulté. En effet, Its’hak bénit Yaakov en lui accordant “ la rosée du ciel et les mets gras de la terre ”. Comment put-il, par la suite, faire la même promesse à Esav? Vous consulterez, à ce sujet, les commentateurs du ‘Houmach et le Torah Or. L’explication est donc la suivante. Cette presqu’île n’existait pas encore, quand la bénédiction d’Its’hak fut prononcée et elle fit son apparition uniquement quand Chlomo épousa la fille du Pharaon, comme l’explique le traité Chabbat 56b. Ceci justifie ce qui a été dit auparavant.
De fait, cette dernière qualité ne se retrouvera pas dans les Ethroguim de Calabre qui pousseront en Terre Sainte, mais, au moins, on sera certain qu’ils n’ont pas subi de greffe. Le Rav Elbaum est personnellement impliqué(5) et, pour ma part, je ne connais pas les routes, en Italie. Je lui ai donc conseillé de vous contacter, afin que vous puissiez lui délivrer un certificat et une attestation de conformité pour les graines, les plants et les pousses qu’il emportera avec lui. Bien évidemment, il vous dédommagera pour cela. Je lui ai précisé qu’il devait vous en parler(6). J’attends de vos bonnes nouvelles.
Par ailleurs, le but de la présente est également de conseiller l’empressement à ceux qui, par nature, possèdent cette qualité. En effet, la Yechiva Loubavitch de France se trouve dans une situation difficile(7). Elle a donc délégué un émissaire en Italie, qui passera sûrement par Milan. Sans doute lui viendrez-vous en aide, par tous les moyens, de la manière qui convient, afin que sa mission soit la plus fructueuse possible.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav M.Perlov, de Milan. Voir, à son sujet, les lettres n°2380 et 3149. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°3149. (3) Dont on sait qu’elle n’a pas été pratiquée dans cette région, faute de quoi ces Ethroguim ne pourraient plus être utilisés. (4) Ce qui n’est plus le cas lorsque les pousses sont replantées dans un autre endroit. (5) Etant engagé financièrement et il n’est donc pas objectif. (6) De ce dédommagement financier. (7) Financièrement.
Lettre n°3057
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3057, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
26 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Israël Abba(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 19 Mar’hechvan. J’ai pris connaissance avec satisfaction du développement de la Yechiva(2). Autre point, qui est essentiel, celle-ci doit devenir un lieu central pour tout ce qui concerne les valeurs juives, conformes à la Tradition et éclairées par le luminaire de la Torah, c’est-à-dire par l’enseignement de la ‘Hassidout(3). Elle ne doit pas se limiter uniquement à ce qui est directement lié à la Yechiva.
C’est donc en cet endroit que seront fixés tous les cours. C’est là que l’on encouragera les visiteurs à acquérir la crainte de Dieu. On s’y réunira, chaque fois que cela sera nécessaire, pour y traiter des problèmes communautaires liés à la crainte de Dieu. Bien évidemment, les réunions ‘hassidiques se tiendront là également, y compris en présence de ceux qui, à l’heure actuelle, n’appartiennent pas encore à la communauté des ‘Hassidim. Ce sera le cas pour les réunions de Kislev, mois de la délivrance, le 10(4) et le 19(5). A n’en pas douter, tout cela connaîtra le succès.
Vous me demandez de quelle manière votre fille Rivka peut exercer une influence sur ses amies. Elle a été éduquée dans une famille ‘hassidique et, à ce titre, elle possède des connaissances que n’ont pas bon nombre de ses amies. Il y a sans doute également des petites filles, plus jeunes qu’elle et elle saura les ramener vers la pratique juive, en général. Avec la réflexion qui convient, j’espère que vous saurez la guider comme il convient, en la matière. Que Dieu vous accorde la réussite.
Avec ma bénédiction pour donner de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Le Rav I.A. Pliskin. Voir, à son sujet, la lettre n°1326. (2) A Melbourne, en Australie. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°3000. (4) Celle de l’Admour Haémtsahi. (5) Celle de l’Admour Hazaken.
Lettre n°3058
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3058, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous évoquez le fait de ne pas avoir porté, un jour, les Tefillin de Rabbénou Tam.
Vous devez apprendre par cœur quelques chapitres de Tanya et, sans en faire le vœu, vous ferez en sorte qu’il ne se passe pas un jour sans réciter l’un d’eux ou, tout au moins, sans y penser, pendant
un moment des vingt quatre heures de la journée.
Lettre n°3059
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3059, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav M.Y. L. Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je vous joins une copie de la lettre(2) que j’ai adressée à quelqu’un. Vous pouvez la diffuser ou même la lire au cours de la réunion des jeunes de l’association ‘Habad. Que Dieu me confère le mérite et la réussite pour que ces propos fassent leur effet. Et, de fait, peu importe de qui ils émanent, car le sage dit: “ Accepte la vérité de celui qui l’énonce ”.
Pour ce qui est de votre travail, ce qui vient d’être dit vous permet de comprendre qu’il faut non seulement renforcer les jeunes de l’Association ‘Habad, mais aussi développer leurs activités et quiconque a la possibilité d’intervenir, en la matière, doit le faire, dans toute la mesure de ses moyens. Jusqu’ici, votre activité, au sein de cette institution, a été fructueuse. Je ne comprends donc pas pourquoi vous vous demandez si vous devez y rester ou bien la quitter. Cette mission n’a-t-elle pas été confiée par nos saints maîtres?
Vous proposez que l’on aille, dans d’autres endroits, pour y enseigner la ‘Hassidout, sans rémunération. Ce n’est pas à cela que je faisais allusion. J’avais demandé que l’on trouve des enseignants et des guides spirituels sur place. Cela ne devrait pas poser de difficultés à Tel Aviv, à ‘Haïfa ou à Peta’h Tikva. Il suffit, pour cela, que les jeunes de l’association ‘Habad se sentent personnellement concernés, qu’ils comprennent bien qu’ils ne rendent service à personne.
Vous me dites qu’en de nombreux endroits, il est impossible de trouver un enseignant de ‘Hassidout, sur place. Néanmoins, avec l’effort qui convient, vous trouverez, dans la plupart des cas, également un guide spirituel et, avant de penser à faire quelque chose pour les endroits où il n’y a personne, Dieu fasse que l’on institue effectivement des cours partout où se trouvent ces guides spirituels.
Concernant la publication d’un bulletin, j’ai déjà dit plusieurs fois, en allusion ou même clairement, que cela serait très utile. Je suis donc très surpris que ce bulletin ne soit pas encore devenu officiel, c’est-à-dire qu’il soit possible de le diffuser sans limitation et non comme un organe interne. Les relations que vous entretenez dans les administrations concernées devraient vous permettre d’obtenir sans difficulté qu’il en soit effectivement ainsi. Bien évidemment, je me pose la même question à propos des Conversations avec les jeunes.
Vous évoquez la participation des élèves de la Yechiva de Lod à des voyages de diffusion et d’explication, par exemple à l’occasion du 19 Kislev et de Pourim. Je suis surpris par une telle question alors que j’ai écrit(3), à de nombreuses reprises, que c’était une excellente initiative.
Certes, il n’est pas toujours sage de transformer un élève de la Yechiva en moniteur ou en enseignant, ce qui lui donne l’impression d’avoir achevé ses études. Or, il semble que la Yechiva ne remette pas même en cause ce principe. A l’opposé, quand les élèves acceptent d’offrir un jour ou quelques heures de leur temps, par exemple pour un voyage du 19 Kislev ou de Pourim, on émet les plus grandes réserves, alors que, comme on le sait, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, institua une pratique similaire dans la Yechiva, ici-même et la plupart des élèves y ont participé, à sa demande.
Je saisis cette opportunité pour poser une autre question, qui vous montrera que vous n’avez pas même envisagé des domaines importants de l’action qui peut être menée en Terre Sainte. En effet, le Rav Shapiro, de Tel Aviv, m’a rendu visite et il m’a fait part de ce qu’il réalisait, dans le cadre d’un mouvement de jeunesse, comparable à Tiféret Ba’hourim, qui existait dans le pays où nous nous trouvions auparavant(4). D’après ce qu’il dit, son action est fructueuse, alors qu’il n’a pas de budget, pas de parti, pas de coalition qui le soutiennent officiellement, en la matière.
Cet homme est motivé, passionné pour ce qu’il fait. Il a donc créé cette institution et il la développe. Bien plus, il se rend, pour cela, jusqu’aux Etats Unis(5). Or, les jeunes de l’association ‘Habad se trouvent sur place et ils ne m’ont jamais formulé aucune demande en ce sens!
En plus du premier paragraphe de cette lettre, il serait bon de montrer également tous les autres aux jeunes de l’association ‘Habad de Tel Aviv. Certes, il aurait fallu leur écrire directement(6), mais eux-mêmes ne correspondent pas avec moi et je n’en connais pas la raison. Vous leur transmettrez également une copie du courrier ci-joint, pour la réunion des jeunes de l’association ‘Habad, qui doit avoir lieu à Tel Aviv. Et, il serait bon d’en faire de même pour la réunion de Jérusalem. Sans doute, ces lettres seront-elles examinées avec l’attention qui convient
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit, ce qui vous permettra de connaître le succès également en vos préoccupations personnelles,
Notes
(1) Le Rav Mi’haël Yehouda Leïb Cohen, d’Erets Israël. Voir, à son sujet, la lettre n°3100. (2) Il s’agit de la lettre n°3052. (3) Voir, par exemple, la lettre n°2940. (4) En Russie et menait une action auprès de la jeunesse travailleuse. Voir, à ce sujet, la lettre n°3100. (5) Afin de collecter des fonds. (6) Voir, à ce propos, la lettre n°3100.
Lettre n°3060
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3060, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Au ‘Hassid honorable et distingué qui se consacre aux
besoins communautaires, a des comportements généreux,
est issu d’une illustre famille, le Rav C.Z.(1),
Je vous salue largement et vous bénis,
Concernant le développement de l’implantation des ‘Hassidim en Terre Sainte, je vous disais, dans ma précédente lettre, qu’il serait bon, pour diverses raisons, que celle-ci se fasse à proximité de Kfar ‘Habad, qui existe déjà, mais non au sein de ce village. Néanmoins, il me semble avoir noté, dans mon précédent courrier, que, s’il s’avérait réellement impossible qu’il en soit ainsi, on pouvait accepter une seconde implantation, éloignée du Kfar.
Par ailleurs, il faudrait s’efforcer, dans toute la mesure du possible, que les mille quatre cents dounams(2) se trouvant près de Kfar ‘Habad lui soient attribués. En effet, j’ai bon espoir que d’autres personnes s’installeront dans ce village, si les conditions sont favorables. Mais, je suis sûr que vous n’avez nul besoin de mon encouragement, en la matière, car vous avez vous-même conçu le projet de ce Kfar et vous prenez une part active à son développement, depuis sa création. Or, il est dit: “ Dois-tu me donner un ordre concernant mon fils, celui que j’ai fait de mes mains? ”.
Vous évoquez également l’écriture de nos saints maîtres. Le manuscrit du Torat Chmouel est effectivement l’écriture caractéristique du Rabbi Maharach. Je ne dispose pas du livre de Warfel sur la ‘Hassidout et je ne sais donc pas quel manuscrit y est imprimé, mais je crains qu’il n’ait trouvé celui de l’Admour Haémtsahi, reproduit dans le Hatamim, qui a édité sa proposition de fonder des colonies(3). A mon sens, il ne s’agit pas de l’écriture caractéristique de l’Admour Haémtsahi. Je vous joins la reproduction de l’une de ses lettres.
J’ai vu, dans plusieurs livres et endroits, des reproductions de l’écriture de l’Admour Hazaken. Celles-ci sont pratiquement toutes identiques. On peut donc se servir de l’exemple qui figure dans le livre précédemment cité et qui est, à coup sûr, la reproduction de la lettre que l’Admour Hazaken écrivit à Rav Moché Maizlich. Mon beau-père, le Rabbi, en fit cadeau aux ‘Hassidim à l’occasion de mon mariage.
L’écriture du Tséma’h Tsédek et du Rabbi(4), père de mon beau-père, le Rabbi, se trouve dans les responsa, tome 1 et dans le Kountrass Ets ‘Haïm, que j’ai demandé aux ‘Hassidim de mettre à votre disposition.
Conformément à votre pratique positive, vous vous efforcerez de faire un cadeau au Kfar, pour la fête de la libération du 19 Kislev. A l’époque, vous l’aviez raccordé au réseau électrique. J’espère que, cette année encore, vous créerez la surprise par un cadeau similaire, d’autant que, m’a-t-on dit, vous avez longuement visité le Kfar et l’on vous a présenté un mémorandum de plusieurs paragraphes. J’en ai consulté une copie qui m’a été adressée.
Je ne sais pas si telle était votre intention, en m’offrant le recueil de bénédictions et de prières intitulé “ Cent bénédictions ”, mais il y a assurément là une intervention de la divine Providence. Il ressemble, en effet, à un Sidour imprimé pour les Anoussim(5) ou même par eux, après qu’ils soient parvenus en un endroit sûr, où ils pouvaient adopter, au quotidien et de manière affirmée, le comportement qu’ils souhaitaient réellement. Certaines prières y sont ajoutées que l’on ne peut trouver, vraisemblablement, que dans de tels recueils.
De temps à autre, j’observe ce fascicule et il me revient à l’esprit qu’il m’a été offert par un homme dont l’activité s’inscrit essentiellement dans le domaine pédagogique. Et, je me dis alors qu’au fond, chacun, dans une certaine mesure et même pour une large part, est un Anous, fait plusieurs actions sous la contrainte, directe ou indirecte, de son entourage ou, tout au moins, selon l’expression du grand maître, le Rambam, dans ses lois du divorce, à la fin du chapitre 2, est “ victime de son mauvais penchant, alors qu’il souhaite sincèrement être un Israël, mettre en pratique toutes les Mitsvot, s’écarter de toutes les transgressions ”.
Or, le rôle d’un éducateur consiste à libérer son élève de toute contrainte extérieure et, a fortiori, intérieure, à supprimer la différence qui peut se faire jour entre ce qu’il est profondément et la manière dont il s’exprime. C’est uniquement de cette façon que cet enfant, qu’il le soit par le nombre de ses années ou par le niveau de ses connaissances, grandira, aura une vie heureuse, sans déchirures, sans lutte permanente entre ses deux penchants ou, selon la terminologie de la ‘Hassidout, entre son âme divine et son âme animale.
Le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”(6) et, en adoptant une telle attitude, l’éducateur peut lui-même sortir vainqueur de la lutte qui est menée au sein de sa propre personne.
Je vous joins un index sur le Torah Or de l’Admour Hazaken, qui vient tout juste d’être relié.
Les copies(7) et l’index vous ont été adressés par envoi séparé.
Avec mes respects, ma considération, ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Chnéor Zalman Chazar. Voir, à son sujet, les lettres n°2651 et 3161. (2) De terrains. (3) D’implantations juives en Russie. (4) Rachab. (5) Les victimes de l’inquisition, en Espagne, qui pratiquaient le Judaïsme en cachette. (6) Il agit envers l’homme de la manière dont l’homme agit envers Lui. (7) Des manuscrits.
Lettre n°3061
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3061, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
A mon proche parent, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Zeev Dov(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, par laquelle vous m’annoncez que vous êtes bien rentré chez vous. Vous transmettrez mes chaleureuse salutations aux ‘Hassidim, en général et aux élèves de la Yechiva, en particulier.
Il serait bon que vous vous rendiez également à Lod et au Kfar(2). Vous y transmettrez également mes salutations et surtout vous enverrez ici, par la suite, de bonnes nouvelles, à propos de la situation que vous y avez trouvée.
Nos Sages disent que “ le Précepte ‘tu aimeras ton prochain comme toi-même’ est un grand principe de la Torah ”. Or, écrire des bonnes nouvelles est bien un moyen, pour un Juif, d’exprimer son amour envers un autre. Et, le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”(3). Il permet donc que l’on puisse toujours donner de bonnes nouvelles de soi-même et des membres de sa famille.
J’ai reçu, ces jours-ci, le premier tome de la Concordance talmudique. Je vous remercie beaucoup pour ce cadeau.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai ceux que vous citez dans votre lettre, quand je me trouverai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin qu’ils obtiennent la satisfaction de leurs besoins, conformément à ce que vous écrivez.
Avec ma bénédiction,
Votre proche parent,
Notes
(1) Le Rav Z.D. Ludmir. Voir, à son propos, les lettres n°1925 et 2015. (2) Kfar ‘Habad. (3) Il agit envers l’homme de la manière dont l’homme agit envers Lui.
Lettre n°3062
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3062, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
assume une mission sacrée, le Rav Moché Aryé Leïb(1),
Je vous salue et vous bénis,
Après un long silence, j’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 22 Mar’hechvan qui m’annonçait une bonne nouvelle, le fait que des bancs ont été ajoutés(2) dans la Yechiva de nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera, celle de Torat Emet(3). Avant tout, l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout a progressé, quantitativement et qualitativement.
Nos Sages disent que “ l’acte, et non l’étude, est essentiel ”. Cet ajout doit donc exercer son effet également sur la ferveur de la prière, la pratique des Mitsvot de la meilleure façon et, en particulier, la manière d’étudier.
Puisse Dieu faire que l’on s’élève, d’une étape vers l’autre. Vous savez ce que nos Sages disent, à ce sujet. L’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, début du chapitre 155, cite le Targoum sur Tehilim. Il indique ainsi, de manière allusive, qu’avant et après l’étude, il faut se rendre à la synagogue. Et, le Targoum conclut: “ Il verront leur Torah en présence de Dieu, Qui se révèle à Tsion ”.
Je vous remercie de m’avoir adressé des périodiques de Torah, le Ohel Torah et le Torat Erets Israël, comme je vous l’avais demandé, de même que les notes que vous avez rédigées sur le Ketsot Ha ‘Hochen. Sans doute continuerez-vous, à l’avenir, à rechercher et à m’adresser de telles publications. Je vous en remercie d’avance.
Je conclus positivement en faisant référence à la naissance du fils de votre fille Tsira Beïla, que vous m’avez annoncé, en un bon moment. Il a été appelé Israël ‘Haïm. Tout comme ses parents lui ont permis de conclure l’alliance de notre père Avraham, Dieu fera qu’ils le conduisent à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions. Et, vous même, concevrez de tous vos enfants une véritable satisfaction ‘hassidique.
Avec ma bénédiction de Mazal Tov,
Notes
(1) Le Rav M.A. L. Shapiro. Voir, à son sujet, la lettre n°2482. (2) De nouveaux élèves ont été inscrits. (3) A Jérusalem.
Lettre n°3063
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3063, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 28 ‘Hechvan, dans laquelle je ne trouve toujours pas la raison pour laquelle, durant tout ce temps, vous et votre épouse n’êtes pas venus vous rafraîchir.
Il est inutile de se plaindre du passé et je voulais donc uniquement rétablir les raisons ou, plus exactement, les obstacles et les voiles qui sont à l’origine d’une telle situation. Ainsi, à l’avenir, vous vous souviendrez que vous avez eu le mérite d’être un élève de la Yechiva de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Les forces des Justes, qui sont éternelles, se trouvent donc encore en vous.
Vous devez vous servir de ces forces selon la volonté de notre saint maître, dont le mérite nous protégera, afin de diffuser “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même que le luminaire de la Torah, qui est l’enseignement de la ‘Hassidout, ses pratiques et ses usages.
Vous diffuserez tout cela dans votre maison, au sens littéral comme au sens le plus large, c’est-à-dire dans votre entourage et, en particulier, dans la synagogue où vous priez.
Bien évidemment, votre épouse doit adopter la même attitude, de la manière qui sied à une femme ‘hassidique, épouse d’un ancien élève de la Yechiva. Dieu fasse que vous puissiez mener à bien cette mission.
Avec ma bénédiction pour que vous donniez de bonnes nouvelles de tout cela,
Lettre n°3064
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3064, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
A mon proche parent, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
a de bons comportements, est issu d’une illustre famille,
le Rav Chmouel Abba(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu toutes vos lettres et ma réponse a été retardée jusqu’à maintenant, car, pour une certaine raison, je n’ai pas pu photocopier vos lettres jusqu’à hier. Or, je voulais vous restituer les originaux, qui vous appartiennent, puisque c’est à vous qu’ils ont été adressés. C’est donc pour cela que ma réponse a été retardée et vous voudrez bien m’en excuser.
Au seuil de Kislev, mois des miracles et de la délivrance, liés à la lumière et au luminaire(2), Dieu fasse que chacun reçoive un éclairage accru, en ses préoccupations matérielles et spirituelles. Outre l’effet intrinsèque de la lumière, celle-ci permet aussi d’évaluer et de distinguer, en tout ce qui constitue la vie de l’homme, le mal et le bien, le mensonge et la vérité. Dès lors, on peut avancer, en confiance, sur le chemin de la vie.
Je vous remercie encore une fois pour le Séfer Torah(3). Je souhaite de tout mon cœur, que chacun d’entre nous constate, de plein gré et non du fait de l’ordre reçu, que “ Il nous a fait vivre, exister et parvenir jusqu’à ce moment ”(4). On le fera dans la joie, comme l’indique le contenu de cette bénédiction, récitée à propos de ce qui est bon et réjouissant.
De la part de votre proche parent, qui conclut en en vous adressant une bénédiction de bonne santé,
N. B. : Je vous restitue les deux lettres. Vous me confirmerez les avoir reçues. Je vous en remercie.
Notes
(1) Le Rav C.A. Shapiro. Voir, à son sujet, la lettre n°2966. (2) ‘Hanoukka et le 19 Kislev. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°2966. (4) La bénédiction de Chéhé’héyanou, qui est récitée, en particulier, à ‘Hanoukka.
Lettre n°3065
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°3065, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
29 Mar’hechvan 5715,
Brooklyn,
Aux dirigeants de l’Association ‘Habad en Terre Sainte,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
A) Il faudrait dresser une liste des ‘Hassidim susceptibles d’assumer des fonctions rabbiniques, en Terre Sainte(1). Si ceux-ci sont très peu nombreux, vous devrez combler ce manque au plus vite.
Sans doute, y a-t-il des jeunes gens ou même des garçons, déjà d’un certain âge, qui sont susceptibles de porter ce titre, qui peuvent recevoir l’ordination rabbinique et acquérir de la pratique dans un délai relativement court. De nos jours, tout doit être fixé longtemps à l’avance(2).
B) Il me semble qu’une proposition avait été formulée, il y a quelques temps, celle d’aider(3) certaines personnes à se marier. Vous voudrez bien me dire ce qui a été fait concrètement.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et dans l’attente de vos bonnes nouvelles, très prochainement,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°3249. (2) Et il est donc nécessaire d’anticiper les besoins. (3) Financièrement.
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