Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°298
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°298, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Septième des dix jours
de Techouva 5708,
Au grand Rav, ‘Hassid érudit qui craint Dieu, aux
multiples accomplissements, le Rav E.E. Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
En cette période, je vous exprime mes voeux afin que vous soyez définitivement inscrit, avec tous les membres de votre famille, pour une bonne année.
J’évoquerai également un sujet lié à cette période(2). Le Rambam écrit: «Pourquoi le premier jour de Tichri ne peut-il jamais être un dimanche, un mercredi ou un vendredi? Parce qu’il peut être fixé en certains jours et doit être repoussé en d’autres». Il n’explique pas le «défaut» du dimanche, du mercredi et du vendredi, les empêchant d’être Roch Hachana et la «qualité», du lundi, du mardi, du jeudi et du Chabbat, qui peuvent l’être. Le Rabad lui-même s’interroge, à ce propos.
L’explication est la suivante. Le premier jour de Roch Hachana, qui est aussi celui du mois de Tichri, révèle le jugement sévère. Il ne peut donc être fixé au dimanche, qui correspond à l’Attribut de Bonté, ni au mercredi, qui est lié à l’Attribut de Victoire, lié à la Bonté. De plus, il ne peut y avoir deux jours consécutifs qui sont repoussés. Le troisième ne pouvait donc être que le vendredi.
Mais, il semble plus exact de dire que le vendredi, lié à l’Attribut du Fondement, doit être écarté parce que celui-ci a pour effet d’adoucir la sévérité. Ainsi, nos Sages disent, au traité Pessa’him 54a: «Pourquoi le mot bon ne fut-il pas dit lors du second jour de la création? Parce qu’alors, fut créée la lumière de l’enfer. Puis, ce terme fut réintroduit, au sixième jour(3)».
Ceci nous permettra de répondre à une autre question. Le Rambam avait sans doute une bonne raison pour repousser précisément le dimanche, le mercredi et le vendredi, comme le demande le Rabad. Dès lors, pourquoi ne précise-t-il pas cette raison?
En fait, on peut le comprendre si l’on considère qu’il s’agit de la raison qui vient d’être énoncée. Le Séfer Hasi’hot 5700(4), à la page 41, précise, citant le Baal Chem Tov, que le Rambam était versé dans la Kabballa. Vous consulterez également la note que j’ai rédigé, à ce propos. Néanmoins, le Rambam se gardait de toute référence, même en allusion, à la Kabballa, car il était dangereux de la dévoiler, à son époque(5).
Avec ma bénédiction pour être définitivement inscrit pour une bonne année,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(6),
Notes
(1) Le Rav Efraïm Eliézer Yallès, de Chicago. Voir la lettre n°176. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°300 et 399. (3) Lorsque la création fut déclarée «très bonne». C’est donc bien l’Attribut du Fondement, celui du sixième jour, qui parvint à adoucir la sévérité du second jour. (4) 1940, du précédent Rabbi. (5) Le monde n’était pas prêt à en recevoir la révélation. (6) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°299
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°299, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Veille de Yom Kippour 5708,
Au ‘Hassid érudit, qui craint Dieu,
le Rav B.T.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre et, conformément à votre demande, je vous ai envoyé un colis de livres, à l’adresse du Rav Binyaminson(2).
J’ai mentionné(3), aujourd’hui même les prisonniers(4). Chaque année, à la veille de Roch Hachana, nous transmettons ici(3) une demande collective de bénédiction(5), au nom de tous les ‘Hassidim et des élèves de la Yechiva, qui se trouvent sur l’autre continent.
Je conclurai par un point d’actualité. Ce matin, lorsque le Cho’het s’est rendu chez mon beau-père, le Rabbi Chlita, pour lui proposer de couvrir le sang(6), celui-ci lui a confié: «Mon père a dit (semble-t-il lorsque lui-même accomplissait la Mitsva de couvrir le sang, à la veille de Yom Kippour): Ceci(7) est représentatif du service de Dieu de la veille de Yom Kippour. S’il est nécessaire d’entrer en contact avec la sévérité(8), il faut la recouvrir de bonté(9), avec de la terre qui fait allusion à la soumission(10). Ainsi, on peut ressentir profondément le rachat de la faute que ce jour apporte.»
En vous souhaitant d’être définitivement inscrit pour une bonne année,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(11),
Notes
(1) Le Rav Ben Tsion Chem Tov, alors à Londres. Voir la lettre n°272. (2) Le Rav Yera’hmyel Binyaminson, de Londres. Voir la lettre n°292. (3) Devant le précédent Rabbi. (4) En Russie. Voir, à ce propos, la lettre n°272. (5) Aux noms de tous les ‘Hassidim. (6) De la volaille des Kaparot, à la veille de Yom Kippour. (7) La Mitsva de recouvrir le sang. (8) A laquelle le sang fait allusion. (9) Comme dans l’accomplissement de cette Mitsva, afin que le jugement de Yom Kippour soit clément. (10) Ainsi qu’il est dit «que mon âme soit, pour tous, comme de la terre». (11) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°300
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°300, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Veille de Soukkot 5708,
Au grand Rav, ‘Hassid aux multiples accomplissements,
le Rav E.E. Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du lendemain de Yom Kippour. Le moment ne permet pas de longs développements et je serais donc bref:
A) Vous me dites, dans votre lettre que le jugement sévère du premier jour de Roch Hachana ne fait pas intervenir les Attributs de l’émotion, qui sont associés au sept jours de la création. Je suis surpris d’une telle affirmation, alors que le Talmud, le Zohar, le Peri Ets ‘Haïm et les livres d’Ethique ne cessent de répéter qu’à Roch Hachana et, de façon générale, durant les dix jours de Techouva, Dieu siège sur le trône du jugement et le monde est jugé. Le Peri Ets ‘Haïm établit un lien entre le premier jour de Roch Hachana et les Attributs du sentiment. Il explique pourquoi un jugement sévère en résulte. On retrouve une même affirmation dans d’autres textes.
B) Vous tirez une preuve du fait que l’Attribut de Royauté céleste est reconstruit, à Roch Hachana. Or, l’idée contraire en résulte, car on sait que la Royauté est bâtie par l’Attribut de sévérité, émanant d’une source particulièrement élevée.
C) Vous dites que le jugement sévère implique une ascension, alors que le jugement clément reste superficiel. Vous semblez en conclure que, si la sévérité se marque dans toute sa force, le contraire devrait être vrai(2).
Le Peri Ets ‘Haïm établit pourtant que le premier jour reproduit uniquement la dimension profonde des mondes. C’est alors que le jugement est sévère. Puis, l’ensemble des mondes est formé le second jour. Il y a donc bien la dimension profonde, d’abord, la partie superficielle, ensuite.
D) Vous dites que l’Attribut de Royauté est reconstruit, à Roch Hachana, à partir de sa source la plus haute. Alors, se révèle une lumière nouvelle, qui n’a encore jamais éclairé le monde.
Il en est effectivement ainsi, mais ce n’est pas pour cela que Roch Hachana est lié au jugement sévère. Bien au contraire, c’est là l’effet de la sonnerie du Choffar, qui adoucit la sévérité. Plus encore, cette sévérité émane, en l’occurrence, du Nom divin Elokim, comme l’explique le Likouteï Torah et un jugement est nécessaire, à ce propos, ainsi qu’il est dit: «Un jugement pour le Dieu de Yaakov». Celui-ci est, néanmoins, miséricordieux, car, grâce à la sonnerie du Choffar, Dieu prend place sur le trône de la clémence.
E) Vous objectez également à mes propos par le fait que le premier Roch Hachana, jour de la création d’Adam, fut un vendredi. Or, même si l’on fait abstraction de ce que j’ai écrit, une explication doit être donnée à ce propos. Car, il y a sans doute une raison ésotérique, comme c’est le cas pour tous les autres principes de la Torah, justifiant l’impossibilité que Roch Hachana soit un dimanche, un mercredi ou un vendredi. Dès lors, comment le premier Roch Hachana put-il être un vendredi?
On peut proposer, à ce propos, l’explication suivante. Le premier Roch Hachana fut également l’occasion d’un jugement sévère. Pour autant, il ne fut pas comparable à celui des Roch Hachana suivants, car:
1. Lorsque l’homme fut créé, c'est-à-dire avant la faute, les mondes et les Sefirot étaient beaucoup plus élevés qu’à l’heure actuelle, comme l’explique le Likouteï Torah du Ari Zal. Le jugement ne pouvait donc pas être réellement sévère.
2. Alors, Dieu agissait uniquement par bonté(3), ce qui confirme que le jugement ne pouvait être trop sévère. A l’heure actuelle, par contre, toute révélation est obtenue à l’issue d’un jugement, qui fait suite à l’effort des hommes. C’est pour cela que Roch Hachana est uniquement le «souvenir» du premier jour, comme l’explique le Likouteï Torah.
Toutefois, le premier Roch Hachana était également un jour de sévérité. C’est pour cela qu’il ne pouvait être un dimanche ou un mercredi, qui appartiennent au domaine de la bonté(4). Mais, pour souligner que ce jugement n’était pas sévère et peut-être aussi pour se démarquer des Roch Hachana suivants, le premier fut un vendredi, qui n’est pas directement lié au domaine de la bonté, mais en est très proche.
3. De plus, je soulignais, dans ma lettre précédente, que Roch Hachana, à l’heure actuelle, ne peut plus être un vendredi, car le lundi, second jour de la création, y a été réintroduit, lorsque Dieu constata que cette création était «très bonne». Mais, il n’en fut ainsi qu’après la création de l’homme et par son intermédiaire, comme l’indique le sens simple du verset. Aucune indication n’en résulte donc pour le premier Roch Hachana.
F) Vous expliquez l’affirmation du Rambam(4) d’après l’explication du Tachbets justifiant la nécessité de fixer des jours pendant lesquels les fêtes ne peuvent survenir.
Je n’ai pas du tout évoqué ce point dans ma lettre, car le Rambam ne reprend pas les termes du Talmud. Je ne dispose pas du Tachbets, mais cette même explication est donnée par Rabbénou ‘Hananel, commentant le traité Roch Hachana, par le commentaire du Michné Torah, à cette référence et par le Bina Leïtim, du Rav Guinsburg, qui, pourtant, ne cite pas le Tachbets.
En fait, j’ai simplement reproduit l’objection du Rabad, selon laquelle le Rambam ne justifie pas la raison pour laquelle le dimanche, le mercredi et le vendredi ne peuvent être Roch Hachana. Et, il ne peut considérer que cette raison, énoncée dans le Talmud, est connue de tous. Cela n’est pas son habitude et, bien au contraire, il a coutume de répéter, dans son ouvrage, ce que dit le Talmud.
Le Rabad constate que le Rambam «n’a pas adopté la manière de procéder des Sages. Il a posé une question et s’en est tenu là». En revanche, on peut le comprendre si l’on explique que le Rambam n’a pas voulu mentionner, même de manière allusive, ce qui figure dans la Kabballa.
Ceci permet de répondre à une question que le Rabad se pose, concernant les lois de la Techouva du Rambam, à propos d’un point qu’il n’explique pas. On peut, en effet, expliquer son silence de la même façon.
Et, puisque j’évoque le fait que Roch Hachana ne peut pas être un dimanche, un mercredi et un vendredi, je rappellerai que, selon l’avis de Rabbi, mentionné par Rabbénou ‘Hananel dans son commentaire des traités Chabbat 115a et Soukka 43b, cette impossibilité découle d’un principe transmis à Moché sur le mont Sinaï. Ce principe est, néanmoins, expliqué, d’après la Kabballa, dans les Hagahot de Rabbi Moché Zakouta.
G) Vous dites que l’on trouve, à dix reprises, dans le Talmud, l’expression «grande est la Techouva»(5), huit de manière évidente et deux de façon cachée.
Je me demande ce que vous entendez par là, car, dans le traité Yoma 86a, cette expression est mentionnée dix fois et non neuf, selon la version du Eïn Yaakov.
On peut, du reste, s’interroger, à ce propos, car le Réchit ‘Ho’hma en établit également le compte et n’en trouve, dans tout le Talmud, que quatre. On trouve la même affirmation dans le Midrach Talpyot, qui cite, en outre, une affirmation ne figurant pas dans le Talmud, «grande est la Techouva qui rapproche ceux qui sont éloignés».
H) L’expression «les dix jours qui sont entre(6)» comprennent également ces jours(7). J’ai constaté que le Rav Naé, dans la seconde édition de son Chiyoureï Torah, un livre remarquable qui mérite d’être étudié avec attention, se basant sur le traité Roch Hachana 6b, indique qu’une seule date limite doit entrer dans le compte(8).
En vous souhaitant une joyeuse fête et tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(9),
Notes
(1) Le Rav Efraïm Eliézer Hacohen Yallès, de Chicago. Voir la lettre n°298. (2) Le jugement sévère devrait être superficiel et le jugement clément, profond. (3) La Torah n’avait pas été donnée et Sa bonté était donc accordée aux hommes, sans contrepartie de leur part. (4) Voir la lettre n°298. (5) Une fois dans le traité Roch Hachana 17a et neuf fois dans le traité Yoma 86a. Le Rabbi cite ici une dixième fois dans le traité Yoma, ce qui fait, au total, onze. (6) Roch Hachana et Yom Kippour. (7) Roch Hachana et Yom Kippour eux-mêmes. Si ce n’était le cas, il n’y aurait que sept jours. (8) Roch Hachana, mais non Yom Kippour. (9) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°301
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°301, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Veille de Soukkot 5708,
A mon proche parent, homme agréable, qui craint Dieu,
le Rav I.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 4 Tichri.
Vous avez sûrement reçu, en son temps, ma précédente lettre.
Mon beau-père, le Rabbi Chlita a récité(2) les versets et les bénédictions précédant la sonnerie du Choffar. De façon générale, il se sent relativement bien.
Vous trouverez ci-joint un discours ‘hassidique paru dernièrement.
Je conclurai en vous souhaitant une joyeuse fête, de même qu’aux membres de votre famille. Vous saluerez également votre beau-frère, le Rav C.B.(3) et les membres de sa famille.
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif,
Tout a-t-il été fait pour ce qui concerne le Maamad(4)?
Notes
(1) Le Rav Isser Kluvgant. Voir la lettre n°278. (2) Publiquement, à la synagogue. (3) Le Rav Chmouel Betsalel Althuiz. Voir la lettre n°273. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°269.
Lettre n°302
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°302, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Premier jour de ‘Hol Hamoéd
Soukkot 5708,
A l’agréable ‘Hassid, qui craint Dieu,
élève de la Yechiva, le Rav C., le Cho’het,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’avez interrogé à propos de la lecture des Seli’hot pendant les dix jours de Techouva. Je reproduis donc ici mes notes personnelles, prises en Tichri 5691(1), à Riga et en Tichri 5708(2), à Brooklyn:
Tichri 5691:
Coutumes: Après Roch Hachana, on ne dit plus les Seli’hot.
Commentaires donnés à Roch Hachana: Le Rabbi de Roughin ne se rendait pas au Tachli’h, à Roch Hachana, mais y allait au jour des treize Attributs de Miséricorde divine, qui est le quatrième jour de Techouva(3). Lorsque je(4) me trouvais, l’an
dernier, aux Etats Unis, à New York, je me suis rendu au Tachli’h quelques jours avant Roch Hachana, à l’issue de Roch Hachana et au jour des treize Attributs de Miséricorde divine.
Le Tséma’h Tsédek disait les treize Attributs de Miséricorde divine(5). La Rabbanit, épouse du Rabbi Maharach, en faisait de même et un Minyan était constitué pour elle. Le Rabbi(6) ne participait pas à ce Minyan. Les récitait-il seul chez lui? Cela n’a pas été dit clairement mais, «entre les lignes», on a pu comprendre qu’il ne lisait plus les Seli’hot après Roch Hachana, pas même seul chez lui.
Commentaires donnés en Tichri 5708: L’épouse du Rabbi Maharach, sa belle-mère, l’épouse du Tséma’h Tsédek et, de même, l’épouse de l’Admour Haémtsahi lisaient les Seli’hot pendant les dix jours de Techouva. Mais, les hommes ne le faisaient pas.
Mon grand-père, le Rabbi Maharach, raconta à mon père qu’une fois, il vit sa mère se rendre aux Seli’hot pendant les dix jours de Techouva, alors que son père, le Tséma’h Tsédek, étudiait la Torah. Il l’interrogea, à ce propos et le Tséma’h Tsédek lui répondit: «Il est un temps pour parler(7) et un autre pour agir».
J’ai fait remarquer que, selon ce qui écrit, on dit des Seli’hot pour le Tsom Guedalya. Mon beau-père, le Rabbi Chlita, m’a répondu: «Tsom Guedalya est un des quatre jeûnes(8)».
Vous transmettrez mon salut à tous vos proches,
Rav Mena’hem Schneerson,
Pour ne pas contrevenir à la sainteté de la fête, cette lettre n’est pas signée.
Notes
(1) 1930. Désormais publié dans les Rechimot, les notes que le Rabbi prit pour son usage personnel. Ce journal figure dans le premier volume de la traduction française. (2) 1947. (3) Le lendemain de Tsom Guedalya. (4) Ce sont les propos du précédent Rabbi. (5) C'est-à-dire les Seli’hot. (6) Rachab, son fils. (7) C'est-à-dire, en l’occurrence, pour lire les Seli’hot. (8) Commémorant la destruction du Temple, durant lesquels on dit effectivement des Seli’hot.
Lettre n°303
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°303, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Second jour de ‘Hol Hamoéd
Soukkot 5708,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav M.Perlov(1),
Je vous salue et vous bénis,
Nous avons bien reçu votre lettre du 20 Elloul 5707 et, concernant ce que vous me dites à propos des publications, je porte à votre connaissance les éléments suivants:
A) Conformément aux instructions de mon beau-père(2), le Rabbi Chlita, nul n’a le droit de rééditer un livre de ‘Hassidout ou l’un de nos livres éducatifs sans en avoir obtenu l’autorisation des éditions Kehot, à Brooklyn, New York.
B) Lorsque j’étais à Paris, j’ai confié la responsabilité de l’impression en Allemagne au Rav David Bravman(3). Je lui ai déjà indiqué ce qu’il devait faire imprimer.
C) S’il y a une possibilité d’éditer des livres également dans votre pays, veuillez nous en faire connaître les conditions. En tout état de cause, cette activité doit être organisée. Il est inutile de faire imprimer les mêmes livres dans deux endroits différents.
En conséquence, je vous demande de ne rien faire imprimer maintenant. Si vous avez une proposition à formuler, veuillez nous la faire connaître et en préciser les termes.
Vous trouverez ci-joint un discours ‘hassidique édité dernièrement.
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(4),
Pour ne pas contrevenir à la sainteté de la fête, cette lettre n’est pas signée.
Notes
(1) Le Rav ‘Haïm Morde’haï Perlov, d’Australie. Voir la lettre n°326. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°231. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°279. (4) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°304
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°304, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Tichri 5708,
Au ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav M.Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je pensais que vous viendriez ici, comme chaque année, pour Chemini Atséret et Sim’hat Torah, que nous pourrions nous rencontrer et converser. Il semble que, pour différentes raisons, cela n’ait pas été possible et que ce voyage n’ait pu se faire.
Tout cela est bien dommage. Nos Sages disent, au traité Roch Hachana 16b, que l’on est tenu de se rendre chez son maître, pour les fêtes, comme le dit le Kessef Michné, commentant le Michné Torah, lois de l’étude de la Torah 5, 7.
Actuellement, on applique ce principe moins scrupuleusement et différentes raisons ont été données, à ce propos. On peut aussi en citer une autre. Nous avons coutume de dire(2): «Nous ne pouvons plus monter, voir et nous prosterner devant Toi». Or, s’il est vrai que nous ne pouvons monter et voir, parce que «une main a détruit Ton Sanctuaire»(2), il reste possible de se prosterner devant Dieu en tout endroit et non pas uniquement dans le Temple.
On peut donc en conclure qu’il est deux manières de se prosterner: 1. On peut le faire de manière superficielle, par son corps ou, au mieux, par son action concrète, qui est également physique, en ne se révoltant pas contre le Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il. 2. On peut aussi le faire profondément, en faisant disparaître sa propre volonté devant celle de Dieu, en ne voulant rien d’autre que ce qu’Il veut. Une telle attitude est morale et on l’obtenait, à l’époque, en pèlerinant dans le Temple.
Depuis sa destruction, alors qu’il nous est impossible de nous prosterner(3) devant Dieu, un reflet du Temple peut être perçu à la synagogue et à la maison d’étude, c'est-à-dire pendant la prière, comme l’explique le Likouteï Torah.
Concrètement, on peut vérifier qu’il est bien difficile de soumettre à Dieu sa volonté, son intellect et les forces de son âme, lorsque l’on n’est pas aidé pour y parvenir. Chacun est convaincu de sa propre valeur et, dès lors, ne ressent pas le besoin de supprimer sa propre volonté. Bien plus, s’il comprend la nécessité de le faire, c’est qu’il est animé d’une profonde crainte de Dieu. Dès lors, pourquoi ne pourrait-il s’en remettre à son jugement personnel et à ses désirs?
La solution est donc la suivante. Il faut demander de l’aide à celui qui possède l’élévation, qui est parfaitement objectif, en la matière. On peut donc s’en remettre à son conseil pour servir Dieu. Or, le moment propice pour le faire est le temps des trois fêtes(4), comme c’était le cas lorsque nous possédions le Temple. Il est inutile de détailler tout cela.
Puisse Dieu faire que vous puissiez compléter cela par les lettres de mon beau-père, le Rabbi Chlita, au moins pour ce qui peut être écrit, jusqu’à ce que nous nous rencontrions de nouveau.
Je conclus en vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(5),
Notes
(1) Le Rav Moché Shayevitch. Voir la lettre n°194. Sur le contenu de cette lettre, voir également la lettre suivante. (2) Dans la prière de Moussaf des jours de fêtes. (3) De cette manière profonde. (4) Pessa’h, Chavouot et Soukkot. (5) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°305
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°305, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Tichri 5708,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, s’acquitte fidèlement
de sa tâche, le Rav Y.Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai pensé que nous allions nous rencontrer ici, à Soukkot, période pendant laquelle vous avez coutume de venir voir mon beau-père, le Rabbi Chlita. Nous aurions échangé nos souhaits pour une bonne et joyeuse année. Malheureusement, vous n’êtes pas venu, cette année. J’espère que vous allez bien et que vous êtes en bonne santé, avec tous les membres de votre famille.
Après la destruction du Temple, la qualité et la mission des Cohanim apparaît encore dans la bénédiction qu’ils accordent, pendant la prière. Et, de fait, les synagogues sont définies comme de petits Sanctuaires.
La ‘Hassidout explique l’un des apports, pour un Juif, du pèlerinage dans le Temple. Là, il avait la possibilité de se prosterner devant Dieu, non pas seulement de manière superficielle, par son corps, mais aussi par son âme, dont il soumettait toutes les forces, sa volonté, son intellect, ses émotions à Dieu.
En conséquence, une synagogue, dans laquelle on se prosterne avec profondeur, de la meilleure façon possible, est le véritable «petit Sanctuaire», celui qui est le plus proche du Temple.
C’est précisément ce que reçoit un ‘Hassid, lorsqu’il prie dans la maison d’étude de son Rabbi. Car, chaque ‘Hassid est, plus ou moins, soumis à son Rabbi. Et, lorsque ce ‘Hassid est un Cohen, il prononce la bénédiction des Cohanim dans la maison d’étude de son Rabbi. Il est alors beaucoup plus proche de celle qu’il aurait prononcé dans le Temple que s’il la disait dans n’importe quelle autre synagogue.
Car, la bénédiction des Cohanim dans le Temple était infiniment plus importante que celle qui était prononcée à l’extérieur de son enceinte, comme le dit la Michna 37b.
*
*
*
Comme vous le savez, à chaque Sim’hat Torah, au matin, on vend les versets de Ata Oreïta(2), selon l’organisation instaurée par mon beau-père, le Rabbi Chlita, au profit du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Cette année, vous n’étiez pas là et je me suis demandé que faire: 1. acheter un verset pour votre compte, 2. dans l’affirmative, pour quel montant le faire, d’autant que vous ne m’avez rien écrit, à ce propos.
Puis, je me suis dit que: 1. je devais prendre en compte les termes de l’Admour Hazaken, qui dit, dans le Tanya: «Je n’ignore pas que les temps sont difficiles et qu’il n’est pas aisé de gagner sa vie. Malgré cela, il n’est pas bon de fermer la main qui a toujours été ouverte, qui a toujours donné avec largesse et bienveillance», 2. la Tsédaka n’est qu’un prêt à Dieu, Qui le rembourse largement, dans ce monde, 3. il n’est pas bon que vos amis participent à une Mitsva et que vous ne le fassiez pas, 4. mon beau-père, le Rabbi Chlita, m’a dit, une fois, que l’on ne doit pas ouvrir la voie à une diminution, 5. on peut offrir un mérite à quelqu’un, même en son absence.
Je déduis de tout cela que, de mon point de vue, je dois considérer et dire que vous achetez un verset, comme vous l’avez fait, l’an dernier, et pour le même montant, c'est-à-dire dix huit fois dix huit dollars.
Les versets du Ata Oreïta récités le matin de Sim’hat Torah, que nous avons achetés pour ceux qui n’étaient pas là, ont été lus par mon beau-père, le Rabbi Chlita.
En vous souhaitant tout le bien, à vous et à tous les membres de votre famille,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(3),
Par envoi séparé, je vous ai adressé nos dernières publications. Vous voudrez bien me confirmer les avoir reçues.
Notes
(1) Le Rav Yaakov Kats, de Chicago. Voir la lettre n°174. Sur le contenu de cette lettre, voir également la lettre précédente. (2) Les versets précédant les Hakafot de Sim’hat Torah. (3) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°306
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°306, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Mar ‘Hechvan 5708,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav D.Bravman(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos lettres et je suis surpris que vous n’ayez indiqué aucune adresse pour vous écrire:
A) Vous trouverez ci-joint le texte des pages de garde et des avants propos du Atéret Roch, du Chaareï Ora, du Chaar Haémouna Vechaar Hai’houd.
B) Pour l’instant, il n’est pas nécessaire de rééditer le Tanya. Vous n’en enverrez ici que mille exemplaires et vous diffuserez les milliers qui restent dans votre région et, de façon générale, en Europe. Si les coûts d’impression sont ce que vous m’avez indiqués lorsque nous nous sommes rencontrés, vous en fixerez le prix, dans votre région, à au moins soixante cents et, pour le reste de l’Europe, à au moins soixante quinze cents.
C) Je pourrais vous indiquer le prix des autres livres lorsque vous me transmettrez les coûts de l’impression et de la reliure.
D) Le Rav Gorodetski(2) m’a dit vous avoir déjà envoyé mille marks, comme vous le lui avez demandé. Je lui ai dit de poursuivre le financement, en fonction de ce que vous lui réclamerez. De même, vous paierez l’impression et la reliure avec le produit des ventes.
E) Vous avez sûrement commencé l’impression du Choul’han Arou’h. Vous l’achèverez au plus vite et vous vous efforcerez d’en soigner l’esthétique, pour l’impression comme pour la reliure. J’attends ici quelques précisions sur le texte de la page de garde, que je vous adresserai lorsque je les obtiendrai.
F) Vous trouverez sûrement le Chaar Haémouna et le Chaar Hay’houd chez les ‘Hassidim de votre ville ou à Paris.
G) Vous trouverez, ci dessous, la réponse de mon beau-père, le Rabbi Chlita, à votre question personnelle(3).
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(4),
Notes
(1) Le Rav David Bravman, responsable des publications en Europe. Voir la lettre n°279. (2) Le Rav Binyamin Gorodetski, responsable des bureau européen d’aide aux réfugiés, chargé du financement des publications en Europe. (3) Le Rabbi note, en bas de page: «(Mon beau-père, le Rabbi Chlita, a répondu:) «Je pense qu’il ferait bien de se rendre en Erets Israël et se tenir prêt à travailler là-bas. Mais, il doit d’abord achever les publications, là où il se trouve». D’après la nature de notre conversation, il entendait, par travailler, se consacrer au renforcement de la Torah et des Mitsvot.» (4) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°307
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°307, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Mar’Hechvan 5708,
A mon proche parent, ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez sûrement reçu, en son temps, mon précédent courrier et j’espère que vous accédez aux requêtes qui y étaient formulées.
Je viens maintenant vous demander de faire parvenir, au plus vite, la lettre ci-jointe au Rav D.Bravman(2) et je vous en remercie par avance.
De même, vous voudrez bien lui prêter le Ner Mitsva Vetorah Or, qui est le Chaar Haémouna Vechaar Hay’houd, de l’Admour Haémtsahi, se trouvant chez votre beau-frère, le Rav C.Z.(3) et de le lui expédier au plus vite(4). Si votre beau-frère ne le possède pas, vous le trouverez sans doute chez l’un des ‘Hassidim.
Je vous en remercie d’avance et salue tous les membres de votre famille,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(5),
Notes
(1) Le Rav Chnéor Zalman Butman, alors à Paris. Voir la lettre n°273. (2) Il s’agit de la lettre précédente. (3) Le Rav Chnéor Zalman Schneersohn, de Paris. (4) Afin de le faire éditer. (5) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°308
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°308, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Mar’Hechvan 5708,
Au grand Rav, ‘Hassid érudit qui craint Dieu,
le Rav C.Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de la veille de Soukkot(2):
Concernant la lecture du Hallel pendant le sacrifice de Pessa’h
Avant de répondre, à mon humble avis, aux questions soulevées dans votre lettre, je voudrais souligner encore une fois ce que je disais dans mon précédent courrier, peut-être sans insister autant qu’il aurait fallu le faire. Une Tossefta explique clairement que les Léviim étaient ceux qui lisaient le Hallel. Les Tossafot et le Rambam le disent également. Il s’agit donc, en l’occurrence, d’imaginer une controverse nouvelle, en supposant que Rachi s’oppose à ces avis et considère que tous lisaient le Hallel.
J’écrivais donc, à ce propos, que la position de Rachi peut être établie d’après son commentaire des traités Pessa’him et Soukka, de même que selon les Tossafot, dans ce dernier traité. Or, ces références ne permettent absolument pas d’imaginer une telle controverse et de penser qu’il puisse avoir une opinion aussi surprenante. Bien plus, les termes employés par Rachi se prêtent beaucoup mieux à l’interprétation que je développais auparavant.
Vous m’écrivez que Rachi, dans son commentaire du traité Pessa’him, ne voulait effectivement pas dire que les Juifs(3) récitaient également le Hallel. En revanche, vous ne voyez pas comment interpréter d’une autre manière son commentaire du traité Soukka. Que signifie votre affirmation? Le traité Pessa’him est la référence essentielle de cette question. Or, Rachi ne donnerait là aucune précision et il n’apporterait une explication claire qu’au traité Soukka, dans lequel la Michna nous enseigne uniquement le nombre de sonneries du Choffar qui doivent retentir pendant le sacrifice du Pessa’h, alors qu’il suffit, pour le comprendre, de savoir qu’il y avait trois groupes, récitant chacun trois fois le Hallel?
J’ai déjà écrit que l’on pouvait expliquer également les termes des Tossafot, dans le traité Soukka. Et, même si cette explication n’est pas pleinement satisfaisante, elle l’est, en tout état de cause, beaucoup plus que celle qui découvre dans les propos de Rachi, d’une manière seulement allusive et dans le traité Soukka, qui n’est pas sa place, une contradiction de la Tossefta, laquelle est pourtant clairement exprimée, sans même en indiquer la référence. Or, c’est bien cette interprétation que vous proposez!
Vous dites aussi qu’il y a un passage talmudique établissant clairement que les Juifs(3) lisaient le Hallel. Mais, vous devez lui trouver une explication d’après les Tossafot et le Rambam. Or, cette explication, lorsque vous l’aurez trouvée, peut s’appliquer également à Rachi.
Vous citez le traité Pessa’him 95b et 117b: «Peut-on imaginer que les Juifs sacrifient le Pessa’h ou agitent les quatre espèces sans dire le Hallel?». Vous en déduisez que la lecture du Hallel n’est pas un des aspects de ce sacrifice, mais bien un acte du service, à part entière, qui incombe donc aux Juifs(3), au même titre que la bénédiction sur les quatre espèces.
Il semble qu’ici, votre preuve est double: 1. La lecture du Hallel ne fait pas partie du service de Dieu dans le Temple. Elle ne concerne donc pas uniquement les Léviim. 2. Tous les Juifs agitent les quatre espèces et, en conséquence, doivent aussi lire le Hallel.
Ma réponse est la suivante:
1. Il s’agit bien ici d’un sacrifice et les pratiques qui le concernent engagent donc les Léviim. Du reste, Rachi explique qu’il faut réciter le Hallel, parce que c’est une Mitsva. Il souligne ainsi qu’en plus de la joie qu’inspire ce moment, conduisant à réciter le Hallel, il est également une Mitsva, en l’occurrence celle d’apporter un sacrifice. Mais l’on peut encore s’interroger, sur ce point.
2. S’agissant de la question de savoir qui est concerné, on peut retrouver ici les deux situations extrêmes. Pour les quatre espèces de la fête, il est clair que tous les agitent. Pour le Hallel de Pessa’h, en revanche, la lecture en est faite par les Léviim. Ceci est conforme à la nature même de la Mitsva. Les quatre espèces sont un précepte matériel(4), qui est donc mis en pratique par chacun. La lecture du Hallel est donc également faite par chacun. En revanche, le traité Kiddouchin 41b souligne qu’un seul Cho’het sacrifie le Pessa’h en tant qu’émissaire de tout le groupe. Dès lors, le Hallel peut aussi être dit par les Léviim, émissaires de tous les enfants d’Israël.
On peut consulter, à ce propos, le Maassé Nissim, de Rabbi A. Maïmon, chapitre 1, cité par le Sefer Hamitsvot de Rabbi Saadya Gaon, du Rav Perl, aux Injonctions 59 et 60. Bien évidemment, je n’introduirai pas ici la question de savoir si les Cohanim agissent, quant à eux, en tant qu’émissaires de Dieu ou non.
Du reste, un autre point peut être souligné. D’après l’avis qui vient d’être cité, se demandant si le Cho’het peut être un Israël, on peut comprendre que celui qui n’a pu disposé des quatre espèces jusqu’à la fin de la prière(5), doit lire une seconde fois le Hallel.
Je ne dispose pas des responsa Tsafnat Paanéa’h, tome 2 et du ‘Houkat Hapessa’h.
Vous consulterez la description du sacrifice de Pessa’h fait par le Séder Hadorot, de l’année 2935(6), selon laquelle les Cohanim lisaient le Hallel. Ce même récit, figurant dans le Sidour du Yaabets, ajoute que le propriétaire du sacrifice le lisait également. Je ne dispose pas du Chevet Yehouda, référence de cette description et je ne peux donc pas en comparer les versions.
Concernant les deux plats(7) à l’époque du Temple
Vous n’avez pas apprécié que je vous ai soupçonné de ne pas avoir consulté la Michna et le Yerouchalmi. Que puis-je faire, si ce n’est vous rappeler les termes de votre propre lettre: «Il est évident que ces deux plats furent introduits après la destruction du Temple. Rien n’indique, dans le Yerouchalmi, qu’à l’époque du Temple, déjà, on prenait ces deux plats. Il est impossible d’aboutir à une telle conclusion.» Or, dans votre seconde lettre, vous écrivez vous-même: «Le Yerouchalmi dit que, à l’époque du Temple, on prenait déjà ces deux plats»!
Bien plus, je ne sais que penser de votre seconde lettre. A l’issue de votre analyse, dans laquelle vous citez la Boraïta, que rapporte le Yerouchalmi, selon laquelle «à l’extérieur de l’enceinte du Temple, on prenait ces deux plats», vous concluez: «Il semble qu’il s’agisse là d’un ajout du Yerouchalmi par rapport à la Michna, laquelle statue uniquement sur la période de l’exil. C’est pour cela qu’est ici précisée la pratique en vigueur à l’extérieur de l’enceinte du Temple».
Or, la Boraïta que cite le Yerouchalmi est claire pour quiconque prend connaissance de la Michna. Dans la version qu’en donne le Yerouchalmi, en effet, il n’est pas question de ces deux plats. C’est pour cela que cette précision est donnée par la Boraïta, laquelle, en revanche, n’a pas sa place dans le Babli.
On ne peut donc penser que, selon la Boraïta, on prend ces deux plats non seulement pendant la période de l’exil, mais aussi à l’extérieur de l’enceinte du Temple, puisque la pratique consistant à prendre ces deux plats n’a pas encore été définie.
A ce propos, vous consulterez les Tossafot, au traité Be’horot 22b et les différentes versions de la Michna, entre le Babli et le Yerouchalmi.
Voici donc la seule preuve que l’on puisse tirer de la Boraïta, pour l’époque à laquelle fut dite la Michna. L’une et l’autre concernent bien la période du Temple, puisque l’on y indique la pratique en vigueur à l’extérieur de son enceinte, sans ajouter: «à l’époque actuelle et dans les autres endroits». Il ne s’agit pas d’une preuve irréfutable, car on peut déduire la pratique, à l’époque actuelle, de celle qui était en application à l’extérieur du Temple, c’est bien évident.
Pour revenir à notre propos:
1. Il est clair qu’à l’extérieur de Jérusalem, on ne disposait pas du sacrifice de Pessa’h. Lorsque la Michna dit qu’on l’offrait dans le Temple, elle parle donc de Jérusalem, lorsque celui-ci était bâti.
2. Il est clair que, en tout endroit, pendant la période de l’exil et à l’extérieur de l’enceinte du Temple, lorsque celui-ci existait, on apportait deux plats. Le Yerouchalmi l’établit clairement et le Babli ne le conteste pas.
Je considère, néanmoins, que cette Michna, ne donnant aucune précision, s’applique, en fait, à toutes les époques, à tous les lieux et à toutes les personnes. Elle dit donc que, dans tous ces cas, on apporte deux plats, à l’exception de la dernière situation évoquée, c'est-à-dire lorsque l’on se trouve à l’intérieur du Temple.
C’est sur ce point que vous n’êtes pas d’accord. Selon vous, la Michna s’applique à Jérusalem, pendant le temps de l’exil et en tout autre endroit, durant l’exil. En revanche, elle ne dit pas ce qui se passait, à l’époque du Temple, à l’extérieur de Jérusalem, en Erets Israël et dans le reste du monde, là où se trouvait la majorité numérique du peuple juif, alors que la pratique était la même que celle de la période actuelle!
J’en viens maintenant aux questions que vous vous posez sur mon interprétation:
A) «La Michna peut-elle envisager un cas exceptionnel et accessoire, par exemple un malade ou quelqu’un qui se trouvait à l’extérieur d’Erets Israël et, ensuite seulement, préciser la pratique dans le Temple?»
Je ne comprends pas cette objection. Car, bien au contraire, si l’on adopte votre lecture de la Michna, son début parle de toutes les époques, de tous les lieux et de toutes les personnes, à l’exception de ceux qui sont purs, en bonne santé, se trouvent à Jérusalem, à l’époque du Temple et sont inscrits dans un groupe pour offrir le Pessa’h.
A ce stade de l’analyse, on peut se demander si ceux qui sont à Jérusalem et n’ont pas la possibilité de disposer du sacrifice de Pessa’h doivent adopter une quelconque pratique pour le remplacer. La Michna propose donc deux situations: ou bien l’on apporte ces deux plats, ou bien l’on dispose du Pessa’h.
Même si l’on considère que l’application de cette Michna est limitée à l’époque du Temple, ce qui, à mon humble avis, n’est pas le cas, on ne peut s’interroger sur sa formulation, puisque la majorité numérique du peuple juif se trouvait alors à l’extérieur d’Erets Israël, comme l’établit la fin du troisième chapitre du traité Chekalim.
B) «Pourquoi le Temple désignerait-il uniquement la ville de Jérusalem, à l’extérieur de son enceinte?»
C’est ce que dit le traité Chekalim 1, 3: «Le 15, on disposait les tables (près desquelles prenaient place les changeurs(8) de monnaie). Le 25, ils prenaient place dans le Temple». Le Yerouchalmi Pessa’him précise qu’ils étaient réellement assis, ce qui est interdit dans l’enceinte du Temple. Ils se trouvaient donc sur le mont du Temple ou bien à Jérusalem(9).
Le Babli, au traité Sotta 40b, dit que «l’esplanade des femmes n’a pas été consacrée, au même titre que le reste du mont du Temple» et le traité Kelim 1, 8, n’expose qu’une précaution introduite par nos Sages. Il en est donc de même, pour ce qui fait l’objet de notre propos.
Je n’oublie pas le commentaire de Rabbi Ovadya de Bartenora. Mais, il faut dire que le mont du Temple, correspondant au campement des Léviim, est bien qualifié de «Temple», dans le commentaire de Rachi. Ou bien il faut dire qu’ils s’asseyaient à même la table, ce qui ne figure pas dans les propos de Rachi. En tout état de cause, je ne peux instaurer l’unanimité parmi tous les commentateurs.
Le commentaire de la Michna(10), traité Roch Hachana, début du quatrième chapitre, dit: «L’ensemble de Jérusalem est considéré comme partie intégrante du Temple». Ces propos doivent être interprétés au sens littéral et non comme définissant uniquement une identité de statut. On consultera également le Tiféret Israël, à la même référence.
Vous désirez retrouver ici la controverse qui oppose Rachi et le Rambam, au début du quatrième chapitre de Roch Hachana, sur la définition du Temple. Mais, à mon humble avis, il faut considérer les questions que posent les commentateurs sur ces deux avis. D’après ce qu’ils disent, leur controverse ne peut porter que sur ce qui n’est pas clairement précisé par la Michna. Ainsi, les traités Maasser Cheni 3, 4 et Erouvin, fin du chapitre 10, doivent en être écartés. Ceci permet de résoudre de nombreuses objections.
Il en est de même pour notre Michna, dont l’auteur précise le sens. Il indique donc que, dans le Temple, on apportait le sacrifice de Pessa’h, là où on pouvait le faire, de même que l’on prenait place, dès le 25, auprès des tables, là où on pouvait le faire. On peut en déduire ce que recouvre le terme de Temple.
Vous m’écrivez que «l’on consommait le sacrifice de Pessa’h dans toute la ville de Jérusalem et non dans le Temple». On peut s’interroger, à ce sujet. Etait-il interdit de consommer ce sacrifice dans le Temple? Il est dit, certes, qu’ils le quittaient pour en griller la viande. Mais, c’est parce que, pour la plupart, ils emportaient ce sacrifice chez eux. Néanmoins, il eut été permis de le manger dans le Temple, car il s’agit bien d’un sacrifice et non d’une nourriture profane.
Un verset aurait été nécessaire pour faire la preuve que ce sacrifice peut être consommé à l’intérieur du Sanctuaire, car, d’ordinaire, on ne mange pas, dans cet endroit, sauf s’il est dit que «vous le consommerez dans l’endroit le plus sacré», car, selon le traité Zeva’him 63a, «on ne peut manger en présence de son Maître».
On peut aussi se demander si ceux qui consommaient le Pessa’h dans l’esplanade du Temple avaient, devant eux, uniquement le sacrifice ou également des herbes amères. Peut-être faut-il appliquer ici la controverse qui oppose Rachi aux Tossafot, dans le traité Mena’hot 21b, ou bien considérer que, d’après tous les avis, on apportait ces herbes amères, ou encore, on ne les apportait pas.
Ce qui vient d’être dit nous permettra de comprendre pourquoi, selon la version que le Yerouchalmi donne de notre Michna, on ne dit pas que, dans le Temple, on apportait «également(11)» le sacrifice de Pessa’h proprement dit, mais nous n’entrerons pas ici dans cette analyse.
Concernant la sonnerie du Choffar, lorsque Roch Hachana est un Chabbat
Vous me dites ne pas avoir trouvé, dans le Choul’han Arou’h de L’Admour Hazaken, que l’on ne sonne pas du Choffar, lorsque Roch Hachana est un Chabbat, car il y a là une action profane. Voici donc les termes de l’Admour Hazaken, chapitre 588, paragraphe 4: «Lorsque Roch Hachana est un Chabbat, on ne sonne pas du Choffar, car le faire serait un acte profane».
Cette explication est surprenante, car un acte profane est ainsi interdit et renforcé par le décret de Rabba(12). Tel n’est pas l’avis des Tossafot. Selon le Maguen Avraham et le Ma’hatsit Hachékel, on transgresserait deux Interdits de nos Sages en le sonnant. On peut en déduire que, selon eux, le décret de Rabba est la raison essentielle de cette interdiction.
C’est ce qu’indique une consultation rapide du Talmud et de ses commentaires.
J’espère que vous ne m’en voudrez pas pour mes remarques et je vous souhaite tout le bien,
M. Schneerson,
J’ai entendu dire que, vous éditiez parfois, dans les revues paraissant en Erets Israël, une critique des ouvrages dernièrement publiés. Or, peu nombreux sont les Juifs ayant la crainte de Dieu qui possèdent à la fois la plume facile et de bonnes connaissances de la ‘Hassidout et de ses écrits, en particulier de l’enseignement de ‘Habad.
Dernièrement, se multiplient ceux qui désirent savoir ce que sont la ‘Hassidout et ses pratiques. A mon humble avis, il serait bon que vous consacriez au moins une partie de vos articles, aux parutions d’Otsar Ha’hassidim(13), aux anciens livres comme aux nouveaux.
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem. (2) Qui était une réponse à la lettre n°295. (3) Qui n’étaient pas des Léviim. (4) Impliquant une action concrète. (5) Dans laquelle il a donc récité le Hallel sans tenir les quatre espèces. (6) 825 avant l’ère vulgaire. (7) Figurant sur le plateau du Séder. (8) Permettant à chacun de verser le demi-Shekel au Temple. (9) Et la Michna dit, néanmoins, qu’ils prenaient place dans le Temple. (10) Du Rambam. (11) C'est-à-dire avec les herbes amères. (12) Qui interdit de sonner le Choffar, lorsque Roch Hachana est un Chabbat, de peur que celui qui ne sait comment sonner se rende chez un érudit et le transporte ainsi dans le domaine public. (13) Des éditions Kehot.
Lettre n°309
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°309, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Mar’Hechvan 5708,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu,
le Rav B.T.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez certainement déjà reçu la réponse du comité(2), autorisant la délivrance de reçus provisoires, sans indication d’adresse, en prévenant que le reçu définitif sera envoyé, par la suite.
Conformément à votre demande, plusieurs publications vous ont été adressées, en particulier, par poste aérienne, une biographie, en anglais, de mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui doit satisfaire votre demande. Vous me confirmerez avoir bien reçu tout cela.
De façon générale, il n’est pas nécessaire d’éprouver différents scrupules et de filtrer ses propos «par treize tamis»(3) avant de parler du Maamad(4), d’autant que, ces dernières années, il a été clairement souligné qu’il(5) est le chef de tout le peuple juif. Son oeuvre concerne chacun. Souvent, il se consacre également à ceux qui sont éloignés de la Torah et des Mitsvot. Pour autant, il ne faut pas en parler(6) à tous et l’on doit se méfier de ceux qui, par la suite, causeront du tort en disant: «C’est moi qui ai enrichi Avram».
Deux points sont à souligner, à ce propos: 1. La participation doit être respectueuse. De fait, nos Sages disent que ce que l’on donne à un érudit, qui qu’il soit, est comparable aux prémices offertes dans le Temple et non uniquement aux prélèvements agricoles. 2. L’initiative doit venir de celui qui le donne et le responsable n’est nullement un collecteur de fonds, ce qu’à Dieu ne plaise.
Il faut donc expliquer qu’à défaut de pouvoir prendre part à l’oeuvre du Rabbi, ce que chaque Juif aurait effectivement dû faire, on donne sa contribution au Maamad. Ainsi, A) On lui retire ce soucis(7), afin qu’il ne le dérange pas dans ses accomplissements. B) Point essentiel, on prend ainsi une part effective à son oeuvre sacrée. En prenant conscience de cela, on peut donner, d’une manière différente, un montant différent.
Dans toute la mesure du possible, il faut également s’efforcer de rapprocher celui qui le donne, avec les membres de sa famille, de la notion de Rabbi et de chef du peuple juif, en lui parlant, en s’intéressant à lui, en lui donnant ses écrits, ses mémoires, ses causeries.
Concernant le rôle que vous pouvez jouer, dans le domaine de l’éducation, partout où vous pourrez vous trouver, vous devez savoir que c’est l’une des missions qui vous a été confiée. Pour autant, vous ne devez pas oublier le but essentiel de votre voyage.
Vous pouvez envoyer ce dont vous disposez, sans attendre le reste, au Rav Moché Gour Aryé, de Tel Aviv. Il est possible que soit bientôt achevée l’écriture du Séfer Torah pour aller à la rencontre de notre juste Machia’h. Ceux qui souhaitent y participer doivent donc le faire au plus vite.
Vous voudrez bien demander au Rav Binyaminson(8) et au Rav A.Cohen de répondre, le plus rapidement possible, au questionnaire qui leur a été envoyé par le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h pour faire le point sur la diffusion.
Je conclus en vous saluant, de même que tous les vôtres et en vous souhaitant tout le bien,
Mena’hem Schneerson,
Vous tirerez sûrement profit des jours particuliers, le 20 Mar’Hechvan(9), le 10(10) et le 19(11) Kislev, pour mettre en pratique la mission qui vous a été confiée.
Notes
(1) Le Rav Ben Tsion Chem Tov. Voir la lettre n°272. (2) De coordination des implantations des ‘Hassidim. (3) Comme on le faisait, dans le Temple, pour la mesure d’orge de l’Omer. (4) Il ne faut pas craindre de choquer. Voir, à propos du Maamad, la lettre n°269. (5) Le précédent Rabbi. (6) Du Maamad. (7) Financier. (8) Le Rav Yera’hmyel Binyaminson, de Londres. (9) Anniversaire du Rabbi Rachab, père du précédent Rabbi. (10) Fête de la libération de l’Admour Hazaken. (11) Fête de la libération de l’Admour Haémtsahi.
Lettre n°310
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°310, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 ‘Hechvan 5708,
Au distingué ‘Hassid, qui se consacre aux besoins
communautaires, le Rav M.‘H.(1), le Cho’het,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, il y a déjà quelques temps. Vous ne m’en voudrez pas d’avoir pris du retard pour vous répondre, du fait de mes nombreuses occupations.
Les livres que vous avez demandés vous ont été envoyés en deux colis. Une partie des causeries et des discours ‘hassidiques sera prise en charge par le Keren Hamatsot(2). En effet, vous m’écrivez que vous désirez les mettre à la disposition du plus grand nombre. Vous voudrez bien me confirmer avoir reçu ces colis.
Vous m’interrogez sur l’affirmation du Guide des égarés, tome 2, chapitre 42, selon laquelle l’épisode de Bilaam qui, en chemin, conversa avec son âne relève de la prophétie. Vous vous demandez pourquoi s’écarter à ce point du sens simple du verset.
Le Ralbag, au début de la Parchat Balak, en donne la raison: «On peut se poser de fortes questions sur ce récit. Comment l’âne put-il avoir la vision d’un ange de Dieu? En fait, seul un prophète peut avoir une telle apparition, comme le dit la fin du livre de Daniel. Les hommes qui l’accompagnaient ne le virent pas. Pourquoi, dans un premier temps, Bilaam ne vit-il pas cet ange, alors que celui-ci portait son épée et entendait lui dire ce qu’il devait faire? Pourquoi un tel miracle, celui qui donna la parole à un âne, fut-il nécessaire? Et, l’on sait que Dieu ne fait pas de miracles inutiles. Or, nos Sages interprètent bien ce récit en son sens littéral. C’est pour cela, disent-ils, que la bouche de l’âne fut créée au coucher du soleil(3)». Il cite ensuite l’explication du Guide des égarés.
Le traité Avot indique que ce récit est à interpréter au sens littéral. Et l’on peut donc répondre à ces questions de la manière suivante:
A) Comment l’âne put-il voir l’ange, ce qui est possible uniquement à un prophète, comme le dit le livre de Daniel?
Le Ramban, commentant le verset Béréchit 18, 2, que cite le Abravanel dans son commentaire du Guide des égarés, affirme qu’il n’est pas nécessaire d’être prophète pour avoir la vision d’un ange. Ou peut-être faut-il dire, comme l’avance le Ramban dans son commentaire du verset Béréchit 22, 33, que l’âne ressentit la présence de l’ange ou le vit, sans comprendre ce qu’il était. Il s’écarta donc, par peur de l’épée, comme l’aurait fait n’importe quel animal.
Bilaam ne vit pas tout cela, n’aperçut pas l’épée. En effet, il est dit que les démons se cachent des yeux des hommes, car ceux-ci, étant doués de discernement, pourraient être troublés en les voyant, ce qui serait un danger pour eux. Rien de tel n’est vrai pour les animaux.
Le traité Bera’hot 6a dit que, si l’oeil avait obtenu l’autorisation de voir, nul n’aurait pu supporter cette vision. Et l’interprétation que donne le Rav Katsen de cette affirmation ne correspond pas à son sens premier.
Vous consulterez également le Midrach Talpyot qui, à l’article «l’âne de Bilaam», développe une autre explication.
B) Pourquoi Bilaam ne vit-il pas d’emblée l’ange qui était là pour lui indiquer ce qu’il devait faire?
Cette question peut être écartée d’après ce que dit le Zohar Balak, page 206b, selon lequel la perception de Bilaam passait par son âne. Par ses actes, il désirait et pouvait maudire Israël. Il fallait donc, tout d’abord, annihiler sa sorcellerie et son pouvoir maléfique.
Nos Sages disent aussi, dans le traité Bera’hot 7a, que si Dieu s’était emporté, pendant cette période, Bilaam aurait pu mettre ses plans à exécution. Ainsi, il est clair que la vision de l’ange n’était pas suffisante.
C) Quelle était la raison d’être de ce miracle, qui fit parler un âne?
D’après ce qui vient d’être dit, Bilaam voulait maudire Israël par l’intermédiaire de son âne. Il se produisit donc un miracle au sein d’un miracle et c’est précisément grâce à cet âne que son dessein fut déjoué(...). Le Yalkout Chimeoni dit, à ce propos: «Les princes de Moav s’étonnèrent, assistant à un miracle dont ils n’avaient pas vu l’équivalent dans le monde».
Le Zohar, tome 3, page 209b, dit: «Par les paroles de l’âne, il fut déshonoré, comprit qu’il avait perdu sa force. On peut en conclure que les animaux ne tombent pas sous l’emprise des forces du mal»(...).
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Bien évidemment, je reste prêt à répondre à vos questions, à l’avenir, dans la mesure de mes moyens. Mais ne m’en veuillez pas si, du fait de mes nombreuses activités, je vous réponds avec retard.
Notes
(1) Le Rav Meïr ‘Haïm ‘Haïkin. Voir les lettres n°335 et 400. (2) Le fonds créé par le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, pour fournir des Mezouzot, des Tsitsit et des Tefilin aux réfugiés, en Europe. (3) Du sixième jour de la création.
Lettre n°311
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°311, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Kislev 5708,
Monsieur M. C. Slonim(1)
22, Re’hov Mikwé Israël,
Tel Aviv,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai vu votre livre, la «biographie de la famille du Rabbi de Lyadi» et je l’ai emprunté à la bibliothèque de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Vous avez fait là un travail considérable et utile. Il semble, toutefois, que vous ne disposiez pas de toutes les sources nécessaires, en particulier des manuscrits ou des traditions familiales.
Vous demandez, au début du livre, dans l’avant propos, que l’on vous adresse des critiques. C’est donc ce que je ferai(2), dans l’ordre des pages, afin de rectifier ce qui manque de précisions:
Page: Ligne commençant par:
5 Dor
1874, ou 1774 dans le tableau des corrections. C’est, en fait 1773. 5 Hou
5583, comme l’indique votre propre livre, à la page 45. 5 Bichnat
5549, d’après ce qui a été expliqué le 19 Kislev 5693, aux
paragraphes 6 à 8, on peut déduire qu’il est né en 5547 ou 5548 et a
quitté ce monde en 5636. Selon une autre version, il est né après le
décès de Rabbi Mena’hem Na’houm de Tchernobyl et reçut son nom.
C’est ce que dit une lettre du 17 Tevet 5699. 8 Mitsraïm
Il est quatre régions, ce qui signifie que l’on peut y envoyer un
collecteur de fonds. Il fallait donc expliquer ce que le plus grand
nombre ne connaît pas. 21
Toute cette page doit être modifiée en fonction des mémoires de mon
beau-père, le Rabbi Chlita, selon son discours du 18 Elloul 5705.
Ainsi, du fait du mouvement qui se répandait pour rejeter la foi et les
Mitsvot, avant que la Haskala ne voit le jour, le grand-père et le
père de Rabbi Barou’h durent quitter Pozen. Rabbi Barou’h lui-même
naquit à Vitebsk et l’Admour Hazaken, près de Lyozna. Rabbi
Issa’har Ber était le prédicateur et non le Rav de la ville. 23 Bo
Il est faux que l’Admour Hazaken soit venu à Vilna avant d’aller à
Mézéritch. Le Hatamim, tome 2, page 50, dit qu’il se rendit, en
cachette, à Vilna, entre 5533 et 5536. Une autre fois, il y alla, sans se
cacher, avec Rabbi Mena’hem Mendel de Horodok. 24
Il est inconcevable qu’on lui proposa, en 5533, de diriger les
‘Hassidim, quand on connaît l’état de ses relations avec Rabbi
Avraham l’ange et Rabbi Mena’hem Mendel de Horodok. Vous
consulterez, encore une fois, le Hatamim, tome 2, page 49, qui
rapporte ces faits. 25
Il faut préciser que les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour
Hazaken, furent imprimées en 5554.
Alef de ‘Hol Hamoed Ce n’est pas exact, car il fut emprisonné au lendemain de Sim’hat
Soukkot
Torah, comme l’explique le discours du 19 Kislev 5693, au
paragraphe 7 et la Meguila du 19 Kislev. Il n’a pas été emprisonné le
premier jour de ‘Hol Hamoéd Soukkot, comme vous le dites dans
votre livre. Vous consulterez le début du chapitre 12 du «Rav de
Lyadi» et le Michnat Yoël, à la page 71. C’est aussi ce que dit le
Hayom Yom. 26 Karov
Il faut dire «plus de dix». 26 Rabbi
Vous dites que l’Admour Hazaken décida de voyager. En fait, il
désirait aider ceux qui vivaient dans les villages. Vous consulterez la
lettre de l’Admour Hazaken, dans laquelle il parle de ce voyage, qui
est imprimée dans le Guinzeï Nistarot. 26 Heï’han
Où cela est-il écrit? Il est impossible que l’Admour Hazaken ait posé
une telle question, car le paragraphe Vechamerou figure dans le
Sidour du Ari Zal et dans le Michnat ‘Hassidim. 29 Hitpalel
Pour ses enfants. C’est une erreur, car l’Admour Haémtsahi était à
Krémentshug, alors que Rabbi ‘Haïm Avraham était malade, comme
l’indique la lettre de l’Admour Haémtsahi, dans le Séfer
Hami’hatvim, page 62. La même référence indique que Rabbi Moché
ne les accompagnait pas. 31
Les paragraphes commençant par «à cette époque là» et «de cette
façon» ne correspondent pas à la manière d’écrire de l’Admour
Hazaken. Je me demande de quelle source ils sont extraits. 33 Alef
D’après les références talmudiques?
Al
D’après le Ari Zal?
Dalet
Le Chaar Hay’houd Vehaémouna a été omis.
‘Heth
Le Bad Kodech. La lettre de demande a été adressée à l’Admour
Haémtsahi, selon mon introduction au Bad Kodech publié par Otsar
Ha’hassidim. L’auteur du commentaire du livre de Ruth est Rabbi
Aharon de Strochély. C’est ce qui est dit dans Hayom Yom.
Vous parlez d’une Haggada de Pessa’h basée sur la Kabballa. Vous
faites sans doute allusion à la Haggada Sod Kedochim, parue à
Varsovie, en 5646. Mais, celle-ci n’est pas basée sur la Kabballa,
même si sa page de garde dit que les commentaires de ‘Hassidout
qu’elles rapportent le sont. Quelques explications de l’Admour
Hazaken, provenant du Sidour et de Likouteï Torah, y sont
mentionnés. 46 Dalet
D’après la Kabballa et avec les commentaires de la ‘Hassidout. Cela
fait effectivement référence à la ‘Hassidout et le Dére’h ‘Haïm est la
troisième partie de ce livre.
Hé
Le Chaar Hapourim a été omis.
‘Heth
Il faut dire Hamilot et non Hamilim. Il s’agit de la dernière édition.
Teth
Le Maamar Hahitbonenout est, en fait, le Chaar Hay’houd, jusqu’à la
fin du chapitre 61.
Youd
Les ajouts dont il est ici questions sont ceux du Torat ‘Haïm.
Youd Alef
Le fascicule auquel vous faites allusion est vraisemblablement la
seconde partie de Chaar Hatechouva Vehatefila, qui a déjà été cité.
12
Il faut préciser qu’il est né en Tamouz 5539.
5574
La sainte lettre. C’est, en fait, Igueret Hakodech. 49 Omerim
Son mari. Le père du Tséma’h Tsédek était alors à Lyozna et cet
émissaire était le Rav Yaakov de Smilyan, selon le discours du 20
Kislev 5693, au paragraphe 11. 52 Alef
Voir plus haut la remarque concernant la page 5. 57 5585
Il semble que ce paragraphe soit reproduit du Hayom Yom, mais il
faut dire 5587. De plus, ce paragraphe doit être présenté comme la
suite du précédent. 58 Négued
Il faut dire Riga et non Rigoul. 62 Kaf Hé
Il faut dire 28 et non 25. 65 Zaïn
Il faut préciser qu’il est né le 2 Iyar 5594. 66 613
Il faut remplacer Elloul par ‘Hechvan. Toute cette page doit être
modifiée et corrigée d’après le Sefer Hatoldot Admour Maharach,
édité à Brooklyn, en 5707. 83 140
Elle s’appelait Sterna.
141
Il faut préciser que son épouse s’appelait Yo’hébed. Son nom de
jeune fille était Shenberg. 84 149
Il faut ajouter que son épouse, en premières noces, était Malka, la
fille de son frère, Rabbi Avraham (141). 85 156
Il faut corriger ce passage d’après les pages 22 et 23 du Séfer
Hatoldot. 87 158
Même remarque. 88 159, 160, 161
Même remarque. 85 Bito
Il faut dire 5625 au lieu de 5628. 86 Bemaamad
Il faut dire 5635 au lieu de 5638.
Beyoud Alef
Même remarque. 87 5659
Vous avez omis, peut-être intentionnellement, le mot «sioniste».
Sifrav
Il faut ajouter le ‘Hano’h Lenaar, qui était son premier testament, le
Kountrass Ets ‘Haïm, le Kountrass Haavoda et le Torat Chalom.
Tous ces livres ont été édités à Brooklyn, par les éditions Otsar
Ha’hassidim. 106 A’har 282
Il faut ajouter Malka qui, en premières noces, épousa son oncle,
Rabbi Na’houm Schneersohn (149) et, en secondes noces, le
Rav Pin’has Zanis.
Il faut ajouter aussi le Rav Ben Tsion Schneersohn et son épouse
Tsilya. Une note, en bas de page, doit présenter leurs enfants, 156,
160, d’après le Séfer Hatoldot précédemment cité. 110 303
Il faut préciser que son épouse était Brondka Guezuntheit. 136 521
Il faut dire que son épouse était Miryam Guitel, fille de Rabbi Meïr
Chlomo Yanowski, Rav de Nikolayev.
Il faut citer aussi Radya Kazatskov, de Dobrinka. 144 En début de page Il faut citer Sarah Liss (305) et son mari Kalman, Yaakov Liss.
Les enfants du Rav Chmouel Horenstein sont
Ourya Horenstein,
Myriam Horenstein. 170 958
Il faut mentionner son épouse, Guinya.
Après 959, il faut ajouter: le fils du grand Rav, Rabbi Chmouel
Schneerson (521), président du tribunal rabbinique de Nikolayev et
son épouse Myriam Guitel.
Le Rav Mena’hem Mendel Schneerson. 196 1362
Il y a là une erreur. Il faut dire qu’elle est la fille(3) d’Israël Aryé
Leïb Schneerson et de son épouse Guinya.
Dalya Schneerson.
Je vous remercie de me confirmer avoir bien reçu cette lettre.
Je vous souhaite tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Mena’hem Chmouel Slonim, auteur de la «biographie de la famille du Rabbi de Lyadi». Voir, à ce propos, la lettre n°265, paragraphe H. (2) Voir également la lettre n°213. (3) Il s’agit de la nièce du Rabbi, fille de son frère.
Lettre n°312
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°312, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Kislev 5708,
A l’homme distingué et honorable, qui craint Dieu,
l’érudit Rav Avraham Yehouda Licht,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu, en son temps, votre livre Torat Ha’hinou’h et je vous en remercie.
Je formulerai quelques remarques que j’introduirai par une considération générale. Il est dommage que vous n’ayez pas utilisé, pour le rédiger, les très nombreux éléments figurant dans les enseignements de nos maîtres, les chefs des ‘Hassidim ‘Habad. Et, même si vous citez, à quelques reprises, les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, vous les omettez là où elles auraient pu éclairer le lecteur.
J’ai lu votre livre, rapidement par manque de temps et j’ai noté les points suivants:
Dans l’introduction: Vous consulterez le discours sur l’éducation et la pédagogie, imprimé dans le fascicule du 18 Elloul 5703, de mon beau-père, le Rabbi Chlita.
Page 14, dans la note: Vous consulterez le commentaire de la Michna du Rambam, au début du chapitre ‘Hélek.
Page 15, au traité Baba Metsya 118b: Ceci n’a pas sa place dans votre livre.
Page 16, dans la note: Vous verrez les lois de l’étude de la Torah, de l’Admour Hazaken, chapitre 3 et Kountrass A’haron.
Page 19, dans la seconde note: Vous dites qu’il n’est pas question ici de l’éduquer aux Mitsvot, car ceci est inclus dans le fait de lui enseigner la Torah. Cette affirmation est difficile à comprendre. Lui donner cet enseignement est une Mitsva de la Torah alors que l’éduquer est, pour la plupart des Décisionnaires, une disposition de nos Sages.
Page 24, au traité Kiddouchin 30: Vous consulterez les lois de l’étude de la Torah, précédemment citées, au début du chapitre 2.
Page 27: Vous verrez l’introduction de l’Admour Haémtsahi au Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken. De très nombreux textes sont mentionnés dans les références du Toledot Ha’hinou’h Leassaf.
Page 31, sur les Sidrot que ne sont pas lues: Vous lirez la lettre du Tséma’h Tsédek sur ce sujet, imprimée dans la troisième partie de Beth Rabbi et, dans une version plus complète, dans le fascicule intitulé «Le Tséma’h Tsédek et le mouvement de la Haskala».
Page 41, aux traités Meguila et Sotta: Ceci n’a pas sa place dans votre livre.
Au chapitre 11, qui est, en fait, le chapitre 10: Ce sujet n’est pas clairement traité dans votre livre. Il faudrait au moins l’inclure dans le chapitre précédent ou celui d’avant.
Au chapitre 17, sur les traités Be’horot, Sanhédrin, sur le Midrach Vaykra Rabba et sur le traité Ketouvot: Ceci n’a pas sa place ici.
Aux chapitres 29 et 52: Même remarque.
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Lettre n°313
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°313, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Kislev 5708,
Au grand Rav, ‘Hassid érudit qui craint Dieu,
le Rav Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, qui n’était pas datée. Comme vous en avez exprimé le désir, j’ai demandé que l’on vous envoie, par colis séparé, toutes les dernières parutions. Je ne sais pas ce que vous avez déjà reçu et vous consulterez donc la liste de nos publications figurant à la fin du Séfer Hakitsourim(2). Vous me direz s’il faut vous envoyer d’autres livres et, le cas échéant, en combien d’exemplaires.
Je saisis cette occasion pour souligner, encore et encore, l’immense importance d’organiser, dans votre pays, la diffusion de nos publications, ouvrages de ‘Hassidout, livres en anglais. Ces derniers sont particulièrement nécessaires, puisqu’ils permettent d’enrayer la diffusion des livres, en langue anglaise, qui vont à l’encontre de la Torah et de la Tradition.
Vous consulterez le discours ‘hassidique prononcé, cette année, le 19 Kislev, qui détaille les différents moyens d’écarter le mal. Il n’est pas nécessaire d’en dire plus. Je suis certain qu’un long exposé vous serait inutile et je serais donc bref.
Vous me demandez une définition des trois forces du mal totalement impures et ce qui les distingue. Je reproduis ici ce que j’ai écrit à quelqu’un qui me posait cette question. Ceci vous permettra, en outre, de répondre à une question qui se pose sur le Tanya(3).
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate.
Vous trouverez ci-joint un fascicule dont l’impression a été achevée hier.
Je vous joins également une lettre d’inscription pour l’écriture du Séfer Torah(4).
M. Schneerson,
Directeur du comité exécutif(5),
Notes
(1) Le Rav Yera’hmyel Binyaminson, de Londres. Voir les lettres n°11, 292 et 364. (2) Résumé des discours de Chaareï Ora, qui fut édité, sous la forme d’un fascicule indépendant, au début de 5708. C’était donc la liste des publications la plus à jour. (3) Il s’agit de la lettre n°45. (4) Pour aller à la rencontre du Machia’h. (5) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°314
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°314, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Kislev 5708,
Au distingué ‘Hassid, qui craint Dieu, élève de
la Yechiva, le Rav I.Doubov(1), le Cho’het,
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint un fascicule dont l’impression a été achevée hier. Il a aussi été adressé à vos amis Cho’hatim, le Rav A.S.(2) et le Rav C.(3). Vous en ferez sûrement profiter le plus grand nombre, de la manière la plus adaptée. Le mérite de tous dépend de vous.
J’ai peur que vous me teniez rigueur pour n’avoir pas répondu à votre lettre. Mais, que puis-je faire? Mes activités sont chaque jour plus nombreuses. Sachez, néanmoins, que j’ai conservé vos courriers et n’ai pas perdu l’idée d’y répondre, avec le temps, selon mon humble avis.
Il est toutefois clair que les publications sont prioritaires, y compris pour vous, puisqu’elles parviennent à vous et aux autres à la fois, ce qui n’est pas le cas des lettres. Je répondrai, dans cette lettre, à vos remarques sur le Kovets Loubavitch:
A) Vous vous interrogez sur mon affirmation, dans le huitième tome, selon laquelle la Lumière qui entoure, émanant du monde spirituel d’Atsilout, ne peut se révéler qu’en un endroit parfait du monde de Brya. En effet, la distance qui sépare ces deux mondes est immense et la Lumière parvenant au second n’est donc qu’un reflet.
Cette affirmation ne me pose aucune difficulté. Cette Lumière qui entoure doit effectivement se révéler en Brya et même dans des stades plus bas, jusqu’à ce monde matériel, comme le dit le chapitre 46 du Tanya. En conséquence, l’intégrité de l’endroit doit permettre cette révélation.
B) Vous considérerez que la pratique de la Mitsva, dont l’impact se marque également en Atsilout, est plus apte à révéler cette intégrité que la «Lumière qui entoure» ce monde. C’est précisément pour apporter cette précision que j’ai écris, selon mon humble avis, dans ce Kovets Loubavitch:
«La perfection susceptible de révéler la Lumière qui entoure doit avoir un rapport avec l’endroit dans lequel elle se révèle, précisément parce qu’elle provoque cette révélation. Il faut donc, dans un premier temps, dévoiler la «Lumière qui entoure» du monde de Brya.»
On peut trouver différentes illustrations de ce principe, s’agissant de la Lumière qui entoure les mondes. Ainsi, agir dans toute la mesure de ses limites permet de les dépasser.
Pour ce qui est de la Lumière qui pénètre les mondes, ils est bien clair qu’elle s’introduit toujours dans un réceptacle possédant les mêmes caractères qu’elle.
C) Vous établissez une comparaison avec la relation directe qui existe entre tous les niveaux de l’enchaînement des mondes qui jouent le rôle de Kéter, de couronne, par rapport à ceux qui les suivent.
A mon humble avis, cette notion, que vous désirez introduire, est beaucoup plus générale. En effet, la relation qui existe entre le niveau qui donne et celui qui reçoit se retrouve également dans la Lumière qui pénètre les mondes. Bien plus, c’est alors qu’elle est essentielle, dès lors que la limite lui est imposée.
A l’opposé, l’état de Kéter impose une relation beaucoup plus éloignée que la révélation de la Lumière qui pénètre. Selon un discours ‘hassidique, la relation directe entre tous les stades de Kéter n’est même pas progressive. Elle est une révélation de la quintessence, de sorte que le niveau qui donne et celui qui reçoit sont de même nature.
Cette question ne sera pas développée ici.
D) Vous êtes surpris de l’illustration que je donne de la révélation d’une Lumière en un endroit parfait à partir de la prophétie plutôt que d’après ce que dit le Tanya, à ce sujet. Je donnerai, à cela, deux raisons:
1. Le but du Kovets Loubavitch est de rapprocher de l’étude de la ‘Hassidout ceux qui, pour l’heure, en sont encore éloignés. Il faut donc leur montrer que la partie révélée de la Torah fait également allusion à son enseignement caché et impose son étude. C’est pour cette raison que j’ai cité le Rambam.
2. De plus, on peut retrouver, dans les termes du Rambam, ce qui a été exposé dans le Kovets Loubavitch, comme je le montre dans mon développement.
Néanmoins, à la note 3, je renvoie, selon mon humble avis, à un discours ‘hassidique du Likouteï Torah qui traite de ce sujet.
Vous consulterez également le Or Hatorah, du Tséma’h Tsédek, qui lui-même illustre une idée de ‘Hassidout en citant la Michna et le Rambam.
Je conclus en vous souhaitant un ‘Hanouka lumineux, la révélation de la Lumière cachée, de manière brillante et claire, comme l’explique le Chaareï Ora.
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(4),
Notes
(1) Le Rav Its’hak Doubov. Voir la lettre n°196. (2) Le Rav Avraham Sender Nemtsov. Il s’agit de la lettre n°315. (3) Le Rav Chlomo Reïn. Il s’agit de la lettre n°316. (4) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°315
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°315, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Kislev 5708,
A l’honorable ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav A.S. Nemtsov(1), le Cho’het,
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint un fascicule édité pour le 19 Kislev, dont l’impression a été achevée hier. Il a également été adressé à vos amis Cho’hatim, le Rav C.(2) et le Rav I.(3). Vous en ferez sûrement profiter le plus grand nombre, de la manière la plus adaptée. Le mérite de tous dépend de vous.
A propos de cette période qui sépare le 19 Kislev de ‘Hanouka, on peut donner l’explication suivante. Les Grecs souillèrent les huiles qui se trouvaient dans le Sanctuaire(4), ce qui veut dire que les sciences profanes se renforcèrent. On sait, en effet, qu’à l’époque, se trouvaient malheureusement des hellénistes, parmi les enfants d’Israël.
Voici ce qui en résulte, dans la dimension morale. L’intellect de l’âme animale et la rationalité peuvent se renforcer au point de rendre impures les forces intellectuelles de l’homme. Dès lors, il devient impossible de percevoir et de ressentir la Divinité, alors que l’on comprend parfaitement toute idée qui se limite à une implication matérielle.
Mais, au bout du compte, l’homme découvre une fiole portant le sceau du Grand Prêtre et celle-ci lui permet d’éclairer le chandelier duquel il est dit: «la bougie de Dieu est l’âme de l’homme».
De fait, on peut ici s’interroger. La chute avait été si vertigineuse que toutes les «huiles» de l’âme étaient devenues impures. Comment se délivrer d’une situation aussi basse? Nos Sages l’expliquent par l’intervention du Grand Prêtre.
Le Rambam, dans les lois des instruments du Temple, 5, 7, dit, à son propos: «Son honneur et sa gloire consistent à siéger, tout au long du jour, dans le Temple. Sa résidence sera à Jérusalem (lieu de la crainte de Dieu la plus parfaite) et il ne quittera pas cette ville».
Chez chacun, en particulier, le Grand Prêtre est le point profond de sa Judéité, l’essence de son âme, sur laquelle les forces du mal n’ont aucune emprise et qui est toujours intègre, mais peut, néanmoins, sommeiller, avant d’être mise à l’épreuve dans sa foi, comme l’explique le chapitre 19 du Tanya.
Il faut donc l’éveiller de son sommeil avant même que ne survienne l’épreuve. Pour y parvenir, il est nécessaire de s’attacher au Grand Prêtre, qui est le chef du peuple juif, siégeant toute la journée dans le Temple, ne quittant pas la perfection de la crainte de Dieu.
Le Grand Prêtre remet, à tous ceux qui lui sont attachés, une fiole d’huile permettant d’illuminer son âme, même si, auparavant, toutes les huiles étaient impures.
En ces jours(5), il ne suffit pas de louer Dieu, de raffermir uniquement sa foi. On doit, en outre, lire le Hallel, selon le traité Chabbat, 21b, c'est-à-dire percevoir la Divinité, ainsi qu’il est dit «connais le Dieu de ton père». L’étude de la ‘Hassidout permet d’y parvenir et le 19 Kislev est son Roch Hachana. Cette date révèle l’aspect profond de notre Torah et doit donc illuminer l’aspect profond de notre âme.
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(6)
Notes
(1) Le Rav Avraham Sender Nemtsov. Voir les lettres n°79 et 364. (2) Le Rav Chlomo Rein. Il s’agit de la lettre n°316. (3) Le Rav Its’hak Doubov. Voir la lettre n°314. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°173. (5) De ‘Hanouka. (6) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°316
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°316, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Kislev 5708,
Au ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.Rein(1), le Cho’het,
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint le fascicule du 19 Kislev, dont l’impression a été achevée hier. Nous l’avons également adressé à vos amis Cho’hatim, le Rav I.(2) et le Rav A.S.(3). Vous en ferez sûrement profiter le plus grand nombre, de la manière la plus adaptée. Le mérite de tous dépend de vous.
Dans l’une de ses causeries, mon beau-père, le Rabbi Chlita explique que l’on doit rapprocher ceux qui sont éloignés de la Torah en leur apportant l’élévation et non en descendant vers eux, pour tout ce qui concerne la Torah, les Mitsvot et la prière.
Ceci peut être lié à la période de ‘Hanouka, qui approche. Le miracle essentiel fut alors la victoire au combat. Malgré cela, un rôle primordial est accordé à l’huile, comme le soulignent le Torah Or et le Chaareï Ora.
L’huile possède des propriétés qui vont en sens opposé: 1. Elle est obtenue en concassant et en écrasant(4). De ce point de vue, elle fait allusion à l’humilité. 2. Elle imbibe toute chose(5). Elle symbolise ainsi la proximité de chacun.
A l’opposé: 3. Elle ne se mélange pas avec les autres liquides. Elle illustre donc la séparation. 4. Elle surnage au dessus de tous les autres liquides et représente ainsi l’orgueil.
Tel doit donc être l’objet du service de Dieu, quand vient le temps d’éclairer la cour et le domaine public(6), jusqu’à ce que l’on n’entende plus les pas des Tarmodes, qui suscitent la révolte(7) contre Dieu. Pour cela: 1. il faut d’abord se soumettre à Dieu, ainsi qu’il est dit: «que mon âme soit comme poussière pour tous». Puis, 2. il faut «aimer son prochain comme soi-même». En conséquence, quand on s’aperçoit que celui-ci ne s’identifie pas à l’huile, que son corps ne se consume pas par le feu de son âme, qui est la «bougie de Dieu», il faut «l’imbiber». 3. Dès lors, il ne pourra plus descendre et se mêler aux autres. Bien au contraire, il s’élèvera, en agissant de la sorte et c’est ainsi que, finalement, 4. il sera le plus élevé, même s’il a conscience de son peu de valeur intrinsèque. Il est, en effet, l’émissaire du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il et qui peut donc se comparer à lui? N’est-il pas dit que l’émissaire de l’homme en est l’équivalent? Et, dans le monde futur, les Justes porteront le Nom du Saint béni soit-Il.
Je conclus en vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(8),
Notes
(1) Le Rav Chlomo Rein. Le Rabbi envoya au Rav Yehouda Hitrik, une lettre identique, commençant par: «Vous trouverez ci-joint un fascicule du 19 Kislev, dont l’impression a été achevée hier. Vous en ferez sûrement profiter le plus grand nombre, de la manière la plus adaptée. Le mérite de tous dépend de vous. Vous voudrez bien me confirmer avoir reçu ce fascicule. De même, vous me décrirez la situation, dans le domaine de l’éducation, en tout endroit où vous exercez ou pouvez exercer votre influence. Il serait bon que vous preniez la responsabilité de la diffusion et de la vente des livres de ‘Hassidout et des livres éducatifs publiés par les éditions Kehot, vous personnellement ou bien par l’intermédiaire de vos représentants, et sous votre direction, en tant que fondé de pouvoir de Kehot. Vous choisirez la formule la plus adaptée et l’on sait qu’un peu de lumière suffit pour repousser beaucoup d’obscurité.» (2) Le Rav Its’hak Doubov. Voir la lettre n°314. (3) Le Rav Avraham Sender Nemtsov. Voir la lettre n°315. (4) L’olive. (5) Le Rabbi note, en bas de page: «Voir le Tour Choul’han Arou’h Yoré Déa 105, 9 et ses commentaires, qui rapportent une controverse entre les Décisionnaires pour établir si l’huile est susceptible de véhiculer quelque chose. Le traité ‘Haguiga le considère comme une évidence: «Si ce n’est pas le cas (si l’érudit ne véhicule pas un message), il ne faut pas rechercher son enseignement». Néanmoins, une distinction peut aisément être faite entre ces deux situations». (6) Où sont allumées les lumières de ‘Hanouka. (7) En hébreu, Mored, anagramme de Tarmodes. Lorsque les Tarmodes cessent de passer dans la rue, on ne peut plus allumer les lumières de ‘Hanouka; selon le Talmud. (8) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°317
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°317, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[4 Tévet 5708(1)]
A mon proche parent, l’honorable et distingué
docteur A. Hilman(2),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, en son temps et, ces jours-ci, j’ai reçu la revue Sinaï de Nissan 5707. En revanche, je n’y ai pas trouvé vos réflexions sur la Haggada(3).
Je suis l’auteur de cette Haggada avec des commentaires et des coutumes et j’ai donc demandé qu’on vous l’adresse, comme vous l’avez souhaité
Je conclus en vous saluant, de même que tous les membres de votre famille.
Ayant vu ce magazine, je pense que son édition reliée devrait figurer dans la bibliothèque du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, à condition, bien évidemment, qu’il soit, d’ores et déjà, d’usage de l’offrir aux bibliothèques. Nous pouvons également adresser, en échange, ce que nous publions nous-mêmes. En effet, notre budget ne nous permet pas de nous abonner aux revues et aux journaux.
Lorsqu’une bonne occasion se présentera, j’écrirai personnellement à votre fils. Pour l’heure, vous voudrez bien le saluer, de même que tous les membres de sa famille, au nom de celui qui lui souhaite tout le bien.
En feuilletant cette revue, j’ai vu l’article indiquant les sources du Rambam. Il semble que son auteur n’ait pas consulté le Chaareï Déa, sur les lois des opinions, qui explique, avec beaucoup de précisions, la plupart des points évoqués dans cet article. Ce qu’il dit à propos de celui qui se contente de peu(4) est mal venu.
Notes
(1) Le manuscrit de cette lettre ne porte pas de date. Néanmoins, la réponse du docteur Hilman commence par: «J’ai bien reçu votre lettre du 4 Tévet.» (2) Le docteur Acher Hilman. Voir la lettre n°244. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°383. (4) Les lois des opinions parlent de Rabbi ‘Hanina Ben Dossa qui nourrissait le monde entier par son mérite et se contentait, lui-même, d’une mesure de caroubes.
Étudiez les Iguerot Kodesh dans Koulam
Recherche dans les 8 945 lettres, lecture confortable, brakha du jour — gratuit, iOS & Android.
Télécharger Koulam