Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°277
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°277, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Mena'hem Av 5707,
Au grand Rav, distingué 'Hassid, homme qui craint Dieu,
élève de la Yechiva, le Rav M.Achkenazi(1),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai passé quelques mois en Europe et c'est la raison pour laquelle j'ai tardé à vous répondre. Vous voudrez bien m'en excuser.
A) Vous trouverez ci-joint une lettre de remerciement et d'encouragement(2) pour les publications, dont je ne reproduirai pas les termes ici, si ce n'est pour vous demander de poursuivre en ce sens, s'il vous est possible de poursuivre la collecte par l'intermédiaire de vos émissaires et d'augmenter la somme déjà obtenue pour les publications.
Il est, sans doute, inutile de vous préciser à quel point tout cela est important, d'autant que mon beau-père, le Rabbi Chlita exige fermement le développement de la publication et de la diffusion.
B) J'ai parlé, à différentes reprises, avec mon beau-père, le Rabbi Chlita, de la nécessité de vous envoyer un Cho'het. Il a été question de certaines personnes, qui se sont avérées, par la suite, dans l'impossibilité de se déplacer.
A la demande du Rabbi, une lettre a été envoyée, à ce propos, au comité des réfugiés, en Europe. Si nous recevons une information, à ce propos, nous vous la transmettrons.
C) Il serait bon que vous puissiez transmettre ici la somme relative à l'impression et au Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h, en général, car, en la matière, la situation est très difficile.
D) Vous avez sûrement déjà expédié ici les livres que vous avez imprimés et n'en avez conservé que quelques exemplaires, que vous pourrez diffuser dans votre ville et dans votre pays.
E) Comme vous l'avez demandé et selon notre habitude, avec ceux qui collaborent à notre oeuvre, nous vous adresserons, à titre gracieux, ce qui a dernièrement été imprimé ici, le recueil de causeries(3) et la biographie(4). Nous vous en avons, en outre, adressé cinq autres exemplaires de chaque, pour que vous puissiez les vendre, par l'intermédiaire de vos émissaires, ou les distribuer gracieusement, si vous estimez que c'est nécessaire. Vous voudrez bien nous faire savoir s'il faut en faire de même, à l'avenir et le nombre d'exemplaires dont vous avez besoin. Et combien de livres en anglais vous envoyer pour le jeune Juif(5)?
F) Pourquoi la relation entre le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h et le jeune Juif, de votre ville, est-elle interrompue?
Je conclus en exprimant le souhait que, très prochainement, ces jours se transforment en joie et en allégresse,
Rav Mena'hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Meïr Achkenazi, Rav de la communauté de Shanghai. Voir la lettre précédente. (2) La lettre précédente. (3) Du précédent Rabbi. (4) Du Rabbi Maharach, dont le Rabbi est l'auteur. (5) Publication, en anglais, à Shanghai, pour la jeunesse. Voir la lettre n°232.
Lettre n°278
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°278, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Mena'hem Av 5707,
A notre cher et distingué ami, le grand Rav,
Rav Aryé Leïb Kremer(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) Pouvez-vous me dire ce qui a été fait afin d'obtenir un visa(2) pour monsieur Kluvgant(3)? Votre proche parent, monsieur Lewut, s'en occupe-t-il? Si vous estimez nécessaire d'activer les démarches, vous voudrez bien le faire.
B) Vous trouverez ci-joint, une lettre de ma mère, la Rabbanit, pour monsieur Lewut. Je ne le connais pas personnellement et vous déciderez donc vous-même comment il convient de procéder, s'il vaut mieux la lui remettre ou bien lui faire brièvement part de son contenu, puis me restituer cette lettre.
C) Vous satisferez sans doute, au plus vite, la requête formulée dans notre lettre du 5 Mena'hem Av.
Je conclurai par une réflexion de mon beau-père, le Rabbi Chlita: Le jeûne est repoussé(4). Puisse Dieu faire qu'il le soit complètement. Du reste, ce qui est autorisé dépasse, en importance, ce qui est seulement repoussé. Le Choul'han Arou'h de l'Admour Hazaken et le traité Yoma précisent deux aspects de chacune de ces deux notions.
Dans le monde futur, l'élévation sera encore plus grande puisque ce jour sera transformé en joie et en allégresse.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Notes
(1) Voir, à son propos, la lettre n°236. (2) Permettant l'installation aux Etats Unis. (3) Le Rav Issar Kluvgant, parent du Rabbi. Voir la lettre n°301, qui lui est adressée (4) Celui du 9 Av, qui était alors un Chabbat.
Lettre n°279
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°279, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Mena'hem Av 5707,
A notre très cher ami, 'Hassid érudit et agréable,
qui craint Dieu, le Rav D.Brawman(1),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu votre lettre du 15 Tamouz. De fait, j'étais surpris et ennuyé de votre silence, jusqu'à maintenant.
A) Dès réception de votre lettre, j'en ai transmis le contenu à mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui a été satisfait d'apprendre que les travaux d'impression avançaient. Vous vous efforcerez de les réaliser de la manière la plus esthétique possible.
B) Dans l'avant propos du Tanya, du Atéret Roch et du Chaareï Ora, dont je suis le signataire, il faut rectifier la date et inscrire: 20 Mena'hem Av 5707(2).
C) J'ai demandé au Rav B.G.(3) de vous avancer les fonds pour cette impression, jusqu'à concurrence de cinq cents Marks par mois, sous ma responsabilité. En cas de besoin, vous vous adresserez donc directement à lui et il mettra aussitôt les fonds à votre disposition. Vous-même, vous vous efforcerez de réduire les dépenses, dans la mesure du possible, à condition que l'esthétique des livres n'en souffre pas et de faire pour le mieux.
D) Il n'est pas nécessaire d'imprimer, dans le Choul'han Arou'h, les additifs du Tséma'h Tsédek se trouvant à la fin de ce livre. Ceux-ci ne sont pas directement liés au Choul'han Arou'h et comportent de nombreuses erreurs. Dans la nouvelle édition du Tséma'h Tsédek, ils ont été corrigés et détaillés.
Je vous enverrai bientôt la page de garde et l'avant propos. Ainsi, vous pourrez commencer l'impression du Choul'han Arou'h. Vous en réaliserez seulement mille exemplaires.
E) Selon le programme, outre le Tanya, Atéret Roch, Chaareï Ora, le Choul'han Arou'h, les premier, second et quatrième tomes de Sifrénou, il faudra imprimer également mille exemplaires du Chaar Haémouna et Chaar Hay'houd, de l'Admour Haémtsahi, deux milles exemplaires du Sidour Tehilat Hachem complet, en rectifiant les erreurs, dans la mesure du possible, d'après la liste qui vous a été envoyée. Lorsque nous recevrons ici les premiers livres réalisés, nous déciderons, en fonction de l'impression et de la reliure, des suites à donner.
F) Pourriez-vous restituer le Biyoureï Hazohar à Chalom Dov Ber Schneerson?
G) J'attends de vos nouvelles pour les autres prix, comme vous me l'avez promis dans votre lettre. Mais, surtout, faites-moi part de l'avancement de l'impression. Vous enverrez ici un cahier de vingt ou trente pages, chaque fois qu'il en sera imprimé un, pour que nous puissions nous rendre compte du résultat.
H) Vous vous efforcerez que le Tanya parvienne ici avant Roch Hachana et des voyageurs pourront l’apporter, si possible même avant la fête organisée pour le 18 Elloul. Si vous me prévenez suffisamment tôt, nous imprimerons ici la brochure qui va avec le Tanya(4), de sorte qu'elle soit prête à temps. Atéret Roch et Chaareï Ora seront prêts pour la même date et, en tout état de cause, pas plus tard qu’au mois de 'Hechvan.
I) Si les livres sont apportés ici par des voyageurs, vous leur confierez trois quarts de ce qui est imprimé.
J) Je ne sais pas de quelle manière vous contacter au plus vite et je vous écris donc directement et aussi par l'intermédiaire de notre ami de Paris(5). Vous voudrez bien m'indiquer comment faire, à l'avenir.
Je conclurai en citant les propos de notre maître(6).
Mon beau-père, le Rabbi Chlita, écrit, dans une lettre: Le Tséma'h Tsédek explique qu'une parole dite concerne le plus large public, une parole écrite s'adresse au monde entier et une parole imprimée est conservée pour toutes les générations.
Lorsque l'on parle de toutes les générations, on en désigne au moins quatre. Selon le Tséma'h Tsédek, dans son commentaire des Tehilim, cette expression désigne tout l’enchaînement des mondes et ces quatre générations sont donc les quatre mondes, Atsilout, Brya, Yetsira et Assya.
Tout comme ces mondes forment l'ensemble des générations, quatre générations sont représentatives de l'ensemble de celles-ci. On trouve une même explication développée dans le Likouteï Torah.
J'attends de vos bonnes nouvelles,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav David Brawman, qui fut chargé par les éditions Kehot d'imprimer des livres près du Munich, en Allemagne. Le Rabbi lui confia cette mission pendant son séjour à Paris et il lui donna, à ce propos, de nombreuses instructions, dans les lettres qu'il lui adressa entre 5708 et 5710. (2) Date de l'anniversaire du décès du père du Rabbi. Concrètement, seul le Tanya porte cette date, alors que le Atéret Roch est daté du 23 Elloul et le Chaareï Ora, du 10 Kislev 5708. Les lettres n°306, 320 et 367 précisent que l'impression de ces deux derniers livres fut retardée. (3) Le Rav Binyamin Gorodetski, directeur du Bureau européen d'aide aux réfugiés. (4) Résumés et notes sur le Tanya. Voir, à ce propos, la lettre n°219. (5) Le Rabbi note, en bas de page: La lettre a été envoyée à Rav B.G. (Binyamin Gorodetski) le 15 Mena'hem Av. (6) Voir également la lettre n°184.
Lettre n°280
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°280, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Mena’hem Av 5707,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, s’acquitte fidèlement
de sa tâche, le Rav Y.Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous savez sans doute que je me suis rendu, pour quelques mois, en Europe et j’en suis revenu avec ma mère, à qui Dieu accordera longue vie.
A mon retour, j’ai trouvé sur mon bureau le compte rendu des propos prononcés par mon beau-père, le Rabbi Chlita, en Tichri 5707, que vous m’avez restitué et je vous en remercie beaucoup(2).
J’aurais voulu conclure cette lettre ainsi, mais la situation du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h me conduit à y ajouter les quelques lignes suivantes.
La situations financière de cette institution est particulièrement préoccupante. Bien plus, nous devons également faire face, malgré nos difficultés, à l’extension de nos activités en Europe, dans les domaines de l’éducation et de l’édition.
C’est pour cette raison que le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h doit, de nouveau, se tourner vers tous ses amis, pour leur demander de s’acquitter au plus vite de leurs engagements et de leurs dons passés, d’en formuler d’autres pour l’avenir, dans toute la mesure de leurs possibilités et même au delà de celles-ci.
Je considère que vous êtes l’un des amis les plus proches de notre institution et c’est donc à vous que je m’adresse. Je suis sûr que vous répondrez positivement à cet appel et que vous agirez immédiatement. Vous exercerez, en outre, votre influence sur tous ceux que vous connaissez, pour qu’ils en fassent de même.
Je sais que vous avez différentes justifications pour retarder votre engagement. Je conclurai donc par une explication de nos Sages sur la période qui vient de s’écouler.
Le traité Baba Metsya 30b explique que «Jérusalem fut détruite parce que l’on s’en était tenu à la stricte Loi de la Torah». Il faut donc aller au delà de cette Loi, même lorsque l’on n’en ressent nullement la nécessité. C’est ainsi que l’on peut hâter la délivrance et la reconstruction de Jérusalem.
J’espère avoir de vos bonnes nouvelles.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena’hem Schneerson,
Par colis séparé, je vous ai adressé la toute dernière publication de Otsar Ha’hassidim(3), la biographie(4).
Notes
(1) Le Rav Yaakov Kats de Chicago. Voir lettre n°174. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°258. (3) Des éditions Kehot. (4) Du Rabbi Maharach, dont le Rabbi est l’auteur.
Lettre n°281
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°281, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Mena’hem Av 5707,
Aux distingués frères, ‘Hassidim qui craignent Dieu,
messieurs Its’hak, Meïr Moché et Yaakov Yossef(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai passé quelques mois en Europe et c’est la raison pour laquelle ce courrier a été retardé jusqu’à maintenant. Il y a un certain temps déjà, est paru un recueil des causeries de mon beau-père, le Rabbi Chlita, le livre dont vous vous êtes engagé à financer l’édition à la mémoire de votre frère Chlomo(2).
Je suis certain qu’il est inutile de décrire longuement le mérite qui est le vôtre pour avoir permis la parution de cet ouvrage et l’immense élévation qui en est résultée pour l’âme du défunt.
Je voudrais néanmoins souligner une qualité qui apparaît ici et que l’on retrouve dans plusieurs autres Mitsvot.
Nos Sages soulignent que, de façon générale, la récompense des Mitsvot n’est pas accordée dans ce monde. On peut l’expliquer d’après ce que l’Admour Hazaken écrit, au troisième chapitre d’Igueret Hakodech(3). Cette récompense, en effet, est si considérable que le monde ne pourrait la contenir.
Il en est effectivement ainsi pour la plupart des Mitsvot. Certaines, néanmoins, consistent à faire du bien à son prochain, dans ce monde matériel. Celles-ci possèdent les deux qualités à la fois. Elles sont «bonnes pour les cieux et bonnes pour les créatures». Elles procurent, bien sûr, la récompense précédemment citée, à laquelle s’ajoute, «mesure pour mesure», une rétribution dans ce monde.
En permettant la publication de ce livre, vous avez ouvert, pour des milliers de personnes, l’accès à son enseignement et aux bonnes actions qu’il prône. Pour nombre d’entre elles, il permettra de retrouver le droit chemin et apportera une réponse aux problèmes auxquels on est confronté dans ce monde.
En conséquence, ce que vous avez fait vous procurera, outre le capital conservé pour le monde futur, des intérêts qui, dans ce monde, prendront la forme de tout le bien matériel et spirituel.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena’hem Schneerson,
J’illustrerai le propos de cette lettre par une image. Un puissant monarque régnait sur le monde entier. Une fois, il quitta son palais, rencontra un enfant qui s’appelait Israël et lui dit: «Je te demande de trouver un diamant qui ornera ma couronne, afin que celle-ci apparaisse, dans toute sa perfection et sa beauté, pour l’anniversaire de mon couronnement».
Israël s’exécuta, jeta ses jouets à terre, trouva la pierre précieuse et l’apporta au roi. Des spécialistes la taillèrent et la sertirent dans la couronne, que le roi plaça sur sa tête. Tous purent alors admirer sa beauté.
Il fut décidé que, lorsque l’enfant deviendrait adulte, le roi le nommerait premier ministre. Mais, dès le lendemain, le repas d’Israël ne fut pas servi à l’heure habituelle et il se mit à pleurer: «Comment cela? J’ai trouvé la pierre précieuse pour le roi et celui-ci ne fait pas en sorte que mon repas me soit servi à temps?». Puis, lorsqu’il grandit, il comprit que la récompense véritable qu’il avait reçue était sa nomination en tant que premier ministre. La signification de cette parabole est bien claire.
Pour faire suite à ce qui a été dit auparavant, je vous donnerai également une illustration de la seconde catégorie de Mitsvot. Le roi demanda à Israël de lui rendre un service personnel en aidant ses enfants à manger. Israël abandonna ses propres activités pour accéder à la requête du roi.
Il est clair qu’Israël sera alors récompensé pour avoir accompli la Volonté du Roi, Roi des rois. Mais, il est tout aussi évident qu’il ne restera pas, lui-même, seul et affamé, alors qu’il distribue à manger aux autres. Il prendra place à la même table qu’eux. Là encore la signification est bien claire.
Notes
(1) Les frères Dalfon. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°208. (3) Dans le Tanya.
Lettre n°282
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°282, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Mena’hem Av 5707,
A notre cher et distingué ami, l’agréable ‘Hassid qui
craint Dieu, le Rav M.Zeev Gringlass(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous trouverez ci-joint une lettre pour les frères Dalfon(2). Vous avez joué le rôle d’intermédiaire, à leur sujet(3) et je vous l’adresse donc en vous demandant de bien vouloir la leur remettre.
Je vous envoie également, sur une feuille séparée, une parabole que je leur écris(4). Ils sont très occupés par leurs affaires et j’ai donc supprimé ce paragraphe de la lettre proprement dite, afin qu’elle ne soit pas trop longue. Si vous pensez qu’il peut, néanmoins, être utile de le porter à leur connaissance, vous pourrez le leur donner, comme complément à la lettre. Si ce n’est pas le cas, conservez-le ou bien restituez-le moi.
Nous envoyons, par colis séparé, pour vous et pour eux, cinq livres reliés, un pour chaque frère. Si vous avez besoin d’autres exemplaires, veuillez nous le faire savoir.
Leur contribution, à l’impression de ce livre, dépasse mille Shekels(5). Vous vous efforcerez donc d’obtenir cette somme et, surtout, qu’ils vous la transmettent au plus vite, car la lettre précédente du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h vous a permis de comprendre dans quelle situation nous nous trouvons actuellement.
A ce propos, vous vous efforcerez également, comme vous en avez pris l’engagement, de payer votre dette, déjà ancienne(6) ou, tout au moins, d’en rembourser la majeure partie, un montant significatif.
Je vous souhaite tout le bien et vous adresse ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Mena’hem Zeev Gringlass, de Montréal. Voir la lettre n°170. (2) Il s’agit de la lettre précédente. (3) Pour obtenir un don de leur part. (4) Reproduite dans la lettre précédente, après la signature du Rabbi. (5) Dollars. (6) Le prix des livres diffusés à Montréal.
Lettre n°283
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°283, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Mena’hem Av 5707,
Au ‘Hassid érudit, qui craint Dieu,
élève de la Yechiva, le Rav A.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre question. On vous a dit que le Rabbi de Ziditchov s’opposait aux conceptions de ‘Habad à propos de la définition du temps. Vous désirez savoir dans quel livre trouver le récit et le contenu de cette controverse.
Vous pouvez consulter son livre, le Veassé Tov, qui, en son début, dit: «J’ai vu un livre (ceci figure, en effet, dans le Sidour de l’Admour Hazaken, mais je ne sais pas si c’est à celui-ci qu’il fait allusion) rapportant cette question (pourquoi le monde ne fut-il pas créé auparavant) au nom de Rabbi Dov Ber (le Maguid de Mézéritch). Il explique que le temps est également une créature et qu’au début, il n’existait pas. Je ne puis croire que ce saint homme ait dit pareille chose. Car, comment expliquerait-il le Midrach Béréchit Rabba affirmant que le temps est antérieur? La Guemara dit que la Torah précéda le monde de deux mille ans et l’on trouve une allusion à cela dans le Guide des égarés».
A ce propos, vous consulterez également le Chomer Emounim, second discours, chapitre 17.
Le Rambam établit clairement que le temps est créé. C’est également l’avis de nombreux Grands de notre peuple, Rabbi Saadya Gaon, le Rachba, Rabbi Mena’hem Azarya de Fano, le Sforno, au début de son commentaire de la Torah et d’autres encore.
Plus profondément, on peut distinguer deux aspects du temps, celui qui peut être compté par une unité de mesure et l’essence de la chronologie, que les Sages d’Israël appellent «écoulement du temps» ou «aspect du temps» ou encore, selon le Séfer Haïkarim, «temps qui n’est pas compté».
Or, ce temps qui n’est pas compté a lui-même été créé, bien que le Séfer Haïkarim le conteste. C’est l’avis du Tséma’h Tsédek, dans son Séfer Hamitsvot et le Assara Maamarot le précise de nombreuses fois.
Et le Midrach Béréchit Rabba, précédemment cité, n’indique nullement une antériorité du temps, comme le disent de nombreux auteurs, en particulier le Séfer Haïkarim et le Be’hayé, au début de la Parchat Béréchit.
La ‘Hassidout distingue le temps de la chronologie, dont parle le Béréchit Rabba. La seconde notion est plus immatérielle que la première et en constitue même l’origine. Le Séfer Hamitsvot(2) l’explique longuement.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena’hem Schneerson,
A ce propos, de nombreuses personnes font une confusion entre les deux aspects du temps, qui entraîne beaucoup d’erreurs et d’incompréhension. C’est le cas, par exemple, de ceux qui, dernièrement, étudient la théorie de la relativité d’Einstein.
Cette théorie concerne uniquement le premier aspect du temps(3). Ceux qui ne la comprennent pas ainsi aboutissent à des conclusions pour le moins étranges. Mais, ce n’est pas ici l’occasion de développer cette idée.
Outre la controverse qui vient d’être citée, le Rabbi de Ziditchov s’opposait, de façon générale, à ceux qui recherchent la perception de la Divinité, s’intéressent, par exemple, à l’unité de l’enchaînement des mondes. Il considérait qu’il suffisait d’avoir foi en tout cela, comme il le dit dans son livre, précédemment cité.
Si le Rabbi de Komarno, dont vous parlez dans votre lettre, est celui avec lequel j’ai eu, une fois, une discussion à propos des deux Chin des Tefilin de la tête, vous voudrez bien le saluer de ma part et même lui montrer cette lettre.
Dernier point, qui est essentiel, comme l’enseignent nos Sages, l’action concrète est plus importante que la théorie. L’an dernier, pendant vos vacances, vous vous êtes occupé de collecter des fonds pour le Keren Hamatsot(4). Vous en ferez donc, sans doute, de même, cette fois-ci, ou même encore plus, car les besoins vont en augmentant et l’aide de Dieu se trouve accru, lui aussi, comme l’explique le Tanya.
L’essentiel(5) reste donc de ne pas se leurrer de prétextes et de constituer un réceptacle apte à le recevoir.
Notes
(1) Le Rav Avraham Hecht, de New York. Voir la lettre n°190. (2) Le Dére’h Mitsvoté’ha. (3) L’essence de la chronologie, qui ne peut pas être relative, puisqu’il est impossible de la mesurer. (4) Afin de distribuer des Mezouzot, des Tsitsit et des Tefilin aux réfugiés. Voir la lettre n°240. (5) Pour recevoir cet aide de Dieu.
Lettre n°284
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°284, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Av 5707,
A la direction de l’école de Boissy, France,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai été particulièrement satisfait de visiter votre école(1) et d’échanger avec la direction, le corps enseignant et les élèves.
En souvenir de ma visite et à titre de récompense pour les élèves cités plus loin, je vous ai envoyé un colis de livres édités par la maison d’éditions du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Ces livres seront les prix des élèves suivants: G. Portnoy, N. Rafkovska, I. Kleiner, C. Lipsker, M. Einsenberg, S. Balak, H. Laser, L. Buirska.
Avec ma bénédiction pour une grande réussite,
Rav Mena’hem M. Schneerson,
Directeur du comité exécutif(2),
Notes
(1) Lors de la visite du Rabbi à Paris, pour y rencontrer sa mère. (2) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°285
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°285, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Av 5707,
A la direction de l’école d’Eranie, France(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai été particulièrement satisfait de visiter votre école et d’échanger avec la direction, le corps enseignant et les élèves.
En souvenir de ma visite et à titre de récompense pour les élèves cités plus loin, je vous ai envoyé un colis de livres édités par la maison d’éditions du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Ces livres seront les prix des élèves suivants: M. Kulberg, H. Shiller, R. Kleiner, C. Richter, A Zilberg, A. Weissfish, L. Skorski, Y. Abramowicz, Y. Holtsman.
Avec ma bénédiction pour une grande réussite,
Rav Mena’hem M. Schneerson,
Directeur du comité exécutif(2),
Notes
(1)Voir la lettre précédente. (2) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°286
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°286, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Mena’hem Av 5707,
Aux ‘Hassidim qui craignent Dieu et, à leur tête, aux grands
Rabbanim et ‘Hassidim, le Rav C.Sosonka(1)
et le Rav B.Wilshanski(2),
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai bien reçu vos deux lettres, avec la liste des livres et celle des participants au Séfer Torah.
B) Vous recevrez, par la poste, d’autres livres, du Rav C.Z. Butman(3) et du Rav E.C. Cahanov(4). Vous voudrez bien me confirmer les avoir reçus et m’en donner la liste.
C) Les lettres du Séfer Torah seront réparties ces jours-ci et nous vous ferons connaître celles qui vous seront attribuées.
D) Vous écrivez que j’exige de l’empressement. Je n’exige rien, ce qu’à Dieu ne plaise, je conseille et c’est la situation elle-même qui exige. C’est, du reste, pour cette raison que tant de difficultés se dressent et la plus rude est la suivante. La logique du domaine de la sainteté semble indiquer qu’il y a lieu, en la matière, de ne pas se presser.
E) Vous rappelez que l’homme est supérieur à l’ange, incapable d’assumer conjointement deux missions. Ceci n’a rien à voir avec notre propos. En effet, les anges ne supportent pas une modification de la mission. Or, en l’occurrence, elle est toujours la même et consiste à s’attacher à l’arbre de vie(5). Les Tossafot l’expliquent, au traité
Baba Metsya 86b, de même que différents textes de la ‘Hassidout.
Ce qui vient d’être dit me permet de répondre à une question que je me suis longtemps posé. Cette affirmation(6) figure dans l’introduction du commentaire de la Michna du Rambam. Or, celui-ci écrit: «une ou deux actions»(7). Comment envisager qu’il puisse y en avoir deux?
Car, si les animaux appartiennent à la partie du monde qui peut recevoir l’élévation, on peut en dire de même des anges. Dès lors, pourquoi n’assumeraient-ils pas conjointement deux missions? On peut le comprendre d’après ce qui a été dit auparavant.
En effet, les anges ne peuvent assumer deux missions lorsque celles-ci sont modifiées. Ainsi, le Likouteï Torah souligne que le corbeau, par nature cruel, est incapable d’éprouver de la pitié. De même, l’aigle, qui est miséricordieux, ne peut pas être cruel.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(8),
Notes
(1) Le Rav Na’houm Chmaryahou Sosonkin, auparavant Rav de Batoum. Voir la lettre n°318. (2) Le Rav Betsalel Wilshanski. Voir la lettre n°289. (3) Le Rav Chnéor Zalman Butman. Voir la lettre n°273. (4) Le Rav Elyahou Chmouel Cahanov. (5) Au Rabbi. (6) Sur le rôle des anges. (7) Et, non une seule mission. (8) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
Lettre n°287
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°287, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Mena’hem Av 5707,
Au ‘Hassid érudit, qui craint Dieu,
le Rav H.Havlin(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres du 29 Tamouz et du 13 Mena’hem Av, de même que le journal Kol Israël qui parle de vos enfants. Puisse Dieu faire que vous les conduisiez à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, dans la largesse.
Je fais maintenant réponse à vos lettres:
A) Concernant la publication des explications de la Torah développées par votre fils, aucun recueil n’est édité ici, reprenant les commentaires des élèves de la Yechiva.
B) Nous avons demandé le Yalkout Chimeoni et le Keren Ora au négociant de livres et notre secrétaire vous les a envoyés(2). La biographie(3) vous a été expédiée par l’avocat du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, monsieur Strall, un homme craignant Dieu et agréable. De même, le fascicule cinquante(4) et le recueil de causeries(5) vous ont été adressés par la poste, en tant que collaborateur à notre institution.
C) Le prix minimal du Tséma’h Tsédek est de quinze Shekels(6). A votre demande, nous vous avons envoyé un second exemplaire du Bad Kodech(7) et le discours ‘hassidique du 13 Chevat(5).
D) Le Rav M.T. Rivkin m’a envoyé le Ata Oreïta sans aucune précision.
Nous essayons maintenant d’obtenir ces précisions auprès de lui. Lorsque nous les obtiendrons, nous vous les communiquerons.
E) Il n’est pas nécessaire de recopier toutes les lettres de Rabbi Avraham de Kalisk(2), mais seulement celles qui n’ont pas été envoyées à mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui en a reçu trente cinq pages, la dernière lettre commençant par «paix et vérité du pays de la vie».
F) Sans doute vous dépêcherez-vous d’envoyer la copie de l’acte de propriété de mon beau-père, le Rabbi Chlita(2).
G) Je vous remercie, du fond de mon coeur, d’avoir bien voulu transmettre mes dons, à l’occasion de l’anniversaire du décès(9).
*
*
*
Il y a, dans votre première lettre, une explication de ‘Hassidout. Comme vous me le demandez, je vous donnerai ici quelques précisions:
A) Vous citez un discours ‘hassidique prononcé en 5666(10), dans lequel il est dit que «le terme Méod, très, est lié à Atika Kadicha». Ce terme est, en fait, relié à Adam Kadmon et vous possédez vraisemblablement une version erronée de ce texte(...).
B) Vous vous interrogez sur le niveau appelé Atik Yomin, dont il est question dans le même discours. En réalité, celui-ci correspond au plaisir(...).
C) Qu’appelle-t-on Atika Kadicha? C’est, en fait, l’Emanation infinie de Dieu(...).
Le Likouteï Torah et la Kabbala en donnent plusieurs définitions. En fait, Atika Kadicha et Atik Yomin sont, à chaque fois, présentés en fonction de leur contexte. Il est donc difficile de comparer deux textes.
D) Vous citez les commentaires du Ets ‘Haïm, mais je ne comprends pas votre explication. Ce passage me semble assez difficile(...).
E) Citant un discours ‘hassidique, vous dites que la Volonté des Mitsvot est liée aux forces de la Bonté d’Atik Yomin et non à celles de la Sévérité. Vous considérez qu’il s’agit là de la raison cachée de cette Volonté, ou bien uniquement de la partie la plus élevée de cette Bonté. Il me semble que ces explications ne sont pas acceptables(...) et que la question que vous soulevez ne se pose même pas(...).
F) Présentant l’ordre des repas du Chabbat, le Sidour indique que la Lumière se révélant pendant le second est la même que celle du troisième. Il précise ensuite que la révélation du second repas est obtenue là-haut, mais non ici-bas, alors que l’on ne retrouve pas une telle distinction pour le troisième repas. C’est ce qu’indique un discours ‘hassidique de 5666(10).
On peut, néanmoins, s’interroger sur cette similitude, mais je ne dispose pas, actuellement, du temps nécessaire pour étudier cette question.
G) Vous vous interrogez également sur ce que le Sidour dit à propos du troisième repas du Chabbat(...).
Vous ne m’en voudrez sûrement pas pour ces quelques remarques, qui ne contreviendront en rien à nos bonnes relations.
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav ‘Hano’h Hendel Havlin, de Jérusalem. Voir la lettre n°179. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°275. (3) Du Rabbi Maharach, dont le Rabbi est l’auteur. (4) Des discours ‘hassidiques du précédent Rabbi. (5) Du précédent Rabbi. (6) Dollars. (7) De l’Admour Haémtsahi. (8) Le Rav Mena’hem Tsvi Rivkin. Voir la lettre n°291. (9) Du père du Rabbi. Voir, à ce propos, la lettre n°275. (10) 1906, par le Rabbi Rachab.
Lettre n°288
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°288, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Mena’hem Av 5707,
A l’honorable ‘Hassid, érudit qui craint Dieu,
élève de la Yechiva, le Rav A.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre question:
A) Vous dites que le Rambam écrit: «Je crois en la venue du Machia’h. Je l’attends chaque jour». Pour l’heure, je n’ai jamais vu qu’il ait écrit cela, ni dans son commentaire de la Michna, ni dans le Michné Torah. Néanmoins, on trouve bien cette formule dans les Sidourim.
B) Vous me rapportez l’explication que vous avez entendue, à ce propos. Il faut, chaque jour, attendre qu’il vienne enfin, même s’il ne peut pas venir ce jour-là, par exemple parce que c’est un Chabbat ou un jour de fête, lorsque sa venue est impossible, comme le disent nos Sages, au traité Erouvin 43b.
Il y a longtemps que j’ai été interrogé sur la contradiction entre cette explication de nos Sages(2) et le Ani Maamin(3) et j’ai donné la réponse précédemment exposée. Mais, l’on peut s’interroger, à ce propos, car pourquoi ne pas dire «Chaque jour, j’attendrai qu’il vienne», afin qu’il n’y ait pas d’ambiguïté sur cette affirmation?
Une explication est plaisante. On peut dire que l’impossibilité, pour le Machia’h, de venir durant le Chabbat et les jours de fête est une éventualité et non une certitude. Le Ani Maamin a donc été rédigé de telle façon que l’on puisse y trouver toutes les situations envisageables, quant à la venue du Machia’h pendant le Chabbat et les fêtes.
On peut aussi avancer une interprétation un peu différente. Il y a plusieurs points qui ne sont pas tranchés et pour lesquels le prophète Elie devra rendre une décision, bien que «la Torah ne se trouve pas dans le ciel». C’est le sens des lettres constituant le mot Teïkou(4).
Or, durant le Chabbat ou la fête, on peut imaginer que le prophète se soit présenté, déjà la veille ou même encore avant cela, devant le grand tribunal et qu’il ait indiqué que le Machia’h pouvait effectivement venir en ce jour. Rien ne s’oppose donc plus à sa venue.
C) On peut, de fait, s’interroger sur l’avis considérant que le Machia’h ne peut pas venir pendant le Chabbat et les fêtes, car il ne peut traverser la limite qu’il est alors interdit de franchir, se trouvant à dix Tefa’h(5) du sol. En effet, une telle affirmation pourrait se comprendre à propos du prophète Elie, qui se trouve là-haut, alors que le Machia’h est bien présent ici-bas.
Bien plus, le Michné Torah, à la fin des lois des rois, dit que si un roi, de la maison de David, est un érudit de la Torah et ramène tout Israël vers elle, s’il mène le combat de Dieu et en sort vainqueur, il peut être considéré comme le Machia’h. Ainsi, la victoire du Machia’h se marquera peu après sa révélation. Il ne pourra donc venir, pendant le Chabbat et le jour de fête, qu’après avoir obtenu la victoire. Le Talmud dit, en effet, qu’après sa venue, toutes les nations serviront Israël. Il est donc exclu qu’il se trouve à plus de dix Tefa’h du sol.
On doit donc avancer l’explication suivante. En fait, le Machia’h se révélera à tout Israël ou bien au grand Tribunal, qui agira alors en tant qu’émissaire de tout Israël. Ce grand Tribunal siégera d’abord à Tibériade, puis il sera transféré dans le Temple. La guerre de Gog et Magog et la victoire interviendront sur les monts d’Israël ou aux alentours de Jérusalem. Or, le Machia’h pourra se rendre à Tibériade ou en Israël uniquement en se déplaçant au dessus de dix Tefa’h et il devra donc le faire en un jour de semaine, dans la mesure ou des restrictions existent, au dessus de cette hauteur.
D) Tout ce qui vient d’être dit concerne le Machia’h qui descend de David, mais non celui qui descend de Yossef. Ce dernier ne doit pas nécessairement se révéler, en une seule fois, à tout Israël. Or, dans le Ani Maamin, on parle du Machia’h, sans autre précision et l’on fait donc allusion au début de la délivrance, incluant ainsi le Machia’h qui descend de Yossef, lequel, selon tous les avis, peut également venir pendant le Chabbat ou la fête.
E) Il est plus satisfaisant de considérer que le Ani Maamin exprime la foi en la délivrance, dont on attend le début chaque jour, en la venue du prophète Elie, qui annoncera la venue du Machia’h dans un ou deux jours. Tout cela peut aussi s’intégrer à cette venue du Machia’h et c’est pour cela que l’on peut lire ce texte chaque jour. C’est bien évident.
En vous souhaitant tout le bien,
M. Schneerson,
Le Rav Kvint(6) vient de me dire que certains ont coutume de ne pas réciter le Ani Maamin pendant le Chabbat, à cause de la question précédemment soulevée.
Notes
(1) Le Rav Avraham Hecht, de New York. Voir la lettre n°190. (2) Définissant des périodes pendant lesquelles le Machia’h ne peut venir. (3) Figurant dans les Sidourim, selon lequel il faut attendre à chaque instant la venue du Machia’h. (4) D’usage courant dans la Guemara, il est constitué des initiales de la phrase «Le prophète Elie répondra aux questions et aux interrogations». (5) Largeur de la main. (6) Le Rav Elyahou Kvint était le secrétaire du Rabbi. Voir la lettre n°382.
Lettre n°289
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°289, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Elloul 5707,
Au ‘Hassid érudit, qui craint Dieu,
le Rav B.Wilshanski(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos lettres:
A) D’autres livres vous ont été envoyés et vous me confirmerez sans doute les avoir reçus. Vous les répartirez entre les différentes implantations des ‘Hassidim à Paris, de sorte que tous puissent disposer de la lumière de la Torah qui en émane(2).
De même, je vous adresse, ci-joint, le discours ‘hassidique de Roch Hachana, que mon beau-père, le Rabbi Chlita, a transmis par écrit, afin qu’il parvienne le plus rapidement possible aux autres continents. Vous le dupliquerez sûrement, de la manière qui convient, de sorte qu’il puisse être étudié dans toutes les implantations.
B) La collecte du Maamad(3) varie en fonction des conditions de chaque endroit. Vous élirez, selon l’avis majoritaire, un comité du Maamad, qui agira pour le mieux. Rapidement, l’expérience montrera si l’organisation adoptée est satisfaisante ou si elle doit être modifiée.
Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année et en vous priant de saluer tous les vôtres,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Betsalel Wilshansky, qui était alors à Paris. Voir la lettre n°286. (2) Le Rabbi note, en bas de page, que «La lumière, spirituelle, dépasse la rosée, matérielle, comme l’explique le Torah Or. En conséquence, la lumière de la Torah est plus élevée que la rosée de la Torah. Néanmoins, la rosée s’introduit en celui qui la reçoit, le pénètre et épouse ses dimensions. Ceci explique les différences constatées à propos de la manne, dans la manière dont les Justes la recevaient et non uniquement dans son effet. A l’opposé, la lumière éclaire de la même manière le palais du Roi et le lieu de l’impureté. Le discours ‘hassidique prononcé à Roch Hachana, cette année, précise ces notions.» (3) Voir la lettre n°269.
Lettre n°290
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°290, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5707,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.M. Kalmenson(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu votre lettre à propos du Beth Sarah et vous trouverez ci-joint la réponse. Vous avez sûrement pris la direction de cette institution(2). Nous avons, en effet, convenu que vous en porteriez personnellement la responsabilité, même si, officiellement, vous nommiez un autre directeur.
Vous trouverez ci-joint un discours ‘hassidique pour Roch Hachana, que mon beau-père, le Rabbi, a transmis par écrit, afin qu’il parvienne, le plus vite possible, aux autres continents. Vous vous arrangerez pour que le plus grand nombre puisse l’étudier pendant ces dix jours de Techouva. Vous voudrez bien me faire savoir ce qui a été fait, en la matière.
Vous trouverez ci-joint une lettre pour le Rav I.Goldin(3). Je vous remercie de la lui transmettre, car nous ne savons pas où il réside actuellement.
Vous voudrez bien saluer votre père, de même que vos proches et leur transmettre ma bénédiction, à l’occasion de la nouvelle année.
Je conclus en vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Chalom Mendel Kalmenson, qui était alors à Prague. Voir la lettre n°260. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°333. (3) Le Rav Its’hak Goldin, qui était alors à Prague. Il s’agit de la lettre n°292.
Lettre n°291
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°291, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Elloul 5707,
Au grand Rav, ‘Hassid érudit qui craint Dieu,
le Rav M.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai l’honneur de vous faire savoir, avec beaucoup de joie et de reconnaissance, que nous venons de recevoir les livres suivants, Torat ‘Haïm sur Chemot, Chaareï Hatechouva Vehatefila et Deré’h ‘Haïm. De même, nous recevons aujourd’hui un montant de mille cent quarante trois(2), sur lequel nous prélevons votre participation au Maamad(3), comme vous l’avez écrit au Rav D.B. Haskind(4). Vous ferez sûrement tout ce qui est en votre pouvoir pour augmenter cette somme, pour le Maamad et pour le Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h. Il est difficile d’imaginer à quel point tout cela est important.
Les mots me manquent pour décrire votre mérite, lorsque vous contribuez à la réalisation de ces actions. Je voudrais simplement vous faire remarquer que ce mérite se manifeste en des jours propices, puisque j’ai reçu ces livres et les ai transmis à mon beau-père entre le 13 et le 18 Elloul, c'est-à-dire pour le cinquantième anniversaire de son mariage, puisse Dieu lui accorder de longues années.
Vous trouverez ci-joint un discours ‘hassidique que mon beau-père, le Rabbi Chlita, a transmis aujourd’hui même et vous voudrez bien me confirmer l’avoir reçu.
Je conclurai en rappelant un point d’actualité, que j’ai développé pour quelqu’un.
Lors de la réunion ‘hassidique du 18 Elloul, mon beau-père, le Rabbi Chlita, a rapporté ce que les premiers ‘Hassidim disaient de cette date: «Le 18(5) Elloul apporte la vitalité dans le service de Dieu du mois d’Elloul, dont le nom est constitué par les initiales du verset: Je suis à mon Bien Aimé et mon Bien Aimé est à moi».
On peut donner, à ce propos, l’explication suivante. Un être vivant et celui qui ne l’est pas possèdent, l’un comme l’autre, deux cent quarante huit membres. Mais, l’être vivant a, en outre, une âme, qui permet au corps de se développer et de se déplacer.
Nos Sages expliquent, selon le chapitre 38 du Tanya, que l’intention de se lier à Dieu par la Mitsva en est l’âme, alors que la pratique proprement dite en est le corps. Il faut donc faire naître, ou révéler, en sa personnalité, l’amour et la crainte de Dieu, ce qui est possible en étudiant la partie profonde de la Torah, en général et la ‘Hassidout, en particulier, comme l’établissent différents textes.
Le désir de se lier à Dieu est le développement et le déplacement le plus considérable, le seul mouvement digne de ce nom, selon la différence faite entre ceux qui avancent et ceux qui stagnent(6). En effet, la créature limitée se lie alors au Créateur infini, ainsi qu’il est dit: «vous êtes liés à l’Eternel votre Dieu, vivants».
C’est ainsi qu’il faut comprendre l’affirmation selon laquelle le 18 Elloul, jour de la naissance et de la révélation du Baal Chem Tov et de son enseignement, jour de la naissance de l’Admour Hazaken, apporte la vitalité au service de Dieu conforme au verset «Je suis à mon Bien Aimé et mon Bien Aimé est à moi», permettant de se lier au Créateur.
On peut formuler cette explication de manière plus profonde. Un membre qui ne vit plus n’en possède pas moins de la chair, des nerfs et des os, qui ont une équivalence dans les différents domaines du service de Dieu. Les os évoquent l’intellect, la chair correspond au coeur et les nerfs, à ce qui fait la liaison entre eux, comme l’explique le Likouteï Torah.
Pour autant, tout cela n’est nullement comparable à la vitalité véritable, que l’on obtient uniquement par l’effort, permettant de se soumettre pleinement à Dieu. C’est, en particulier, l’apport de Roch Hachana, comme l’explique le discours ‘hassidique de ce Roch Hachana, qui définit la vitalité spécifique à chaque membre, la vitalité globale, celle qui peut être transmise et celle qui relève de la quintessence.
Je conclus en vous souhaitant d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Meïr Achkenazi, de Shanghai. Voir la lettre n°239. La même lettre fut également envoyée aux Rabbanim Nissan Nemanov, ‘Hano’h Hendel Havlin et Mena’hem Tsvi Rivkin. (2) Dollars. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°269. (4) Le Rav Dov Ber Haskind. Voir les lettres n°193 et 224. (5) Valeur numérique de ‘Hay, vivant. (6) Ainsi qu’il est dit: «Je vous ferai avancer parmi ceux qui stagnent». Les âmes avancent par leur effort pour servir Dieu, alors que les anges, dépourvus de libre arbitre, ne font que stagner.
Lettre n°292
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°292, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Fin de l’année 5707(1)]
Mon beau-père, le Rabbi Chlita a expliqué, le 13 Elloul, cette année(2):
«L ’intellect est un moyen, permettant d’investir son effort dans le service de Dieu ou d’aimer un simple homme.»
Cette explication est directement liée à Roch Hachana, à propos duquel il est dit: «Vous vous trouvez tous ensemble aujourd’hui, chefs de tribu, puiseurs d’eau», afin de parvenir à la plus grande unité, comme l’explique le Likouteï Torah, à la Parchat Nitsavim.
C’est la raison pour laquelle la Mitsva de ce jour est la sonnerie du Choffar, qui est un son uniforme, dépourvu de mots. Bien plus, la Mitsva n’est pas de sonner le Choffar, ce qui requiert des connaissances préalables, mais de l’écouter, c'est-à-dire de se soumettre, ainsi qu’il est dit: «L’obéissance est plus précieuse qu’un sacrifice».
Cette soumission est elle-même sans forme précise. Elle conserve une dimension globale et ne procède pas du détail. C’est précisément ce qui distingue la soumission de Roch Hachana de celle
du reste de l’année, comme l’explique, en particulier, le discours ‘hassidique prononcé à Roch Hachana 5702(3).
Avec ma bénédiction afin d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
Rav Mena’hem Schneerson,
Notes
(1) Cette lettre fut adressée à la Yechiva Aheï Temimim de Tel Aviv, au Rav Yera’hmyel Binyaminsohn de Londres et au Rav Its’hak Goldin, de Prague. (2) Date du cinquantième anniversaire du mariage du précédent Rabbi. Voir la lettre précédente. (3) 1941, du précédent Rabbi.
Lettre n°293
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°293, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Fin de l’année 5707]
A mon proche parent, le cher et distingué
docteur A. Hilman(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai passé quelques mois en Europe(2) et différents travaux se sont donc accumulés ici, s’ajoutant à mes occupations régulières. C’est la raison pour laquelle je réponds avec un grand retard aux lettres qui m’ont été adressées. De plus, j’ai été obligé d’accorder la priorité aux courriers qui affectent l’activité concrète du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, de Ma’hané Israël ou des éditions Kehot. Vous voudrez bien m’excuser de ne pas vous avoir répondu plus tôt.
Je réponds à vos questions:
A) Nous demandons à Dieu(3) de se souvenir de la miséricorde, du sacrifice et de l’intégrité, faisant ainsi allusion à Avraham, Its’hak et Yaakov. Dès lors, pourquoi Lui demander ensuite de se souvenir également de l’amour?
On peut donner, à ce propos, deux explications:
1. Selon la Kabballa, on mentionne ici toutes les Sefirot et, en l’occurrence, l’aspect de Bonté que chacune possède. Ra’hem, la miséricorde, a la même valeur numérique que Avraham, symbolisant la bonté. Akéda, le sacrifice, représente la sévérité «sacrifiée» à la bonté et qui lui est donc soumise. C’est pour cela que le sacrifice d’Its’hak fut effectué par Avraham, comme l’explique le Likouteï Torah du Ari Zal, à la Parchat Vayéra. Enfin, l’intégrité est la qualité de Yaakov, ainsi appelé du fait du bien qu’il porte en lui.
L’amour, en revanche, correspond à l’Attribut de Royauté, Mal’hout, qui complète toutes les autres Sefirot. C’est à ce propos qu’il est dit: «Je Me souviendrai de Mon Alliance avec Yaakov, Je Me souviendrai de la terre, Je ne Me détournerai pas d’eux lorsqu’ils seront dans le pays de leurs ennemis».
2. La seconde explication diffère peu de la première, bien qu’elle soit plus proche du sens simple. Nous demandons, dans la prière que Dieu, s’Il se met en colère, se souvienne des Patriarches et du mérite de tout Israël, de l’amour qu’Il a éprouvé pour eux.
Le Zohar voit, en cela, une allusion aux âmes juives et cette explication correspond bien à la précédente, puisque l’on connaît le lien entre les âmes juives et l’Attribut de Royauté céleste.
B) Nous disons, dans la prière des fêtes, «ce jour de fête, convocation sacrée, temps(4), convocation sacrée». Pourquoi répéter deux fois cette expression?
Ce texte montre d’abord l’importance d’avoir reçu la fête de Pessa’h, une convocation sacrée, temps de notre libération. Puis, il explique que cette convocation sacrée a pour but de commémorer la sortie d’Egypte. La seconde expression «convocation sacrée» marque donc sa révélation ici-bas.
C) Le recueil de coutumes dit que, selon la pratique de la maison du Rabbi, celui qui n’a pas de père dit également, avant la lecture du Ma Nichtana(5), la phrase suivante: «Père, je voudrais te poser quatre questions». Je n’ai jamais entendu d’explication ou de référence, à ce propos.
Il me semble, néanmoins, que ceci découle de la nécessité de l’honorer, après sa mort, au même titre que de son vivant, comme le stipule le Choul’han Arou’h Yoré Déa, chapitre 240 et le Zohar, tome 3, fin de la Parchat Be’houkotaï, de même que d’autres textes, cités par le Nitsoutseï Zohar, à cette référence.
Notes
(1) Docteur Acher Hilman. Voir la lettre n°244. (2) En France, pour y rencontrer sa mère, qui avait alors quitté la Russie. (3) Dans la prière du Ta’hanoun. (4) De notre libération à Pessa’h, du don de notre Torah à Chavouot, de notre joie à Soukkot. (5) Avant de poser les quatre questions, le soir du Séder.
Lettre n°295
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°295, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Au jour du jeûne du septième mois(1),
qui sera transformé en allégresse,
Brooklyn, N. Y.,
Au Rav grand et distingué, érudit qui craint Dieu,
le Rav C.Y.(2),
Je vous salue et vous bénis,
Vous savez sans doute que j’ai passé quelques mois en Europe(3). A mon retour, j’ai trouvé ici différentes tâches, qui se sont accumulées pendant cette période, en plus de mon travail ordinaire et, en particulier de la préparation à l’impression des publications éditées pendant l’été dernier. Il en est résulté un grand retard dans ma réponse aux lettres qui m’ont été adressées, en tout cas pour celles qui ne concernent pas directement l’activité du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h, de Ma’hané Israël ou des éditions Kehot. Vous voudrez donc bien m’excuser.
Tout d’abord, je voudrais vous souhaiter d’être définitivement inscrit pour une bonne année, de même que tous les vôtres, avec tout le bien matériel et spirituel.
J’en viens maintenant aux points évoqués dans votre lettre:
A) Vous m’interrogez sur ce que j’écris, dans mon commentaire de la Haggada, à la page 5: «Les Léviim lisaient le Hallel (4)». Vous mettez en cause cette affirmation, à partir du commentaire de Rachi sur les traités Pessa’him 64a et Soukka 54b, selon lequel tous les Juifs lisaient le Hallel.
En fait, j’ai reproduit la description du sacrifice de Pessa’h, telle qu’elle est faite par le Yaabets, sans rien y ajouter de moi-même, si ce n’est une référence à la Tossefta.
Pour ce qui est de votre question, le Rambam établit clairement que les Léviim lisaient le Hallel et, pour l’heure, je n’ai vu aucun Décisionnaire contestant son avis. Nous reviendrons plus loin sur l’avis de Rachi, qui, du reste, est un commentateur et non un Décisionnaire. Dans ses explications, il s’efforce donc de rester proche du sens simple, même s’il s’écarte ainsi de la Hala’ha.
De plus, en rapportant l’avis de Rachi, vous suivez vraisemblablement l’analyse des Tossafot, dans le traité Soukka, à cette référence et du Min’hat ‘Hinou’h, à la Mitsva 394. Néanmoins, si l’on considère que, d’après Rachi, tous les Juifs lisaient le Hallel, on soulève ainsi plusieurs difficultés:
1. Lorsque l’on dit, dans la suite de la description, que «l’on sonne du Choffar(4)», pourquoi ne dit-on pas qui le sonnait?
2. Pourquoi dire «tous les groupes(5)» et non, simplement, «les groupes»?
3. Troisième question, qui est la plus forte, cette conception contredit la Tossefta, comme le soulignent les Tossafot, au traité Soukka, à la référence précédemment citée. Certes, on peut dire que ce Cantique était récité sans tenir un verre de vin à la main et qu’il pouvait donc être dit par un Israël. C’est ce que dit le Min’hat ‘Hinou’h, mais l’on peut s’interroger, à ce propos. Pourquoi Rachi s’oppose-t-il à la Tossefta et sur quoi se base-t-il pour le faire?
Or, nous devons comprendre les paroles des Sages, même lorsqu’elles nous semblent contredire un passage talmudique. Mais, cette obligation nous incombe uniquement lorsque nous sommes certains que tel est l’avis de ce Sage, mais nullement dans le cas contraire.
En l’occurrence, cette conception est une évidente contradiction de la Tossefta et, à mon humble avis, ce n’est nullement celle de Rachi. Car, l’avis de Rachi est, en fait, bien clair. La Michna du traité Pessa’him fait une description exhaustive du sacrifice de Pessa’h offert par le premier groupe et conclut: «Le second et le troisième groupes en font de même. Ils lisaient le Hallel. S’ils le terminaient, ils recommençaient».
Une lecture rapide permet d’aboutir à la conclusion que seuls le second et le troisième groupe lisaient le Hallel. Car, si le premier le faisait également, pourquoi ne pas le dire dans la description du sacrifice de ce premier groupe? Rachi précise donc qu’il s’agit de «tous les groupes» et dit encore, dans le traité Soukka, que «tous les groupes lisent le Hallel». Dans ce passage, il n’importe pas de savoir si cette lecture était faite par les Léviim ou par les Juifs, mais uniquement de déterminer le moment de cette lecture, en l’occurrence également pendant le sacrifice du premier groupe. C’est également de ce point que discute la Michna.
Rachi n’a donc pas pour but d’expliquer qui lit le Hallel, de même qu’il ne dit pas qui sonne le Choffar, car tel n’est pas le propos de la Michna. On peut ainsi répondre à toutes les questions précédemment posées et même à d’autres encore.
De même, on peut considérer que les Tossafot, dans le traité Soukka 54a, entendent uniquement expliquer les propos de Rachi, afin d’écarter une fausse interprétation selon laquelle le Hallel serait lu par l’ensemble des personnes composant le groupe. Ce commentaire des Tossafot n’est, du reste, pas rédigé sous la forme d’une question et d’une réponse. Tel n’est pas l’avis du Min’hat ‘Hinou’h sur l’explication de Rabbi Ovadya de Bartenora.
B) Vous m’interrogez, dans votre lettre, sur ce que j’ai écrit, dans le commentaire de la Haggada, à la page 7: «La Michna et le Yerouchalmi indiquent que l’on prenait également deux plats(6), à l’époque du Temple». Vous affirmez que «la Michna et le Yerouchalmi ne permettent nullement d’aboutir à cette conclusion. Il est impossible de faire une telle déduction et il est clair que ces deux plats furent introduits après la destruction du Temple(7)». Or,
1. Je suis un peu surpris que vous me croyez capable de faire une erreur aussi grossière, de faire imprimer une affirmation que je présente comme une évidence, alors que rien ne permet de faire pareille déduction, que le contraire est une évidence. Bien plus, j’avais, en l’occurrence, indiqué mes références!
2. Je n’imaginais pas que vous puissiez écrire cela avant de consulter, au moins superficiellement, la Michna et le Yerouchalmi, à la référence indiquée.
La Michna du Babli, traité Pessa’him 114a, dit: «On apportait devant lui de la Matsa, des herbes amères et deux plats. Dans le Temple, on apportait, en outre, le sacrifice proprement dit». Et le Yerouchalmi, à cette référence, traité Pessa’him 10, 3, ajoute: «A l’extérieur du Temple, on doit également avoir deux plats».
La parution du Kovets est, pour l’heure, interrompue(8), à cause de la charge de travail nécessaire pour préparer la parution des discours ‘hassidiques de mon beau-père, le Rabbi Chlita.
Je conclurai par un point concernant Roch Hachana. J’ai aperçu votre livre, Moadim Bahala’ha, dans la bibliothèque de mon beau-père, le Rabbi Chlita. En le consultant brièvement, j’ai vu que vous citiez différentes explications sur le fait que l’on ne sonne pas du Choffar, lorsque Roch Hachana est un Chabbat, de peur d’être conduit à le transporter dans le domaine public.
Or, il est dommage que vous n’ayez apparemment pas vu une explication étonnante que donne l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h, à ce propos. Il dit que l’on ne sonne pas du Choffar, en pareil cas, parce qu’une telle pratique contrevient à l’esprit même de la fête. Cette explication permet, en outre, de comprendre un long développement du Rambam, dans ses lois du Choffar 2, 6.
Avec ma bénédiction pour être définitivement inscrit pour une bonne année,
M. Schneerson,
Notes
(1) Tsom Guedalya, lendemain de Roch Hachana. (2) Le Rav Chlomo Yossef Zevin. Voir également la lettre n°308. (3) En France, pour y rencontrer sa mère, qui avait alors quitté la Russie. (4) Dans le Temple, pendant le sacrifice de Pessa’h. (5) Le sacrifice de Pessa’h était effectué en trois groupes. (6) Sur le plateau du Séder, l’un évoquant le sacrifice de ‘Haguiga et l’autre, celui de Pessa’h. Ils correspondent, à l’heure actuelle, à l’oeuf et à l’os. (7) Du fait de l’impossibilité d’offrir ces sacrifices. (8) Il s’agit du périodique Kovets Loubavitch. Voir, à ce propos, la lettre n°219.
Lettre n°296
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°296, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
5 Tichri 5708,
Au ‘Hassid érudit, qui craint Dieu,
le Rav D.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais suite à ma lettre du 18 Elloul et aux précédentes:
A) J’ai reçu, par l’intermédiaire du Rav B.G.(2), un exemplaire du Torah Or, du Ateret Roch et du Sidour Tehilat Hachem complet. Puis, vingt cinq Sidourim me sont parvenus, par la poste. Je les ai montré à mon beau-père, le Rabbi Chlita, en précisant que vous les aviez réalisés et il en a été satisfait.
B) Vous voudrez bien faire parvenir deux cents Sidourim au comité de coordination des implantations des ‘Hassidim, à Paris et vous en enverrez mille exemplaires ici. Ils seront vendus entre soixante et soixante quinze cents. Vous leur enverrez également cinquante Torah Or et Ateret Roch.
C) Vous trouverez ci-joint trois discours ‘hassidiques que vous mettrez à la disposition du plus grand nombre. Vous voudrez bien me confirmer les avoir reçus, de même que ce que doit vous transmettre le Rav N.N.(3).
En vous souhaitant, de même qu’aux membres de votre famille et à toute la communauté, d’être définitivement inscrit pour une bonne année,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav David Bravman, responsable des publications en Europe. Voir la lettre n°279. (2) Le Rav Binyamin Gorodetski, de Paris. (3) Le Rav Nissan Nemanov, par l’intermédiaire duquel le Rabbi avait transmis au Rav Bravman le paiement des frais d’impression.
Lettre n°297
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°297, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Septième des dix jours
de Techouva 5708,
Au ‘Hassid érudit, qui craint Dieu,
élève de la Yechiva, le Rav ...
Je vous salue et vous bénis,
En cette période, je vous exprime mes voeux pour que vous soyez, avec tous les vôtres, définitivement inscrit pour une bonne année.
Vous parlez, dans votre lettre, de l’aspect profond de l’Attribut de découverte intellectuelle, qui est lié à celui d’Atik Yomin. Vous consulterez, à ce propos, les références, dans les discours ‘hassidiques de 5666(1), que j’ai indiqué dans mes notes au Kountrass Limoud Ha’hassidout, à la page 6(2). Vous y verrez que la finalité est de révéler l’essence du plaisir infini, qui transcende l’aspect profond d’Atik Yomin, lequel est identifié à celui de l’Attribut de découverte intellectuelle. Pour y parvenir, il faut mettre en pratique les Mitsvot ou investir ses efforts dans l’acquisition de la sagesse.
Déterminer quelle est la Mitsva que l’on doit mettre en pratique de la manière la plus scrupuleuse ne dépend pas de la rationalité et les incitations du mauvais penchant font que l’on peut, dans ce domaine, se tromper aisément. Car, c’est, bien sûr, dans ce domaine que l’on subira les attaques les plus fortes du mauvais penchant.
Or, l’un des moyens les plus sûrs, en la matière, est de suivre le chemin et la voie indiqués par le Rabbi. Il est alors inutile de faire intervenir son propre raisonnement, de se demander si le Rabbi changera d’avis. Il est, a fortiori, inutile de regarder, à droite et à gauche, pour découvrir un autre centre d’intéret et une nouvelle occupation.
Je prendrai un exemple. Mon beau-père, le Rabbi, vous a confié, me semble-t-il, la responsabilité du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h et de Ma’hané Israël, dans votre ville et peut-être même dans votre pays. Il est donc bien clair que vous n’avez pas à vous préoccuper de la fonction des autres, que vous ne devez pas courir après des activités dont vous ne savez pas si elles vous concernent. En tout état de cause, tout cela est exclu tant que vous n’avez pas mené à bien la tâche qui vous est confiée, la mission que l’on vous a désignée du doigt, en vous disant: «Voici ta voie, celle qui te conduira vers le Sanctuaire de Dieu. Elle seule t’apportera la réussite.»
Plusieurs années sont passées et vous ne pouvez pas tromper les autres et encore moins vous-même, car les faits indiquent précisément quelle est la situation: «J’ai apporté une bonne éducation à tant d’enfants. Telles personnes ont commencé à mettre les Tefilin sur mon intervention. Dans telles maisons, on a commencé à étudier la Torah, à avoir de bonnes lectures. Tant de personnes se sont engagées à étudier la ‘Hassidout. J’ai diffusé tant d’exemplaires de bons livres et surtout d’ouvrages de ‘Hassidout».
Si le bilan est incomplet, et malgré toutes les bonnes raisons que l’on peut fournir par ailleurs, en particulier la peur d’un homme juif, qui possède le libre arbitre, même si l’on est irréprochable, on n’en constate pas moins un manque. En revanche, si l’on ne s’affecte pas des conditions, si l’on fait son travail et que l’on obtient un bilan positif, on peut, de cette manière, obtenir l’élévation de la Torah et des Mitsvot que l’on accomplit. C’est ce qu’explique le Tanya.
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena’hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(3),
Notes
(1) 1906, du Rabbi Rachab. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°265 et 287. (3) Du Merkaz Leïnyaneï ‘Hinou’h.
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