Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°256
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°256, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Kislev 5707,
Brooklyn, N. Y.
Au jeune homme qui craint Dieu, élève de la Yechiva,
le Rav Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je réponds à vos questions:
A) Vous me demandez si la confiance en Dieu n'exclut pas de faire tout ce qui est naturellement nécessaire, ou bien s'il suffit de prier et de s'en remettre à Dieu. Vous avez entendu dire que les Justes n'ont nul besoin d'avoir recours aux voies naturelles et vous vous demandez donc pourquoi Avraham dut dire(2): De grâce, dis que tu es ma soeur(3).
Voici ma réponse. De façon générale, il faut à la fois placer sa confiance en Dieu et faire tout ce qui est naturellement nécessaire, c'est bien évident. La Loi Ecrite et les Midrashim de nos Sages en font largement la preuve. Et, le recours au voies naturelles ne contredit nullement la confiance en Dieu, puisque le Tout Puissant Lui-même, en Qui chacun doit placer sa confiance, affirme qu'Il accorde Sa bénédiction dans la mesure où l'homme introduit son action et non s'il reste apathique, selon le Sifri Devarim 15, 18.
Deux conclusions découlent de ce qui vient d'être dit: 1. Il faut avoir recours aux voies naturelles uniquement parce que Dieu demande de le faire. En revanche, si l'on considère qu'une telle intervention est, par elle-même, bénéfique ou nocive, on remet en cause sa confiance en Dieu. 2. Un homme ne peut recevoir l'ordre d'accomplir que ce qui est en son pouvoir, car Dieu n'agit pas avec malice envers Ses créatures. S'il ne peut emprunter les voies naturelles, c'est la preuve que Dieu ne lui demande pas de le faire. Et cela n'affaiblit en rien la certitude que Dieu accédera à Sa requête.
Mais, l'on peut encore se poser deux questions: 1. Pourquoi nous est-il commandé d'emprunter les voies de la nature puisque ce recours, semble-t-il, ne change rien? 2. Et qu'advient-il si l'on n'emprunte pas ces voies naturelles?
La 'Hassidout donne la réponse à la première question. Pour une raison qui nous dépasse, l'influence divine intervient, dans ce monde physique, uniquement en s'introduisant dans un réceptacle matériel. En conséquence, la partie supérieure de la personnalité humaine, qui est à l'image du Très Haut, doit emprunter le même réceptacle, c'est-à-dire agir concrètement pour gagner sa vie(...).
Pour la seconde question, de celui qui n'emprunte pas les voies naturelles alors qu'il pourrait le faire, nos Sages disent qu'ayant compté sur un miracle, il n'y aura pas droit. Dès lors, non seulement sa confiance en Dieu sera sans effet, mais, bien plus, il sera puni pour s'être lui-même mis en danger. Et, si le miracle survient néanmoins, celui-ci sera déduit de ses mérites et sera même l'objet d'un soucis pour le Créateur.
Les Justes, y compris ceux qui possèdent une âme issue du monde spirituel d'Atsilout, restant partie intégrante de ce monde même lorsqu'elle se trouve dans un corps physique, mais qui peuvent, néanmoins, être troublés par les préoccupations du monde matériel et subissent le voile qui le caractérise, doivent également emprunter les voies naturelles, pour la raison précédemment énoncée.
A l'opposé, les Justes qui ne subissent en aucune façon les tracas du monde, restent parfaitement attachés à Dieu, exactement comme lorsque leur âme se trouvait là-haut, ne subissent pas les contingences du monde et n'ont donc nul besoin d'emprunter les voies naturelles.
Le Torat 'Haïm explique que les Patriarches appartiennent à la première catégorie. C'est pour cela qu'ils étaient bergers, séparés des préoccupations du monde. Avraham prononça la phrase précédemment citée et Yaakov conçut différentes ruses pour échapper à Esav.
Yossef, à l'opposé, se rattachait à la seconde catégorie. Il n'avait donc pas besoin d'emprunter les voies naturelles et fut même puni lorsqu'il le fit(4).
Mais, on peut s'interroger sur ce qui vient d'être dit. Car, le Torat 'Haïm se demande pourquoi Yossef fut-il puni parce qu'il avait eu recours à la ruse pour essayer d'être libéré. Yaakov n'en fit-il pas de même sans recevoir aucune punition? Le Torat 'Haïm explique donc que Yossef transcendait l'enchaînement des mondes, mais il ne donne pas l'explication qui a été reproduite dans cette lettre.
Néanmoins, cette question ne se pose nullement, car le Torat 'Haïm explique aussi pourquoi Yossef ne craignit pas que la faute(5) soit responsable(6), comme le fit Yaakov. Il introduit donc une explication nouvelle, s'ajoutant à celle qu'il a développée dans les chapitres précédents en disant que Yossef ne subissait pas les tracas du monde. Il précise, en outre, que Yossef transcendait toutes les oppositions.
Un discours 'hassidique prononcé en 5654(7) précise que: L'un de nos grands Sages dit que celui qui subit une épreuve doit placer sa confiance en Dieu, ne pas prier pour en être délivré, ne rien faire de particulier, ne pas se tremper au bain rituel pour cela, mais uniquement s'en remettre à Dieu. Ceci est comparable au silence, qui est une marque de soumission profonde. Tout cela est très surprenant.
Autre remarque, on peut gagner sa vie pour obtenir le pain de la terre(8). Mais, l'on peut aussi recevoir le pain du ciel(9). Toutefois cette distinction ne concerne notre propos que de manière indirecte(...).
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B) Commentant le verset, dis, de grâce, que tu es ma soeur, le Midrach en déduit que l'on peut pratiquer l'abattage rituel d'une bête, pendant le Chabbat, pour donner de la viande à un malade. Les livres sacrés expliquent qu'Avraham eut recours à la ruse et ne se contenta pas de placer sa confiance en Dieu. Ils en concluent qu'il ne faut pas s'en remettre au miracle qui pourrait arriver au malade. Vous me demandez quelle est l'explication de tout cela.
Vous n'indiquez pas la référence de ce Midrach et des livres sacrés qui le commentent et dont les mots confèrent la sagesse(10). En effet, cette affirmation est difficile à justifier. Pourquoi le Midrach ne déduit-il pas, tout simplement, de ce verset que l'on ne s'en remet pas au miracle?
Le Zohar, tome 1, page 82a, affirme que, bien au contraire, Avraham s'en remit au miracle et c'est pour cela qu'il se rendit en Egypte. Et le Zohar, tome 3, page 52a, précise qu'il vit un ange marcher devant Sarah, mais non devant lui-même. Il se dit alors: Serait-elle protégée alors que je ne le serais pas?. C'est donc pour cela qu'il lui demanda: Dis, de grâce que tu es ma soeur(11).
On peut donc comprendre ce Midrach de la manière suivante. Avraham demanda à Sarah de se faire passer pour sa soeur afin de sauver sa propre vie et l'on peut en conclure qu'il est permis de transgresser un Interdit pour sauver son prochain.
Mais, cette explication elle-même n'est pas pleinement satisfaisante. Car, pourquoi ne pas dire simplement que l'on peut transgresser le Chabbat pour les besoins d'un malade? Pourquoi parler précisément de Che'hita?
Pour répondre à tout cela, on connaît la question qui se pose, lorsque l'on entend approfondir les choses(12). Pourquoi Avraham imagina-t-il que les Egyptiens allaient le tuer et commettre un crime uniquement pour ne pas avoir commerce avec une femme mariée? Car c'est bien pour cela qu'il lui demanda de se faire passer pour sa soeur.
L'une des réponses est la suivante. En le tuant, ils n'auraient commis une faute qu'une seule fois, alors qu'en prenant Sarah du vivant d'Avraham, ils auraient transgressé à chaque relation qu'ils auraient eu avec elle. Le Midrach en déduit donc que l'on peut faire la Che'hita pour un malade pendant le Chabbat et qu'on ne lui présente pas de la viande Taref, pour la même raison. Ce malade commettrait une faute chaque fois qu'il consomme la taille d'une olive de cette viande, alors que la Che'hita n'est, en tout et pour tout, qu'une seule interdiction(13).
On peut, toutefois, encore se demander comment le Midrach déduit que l'on peut faire la Che'hita pour un malade, pendant le Chabbat, alors qu'un tel acte, commis une fois, entraîne une condamnation à mort. En revanche, consommer de la viande Taref est uniquement la transgression, répétée de nombreuses fois, d'un Interdit(14). Dans le récit d'Avraham, par contre, à partir duquel cette déduction est faite, le crime et la relation avec une femme mariée entraînent, l'un et l'autre, une condamnation à mort.
La preuve tirée par le Midrach est, en fait, la suivante. Comment peut-on établir que l'on aurait tué Avraham et commis un crime, c'est-à-dire encouru une condamnation à mort une fois pour se préserver de celle qui aurait découlé d'une relation avec elle? Les Egyptiens auraient pu avoir, avec elle, une relation détournée, procurant du plaisir, mais n'entraînant aucune condamnation à mort. Néanmoins, une telle pratique est également condamnable et les autres nations, qui ont accepté les principes de la moralité après le déluge, la condamnent donc également. Il est donc évident qu'ils l'auraient tué, préférant une faute grave commise une fois à des fautes moins graves, mais répétées. C'est pour cela qu'Avraham demanda à Sarah de se faire passer pour sa soeur et l'on peut effectivement en déduire que l'on fait la Che'hita, pendant le Chabbat, pour donner de la viande à un malade.
On peut également avancer une autre explication. Si les Egyptiens avaient pris Sarah de force, sans qu'Avraham n'ait pu les en empêcher, celui-ci aurait été considéré comme renonçant à Sarah, comme c'est le cas lorsqu'il y a des voleurs(15), selon le traité Baba Kama 114a. Dès lors, elle pouvait être tenue pour divorcée. En effet, les descendants de Noa'h n'étaient pas tenus d'établir un acte de divorce écrit et il leur suffisait de se séparer. Dès lors, elle n'aurait plus été considérée comme une femme mariée. Néanmoins, une telle pratique est, encore une fois condamnable.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif
Je viens de m'apercevoir que la Torah Chléma, Parchat Le'h Le'ha, paragraphe 145, cite ce Midrach, en faisant référence au Midrach Plya et développe l'explication précédemment donnée. Néanmoins, il ne soulève pas l'objection, concernant Avraham, découlant du fait que les deux interdictions(16) ont la même punition(17), ce qui n'est pas le cas pour la consommation de viande Taref et la Che'hita(18).
Notes
(1) Partovitch. (2) A Sarah. (3) Pour ne pas être tué par les Egyptiens afin qu'on puisse lui prendre Sarah. (4) Lorsqu'il intervint auprès de l'échanson du roi pour être libéré de prison. (5) Qu'il aurait commise. (6) Du fait qu'il ne soit pas libéré. (7) 1894, par le Rabbi Maharach. (8) C'est-à-dire au prix de l'effort. (9) Par un don du ciel. (10) C'est-à-dire que l'on comprend beaucoup plus clairement lorsque l'on consulte le texte original. (11) Le Rabbi note, en bas de page: Le Chem Michemouel, du Rabbi de So'hatchov, traite cette question. (12) Le Rabbi note, en bas de page: Car, au sens simple, voici comment il faut interpréter ce verset: S'ils se disent que tu es mon épouse, ils me tueront, car ils n'imagineront pas que je puisse te livrer à eux. C'est l'explication du Sforno. (13) Voir, à ce propos, la lettre n°221. (14) Punie de flagellation. (15) Celui qui voit les voleurs emporter un objet lui appartenant y renonce, sachant qu'il n'a aucune chance de le retrouver. (16) Le crime et la relation avec une femme mariée. (17) La condamnation à mort. (18) La première entraînant uniquement la flagellation et la seconde, une condamnation à mort.
Lettre n°257
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°257, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Premier jour de 'Hanouka 5707,
Au grand Rav qui craint Dieu, aux accomplissements
multiples, grand érudit, le Rav E.E. Hacohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Votre lettre du dimanche de la Parchat Vayéchev m'est bien parvenue en son temps. Bien que je ne savais comment réagir, j'ai fais ce que vous m'avez demandé.
Je conclurai en évoquant 'Hanouka.
Les Grecs privilégiaient l'intellect, comme l'histoire l'a établi. Ils voulurent donc leur faire oublier Ta Torah(2), c'est-à-dire son origine divine. En effet, si elle n'avait pas été donnée, nous aurions appris les règles de la pudeur(3), selon le traité Erouvin 100b. Ils voulurent aussi leur faire transgresser les Décrets de Ta Volonté, précisément les Décrets(4).
Pour la même raison, ils souillèrent toute les huiles(5), car l'impureté est un Précepte de la Torah, sans justification logique et l'intellect humain ne peut la concevoir.
Ils purent ainsi souiller toutes les huiles, défier l'intellect de la sainteté, celui des enfants d'Israël. En effet, un comportement purement rationnel, même s'il est dicté par l'âme divine, peut conduire à l'erreur et donc à la faute. Bien plus, il peut prêter à penser, malgré cela, que l'on agit toujours en conformité avec l'Injonction reçue, y compris pour les Décrets et les Injonctions qui heurtent la logique.
Telle fut précisément la faute de Chaoul, qui prit en pitié toutes ces richesses(6), souhaitant en faire des offrandes pour Dieu. Il s'écria alors (Chemouel 1, 15): J'ai accompli la Parole de Dieu(6).
C'est pour cela qu'il nous est ordonné de rendre un jugement rigoureusement exact et les Tossafot, commentant le traité Meguila 15b, précisent: malgré les propos des témoins. On peut expliquer, d'après ce qui vient d'être dit, que le témoignage est un Décret du Roi, selon le traité Baba Batra 159a. Or, quel soupçon pourrait-on éprouver à son encontre? En effet, le témoignage établit un fait et ne se contente pas de le préciser. Dès lors, pourquoi s'interroger, à son propos, puisque la Torah le prend en compte?
Malgré tout cela, le témoignage doit être analysé, dès lors que celui-ci est bâti sur la logique. C'est ce qu'explique le traité Meguila, à cette même référence, en disant que celui qui rend un jugement rigoureusement exact se rend ainsi maître de son mauvais penchant, par la suite, lorsque la Torah est discutée.
De même, la guerre contre les Grecs transcendait toute logique, puisque les faibles affrontèrent les forts. Les Juifs firent don d'eux-mêmes et firent preuve de la plus grande abnégation. On ne put donc trouver de l'huile pour sept jours, symbolisant les sept jours de la création, car celle-ci avait été souillée. On trouva seulement de l'huile pour un jour, faisant allusion à la détermination et à l'abnégation qui ne peuvent être segmentées. C'est uniquement pour cela que l'on trouva de l'huile.
Ceci peut être comparé à la fête de Chavouot, qui ne dure qu'un jour, alors que Pessa'h et Soukkot en ont sept.
Je vous souhaite tout le bien et une bonne fête de 'Hanouka,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(7)
Notes
(1) Le Rav Efraïm Eliézer Yaalès, de Philadelphie. Voir la lettre 176. (2) Selon le rituel de 'Hanouka. (3) En observant le comportement du chat. Les Grecs ne s'opposaient pas aux Préceptes logiques, à condition de les mettre en pratique uniquement par évidence intellectuelle. (4) C'est-à-dire les Préceptes qui défient l'intellect. (5) Se trouvant dans le Temple. (6) Appartenant aux Amalécites. (6) Sa logique l'ayant induit en erreur. Il était convaincu de bien agir en consacrant à Dieu ces richesses qu'Il lui avait demandé de détruire. (7) De Ma'hané Israël.
Lettre n°258
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°258, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jeudi 26 Kislev 5707,
Au distingué 'Hassid qui craint Dieu, s'acquitte de sa
mission avec abnégation, le Rav Y.Kats(1),
Je vous salue et vous bénis,
Conformément à votre lettre, nous vous avons adressé les recueils de discours 'hassidiques et, par paquet séparé, la causerie du 10 Kislev et l'histoire de 'Hanouka. Vous avez sans doute reçu tout cela en son temps.
Connaissant votre désir d'étudier les causeries de Soukkot, qui ont été prononcées en votre présence, je vous en joins mon propre exemplaire. Comme vous vous en apercevrez, il n'a pas été relu par le Rabbi. Je ne sais quand il pourra le faire et je ne veux pas retarder cet envoi. Vous me restituerez donc cet exemplaire le plus rapidement possible.
Je ne souhaite pas être un créancier(2), d'autant que, comme vous me l'écrivez, il vous arrive de connaître des moments difficiles. Mais, je formule le voeu et je veux être certain que, connaissant la situation difficile du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h et sachant que l'imprimeur a livré ces recueils de discours 'hassidiques voici plus de deux mois, vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir, à la première occasion et, en tout état de cause, le plus rapidement possible.
Je conclurai en évoquant 'Hanouka(3).
Le Midrach Yalkout Chimeoni explique que le Sanctuaire du désert fut prêt le 25 Kislev, mais Dieu demanda de retarder son édification jusqu'au mois de Nissan. Néanmoins, pour accorder à cette date ce qui lui revenait, la fête de 'Hanouka y fut fixée, mille deux cents ans plus tard.
Malgré tout cela, il est dit que les enfants d'Israël apportèrent leurs offrandes pour le Sanctuaire en deux jours, les 11 et 12 Tichri. Pourquoi le firent-ils aussi rapidement puisque l'on ne se pressa nullement de le bâtir?
Il en découle les enseignements suivants: 1. L'empressement est une valeur particulièrement précieuse. 2. Chaque effort d'un Juif pour mettre en pratique la Mitsva apporte ses fruits, même si, de manière passagère, on peut ne pas s'en apercevoir.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Notes
(1) Le Rav Yaakov Kats, de Chicago. Voir la lettre n°174. (2) Rappelant les dons pour la publication de livres qui n'ont pas encore été honorés. (3) Et en tirant de cette fête une leçon s'appliquant à ce qui vient d'être dit.
Lettre n°260
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°260, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Mardi de la Parchat Vaye'hi 5707,
Au distingué 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.M. Kalmenson(1),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu votre lettre du mercredi de la Parchat Toledot et je vous remercie d'avoir écrit à ma mère(2), puisse-t-elle avoir une longue vie. Je suis très surpris que vous ne me donniez pas des nouvelles d'elle, ne me disiez pas si elle est en bonne santé. Les 'Hassidim qui se trouvent sur place lui viennent-ils en aide, dans toute la mesure de leurs moyens, pour satisfaire ses besoins? Il est clair que tout ceci sera à ma charge(3). Vous me donnerez sûrement ces informations, par le détail, dans votre prochaine lettre.
Conformément à votre demande, nous vous avons adressé quelques unes de nos publications, à votre nom, par envoi séparé. Vous voudrez bien nous confirmer les avoir reçues. Vous vous efforcerez de mettre ces livres à la disposition du plus grand nombre, ou bien en les plaçant dans un lieu public, une synagogue ou une salle de lecture, ou bien en les prêtant successivement à de nombreuses personnes. Celui qui confère un mérite à la communauté reçoit lui-même l'équivalent de ce mérite(4).
J'ai entendu qu'il y a, dans la ville où vous vous trouvez actuellement, des livres de 'Habad qui ont été imprimés en Hongrie ou en Tchécoslovaquie, pendant la guerre, peu avant ou peu après celle-ci, peut-être chez le Rav Rapoport. Vous voudrez bien le vérifier et envoyer ici un exemplaire de chaque livre, à l'intention du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h ou des éditions Kehot. Bien évidemment, nous vous enverrons d'autres livres en échange, selon ce que vous demanderez.
Nous avons publié ici une nouvelle édition du Sidour Tehilat Hachem, avec des corrections et des notes supplémentaires, conformément aux instructions de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Il me semble que votre père s'est occupé de cela, lorsqu'il se trouvait à Petersburg. Nous en avons envoyé quelques uns, à votre nom et vous voudrez bien nous confirmer avoir reçu ce colis, comme le précédent.
J'attends votre lettre annonçant de bonnes nouvelles à propos de ma mère, puisse-t-elle avoir une longue vie. Vous consulterez, tout d'abord, le Targoum Yonathan du verset Naftali est telle une biche envoyée et le commentaire du Tseror Hamor, selon lequel Naftali était un homme de paix. C'est donc lui que son père et ses frères chargèrent d'annoncer la paix.
Naftali est, en outre, directement lié à la rapidité et aux bonnes nouvelles. Le Tséma'h Tsédek explique, dans le Or Hatorah, que son nom est de la même étymologie que Tefila, la prière, qui relie le point le plus élevé au lieu le plus bas. En se déplaçant rapidement, on ne connaît que le bien et la bonté, comme l'explique le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Kora'h, à propos des amandes d'Aharon.
En vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(5)
Notes
(1) Le Rav Chalom Mendel Kalmenson, de Paris. Après avoir échappé à la Russie, celui-ci, avec plusieurs centaines de familles 'hassidiques, se trouvaient à Prague, pour venir en aide aux réfugiés, en transit vers les pays libres. Voir également les lettres n°290, 333, 389, 395. (2) Qui avait été sauvé, à la même époque et se trouvait encore en chemin pour Paris, ville à partir de laquelle elle se rendit aux Etats Unis. (3) Financière. (4) Voir la lettre n°259. (5) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
Lettre n°261
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°261, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Tévet 5707,
Au distingué 'Hassid qui craint Dieu, élève de la Yechiva,
le Rav M.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous ne nous avez pas écrit depuis bien longtemps, quoique nous ayons eu de vos nouvelles par votre frère,
le Rav C.(2).
Considérant notre manque de moyens pour imprimer les écrits et les livres de nos maîtres, j'ai fait une proposition à votre frère et lui ai demandé de vous la transmettre. Je la formule de nouveau, par écrit. Pouvez-vous constituer, parmi les 'Hassidim et les élèves de la Yechiva, un comité de publication, qui créera un fonds pour l'impression? Il collectera les dons de ceux qui souhaitent faire apparaître leur nom dans les dédicaces ou dédier ces livres à la mémoire de quelqu'un ou, tout simplement, apporter leur contribution financière. Il se chargera, en outre, de diffuser les publications, ce qui permettra de recouvrer une partie de la somme investie dans l'impression.
Je ne souhaite pas détailler mon propos au delà de cela, ne connaissant pas la situation dans votre ville, en la matière. Vous déciderez vous-même le reste, selon votre propre analyse. Il importe seulement, pour moi, que nous ne soyons pas empêchés de diffuser l'enseignement de nos maîtres par manque de moyens, mon beau-père, le Rabbi Chlita, ayant donné son accord pour cette impression.
J'attends de connaître votre avis, en la matière et votre réponse positive. Vous me direz qui doit, selon vous, appartenir à ce comité. En tout état de cause, il faut que vous en soyez vous-même un membre. Du reste, les habitants de Terre Sainte n'ont pas, pour l'heure, participé à l'édition des livres de la 'Hassidout.
Vous voudrez bien remettre, au plus vite, vingt livres(3) à mon frère(4). Vous pouvez les prélever sur notre caisse. Je vous en remercie d'avance.
Concernant la dette du Torat Chalom, votre frère m'a donné dix neuf Shekels(5) et demie. Pour mon colis, j'ai payé dix huit Shekels(5), comme vous me l'avez demandé. De plus, vous pouvez nous adresser une vingtaine d'exemplaires du Tanya.
J'espère que le Torat 'Haïm, le Imreï Bina et le Pirouch Hamilot seront édités dans un mois. Vous savez sans doute que le Dére'h Mitsvoté'ha et le Sidour Torah Or, avec le Chaar Hacollel, sont parus.
J'attends votre réponse sur tous ces points et je conclus en vous souhaitant tout le bien,
Mena'hem Schneerson
Vous avez sans doute reçu la lettre concernant l'organisation Ata et celle adressée au Rav Tekatch(6). Qu'en est-il du commentaire du Tanya qui se trouve chez le Rav Tekatch?
Notes
(1) Le Rav Moché Gour Ary, de Tel Aviv.
Lettre n°262
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°262, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Dimanche 13 Tévet 5707,
Au grand Rav, 'Hassid érudit qui craint Dieu,
le Rav Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je commencerai pas vous demander de m'excuser pour la longue interruption entre cette lettre et la précédente, qui est due à mes occupations diverses et variées. Vous me pardonnerez sûrement.
J'ai reçu, en son temps, votre lettre de Mena'hem Av et j'attendais une copie du fascicule sur l'usage de la Langue Sacrée et d'une partie des lettres. Pour l'heure, je n'ai rien eu. Vous tiendrez sans doute parole, dans la mesure du possible. De même, vous n'avez pas répondu à ma question concernant un bref exposé de l'activité communautaire du Rabbi(2), pendant ses dernières années.
Je vous remercie de vos remarques pour les omissions constatées dans le recueil de causeries Torat Chalom. J'ai bon espoir que vous avez déjà lu tout le livre. Il serait judicieux, pour le bien de tous, que vous notiez tous les oublis et toutes les modifications du texte, dans l'ordre des années ou des pages, sur une feuille séparée, en précisant les références, ce que vous avez vous-même entendu, reçu de quelqu'un ou vu par écrit. J'ai bon espoir que nous soyons enfin en mesure d'éditer les compléments et les rectifications de ce livre, dans lequel vous aurez ainsi une part.
Je vous ai envoyé ce recueil de causerie, sans même attendre votre commande, connaissant votre attachement à ces textes. J'ai bon espoir et je suis certain que vous serez de ceux qui prennent part à l'édition des écrits du Rabbi(2) en nous transmettant les textes que vous avez présents à l'esprit et dont le contenu présente un intérêt pour tous. Vous en enverrez une copie, de même que la liste des oublis précédemment mentionnés.
J'ai demandé que l'on vous adresse nos dernières publications, l'additif à Dére'h Mitsvoté'ha et Bad Kodech. Vous les avez sans doute reçues en leur temps. Si vous avez des remarques à formuler, à ce propos, vous voudrez bien me les faire connaître, à condition, comme je l'ai dit, que vous ne m'en veuillez pas si ma réponse tarde et que vous m'accordiez les circonstances atténuantes.
Je conclue en saluant les membres de votre famille et en vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(3)
Peut-être possédez-vous des commentaires et des notes sur le Tanya rédigés par les premiers 'Hassidim, ou bien connaissez-vous quelqu'un qui en dispose(4). Nous projetons, en effet, de publier un Tanya, en en respectant la pagination, avec des références, des notes, des comparaisons avec la première édition(5).
Notes
(1) Le Rav Yaakov Landau. Voir la lettre n°228. (2) Rachab. (3) Des éditions Kehot. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°179. (5) Qui voit le jour, actuellement, dans le cadre des Rechimot, des notes que le Rabbi prit pour son usage personnel et qui font maintenant l'objet d'une publication.
Lettre n°263
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°263, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Chevat 5707,
Très cher monsieur Hitler-Barski,
Je vous salue et vous bénis,
Je vous ai écrit, il y a quelques temps et j'écris encore une fois, n'étant pas certain que ma première lettre vous est bien parvenue.
L'auteur de cette lettre est le beau-frère de Mendel Horenstein(1). Je voudrais formuler la requête suivante. Une femme, Léa Tsibouliarge, qui s'appelle maintenant Yana Tsiboulska, nous a écrit ici. Elle affirme que le couple Horenstein s'est enfui du ghetto d'Otwotsk, vers la forêt, en avril 1942(2). Pouvez-vous le confirmer?
Ma belle-soeur, madame Gour Ary(3), m'a raconté que vous étiez, à l'époque, à Otvotsk. Je pense que vous devez donc savoir ce qui leur est alors arrivé.
J'espère que votre réponse sera rapide et je vous en remercie d'avance.
Mena'hem Schneerson,
Pour l'instant, nous n'avons pas parlé de tout cela à mon beau-père, puisse-t-il avoir une longue vie.
Notes
(1) Mari de la jeune soeur de la Rabbanit 'Haya Mouchka, épouse du Rabbi. (2) En fait, le couple fut conduit vers les camps de la mort le 25 'Hechvan 5703 (1942). Voir, à ce propos, les lettres n°379 et 382. (3) Epouse du Rachag, le Rav Chmaryahou Gour Ary.
Lettre n°264
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°264, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Chevat 5707,
Au 'Hassid érudit, qui craint Dieu, élève de la Yechiva,
le Rav ...
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre question, dont voici le contenu:
A) J'ai trouvé qu'une controverse existe à propos de la constitution des couples. Selon les exégètes, ceux-ci se forment par le libre arbitre de l'un et de l'autre, alors que, pour les Kabbalistes, un Décret divin est à leur origine. Je me demande quel est l'avis de la 'Hassidout, en la matière.
B) Différents textes de la 'Hassidout semblent indiquer qu'il s'agit bien d'un Décret divin. Dès lors, pourquoi un effort est-il nécessaire, dans ce domaine? S'agit-il uniquement d'une action permettant que les lois de la nature soient respectées?
Vous n'indiquez pas, dans votre lettre, les références de toutes ces affirmations. Vous ne précisez pas non plus les différentes conceptions qui existent, pour chacune de ces deux optiques. De plus, votre première question a une implication concrète et les Décisionnaires la tranchent.
Je vous exposerai donc les différentes conceptions, ce qui permettra de répondre à vos questions.
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La constitution d'un couple dépend-elle totalement, partiellement ou pas du tout du libre arbitre? Plusieurs opinions et conceptions ont été émises, à ce propos.
Ces avis sont basés sur l'interprétation des traités Moéd Katan 18b, Sotta 2a, Sanhédrin 22a, Baba Batra 12b, du Midrach Béréchit Rabba, chapitre 68, du Zohar, tome 1, pages 91b, 207b, 229a, tome 2, page 170b, tome 3, page 283b et d'autres références encore.
On cite, en particulier, le Midrach Tehilim, mais je n'en dispose pas et je ne peux pas le consulter.
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Les différentes conceptions sont les suivantes:
A) Le Séfer 'Hassidim, au chapitre 383, enseigne: Une voix céleste proclame: La fille de tel homme épousera tel homme et la convoitise d'un autre homme ne sera d'aucun effet. Elle lui permettra de l'épouser pendant quelques temps, sans s'unir à elle, puis il divorcera d'elle ou mourra et elle épousera celui qui lui est destiné.
Le Séfer 'Hassidim ne précise pas de quelle union il s'agit ici, mais, pour le rendre convergent avec les traités Moéd Katan et Sotta, on peut dire qu'il s'agit bien de la première union.
B) Un premier commentaire, à la même référence, selon Azoulay(1) et Rabbénou Nissim, dans le traité Moéd Katan, dit: La prière d'un autre lui permettra d'épouser cette femme et même de s'unir à elle, mais, finalement, elle sera répudiée, ou perdra son mari et épousera celui qui lui était destiné.
C) Rachi, commentant le Rif, dans le traité Moéd Katan, précise: La voix céleste énonce le décret, mais la prière peut l'annuler totalement. Il ne dit pas que cette annulation est seulement temporaire.
Les Tossafot, commentant le traité Sanhédrin 22a, comparent cette prière à celle qui transforme un foetus de garçon en fille(2), ce qui est irréversible. Le Tséma'h Tsédek est du même avis, dans son commentaire du traité Moéd Katan.
D) Selon le Tachbets, tome 2, chapitre 1, on a le libre choix de se marier ou non, mais, si l'on décide de le faire, on doit épouser celle qui a été désignée par la voix céleste. Un autre homme, qui le désire, peut devancer celui qui doit épouser cette femme, mais son union ne perdurera pas, comme le dit le paragraphe B.
E) Le Rambam, au début du dernier de ses huit chapitres, dit que la voix céleste n'émet pas un Décret divin, mais indique uniquement une tendance naturelle, rendant plus aisé et plus simple le choix de telle femme. Néanmoins, le libre choix est pleinement respecté. On consultera aussi les responsa du Rambam, au paragraphe 159.
Cette explication, selon laquelle la prédestination des couples est uniquement en fonction d'une attirance naturelle, s'applique à la fois à la première union et à la seconde. Dès lors, pourquoi nos Sages disent-ils que la seconde union est en fonction des actions de l'homme?
On peut répondre que, de manière naturelle, la voix céleste aurait dû intervenir également pour la seconde union. Néanmoins, la nature est modifiée en fonction de la récompense et de la punition, de sorte que la seconde union dépend du mérite de l'homme. On peut, du reste, découvrir cette explication dans les mots du Rambam, cités par le Tachbets.
Toutefois, même pour une seconde union, un homme doit, par un effet de son libre choix, prendre la décision de se marier, aucun Décret divin ne pouvant l'obliger à le faire. En effet, une seconde union est également une Mitsva, même pour celui qui a déjà des enfants, car il n'est pas bon que l'homme soit seul, comme l'explique le traité Yebamot 61b.
F) Selon le Akéda, porte 8 et 322, toutes les unions sont en fonction des actions de l'homme et, lorsque nos Sages parlent de la voix céleste annonçant la première union, ils font uniquement allusion à la jonction entre la forme et l'esprit, entre le corps et l'âme.
G) Les écrits du Ari Zal, partiellement cités par le Yaabets, dans son commentaire du traité Sotta 2a, explique que, pour la première fois, lorsque l'âme descend dans ce monde, la voix céleste annonce que la fille de tel homme épousera tel homme. Mais, celle-ci peut auparavant s'unir à un autre homme, comme ce fut le cas pour Ourya et Batcheva, selon le Zohar, tome 1, page 73b. Puis, lorsque vient le moment de ce mariage, l'homme trouvera cette femme, sans aucun effort, sans aucune fatigue de sa part.
Un autre peut, toutefois, par sa prière, le devancer, si aucune femme ne lui est destinée, selon le Zohar, tome 1, page 91b et 229a, cité par le Midrach Talpyot, à l'article mariage. Il l'épousera donc en fonction de ses actions et, parfois même, changera d'âme pour cela, pour le meilleur ou pour le pire. Il perdra alors son épouse et en prendra une autre, n'étant pas celui qui a été désigné pour cette femme.
Parfois, un homme devra se réincarner une seconde fois pour pouvoir épouser celle qui lui est destinée. Ou bien, il vivra une seconde vie, pour une autre raison et, s'il en a le mérite, cette femme se réincarnera également afin qu'il puisse l'épouser. Pour autant, ayant commis des fautes qui justifient cette seconde vie, il fera l'objet d'accusations qui empêcheront cette union et la rendront aussi difficile que le passage de la Mer Rouge, selon le Sefer Haguilgoulim et le Sefer Halikoutim Tehilim.
Si la femme qui lui est destinée ne se réincarne pas, cet homme épousera une femme qui vit elle-même pour la seconde fois, sans qu'un homme ne soit désigné pour elle. Leur union est alors difficile, car leurs natures ne s'accordent pas nécessairement, selon le Séfer Halikoutim.
Néanmoins, une certaine proximité doit exister entre eux, de par la source de leur âme, selon la même référence. D'après un autre avis, le Bneï Aharon commentant le Chaar Haguilgoulim, citant les anciens Sages, au nom du Ari Zal, si la femme qui lui est destinée ne revit pas une seconde fois, cet homme épousera celle qu'il pourra, ainsi qu'il est dit: homme et sa femme, saisissez ce que vous pouvez dans les vignes.
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Il découle de tout ce qui vient d'être dit que, quelle que soit la forme de l'union, on peut être devancé par quelqu'un d'autre.
Et la Hala'ha tranche que, pour cette raison(3), on peut se fiancer pendant 'Hol Hamoéd.
Tous les efforts(4) sont donc justifiés.
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Le Or Hatorah du Tséma'h Tsédek commente l'affirmation de nos Sages, dans le Midrach Rabba, selon laquelle Dieu intervient, dans l'union d'un homme, de deux manières. La première qu'il définit est difficile à déchiffrer et l'on peut l'interpréter de la manière suivante. Dieu désigne la femme qu'il doit épouser, mais cet homme conserve la possibilité de le faire ou de ne pas le faire. C'est l'explication du Tachbets, précédemment citée.
La seconde manière est la suivante. Le mariage est comparable à la naissance d'enfants, à la santé et à l'opulence matérielle, qui dépendent des influences astrales et non du mérite et des actions. Là encore, un effort peut être utile, comme dans les domaines précédemment cités. En effet, celui dont l'influence astrale n'est pas propice, ce qu'à Dieu ne plaise, peut néanmoins modifier les choses par son effort. Et, même lorsque cette influence astrale est propice, une action de sa part reste nécessaire et un mérite peut venir en aide, comme l'explique le Biyoureï Zohar.
Le Dére'h Mitsvoté'ha donne, à ce propos, une autre explication, basée sur la 'Hassidout, de même que le discours 'hassidique intitulé des eaux nombreuses et le 'Hano'h Lenaar.
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Un discours 'hassidique prononcé en 5671(5) définit la première et la seconde union, précisant ce qui les distingue. Globalement, il dit que la première est décidée par Dieu, de Sa propre initiative et avant tout effort de l'homme. Elle évoque donc la première délivrance. La seconde dépend, en revanche, de ses actions, c'est-à-dire de son effort, auquel elle répond. Elle introduit ainsi la seconde délivrance.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité de rédaction(6)
Notes
(1) Le Rabbi note, en bas de page: Le Séfer 'Hassidim, manuscrit de Parme publié par les éditions Mekitseï Nirdamim, au chapitre 1128, donne un second commentaire d'Azoulay, conforme à celui qui figure au paragraphe A. (2) Au tout début de la gestation. (3) Pour ne pas être devancé par quelqu'un d'autre. (4) Pour réaliser cette union. (5) 1911, par le Rabbi Rachab. (6) Du Kovets Loubavitch.
Lettre n°265
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°265, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Chevat 5707,
Au distingué 'Hassid, homme honorable qui craint Dieu,
le Rav H.Havlin(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos lettres:
A) Je vous remercie beaucoup pour vos efforts afin d'obtenir un certificat pour ma mère, puisse-t-elle avoir une longue vie(2). J'ai transmis le contenu de votre réponse à mon beau-père, le Rabbi Chlita. Puis, j'ai eu un doute sur son âge exact, à cause des modifications(3). J'attends des précisions et je poursuivrai ensuite les démarches, desquelles je vous tiendrai bien sûr informé.
B) Concernant l'acte d'acquisition de la maison et du domaine, à 'Hevron(4), nous n'avons trouvé, parmi les documents que vous nous avez adressés, que l'acte de propriété du Rabbi(5). Or, un acte a sûrement été établi, par la suite, au nom de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Il m'a été demandé de vous charger de le retrouver, d'en conserver une photographie certifiée et d'en adresser l'original à mon beau-père, le Rabbi Chlita.
C) Il y a quelques temps, j'ai demandé que l'on vous adresse, à titre de collaborateur à nos réalisations, à l'oeuvre du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h et des éditions Kehot, un exemplaire du Bad Kodech, des livres du Tséma'h Tsédek, de l'additif au Dére'h Mitsvoté'ha, du Tséma'h Tsédek et du discours 'hassidique du 13 Chevat. Vous voudrez bien me confirmer les avoir reçus.
D) La diffusion des livres du Tséma'h Tsédek a été confiée ici à monsieur Goldman, qui en a également envoyé quelques uns en Terre Sainte. C'est pour cette raison que nous ne faisons pas d'envoi aux clients se trouvant là-bas. Néanmoins, compte tenu de votre demande, réitérée deux fois, auprès du Rav I.Orenstein(6), j'ai exceptionnellement demandé que l'on vous en achète ici une collection, au meilleur prix, soit quinze Shekels(7) et qu'on vous l'adresse. Vous voudrez bien me confirmer l'avoir reçue.
E) Concernant le Yalkout Chimeoni et le Keren Ora, le négociant de livres dit être en relation directe avec les fournisseurs.
F) La copie des lettres de Rabbi Avraham de Kalisk vient de nous parvenir, en un seul exemplaire et au nom de mon beau-père, le Rabbi Chlita(8).
G) Dans le périodique Bemichor, paru le 20 Adar Richon 5706, il y avait un article sur le père de l'Admour Hazaken. Serait-il possible d'obtenir cet article? Qui est son auteur?
H) J'ai vu, en passant, dans la bibliothèque de mon beau-père, le Rabbi Chlita, une biographie de la famille du Rav de Liady, dont l'auteur est monsieur M. C. Slonim(9). Il y a, dans ce livre, des erreurs et des omissions. Qui est cet auteur? Le connaissez-vous?
I) Il y a quelques temps, j'ai écrit aux élèves de Torat Emeth(10), Cohen, Weber(11), à leur recteur, le Rav M.A. L. Shapiro(12), au Rav D.Shapiro, auteur du Bneï Tsion(13). Je n'ai pas eu de confirmation que ces courriers sont bien parvenus à destination.
J) Je conclurai par une idée de Torah.
Je prépare actuellement l'impression des discours 'hassidiques de mon beau-père, le Rabbi Chlita, en leur ajoutant des références et des notes explicatives. On y trouve l'affirmation, fréquente dans les écrits 'hassidiques, selon laquelle l'aspect profond de l'Attribut de découverte intellectuelle est lié à celui de la dimension intérieure de Kéter, la couronne qui coiffe l'enchaînement des mondes(14).
Une référence renvoie au Likouteï Torah, qui le déduit du Peri Ets 'Haïm. Or, on peut s'interroger, à ce propos, puisque ce texte parle uniquement de sa dimension extérieure. Mais, sans doute s'agit-il, en fait ici, de la lumière émanant de la dimension intérieure, qui se reflète dans la dimension extérieure(...).
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(15)
Notes
(1) Le Rav 'Hano'h Hendel Havlin, de Jérusalem. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°226. (3) Des papiers officiels qu'il a fallu falsifier pour lui permettre de quitter la Russie. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°246. (5) Rachab. (6) Le Rav Its'hak Avigdor Orenstein. Voir la lettre n°241*. (7) Dollars. (8) Voir, à ce propos, la lettre n°230. (9) Voir, à ce propos, la lettre n°311. (10) La Yechiva Loubavitch de Jérusalem. (11) Voir, à ce propos, la lettre n°231. (12) Le Rav Moché Aryé Leïb Shapiro. Voir la lettre n°234. (13) Le Rav David Shapiro. Voir la lettre n°233. (14) Le Rabbi note, en bas de page: Une note que j'ai rédigée pour le fascicule Limoud Ha'hassidout explique tout cela par le détail. On consultera également les lettres n°287 et 297. (15) Des éditions Kehot.
Lettre n°266
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°266, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er jour de Roch 'Hodech Adar 5707,
Au comité de l'école de filles Beth Rivka,
à Paris,
Je vous salue et vous bénis,
Conformément au souhait de mon beau-père, le Rabbi Chlita, l'école Beth Rivka de Paris est désormais affiliée au réseau scolaire placé sous notre direction.
Par courrier séparé, nous vous adressons le programme usuel des écoles Beth Rivka. Si vous souhaitez introduire quelques modifications dans celle de Paris, en fonction des conditions de l'endroit, vous voudrez bien nous faire des propositions en ce sens.
Dans les écoles Beth Rivka, la prononciation doit être Ashkénaze.
Vous trouverez ci-joint un questionnaire que nous vous demandons de bien vouloir remplir et nous adresser.
Nos Sages enseignent, au traité Taanit 20a, qu'il convient d'intensifier sa joie, dès que commence le mois d'Adar, du fait de la proximité de Pourim. Or, c'est à l'occasion de cette fête, comme l'explique, en particulier la 'Hassidout, que les Juifs accomplirent ce à quoi ils s'étaient engagés, lors du don de la Torah, selon le traité Chabbat 88a.
La Torah fut donnée uniquement parce que les femmes acceptèrent de la recevoir les premières, comme le dit le Midrach Chemot Rabba. Et, de même, le miracle de Pourim intervint essentiellement grâce aux femmes, comme le souligne le Rachbam.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem M. Schneerson
Lettre n°267
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°267, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Adar 5707,
A notre distingué parent, l'honorable docteur A. Hilman(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 13 'Hechvan(2).
Je l'ai lue et relue, mais je ne peux accepter la classification que vous faites, car celle-ci s’écarte de notre foi et de la Hala'ha, en général. De plus, elle n ’est pas conforme au contenu du chapitre 32 du Tanya.
La Hala'ha retient comme critère déterminant la motivation de la faute et la manière dont elle est commise, par impossibilité de se contenir, de manière accessoire(3), par défi de Dieu, de façon systématique. La nature même de la faute, en revanche, importe peu.
Prenons un exemple tiré de l'époque actuelle. Celui qui reconnaît l'unité de Dieu et met en pratique la Torah et les Mitsvot qu'Il a ordonnées, mais prétend que Dieu n'est pas premier, qu'il existe une matière antérieure, à partir de laquelle Il créa le monde, est un hérétique, comparable à un idolâtre. Et l'on peut s'interroger sur le Guide des égarés, qui ne l'exprime pas d’une manière aussi tranchée. Pour autant, dans le langage courant, on ne dirait pas d'un tel homme qu'il a abjuré.
Bien plus, celui qui est considéré comme un apostat, se fait donc passer pour un non-Juif, ce qu'à Dieu ne plaise, parce qu'il est incapable de se maîtriser, puis qui adopte, pour la même raison, un mode de vie immoral, nul ne se préoccupant de le ramener vers le droit chemin, se trouve, concrètement, dans une situation moins grave que le précédent.
Vous trouverez les références de cette affirmation, dans le Rambam, lois de la Techouva, chapitre 3, dans ses commentateurs et dans d'autres textes encore. C'est ce que j'exposais dans ma première lettre.
Je citerai également un autre exemple. Il est permis de prêter à intérêt à celui qui, délaissant un aliment permis, consomme celui qui est interdit. En revanche, il est interdit de prêter à intérêt à celui qui, enfant, fut capturé par des non-Juifs et éduqué sans aucune connaissance de la Torah d'Israël(4). Et ceux qui contestent ce principe le font pour d'autres raisons.
Pour revenir au Tanya et pour le situer en fonction des définitions apparaissant dans votre lettre, on peut adopter la classification suivante en trois groupes:
A) Il y a, tout d'abord, ceux qu'il est une Mitsva d'aimer, qu'il est exclu de haïr. Il s'agit des hommes qui mettent en pratique la Torah et les Mitsvot ou, s'ils ne le font pas, ne peuvent être classés dans la troisième catégorie et ne sont absolument pas proches, de sorte que l'on se trouve dans l'impossibilité de mettre en pratique la Mitsva de leur faire des remontrances.
B) Il y a, ensuite, ceux que l'on doit à la fois haïr et aimer. Ceux-là sont suffisamment proches pour qu'on leur fasse des remontrances, mais, pour autant, ils ne se repentent pas.
C) Il y a, enfin, ceux que l'on ne peut que haïr. Ce sont les impies et les hérétiques, catégories dont le Rambam donne une définition précise.
Comment distinguer les Juifs non religieux de la première et de la troisième catégories? Les premiers ne peuvent se maîtriser, alors que les derniers se révoltent contre Dieu. Tous ceux qui défient Dieu, dans la mesure où une telle situation existe, à l'heure actuelle, appartiennent à la troisième catégorie(...).
Le Rambam parle de celui qui rejette l'ensemble de la Torah, en période de persécution religieuse. Mais le Or Saméa'h renvoie à Rachi, qui parle de
celui dont le coeur est attiré par les idoles, après avoir constaté l'affaiblissement de la situation d'Israël. Et, l'on doit encore se demander quelle définition retient le Yoré Déa, lorsqu'il parle des impies qui se révoltent contre Dieu.
J'analyserai maintenant les preuves mentionnées dans votre lettre:
A) Le Tanya dit de ceux qui appartiennent au premier groupe: Ils n'ont pas de part en le Dieu d'Israël. D'après ce qui vient d'être dit, il est clair que tous ceux qui sont couramment considérés comme des renégats n'entrent pas dans cette catégorie. Le Rambam dit: Les hérétiques contestent l'antériorité de Dieu. Les impies contestent la prophétie de Moché. Ceux qui rejettent la Torah disent que celle-ci, ou même un seul de ses versets, n'émane pas de Dieu. Il est évident que ceux-là ne sont pas des renégats.
B) Le Tanya renvoie au chapitre 16 du traité Chabbat, qui parle de ceux qui adoptent le comportement des autres nations. Rabbi Tarfon et Rabbi Ichmaël font ainsi allusion aux premiers chrétiens, qui vivaient à leur époque. Le Arou'h Hachalem permet de l'établir, malgré les modifications imposées par la censure.
A l'époque, ces chrétiens ne voulaient pas s'écarter du peuple d'Israël, dont, bien au contraire, ils prononçaient l'éloge. Jusqu'à l'intervention de Saül de Tarse, ils ne voulaient même pas parler aux autres chrétiens(5). Ils se considéraient comme des Juifs à part entière et en avaient tous les comportements. Pour la plupart d'entre eux, ils étudiaient la Torah, pratiquaient les Mitsvot, se moquaient des idoles qui prévalaient à l'époque. Tout cela est bien connu.
A la conclusion de ce passage, le traité Chabbat leur prêtent ces mots: Nous ne sommes pas venus retrancher quoi que ce soit à la Torah de Moché. Pour autant, ils adoptèrent des pratiques idolâtres, quoique l'on peut encore s'interroger, à ce propos. Ils se moquaient de l'unité de Dieu. Pour autant, ils n'étaient pas des apostats, selon le sens que l'on donne, à l'heure actuelle, à ce mot. Ils étaient des Juifs non religieux, commettant des fautes, des impies.
C) Le traité Chabbat, lorsqu'il désigne les impies, fait allusion aux chrétiens, c'est un fait. Néanmoins, 1. les chrétiens de l'époque ne sont pas les apostats de notre époque, comme on l'a dit, 2. si l'Admour Hazaken interprétait ainsi le traité Chabbat, il aurait écrit, dans le Tanya, renégats, apostats ou adeptes de la foi d'Ichmaël, termes qui étaient couramment utilisés pour les désigner, à cause de la censure, mais non d'un mot qui, dans la littérature rabbinique, a un sens précis, comme on l'a vu, 3. l'Admour Hazaken parle également, dans le Tanya, des hérétiques et il fait donc allusion à au moins deux catégories de personnes.
D) Le 'Hochen Michpat dit: Les hérétiques juifs sont des apostats et non des idolâtres. Je ne sais pas quelle preuve vous tirez de cette affirmation et ce qu'il en découle pour notre propos. Le 'Hochen Michpat poursuit, en effet: C'est aussi le cas de celui qui commet des fautes pour défier Dieu, mange, dans ce but, de la viande Taref ou porte des vêtements dans lesquels sont mélangés la laine et le lin.
Lettre n°268
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°268, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Iyar 5707,
Paris,
Au grand Rav, 'Hassid distingué qui craint Dieu et se
consacre aux besoins publics, le Rav Israël(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre.
Je vous remercie de m'avoir écrit, en quelques lignes, ce qui s'est passé à Chevii et A'haron Chel Pessa'h, dans la maison de mon beau-père, le Rabbi Chlita, bien que votre lettre ait été brève et qu'il aurait été utile de la détailler.
Vous souhaitez imprimer une bénédiction dans la brochure que vous éditez pour le 21 Iyar(2). Si celle-ci est imprimée avant cette date, comme vous l'envisagez dans votre lettre, je n'aurai pas le temps de vous en envoyer le texte d'ici. En effet, je dois disposer d'informations sur cette brochure et sur son contenu, dont vous ne m'avez rien dit, même pas par allusion.
Pour ce qui est de l'aide(3) qui doit être donnée à vos proches parentes(4), les émissaires envoyés là-bas ne sont pas encore revenus. Je connais personnellement celui qui s'est engagé à leur transmettre les quarante et il est digne de confiance. Je suis un peu plus réservé, en revanche, envers celui qui est chargé de leur apporter les soixante dix. J'en saurai plus après son retour, vraisemblablement la semaine prochaine.
Concernant leur venue à Paris, il s'agit surtout d'une question financière. Le coût serait, semble-t-il, de trente cinq pour chacune. A ma connaissance, aucune caisse d'entraide ne peut financer cette somme et il vous appartient de décider si vous voulez la prendre en charge.
Je conclus en vous souhaitant tout le bien,
M. Schneerson
Notes
(1) Le Rav Israël Jacobson, de New York. Voir la lettre n°6. (2) A l'occasion de la cinquième fête annuelle des institutions scolaires Beth Rivka, dirigées par le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h, qui devait avoir lieu le 21 Iyar. On imprima effectivement, dans cette brochure, une bénédiction du comité rabbinique de New York et une autre, du Rav 'Hadakov, au nom du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h. (3) Financière. (4) Qui venaient de quitter la Russie et se trouvaient alors dans un camp de réfugiés, en Allemagne.
Lettre n°269
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°269, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Tamouz 5707,
Aux 'Hassidim craignant Dieu qui résident à Paris,
puisse Dieu leur prêter longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Dieu merci, nous sommes bien arrivés ici. J'ai envoyé, en son temps, un télégramme pour le confirmer, à la rue Yves Carmes et je suis surpris que celui-ci me soit revenu, avec une mention selon laquelle cette rue n'existe pas à Paris!
A) Bien évidemment, j'ai transmis votre salut à mon beau-père, le Rabbi Chlita, de même que le Maamad(1). Mais, nous attendons, depuis plus d'une semaine, la liste(2) et votre lettre annonçant la constitution d'un comité et ses réalisations positives. Or, pour l'heure, nous n'avons rien reçu!
S'il en est ainsi dès le début, qu'en sera-t-il par la suite? Je suis absolument certain que votre lettre ne tardera pas et que vous ferez très vite connaître vos réalisations, l'élargissement de l'activité de ce comité au delà du cercle de Loubavitch, comme je l'ai dit avant mon départ et un programme d'action pour l'avenir. Ce point est essentiel, matériellement et spirituellement.
Vous trouverez ci-joint une lettre concernant le Maamad(3).
B) Vous trouverez, ci-joint également, un questionnaire pour l'écriture des lettres du Sefer Torah qui permettra d'aller à la rencontre de notre juste Machia'h. On fera une liste de tous ceux qui souhaitent y apporter leur participation, avec les membres de leur famille. Ceux-ci rempliront le questionnaire et indiqueront le montant de leur participation.
J'ai déjà indiqué que cette participation avait pour but de faire prendre en charge par chacun une partie des coûts. Mais, si quelqu'un souhaite augmenter sa participation, il me semble préférable de donner la différence au Maamad.
Nous vous ferons connaître par la suite les lettres qui ont été tirées au sort pour vous.
C) Vous trouverez, ci-joint également, le formulaire de participation au groupe de Michna par coeur, avec quelques lettres expliquant de quoi il s'agit. Si vous faites une liste de personnes souhaitant y adhérer, nous les ferons participer au tirage au sort et nous vous ferons savoir quels traités leur ont été attribués.
Le Rav Friedman, de la synagogue du 25(4), a demandé l'adhésion à ce groupe de membres de sa communauté. Vous l'interrogerez donc, à ce propos et vous lui demanderez d'augmenter le nombre de ces participants.
D) Vous trouverez, ci-joint également, le formulaire de création ou de développement du groupe des Tehilim. Selon ce qui y est expliqué, ceux qui souhaitent y participer transmettront leur nom.
Dans le second recueil des lettres de mon beau-père, le Rabbi Chlita, quelques lettres traitent de ce sujet, par exemple la troisième et la quatrième. Nous vous les adresserons, par envoi séparé.
E) Nous vous avons envoyé un colis de nos publications. Vous voudrez bien adresser, à l'attention du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h, la liste de celles que je vous ai laissées, avant mon départ. Ainsi, nous saurons ce qu'il faut vous transmettre, au plus vite.
Concernant ce qui vient d'être dit, vous pourrez écrire directement à chaque institution ou bien à moi-même. L'essentiel est que tout cela reçoive une application concrète. Et, l'Admour Hazaken explique, dans le Tanya, à quel point l'empressement est fondamental.
Il précise, en outre, qu'il en est ainsi dans ce monde et l'on peut en déduire qu'il décrit, de cette manière, la qualité de la Tsédaka, qui révèle la Lumière de Dieu dans ce monde, comme le précise le Tanya.
D'après ce qui vient d'être dit, on peut comprendre pourquoi ce passage du Tanya se conclut par car l'homme est jugé chaque jour. Il y a, là encore, un lien direct avec la Tsédaka, selon le Atéret Roch, le 'Hano'h Lenaar et le Kountrass Oumayan. En effet, le jugement quotidien permet la révélation céleste, dans ce monde matériel.
Cette lettre a été retardée jusqu'au lendemain et je viens de recevoir votre lettre avec la liste du Maamad.
J'attends votre courrier, annonçant de bonnes nouvelles,
Notes
(1) Somme versée au Rabbi par les 'Hassidim pour les actions qu'il mène personnellement. (2) Des donateurs. (3) Invitant chacun à y apporter sa contribution. (4) 25, rue des Rosiers, à Paris.
Lettre n°270
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°270, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Tamouz 5707,
Brooklyn,
A l'homme honorable et distingué, qui craint Dieu et se
consacre, avec abnégation, aux besoins communautaires,
le Rav Avraham Dov(1),
Je vous salue et vous bénis,
C'est avec une grande joie que je voudrais vous annoncer l'arrivée, ici-même, de ma mère, qui, Dieu merci, va bien.
A cette occasion, je voudrais vous renouveler encore une fois mes chaleureux remerciements, au nom de ma mère et en mon nom propre, pour vos efforts afin de lui obtenir un visa(2), pour votre aide et surtout pour votre bienveillance, manifestée à cette occasion.
Souvent, la manière dont une action est réalisée est plus importante que l'action elle-même, comme le soulignent nos Sages.
Je conclus en vous remerciant de tout mon coeur et en vous souhaitant tout le bien, pour vous et pour chaque membre de votre famille,
Notes
(1) Kremer. (2) D'entrée aux Etats Unis.
Lettre n°271
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°271, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Tamouz 5707,
Au très cher monsieur Alexandre Cohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai été heureux de vous rencontrer, récemment et d'avoir la possibilité d'échanger avec vous, sur différents sujets, en particulier sur la situation du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
Je connais votre grand intérêt pour les activités de cette institution. Je suis donc convaincu qu'avant même d'y avoir été invité par notre ami, monsieur Stolman(2), vous ferez tout ce qui est en votre pouvoir pour délivrer le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h de la situation critique qui est actuellement la sienne et qui met en péril, ce qu'à Dieu ne plaise, son oeuvre fondamentale.
L'Admour Hazaken, auteur du Tanya, constate que le Choul'han Arou’h fixe une participation maximale à la Tsédaka(3). Il observe, néanmoins, que cette limite s’applique uniquement à celui qui met scrupuleusement en pratique tous les détails de la Hala'ha. Mais, nous autres Juifs, demandons à Dieu d'adopter envers nous une attitude bienveillante et miséricordieuse. Nous devons donc nous-mêmes avoir, dans le domaine de la Tsédaka, une attitude similaire et ne pas nous en tenir strictement à la limite légale.
Je considère votre aide et votre attachement au Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h avec beaucoup de gratitude. Je suis convaincu que vous lui venez en aide dans toute la mesure de vos moyens. Malgré cela, la situation de cette institution est particulièrement préoccupante et j'ai donc bon espoir que vous dépasserez la limite.
Vous ferez un effort particulier pour nous aider, de manière exceptionnelle, afin de sauver le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
Avec mon salut et mes respects,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(4)
Notes
(1) Voir la lettre n°189. (2) Julius Stolman. Voir les lettres n°189, 249, 344 (3) Soit le cinquième de ses gains. (4) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
Lettre n°272
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°272, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Tamouz 5707,
A notre cher ami, érudit qui craint Dieu,
le Rav B.T.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai reçu votre lettre du 9 Tamouz durant la fête de la libération du 12 Tamouz. Le même jour, j'ai parlé à mon beau-père, le Rabbi Chlita, de ceux qui sont encore emprisonnés(2), où qu'ils se trouvent, Goldin, Serebriansky, les élèves de la Yechiva et les 'Hassidim de notre pays(3).
Nos Sages disent que le vin appartient au maître de maison. On remercie pourtant celui qui le verse et le Dére'h Mitsvoté'ha commente cette affirmation. J'ai donc dit au Rabbi que le nom de tous ces 'Hassidim était mentionné à l'initiative de Rav B.T.
Vous avez sûrement vu le télégramme envoyé par mon beau-père, à l'occasion de la fête de la libération. Le Rabbi m'a dit de ne pas attendre une réponse spécifique, pour les noms que j'ai mentionnés.
Nous vous enverrons une biographie du Rabbi Maharach(4), parue le jour même de la fête de la libération. Vous nous confirmerez sans doute l'avoir reçu.
Je suis surpris que vous ne m'ayez pas dit, dans votre lettre, que vous avez fait venir tous les membres de votre famille à Paris. Qu'en est-il des documents et du visa dont vous aviez besoin pour venir ici?
Vous voudrez bien transmettre mon salut à tous les vôtres. Je conclus en vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena'hem Schneerson,
Dieu merci, ma mère, la Rabbanit, va bien.
Notes
(1) Le Rav Ben Tsion Chem Tov. Voir les lettres n°299 et 309. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°299 et 324. (3) Retenus prisonniers en Russie. (4) Dont le Rabbi est l'auteur.
Lettre n°273
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°273, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Tamouz 5707,
A mon proche parent, le 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav C.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu vos deux lettres, de même que celle de Gluskin(2), jointe à la première. Je vous remercie pour ces courriers et je répondrai directement à Gluskin. Vous voudrez bien m'excuser du retard que j'apporte à cette réponse. Il est dû à l'importance du travail qui s'est accumulé pendant mon absence(3) et duquel je ne suis pas encore parvenu à me mettre à jour.
A) J'ai recherché, à plusieurs reprises, la lettre par laquelle vous interrogiez mon beau-père, le Rabbi Chlita. Il se trouve qu'elle a été égarée et nous l'avons retrouvée seulement hier.
B) Comme je vous l'ai promis, j'ai mentionné devant mon beau-père, le Rabbi, le nom d'Israël, fils de Beïla Cohen, de Nevel. Je l'ai fait en un moment propice, au jour de la fête de la libération du 12 Tamouz.
Bien évidemment, j'ai précisé que je le faisais de votre part et je souhaitais ainsi que votre propre nom soit également rappelé.
C) Je vous remercie de m'avoir annoncé une bonne nouvelle, l'arrivée de votre beau-frère(4), avec les membres de sa famille et l'agrandissement du Beth Rivka(4). Vous vous efforcerez de poursuivre son développement, conformément au désir de mon beau-père, le Rabbi Chlita.
D) Vous m'avez proposé votre aide. Je voudrais donc vous demander de prendre les paquets de livres qui m'ont été envoyés à Paris, au 10, rue Dieu et de me dire ce qu'ils contiennent. Je vous écrirai ensuite ce qu'il convient d'en faire. Je vous en remercie d'avance.
E) Une biographie du Rabbi Maharach a été éditée, à l'occasion de la fête de la libération(5) et j'ai demandé que l'on vous en adresse un exemplaire.
F) Vous voudrez bien transmettre au Rav M.Itkin(6) que j'ai immédiatement remis les instruments et le rideau à mon beau-père, le Rabbi Chlita. Il serait bon qu'il écrive tout ce qu'il sait de ces instruments et les informations dont il dispose, à leur propos, à mon intention ou bien directement au secrétariat de mon beau-père, le Rabbi Chlita.
G) Pouvez-vous me préciser clairement, encore une fois, la date du décès de mon père(7)? Est-ce le 20 Mena'hem Av, qui est le 9 Août, avant le coucher du soleil ou après celui-ci? Peut-être pourriez-vous interroger Yaakov Yossef Raskin qui était alors présent là-bas.
Vous voudrez bien transmettre mon salut à notre ami,
'Hassid qui craint Dieu, le Rav C.B.(8). Comme il me l'a demandé, j'ai cité son nom, au jour de la fête de la libération, à mon beau-père, le Rabbi Chlita et sollicité une bénédiction pour ses affaires.
Lors de la fête de la libération, cette année, mon beau-père, le Rabbi Chlita a pris part à une réunion 'hassidique qui a duré quelques heures. Vous avez sûrement reçu, en son temps, le télégramme qu'il a envoyé à cette occasion.
Vous transmettrez mon salut aux membres de votre famille et à tous les vôtres. Je vous souhaite tout le bien,
M. Schneerson,
Dieu merci, ma mère va bien et elle transmet son bon souvenir à tous les membres de votre famille.
Vous trouverez ci-joint une lettre pour le Rav M.Lipsker(9) et un billet de cinq cents(10).
Notes
(1) Le Rav Chnéor Zalman Butman. Voir les lettres n°307 et 352. (2) Le Rav Naftali Gluskin. Voir la lettre n°358. (3) Durant son séjour à Paris. (4) A Paris. (5) Voir la lettre précédente. (6) Le Rav Meïr Itkin, alors à Paris. (7) Voir, à ce propos, la lettre n°178. (8) Le Rav Chmouel Betsalel Althuiz. (9) Le Rav Mi'haël Lipsker, alors à Paris. (10) Francs.
Lettre n°274
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°274, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Tamouz 5707,
Au distingué 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav Chmouel, le Cho'het(1),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai le plaisir de vous faire connaître que la biographie du Rabbi Maharach, le livre dont vous vous êtes engagé à financer l'édition, est parue.
On ajoute un mérite à une date qui est, par elle-même fructueuse et ce livre a donc été livré le 12 Tamouz, jour de la libération de mon beau-père, le Rabbi Chlita, il y a vingt ans. Je l'ai transmis, le jour même, à mon beau-père, le Rabbi.
Il est dit, dans ce livre, à la page 71, que l'Admour Hazaken donne du nom Chmouel l'interprétation suivante, son Nom est Dieu. Vous consulterez aussi le Chneï Lou'hot Haberit et le 'Hida, qui apparaissent dans l'édition de Vilna du Zohar, avec quelques modifications.
On peut également mentionner, à ce propos, l'explication de celui qui est principalement concerné, en l'occurrence le Rabbi Maharach. Commentant l'affirmation de nos Sages selon laquelle Yaakov reçut le Nom de Dieu, il précise qu'il perçut alors le monde futur, lorsque Dieu révélera trois cent dix mondes, dont la dîme(2) est la valeur numérique du Nom de Dieu, Kel.
C'est pour cela que le Rabbi Maharach était riche, matériellement, bien que, d'ordinaire, lorsqu'un Juste souhaite connaître la tranquillité dans ce monde, il fait l'objet d'une accusation de la part du Satan, lui rappelant qu'il ne pourra y prétendre que dans le monde futur. C'est en ce sens, du reste, que les Patriarches perçurent le monde futur.
Pour quelqu'un comme vous, il est sûrement inutile de décrire le grand mérite que constitue la diffusion d'un tel livre. J'insisterai uniquement sur le fait que, par une intervention de la divine Providence, il a été achevé au jour anniversaire de la délivrance et de la naissance de mon beau-père, le Rabbi Chlita, lorsque l'influence astrale lui est positive.
Puisse Dieu faire que s'accomplissent les bénédictions que mon beau-père, le Rabbi Chlita, vous a accordées, oralement, lorsque vous étiez ici, ou bien par écrit.
Rav Mena'hem Schneerson,
Vous trouverez ci-joint un exemplaire de ce livre. Cinq autres vous sont adressés, par colis séparé. Vous voudriez bien m'indiquer combien d’exemplaires supplémentaires il vous en faut et à quelle adresse les envoyer.
Notes
(1) Le Rav Chmouel Karakovsky. Voir le début de la lettre n°223. (2) Soit 31.
Lettre n°275
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°275, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
1er Mena'hem Av 5707,
Au distingué 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav H.Havlin(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 12 Nissan. Ma réponse a été retardée du fait de ma visite en Europe:
A) Je vous remercie pour vos souhaits, à l'occasion de l'arrivée de ma mère, la Rabbanit, puisse-t-elle avoir une longue vie. Quiconque accorde une bénédiction se trouve lui-même béni, avec un intérêt qui dépasse le capital. Dieu merci, le voyage s'est bien passé et elle va bien.
B) L'acte d'acquisition de la maison et du domaine de 'Hévron appartenant à mon beau-père, le Rabbi Chlita, ne se trouve pas parmi les documents que vous avez envoyés ici, il y a quelques temps(2). De même, nous n'avons toujours pas reçu la copie de cet acte, que vous promettez, dans votre lettre de nous faire parvenir. J'espère que vous l'adresserez, immédiatement et sans plus attendre, à mon beau-père, le Rabbi Chlita.
C) Le négociant de livres dit qu'il vous a envoyé le Yalkout Chimeoni et le Keren Ora.
D) La copie des lettres de Rabbi Avraham de Kalisk est bien parvenue, en un seul exemplaire, à l'attention de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Je n'ai moi-même rien reçu(3).
E) Nous n'avons toujours pas reçu l'article paru dans le magazine Michor(4).
F) J'ai déjà écrit, il y a quelques temps, au Rav M.A. L. Shapiro(5) et au Rav D.Shapiro(6). Je suis surpris de n'avoir eu aucune confirmation qu'ils ont bien reçu mon courrier.
G) Nous avons reçu deux paquets du cinquième fascicule et un paquet du journal qui ont été imprimés en Erets Israël.
H) Une biographie du Rabbi Maharach vient d'être éditée. Elle a été confiée à un voyageur, à votre attention.
I) Vous me dites qu'il manque une page dans votre exemplaire du Tséma'h Tsédek. Vous pourrez sans doute en trouver un autre exemplaire dans votre ville et la recopier.
J) A l'occasion de l'anniversaire du décès de mon père, le 20 Mena'hem Av, je vous prie de donner à la Yechiva Torat Emeth, pour mon compte, dix Shekels que vous prélèverez sur notre caisse. Vous donnerez dix autres Shekels au Collel et cinq au groupe international de lecture des Tehilim.
J'ai dit, au cours d'une réunion 'hassidique, pendant le Chabbat au cours duquel a été prononcée la bénédiction du mois de Mena'hem Av, que son nom est, en réalité, Av et c'est bien ainsi qu'il doit être écrit dans un acte de divorce(7). Néanmoins, dans un acte de mariage ou lors de la bénédiction du mois, on dit Mena'hem Av.
La 'Hassidout explique, en effet, qu'un père, lorsqu'il corrige son fils, lui fait la preuve de son amour profond. C'est effectivement le cas pendant la période de l'exil, lorsque Israël est comparé à une femme divorcée. C'est pour cela que l'on écrit Av(8) dans un acte de divorce.
Nous désirons, néanmoins, que l'amour de Dieu prenne une forme tangible. Aussi, dans la bénédiction du mois et dans un acte de mariage, qui est l'antithèse du divorce, on ajoute bien le mot Mena'hem(9).
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson
Notes
(1) Le Rav 'Hano'h Hendel Havlin, de Jérusalem. Voir la lettre n°179. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°246. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°230. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°265. (5) Le Rav Moché Aryé Leïb Shapiro, recteur de la Yechiva Torat Emeth, à Jérusalem. Voir la lettre n°234. (6) Le Rav David Shapiro. Voir la lettre n°233. (7) Dans lequel il importe que tout soit précis. (8) Qui signifie père. (9) Qui signifie consolateur.
Lettre n°276
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°276, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Mena'hem Av 5707,
Aux hommes distingués et craignant Dieu, qui se mobilisent
pour diffuser la 'Hassidout, agissent et font agir les autres,
avec, à leur tête, le grand Rav et 'Hassid, Rav Meïr(1) et
l'homme agréable, Rav 'Haïm, le Cho'het(2),
Je vous salue et vous bénis,
C'est avec satisfaction que nous avons eu connaissance de votre succès dans la collecte destinée à l'impression des livres de l'Admour Haémtsahi. Ceux-ci ont déjà été édités et vous les avez sans doute envoyés ici, comme nous l'avions convenu.
A l'heure actuelle, vous vous efforcez, à n'en pas douter, d'augmenter le montant collecté, afin de combler une partie de ce qui manque, pour nos publications.
Tout ceci constitue un grand mérite. Pour des personnes comme vous, il est sûrement inutile de le préciser et, a fortiori, de l'expliquer. Je voudrais uniquement souligner que la grande récompense qui en découle vous protégera et vous éclairera, dans le monde futur et dans celui-ci, moralement et physiquement.
On peut le déduire de l'enseignement de nos Sages selon lequel Dieu agit mesure pour mesure. Il en est ainsi dans le monde futur et dans celui-ci. Il est dit, en effet, que la récompense de la Mitsva n'est pas accordée dans ce monde. Elle nous est, en effet, ordonnée par Dieu, Qui transcende toute limite. Cette récompense doit donc, elle-même, être illimitée et elle ne peut s’inscrire dans un monde physique et limité.
Toutefois, il n'en est ainsi que d'une manière générale. Plus spécifiquement, il existe certaines Mitsvot pour lesquelles on reçoit également une récompense dans ce monde, laquelle se cumule avec leur dimension infinie. Dès lors, la rétribution essentielle est conservée pour le monde futur, mais une rétribution annexe est bien accordée dans ce monde.
Nombreux sont ceux, parmi nos Sages, qui ont souhaité que leur enseignement soit répété, dans ce monde, lorsque leur âme se trouverait dans la Yechiva céleste(3), afin qu'ils puissent résider dans les deux mondes à la fois. Ceux qui agissent pour qu'il en soit effectivement ainsi, en contribuant à la diffusion de leur enseignement, sont donc récompensés, mesure pour mesure, dans le monde futur et dans celui-ci, moralement et physiquement.
La Torah et les Mitsvot ont été données aux âmes revêtues d'un corps. Pour autant, leur apport essentiel se marque dans la dimension morale, dans l'âme et non dans le corps physique. Bien plus, lorsqu'elles agissent sur le corps, c'est pour le briser et le conduire à adopter un comportement allant à l'encontre de sa nature.
Puis, le Baal Chem Tov ouvrit la voie permettant de servir Dieu avec la participation du corps, joyeusement, sans le briser et le mortifier. On connaît, à ce propos, le commentaire qu'il donne du verset lorsque tu verras l'âne de ton ennemi. Mon beau-père, le Rabbi Chlita, l'a rapporté, dans ses causeries et il est reproduit dans Hayom Yom, à la page 23. Différents textes de 'Hassidout l'expliquent.
La diffusion de la Torah, et en l'occurrence de la 'Hassidout, permet à celui qui l'étudie de se lier à l'arbre de vie, non pas par des mortifications, mais de manière joyeuse. Elle permet donc d'obtenir, mesure pour mesure, une récompense à la fois spirituelle et matérielle, tout le bien physique et moral.
Je conclus en vous exprimant mon respect et en vous adressant une large bénédiction,
M. Schneerson
Notes
(1) Rav Meïr Achkenazi, Rav de la communauté de Shanghai. Voir la lettre n°239. (2) De Shanghai. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°193, 205 et 206.
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