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Iguerot Kodesh — lettres 235 à 255

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°235

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°235, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Jeudi 28 Sivan 5706,

Au grand Rav, 'Hassid qui craint Dieu et érudit,

le Rav Y.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille de Roch 'Hodech Sivan.

Je vous remercie de m'avoir adressé une copie du petit billet(2). Je vous serais encore plus reconnaissant si vous transcriviez pour moi ce que vous avez pu entendre oralement(3).

Nous possédons ici les lettres(4) intitulées à l'occasion d'un moment de repos, je rends grâce à Dieu, projet de programme pour l'assemblée d'Israël. J'espère que vous tiendrez parole et m'adresserez une copie du fascicule sur l'usage de la Langue sacrée(4). Je vous en remercie d'avance.

De même, si vous voulez bien m'envoyer la liste des lettres(4) contenant des enseignements qui se trouvent en votre possession, avec quelques mots du début de la lettre et leur date, je pourrais vérifier si nous en avons ici l'original ou la copie.

Vous avez sans doute déjà reçu le Sefer Hasi'hot Torat Chalom(4).

Vous m'écrivez à propos du Yehi Ratson qui suit la lecture du Nassi(5) et de la nécessité d'omettre le premier Al, dans le paragraphe de conclusion du Hallel(6).

Toutes les coutumes dont j'ai fait mention dans le Hayom Yom ont été imprimées selon les instructions de mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui les a relues avant l'édition et en a supprimé quelques unes, considérant qu'elles ne s'adressaient pas au plus grand nombre.

Concernant les deux pratiques auxquelles vous faites allusion, nous avons nous-même vu, à différentes reprises, mon beau père, le Rabbi Chlita, qui disait le Yehi Ratson et omettait le mot Al. Mais, peut-être y eut-il des changements ou des éléments qui nous échappent.

Nous avons confié la vente du Tséma'h Tsédek à un négociant de livres sacrés qui se trouve ici, lequel en a également envoyé en Terre Sainte. Je ne sais pas à quelles conditions il les vendra. En plus des commentaires du Tséma'h Tsédek, à la fin de la partie sur la Michna, nous avons rajouté, dans cette édition, soixante sept responsa sur le 'Hochen Michpat et, en additif, soixante quinze responsa et quatre vingt treize pages de commentaires talmudiques.

A la fin de la partie Ora'h 'Haïm, nous avons imprimé une reproduction du manuscrit du Tséma'h Tsédek des responsa sur le 'Hochen Michpat, une brève biographie et une liste bibliographique de ses écrits qui ont été édités.

Pour ce qui concerne la séquence des discours 'hassidiques de 5672(7), j'ai évoqué le sujet, à diverses reprises, avec les 'Hassidim, ici(8). Mais à quoi ont servi ces paroles? Le coût de cette impression serait environ d'une dizaine de milliers de dollars. Qui pourra donner pareille somme? Et il est clair que l'on ne s'arrachera pas ce livre!

Vous saluerez de ma part tous les membres de votre famille. Avec ma bénédiction pour tout le bien, la Techouva immédiate et la délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(9)

Peut-être possédez-vous une note, déjà rédigée ou que vous rédigeriez maintenant, sur les activités communautaires du Rabbi Rachab, durant ses années très actives. Savez-vous de quelle manière il vint en aide aux réfugiés(10)? Le moment venu, ces textes pourront s'intégrer à sa biographie.

Notes

(1) Le Rav Yaakov Landa, Rav de Bneï Brak. Voir la lettre n°228. (2) Courte lettre, en forme de testament, que le Rabbi Rachab adressa à son fils, le précédent Rabbi, lui demandant de n'avoir aucune activité commerciale et de commenter la 'Hassidout devant les 'Hassidim. (3) Du testament du Rabbi Rachab. (4) Du Rabbi Rachab. (5) Pendant les premiers jours du mois de Nissan. Le Rav Landa écrivait: Le Rabbi Rachab m'a parlé, une fois, pendant un repas de Chabbat, du Yehi Ratson qui suit la lecture du Nassi. J'ai demandé: «Faut-il le dire?». Il m'a répondu: «Qui le dit? Pas du tout, on ne le dit pas. En revanche, on lit le passage Avadim Haïnou de la Haggada, pendant le Chabbat Hagadol». Or, le Rabbi écrit, dans son Hayom Yom, qu'il faut dire ce Yehi Ratson. (6) Le Rav Landa écrivait: Nous avons entendu, chaque soir du Séder et, de même, lorsque le Rabbi Rachab conduisit la prière, un jour de Soukkot, qu'il disait le mot Al. Dans Hayom Yom, le Rabbi écrit qu'il ne faut pas le dire. (7) Le Rav Landa écrivait: J'ai entendu le Rabbi Rachab dire: «Je souhaite ardemment que les discours de 5672 soient imprimés, si quelqu'un pouvait les retranscrire». Il a dit cela avec peine et, alors qu'aujourd'hui, on imprime largement, il est nécessaire de faire ce qu'il a demandé. (8) Voir, à ce propos, la lettre n°218. (9) Des éditions Kehot. (10) De la première guerre mondiale, lorsque tous les Juifs résidant dans les régions de la Russie qui risquaient d'être conquises par les allemands furent refoulés vers l'intérieur des terres. Le Rabbi Rachab s'occupa activement de leurs besoins spirituels et matériels.

Lettre n°236

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°236, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Sivan 5706,

Brooklyn,

Au distingué 'Hassid, élève de la Yechiva,

le Rav M.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres:

A) Je suis surpris que vous n'ayez pas encore accédé à la requête du Rav Flint, formulée en mon nom. Je suis particulièrement occupé et je ne peux pas répondre à chacun précisément quand il le désire. J'ai donc dit que vous devez vous satisfaire de recevoir des réponses avec retard, pourvu que paraissent les publications qui sont sous presse ou encore en préparation, ce qui constitue le bien du plus grand nombre.

B) Je ne connais pas l'adresse de monsieur Orlin et je vous joins donc une lettre qui lui est destinée(2). Vous prendrez soin de la lui faire parvenir, avec le fascicule qui est joint à son intention. Vous déciderez entre vous si vous devez les lui remettre vous-même ou bien si le Rav L.Kremer(3) doit le faire.

J'espère que monsieur Orlin comprendra tout ce que j'écris dans cette lettre. Le cas échéant, vous lui fournirez les explications nécessaires. Peut-être même serait-il bon, à cette occasion, de l'inviter à un petit repas, dont les invités l'envieront et imiteront son exemple. Je m'en remets à votre jugement.

C) Vous vous efforcerez d'obtenir auprès d'Orlin la totalité de son engagement, que vous enverrez ici au plus vite, car l'imprimeur réclame son dû. De même, vous m'enverrez tout ce que Dolfin vous a donné(4), concernant la dette du Rav L.Kremer et la sienne propre. Qu'en est-il, de façon générale, des donateurs pour les publications?

D) Le Dere'h Mitsvote'ha, le Chaar Hacollel et le Sidour Torah Or ont déjà été imprimés à Shanghai. Je voulais y ajouter des notes et des références, mais je ne sais pas si l'on enverra ici les livres non reliés, comme je l'ai demandé, auquel cas je pourrais le faire et les envoyer ensuite à la reliure.

E) Le numéro neuf du Kovets Loubavitch est actuellement sous presse, de même que les causeries attribuées à monsieur Dalfon, dont la fin n'est pas encore mise en page et je ne sais donc pas quand elles seront éditées. Le Sefer Hamaamarim Yiddish, comportant les discours 'hassidiques du fascicule 43 et ceux qui ont été imprimés dans Hakrya Vehakedoucha paraîtra bientôt, de même que les deux premiers tomes d'un livre d'histoire en anglais. Il y a aussi un recueil d'histoires, également en anglais.

F) Qu'en est-il de l'abonnement des élèves aux conversations avec les jeunes?

G) Les causeries prononcées le 19 Kislev, cette année, se trouvent encore chez mon beau-père, le Rabbi Chlita(5) et je ne peux donc pas faire ce que vous me demandez, à ce propos.

H) Deux récits rédigés par mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui ne figurent pas dans le Torat Chalom, ont été transcrits de manière indépendante. Le Rav A.P.(6) les a copiés, avec deux autres récits, pour quelques personnes.

Pour l'heure, je n'ai pas retrouvé la lettre aux synagogues(7). Je vous enverrai très prochainement le manuscrit, comme je vous l'ai promis.

I) Je vous remercie de m'avoir adressé la liste des livres de 'Hassidout imprimés en Terre Sainte.

J) J'espère disposer bientôt d'un peu de temps libre pour préparer l'édition des lois du lavage des mains et des bénédictions, de l'Admour Hazaken, avec des notes explicatives, conformément au souhait de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Y a-t-il, dans votre ville, les commentaires, sur ce texte, du Rav A.D. Lawot(8) ou bien des livres pouvant faciliter cette édition? Vous voudrez bien me le faire savoir au plus vite.

Je conclurai en répétant ce que j'ai écrit à quelqu'un, la semaine dernière(9).

Un verset de la Paracha de cette semaine dit: Et Aharon fit ainsi. Nos Sages, que Rachi cite dans son commentaire, disent que ceci fait l'éloge d'Aharon qui n'introduisit aucune modification. Le Likouteï Torah du Ari Zal explique pourquoi cette éloge fut prononcée précisément ici. En effet, le verset indique qu'une telle modification était bien envisageable.

Il fut dit à Moché: Les sept lumières éclaireront face au chandelier, ce qui fait allusion au début de leur allumage. Puis, il est dit que Aharon éleva les lumières face au chandelier, c'est-à-dire lorsque la flamme avait déjà pris. Le verset précise donc que Aharon n'avait introduit aucune modification et que, dès le début de l'allumage, il se trouvait bien face au chandelier. Néanmoins, il était encore là quand la flamme était déjà importante et son éloge peut donc bien être prononcée, à ce propos. C'est ce qu'explique le Ari Zal.

On peut expliquer tout cela d'après la 'Hassidout. Il est dit qu'aucune forme du service de Dieu n'est comparable à l'amour que l'on éprouve pour Lui et le Cohen est précisément un homme de bonté et d'amour. Au début de l'effort, il est encore aisé de se trouver face au chandelier, de percevoir la dimension véritable de la Mitsva, mais non lorsque la flamme s'élève, lorsque l'on est animé d'une soif intense pour la Divinité et que l'on découvre différentes manières de l'assouvir. On peut alors sombrer dans l'erreur(10), s'imaginer que l'on prend référence sur l'aspect véritable de la Mitsva et non sur son propre raisonnement.

Il faut donc être très prudent, particulièrement soumis à Dieu. Et c'est précisément pour cela qu'est prononcée l'éloge d'Aharon, qui insuffle aux âmes juives un amour de Dieu si intense qu'il ne peut subir aucune modification.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(11),

Mon beau-père, le Rabbi Chlita, m'a montré comment reproduire les noms dans une dédicace. On mentionne d'abord ceux des parents(12).

Concernant les questions que vous me posez, pour toutes celles qui concernent l'action concrète, il faut d'abord déterminer s'il y a une pratique établie en la matière. On peut interroger, en Terre Sainte, les 'Hassidim 'Habad les plus âgés à propos des Tefilin et de leur taille. Lorsque la préparation des discours 'hassidiques pour l'impression me laissera quelques temps, je pourrai consulter les livres traitant de cette question.

Pour ce qui est de votre seconde interrogation(13), je vous adresse la réponse que j'ai déjà donnée à une question similaire(14). Vous voudrez bien me la restituer par la suite.

Les coutumes imprimées dans le Hayom Yom et la Haggada s'appliquent à tous, comme l'a dit mon beau-père, le Rabbi Chlita, sauf lorsqu'il est précisé qu'il s'agit d'une coutume du Rabbi ou de la maison du Rabbi. En ce cas, il appartient à chacun de décider ce qu'il doit faire.

Tout ce qui a été introduit dans le Sidour Torah Or imprimé ici a été ajouté selon les instructions de mon beau-père. Je ne l'ai pas interrogé pour tout ce qui n'a pas été modifié, si ce n'est sur quelques points, lorsque j'avais un doute.

Notes

(1) Le Rav Mena'hem Zéev Gringlass, de Montréal. (2) Il s'agit de la lettre suivant celle-ci. (3) Le Rav Avraham Leïb Kremer, de Montréal. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°208 et 213. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°208. (6) Le Rav Avraham Pariz. (7) Que le précédent Rabbi avait adressée, en Adar 5704 (1944), aux responsables des synagogues de Montréal, pour s'étonner que ceux-ci refusent de mettre leurs locaux à disposition pour qu'y soient créées des succursales de la Yechiva, afin d'augmenter le nombre de ses élèves. (8) Le Rav Avraham David Lawot, arrière grand père du Rabbi. (9) Voir la lettre n°232. (10) Le Rabbi note, en bas de page: Du reste, lors de l'offrande d'un sacrifice, qui est aussi une forme de soif pour Dieu, il ne suffit pas que la Che'hita (faisant allusion à l'élévation) Lui soit consacrée. Il doit en être de même lorsque l'on en recueille le sang (ce qui désigne la réintégration de la matière). (11) Des éditions Kehot. (12) Et l'on inscrit à la mémoire de suivi du nom des parents, puis offert par et le nom des enfants. (13) Le Rav Gringlass demandait: Pourquoi avons-nous la coutume, à Roch 'Hodech, d'ôter les Tefilin avant le Kaddich du Moussaf alors que les écrits du Ari Zal demandent de le faire après celui-ci?. (14) Il s'agit de la lettre n°195.

Lettre n°237

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°237, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

29 Sivan 5706,

Au 'Hassid qui craint Dieu et s'acquitte fidèlement de sa

tâche, monsieur Yerou'ham Fishel(1),

Je vous salue et vous bénis,

J'ai le plaisir de vous faire savoir que le Ets 'Haïm(2), dont vous vous êtes engagé, avec votre épouse, à financer la publication, a été imprimé, ces jours-ci. Vous en trouverez un exemplaire ci-joint et vous nous direz combien

d'autres exemplaires vous sont nécessaires.

La possibilité d'offrir à plusieurs milliers de Juifs le loisir d'étudier ce livre, contenant des enseignements de nos maîtres, avec une lettre introductive de mon beau-père, le Rabbi Chlita, constitue un grand mérite et je suis sûr qu'il est inutile de développer cette idée ici.

Je voudrais simplement préciser un point, en l'occurrence une idée figurant dans la Sidra de cette semaine.

Celle-ci nous rapporte l'épisode des explorateurs(3) qui, par leur médisance, suscitèrent le malheur pour eux et pour les nombreuses générations qui les suivirent, jusqu'à la nôtre.

La solution préconisée par le traité Ara'hin 15b est la Torah, ainsi qu'il est dit: la guérison de la langue est l'arbre de la vie(4).

Le terrible châtiment infligé du fait de la médisance qu'entendirent uniquement les hommes qui vivaient à cette époque-là et à cet endroit-là nous permet de comprendre l'immense mérite et la considérable récompense revenant à celui qui prononce des paroles de Torah, en un certain endroit, à un certain moment.

On peut en déduire le mérite et la récompense de ceux qui font imprimer des paroles de la Torah. En effet, ce livre, avec les explications qu'il contient, parviendra dans tous les pays, y demeurera, y sera étudié pendant des dizaines, des centaines d'années après son impression.

Je conclus en exprimant le souhait que ce mérite vous protège dans tous vos besoins, que vous preniez encore part, à l'avenir, à de telles réalisations, qui appartiennent à la Torah, aux Mitsvot et aux bonnes actions.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(5)

Notes

(1) Orlin. Voir la lettre précédente. (2) Du Rabbi Rachab, montrant l'importance de l'étude de la Torah. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°245. (4) Traduction de Ets 'Haïm, expression qui désigne la Torah et titre du livre dont il est ici question. (5) Des éditions Kehot.

Lettre n°238

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°238, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Jeudi 5 Tamouz 5706,

Je vous salue et vous bénis,

Vous m'avez posé la question suivante. Le Naguid Oumetsavé, commentant la prière de Cha'harit, dit que la nuit n'est pas un moment propice pour le don de la Tsédaka. Or, durant celle-ci se révèle l'Attribut de rigueur. Multiplier sa participation à la Tsédaka aurait donc pu l'adoucir.

Voici ma réponse. En fait, votre question peut être renforcée. Comment interpréter les modifications que l'on trouve dans les écrits du Ari Zal, quant au fait de ne pas donner de la Tsédaka pendant la nuit et que je citerai plus loin?

Pour comprendre tout cela, nous introduirons une notion préalable. On peut, en effet, distinguer deux dimensions des Mitsvot et de la manière de les accomplir:

A) Il y a, tout d'abord, la situation dans laquelle la Mitsva elle-même et le moment de l'accomplir se correspondent. On peut citer, à ce propos, l'exemple suivant. Lorsque l'on étudie la Torah durant la nuit, le Saint béni soit-Il converse avec les Justes, dans le Gan Eden, selon le Zohar et les références qui sont mentionnées dans le Sidour, à propos du Tikoun 'Hatsot.

De même, il est dit que vous n'allumerez pas de feu pendant le jour du Chabbat et le Zohar explique que tous les feux sévères sont alors cachés. Le Sefer Hamitsvot du Tséma'h Tsédek commente aussi ce verset.

B) On peut aussi imaginer que la nature de la Mitsva soit opposée au temps de l'accomplir et qu'elle ait pour but de le transformer. On peut citer l'exemple du Choffar que l'on sonne, à Roch Hachana. Le Zohar constate que les Juifs, au jour du jugement, sonnent du Choffar et non de la corne, car ils ne souhaitent pas se lier à l'Attribut de rigueur.

Si nous envisageons le premier cas, pour ce qui fait l'objet de notre propos, on sait que l'Attribut de bonté se met en éveil, au matin et qu'il faut alors donner de la Tsédaka, avant la prière, ainsi qu'il est dit Je contemplerai Ta face dans la Justice(1). A l'opposé, il est moins nécessaire d'en donner à Min'ha, lorsque l'Attribut de sévérité se met, à son tour, en éveil. Puis, cela devient totalement inutile avant Arvit, lorsque se révèle la rigueur la plus dure.

Si nous adoptons la seconde conception, on peut dire qu'à Min'ha, il faut adoucir la sévérité qui s'éveille, ce qui est essentiellement réalisé par la Tsédaka et l'on donne donc trois pièces avant cette prière. A Arvit, en revanche, on ne le fait pas, car la rigueur est particulièrement dure et il est dit que l'on ne doit pas museler le boeuf qui laboure(2). C'est alors le moment où elle domine et il ne convient pas de lutter contre elle.

Le Ramaz, commentant le Raya Méhemna et cité dans un discours 'hassidique qui a été prononcé en 5695, dit: Les forces du mal furent également créées par Dieu et elles doivent donc recevoir la vitalité qui leur permet d'exister. De fait, elles possèdent deux sources de vitalité, celle que Dieu leur a accordé et celle qui leur est ajoutée par les hommes commettant des fautes.

Dans le traité Chekalim 5, 4, nos Sages disent que Rabbi 'Hanina Bar Papa soulignait la grande importance de la Tsédaka. Une nuit, il rencontra le maître des esprits, qui lui dit: Le maître ne nous a-t-il pas enseigné que la concurrence déloyale est interdite?. On peut le comprendre, en fonction de ce qui vient d'être dit et point n'est besoin d'expliquer, comme le fait le Korban Haéda, que celui-ci le mit en accusation parce qu'il avait dû quitter son domaine.

Dans le Sidour du Rav de Rachkov, on trouve une précision supplémentaire, qui ne figure pas dans celui du Maharik: On ne donne pas de Tsédaka à Arvit, car c'est alors la nuit et la rigueur se marque dans toute sa sévérité. On peut donc craindre l'emprise des forces du mal.

*

*

*

De façon générale, voici comment il convient de formuler cette question. La Tsédaka est une Mitsva dont l'application ne reçoit pas un temps précis. Dès lors, comment s'en dispenser pendant la nuit?

On pourrait expliquer que les écrits du Ari Zal font allusion à la Tsédaka spécifique que l'on donne avant la prière, précisant que cette pratique ne concerne pas celle d'Arvit. Mais, cette interprétation n'est pas exacte, car la raison invoquée ici, le lien entre la nuit et la sévérité, s'applique à toute la durée de la nuit(3).

Peut-être est-il possible d'imaginer deux manières de définir la Mitsva de la Tsédaka: 1. Lorsque l'on voit un pauvre qui tend la main, on doit mettre en pratique le verset ne laisse pas ton coeur indifférent et le Choul'han Arou'h, s'appuyant sur l'histoire de Na'houm Ich Gam Zo, affirme qu'il faut la lui donner immédiatement. 2. De plus, un homme ne doit jamais gâcher une occasion de donner de la Tsédaka, même si aucun pauvre ne se présente devant lui, selon le traité Baba Batra 9a, retenu par le Choul'han Arou'h pour la Hala'ha.

Les écrits du Ari Zal retiennent la dernière définition et, selon le Chaar Hacollel, le Ari Zal lui-même donnait la Tsédaka à un collecteur et non à un pauvre. Selon la première définition, en revanche, aucune différence ne peut être faite entre le jour et la nuit, conformément au verset ne laisse pas ton coeur indifférent.

Certes, la nuit est un moment de sévérité et le domaine de la rigueur doit être respecté. Dès lors, quelle différence si l'on adopte la première ou la seconde définition? En fait, cette question ne se pose pas et il y a réellement une différence. Car, si la divine Providence fait qu'un pauvre se présente, sans que l'on ait eu à le chercher, cela veut dire qu'il faut lui donner de la Tsédaka. C'est bien évident.

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*

Néanmoins, on peut encore s'interroger en considérant ce que dit l'Admour Hazaken au début du Sidour et d'Igueret Hakodech 8. Il explique, en effet, que l'on donne de la Tsédaka à un pauvre avant la prière afin que la bénédiction obtenue pendant celle-ci prenne également une forme matérielle. Or, cela est tout aussi nécessaire pour Arvit.

On peut, cependant, expliquer qu'Arvit est particulier puisque toutes les bénédictions dépendant de l'homme ont déjà été reçues à Cha'harit et à Min'ha. C'est en ce sens qu'Arvit n'est pas une obligation. A l'opposé, on peut dire aussi que, pendant Cha'harit et Min'ha, moments de grande élévation spirituelle, un acte spécifique est nécessaire pour entraîner une application matérielle, alors qu'Arvit est d'emblée plus proche du monde physique et réalise le bilan de ce qui est accompli pendant la journée. Il faudrait approfondir tout cela, mais ce n'est pas ici l'occasion de le faire.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

La Haggada Be'hipazon Pessa'h, citant le Maassé Tsédaka, dit qu'il faut donner une pièce à la Tsédaka chaque nuit, après le compte de l'Omer, afin de réparer les grands bienfaits du monde qui ont été gâchés.

Je ne connais pas l'auteur du Maassé Tsédaka. Il semble que ce soit un maître Séfarade de la Kabballa. S'il est digne de foi et s'appuie sur l'enseignement du Ari Zal, il faut prendre en compte son avis, qui demande de donner de la Tsédaka, la nuit. Néanmoins, on peut le comprendre d'après ce qui a été expliqué auparavant. Il parle, en effet, de réparer ce qui a été gâché(4) et non de ce qui a été décidé par Dieu.

Notes

(1) Tsédek, de la même étymologie que Tsédaka. (2) Il faut donc laisser l'Attribut de rigueur remplir sa mission. (3) Et non spécifiquement au moment qui précède la prière d'Arvit. (4) Ce qui peut être fait à n'importe quel moment.

Lettre n°239

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°239, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Jeudi 5 Tamouz 5706,

Brooklyn,

Au grand Rav, 'Hassid distingué, qui craint Dieu,

le Rav M.Achkenazi(1), Shanghai,

Je vous salue et vous bénis,

Vous avez sans doute reçu mon télégramme, vous demandant de trouver les moyens(2) qui nous permettraient de poursuivre nos publications. Je me permets de réitérer ma demande, en vous proposant de rechercher le bien de tous, d'acquérir un mérite qui ne pourra connaître aucune interruption. J'en ai parlé à mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui m'a confirmé que c'était effectivement une bonne chose. Que Dieu vous confère donc la réussite!

Vous connaissez sans doute notre oeuvre(3) dans le domaine éducatif, auprès de la communauté Séfarade de votre ville. Nous lui avons adressé une lettre d'encouragement émanant de mon beau-père, le Rabbi Chlita, par l'intermédiaire des élèves de la Yechiva. Ces derniers ont déjà quitté Shanghai pour rejoindre les Etats Unis et je vous serais donc reconnaissant de poursuivre l'action auprès des Sefaradim, personnellement ou par le biais de vos émissaires.

Je vous joins une lettre pour cette communauté, émanant du Rav Séfarade de Jérusalem, qui sera bientôt reconstruite. Celui-ci a émis le souhait de l'envoyer par l'intermédiaire de mon beau-père, le Rabbi Chlita et elle aura sûrement l'effet escompté.

Je serais heureux de savoir ce qui est fait dans ce domaine et, pour le bon ordre, je vous prie de nous écrire directement, à notre adresse.

Je conclurai en évoquant ce que dit la Paracha à ce sujet et ce qu'expliquent nos Sages, dans le Midrach Rabba 19, 4(4).

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif

Notes

(1) Le Rav Meïr Achkenazi, à l'époque Rav de la communauté 'hassidique de Shanghai. (2) A Shanghai même. Voir, à ce propos, la lettre n°213 (3) L'édition du jeune Juif. Voir la lettre n°232. (4) La fin de cette lettre est identique à celle de la lettre suivante. Elle n'a donc pas été reproduite ici.

Lettre n°240

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°240, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Tamouz 5706,

Au 'Hassid érudit, qui craint Dieu,

le grand Rav, Rav A.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je voudrais vous remercier tout particulièrement, à vous-même et à tous ceux qui vous suivent, pour votre aide appréciable, lors de la collecte au profit du Keren Hamatsot(2), qui fonctionne sous la responsabilité du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h, auprès de la communauté Séfarade de votre ville.

L'action du Keren Hamatsot est particulièrement importante. Ce fonds apporte une aide spirituelle à nos frères réfugiés. Ceux-ci ont souffert, sont meurtris, mais, Dieu merci, les impies n'ont pas atteint leur moral. Ils souhaitent se lier à leur Père Qui se trouve dans les cieux, en mettant en pratique les Mitsvot de Mezouza, Tsitsit et Tefilin. Dieu merci, nombreux sont ceux qui se préoccupent de leurs besoins matériels. Nous ne devons donc pas oublier leurs besoins spirituels, sans la satisfaction desquels la vie n'en est pas une.

Nous sommes convaincus que vous continuerez à apporter votre concours à ces réalisations importantes, de même qu'à toutes les autres actions du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.

A l'aide apporté au Keren Hamatsot, s'ajoute la nécessité de convaincre ceux qui n'en perçoivent pas l'utilité. Outre les moyens de mettre en pratique ces Mitsvot, il faut donc leur prouver, avec des paroles douces, qu'il est important de les respecter.

Certains se demandent pourquoi l'on doit s'encombrer d'un tel fardeau. Ne suffit-il pas de rechercher sa propre perfection, son élévation, d'étape en étape, dans la sainteté? Pourquoi s'imposer une chute et s'engager dans la polémique? Pourquoi même engager le dialogue avec ceux qui, de leur vivant, sont considérés...(3)? Ceci implique, en outre, de négliger l'étude de la Torah, la pratique des Mitsvot.

A tous ceux qui raisonnent ainsi, il faut répondre d'après la Paracha de la semaine dernière, comme l'explique le Midrach Rabba 19, 4, qui dit:

Chaque fois que le Saint béni soit-Il enseignait un point à Moché, Il lui indiquait comment celui qui contractait l'impureté pouvait en être purifié. Lorsqu'Il prononça la Parachat Emor, dis aux Cohanim, Moché lui dit: Maître du monde, si l'on constate l'impureté, en pareil cas, comment obtenir la purification? Il ne lui répondit point. Alors, le visage de Moché s'empourpra. Lorsqu'Il prononça la Paracha de la vache rousse, Moché l'interrogea encore(4).

Or, on peut ici s'interroger. Pourquoi Dieu ne répondit-il pas aux questions dans l'ordre où Moché les posait, comme cela avait été le cas auparavant. Bien plus, Rabbi Lévi, l'un de ceux qui donnent l'enseignement, dans le Midrach Rabba, s'exprime aussi dans le traité Guittin 60a et dit que la Parachat Emor et celle de la vache rousse furent prononcées le même jour. Dès lors, pourquoi ne furent-elles pas rapprochées?

L'explication est brièvement la suivante. L'impureté contractée par contact avec un mort est différente de toutes les autres. Les Juifs sont définis comme vivants, ainsi qu'il est dit: Vous êtes attachés à l'Eternel votre Dieu, vivants tous ensemble aujourd'hui. Avant la faute(5), cet attachement se marquait dans le monde entier et Adam, le premier homme, dit à toute la création: Venez, nous nous inclinerons et nous nous prosternerons. A l'époque, la mort était inconcevable.

Tant que cet attachement subsistait, même si les fautes et les transgressions l'affaiblissaient, il restait relativement facile de modifier son comportement, de raffermir ce lien. La mort, en revanche, détache de sa source, en le Dieu de vie, comme le dit le Tanya, à la fin du chapitre 24. Lorsque les Juifs parvinrent à cela, cette mort spirituelle provoqua la mort physique et justifia toutes les lois de l'impureté contractée par contact avec un mort.

C'est pour cette raison que, dans tous les cas précédents, Dieu put aussitôt indiquer à Moché comment recouvrer la pureté, car le lien avec la source de la pureté n'était pas totalement coupé et sa révélation restait donc possible. A l'opposé, la mort et l'impureté, dans leurs dimensions matérielle et spirituelle, provoquent une interruption de cette révélation, qu'il faut alors obtenir à un stade plus élevé.

En pareil cas, une distance incommensurable sépare l'impureté de sa purification et l'on retrouve donc un même éloignement dans l'énoncé de leurs lois, telles que la Torah les rapporte. En effet, édicter une loi, dans la Torah, revient à la conduire à l'existence. Et, nos Sages disent que la Torah décrit la pratique courante(6).

Ceci nous permettra de comprendre les propos de la Michna selon laquelle l'impureté la plus grave est celle de la mort, qui se répand même dans la tente(7) et l'on ne peut soulever une objection à partir du cas du lépreux, que nos Sages ont déjà expliqué, par ailleurs.

On distingue, en effet, trois formes de vitalité du corps, celle qui est spécifique(8), celle qui est globale(9) et celle qui transcende les deux aspects précédents. Trois besoins de l'homme y correspondent, la nourriture, les vêtements et la maison. Celui qui atteint le stade le plus élevé de la vitalité introduit donc l'impureté également dans la tente(10).

Malgré une telle interruption, Dieu enseigna également à Moché le moyen de se purifier de l'impureté contractée par contact avec un mort. Dieu précisa, en outre, qu'Il lui en révélerait la raison, mais que, pour tous les autres, ceci resterait un Décret transcendant la logique. Il lui dit que la vache rousse qu'il devait réaliser serait éternelle(11).

Les Mitsvot que nous ne pouvons actuellement accomplir dans leur dimension matérielle subsistent, néanmoins, dans leur dimension morale, comme cela est expliqué à propos de la prière et des sacrifices(12).

Il en est de même pour la purification de l'impureté contractée par contact avec un mort, qui nous semble être un Décret(13). Dès lors, pourquoi nous consacrer aux besoins d'un homme qui en est atteint, qui est donc séparé de sa source, ce qu'à Dieu ne plaise? Comment celui-ci pourrait-il se purifier? Bien plus, il rend, momentanément, impur, ceux qui se consacrent à ses besoins(14)!

Malgré tout cela, la vache rousse sacrifiée par le Moché de chaque génération, c'est-à-dire par nos maîtres, existe toujours. Tous les Juifs, en particulier les plus proches, doivent le consulter, à ce propos. Alors, il purifiera ceux qui sont impurs et leur conférera la vie éternelle.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

M. Schneerson,

Directeur du comité exécutif(15)

Notes

(1) Le Rav Avraham Hecht, de New York. Voir la lettre n°190. (2) Terme formé par les initiales de Mezouzot, Tsitsit, Tefilin. Ce fonds, créé par le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h, avait pour but de fournir ces objets sacrés aux réfugiés d'Europe. Voir, à ce propos, les lettres n°283, 210 et 338. (3) Le Tanya rappelle que les impies, de leur vivant, sont considérés comme morts. Le Rabbi ne souhaite pas écrire ce dernier mot. (4) Et c'est alors que Dieu lui répondit également à la question précédente. (5) De l'arbre de la connaissance du bien et du mal. (6) Hové, terme qui peut également se traduire par ce qui existe. (7) C'est-à-dire dans tous les bâtiments en contact direct avec l'endroit où il se trouve. (8) A chaque membre. (9) Pour l'ensemble du corps. (10)

Qui peut être comparée à une maison. (11) Puisque les cendres de toutes les vaches rousses sacrifiées par la suite furent mêlées à celle de la vache sacrifiée par Moché. (12) A l'heure actuelle, la prière remplace les sacrifices que nous ne pouvons effectuer. (13) Transcendant la raison. (14) Le Cohen qui effectuait le sacrifice de la vache rousse devenait lui-même impur. (15) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.

Lettre n°241

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°241, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

20 Tamouz 5706,

Au distingué 'Hassid qui craint Dieu,

le Rav H.Havlin(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à vos lettres du 13 Sivan:

A) Je n'ai pas reçu, pour l'heure la copie des lettres de Rabbi Avraham de Kalisk(2). Si vous aviez la possibilité de nous envoyer, ici, le recueil de ces lettres, que nous vous restituerions, nous pourrions identifier celles qui sont imprimées dans le Peri Haarets, le Beth Rabbi, ou la première parution annuelle du Kiryat Séfer et nous ferions une copie des autres.

Bien évidemment, vous pouvez adresser ces lettres directement à mon beau-père, le Rabbi Chlita. Mais, si cela est absolument impossible, envoyez ici au moins la copie de ces lettres.

B) Le recueil des Si'hot du Rabbi(3) a été édité à un petit nombre d'exemplaires et nous vous en avons adressé cinq. Le prix unitaire, frais de port compris, en est de dix dollars. Vous les avez sûrement déjà reçus. Vous voudrez bien nous restituer, par retour, les exemplaires que vous ne pourrez pas vendre à ce prix. Bien entendu, les frais d'envoi seront à notre charge.

C) Les livres que vous avez

commandés, en engageant votre responsabilité personnelle, vous seront adressés, à l'exception de la version anglaise des conversations avec les jeunes de Tamouz 5704, qui est épuisée.

D) Vous voudrez bien transmettre au Rav I.A. Orenstein(4) dix huit demi dollars, prélevés sur notre caisse, de ma part, à titre de cadeau de mariage, pour son fils, conformément à ce que dit le Likouteï Torah, au discours intitulé voici l'inauguration du Sanctuaire(5).

Vous voudrez bien lui faire parvenir également la lettre ci-jointe(6). Je vous remercie, par avance, pour tout cela.

E) Le négociant de livres sacrés dit vous avoir envoyé le Yalkout Chimeoni et le Keren Ora avec le reste de votre commande. Nous les lui avons payés ici, dès qu'il les a expédiés.

F) A l'occasion de l'anniversaire du décès de mon père, vous voudrez bien donner, de la même caisse, dix dollars à la Yechiva Torat Emeth, dix au Collel et cinq au groupe international pour la lecture des Tehilim.

Par ailleurs, je suis certain que, si un fait nouveau survient, permettant la délivrance d'un certificat à ma mère(7), vous vous efforcerez de l'obtenir en m'en tiendrez informé.

Je conclurai en exprimant ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(8)

Notes

(1) Le Rav 'Hano'h Hendel Havlin, de Jérusalem. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°230. (3) Rachab. (4) Le Rav Its'hak Avigdor Orenstein, destinataire de la lettre suivante. (5) Qui commente la signification d'un cadeau de mariage. (6) La lettre suivante. (7) Voir, à ce propos, la lettre n°226. (8) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.

Lettre n°242

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°242, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

22 Tamouz 5706,

Au jeune homme qui craint Dieu et se consacre aux besoins

communautaires, le Rav Y.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre invitation pour le rachat du premier-né de votre fils Chalom Dov Ber.

Puisse Dieu faire qu'il se déroule en un moment bon et fructueux. Vous éduquerez cet enfant, avec votre épouse, à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, dans l'opulence matérielle et spirituelle.

Le rachat du premier-né trouve son origine dans le salut accordé aux premiers-nés d'Israël, lorsque Dieu frappa ceux de l'Egypte. Et, nos Sages disent, dans le traité Chabbat 133b, qu'il faut s'identifier à Dieu. Tout comme, Il est clément et miséricordieux, sois-le également.

En l'occurrence, tel est le service de Dieu de chacun. Quiconque a la possibilité des sauver des enfants juifs(2), tous considérés comme mon fils aîné, Israël, de les préserver de l'assimilation et de les lier au Dieu de vie par la Torah de vie, contribue à l'accomplissement des termes du verset vous êtes vivants, tous ensemble aujourd'hui.

Vous avez eu le mérite de vous voir confier cette mission par mon beau-père, le Rabbi Chlita et vous ferez donc tout ce qui est en votre pouvoir pour en être un digne réceptacle, pour lui donner une application concrète.

Puisse Dieu faire que nous soyons tous, très prochainement, les témoins du rachat qu'accomplira notre Père qui se trouve dans les cieux de Son fils aîné, Israël, qu'Il libérera de ce dernier exil. Alors, mon beau-père, le Rabbi Chlita, nous conduira à la rencontre de notre juste Machia'h, très prochainement, Amen, puisse-t-il en être ainsi.

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(3)

Le rachat des premiers-nés n'est pas pratiqué par les Cohanim et les Léviim. Il est dit, dans le traité Sanhédrin 39a, que notre Dieu est un Cohen et le Likouteï Chochanim, de Rabbi Chimchon d'Astropoli, distingue, à ce propos, un niveau de Grand Prêtre et un niveau de simple Cohen. mais, cela ne contredit nullement ce qui vient d'être dit(4).

En effet, un Cohen et un Lévi ne sont pas tenus de racheter leur fils pour cinq cycles d'argent précisément parce que ce montant ne suffit pas, si l'on prend en compte la délivrance que Dieu réalisa pour eux en Egypte, lorsque leur corps fut sanctifié, comme le dit le verset Bamidbar 8. Tout cela est bien évident.

Notes

(1) Le Rav Yaakov Yehouda Hecht, de New York. (2) L'action du Rav Hecht s'exerçait en particulier envers les enfants. (3) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h. (4) Le fait que Dieu pratiquera, lors de la délivrance, la Mitsva du rachat du premier-né.

Lettre n°243

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°243, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Jeudi 4 Mena'hem Av 5706,

Au grand Rav, 'Hassid érudit qui craint Dieu,

le Rav A.E. Axelrod(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la semaine dernière:

A) A propos de la ponctuation du mot Leratsot, dans l'expression Ra'h Leratsot, facile à apaiser, de la prière Anénou, nous trouvons des différences dans les Sidourim et les rituels imprimés. Et il est impossible de déterminer si celles-ci sont une erreur du copiste ou la version du Sidour en question.

Ainsi, le Sidour Chaar Hachamaïm, du Chneï Lou'hot Haberit, édité à Amsterdam en 5477(2), dans les Pirkeï Avot 5, 11, écrit Leratsot, avec un Pata'h sous le Reïch, alors que, dans l'édition de Varsovie, de 5642(3), on trouve Lératsot, avec un Kamats sous le Reïch et un Tseïré sous le Lamed.

Par contre, le Yaabets, dans son Le'hem Nekoudim, commentaire du traité Avot, écrit Lirtsot, avec un 'Hirik sous le Lamed, un Cheva sous le Reïch. Il affirme que la version ponctuée d'un Pata'h est une erreur.

De même, le Sidour Avodat Israël, rectifié d'après plusieurs manuscrits et Sidourim, explique que la même version figure dans le Sidour manuscrit le plus ancien qu'il ait pu trouvé, sur un parchemin, datant de 5066(4). Cette version est donc la référence.

On la retrouve aussi dans les Pirkeï Avot d'un Sidour imprimé à Rostov, dont on dit qu'il a été relu par le Rabbi(5). Néanmoins, dans les Pirkeï Avot du Sidour Torah Or et de celui qui a été édité à Varsovie en 5627(6), on trouve Lératsot, le Laméd avec un Tseïré et le Reïch avec un Kamats.

Dans la prière Tal(7) de ce Sidour de Rostov, on trouve Leratsot, avec un Cheva sous le Lamed et un Pata'h sous le Reïch, comme le contexte permet de l'établir. De sa propre initiative, le Rav A.H. Naé(8) adopte cette version dans son commentaire du Sidour.

Puisque j'évoque ce sujet, je préciserai un autre changement. L'expression employée ici est, en effet, Ra'h Leratsot, alors que la Michna dit Noa'h Leratsot(9). Peut-être ce changement s'explique-t-il par la volonté de classer les propositions de cette prière par ordre alphabétique. Cette interprétation est, cependant, difficile à accepter.

B) Je n'avais aucun doute sur le texte de la prière Avinou Malkénou récitée lors d'un jeûne public, avant de recevoir votre lettre. On doit dire Zo'hrénou Le'haïm Tovim, souviens-Toi de nous pour une bonne vie et non pour le livre de la vie, de même que nous disons(10): souviens-Toi de nous pour la vie... et inscris-nous dans le livre de la vie. Car, quel rapport établir entre le souvenir et le livre? De plus, même en une analyse hâtive, on peut se demander si l'on peut être inscrit dans ces livres pendant le courant de l'année, en dehors des dix jours de Techouva.

Je viens de faire une recherche dans les Sidourim et j'ai trouvé que, dans le Sidour Beth Yaakov, que l'on appelle Sidour du Yaabets, édité à Lemberg en 5664(11), il est dit souviens-Toi de nous pour la vie, mais non dans le livre de la vie. Il en est de même dans le Sidour Otsar Hatefilot, qui est relativement précis. Dans le Sidour du Chneï Lou'hot Haberit, paru en 5477(2) et dans le Sidour Beth El, que le Yaabets édita personnellement, n'apparaît pas, de manière indépendante, le texte du Avinou Malkénou pour le jeûne public.

En revanche, dans le Sidour Chaar Hachamaïm imprimé à Varsovie en 5642(3), il est écrit: souviens-Toi de nous dans le livre de ceux qui ont une bonne vie. Il semble que tel soit également l'avis du Rav H.A. Bi'hovski, dans le Sidour qu'il a édité.

De plus, j'ai trouvé une explication nouvelle dans le Sidour Tefila Lemoché, qui dit, après la prière de Cha'harit: Certains ont l'habitude de réciter le Avinou Malkénou lors d'un jeûne public. Ils doivent faire attention de ne pas dire la formule «renouvelle pour nous une bonne année», de même que les cinq formules suivantes, introduites par «inscris-nous».

Le Sidour Beth Yaakov, précédemment cité, mentionne deux avis, ne pas dire du tout «inscris nous» ou bien remplacer ce terme par souviens Toi de nous. En revanche, il ne parle pas de renouvelle pour nous une bonne année, ni de dans le livre de la vie. Et, tout cela apparaît pas dans le Sidour Beth El.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(12)

Notes

(1) Le Rav Avraham Elyahou Axelrod, de Baltimore. Voir la lettre n°225. (2) 1717. (3) 1882. (4) 1306. (5) Rachab. (6) 1867. (7) Prononcée le premier jour de Pessa'h et dans laquelle ce terme figure également. (8) Le Rav Avraham 'Haïm Naé, de Jérusalem. (9) Les termes Ra'h et Noa'h sont ici synonymes. (10) Dans la prière de Roch Hachana et de Yom Kippour. (11) 1904. (12) De Ma'hané Israël.

Lettre n°245

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°245, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Mena'hem Av 5706,

Au 'Hassid craignant Dieu, qui s'acquitte fidèlement de sa

mission, le très cher monsieur Aryé Leïb Braïlowski,

Shanghai,

Je vous salue et vous bénis,

C'est avoir plaisir et satisfaction que j'ai appris, par les jeunes gens qui sont arrivés de Shanghai, votre décision de collecter des fonds pour la publication des livres de nos maîtres, enseignement du Dieu de vie, réalisée à Shanghai(1).

Bien évidemment, j'en ai rendu compte à mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui en était particulièrement content et a exprimé le souhait de recevoir, au plus vite, de bonnes nouvelles, en la matière.

Je suis convaincu qu'il est inutile de vous décrire longuement l'immense mérite consistant à offrir à des milliers de Juifs la possibilité d'étudier des livres reproduisant l'enseignement de nos maîtres. Je vous donnerai uniquement une illustration apparaissant dans les propos de nos Sages.

Nos Sages disent(2) que l'exil trouve sa source dans la médisance des explorateurs, qui causèrent ainsi le malheur de nombreuses générations, y compris de la nôtre.

Le traité Ara'hin 15b affirme que le remède à cette situation est la Torah, ainsi qu'il est dit l'arbre de la vie guérit la langue, l'expression arbre de vie désignant ici la Torah.

Le dur châtiment infligé pour des propos médisants qui furent entendus uniquement par ceux qui vivaient à cette époque et en cet endroit permet de comprendre l'immense mérite et la grande récompense que permettent d'acquérir des propos de Torah prononcés dans un certain lieu, à un certain moment. Et l'on peut en conclure l'immense importance d'imprimer des enseignements de la Torah, dans un livre qui pourra parvenir dans tous les pays, qui restera et sera étudié pendant des dizaines, des centaines d'années après son impression.

Je conclus en exprimant le souhait que ce grand mérite vous protège, dans tous vos besoins, que votre participation à tout ce qui est lié à la Torah, aux Mitsvot et aux bonnes actions, se poursuive.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(3)

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°213. (2) La fin de cette lettre est pratiquement identique à celle de la lettre n°237. (3) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.

Lettre n°246

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°246, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Elloul 5706,

Au distingué 'Hassid qui craint Dieu,

le Rav H.Havlin(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous m'avez fait part de la Bar Mitsva de votre fils Eliézer.

Je vous exprime mes souhaits pour que vous le conduisiez à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, dans l'opulence matérielle et spirituelle(...).

Certaines sources, Rachi dans son commentaire du traité Nazir 29b et la Michna à la fin du cinquième chapitre d'Avot, considèrent que l'on déduit l'âge de treize ans de l'épisode de Chimeon et Lévi(2).

En effet, lorsqu'un Bar Mitsva commence à mettre en pratique les Mitsvot, au moins au début, 1. il entre en guerre contre son corps et son âme animale, qui, la première, a pris possession de ce corps(3), 2. il met en évidence la Lumière de Dieu en lui-même et dans la matière avec laquelle il accomplit la Mitsva, 3. il acquiert le pouvoir d'être le vainqueur de cette guerre, car le Saint béni soit-Il lui vient en aide, faute de quoi il en serait incapable.

Ainsi, 1. Le service de Dieu de Chimeon est basé sur Chmya, l'audition et non Reya, la vision, comme l'expliquent le Likouteï Torah et la fin du Kountrass Haavoda. 2. Lévi accompagne(4) la Lumière de Dieu ici-bas, selon le Torah Or. 3. Eliézer est le vainqueur, même lorsque le mauvais penchant est fort, car Dieu lui vient en aide et il se renforce jusqu'à devenir très grand.

*

*

*

Je fais également réponse à vos lettres:

A) Je vous remercie de tout mon coeur pour vos efforts afin de satisfaire mes demandes(5), à l'occasion de l'anniversaire du décès de mon père.

B) Le Sefer Hasi'hot du Rabbi(6) a été dupliqué par ronéotype et à un nombre limité. Il n'entre donc pas dans le cadre normal de nos publications et son prix, comme je vous l'ai écrit, est de dix(7). Il peut être ramené à huit(7) pour les élèves des Yechivot.

C) Les livres édités par nous que vous avez vu là-bas(8) ont sûrement été achetés ici, au comptant, puis expédiés, sous la responsabilité de ceux qui les ont acquis. En pareil cas, les conditions de vente sont évidemment meilleures. Nous avons confié, pour un an, la diffusion du Tséma'h Tsédek à un négociant de livres qui se trouve ici, à la condition qu'il en envoie des exemplaires également en Terre Sainte.

D) Il m'a été demandé de vous poser la question suivante. Savez-vous où se trouvent l'acte de vente et les actes de propriété de la maison et du domaine, se trouvant à 'Hevron, qui appartiennent à mon beau-père, le Rabbi Chlita? Nous avons ici uniquement un acte de vente au nom du Rabbi(6).

Vous voudrez bien en faire une photographie, que vous conserverez et envoyer les originaux à mon beau-père, le Rabbi Chlita. Vous le ferez au plus vite et je vous en remercie d'avance.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate et pour être inscrit et scellé pour une bonne année, matérielle et spirituelle,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(9)

Notes

(1) Le Rav Hano'h Hendel Havlin, de Jérusalem. Voir la lettre n°179. (2) Lévi avait tout juste treize ans, lors de l'attaque de Che'hem et le verset l'appelle Ich, l'homme. (3) Treize ans plus tôt. (4) Selon le sens étymologique de son nom, Lelavot, accompagner. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°241. (6) Rachab. (7) Dollars. (8) En Erets Israël. (9) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.

Lettre n°247

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°247, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Elloul 5706,

Au grand Rav, 'Hassid aux multiples accomplissements et

plein d'empressement, le Rav C.Z. Hecht(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre.

Je vous ai téléphoné et vous ai demandé, conformément aux instructions reçues de mon beau-père, le Rabbi Chlita, de venir à New York pendant un jour ou deux. Je devais m'occuper de tout cela et prendre en charge les dépenses en résultant. Si elles ne vous ont pas encore été remboursées, vous voudrez bien me le faire savoir.

Vous poursuivrez sans doute vos efforts pour obtenir un don afin de diffuser les exemplaires du Chneï Lou'hot Haberit(2) de la part de ceux que vous avez pu contacter.

Le Likouteï Torah, à la Parchat Tétsé, commentant le verset il rasera sa tête et, plus longuement, le Déreh Mitsvoté'ha, à la Mitsva de raser le lépreux lorsque celui-ci est purifié, expliquent qu'un trop grand effort(3) est inutile et parfois même préjudiciable. Néanmoins, c'est le cas uniquement pour celui qui s'efforce de gagner sa vie(4), comme ces textes le précisent. En effet, les revenus de l'homme sont fixés(5). Bien évidemment, tout cela ne s'applique pas pour ce qui concerne la Torah et les Mitsvot.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Mena'hem M. Schneerson

Notes

(1) Le Rav Chnéor Zalman Hecht. (2) Une revue pour les enfants. (3) Pour obtenir ces dons. (4) Et, dans ce cadre, tente des démarches auprès des autres. (5) Depuis Roch Hachana.

Lettre n°248

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°248, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Dimanche 12 Elloul 5706,

Au distingué 'Hassid qui craint Dieu, mène fidèlement ses

activités, le Rav I.Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous vous souvenez sans doute que nous avons évoqué ensemble l'édition, à vos frais, de l'un des livres de mon beau-père, le Rabbi Chlita, sans aucun autre associé à cette publication. Je n'en ai pas parlé jusqu'à maintenant, ne sachant quand un livre serait prêt pour être imprimé, compte tenu des difficultés actuelles pour se procurer du papier et de la main d'oeuvre.

Je suis actuellement en mesure de vous faire la proposition suivante. D'après l'engagement ferme de l'imprimeur, le premier Sefer Hamaamarim de mon beau-père, le Rabbi Chlita sera prêt dans une semaine ou deux. Il contiendra les discours 'hassidiques en Yiddish qui sont parus dans Hakrya Vehakedoucha, soit cinquante cinq discours, qui représentent deux cent vingt pages, avec le même format et la même reliure que le Torat Ha'hassidout(2). Le coût d'impression sera entre 1200 et 1400 dollars.

J'attends donc votre réponse: 1. Cette proposition est-elle recevable et l'acceptez-vous? 2. Dans l'affirmative, peut-on adopter, pour votre don, la même dédicace que pour le Torat Chalom(3) ou bien en souhaitez-vous une autre?

L'imprimeur est pressé d'achever son travail et j'ai, bien sûr, moi-même hâte que ce livre paraisse. Je vous écris donc par poste aérienne et je souhaite que vous me répondiez de la même manière. Je vous en remercie d'avance.

Je conclurai avec ce qui est d'actualité. Rachi, commentant la Paracha de la semaine 26, 4 explique, en se basant sur le Sifri: Le Cohen(4) place sa main sous celle des propriétaires (de l'offrande) et ses mains sont ainsi soulevées.

Que déduire du fait que les mains du Cohen et des propriétaires étaient soulevées conjointement?

En fait, en chaque Juif, se trouvent: 1. un Cohen, qui est un émissaire divin, selon le traité Kiddouchin 23b, grâce à son âme divine, laquelle, même pendant la faute, reste fidèle à Dieu, selon la fin du chapitre 24 du Tanya, 2. des propriétaires, ainsi qu'il est dit Il donna la terre aux fils de l'homme, grâce aux efforts que chacun développe de sa propre initiative, à l'âme animale qui se trouve dans le monde et qui, dotée du libre arbitre, peut choisir sa voie.

La finalité de la transformation du monde est d'en offrir le meilleur et le plus riche à Dieu. Dès lors, le Cohen consomme cette offrande et elle n'est pas brûlée, comme l'explique le Baal Chem Tov, commentant le verset lorsque tu verras l'âne de ton ennemi, mentionné par le Hayom Yom, à la page 23.

On peut ainsi manger et, tout à la fois, se trouver devant l'Eternel ton Dieu, de la manière la plus sincère, comme l'explique le Torat Chalom, aux pages 50, 62 et 122(5). Pour cela, il est, bien évidemment, nécessaire d'obtenir la participation à la fois du Cohen et des propriétaires que chaque Juif porte en lui.

Je conclus en vous souhaitant d'être inscrit et scellé pour une bonne année.

Notes

(1) Voir également la lettre n°174. (2) Du Rabbi précédent également. (3) Du Rabbi Rachab. (4) Le destinataire de cette lettre est un Cohen. (5) Dans l'édition actuelle, pages 46, 57 et 131.

Lettre n°249

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°249, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Elloul 5706,

Au 'Hassid qui craint Dieu, doué de discernement pour toute

idée positive, le Rav El'hanan Cohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Au seuil de la nouvelle année, je voudrais vous souhaiter, au nom du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h et en mon nom personnel, d'être inscrit et scellé pour une bonne année, matérielle et spirituelle.

A cette occasion, je dirais un mot de ce qui est actuel.

Chaque concept délivre de nombreux enseignements, en particulier ceux qui sont partie intégrante de la Torah.

La Torah ne fait aucune distinction entre le jour de la création du monde et tous les autres jours. A l'opposé, elle a fixé Roch Hachana au sixième jour de la création, précisément lorsque fut créé l'homme.

L'enseignement qui en découle est, brièvement, le suivant. La création de ce monde matériel ne prête pas à se réjouir et à festoyer. Bien au contraire, il n'est que le stade le plus bas de l'enchaînement des mondes, l'introduction de la Lumière divine dans un voile qui l'occulte totalement, l'apparition de ténèbres profondes, permettant des conceptions insensées comme la coexistence de deux divinités, ou même la proclamation que rien d'autre que moi n'existe.

Puis, lorsque l'homme fut créé, qui reçut la force d'illuminer la matière par ses accomplissements basés sur la Torah, il lui fut donné, en transformant ce monde, d'apporter l'élévation à tous les mondes de la création. C'est donc bien au jour de l'apparition de l'homme qu'il convient de commémorer l'ensemble de la création.

En ce jour, l'homme reconnaît la royauté de Dieu, le proclame son Roi et Celui de toute la création. C'est ce que fit Adam, le premier homme, au jour de sa création, selon les Pirkeï de Rabbi Eliézer, chapitre 11 et le Zohar, tome 1, page 221b. Alors, le Saint béni soit-Il accorde à l'homme une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.

Je vous souhaite encore une fois, ainsi qu'à tous les vôtres, d'être inscrits et scellés pour une bonne année.

Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(2)

P. S. : Vous trouverez ci-joint une copie de la lettre que j'adresse à notre ami, monsieur Stolman.

Notes

(1) Par ailleurs appelé Alexandre Kowen. Voir lettre n°189. Une lettre identique a été adressée au Rav Yaakov Kats, de Chicago. (2) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.

Lettre n°250

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°250, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Veille de Roch Hachana 5707,

Très cher monsieur Binyamin Glaser,

Je vous salue et vous bénis,

Au nom du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h et en mon nom propre, je voudrais vous souhaiter, ainsi qu'à tous les vôtres, une bonne et douce année, avec la réussite de toutes vos entreprises. Je formule, en particulier, des voeux pour la guérison de vos parents.

Mon beau-père, le Rabbi Chlita, a transmis une explication du Tséma'h Tsédek: Un commentaire oral concerne le plus grand nombre. Un commentaire imprimé s'applique à toutes les générations(1).

Vous avez eu le mérite de faire imprimer les livres du Tséma'h Tsédek(2). Ainsi, plusieurs milliers de personnes pourront les étudier. A n'en pas douter, ce mérite vous protégera et vous permettra d'être inscrit et scellé pour une bonne année, avec tout le bien matériel et spirituel.

En vous souhaitant une bonne année,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif,

Notes

(1) Voir, à ce propos, la lettre n°184. (2) C'est-à-dire d'en financer l'impression.

Lettre n°251

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°251, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Entre Roch Hachana et Yom Kippour 5707,

A notre cher ami, qui craint Dieu, chérit la Torah et

recherche la Tsédaka, le responsable communautaire

et donateur digne d'éloge, le Rav Guerchon Axelrod,

Waldasta, Géorgie(1),

Je vous salue et vous bénis,

Au nom du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h et en mon nom propre, je voudrais vous souhaiter, de même qu'à tous les vôtres, une bonne et douce année, avec la réussite de toutes vos entreprises.

La traduction exacte de Roch Hachana est tête de l'année. Nos Sages expliquent pour quelle raison on parle de tête et non de début de l'année(2). Car, tout comme la tête dirige l'ensemble du corps, les bonnes résolutions et les comportements positifs que l'on adopte en ce jour doivent aussi diriger toute l'année.

Nous formulons donc le voeu que chacun de nous connaisse l'avancement, en cette nouvelle année, dans le domaine moral, dans la réalisation de nos objectifs et dans la concrétisation de nos bonnes pensées et de nos projets.

Nous espérons que cette lettre vous trouvera en bonne santé. Nous sommes surpris de ne pas avoir de vos nouvelles, depuis quelques temps déjà.

Avec ma bénédiction pour être définitivement scellé pour une bonne année,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif,

Notes

(1) Voir la lettre n°225. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°198.

Lettre n°252

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°252, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Entre Roch Hachana et Yom Kippour 5707,

A l'homme honorable, craignant Dieu, qui se consacre aux

besoins communautaires, monsieur Gripel,

Je vous salue et vous bénis,

Je viens d'apprendre que vos proches parents, qui se trouvent actuellement auprès de vous et dont le nom de famille est Weinreich, ont habité dans la même ville que mon père, le grand Rav, Rabbi Lévi Its'hak, pendant ses dernières années.

Jusqu'à ce jour, je n'ai pu avoir aucune information sur cette période de sa vie, sur sa maladie, ses dernières volontés, sa mort, son enterrement et la date anniversaire du décès(1).

Je leur serais donc très profondément reconnaissant s'ils acceptaient de m'écrire quelques lignes, à ce propos. Ils accompliraient ainsi une Mitsva considérable.

Je ne connais pas leur adresse et je m'adresse donc à vous. J'espère qu'ils accéderont à ma requête, exprimée de tout mon coeur.

Je conclus en vous souhaitant d'être définitivement inscrit pour une bonne année,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(2),

Notes

(1) Voir, à ce propos, les lettres n°178 et 191. (2) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.

Lettre n°253

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°253, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Premier jour de 'Hol Hamoéd Soukkot 5707,

Au 'Hassid qui craint Dieu, élève de la Yechiva,

le Rav Y.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous trouverez ci-joint une lettre au comité des différentes branches de Beth Rivka(2). Vous voudriez bien vous arranger pour que la réponse me parvienne au plus vite, qu'elle soit claire et détaillée, pour chacune des questions posées. Aucune ne doit rester sans réponse.

J'ai reçu une lettre de votre soeur(3) et je n'ai pas compris ce qu'elle veut. Désire-t-elle que le Beth Rivka présente une demande(4) pour elle ou non? Dans l'affirmative, elle doit nous envoyer toutes les informations et tous les détails la concernant.

Je dois souligner que l'issue d'une telle démarche n'est pas certaine. Cette demande sera la première en son genre et l'on peut donc se demander si c'est la meilleure manière de procéder.

En vous souhaitant tout le bien,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif,

Pour ne pas contrevenir à la sainteté de la fête, cette lettre ne sera pas signée.

Votre lettre pour le Rabbi Chlita lui a aussitôt été transmise, en son temps. Vous trouverez ci-joint le cinquième discours 'hassidique.

Notes

(1) Le Rav Yaakov Lipsker. (2) Le réseau scolaire créé pour les réfugiés ayant quitté la Russie pendant l'été 5706 (1946). (3) Madame Menou'ha Lazarov. (4) De visa pour s'installer aux Etats Unis.

Lettre n°254

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°254, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Lundi 26 Tichri 5707,

Brooklyn, N. Y.

Au grand Rav, 'Hassid érudit,

le Rav A.M.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de voeux pour la nouvelle année, qui m'est parvenue avec retard.

Je vous remercie pour vos souhaits et vous adresse à mon tour les miens. Quiconque accorde une bénédiction en reçoit une lui-même, de Celui qui en est la source, ainsi qu'il est dit Je bénirai ceux qui te béniront. En conséquence, lorsque Reouven bénit Chimeon, il reçoit lui-même une bénédiction plus forte que celle qu'il accorde. En effet, Chimeon est béni par un homme de chair et d'os et Reouven, par le Saint béni soit-Il.

C'est sans doute pour que l'un et l'autre aient une part identique que nos Sages ont instauré, ou même ont imposé, selon une seconde version citée par Rachi au traité Makot 23b, de prononcer le Nom de Dieu lorsque l'on salue son ami.

Du reste, vous évoquez, à la fin de votre lettre, le livre de la délivrance et du salut(2). Or, le salut doit intervenir avant la délivrance et l'on aurait donc dû parler de livre du salut et de la délivrance, même si nous interprétons ce terme de délivrance au sens littéral, comme désignant la libération de l'exil. On devrait donc demander l'inscription dans ce livre après celle dans tous les autres. De fait, je n'ai, pour l'heure, trouvé aucune explication sur le classement du Avinou Malkénou, mais, en tout état de cause, les cinq livres dont il fait mention(3) semblent constituer un tout.

Il faut donc en conclure que la délivrance dont il est ici question est la libération des souffrances que nous endurons en permanence. Le salut vient ensuite. Selon le même raisonnement, nous prononçons, dans la Amida, la bénédiction qui libère Israël, puis nous disons sauve-nous et nous serons saufs. On consultera, à ce propos, le commentaire de Rachi sur le traité Meguila 17b et le commentaire du Iyoun Tefila qui figure dans le Sidour Otsar Hatefilot.

La première requête(4), la plus générale, est de figurer parmi les bons vivants. Puis, sont mentionnés les détails: 1. Matériellement: la délivrance et le salut, permettant de s'écarter de ce qui cause du tort, puis l'aisance matérielle et l'opulence. 2. Spirituellement: les mérites, qui doivent l'emporter, dans la mesure où Dieu supporte les fautes, puis l'indulgence et le pardon, afin que ces fautes disparaissent totalement.

On peut également avancer une autre explication:

1. Ces livres sont aussi mentionnés dans le Yehi Ratson que l'on dit à Hochaana Rabba, après la lecture des Tehilim. Néanmoins, après les quatrième et cinquième livres, on parle du livre de ceux qui sont intègres et droits, puis du livre des Justes. Après le troisième livre, on cite le livre de la subsistance et de l'opulence. Le commentaire Tikoun Tefila sur Avinou Malkénou, dans le Sidour précédemment cité, fait également état de ces noms, indiquant comme source le rituel de Tunis.

Dans notre Sidour, ces modifications n'apparaissent pas et l'on doit donc corriger le Yehi Ratson, précédemment cité, en fonction de cela.

2. Le Ets Yossef dit que le livre de l'indulgence et du pardon correspond à Vaykra. Pour autant, il n'explique pas pourquoi il est le dernier(5). De plus, celui-ci est exclu du Yehi Ratson récité après la lecture du troisième livre des Tehilim, qui correspond pourtant à Vaykra et à l'issue duquel on mentionne le livre de la subsistance et de l'opulence.

En vous souhaitant tout le bien,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(6),

Notes

(1) Il s'agit vraisemblablement du Rav Avraham Morde'haï Herchberg. Voir la lettre n°186. (2) Mentionné dans le Avinou Malkénou, Inscris-nous dans le livre de la délivrance et du salut. (3) Le livre des bons vivants, le livre de la délivrance et du salut, le livre de l'aisance matérielle et de l'opulence, le livre des mérites, le livre de l'indulgence et du pardon. (4) Parmi les cinq précédemment définies. (5) Des cinq livres mentionnés dans Avinou Malkénou. (6) De Ma'hané Israël.

Lettre n°255

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°255, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Dimanche 9 'Hechvan 5707,

Brooklyn, N. Y.

Au 'Hassid qui craint Dieu,

le Rav Avraham(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 28 Elloul 5706. J'ai été satisfait d'apprendre que vous êtes bien arrivé en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être restaurée et rebâtie. J'ai été heureux de voir que vous avez choisi la proximité des 'Hassidim, auprès desquels vous pourrez réaliser votre souhait d'étudier la Torah et de connaître la voie de Dieu.

Vous trouvant là-bas, vous vous efforcerez également d'exercer une influence positive sur votre entourage, de le rapprocher de la Torah et des Mitsvot, de le renforcer dans sa pratique.

Dans le Midrach Béréchit Rabba, nos Sages enseignent que la Terre Sainte fut appelé Erets(2) parce qu'elle voulut accomplir la volonté de son Créateur et Israël parce que tu as lutté(3) contre des anges et des hommes et tu les as vaincus.

Résider en Erets Israël signifie donc mettre en pratique la Volonté du Créateur, même s'il faut, pour cela, lutter contre des hommes et contre les forces naturelles que les astres et les anges sont chargés de diriger.

C'est pour cela que Hatéva, la nature, a la même valeur numérique que le Nom divin Elokim(4), comme le fait remarquer le Chneï Lou'hot Haberit, au troisième commentaire sur le traité Pessa'him.

En effet, l'atmosphère d'Erets Israël confère la sagesse et préserve de l'esprit de folie qui s'empare de l'homme, lorsque celui-ci commet une faute.

Nous serons heureux d'avoir de vos bonnes nouvelles, en particulier de vos actions pour raffermir la Torah et le Judaïsme.

En vous souhaitant tout le bien,

Rav Mena'hem Schneerson,

Directeur du comité exécutif(5),

Notes

(1) Le Rav Avraham Goldberg. Voir la lettre n°187. (2) Erets, le pays, est de la même étymologie que Ratson, la volonté. (3) Sarita, de la même étymologie que Israël. C'est la bénédiction que l'ange protecteur d'Esav donna à Yaakov, à l'issue de leur combat. (4) Soit 86. (5) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.

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