Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°215
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°215, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Chouchan Pourim 5706,
Au 'Hassid qui craint Dieu et s'acquitte fidèlement de sa
mission, le Rav Y.Hacohen(1), Chicago,
Je vous salue et vous bénis,
Par colis séparé, le recueil des causeries du Rabbi(2) vous a été envoyé. Grâce à votre participation, il nous a été possible de l'éditer.
Je saisis cette occasion pour vous remercier, encore une fois, à ce propos. Dieu merci, vous avez agi pour le mérite du plus grand nombre, en faisant imprimer un livre duquel émane la lumière bénéfique de la Torah, celle de la 'Hassidout.
Concernant la Mitsva d'envoyer des cadeaux à ses amis et des dons aux pauvres, le jour de Pourim, nos Sages disent, dans le traité Meguila 7a: Deux mets à un ami et deux dons à deux hommes(3).
On peut donner, à ce propos, une explication basée sur la 'Hassidout. On sait qu'à Pourim, le corps et l'âme furent conjointement sauvés, alors qu'à 'Hanouka, l'exil se marquait uniquement dans la dimension spirituelle(...). A Pourim, les Juifs firent don de leur vie pour sanctifier le Nom de Dieu, s'attacher à Lui, avec une détermination transcendant la raison. En effet, s'ils avaient abjuré, il ne leur serait rien arrivé, puisque le décret de Haman s'appliquait uniquement aux Juifs. Les discours 'hassidiques de Pourim expliquent longuement tout cela.
Or, le but du don de soi est de transformer l'existence quotidienne, d'obtenir que le corps et l'âme animale soient maîtrisés par l'âme divine. Et l'âme intellectuelle est l'intermédiaire entre ces deux âmes, comme l'expliqua mon beau-père, le Rabbi Chlita, dans un discours qu'il prononça en 5690(4), lorsqu'il visita les Etats Unis pour la première fois.
Mais, les notions de pauvreté et de richesse s'entendent, avant tout, dans la dimension morale. L'âme intellectuelle et, a fortiori, l'âme divine ne peuvent donc pas, à proprement parler, être qualifiées de pauvres. Ce qualificatif s'applique, en revanche, au corps et à l'âme animale.
C'est pour cette raison que les Juifs, après avoir fait don de leur propre vie, reçurent des Mitsvot leur signifiant que ce sacrifice devait permettre à l'âme divine de diriger l'âme animale et le corps, c'est-à-dire de faire des dons à deux pauvres. Quant aux cadeaux faits aux amis, ils concernent l'âme intellectuelle, amie de l'âme divine, qui peut donc jouer le rôle d'intermédiaire envers l'autre âme.
Et c'est bien deux cadeaux qu'il faut lui donner, car un raisonnement ne peut être structuré et aboutir à une conclusion qu'à condition d'intégrer d'emblée deux concepts opposés, la bonté et la sévérité, une question et une réponse. Tel est le cheminement intellectuel normal, comme l'établissent différents textes.
Il est une partie de la Torah qui s'adresse à la fois à l'âme intellectuelle, à l'âme animale et au corps. Il s'agit des causeries des maîtres de la 'Hassidout, qui comportent: 1. des notions très profondes, 2. des enseignements concernant les bons comportements et les sentiments vertueux, 3. des récits et des faits concernant l'action concrète.
Heureux l'homme qui a envoyé des cadeaux à ses amis et fait des dons aux pauvres, de la manière qui vient d'être décrite, pour le bien du plus grand nombre.
Avec ma bénédiction de Techouva Immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(5)
Notes
(1) Le Rav Yaakov Kats. (2) Rachab. Il s'agit du Torat Chalom. Voir lettres n°193 et 211. (3) A partir d'ici, cette lettre est identique à la suivante. Néanmoins, celle-ci est en Hébreu et la suivante, en Yiddish. (4) En 1930. (5) Des éditions Kehot.
Lettre n°216
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°216, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Chouchan Pourim 5706,
Au très distingué 'Hassid, qui craint Dieu,
le Rav Moché Zalman Feyglin,
Spartown, Victoria, Australie,
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu votre lettre du 19 Février. Nous avons été très satisfaits de votre don, car les besoins sont ici très importants. Nous avons vingt cinq écoles de filles, Beth Rivka et Beth Sarah. De plus, notre budget consacré aux publications est très important et les problèmes financiers nous empêchent d'imprimer un plus grand nombre de livres.
D'importants envois sont adressés en Europe et dans d'autres pays. Le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h, le Ma'hané Israël et les éditions Kehot travaillent en étroite collaboration. Bien évidemment, chaque aide est pour nous d'une grande importance.
Nos Sages définissent les Mitsvot de Pourim. Le traité Meguila 7a dit, en effet, que l'on donne deux mets à un ami et deux dons à deux pauvres.
On peut développer, à ce propos, une explication basée sur la 'Hassidout. On sait qu'à Pourim, le corps et l'âme furent conjointement sauvés, alors qu'à 'Hanouka, l'exil se marquait uniquement dans la dimension spirituelle(...). A Pourim, les Juifs firent don de leur vie pour sanctifier le Nom de Dieu, s'attacher à Lui, avec une détermination transcendant la raison. En effet, s'ils avaient abjuré, il ne leur serait rien arrivé, puisque le décret de Haman s'appliquait uniquement aux Juifs. Les discours 'hassidiques de Pourim expliquent longuement tout cela.
Or, le but du don de soi est de transformer l'existence quotidienne, d'obtenir que le corps et l'âme animale soient maîtrisés par l'âme divine. Et l'âme intellectuelle est l'intermédiaire entre ces deux âmes, comme l'expliqua mon beau-père, le Rabbi Chlita, dans un discours qu'il prononça en 5690, lorsqu'il visita les Etats Unis pour la première fois.
Mais, les notions de pauvreté et de richesse s'entendent, avant tout, dans la dimension morale. L'âme intellectuelle et, a fortiori, l'âme divine ne peuvent donc pas, à proprement parler, être qualifiées de pauvres. Ce qualificatif s'applique, en revanche, au corps et à l'âme animale.
C'est pour cette raison que les Juifs, après avoir fait don de leur propre vie, reçurent des Mitsvot leur signifiant que ce sacrifice devait permettre à l'âme divine de diriger l'âme animale et le corps, c'est-à-dire de faire des dons à deux pauvres. Quant aux cadeaux offerts aux amis, ils concernent l'âme intellectuelle, amie de l'âme divine, qui peut donc jouer le rôle d'intermédiaire envers l'autre âme.
Et c'est bien deux cadeaux qu'il faut lui donner, car un raisonnement ne peut être structuré et aboutir à une conclusion qu'à condition d'intégrer d'emblée deux concepts opposés, la bonté et la sévérité, une question et une réponse. Tel est le cheminement intellectuel normal, comme l'établissent différents textes.
Les différences qui viennent d'être mises en évidence dans la personnalité humaine existent aussi entre les hommes. Certains sont attirés uniquement par les plaisirs matériels. D'autres éprouvent un sentiment naturel envers leur prochain ou, tout au moins, envers leurs proches. Quelques uns prennent le temps de se demander comment ils doivent agir, quel comportement leur dicte leur intellect. Ils restent, néanmoins, limités par la logique humaine et, pour l'heure, ne veulent pas avoir connaissance de celle de la Torah et du Divin.
Chacun, selon ses possibilités, reçoit donc une mission sacrée, celle de conduire tous ceux qui viennent d'être mentionnés vers la vérité de la Torah et des Mitsvot. Il faut, pour cela, comme on l'a dit, donner des cadeaux à ses amis et des dons aux pauvres, au plus grand nombre.
Tel est le grand mérite qui est le vôtre. Dans votre contrée désertique, où se trouvent, pour l'heure, si peu de Juifs respectueux de la Torah et des Mitsvot, d'après ce que vous m'écrivez, vous devez être celui qui diffuse et renforce la Torah et le Judaïsme, par l'exemple que vous donnerez, par vos propos, par les différents livres, brochures, fascicules et discours qui vous permettront de véhiculer la lumière de la Torah. Le mérite du plus grand nombre dépend de vous.
Je suis convaincu que vous orienterez vos actions, auxquelles je faisais auparavant allusion, dans cette direction, avec une énergie décuplée et avec l'aide des membres de votre famille. Je conclus en vous souhaitant une fête de Pessa'h cachère et joyeuse.
Avec ma bénédiction de Techouva Immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(5)
Lettre n°217
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°217, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Adar 5706(1)]
Au grand Rav, honorable 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav Y.Zuber(2),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai déjà répondu à votre lettre du 2 Chevat et un colis de livres vous a également été adressé. Vous me confirmerez sûrement l'avoir bien reçu.
Je voudrais maintenant formuler une requête personnelle. Ma mère se trouve actuellement en Russie et nous souhaitons très fortement qu'elle vienne ici(3), ou bien qu'elle émigre en Erets Israël, où réside mon frère. Il importe, en tout état de cause, qu'elle quitte la Russie au plus vite.
Un long délai est nécessaire pour obtenir un visa d'entrée dans ce pays ou bien en Erets Israël. Peut-être pouvez-vous obtenir pour elle un visa d'entrée dans votre pays, jusqu'à ce que soient achevées les démarches nécessaires pour la faire venir ici ou bien pour la faire entrer en Erets Israël.
Vous savez sans doute que l'état d'esprit régnant là-bas(4) fait que vous devez vous-même prendre l'initiative de cette démarche, car ma mère ne peut le faire, elle. Il n'est pas nécessaire d'en dire plus.
Il est bien clair que toutes les dépenses occasionnées par ces démarches seront à ma charge.
Pour les accélérer, je vous envoie, ci joint, son nom, sa date de naissance et tous les éléments nécessaires.
Je vous demanderais également de lui envoyer, à mes frais, un colis de Matsot et d'aliments de Pessa'h(5). Je vous en remercie d'avance.
On m'a dit que monsieur Hasdan est surpris que je n'ai pas répondu à sa lettre. Or, depuis que je suis ici, je n'ai jamais reçu la moindre lettre de lui.
J'attends donc votre réponse et je conclus en vous adressant ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate.
Notes
(1) Le manuscrit de cette lettre est parvenu jusqu'à nous, mais non l'original tapé à la machine par le secrétaire du Rabbi. Néanmoins, cette lettre a vraisemblablement été rédigée en Adar 5706. (2) Le Rav Yaakov Israël Zuber, de Suède. Voir la lettre n°207. (3) Voir, à ce propos la lettre n°226. (4) En Russie. (5) Voir, à ce propos, la lettre suivante.
Lettre n°218
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°218, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Adar 5706(1)]
Au 'Hassid érudit et qui craint Dieu,
le Rav M.(2),
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu votre lettre datée de Roch 'Hodech Adar Chéni et je vous remercie, du fond de mon coeur, d'avoir envoyé des colis à ma mère(3).
Nous sommes prêts à vous envoyer les livres qui sont édités ici, comme vous le demandez, mais nous ne pouvons pas le faire à titre gracieux, car notre manque de moyens est considérable et il fait obstacle à la publication de nombreux ouvrages.
Jusqu'à maintenant, les 'Hassidim qui se trouvent en Terre Sainte n'ont pas participé à l'édition de livres de 'Hassidout. Bien plus, depuis plusieurs années, ils ne payent pas ce que nous leur envoyons et, à Jérusalem, ils me font remarquer que les livres sont distribués gratuitement à Tel Aviv et ils me demandent pourquoi je leur ai interdit d'en faire de même.
Concrètement, me basant sur votre lettre et sur votre engagement, j'ai demandé que l'on reprenne l'envoi de livres, aux conditions énoncées ci-dessus. Vous trouverez le prix des livres à la dernière page de toutes nos publications.
Vous voudrez bien remettre à mon frère cinquante livres israéliennes, prélevées sur la somme nous appartenant qui se trouve en votre possession et vous transmettrez le reste, après avoir gardé ce qui vous revient, à la caisse de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Je vous remercie de m'indiquer de quel montant il s'agit.
J'ai demandé, depuis longtemps, si quelqu'un, dans votre ville, possède les commentaires, du Rachag ou d'autres, sur le Tanya(4). Pour l'heure, je n'ai reçu aucune réponse claire, à ce sujet.
Quel sera le montant de votre participation à la publication des discours 'hassidiques de 5672(5)? Participerez-vous également à l'impression du Likouteï Torah, du Torat 'Haïm et du Torah Or et si oui, pour quel montant et à quelles conditions?
Je vous remercie de me répondre au plus vite sur tous ces points.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Notes
(1) Le manuscrit de cette lettre est parvenu jusqu'à nous, mais non l'original tapé à la machine par le secrétaire du Rabbi. Néanmoins, cette lettre a vraisemblablement été rédigée en Adar Cheni 5706, puisqu'elle fait réponse à un courrier daté de Roch 'Hodech Adar Cheni. (2) Le Rav Moché Gour Ary, de Tel Aviv. Voir les lettres n°261 et 336. (3) Voir la lettre précédente. (4) Du Rav Chmouel Gronam Osterman, le premier guide spirituel de la Yechiva fondée par le Rabbi Rachab, à Loubavitch. Voir, à ce propos, la lettre n°191. (5) 1902, du Rabbi Rachab. Dans sa lettre, le Rav Gour Ary écrivait: Le Rabbi Rachab souhaitait fortement que ces textes soient publiés et qu'on les étudie. Pour certaines raisons, cela n'a pu se faire. Je suis prêt à collecter de l'argent auprès des 'Hassidim et à vous l'envoyer avant même la publication de ce livre. Voir, à ce propos, la lettre n°235.
Lettre n°219
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°219, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Hiver 5706(1)]
La présente édition est consacrée au 19 Kislev, date de la libération de l'Admour Hazaken. Je répondrai donc ici à quelques questions qui m'ont été posées à propos du Tanya.
Question: Le Tanya, au début du chapitre 30, reproduit l'explication suivante de nos Sages, Sois humble devant tout homme, une citation du traité Avot 4, 10. Or, ce texte emploie le mot Adam pour désigner l'homme alors que le Tanya dit Haadam, avec un article défini.
Réponse: Dans toutes les éditions du Tanya que j'ai pu voir, il est écrit Haadam, avec un Hé(2). Il n'y a donc pas là une faute d'imprimerie.
Dans notre Michna, qui appartient au traité Avot, certaines versions retiennent le mot Adam, sans Hé, alors que d'autres disent Haadam(3). Le Tanya adopte ici la seconde version et je parle bien du Tanya car, dans d'autres textes, l'Admour Hazaken mentionne Adam sans Hé, comme nous le citerons plus loin. Il en est de même dans le traité Avot
tel qu'il est rapporté dans le Sidour(4).
Chaque mot du Tanya est particulièrement précis. Chaque lettre en plus ou en moins a un sens(5). Certes, il s'agit, en l'occurrence, d'une modification qui semble sans importance, car, de fait, la présence ou l'absence de ce Hé est-elle déterminante? Mais, une brève réflexion permet de conclure que cette lettre modifie complètement la compréhension de ce passage. C'est pour cela que l'Admour Hazaken devait écrire ici Haadam, avec un Hé, alors qu'il retient par ailleurs Adam, sans Hé.
L'explication est la suivante. Il est deux manières d'être humble devant chacun:
A) Nos Sages enseignent: Ne juge pas ton prochain tant que tu ne te trouves pas à sa place. En effet, l'endroit dans lequel il se trouve peut le conduire à mal agir. Il peut lui-même être, par nature, fortement attiré par les plaisirs du monde. Son mauvais penchant lui livre donc un combat d'une terrible intensité. Chacun doit donc se demander s'il sert réellement Dieu, à la mesure de ce combat, comme le Tanya l'explique longuement, au chapitre 30.
B) C'est par l'intermédiaire des autres que l'on peut obtenir sa propre perfection. L'image du corps humain permettra de l'établir. En effet, la tête en est le stade le plus élevé et les pieds, la partie la plus basse. Or, ces derniers sont nécessaires pour marcher. Ils font tenir debout le corps et la tête. Bien plus, une saignée au pied peut soulager la migraine, même si le pied tire lui-même sa vitalité de la tête. Le Likouteï Torah l'explique longuement, à la Parchat Nitsavim.
Ces deux conceptions diffèrent en deux points:
La première provoque l'humilité, la tristesse et l'amertume. Pour autant, elle est nécessaire(6) et nos Sages disent que l'on doit exacerber son bon penchant contre son mauvais penchant, pourvu qu'il parvienne à le vaincre, s'écarte du mal et fasse le bien. C'est ce que le Tanya explique, au chapitre 31.
Par ailleurs, une telle réflexion provoque l'humilité non seulement face aux Juifs, mais aussi devant les non-Juifs, à la manière, par exemple, de Dama Ben Netina, lorsqu'il honorait son père, selon le récit du traité Kiddouchin 31a.
La seconde conception conduit à l'humilité, mais non à la tristesse. En outre, elle régit la relation avec son prochain Juif, car tous les enfants d'Israël ne constituent qu'un seul et même grand corps, dont chaque membre a besoin de tous les autres. Elle n'a, en revanche, aucun sens face à un non-Juif.
Or, nos Sages précisent que vous êtes appelés Adam, à la différence des non-Juifs. A l'opposé, ceux-ci peuvent être appelés Haadam, selon le traité Yebamot 61a et les Tossafot.
Ainsi, lorsque la mélancolie empêche l'homme de lutter contre son mauvais penchant(7), qu'il faut alors faire reculer, humilier, lorsque l'on doit se convaincre qu'il est inférieur aux animaux impurs, il est nécessaire d'opter pour la première manière, c'est-à-dire de marquer son humilité également face à un non-Juif. C'est pour souligner cette idée que l'Admour Hazaken dit Haadam, avec un Hé.
A l'opposé, lorsqu'il s'agit de marquer son amour pour un autre Juif, une telle réflexion n'a plus sa place. Il faut alors méditer au fait que tous les Juifs ne constituent qu'un seul et même corps, que chacun peut contribuer à la perfection des autres. L'Admour Hazaken dit alors Adam, sans Hé. On consultera, à ce propos, Igueret Hakodech, fin du chapitre 22, Likouteï Torah, début de la Parchat Nitsavim et le Sidour, à la porte d'Elloul(8).
Il en est de même pour le service de Dieu des Justes et, plus généralement, pour la forme la plus haute de ce service, transcendant le fait de s'écarter du mal. Là encore, méditer à la bassesse du mauvais penchant n'est d'aucune utilité. Il faut, bien au contraire, se dire que son prochain est plus élevé que soi et que l'on doit être animé du désir de l'égaler. A ce propos, on peut effectivement employer le mot Adam, sans Hé. On verra, à ce propos, le Torah Or, aux Sidrot Toledot, Mikets et le Likouteï Torah, à propos de Chemini Atséret.
Il en résulte que la version essentielle de cette Michna est Adam, sans Hé. C'est donc celle que l'Admour Hazaken rapporte dans son Sidour.
En effet, cette Michna, au sens simple, évoque avant tout l'étude de la Torah. Elle demande que l'on soit humble devant chacun et que l'on apprenne de tous ou encore que l'on conserve son humilité, même si l'on est un érudit de la Torah, ce qui, bien évidemment, se conçoit uniquement envers les Juifs.
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Si tout ce qui vient d'être dit peut être déduit d'une seule lettre du Tanya, combien d'enseignements peut-on découvrir dans un mot, une phrase, un paragraphe ou, plus encore, un chapitre!
Notes
(1) Cette lettre et les trois suivantes ont été éditées dans le quatrième numéro du Kovets Loubavitch, consacré à la période du 19 Kislev au 9 Adar 5706. Seule la date de la lettre n°221, le 20 Mena'hem Av 5706, nous est connue avec précision. Des trois autres, nous savons seulement qu'elles ont été écrites avant la parution du périodique, c'est-à-dire durant l'hiver 5706. Certes, dans les notes que le Rabbi rédigea, en bas de page, pour la présente lettre, il renvoie au Tanya, édition de Munich de 5707 et au Sefer Kitsourim Veaarot, imprimé à la fin de 5708 et l'on consultera, à ce propos, les lettres n°236 et 295. Il semble, en fait, que ce périodique, qui aurait dû paraître en 5706, ne fut concrètement édité qu'à la fin de 5707. C'est alors que le Rabbi ajouta ces références. Puis, sa publication fut encore une fois retardée et il fut disponible seulement en 5708. (2) Le Rabbi note, en bas de page: Les éditions de Slovita 5556-5557, Zolkwa 5559, Chklov 5566, Chklov 5574, Altona 5580, Koenigsberg 5587, Lemberg 5616, Lemberg 5620, Lemberg 5622, Lemberg 5624, Vilna 5632, Vilna 5633, Vilna 5656, Vilna 5660, Vilna 5669, édition dont les matrices ont été réutilisées de nombreuses fois, Shanghaï 5703, Munkatch 5703, ces deux dernières étant une photographie de l'édition de Vilna 5669, Tel Aviv 5703, Munich 5707, qui est également une photographie de l'édition de Vilna 5669, édition de Vienne, édition «de cette manière, vous aurez une longue vie» [?]. Dans toutes ces éditions, à l'exception de celle de Vienne, il est écrit Haadam, avec un Hé. Dans les deux Tanya manuscrits, qui ne sont pas des originaux, se trouvant dans la bibliothèque de mon beau-père, le Rabbi Chlita et ont vraisemblablement été recopiés avant l'impression du Tanya, on trouve effectivement des modifications par rapport à la version imprimée, mais ceux-ci ne comportent pas le chapitre 30 et ce qui est le chapitre 31, dans nos éditions, y est présenté comme le chapitre 30. (3) Le Rabbi note, en bas de page: Selon le commentaire de Rabbi Yona. Le 'Hen Tov, mentionné dans le commentaire du Melé'het Chlomo sur le traité Avot le dit également. Dans le traité Dére'h Erets Zouta, on trouve également le mot Haadam. (4) Le Rabbi note, en bas de page: Le Chaar Hacollel précise qu'il existe différentes versions du traité Avot. C'est sans doute pour cette raison, dit-il, que l'Admour Hazaken en donne le texte dans son Sidour. (5) Le Rabbi note, en bas de page: Voir le Kitsourim Veaarot le Tanya, page 118. Une tradition, dans la famille du Rabbi, rapporte que Rabbi Yehouda Leïb de Yanovitch vit, une fois, son frère, l'Admour Hazaken, qui méditait, près de sa table d'écriture. Un peu plus tard, l'Admour Hazaken retrouva ses esprits, aperçut son frère près de lui et lui dit: Je réfléchis, depuis trois semaines, à la manière d'écrire ceci. Il lui montra une feuille manuscrite du Tanya, posée devant lui, sur laquelle un mot pouvait être écrit avec un Vav de coordination. Il dit: Pour un Vav figurant dans le «livre des hommes moyens», il est justifié de consacrer six semaines. Ainsi, dès la septième semaine, brillera la lumière la plus essentielle. Chaque fois que j'ai écris un Vav dans le Tanya, j'ai repensé tout le livre. Mon beau-père, le Rabbi Chlita, écrivit tout cela dans une lettre datée du 28 Tamouz 5692). (6) Bien que la tristesse, qui en résulte, est un sentiment négatif, qui doit être proscrit. (7) Le Rabbi note, en bas de page: Voir le chapitre 29 du Tanya et les suivants. (8) Le Rabbi note, en bas de page: Le Torah Or, à la Parchat Michpatim, donne la même explication. C'est pour cela qu'il y est dit Adam, sans Hé.
221
221
Lettre n°220
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°220, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Hiver 5706(1)]
Question: Pouvez-vous expliquer ce que dit le début du septième chapitre de Chaar Hay'houd Vehaémouna: «Par permutation des lettres, le mot Vaéd, éternité, devient E'had, un".
Réponse: Cette affirmation figure dans le Zohar tome 2, page 134a et le Mikdach Mélé'h, cité par le Nitsoutseï Orot, dit, à cette même référence: En effet, le Alef est remplacé par un Vav, puisque les lettres Alef, Hé, Vav et Youd sont interchangeables. Et, le 'Heth est remplacé par un Aïn, puisque les lettres Alef, 'Heth, Hé et Aïn sont interchangeables(2)".
Il en résulte que les lettres Alef, Hé, Vav et Youd sont bien permutables. Toutes sont prononcées en se liant à la lettre qui les suit, sont aspirées au point d'être parfois muettes, expriment le souffle et permettent à chaque mot de s'exprimer par la parole.
Les manuels de grammaire expliquent tout cela et l'on consultera également le commentaire de Rabbi Avraham Ibn Ezra sur le verset Chemot 3, 15 et son énigme, qui est imprimée dans l'introduction de son commentaire de la Torah. On verra aussi le discours intitulé "Mes Chabbats" dans le Likouteï Torah, à la fin du premier paragraphe.
Il en est de même pour les lettres Alef, 'Heth, Hé, Aïn, qui sont également liées, étant toutes gutturales(3).
* * *
Telle est l'explication générale qui peut être donnée à propos de cette permutation.
Il nous faut cependant comprendre pourquoi est-ce précisément ces lettres-là qui sont interchangeables. Nous le comprendrons en fonction d'une explication du Tanya, citant le Zohar, selon laquelle "le verset «Ecoute Israël, l'Eternel est notre Dieu, l'Eternel est Un» correspond à l'Unification Supérieure et le verset «Béni soit le Nom de l'honneur de Sa royauté pour l'éternité», à l'Unification Inférieure". C'est précisément à ce propos qu'est établie la correspondance entre Vaéd et E'had(4).
L'explication de cette affirmation est, brièvement, la suivante. L'unification supérieure évoque l'insignifiance du rayon de soleil lorsqu'il est partie intégrante du soleil, la soumission à Dieu du monde spirituel d'Atsilout, l'annulation de celui qui fait abstraction de sa propre personne, qui ne fait même pas d'effort pour y parvenir, tant il a perdu la conscience de son moi.
L'unification inférieure correspond aux mondes spirituels de Brya, Yetsira et Assya, à la soumission qui ne fait pas abstraction de la propre personnalité, qui conserve la conscience du moi, mais accepte intellectuellement de se courber, concevant qu'elle est partie intégrante de sa source, qui est à l'origine de son existence, comme un rayon de soleil dans le soleil. Une telle attitude est uniquement comprise, mais non ressentie.
On parvient à l'unification supérieure en ressentant sa propre source. Quand est-ce le cas? Lorsque celle-ci ne se voile pas, bien qu'elle s'engage dans le processus créatif, faisant apparaître le monde d'Atsilout.
Ce qui vient d'être exposé fait allusion à tout cela. Alef est l'initiale de Aloufo Chel Olam, le Maître du monde et 'Heth, celle de 'Ho'hma, l'Attribut de découverte intellectuelle qui introduit l'enchaînement des mondes. Par l'intermédiaire du 'Heth, l'Alef engage donc le processus créatif et crée le monde grâce au Dalet, initiale de Dibour, la Parole.
Néanmoins, cette Parole reste liée à sa source, qui est la Pensée. Plus encore, elle est partie intégrante de cette source. Elle est la "Parole de la Pensée". C'est pour cela que le Dalet de E'had est une grande lettre(5).
La soumission de l'unification inférieure apparaît lorsque l'on a conscience de se trouver dans sa source, mais qu'on ne le ressent pas. En pareil cas, la source se révèle et se couvre d'un voile qui l'occulte. C'est pour cela que la créature a la sensation de posséder une existence indépendante.
Ce qui vient d'être dit fait également allusion à cela. L'Alef, qui symbolise la révélation de la source, rejoint le Vav, un trait tiré du haut vers le bas. En effet, le Alef et le Vav sont interchangeables.
Puis, le cheminement se poursuit vers le 'Heth, initiale de 'Ho'hma, mais il concerne essentiellement l'aspect sentimental de cet Attribut, le plus superficiel, auquel correspond la lettre Aïn(6). En effet, le 'Heth et le Aïn sont interchangeables.
Puis, Brya, Yetsira et Assya sont créés par les lettres de la Parole. La révélation intervenant par l'aspect superficiel de 'Ho'hma, la Parole émanera donc de sa source, de son aspect profond, qu'illustre le grand Dalet. Ainsi, est formée une véritable Parole, un Dalet moyen. En effet, le grand Dalet et le moyen sont interchangeables.
* * *
Vous consulterez, pour avoir plus de précisions à ce propos, le Imreï Bina, le Chorech Mitsvat Hatefila du Tséma'h Tsédek et le discours intitulé "celui qui prononce longuement le mot E'had" de 5678(7).
Notes
(1) Cette lettre, comme la précédente et les deux suivantes, a été éditée dans le quatrième numéro du Kovets Loubavitch, consacré à la période "du 19 Kislev au 9 Adar 5706". La concernant, nous savons seulement qu'elle a été écrite avant la parution du périodique, c'est-à-dire durant l'hiver 5706. (2) Vaéd s'écrit Vav, Aïn et Dalet. E'had s'écrit Alef, 'Heth et Dalet. La troisième lettre des deux mots est la même. La première lettre des deux mots est permutable et il en est de même pour la seconde. (3) Le Rabbi note, en bas de page: "Voir le Séfer Yetsira, début du chapitre 12, cité par le Tikouneï Zohar, Tikoun 70 et mentionné dans Igueret Hakodech et dans Likouteï Torah. De fait, leur ordre est changé, par rapport à celui de l'alphabet, puisque l'on dit Alef, 'Heth, Hé, Aïn et non Alef, Hé, 'Heth, Aïn. Le Zohar en donne la raison. Les lettres dentales, Zaïn, Samé'h, Chin, Reïch, Tsaddik, sont également énoncées selon deux ordres différents. Mais, les première éditions du Séfer Yetsira, par exemple celle de Manitoba, reproduite par celle de Varsovie, parue en 5644, disent bien Zaïn, Samé'h, Tsaddik, Reïch, Chin, conformément à l'ordre alphabétique." (4) Respectivement dernier mot du second et du premier verset. (5) Le Rabbi note, en bas de page: "C'est pour cette raison que l'Admour Hazaken rapporte, dans son Choul'han Arou'h: «Il est dit qu'il faut allonger la lecture du Dalet, mais il en est ainsi uniquement par la pensée». En effet, le Dalet d'E'had correspond, à la fois, à la Parole et à la Pensée." (6) Dont la valeur numérique est soixante dix, soit les sept Attributs du sentiment portant chacun en eux la perfection des dix Attributs. (7) 1918, du Rabbi Rachab.
Lettre n°221
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°221, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Hiver 5706(1)]
Question: J'ai vu, dans la rubrique "réponses et éclaircissements" de la seconde parution(2), à la page 22, une explication(3) selon laquelle tout ce qui figure dans les causeries du Rabbi Chlita a une référence dans les propos de nos Sages. Combien plus doit-il en être ainsi pour les discours 'hassidiques et les livres de la 'Hassidout.
Mais, je voudrais savoir s'il existe également une référence dans la partie révélée de la Torah à ce que dit le Tanya, au septième chapitre d'Igueret Hatechouva, selon lequel une multiplication de petites fautes a le même effet qu'une transgression punie de retranchement de l'âme ou de mort.
* * *
Réponse: Voici une référence à cette affirmation dans la partie révélée de la Torah et même dans la Hala'ha, concrètement applicable. Le Choul'han Arou'h dit:
"Si un malade qui est en danger a besoin de viande, on effectuera la Che'hita pour lui(4) et on ne lui fera pas consommer de la viande non cachère". Or, s'il mangeait moins que trente grammes de viande non cachère, il ne commettrait pas une simple faute alors que celui qui effectue la Che'hita pendant le Chabbat est passible de lapidation. Malgré cela, cette Che'hita est autorisée.
On peut citer, à ce propos, la raison suivante. La faute punie de lapidation est alors commise une seule fois, alors que la consommation de viande non cachère est une transgression nouvelle à chaque bouchée, bien que moins grave(5). Selon certains avis, il en est ainsi également pour une très légère interdiction de nos Sages.
Vous consulterez également le Léka'h Tov, du Rav I.Engel, au principe 15, qui se demande si la multiplication quantitative l'emporte sur la dimension qualitative. Il cite plusieurs références talmudiques, à ce propos, en particulier le commentaire de Rachi du traité Yebamot 32b et celui des Tossafot, du traité Sanhédrin 50a(6).
Notes
(1) Cette lettre, comme les deux précédentes et la suivante, a été éditée dans le quatrième numéro du Kovets Loubavitch, consacré à la période "du 19 Kislev au 9 Adar 5706". Nous savons que l'original de cette lettre, écrite le 20 Mena'hem Av 5705, est adressé au Rav Mena'hem Mendel Margolis. (2) Du Kovets Loubavitch. (3) Voir la lettre n°154. (4) Pendant le Chabbat. (5) Voir, à ce propos, la lettre n°256. (6) Le Rabbi note, en bas de page: "Il s'interroge à ce propos, au principe 20, car, si on l'accepte, on devrait se laisser tuer plutôt que de transgresser n'importe quel Interdit, dès lors qu'on doit le faire plusieurs fois, au même titre que si l'on commet, une seule fois, le crime, l'idolâtrie ou l'immoralité. Mais, il n'y a là aucune difficulté, car l'Admour Hazaken explique, au chapitre 24 du Tanya, que la nécessité de se laisser tuer n'est pas liée à la gravité de la faute."
Lettre n°222
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°222, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[Hiver 5706(1)]
Question: Le Tikoun(2) Venotser, Et Il garde le bien pour les milliers est un anagramme de Ratson, la volonté(3).
Et, je me pose, à ce propos, les questions suivantes: A) Le texte(4) est Notser sans Vav(5). B) Le verset Chemot 34, 7 dit aussi Notser, sans Vav de coordination(6).
Réponse: A) On peut donner, à ce propos, deux explications:
1. Le verset emploie également le mot Ratson sans Vav, par exemple dans les versets Béréchit 46, 6 et, selon la tradition orale, Daniel 8, 4. Dans l'ensemble de la Bible, cette lettre manque huit fois. De même, Notser est écrit avec un Vav dans les versets Michlé 28, 7, Mela'him 2, 17, 9 et 2, 18, 8. Il est donc clair que l'on peut identifier les lettres de ces deux mots, que ce Vav soit présent ou non.
Il est expliqué, en différents endroits, par exemple dans le Peri Ets 'Haïm, que Notser et Ratson ont la même valeur numérique que Moché(7), si on leur ajoute un point(8). Ces sources considèrent donc que Notser et Ratson s'écrivent avec un Vav.
2. Nos Sages se demandent, dans le traité Kidouchin 18b, s'il faut se baser sur la manière dont le verset est écrit, sur la façon de le lire ou sur les deux à la fois. Mais, il est clair que l'on peut accepter les deux formules lorsqu'elles ne se contredisent pas. C'est effectivement le cas, en l'occurrence et il faut donc voir comment s'écrit le verset(9).
*
*
*
B) Vous faites remarquer que le mot Notser est écrit sans Vav de coordination, dans le verset. Or, il est vrai que les textes de la 'Hassidout disent Venotser. En revanche, les premières éditions d'Igueret Hakodech que j'ai pu voir disent Notser, sans Vav. Et, à mon humble avis, ceci doit être rectifié dans toutes les éditions du Tanya ultérieures à 5660(10).
En tout état de cause, il faut s'interroger sur le texte d'Igueret Hakodech, qui doit vraisemblablement être corrigé. Il y est dit, en effet, le huitième Tikoun, etc., celui de Venotser, qui est un anagramme de Ratson et correspond également à un moment fructueux. Or, 1. Le mot etc., à cet endroit de la phrase, n'a pas de sens. 2. Deux fois, par la suite est cité le mot Notser, qui est alors toujours suivi de 'Hessed, la bonté, alors qu'il est ici mentionné pour la première fois, sans introduire le mot 'Hessed. L'inverse eut été plus logique. 3. Le mot également n'a pas de sens.
Les anciennes éditions du Tanya sont donc plus exactes. Elles disent: le huitième Tikoun est celui de Notser 'Hessed. Or, Notser est l'anagramme de Ratson et correspond à un moment fructueux. En effet, l'astre Notser 'Hessed est lié à Kéter, la couronne qui surplombe l'enchaînement des mondes. Une telle formulation est exacte.
Il semble donc que des imprécisions se soient introduites dans les éditions ultérieures.
*
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*
Peut-être est-il possible d'expliquer que l'habitude de dire, pour désigner le Tikoun inférieur, Venaké, Il absout, avec un Vav a conduit à retenir également Venotsar, avec un Vav.
Notes
(1) Cette lettre et les trois précédentes ont été éditées dans le quatrième numéro du Kovets Loubavitch, consacré à la période du 19 Kislev au 9 Adar 5706. La concernant, nous savons seulement qu'elle a été écrite avant la parution du périodique, c'est-à-dire durant l'hiver 5706. (2) Lorsque les enfants d'Israël commirent la faute du veau d'or, le Saint béni soit-Il enseigna à Moché les treize Tikounim ou Attributs de Miséricorde divine, qui ne sont jamais invoqués en vain. L'un de ces Attributs consiste à rappeler à Dieu que Il garde le bien pour les milliers. (3) Le Rabbi note, en bas de page: Le Torah Or et le Likouteï Torah font remarquer, sans indiquer de références, que Venotser est, à la fois l'anagramme de Ratson, la Volonté et de Tsinor, le conduit véhiculant la bénédiction. J'ai néanmoins retrouvé cette affirmation dans le Likouteï Torah du Ari Zal et dans le Peri Ets 'Haïm, qui indiquent que Notser a les mêmes lettres que Ratson. Le Mikdach Mélé'h ajoute que Tsinor est l'anagramme de Ratson. (4) Des treize Attributs de Miséricorde divine. (5) Et non Venotser. (6) Les versets 34, 6 et 7 énoncent ces treize Attributs de Miséricorde divine. Ils disent: Eternel, Eternel, Dieu clément et miséricordieux, tardif à la colère, plein de bienveillance et d'équité. Il garde le bien pour les milliers de générations, supporte la transgression, la rébellion et la faute, mais ne les absout pas. Il se souvient des méfaits des pères sur les enfants et les petits-enfants, jusqu'à la troisième et la quatrième génération. (7) Soit 345, lorsque Moché est écrit sans Vav, ce qui suppose d'écrire Notser et Ratson avec un Vav. (8) Le Collel, ce qui est courant pour indiquer que l'on calcule la valeur numérique d'un seul mot. (9) Le Rabbi note, en bas de page: On peut citer une idée proche de celle qui est développée ici. Il est expliqué, en différents endroits, que la valeur numérique du mot Tsitsit est 600, ce qui suppose de l'écrire avec deux Youd, alors que, de façon générale, ce terme n'en a qu'un. Les Tossafot, sur le traité Mena'hot 39a et le Ramban, dans son commentaire de la Torah, s'interrogent, à ce sujet. Et l'on explique qu'il faut voir de quelle manière ce mot est écrit dans la Torah. Bien plus, le point du 'Hirik, de la voyelle i, peut être considéré comme un Youd, d'après le Zohar et selon les Tossafot. Le Min'hat Chaï énonce différents avis, à ce sujet. (10) 1900.
Lettre n°223
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°223, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Nissan 5706,
A l'agréable jeune homme, 'Hassid érudit, qui craint Dieu,
le Rav M.Z.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos lettres du 7 et du 22 Adar Chéni.
Je ne possède aucun exemplaire du Sefer Midot Rabbi Chimeon Ben Yo'haï.
Le montant envoyé par Karakovski est-il relatif à son engagement pour la publication de la biographie du Rabbi Maharach(2) ou bien s'agit-il d'un don indépendant? Cette précision est nécessaire également pour rédiger le reçu.
Les causeries du 18 Elloul et de 19 Kislev de cette année se trouvent toujours chez mon beau-père, le Rabbi Chlita(3).
La reliure des commentaires et des responsa du Tséma'h Tsédek, de même que de la séquence de discours 'hassidiques Maïm Rabim(4) n'est pas encore achevée.
Votre dette(5) dépasse maintenant cinq cents(6) et elle s'ajoute à celle de la Yechiva et du Beth Rivka. Je ne sais pas si c'est avec juste raison que vous prétendez faire tout ce qui est en votre pouvoir pour la rembourser. En tout état de cause, vous comprendrez que cette discussion ne modifie en rien la position de l'imprimeur. Il est nécessaire de lui payer intégralement les livres qu'il a déjà réalisés. En revanche, nous pouvons décider de mettre un terme à nos publications.
Depuis bien longtemps, j'explique tout cela et je l'explique encore à des personnes comme vous. En vous abstenant de payer votre dû, vous ne contrevenez pas uniquement à la Mitsva de rembourser une dette. Vous avez causé et vous causez encore un manque, une remise en cause du programme de travail, établi par mon beau-père, le Rabbi Chlita, en général et du planning d'impression, en particulier.
Or, vous auriez dû vous efforcer de multiplier les possibilités de publier des livres, dans toute la mesure des accords donnés par mon beau-père, le Rabbi Chlita. Bien plus, en pareil cas, il aurait lui-même multiplié ces accords. On sait, en effet, que la soif de recevoir agrandit l'envie de donner. Vous auriez donc dû non seulement rembourser vos dettes, mais aussi trouver de nouvelles sources de financement.
Au lieu de cela, chacun avance sa propre explication et attend de moi de reconnaître le bien fondé de son argumentation. Combien de discours 'hassidiques imprimera-t-on de cette manière?
J'espère que ce qui vient d'être dit fera son effet et, si réellement vous avez fait tout ce que vous permettent vos forces révélées, vous mettrez ainsi en éveil des forces cachées et profondes. Vous consulterez, à ce propos, le discours 'hassidique prononcé le 2 Nissan, cette année et vous redoublerez d'ardeur, pour tout ce qui vient d'être dit.
Il est dit, dans Igueret Hakodech, au chapitre 14, que, chaque année, se révèle une lumière céleste nouvelle, issue d'un stade particulièrement élevé, qui n'a encore jamais éclairé le monde. L'homme, bâti à l'image de Dieu, doit donc en faire de même et forger ainsi les réceptacles qui lui permettront d'intégrer une lumière aussi élevée.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate et pour une fête de Pessa'h cachère et joyeuse,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif
Notes
(1) Le Rav Mena'hem Zeev Ginglass, de Montréal. (2) Dont l'auteur est le Rabbi lui-même. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°208. (4) Du Rabbi Maharach. (5) Concernant les précédents envois de livre. (6) Dollars.
Lettre n°224
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°224, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Nissan 5706,
A l'honorable 'Hassid, qui se consacre avec empressement
aux besoins communautaires et accumule les réalisations
positives, le Rav Ch. Palmer(1),
Je vous salue et vous bénis,
L'impression de la brochure de Pessa'h pour la jeunesse, éditée par le Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h s'est achevée aujourd'hui et nous vous en adressons un exemplaire. Par envoi séparé, vous en recevrez quelques exemplaires, que vos collaborateurs pourront distribuer aux élèves du Talmud Torah. Vous voudrez bien me préciser combien d'exemplaires supplémentaires il faudra vous envoyer.
Notre très cher ami, le 'Hassid qui craint Dieu, le Rav D.B. Haskind(2), nous a transmis le contenu de l'échange téléphonique qu'il a eu avec vous à propos du financement de cette publication. Conformément à ses instructions et compte tenu du temps très court qui nous sépare de la fête de Pessa'h, lequel empêche toute longue discussion, nous vous avons attribué le mérite de la première édition de cette brochure. Nos Sages soulignent que la Torah mentionne et fait connaître celui qui accomplit une Mitsva et nous y avons donc cité votre nom.
Au tout début du Séder, nous disons Voici le pain de la pauvreté. Que celui qui a faim vienne et mange. Ainsi, est affirmée l'importance de la Tsédaka liée à Pessa'h. Mais, avant cela, on se lave les mains et l'on consomme le Karpas(3), afin de surprendre les enfants, qui s'interrogeront ainsi sur les lois et les coutumes de Pessa'h. Tout de suite après cela, on met le plateau de côté, ce qui permet également d'étonner l'enfant, pour qu'il en vienne à poser une question.
Quelqu'un pourrait se dire: Il me suffit de donner mon argent, ma force et mon temps pour l'enfant sage, qui se consacre et s'intéresse à la foi d'Israël, ou bien, tout au plus, pour l'enfant naïf, qui n'est certes pas un sage, mais comprend, néanmoins, la différence entre Israël et les autres nations et s'interroge: «Qu'est cela?», sans aucun désir de révolte.
On lui répondra donc que la Torah parle de quatre enfants, un sage, un impie, un naïf et un qui ne sait pas poser de questions.
Bien plus, la Torah évoque l'enfant sage dans le livre de Devarim, du naïf, au chapitre 13 de Chemot, alors qu'elle parle d'abord, dès le chapitre 12 de Chemot, de celui qui ne sait pas poser de questions et de l'impie, afin de les rapprocher et de les changer.
La réponse à l'impie est faite dans le verset qui parle de celui qui ne sait pas poser de questions car, de fait, tous les Juifs sont des croyants, fils de croyants. Et, ils agissent mal uniquement parce que, de manière passagère, ils n'en ont pas conscience et sont même incapables de s'interroger, à ce propos, étant saisis par un esprit de folie.
C'est pour cette raison que mon beau-père, le Rabbi Chlita, inscrivit au programme du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h la nécessité de rapprocher de la pratique juive ceux qui ne connaissent pas la Langue Sacrée, ni même le Yiddish, ne sont pas familiers des pratiques les plus courantes chez les Juifs. La récompense et le plaisir sont à la mesure de l'effort investi dans ce domaine.
Les mots nous manquent pour définir le grand mérite de ceux qui prennent une part à tout cela. A quelqu'un comme vous, il serait sans doute inutile de le décrire plus longuement. Nous sommes donc convaincus que notre initiative correspond bien à votre désir, car on peut conférer un mérite à quelqu'un, même en son absence.
En vous souhaitant tout le bien, la Techouva immédiate et la délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(4)
Vous trouverez les références de ce qui vient d'être dit à propos du Séder dans la Hagada avec un recueil de coutumes(5), publiée par les éditions Kehot.
Notes
(1) Rav Chlomo Palmer. Voir lettres n°89 et 173. (2) Rav Dov Ber Haskind. (3) De l'oignon ou du céleri. (4) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h. (5) Dont le Rabbi est l'auteur.
Lettre n°225
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°225, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Nissan 5706,
Au grand Rav, 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav A.E. Axelrod(1),
Je vous salue et vous bénis,
La semaine dernière, nous avons eu la visite de votre oncle Guerchon, le fils du Rav Meïr, le Sofer de Waldasta, en Géorgie. En effet, il a été décidé, dans cette ville, d'envoyer un Séfer Torah en Europe(2) et votre oncle nous a confié cette mission de Mitsva. Nous avons déjà acheté ce Séfer Torah et nous l'enverrons à destination dans les prochains jours.
Lorsqu'il rendit visite à mon beau-père, le Rabbi Chlita, il semblait très motivé à venir en aide spirituellement à nos frères rescapés d'Europe, dans le cadre de l'action menée par mon beau-père, le Rabbi Chlita, sous l'auspice du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h et de Ma'hané Israël.
J'ai pu constater l'admiration et le respect qu'éprouve votre oncle à votre égard. J'ai donc eu l'idée de vous demander de lui écrire afin de l'encourager et de le renforcer sur cette voie.
D'ailleurs, il m'a dit que son père, c'est-à-dire votre grand-père(3), a écrit un Séfer Torah à l'occasion de la naissance d'un Rabbi. Avez-vous plus de précisions à ce sujet(4)?
Vous avez sans doute pris connaissance de mes explications, à la fin de Torat Chalom(5) et de la Haggada avec des références(6). Si vous avez des remarques, à ce propos, vous voudrez bien me les communiquer. Après l'édition, j'ai eu un doute sur le sens des lettres du Nom de Dieu, dans le grand Hallel(7). Car ces lettres s'adressent à tous et, de fait, on trouve peu d'inscriptions équivalentes dans le Sidour de l'Admour Hazaken.
En effet, l'Admour Hazaken n'a sûrement pas recopié ce Psaume dans le manuscrit de son Sidour. Il a uniquement indiqué où il devait être récité dans la prière du Chabbat(8). Il est donc envisageable, bien qu'improbable, que l'éditeur ait introduit ces lettres de sa propre initiative, en recopiant ce Psaume tel qu'il est imprimé dans le Sidour du Ari Zal.
En effet, j'ai entendu une explication similaire à propos de la ponctuation de la Amida(9).
Avec ma bénédiction pour un Pessa'h cacher et joyeux,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(10),
Notes
(1) Le Rav Avraham Elyahou Axelrod. (2) Pour les réfugiés de la guerre. (3) Qui était donc Sofer. (4) A ce propos, le Rav Axelrod fit au Rabbi la réponse suivante: Le 18 Adar 5701, le Rabbi Chlita écrivit ceci à mon père: En 5640, l'année de ma naissance, mon père fit écrire un Séfer Torah. Il y avait alors quatre Sofrim parmi les disciples de mon grand-père et mon père choisit votre père pour écrire ce Séfer Torah. (5) Du Rabbi Rachab. (6) Dont le Rabbi est l'auteur. (7) Les quatre lettres du Nom de Dieu qui se trouvent dans les actions de grâce prononcées à la fin de la Haggada, parmi les vingt six versets se concluant par car Sa bonté est éternelle qui constituent le Psaume 136, le nombre des versets étant la valeur numérique de ces quatre lettres. (8) Qui est reprise à la fin de la Haggada. (9) Qui a également une signification précise d'après la Kabbale. (10) Du Merkaz Leïnyaneï 'Hinou'h.
Lettre n°226
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°226, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Nissan 5706,
A la direction mondiale du groupe des Tehilim, à Jérusalem,
avec, à sa tête, le grand Rav, 'Hassid bien connu, agréable
érudit, descendant d'une illustre famille, homme qui craint
Dieu, le Rav Yehouda Leïb Chlita Eliezrov,
Je vous salue et vous bénis,
Votre lettre m'est parvenue avec retard.
A mon grand regret, notre situation financière est ici très difficile, comme vous le savez sans doute et nous n'avons pas du tout le temps d'organiser une collecte.
A mon humble avis, il serait bon que vous écriviez directement, de chez vous, aux donateurs qui se trouvent ici, d'après les adresses que vous possédez au Collel(1).
Avec ma bénédiction pour une fête cachère et joyeuse,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(2)
N. B. : Je vous remercie pour ce que vous avez fait, jusqu'à maintenant, afin d'obtenir un certificat pour ma mère(3). Vous poursuivrez sûrement vos efforts pour parvenir à une issue positive. Car, d'après les nouvelles que nous possédons ici, il est possible qu'un visa de sortie lui soit accordé là-bas, d'autant qu'il s'agit d'une femme, âgée de soixante dix ans, puisse-t-elle avoir de longs jours et de bonnes années.
On demande à celui qui a commencé à mettre une Mitsva en pratique de la conduire à son terme. Ainsi, vous mériterez vous-même une longue et agréable vie, comme nos Sages en donnent l'assurance.
Je vous remercie d'avance de bien vouloir me dire tout ce qui pourra être fait, dans ce domaine.
Notes
(1) Le Collel 'Habad, dont le siège était à Jérusalem. (2) De Ma'hané Israël. (3) Voir, à ce propos, les lettres n°217, 230, 241, 265.
Lettre n°227
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°227, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Nissan 5706,
Aux Rabbanim et 'Hassidim, qui craignent Dieu,
les élèves de la Yechiva, à Shanghaï,
Je vous salue et vous bénis,
J'ai bien reçu vos lettres du 27 Adar Chéni et du 4 Nissan, de même qu'un colis de livres contenant, les discours 'hassidiques de 5657(1), Pokéa'h Ivrim(2), Likouteï Dibourim(3), Hayom Yom(4) et le texte de l'appel(5).
Vous dites, à juste titre, que la création d'une antenne des éditions Kehot dans votre ville est conforme à la volonté de mon beau-père, le Rabbi Chlita. C'est ce que j'affirmais moi-même dans mes précédentes lettres(6).
Dans votre seconde lettre, vous me proposez qu'un jeune homme, Leïbel Blumberg, prenne en charge cette activité(7). Nous ne le connaissons pas nous-mêmes et nous nous en remettons donc à votre jugement. Mais, aussi longtemps que vous serez sur place, cette activité doit être menée avec votre participation. Par la suite, elle sera effectuée sous la responsabilité du Rav Achkenazi(8), qui en portera la responsabilité devant mon beau-père, le Rabbi Chlita.
Je suis surpris que vous n'ayez pas répondu à la question que nous vous avions posée à propos des livres dont vous disposez sur place, parmi la liste qui était jointe à ma première lettre. Je souhaiterais que vous en commenciez immédiatement l'impression et en réalisiez trois cents exemplaires de chaque. Vous me ferez savoir ce qu'il en est et je vous adresserai le texte de la page de garde.
Par ailleurs, je vous envoie, à l'adresse du Rav, quelques livres réalisés ici, parmi ceux qui sont disponibles. Le papier et la reliure doivent être parmi les meilleurs. Pour l'heure, il nous est impossible de vous envoyer du papier d'ici.
Dans la liste des livres de 'Hassidout que j'ai fait imprimer à la fin du Kountrass Torat Ha'hassidout(3) et dont je prépare une édition mise à jour, je voudrais inclure ce que vous avez édité, mais je n'en ai pas la liste exhaustive.
Nous attendons votre réponse et je conclurai en exprimant ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif
Au distingué jeune homme, le 'Hassid, élève de la Yechiva,
le Rav H.M. Boukyet(9),
Vous faites une juste distinction entre le tirage au sort et l'héritage. Un discours 'hassidique prononcé le 2 Nissan 5700(3) précise cette différence. L'effort réalisé par le coeur, par le cerveau, la perception du Divin en toute chose se transmettent par héritage. On définit également l'accomplissement de chaque partie de l'âme, la volonté, le plaisir, l'essence de la Judéité, la vitalité spécifique, la vitalité globale, la vitalité qui relève de la quintessence. Il y a, en outre, l'influence qu'exerce l'âme divine sur l'âme animale, le service de Dieu, dans son aspect général, la réalisation spécifique de l'âme divine.
Vous prétendez également que l'héritage est plus proche du tirage au sort que de tous les autres modes d'acquisition, aussi bien d'après l'enseignement révélé de la Torah que d'après son aspect ésotérique. A mon humble avis, cela n'est pas exact. Bien au contraire, pour la partie législative de la Torah, l'héritage est plus fort que les autres moyens d'acquisition puisqu'il s'impose à celui qui le reçoit. A l'opposé, le tirage au sort est le plus faible de tous les modes d'acquisition et, selon certains, il n'en est même pas un(...).
La partie ésotérique de la Torah adopte la même position. L'essence de la Judéité, qui permet de percevoir le Divin, existe, chez chacun, de la même manière et ce niveau reste fidèle à Dieu, même lors de la faute. Puis, vient la pratique de la Torah et des Mitsvot, à laquelle tous sont astreints de la même manière. Vient ensuite le service de Dieu, dans sa globalité, avec toutes ses précautions, qui intègre également la différence entre le tirage au sort et la part qui incombe à chacun.
L'origine de la confusion est peut-être le fait que, d'après la partie ésotérique de la Torah, la révélation de ce que l'on reçoit en héritage est possible par l'intermédiaire de la part qui incombe à chacun et du tirage au sort.
On en trouve l'illustration dans le partage d'Erets Israël, qui fut un héritage ancestral, mais fut effectif seulement à l'issue de la conquête, obtenue par un combat spécifique et se déroula alors par tirage au sort(...).
Notes
(1) 1897, du Rabbi Rachab. (2) De l'Admour Haémtsahi. (3) Du précédent Rabbi. (4) Du Rabbi. (5) Tous ces livres avaient été imprimés à Shanghaï. (6) Voir, en particulier, la lettre n°213. (7) D'édition. (8) Le Rav de la communauté 'hassidique de Shanghaï. (9) Le Rav 'Haïm Meïr Boukyet, de New York, qui se trouvait alors à Shanghaï.
Lettre n°228
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°228, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Iyar 5706,
Au grand Rav, érudit et 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je demande de temps à autre, des nouvelles de vous et de ce qu'il vous est advenu, surtout pendant les nombreuses années de ces événements(2). J'ai été heureux d'apprendre que, selon ce que l'on m'a rapporté, vous vous êtes fixé dans la communauté de Bneï Brak et en êtes relativement satisfait.
Vous avez sans doute connaissance de ce qui a dernièrement été imprimé ici, en particulier par les éditions Otsar Ha'hassidim. Depuis quelques temps, je collecte les causeries et les lettres du Rabbi(3), car tous ses manuscrits et ses lettres n'ont pas été conservés. J'évite d'évoquer ce sujet et d'interroger précisément mon beau-père, le Rabbi Chlita, pour ne pas lui causer de la peine(4).
Je m'adresse donc à vous, car vous possédez sans doute une copie de nombreuses lettres du Rabbi(3), ou peut-être même de causeries qui ne figurent pas dans les fascicules que nous avons imprimés. Auriez-vous la bonté de m'en adresser une copie? Pour quelqu'un comme vous, il est, bien sûr, inutile de décrire l'importance d'une telle chose et la satisfaction qu'elle procurera. Bien évidemment, tous les frais qui en découleront seront à ma charge et je vous en remercie d'avance.
Vous trouverez ci-joint un index des causeries du Rabbi(3) que nous avons imprimées et les livres vous sont adressés, par envoi séparé.
Si vous possédiez un exemplaire de son testament, je serai particulièrement intéressé d'en prendre connaissance, de même que sa lettre sur l'importance de la Langue Sacrée et du fait de la parler. Si vous connaissez un 'Hassid qui possède de tels documents, vous voudrez bien me le faire savoir, afin que je puisse m'adresser à lui.
J'ai bon espoir que vous acceptiez de participer à tout cela. J'attends votre réponse rapide, en souhaitant qu'elle me parvienne avant même que vous ayez reçu le Sefer Hasi'hot.
Vous saluerez tous les membres de votre famille, bien que je ne les connaisse pas.
Je conclus en vous souhaitant tout le bien,
Rav Mena'hem Schneerson
Notes
(1) Le Rav Yaakov Landa, Rav de Bneï Brak. (2) De la guerre. (3) Rachab. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°230.
Lettre n°229
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°229, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Iyar 5706,
Au grand Rav, 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav A.E. Axelrod(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre. J'ai écris, dans la Haggada que l'on dit, le Chabbat(2), avec amour, une convocation sacrée, car les Juifs acceptèrent avec amour la convocation sacrée du Chabbat. J'ai cité comme référence, à ce propos, le Levouch.
Vous me dites que l'expression convocation sacrée est modifiée, pendant le Chabbat, par rapport à la semaine(3). Il n'y a pas là une modification, mais bien un ajout. En effet, durant le Chabbat, la convocation sacrée est, à la fois, celle du Chabbat et celle de la fête, ce qui n'est pas le cas pendant la semaine. L'expression avec amour, en revanche, doit être mise à part, car elle est spécifique au Chabbat. Et, il n'y a pas lieu de s'en étonner car, il en est de même, plus loin, lorsque l'on dit avec amour et bonne volonté, ce qui concerne le Chabbat, mais non la fête. Puis, avec joie et allégresse se dit uniquement de la fête et non du Chabbat.
Vous faites remarquer que le Chabbat est sacré et non convocation sacré(4), comme le précise le Likouteï Torah, commentant la Haggada. Le verset qualifie pourtant clairement le Chabbat de convocation sacrée, ainsi qu'il est dit (Vaykra 23, 3): Le septième jour sera le Chabbat du Chabbat, une convocation sacrée. Et l'Admour Hazaken établit, dans son Choul'han Arou'h, que le Chabbat fait partie des convocations sacrées.
Certes, le Netina Leguer, citant le Maharcha et le Gaon de Vilna, considère que le septième jour dont il est question dans ce verset est Yom Kippour et les six jours le précédant, comme les autres fêtes et Roch Hachana. Mais, ceci va à l'encontre du sens simple du verset et de l'explication de l'Admour Hazaken précédemment donnée. En outre, plusieurs explications de nos Sages montrent qu'il s'agit bien ici du Chabbat(...).
Pour que ce verset ne contredise pas le Likouteï Torah, il faut dire que, selon ce dernier, la fête n'est pas sacrée, alors que le Chabbat, qui l'est effectivement, peut bien être appelé convocation sacrée, car il y a cent pièces dans deux cents(5). Néanmoins, cette interprétation n'est pas celle du Zohar, mentionnée dans le Sidour, qui dit: Le Chabbat est sacré, mais non convocation sacrée.
On peut dire aussi qu'il est plusieurs manières d'interpréter l'expression convocation sacrée, une réunion pour offrir des sacrifices supplémentaires, une interdiction de travailler, la nécessité de porter un bel habit, de boire et de manger, une sainte festivité.
Le Zohar, excluant la convocation sacrée, ne nie pourtant pas l'emploi de cette expression par le verset. Il indique uniquement que le Chabbat n'est pas une festivité sainte et l'on trouve la même affirmation, dans les références du Choul'han Arou'h de l'Admour Hazaken, à propos de 'Hol Hamoéd. On peut encore s'interroger, à ce sujet.
J'ai dit aussi que l'on évitait de manger l'os(6). J'ai cité, à ce propos, comme pour toutes les autres coutumes, la pratique de la famille du Rabbi, celle de mon beau-père, le Rabbi Chlita, qui m'en a lui-même donné la raison, en l'occurrence la nécessité d'éviter toute ressemblance avec le sacrifice de Pessa'h(7). Et, cette précaution est nécessaire, car l'os a précisément pour but de commémorer ce sacrifice.
On peut justifier le rejet de toute ressemblance avec le sacrifice de Pessa'h par le fait de ne pas manger l'os. En effet, le Pessa'h est particulier, parce que sa consommation est son aspect essentiel et non uniquement un détail de son accomplissement, comme c'est le cas pour les autres sacrifices.
Nos Sages enseignent, dans le traité Pessa'him 76b, que le but essentiel du sacrifice de Pessa'h est sa consommation. Et Rachi explique: La Mitsva du Pessa'h a essentiellement été donnée pour que celui-ci soit mangé. Ainsi, lorsque l'on s'abstient de manger l'os, on fait bien disparaître la qualité essentielle du sacrifice de Pessa'h, ce que l'on n'obtiendrait pas en demandant de le consommer plus tard, comme vous le suggérez dans votre lettre.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson
Notes
(1) Le Rav Avraham Elyahou Axelrod. Voir lettre n°225. (2) Dans le Kiddouch de la fête, lorsque celle-ci survient un Chabbat. (3) Lorsque la fête survient un jour de semaine (4) C'est-à-dire intrinsèquement saint, ne dépendant pas de la fixation du Roch 'Hodech, par le tribunal des hommes, qui conditionne la fixation des fêtes. (5) L'expression la plus forte inclut en elle la plus faible. (6) Qui se trouve sur le plateau du Séder. (7) Afin que l'on ne puisse croire que celui-ci a été effectué en dehors du Temple.
Lettre n°230
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°230, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Iyar 5706,
A l'honorable 'Hassid qui craint Dieu,
le Rav H.(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous voudrez bien m'excuser pour n'avoir pu répondre, pour différentes raisons, à certaines lettres et, entre autres, à la vôtre.
A) Je commencerai par vous remercier pour les démarches que vous avez faites afin d'obtenir un certificat pour ma mère(2). Pour l'heure, il est impossible de négocier avec les représentants de la Russie qui se trouvent ici. Mais, il m'a été dit qu'un visa de sortie serait obtenu facilement, s'agissant d'une femme âgée, qui a soixante dix ans.
Il semble que là-bas, il soit plus facile d'obtenir un visa de sortie, lorsque l'on est en possession d'une autorisation d'entrée dans un autre pays. C'est beaucoup plus compliqué d'une autre manière, hormis le fait que l'on considère d'un mauvais oeil ceux qui désirent quitter le pays.
Le grand Rabbin a promis son aide et le fait qu'elle possédait déjà un certificat auparavant pourra jouer en sa faveur. Avec l'effort nécessaire, vous parviendrez donc à obtenir ce document pour elle.
B) J'ai appris qu'il y avait, à Jérusalem, il y a quelques années, un enseignant au Talmud Torah 'Hayé Olam, qui s'appelait Its'hak Aïzik Aïzen. Celui-ci possédait un recueil de lettres de Rabbi Avraham de Kalisk(3) et de ses contemporains, parmi lesquels, peut-être, l'Admour Hazaken.
Il serait souhaitable que vous retrouviez cet homme et que vous puissiez vous procurer ce recueil, afin de l'envoyer à mon beau-père, le Rabbi Chlita.
C) Depuis quelques temps, je collecte des lettres et des causeries du Rabbi(4), dont un recueil vient de paraître(5). Peut-être connaissez-vous quelqu'un qui possède un document n'y figurant pas. Vous voudrez bien me le faire savoir afin que je m'adresse à lui.
Je conclurai en vous adressant ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson
Notes
(1) Le Rav 'Hano'h Hendel Havlin, de Jérusalem. (2) Voir, à ce propos, la lettre n° 226. (3) Voir, à ce propos, les lettres n° 241, 265 et 275. (4) Rachab, père du précédent Rabbi. (5) Voir, à ce propos, la lettre n° 228.
Lettre n°231
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°231, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Veille de la fête de Chavouot 5706,
Aux Rabbanim, élèves de la Yechiva, le Rav A.T. Cohen(1),
le Rav M.Weber(2), le Rav B.Y. Mintsberg et le Rav H.M.
Rosenberg(3),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 15 Iyar. J'ai interrogé mon beau-père, le Rabbi Chlita et voici les réponses qu'il m'a données, s'ajoutant à celles de sa précédente lettre(4):
A) Conformément aux instructions de mon beau-père, le Rabbi Chlita, la publication des livres et des recueils de discours 'hassidiques pour toutes les institutions placées sous sa direction est confiée à la maison d'édition Kehot, sauf dans des cas exceptionnels.
B) Lorsque l'on imprime une lettre, une causerie ou un discours 'hassidique du Rabbi Chlita, il faut, à chaque fois, obtenir sa permission expresse.
C) Il faut faire particulièrement attention aux textes qui sont imprimés pour accompagner les propos de mon beau-père, le Rabbi Chlita.
En application de tout cela, si vous décidez de poursuivre la publication de votre périodique de Torah, vous devez impérativement adopter les dispositions suivantes:
1. Les articles, avant leur impression, devront être envoyés ici, aux éditions Kehot. Vous en conserverez vous-même une copie, afin qu'il ne soit pas nécessaire de vous renvoyer ces articles. Vous imprimerez uniquement ceux pour lesquels vous recevrez un accord.
2. Chaque parution devra porter le sigle de Kehot, celui qui figure sur nos livres. Vous ajouterez, sous ce sigle, le mention suivante: Branche de Jérusalem, ville sainte, puisse-t-elle être bientôt restaurée et reconstruite, Amen.
3. Bien évidemment, vous devrez posséder les moyens financiers qui vous permettront de l'imprimer.
Je conclurai en évoquant la fête de Chavouot(5).
On sait qu'il est dit(6) Je suis l'Eternel ton Dieu, qui t'ai fait sortir du pays de l'Egypte et non qui ai créé les cieux et la terre(7). En effet, se libérer des barrières et des limites(8), y compris de celles qui appartiennent au domaine de la sainteté, est particulièrement important. Une révélation de l'Essence de Dieu(9) permet d'y parvenir.
Dans le service de Dieu, ceci souligne la nécessité d'adopter un comportement qui transcende la raison, de mettre pleinement en pratique le Précepte efface ta volonté devant la Sienne.
Celui qui se trouve dans l'Egypte de la sainteté n'a certes aucun contact avec les forces du mal. Dès lors, comment peut-il déterminer le comportement qu'il doit adopter sans avoir recours à la raison? Quelle doit être sa référence?
Le don de la Torah permet de répondre également à cette question. Moché joua alors le rôle d'interprète et Dieu lui dit: Ils auront foi en toi pour l'éternité. Il doit donc encore en être ainsi, à l'heure actuelle. Chacun doit se lier au chef de sa génération, qui en est le Moché, faire disparaître sa volonté devant la sienne, même si l'on pense se trouver encore dans l'Egypte de la sainteté.
C'est sans doute pour cette raison que la Hilloula du roi David, dont la soumission à Dieu était bien connue, est à Chavouot, de même que celle du Baal Chem Tov, fondateur de la 'Hassidout. En effet, l'attachement du disciple à son maître est intellectuel, mais non celui d'un 'Hassid à son Rabbi.
Avec ma bénédiction pour recevoir la Torah avec joie, pour la Techouva immédiate et la délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif
Notes
(1) Le Rav Avraham Tsvi Hirsh Cohen. (2) Le Rav Moché Weber. (3) Tous ces Rabbanim sont de Jérusalem. (4) Dans laquelle le précédent Rabbi leur interdit de publier un périodique de leur propre initiative, leur demande d'en transmettre les articles à son gendre, le Rabbi et de se conformer à ses instructions. Voir, à ce propos, les lettres n° 232 et 303. (5) Ce qui est également l'enseignement que l'on peut déduire de ce qui a été dit auparavant. (6) Au début des dix Commandements. (7) Voir, à ce propos, la lettre n° 189. (8) Ce que symbolise la sortie d'Egypte. (9) A Laquelle fait allusion le premier mot des dix Commandements, Ano'hi, Je.
Lettre n°232
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°232, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5706,
Aux jeunes gens, grands Rabbanim et 'Hassidim qui
craignent Dieu, les élèves de la Yechiva, à Shanghaï(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse aux précisions qui m'ont été transmises par le Rav Gorfinkel:
A) Je vous ai déjà écrit, sur l'ordre de mon beau-père, le Rabbi Chlita, que vous ne devez rééditer aucune publication diffusée par l'une des institutions qu'il dirige sans obtenir, au préalable, son autorisation explicite(2). Peu importe en quelle langue celle-ci est éditée. Or, vous venez de faire paraître les conversations avec les jeunes et le Chneï Lou'hot Haberit.
Nous ne savons comment qualifier une telle attitude. Vous nous direz sans doute comment il faut l'interpréter et nous en déduirons ce qu'il faut transmettre à mon beau-père, le Rabbi Chlita. Vous pouvez également lui écrire directement.
B) Les deux cents(3) ont été transmis au Rav Gorfinkel. Le reste du montant dû pour le Sidour(4) lui sera transmis dans quatre semaines, comme vous l'avez demandé. Pour l'heure, vous n'enverrez ici, aux éditions Kehot, que deux exemplaires de ce Sidour. Vous garderez le reste et vous pourrez le vendre, pour un prix unitaire qui ne sera pas inférieur à deux dollars américains et demi. Par la suite, nous vous dirons où envoyer ces Sidourim.
C) En revanche, vous enverrez ici le Dére'h Mitsvote'ha(5) et le Chaar Hacollel(6). Si ces livres ne sont pas encore reliés, adressez-les nous sans reliure. Ici, nous ferons refaire la page de garde et y ajouterons peut-être quelques additifs.
A l'avenir, si vous n'avez pas le temps d'attendre la page de garde et les additifs, envoyez-nous les livres sans reliure.
D) Nous vous avons envoyé le Torat 'Haïm et le Pirouch Hamilot de l'Admour Haémtsahi, dont vous avez sûrement commencé l'impression. Je vous demande encore une fois de me faire savoir quels livres et quelles impressions vous possédez en bonnes conditions, parmi la liste qui était jointe à ma première lettre, afin que nous n'ayons pas à les rechercher ici. Je souhaite, en particulier, disposer de l'édition du Torah Or, publiée à Jitomir, en 5622(7).
E) Des articles pour le jeune juif(8) vous ont été adressés, comme vous l'avez demandé. Nous vous enverrons également ce qui sera publié en anglais à l'avenir. Il serait bon que tous les élèves du Talmud Torah deviennent des abonnés aux Conversations avec les jeunes, en Yiddish et en anglais. Leur prix sera déduit de ce que vous imprimerez sur place.
F) S'il y a des Juifs, en particulier des jeunes, qui comprennent uniquement la langue du pays, le chinois, il serait bon de traduire, de manière élégante et fidèle, nos publications les plus importantes, selon leurs besoins spirituels, par exemple les brochures sur le Chabbat, les Tefilin, la Torah et Israël, la bibliothèque des fêtes, les proverbes figurant dans le recueil quotidien paru en anglais et peut-être même une partie des causeries et la biographie de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Veuillez me faire connaître immédiatement votre avis sur cette question.
Commentant le verset et Aharon fit ainsi, qui figure dans la Paracha de la semaine(9), nos Sages disent, et Rachi le cite dans son commentaire de la Torah, que l'éloge d'Aharon est ainsi proclamée, qui ne modifia en rien l'Injonction divine(10). Le Likouteï Torah du Ari Zal se demande pourquoi est-ce précisément ici que ce fait est souligné. En fait, il semble qu'il y ait bien eu ici une modification.
Dieu avait dit à Moché: Les sept lumières éclaireront face au chandelier dès le début de leur allumage. Et il est rapporté que Aharon éleva la flamme des lumières face au chandelier, lorsque cette flamme brillait déjà. La Torah établit donc que Aharon n'introduisit aucune modification et se trouvait bien, dès le début de l'allumage, face au chandelier. Elle précise, en outre, qu'il se trouvait encore là lorsque la flamme s'était déjà élevée. Cette précision est, bien sûr, toute à son éloge. C'est ce qu'explique le Ari Zal.
La 'Hassidout donne, à ce propos, l'explication suivante. Le sommet du service de Dieu est l'amour que l'on éprouve envers Lui et le Cohen est précisément un homme de bonté et d'amour. Or, au début de ce service, il est encore aisé de se trouver face au chandelier, de percevoir la dimension profonde des Mitsvot. Lorsque la flamme s'élève, en revanche, on ressent un immense attrait pour la Divinité et l'on découvre différentes manières de l'exprimer. On peut alors se tromper et mal agir, confondre sa propre idée avec le sens de la Mitsva. Il est alors nécessaire d'être très prudent, profondément soumis.
Telle est donc l'éloge d'Aharon qui insuffle un immense amour de Dieu aux âmes juives, de sorte qu'aucune modification ne soit concevable.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(11)
Notes
(1) Voir, à ce propos, la lettre n° 227. (2) Voir, à ce propos, la lettre précédente. (3) Dollars. (4) Qui a été imprimé à Shanghaï. Il en est de même pour les livres dont il est question par la suite. (5) Du Tséma'h Tsédek. (6) Additif hala'hique du Sidour. (7) 1862. (8) L'organe de l'association de la jeunesse juive de Shanghaï. (9) Celle de Beaalote'ha. (10) Ce qui s'applique également à ce qui a été dit auparavant dans cette lettre. (11) Des éditions Kehot.
Lettre n°233
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°233, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Vendredi 22 Sivan 5706,
Brooklyn,
Au grand Rav, 'Hassid érudit, qui craint Dieu,
le Rav D.Shapiro(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre.
J'ai bien reçu votre livre, le tome 1 des responsa Bneï Tsion et je vous remercie de me l'avoir offert. J'y ai trouvé, avec satisfaction, une analyse liée à l'astronomie, reprenant les propos de nos Sages sur le décompte des années. Très peu d'auteurs commentent cette partie de notre Torah et ceux qui possèdent des connaissances en la matière sont bien peu nombreux. Or, nos Sages disent, au traité Chabbat 75a, que il est une Mitsva pour l'homme (et non pour le tribunal) d'établir le compte des saisons et des influences astrales. On consultera, à ce propos, le Sefer Mitsvot Gadol, Injonction 47 et le Sefer Hamitsvot du Rambam, second principe(2). Nos Sages conseillent, en outre, de tenir à l'écart celui qui est capable de faire ces calculs astronomiques et s'en abstient. Ils lui appliquent les termes du verset: Ils ne prêtent pas attention aux réalisations de Dieu.
Le livre que vous avez adressé à mon beau-père, le Rabbi Chlita, lui est bien parvenu en son temps, de même que la liste des participants à l'écriture du Séfer Torah, parmi lesquels vous figuriez avec les membres de votre famille. En revanche, je ne sais rien de la lettre que vous avez écrite à mon beau-père, le Rabbi Chlita, il y a deux ans, ce laps de temps étant important.
Je voudrais formuler deux ou trois remarques sur votre livre, que j'ai consulté rapidement, conformément au principe énoncé par nos Sages selon lequel on peut acquérir de nouvelles notions précisément en s'interrogeant sur l'enseignement que l'on reçoit. Je citerai des passages sur lesquels on peut s'interroger, à mon humble avis.
J'ai choisi ce qui est le plus surprenant dans votre livre, c'est-à-dire le recueil sur la lumière des sept jours, dont votre père est l'auteur:
A) A la page 26d, vous comparez les trois avis sur ce que sera la lumière du soleil, dans le monde futur, sept fois, quarante neuf fois ou trois cent quarante trois fois plus forte, en vous basant sur les propos de nos Sages, figurant dans le Midrach Béréchit Rabba 10, 4, selon lesquels la révolution du soleil, avant la faute d'Adam, le premier homme, était beaucoup plus courte.
A l'époque, le soleil était sept fois plus proche de la terre. Son diamètre semblait donc sept fois plus grand et sa surface, quarante neuf fois plus importante. L'influence émanant de la planète soleil était alors trois cent quarante trois fois plus intense.
Ce que vous dites pour les sept et quarante neuf fois est exact. En revanche, ce que vous avancez pour les trois cent quarante trois fois n'est pas compréhensible, car, concrètement, la taille du soleil n'a pas été modifiée et seule la distance entre cette planète et la lune a été sept fois diminuée. L'influence du soleil perçue sur la surface de la terre était donc accrue uniquement de quarante neuf fois.
Je citerai un exemple. Un champ magnétique dépend de la taille de l'aimant et de celle de l'objet qu'il attire. Malgré cela, si leur taille n'est pas modifiée mais la distance qui les sépare divisée par sept, la force de ce champ magnétique sera multipliée par quarante neuf et non par trois cent quarante trois. Cela est établi et vous le rappelez vous-même dans votre livre, à la page 73.
On ne peut donc comparer les trois conceptions, de la manière dont vous le faites, qu'en admettant une modification de la taille du soleil, en l'occurrence une multiplication par sept de son diamètre et donc, par quarante neuf, de sa surface. L'influence que le soleil accorde serait ainsi elle-même multipliée par trois cent quarante trois.
Certes, l'intensité de la lumière dépend uniquement de la surface éclairée et non de son épaisseur ou de sa quantité. Mais, il peut aussi en être autrement. Ainsi, une pièce de métal éclaire lorsqu'elle est chauffée au rouge. Sa chaleur dépend, bien évidemment, de sa taille et non de sa
surface. Bien plus, pour l'heure, nous ne savons pas comment éclaire le soleil, selon le traité Chabbat 39a, le Yerouchalmi Roch Hachana 2, 4 et le Rambam, dans ses lois des fondements de la Torah 2, 3.
B) A la page 28c, vous commentez brièvement et hâtivement une explication de nos Sages. Selon les astronomes, sur les connaissances desquels vous vous appuyez pour rédiger ce paragraphe, vous dites que, si la distance entre le soleil et la terre était réduite sept fois, le temps de la révolution solaire, serait diminué environ dix huit fois et demie, mais non quarante neuf fois, comme vous l'écrivez, car la durée de cette révolution ne dépend pas uniquement de la force de pesanteur et n'est pas modifiée par la distance.
Vous citez, dans votre livre, le Mehalé'h Hako'havim, un livre que je n'ai pas vu, mais qui doit sûrement développer une même analyse. Et, le Midrach Rabba, précédemment cité, aurait effectivement dû nous rapporter tout cela, car tous ne le savent pas. Vous consulterez, à ce propos, le Rambam, lois des serments, à la fin du cinquième chapitre. De fait, cette loi est connue depuis trois cents ans seulement.
Je formulerais une autre remarque sur ce même paragraphe. D'après le début de votre propos et les preuves que vous citez, on peut comprendre que le soleil tournerait, selon vous, trois cent quarante trois fois plus vite et qu'en outre, le chemin qu'il parcourt serait diminué sept fois. Or, le but de votre livre est de démontrer uniquement que sa révolution est diminuée de trois cent quarante trois fois.
C) A la page 31d, vous commentez, selon votre conception, la Boraïta de Chmouel, énoncée au début du sixième chapitre, à la référence précédemment citée. Vous dites que: le soleil fut créé sous l'astre du lion, à quinze degrés et la lune, sous l'astre du cancer, à quinze degrés.
Selon vous, la Boraïta dit que la lune apparut à vingt jours et quatre cent huit degrés(3), alors que le mouvement des luminaires commença à quinze jours. Dans le laps de temps, les luminaires parcoururent une distance pour laquelle il leur faut actuellement environ soixante dix sept jours. Pendant sept jours, la lune fut blâmée et il en reste donc soixante dix.
Cette interprétation semble juste car, si l'on admet qu'à vingt jours et quatre cent huit degrés, le soleil était, à vingt trois degrés, dans l'astre de la balance, il devait être, à quinze jours, dans l'astre du lion, à quinze degrés. Voici, en revanche, les difficultés que cette affirmation soulève:
1. Le blâme fut prononcé après l'accusation de la lune(4), qui intervint à vingt jours et quatre cent huit degrés, selon le Targoum de Yonathan Ben Ouzyel, c'est-à-dire après que les luminaires aient déjà parcouru une distance pour laquelle sont nécessaires soixante dix sept jours.
2. Si, à quinze jours, le soleil était, à quinze degrés, dans l'astre du lion et la lune, à quinze degrés, dans l'astre du cancer, lorsque ces deux planètes parcoururent une distance pour laquelle soixante dix jours sont actuellement nécessaires et compte tenu de la révolution de l'une et de l'autre, comme l'explique la Boraïta rapportée par le cinquième chapitre de la référence précédemment citée, la distance du soleil et de la lune aurait dû être d'environ cent trente degrés(5). L'apparition de la nouvelle lune aurait donc été impossible.
Quelques autres remarques pourraient être formulées, mais le cadre de cette lettre ne permet pas une analyse plus approfondie.
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Le Midrach Chemot Rabba 30, 12, rapporte l'affirmation d'Ekilès à Adrien, proclamant la qualité d'Israël, selon laquelle, le Juif le plus humble sait combien de temps s'est écoulé depuis la création du monde, malgré les différents avis qui sont énoncés à propos du décompte des années. Vous vous interrogez, à ce propos, dans votre livre et l'on peut donc donner l'explication suivante.
Les nations du monde n'ont pas accès à cette connaissance ou n'en possèdent que des rudiments, lesquels varient pourtant d'une extrême à l'autre, comme c'est encore le cas, à l'heure actuelle. A l'opposé, le Juif le plus humble possède, dans ce domaine, des connaissances précises et non uniquement des rudiments. Et, bien qu'un doute subsiste à propos de deux ou trois ans, ceci n'est nullement comparable à l'imprécision qui existe dans les autres nations.
On peut considérer que quatre temps sont à retenir pour décompter les nouvelles lunes et les années, comme vous l'indiquez dans votre livre. Ce qui sera développé plus loin permettra, en outre, de définir un cinquième temps. Ce sont, dans l'ordre, vingt jours et quatre cent huit degrés(6), deux jours cinq heures et deux cent quatre degrés(7), six jours et quatorze heures, trois jours et vingt deux heures, huit cent soixante seize heures(8).
Il est clair que nous ne pouvons faire converger tous les avis développés par les Sages des dernières générations. A l'opposé, si nous considérons les explications données par les Sages des premières générations, nous pouvons expliquer les différences qui existent entre elles en rappelant que le décompte des années peut commencer à partir de quatre dates, depuis Roch Hachana(9), lorsque fut créé Adam, le premier homme, à partir de l'année précédente, lorsque le monde fut créé(10), à partir de l'année suivant celle de la création d'Adam, qui fut la première année entière puisque quelques heures manquèrent à la première, comme l'explique le Rambam, dans ses lois de la sanctification du mois, 6, 8. De plus, une année de différence doit être introduite, selon que l'on considère que le soleil et la lune fonctionnèrent, ou furent suspendus, pendant le déluge, comme l'expliquent différents livres qui définissent les principes astronomiques. Vous consulterez également l'explication de nos derniers Sages sur le chapitre 67 du 'Hochen Michpat et la fin du commentaire de la Boraïta de Chmouel, par le Rav A.L. Lipkin.
Toute discussion sur le compte des années et la prévision de la nouvelle lune est basée sur cela. En revanche, tous les avis convergent sur le temps qui s'est écoulé depuis la création du monde. C'est précisément pour cela que Ekilès pouvait dire: Le Juif le plus humble sait combien de temps s'est écoulé depuis la création du monde.
Mais, je disais plus haut que l'on peut retenir un cinquième temps, pour comprendre la Boraïta de Chmouel, énoncée au début du sixième chapitre, à la référence précédemment indiquée, en se basant sur l'explication des Tossafot, sur le traité Roch Hachana 8a. Ceux-ci indiquent comme temps six jours et quatorze heures, puis ils mentionnent, à l'appui de leurs dires, les propos de nos Sages, au traité Sanhédrin 38b, selon lesquels Adam reçut, à la neuvième heure, l'ordre de ne pas consommer le fruit et, à la dixième heure, il commit la faute. Selon un autre avis, il le fit au milieu de la journée, comme l'indique le Séder Hadorot, se basant sur la fin du chapitre 18 du Midrach Béréchit Rabba et il reçut donc l'ordre au début de la sixième heure du jour. Le temps a retenir(11) est donc six jours et onze heures.
Ce qui vient d'être dit permet de comprendre la Boraïta de Chmouel, énoncée au début du sixième chapitre, selon laquelle le soleil, lors de la création, était, à quinze degrés, dans l'astre du lion et la lune, à quinze degrés, dans l'astre du cancer. Cette Boraïta conclut: Ainsi, le cycle lunaire, au début de la création des deux luminaires, fut de deux jours un quart(12). Le parcours du soleil fut deux degrés un quart.
En conséquence, deux jours et onze heures étaient encore nécessaires jusqu'à la nouvelle lune(13), car, selon la Boraïta, le mouvement des luminaires commença la veille du quatrième jour. La nouvelle lune apparut donc le sixième jour, à onze heures, ce qui confirme les propos de nos Sages précédemment cités.
Selon la formulation de la fin de cette Boraïta, il s'agit donc bien ici de la première apparition de la nouvelle lune. En revanche, selon votre développement, on peut se demander ce que ce texte nous enseigne, puisque l'on ne tient pas compte de cette nouvelle lune, mais de celle qui intervient deux ou trois cycles plus tard. De même, la durée de ce cycle n'était vraisemblablement pas de deux jours, mais fut trois cent quarante trois fois plus rapide, comme on peut le comprendre aisément.
Le onzième chapitre des Pirkeï de Rabbi Eliézer dit qu'Adam reçut l'Injonction divine à la huitième heure, ce qui introduit un sixième temps(11), six jours et treize heures, que je n'ai vu, pour l'heure, mentionné par personne, alors que le temps de six jours et onze heures découle, à l'évidence de la Boraïta de Chmouel.
Le Yearot Devach cite aussi la Boraïta selon laquelle les luminaires furent créés le 15 Av et explique que c'est leur emplacement qui fit alors son apparition, l'astre du 15 Av étant le lion. Il justifie ainsi l'affirmation de la Boraïta, selon laquelle le soleil fut créé dans l'astre du lion, à quinze degrés, comme vous l'indiquez vous-même.
A mon sens, on peut s'interroger, à ce propos. Une telle interprétation est-elle réellement nécessaire? Bien plus, ne risque-t-elle pas d'induire en erreur et de prêter à penser qu'il s'agit ici réellement du temps, alors que le Yearot Devach parle uniquement de l'emplacement de la création des luminaires?
Vous n'ignorez sans doute pas que, selon le Yearot Devach, la nouvelle lune apparut le sixième jour, à la vingt et unième heure. Or, je n'ai vu personne d'autre qui partage cet avis avec lui. De plus, il cite comme temps(11), au quinzième discours, six jours et quatorze heures.
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D) A la page 38c, vous expliquez les propos de l'Admour Hazaken, dans son Choul'han Arou'h, concernant les boissons qui ont versées(14), en affirmant que celles-ci l'ont été pour être bues, mais non qu'elles ont été coupées d'eau(15), comme on le comprend généralement(16).
Selon cette interprétation, on peut se demander pourquoi l'Admour Hazaken précise que ceci s'applique également à l'eau elle-même et quel est le sens de l'expression elle-même. De plus, l'Admour Hazaken précise très clairement son avis, puisqu'il dit: On ne peut boire des liquides qui ont passé la nuit, après qu'ils aient été coupés d'eau.
Du reste, l'expression ceci s'applique également à l'eau elle-même se trouve entre parenthèses et l'on sait que l'Admour Hazaken notait ainsi ce qui ne lui paraissait pas certain. Il désirait donc revenir sur le contenu de ce chapitre, pour en vérifier l'exactitude, comme le fait remarquer le Chéérit Yehouda, cité par le Chaar Hacollel.
Je suis convaincu que vous ne m'en voudrez pas pour ces quelques remarques, qui ne remettront pas en cause nos bonnes relations.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
Rav Mena'hem Schneerson,
Directeur du comité exécutif(17)
La 'Hassidout donne deux explications de l'affirmation suivante: La lumière de la lune sera comme celle du soleil et celle du soleil comme celle des sept jours(18): 1. Dans le monde futur, la lumière de la lune sera aussi intense que celle du soleil. 2. A l'époque du Machia'h, la lumière du soleil sera uniquement le septuple de celle de la lune, comme le dit le Talmud.
De même, il y a aussi deux explications sur les sept jours dont il est ici question, le cycle hebdomadaire actuel ou les sept jours de la création. Le Likouteï Torah et les discours 'hassidiques de 5666(19) expliquent tout cela.
Ces explications permettent peut-être de comprendre les trois interprétations de l'expression au septuple, sept fois, quarante neuf fois ou trois cent quarante trois fois.
J'ai également constaté que vous citez, à la fin de votre introduction, le grand Rav et 'Hassid, Rabbi Barou'h Morde'haï de Babroysk. Certains disent que son nom de famille était Atigna et d'autres, Atigner. Avez-vous des précisions à ce propos?
Vous avez sans doute vu le Kountrass Bikour Chicago, recueil de causeries de mon beau-père, le Rabbi Chlita. Sa biographie est rappelée dans la seconde causerie. Votre famille dispose-t-elle d'informations supplémentaires, à ce propos, comme la date de sa naissance et celle de son décès? De même, disposez-vous de manuscrits du Rambam et de commentaires dont il est l'auteur?
Notes
(1) Le Rav David Shapiro, de Jérusalem, auteur des responsa Bneï Tsion. (2) Le Rabbi note, en bas de page: J'ai ultérieurement trouvé cette affirmation aussi dans le Tsavaat Yech No'halim. On consultera également le recueil des responsa du Rambam, paragraphe 61. (3) Du cycle lunaire. Voir, à ce propos, le Rambam, lois de la sanctification du mois, chapitre 6. (4) Qui, après avoir été créée à l'identique du soleil, constata que deux rois ne peuvent faire usage de la même couronne. On lui répondit donc: Diminue ta circonférence. (5) Le différentiel de vitesse, entre le soleil et la lune, est, chaque jour, de 12° 11' 27. Au bout de soixante dix jours, il est donc de 133° 21,5'. Lors de la création, 30° les séparaient. Au bout de soixante dix jours, il y avait donc entre eux 103° 21,5'. (6) Précédemment défini. (7) Qui est le temps de la première lune nouvelle, lors de la création, date à partir de laquelle commence le décompte calendaire et donc le premier cycle de celui-ci. Ce à quoi cette date correspond, de même que les suivantes, sera défini, par la suite, dans le texte. (8) Et huit jours qui sont le décalage total entre le cycle lunaire et le cycle solaire. (9) Soit le sixième jour de la création. (10) Depuis le premier jour de la création. (11) Pour le décompte des années. (12) Le cycle lunaire est de 13° 10' 35. La lune, en deux jours un quart et trente minutes, parcourt donc 30°. Pendant ce temps, le soleil parcourt 2 degrés un quart, puisque son cycle journalier est 59' 8. (13) Selon le compte qui vient d'être établi, la différence journalière, entre les cycles lunaire et solaire, est de 12° 11' 27. Ainsi, 30° divisés par ce chiffre font 2,46, c'est-à-dire deux jours onze heures et deux minutes et demie. (14) La loi dont il est ici question sera citée in extenso plus loin. (15) Voir, à ce propos, la lettre suivante. (16) Mazoug signifie à la fois versé et coupé. (17) Des éditions Kehot. (18) Qui figure dans la bénédiction de la lune. (19) 1906, du Rabbi Rachab.
Lettre n°234
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°234, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Mercredi 27 Sivan 5706,
Brooklyn,
Au grand Rav, 'Hassid qui craint Dieu, érudit, recteur de la
Yechiva, le Rav M.A. L. Shapiro(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 13 Nissan:
A) Vous vous interrogez sur ce que j'ai écrit, dans le troisième numéro du Kovets Loubavitch(2), à propos de la différence entre la soumission à Dieu de tous les hommes et celle des Patriarches. J'ai noté, à ce propos, deux différences qui, bien sûr, sont liées: 1. Les Patriarches furent soumis à Dieu chaque jour de leur vie. 2. Leur soumission se marqua dans chaque membre de leur corps. On ne peut en dire de même pour tous les autres hommes.
Vous définissez une troisième différence et considérez que les Patriarches possédaient, en outre, la perception du Divin. Vous voulez sûrement dire qu'ils comprenaient Sa grandeur et la manière dont Il dépasse notre entendement, ce qui n'est pas le cas chez tous les autres hommes, même si le Likouteï Torah permet de s'interroger, à ce propos.
Vous vous basez sur le chapitre 34 du Tanya, selon lequel l'homme doit se dire que son intellect et la source de son âme sont trop réduits pour qu'il soit parfaitement soumis à Dieu, devienne le Sanctuaire de son unité avec une vérité parfaite et vous en déduisez que la soumission parfaite est une démarche intellectuelle.
Vous avancez que percevoir la grandeur de Dieu est partie intégrante de l'effort consistant à se soumettre pleinement à Lui. On peut soulever, à ce propos, plusieurs objections: 1. L'image précédemment énoncée ne décrit nullement cette idée. 2. Dans le Tanya, aux chapitres 20 et 39, dans Igueret Hakodech 25 et dans plusieurs autres discours 'hassidiques, la soumission des Patriarches est définie sans aucune référence à cette notion, bien que tous les autres aspects soient effectivement mentionnés. 3. Les chapitres 34 et 46 évoquent la soumission des Patriarches à propos d'une autre idée, mais non pour ce qui concerne leur service de Dieu.
Il me semble donc nécessaire de faire une distinction entre la cause et l'effet. Ainsi, la charrette est soumise au cocher et, de cette manière, elle présente une qualité qu'il n'a pas lui-même puisqu'elle peut le conduire là où il n'est pas capable de se rendre sans elle. Mais, la soumission véritable consiste à ne pas avoir de volonté propre, à offrir à Dieu l'essence de son être, comme l'indique un discours 'hassidique prononcé en 5700, qui présente les Patriarches comme la charrette du Tout Puissant. Néanmoins, une lecture superficielle de ce texte permet de conclure qu'une charrette répond toujours à cette définition et c'est également ce que dit le Biyoureï Zohar, au début de la Parachat Bechala'h.
En ce sens, la soumission décrite par l'image de la charrette ne conduit pas à faire abstraction de sa propre personne. Elle est donc la charrette inférieure, le degré de soumission qu'atteignent les anges appartenant aux catégories des Serafim, 'Hayot et Ofanim(3). Mais, il y a aussi la charrette supérieure, la soumission qui fait totalement abstraction de la personnalité, le niveau des Patriarches, dont les âmes étaient issues du monde spirituel d'Atsilout(4).
De même, le membre du corps physique qui accomplit la Mitsva est soumis à Dieu, alors que la Mitsva elle-même Lui est unifiée. C'est la qualité des réceptacles du monde spirituel d'Atsilout, que ne possèdent pas les âmes issues de ce monde, comme l'explique Igueret Hakodech 20. Tout cela est précisé dans un discours 'hassidique qui fut prononcé le 24 Tévet 5613(5).
Comment accéder à cette forme du service de Dieu? Certes, par la source de son âme, qui définit les capacités de l'intellect et de la perception.
On peut ainsi comprendre pourquoi tout cela n'apparaît pas dans l'image précédemment citée, qui décrit la forme spécifique du service de Dieu à laquelle correspond l'idée de la charrette et non le moyen d'y parvenir. En ce sens, aucune raison spécifique n'est nécessaire pour parvenir à une telle forme de soumission, puisqu'il s'agit uniquement d'une démarche naturelle(6). Cela n'est pas le cas pour les autres hommes, comme l'affirme le Likouteï Torah.
C'est pour la même raison que l'on ne trouve aucune allusion à tout cela dans les textes décrivant la forme du service de Dieu qui est qualifiée de charrette. En effet, il n'y a là qu'une cause, qu'une motivation au service de Dieu.
Il faut, toutefois, citer une exception, en l'occurrence le chapitre 34 du Tanya, selon lequel un homme ne doit pas se désespérer s'il n'est pas parvenu à la soumission à Dieu décrite par le chapitre 33, c'est-à-dire au niveau de la charrette et qui précise ce qu'il doit faire, en pareil cas. Ce texte précise que l'on ne peut accéder à une telle forme du service de Dieu si l'on n'a pas auparavant réalisé tous les préparatifs nécessaires, ce qui est impossible pour l'homme dont l'intellect et la source de l'âme sont trop réduits.
C'est ainsi que les enfants d'Israël furent incapables de supporter la révélation du Sinaï. Ils bâtirent donc un Sanctuaire pour Dieu(7). De la même manière, celui qui est dans cette situation doit fixer un temps pour étudier la Torah.
Il en est de même pour le chapitre 46 du Tanya, qui se demande comment l'on peut dire votre Dieu, au même titre que l'on dit Dieu d'Avraham, cette formulation incluant également les ignorants et les personnes incultes.
B) Vous vous interrogez sur ce que dit l'Admour Hazaken, à la fin du chapitre 7 des lois sur la préservation du corps: On ne peut boire des liquides coupés d'eau, dès lors qu'ils ont passé la nuit dans un ustensile métallique. (Bien entendu, ceci s'applique également à l'eau elle-même, lorsqu'elle passe la nuit dans un ustensile métallique)(8).
Vous faites remarquer que: 1. dans la ville sainte où vous résidez, il est impossible de respecter ce principe, car l'eau qui se trouve dans les cours passe la nuit dans des ustensiles de fer, 2. plusieurs passages du Talmud permettent de soulever une objection contre ce principe.
Mon beau-père, le Rabbi Chlita, ne m'a jamais rien dit, à ce propos.
Conformément à votre demande, je formulerai mon avis, en la matière:
a) Vous tentez de justifier la pratique de la ville sainte en proposant une interprétation nouvelle des paroles de l'Admour Hazaken, considérant qu'il ne serait pas interdit de boire de l'eau ayant passé la nuit dans un ustensile métallique et que ce principe doit être replacé dans le contexte du paragraphe précédent, qui parlait de liquides coupés d'eau. L'Admour Hazaken précise ici que, si l'eau a été placée dans un ustensile métallique, puis a servi à couper d'autres liquides et a passé la nuit ainsi, elle est, a fortiori, interdite.
On peut, à mon sens, s'interroger sur cette interprétation: 1. Elle conduirait à dire que les paroles de l'Admour Hazaken ne sont nullement explicites. Or, ce paragraphe a pour but d'exposer sa conception et c'est pour cela qu'il ajoute plusieurs termes ne figurant pas dans le texte talmudique qu'il cite. 2. Il aurait pu dire: Il est inutile de préciser que l'eau elle-même, si elle passe la nuit dans un ustensile métallique. Car sa formulation semble indiquer qu'il s'agit bien de l'eau(9). 3. Sur quelle base l'Admour Hazaken introduirait-il une idée aussi nouvelle? Car, le Talmud ne parle pas du tout de l'eau, dans ce contexte.
Il faut en conclure que l'eau est, selon l'Admour Hazaken, susceptible, plus que tout autre liquide, de s'imprégner d'un esprit impur. C'est pour cela que les interdits énoncés au paragraphe 4 de la même référence concernent uniquement l'eau. En conséquence, les liquides coupés sont interdits du fait de l'eau qu'ils contiennent. Il est donc absolument évident que l'eau elle-même, ayant passé la nuit dans un ustensile métallique, est interdite.
Dans ses responsa Bneï Tsion, le Rav D.Shapiro, de Jérusalem(10) interprète les propos de l'Admour Hazaken en en limitant l'application à l'eau ou au liquide destinés à la boisson. Il n'envisage nullement qu'il puisse s'agir de liquides coupés. Vous consulterez son développement.
Ainsi, cette interprétation, par elle-même, suscite l'interrogation. Mais, bien plus, l'Admour Hazaken lui-même a précisé ce qu'il voulait dire, en parlant de liquides coupés d'eau et en précisant que ceci s'applique également à l'eau. On ne peut donc comprendre cette expression qu'à son sens littéral, comme prononçant une interdiction sur l'eau elle-même, sans aucune référence au Talmud.
C'est pour cela que l'affirmation relative à l'eau figure entre parenthèses, ce qui indique que l'Admour Hazaken avait un doute, à ce sujet, comme l'explique le Chéérit Yehouda, cité au début du Chaar Hacollel. Et la question que se pose l'Admour Hazaken est, en l'occurrence, la suivante. Peut-on, en la matière, adopter un raisonnement a fortiori?
Pour ma part, je justifierai la pratique de la ville sainte de Jérusalem en disant que l'eau est interdite uniquement lorsqu'elle passe la nuit dans un ustensile métallique, c'est-à-dire un ustensile mobile, comme ceux que l'on utilise partout. A l'opposé, si celui-ci est attaché à un édifice ou au sol, il n'est plus, de différents points de vue, considéré comme un ustensile. Pour ce qui de leur imprégnation par un esprit d'impureté, point n'est besoin d'imaginer que ce soit effectivement le cas et l'on peut se contenter de ce qui est expressément interdit.
Mais, en réalité, je ne sais pas si toute cette analyse est réellement nécessaire. Car, on peut se contenter de dire que la protection de Dieu est acquise, dès lors que de nombreuses personnes sont en cause, comme le soulignent nos Sages, au traité Chabbat 129b et dans les références données par les responsa du Tséma'h Tsédek. Bien plus, ces références font allusion à un danger naturel et Dieu doit donc accorder Sa protection, tant que perdure ce danger. En l'occurrence, par contre, il s'agit d'un danger surnaturel et, dès lors que de nombreuses personnes sont en cause, il doit disparaître complètement.
Un érudit de la Torah peut donc s'en remettre à cela, même s'il entend se passer de la protection divine, selon les avis en ce sens mentionnés par le Tséma'h Tsédek, dans ses responsa.
On peut trouver une allusion au fait qu'il est possible de faire disparaître une telle situation, et non d'être uniquement protégé du danger, dans le Yerouchalmi, à la fin du traité Péa, qui condamne la concurrence déloyale, ce qui implique que l'un n'empiète pas sur le domaine de l'autre(11).
Une autre preuve est citée par le traité Pessa'him 111b et rapportée par le Choul'han Arou'h de l'Admour Hazaken. Il est dit, en effet, que suspendre du pain rend pauvre. Mais, cela n'est pas vrai pour de la viande et du poisson, puisqu'une telle pratique est courante.
Néanmoins, il n'y a pas là une preuve probante, car la pauvreté ne vient pas, en pareil cas, parce que le pain a été suspendu en l'air, mais parce que cette pratique est humiliante pour lui. Le traité Bera'hot 24a établit que le fait de suspendre le pain est une infamie, ce qui n'est pas le cas pour la viande et le poisson puisqu'il est habituel de le faire. Tout cela ne concerne donc pas notre propos.
Certes, nos Sages, au traité Avoda Zara 30a s'interrogent effectivement sur la conduite à adopter en cas de danger, mais mon propos est uniquement de justifier une coutume qui est instaurée depuis longtemps(12).
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b) Vous basant sur le Over Ora'h, livre que je n'ai moi-même pas vu, vous vous interrogez sur l'affirmation de l'Admour Hazaken, à partir du traité 'Houlin 55b, qui parle des taches noires sur le poumon(13). Vous constatez, à juste titre, que l'on peut déverser cette eau par la suite, d'autant que le poumon y a trempé pendant vingt quatre heures.
En revanche, votre seconde explication, selon laquelle un objet ne peut se trouver sous l'emprise de l'esprit d'impureté, dès lors qu'il est plongé dans l'eau me parait plus contestable. Si c'était le cas, pourquoi cela n'aurait-il pas été dit clairement? En effet, le traité Baba Metsya 29b, dans un cas similaire, l'établit clairement. L'Admour Hazaken le cite dans son Choul'han Arou'h et ne permet que ce que l'on trempe habituellement dans l'eau, de cette manière.
Vous citez aussi le Choul'han Arou'h Ora'h 'Haïm, chapitre 455, qui permet, lorsque l'on ne peut faire autrement, de prendre de l'eau qui a passé la nuit dans un ustensile métallique.
En réalité, aucune référence ne permet d'utiliser l'eau, en pareil cas. En outre, il est, a priori, interdit de puiser, c'est-à-dire de recueillir de l'eau dans un ustensile métallique. Si l'on ne peut faire autrement, néanmoins, il a été permis de le faire. Par contre, il ne s'agit nullement ici d'eau qui a passé la nuit dans cet ustensile métallique.
Certes, l'Admour Hazaken, dans son Choul'han Arou'h, permet cette eau lorsqu'elle a passé de nombreux jours dans l'ustensile, mais il fait abstraction des nuits et il ne le précise pas clairement, car il parle ici de la préservation du corps et non de l'eau qui passe la nuit dans un ustensile. De même, dans les lois de Pessa'h, il ne répète pas la nécessité de ne pas laisser l'eau dans un ustensile pendant toute la nuit. Mais, cette explication n'est pas pleinement satisfaisante.
Peut-être le Talmud parle-t-il, à cette référence, de ceux qui boivent un liquide coupé avec de l'eau. Une telle interdiction n'est pas naturelle, à la différence de celle qui est faite de l'eau qui est restée découverte(14). Nous devons donc nous en tenir à cette idée nouvelle, l'interdiction de boire ce liquide, qui ne s'applique pas lorsque l'eau est mélangée à la pâte, car il est alors impossible de la boire.
En tout état de cause, on ne peut rapprocher deux situations qui ne sont pas comparables. Ainsi, il n'est pas interdit de faire usage de cette eau, comme c'est le cas pour celle qui a servi à se laver les mains, le matin.
Le fait que l'interdiction portant sur un liquide coupé d'eau concerne uniquement la boisson permet de répondre à la question posée par le traité Soukka 48b. Ce texte dit, en effet, qu'on ne laisse pas, pendant toute une nuit, l'eau des libations dans un tonneau en or, alors que, selon le Yerouchalmi, cette eau doit être apportée par un Juif. Toutefois, pareille affirmation n'apparaît nullement dans le Talmud Babli, d'après les commentaires de Rachi et des Tossafot.
Concernant l'explication du Racham de Brézan, selon laquelle il n'y avait pas d'esprit d'impureté dans le Temple, vous consulterez les responsa Bneï Tsion, précédemment citées, qui formulent plusieurs avis, à propos de cette question.
Avec ma bénédiction de Techouva immédiate, délivrance immédiate,
M. Schneerson,
Directeur du comité de rédaction(15)
Notes
(1) Le Rav Moché Aryé Leïb Shapiro, de Terre Sainte. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°162. (3) Résidant dans les mondes spirituels de Brya, Yetsira et Assya, dans lesquels le mal a fait son apparition et qui, dès lors, conservent la conscience de leur propre existence. (4) Duquel le mal est absent et dans lequel aucun ange ne peut résider. (5) Il s'agit d'un discours 'hassidique du Tséma'h Tsédek qui a été retransmis par Rabbi Hillel de Paritch. Ce passage apparaît dans une seconde version de cette lettre. Dans la première, le Rabbi citait ici quelques autres références et faisait une distinction entre le chapitre 23, qui parle de la soumission à Dieu des membres du corps des Patriarches et le chapitre 39, qui fait référence à leur âme. (6) Pour les Patriarches. (7) Afin de circonscrire cette révélation. (8) Voir, à ce propos, la fin de la lettre précédente. (9) Et non d'un autre liquide coupé avec cette eau. (10) Le Rav David Shapiro, auquel est adressée la lettre précédente. (11) De même, les forces de l'impureté ne pourront s'introduire dans le domaine de l'érudit de la Torah. (12) Celle de boire de l'eau qui a passé la nuit dans les récipients métalliques fixés dans les cours de Jérusalem. (13) Lorsque le poumon d'un animal est asséché, il reste cacher s'il s'agit d'une manifestation naturelle, ne l'est plus, s'il y a eu intervention de l'homme. Pour le déterminer, on laisse ce poumon tremper dans l'eau pendant vingt quatre heures. Il porte alors des taches blanches dans le premier cas, des taches noires dans le second. (14) Et dans laquelle un serpent a donc pu déposer son venin, ce qui est bien une situation naturelle. (15) Du Kovets Loubavitch. Voir, à ce propos, la lettre n°195.
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