Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°2946
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2946, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du dimanche de la Parchat Nitsavim, dans laquelle vous me dites qu’il est important de faire vérifier un couteau par deux Cho’hets(1). Il est certain que c’est une excellente précaution. Néanmoins, tout dépend des Rabbanim et surtout de ceux qui font la Che’hita.
Malheureusement, la situation ne s’améliore que lentement. Certes, rien ne résiste à la volonté, de sorte que les uns et les autres, s’ils le voulaient réellement et s’il faisaient preuve de la détermination nécessaire, obtiendraient qu’il en soit bien ainsi(2).
Vous me faites part, dans votre lettre, de l’argument que l’on vous oppose, le fait que cette double vérification n’existe pas pour ma Che’hita. Tout d’abord, il n’y a pas ici d’abattoir sous surveillance Loubavitch, de sorte que je ne sais pas ce que l’on appelle ma Che’hita. De plus, il ne faut tirer aucune preuve de cela pour alléger la surveillance ou la Hala’ha.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous soyez inscrit et scellé, avec tous les membres de votre famille, pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement à la fois.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Avant de s’en servir pour l’abattage rituel. (2) Que cette vérification soit instituée.
Lettre n°2947
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2947, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue(1),
Je fais réponse à votre lettre du 22 Elloul et j’ai été content d’apprendre que vous continuez à éduquer les enfants juifs dans les valeurs de la sainteté, en rapprochant leur cœur de notre Père Qui se trouve dans les cieux.
Un dicton du Baal Chem Tov(2) permet de comprendre l’importance d’un tel accomplissement. Il dit que l’amour de Dieu pour chaque Juif et chaque Juive est infiniment plus intense que celui de parents âgés pour leur fils unique, né alors qu’ils avaient déjà un âge avancé. On peut en conclure la grandeur du mérite qui est accordé à ceux qui agissent en ce sens.
Vous évoquez votre participation à la Tsédaka. Vous me demandez si vous devez y consacrer une plus grande somme que celle que vous avez donnée jusqu’à maintenant. Vous augmenterez donc de cinquante pour cent la dîme que vous avez prélevée jusqu’à ce jour. Et vous mettrez encore cinquante pour cent de côté, ce qui fixera votre prélèvement au cinquième de vos revenus. Avec ce que vous mettrez de côté, vous achèterez des vêtements et des bijoux pour votre mariage.
Puisse Dieu faire que l’année qui vient vous soit bonne et douce, matériellement et spirituellement à la fois, au sein de tout le peuple d’Israël. Et, vous donnerez de bonnes nouvelles de tout ce qui vous concerne.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrite et scellée pour une bonne année,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°1964.
Lettre n°2948
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2948, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 14 Elloul, de même que la précédente. Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, matériellement et spirituellement à la fois.
Vous me décrivez votre situation actuelle et ce qu’elle a été jusqu’à maintenant. Or, vous connaissez le dicton de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel “ une action est préférable à mille plaintes ”(1) et l’enseignement de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah, selon lequel, à notre époque, il n’y a pas lieu de multiplier les jeûnes. Il interdit même de jeûner, au troisième chapitre d’Iguéret Hatechouva.
Or, en plus de la faiblesse globale de la génération, vous suivez un traitement médical. De plus, même si ces jeûnes étaient justifiés, pourquoi ne pas avoir recours, dans un premier temps, aux autres moyens, plutôt qu’à ce qui affaiblit le corps et donc également la faculté de compréhension, pendant l’étude et la méditation, pendant la prière?
A mon avis, vous devez donc multiplier les mots de la Torah et de la prière. Vous trouverez également un moyen d’agir sur l’éducation des enfants juifs aux valeurs sacrées, en intervenant personnellement(2) ou bien en conduisant d’autres personnes à le faire. Vous aurez également une étude spécifique, qui sera fixée dans le temps et dans votre âme, de la partie profonde de la Torah, qui, de nos jours, a été révélée par la ‘Hassidout. Le Zohar l’appelle(3) “ arbre de vie ”, car le mal n’a aucune emprise sur elle. C’est, en particulier, l’un des moyens de réparer la faute que l’on sait(4), comme l’établissent différents livres.
Et, nos Sages disent que “ à quiconque ajoute(5), on ajoute(6) ”, en particulier de la réussite dans cet accomplissement.
Je vous adresse ma bénédiction pour que votre état de santé s’améliore, matériellement et spirituellement, car ces deux dimensions vont de pair, chez les Juifs, “ peuple unique sur la terre ”, qui révèle l’Unité(7) en tout ce qui le concerne.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) Voir la lettre n°2945. (2) En enseignant. (3) La partie cachée de la Torah. (4) L’émission de semence en pure perte. (5) Des efforts. (6) Des bénédictions. (7) De Dieu.
Lettre n°2949
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2949, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Elloul 5714,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
grand érudit, aux multiples connaissances, ayant
une profonde compréhension, le Rav Reouven(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu la brochure intitulée “ Le Rambam et le Zohar ”, que vous m’avez fait l’honneur de m’adresser. Celle-ci a été rédigée comme vos ouvrages précédents(2) et permet des recoupements, au sein de la Torah(3), liant les ficelles entre elles et attachant les propos de nos Sages afin d’éclairer ceux qui étudient la Torah en leur donnant des références.
Bien plus, vous avez fait le choix du Zohar, qui était réellement délaissé, en la matière(4) et vous poursuivrez donc sûrement dans cette voie. Que Dieu vous accorde la réussite, afin de parer et d’embellir la Torah.
A cette occasion, je soulignerai également quelques points sur une explication que vous donnez dans vos “ Etincelles sur le Zohar ‘Hadach ”, ouvrage qui m’est parvenu, il y a quelques temps et dans lequel on peut observer l’amélioration, par rapport aux “ Etincelles sur le Zohar ”. Vous me ferez l’honneur de m’adresser également les autres livres que vous avez fait paraître, cette année, en dehors du Séfer Ha Bahir et du Zohar ‘Hadach, que je possède déjà, comme je le disais.
Comme à mon habitude, je joins quelques remarques(5) à la présente.
A l’occasion du nouvel an qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse mes vœux afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année et connaissiez la réussite en tous vos accomplissements.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav R.Margolis. Voir, à son sujet, la lettre n°1049. (2) Avec la même qualité. (3) Textuellement “ fournit des poignées à la Torah ”. (4) Dans la recherche de références permettant de le lier à d’autres textes. (5) Ces commentaires du Rabbi ne nous sont pas parvenus.
Lettre n°2950
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2950, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, 24 Elloul 5714, Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav ‘Haïm Dov(1),
Je vous salue et vous bénis,
Pour une certaine raison, je ne vous ai pas accusé réception de votre livre sur l’éducation, paru avec un avant propos explicatif et vous voudrez bien m’en excuser.
Puisse Dieu faire que vous pariez et embellissiez la Torah par de tels accomplissements, en plus de l’action que vous menez auprès de votre communauté, en tant que dirigeant et guide spirituel, afin qu’elle soit à l’image du titre que l’on décernait auparavant, celui de “ sainte communauté ”.
On parvient à cela en introduisant la sainteté dans son existence quotidienne, de manière effective. Nos Sages affirment que Dieu exige uniquement en fonction des forces que les hommes possèdent. Il est donc certain que vous disposez de celles qui vous permettent de mener cette mission à bien.
A l’occasion du nouvel an, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse mes vœux, de même qu’à tous les vôtres, pour que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction,
N. B. : Par marque d’affection, j’ai feuilleté vos notes et vos commentaires et j’ai formulé quelques remarques, que je reproduis plus loin(2).
A cette occasion, je formulerai également une remarque sur l’article que vous consacrez à l’Admour Hazaken auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, dans votre livre en anglais sur les dirigeants du peuple juif. On y trouve, en effet, plusieurs imprécisions. Je suis surpris que vous ne vous soyez pas adressé au bureau, ici, car vous savez sans doute que plusieurs livres sur ‘Habad, son enseignement, son fondateur et ses successeurs ont été édités.
Notes
(1) Le Rav H.D. Shevel. (2) Ces commentaires du Rabbi ne nous sont pas parvenus.
Lettre n°2951
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2951, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Elloul 5714,
Brooklyn
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Aharon(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du jour lumineux du 18 Elloul(2), dans laquelle vous m’annoncez que non seulement la Yechiva et le Talmud Torah de Sfarya(3) ont été maintenus, mais, bien plus, des améliorations ont été apportées.
Puisse Dieu faire que vous développiez, quantitativement et qualitativement, cette sainte institution. C’est ainsi que vous augmenterez vos ressources. En effet, la ‘Hassidout précise la différence entre un membre et un réceptacle. Ce dernier ne fait que contenir ce que l’on y place, alors que le premier attire en lui ce qui doit s’y trouver. Plus le membre est grand et plus cette attirance est forte.
En pareil cas, l’effort est fructueux, même de manière naturelle, car ce qui doit se révéler est déjà prêt, là-haut. Il suffit donc de susciter l’apparence naturelle.
Vous me parlez de trois élèves qui ne conviennent pas, du fait de leur âge et il est donc question de les transférer au Talmud Torah de Lod. En la matière, vous devez tous vous concerter et prendre une décision en fonction des éléments spécifiques à chaque élève.
A l’occasion du nouvel an, puisse Dieu faire que vos actions aient une immense réussite, que votre institution soit conforme à la volonté de nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera.
A l’occasion du nouvel an, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse mes vœux, de même qu’à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction,
N. B. : J’ai bien reçu votre demande de bénédiction.
Notes
(1) Le Rav A.Gopin, directeur du Talmud Torah de Kfar ‘Habad. (2) Date de la naissance du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken. (3) Ancien nom de Kfar ‘Habad.
Lettre n°2952
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2952, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 19 Elloul, avec la demande de bénédiction qui l’accompagnait.
Vous me dites que vous n’êtes pas capable d’éprouver de la joie. Or, la Torah ordonne à chacun de le faire et il en résulte que cela est possible, qu’il suffit de le vouloir.
Vous me dites qu’il n’y a pas de quoi être joyeux. Différents textes du Tanya et d’autres références définissent la méditation qui conduit à la joie véritable. Vous les étudierez comme il convient et ils vous satisferont sûrement. Vous trouverez le moyen d’en appliquer les termes à votre propre personne.
Je vous ai déjà dit qu’un faible état de santé et la tristesse sont dommageables également pour ce qui fait l’objet de votre courrier. Dieu fasse que vous puissiez mettre tout cela en pratique. Ainsi, votre situation s’améliorera, même si elle n’est pas transformée, en une seule fois, d’une extrême à l’autre.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, que vous étudiez la Torah en vous emplissant de crainte de Dieu,
Lettre n°2953
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2953, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Elloul 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yossef(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du premier jour des Seli’hot, avec la demande de bénédiction qui l’accompagnait.
Puisse Dieu vous permettre de réaliser le dicton de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon lequel “ une action est préférable à mille plaintes ”(2). Il est dit que “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec malice envers Ses créatures ” et la divine Providence vous a conduite dans l’endroit où vous vous trouvez actuellement. Vous disposez donc des forces nécessaires à accomplir ce qui vous incombe, afin de bâtir pour Dieu une demeure ici-bas.
La ‘Hassidout explique ce qu’est cette demeure. L’homme qui se trouve chez lui se révèle, dans sa maison, par la quintessence même de son être. On ne peut donc pas se passer de percevoir la Divinité. Certes, il est dit que “ aucune pensée ne peut Te saisir ”. On peut le faire, en revanche, par l’intermédiaire de la Torah et des Mitsvot. Mais, par la suite, il faut emplir les forces de son intellect(3) en comprenant Dieu, en méditant et en s’approfondissant dans cette réflexion.
A l’occasion du nouvel an qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse mes vœux, de même qu’à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction,
N. B. : Vous savez sans doute que le fils d’un des anciens ‘Hassidim réside à Cincinnati. Ce ‘Hassid est mentionné dans plusieurs causeries de mon beau-père, le Rabbi. Son fils s’appelle Mi’haël et il est désigné comme le docteur Wilenski. Son adresse est notée plus bas.
Il possède des manuscrits qu’il souhaite envoyer ici(4), mais cela lui est difficile, pour des raisons de santé. Il serait bon que vous lui rendiez visite, bien entendu après en avoir fixé le moment avec lui. Vous prendrez en charge toutes les démarches, ou bien vous le ferez faire par ceux qui travaillent avec vous. Bien évidemment, je prendrai en charge toutes les dépenses qui en résulteront. Je vous en remercie d’avance.
Notes
(1) Le Rav Y.Goldstein, de Cincinnati. (2) Voir les lettres n°2945 et 2948. (3) Le Rabbi cite ‘Ho’hma, Bina et Daat. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°2880.
Lettre n°2954
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2954, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5714,
Brooklyn, New York,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai bien reçu votre lettre du lundi de la Parchat Nitsavim.
Même si l’on considère qu’une mère n’agit pas comme elle devrait le faire, on doit prendre en compte la peine des parents pour éduquer les enfants. La mère, en particulier, doit les porter, leur donner naissance, s’occuper d’eux, les éduquer.
En conséquence, les enfants peuvent se maîtriser, contenir leurs réactions devant les manques qu’ils constatent chez leurs parents, même s’ils existent réellement et, à fortiori, s’ils sont imaginaires ou exagérés.
Néanmoins, le cerveau n’est pas toujours capable de dominer le cœur et la solution est donc, chaque fois que l’on se trouve avec ses parents, que de tierces personnes, soient également présentes. En pareil cas, on évite, généralement, de se disputer. Ainsi, on peut s’habituer à avoir des rapports calmes et sereins.
Vous me dites que la crainte de Dieu de votre mère est imparfaite. Cela ne concerne en rien ce qui fait l’objet de notre propos. Certes, il faut, dans toute la mesure du possible, exercer sur elle une influence positive, mais vous n’y parviendrez pas de cette façon. Vous ne pourrez le faire que dans le calme.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrite et scellée pour une bonne et douce année, de même que les membres de votre famille,
Lettre n°2955
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2955, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5714,
Brooklyn,
Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Ma’hlouf(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 19 Elloul, à laquelle était jointe la liste des élèves(2) de même que votre demande de bénédiction. Je vous remercie de m’avoir décrit l’organisation des études et la répartition des classes.
Il est sans doute inutile de vous rappeler la décision de notre sainte Torah, Torah de vie, selon laquelle on doit connaître l’élévation dans le domaine de la Sainteté. Vous ne vous contenterez donc pas de la situation actuelle. Vous l’améliorerez, quantitativement et qualitativement, par le nombre des élèves et par le niveau des études.
Bien évidemment, pour avoir plus d’élèves, il faut augmenter le nombre des enseignants, là encore quantitativement et qualitativement, c’est-à-dire par les connaissances de Torah et le niveau de pratique, mais aussi par la profondeur de la compréhension et la meilleure manière d’accomplir les Mitsvot.
Dieu nous demande d’accomplir tout cela et nous en avons donc nécessairement la force. Et, le résultat est à la mesure de l’effort(3).
Que Dieu vous accorde de Le craindre de manière pure, selon votre niveau, afin de renforcer votre pratique des Mitsvot, en général et votre action pédagogique, en particulier. Dieu vous accordera la réussite.
A l’occasion du nouvel an, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, Dieu fasse que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, que vous trouviez le parti qui vous convienne(4), matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav M.Krispin. (2) De l’école Loubavitch de Casablanca, Maroc. (3) Textuellement “ la marque sur le dos du chameau est à la mesure du poids de son fardeau ”. (4) Le Rav Krispin épousa ensuite la fille de Rabbi Israël Abou’hatsera, “ Baba Salé ”.
Lettre n°2956
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2956, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yochoua Chnéor Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 19 Elloul, avec les trois demandes de bénédiction qui l’accompagnaient et qui seront lues, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Vous me dites que la situation de la Yechiva(2) n’est pas encore clarifiée. A mon sens, ce n’est pas exact. Il est établi, depuis un certain temps déjà, que l’enseignement du Baal Chem Tov, avec tout ce qui le concerne, doit se diffuser à l’extérieur. Il est donc impossible qu’il y ait un point du globe, dans lequel se trouvent des Juifs et où cet enseignement ne parvienne pas, précisément comme le voulurent le Baal Chem Tov et ses successeurs, les maîtres de ‘Habad, c’est-à-dire dans son application à l’existence quotidienne, lorsque la Torah et la vie ne forment qu’une seule entité.
Nous avons maintes fois entendu mon beau-père, le Rabbi, dire que nous nous trouvons dans la période du talon du Machia’h, qui “ se trouve derrière notre mur ”, attend uniquement la transformation des éléments les plus infimes(3), qui doivent encore recevoir l’élévation. Il est donc indispensable que l’on étudie la ‘Hassidout également en Australie, non seulement parmi les ‘Hassidim, originaires de Russie, qui se trouvent là-bas, mais également par ceux qui résident dans ce pays, les enfants d’Israël habitant en Australie.
Vous trouverez sûrement les moyens d’obtenir un tel résultat, dans la mesure où il est une nécessité.
Le bâtiment de la Yechiva fait bonne impression et il est sûrement inutile de vous souligner qu’il doit devenir le siège de ‘Habad, c’est-à-dire un lieu de Torah, un lieu de prière, un lieu de réunions ‘hassidiques et d’autres réunions.
Bien évidemment, tout cela ne doit pas déranger les études, mais il y a sûrement assez de place et assez de temps pour que tout cela ait lieu dans ce bâtiment. L’expérience a montré que ces autres activités peuvent également avoir un apport positif pour la Yechiva.
A l’occasion du nouvel an, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse mes vœux, de même qu’à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Le Rav Y.C. Z. Serebrianski. Voir, à son sujet, la lettre n°2681. (2) Loubavitch de Melbourne. Voir, à ce sujet, la lettre n°2650. (3) Textuellement “ des petites fioles ”.
Lettre n°2957
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2957, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
25 Elloul 5714,
Brooklyn, New York,
Au comité des responsables du Talmud Torah de Mexico,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
A la suite de mon précédent courrier, le Rav m’a rendu visite. Je me suis entretenu avec lui et avec les membres de sa famille, mais il semble qu’il n’y ait pas de possibilité qu’il retourne actuellement à Mexico.
La situation actuelle du Talmud Torah fait que vous devez rechercher une solution sur place, afin que cette institution se maintienne et même se développe, conformément aux besoins du moment. En effet, une bonne éducation des enfants juifs est la clé de la perpétuation du peuple d’Israël.
Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite pour raffermir l’éducation basée sur les valeurs sacrées dans votre ville, afin de former une génération droite et bénie de Dieu.
A l’occasion du nouvel an, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse mes vœux, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Avec mes respects et ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée,
Lettre n°2958
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2958, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 du mois de la miséricorde 5714,
Brooklyn, New York,
Je vous salue largement et vous bénis en vous souhaitant tout le bien,
J’ai bien reçu votre précieuse lettre du 6 Mena’hem Av et j’y ai lu, avec peine, que vous étiez soucieux. Je suis convaincu que le Dieu Tout Puissant, Protecteur d’Israël, Qui “ ne dort pas et ne somnole pas ” vous préservera, avec tous les membres de votre famille, en tout endroit où vous vous trouverez, de toute affliction.
Vous avez un grand mérite, car vous protégez les enfants d’Israël, avec la plus grande détermination, des ennuis et des souffrances morales. Dieu, Qui agit “ mesure pour mesure ”, vous accordera donc largement Sa bénédiction, pour renforcer et développer l’éducation basée sur les valeurs sacrées.
Avec mes respects et ma bénédiction pour que vous trouviez le calme de l’esprit et du corps, de même que les membres de votre famille,
Lettre n°2959
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2959, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de l’issue du Chabbat et à la demande de bénédiction. J’ai pris connaissance avec plaisir de vos actions pour diffuser l’enseignement de ‘Habad.
Vous me dites que vous n’avez pas le courage d’intervenir dans d’autres milieux. Vous consulterez le Likouteï Torah, au début de la Parchat Vaykra, qui explique que l’homme, ici-bas, mettant en pratique la Torah et les Mitsvot, est l’émissaire de l’Homme céleste. Il n’y a donc pas de raison qu’il manque de courage, en la matière.
En conséquence, vous avez été nommé conférencier et vous devez donc garder cette fonction. Bien plus, vous vous efforcerez de vous adresser non seulement à ceux qui sont pratiquants, mais aussi, à ceux qui, pour l’heure, ne savent pas encore qu’ils le sont. Encore une fois, vous avez les forces et le courage nécessaires pour les convaincre, de la manière qui convient.
Je suis surpris que vous ne disiez rien des actions de votre épouse pour renforcer et diffuser la pratique juive. Vous compléterez tout cela dans votre prochain courrier.
A l’occasion du nouvel an, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse mes vœux, de même qu’à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°2960
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2960, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 21 Elloul. Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année.
Vous me demandez mon avis sur le fait de se couvrir la tête. Je suis surpris par une telle question, surtout de la manière dont vous la formulez. Vous dites qu’elle porterait une perruque couvrant toute la tête, à l’exception de la largeur de deux doigts qui resterait découverte. Je ne comprends pas qui l’on veut abuser de la sorte, sûrement pas le Tout Puissant, ni même les autres. On ne peut donc que se tromper soi-même et à quoi bon le faire?
Bien évidemment, il n’y a là qu’une réponse tout à fait accessoire, car celle qui est essentielle est clairement exprimée par le Choul’han Arou’h. Il n’y a donc pas lieu de poser des questions ou d’être dans le doute. Je suis sûr, qu’en s’adressant à elle de manière amicale, par approches successives, votre fiancée acceptera votre position, celle qu’il faut avoir, en la matière.
A l’occasion du nouvel an, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, Dieu fasse que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année et que vous vous serviez de votre influence, dans votre entourage, afin que les soldats que vous côtoyez s’engagent dans l’armée de Dieu,
Avec ma bénédiction,
Lettre n°2961
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2961, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai été satisfait de recevoir votre lettre du 21 Elloul, dans laquelle vous évoquez votre situation matérielle. Je vous ai déjà écrit(1) que “ la roue tourne ”. Il n’y a donc nullement lieu de s’affecter. Bien au contraire, la confiance en Dieu et la joie hâteront l’évolution positive, comme l’explique le saint Zohar, tome 2, page 184b.
Vous parlez de votre participation à mes activités communautaires. Celles-ci sont, en fait, les vôtres et celles de tous les participants qui agissent, obtiennent un résultat concret et desquels dépend le mérite du plus grand nombre.
Il vous semble agir uniquement par soumission, sans plaisir. Vois consulterez donc le Rambam, à la fin du second chapitre des lois du divorce(2). Que Dieu vous accorde la réussite en tous ces domaines.
A l’occasion du nouvel an, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse mes vœux, de même qu’à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Voir la lettre n°2902. (2) Selon lequel celui qui met la Mitsva en pratique, même sous la contrainte apparente, exprime, en réalité, sa volonté la plus profonde, celle de se conformer aux Injonctions divines.
Lettre n°2962
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2962, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 4 Elloul, dans laquelle vous me faites part de l’état de santé de votre épouse. Les médecins considèrent qu’elle doit éviter d’avoir un enfant. Vous avez obtenu(1) l’autorisation de faire ce qu’il faut pour cela(2), mais vous préférez vous séparer, d’autant que votre épouse vous le permet et vous me demandez ce que j’en pense.
De manière générale, je n’approuve pas un comportement aussi rigoriste que la séparation. A l’époque actuelle, peu nombreux sont ceux qui peuvent se préserver des pensées ou même de plus que cela encore. Dès lors, comment être sûr que l’étude de la Torah ou la prière seront pures? Dans la plupart des cas, ce que l’on perd est plus important que ce que l’on gagne.
Bien plus, le Tséma’h Tsédek a permis, en pareil cas, l’usage d’un tampon, pendant la relation. Vous consulterez ses responsa, Even Haézer, au chapitre 89(3).
En plus de tout cela, chaque fois qu’une femme donne son accord, en pareil cas, on peut se demander si celui-ci a une valeur. Dans bien des cas, une absence de relation a, en outre, un effet négatif, sur l’état de santé de la femme.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom et celui des membres de votre famille près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que votre santé s’améliore, physiquement et moralement.
Vous étudiez sûrement la ‘Hassidout, que le Zohar appelle “ l’Arbre de vie ” et “ l’âme de la Torah ”.
Dieu fasse que vous m’annonciez de bonnes nouvelles, dans tous ces domaines,
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) D’un Rav. (2) L’usage de contraceptifs. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°1673.
Lettre n°2963
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2963, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jours de Seli’hot 5714,
Brooklyn, New York,
A nos frères et sœurs, les fils et filles d’Israël,
partout où ils se trouvent,
que Dieu leur accorde longue vie,
Je vous salue largement et vous bénis,
La vie, et principalement sa dimension morale, impose, quand une année s’achève et une autre commence l’établissement d’un compte et d’un bilan de l’année écoulée, afin de déterminer comment orienter celui qui commence.
Du point de vue du bilan relatif à la pratique juive, l’un des événements les plus importants de cette année 5714 a été l’évidence encore plus tranchée de l’égarement de certains idéaux et de certains espoirs, sur lesquels les Juifs ne peuvent nullement compter.
Les idéaux, tous ces termes en “ ismes ”, de même que les groupes cherchant à les promouvoir, ont provoqué une cruelle déception chez tous ceux qui plaçaient en eux leur espoir.
L’année 5714 a renforcé la conviction, y compris chez ceux qui se sont éloignés, que la pérennité d’Israël peut être garantie uniquement lorsque l’on s’en tient fermement à la pratique de la Torah, à l’adoption du mode de vie qu’elle préconise.
L’année qui vient de s’écouler a de nouveau fait la preuve que la position de compromis selon laquelle les Juifs doivent s’en tenir à deux ou trois principes fondamentaux, l’un d’entre eux étant la Torah, est un moyen de les détourner de la droite vers la gauche, de les éloigner d’un Judaïsme intègre et entier, d’un Judaïsme de pratique des Mitsvot, dans l’existence quotidienne.
C’est ainsi que les Juifs se sont maintenus depuis qu’ils sont devenus un peuple, lorsqu’ils reçurent la Torah près du mont Sinaï.
Il est une erreur naïve et même condamnable d’imaginer que l’on peut s’acquitter de son obligation avec de belles paroles et de beaux discours, tout en adoptant le même comportement que les non-Juifs, ou bien qu’il suffit de recevoir quelques “ injonctions ” de Judaïsme, en certains jours de l’année ou à quelques moments de la vie.
Le Judaïsme de la Torah et des Mitsvot est un mode de vie que l’on doit adopter et mettre en pratique tout au long du jour. Tout comme un homme en bonne santé conserve son état en permanence et non uniquement de temps en temps, quelques jours par an, un Juif est en bonne santé morale quand il applique la Torah et les Mitsvot au quotidien, tout au long de l’année, en permanence.
Dans sa situation matérielle, un homme refuse tout compromis. Il n’acceptera pas de n’être qu’à moitié en bonne santé, ce qu’à Dieu ne plaise. Or, il en est de même dans la dimension morale. On ne peut pas vivre son Judaïsme à moitié.
Un homme en bonne santé doit évoluer dans un environnement favorable, faire tout ce qui est en son pouvoir pour que celui-ci soit sain. Il en est de même dans le domaine spirituel. Chacun reçoit une mission envers sa famille et son entourage, auprès desquels il doit diffuser la clarté et la chaleur de la Torah et des Mitsvot, répandant ainsi la santé autour de lui.
Puisse Dieu faire que le bilan établi en cette période conduise à prendre une ferme décision, à prendre conscience de la vérité, à comprendre que la Torah de vie concrètement appliquée au quotidien est la seule voie qui s’offre aux Juifs, à titre individuel comme en tant que communauté, non seulement dans le monde futur, mais aussi dans ce monde, afin d’y connaître le bonheur.
Puisse cette décision et son application concrète permettre, et elle le fera sûrement, que chacun et chacune soit inscrit et scellé pour une bonne et douce année.
Mena’hem Schneerson,
Lettre n°2964
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2964, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Veille de Roch Hachana 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Aharon Elyahou(1),
Je vous salue et vous bénis,
Il y a quelques temps que j’ai reçu vos lettres, directement ou par certaines personnes. Vous me dites que vous envisagez d’écrire un livre sur les persécutions subies par les Juifs dans le pays où nous vivions auparavant(2). Vous me demandez ce que j’en pense.
Il m’est difficile de me prononcer, en la matière, sans savoir précisément ce que contiendra ce livre, s’il s’agit d’écrire l’histoire de cette terrible période ou encore si le but est de montrer, aux Juifs religieux en particulier, ce qu’est la sanctification du Nom de Dieu.
En tout état de cause, que votre objectif soit le premier, le second ou d’autres encore, le livre doit comporter des informations précises, les noms, les lieux, les dates. Il faut donc se demander si cela ne met pas en danger les proches de ces personnes, qui sont encore derrière la barrière(3). En effet, on n’a pas de nouvelles sur ce qui se passe là-bas et sur la manière dont on y considère de telles informations. A l’opposé, on peut demander si écrire un livre en se contentant d’un exposé général, sans citer de noms, aura un quelconque intérêt.
Vous me demandez si je possède des éléments pour un tel livre. Il est clair que je ne possède pas d’informations classées. De fait, les écrits et les notes de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, n’ont pas été mis en ordre. Il est à peu près certain que je ne possède aucun élément écrit. Il faut donc recueillir les informations auprès des ‘Hassidim originaires de notre pays, en fonction de ce qu’ils se souviennent. Je n’ai encore trouvé personne qui puisse s’en charger.
Vous savez sans doute qu’un montant relativement important, prélevé sur les remboursements allemands, est consacré à la recherche sur l’histoire contemporaine d’Israël. Néanmoins, il est essentiellement consacré à l’histoire de la Pologne, qui ne présente pas les risques que je citais auparavant.
Il est sûrement possible, en Terre Sainte, d’obtenir des renseignements sur ces subventions, auprès des administrations et des personnes concernées.
Vous dites, au début de votre lettre, que vous avez été un élève de la Yechiva Loubavitch. Or, les propos et les actes des Justes sont éternels et il en est de même pour les forces qu’ils investissent en leurs élèves. Je suis donc surpris que vous ne parliez pas des actions positives que vous réalisez dans le domaine de ‘Habad. Vous connaissez l’exigence et la plainte exprimées par le verset : “ On m’a chargé de garder les vignes, mais je n’ai pas gardé ma propre vigne ”. Ainsi, si l’importance des autres “ vignes ” ne doit pas être négligée, il n’en reste pas moins que “ je n’ai pas gardé ma propre vigne ”. Il y a bien là un manque, qui est une remise en cause, non pas extérieure, mais émanant du profond de l’âme. Puisse Dieu faire que vous m’annonciez bientôt de bonnes nouvelles, à ce sujet.
A l’approche du nouvel an, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse mes vœux, de même qu’à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction,
N. B. : Concernant votre brochure polémique contre celui que vous mentionnez(4), il est clair que l’argumentaire(5) dépend des conditions sur place et des réactions qu’auront les lecteurs. En tout état de cause, l’idée(6) est la suivante :
A) Lorsque l’on parle d’une religion qui existe et non de la création d’une religion nouvelle, il est évident que l’on doit prendre en compte les fondements de sa foi.
B) Il est clair également que seul celui qui est reconnu comme croyant par la religion peut être critique et exprimer un avis.
C) Chacun n’est pas habilité à déterminer qui est croyant et qui ne l’est pas. Seuls les principes et les fondements de la religion qui existent peuvent énoncer une définition.
Il en résulte qu’une telle manière de concevoir(7) la Loi de Moché et d’Israël, qu’un long développement tendant à établir si elle est logique ou non, sont étrangers à notre foi. Si cet homme a l’intention de créer une religion, il ne doit pas tromper les lecteurs et prétendre le contraire.
En expliquant ces points de la manière qui convient, on épargne beaucoup d’encre et de papier.
Notes
(1) Le Rav A.E. Guerchouni, auteur du livre “ Le Judaïsme dans la Russie soviétique ”. (2) En Russie. (3) Le rideau de fer. (4) Et qui est l’auteur d’une critique du Judaïsme. (5) Devant être développé contre lui. (6) Sur laquelle cet argumentaire doit être basé. (7) Celle adoptée par cet homme.
Lettre n°2965
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2965, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Tichri 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Avraham, qui est appelé docteur Goldberg,
Je vous salue et vous bénis,
Après être resté sans nouvelles de vous pendant bien longtemps, j’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 19 Elloul, puis vos salutations, par l’intermédiaire du grand Rav B.E. Gorodetski(1). J’ai appris avec satisfaction, par votre lettre, que vous allez bientôt éditer un livre, le traité Ohalot, avec des commentaires et des notes. Il s’agit sans doute du manuscrit que vous m’avez montré, lorsque vous étiez ici, il y a deux ans.
Vous évoquez l’échange de livres(2), dont vous avez parlé avec le Rav Gorodetski. Ma bibliothèque reçoit des livres, envoyés par les auteurs et les institutions. En effet, les établissements ‘Habad s’en servent dans leur travail. J’en fais de même, dans le mien, pour le plus grand bien de tous. Nombreux sont donc ceux qui souhaitent que se trouvent là les livres et les brochures qu’ils éditent.
Le Rav Gorodetski vous écrira de manière plus précise. Je vous remercie de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour que ceci soit possible(3).
Nous sommes au seuil de l’année, qui vient, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction. Je vous souhaite donc, de même qu’à tous les vôtres, d’être définitivement scellés pour une bonne et douce année, au cours de laquelle vous vous servirez pleinement de vos aptitudes et de votre influence, pour instaurer, dans votre entourage, l’esprit de la ‘Hassidout et de ses pratiques.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav Binyamin Elyahou Gorodetski, directeur du bureau européen d’aide aux réfugiés, à Paris. (2) L’envoi des livres parus aux éditions Kehot en échange de ceux, du Rav Goldberg, qui sont adressés à la bibliothèque du Rabbi. Voir, à ce sujet, les lettres n°1250, 2078, 2213, 2826, 2989, 3026, 3076, 3105 et 3355. (3) Que ces livres figurent effectivement dans la bibliothèque du Rabbi.
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