Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°2966
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2966, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Tichri 5715,
Brooklyn,
A mon proche parent, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
issu d’une illustre famille, le Rav Chmouel Abba(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je viens, aujourd’hui, par la présente, vous remercier et vous annoncer une bonne nouvelle. En effet, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav Binyamin Elyahou Gorodetski, a apporté ici le Séfer Torah(2), deux jours avant Roch Hachana. Au jour de Roch Hachana, j’ai été appelé à sa lecture, afin de dire la Haftara de la fête. Soyez donc rassuré, comme je l’ai été moi-même.
Puisse Dieu faire que chacun d’entre nous procure du plaisir à l’autre et le fasse en bonne santé et dans la joie.
Avec mes remerciements et ma bénédiction, afin que vous soyez définitivement scellé pour une bonne année,
Notes
(1) Le Rav C.A. Shapiro. Voir, à son sujet, les lettres n°2896, 3064 et 3274. (2) Qui appartenait aux deux frères, imprimeurs à Slovita et a été donné au Rabbi. Voir, à ce sujet, les lettres n°2896 et 3064, de même que le Séfer Ye’hideï Segoula, pages 272 à 275.
Lettre n°2967
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2967, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Tichri 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux
besoins communautaire, le Rav Pin’has Todros(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 21 et 22 Elloul, avec ce qui y était joint. Je suis surpris du retard que vous avez apporté à la rédiger. De plus, elle a également été retardée dans son acheminement. Je vous remercie encore une fois d’avoir fait placer la pierre tombale(2) et de m’en avoir tenu informé.
Vous me dites que cette pierre a été placée le long du corps et non du côté de la tête. Si les autres sont également orientées de la sorte, il ne faut rien modifier. En revanche, si ce n’est pas le cas, il ne faut faire aucune modification par rapport à l’usage, dans ce cimetière. S’il n’y a pas d’autres solutions, vous ferez une seconde pierre et vous la disposerez comme pour les autres tombes. Néanmoins, vous me précisez que de nombreuses pierres tombales sont placées ainsi, à Tsfat et vous me tranquillisez donc.
Avec ma bénédiction, afin que vous soyez définitivement inscrit pour une bonne année,
Notes
(1) Le Rav P.T. Althuis. Voir, à son sujet, la lettre n°1495. (2) Du Rav Israël Aryé Leïb Schneerson, frère du Rabbi.
Lettre n°2968
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2968, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Tichri 5715,
Brooklyn,
Aux ‘Hassidim et aux élèves de la Yechiva de Kfar ‘Habad
en notre Terre Sainte, qui sera rebâtie et restaurée par notre
juste Machia’h, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris, bien que je ne sois pas en possession de toutes les précisions à ce sujet(1), qu’une grande partie des ‘Hassidim et des élèves de la Yechiva ne déjeunent pas dans leur maison, durant le Chabbat qui bénit le mois(2) et il semble qu’il ne s’agisse pas du troisième repas(3), mais bien du second(4). Cela veut dire qu’ils se rendent à la prière(5) et ne rentrent chez eux que le soir, ou même après Arvit.
Je ne sais pas si, auparavant, les Sages appréciaient une telle attitude. Certes, d’une part, ils luttaient contre les contingences du monde et le confort dépassant la mesure, mais, d’autre part, ils ne souhaitaient pas non plus que l’on aille à l’autre extrême et surtout qu’on le fasse de manière systématique.
Il est clair que l’on doit, parfois, se libérer de ses propres limites, faute de quoi la flamme est de plus en plus occultée. Parfois, il faut donc la raviver. Pour autant, un comportement pouvant être défini comme “ de tout ton pouvoir ”(6), un don effectif de sa propre personne, doit garder un caractère exceptionnel. Il ne peut nullement être perpétuel, comme l’établissent différents textes de ‘Hassidout.
Il en est bien ainsi, pour ce qui fait l’objet de notre propos. Si vous voulez vous en remettre à mon avis, vous organiserez donc la réunion ‘hassidique du Chabbat qui bénit le mois(7), en sorte que sa clarté brille également dans le foyer de chacun de ceux qui y participent(8). Et, ces derniers commenceront à introduire cette clarté dans leur maison encore pendant le Chabbat.
S’il s’agit d’un Chabbat d’hiver(9), on peut tenir cette réunion en plusieurs fois ou bien l’organiser de telle façon que chacun puisse effectivement prendre le repas du Chabbat chez lui. Et, à la maison, on expliquera ce qu’est le Chabbat qui bénit le mois, en général et celui-là, en particulier.
J’espère que ceci encouragera les femmes et les jeunes filles à organiser, elles aussi, une telle réunion, pendant le Chabbat qui bénit le mois, ou bien à l’issue de celui-ci.
J’avais souhaité à chacun en particulier d’être inscrit et scellé pour une bonne année. J’adresse maintenant ma bénédiction à tous, afin que vous soyez définitivement scellés, pour une bonne et douce année, d’un bien visible et tangible.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Voir la lettre n°3023. (2) Celui qui précède Roch ‘Hodech. (3) Qui est pris après la prière de Min’ha. (4) Celui de midi. (5) Du matin. (6) Dépassant toute mesure. (7) Pratique qui fut instaurée par le précédent Rabbi. (8) Parce que ceux-ci en rapportent la clarté à la maison. (9) Qui est très court.
Lettre n°2969
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2969, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Tichri 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Avraham Morde’haï Chmouel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 23 Elloul et à la demande de bénédiction qui l’accompagnait. Vous me dites que vous enseignez: “ Kamats, Alef, A ”, c’est-à-dire les voyelles et les consonnes séparément(2), conformément aux directives de nos saints maîtres, qui ont fait tout ce qui était en leur pouvoir pour qu’il en soit ainsi(3). Vous me demandez quelle prononciation vous devez enseigner, les élèves de votre classe étant d’origine yéménite.
Depuis, de nombreuses générations, nos frères séfarades sont habitués à leur prononciation. Il n’y a donc pas lieu de modifier leur coutume, puisqu’ils doivent maintenir celles de leurs ancêtres. A n’en pas douter, en étudiant la ‘Hassidout avec une prononciation séfarade, qu’ils détiennent de leurs parents et des parents de leurs parents, lesquels firent don d’eux-mêmes pour sanctifier le Nom de Dieu, ils procureront du plaisir au Saint béni soit-Il, là-haut et ceci fera son effet, ici-bas.
Vous me dites que vous participez aux études de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. J’en suis satisfait. Au cours de l’année qui vient, vous intensifierez sûrement cette pratique et vous connaissez la décision de nos Sages selon laquelle “ à quiconque ajoute(4), on ajoute(5) ”.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez définitivement scellé pour une bonne année,
Notes
(1) Le Rav A.M. C. Lieder, de Jérusalem. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2325. (3) Pour que l’on rejette la méthode globale. (4) Des efforts pour servir Dieu (5) Des bénédictions célestes.
Lettre n°2970
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2970, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Tichri 5715,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue largement,
Nous(1) vivons actuellement les dix jours de Techouva, à propos desquels le prophète dit : “ Recherchez Dieu pendant qu’on peut le trouver. Invoquez-Le quand Il est proche ” bien plus que durant le reste de l’année. En conséquence, je voudrais ajouter ces quelques lignes à la lettre que je vous ai écrite auparavant(2).
Dieu merci, les ‘Hassidim ont, dernièrement, adopté certaines coutumes et pratiques, qu’ils n’observaient pas, de par le passé, pour différentes raisons.
Il est facile de remettre en cause un comportement qui est nouveau, dans un certain endroit. Quiconque contribue à le renforcer acquiert donc un mérite considérable. En outre, il est plus aisé de se convaincre soi-même de le faire, même si l’on n’en a pas réellement mesuré l’importance, en se disant que l’on n’agit pas uniquement à titre personnel, mais que l’on peut ainsi convaincre plusieurs autres personnes d’en faire de même.
Peu importe donc pourquoi il a été difficile, jusqu’ici, d’instaurer certaines pratiques dans les foyers ‘hassidiques, qu’il s’agisse de la manière de se vêtir ou bien d’éduquer les enfants. Je voudrais vous rappeler que, désormais, toutes, sans aucune exception, doivent imiter les femmes ‘hassidiques qui portent des perruques(3), donnent à leur enfants une véritable éducation ‘hassidique, ont un foyer ‘hassidique, jusque dans le moindre détail.
Puisse Dieu faire que vous preniez conscience de la vérité, vous aperceviez que tout cela n’est pas si difficile, qu’il n’y a pas lieu d’en éprouver de la honte, ce qu’à Dieu ne plaise. Bien au contraire, vous devez en être fière.
Comment avoir la détermination nécessaire pour ne pas éprouver de la honte ? En faisant en sorte que, lorsque l’on marche dans la rue, les amies et les connaissances puissent reconnaître un femme juive, qui applique la Loi de Moché et d’Israël, ne cherche pas à la cacher, en est fière, fait acquérir à ses enfants la conviction d’être différents de toutes les autres nations, d’avoir reçu la Torah, Torah de vie, qui est à la base même de leur éducation.
C’est uniquement après avoir posé les fondations d’un édifice et les avoir renforcées, pendant un certain temps, sans être distrait ou troublé par d’autres études, que l’on peut penser aux phases ultérieures de l’éducation.
Que le mérite de prendre une ferme résolution, en la matière, de tout son cœur et avec bonheur, puis de l’appliquer immédiatement dans sa vie permette, et Dieu fera que ce soit effectivement le cas, que vous soyez définitivement scellées, de même que tous les vôtres, pour une bonne année, aux jours sacrés de Hochaana Rabba et de Chemini Atséret, qui approchent.
Avec ma bénédiction pour que vous ayez une bonne année et dans l’attente de vos bonnes nouvelles, très bientôt, dans tous ces domaines,
Notes
(1) Cette lettre fut adressée par le Rabbi à plusieurs femmes ou organisations féminines. (2) Voir la lettre n°2869. (3) Voir, les lettres n°2637, 3053, 3151, 3171 et 3266.
Lettre n°2971
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2971, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
6 Tichri 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, à laquelle était jointe une demande de bénédiction. Vous me dites que vous n’êtes pas motivé, dans l’action que vous menez auprès de vos élèves, car vous n’en voyez pas l’effet et le résultat sur eux.
En la matière, vous connaissez l’interrogation de nos Sages : “ Pourquoi te préoccuper de ce qui est caché auprès de Dieu ? ”. Le Tanya, en particulier, explique, au chapitre 25, que l’unification qui est créée, là-haut, par une bonne action est éternelle et immuable.
Bien évidemment, je ne veux pas dire que vous devez vous contenter de cela, ce qu’à Dieu ne plaise. Vous devez vous considérer comme le délégué de nos saints maîtres, au sein de cette école, pour séparer le grain de l’ivraie. Et, qui sait ? Cela peut être en l’accomplissant pleinement, ou bien en se préparant à le faire ou même encore moins que cela.
Cette mission vous a été confiée en ce lieu et à ce moment. Vous possédez donc les forces nécessaires pour la mener à bien, même si vous tardez à en observer de vos yeux l’issue finale.
Avec ma bénédiction, afin que vous soyez définitivement scellé pour une bonne année,
Lettre n°2972
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2972, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Tichri 5715,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je fais réponse à votre lettre de la veille de Yom Kippour et vous avez sûrement reçu la mienne, vous souhaitant une bonne année.
Vous connaissez le proverbe de nos saints maîtres, selon lequel “ une action vaut mieux que mille plaintes ”. Intensifiez donc, de manière concrète, votre étude de la Torah, de sa partie révélée et de la ‘Hassidout, de même que votre pratique des Mitsvot, de la manière façon.
Car, si une seule action a un effet positif, combien plus en est-il ainsi pour plusieurs actions. Bien évidemment, pour vivifier tout cela, vous devez, de temps à autre, participer à une réunion ‘hassidique.
Que Dieu vous confère la réussite.
Avec ma bénédiction,
N. B. : Vous demandez le sens de l’expression Bneï Marone(1). Vous consulterez, à ce sujet, le traité Roch Hachana 18a et le commentaire de Rachi, à cette même référence(2).
Vous dites, dans votre lettre, que l’on vous propose un poste à Albany. Il serait bon que vous contactiez le Cho’het de cette ville, le Rav Issar Brickman.
Notes
(1) Qui figure dans la liturgie de Roch Hachana et de Yom Kippour, “ toutes les créatures du monde passeront devant Toi comme les Bneï Marone ”. (2) “ Les soldats du roi, détenant le pouvoir, que l’on peut compter lorsqu’ils partent au combat, l’un après l’autre ”.
Lettre n°2973
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2973, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Tichri 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du dimanche de la Parchat Vayéle’h, dans laquelle vous m’exposez les raisons pour lesquelles votre mariage n’a pas pu avoir lieu en Elloul.
Malgré toutes ces explications, tous les éléments invoqués restent accessoires par rapport à ce qui est essentiel, c’est-à-dire la nécessité de ne pas prolonger le temps qui passe(1). Il est clair que mon propos n’est pas de me plaindre de ce qui est passé, mais bien de vous inviter à l’empressement, pour l’avenir. Vous le fixerez donc en Kislev, mois de la délivrance. Puisse Dieu faire qu’il soit en un moment bon et fructueux.
Vous me demandez si vous devez vous comporter envers votre futur beau-père “ comme le visage se reflète dans l’eau ”(2). Il doit effectivement en être ainsi, mais selon la véritable explication de ce verset. Vous devez donc faire ce qui, d’une manière profonde et véritable, constitue réellement le bien, y compris pour votre futur beau-père et pour son épouse. Ceci doit effectivement être révélé.
Pour y parvenir, il faut éprouver un amour sincère du prochain, qui sera renforcé par la proximité familiale, puisque vous serez très bientôt son gendre, comparable à son fils. Et, il est inutile d’en dire, plus puisque tout cela est bien évident.
Vous me dites que vous avez des difficultés à étudier la ‘Hassidout, n’ayant pas trouvé un maître qui vous convienne. Il est évident qu’il s’agit là uniquement d’un argument avancé par le mauvais penchant, lequel est expert en sa mission, selon l’expression de nos Sages. Il sait donc déterminer la manière de s’adresser à chacun, afin de le convaincre.
En effet, il est bien clair, pour “ le roi vieux et fou ”(3), qu’en vous disant : “ N’étudie pas la ‘Hassidout, car tu éprouverais ainsi l’amour et la crainte de Dieu, comme l’explique le Rambam, au début du quatrième chapitre des lois des fondements de la Torah. Tu vivifierais, en outre, ton étude de la partie révélée de la Torah et ta pratique des Mitsvot. Ainsi, tu te lierais à l’Arbre de vie, comme l’explique le Zohar, tome 3, page 124b ”, il ne serait nullement suivi. Ses avances seraient alors sans aucun effet. Bien au contraire, vous lutteriez contre lui avec encore plus d’ardeur. C’est pour cette raison que le mauvais penchant adopte l’argumentation inverse, précisément celle que vous rapportez dans votre lettre.
J’ai déjà donné, à plusieurs personnes qui m’interrogeaient, la réponse suivante(4). La Torah, dans sa globalité, fut reçue uniquement après que l’on ait proclamé : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”. C’est seulement en ce cas que s’appliquent les termes du verset “ l’intégrité de ceux qui sont droits les dirige ”, mais non…(5), comme le dit le traité Chabbat 88b. Or, il en est de même, et même encore plus clairement, pour l’enseignement profond de la Torah, comme le dit le Kountrass Limoud Ha ‘Hassidout, de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
En ces jours, à la veille de “ la fête de notre joie ”(6), au pluriel, Dieu fasse que la joie se révèle pour vous et votre future épouse. Selon un principe établi, la joie brise l’ordre établi. Ainsi, les voiles et les obstacles disparaîtront de vos préoccupations. Et, avec largesse d’esprit et joie, vous bâtirez une maison en Israël, un foyer juif et ‘hassidique.
Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Des fiançailles. Voir, à ce propos, les lettres n°1084, 1268, 1482, 3092 et 3244. (2) En adoptant la même attitude que lui. (3) Le mauvais penchant. (4) Voir, les lettres n°2625, 2684, 2854, 2887 et 2926. (5) Dans le cas contraire. (6) Soukkot.
Lettre n°2974
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2974, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Tichri 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, il y a quelques jours, votre lettre, dans laquelle vous me décrivez brièvement votre vie, ce que vous avez subi. Vous précisez dans quelle ville vous résidez, depuis quelques années. Vous me dites que, durant vos pérégrinations, vous avez rencontré des ‘Hassidim et vous les enviez, car, partout où ils se trouvent, ceux-ci maintiennent leur comportement inchangé, comme s’ils se trouvaient dans leurs quatre coudées personnelles.
On peut, à ce propos, formuler deux remarques :
A) Il faut, de toute chose, tirer un enseignement pour le service de Dieu et il en est de même pour l’envie que vous éprouvez, bien que, de façon générale, celle-ci soit un défaut. Néanmoins, on peut en trouver l’équivalent dans le domaine de la Sainteté et il est dit que “ l’esprit de compétition des Sages développe la sagesse ”. Si ce n’est pas le cas, il s’agit effectivement d’un défaut.
En conséquence, j’ai bon espoir que ce sentiment vous renforcera en tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, que vous mettrez en pratique de la meilleure façon.
B) Vous dites que les ‘Hassidim suivent la voie qui leur a été fixée. Mais, ceux-ci appliquent également les enseignements de nos saints maîtres et ils exercent une influence sur les personnes qui les entourent, s’efforçant de les rapprocher de la pratique juive, de la Torah et des Mitsvot.
En effet, à chaque époque et, a fortiori en la nôtre, une seule alternative se présente. On ne peut qu’influencer les autres ou bien se trouver soi-même influencé. Certes, celui qui s’établit en un nouvel endroit peut citer plusieurs raisons faisant la preuve qu’une telle situation est bien difficile. Mais, il est clair qu’aucune action concrète ne résultera de toutes ces justifications.
Tous les Juifs, “ croyants et fils de croyants ”, ont foi en la divine Providence. Ils savent que “ Dieu prépare les pas de l’homme ”, que la Providence les conduit en tel endroit, à tel moment. A n’en pas douter, Dieu confie alors la mission d’éclairer son entourage, de faire briller “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”.
Il est dit que “ le Saint béni soit-Il n’agit pas avec malice envers Ses créatures ”. Une telle personne possède nécessairement les forces lui permettant de mener à bien cette mission et tout ne dépend donc que de sa volonté.
Il en est de même, pour ce qui vous concerne. Il est nécessaire que vous vous investissiez dans l’action de renforcement de la pratique juive, de manière concrète, tout autour de vous. Peut-être tout ce qui vous est arrivé jusqu’à maintenant n’est-il qu’une préparation pour atteindre cet objectif.
Nos Sages disent que, lorsqu’un homme ouvre pour Lui un orifice de la taille de la pointe d’une aiguille, Dieu lui ouvre comme le portique du Sanctuaire. Puisse donc Dieu faire que ces réalisations vous attirent une bénédiction et une réussite accrues, pour vos fiançailles, afin que vous bâtissiez une maison en Israël, un véritable foyer juif.
Je vous adresse ma bénédiction pour la fête de notre joie, au pluriel. Les livres sacrés expliquent cette formulation, puisqu’il est dit “ Qu’Israël se réjouisse de son Créateur ” et “ Que Dieu se réjouisse de Ses créatures ”. Ces deux joies s’unissent par l’intermédiaire de la Torah, comme l’explique le Zohar, tome 3, page 73a : “ Il est trois niveaux, Israël, la Torah et le Saint béni soit-Il ”. Vous consulterez ce texte.
Lettre n°2975
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2975, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
[13 Tichri 5715]
A) Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous faites référence au Séfer Ha Te’houna, de Rabbi ‘Haïm Vital. Celui-ci se trouve effectivement dans la bibliothèque et vous pourrez contacter le Rav, qui la gère, afin de consulter cet ouvrage, à votre convenance.
Vous devez savoir que, pour l’heure, je n’ai jamais observé que ce livre soit cité dans les écrits de la ‘Hassidout. De plus, la page de garde manque, dans l’exemplaire dont je dispose. Je ne sais donc pas qui en est l’éditeur et je ne possède aucun détail.
B) Vous m’interrogez également sur la valeur de l’action d’un enfant, concernant l’idolâtrie et vous limitez les preuves pouvant être citées, à ce sujet, en recherchant uniquement celles qui appartiennent à ce même domaine et non à un autre. Je suis, du reste, surpris par cette limitation, qui n’est pas fréquente, dans le commentaire de la Torah.
Le temps ne me permet pas de faire une recherche dans les livres. Néanmoins, ont peut citer les preuves suivantes, qui suppriment toute différence entre un adulte et un enfant :
1. Vous souhaitez une explication s’appliquant au domaine de l’idolâtrie. Dans différents textes, par exemple dans le traité Avoda Zara 46a, il est dit que ce qui est rattaché au sol et les animaux sont interdits, en pareil cas, par une action de l’homme. On parle également du fait d’abattre un animal et de toucher ce qui est encore attaché au sol.
Or, on sait que l’abattage pratiqué par un enfant est bien considéré comme une préparation de cet animal pour l’idolâtrie. Il en est ainsi, même si cet enfant ne tranche pas la majeure partie de deux artères de l’animal, car c’est bien là le début de l’abattage, permettant de consommer l’animal. Il en est donc de même pour ce qui est encore planté en terre.
2. Il est ici question d’un élément rattaché à la terre, n’ayant subi aucune modification depuis sa création. C’est la raison pour laquelle les pierres d’une montagne tombées au bas de celle-ci, même de manière naturelle, sont également interdites, d’après un avis, dès lors qu’elles ont subi une modification par rapport à leur création.
Il n’y a donc pas lieu de multiplier les controverses, en avançant que, selon l’autre avis, l’action d’un enfant est sans valeur.
3. Le sens simple et évident de ce passage montre que l’action de l’homme doit être considérée dans son aspect concret et non en fonction de l’intention qui était recherchée. Or, l’action d’un enfant a une valeur incontestable, même au delà de cela de celle d’un adulte, selon le traité ‘Houlin 16a. Et, vous consulterez le Tsafnat Paanéa’h, du Gaon de Ragatchov, lois de la Che’hita, chapitre 2, paragraphe 11.
Avec mes bénédictions à l’occasion de la fête,
N. B. : Pour approfondir le débat, je citerai une preuve de la valeur de l’action d’un enfant, puisque celui-ci est également appelé Adam, homme. Le Beth Ha Otsar, du Rav Y.Engel, chapitre 1, paragraphe 11, en fait la démonstration, de différentes façons.
J’ai vu également qu’une controverse existe, à ce sujet, comme l’indiquent les références citées par le Sdeï ‘Hémed, principes, chapitre 1, paragraphe 72. Ces explications sont surprenantes.
Lettre n°2976
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2976, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
13 Tichri 5715,
Brooklyn,
Aux dirigeants de l’Association des ‘Hassidim ‘Habad,
à Tel Aviv, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 23 Elloul. Vous m’écrivez que vous n’avez pas compris ce que je voulais dire(1). J’évoquais les actions qui sont nécessaires, dans le cadre des synagogues et vous ne savez pas ce que celles-ci doivent être.
En fait, je faisais effectivement allusion à l’ensemble des actions que vous citez, chacune dans son domaine.
J’ai été satisfait par les coupures du Ha Modya et du Ha Kol(2) que vous m’avez adressées et dans lesquelles sont présentées toutes les institutions ‘Habad. Pourtant, je suis surpris que l’Association des femmes et jeunes filles ‘Habad n’ait pas été mentionnée. Quelle que soit leur activité, une annonce dans les journaux n’aurait pu qu’avoir un effet positif(3).
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, je conclus en vous adressant ma bénédiction, à l’occasion de la fête,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir la lettre n°2739. (2) Deux journaux religieux israéliens. (3) Et renforcer cette action.
Lettre n°2977
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2977, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Quatrième jour de
‘Hol Hamoed Soukkot 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
grand érudit, aux multiples connaissances,
le Rav Pin’has(1),
Je vous salue et vous bénis,
Par erreur, les feuillets ci-joints ne vous ont pas été adressés avec la lettre du Rabbi Chlita. Vous voudrez bien m’en excuser.
Avec ma bénédiction pour une joyeuse fête,
Le secrétaire,
N. B. : A cette occasion, j’accuse réception de votre cadeau, le premier tome du Min’hat Solet(2) et je vous en remercie beaucoup. En signe de reconnaissance et d’amitié, j’ai rédigé quelques remarques. Néanmoins, le temps dont je dispose m’a contraint à le faire rapidement.
Concernant la première Mitsva :
A la fin du premier paragraphe : Il est dit que le cas de l’homme qui a été assassiné est particulier, car celui-ci doit se réincarner.
On peut s’interroger sur une telle affirmation. D’après la partie révélée de la Torah, cette réincarnation n’est pas nécessaire. De ce fait, nos Sages affirment, au traité ‘Haguiga 5a, qu’il y a eu un transfert(3). Et, d’après la Kabbala, cela ne dépend pas de la manière de mourir, mais résulte du fait que la mission impartie à l’homme, pendant cette vie, a été menée à bien ou non ou encore à d’autres raisons.
Vous consulterez le début de la “ Porte des réincarnations ” du Ari Zal, en particulier sa huitième introduction, le chapitre 39 du Tanya, le début du chapitre 29 d’Iguéret Hakodech.
Dans le cas évoqué par le traité ‘Haguiga, il faut dire que cette femme n’avait pas encore achevé la mission qui lui était confiée ici-bas. Malgré cela, on transféra ses années à quelqu’un d’autre. En effet, la “ Porte des réincarnations ” explique, dans la neuvième introduction, que, de façon générale, les femmes ne se réincarnent pas.
A la même référence : Le texte dit : “ D’après l’avis des Sages de la Kabbala et celui du Maharcha ”.
A mon humble avis, cette question est surprenante. Comment modifier la Hala’ha, à cause de cela ?
A ce sujet, les responsa Noda Bihouda, première édition, Ora’h ‘Haïm, chapitre 35, disent que la Techouva ne dispense pas des punitions prononcées par le tribunal des hommes. Vous consulterez également le Tséma’h Tsédek sur Mikwaot, chapitre 1, fin de la Michna 6, page 172a, selon lequel une telle interprétation n’est pas envisageable.
A la même référence, au second paragraphe : Le Yerouchalmi et les Tossafot, parmi les premiers Sages, considèrent que l’on s’acquitte de son obligation par deux mâles.
Ceci permet de comprendre simplement le Zohar, tome 3, page 148a.
A la même référence, au troisième paragraphe : Je suis surpris que l’on ne cite pas et que l’on n’éclaire pas le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, lois de l’étude de la Torah, début du chapitre 3, que vous consulterez.
A la même référence, à la page 139d : Au paragraphe qui traite du Rachach.
Il faut consulter le traité Kiddouchin 21b et le commentaire du Rachba, de même que les responsa Bneï Tsion.
Si l’on considère ce que dit le Midrach Me’hilta, on peut s’étonner sur le verset, d’après l’explication du Rachba.
Le Tsafnat Paanéa’h, du Gaon de Ragatchov, dont je ne dispose pas actuellement, développe une lumineuse explication, à ce sujet, permettant de rétablir le Midrach Me’hilta(4). Il dit que les nations encerclèrent Erets Israël et , dès lors, les Juifs transgressèrent le Chabbat.
Pourquoi tout ce développement sur un cas aussi peu fréquent ? En fait, c’est précisément dans ce domaine que le verset est nécessaire, car le Chabbat a, alors, été entièrement supprimé.
A la même référence, page 142d, au cinquième paragraphe : On trouve, dans le Likouteï Torah du Ari Zal, Parchat Vayéra et dans son Séfer Hamitsvot, au début de la Parchat Yethro, le même avis que le Tiféret Israël. Ainsi, Acher, le plus jeune des fils, est bien soumis à tous ceux qui le précèdent.
A la fin, page 157c : Concernant l’amour envers l’impie, voir le Tanya, au chapitre 32 et l’ouvrage cité par le Tséma’h Tsédek, dans ses notes et résumés sur le Tanya, à la page 36.
Notes
(1) Le Rav P.Hirschprung, grand Rabbin de Montréal, Canada. (2) Commentaire du ‘Hinou’h, par le Rav David Tsvi Zehman, paru à Bilgurya, en 5694-1934. (3) Que les années de Miriam, une femme, vivant dans la période talmudique, qui éduquait des enfants et mourut avant son temps, furent transférées à un sage qui étudiait la Torah. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°176.
Lettre n°2978
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2978, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Tichri 5715,
Brooklyn,
A mon proche parent, le grand Rav, distingué ‘Hassid qui
craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Guerchon(1),
Je vous salue et vous bénis,
Quelles sont les références de l’enseignement suivant de nos Sages : “ Où fut-elle rangée(2) ? Dans la Torah ”(3) ?
Vous les trouverez plus bas.
A l’occasion de la nouvelle année, je vous adresse ma bénédiction de réussite, en toutes vos préoccupations, communautaires et personnelles.
Le Déguel Ma’hané Ephraïm, à la Parchat Béréchit, dit : “ Elle fut rangée pour les Justes. Mon grand-père m’a demandé où cette lumière avait été cachée. Il m’expliqua que Dieu l’avait placée dans la Torah ”.
Vous consulterez également le Or Ha Meïr, à la Parchat Pekoudeï et, à ce sujet également, le Zohar, tome 1, page 264a, tome 2, page 149a, le Zohar ‘Hadach Ruth, page 85b.
Notes
(1) Le Rav G.Chen. Voir, à son sujet, les lettres n°2687 et 3231. (2) L’intense lumière de la création. (3) Voir Likouteï Si’hot, tome 18, page 10, note 22.
Lettre n°2979
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2979, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Tichri 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me parlez de la collecte effectuée par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav Ben Tsion Chem Tov, émissaire des Sages, au profit des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, du Maroc, dont je suis le président.
Il est exact et vrai que les pressions et l’exiguïté y sont très fortes. Il est sans doute inutile de décrire par le détail ce qui est bien connu et établi. En l’occurrence, les principales victimes en sont la Torah et les Mitsvot, surtout quand il s’agit d’éducation basée sur les valeurs sacrées.
Pour autant, le niveau de vie est bas, en ce pays. Une somme relativement modeste, par rapport à ce qui eut été nécessaire sous d’autres cieux, permet donc, en cet endroit, des accomplissements grandioses. Certes, les écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch ont d’ores et déjà, au Maroc, plusieurs milliers d’élèves. Mais, chaque contribution supplémentaire leur permet d’introduire de nouveaux élèves dans le Talmud Torah ou la Yechiva.
Il est vrai que l’on ne se préoccupe pas du peu de moyens dont on dispose et que l’on emprunte de l’argent. Le montant qui peut être emprunté reste, cependant, limité. Vous devez comprendre ce que je veux dire.
Vous voudrez bien transmettre mes salutations et ma bénédiction à tous ceux qui ont participé à cette collecte, en y contribuant ou en invitant d’autres personnes à le faire. A n’en pas douter, Dieu accomplira Lui-même la promesse selon laquelle “ tu prélèveras la dîme afin de t’enrichir ”. A l’avenir, vous redoublerez donc d’ardeur, en tout cela.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez définitivement inscrit pour une bonne année, dans l’attente de vos bonnes nouvelles, en tous ces domaines,
Lettre n°2980
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2980, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Tichri 5715,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Avraham Tsvi(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je voudrais vous exprimer tous mes remerciements pour votre cadeau, votre livre Chaareï Ha Mitsvot, que j’ai bien reçu, par l’intermédiaire du Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, le Rav Chalom Dov Ber Raskin, le Cho’het(2).
Puisse Dieu faire que vous consacriez vos forces à la Torah, afin de la parer et de l’embellir, par des signes et des repères(3), qui seront des “ anses ” pour la Torah(4). Si, déjà dans les premières générations, qui étaient comparées à des anges, ceux-ci étaient particulièrement utiles, comme différents textes de nos Sages l’établissent, combien plus le sont-ils, pour les dernières générations et surtout pour la toute dernière.
Je saisis cette occasion pour vous remercier de l’aide que vous apportez aux ‘Hassidim réfugiés, exerçant la fonction de Cho’het. Je vous suis reconnaissant pour ce que vous avez déjà fait et vous sais gré de continuer à leur apporter votre aide, en tous les domaines, dans la mesure de vos possibilités.
Je suis convaincu que vous le ferez effectivement, mais l’on conseille l’empressement à ceux qui possèdent naturellement ce caractère et on le fait uniquement pour les inviter à l’accentuer.
Avec mes respects et ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Le Rav A.T. Weinstein, de Londres. (2) De Londres. (3) Qui étaient vraisemblablement le contenu de ce livre. (4) Permettant de mieux la saisir.
Lettre n°2981
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2981, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Tichri 5715,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me dites que vous n’êtes nullement attiré par vos études, que vous ne souhaitez pas profondément les poursuivre.
J’ai déjà écrit, à ce sujet, à quelques uns de vos amis et j’ai dit qu’à tous les élèves s’appliquent l’affirmation de notre sainte Torah, Torah de vie, selon laquelle “ celui qui dit avoir fait des efforts, mais ne pas avoir connu le succès, ne le crois pas ”.
Tout dépend donc de vous, de votre ardeur et de votre constance, de la fixation de votre étude, en votre esprit et dans le temps, de votre respect des horaires de cette étude. Vous devez vous consacrer pleinement à l’étude de la Torah intègre de Dieu, sans penser à rien d’autre, en mettant les calculs de côté. Dès lors, il est certain que vous connaîtrez la réussite. Néanmoins, il faut purifier le réceptacle contenant la Torah, c’est-à-dire le corps, en particulier pour ce qui concerne les pensées et les paroles(1).
En conséquence, vous respecterez l’immersion rituelle instaurée par Ezra(2). Vous serez particulièrement scrupuleux dans l’amour que vous portez à votre prochain. De façon générale, vous aurez de bons comportements. Vous apprendrez l’enseignement profond de la Torah(3), qui en est l’âme et la vitalité. C’est ainsi que vous vivifierez également la partie révélée de la Torah.
Dieu fasse que vous puissiez m’annoncer, à ce sujet, de bonnes nouvelles de vous-même et de vos amis. Le plus tôt sera le mieux.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Plus intérieures à la personnalité que les actions. (2) En se rendant au Mikwé tous les matins. (3) La ‘Hassidout.
Lettre n°2982
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2982, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Tichri 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chimeon Barou’h(1), le Cho’het,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir votre lettre de la veille de Hochaana Rabba, qui faisait suite à un long silence.
J’ai reçu votre bénédiction et, à mon tour, je vous adresse la mienne, au lendemain de Chabbat Béréchit, au début de cette année, qui commence pour nous et pour tout Israël, afin qu’elle soit bénie et fructueuse, pour chacun et chacune en ce qui le concerne, de même que pour les membres de sa famille.
Les Juifs portent tous une responsabilité collective. Bien plus, le terme Arev, garant, signifie également doux, agréable et la deuxième signification est la conséquence de la première(2). Ce caractère agréable permet à chacun de porter de plein gré la responsabilité des autres. Ainsi, est introduit le troisième sens de ce mot, puisque Arev signifie également enchevêtré. De fait, tous les Juifs le sont, ne constituant ainsi qu’une seule et même entité.
En conséquence, vous redoublerez sans doute d’ardeur en vos activités communautaires, en particulier dans l’aide que vous apportez pour renforcer les institutions Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, au Maroc. Ce grand mérite sera la canal et le réceptacle de toutes les bénédictions célestes.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav C.B. Ohayon. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°789.
Lettre n°2983
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2983, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Tichri 5715,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Chmouel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris, avec plaisir, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav Yo’hanan(2), administrateur de la synagogue Loubavitch, à Loubavitch(3), que vous avez conduit l’office, pendant le moment propice des jours redoutables(4), cette année.
Comme vous le savez, Rachi commente le verset (Michlé 3, 9) : “ Sers l’Eternel par tes biens ”, en ces termes : “ Ne lis pas Mehone’ha, par tes biens, mais Migrone’ha, par ta gorge(5) ”. Le Zohar, tome 2, page 93a, propose une autre lecture du mot Mehone’ha : “ Par ta grâce et par l’harmonie du chant ”.
Puisse Dieu faire que ces prières, au sein de toutes les autres prières d’Israël, fassent leur effet, tout au long de l’année, matériellement et spirituellement.
De même, j’ai vu avec satisfaction que vous avez également appliqué ce verset à son sens littéral, Mehone’ha, par tes biens, c’est-à-dire par ton argent, puisque vous avez transmis un montant à la caisse de Tsédaka. Celui-ci, à ma demande, a été transmis au bureau des actions confidentielles, ce qui est une des formes les plus élevées de la Tsédaka.
Que Dieu vous bénisse, de même que votre épouse, en tous vos besoins, matériels et spirituels.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav C.Lubachitski. (2) Le Rav Y.Gordon. (3) La synagogue du Rabbi, au 770 Eastern Parkway, à New York. (4) Roch Hachana et Yom Kippour. (5) En chantant pour Lui.
Lettre n°2984
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2984, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Tichri 5715,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Avraham Sender(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, en son temps, votre brochure(2) et, conformément à votre proposition, j’ai laissé passer les fêtes. Ainsi, s’est accomplie la parole de nos Sages, dans le traité Avot, selon laquelle : “ Ne dis pas ‘J’apprendrai quand j’en aurai le temps’, car, peut-être n’en auras-tu pas le temps ”. En effet, mes occupations n’ont pas diminué, bien au contraire. Je ne souhaite donc pas repousser tout cela plus longtemps et je vous exprimerai donc mon avis en quelques lignes. Vous voudrez bien m’en excuser.
Vous le savez, on ne peut contester un commentaire(3), comme le souligne le Kanfeï Yona, tome 2, au chapitre 125. Néanmoins, comme le veut l’usage répandu, j’apporterai également ma contribution. En effet, disent nos Sages, dans le Yerouchalmi, à la fin du traité Bera’hot, “ les discussions de la Torah sont positives ”.
Dans le premier chapitre, vous rappelez que les Sages, commentant le verset(4) “ Il était juste en sa génération ”, soulignent qu’il n’en aurait pas été de même, à l’époque d’Avraham. Or, vous vous interrogez, à ce propos, comme le fait la Torah Chlema, car, à la mort de Noa’h, Avraham avait cinquante huit ans. En fait, Noa’h était considéré par rapport à sa propre génération, celle qu’il guidait et dirigeait lui-même. Car, disent nos Sages, dans le Midrach Vaykra Rabba, chapitre 66, “ chaque génération a son dirigeant ”.
Au début de la page 3(5), vous traitez de la raison des Mitsvot. Vous consulterez ce que dit, à ce sujet, le grand maître(6), dans le Guide des égarés, tome 3, à partir du chapitre 31, Igueret Hakodech, de l’Admour Hazaken, au chapitre 19, le Taameï Ha Mitsvot(7), du Tséma’h Tsédek, à la fin de la Mitsva de “ croissez et multipliez ”, le Mitsvat Ner ‘Hanoukka, au début du chapitre 3 et d’autres textes encore.
Pour le sel, en particulier, vous consulterez, dans le Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Vaykra, le discours “ Ne supprime pas le sel ” et son commentaire.
A la fin de la brochure(8), vous évoquez ceux qui accèdent à la Techouva et surpassent ainsi les Justes. Vous consulterez Igueret Ha Techouva, de l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 8, dont le contenu présente la “ si grande Techouva ” qui est définie à la fin du chapitre 7 du Tanya.
J’ai été satisfait de vous voir ici, pendant la réunion ‘hassidique de Sim’hat Torah. Il est dommage que vous n’ayez pu assister à celle de Chabbat Béréchit, qui est le début de l’année. Conformément au proverbe du Tséma’h Tsédek(9), que nous a transmis mon beau-père, le Rabbi, le comportement que l’on adopte, pendant ce Chabbat, conditionne celui de toute l’année. Puisse Dieu faire que votre bonne intention(10) soit considérée comme une action concrète.
En vous souhaitant un agréable hiver, de même qu’à tous les vôtres,
Notes
(1) Le Rav A.S. Nemtsov. Voir, à son sujet, les lettres n°2837 et 3032. (2) Qui, un an plus tard, fut éditée, à New York, sous le titre Edout Le Assaf. (3) Il peut y avoir plusieurs commentaires divergents, alors que la Hala’ha unique s’impose à tous. (4) Au début de la Parchat Noa’h. (5) Dans l’édition imprimée, il s’agit de la page 13. (6) Le Rambam. (7) Dére’h Mitsvoté’ha. (8) Dans l’édition imprimée, il s’agit de la page 37. (9) Voir Likouteï Si’hot, tome 20, page 556 et les lettres n°1546, 2310, 2991, 3014 et 3329. (10) De participer à cette réunion.
Lettre n°2985
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2985, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
28 Tichri 5715,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue(1),
J’ai bien reçu votre lettre, qui n’était pas datée et, conformément à votre demande, je vous réponds sans même respecter l’ordre d’arrivée des courriers, y compris les plus urgents. Je reprends votre lettre, point par point.
Vous commencez par me dire que la dernière étincelle vient de s’éteindre(2) et j’en suis surpris. Qui peut prétendre avoir connaissance de telles choses ? Il semble que vous vous basiez essentiellement sur votre âge, mais cela ne veut rien dire, comme le disent nos Sages et comme on peut le vérifier concrètement.
Des femmes plus âgées que vous ont des enfants. De plus, en observant le monde que Dieu a créé, on peut s’écrier, selon les termes du verset : “ Comme sont nombreuses Tes actions ” et “ Comme sont grandes Tes actions ”. Nul ne peut tout comprendre et tout maîtriser, ni même saisir une partie importante ou la majorité de ce qui se trouve dans ses quatre coudées(3) et concerne sa vie personnelle.
C’est la raison pour laquelle les hommes se spécialisent dans différentes disciplines et un homme droit n’émet donc un avis que dans son propre domaine. Pour les autres sciences, il s’en remet à ceux qui sont experts.
Pour ce qui fait l’objet de notre propos, la Torah prend en compte les avis médicaux et, d’après le Choul’han Arou’h, certaines décisions sont même prises en fonction de cela. Dans la pratique, chacun et chacune doit se conformer aux prescriptions des médecins. Pour autant, on doit avoir, en son cœur, la ferme conviction que Dieu “ guérit toute chair ”, qu’Il dirige le monde, au jour le jour, c’est-à-dire aussi la vie quotidienne de chacun et de chacune, jusque dans le moindre détail et, combien plus, dans les domaines les plus importants.
Votre lettre semble indiquer que vous n’avez pas encore consulté un médecin spécialiste, mais, même si c’était le cas, un nombre incalculable d’erreurs est commis par les médecins, en la matière. Tout dépend donc de l’intensité de votre confiance en Dieu, de votre attachement au Créateur du monde, par un mode de vie qui soit, au quotidien, plein de foi et suscitant donc la joie.
On peut se réjouir également en constatant que l’on a le moyen de se mettre au service de son entourage, ce qui constitue un mérite inestimable. Vous connaissez le dicton du Baal Chem Tov(4) selon lequel une âme descend ici-bas, pendant soixante dix ou quatre vingt ans, afin de rendre, une fois, un service, matériel et a fortiori moral, à son prochain.
Qui, comme le Baal Chem Tov, savait à quel point la chute de l’âme, ici-bas, “ d’une cime élevée vers une fosse profonde ”, est vertigineuse? Malgré cela, il délivra cet enseignement et le transmit à toutes les générations, après lui, alors que l’exil devient de plus en plus intense.
Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, d’une jeune femme, qui n’a pas encore pleinement utilisé les capacités qui sont les siennes pour guider son entourage, mettre en éveil et fortifier le bien qui est enfoui dans les âmes. Or, il n’est de bon que la Torah et ce n’est pas uniquement le cas pendant le Chabbat, les jours redoutables ou les occasions exceptionnelles, mais bien au quotidien, pendant les jours que certains commettent l’erreur de définir comme obscurs.
En réalité, il n’est nul besoin d’expliquer et de commenter ce qui doit être une idée évidente. Il suffit de se dire que chaque Juif, descendant d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov, contribue à maintenir la relation entre le Créateur et les créatures, par l’intermédiaire de sa vie, surtout en agissant de la manière définie ci-dessus. Or, cette relation est bien la finalité de toute la création.
Bien évidemment, tout ce que je viens de dire n’a pas pour objet de diminuer l’importance d’avoir un enfant, ce qu’à Dieu ne plaise. Je veux, en fait, vous montrer quelle est la vérité absolue, vous dire qu’il n’y a pas lieu de s’attrister et, encore moins, de prononcer les termes de désespoir que vous m’écrivez, bien au contraire.
Vous me demandez si vous devez déménager et, seconde question qui est essentielle, si vous devez adopter un enfant et l’éduquer chez vous. Tout dépend, en fait, de l’effet que cela aura sur vous et sur votre mari. Si, de la sorte, vous vous emplissez de joie et de confiance en Dieu, qui exaucera votre souhait et vous donnera un enfant, il est clair que c’est une bonne initiative.
Il me semble vous avoir déjà écrit(5), me basant sur les causeries de mon beau-père, le Rabbi, qu’un homme doit, certes, établir un bilan, dans le domaine moral. Pour autant, il ne convient de le faire qu’à certains moments. Si ce n’est pas le cas, celui-ci sera plus dommageable que bénéfique.
Cessez donc de faire un tel bilan chaque jour ou même chaque semaine. Il vaut mieux que vous vous serviez de vos capacités pour mener des actions positives et guider votre entourage. Dieu agit “ mesure pour mesure ”(6), mais d’une manière beaucoup plus abondante(7).
Avec ma bénédiction pour que vous soyez joyeuse et donniez de bonnes nouvelles de tout cela,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Que cette femme a perdu tout espoir d’avoir un enfant. (3) A proximité de lui. (4) Voir, à ce propos, les lettres n°2641, 3019, 3176 et 3271. (5) Voir la lettre n°2317. (6) De la manière dont l’homme lui-même agit envers Lui. (7) Bien au delà de l’effort investi par l’homme.
Étudiez les Iguerot Kodesh dans Koulam
Recherche dans les 8 945 lettres, lecture confortable, brakha du jour — gratuit, iOS & Android.
Télécharger Koulam