Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°2926
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2926, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 5 Elloul, au début de laquelle vous me dites que vous êtes issu d’une famille ‘Habad. Vous désirez donc que nous correspondions et vous souhaitez devenir actif.
Logiquement, après avoir introduit votre lettre de cette façon, vous auriez dû poursuivre en expliquant de quelle manière vous comptez apporter votre participation à la communauté de ‘Habad. Or, à la place de cela, je ne trouve que deux points dans votre lettre, qui sont, en fait, des questions que vous posez sur les pratiques de ‘Habad.
Le Zohar, tome 3, page 124b, explique que “ du côté de l’Arbre de vie, il n’y a pas de questions, car celles-ci émanent du domaine du mal, ni de controverses, qui sont un effet de l’esprit d’impureté ”. L’Admour Hazaken explique longuement tout cela, dans Iguéret Hakodech, au chapitre 26.
Si vous souhaitez réellement connaître le succès dans l’étude de la Torah, en général et de la ‘Hassidout, en particulier, vous n’y parviendrez qu’en mettant en pratique le principe: “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”. C’est sur cette base que la Torah fut donnée, dans sa globalité. C’est également de cette manière qu’elle est donnée chaque jour et c’est pour cela que l’on bénit “ Celui Qui donne la Torah ”, au présent. Et, c’est à ce propos qu’il est dit: “ l’intégrité de ceux qui sont droits les dirige ”. En revanche, si ce n’est pas le cas....
Que Dieu vous délivre des obstacles et des voiles. Ainsi, vous pourrez étudier la Torah avec une crainte de Dieu pure.
Lettre n°2927
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2927, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Elloul 5714
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’écrivez que vous poursuivez votre action pour rapprocher la jeunesse de la Torah et de la pratique juive. J’en suis satisfait, mais je suis surpris que vous ne disiez rien de votre participation à ce qui doit être votre accomplissement le plus important, le développement de la Yechiva, par tous les moyens possibles, dans tous les domaines.
Vous devez, tout d’abord, en multiplier les élèves, ceux qui étudient toute la journée comme ceux qui ne consacrent que quelques heures à cette activité. Il vous faut accroître la dimension de la Yechiva et de tout ce qui la concerne, jusqu’à ce qu’elle soit le centre de la ville, pour tout ce qui concerne le Judaïsme le plus pur, de sorte que ceux qui prient dans la synagogue qui s’y trouvent étudient également la Torah chaque jour.
Nos saints maîtres disent que “ la suite du processus est conditionnée par ce qu’a été son début ”. En l’occurrence, il est donc particulièrement important que le début se passe de la meilleure manière et largement.
Je suis certain que ces quelques lignes suffiront pour éveiller en vous et en les ‘Hassidim, en chacun d’eux personnellement, puisque vous pouvez diffuser ces propos auprès d’eux, des forces cachées et même des forces potentielles qui se révéleront effectivement et permettront de bâtir les réalisations de ‘Habad dans le pays où vous vous trouvez maintenant, jusqu’à ce que notre juste Machia’h rassemble les exilés d’Israël des quatre points cardinaux. Alors, “ l’un n’enseignera plus à l’autre, car tous Me connaîtront ”.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, au plus vite et avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Lettre n°2928
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2928, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Elloul 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Nissan(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre de jeudi, dans laquelle vous m’annoncez que vous recevrez bientôt le visa pour votre voyage(2). J’attends donc une suite favorable, l’obtention effective de ce visa.
De façon générale, il n’y a pas lieu de craindre un voyage en avion. Il suffit que celui-ci soit grand et qu’il ait quatre moteurs. Le grand Rav Hillel Pevsner a également reçu un visa. Vous ferez donc un sorte de ne pas voyager ensemble. L’un partira après le retour de l’autre(3).
Vous avez sûrement reçu ma lettre, dans laquelle je vous rappelai encore une fois le mérite et la responsabilité qui vous incombent de multiplier le nombre des élèves originaires du Maroc(4). Cette multiplication sera également qualitative. Sans doute faites-vous tous les efforts nécessaires, en ce sens. Bien évidemment, votre voyage ici ne devra pas entraîner un manque, dans ce domaine.
Je vous joins un recueil sur Elloul. Sans doute le diffuserez-vous de la manière qui convient.
Avec ma bénédiction de réussite et afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) Le Rav Nissan Nemanov, de la Yechiva de Brunoy, dans la région parisienne. Voir, à son sujet, la lettre n°2641. (2) Afin de passer le mois de Tichri 5715-1954 auprès du Rabbi Chlita. (3) Afin qu’il y ait, en permanence, quelqu’un qui puisse diriger la Yechiva. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°2824.
Lettre n°2929
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2929, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 13 Mena’hem Av, dans laquelle vous m’annoncez que vous avez renoncé à votre entêtement à demeurer dans la Yechiva Loubavitch. Vous ne pourrez plus revenir sur votre décision de ne pas reprendre vos études, au sein de cette Yechiva. Vous me demandez donc quel métier vous devez choisir.
Une image vous permettra de comprendre votre situation. Quelqu’un souhaite, pendant un certain temps, nuire à sa propre personne, moralement et donc aussi physiquement. Et, il me demande de quelle manière il doit le faire.
Dieu fasse, par le mérite de vos ancêtres, que vous preniez conscience de la vérité et du bien, matériellement et spirituellement à la fois, en demeurant dans la tente de l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout.
Puisse Dieu faire qu’il en soit ainsi alors que le tort que vous vous causez à vous-même est encore réduit.
Avec ma bénédiction, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Lettre n°2930
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2930, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 8 Elloul, qui m’annonçait une bonne nouvelle, celle de votre installation dans cette ville. Je suis surpris que vous ne m’ayez pas communiqué cette information plus tôt.
Dans votre lettre, vous me décrivez la nature des personnes de cette ville, les propos de ceux qui ont essayé, au préalable, d’y mener une campagne de diffusion de la Torah et des Mitsvot, des difficultés inhérentes à de telles actions.
Vous connaissez sûrement la lettre de mon beau-père, le Rabbi, dans laquelle, il raconte que son grand-père, le Rabbi Maharach écrivit à un homme qui s’était installé dans un endroit où les Juifs étaient relativement éloignés de la pratique de la Torah et des Mitsvot. Il lui expliqua que Dieu aurait, bien évidemment, pu faire qu’il gagne sa vie en un lieu où l’on étudie la Torah et où on Le craint. Il faut en conclure que Dieu l’avait conduit en ce coin reculé afin d’y assurer sa subsistance morale, consistant à y exercer une influence
positive.
On met la Divinité encore plus clairement en évidence en intensifiant l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot. Il n’est donc pas surprenant d’affronter des difficultés. Plus l’action est utile et plus les forces du mal cherchent à lui faire obstacle. Plus encore, l’intensité de la pénombre fait la preuve de l’immense lumière qui peut se révéler en cet endroit.
Une image permet de le comprendre. Lorsque l’on fait tomber une pierre du haut d’une muraille, elle s’éloignera beaucoup plus que si on la jette du milieu de cette muraille. Tout dépend donc de l’émissaire qui a été délégué en ce lieu. Celui-ci doit s’acquitter de la meilleure façon de la mission qui lui est confiée.
Si vous entretenez des rapports amicaux et agréables avec les personnes de l’endroit, si vous commencez l’action menée auprès d’eux par celle qui concerne leurs enfants, j’ai bon espoir que vous pourrez observer comment un peu de lumière repousse beaucoup d’obscurité. Combien plus en est-il ainsi quand il s’agit de beaucoup de lumière. Bien évidemment, il faut se garder d’éveiller la suspicion de ceux qui résident en ce lieu en montrant qu’on les considère comme des ignorants.
L’idée est donc la suivante, comme l’explique le chapitre 32 du Tanya. Il faut adopter le comportement d’Aharon, aimer les créatures et, bien entendu, ne pas leur demander de se transformer, d’une extrême à l’autre. Elles le feront peu à peu et il est certain qu’un effort n’est jamais vain.
Avec ma bénédiction de réussite et afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année, dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Lettre n°2931
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2931, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 5 Elloul, dans laquelle vous me demandez si vous devez maintenir votre pratique, puisqu’il vous arrive de prier longtemps, en méditant d’après la ‘Hassidout. Or, il semble que ceci n’affine pas votre personnalité. Vous me demandez donc si vous devez continuer à le faire.
Votre question est surprenante. Vous priez de cette façon et, malgré cela, vous n’êtes pas encore parvenu à changer votre personnalité. Vous pouvez donc imaginer ce qui se passera quand vous abandonnerez cette pratique, comme la pratique quotidienne permet de le vérifier. La logique immédiate permet d’établir qu’en priant longtemps et en méditant à la Torah de vie, on améliore effectivement sa personnalité, de sorte qu’au final, non seulement on repoussera le mal, mais, bien plus, on le transformera en bien.
Il faudrait faire vérifier vos Tefillin et donner, avant la prière, chaque jour de semaine, quelques pièces à la Tsédaka. Après la prière, vous lirez des Tehilim, selon leur répartition mensuelle. Tout cela vous permettra de voir l’effet de votre prière sur votre personnalité.
Vous me faites également savoir quelle date a été fixée pour votre mariage. Puisse Dieu faire que ce soit avec Mazal Tov, Mazal Tov, en un moment bon et fructueux. Vous bâtirez un foyer juif, un édifice éternel basé sur la Torah et les Mitsvot, telles qu’elles sont éclairées par le luminaire de la Torah, l’enseignement de la ‘Hassidout.
Avec ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov et afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Lettre n°2932
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2932, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre de la veille du Chabbat, dans laquelle vous me dites que vous vous êtes engagé, sans en faire le vœu, à établir un Talmud Torah pour les enfants dans l’endroit où vous résidez. Vous faites sûrement allusion à un endroit où l’on étudiera la Torah véritable, notre sainte Torah.
Puisse Dieu faire que vous connaissiez la réussite, en cela et que vous voyez le fruit de votre effort. Nos saints maîtres disent que Dieu agit “ mesure pour mesure ”. Il vous accordera donc Son aide, de sorte que vous et votre épouse, vous éduquerez vos enfants à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions.
En tout ce que l’on entreprend, on doit avoir l’aide de Dieu, en particulier quand on se trouve dans le “ pays vers lequel toujours sont tournés les yeux de Dieu, du début de l’année à la fin de l’année ”. La responsabilité est alors encore plus grande. Un homme ne peut exiger de Dieu. Il ne peut que solliciter Sa bonté sans contrepartie. Il faut donc multiplier la Tsédaka et le bien, ici-bas. Ainsi, Dieu en fait de même, là-haut.
En conséquence, chaque jour de semaine, avant la prière, vous donnerez quelques pièces à la Tsédaka. Après la prière, vous lirez quelques Tehilim. De plus, en notre génération du talon du Machia’h, il est une Mitsva et un mérite d’instaurer une étude de la partie cachée de la Torah, qui a été révélée et commentée par la ‘Hassidout.
Que Dieu vous accorde la réussite dans tous ces domaines.
Je lirai la demande de bénédiction qu’il y a dans votre lettre près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
Avec ma bénédiction, afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année et dans l’attente de vos bonnes nouvelles pour tout ce qui vient d’être dit,
Lettre n°2933
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2933, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du vendredi de la Parchat Choftim, dans laquelle vous me faites part des difficultés que vous rencontrez, dans la Yechiva Loubavitch de votre ville. Plus précisément, vous n’êtes pas habitué à son emploi du temps et les études sont nouvelles pour vous.
Comme vous le savez sûrement, nos Sages disent, au traité Sotta 52a, que le mauvais penchant de chacun est perpétuellement en lutte et notre sainte Torah porte témoignage que, sans l’aide du Saint béni soit-Il, nul ne pourrait lui résister.
Il en résulte que, lorsqu’un jeune homme désire s’emplir de crainte de Dieu et étudier la Torah, son mauvais penchant observera qu’il pourra ainsi connaître l’élévation, dans chacun de ses deux domaines. Il multipliera donc les stratagèmes pour le détourner de cette nouvelle voie.
Le mauvais penchant est appelé “ roi vieux et fou ” car il incite à faire ce qui heurte la sagesse véritable. En revanche, lorsqu’il tente de convaincre, il sait se montrer particulièrement rusé et il en est ainsi depuis l’origine, ainsi qu’il est dit: “ Et, le serpent est rusé ”. En conséquence, il est dit que le mauvais penchant est expert dans son art. La Torah porte témoignage qu’il assume son rôle de manière particulièrement habile.
S’il aborde ce jeune homme en ces termes: “ Sache que si tu t’engages sur cette voie, il est pratiquement acquis que tu auras la crainte de Dieu, que tu connaîtras la réussite dans l’étude de la Torah ”, il est clair que le mauvais penchant ne le découragera pas, bien plus qu’il lui fera redoubler d’ardeur, dans ce domaine. Il n’a donc pas le choix. Il doit simuler la crainte de Dieu, prendre l’apparence d’un érudit de la Torah et présenter au jeune homme une argumentation diamétralement opposée. Il lui affirmera que, s’il s’engage sur cette voie, il n’atteindra pas l’objectif que sa crainte de Dieu lui fait rechercher. En effet, la perfection n’est pas de ce monde et seul Dieu est parfait. On peut donc observer l’imperfection en toute chose.
Comment déterminer l’origine de ces arguments et de ces interrogations? Un récit de mon beau-père, le Rabbi, permet de le faire. Il concerne Rabbi Na’houm de Tchernobyl et il est mentionné dans la causerie de Pessa’h 5703. Il délivre, brièvement, l’enseignement suivant. S’il s’agit de faire passer sa compréhension avant son action, une telle démarche va à l’encontre de celle qui permit de recevoir la Torah. Si ces arguments remettent en cause l’action concrète, étude de la Torah, pratique de la Mitsva ou prière fervente, ils proviennent, à n’en pas douter, du côté du mal.
Une réflexion, même sommaire, permet de prendre conscience qu’il existe différentes coutumes, que chaque Yechiva a son propre mode de fonctionnement. Chez l’homme, l’habitude devient une seconde nature. Il est donc normal que l’endroit où vous étiez auparavant ne soit pas identique à la Yechiva Loubavitch, dans laquelle vous êtes actuellement. Dans un premier temps, ce changement vous pose problème, car il contredit votre seconde nature.
Si vous en êtes à formuler des questions et des objections, vous devez voir en cela une manifestation des forces du mal. Vous devez donc vous ressaisir agir à l’encontre de leur volonté, de leurs avances. Non seulement vous ne devez pas affaiblir votre étude de la Torah et votre prière, mais, bien plus, il vous faut oublier tout cela, redoubler d’ardeur dans l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot. Et, rien ne résiste à la volonté.
Que Dieu vous accorde la réussite.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Lettre n°2934
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2934, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 17(1) Elloul, qui m’est parvenue pendant le jour lumineux du 18 Elloul(2), puisque, selon le proverbe de mon beau-père(3), le Rabbi, rapporté au nom des premiers ‘Hassidim, “ ce jour introduit la vitalité(4) en Elloul ”.
Bien évidemment, la vitalité va à l’encontre de la tristesse et même, jusqu’à un certain point, de l’amertume. Certes, différents textes expliquent que l’enthousiasme est nécessaire lorsque l’on éprouve de l’amertume(5), mais il est clair que ce sentiment n’est nullement identique à celui qui accompagne la joie, car celle-ci brise toutes les contingences.
Mon but n’est absolument pas de vous faire de la morale, mais uniquement de répondre au contenu de votre lettre. Il n’y a pas lieu d’être amer parce que vous ne parvenez pas à fixer un temps pour étudier la Torah. Car, vous avez le moyen de le faire. A tout moment, vous pouvez imposer un temps pour l’étudier.
L’avancement, dans le domaine de la Sainteté, est tel que “ Je le renverrai peu à peu ”(6). Il ne faut donc pas, lorsque l’on désire changer, s’engager pour plusieurs heures, mais uniquement pour un quart d’heure ou une demie heure, chaque jour, dont une partie sera le matin et une autre, le soir, si cela est possible. Là encore, il ne faut pas en faire le vœu. De façon générale, à l’heure actuelle, on précise systématiquement qu’on ne fait pas de vœu, comme le dit le Likouteï Torah, au début de la Parchat Matot.
Néanmoins, il faut garder scrupuleusement ce quart d’heure. Ainsi, l’on s’engagera sur ce chemin qui, peu à peu, deviendra large. Dès lors, l’étude sera fixée non seulement dans l’esprit, mais aussi dans le temps. Ainsi, disent nos Sages, le Saint béni soit-Il se tient à la droite de chaque Juif pour lui venir en aide, afin qu’il Le serve.
Si l’homme pratique une ouverture comme la pointe d’une aiguille, on lui ouvre, là-haut, comme le portail du Sanctuaire. Et, vous savez que celui-ci n’avait pas de portes. Il était donc ouvert en permanence. L’effort consistait donc uniquement à pénétrer sur l’esplanade du Temple. La pointe d’une aiguille permet d’obtenir un tel résultat.
Je vous joins un recueil sur Elloul qui contient également une lettre, adressée à tous, avec une bénédiction pour la nouvelle année. Bien évidemment, ce qui y est dit vous concerne, de même que les membres de votre famille.
Avec ma bénédiction afin de servir Dieu avec joie et dans la joie, d’être inscrit et scellé pour une bonne année,
Notes
(1) Le Rabbi écrit Tov, bon, mot dont la valeur numérique est dix sept. (2) Date de la naissance du Baal Chem Tov et de l’Admour Hazaken. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°1851. (4) ‘Haï, dix huit, signifie vivant. (5) Afin de pouvoir mieux faire la fois suivante. (6) Il est progressif.
Lettre n°2935
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2935, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris, avec peine, que vous n’étiez pas en bonne santé. Aujourd’hui, je me suis rendu près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et j’ai mentionné votre nom, pour que votre état de santé s’améliore et que vous puissiez servir Dieu avec joie.
Le Rambam, le Tour et le Choul’han Arou’h, de même que plusieurs textes de ‘Hassidout, commentant le verset “ En toutes tes voies, reconnais-Le ”, expliquent que l’on peut aussi servir Dieu en mangeant, si on le fait conformément à la Volonté de Dieu. Il en est de même pour la promenade et pour toutes les activités de l’homme. Il est clair qu’en tous ces domaines, il faut mettre en pratique l’Injonction: “ Servez Dieu dans la joie ”.
Dieu fasse que vous ressentiez immédiatement une profonde confiance en Dieu, Qui “ guérit toute chair et accomplit des merveilles ”, Qui “ nourrit chacun, avec bonté et miséricorde ”, d’autant que nous sommes en Elloul et, comme le dit l’Admour Hazaken, dans son Likouteï Torah, à la Parchat Reéh, page 32b, quiconque le désire peut, en ces jours, aller à la rencontre du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il. Celui-ci réserve un bon accueil à chacun, montre un visage bienveillant, ainsi qu’il est dit : “ Dieu éclairera Sa Face envers toi ”.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Lettre n°2936
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2936, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
18 Elloul 5714,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Yossef David(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, dans laquelle vous répondez aux remarques que j’ai formulé à propos du Erouv(2).
Vous évoquez la végétation et vous faites remarquer que vous n’en avez pas vue à Manhattan. Cela est surprenant, car il y en a beaucoup et en différents endroits.
Vous parlez également de la constitution d’un banc de sable en cet endroit et vous considérez que, selon l’avis de nos Sages, “ il n’y a pas lieu de craindre que se dresse un banc de sable ”. Il faut en conclure que cet avis n’a pas été retenu, car, pour beaucoup des premiers et des derniers Sages, il n’y a plus, à l’heure actuelle, de domaine public tel qu’il est défini par la Torah(3). Malgré cela, on mentionne le fait que peut se constituer un banc de sable, même de nos jours et l’on développe également des explications à ce sujet.
Je faisais remarquer que le Chabbat est particulier du fait qu’il a été donné à Mara(4). Vous soulevez une objection en considérant les Tossafot, au traité Chabbat 87b. Il me semble pourtant avoir cité la même référence, dans ma lettre. Or, les Tossafot disent que, selon un avis, il fut interdit, à Mara, de transporter pendant le Chabbat et l’on peut considérer que l’autre avis ne le conteste pas, puisque leur controverse ne porte pas sur ce point.
Vous faites également une comparaison avec la circoncision et vous consulterez, à ce sujet, le commentaire de la Michna(5), à la fin du septième chapitre du traité ‘Houlin. J’y faisais également allusion dans ma lettre, en disant que le Chabbat leur fut présenté, sur le mont Sinaï, “ comme cela t’a été ordonné à Mara ”. Il n’en est, bien sûr, pas de même pour la circoncision.
Mais, le but de la présente est avant tout de vous souhaiter d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année.
Avec mes respects et ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav Y.D. Moskovitch. Voir, à son sujet, la lettre n°2786. (2) Voir la lettre n°2786. (3) Voir, à ce sujet, le Likouteï Si’hot, tome 21, page 384. (4) C’est-à-dire avant le don de la Torah. (5) Du Rambam.
Lettre n°2937
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2937, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Jour lumineux du 18 Elloul 5714,
Brooklyn, New York,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos lettres du jeudi de la Parchat Ekev et du mercredi de la Parchat Tétsé. J’ai été content d’apprendre que votre fils allait mieux. Il est sans doute rentré à la maison, en un moment bon et fructueux.
J’ai également été satisfait de savoir que vos affaires vont mieux. Comme le disent nos Sages, au traité Baba Batra 12b, lorsque l’on reçoit le bien, on l’obtient de façon durable(1). Puisse donc Dieu faire que vos affaires aillent de mieux en mieux, pendant de longs jours, matériellement et spirituellement.
Vous ne devez pas vous presser de rembourser l’argent que je vous ai prêté, de la caisse de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. En effet, j’espère qu’il vous apportera la bénédiction et la réussite.
Vous me demandez si vous pouvez vous rendre près du tombeau de votre père pendant les douze premiers mois(2). Tout dépend, en fait, de la coutume locale. Dans certains endroits, on le fait pas pendant ces douze mois. En revanche, s’il n’y a pas de coutume établie, en particulier en ces jours propices d’Elloul et de Tichri, rien ne vous empêche de vous y rendre.
Vous connaissez sûrement les usages, lorsque l’on se rend dans un cimetière, près de la tombe d’un parent(3). On se trempe au Mikwé, ce jour-là. On doit boire, mais non manger, avant d’y aller.
Vous me demandez comment réparer ce qui s’est passé(4) et se préserver pour l’avenir. Vous devez, avant tout, cesser de penser à ce qui s’est passé, car cette pensée elle-même peut provoquer un accident indésirable. Vous obtiendrez cette réparation en multipliant les mots de la Torah et de la prière, en respectant l’immersion rituelle instaurée par Ezra(5), en contribuant plus fréquemment à la Tsédaka, sans en faire le vœu et en contribuant, de la manière qui convient à l’éducation des enfants juifs. De même, il serait bon de faire vérifier vos Tefillin si vous ne l’avez pas fait depuis un certain temps.
J’espère avoir de vos bonnes nouvelles, à propos de tout ce qui vient d’être dit.
A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous adresse, à vous et aux membres de votre famille, mes souhaits afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2918. (2) Après le décès. (3) Voir le Séfer Haminhaguim ‘Habad, à la page 96. (4) Vraisemblablement une émission de semence en pure perte. (5) Après chaque relation conjugale.
Lettre n°2938
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2938, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre, dans laquelle vous me parlez d’une femme dans le foyer duquel la paix ne règne pas et l’on considère que sa belle-mère est à l’origine de cette situation, car elle lui fait du mal et leur rend fréquemment visite, dans ce but.
Il est à peu près certain qu’un point concernant la pureté familiale doit être rectifié. Une telle situation est l’une des nombreuses conséquences d’un respect imparfait de ces lois. Nos Sages disent, au traité Nidda 31b: “ Pourquoi la Torah instaure-t-elle ces lois? Pour qu’un homme éprouve de l’amour pour son épouse ”. Bien évidemment, cela a également une incidence directe pour les enfants qui naissent.
J’espère que vous trouverez les termes pour expliquer tout cela à ses parents. L’expérience montre que, moins l’on éprouve de la honte à évoquer ces sujets, même si, bien entendu, il faut le faire de manière délicate, plus les personnes concernées sont satisfaites, par la suite.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne année,
Lettre n°2939
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2939, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 18 Elloul et j’y ai vu, avec satisfaction, que vous conservez le souvenir de vos origines ‘hassidiques et, surtout, que vous maintenez votre pratique juive, avec les coutumes des ‘Hassidim, même en Amérique.
Comme vous le savez, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, a dit(1) que l’idée selon laquelle l’Amérique est différente de la vie traditionnelle en Europe est fallacieuse. Le fascicule que je joins à la présente explique longuement tout cela.
Vous parlez de la prière publique et il s’agit, de fait, d’un point particulièrement important. Il est clair que les paroles profanes que vous entendez, pendant cette prière publique, sont réellement une gêne. Pour autant, cela ne justifie pas que l’on prie seul, chez soi. Il faut, bien au contraire, se servir de l’ascendant et de la chaleur que Dieu confère à l’homme pour convaincre son entourage que l’on doit, dans une synagogue, adopter le comportement qui sied à un endroit sacré, puisque c’est bien ainsi qu’il faut définir cet endroit.
Chaque Juif a, au fond de son cœur, une foi intègre et, lorsque l’on s’adresse à lui de manière chaleureuse, on parvient à le convaincre. Et, le mérite du plus grand nombre dépend de cela.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom et celui de vos enfants près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Mais, comme vous le savez, l’usage veut que l’on mentionne le nom juif, de même que celui de la mère(2). Vous m’écrirez donc ces noms et, par la suite, je le ferai avec joie.
A l’approche du nouvel an, je vous souhaite d’être inscrit et scellé pour une bonne et douce année.
Avec ma bénédiction de bonne année,
N. B. : Je remarque, sur l’enveloppe, que vous êtes le secrétaire d’une association d’originaires d’une certaine ville. J’espère que vous vous servez de votre influence pour y renforcer la Torah et les Mitsvot. En effet, “ à quiconque ajoute(3), on ajoute(4) ”.
Notes
(1) Voir les Iguerot Kodech du précédent Rabbi, tome 18, lettre n°3713. (2) Chaque fois qu’il s’agit de solliciter une bénédiction. (3) Des efforts. (4) Des bénédictions.
Lettre n°2940
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2940, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Elloul 5714,
Brooklyn,
Aux dirigeants des jeunes de l’Association ‘Habad,
à Tel Aviv, que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 10 Elloul. J’y ai appris, avec peine, qu’il n’a pas été possible de faire paraître le Bitaon(1) pour le 18 Elloul, comme cela était prévu. La seule raison en est le manque de moyens.
Je suis surpris que vous ne cherchiez pas à avoir des rentrées fixes, pour le Bitaon. Même s’il s’agit d’un bulletin intérieur, on doit pouvoir obtenir, en plus des dons aux institutions, les contributions de ceux qui le reçoivent.
Il me semble que, l’an dernier, le Bitaon était effectivement paru pour le 18 Elloul. Or, dans ces domaines, il convient d’ajouter et non de diminuer.
J’ai été satisfait d’obtenir un compte rendu de ce qui a été fait le 12 Tamouz(2) et de l’émission de radio qui est prévue, à propos du 18 Elloul. J’espère qu’elle sera effectivement réalisée.
Vous dites que vous ne comprenez pas ce que j’entends par activités communautaires. Il est bien évident que l’on ne peut pas répondre à une telle question à distance, car tout dépend des conditions de l’endroit. En Terre Sainte, tout particulièrement, l’action peut prendre de très larges dimensions et la création de cours de ‘Hassidout là où il n’y en a pas n’est qu’un aspect. Néanmoins, vous pensez faire venir des personnes d’autres endroits et les rémunérer, pour ces cours. Or, on peut se demander si une telle organisation est viable, du fait des coûts et de la fatigue qu’elle impose.
Dans un premier temps, au moins, vous fixerez donc des cours, là où un enseignant peut être trouvé sur place. Même s’il est nécessaire de le rémunérer, la dépense ne sera pas aussi importante que s’il fallait faire venir quelqu’un de loin.
Je vous joins quelques bons d’envoi en port payé, à titre de participation aux actions du mois de Tichri. Néanmoins, celle-ci n’est que symbolique, car je considère que les actions courantes doivent être financées avec des crédits locaux. Seule une telle organisation est durable, dès lors que certaines personnes recherchent son développement.
J’ai bien reçu le compte rendu de votre réunion commune.
A l’occasion de la nouvelle année, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, Dieu fasse que votre mission sacrée soit fructueuse, dans sa globalité. A n’en pas douter, elle multipliera la bénédiction et la réussite pour chacun de ceux qui y prennent part, en ses préoccupations personnelles.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne année,
Notes
(1) Le Bitaon ‘Habad, organe de cette Association, en Terre Sainte. (2) A l’occasion de la libération du précédent Rabbi des prisons soviétiques.
Lettre n°2941
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2941, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai été satisfait d’apprendre que vous avez fixé tous ces cours et surtout que ceux-ci sont de plus en plus fréquentés. Sans doute multiplierez-vous les efforts en ce sens et, de fait, ceux-ci ne seront jamais trop importants, eu égard à l’importance de cet accomplissement, surtout si l’on tient compte de l’affirmation de l’Admour Hazaken selon laquelle la ‘Hassidout s’adresse à tout le peuple juif.
En conséquence, quiconque agit de cette façon réalise le souhait du cœur de l’Admour Hazaken, en multipliant, dans sa communauté, ceux qui se sont rapprochés de la ‘Hassidout, de son enseignement, de ses pratiques et de ses usages.
Le fait d’avoir chargé les ‘Hassidim, à tour de rôle, de réciter de la ‘Hassidout(1) est particulièrement judicieux. Il serait bon que l’on envie cette manière d’agir dans les autres succursales(2) et qu’on l’adopte également.
Il est sûrement inutile de vous souligner que l’on doit inclure, dans ses cours, la connaissance des lois courantes(3), exposées dans Ora’h ‘Haïm, d’autant que, dans différents milieux, cette étude a été négligée, au point que lorsqu’il faut agir, on ne sait comment le faire, ce qui est permis et ce qui ne l’est pas. On peut vérifier concrètement qu’il en est ainsi.
On connaît l’importance que nos saints maîtres ont accordé à une telle étude. On peut l’établir également en consultant l’introduction du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken.
Comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom et celui des membres de votre famille, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.
A l’occasion du nouvel an, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous exprime mes souhaits, à vous et à tous les vôtres, afin que vous soyez inscrits et scellés pour une bonne et douce année, matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Par cœur, à l’occasion du Chabbat et des fêtes. (2) Vraisemblablement de l’Association des ‘Hassidim ‘Habad. (3) Voir, à ce propos, la lettre n°2856.
Lettre n°2942
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2942, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Elloul 5714,
Brooklyn, New York,
A un groupe de jeunes filles(1),
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai reçu votre lettre depuis quelques temps et, pour différentes raisons, ma réponse a été retardée.
Au seul du nouvel an, qui approche, pour nous et pour tout Israël, pour le bien et pour la bénédiction, je vous apporte ma réponse, au moins brièvement, car il est très difficile d’expliquer tout cela par écrit et j’espère que cette dame(2) pourra vous apporter les éclaircissements qui seront nécessaires sur mes propos.
Tous les Juifs, “ croyants et fils de croyants ”, ont la conviction que le Créateur dirige le monde, par Sa Providence. Bien évidemment, il n’est pas un seul aspect(3) qui soit inutile. Combien plus est-ce le cas pour le genre humain et, encore plus clairement, pour le peuple élu. Chaque Juif et chaque Juive, en effet, reçoit une mission spécifique, non seulement pour lui-même, mais aussi envers la collectivité.
On peut comprendre aisément, et la pratique en fait la preuve, que la finalité de la vie n’est pas de se consacrer aux plaisirs du monde, qui finissent par s’altérer. Bien au contraire, “ l’homme est né pour l’effort ” et, lorsqu’il l’investit dans la Torah et les Mitsvot, qui sont éternelles, il obtient la satisfaction morale, en particulier quand il agit également pour le bien de l’autre. Tel est le sens de l’expression “ Torah de vie ” qui, au sens littéral, fait allusion à la vie dans ce monde matériel.
Bien entendu, cela ne veut pas dire que l’on doit éprouver du dégoût pour les plaisirs de ce monde, au point de s’imposer des mortifications et des souffrances, tout au long de sa vie. On sait, et la ‘Hassidout l’établit, que ces mortifications ne sont pas un but en soi. Pour autant, il faut déterminer ce qui est principal et ce qui est accessoire. Et, les plaisirs auxquels vous faites allusion dans votre lettre et dont vous avez tant de mal à vous séparer ne sont pas le but recherché. Il ne faut considérer l’or ou le cinéma comme un “ veau ”(4). Vous conviendrez que ceux-ci sont secondaires, ou même totalement dépourvus de tout contenu profond.
Il en était déjà ainsi lorsque tout allait bien. Combien plus est-ce le cas en la présente époque, alors que certains idéaux, certaines fausses conceptions ont montré à quel point ils sont vides, sans apport réel. L’homme qui est dans la détresse ne sera pas sauvé par l’argent ou par la force. De nos jours, il est plus aisé de prendre conscience de cette vérité absolue, de parvenir à l’intégrité, après la disparition des voiles et des obstacles imposés par ces idéaux insensés, par les vanités du monde, qui remettent en cause la logique première.
Chacun de ceux, appartenant à notre peuple, qui a survécu, comme un tison sauvé du feu, à la terrible destruction(5), doit considérer qu’il est un émissaire, chargé d’assumer non seulement la mission qui lui est confiée, mais aussi celle des personnes qui sont parties avant leur temps.
Au même titre que le peuple juif dans son ensemble, ceux qui ont observé la Torah et les Mitsvot ont conservé l’existence jusqu’à ce jour. A l’opposé, les groupes qui se sont écartés du droit chemin ont disparu ou bien ne sont que quelques uns, devenant de plus en plus faibles, comme des membres inertes(6).
Il en est de même pour chaque individu. Celui qui adopte le chemin de la Torah dans son existence quotidienne, en particulier dans ses pensées, ses paroles et ses actions, connaît la plénitude, y compris dans ce monde, car chacun de ses jours est empli de son juste contenu et lui apporte la satisfaction.
L’idée fondamentale découlant de cette analyse est la suivante. Globalement, la Torah et les Mitsvot ont préservé les Juifs de l’extinction. Elles sont le fil conducteur, reliant entre elles toutes les générations, depuis le don de la Torah jusqu’à maintenant.
Je formule le vœu et j’ai la conviction que chacune d’entre vous empruntera ce chemin, que nos ancêtres ont tracé pour nous, que vous avancerez, en sécurité, sur la voie qui permet d’avoir le bonheur matériel, précisément parce que vous connaîtrez le bonheur spirituel.
Je vous adresse ma bénédiction pour que vous vous serviez de toutes vos forces, de toutes vos capacités, de l’héritage de vos parents, du fait de la guerre(7), afin de rester fidèles à l’éternité d’Israël, à sa Torah et d’influencer votre entourage dans cette même direction.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrites et scellées pour une bonne année,
Notes
(1) Le Rabbi précise la ville dans laquelle celles-ci se trouvent. (2) Vraisemblablement celle qui a dirigé ces jeunes filles vers le Rabbi. (3) Qui soit inutile. (4) Un veau d’or, une idole. (5) A la Shoa. (6) Parce qu’ils ont été détachés du corps auquel ils appartiennent. (7) A cause de laquelle ils ne sont plus là.
Lettre n°2943
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2943, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Elloul 5714,
Brooklyn, New York,
Je vous bénis et vous salue(1),
J’ai reçu, il y a quelques temps, votre lettre, dans laquelle vous me décrivez votre situation morale. Vous me parlez également de votre activité pédagogique, en particulier auprès de ce groupe de jeunes filles. Du reste, celles-ci m’ont écrit(2) et leur lettre est le reflet de votre état d’esprit. De fait, on peut largement constater, chez l’élève, l’empreinte du maître.
Je fais maintenant réponse à votre lettre. Vous venez de Russie et vous avez encore à l’esprit les épreuves et les souffrances que vous avez endurées en quittant ce pays. En conséquence, il est sûrement inutile d’expliquer à une femme juive comme vous que le monde n’est pas livré à lui-même. Dieu le dirige, jusque dans le moindre détail, par Sa Providence. C’est là un des fondements de notre foi. Or, tous les Juifs et tous les Juives sont “ croyants, fils de croyants ”, même lorsque cette foi n’apparaît pas à l’évidence(3).
Il en résulte que rien n’est inutile, dans le monde, tout a un but et une finalité et, si ce but n’est pas obtenu, bien plus si le résultat final va à l’encontre de ce qu’il devrait être, un dommage en résulte, pour soi-même et pour le monde entier.
Cette idée apparaît encore plus clairement à tous ceux que la divine Providence a sauvé de l’abîme, durant les persécutions qui se sont abattues sur notre peuple. Une réflexion, même sommaire, permet d’établir qu’ils n’ont pas été miraculeusement sauvés du fait de leur droiture ou de leur mérite, mais bien dans un but précis ou, tout au moins, pour qu’à l’avenir, ils assument la mission qui leur est impartie ici-bas, dans la partie du monde qui leur est confiée, mais en aucune façon pour qu’ils détruisent, ce qu’à Dieu ne plaise.
Quiconque possède certaines aptitudes, lui permettant d’exercer une influence, doit les mettre à la disposition de son entourage et ne pas les considérer comme lui appartenant personnellement. Et, l’on doit, avant tout, avoir conscience de sa responsabilité envers la jeune génération, qui commence à trouver sa voie dans la vie.
Après cette introduction, et bien qu’il soit inutile de préciser ce qui en découle, je développerai ce qui aurait pu être énoncé brièvement, afin d’être plus précis et de supprimer complètement le doute.
Dieu a sauvé des personnes de l’étroitesse, par des miracles et des merveilles surnaturels. Il les a conduit en un endroit où l’on peut accomplir de grandes réalisations, sans aucun sacrifice de leur part, uniquement en faisant abstraction de leur propre volonté. Il est donc clair que celles-ci doivent renoncer à leur satisfaction personnelle, à leur ego, afin de rechercher la vérité. Car, il est clair que toute la difficulté consiste à dire: “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”, c’est-à-dire à se soumettre.
Dieu vous a également sauvé la vie. Il vous a accordé la possibilité d’exercer une influence sur votre entourage, en général et sur les jeunes, en particulier. Vous devez donc prendre conscience du mérite et de la responsabilité qui en découlent et que Dieu vous garde de détruire!
Vous devez vous servir pleinement de vos qualités, et non uniquement de manière partielle, afin de susciter, chez les Juifs et surtout chez les jeunes, une foi pure, sans que le doute ne puisse subsister, en la matière. Il ne faut pas oublier la vérité absolue et, s’il vous semble que le doute subsiste dans les domaines les plus fondamentaux, il n’y a là qu’une apparence, découlant de la présence du mal dans le monde.
Or, une partie de ce mal se trouve dans la personnalité de chacun. Il s’agit du penchant vers le mal, qui occulte la lumière et la vérité. Bien entendu, c’est lui qui vous incite à prétendre que vous ne pouvez convaincre les autres, alors que vous-même êtes encore dans le doute.
Vous n’êtes pas la première à être confrontée à une telle situation et vous ne serez pas la dernière. L’expérience a montré de quelle manière sont préservés ceux qui restent fidèles à la voie de leurs ancêtres, celle de notre Torah, Torah de vie, permettant de vivre en ce monde. Car, si l’on considère l’ensemble du peuple juif, seuls ceux qui ont conservé la Torah et les Mitsvot subsistent jusqu’à ce jour, alors que les groupes qui se sont écartés du droit chemin ont entièrement disparu ou bien ne sont plus que quelques uns, qui vont en s’affaiblissant.
Il en est de même pour chaque individu. L’application de la Torah dans l’existence quotidienne, en particulier dans les pensées, les paroles et les actions donnent un contenu à la vie et apportent la satisfaction, lorsque l’on établit un bilan moral honnête. On connaît alors le bonheur véritable, en observant de quelle manière on est parvenu à guider son prochain. Il n’en est pas de même pour tous ceux qui se sont écartés du droit chemin, ont planté les doutes et donc récolté les déceptions. Il est douloureux d’en dire plus, car tout cela emplit de peine.
Dieu vous a donné le pouvoir de guider votre entourage et vous avez eu le mérite de vous trouver, pendant de nombreuses années, dans un environnement de crainte de Dieu, de pratique des Mitsvot. Vous avez, maintenant, un mérite de plus, puisqu’il y a, près de vous, un groupe de jeunes que vous pouvez encourager et renforcer, afin qu’il ne subisse en aucune façon les influences négatives qui pourraient être dommageables à la vie, ce qu’à Dieu ne plaise. Il en résulte, comme cela vient d’être dit, qu’il est de votre devoir et de votre mérite de vous servir pleinement de ces aptitudes et de ces qualités.
Vous pensez que tout cela n’est pas encore parfaitement clair dans votre esprit. Mais, vos élèves ne peuvent pas attendre que vous parveniez à la plénitude, que vous chassiez toutes les pensées indésirables. Chaque jour qui passe ne se retrouvera jamais plus.
Comme je le disais, il ne fait pas l’ombre d’un doute pour moi que telle est la mission qui vous est confiée ici-bas. C’est pour la mener à bien que Dieu vous a sauvé de tout ce que vous avez vécu et vous a conduit là où vous vous trouvez maintenant. Peut-on polémiquer avec Dieu?
Je vous adresse ma bénédiction afin que vous connaissiez une immense réussite en tout cela et, plus précisément, que Dieu vous permette d’y parvenir sans difficulté et sans voile, au delà de la mesure.
Avec ma bénédiction afin que vous soyez inscrite et scellée pour une bonne année, dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Voir la lettre précédente. (3) Dans leur comportement.
Lettre n°2944
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2944, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu une lettre de votre jeune fils et il m’a fait part de ce qui est arrivé à votre fils plus âgé. Je mentionnerai son nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin qu’il ait une prompte guérison.
Lorsque vous aurez de bonnes nouvelles à ce sujet, j’espère que vous me les transmettrez. Vous pouvez m’écrire dans la langue que vous maniez le plus facilement. En effet, j’ai vécu pendant quelques années à Paris et je lis donc le français.
A ce sujet, je voudrais vous faire remarquer que l’on se rappelle de Dieu non seulement lorsqu’il arrive un événement malencontreux, mais aussi, et encore plus fortement, lorsque Dieu accorde Sa protection pour que celui-ci ne se passe pas du tout ou bien qu’il se passe dans le calme.
La nouvelle année approche et chacun souhaite, demande à Dieu de lui accorder des forces renouvelées, des moyens nouveaux d’assurer sa subsistance. Il ne faut donc pas craindre d’adopter un nouveau mode de vie, conforme aux enseignements de notre sainte Torah.
C’est de cette manière que l’on élargit sa prospérité matérielle, pour soi-même et pour tous les membres de sa famille, que l’on obtient la santé et une véritable satisfaction de ses enfants.
Que Dieu vous vienne en aide afin qu’au plus vite, vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles, à ce sujet.
En vous souhaitant une bonne année,
Pour le Rabbi Chlita,
Lettre n°2945
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2945, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
23 Elloul 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai lu avec attention ce que vous m’écrivez, à propos de la colonie de vacances de Kfar ‘Habad. J’ai été satisfait de constater qu’au final, vous avez activement participé à son organisation. Vous connaissez le proverbe de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon lequel “ une action est préférable à mille plaintes ”, surtout en matière d’éducation des enfants, qui apportent des fruits et des fruits de fruits, pour l’éternité.
A n’en pas douter, Dieu tiendra Sa promesse et Il agira “ mesure pour mesure ”, en vous accordant une grande réussite dans votre étude et dans votre propre éducation. En effet, celle-ci est acquise par l’homme tout au long de sa vie, ainsi qu’il est dit: “ le nombre des années confère la sagesse ”.
Pour autant, j’ai noté, entre les lignes, que les éducateurs et les professeurs considèrent la direction du réseau(1) comme responsable de cette activité, pour laquelle une fonction bien précise leur est confiée(2). Or, j’ai déjà écrit, à plusieurs reprises, à ceux qui participent aux activités du réseau, pour dire que chacun d’entre eux est personnellement responsable et reçoit donc personnellement le mérite de ce qui est accompli.
En conséquence, ceux qui assument d’importantes responsabilités au sein du réseau, c’est-à-dire les enseignants, ont réellement un mérite beaucoup plus grand. En conséquence, leur adhésion, leur motivation, leur empressement, dans l’action, doivent aussi être beaucoup plus larges que ceux des membres de la direction, qui ne font que soutenir la Torah.
Une réflexion, même sommaire, permet d’établir que tout ce qui est accompli par l’homme manque de perfection. Mais, parfois, il peut sembler que le manque est encore plus important que ce qu’il est, d’ordinaire. Il faut alors redoubler d’ardeur et d’intérêt pour rectifier tout cela. Et, vous connaissez l’affirmation du Saint béni soit-Il, selon laquelle “ on vient en aide à celui qui désire se purifier ”.
Dieu fasse que vous soyez inscrit et scellé pour une bonne et douce année, une année de réussite dans l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, une année de réussite dans l’influence que vous exercerez autour de vous, en particulier dans le domaine de l’éducation basée sur les valeurs sacrées.
J’ai bien reçu votre demande de bénédiction.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch en Terre Sainte. (2) Mais, dont ils n’endossent pas personnellement la responsabilité.
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