Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°2726
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2726, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Sivan 5714,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai bien reçu votre lettre, dans laquelle vous me rapportez ce qui vous a été transmis, en mon nom. Vous me dites que vous acceptez certains points et que vous en refusez d’autres(1). Vous n’appliquerez donc ces derniers que sous la contrainte.
L’approche que vous adoptez est négative et inadaptée. Chacun souhaite avoir une vie heureuse. Or, la quantité et la qualité du bonheur dépendent du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il. La question qui se pose n’est donc pas de déterminer ce que l’homme désire ou ce qu’il ne désire pas, mais bien de savoir comment assurer son bonheur, qui peut le faire, dans quelles conditions est-il possible d’y parvenir.
Lorsqu’il(2) était ici, je lui ai dit qu’une femme peut venir en aide à son mari ou bien se dresser contre lui. Certes, il est difficile de déterminer d’emblée ce qu’il en sera, de savoir avec précision quels rapports l’un et l’autre entretiendront, pendant des décennies. Néanmoins, un élément déterminant, en la matière, est le rapport qui existe entre les jeunes, leur manière de tenir compte, avant le mariage, des conceptions des autres. Je lui ai donc dit qu’il fallait vérifier tout cela, dans la mesure du possible. Et, de fait, il en est de même pour quiconque désire se marier.
Pour ce qui le concerne, il ne doit rien vous cacher de la conception qu’il se fait actuellement de la vie. Il doit vous demander de prendre clairement position sur celle-ci. Or, si vous adoptez l’attitude que vous exposez dans votre lettre et si vous organisez votre vie comme bon vous semble, sans tenir compte de l’avis de Dieu et des enseignements qu’Il a délivrés à chaque Juif et à chaque Juive, vous devez réellement vous interroger sur ce mariage et sur cette union.
Il(2) souhaitait connaître mon avis, recueillir mon accord et, selon son expression, ma bénédiction. Or, je peux, pour ma part, donner cet accord de tout mon cœur quand j’observe que les plus grandes chances sont réunies pour que la vie commune soit heureuse. Pour cela, elle doit être basée sur les Mitsvot, telles qu’elles sont définies par le Choul’han Arou’h et non selon l’idée que chacun s’en fait, acceptant certain détails, en refusant d’autres.
Le Saint béni soit-Il donne l’assurance qu’en s’engageant dans Ses voies, on aura une vie pleine de bénédiction et de réussite. Il n’en est pas de même, en revanche, si l’on adopte une autre attitude. Or, je ne peux pas prendre la responsabilité de contribuer à une telle action, lorsque l’un des deux ne peut promettre de faire ce qu’il ne désire pas et invoque aussitôt la contrainte.
Quand une femme prétend maintenir sa position(3), refuser de se couvrir la tête avec un foulard ou bien avec une perruque, mettant ainsi en cause son propre bonheur et également celui de l’homme avec lequel elle doit partager sa vie pendant plusieurs décennies, c’est qu’elle n’a nullement le sens de la responsabilité, qu’elle a une mauvaise appréciation, qu’elle ne sait pas ce qu’est la vie commune, ne comprend pas qu’il faut faire des concessions, parfois importantes, pour préserver l’unité et le bonheur. Or, ces valeurs n’imprègnent la vie d’un Juif et d’une Juive qu’à travers la Torah et les Mitsvot.
Que Dieu vous aide à trouver votre voie dans la vie, à découvrir ce qui est, pour vous, le bien véritable, le bien matériel et spirituel, car, de fait, ces deux dimensions sont indissociables.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Cette lettre, adressée à une jeune fille, répond probablement aux craintes qu’elle éprouve face au parti qui lui est proposé, car elle ne désire pas s’engager pleinement à la pratique de la Torah et des Mitsvot. (2) Vraisemblablement, celui qui devrait se marier avec la destinataire de cette lettre. (3) Comme c’est sans doute le cas pour la destinataire de cette lettre.
Lettre n°2727
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2727, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Sivan 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yochoua Chnéor Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je voudrais vous répéter une seconde et même une troisième fois ce que je vous ai déjà dit.
Il est indispensable d’agrandir la Yechiva(2), quantitativement et qualitativement, dans toute la mesure du possible. Il est dit que “ le Saint béni soit-Il n’agit pas de manière sournoise envers Ses créatures ”. Il est donc certain que vous en avez les moyens. Néanmoins, “ le résultat est à la mesure de l’effort ”(3) et “ celui qui te dit ne pas avoir fait d’effort et avoir néanmoins connu le succès, ne le crois pas ”.
Il faut donc supprimer tous les voiles, obscurcissant les actes du service de Dieu, quels qu’ils soient, en particulier quand ils concernent l’éducation des enfants et surtout en un pays où celle-ci n’en est qu’à son début. Or, vous exprimez les plus grands regrets d’être, depuis quelques mois, seulement quelques uns à vous consacrer à tout cela. Concernant le bâtiment, vous avez observé une réussite considérable. Vous avez vu des personnes adopter l’attitude la plus positive, d’une manière totalement inespérée. Malgré cela, vous formulez encore de telles remarques!
Vous me dites qu’il n’y a pas, chez vous, un grand érudit de la Torah, maîtrisant la langue du pays. La manière d’agir de ‘Habad, dans les différents pays, contredit tous vos arguments. Et, de fait, à quoi bon les formuler, alors qu’il est bien évident qu’une Yechiva Loubavitch doit exister en Australie? Car, si ce n’était pas le cas, si aucun profit, matériel ou spirituel, n’était envisageable, Dieu ne vous aurait pas conduit en ce pays.
Il me semble vous avoir déjà rapporté une fois le proverbe du Razah(4), selon lequel “ un lituanien ne croît que ce qu’il compte ”(5). Peut-on, en revanche, persister à ne pas croire, même après avoir compté?
Vous me dites qu’il y aura, dans la Yechiva, une bibliothèque comprenant des ouvrages de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout. Il s’agit là d’une bonne initiative. Il me semble que vous possédez déjà tous les livres publiés par les éditions Kehot. Si vous nous adressez une liste des ouvrages déjà en votre possession, nous pourrons compléter ce qui manque.
Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) Le Rav Y.C. Z. Serebrianski, de Melbourne. Voir, à son sujet, la lettre n°2681. (2) De Melbourne. Voir la lettre n°2681. (3) Textuellement, “ la marque, sur le dos du chameau, est fonction du poids du fardeau ”. (4) Rabbi Zalman Aharon, frère du Rabbi Rachab. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°2550.
Lettre n°2728
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2728, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
10 Sivan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 5 Sivan et la suivante, avec la demande de bénédiction qui y était jointe et dont je donnerai lecture, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. A n’en pas douter, il invoquera la bénédiction divine pour tous ceux que vous mentionnez, afin qu’ils obtiennent la satisfaction de leurs besoins, matériels et spirituels.
Vous me parlez de votre classe et vous me dites que, pour différentes raisons, les cours y ont été suspendus, pendant quelques temps. Comme vous le savez, nos Sages disent: “ J’ai fait des efforts et ils ont été couronnés de succès ”. C’est en particulier vrai quand il s’agit de l’enseignement, qui est une mission sacrée. Pour l’assumer, Dieu accorde donc une aide accrue.
Néanmoins, comme pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot, l’éducation doit être abordée avec joie et confiance en Dieu. Dès lors, la réussite, qui s’accroît en permanence, peut être observée, chez l’enseignant comme chez les élèves. Bien plus, de cette manière, l’enseignant peut conserver la santé et même la raffermir, au sens le plus littéral.
Vous me parlez d’un jeune homme, repoussant l’examen qu’il doit subir, du fait du problème que cela pose(1). Vous connaissez l’enseignement(2) que donna mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, à ce sujet: “ Il est bon de faire don de soi-même, dans ce but(3) ”.
Néanmoins, il existe différents examens et diverses manières de les pratiquer. Il est, bien sûr, préférable de commencer par celui qui pose le moins de problème, d’après la Hala’ha.
Puisse Dieu faire que vous m’annonciez, très prochainement, de bonnes nouvelles, à ce sujet.
Avec ma bénédiction de réussite,
N. B. :
Je suis surpris que vous ne parliez jamais, dans vos lettres, de votre participation aux réunions ‘hassidiques.
Notes
(1) Provoquant une perte de semence, que l’on peut estimer être en pure perte. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°1997. (3) Dans le but d’avoir des enfants et donc de pratiquer cet examen.
Lettre n°2729
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2729, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Sivan 5714,
Brooklyn,
Aux Rabbanim, distingués ‘Hassidim qui craignent Dieu
et se consacrent aux besoins communautaires,
le Rav Avraham Dreizin,
le Rav Ephraïm Wolf(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu vos trois lettres des 14, 17 et 29 Iyar, concernant l’école professionnelle(2).
1) Vous comprendrez que je ne puisse modifier les conceptions de Loubavitch et, de fait, telle n’est nullement mon intention, même si le ministère du travail et le Joint(3) l’exigent. Je l’ai clairement dit au Rav Jung(4), lorsque nous avons commencé à évoquer cette école professionnelle. J’ai dit que celle-ci devait être dirigée dans l’esprit de Loubavitch. J’ai précisé que, si ce n’était pas le cas, je préférais me retirer de ce projet et ne pas même lui apporter un commencement. Et, lui-même était surpris que l’on puisse tenter d’intervenir dans ce domaine.
Bien évidemment, ma position n’a pas changé, depuis lors. En conséquence, il est indispensable que les études sacrées prennent plus de temps que les études profanes. Il ne saurait en être autrement. Il serait bon que la prière et l’étude de la Torah représentent les deux tiers du temps, le dernier tiers étant consacré à l’étude d’un métier.
B) Les études sacrées(5) doivent précéder les études professionnelles. Puis, après celles-ci, il y aura encore une autre étude de la Torah, la nuit.
C) Il est également nécessaire d’étudier la ‘Hassidout à la fois le matin et le soir.
D) Il doit être bien clair, au sein de cette école professionnelle, que l’étude d’un métier est accessoire par rapport à celle de la Torah et non l’inverse, ce qu’à Dieu ne plaise.
E) Il semble que vous ayez envoyé cet hiver, aux Etats Unis et peut-être même dans d’autres endroits, des courriers sollicitant une aide pour cette école professionnelle. J’aimerais savoir si la collecte a été supérieure à la dépense et, le cas échéant, de combien.
F) Un point concerne plus la Yechiva Loubavitch de Lod que l’école professionnelle. Néanmoins, il s’applique également à cette dernière et j’évoquerai donc le sujet dans la présente lettre.
Les courriers qui parviennent ici(6) semblent indiquer une tendance à quitter la Yechiva Loubavitch de Lod pour rejoindre l’école professionnelle. Or, disent nos Sages, “ le trou est à l’origine du vol, et non la souris ”(7). Il faut donc lutter contre cette tendance pendant qu’il est encore temps et de la manière qui convient. On doit instaurer des barrières et des règles, définir qui est apte à rejoindre l’école professionnelle.
Il serait bon de fixer que, pour être accepté à l’école professionnelle, il soit nécessaire, dans un premier temps, de fréquenter une Yechiva ‘Habad de Terre Sainte, durant une certaine période. C’est uniquement par la suite que l’on intégrera l’école professionnelle.
G) Il est bon, pour l’heure, jusqu’à ce que l’on ait adopté une organisation définitive, de ne pas accepter plus d’élèves que ceux qui sont déjà inscrits.
Il est judicieux également que l’on connaisse, par ailleurs, les élèves de l’école professionnelle et que ceux-ci aient déjà fréquenté, pendant quelques temps, d’autres institutions ‘Habad.
H) Concernant le coût de cette école, il était question qu’après l’édification du bâtiment, le Joint prenne en charge les besoins des professeurs et des élèves. Bien évidemment, avant d’en arriver à ce stade, on ne pouvait traiter de cette question en détail. Je suis surpris que vous ne m’écriviez pas si des éléments vous ont été transmis, à ce sujet.
En tout état de cause, la relation que vous faites entre l’école professionnelle et le comité n’a pas lieu d’être, comme cela a été dit lorsque l’on a commencé à envisager la création de cette école. Le comité n’a rien à voir avec tout cela.
I) J’évoquerai les autres points à une seconde occasion, car je ne souhaite pas retarder la présente lettre, afin de fixer d’emblée les grands principes de cette école professionnelle. Le point le plus fondamental est donc le suivant. Il s’agit d’une école assurant la formation des élèves dans l’esprit de la Tradition juive. Néanmoins, on y enseigne également un métier et ceci justifie plusieurs dispositions exposées ci-dessus.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°1336. (2) De Kfar ‘Habad. (3) Organisation juive américaine de bienfaisance. (4) Voir également la lettre n°2810. (5) Voir, à ce sujet, les lettres n°2376 et 2810. (6) Voir, à ce sujet, les lettres n°2660 et 2677. (7) Il ne s’agit pas de faire disparaître cette tendance, mais de lui retirer les moyens d’être satisfaite.
Lettre n°2730
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2730, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
15 Sivan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 10 Sivan, dans laquelle vous me demandez si vous devez vous rendre au Maroc pendant trois ou quatre mois, afin d’y compléter le montant qui sera nécessaire pour votre voyage aux Etats Unis(1).
Comme vous le savez, la partie révélée de la Torah et son enseignement caché soulignent la grande importance de l’étude de la Torah. En effet, “ même les préoccupations du ciel ne lui sont pas comparables ”. Nos Sages tranchent, au traité Chabbat 31a, que cette étude doit être pénétrée de crainte de Dieu. Dès la sorte, elle s’implante en l’homme et elle est durable, comme l’indique, de manière allusive, le verset “ Ton temps sera foi..., sagesse et connaissance ”.
Dieu vous a accordé la réussite et Il vous a placé dans un rayon de lumière, au sein de la Yechiva Loubavitch, qui a été fondée par des Justes, piliers du monde, le Rabbi Rachab et son fils, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Vous devez donc avoir conscience de la valeur de chaque instant et, a fortiori, des jours, des semaines et des mois. Vous devez les passer dans les quatre coudées de cette Yechiva, vous consacrer, avec une ardeur et un enthousiasme véritables, à l’étude de la partie révélée de la Torah et de son enseignement caché.
En conséquence, tout ce qui va à l’encontre d’un tel objectif, même s’il semble émaner du bon penchant, n’est, en fait, que l’expression du mauvais penchant, dont nos Sages disent, au traité Chabbat 108b, qu’il “ s’acquitte habilement de sa tâche ”. Il présente à chacun les arguments susceptibles de faire succomber l’homme à ses tentations et il s’efforce de l’écarter du chemin qui conduit vers la voie de Dieu.
Et, c’est bien le cas, en l’occurrence. Vous devez donc prendre la sincère décision de vous consacrer pleinement à l’étude de la Torah, en l’endroit où vous vous trouvez maintenant. N’écoutez pas les arguments qui émanent du côté gauche(2) et vous suggèrent que “ j’étudierai quand j’en aurai le temps ”. En effet, la Michna, au traité Avot, chapitre 2, paragraphe 4, affirme: “ Ne dis pas que tu étudieras quand tu en auras le temps, car peut-être n’en auras-tu pas le temps ”.
Bien plus, chaque Juif croit en la venue de notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, chacun place en elle son espoir. Il faut donc l’introduire et s’y préparer. Or, le roi Machia’h indiqua à notre maître, le Baal Chem Tov, dont le mérite nous protégera, qu’il viendrait lorsque les sources de son enseignement se seraient répandues à l’extérieur.
Vous devez donc saisir toute occasion qui se présente pour percevoir l’enseignement du Baal Chem Tov, lequel est parfaitement expliqué par la ‘Hassidout ‘Habad, “ ‘Ho’hma, Bina et Daat ”(3), afin que vous vous trouviez à la tête de ceux qui accueilleront très prochainement notre juste Machia’h.
“ L’acte est essentiel et non l’étude ”. Il faut donc se consacrer, d’une manière concrète, à cette étude, par toute son ardeur, avec abnégation et une crainte de Dieu pure. Pour cela, la prière fervente est nécessaire et elle exerce également son effet dans la pratique des Mitsvot de la meilleure façon.
J’attends de recevoir de vos bonnes nouvelles, d’apprendre que vous étudiez, avec une ardeur sans cesse accrue, la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout, que vous avez, pour l’heure, totalement écarté de votre esprit les projets de va et vient, entre ici et là-bas.
Avec ma bénédiction de réussite dans l’étude de la Torah, la prière fervente et l’accomplissement des Mitsvot de la meilleure façon,
N. B. : Ce qui vient d’être dit concerne également vos amis et je vous charge de faire connaître le contenu de la présente lettre dans vos classes. Le guide spirituel(4), distingué ‘Hassid qui craint Dieu, assume une mission sacrée, a de bons comportements, est plein d’empressement, Rav Nissan Nemanov(5), pourra vous apporter des précisions et des explications. En effet, il n’est pas possible d’exposer tous les détails dans le cadre d’une lettre.
Notes
(1) Cette lettre est adressée à des élèves de la Yechiva de Brunoy, dans la région parisienne. Ces jeunes gens, originaires du Maroc, souhaitaient retourner pendant quelques temps dans ce pays, afin d’y obtenir les moyens nécessaires pour poursuivre leurs études à la Yechiva Loubavitch de New York. (2) Du mauvais penchant. (3) Les trois attributs de la compréhension. (4) De la Yechiva de Brunoy. (5) Voir, à son sujet, les lettres n°2641, 2698, 2737*, 2824, 2856, 2860 et 2928.
Lettre n°2731
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2731, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
16 Sivan 5714,
Brooklyn,
Aux dirigeants de la Yechiva Loubavitch de Lod,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Depuis que je vous ai écrit pour la dernière fois, j’ai reçu vos lettres des 20, 24, 26 Nissan, 17, 29 Iyar et 5 Sivan, avec ce qui y était joint. Je réponds, dans l’ordre, aux questions posées:
A) Avec le temps, il est sans doute devenu encore plus clair qu’il faut faire en sorte que la Yechiva ne manque pas d’élèves, à l’avenir, d’autant que l’Alya des jeunes est considérablement diminuée.
Dans les circonstances actuelles, le seul moyen d’y parvenir est d’accepter des élèves sans trop de sévérité, au besoin en les plaçant dans des classes séparées. Bien évidemment, la renommée de la Yechiva ne doit pas être remise en cause, de ce fait.
B) Il est clair également qu’en plus de ce qui vient d’être dit, cet objectif est également la raison d’être du réseau Ohaleï Yossef Its’hak, dont les élèves les plus anciens peuvent aussi poursuivre leurs études à Lod.
C) En conséquence, je ne vois pas particulièrement d’intérêt à créer des branches de la Yechiva Loubavitch dans d’autres villes de Terre Sainte.
D’une part, il en résultera des problèmes de financement. En effet, il est impossible de rejoindre les deux extrêmes en proclamant, dans chaque lettre, que la situation financière est catastrophique et, par ailleurs, en multipliant les dépenses inutiles. Et, s’il est nécessaire d’ouvrir une Yechiva préparatoire à celle de Lod, cette tâche doit être confiée au réseau.
D’autre part, différentes autres raisons font aussi qu’il doit en être ainsi.
D) Pour ce qui est de l’achat des bâtiments de la Yechiva, vous ne dites pas d’où proviendra le financement. En effet, vous avez des difficultés à trouver le budget courant.
Vous ne dites pas non plus quelle est la pratique des autres Yechivot, en pareil cas. Sans doute une bonne partie d’entre elles n’a-t-elle pas acheté les bâtiments, mais les a seulement loués.
Autre point, qui est essentiel, à quoi bon acheter ce qui est loué? Vous me préciserez tout cela, à la prochaine occasion.
Lettre n°2732
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2732, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5714,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
Je suis surpris de ne pas avoir eu de vos nouvelles, pendant toute cette période. Je veux espérer qu’il y a là un bon signe et que tout va bien. Néanmoins, je serais heureux de lire votre lettre, me confirmant que c’est effectivement le cas. Puisse Dieu faire qu’il en soit ainsi, dans la plus large proportion.
Il est sûrement inutile de vous souligner que le comportement de la maison et l’harmonie qui s’instaure entre un homme et une femme, dépendent, pour une très large part, de la femme plutôt que de l’homme. C’est le sens du verset: “ La sagesse des femmes bâtit leur maison ”.
Le maintien de la maison est donc basé sur la sagesse de la femme. C’est, en particulier, le cas dans le mode de vie américain, imposant à l’homme un travail fatiguant, une tension nerveuse et une hâte perpétuelle. Il appartient alors à la femme d’instaurer entre elle et son mari la plus grande harmonie, en s’efforçant de le comprendre.
Il peut sembler, parfois même à juste titre, que le mari pourrait avoir plus de qualités. Néanmoins, on doit se dire que cette union a été voulue par Dieu, il y a quelques temps déjà. Et, lorsque l’on se découvre un défaut, on ne cherche pas à se faire souffrir soi-même. Bien au contraire, on désire s’en défaire de la manière la plus indolore.
Et, il doit en être ainsi, et même encore plus clairement, lorsque ce défaut concerne le couple. Il est difficile de savoir ce que l’autre a vécu, les difficultés qu’il a dû affronter au cours des années passées. Lorsque le mari constate la douceur de son épouse et sa pleine confiance en Dieu, il parvient à observer le monde différemment, à constater que Dieu le dirige, qu’Il conduit, en particulier, son foyer et tout ce qui l’entoure.
Ainsi, on peut s’emplir de motivation et de joie, vérifier que l’on a agi pour son propre bien, puisque l’on acquiert ainsi l’inspiration et la tranquillité, bien au delà de l’effort qui a été consenti pour faire une concession.
J’espère que tout cela ne concerne pas les rapports entre vous et votre mari, que vous possédez un foyer ‘hassidique comme il convient, pénétré d’amour du prochain. Nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera, firent don d’eux-mêmes pour que toutes les maisons ‘hassidiques possèdent cette qualité.
Néanmoins, le bien n’a pas de limite et j’espère que ces quelques lignes amélioreront et renforceront la paix et la proximité entre vous, de sorte que vous soyez, dans votre entourage, un exemple d’harmonie et de lumière.
Que Dieu vous accorde la réussite.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°2733
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2733, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Ces jours suivent le don de la Torah, qui est appelée Torah de vie et Torah du monde, en particulier parce qu’elle introduit la vie dans les préoccupations du monde.
Puisse Dieu faire qu’il soit donné à chacun d’entre nous, avec tous les membres de sa famille, de vérifier, dans ses quatre coudées, qu’il en est bien ainsi.
Vous observerez donc tout cela, au sens le plus littéral et vous aurez un été enthousiaste, en bonne santé et dans la joie. Vous serez toujours en bonne santé et joyeux.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°2734
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2734, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Différents textes de ‘Hassidout expliquent qu’après la faute de l’arbre de la connaissance, le bien et le mal se mêlèrent, en toute chose. Le service de Dieu, tel qu’il est défini par la ‘Hassidout, consiste à renforcer le côté du bien et de la lumière. Ce service peut donc être pénétré d’une grande joie. Il n’en est pas de même, quand on emprunte la voie du Moussar, de l’Ethique, qui est basée sur l’Injonction “ Ecarte-toi du mal ” et provoque donc la tristesse.
Et, ce qui vient d’être dit s’applique, de la même manière, aux hommes. Il faut, dans toute la mesure du possible, profiter de leurs qualités et de leurs aptitudes. De la sorte, les aspect négatifs disparaissent, d’eux-mêmes ou au prix d’un léger effort.
Ce principe s’applique à tous ceux qui travaillent au sein d’une institution de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Chacun d’entre eux doit offrir à tous ceux qui partagent cette activité avec lui la possibilité d’utiliser leurs capacités, les encourager et les motiver en ce sens. Ainsi, les défauts disparaissent, même là où ils existaient auparavant.
J’ai déjà écrit que d’immenses réalisations peuvent être obtenues dans le domaine de ‘Habad. Chacun peut y trouver ce qui lui convient, utiliser pleinement son potentiel sans remettre en cause le prétendu respect qu’il doit à son prochain et, a fortiori, celui qui lui revient effectivement. Néanmoins, dans tous ces domaines, le réceptacle contenant la bénédiction est la paix et la proximité.
Il est clair que le but de la présente n’est pas de faire de la morale, mais bien de renforcer et d’encourager. Chacun possède en lui des forces considérables qui n’ont pas encore été utilisées, pour des raisons accessoires. Si tous assument avec abnégation cette mission sacrée, je suis convaincu qu’en peu de temps, ils seront eux-mêmes surpris de ne pas s’être rendus plus tôt à l’évidence.
Lorsque tous joignent leurs forces, on peut décupler et illuminer les accomplissements et, en conséquence, la satisfaction morale que l’on en tire, un attachement accru à l’arbre de vie et une bénédiction plus abondante, dans les besoins personnels de chacun et de tous les membres de la famille.
Il est absolument exclu d’écarter qui que ce soit de cette mission sacrée. Tout d’abord, on éloigne ainsi un Juif de l’arbre de vie. De plus, le résultat final devant être obtenu serait alors remis en cause. Il est sûrement inutile d’en dire plus.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°2735
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2735, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
17 Sivan 5714,
Brooklyn,
Je vous bénis et vous salue,
J’ai reçu votre lettre en son temps et je n’y ai pas encore répondu, sachant que le Rav doit se trouver, ces jours-ci, dans votre ville et que vous pourrez lui soumettre la question que vous me posez. J’espère que vous aurez avec lui, à ce sujet, un échange positif.
Il faut tenir compte du fait qu’une modification dans la rémunération du travail ne peut pas rester confidentielle, qu’elle ne doit pas l’être. Il faut savoir qu’elle se répercutera aussi, d’une certaine façon, sur les autres personnes qui travaillent au même endroit. Au global, les dépenses s’en trouveront considérablement accrues.
Dans la mesure où je ne suis pas sur place, il m’est difficile de me prononcer sur cette question. J’espère et je suis sûr qu’en en parlant tous ensemble, vous trouverez une solution, favorable pour toutes les parties concernées et pour ce qui doit être accompli.
Il est sûrement inutile de vous souligner que tout travail réalisé pour le compte d’une institution de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, apporte la bénédiction et la réussite à quiconque y prend part, en plus du salaire proprement dit. Bien plus, peut-être cette bénédiction et cette réussite sont-elles même encore plus importante que le salaire.
Dieu fasse que vous soyez en bonne santé et que vous viviez dans la joie, avec votre mari, le grand Rav. Vous éduquerez vos enfants à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, en bonne santé et dans la joie.
Avec ma bénédiction,
M. Schneerson,
Lettre n°2736
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2736, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
19 Sivan 5714,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yehouda Zeev(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre télégramme concernant ce Rav(2). Vous évoquez la permission qui peut lui être donnée de prier et d’étudier la Torah(3). Vous concluez en disant qu’on peut peut-être lui permettre de le faire par la pensée(4).
L’étude de la Torah se suffit, en effet, de la pensée, qui en est l’aspect essentiel(5). Il n’en est pas de même, en revanche, pour la prière et il faudrait donc lui trouver une permission d’en prononcer les mots et placer les instruments(6) de la manière qui convient, dans sa chambre(7).
Je vous joins un extrait d’une causerie qui vous intéressera sûrement. Vous adopterez une attitude généreuse et vous le mettrez également à la disposition des autres.
Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et en vos préoccupations personnelles,
J’ai bien reçu votre lettre de la veille du Chabbat Beaalote’ha.
Notes
(1) Le Rav Y.Z. Segal. Voir, à son sujet, la lettre n°2321. (2) En l’occurrence, atteint d’une grave maladie. (3) Malgré l’obstacle que constitue son incontinence. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°2805. (5) Puisqu’il s’agit de la comprendre. (6) Destinés à recueillir l’urine. (7) Le Rabbi note, en bas de page: “ Trancher la Hala’ha n’est pas mon propos. Néanmoins, je soulignerai quelques points ici. D’une part, on peut considérer qu’il ne s’agit pas d’urine, dans la mesure où celle-ci émane directement de la vessie par le cathéter, sans emprunter le circuit normal. On peut donc se demander à partir de quand l’urine doit être définie comme telle. De plus, la présence d’urine, y compris au moment même de son écoulement, comme le dit le Maguen Avraham, à la fin du chapitre 76, est interdite uniquement par les Sages et elle ne repousse donc pas ce qui est défini par la Torah, ni même la prière et les Tefillin, comme l’explique le Mechi Zahav, au paragraphe 80. Enfin, il est clair que l’impossibilité de prier et d’étudier la Torah suscitera le découragement et affaiblira donc la santé du malade. Or, différentes pratiques ont été permises de ce fait. Vous consulterez le ‘Hochen Michpat, au chapitre 254. ”
Lettre n°2737
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2737, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
20 Sivan 5714,
Brooklyn,
Aux dirigeants du réseau(1) en Terre Sainte
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
Il est clair que toutes les forces doivent converger au profit du réseau. J’ai indiqué que le corps enseignant devait être recruté parmi les ‘Hassidim. Je voulais dire que ceux-ci sont prioritaires, conformément à l’enseignement de nos Sages, selon lequel “ les pauvres de ta ville ont la préséance ”.
Bien plus, le travail du réseau demande parfois plus d’abnégation qu’une autre activité. Il est donc plus aisé de demander aux ‘Hassidim d’en faire preuve et, de leur part, on peut espérer qu’il en sera bien ainsi. Par ailleurs, il est regrettable que les ‘Hassidim possédant des capacités s’en servent dans d’autres vignes(2), surtout s’il est possible d’élargir l’activité du réseau.
Ceux qui doivent y travailler seront donc formés à l’avance et l’on n’attendra pas la dernière minute pour aller les chercher, auquel cas il faudra se contenter de ceux que l’on trouvera.
Il semble que le projet d’une journée d’étude pour les professeurs, avec des intervenants, n’ait pas abouti. Se plaindre du passé est inutile. Néanmoins, vous vous efforcerez de l’organiser maintenant, si possible avec la diffusion qui convient. Il est inutile de préciser l’apport positif qui en résultera. Celui-ci se marquera à l’intérieur comme à l’extérieur.
Vous me confirmerez avoir bien reçu ma précédente lettre et, dans la mesure du possible, vous y répondrez au plus vite.
Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,
Notes
(1) Des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch. (2) Des institutions qui n’appartiennent pas au mouvement Loubavitch.
Lettre n°2738
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2738, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Sivan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai appris, avec effroi, dans votre dernière lettre, que votre épouse pense voyager dans un bateau israélien(1), dont tout l’équipage est juif et qui fait route également pendant le Chabbat. C’est la raison pour laquelle, dès réception de votre courrier, je vous ai adressé le télégramme suivant:
“ Je suis surpris par le projet d’emprunter un bateau israélien qui voyage pendant le Chabbat. Sans doute rectifierez-vous tout cela. Avec ma bénédiction. Ma signature ”.
Je ne sais pas exactement ce qui se passe dans ces bateaux. Néanmoins, je ne vois aucun moyen de permettre de les emprunter. Je suis même surpris que l’on puisse envisager qu’il en soit autrement. Peut-être pourrez-vous réparer tout cela alors qu’il en est encore temps.
Si ce n’est pas le cas, ce qu’à Dieu ne plaise, il faut se demander comment réparer ce qui s’est passé, en l’occurrence une faute liée à la sainteté du Chabbat et à la sainteté du Nom de Dieu(2). Que Dieu vous accorde le mérite de m’annoncer de bonnes nouvelles, à ce sujet.
Avec ma bénédiction de réussite en votre mission sacrée et dans l’attente de vos bonnes nouvelles, en tout ce qui vient d’être dit,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°2221 et 2753. (2) Un tel voyage contribue à profaner le Nom de Dieu.
Lettre n°2739
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2739, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
21 Sivan 5714,
Brooklyn,
Aux dirigeants de l’association des ‘Hassidim ‘Habad,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue et vous bénis,
A) Je vous ai écrit(1), il y a quelques temps, pour vous interroger sur la situation des synagogues ‘Habad, en Terre Sainte et sur ce qui s’y passe.
L’objet de la présente est le suivant. Si vous possédez d’ores et déjà des informations, à ce sujet, vous voudrez bien me les communiquer au plus vite, car ceci importe, en particulier, pour le 12 Tamouz(2), qui approche.
Cette date marque, en effet, la seule fête de l’année qui soit spécifique à ‘Habad. Car, le 19 Kislev(3), est également célébré par les ‘Hassidim de Pologne. On profitera donc pleinement du 12 Tamouz dans le domaine de ‘Habad, en en faisant la diffusion qui convient, suffisamment tôt. Bien évidemment, les synagogues ‘Habad joueront, en la matière, un rôle primordial.
Ceci s’ajoute à la question essentielle, la nécessité, pour ces synagogues, de garder leur spécificité et de se développer, c’est-à-dire de renforcer l’influence qu’elles exercent sur leur entourage et sur les personnes qui viennent y prier. Tout cela dépend, pour une large part, de celui qui la dirige, le Rav ou bien celui qui y enseigne la Torah.
En plus des informations de portée générale, il est donc nécessaire de savoir qui sont ces personnes. J’attends donc des précisions, à ce sujet et vos propositions, quant aux actions de l’association des ‘Hassidim ‘Habad, pouvant être menées dans ces synagogues, à cette occasion.
B) J’ai appris, avec surprise, que quelques manuscrits de ‘Hassidout, provenant de Terre Sainte, ont été apportés à Londres et ici même, afin d’y être vendus. J’en suis particulièrement surpris(4).
Peut-être n’en avez-vous pas eu connaissance ou bien n’y avez-vous pas prêté attention. En effet, ces manuscrits, en Terre Sainte, auraient pu être achetés moins cher et, surtout, on aurait pu s’assurer qu’ils ne tombent pas dans des mains étrangères en la matière, ou même étrangères au sens propre.
Se plaindre du passé est inutile. Je demande, en revanche, que cette situation soit réparée à l’avenir. Mais, ma surprise est particulièrement grande. Depuis plusieurs années, j’ai demandé de diffuser ma requête, celle de rechercher des manuscrits de ‘Hassidout et de les envoyer ici ou bien, si ce n’est pas possible autrement, de les emprunter pour les restituer par la suite. Or, durant toutes ces années, une seule personne m’a envoyé quelques manuscrits, en échange d’autres livres.
C) Pour faire suite à ce qui vient d’être dit, j’ai appris que les petits-enfants du Juste, Rabbi C. N. de Babroisk(5) possèdent plusieurs manuscrits de ‘Hassidout et peut-être même de la partie révélée de la Torah, rédigés par nos maîtres, le Tséma’h Tsédek et ses fils, ou bien, selon certains, l’Admour Hazaken et l’Admour Haémtsahi et ils les mettent en vente.
Ceux qui m’ont communiqué cette nouvelle n’ont pas pu me préciser s’il s’agissait de l’original du manuscrit ou de sa copie. Mais, en tout état de cause, vous voudrez bien le vérifier. Je ne sais pas précisément de quel petit enfant il s’agit. Mais, vous lui demanderez, en mon nom, de permettre à l’un des jeunes gens d’étudier le contenu de ces manuscrits et de me transmettre ses conclusions.
S’il y a, dans ces manuscrits, des éléments qui ne se trouvent pas en ma possession, surtout s’ils modifient ce qui est imprimé actuellement, j’aimerais les obtenir ou, tout au moins, les emprunter pendant quelques temps.
Cette demande s’entend également pour les commentaires de Rabbi Its’hak Aïzik Epstein de Homyl et de Rabbi Hillel de Paritch(6), dont le mérite nous protégera.
Avec ma bénédiction de réussite et dans l’attente de bonnes nouvelles, concernant tout ce qui vient d’être dit,
M. Schneerson,
Notes
(1) Il s’agit de la lettre n°2560. (2) Date de la libération du précédent Rabbi des prisons soviétiques. (3) Date de la libération de l’Admour Hazaken des prisons tsaristes. (4) Car il aurait fallu en faire l’acquisition pour la bibliothèque du Rabbi en Erets Israël, avant même leur mise en vente. (5) Rabbi Chmarya Noa’h, le Rabbi de Babroisk, fils de Rabbi Yehouda Leïb, le Rabbi de Kapoust et petit-fils du Tséma’h Tsédek. (6) Deux des grands ‘Hassidim de l’Admour Haémtsahi et du Tséma’h Tsédek.
Lettre n°2740
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2740, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה, 22 Sivan 5714, Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me faites part de votre anniversaire. Or, je suis surpris que vous ne me disiez rien du temps que vous consacrez à l’étude de la partie révélée de la Torah et de l’enseignement de la ‘Hassidout, s’ajoutant aux trois études bien connues, qui sont le fait de tous, ont été instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera et portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya.
En effet, ces études concernent chacun d’entre nous et donc vous également. Vous ne pouvez pas vous acquitter de votre obligation en sachant qu’un autre les respecte scrupuleusement.
Je vous ai déjà dit tout cela plusieurs fois et j’ajoute que, comme on peut le vérifier par ses yeux de chair, d’une telle manière d’agir dépend, de nos jours, la réussite matérielle et une installation positive.
Dieu fasse que l’année qui vient vous apporte la réussite, en tous ces domaines et une bonne organisation, matérielle et spirituelle à la fois.
Avec ma bénédiction,
Lettre n°2741
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2741, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
22 Sivan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Vous me faites part de votre anniversaire et vous connaissez sans doute les pratiques(1) en usage chez les jeunes gens ‘hassidiques, en ce jour.
Vous avez été étudiant dans une Yechiva de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, puis vous vous en êtes écartés. Puisse donc Dieu vous aider à vous attacher, de nouveau, à l’arbre de vie(2), c’est-à-dire à une institution et à un comportement instaurés par nos maîtres, jusqu’à mon beau-père, le Rabbi.
Ceci se réalisera avec bonté et miséricorde. Avec le temps, vous parviendrez à compléter ce qui a manqué à votre étude de la Torah et à votre crainte de Dieu. Et, vous me donnerez de bonnes nouvelles, à ce sujet.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2670. (2) La ‘Hassidout et le Rabbi.
Lettre n°2742
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2742, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Sivan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 20 Sivan et, comme vous me le demandez, je mentionnerai votre nom près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin que vous ayez une prompte guérison.
Je suis surpris que vous me disiez, dans votre lettre, être nerveux et tendu, alors que vous connaissez sûrement les fondements de l’enseignement du Baal Chem Tov et des maîtres de ‘Habad, selon lesquels le moindre détail de ce qui arrive dans le monde, en particulier dans la vie d’un homme juif, est un effet de la Providence de Dieu, Qui est la quintessence du bien.
Et, vous savez ce qu’affirme le saint Tanya, au chapitre 22 d’Igueret Hakodech. Il demande de méditer à tout cela. Ainsi, Dieu accordera le bien, montrera un visage lumineux, un amour révélé. Il adoucira...(1) et fera disparaître…(2).
Dieu fasse que vous m’annonciez très prochainement de bonnes nouvelles.
Avec ma bénédiction de bonne santé,
Notes
(1) La sévérité. (2) Les éléments malencontreux.
Lettre n°2743
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2743, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Sivan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
On m’a dit que votre père a étudié la Torah à Loubavitch. Or, la Michna affirme que “ le père fait acquérir la sagesse au fils ” et, de fait, il est légitime qu’il en soit ainsi, comme le soulignent les commentateurs de ce texte.
Effectivement, rien n’est plus légitime, à notre époque, que de reconnaître la nécessité absolue d’étudier cette sagesse et vous consulterez, à ce sujet, Igueret Hakodech, de l’Admour Hazaken, à la page 142b.
Ceci doit intervenir dans chaque situation à laquelle l’homme est confronté, en particulier pour ceux dont les parents ont déjà pénétré dans la vigne de l’enseignement profond de la Torah. Car, nos Sages disent, au traité Chabbat 31a : “ Si la crainte de Dieu est son trésor, c’est bien. Mais, si ce n’est pas le cas… ”. Il doit donc en être ainsi, de la manière la plus tranchée et au plus vite.
Dieu fasse que vous soyez également le canal par lequel cette étude se répandra, en outre, parmi vos amis et votre entourage.
Avec ma bénédiction de Mazal Tov, Mazal Tov,
Lettre n°2744
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2744, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Sivan 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à votre lettre du 19 Sivan.
Il semble que le projet concernant les femmes et les jeunes filles ‘Habad ait été abandonné et j’en suis surpris. Il vous a été donné, à différentes reprises, d’observer la Providence divine, mais, vraisemblablement, cela ne vous a pas marqué profondément.
En l’occurrence, il ne s’agit pas d’une campagne menée en direction de l’extérieur, mais bien d’une action qui concerne les femmes et jeunes filles ‘Habad, de même que leur foyer, et pas uniquement dans le but de leur faire dépasser la ligne de la Loi.
Ceci ne peut être comparé à la situation qui prévalait dans le pays où nous nous trouvions auparavant. A l’époque, il n’y avait qu’une seule alternative, offrir sa vie, à droite, ou bien tout rejeter, à gauche. Il n’en est pas de même, à l’heure actuelle et vous devez comprendre ce que je veux dire. Les femmes sont émotives et il est donc particulièrement important que l’organisation soit faite par des hommes.
Puisse Dieu accomplir, pour ce qui concerne Son service, les termes du verset : “ Il te dominera ”. Pour cela, vous devez vous consacrer, de la manière qui convient, à cet accomplissement. Bien évidemment, ce message s’adresse à tous les ‘Hassidim. Vous avez le droit et même le mérite de le diffuser, de la manière qui convient.
Avec ma bénédiction,
N. B. : Pour ce qui est des reçus, tout sera sans doute remis en ordre par les bureaux.
Lettre n°2745
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2745, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
24 Sivan 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Avraham ‘Haïm(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre du 8 Sivan, puis le livre Techouvot Beth Hillel.
Puisse Dieu faire que vous assumiez votre rôle et votre mission, en parant et en grandissant la Torah, ce qui a pour effet de raffermir la crainte de Dieu pure car, comme l’enseignent nos Sages, au traité Chabbat 31a, “ lorsque la crainte de Dieu est son trésor, celle-ci se perpétue, ainsi qu’il est dit : la foi, en ton temps, prodigue le salut, la sagesse et la connaissance ”.
De nos jours, il n’est pas d’autre moyen d’obtenir un tel résultat qu’en mettant en pratique la décision du Ari Zal, que commente, dans Igueret Hakodech, l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah. Selon cette décision, il est, de nos jours, “ permis ” et même “ une Mitsva ” de “ révéler cette sagesse ”(2). Et vous consulterez l’introduction de son disciple, Rabbi ‘Haïm Vital, au Chaar Ha Hakdamot, qui précise longuement cette idée, employant même des termes terribles et effroyables.
Vous connaissez également la décision du Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, au début du chapitre 98, selon laquelle il convient de méditer à la grandeur de Dieu avant le début de la prière. Or, il est impossible d’y parvenir, si l’on ne possède pas les connaissances requises pour cela. Il est inutile d’en dire plus.
Mais, l’intensité du voile (3) fait que, malgré cette évidence, il reste nécessaire de justifier l’utilité d’une telle étude.
Je vous adresse des bons d’envoi en port payé pour vos dépenses personnelles. Que Dieu vous accorde la réussite.
Avec ma bénédiction,
N. B. : Vous reproduisez, dans votre lettre, l’explication relative à Avaya, Avaya(4). Néanmoins, vous n’apportez pas toute l’explication nécessaire :
A) Le Roch dit que la pensée est liée à l’action, pour ce qui concerne l’idolâtrie. Ce Nom n’est donc pas énoncé avant la faute.
B) Vous expliquez que, quand le Machia’h viendra, l’unité de Dieu sera proclamée et, dès lors, qu’un seul Nom sera nécessaire. Or, comment affirmer que, dans le monde futur, on fera disparaître les treize points de la barbe, qui correspondent aux treize Attributs de Miséricorde divine, lesquels, d’après plusieurs parmi les premiers Sages, commencent par le premier Nom Avaya ? Bien plus, nos Sages ne disent-ils pas “ J’étais le Même avant la faute ” ?
L’explication est donc brièvement la suivante :
A) Le Tanya, au chapitre 16, précise la différence entre le fait de lier la pensée à l’action et de considérer comme si cette dernière avait été réalisée. Vous consulterez, à ce propos, le Korban Netanel.
B) Il est clair qu’aucun des deux Noms Avaya ne sera supprimé, ce qu’à Dieu ne plaise. C’est, en fait, la séparation qui se trouve entre ces deux Noms qui disparaîtra, dans le monde futur. L’unité de Dieu sera donc celle de ces deux Noms. Vous consulterez également le Zohar, tome 3, page 138a et le Likouteï Torah, page 59a.
Notes
(1) Le Rav A.H. Lewinson, de Jérusalem. (2) Celle de la partie cachée de la Torah, de la ‘Hassidout. (3) Imposé par le monde. (4) “ Dans son livre, le Rabbi de Munkatch, citant Rabbi Moché Leïb de Sosov, rappelle l’affirmation de nos Sages, au traité Roch Hachana 17, relative aux deux Noms Avaya, Avaya, qui sont mentionnés dans les treize Attributs de miséricorde divine, selon laquelle le premier précède la faute de l’homme, alors que le second lui fait suite. Or, demande le Roch, pourquoi est-il nécessaire de révéler ce Nom lié à l’Attribut de miséricorde avant la faute ? Il explique donc qu’il s’agit ici d’une pensée idolâtre, précédant la faute effective. De façon générale, la pensée ne se lie pas à l’action. En revanche, c’est effectivement le cas quand il s’agit d’idolâtrie, ainsi qu’il est dit : ‘Afin de saisir les enfants d’Israël en leur cœur’. Tels sont les propos du Roch. En conséquence, les deux Noms sont utiles uniquement pour ce qui concerne l’idolâtrie. Puis, quand le Machia’h viendra, très bientôt et de nos jours, les idoles disparaîtront de la terre et elles seront détruites. Il n’y aura donc plus de pensées idolâtres. Dès lors, il n’y aura plus deux Noms Avaya, mais un seul, correspondant à l’Attribut de miséricorde dont on ne pourra pas se passer. Puisse Dieu faire que nous percevions prochainement l’unité de Dieu, par Son Machia’h, représentant de Son peuple, très bientôt et de nos jours ”.
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