KOULAM Télécharger l’app

Iguerot Kodesh — lettres 2645 à 2664

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°2645

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2645, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille du Chabbat, dans laquelle vous me dites que vous n’avez pas un bon moral, que votre enthousiasme pour l’étude de la Torah a diminué. Vous concluez en affirmant que vous ne savez que faire.

Il n’y a pas lieu de rechercher ce qu’il convient de faire, car la solution d’une telle situation est d’ores et déjà donnée par la Torah : “ Celui qui dit avoir fait des efforts, mais ne pas avoir connu la réussite, ne le crois pas ”. Il dépend de vous de connaître le succès dans l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, avec l’enthousiasme qui convient.

Néanmoins, en toute situation, l’aide de Dieu est nécessaire et c’est également le cas, en l’occurrence. Vous devez donc maintenir les trois études bien connues, instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, qui portent sur le ‘Houmach, les Tehilim et le Tanya.

De même, il serait bon de donner quelques pièces à la Tsédaka, chaque jour de semaine, avant la prière du matin. Un tel usage est favorable pour que la prière soit exaucée.

Sans doute avez-vous étudié profondément ce que dit le Likouteï Torah, à la fin du discours ‘hassidique intitulé “ Parce que tu n’as pas servi l’Eternel ton Dieu ” et vous adoptez sûrement le comportement qui en découle.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,

Le secrétaire,

Lettre n°2646

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2646, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me faites part de votre plan pour la Matsa Chemoura(1).

En pareil cas, se pose un problème de prélèvements agricoles(2) et je n’ai donc pas pris de décision finale, compte tenu de la complexité du sujet.

En l’occurrence, ce blé est parvenu à maturité en Terre Sainte et vous consulterez ce que dit le Tsvi La Tsaddik sur le Choul’han Arou’h Yoré Déa, chapitre 331, paragraphe 12.

Certes, ceux qui résident en Terre Sainte savent parfaitement ce qu’ils doivent faire, en pareil cas, mais leur situation est particulière, car ils ne peuvent pas faire autrement. Bien évidemment, il n’en est pas de même pour ceux qui se trouvent à l’extérieur d’Erets Israël, vous le comprendrez.

Sans en faire le vœu, dès qu’une décision sera prise, je vous la ferai connaître.

Avec ma bénédiction, matérielle et spirituelle,

Notes

(1) Consistant à récolter le blé, à le garder, à le trier et à le moudre en Terre Sainte, puis de conserver des Matsot pour le Rabbi. (2) Spécifique à ce qui est cultivé en Terre Sainte.

Lettre n°2647

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2647, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

11 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Avraham(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres des 3, 9, 12 et 26 Nissan. J’espère que vous avez reçu, en leur temps, mes télégrammes pour la fête de Pessa’h et pour la réunion des jeunes de l’association ‘Habad(2). Vous m’écrirez sûrement pour me dire comment cette réunion s’est passée, avec le détail qui convient. Vous me préciserez la nature et le nombre des participants et vous me direz, avant tout, ce qu’il en est résulté de concret.

Il semble que l’on ne sache pas, dans votre ville, pour quelle raison l’autorisation d’importer les livres a été repoussée(3). J’en suis peiné car, si on le savait, il serait plus aisé de formuler une plainte. Oralement, cette raison a été donnée, de manière pratiquement officielle et elle est la suivante. Les livres des éditions Kehot font concurrence à ceux qui sont édités en Terre Sainte.

Il est clair que cela n’a pas de sens. Le contraire est vrai. J’ai bon espoir que le contrat sera ratifié et, de ce fait, je vous envoie une liste des publications de Kehot, comme vous me l’avez demandé, à titre de proposition pour un nouvel envoi.

Il faut que les ‘Hassidim aient conscience que nous appartenons tous à un même corps. Lorsque l’un d’entre eux désire “ faire son Chabbat pour lui-même ”(4), il n’en reçoit pas pour autant une plus grande part de Léviathan et de grand Buffle(5). Il n’obtient pas plus d’honneur dans ce monde matériel et même dans ce monde grossier, bien au contraire.

Il est inconcevable qu’un élément de l’ensemble puisse se trouver dans une situation positive et se développer en s’efforçant de s’approprier la part d’un second élément ou, tout au moins, de ne pas lui accorder la place qui est la sienne. Une telle conception est dommageable parce qu’elle est basée sur un raisonnement erroné et parce qu’elle introduit une hâte et une confidentialité qui ne sont nullement positives. Vous consulterez également Iguéret Hakodech, au chapitre 31.

Avec ma bénédiction de bonne santé, pour vous et pour tous les membres de votre famille et dans l’attente de vos bonnes nouvelles, à propos de tout ce qui vient d’être dit,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav A.Pariz, de Terre Sainte. Voir, à son sujet, les lettres n°2148 et 2777. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2596. (3) Les livres des éditions Kehot envoyés des Etats Unis en Terre Sainte. Le Rav Pariz était chargé de leur diffusion. Voir, à ce sujet, la lettre n°2672. (4) Marquer son indépendance. (5) Qui seront distribués lors du festin qui aura lieu quand le Machia’h viendra.

Lettre n°2648

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2648, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[13 Iyar 5714(1)]

Concernant les lettres de la Gueniza, je vous apporterai quelques réponses, bien que le temps ne me permette pas d’approfondir et de détailler l’analyse, autant que cela aurait été nécessaire.

La plus grande partie des lettres et des manuscrits de la Gueniza sont rédigés sur du parchemin et non sur du papier. Je dis bien la plus grande partie, c’est-à-dire non pas un peu plus de la moitié, mais beaucoup plus que les trois quarts.

Pour ce qui est des lettres imprimées dans le recueil Hatamim, vous comprendrez que celui qui en a fait la mise en page disposait non pas des lettres originales de la Gueniza, mais de leur copie, qui était prête depuis plusieurs années. Cette copie avait été faite par le jeune D. I, de Riga, que Dieu venge son sang(2). Celui-ci était animé par la crainte de Dieu, mais il manquait de rigueur, en particulier pour les détails auxquels les ‘Hassidim accordait moins d’importance, par exemple les dates.

Concernant le style de ces lettres, il est surprenant que l’on ait pu affirmer : “ Toutes ces lettres sont rédigées avec un style strictement identique ”. Cette allégation n’a pas de sens. En effet, on trouve, dans ces écrits, des récits, des testaments, des demandes de bénédiction, des accusés de réception. Il est impossible que tout cela soit rédigé selon un même style. Et, comment dire, à ce propos, le mot “ strictement ” ?

Peut-être est-il fait allusion aux lettres proprement dites qui figurent dans le lot. Mais, là encore, cette affirmation est fausse. Certaines lettres ont été imprimées plusieurs dizaines d’années avant la découverte de la Gueniza, mais elles y figurent également. Or, selon ceux qui prétendent qu’il s’agit d’une falsification, il n’est pas possible que l’on retrouve un même style dans ces lettres imprimées, dont la véracité n’est pas en cause et dans celles qui, d’après eux, sont des faux, aussi bien par leur contenu que par leur formulation.

Il est clair qu’il existe une proximité entre ces textes, surtout ceux que les ‘Hassidim adressent à leurs maîtres. Car, les ‘Hassidim s’efforcent, dans leur manière d’écrire et, plus généralement, dans leur comportement, de ressembler à leurs maîtres. Et, de manière plaisante, l’explication suivante a été donnée à ce sujet, basée sur le traité Sotta 11a : “ Vous suivrez l’Eternel votre Dieu. Un homme peut-il suivre la Présence divine ? Un disciple, en revanche, peut suivre son maître. ”

Une illustration significative de ce principe peut être trouvée dans le fait qu’à chaque époque, ceux qui recopient les manuscrits et les discours ‘hassidiques, s’efforcent d’imiter l’écriture de leur maître. Souvent, il suffit d’observer une écriture, sans même prendre connaissance du discours ‘hassidique, pour déterminer si celui qui a copié ce texte vivait à l’époque de l’Admour Haémtsahi ou du Tséma’h Tsédek.

On a souligné qu’il y a, dans ces textes, de nombreuses erreurs. J’ai déjà écrit, en Adar Richon 5714(3), que l’on peut envisager l’hypothèse suivante. Ces lettres ont pu été recopiées, à partir de l’original, pour le gouvernement du tsar. Une telle recopie a donc été réalisée à la hâte et elle n’a pas nécessairement été le fait des plus grands spécialistes. De plus, comme je l’ai dit, les ‘Hassidim n’ont jamais réellement prêté attention aux dates. Ceci permet d’expliquer la majeure partie des erreurs qui ont été constatées.

A l’heure actuelle, celui qui recopie un manuscrit commet de nombreuses erreurs, qui sont découvertes lors de la relecture. Combien plus est-ce le cas si l’écriture est, en outre, difficile à déchiffrer, les lettres en étant entremêlées. C’est encore plus clairement le cas si celui qui recopie décide d’interpréter les abréviations et le fait rapidement. Tout ceci augmentera non seulement le nombre, mais aussi la nature de ces erreurs.

Donnez donc un manuscrit de l’époque à quelqu’un qui n’est pas particulièrement un spécialiste, en la matière et demandez lui de le recopier rapidement. Choisissez, par exemple, l’une des lettres du Baal Chem Tov ou de Rabbi Mena’hem Mendel de Horodok, imprimées dans les premier et second tomes de Hatamim. Vous verrez le nombre d’erreur qui seront faites.

Bien plus, si l’on suppose ce qui a été dit auparavant(4), il est clair que la recopie n’avait nul besoin d’être précise.

Si l’on admet que la copie a été faite, à partir de l’original, pour les membres du gouvernement, dans le but de les abuser et de leur faire croire qu’il s’agissait du manuscrit proprement dit, on peut comprendre pourquoi ces documents devaient avoir la même apparence que les lettres originales. De fait, au verso de chaque document, apparaît, en russe, l’adresse du fonctionnaire concerné.

Pourquoi le pourcentage de lettres ayant un contenu et, en particulier, commentant la Torah, est-il si faible ? Mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, répond à cette question dans une lettre qui évoque la Gueniza. Celle-ci est publiée dans le premier tome de Hatamim et, à sa conclusion, il est dit :

“ Certains points traitent de Kabbala pratique, des combinaisons des Noms divins et d’autres notions profondes de la Kabbala, qu’il est impossible de transmettre ainsi(5) ”. Ce passage n’apparaît pas dans le recueil “ Les lettres du Baal Ha Tanya et de ses contemporains ”, qui omet également un extrait essentiel de la lettre de mon beau-père, le Rabbi, dans lequel il rapporte l’avis de son père. Il explique que ce dernier, après avoir analysé :

“ Tous les manuscrits et lu tous les récits, tous les écrits, a fait leur éloge et a exprimé son avis, affirmant que ces textes et ces lettres ne sont que des copies. Leur contenu, en revanche, est exact et, même si l’on y découvre une contradiction, celle-ci est négligeable par rapport à leur valeur intrinsèque. En fait, il s’agit uniquement d’une erreur de la part de ceux qui en ont effectué la copie. ”

Il ne faut donc pas s’étonner qu’il y ait relativement peu de lettres ayant un contenu. Celles qui en ont un, en effet, n’ont pas été publiées dans le Hatamim.

Celui qui possède la moindre connaissance du comportement des maîtres de la ‘Hassidout, à l’époque, sait que ceux-ci ne rédigeaient pas eux-mêmes leur enseignement. Bien au contraire, ils s’efforçaient de ne pas le faire, pour différentes raisons. De manière tout à fait exceptionnelle, lorsqu’ils n’avaient pas la possibilité de répondre oralement, ils le faisaient par écrit, d’une manière extrêmement concise.

Celui qui demande pourquoi il y a, dans les écrits d’un des maîtres de la ‘Hassidout des premières époques, une faible proportion de commentaires de la Torah, fait, en réalité la preuve de sa méconnaissance de leur comportement. Bien plus, on sait que mon beau-père, le Rabbi et son père, le Rabbi Rachab, dont le mérite nous protégera, répondaient aux questions des ‘Hassidim, y compris lorsqu’elles portaient sur la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout, bien plus que leurs prédécesseurs, les maîtres de ‘Habad et, à fortiori, que les maîtres contemporains du Baal Chem Tov et du Maguid(6). Nous possédons les archives de ces courriers et nous savons donc exactement ce qu’ils ont écrit eux-mêmes et ce qui n’est qu’une recopie de leur écriture. Malgré cela, on ne retrouve, dans leur correspondance, qu’une faible proportion de commentaires de la Torah.

Il est dit que “ les besoins de Ton peuple sont multiples ”. Ceux qui posaient des questions matérielles ou demandaient une bénédiction étaient donc plus nombreux que ceux qui sollicitaient une explication de la partie révélée de la Torah ou de la ‘Hassidout. Ces derniers, pour la plupart, posaient leurs questions oralement à leur maître, lorsqu’ils allaient les voir, à l’occasion des fêtes et recevaient une audience auprès d’eux. Ces interrogations n’étaient pas urgentes et une réponse pouvait donc leur être apportée, quelques semaines ou même quelques mois plus tard.

La signature de nombreuses lettres mentionne également le nom de la mère, comme lors d’une demande de bénédiction, et non celui du père. Celui qui connaît la manière dont les ‘Hassidim écrivent à leur maître sait que ceux-ci signent souvent en mentionnant le nom de leur mère, y compris lorsqu’ils ne demandent pas de bénédiction.

On a prétendu également qu’en faisant la preuve qu’une lettre est falsifiée, on pourra considérer qu’il en est de même pour toute la Gueniza. Il est clair qu’une telle affirmation n’a pas de sens. En effet, elle conduirait à penser que nos saints livres sont falsifiés, parce que l’on y trouve des fautes d’imprimerie ou des ajouts ultérieurs. Or, on sait que les Rabbanan Savouraï ont annoté le texte talmudique. Il en est de même pour plusieurs ouvrages ultérieurs.

Bien plus, même si l’on trouve, parmi ces lettres, l’une que nos maîtres se transmettaient confidentiellement, d’une génération à l’autre, cela ne veut pas dire que quelqu’un aurait pu la falsifier après être parvenu à en avoir connaissance. Il faut admettre que ceux qui l’ont recopié avaient connaissance de cette transmission confidentielle, qu’elle porte sur des combinaisons de Noms divins, des idées profondes de la Kabbala, des serments des anges ou les différentes catégories mentionnées par mon beau-père, le Rabbi, dans sa lettre précédemment citée.

Il est également surprenant que le “ falsificateur ” ait disparu, qu’on n’ait pu l’identifier. Cela me semble particulièrement étonnant. Pour falsifier ces lettres, celles qui ont été publiées et, à fortiori, celles qui ne l’ont pas été, mais que le Rabbi Rachab a étudié de nombreuses fois, comme en atteste mon beau-père, le Rabbi et dont il a fait l’éloge, il fallait non seulement avoir des talents de faussaire, mais, en outre, posséder de solides connaissances de Kabbala et de ‘Hassidout. Il fallait savoir, en outre, quelles étaient les relations des maîtres de la ‘Hassidout entre eux, de même que celles des membres de leur famille, mentionnés dans ces lettres. Il est très surprenant qu’un homme possédant tant de connaissances n’ait rien publié, ni avant la découverte de la Gueniza, ni après celle-ci.

Dans les générations précédentes, lorsque l’on ne savait pas, avec certitude, qui était l’auteur d’un livre, on recherchait qui il pouvait être, en fonction des connaissances dont il devait disposer. C’est ainsi que, pour le Zohar, on a cité le nom de Rabbi Moché de Léon. Dans beaucoup de responsa des premiers Sages, on confondait le Ramban, le Rachba et le Ritva. Il en fut de même, dans les générations suivantes, pour les responsa Besamim Roch, pour les pierres tombales que l’on a retrouvées en Crimée, pour l’ordre de Kodachim du Yerouchalmi. Et, il est inutile d’en dire plus tant cela est bien évident.

Il était auparavant d’usage que l’on n’imprime aucun livre, quel qu’en soit l’auteur, s’il n’avait pas reçu des approbations rabbiniques. Et, la raison en était bien claire. Chacun peut se tromper. L’amour propre et la conviction d’avoir raison occultent toutes les fautes et toutes les erreurs. Les plus grands Sages, ceux qui marquent réellement leur génération, comme le dit le traité Sanhédrin 7b, prenaient également conseil auprès des autres, demandaient leur avis avant de trancher la Hala’ha.

En cette génération indigente, on considère que les approbations rabbiniques sont inutiles. Quiconque le désire peut s’exprimer, juger en dernière instance. Il le fait, sans hésiter, lorsqu’il s’agit de son propre domaine et, si ce n’est pas le cas, il formule des suppositions et celles-ci deviennent aussitôt incontestables. L’imprimeur édite et le lecteur juge, car l’édition ne saurait être remise en cause.

Le Rabbi de Munkatch, auteur, en particulier, du Min’hat Eléazar avait l’habitude de s’exprimer d’une manière très énergique et il n’hésitait pas à employer des expressions dures. Or, il prend position avec beaucoup de prudence, à propos de la Gueniza, dans son livre Divreï Torah, cinquième édition, paragraphe 9 : “ Des mains étrangères et falsificatrices sont intervenues ”, “ garde toi bien de les croire et sois prudent ”, “ on peut craindre que ces lettres soient falsifiées ”.

Mon beau-père, le Rabbi, a fait connaître la décision de son père, après que celui-ci ait examiné, pendant plusieurs mois, tous les écrits de la Gueniza, à l’exception de quelques documents, parvenus à d’autres. Selon lui, le contenu de ces textes et de ces lettres est vrai, les contradictions qui s’y trouvent sont relativement légères par rapport à leur importance intrinsèque.

Or, ils sont les seuls à avoir vu tous les documents de cette Gueniza, parmi lesquels il y a également des explications de la Kabbala, différentes formes des Noms de Dieu, les noms et les louanges des anges, des combinaisons de noms et des serments.

Malgré tout cela, l’auteur des “ lettres du Baal Ha Tanya et de ses contemporains ” écrit que : “ tous ceux qui ont enquêté sur la véracité de ces écrits n’ont pas examiné, de manière globale et systématique, le contenu de ces lettres. Je suis donc parvenu à la conclusion que les lettres de la Gueniza qui ont été publiées sont falsifiées. Certaines ont été imprimées et diffusées avec l’accord de Grands du peuple juif qui, en la matière, se sont trompés. ”

Peut-on considérer que celui qui remet en cause une telle certitude soit réellement intègre ?

M. Schneerson,

Notes

(1) Cette lettre est publiée dans Haséfer de 5715-1955, figurant dans le second tome de Hatamim, page 852. Voir également Iguerot Kodech de l’Admour Hazaken, page 476. La présente lettre fait suite à la lettre n°2497, attestant la véracité des documents figurant dans la Gueniza qui a été retrouvée dans la ville de ‘Herson. (2) Qui a été assassiné lors des persécutions. (3) Il s’agit de la lettre n°2497. (4) Que la recopie de ces manuscrits a été faite pour être remise au gouvernement tsariste, lequel, de toute façon, ne pouvait pas les comprendre. (5) Toutes les lettres traitant de ces sujets n’ont donc pas fait l’objet d’une publication. (6) De Mézéritch.

Lettre n°2649

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2649, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav David(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, écrite à l’issue du Chabbat Emor et j’ai été content de constater que ma lettre(2) vous a fait plaisir, bien que j’ai décrit la situation telle qu’elle est, sans chercher à vous plaire.

J’ai été satisfait de prendre connaissance de la distribution de Matsa Chemoura que vous avez organisée. Vous avez considéré les autres avec largesse et vous leur avez conféré ce mérite. Si je le savais d’emblée, je vous en aurais adressé une plus grande quantité, mais il est inutile de se plaindre du passé et tout dépend du mérite.

Puisse Dieu faire que ce que nous recevons encore par la foi et pour lequel nous avons donc besoin de l’aliment de foi(3), s’intègre à notre compréhension et à notre connaissance, dès l’an prochain. Ainsi, notre foi pourra servir pour un objectif plus élevé(4).

Différents textes de ‘Hassidout expliquent qu’il existe plusieurs paliers de foi. Lorsqu’un homme développe son intellect, il peut donc saisir ce qu’il acceptait auparavant par foi. Pour autant, il est encore certaines notions qu’il ne parviendra pas à comprendre, pour l’heure et auxquelles il croira, d’une foi pure, alors que celui qui est plus grand que lui parviendra à les comprendre. Ce dernier pourra donc saisir ce que le premier ne conçoit lui-même que par sa foi.

Vous me dites que vous continuez à publier des explications de nos Sages, dans différentes revues et j’en suis satisfait. Vous voudrez bien, à l’avenir, m’adresser ces coupures de presse. Je vous en remercie par avance.

Avec ma bénédiction de bonne santé et pour concevoir une satisfaction de tous vos enfants,

Notes

(1) Le Rav D.Helman. Voir, à son sujet, la lettre n°2354. (2) Il s’agit de la lettre n°2354. (3) La Matsa. (4) Pour ce que l’on n’aura pas encore compris.

Lettre n°2650

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2650, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

13 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Betsalel(1), émissaire des Sages,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me demandez de quelle manière on récite la bénédiction(2), lorsque l’on doit sortir un second Séfer Torah en cours de lecture(3).

Je n’ai pas reçu d’instruction particulière, à ce sujet. Il faut donc s’en tenir à l’avis des derniers Sages, en particulier celui du Chaar Éphraïm et de ses commentateurs, qui est reproduit dans le Chaar Ha Collel, chapitre 5, paragraphe 2.

Dans l’attente de bonnes nouvelles, concernant la réussite de la collecte pour le nouveau bâtiment(4) de la Yechiva Ohaleï Yossef Its’hak, à Melbourne et en saluant tous les ‘Hassidim,

Notes

(1) Le Rav B.Wilshanski, d’Australie. Voir, à son sujet, les lettres n°2515 et 2888. (2) Devant être dite par celui qui est appelé à la Torah. (3) Du fait d’un problème découvert dans le premier. (4) Voir, à ce sujet, les lettres n°2310, 2681, 2727, 2766, 2772, 2920 et 2956.

Lettre n°2651

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2651, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Pessa’h Cheni 5714,

Brooklyn, New York,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

aux comportements généreux, issu d’une illustre famille,

le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été satisfait de votre visite, la semaine passée. Le Rav ‘Hadakov(2) m’a fait part de l’avancement du projet relatif à notre travail de recherche(3) sur les écrits, les discours et les livres de l’Admour Hazaken. Je suis sûr que s’accomplira en vous l’explication de nos Sages selon laquelle : “ à celui qui commence à mettre en pratique une Mitsva, on demande de la conduire à son terme ” et que tout ceci aura une issue positive.

Bien plus, le nom souligne un lien(4), puisque vous portez celui de votre grand-père, qui, lui-même porte celui de l’Admour Hazaken. Pour quelqu’un comme vous, il est inutile de décrire longuement le grand mérite qui découle de tout cela.

Conformément à votre proposition, je vous joins une lettre pour monsieur Shapiro, avec une liste, présentant le plan de notre présente recherche. Comme vous le verrez, nous y avons fait figurer, pour qu’elle soit plus complète, un étude spécifique sur la biographie de l’Admour Hazaken et la bibliographie des livres et des commentaires rédigés, à propos de l’œuvre de l’Admour Hazaken, par les maîtres de ‘Habad qui lui ont succédé et par ses ‘Hassidim.

Que Dieu vous confère la réussite et que ce projet aboutisse, de sorte qu’au jour de la Hilloula de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï(5), il soit possible de commencer la réalisation de cet important projet, avec l’aide de Dieu.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Notes

(1) Chnéor Zalman Chazar, qui fut, par la suite, président de l’état d’Israël. Voir, à son sujet, les lettres n°2343 et 2795. (2) Directeur du secrétariat du Rabbi. (3) Menée par C. Z. Chazar (4) Les prénoms de C. Z. Chazar sont les mêmes que ceux de l’Admour Hazaken. (5) A Lag Baomer, soit quatre jours après la rédaction de cette lettre.

Lettre n°2652

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2652, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

14 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 11 Iyar, dans laquelle vous me faites part de vos difficultés à comprendre la partie révélée de la Torah. Vous en imputez la raison au fait que votre professeur ne maîtrise pas parfaitement la Langue Sacrée. Or, comme vous le savez, nos Sages disent que : “ celui qui te dit ne pas avoir fait d’effort et avoir, néanmoins, connu le succès, ne le crois pas. Celui qui te dit avoir fait des efforts, mais ne pas avoir connu le succès, ne le crois pas ”.

A mon avis, ceci s’applique également à votre cas. Lorsqu’un Juif est animé du désir d’étudier la Torah, bien plus, de le faire en se pénétrant de crainte de Dieu, le mauvais penchant se dresse contre son initiative, par des moyens divers et variés. Bien évidemment, il tente d’abord d’expliquer à l’homme que cela ne dépend en aucune façon de lui, mais uniquement d’une autre personne. Il n’y a donc rien à faire et l’on a soi-même d’ores et déjà réalisé tout ce qui était concevable.

Puis, si ce subterfuge fonctionne, ce qu’à Dieu ne plaise, une conséquence profondément négative peut en être attendue, non seulement pour l’étude de la Torah, mais aussi pour la pratique des Mitsvot, y compris dans l’action concrète. En effet, le mauvais penchant, comme je le disais, démontre, de différentes manières, que tout ceci s’applique également à la pratique des Commandements.

Lorsqu’une guerre éclate, il est plus facile de vaincre au début que par la suite, quand l’ennemi s’est déjà renforcé. Le saint Zohar, tome 3, page 87b, commentant le verset “ tu te lèveras devant l’homme âgé ”, souligne que le mauvais penchant “ vieillit ” dans la personnalité de l’homme. Le conseil de la Torah est donc le suivant. Devant un tel “ vieillard ”, il convient de se lever et il en est bien ainsi, dans votre cas.

Vous devez, au plus vite, supprimer et faire disparaître ces arguments, émanant de votre mauvais penchant. Le saint Tanya indique de quelle façon on peut y parvenir, lorsqu’il commente l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ il faut toujours exciter le bon penchant contre le mauvais ”. De la sorte, vous connaîtrez la réussite dans votre étude de la Torah et dans votre pratique des Mitsvot, grâce à la crainte de Dieu que vous possédez.

Il est possible que quelques problèmes de communication puissent intervenir dans la relation entre le recteur de la Yechiva et les élèves. Néanmoins, tout cela est parfaitement négligeable, comparé au grand bonheur qu’un Juif peut concevoir en étudiant notre sainte Torah, qui est la Sagesse et la Volonté du Saint béni soit-Il. Et, le résultat est à la mesure de l’effort.

Peut-être certains de vos amis considèrent-ils également que la raison invoquée fait obstacle à leur étude de la Torah et à l’ardeur qui convient pour l’entreprendre. Vous voudrez bien leur transmettre le contenu de la présente. Vous trouverez sûrement les mots pour le faire.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°2653

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2653, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Un point essentiel doit être ajouté à ce que vous a dit le Rav H.M. A. ‘Hadakov(1) par téléphone. On me dit que vous jeûnez, que vous vous abstenez de parler(2) et je ne comprends nullement votre attitude.

Vous avez sûrement une bonne raison pour agir ainsi. Mais, vous savez que les femmes pleurent facilement, qu’elles sont émotives(3). Et, même s’il s’agit d’améliorer son comportement, Dieu ne souhaite pas qu’on le fasse par la contrainte verbale et par la force. Ceci s’ajoute à l’injonction du Baal Chem Tov et du Maguid(4), soulignant la nécessité de maintenir son corps en bonne santé. La même idée est développée dans le discours ‘hassidique prononcé ce 10 Chevat et il est sûrement inutile d’en dire plus.

La ‘Hassidout explique que Yaakov aurait pu choisir, comme offrande, des animaux impurs, bien que cette pratique soit comparée à un sacrifice. En effet, avant le don de la Torah, on pouvait trouver différentes façons d’autoriser une telle manière d’agir. Après la révélation du Sinaï, en revanche, ce qui a été interdit ne peut plus être remis en cause et aucune exception ne doit être envisagée, sauf dans le cas d’un prophète auquel Dieu commande un tel comportement, de manière exceptionnelle. Bien évidemment, je n’imagine pas que ce soit votre cas.

J’attends de vos bonnes nouvelles. Vous me direz que, désormais, la paix règne dans votre foyer, que vous renforcez la santé de votre corps et celle de votre âme. Que Dieu vous accorde la réussite.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav ‘Haïm, Morde’haï Aïzik ‘Hadakov, directeur du secrétariat du Rabbi. (2) Conformément à l’usage qualifié de “ jeûne de la parole ”. (3) L’épouse du destinataire de cette lettre s’accommode mal de cette manière d’agir. (4) De Mézéritch.

Lettre n°2654

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2654, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

se consacre aux besoins communautaires, est empli

d’empressement, multiplie les réalisations positives,

le Rav T.H.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu les épreuves du recueil de commentaires sur la Torah du Ramban, auxquelles étaient jointes vos notes. Je vous remercie d’avoir bien voulu me les adresser. En feuilletant ces pages, j’ai eu plaisir à observer le travail et la sagesse investis dans ces notes. Comme le veut la coutume, je vous joins quelques remarques que j’ai formulées et qui concernent le début de l’introduction du Ramban.

Je vous adresse également quelques remarques sur votre fascicule intitulé “ Proposition pour la fixation d’un Erouv ”. Vous connaissez l’explication que donnent nos Sages du verset : “ Et Vahev à la fin ”(2).

A cette occasion, je vous adresse encore une fois mes souhaits de bon voyage. Puissiez-vous utiliser avantageusement l’influence que vous exercerez, pendant votre séjour en Terre Sainte, afin de renforcer l’image de la Tradition d’Israël, avec fierté et dignité.

Avec mes respects et ma bénédiction,

Remarques sur le recueil de commentaires de la Torah du Ramban

Troisième ligne, premièrement, et redoutable :

Vous consulterez le Melé’het Hakodech Devarim 10, 17. Vous verrez aussi le traité Yoma 69b.

Même page, je commencerai, et la note sur cette phrase :

Dans le Michné Torah, est également utilisé le futur, “ Je répartira les Lois…Je le répartirai ”. De façon générale, il est un peu curieux d’imaginer que le livre ait été rédigé avant son introduction. Quant à la contradiction relevée entre deux de ses textes, les lois de la Chemitta et du Yovel, chapitre 10, paragraphe 6, d’une part, qui énonce, comme date, mille cent sept ans après la destruction du Temple et l’introduction, d’autre part, qui dit mille cent huit ans après celle-ci, une clarification reste nécessaire même si on la met de côté, puisque, dans les lois de la sanctification du nouveau mois, chapitre 11, paragraphe 16, il est question de mille cent neuf ans après cette destruction.

On peut ajouter que, dans les lois de la sanctification du nouveau mois elles-mêmes, au chapitre 9, il semble que celles-ci aient été rédigées mille cent ans après la destruction du Temple.

En fait, on peut expliquer tout cela(3) en rappelant qu’après avoir rédigé le Michné Torah, le Rambam le remania à plusieurs reprises. Vous verrez, à ce sujet, l’édition Shulsinger du Rambam, à la fin du cinquième tome. Bien évidemment, dans la seconde édition, le Rambam modifia uniquement les lois qui devaient l’être, mais non l’ensemble de son manuscrit, d’autant que des copies de la première version étaient déjà répandues, comme en attestent les lettres du Rambam et de son fils.

Il est donc possible que le neuvième chapitre des lois de la sanctification du nouveau mois ait été rédigé, pour sa première version, en la mille centième année et n’ait pas été modifié dans les versions ultérieures. Le onzième chapitre, en revanche, a été modifié et rectifié par la suite. Il n’a donc été achevé qu’en la mille cent neuvième année.

Quant à l’introduction, elle fut rédigée lorsque le Rambam avait déterminé non seulement le nombre de volumes, mais aussi les lois qui seraient traitées dans chacun de ces volumes, selon le détail qui en est donné à la fin de cette introduction. C’est alors que le Rambam disposait de toute la matière nécessaire. Pour autant, l’introduction fut bien rédigée avant le livre et, du reste, le Rambam, la conclut par : “ Je commencerai maintenant à expliquer les lois de chaque Mitsva ”.

D’après ce qui vient d’être dit, on peut comprendre qu’il est possible de fixer, selon tous les avis, l’année pendant laquelle le Rambam commença la rédaction de son Michné Torah. Le Séder Ha Dorot et d’autres textes traitent de ce sujet. Comme nous l’avons vu, la première année citée est bien la mille centième.

Même page, avec crainte et… transpiration :

On peut noter, à ce sujet, la formulation de la Guemara, au traité Bera’hot 22a. Le Ramban parle également de l’inquiétude et l’on peut s’interroger sur ce mot, car, d’après l’enseignement ésotérique de la Torah, les quatre termes employés ici(4) sont précis et ils correspondent aux quatre lettres du Tétragramme, selon le Likouteï Ha Chass du Ari Zal, au traité Moed Katan.

A ce propos, il y a là, dans toutes les éditions que j’ai pu consulter, un oubli évident, concernant l’explication de ce terme de sueur, qui affecte les membres externes du corps et qui est lié, dans sa dimension ésotérique, au Hé du Tétragramme, au “ vêtement extérieur ”. En effet, le copiste a oublié le troisième “ du Nom ” et il est passé directement au quatrième(5). Or, pour l’heure, j’ai n’ai pas vu que quelqu’un en fasse la remarque !

En l’occurrence, la rime, ici un Kamats, aurait pu être respectée si l’on avait mis en parallèle Eïma, la crainte et Zea, la sueur. Peut-être est-il envisageable que le terme “ inquiétude ” fasse allusion à la pointe qui se trouve au dessus du Youd(6). De différents points de vue, celle-ci est considérée comme un stade indépendant, détaché du Youd.

Ainsi, nos Sages disent, dans le Midrash Béréchit Rabba, chapitre 14, paragraphe 9 : “ Elle porte cinq noms(7) ”, alors que le Zohar, tome 1, page 79b, n’en cite que quatre. Le traité Bera’hot, comme le Zohar, ne mentionne que quatre niveaux. En pareil cas, l’inquiétude fait partie de la crainte, mais ce sujet ne sera pas développé ici.

Même page, quatrième ligne, le pardon, la clémence et l’expiation :

Vous consulterez le Yerouchalmi, à la fin du traité Yoma, les derniers Sages sur le Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 607, le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 607, paragraphe 7 et son Siddour.

Même page, cinquième ligne, en s’agenouillant, en se prosternant, en se courbant :

Vous consulterez la formulation de la Guemara, au traité Bera’hot 34b.

Même page, sixième ligne, un œuf de fourmi :

Pour l’heure, je n’en ai trouvé l’équivalent dans aucun autre texte. Peut-être les copistes ont-ils fait une erreur. Il faudrait donc lire : un œuf de pou, qui est l’animal le plus petit, selon le traité Chabbat 107b et correspond néanmoins à la constellation la plus haute, qui est la créature la plus importante.

Vous consulterez le Rambam, lois des fondements de la Torah, chapitre 2, paragraphe 9 et le Chaar Hay’houd Vehaémouna, de l’Admour Hazaken, chapitre 7, paragraphe 83a.

Remarques sur le recueil “ Proposition pour la fixation d’un Erouv ”(8)

Page 1, paragraphe 2, la conception de Rachi :

C’est ce qu’expliquent l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h, chapitre 345, paragraphe 11 et plusieurs autres textes. Les responsa Beth Av, seconde partie, paragraphe 5 et les index mentionnent trente des premiers Décisionnaires qui adoptent la position de Rachi.

Même page, 1.1. :

Le nombre de six cent milles inclut également les non Juifs et l’on peut le justifier de la manière suivante. C’est, en effet, à Mara que les enfants d’Israël reçurent la Mitsva du Chabbat, selon les Tossafot, au traité Chabbat 87b, alors qu’ils étaient encore considérés comme des descendants de Noa’h(9). On connaît, à ce sujet, l’avis de plusieurs, parmi les premiers Sages. Par la suite, quand la Torah fut donnée, le Chabbat fut institué “ comme cela t’a été ordonné ” à Mara.

Page 2, paragraphe 3, selon tous les avis, le domaine public est défini par la Torah :

On peut s’interroger, à ce sujet. Il me semble qu’au final, toutes les rues se terminent par des ponts ou par des tunnels, fermés par un portail, une barrière ou une guérite permettant d’encaisser un droit de péage. Vous consulterez le Adéret Elyahou du Rav A.de Butchatch, au chapitre 345.

Page 3, définition de la mer et d’un fleuve :

Cette définition a une incidence, par exemple, sur la rédaction d’un acte de divorce(10). On peut prendre comme critère(11) le fait que les eaux se rassemblent en un endroit et qu’elles y restent, même s’il y a une onde, ou bien qu’elles s’écoulent, conformément aux traités Mikwaot, chapitre 5, Michna 4, Makot 4a, Yebamot 141a. Vous verrez les responsa Tsafnat Paanéa’h, du Rav Y.de Ragatchov, aux chapitres 58 et 59. Mais, en réalité, il me semble qu’il faut considérer chaque endroit selon ses particularités.

Dans les lois de l’Erouv, tout dépend de ce que l’on voit effectivement, du fait qu’un banc de sable se forme et se gèle, au moins de temps à autre ou bien que cela ne se produise jamais.

Ceci permet de comprendre pourquoi les premiers et les derniers Sages détaillent de nombreuses lois, en la matière et précisent les différents risques, les formes des fleuves, des fosses, bien que le Talmud n’en parle pas.

En conséquence, il faut préciser les contours de Manhattan, tels qu’ils sont cités ici. On consultera, en outre, les références citées, à ce propos, par le nouveau Or’hot ‘Haïm, au chapitre 343.

Page 3, la crainte, selon un avis, que la mer forme un banc de sable :

On peut s’interroger, à ce sujet, car le Ramah tranche en ce sens. Vous verrez, à ce sujet, le Yad Mala’hi, règles du Ramah, chapitre 18. L’Admour Hazaken retient également cet avis pour la Hala’ha, au chapitre 363, paragraphe 38.

Même page, l’avis du ‘Hatam Sofer :

Selon l’avis de l’Admour Hazaken, à la même référence, il est bon de tenir compte des propos de celui qui interdit.

Page 4, paragraphe 8, on voit d’abord les maisons les plus hautes :

A mon humble avis, il est totalement exclu qu’en construisant une tour, particulièrement élevée, au milieu d’un large terrain clôturé, celui-ci, bien que défini comme un domaine public par la Torah, soit considéré comme un domaine privé. On ne peut pas dire non plus que, dès lors que, d’un édifice, on peut voir la totalité d’une surface, celle-ci soit, d’après la Torah, un domaine privé. Ceci reposerait la question du Talmud, au traité Erouvin 22b : “ Tous reconnaissent que l’on pourrait clôturer l’océan ”, d’après l’interprétation que donne Rachi de cette clôture et comme le raconte le Chlomo sur le Yerouchalmi, cité par les Tossafot, au traité Avoda Zara 41a.

D’après cela, il faudrait dire que l’on a cette vision en se tenant sur le sol. Le traité Be’horot 54a parle de seize Mils. Mais, peut-être la distance est-elle plus grande, en l’occurrence. En effet, il faut que l’on puisse observer, afin de garder et de compter, ce qui n’est pas le cas quand il y a une clôture.

On peut citer, à ce propos, le traité Pessa’him 94a, selon lequel on peut faire entrer des chevaux et des mulets. Vous consulterez également la définition d’un endroit proche, telle qu’elle est donnée par le traité Moed Katan, page 22a. Or, de nos jours, on se déplace en train ou en avion. La discussion de nos livres sacrés, à ce sujet, est présentée dans le Colbo, du Rav Greenwald, tome 1, page 330.

Page 5, fin du paragraphe 11 :

Vous consulterez encore le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, au chapitre 343, paragraphe 43.

Même page, paragraphe 12, 1.1. :

Vous consulterez le commentaire de la Hala’ha par l’auteur du Michna Beroura, chapitre 358, paragraphe 9.

Même page, 3.3. :

Il y a une controverse, à ce sujet. Vous consulterez les références citées par les notes du Maharcham, dans le nouveau Or’hot ‘Haïm, au chapitre 358.

*

*

*

Concernant le fait qu’il est une Mitsva d’instaurer un Erouv, vous consulterez le traité Erouvin 28a, le Tour et Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 366, paragraphe 13, la Chita Mekoubetset Beïtsa 16b, les responsa du Roch, principe 21, le Rachbats, tome 2, chapitre 37, le ‘Hatam Sofer, partie Ora’h ‘Haïm, chapitre 99, responsa Beth Av, seconde édition, chapitre 1.

Il faut préciser que ce dernier ouvrage traite entièrement de l’Erouv. Il discute différents points qui sont mentionnés dans votre recueil.

Notes

(1) Le Rav Tsvi Hirsh Eisenstadt. (2) Ils expliquent que la discussion de la Loi, par les Sages, peut être très vive, sans remettre en cause les rapports cordiaux que ceux-ci entretiennent et qu’ils retrouvent naturellement, dès la fin de cette discussion. (3) Voir, à ce sujet, le discours du Rabbi, prononcé pendant le Chabbat Parchat ‘Houkat 5744-1984. (4) “ La crainte et la peur, le tremblement et la sueur ”. C’est ce que les enfants d’Israël ressentirent, quand ils reçurent la Torah et c’est ce que chacun peut encore ressentir, à l’heure actuelle, au moment de l’étude. (5) lettre du Nom ”, il a omis la troisième, de sorte qu’il est passé directement de la seconde à la quatrième. (6) Et qui s’ajoute aux quatre lettres du Tétragramme, constituant ainsi un niveau indépendant. (7) L’âme juive compte cinq parties, qui correspondent aux quatre lettres du Nom de Dieu et à la pointe du Youd. Cette dernière est donc bien un stade indépendant. (8) Voir, à ce sujet, la lettre n°2786. (9) Et, non comme des Juifs, puisque la Torah n’avait pas encore été donnée. (10) Dans lequel il est nécessaire de préciser où il a été rédigé. Les contours d’un endroit doivent donc être précisément définis. (11) Pour définir un fleuve ou une mer contribuant à entourer un certain endroit.

Lettre n°2655

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2655, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre, dans laquelle vous me décrivez ce qui vous est arrivé. Et, vous vous plaignez de votre situation actuelle, car vous enseignez la Torah aux enfants et vous considérez que votre propre étude s’en trouve affaiblie. Vous souhaitez donc vous rendre en Terre Sainte ou bien enseigner à une plus grande classe.

De façon générale, de tels problèmes doivent être réglés par la direction des écoles Yossef Its’hak Loubavitch, au Maroc, à qui j’ai transmis votre demande et qui vous contactera.

Mais, je suis particulièrement surpris que vous vous plaignez de votre situation actuelle. Vous concluez votre lettre en précisant qu’il s’agit d’une immense douleur et que, de cette manière, votre étude a chuté. Or, vous connaissez l’enseignement du Baal Chem Tov(1), que nous avons maintes fois entendu de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, selon lequel une âme peut descendre et se trouver ici-bas, dans un corps physique, pendant soixante dix ou quatre vingt ans afin de rendre, une seule fois au cours de cette vie, un service, matériel ou spirituel, à un Juif ou à une Juive.

Or, l’âme est “ une parcelle de Divinité véritable ”(2) et elle se trouve sous le Trône céleste. Malgré cela, la Présence divine lui assure qu’une telle descente, du lieu de sa gloire, d’une cime élevée vers une fosse profonde, est justifiée si elle permet de rendre, une fois, un service à quelqu’un.

Dieu vous a accordé le mérite et la réussite de mener une action, chaque jour, pour rapprocher le cœur des enfants d’Israël de notre Père, Qui se trouve dans les cieux. De la sorte, vous contribuez à ce que Dieu se réjouisse de Ses créatures et qu’Israël se réjouisse de son Créateur. Comment pouvez-vous dire que votre étude de la Torah connaîtra ainsi la chute, que votre douleur est immense ? L’origine de tels arguments n’est-elle pas bien évidente ? Comment pouvez-vous être dans le doute et même imaginer qu’ils émanent du bon penchant ?

Abandonnez complètement une telle conception ! Consacrez-vous entièrement à cette mission sacrée, celle d’enseigner la Torah aux enfants d’Israël ! Cette étude commence effectivement par celle de l’alphabet et qui peut déterminer ce qui est le plus important pour Dieu ? De fait, nos Sages disent : “ Ne soupèse pas les Mitsvot de la Torah, ainsi qu’il est dit : Ne soupèse pas le chemin de la vie ”.

Bien évidemment, on doit faire tout cela joyeusement, dès lors qu’on a le mérite de l’accomplir. De la sorte, on connaît la réussite en ses préoccupations personnelles et, selon l’expression de l’Admour Hazaken(3), on a “ un cerveau et un cœur mille fois plus affinés ”. On peut alors étudier fructueusement la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout(4).

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2641. (2) Voir, à ce sujet, le chapitre 2 du Tanya. (3) Au début du Torah Or. (4) En comprenant, en une heure, ce qui n’aurait pu l’être qu’en mille heures, si l’on n’avait pas agi pour le bien de l’autre.

Lettre n°2656

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2656, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre(1) du 9 Iyar. Vous connaissez l’enseignement du Baal Chem Tov, qui est à la base de notre sainte Torah, selon lequel tout ce qui se passe, dans le monde, est un effet de la divine Providence, accordé à chaque Juif, non seulement de manière globale, mais aussi en chaque détail et de la manière la plus précise, pour tout ce qui concerne l’existence quotidienne. En conséquence, le verset dit, faisant référence à chacun : “ Dieu est avec moi. Je n’ai pas peur ”.

Parfois, on oublie qu’il en est ainsi, mais il n’y a là qu’une intervention du mauvais penchant, souhaitant séparer Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux, par des arguments insensés, conformément à l’enseignement que donnent nos Sages, à ce propos(2). En effet, il est vrai, comme on le soulignait, que chaque Juif et chaque Juive sont les enfants de notre Père Qui se trouve dans les cieux. Or, un père ne peut se séparer de son fils ou de sa fille.

Il résulte de ce qui vient d’être dit qu’il n’y a nullement lieu d’avoir peur, ce qu’à Dieu ne plaise, car “ Dieu est ton ombre, près de ta main droite ”. Il observe et protège chacun d’entre nous. J’espère que ces quelques lignes suffiront pour vous(3) renforcer dans votre confiance en Dieu, au quotidien. Vous pourrez ainsi mener votre activité avec assurance et joie.

Que Dieu fasse que votre grossesse se passe bien(4), que vous enfantiez, aisément, un enfant en bonne santé, au bon moment et de la manière qui convient.

Avec ma bénédiction,

N. B. : Il serait bon de faire vérifier les Mezouzot de votre(3) maison. Il semble qu’il soit nécessaire de les changer. De même, vous ferez vérifier vos Tefillin(1).

Notes

(1) Ce terme, au masculin singulier, fait référence au mari du couple destinataire de cette lettre. (2) Le traité Sotta dit, en effet : “ Un homme peut commettre la faute uniquement dans la mesure où il est saisi par un esprit de folie ”. (3) Le Rabbi emploie ici le pluriel et il s’adresse donc à la fois au mari et à la femme. (4) Le Rabbi s’adresse ici à la femme.

Lettre n°2657

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2657, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

15 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre écrite à l’issue du Chabbat et, soit dit en passant, je suis surpris de votre effort pour être uniquement un “ ‘Hassid des ennuis ”(1), selon l’expression de mon beau-père, le Rabbi. Vous n’écrivez que lorsque vous avez des ennuis, malheureusement. En dehors de cela, il est exclu d’avoir de vos nouvelles.

Pour en venir à votre question, je vous ai souligné, il y a quelques temps déjà, l’importance d’être proche des membres de votre communauté. Je vous ai écrit, à ce sujet et je vous ai demandé, en particulier, de vous rapprocher de ceux qui vous font problème non pas par leur manque de crainte de Dieu, mais, tout au plus, par manque de connaissance. Vous devez, par différents moyens, rechercher leur proximité, afin de ne pas assombrir vos relations.

Bien plus, vous êtes le plus jeune et Dieu vous a donné le mérite d’être un élève de la Yechiva Loubavitch, de recevoir directement plusieurs enseignements de mon beau-père, le Rabbi, à propos de votre comportement et de la nécessité d’aimer votre prochain. Vous devez donc, dans ce domaine, prendre l’initiative, faire les premiers pas et peut-être même aller au delà de ces premiers pas. Bien évidemment, il ne s’agit nullement de vous diminuer ou de remettre en cause l’honneur de la Torah(2).

Vous connaissez l’histoire du sage qui est rapportée, me semble-t-il, par le Miv’har Peninim, de Badarchi, expliquant pourquoi les sages se rendent auprès des riches et non les riches auprès des sages. En effet, les riches, quand ils ne sont pas des sages, ne connaissent pas la valeur de la sagesse, qui leur fait défaut. Les sages, en revanche, connaissent la valeur de la richesse et savent comment en faire bon usage. Il en est de même, pour ce qui vous concerne.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,

Notes

(1) Se souvenant qu’il est un ‘Hassid uniquement quand il a des ennuis. Voir, à ce propos, la lettre n°713. (2) Dont le destinataire de cette lettre est un érudit.

Lettre n°2658

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2658, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

Le Rav Dan Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 11 Iyar. Comme vous me l’avez demandé, je mentionnerai tous ceux que vous citez, en un moment propice, lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Je suis surpris que vous ne me disiez pas, dans votre lettre, si ces personnes vous ont chargé de m’écrire, conformément à l’enseignement de nos sages, selon lequel “ l’émissaire d’un homme est comme cet homme ”, ou bien si vous le faites de votre propre initiative, par un sentiment d’amour envers votre prochain, qui est “ un grand principe de la Torah ”, comme le souligne l’Admour Hazaken(2), auteur du Tanya et Décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et Décisionnaire de la partie révélée de la Torah.

Selon lui, l’amour du prochain est l’instrument de l’amour de Dieu. Or, la Mitsva d’aimer Dieu est à l’origine de toutes les Injonctions de la Torah, parmi lesquelles figure également la crainte de Dieu, qui conditionne tous les Interdits de la Torah. De ce fait, l’amour de Dieu est bien la source de toutes les Mitsvot de la Torah. Lorsque vous aurez de bonnes nouvelles concernant ces personnes, vous voudrez bien me les communiquer. Je vous en remercie.

A la fin de votre lettre, vous évoquez la récompense qui me revient pour cette intervention. Sachez que la récompense de la Mitsva est la Mitsva elle-même. De ce fait, vous devez redoubler d’ardeur pour rapprocher les cœurs des fils et filles d’Israël de notre Père Qui se trouve dans les cieux. Vous devez agir auprès d’eux par “ la main droite (qui) rapproche ”(3), avec amour du prochain. Si vous le faites avec l’abnégation et la dévotion qui conviennent, vous connaîtrez la réussite, à n’en pas douter et cela sera ma récompense.

Vous avez sûrement un temps fixé pour l’étude de la partie profonde de la Torah. Vous correspondez avec moi et je vous demanderai donc d’étudier les livres de ‘Habad, en commençant par le saint Tanya.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

N. B. : Dans votre lettres, vous me dites que ceux pour lesquels vous sollicitez une bénédiction se trouvent à Djerba. Vous faites sans doute allusion à la ville de Tcherba et à la sainte communauté qui s’y trouve. J’aimerais savoir si l’on y étudie l’enseignement profond de la Torah et, le cas échéant, de quelle manière.

Notes

(1) Le Rav D.Cohen, de Bengardan, en Tunisie. Voir, à son sujet, la lettre n°2715. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°1541 et 2665. (3) Avec bienveillance.

Lettre n°2659

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2659, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je te bénis et te salue,

J’ai été satisfait de recevoir ta lettre du début de cette semaine, dans laquelle tu m’annonces

que tu as commencé à animer une après-midi récréative du Chabbat, organisée par la communauté Loubavitch.

Lorsque l’on rend un service à son prochain, quel que soit ce service, nos saints maîtres soulignent que “ le pauvre fait plus de bien au riche que le riche n’en fait au pauvre ”. Lorsqu’en outre, ce service est moral, qu’il permet de se rapprocher de notre Père Qui se trouve dans les cieux, de la Torah et des Mitsvot, le bien que l’on en tire soi-même est d’autant plus important.

Plus précisément, la bénédiction de Dieu permet à la personne qui a fait du bien moralement d’adopter elle-même un comportement strictement conforme à notre sainte Torah, sans difficulté et, de la sorte, de connaître l’élévation, d’une étape vers l’autre, en ses préoccupations personnelles.

Puisse Dieu faire que tu animes ces Messibot Chabbat avec le dévouement que l’on peut attendre d’une jeune fille juive. Tu auras le mérite d’observer les fruits de ton travail, de donner de bonnes nouvelles à ce sujet, de même que de ta réussite dans tes études et, plus généralement, dans ton comportement.

Avec ma bénédiction de réussite,

Pour le Rabbi Chlita

le secrétaire,

N. B. Je te demande de transmettre mon salut à celles qui assument ce rôle avec toi. Tu leur communiqueras également le contenu de ce qui est dit plus haut. Tu souhaiteras à toutes bénédiction et réussite.

Lettre n°2660

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2660, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה, 16 Iyar 5714, Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du premier jour de Roch ‘Hodech Iyar, dans laquelle vous me précisez que vous êtes un ancien élève d’une Yechiva Loubavitch. Par la suite, vous avez négligé l’étude et vous avez eu, à Kfar ‘Habad, différentes occupations professionnelles, à temps partiel. Vous me demandez ce que vous devez faire, durant ces prochains mois.

A mon avis, vous devez regagner la Yechiva au plus vite et y poursuivre vos études avec ardeur, empressement et ferveur. Ceci sera une bonne préparation, en général et, surtout, pour votre entrée à l’école professionnelle(1).

En effet, on accepte, en priorité, dans cette école, les jeunes gens ayant fait la preuve que leur cerveau maîtrise leur volonté, pouvant s’acquitter convenablement de la mission qui leur est confiée. Ceux qui font tout ce qui leur vient à la pensée, en revanche, ne peuvent pas s’astreindre à une discipline, se soumettre et dire : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”(2).

Vous lisez sans doute, chaque jour, après la prière du matin, les Tehilim(3). Vous maintenez aussi une étude de la partie révélée de la Torah et une de la ‘Hassidout. Que Dieu vous confère la réussite.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°2677, 2729 et 2810. (2) Ils pourraient donc être considérés, au sein de l’école, comme des éléments perturbateurs. (3) Selon leur répartition mensuelle.

Lettre n°2661

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2661, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

16 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

empli d’enthousiasme, multipliant les

accomplissements positifs, le Rav Its’hak(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu de vos nouvelles avec plaisir et j’ai ensuite reçu votre livre, le tome 4 du Neïm Zemirot. Celui-ci est de la même teneur que les précédents. Il permet de grandir et d’embellir la Torah, en insufflant la crainte de Dieu, en prononçant des paroles motivantes. De la sorte, cette crainte de Dieu peut être le joyau de celui qui étudie la Torah.

En dépit ce que m’a transmis(2) le distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Leïb Zalmanov(3), j’espère que vous redoublerez d’ardeur dans vos activités communautaires. Vous savez à quel point le Yerouchalmi en décrit l’importance.

Dieu vous conférera donc la réussite et vous illuminerez les cœurs de ceux qui se trouvent dans votre entourage, afin qu’ils puissent se renforcer contre la pénombre, l’obscurité de l’exil, en notre génération, celle du talon du Machia’h. Ainsi, vous hâterez la réalisation de la promesse selon laquelle “ la nuit éclairera comme le jour ”, lors de la délivrance véritable et complète, par notre juste Machia’h.

Avec mes respects et ma bénédiction de réussite,

Notes

(1) Le Rav I.Gershentkoren. Voir, à son sujet, la lettre n°2251. (2) Qui annonçait vraisemblablement au Rabbi la décision du Rav Gershentkoren de se retirer. (3) Voir, à son sujet, la lettre n°2689.

Lettre n°2662

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2662, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Lag Baomer 5714,

Brooklyn,

Aux dirigeants de l’école et du séminaire Beth Rivka,

à Yerres, France, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris avec plaisir que vous concevez un livre pour le souvenir des bienfaiteurs des institutions sus mentionnées. J’y apporte donc bien volontiers ma contribution.

J’espère que ce livre du souvenir sera conforme aux termes du verset : “ Alors, ceux qui craignent Dieu s’entretiendront et l’on écrira un livre du souvenir devant Lui, pour ceux qui accordent de la valeur à Son Nom ”. Ce verset fait mention des trois vêtements de l’âme, qui sont aussi les trois moyens d’expression que l’homme possède, la pensée, la parole et l’action.

L’acte est essentiel et tout ce qui est lié à l’action concrète se perpétue, se maintient. Combien plus est-ce le cas pour ce qui est le bien, la vérité et la sainteté, lesquels sont des valeurs immuables.

Ceci est spécialement vrai pour ce qui concerne l’éducation basée sur la Sainteté et, avant tout, l’institution scolaire Beth Rivka, dont la mission est, non seulement d’éduquer les filles juives, afin qu’elles soient dignes de leur titre de descendantes de Sarah, Rivka, Ra’hel et Léa, fondatrices de la maison d’Israël, mais aussi de former des éducatrices, lesquelles observent le fruit de leur effort et même le fruit de ce fruit, leur avancement et la clarté qui en émane.

Puisse Dieu faire que le souvenir de ceux qui sont mentionnés dans ce livre s’élève devant Dieu, pour le bien, la grâce, la miséricorde, la vie agréable et la paix, matériellement et spirituellement à la fois.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°2663

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2663, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Iyar 5714,

Brooklyn,

Aux dirigeants des jeunes de l’association ‘Habad,

dans la ville sainte de Jérusalem,

que Dieu leur accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 13 Iyar, que j’ai reçue au jour lumineux, “ Hod de Hod ”(1), Hilloula de Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, celui qui ouvrit le canal véhiculant l’influence à laquelle fait allusion le verset : “ Son désir est tourné vers moi ”.

Deux explications sont données, à ce sujet. D’une part, grâce à l’ouverture qu’il pratiqua ainsi, chacun a, désormais, le pouvoir et la force de mettre en pratique les termes de ce verset, comme l’explique l’introduction du fascicule de Lag Baomer 5710(2), fascicule n°78. D’autre part, on sait qu’un lien particulier existe entre Rabbi Chimeon Ben Yo’haï, A’hya de Shilo, le Baal Chem Tov et l’Admour Hazaken. Nous sommes donc spécifiquement concernés, étant attachés à l’Admour Hazaken, par l’intermédiaire de ses successeurs, les maîtres de ‘Habad, à chaque époque, jusqu’à mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, et lui inclus.

Dans votre lettre, vous me faites part de la discussion que vous avez eux, à propos de la direction des jeunes de l’association ‘Habad, à Jérusalem. En effet, les dirigeants précédents considèrent que la tâche est trop difficile pour eux.

Considérant ce qui vient d’être dit à propos de Lag Baomer, date dont l’influence se marque tout au long de l’année et d’après ce que le Baal Chem Tov nous a fait connaître, au nom de notre juste Machia’h, dont la venue dépend de la diffusion de ses sources à l’extérieur(3), je suis particulièrement étonné que ceux qui ont le mérite de diriger une telle action puissent penser qu’elle est trop difficile pour eux, alors qu’elle est la finalité de l’enchaînement et de la création des mondes, comme l’explique, en particulier, le chapitre 36 du Tanya.

Bien évidemment, l’obligation et le mérite de chacun des membres consistent à venir en aide, dans toute la mesure des moyens dont ils disposent, à la direction, afin de mener à bien cette mission. Renoncer à ce mérite au lieu de l’assumer avec la plus grande ardeur heurte le bon sens.

Certes, la présente lettre ne doit pas être interprétée comme une intervention de ma part, ni même comme une proposition. Car, chaque action, pour être accomplie de manière convenable ou même de la meilleure façon, doit être menée avec un cœur joyeux et non uniquement par soumission. Mon but est, en fait, de vous montrer la dimension profonde de votre mission, telle que je la conçois et le sentiment qu’elle doit éveiller en vous.

Que Dieu accorde la bénédiction et la réussite à tous les membres, passés et futurs, de la direction, afin qu’ils redoublent d’ardeur dans leur action et la réalisent avec joie. Ceci permettra de faire disparaître les voiles et les obstacles. Ainsi, votre succès sera considérable.

Avec ma bénédiction pour que vous vous rapprochiez, au moins quelque peu, de l’ouverture pratiquée par Rabbi Chimeon, dont nous célébrons la Hilloula et qui dit(4) : “ Par un lien, je suis lié au Saint béni soit-Il ”. En conséquence, “ Son désir est tourné vers moi ”.

Notes

(1) La Sefira qui correspond au trente troisième jour de l’Omer. (2) 1950, du précédent Rabbi. (3) Les sources du Baal Chem Tov, la ‘Hassidout. (4) Lorsqu’il quitta ce monde.

Lettre n°2664

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2664, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

18 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me demandez ce que j’entends par “ agir dans le domaine de ‘Habad ”. Je suis satisfait que vous soyez dans le monde commercial. Bien évidemment, je ne voulais pas dire que vous devez devenir enseignant.

En fait, je voulais dire qu’il vous faut participer aux actions de ‘Habad, à la diffusion de la ‘Hassidout, de ses pratiques, de ses usages, avec amour du prochain et de manière organisée, comme l’exige ce pays, où l’on n’est pas habitué à ce que l’on appelle le désordre dans le comportement extérieur.

Ce désordre n’est pas une manifestation de crainte de Dieu et l’on peut donc avantageusement y renoncer, s’il est possible, grâce à cela, de rapprocher les enfants d’Israël qui se trouvent ici de la ‘Hassidout et de ce qui la concerne.

Que Dieu vous accorde la réussite en tout cela, dans l’opulence matérielle et en bonne santé,

← Lettres précédentes Lettres suivantes →
Étudiez les Iguerot Kodesh dans Koulam Recherche dans les 8 945 lettres, lecture confortable, brakha du jour — gratuit, iOS & Android. Télécharger Koulam