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Iguerot Kodesh — lettres 2624 à 2644

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°2624

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2624, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

Premier jour de Roch ‘Hodech Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre dans laquelle vous m’annoncez que votre fils Yossef Its’hak a eu trois ans(1), ce 23 Nissan.

Bien qu’il soit possible de trouver une permission(2) de lui couper les cheveux pendant la période de l’Omer, d’autant que celle-ci a effectivement été donnée à propos de ‘Hol Hamoed(3), selon le Chaareï Techouva Ora’h Haïm, chapitre 531, vous considérerez, néanmoins, ce que dit le Peri Ets ‘Haïm, à propos de la coupe des cheveux pendant l’Omer et, à mon avis, il serait bon de la repousser jusqu’à Lag Baomer.

Bien plus, la coutume juive veut que l’on coupe les cheveux des enfants, en ce jour.

Que Dieu vous accorde la réussite, afin que vous et votre épouse, éduquiez vos enfants à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions, avec largesse d’esprit.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Date de la première coupe de cheveux. (2) Voir les lettres n°2539, 2586 et 2671. (3) L’interdiction de se couper les cheveux à ‘Hol Hamoed est plus sévère que pendant l’Omer.

Lettre n°2625

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2625, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, par laquelle vous m’interrogez sur ce que vous ne comprenez pas dans la lettre de mon beau-père, le Rabbi(1), dont le mérite nous protégera, qui a été publiée par le Bitaon ‘Habad.

Je me demandais si je devais répondre à votre lettre. En effet, je n’y vois que la question que vous posez sur les propos de mon beau-père, le Rabbi, alors que vous n’évoquez pas votre étude de la ‘Hassidout, pas même celle de la partie révélée de la Torah. Or, lorsque l’on envisage l’étude d’une partie de la Torah, quelle qu’elle soit, il n’est pas bon de commencer par une question. C’est uniquement après avoir étudié cette discipline de la Torah pendant quelques temps et en avoir acquis quelques notions que l’on peut poser des questions ou, pour être plus précis, demander des précisions, qui ont échappé en première analyse.

Néanmoins, je veux considérer que votre démarche est honnête et que vous n’êtes animé que d’une bonne intention. J’en trouve la preuve dans le fait que vous participez et aidez à l’édition de livres portant sur l’enseignement profond de la Torah, en particulier le Zohar et le Tikouneï Zohar. C’est pour cela que je vous adresse ces quelques lignes.

Question :

La lettre de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, qui est imprimée dans le Bitaon ‘Habad, tome 4, page 37, explique la différence entre la manière d’étudier la Torah d’un ‘Hassid et celle d’un opposant à la ‘Hassidout. L’un et l’autre ont une étude profonde. L’un et l’autre recherchent leurs erreurs et s’emploient à les rectifier.

La différence entre eux est, en fait, la suivante. Les ‘Hassidim savent que ce qui est écrit dans le livre est le bien et la vérité, que l’erreur se trouve en eux, dans leur esprit. L’opposant à la ‘Hassidout, en revanche, prétend que ses connaissances et son analyse sont exactes, que l’erreur se trouve donc dans le livre.

Vous êtes surpris par une telle explication. En effet, comment dire que les plus grands, parmi les opposants à la ‘Hassidout, étudiaient la Torah de cette façon ?

Réponse :

Pour comprendre tout cela, il faut, au préalable expliquer ce qui est encore plus singulier et étonnant. Le Pardès de Rabbi Moché Cordovero est cité dans un discours ‘hassidique(2), dont l’auteur est vraisemblablement l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h, en ces termes : “ Il nous faut comprendre l’explication du Pardès selon laquelle celui qui n’étudie pas la Kabbala est un hérétique ”.

Puis, ce discours ‘hassidique donne le commentaire suivant : “ Même s’il n’est pas un hérétique, il le deviendra à terme, pour peu qu’il soit attiré par la réflexion ”. En effet, la création du monde, avec ses différents aspects, émanant tous de l’Unité infinie de Dieu et de la Providence divine, ne modifiant nullement Son Unité, est bien un non sens, d’après la recherche philosophique.

C’est donc en se posant de telles questions que l’on aboutit à des conceptions hérétiques. En effet, c’est uniquement par l’enseignement de la Kabbala que l’on peut y répondre de manière conforme à notre foi. C’est là ce que veut dire le Pardès.

Ceci fait vraisemblablement référence au Pardès, porte 1, chapitre 9, qui parle d’un impie. Et le Rambam, au troisième chapitre des lois de la Techouva, précise la différence entre un impie et un hérétique(3). Ce discours ‘hassidique, en revanche, n’introduit pas ces distinctions. De plus, l’Admour Hazaken et ses successeurs donnèrent leur enseignement “ en Yiddish et non dans la Langue sacrée ”, selon l’expression d’Iguéret Hakodech, chapitre 25, page 141a. Celui qui en traduisait le texte en Hébreu ne savait pas toujours en préciser toutes les nuances.

Il en est de même pour ce qui fait l’objet de notre propos.

Au début de son étude, un opposant à la ‘Hassidout n’agit pas comme le décrit la lettre précédemment citée. Néanmoins, pour peu qu’il marque fortement ses positions, il parviendra, à terme, à le faire. En effet, il est un principe établi que la Torah ne se trouve pas dans le ciel et qu’elle a été donnée aux hommes. Chacun doit donc concentrer tous ses efforts afin de la comprendre par les forces de son intellect. Et, celui qui a le mérite de l’enseigner ne peut le faire qu’en fonction de sa propre analyse(4), comme en attestent, en particulier, l’épisode du four du serpent, au traité Baba Metsya 59b(5), la controverse qui fut soulevée devant le Tribunal céleste, rapportée par le traité Baba Metsya 86a(6) et la déclaration de Dieu selon laquelle : “ Mes enfants M’ont vaincu ”.

En conséquence, celui que Dieu a doué de discernement et qui entend en faire usage, lorsqu’il souhaite étudier la Torah, d’après ses règles établies, telles qu’elle les exprime elle-même, doit savoir qu’il en reçoit pleinement les moyens et peut agir en conséquence. Or, Dieu n’exige qu’en fonction des forces dont chacun dispose. Il doit donc se servir de son intellect et il peut trancher en fonction de ce qu’il comprend, ce qui veut dire que ses connaissances et son analyse sont vraies. S’il découvre une contradiction dans un livre, il ne devra pas s’y arrêter, en fonction de ce qui vient d’être dit. Nos Sages disent, en effet, au traité Roch Hachana 25b, que “ le verset mit en parallèle les trois hommes les plus insignifiants(7) et les trois hommes les plus grands(8), afin d’établir que Yeroubaal(9) fut, en sa génération, comme Moché, en la sienne ”.

L’une des différences fondamentales entre un ‘Hassid et un opposant à la ‘Hassidout est la suivante. Un ‘Hassid considère que son âme et celle de son prochain sont des parcelles, des branches de l’âme collective, celle de son Rabbi. Un lien très fort existe donc entre eux, dans les domaines spirituels comme dans les domaines matériels, de sorte que ce qu’il advient de l’un concerne l’autre, pour une large part, matériellement ou spirituellement. Bien évidemment, cela est également vrai pour l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot.

Ce qui vient d’être dit nous permettra de comprendre un proverbe bien connu(10) des maîtres de la ‘Hassidout, commentant le verset : “ Le Juste vit par sa foi ”. Les maîtres disent : “ Ne lis pas ‘vit’, mais ‘fait vivre’ ”. En effet, par sa foi et par son œuvre, le Juste fait vivre ceux qui sont en relation avec lui et liés à lui.

Il en résulte également qu’une âme particulière ne peut pas être l’autorité, en dernière instance, pour ce qui concerne sa propre étude de la Torah, n’étant qu’un élément d’un ensemble. Car, il existe aussi d’autres éléments, capables de clarifier sa compréhension. Combien plus l’âme collective peut-elle favoriser sa perception et l’éclairer en élargissant ses moyens. De la sorte, cette âme particulière comprendra mieux et plus profondément.

Mieux comprendre certains aspects d’un sujet permet d’en avoir globalement une perception plus exacte. Et, ce qui est vrai pour l’idée comprise l’est également pour la capacité de comprendre. En la développant sur un point, on l’accroît également sur les autres points.

Il faut donc avoir conscience de tout cela. Il est de notre devoir d’investir tous nos efforts dans l’étude de la Torah et la pratique des Mitsvot. Et, nul ne peut s’acquitter de son obligation par le fait qu’une autre âme particulière, ou même qu’une âme collective le fasse. Le devoir en incombe à chacun.

Pour autant, même si la Torah a été donnée aux hommes, on doit savoir que l’on n’est soi-même, en tout et pour tout, qu’un seul élément, que l’on ne se sert que d’un seul aspect de sa capacité de comprendre. On peut donc se tromper et les autres éléments sont donc capables de rectifier et de compléter cette compréhension. Combien plus la compréhension de l’âme collective peut-elle éclairer cette notion, d’une intense lumière intellectuelle.

Une telle conception modifie d’emblée la manière d’aborder la Torah. Comme le dit mon beau-père, le Rabbi, dans sa lettre, on acquiert, en pareil cas, la certitude que ce qui est dit dans le livre est bon et vrai, puisque celui-ci a été diffusé parmi les enfants d’Israël et reconnu par plusieurs de ses éléments. Une erreur ne peut donc être imputé qu’à soi-même et à sa propre compréhension. En effet, on est, personnellement, qu’un seul élément. On doit, en conséquence, solliciter l’aide des autres éléments et, à n’en pas douter, ceux-ci permettront de trouver l’erreur.

*

*

*

Je n’aborde ici le sujet que dans sa globalité, car il est difficile d’entrer dans le détail, dans le cadre d’une lettre, d’autant que vous ne me précisez pas quel est votre niveau de connaissance de la partie révélée de la Torah, ni ce que vous avez étudié, et de quelle façon, de la partie profonde de la Torah, qui est appelée “ l’arbre de vie, dans lequel n’est soulevée aucune question, émanant du côté du mal, aucune controverse, résultant de l’esprit d’impureté ”, selon les termes du Raya Méhemna, dans le Zohar, tome 3, page 124b. Igueret Hakodech, de l’Admour Hazaken, explique longuement cette idée, au chapitre 26.

Il faut souligner et préciser que mon beau-père, le Rabbi, dans sa lettre, parle précisément de quelqu’un qui s’oppose à la ‘Hassidout et non de celui qui lui est indifférent. Ce n’est pas par hasard et, bien entendu, cela aussi permet de comprendre le contenu de ses propos.

Lorsque l’ensemble de la Torah fut globalement reçu par tout le peuple juif, il fut nécessaire de proclamer, au préalable : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”, afin que “ l’intégrité de ceux qui sont droits les console ”. Nos Sages expliquent, au traité Chabbat 88b, qu’il en est de même pour la réception de chaque détail de la Torah, quel que soit le palier d’interprétation auquel il se rattache. Il faut, là encore, dire : “ Nous ferons et (ensuite) nous comprendrons ”. C’est uniquement dans ce cas que l’on reçoit ce détail et que “ l’intégrité de ceux qui sont droits les console ”.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Voir les Iguerot Kodech du Rabbi Rayats, tome 18, lettre n°3438. (2) Imprimé dans le Séfer Hamaamarim Admour Hazaken 5570, page 53 et dans le Séfer Hamaamarim Inyanim, page 335. (3) Paragraphe 5. L’hérétique, Apikoros, est celui qui conteste la prophétie et la possibilité pour Dieu de communiquer avec les hommes, qui remet en cause la prophétie de Moché et qui considère que Dieu n’a pas connaissance des actes des hommes. L’impie, Kofer, est celui qui pense que la Torah, ou même un verset, un mot de celle-ci, n’a pas été donné par Dieu, mais inventé par Moché, qui nie la valeur de la Loi Orale ou prétend que Dieu a échangé une Mitsva contre une autre, ou bien qu’Il a supprimé une partie de la Torah. (4) Le Rabbi paraphrase la sentence talmudique, selon laquelle “ le juge ne peut se baser que sur ce qu’il voit de ses yeux ” et dit ici : “ celui qui veut juger ne peut se baser que sur ce qu’il voit par les yeux de son intellect ”. (5) “ Il a été enseigné : Si l’on découpe un four d’argile en tranches, dans le sens de la largeur et que l’on glisse du sable entre ces tranches, celui-ci sera pur, selon Rabbi Eliézer et impur, selon les Sages. C’est ce que l’on appelle un four du serpent. Pourquoi du serpent ? Rav Yehouda explique, au nom de Chmouel : Parce que les Sages l’ont entouré de questions, comme un serpent qui s’enroule sur le sol et l’ont décrété impur. Ce même jour, Rabbi Eliézer répondit à toutes les questions du monde, mais l’on n’accepta pas son avis. Il dit : Si j’ai raison, que ce caroubier en fasse la preuve. Le caroubier fut déraciné et projeté de cent coudées ou, selon une autre version, de quatre cent coudées. On lui répondit : On ne peut tirer aucune preuve d’un caroubier. Il dit encore : Si j’ai raison, que ce cours d’eau en fasse la preuve. Le cours d’eau fut détourné vers l’arrière. On lui répondit : On ne peut tirer aucune preuve d’un cours d’eau. Il dit : Si j’ai raison que les murs de la maison d’étude en fassent la preuve. Les murs de la maison d’étude se penchèrent, prêts à s’écrouler. Rabbi Yochoua les réprimanda : Lorsque les Sages discutent la Hala’ha, pourquoi devez-vous vous en mêler ? Par respect pour Rabbi Yochoua, ils ne s’écroulèrent donc pas, mais, par respect pour Rabbi Eliézer, ils restèrent penchés. Ce dernier dit encore : Si j’ai raison, que le ciel en fasse la preuve. Une voix émana du ciel et dit : Pourquoi vous en prenez-vous à Rabbi Eliézer, alors que la Hala’ha suit systématiquement son avis ? Rabbi Yochoua se dressa et dit : La Torah ne se trouve pas dans le ciel. Rabbi Yermya précise : Depuis qu’elle a été donnée, sur le mont Sinaï, nous ne tenons pas compte d’une voix céleste. En effet, il a été inscrit dans la Torah, lorsqu’elle fut donnée, que l’on doit adopter l’avis de la majorité. Rabbi Nathan rencontra alors le prophète Elyahou et lui demanda : Que fait Dieu en ce moment ? Il lui répondit : Il sourit et dit : Mes enfants M’ont vaincu. ” (6) “ Rav Kahana dit : Rav ‘Hama, petit-fils de ‘Hassa, m’a raconté que Rabba Bar Na’hmani est mort du fait des persécutions. Il fut, en effet, dénoncé dans la maison du roi. On dit : Il y a un Juif qui permet à douze mille autres Juifs de ne pas payer d’impôt pendant un mois d’été et pendant un mois d’hiver, en les empêchant de travailler, du fait de son enseignement. On lui envoya un émissaire du roi, mais celui-ci ne le trouva pas. Rabba s’enfuit et se rendit de Poumbedita à Accra, d’Accra à Agma, d’Agma à Chi’hin, de Chi’hin à Tsrifa, de Tsrifa à un cours d’eau et de ce cours d’eau à Poumbedita. C’est dans ce dernier endroit qu’il le trouva. En effet, l’émissaire du roi se rendit chez l’hôte de Rabba. On mit une table devant lui et on lui servit deux verres. Puis, on ôta la table par derrière lui et son visage passa à l’arrière de son corps. On dit à Rabba : Que faire de lui ? C’est un homme du roi ! Il répondit : Placez de nouveau la table devant lui, servez-lui un verre, puis ôtez la table par devant lui et il guérira. L’homme se dit : Je sais maintenant que celui que je recherche est ici. Il le chercha et le trouva, mais il se dit : Je quitte cet endroit. Même si l’on me tue, je ne révélerai pas où il se trouve. En revanche, si l’on me frappe, je le ferai. On fit venir Rabba devant lui, il le plaça dans une petite pièce et il en ferma la porte. Rabba pria, le mur s’écroula et il s’enfuit vers l’étang. Il prit place près d’une palmeraie et étudiait la Torah. Alors, une controverse fut soulevée dans la maison d’étude du ciel : Si la tache de la plaie de lèpre se forme sur la peau avant que n’y pousse un poil blanc, la plaie est impure. Si le poil pousse avant la formation de la tache, elle est pure. S’il y a un doute sur ce qui est apparu en premier, le Saint béni soit-Il dit que cette plaie est pure et tous les autres membres de la maison d’étude céleste disent qu’elle est impure. On demanda : Qui tranchera ? Ce sera Rabba Bar Na’hmani, qui témoigna lui-même être un spécialiste des lois relatives aux plaies et de celles qui régissent la propagation de l’impureté. Le ciel envoya un émissaire pour lui prendre son âme. Mais, l’ange de la mort ne pouvait s’approcher de lui, car il ne cessait pas d’étudier la Torah. Alors, le vent souffla et on l’entendit gronder entre les joncs. Rabba pensa qu’il s’agissait d’un groupe de cavaliers. Il se dit : je mourrai plutôt que d’être remis aux soldats du roi. Et, l’ange de la mort lui prit son âme. Lorsqu’il mourut, il répondit à la question : Pure, pure. Une voix émana alors du ciel et dit : Tu es bienheureux, Rabba Bar Na’hmani. Ton corps est pur et ton âme l’a quitté dans la pureté. Un feuillet tomba du ciel et se posa dans la maison d’étude de Poumbedita. Il y était inscrit : Rabba Bar Na’hmani a été convoqué dans la maison d’étude céleste. ” (7) Chimchon, Guideon et Ifta’h. (8) Moché, Aharon et Chmouel. (9) Il s’agit de Guideon, ainsi appelé parce qu’il combattit l’idolâtrie de Baal. (10) Voir Iguerot Kodech de l’Admour Hazaken, lettre n°51, Toledot ‘Habad Be Erets Hakodech, page 24-25.

Lettre n°2626

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2626, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu plaisir à lire dans votre lettre qu’à la date de Roch ‘Hodech Iyar, votre fils Yossef Its’hak commencera à fréquenter le ‘Héder(1).

Vous connaissez l’affirmation du Midrach Tan’houma, commentant le verset(2) : “ Et la quatrième année(3), ils seront saints, consacrés à l’éloge de Dieu ”. Vous consulterez également le début des lois de l’étude de la Torah de l’Admour Hazaken(4).

Puisse Dieu faire qu’il accède, à cinq ans, à l’étude de la Loi Ecrite, puis à dix ans…(5), comme le stipule notre sainte Torah. Vous et votre épouse concevrez beaucoup de satisfaction ‘hassidique de tous vos enfants.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Au début de la quatrième année. Cette célébration est, d’ordinaire, accompagnée de la première coupe de cheveux, ce qui n’est pas le cas, en l’occurrence, du fait de la période de l’Omer. (2) Voir, à ce propos, la lettre n°858. (3) Vaykra 19, 24. Il s’agit des fruits de l’arbre. (4) “ Un enfant est dispensé de mettre en pratique les Mitsvot et son père n’est pas tenu de l’initier à cette pratique, d’après la Torah. Seuls les Sages l’obligent à le faire. Néanmoins, il est une Injonction de la Torah, pour le père, d’enseigner la Torah à son fils, même si ce dernier n’est pas astreint à cette pratique, ainsi qu’il est dit : ‘Vous les enseignerez à vos fils pour qu’ils en parlent’. ” (5) A l’étude de la Michna, comme l’explique le traité Avot.

Lettre n°2627

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2627, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Chmouel Mena’hem M.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 25 Nissan, au début de laquelle vous me dites que votre fils Reouven Chlomo vient de commencer l’étude du ‘Houmach.

Puisse Dieu faire qu’après avoir accédé à l’étude de la Loi Ecrite, il entreprenne, à dix ans, celle de la Michna(2). Vous et votre épouse concevrez de lui beaucoup de satisfaction ‘hassidique, dans l’opulence matérielle et avec largesse d’esprit.

J’ai pris connaissance avec plaisir des activités menées par les jeunes de l’association ‘Habad, à Jérusalem, ce dernier Pourim. A l’avenir, vous maintiendrez cette bonne pratique, consistant à me faire savoir ce qui est réalisé. Plus vous donnerez de détails et mieux cela sera. Je suis surpris de ne pas avoir eu de nouvelles de vos propres activités, depuis Pourim, en particulier de votre participation à la réunion des jeunes de l’association ‘Habad(3), qui a sans doute eu le retentissement qui convient. J’attends de vos bonnes nouvelles.

A la lecture des nouvelles que vous me donnez, il semble que les jeunes de l’association ‘Habad, lorsqu’ils rendent visite à une synagogue ou à une implantation, n’aient pas un programme préparé à l’avance et préfèrent improviser en arrivant sur place. Certes, il est impossible de tout fixer, dans le moindre détail, avant de parvenir là où l’action est réalisée. Néanmoins, le programme doit être suffisamment détaillé pour éviter les confusions et le désordre.

En tout endroit où l’on parvient, on doit être particulièrement scrupuleux, car on est perçu comme le modèle d’un jeune ‘Hassid ‘Habad. Si l’on perçoit un défaut, on peut craindre qu’il soit imputé à tous et non uniquement à une certaine personne. Vous comprendrez ce que je veux dire. Et vous connaissez l’enseignement suivant de nos Sages, au traité Yoma 86a : “ Par exemple si moi, je prends… ”(4).

Avec ma bénédiction pour que vous puissiez toujours m’annoncer de bonnes nouvelles, de vous-même et de vos amis, concernant votre mission sacrée,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Chmouel Mena’hem Mendel Schneersohn, de Jérusalem. Voir, à son sujet, la lettre n°1242. (2) Voir la lettre précédente. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°2596. (4) “ Qu’est-ce qu’une profanation du Nom de Dieu ? Rav dit : C’est le cas, par exemple, si, moi, je prends de la viande chez le boucher sans la payer immédiatement ”. Une personne devant servir d’exemple doit donc être irréprochable.

Lettre n°2628

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2628, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre du 27 Nissan.

Que Dieu confère la réussite à chacun d’entre nous, afin que nous puissions assister très prochainement à la réalisation de la requête, exprimée, trois fois par jour(1), par chaque Juif, “ Qu’il n’y ait pas d’espoir pour les calomniateurs ”. Et, que l’on serve Dieu en étudiant la Torah et en mettant en pratique les Mitsvot de la meilleure manière, en renforçant l’effort pour élargir et agrandir, dans toute la mesure du possible, nos saintes institutions, en particulier celles qui sont liées aux maîtres de ‘Habad, le Rabbi Rachab et mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Quiconque se soumet à Dieu et se consacre à tout cela, d’une manière sincère, sera délivré des tracas et des contrariétés du monde(2). Vous connaissez l’image qui est donnée, à ce sujet. Lorsque quelqu’un, passant outre à la logique, se consacre pleinement à l’œuvre de nos maîtres, ceux-ci prennent en charge sa subsistance, celle des membres de sa famille, la nourriture et la tranquillité de son âme(3), comme l’établissent différentes causeries.

Que Dieu vous accorde de longs jours et de bonnes années et que vous redoubliez d’ardeur dans l’action que vous menez, dans le domaine de ‘Habad(4). Ceci révélera une bénédiction accrue et la réussite, dans vos activités communautaires et dans vos accomplissements personnels.

Avec ma bénédiction de réussite,

Notes

(1) Dans les trois prières quotidiennes. (2) En particulier, des difficultés causées par les calomniateurs auxquels il est fait allusion plus haut. (3) Ce que les calomniateurs veulent remettre en cause. (4) Pour les institutions évoquées ci-dessus.

Lettre n°2629

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2629, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Its’hak Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du huitième des quarante neuf jours que nous comptons(2). Dans ce courrier, vous évoquez la réunion ‘hassidique de la fête de Pessa’h et ce que vous y avez dit.

Puisse Dieu faire que, pendant de longs jours et de bonnes années, vous mainteniez l’influence que vous exercez sur votre entourage, vous rapprochiez les cœurs de la Torah, des Mitsvot et du luminaire de la Torah, qui en est la dimension profonde.

Bien évidemment, la vitalité physique que l’on en tire, de manière profonde, s’en trouve accrue. En effet, chez un Juif, la spiritualité et la matérialité vont de pair. La vitalité extérieure du corps sera donc également renforcée.

Il est dit, en outre, que “ l’épouse d’un homme est comme son corps ”. Elle-même aura donc une santé accrue et Dieu vous permettra d’annoncer de bonnes nouvelles également à ce sujet.

Sans doute recevez-vous les fascicules(3), comme vous l’avez demandé. Vous ferez sûrement preuve de bienveillance envers les autres et vous voudrez bien leur en communiquer le contenu.

Avec ma bénédiction pour de longs jours et de bonnes années, pour redoubler d’ardeur dans votre action destinée à exalter la Tradition d’Israël, en bonne santé et avec largesse d’esprit,

Notes

(1) Le Rav I.Hoberman. Voir, à son propos, la lettre n°1732. (2) De la période de l’Omer. (3) Des enseignements du précédent Rabbi, édités par le Rabbi.

Lettre n°2630

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2630, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je voudrais vous signaler les points suivants. Différentes plaintes émanent des professeurs. Il serait donc judicieux de réfléchir à la proposition que je formule maintenant.

Un représentant des professeurs devrait être intégré à la direction de l’école, au moins à titre consultatif, pour tout ce qui concerne le corps enseignant.

J’attends de bonnes nouvelles, à ce sujet.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°2631

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2631, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Zalman Touvya Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre du 24 Nissan. Dans toute la mesure du possible, vous redoublerez sûrement d’ardeur dans votre activité au profit du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, en Terre Sainte. Il vous a déjà été possible de constater que, lorsque l’on se consacre à ces institutions, notre maître, mon beau-père, le Rabbi, invoque la miséricorde divine et l’on connaît une réussite considérable, dans les endroits où l’on mène son action. En revanche, si l’on ne pratique pas même une entaille de la taille d’une pointe d’aiguille…(2).

Si vous vous mettez à l’œuvre comme il convient, votre action sera fructueuse. Vous ne devez pas être impressionné par l’équipement des autres écoles. Avec l’effort qui convient, vous pourrez également acquérir l’équivalent, peu à peu, lorsque l’organisation interne des écoles Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch sera mise en ordre.

Il ne fait pas de doute que cette activité suscitera la bénédiction et la réussite en vos préoccupations personnelles, de même qu’en celles de votre épouse et de vos enfants. J’attends de vos bonnes nouvelles.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,

Notes

(1) Le Rav Z.T. Abelski. Voir, à son propos, la lettre n°1815. (2) Si l’on ne fait pas le moindre effort, la réussite ne peut pas être acquise.

Lettre n°2632

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2632, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre de Roch ‘Hodech Iyar, dans laquelle vous m’écrivez que, compte tenu des conditions de l’époque et du lieu, votre mission(1) a été couronnée de succès, dans ce pays.

Je suis surpris que vous ne me donniez pas plus de détails que cela. En tout état de cause, vous avez sûrement connaissance de l’enseignement de mon beau-père, le Rabbi, que vous avez dû entendre, selon lequel la mission d’un émissaire des Sages consiste à récolter des biens matériels et à semer de la spiritualité. On peut déduire de ses propos que ces deux points sont liés.

Vous me parlez de votre fils, à qui les médecins prescrivent une ablation des amygdales. Celui-ci attend l’appel du médecin qui pratiquera cette intervention. Avant de le faire, vous lui demanderez son avis encore une fois. En effet, tout dépend du climat du moment et du jour de cette ablation. De plus, plusieurs médecins considèrent désormais qu’il n’y a pas lieu d’opérer les amygdales, comme on le faisait auparavant.

En tout état de cause, puisse Dieu faire que ce soit en un moment bon et fructueux, que vous le conduisiez à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions.

Pour ce qui est du moyen d’assurer votre subsistance, il faut s’efforcer de le trouver en travaillant dans le domaine de ‘Habad. Tout d’abord, cela est plus aisé pour les ‘Hassidim, qu’ils en aient conscience ou non. De la sorte, leur action peut être plus fructueuse. Du point de vue spirituel, il est clair que nos saints maîtres insufflent des forces à leurs disciples et aux ’Hassidim, en général. Globalement, ils subviennent à leurs besoins. C’est ainsi que Moché dit : “ Où trouverais-je de la viande(2) ? ”, alors que cette préoccupation ne correspondait nullement à son niveau, comme l’explique le Likouteï Torah. La distribution de la viande aurait donc dû être réalisée par les soixante dix anciens. Malgré cela, elle fut le fait de Moché, notre maître.

Lorsque l’on subvient à ses besoins dans le domaine de ‘Habad, les aspects spirituel et matériel se complètent. Vous me dites que votre action, dans les institutions ‘Habad, a été dommageable pour votre santé. Vous pourrez sans doute vous organiser pour ne pas en venir à cette extrême. Ainsi, s’il est nécessaire de voyager, vous ne devez pas le faire tout au long de l’année, ni même pendant la majeure partie de celle-ci. A l’opposé, il ne faut pas non plus vous retirer complètement.

Dieu fasse que vous subveniez à vos besoins et à ceux des membres de votre famille avec largesse d’esprit. Vous redoublerez d’ardeur, y compris de manière quantitative, dans la diffusion des sources(3) à l’extérieur et dans votre étude personnelle de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Consistant à réunir des fonds pour les institutions Loubavitch. (2) “ Pour tout ce peuple ? ”. Moché se préoccupait donc également des besoins matériels des Juifs. (3) De la ‘Hassidout.

Lettre n°2633

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2633, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu une demande de bénédiction pour vous et pour votre famille. Lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le Rabbi nous protégera, j’en donnerai lecture et, à n’en pas douter, il invoquera la miséricorde divine, afin d’obtenir la satisfaction des besoins de chacun de ceux qui sont mentionnés dans cette demande.

Il est sûrement inutile de vous rappeler que chacun peut recevoir les bénédictions de Dieu(1), dans le domaine où elles sont nécessaires, en forgeant les réceptacles qui conviennent pour les contenir. Celles-ci sont constituées par la Torah et les Mitsvot. Dieu demande à chacun de les accomplir et Il en accorde donc la possibilité. Il insuffle les forces nécessaires pour y parvenir. Tout dépend de la bonne volonté de chacun.

Bien évidemment, l’idée selon laquelle “ en Amérique, tout est différent ”(2) est un manquement à la foi, ce qu’à Dieu ne plaise. Celui qui a la foi croit que Dieu a créé le monde entier et le dirige. Les Juifs sont “ croyants, fils de croyants ” et ils n’ont donc aucun doute, à ce sujet. Et, même si on l’oublie pendant un court moment, l’âme divine que chacun possède vient le rappeler.

Lorsque l’on agit ainsi, on reçoit l’aide de Dieu afin de déjouer les pièges du mauvais penchant et l’on adopte le comportement d’un Juif. C’est alors qu’on a la certitude de connaître le bonheur, matériel et spirituel.

Dieu fasse que vous ayez une véritable satisfaction de tous vos enfants et de vos petits-enfants, que vous obteniez tout cela en bonne santé, matérielle et spirituelle.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

N. B. : Vous lisez sûrement des Psaumes, chaque jour, après la prière. Quelques fois par semaine, vous donnez au moins quelques cents à la Tsédaka.

Dieu vous conférera la réussite.

Notes

(1) En l’occurrence, celles qui ont été sollicités. (2) Voir la lettre n°2939.

Lettre n°2634

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2634, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre demande de bénédiction, concernant votre épouse, la Rabbanit. Lorsque je me trouverai près du tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, je mentionnerai son nom, afin qu’elle ait une prompte guérison.

Puisse Dieu faire que vous me donniez de bonnes nouvelles, à ce sujet.

Il en sans doute inutile de rappeler à quelqu’un comme vous l’enseignement de nos Sages selon lequel le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”(1). En renforçant la santé de vos élèves, c’est-à-dire de votre entourage et de votre communauté, en les rendant moralement plus sains et en rapprochant leur cœur de notre Père Qui se trouve dans les cieux, vous recevrez de Dieu la santé, physique et morale, puisque ces deux dimensions sont liées chez les Juifs, la satisfaction de vos besoins et de ceux de votre épouse, car “ l’épouse d’un homme est comme son corps ”(2).

Tout ceci s’ajoute à la valeur intrinsèque qui est la vôtre. Il est expliqué, à propos de l’affirmation de nos Sages selon laquelle “ la récompense de la Mitsva est la Mitsva elle-même ”, que le simple fait d’avoir la possibilité de la mettre en pratique est la plus haute rétribution qu’une créature puisse recevoir, par la Bonté, sans contrepartie, du Saint béni soit-Il, permettant à l’homme, être matériel, de mettre en pratique la Volonté du Roi, Roi des rois, le Saint béni soit-Il Lui-même.

Avec mes respects et ma bénédiction pour annoncer de bonnes nouvelles, en tous ces domaines,

Notes

(1) C’est-à-dire de manière comparable à l’attitude adoptée par l’homme qui sollicite la bénédiction. (2) Voir la lettre n°2629.

Lettre n°2635

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2635, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chnéor Zalman Eliézer(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 23 Nissan, dans laquelle vous m’interrogez sur une affirmation du Tanya, dans une parenthèse de ‘Hano’h Lenaar, le fait que la Mitsva de l’éducation soit une Injonction de la Torah(2), comme le dit le Ora’h ‘Haïm, au chapitre 343.

De fait, l’affirmation selon laquelle l’éducation est une Injonction peut être interprétée de deux manières. Faut-il dire qu’il s’agit d’une Injonction et donc, a fortiori, d’une Interdiction(3) ? C’est effectivement ce que dit l’Admour Hazaken, dans son Choul’han Arou’h, au chapitre 343. Ou bien faut-il interpréter cette phrase par référence à celle qui la précédait et dire que, tout comme l’amour de Dieu est à l’origine des Injonctions, il est aussi à l’origine de l’éducation, l’une de ces Injonctions ? Dans ce dernier cas, peu importerait que l’éducation corresponde également à un Interdit.

Cette dernière explication permet de mieux comprendre la formulation de ce texte, car, d’après la première, il aurait suffi de dire qu’il s’agit d’une Injonction, alors que la conclusion de cet avant-propos, affirmant le rôle prépondérant de l’amour conçu par cette éducation précise le sens de cette parenthèse, soulignant que l’amour inclut également la Mitsva de l’éducation.

Ceci nous permettra de mieux comprendre le sens de ce texte, car, de façon générale, ce qui est entre parenthèses ajoute une idée dont la compréhension n’est pas essentielle et c’est bien le cas, en l’occurrence. En effet, le verset “ Eduque l’enfant ” ne fait pas référence précisément à celui qui n’est pas encore devenu adulte et astreint à la pratique des Mitsvot. Le traité Kiddouchin, bien au contraire, dit : “ A seize ans… A dix huit ans… ”. D’ailleurs, on peut noter que l’Admour Hazaken, dans ses lois de l’étude de la Torah, chapitre 1, paragraphe 9, fait dépendre l’éducation des deux(4), mais ce point ne sera pas développé ici.

En l’occurrence, ce qui est entre parenthèses indique qu’il faut également interpréter ce verset au sens simple et considérer qu’il fait allusion à l’éducation proprement dite, à l’âge où elle peut être donnée. C’est une évidence.

A ce propos, une autre question pourrait être posée. Le texte évoque d’abord les bases du service de Dieu, le fait de L’aimer et de Le craindre. Or, à sa conclusion, il parle uniquement de l’amour. Ceci n’a rien à voir avec ce que nous disions auparavant, car la crainte est également une Injonction.

On peut répondre à cette question d’après ce qui est expliqué par différents textes, c’est-à-dire que la crainte est partie intégrante de l’amour(5). Et, ceci ne concerne pas uniquement l’amour caché(6) dont parle le Tanya, au chapitre 18, mais s’applique à toutes les formes de ce sentiment. En effet, celui qui aime Dieu craint de transgresser Sa Volonté. De fait, ce texte dit lui-même que l’amour est la base et le fondement permettant de pratiquer toutes les Injonctions, c’est-à-dire également la crainte.

Vous citez la distinction faite par les Tossafot, qui se demandent s’il y a une Mitsva d’éduquer aux Interdictions. Vous consulterez sûrement le Baït ‘Hadach sur Ora’h ‘Haïm, au chapitre 343.

Dans la liste des corrections que j’ai proposées, figurait le fait de mentionner au masculin le nombre des quatre éléments fondamentaux, Arbaa(7), comme le fait le Rambam, au chapitre 4 des lois des fondements de la Torah. Vous dites que, d’après cela, il faudrait faire la même correction au chapitre 7 et, à la page 15, remplacer A’hat par E’had(8).

Vous avez raison et il s’agit d’un oubli dans la liste des corrections, qui a été établie rapidement, du fait des contraintes de l’impression. De même, quelques corrections ont été ajoutées entre l’édition du Tanya en format courant et celle du format de poche. D’autres ne figurent même pas dans cette dernière édition et elles seront publiées à une prochaine occasion.

Vous mentionnez, dans votre lettre, un manuscrit de la première version du Tanya. Vous voudrez bien me communiquer, au plus vite, des détails, à ce sujet, de même que les possibilités d’en disposer pendant quelques temps. Je vous en remercie d’avance.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav C.Z. E. Gurvitch. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2335, au paragraphe 6 et la note du Rabbi dans le Péla’h Ha Rimon sur Béréchit, à la page 294. (3) De ne pas la donner. (4) Il mentionne la responsabilité du père et du grand-père. Voir également, à ce sujet, la lettre n°246. (5) Puisque l’amour est à l’origine de toutes les Injonctions et que la crainte en est une également. (6) Que chaque Juif reçoit en héritage par le simple fait qu’il est juif, qui se trouve caché dans son cœur et qu’il lui suffit de révéler. (7) Alors que le texte imprimé disait Arba, au féminin. (8) La forme féminine par la forme masculine du mot “ un ”.

Lettre n°2636

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2636, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yossef(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, votre lettre du 4 Iyar, avec ce qu’elle contenait, des chèques pour le Collel ‘Habad en Terre Sainte que j’ai envoyés, ces jours-ci, à leurs utilisateurs finaux. J’ai également apprécié l’empressement avec lequel vous me les avez adressés, sans attendre les autres.

Comme sont extraordinaires les propos de l’Admour Hazaken(2), à propos du sacrifice(3), l’événement qui sert de référence et de symbole non seulement aux enfants d’Israël, mais aussi aux autres nations et qui est couramment interprété de la manière suivante. Un père âgé livre son fils unique au sacrifice, sur l’ordre du Saint béni soit-Il.

Puis, vient l’Admour Hazaken, qui souligne que tel n’est pas du tout le contenu profond de ce sacrifice. Il dit que “ le sacrifice proprement dit n’est pas une épreuve si importante, compte tenu de la grande élévation de notre père Avraham. En effet, Dieu s’est adressé à lui et lui a dit : ‘De grâce, prends ton fils’.

En fait, sa qualité fut la suivante. Notre père Avraham s’exécuta avec un merveilleux empressement. Il fit la preuve de sa joie et de sa bonne volonté. Nos Sages en déduisent qu’il doit en être de même pour la pratique de toutes les Mitsvot, en général et, en particulier, de la Tsédaka, qui dépasse toutes les autres. ”

Vous consulterez également Igueret Hakodech, au chapitre 21. Vous pouvez déduire de ces propos la valeur de l’empressement qui est plus grande, plus importante et plus merveilleuse que le sacrifice lui-même. Pour quelqu’un comme vous, il est inutile d’en dire plus.

Vous avez sûrement reçu, en son temps, ma précédente lettre.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vous concerne,

Notes

(1) Le Rav Yossef

Flyer. Voir, à son sujet, la lettre n°2330. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2827. (3) D’Its’hak à Avraham.

Lettre n°2637

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2637, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue(1),

Il y a quelques semaines, Dieu a montré Sa Bonté et Il a réalisé pour vous ce qu’il convient d’appeler un miracle(2). Ceci devrait susciter un sentiment de reconnaissance envers Celui qui “ guérit toute chair et fait des merveilles ”. Et, ce sentiment doit prendre la forme voulue par Dieu Lui-même et exprimée, dans Sa sainte Torah, pour tous les Juifs, qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme.

J’espérais donc que ceci éveillerait en vous la volonté de porter une perruque(3), ce qui est un moyen de sanctifier publiquement le Nom de Dieu. Et, s’il semble qu’il soit difficile de le faire, cela veut simplement dire que la reconnaissance exprimée à Dieu de cette façon est encore plus importante. Il faut donc le faire avec encore plus de joie.

J’espérais que votre reconnaissance à Dieu s’exprimerait également, de manière conforme à Sa Volonté, exprimée dans Sa sainte Torah, envers les autres, en renforçant votre action pour leur faire acquérir les valeurs juives, de la meilleure façon, en particulier en tout ce qui est accompli publiquement, c’est-à-dire en présence de nombreuses personnes.

En conséquence, j’ai été très surpris par une rumeur qui est parvenue jusqu’à moi. On m’a dit que vous avez interprété le miracle qui vous est arrivé comme un événement normal. Non seulement vous n’avez pas exprimé votre reconnaissance et votre louange face à la Bonté de Dieu, vous ne faites pas preuve de plus de sensibilité et d’enthousiasme pour la pratique juive, mais, bien plus, vous vous servez de l’influence que vous exercez sur vos proches pour les conduire à se dresser contre le Choul’han Arou’h.

Lorsque l’on marie sa fille, on a conscience que ce mariage est à la base même de sa vie. Or, vous souhaitez qu’un mariage se déroule d’une manière contraire à l’avis de Dieu, exprimé dans le Choul’han Arou’h. Bien plus, vous craignez que la mariée elle-même souhaite se conformer à la Hala’ha et, de ce fait, vous tentez de convaincre les parents de la nécessité de la transgresser. Voilà comment vous exprimez votre reconnaissance après le miracle que Dieu a accompli pour vous !

Je veux espérer que cette rumeur n’est pas fondée et qu’elle ne correspond pas à la réalité. Néanmoins, elle est parvenue jusqu’à moi et tout est effet de la divine Providence. Je pense donc qu’il est de mon devoir de vous écrire ces quelques lignes. J’espère recevoir, de votre part, une bonne nouvelle, le fait que vous portez une perruque, au moins à partir d’aujourd’hui, conformément à la pratique des femmes juives vertueuses et que vous exercez une influence positive sur votre entourage, en général et sur le plus proche, en particulier, afin que tous conforment leur comportement aux exigences du Choul’han Arou’h.

Dieu vous accordera la réussite.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Notes

(1) Cette lettre est adressée à une femme. (2) Une guérison miraculeuse. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°1892, 2434, 2463 et 2555.

Lettre n°2638

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2638, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du jeudi de la Parchat Emor, dans laquelle vous me faites part du nom que vous avez donné à votre fils.

Dieu fasse que, tout comme vous lui avez fait conclure l’alliance(1), vous le conduisiez également à la Torah, au dais nuptial et aux bonnes actions.

Vous me demandez quelles sont les pratiques favorables(2). Vous ferez vérifier les Mezouzot de votre maison, afin qu’elles soient toutes cachères, de même que vos Tefillin. Sans doute portez-vous également les Tefillin de Rabbénou Tam et, si ce n’est pas le cas, vous le ferez, désormais. Vous les ferez donc vérifier également.

Vous-même et votre épouse, vous donnerez, tous les lundis et jeudis matins, quelques pièces à la Tsédaka. Par ailleurs, votre épouse en donne sûrement, avant d’allumer les bougies, à la veille du Chabbat et des fêtes.

En effet, la Tsédaka est une pratique favorable, qui protège dans toutes les situations, ainsi qu’il est dit : “ Il se vêtit de la Tsédaka comme d’une armure ”. Vous connaissez l’explication que nos Sages donnent, à ce sujet(3). Elle est également expliquée dans Iguéret Hakodech, de l’Admour Hazaken, au chapitre 3.

Puisse Dieu faire que vous annonciez de bonnes nouvelles toujours et tous les jours,

Avec ma bénédiction de Mazal Tov,

Notes

(1) De la circoncision, celle de notre père Avraham. (2) Pour attirer les bénédictions divines sur l’enfant. (3) Chaque pièce constitue une écaille de cette armure, qui assure la protection de celui qui la porte.

Lettre n°2639

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2639, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav David(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du dix huitième jour de l’Omer, dans laquelle vous sollicitez une bénédiction pour le Rav. Lorsque je me trouverai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, je mentionnerai son nom, afin qu’il ait une prompte guérison.

Néanmoins, vous devez lui expliquer ce que nos saints maîtres ont exprimé, à différentes reprises et vous trouverez sûrement les mots les plus justes pour le faire. Vous lui direz que l’on se lie à nos maîtres(2) par l’étude de leur enseignement. Il est expliqué que “ Dieu consulta la Torah pour créer le monde ”, le monde en général et également le “ petit monde ” que constitue l’homme.

Il doit donc prendre tout de suite la décision de fixer un temps pour étudier l’enseignement de nos maîtres, puis il lui faudra tenir son engagement. Cet enseignement est partie intégrante de notre sainte Torah, qui fut donnée à Moché sur le mont Sinaï. Qu’il commence son étude par le Tanya. Sans doute pourrez-vous lui donner de bons conseils, à ce sujet.

Puisse Dieu faire que ce Rav, pendant de longs jours et de bonnes années, étudie la partie révélée de la Torah et l’enseignement de la ‘Hassidout.

Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav D.Tenenhuiz. (2) Ce qui est nécessaire pour recevoir leur bénédiction.

Lettre n°2640

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2640, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav C.(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous évoquez la participation au livre de Vitebsk(2) que l’on s’apprête à publier en notre Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée. Votre frère souhaite y contribuer par un article sur l’action de ‘Habad, en cet endroit.

A mon sens, c’est une bonne initiative. Néanmoins, il faut tenir compte des autres participants et de l’aspect général du livre afin de déterminer si cette participation doit être déclarée ou non et ceci s’applique, de la même manière, aux responsables communautaires ‘hassidiques et aux ‘Hassidim, en général.

S’il y a un doute, à ce sujet, la situation, régnant là-bas, fait que l’on ne peut pas être sûr du caractère positif de ce livre tant qu’on ne connaît pas les noms de ceux qui constituent le comité de rédaction. Dès lors, la responsabilité est moindre si le signataire de l’article n’est pas un responsable communautaire de ‘Habad.

En conséquence, je propose d’écrire aux ‘Hassidim de Terre Sainte, puisse-t-elle être rebâtie et restaurée, qui connaissent l’histoire de Vitebsk, en rapport avec ‘Habad. Ceux-ci prendront contact avec votre frère et ils organiseront tout cela de la manière qui vient d’être définie. Bien évidemment, vous pouvez préciser à ces ‘Hassidim que vous vous adressez à eux sur mon conseil.

En outre, vous demanderez à votre frère de vérifier que ses propos sont imprimés sans avoir fait l’objet d’une falsification.

De façon générale, il s’agit d’une bonne proposition, comme je le disais.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, je conclus en vous adressant une bénédiction de réussite, matérielle et spirituelle,

M. Schneerson,

Notes

(1) Le Rav Chlomo Matusof, de Casablanca. Voir, à son propos, les lettres n°2273 et 2686. (2) Faisant l’historique de cette ville. Voir également, à ce sujet, la lettre n°2329.

Lettres n° 2641

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav N.N.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 2 Iyar et je vous remercie de la bonne nouvelle que vous m’annoncez, le fait qu’un examen ait fait la preuve de la qualité des études menées par les élèves(2). Sans doute leur crainte de Dieu est-elle également satisfaisante.

Que Dieu vous accorde et leur accorde la réussite, afin que cet effort, qui est, en fonction de la situation qui prévaut ici-bas, comme une pointe d’aiguille, leur ouvre, là-haut, comme le portique du Sanctuaire, c’est-à-dire pouvant être qualifié comme tel même d’après la situation telle qu’elle est là-haut.

Il est sûrement inutile de vous rappeler la nécessité absolue de s’organiser à temps et avec l’énergie qui convient, pour que des élèves se joignent aux études, pendant les vacances(3) ou peut-être même avant cela. Il en est de même pour les élèves du Beth Rivka(4) et, s’il vous est possible de les inviter à l’empressement, vous le ferez, bien que je leur ai écrit directement, à ce sujet(5).

Ceci(6) ne doit pas vous paraître secondaire. Tout d’abord, un proverbe bien connu du Baal Chem Tov(7) atteste qu’une âme peut descendre dans ce monde, pendant soixante dix ou quatre vingt ans, uniquement dans le but de rendre un service, matériel ou spirituel, à une seule personne. On peut comprendre cette idée, dans toute sa profondeur, en fonction de l’explication que donne l’Admour Hazaken, à la fin du chapitre 25 du Tanya. Il dit que : “ Cette unité(8), là-haut, est immuable et éternelle ”.

Si vous faites des efforts, avec l’empressement qui convient, une grande partie de ceux qui viendront passer les vacances(9) s’engageront, par la suite, sur la voie de la Torah et des Mitsvot. Et, quelques uns, parmi eux, poursuivront leurs études, à la Yechiva Loubavitch. J’attends de bonnes nouvelles à propos de ce qui vient d’être dit, en général et sur ce point, en particulier.

Par ailleurs, je ne peux pas m’empêcher d’exprimer mon étonnement et ma surprise sur le point suivant.

On connaît l’étonnement de Moché, “ Où trouverais-je de la viande ? ”(10), ce qui n’était nullement de son rang(11). Or, cet argument était très fort et, de fait, on lui demanda, à cause de cela : “ Réunis pour Moi soixante dix personnes ”(12). Malgré cela, c’est grâce à lui que le peuple reçut de la viande, même si son intervention passa par un stade intermédiaire.

On peut en conclure, comme l’établissent, par ailleurs, de nombreux textes de ‘Hassidout, que toutes les bénédictions accordées à ceux qui sont liés au Rabbi et aux ‘Hassidim doivent, d’une certaine manière, passer par leur chef.

Notre génération a eu le mérite d’avoir pour dirigeant et pour berger mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Tout doit donc, d’une manière ou d’une autre, être lié à lui. Combien plus doit-il en être ainsi, pour les ‘Hassidim, anciens élèves de la Yechiva, avec les membres de leur famille. C’est encore plus clairement le cas lorsqu’il s’agit de la Torah et des Mitsvot, surtout pour ce qui a une portée collective et tout particulièrement pour ce qui concerne la foi, ainsi qu’il est dit : “ Ils crurent en Dieu et en Moché Son serviteur ” et la Me’hilta explique que celui qui a foi en le berger fidèle est comme s’il croyait en la Parole de Celui Qui, par elle, créa le monde.

En conséquence, j’ai été particulièrement surpris d’apprendre(13) qu’une partie des ‘Hassidim ont fait le choix, précisément pour ce qui concerne l’aliment de la foi(14), d’aller en faire l’acquisition ailleurs, alors qu’il était possible de s’en procurer auprès du bureau(15) créé par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Or, les actions du Juste sont éternelles. Ce bureau reste donc le sien, encore à l’heure actuelle.

Sans doute y a-t-il des raisons à cela et peut-être même de fortes raisons. Leur prix était peut-être élevé ou bien n’étaient-elles pas bien cuite. Peut-être y avait-il une inimitié entre le vendeur et les ‘Hassidim ou encore, comme l’on dit certains, cela(16) n’était que pour les membres de la famille et non pour soi-même, comme si, pour ce qui concerne la foi, une différence pouvait être faite entre le Juif le plus grand et le plus humble.

Bien plus, il s’agit, en l’occurrence, de la fête des Matsot, celle de la compréhension la plus réduite(17) et l’on cite, à ce propos, l’image d’un enfant qui consomme un aliment à base de blé(18).

Malgré tout cela, ma surprise reste entière. Faut-il également remettre en cause ce moyen de se lier à mon beau-père, le Rabbi, même s’il n’y avait que le doute d’un doute(19), pour prendre une initiative ne délivrant nullement de ce doute et obtenir la Matsa Chemoura, l’aliment de la foi, d’une autre origine ?

Je ne souhaite pas désigner nominativement ceux qui l’ont fait. C’est la raison pour laquelle je m’adresse à vous. En effet, je suis certain que vous-même et vos disciples, avez acheté la Matsa Chemoura à la fabrique liée au bureau(15). Il vous sera donc possible d’expliquer tout cela, lors d’une réunion ‘hassidique, comme vous savez parfaitement le faire.

Sans doute connaît-on également, en France, le proverbe de mon beau-père, le Rabbi(20), selon lequel “ ce qui est le plus médiocre chez nous est préférable à ce qu’il y a de mieux, chez eux ”. Que Dieu confère à chacun d’entre nous le mérite et la réussite, afin d’attirer toutes les bénédictions de Pessa’h pour toute l’année, de la manière la plus évidente, dans l’existence quotidienne.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav Nissan Nemanov, de Brunoy. Voir, à son propos, les lettres n°2278, 2698, 2737*, 2824, 2856, 2860 et 2928. (2) De la Yechiva Loubavitch de Brunoy, dans la région parisienne, dont le Rav Nemanov était le directeur. (3) Le Rabbi écrit le mot “ vacances ” en français. Voir, à ce sujet, également la lettre n°2676. (4) L’école de jeunes filles de Yerres, près de Brunoy. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°2802. (6) L’inscription de nouveaux élèves, à la Yechiva, pendant les vacances. (7) Voir, à ce propos, les lettres n°2275 et 2655. (8) Celle qui est créée entre Dieu et l’homme par l’étude de la Torah. (9) A la Yechiva. (10) Voir, à ce sujet, la lettre n°2632. (11) Une préoccupation aussi matérielle aurait dû revenir à quelqu’un d’autre. (12) Les soixante dix Anciens devaient prendre en charge ces préoccupations. (13) Voir également les lettres n°2679 et 2774. (14) Les Matsot Chemourot pour la fête de Pessa’h. (15) Le bureau européen d’aide aux réfugiés, à Paris, dirigé par le Rav Binyamin Elyahou Gorodetski. (16) Le fait d’acheter d’autres Matsot. (17) Les Matsot évoquent la soumission. (18) Nos Sages enseignent que “ l’enfant ne peut pas appeler son père tant qu’il n’a pas goûté le blé ”. A Pessa’h, un Juif goûte de la Matsa et il commence ainsi à reconnaître Dieu. Il n’y a donc là que le début de la compréhension. (19) D’obtenir un tel résultat. (20) Voir, à ce sujet, les lettres n°673 et 2203.

Lettre n°2642

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2642, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Iyar 5714,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

multipliant les accomplissements positifs pour la

Torah et les Mitsvot, aux nombreuses connaissances,

le Rav ‘Hananya Yom Tov Lipa(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, avec plaisir, vos livres, les cinq tomes de Taharat Yom Tov. Vous m’annoncez également que vous en préparez l’édition du sixième tome.

Ils sont basés sur le Yessod Yossef, qui traite, en particulier, du respect de l’alliance(2) et de la manière d’en réparer les violations (3).

Les ‘Hassidim n’ont pas l’habitude d’éditer des livres spécifiquement pour expliquer la raison de cette faute, ni même d’en parler en public ou avec une large diffusion et l’on peut le justifier d’après l’explication du Tséma’h Tsédek(4) selon laquelle, la pensée ou la crainte de la faute peuvent naturellement provoquer un écoulement de semence, au même titre que la réflexion à la faute. Vous consulterez également le Tséma’h Tsédek, porte des additifs, chapitre 62.

Dans ce pays, cette faute s’est largement répandue, auprès de certains milieux, qui tentent même de la légitimer. Bien plus, certains médecins, au service du paganisme, permettant ce qui est interdit, prescrivent de telles pratiques à ceux qui les consultent et leur demandent de s’y habituer. Ils se moquent de ceux qui les interdisent et expliquent qu’elles sont non seulement permises, mais même souhaitables, ce qu’à Dieu ne plaise.

Et, du fait de nos fautes, nul n’intervient pour protester et les condamner. Nul n’explique comment l’on affaiblit son corps, on amenuise ses forces et l’on perd la vie, en agissant de la sorte. De plus, on rend son âme impure et l’on provoque sa chute, selon l’expression de l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et du Choul’han Arou’h.

Cette faute est particulièrement grave, beaucoup plus que les unions interdites, du point de vue de la grandeur et de l’importance de l’impureté qui en résulte, dans une proportion considérable, comme le dit le chapitre 7 du Tanya et comme le Likouteï Torah, au début de la Parchat Chela’h, en explique l’immense gravité.

Il y a donc lieu de penser qu’il est nécessaire d’imprimer et de diffuser la gravité de cette faute et de la souillure qui en résulte. Il est également nécessaire d’en parler, si l’on peut ainsi préserver de jeunes Juifs de la chute. Il faut surtout renforcer et accroître la vigilance des enseignants, des professeurs et des recteurs de Yechivot, afin qu’ils prennent conscience de cette situation. Car, pour une large part, il dépend d’eux de rectifier une situation aussi déplorable. En conséquence, la responsabilité leur en incombe. Car, celui qui a la possibilité d’intervenir…(5).

Dieu fasse que vous connaissiez la réussite. Vous conférerez un mérite au plus grand nombre et vous montrerez comment juger les oppresseurs, c’est-à-dire comment avoir pitié d’eux, avoir pitié des parcelles de Sainteté qui sont oppressées par les actions des hommes, comme le dit l’Admour Haémtsahi, dans son Sidour, commentant le verset : “ Il rend le jugement aux oppresseurs ”, jusqu’à ce que l’Eternel rassemble Son peuple, Israël, qui est disséminé, par notre juste Machia’h, très bientôt et de nos jours, Amen.

Avec ma bénédiction de réussite,

Dans votre livre, vous traitez également du Mikwé et je vous joins une copie d’une liste d’instructions données par le Rabbi Rachab(6), père de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, lorsqu’un Mikwé fut construit dans sa ville.

Comme marque d’appréciation, je formulerai quelques remarques qui me sont venues en feuilletant votre livre.

Tome 1, page 1, sur l’organe masculin :

Il faut rappeler et souligner l’affirmation de nos Sages, au traité Yebamot 53b selon laquelle celui-ci ne peut se durcir que du plein gré de l’homme. En effet, il existe un lien direct entre cet organe et le cerveau. Et, la raison en est bien connue. Il y a des nerfs, très fins, qui assurent la liaison entre eux et les unissent au point de ne former qu’un seul et même membre. Vous consulterez les additifs du Torah Or, de l’Admour Hazaken, à la fin de la Parchat Vaye’hi, qui développent une longue explication à ce sujet.

Tome 1, page 87 :

Vous consulterez le Or Hachanim, du Rav A.L. Epstein, grand érudit et kabbaliste, président du tribunal rabbinique de Königsberg, qui définit l’émission de semence en pure perte comme une transgression de l'Interdiction : “ Tu ne commettras pas d’adultère ”. Pour l’heure, je n’ai vu personne d’autre qui défende la même position.

Tome 2, page 34, concernant la raison pour laquelle la Torah ne mentionne pas clairement l’interdiction de provoquer la perte de semence en pure perte :

Voir le Or Hachanim, précédemment cité. La fin du chapitre 7 du Tanya en donne la raison. En effet, il est possible, par la Techouva qui convient, de réintégrer au domaine de la Sainteté la vitalité qui a été enfermée dans les forces du mal, du fait de cette faute. Il n’en est pas de même pour les autres Interdictions de la Torah(7). Vous consulterez le Panim la Torah.

Tome 2, page 88, concernant la punition de la réincarnation :

Je sui surpris que vous ne reproduisiez rien de l’enseignement du Ari Zal et de ses disciples, après que celui-ci ait été révélé. Bien plus, parmi les “ huit portes ” du Ari Zal, l’une d’elles est intégralement consacrée à ce sujet(8). Il s’agit du Chaar Ha Guilgoulim(9).

Par ailleurs, différents autres textes des écrits du Ari Zal commentent également cette idée. Vous consulterez la fin de l’introduction de Rabbi ‘Haïm Vital au Chaar Haakdamot(10).

Tome 3, au début, concernant les réparations de cette faute :

Voir le chapitre 7 du Tanya et Iguéret Hatechouva, de l’Admour Hazaken, chapitres 3 et 9.

Tome 3, page 111, concernant le fait de retirer la bague du Loulav, à Hochaana Rabba, après la lecture du Hallel :

On peut s’interroger, à ce sujet. Notre coutume(11) est de la retirer avant le Hallel. C’est également ce que dit le Baït ‘Hadach, Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm, chapitre 664. Vous consulterez la raison qu’il donne. C’est aussi l’avis du Darkeï ‘Haïm Ve Chalom, au chapitre 791.

Tome 4, au début, concernant la réparation par le fait d’étudier les secrets de la Torah :

Dans la mesure où cela pourrait être d’une quelconque nécessité, nous pouvons en déduire une autre raison de l’affirmation du Ari Zal selon laquelle, précisément en ces dernières générations, il est permis et il est une Mitsva de révéler cette sagesse, celle de la Kabbala. Dans l’introduction précédemment citée, Rabbi ‘Haïm Vital explique :

“ Tout dépend de la manière dont on étudie cette Sagesse. En ne le faisant pas, nous retardons et nous empêchons la reconstruction du Temple. Le malheur vient de la négligence de cette étude. En effet, Dieu conçoit du plaisir de ce qu’Il a créé dans Son monde uniquement lorsque Ses enfants étudient, ici-bas, les secrets de la Torah et non uniquement son sens simple. L’homme n’a été créé que pour étudier la Kabbala ”.

Il cite et commente les propos du Zohar, tome 1, pages 26 et 27, page 118a, tome 2, page 247a. Vous consulterez son long développement.

Tome 4, à partir de la page 67 :

Vous verrez, pour tout cela, les responsa Tséma’h Tsédek, partie Ora’h ‘Haïm, chapitre 139, porte des additifs, chapitre 45 et ses commentaires sur le traité Bera’hot, chapitre 3, page 5a.

Tome 5, au début, à propos du verset “ Et Yossef vint ” :

Vous verrez le Dére’h Mitsvoté’ha du Tséma’h Tsédek, tome 2, à partir de la page 277b, qui fait une longue analyse, à ce sujet.

Tome 5, page 159, chapitre 51, paragraphe 1 :

Vous verrez, à ce sujet, les responsa Tsafnat Paanéa’h, du Rav Yossef Rosin de Ragatchov, au chapitre 25.

Tome 5, à la fin, page 182, concernant le fait que l’intégrité s’étend également à la pensée et l’on peut se demander où l’on trouve une allusion à cela :

On peut trouver cette allusion dans le Zohar, tome 3, page 230a , qui dit :

“ On doit être intérieurement conforme à ce que l’on est extérieurement. On doit être intègre en ses membres intérieurs comme en ses membres extérieurs. ”

A la page 165b, une déduction est faite, de ce verset pour Noa’h, “ un homme juste, qui était intègre ”.

Notes

(1) Le Rav H.Y. T. L. Deutsch. (2) De notre père Avraham, celle de la circoncision. (3) En particulier, l’émission de semence en pure perte. (4) Voir Iguerot Kodech du Tséma’h Tsédek, lettre n°26. (5) Et ne le fait pas est considéré comme s’il avait lui-même fauté. Voir le premier chapitre du Tanya. (6) Celle-ci est imprimée à la fin du Taharat Maïm, l’ouvrage sur le Mikwé du Rav Telushkin et dans les additifs du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, éditions Kehot, tome 5 et 6, page 910-78. (7) Par exemple lorsqu’une union interdite a eu pour conséquence la naissance d’un enfant, dont l’existence perdurera à la Techouva du père. (8) A la réincarnation. (9) Textuellement, la porte des réincarnations. (10) Textuellement, la porte des introductions. (11) Voir Séfer Ha Minhaguim ‘Habad, page 68.

Lettre n°2643

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2643, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 3 Iyar, dans laquelle vous me parlez de votre cousine et de son mari.

Il est important que :

A) qu’à partir de maintenant, elle se couvre la tête, comme le stipule notre sainte Torah,

B) qu’à l’avenir, elle fréquente un Mikwé d’eau de pluie ou de source et non celui que l’on emplit avec un instrument chargé de mesurer la quantité d’eau.

Tout ajout à la Torah et aux Mitsvot attire des bénédictions de Dieu accrues, en tous les besoins de l’homme et de sa famille.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°2644

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2644, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

10 Iyar 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du premier jour de Roch ‘Hodech Iyar, avec ce qu’elle contenait.

Concernant votre état de santé, vous devez, de façon générale, vous conformer aux prescriptions du médecin. Il y a sûrement un moyen de le faire sans contredire la mission sacrée qui est la vôtre, d’autant que la santé du corps, “ le fait qu’il soit sain et intègre, appartient aux voies de Dieu ”(1). Il est donc impossible qu’une Mitsva en contredise une autre.

Combien plus est-ce le cas lorsque l’on fait tout cela joyeusement, car la joie brise les limites inhérentes à la matière et les fait disparaître. Dès lors, la matérialité n’est plus très éloignée de la spiritualité.

Dieu fasse que vous et les membres de votre famille annonciez toujours de bonnes nouvelles et que vous connaissiez la réussite dans la mission qui vous est confiée, en bonne santé.

Avec ma bénédiction et en saluant tous les ‘Hassidim,

N. B. : Je vous joins un extrait de la causerie(2) prononcée pendant le Chabbat qui a béni le mois de Sivan, l’an dernier. De fait, celui-ci est d’actualité, tout au long de l’année.

Notes

(1) Selon les termes du Rambam. (2) Du Rabbi lui-même.

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