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Iguerot Kodesh — lettres 2544 à 2563

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°2544

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2544, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

21 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai eu de vos nouvelles avec plaisir, à Pourim, par votre mari, le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires. Que Dieu fasse que vous puissiez toujours donner de bonnes nouvelles de l’un et de l’autre, matériellement et spirituellement.

Comme je l’évoquais avec votre mari, le Rav, vous cherchez sûrement à exercer une influence positive sur votre entourage, à lui insuffler l’ardeur et l’enthousiasme de la Torah et des Mitsvot, en général, des comportements ‘hassidiques, en particulier. Vous pourrez ainsi hâter et élargir les bénédictions que Dieu vous accorde, de Sa main pleine et large, pour tout ce donc vous avez besoin, matériellement et spirituellement.

Celui qui désire gagner sa vie matériellement ne reste pas chez lui, à la maison, attendant que quelqu’un vienne le voir et lui propose de subvenir à ses besoins. Et, il en est de même pour la satisfaction des besoins spirituels, à laquelle nous venons de faire allusion. Il ne faut pas attendre que celui qui en a besoin vienne demander qu’on le rende plus ardent, plus enthousiaste pour les valeurs juives, la Torah et les Mitsvot. Il faut sortir de chez soi et aller le chercher.

Lorsque l’on désire sincèrement qu’il en soit ainsi, on connaît la réussite, on parvient à trouver une telle personne et l’on exerce sur elle une influence positive. Ainsi, on est encore plus motivé à réaliser, par la suite, une action fructueuse.

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

Lettre n°2545

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2545, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres des 16, 17, 19 et 20 Adar Cheni, avec ce qui y était joint. Je vous remercie pour la bonne nouvelle selon laquelle on a confié un poste au distingué ‘Hassid qui craint Dieu, Rav A.Shur, au sein de la synagogue. Là, il s’acquittera sûrement de la meilleure façon de la mission qui lui est confiée, en tant qu’émissaire du Saint béni soit-Il. Vous consulterez, à ce sujet, le Likouteï Torah, au début de la Parchat Vaykra, commentant l’affirmation selon laquelle “ un émissaire s’identifie à celui qui le mandate ”, si l’on peut ainsi s’exprimer(2).

J’ai appris avec satisfaction que vous cherchiez à cachériser la vaisselle, en différents endroits. Sans doute, vous efforcerez-vous de réunir également les Maot ‘Hittin(3), comme vous l’avez fait l’an dernier, mais avec plus de force et de détermination, car on doit connaître l’élévation, dans le domaine de la Sainteté, pour tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot.

Je vous remercie de m’avoir prévenu que monsieur Moché Neymark a eu une fille. Je vous joins une copie de la réponse que je lui fait. Dieu fasse que vous m’annonciez, toujours et tous les jours, de bonnes nouvelles de vous-même et de votre entourage.

Je vous joins des reçus, rédigés conformément à vos instructions, de même qu’une copie de ma lettre(4), adressée à toutes les femmes, à l’occasion de Pourim et qui est rédigée en anglais. Il serait bon de la publier dans le périodique le plus répandu, à Chicago. Certes, son contenu est proche de celui du message qui fut envoyé, en son temps, aux femmes de l’association ‘Habad. Néanmoins, on y trouvera quelques modifications.

De fait, il est bon de répéter une seconde, une troisième fois, des propos d’encouragement. Car, l’acte est essentiel, dans l’existence quotidienne. Il faut donc régulièrement rappeler et stimuler.

Vous avez sûrement profité comme il convient des jours de Pourim, en particulier pour agir auprès de la jeunesse et des enfants.

Il serait bon d’évoquer avec la personne que vous mentionnez le sommet de la spiritualité, c’est-à-dire la participation, de la manière qui convient, au travail de ‘Habad, à Chicago et dans les environs.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,

Notes

(1) Le Rav Chnéor Zalman Hecht, de Chicago. Voir, à son sujet, la lettre n°2386. (2) Lorsque Celui Qui mandate est Dieu Lui-même. (3) La Tsédaka spécifique de Pessa’h, destinée à offrir à chacun les moyens de célébrer la fête. (4) Il s’agit de la lettre n°2520.

Lettre n°2546

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2546, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Yoets David(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu votre lettre, il y a un certain temps, me faisant part des décisions qui ont été prises lors de la réunion du 8 Chevat 5714. A l’heure actuelle, celles-ci ont sûrement été mises en pratique, car l’acte est essentiel, et non l’étude. De fait, l’action est le moyen de vérifier de quelle manière s’est déroulée l’étude, comme cela est expliqué à propos de l’affirmation de nos Sages, selon laquelle “ nul n’est aussi avisé que celui qui possède de l’expérience ”.

J’ai été satisfait de lire, dans votre lettre, que différents cours avaient été fixés dans votre ville. Mais, pour faire suite à ce qui a été dit auparavant, je suis particulièrement surpris que vous ne parliez pas d’une étude des lois que l’on applique couramment(2) et qui figurent, pour la plupart, dans le Choul’han Arou’h Ora’h ‘Haïm. Il est particulièrement nécessaire de les connaître et l’on doit donc les étudier, au moins de manière abrégée. On les trouve dans le Sidour Dére’h Ha ‘Haïm, du Gaon de Lissa. On peut aussi se servir de l’abrégé du Choul’han Arou’h, en omettant quelques chapitres, qui sont moins utiles.

Et, puisse Dieu faire que les érudits de la Torah et ceux qui ont le mérite de se consacrer à l’étude apprennent également les lois relatives aux différentes bénédictions que l’on doit réciter, ou bien aux interruptions permises, pendant la prière. Malheureusement, ces connaissances manquent cruellement, parfois même de manière effrayante.

Dieu fasse que cette étude soit instaurée, dans votre ville, par votre intermédiaire et qu’elle prenne de larges proportions, bien plus qu’elle ait un effet positif sur tous les participants à ces cours, ce qui concerne également les femmes, qui doivent connaître, par exemple, les lois de la pureté familiale.

Vous ne précisez pas, dans votre lettre, que vous avez un cours de ‘Hassidout, mais je suis sûr que vous avez uniquement oublié de me l’écrire et que vous n’avez nullement omis une telle étude, ce qu’à Dieu ne plaise.

Que Dieu vous permette de m’annoncer de bonnes nouvelles, en tous ces domaines.

Avec ma bénédiction de réussite,

N. B. : Je vous joins une copie de ma lettre(3), adressée à toutes les femmes et jeunes filles juives. Vous la diffuserez sûrement, de la manière qui convient.

Notes

(1) Le Rav Y.D. Gluck. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2456. (3) Il s’agit de la lettre n°2520.

Lettre n°2547

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2547, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

23 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre du 3 Adar Cheni, dans laquelle vous me dites que vous êtes très inquiet pour votre épouse et pour les membres de votre famille. Vous vous faites du soucis également à propos de la manière d’assurer votre subsistance. Tout cela vous empêche d’avoir la quiétude nécessaire pour étudier la Torah de Dieu.

Je suis surpris que vous ne mentionnez pas les canaux et les réceptacles permettant d’obtenir les bénédictions divines, dans ces domaines, c’est-à-dire la Torah et les Mitsvot. Vous connaissez la lettre adressée par l’Admour Hazaken, auteur du Tanya et décisionnaire de la partie cachée de la Torah, auteur du Choul’han Arou’h et décisionnaire de la partie révélée de la Torah, à quelqu’un qui formulait pratiquement la même plainte que vous(1) : “ Tu te soucies de ce dont tu as besoin, mais non de ce que l’on attend de toi ”. Ce récit est mentionné dans une lettre(2) de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, qui est imprimée dans le fascicule n°57.

Il est également expliqué qu’en appliquant ses efforts à ce qui est la finalité de l’homme sur la terre, conformément à l’affirmation de nos Sages, à la fin du traité Kidouchin, selon laquelle “ Je n’ai été créé que pour le service de mon Créateur ”, on obtient de Dieu la satisfaction de ses propres besoins.

Vous connaissez sûrement les trois études qui concernent chacun et qui furent instaurées par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Ce sont les suivantes : A) Les Tehilim, selon leur répartition mensuelle, qu’on lit chaque jour après la prière du matin. B) Une Paracha du ‘Houmach, avec le commentaire de Rachi, le dimanche du début de la Sidra jusqu’au Cheni, le lundi du Cheni au Chelichi et ainsi de suite. C) Un passage du Tanya, qu’on étudie chaque jour, selon la répartition annuelle de ce livre.

A la prochaine occasion, vous voudrez bien me renseigner sur tout cela. Comme vous le demandez, je mentionnerai chacun d’entre vous près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, afin que vous obteniez la satisfaction de tous vos besoins, matériels et spirituels.

Avec ma bénédiction pour que vous m’annonciez de bonnes nouvelles, concernant tout ce qui vient d’être dit et pour que vous ayez un Pessa’h cacher et joyeux,

Pour le Rabbi Chlita,

Notes

(1) Qui se plaignait de problèmes matériels. (2) Voir les lettres du précédent Rabbi, tome 3, lettre n°729 et tome 9, lettre n°3054.

Lettre n°2548

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2548, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

Je vous bénis et vous salue,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre, qui n’était pas datée. Vous m’y annoncez une bonne nouvelle concernant votre fils. Observer les miracles de Dieu doit, à n’en pas douter, avoir un effet sur toute la famille et lui permettre de se renforcer en tout ce qui concerne la Torah et les Mitsvot. En le faisant, vous hâterez la réalisation des bénédictions de Dieu, pour les autres points que vous mentionnez dans votre lettre.

Vous parlez également de la modernité. Vous devez expliquer à vos enfants que Dieu est le même qu’il y a plusieurs centaines d’années, que la Torah est également immuable. Le Tout Puissant dirige le monde, exactement comme Il le faisait auparavant. On doit donc se maintenir sur la voie tracée par la Torah, la seule qui permet aux Juifs de recevoir les bénédictions de Dieu, apportant la satisfaction de tous leurs besoins.

Lorsque vos enfants adopteront un tel comportement, vous pourrez m’annoncer de bonnes nouvelles, dans tous les domaines que vous mentionnez dans votre lettre.

En vous souhaitant un Pessa’h cacher et joyeux,

Pour le Rabbi Chlita,

Lettre n°2549

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2549, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre du 18 Adar Cheni, qui faisait suite à un long silence sur votre activité communautaire. J’espère qu’à l’avenir, vous continuerez à m’écrire, à ce sujet.

De manière officielle, les lettres doivent être conjointes(1). Mais, en plus de telles lettres, il est bon qu’officieusement, chaque responsable puisse donner son avis.

Bien évidemment, il ne s’agit pas de médisance, en l’occurrence, puisqu’il s’agit de définir l’action concrète. Différents livres l’expliquent et nos Sages soulignent(2) la nécessité d’adopter une formulation positive, précisant que, pour cela, le verset introduit huit lettres de plus(3). Néanmoins, il en fut ainsi uniquement parce qu’il s’agissait d’un récit(4). En revanche, il n’en est pas de même quand il s’agit de fixer la Hala’ha(5), comme en font la preuve la Paracha de cette semaine et celle de la semaine dernière.

Vous apportez votre contribution à une institution de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Ceci hâtera et élargira la réalisation des bénédictions de Dieu, pour vous et pour les membres de votre famille, en général, afin de concevoir une satisfaction ‘hassidique de vos fils et de vos filles, en particulier.

Dans l’attente de vos bonnes nouvelles, je conclus en vous adressant ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse.

N. B. : Vous avez sûrement reçu, il y a quelques temps, ma lettre adressée à la direction du réseau(6).

Notes

(1) Emaner de tous les responsables d’une institution, en l’occurrence du réseau Ohaleï Yossef Its’hak Loubavitch, en Terre Sainte. (2) Au traité Pessa’him 3a. (3) Décrivant les animaux qui entraient dans l’arche de Noa’h, la Torah dit : “ les animaux qui ne sont pas purs ” et non “ les animaux impurs ”, afin d’éviter une formulation qui ne serait pas positive. (4) Celui du déluge. (5) Il faut alors être le plus précis possible, même si l’on doit, pour cela, écarter la formulation positive. (6) Il s’agit de la lettre n°2538.

Lettre n°2550

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2550, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

24 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous auriez dû, tout d’abord, réunir les ‘Hassidim les plus âgés, qui sont concernés par ce qui arrive et leur dire à quel point je suis surpris de voir un ‘Hassid se maintenir dans une telle manière de servir Dieu, basée sur l’amertume. Or, une telle façon d’agir est totalement exclue. Il est inutile de le préciser, tant cela est clair, même pour ceux qui sont étrangers à la ‘Hassidout.

En effet, le verset dit : “ Servez Dieu dans la joie ”. Bien plus, quiconque appartient à la communauté des ‘Hassidim sait à quel point le Baal Chem Tov insiste pour que le service de Dieu soit joyeux. Combien plus en est-il ainsi pour ceux qui ont observé les miracles de Dieu et ont été libérés du pays dans lequel ils se trouvaient auparavant(1).

Il est un dicton(2) bien connu du Razah(3), qui dit : “ Un Lituanien ne croit pas tant qu’il n’a pas lui-même compté ”. Néanmoins, compter plusieurs fois et, malgré cela, ne pas croire constitue un terrible voile.

Que Dieu accorde la réussite à ce ‘Hassid et qu’il serve Dieu avec joie. Ainsi, il pourra annoncer des nouvelles réjouissantes.

Dans l’attente de bonnes nouvelles, je conclus en vous adressant ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse.

Notes

(1) En Russie. (2) Voir, la lettre n°2515. (3) Rabbi Chnéor Zalman Aharon, frère du Rabbi Rachab.

Lettre n°2551

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2551, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

Je te salue et te bénis,

J’ai bien reçu ta lettre du 24 Adar Cheni et je dois commencer ma réponse en te disant que j’ai été choqué par le contenu de ta lettre, après l’avoir été par ce qui s’est passé, de façon générale(1).

Il est sûrement inutile de te répéter ce qui est bien évident et a déjà été expliqué plusieurs fois, pendant les réunions ‘hassidiques. Dieu n’a rien créé d’inutile, dans le monde. On doit donc se servir de ses capacités de la manière définie par la Guemara, à la fin du traité Kidouchin : “ Je n’ai été créé que pour le service de mon Créateur ”(2).

Or, tu as la capacité d’exercer une influence positive sur ton entourage et de guider tes amis(3). J’étais donc convaincu que tu agissais effectivement en ce sens, conformément à l’explication de nos Sages qui vient d’être rappelée, que tu rapprochais tes amis du service de Dieu.

Puis, l’on s’est plaint des conseils que tu as donnés, on a dit que tu adoptais la position inverse de celle qui vient d’être décrite. D’après ce que tu m’écris, je constate que cela a bien été le cas. J’en ai été choqué, comme je le disais plus haut.

Il est dit que “ il n’est pas d’homme sur la terre, qui soit juste et ne commette pas de faute ”. J’en ai déduit, qu’il y avait là un échec, comme tu le dis toi-même dans ta lettre et que tu en tirerais les conséquences. Pour se libérer d’une situation malencontreuse ou d’un échec, il ne suffit pas de l’oublier et de ne plus y penser. Car, ce qui s’est passé a une conséquence. Il en résulte une punition. Tu dois donc avoir la force de dire : “ Puisque je suis coupable, je mérite cette punition ”.

Même si tu penses que la punition est disproportionnée par rapport à la faute, tu dois, au moins, reconnaître qu’étant personnellement en cause, tu ne peux pas avoir un avis objectif. Tu cherches donc à minimiser l’acte qui a été commis.

De plus, même si, après s’être dit tout cela, la punition reste sévère, il faut aussi tenir compte de l’âge de celui qui a commis la faute(4) et, bien plus, du fait qu’il évolue au sein d’un groupe dont il est considéré comme le dirigeant, donnant des conseils aux autres. Une telle personne doit être plus exigeante envers elle-même, ne pas attendre un traitement de faveur par rapport à ses amis.

Ta lettre indique que tu considères la punition comme une atteinte délibérée à ton honneur et à ta personne. Tu souhaites donc réagir en quittant la Yechiva.

En troisième lieu, vient ce qui m’étonne et me choque le plus. J’étais certain que toi et les autres élèves, considériez la Yechiva comme on doit la voir, c’est-à-dire non pas comme une institution dans laquelle on est “ invité ”, on poursuit des études pendant quelques temps, puis l’on dit au revoir au “ maître de maison ” et l’on s’en va.

Je pensais que l’on comprendrait tout cela. Une Yechiva n’est pas uniquement bâtie sur des enseignants et des guides spirituels, mais aussi sur des jeunes gens, des élèves. Ceux-ci doivent la percevoir comme un édifice moral, dont chacun supporte une partie. Il ne s’agit pas d’une activité accessoire. On ne peut pas considérer que, pendant son temps libre, on est libéré de tout engagement envers la Yechiva. Bien au contraire, on doit se consacrer pleinement à elle, être convaincu qu’elle est son propre bien, que l’on bâtit, à travers elle, son propre édifice.

Bien évidemment, si tous avaient une telle optique, il ne viendrait à l’idée de personne de ruser avec la Yechiva et ses dirigeants, en la quittant.

Une image illustrera tout cela, lorsqu’un homme cogne son pied gauche contre son pied droit, il ne cherchera pas à punir le pied droit, mais bien à prendre toute mesure pour que cela ne se reproduise plus.

Bien évidemment, je ne t’écris pas tout cela pour te faire de la morale, mais pour t’exprimer ma consternation et mon espoir que les forces qui ont été investies en toi et les capacités que Dieu t’a accordées permettront que le mauvais penchant ne puisse te vaincre et te convaincre d’abandonner la Yechiva dans laquelle tu as la possibilité d’étudier la partie révélée de la Torah et la ‘Hassidout, avec crainte de Dieu.

Dieu fasse que tu sois un exemple pour tes amis.

Avec ma bénédiction pour une crainte de Dieu pure,

Notes

(1) Voir, sur le contenu de cette lettre, la lettre n°2574. (2) Voir également la lettre n°2547. (3) Cette lettre est adressée à un élève de la Yechiva. (4) Vraisemblablement l’un des plus grands élèves de la Yechiva.

Lettre n°2552

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2552, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre de la veille du Chabbat Chemini. Vous parlez de votre mémoire et, en la matière, il est inutile de s’entêter, c’est-à-dire de lui imposer une intense activité. Il faut, bien au contraire, la soulager.

Vous devez étudier des textes qui vous attirent, de sorte que le plaisir vienne relayer la mémoire qui, au final, se raffermira, d’autant que cette situation est sûrement d’origine nerveuse.

Il est sans doute inutile de vous rappeler la nécessité, expliquée par différents textes, de préserver sa santé physique et donc de se conformer aux prescriptions du médecin.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

N. B. : J’aimerais savoir de quelle manière se sont passés ces jours de Pourim.

Lettre n°2553

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2553, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Nathan Mena’hem(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 12 Adar Cheni et la carte postale qui l’accompagnait.

Vous rapportez, dans votre lettre, une discussion à propos du jeûne des premiers-nés, à la veille de Pessa’h(2). Sans aborder la question proprement dite, vous comprenez qu’une Haggadah éditée pour le plus grand nombre, surtout aux Etats Unis, sera considérée comme exprimant la Hala’ha tranchée et la décision en dernière instance, qui ne peut être remise en cause.

Vous savez qu’au final, l’acte est essentiel et c’est la raison pour laquelle j’ai souligné ce point. Il s’agit, à mon sens, d’une inexactitude qui doit être rectifiée.

A ce propos, vous citez ce que l’on dit, au nom du Rabbi de Ziditchov, concernant une autre version du traité Sofrim. Ceci a été totalement infirmé dans le recueil Divreï Torah, tome 5, chapitre 15, du Rabbi de Munkatch, auteur du Min’hat Eléazar, lequel confirme, en outre, sa position dans le Nimoukeï Ora’h ‘Haïm, au chapitre 470. Ils se trouvaient à proximité l’un de l’autre et avaient même une proximité familiale. Cet avis doit donc être pris en compte.

Vous évoquez, dans votre lettre, les propos de Torah qui se trouvent dans le Yalkout Nathan et le Léka’h Tov, parties de votre livre. De façon générale, il faut, à l’heure actuelle, encourager tout ce qui peut insuffler la crainte de Dieu, renforcer les Mitsvot, permettre de mieux les accomplir. En effet, ‘Hababouk les(3) résuma en un principe, celui de la foi(4).

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) Le Rav N.M. Mandel. Voir, à son sujet, la lettre n°2488. (2) Voir la lettre n°2488. (3) Les Préceptes de la Torah. (4) Qu’il convient donc de renforcer.

Lettre n°2554

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2554, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

25 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre demande de bénédiction pour votre mère. Lorsque je me trouverai, en un moment propice, près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, je mentionnerai son nom, afin qu’elle obtienne la satisfaction de ses besoins.

Vous devez lui écrire qu’elle doit raffermir sa confiance en Dieu, Qui fait des merveilles, Qui est l’Essence de la bonté et du bien. Il satisfera donc tous ses besoins, de même que ceux des membres de sa famille. Elle n’a rien à craindre. Néanmoins, elle fera vérifier les Mezouzot de sa maison et les Tefillin que l’on porte. Le cas échéant, elle remplacera celles qui doivent l’être par d’autres, cachères.

Nos Sages disent qu’un homme peut conférer un mérite à son père et il en est donc de même pour sa mère. Pour votre part, vous redoublerez d’ardeur à l’étude de la partie révélée de la Torah et de la ‘Hassidout, avec abnégation et en faisant abstraction de votre propre volonté. La Torah est notre vie et en l’étudiant, surtout quand on le fait de manière pure, on reçoit la bénédiction et la réussite en tout ce dont on a besoin, de même que les membres de sa famille. Et, “ rien ne résiste à la volonté ”.

Avec ma bénédiction pour étudier la Torah avec crainte de Dieu,

Pour le Rabbi Chlita,

Lettre n°2555

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2555, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai été satisfait d’avoir de vos bonnes nouvelles et d’apprendre qu’à partir d’aujourd’hui, vous portez une perruque. Que Dieu vous bénisse en tenant Sa promesse, comme le dit le Zohar, tome 3, page 126a et en vous accordant “ les bénédictions célestes et les bénédictions terrestres, en ayant des enfants et des petits-enfants ”.

Bien plus, nous nous trouvons dans la période qui sépare Pourim de Pessa’h, fêtes qui furent obtenues par l’action des femmes, pour elles-mêmes et pour tous les Juifs, en général. Alors, des miracles se produisirent dans le monde. Ces jours sont donc particulièrement propices pour connaître la réussite, en ces domaines.

Je vous adresse ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse. A l’avenir, vous avancerez, l’un et l’autre, sur la voie de la Torah et des Mitsvot, accomplies de la meilleure façon et, très prochainement, vous pourrez m’annoncer une bonne nouvelle, me dire que le souhait de votre cœur a été exaucé et que vous attendez un enfant.

Avec ma bénédiction,

Lettre n°2556

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2556, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

26 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je fais réponse à votre lettre, dans laquelle vous me parlez de votre état de santé et, en particulier, de votre œil. Vous continuerez à vous conformer aux instructions des médecins et Dieu vous accordera la guérison.

Il est sûrement inutile de vous rappeler qu’un respect scrupuleux du Kiddouch et de la Havdala renforcent, en particulier, la clarté des yeux(1). De même, il faut intensifier l’étude de la ‘Hassidout, pendant le Chabbat.

De manière plaisante, on peut rappeler l’affirmation de nos Sages, selon laquelle “ un pas orgueilleux retire…(2) ”. Pour faire disparaître et transformer cet orgueil, il faut se tremper dans l’eau de la ‘Hassidout, car Tevila, l’immersion, est l’anagramme de Bitoul, la soumission(3).

Comme vous me l’avez demandé, je mentionnerai le nom de votre épouse et de vos enfants, lorsque je me trouverai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, afin d’obtenir la satisfaction de tous vos besoins.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) Le Rabbi explique, par ailleurs, que le Kiddouch et la Havdala doivent être faits précisément avec du vin. (2) La clarté des yeux. (3) Le contraire de l’orgueil.

Lettre n°2557

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2557, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

27 Adar Cheni 5714,

Brooklyn,

A la synagogue, de rite Ari Zal, de Detroit,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai eu de vos nouvelles, avec plaisir, par votre secrétaire, le Rav Eliezer Ben Moché. Dieu fasse que vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles, me dire que le nombre de personnes priant dans votre synagogue augmente, que beaucoup participent aux cours publics. Tels sont les piliers sur lesquels une synagogue repose.

Il doit être érigé en principe que tous ceux qui prient et étudient rentrent chez eux en ayant reçu de quoi réchauffer leur foyer, grâce aux valeurs juives, à l’enthousiasme et à la luminosité de “ la bougie (qui) est une Mitsva et la Torah (qui) est une lumière ”, de même que par le luminaire de la Torah.

Tout ce qui vit se développe et, de temps à autre, il doit en être de même pour ce qui vient d’être dit. Combien plus doit-il en être ainsi pour une synagogue portant le saint nom du Ari Zal, dont le mérite nous protégera et protégera tout Israël. En pareil cas, une obligation et un mérite particuliers lui incombent. Elle doit avoir une influence positive sur tous ceux qui y prient et sur tout l’entourage. Or, tel est bien le nom de votre synagogue et “ rien ne résiste à la volonté ”.

Avec ma bénédiction de Pessa’h cacher et joyeux pour tous ceux qui prient et étudient dans votre synagogue, de même que pour les membres de leur famille,

Lettre n°2558

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2558, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Nissan 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Vous me dites que vous n’êtes pas satisfait, que vous ne voyez pas la possibilité de grands accomplissements en Terre Sainte, ni à l’heure actuelle, ni à l’avenir. La question de votre déménagement se pose donc encore(1).

A mon avis, vous devez, bien au contraire, considérer la situation en Terre Sainte dans l’optique de l’activité de ‘Habad et surtout après l’entretien que vous avez eu avec monsieur Chazar(2). Vous pourrez vérifier que de larges perspectives sont envisageables. Comme d’habitude, lorsque Midyan et Moav se disputent, les enfants d’Israël doivent en profiter pour renforcer leur situation. D’une manière plus fine, il en est de même au sein même du peuple juif. Il faut donc être à l’écoute et saisir chaque opportunité, de manière agréable et pacifique

Bien entendu, ceci s’applique au domaine de l’éducation, aux activités communautaires. Depuis le décès de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, je constate qu’une telle activité multiplie la bénédiction et la réussite, matérielles et spirituelles, pour tous ceux qui l’assument et pour les membres de leur famille.

Ce qui vient d’être dit resterait valable si une brillante proposition vous était faite dans un autre pays. Combien plus en est-il ainsi à l’heure actuelle et dans le proche avenir, alors que, de manière naturelle, de telles occasions se présentent de moins en moins.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, en bonne santé et avec largesse d’esprit, de sorte que vous subveniez à vos besoins et à ceux de votre famille, que vous célébriez la fête des Matsot, de façon cachère et avec une joie véritable, dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Voir, sur le contenu de cette lettre, la lettre n°2575. (2) Voir, à son propos, la lettre n°2343.

Lettre n°2559

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2559, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Nissan 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chnéor Zalman Halevi(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous m’écrivez que vous vous êtes installé dans un nouvel appartement. Puisse Dieu faire qu’en changeant de lieu, vous changiez également de Mazal, pour le bien et pour la bénédiction.

Le Mazal d’Israël est appelé Aïn, le néant(2), ainsi qu’il est dit : “ Il n’est pas (Aïn) de Mazal pour Israël ”.

De cet appartement, vous diffuserez la lumière et la vitalité ‘hassidiques dans votre entourage physique et dans votre entourage moral. Le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ” et Il insufflera donc à votre foyer, la lumière, la chaleur, la vitalité matérielles et spirituelles. Et, vous concevrez, avant tout, une satisfaction ‘hassidique de tous vos enfants et petits-enfants.

Avec ma bénédiction pour une fête de Pessa’h cachère et joyeuse,

Notes

(1) Le Rav C.Z. Duchman. Voir, à son propos, la lettre n°2285. (2) La soumission à Dieu permet aux Juifs de ne pas être soumis aux influences astrales.

Lettre n°2560

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2560, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Nissan 5714,

Brooklyn,

Aux dirigeants de l’association ‘Habad en

Terre Sainte, que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 19 Adar Cheni et la demande de bénédiction qui y était jointe.

Vous parlez du successeur du Rav Merari et vous me dites que ce rôle a été confié à telle personne. Je veux croire que, pour autant, l’association ‘Habad n’a nullement dégagé sa responsabilité. Néanmoins, toute activité doit avoir un responsable et c’est pour cela que cette personne a été désignée. Mais, il est clair que vous devez tous assumer votre mission, tout faire pour que l’on obtienne un résultat concret.

Bien évidemment, mon but n’est nullement de déconsidérer celui que vous avez choisi pour assumer ce rôle, mais uniquement de souligner la responsabilité de tous. Il est dit, en effet, que “ la réponse est obtenue en multipliant les conseillers ”.

Il en sera de même, à l’avenir, pour tout ce qui vous concerne. Lorsqu’un projet est confié à une ou à plusieurs personnes, celles-ci doivent iniquement obtenir le résultat concret et la responsabilité de l’association ‘Habad n’est donc nullement diminuée.

Vous me proposez le renvoi d’une personne et vous ne me précisez pas pourquoi vous souhaitez, tout à coup, retirer ses fonctions à quelqu’un qui les assume depuis de nombreuses années. S’il assume moins bien son rôle et s’en désintéresse, il faut le rappeler à l’ordre, l’avertir une seconde fois, puis une troisième, mais non pas le renvoyer d’emblée.

Vous me dites que, selon vous, l’association ‘Habad doit recevoir d’autres missions, en plus de celles que je lui précisais dans ma lettre(1). Il est bien clair qu’il n’était nul besoin de vous préciser que cette association doit avoir connaissance de tout ce qui se passe dans les synagogues ‘Habad de Terre Sainte, de tout ce qui concerne les Rabbanim et les Cho’hatim. Ma lettre avait uniquement pour but de lever les ambiguïtés(2).

Puisque l’on évoque la question des synagogues, il serait bon de faire une évaluation de la situation actuelle, de savoir où se trouvent les synagogues, les Rabbanim et les Cho’hatim ‘Habad, afin de vérifier que leur nombre ne diminue pas, bien au contraire.

Il en est de même pour les nouvelles implantations, où se trouvent des responsables communautaires, qui sont des ‘Hassidim Habad. Par leur intermédiaire, il faut trouver du travail pour des ‘Hassidim ou leurs descendants, en particulier dans des domaines qui leur permettront d’exercer une influence morale.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

N. B. : Vous voudrez bien diffuser ma proposition, celle d’apprendre, pendant ces jours de Pessa’h, les discours ‘hassidiques de Pessa’h 5704(3) qui viennent d’être imprimés de même que ceux qui étaient parus, il y a quelques temps, dans le fascicule n°91.

Je vous joins également ma proposition de répartition des fonds destinés au financement du mariage des couples nécessiteux.

Notes

(1) Il s’agit de la lettre n°1183. (2) Mais non de rappeler les évidences. (3) 1944, du précédent Rabbi.

Lettre n°2561

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2561, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Nissan 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Certains se plaignent du fait que vous ne préservez pas votre santé. Vous avancez le fait que vous devez travailler pour la Yechiva. Mais, vous savez que tous ces arguments sont sans valeur face au Choul’han Arou’h. Ils ne sont d’aucun effet devant la décision du Baal Chem Tov, du Maguid(1), de l’Admour Hazaken et de leurs successeurs.

Tous, en effet, ont souligné à quel point il est nécessaire de préserver sa santé physique, comme l’explique, de manière relativement brève, le discours ‘hassidique du 10 Chevat 5713(2). Il y a là une demande de nos maîtres. Il est donc certain qu’il ne peut rien en résulter de mal pour les Mitsvot, en général et pour la Yechiva, en particulier. Bien au contraire, il est dit qu’une Mitsva en attire une autre et la Yechiva en sera donc renforcée. Il est inutile d’en dire plus.

Avec ma bénédiction de bonne santé, pour vous et pour tous les membres de votre famille, de Pessa’h cacher et joyeux, dans l’attente de vos bonnes nouvelles pour tout ce qui vient d’être dit,

Notes

(1) De Mézéritch. (2) 1953, prononcé par le Rabbi à l’occasion de la Hilloula du précédent Rabbi.

Lettre n°2562

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2562, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

1er Nissan 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Chlomo ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 24 Adar Cheni, de même que celle qui la précédait J’ai été satisfait de ce que vous m’écrivez à propos de la réunion ‘hassidique du 10 Chevat(2). Votre lettre indique que des jeunes gens d’autres Yechivot y ont également pris part.

Quiconque observe les actions de celui dont on a célébré la Hilloula, tout au long de son existence ici-bas, s’apercevra à quel point il désirait diffuser les sources de la ‘Hassidout à l’extérieur, faire entrer à l’intérieur ceux qui se trouvent à l’extérieur.

Pour différentes raisons, c’est actuellement un moment particulièrement propice pour cela, surtout en Terre Sainte. On peut, en particulier, le comprendre d’après ce qui a été dit ici, lors d’une réunion ‘hassidique. Il est expliqué, en effet, que tous les fleuves se jettent dans la mer. De même, les écoles de tous les disciples et des disciples de disciples du Baal Chem Tov et du Maguid(3) aboutissent vers la mer globale de la connaissance, de la perception de Dieu, qui est inconcevable sans la ‘Hassidout ‘Habad.

Vous faites allusion à des élèves particuliers qui, s’ils restent à la Yechiva, pourraient avoir une influence peu souhaitable sur les autres et, s’ils la quittent, risqueraient eux-mêmes de connaître la chute.

Il est difficile d’entrer dans les détails, car chacun doit être envisagé de manière indépendante et replacé dans son contexte familial. Mais, le principe général est le suivant. Le dégât causé au grand nombre ne peut être supporté sous prétexte de rechercher le bien d’un individu. Combien plus en est-il ainsi dans une école, puisque le but de l’éducation est d’inspirer la crainte de Dieu. Les parents et les enfants confient leur sort à la direction de la Yechiva, en particulier pour ce qui concerne la crainte de Dieu. La responsabilité(4) est d’autant plus grande.

Concernant l’élève que vous citez, peut-être serait-il bon d’essayer de le convaincre en renforçant sa personnalité. Les ‘Hassidim racontent, en effet, qu’on disait d’un élève de l’Admour Hazaken qu’il avait du mal à commettre une faute, du fait de son orgueil. Celui, en effet, se tenait le raisonnement suivant : “ Comment moi qui suis l’un des grands disciples d’un aussi grand Rabbi, pourrais-je me laisser convaincre par le mauvais penchant ? Je risquerais ainsi de perdre mon rang au sein du peuple juif et surtout parmi les ‘Hassidim ! ”

J’ai adressé aux élèves une lettre à propos de la nécessité de préserver sa santé. Il serait bon de l’évoquer et de la commenter, au cours de l’une des réunions ‘hassidiques. En effet, il semble que certains élèves adoptent encore une attitude rigoriste(5), qui aboutit à un écart(6). Il faut leur expliquer qu’il y a là un stratagème du mauvais penchant. Celui-ci satisfait leur besoin de crainte de Dieu par des souffrances physiques, alors que, par ailleurs, on engraisse ce mauvais penchant en écartant les souffrances morales que sont la limitation de ce que l’on dit, de ce que l’on regarde, de son ardeur à l’étude.

Notes

(1) Le Rav C.H. Kasselman, de Terre Sainte. Voir, à son sujet, la lettre n°2258. (2) A l’occasion de la Hilloula du précédent Rabbi. (3) De Mézéritch. (4) De la direction de la Yechiva envers les parents et les élèves. (5) S’imposent des jeûnes et des mortifications. (6) Puisque, de la sorte, on perd la force physique nécessaire au service de Dieu.

Lettre n°2563

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2563, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

2 Nissan 5714,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Ephraïm Eliézer Hacohen(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre de la veille du 26 Adar Cheni et j’ai été satisfait de recevoir votre carte postale de la veille du Chabbat de la Paracha(2) du mois de la délivrance, des miracles et de la joie, pour reprendre l’expression de Rachi, commentant le traité Taanit 29a.

A l’occasion de la fête des Matsot, qui approche, je vous souhaite, de même qu’aux membres de votre famille, de la célébrer de manière cachère et joyeuse. Différents textes expliquent que les fêtes exercent leur influence sur les jours qui les suivent, jusqu’à la fête suivante. Le Likouteï Torah, de l’Admour Hazaken, l’explique également, à la Parchat Bera’ha, page 98b. Et, vous ressentirez qu’il en est bien ainsi, dans votre maison et dans votre entourage, tout au long de l’année.

Le Likouteï Torah, à

cette référence, évoque la soumission qui se retrouve en toutes les fêtes et que l’on doit donc révéler uniquement jusqu’à la fête suivante. Mais, une fête a également un contenu spécifique, qui est conservé toute l’année.

C’est, en particulier, le cas pour Pessa’h, conformément au dicton de mon beau-père, le Rabbi, prononcé à Pessa’h 5703(3), selon lequel un reflet des fêtes éclaire chaque jour. Celui de Pessa’h se poursuit en permanence(4).

Avec mes respects et ma bénédiction, à l’occasion de la fête,

Notes

(1) Le Rav E.E. Yalles. Voir, à son sujet, la lettre n°2331. (2) Parchat Ha’hodech. (3) 1943. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°2570.

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