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Iguerot Kodesh — lettres 2383 à 2402

Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français. Texte intégral. Sommaire du corpus.

Lettre n°2383

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2383, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Chevat 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre dans laquelle vous évoquez votre état de santé. Vous auriez dû consulter votre guide spirituel(1), qui vous aurait aidé à organiser vos études(2) sans qu’elles ne contreviennent à votre santé.

Vous connaissez la décision de notre sainte Torah, rapportée par le Rambam, lois des opinions, début du chapitre 4, selon laquelle “ avoir un corps en bonne santé est partie intégrante du service de Dieu ”. Et sans doute avez-vous également entendu le dicton de l’Admour Hazaken, rapporté par le Hayom Yom, à la date de la veille de Roch Hachana : “ On n’a pas idée de la valeur d’un corps juif ”.

Il faut donc se conformer aux prescriptions des médecins, manger, boire et se reposer de la manière qui convient, afin de maintenir votre santé physique. De la sorte, Dieu vous donnera la réussite également pour prier avec ferveur et étudier la Torah avec la crainte de Dieu qui convient.

Je vous joins un discours ‘hassidique dans lequel vous verrez qu’il est nécessaire d’affaiblir le corps uniquement quand celui-ci se trouve sous l’emprise de l’âme animale. En revanche, il n’est pas question de mettre en péril sa santé, laquelle émane de l’âme divine.

J’ai bien reçu votre demande de bénédiction afin d’accéder à la crainte de Dieu.

Avec ma bénédiction de réussite dans l’étude de la Torah, dans la prière fervente et emplie de crainte de Dieu, en étant en bonne santé,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2394. (2) Cette lettre est vraisemblablement adressée à un élève de la Yechiva.

Lettre n°2384

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2384, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

3 Chevat 5714,

Brooklyn,

Au ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

issu d’une illustre famille, ayant de bons comportements,

le Rav Yossef Berdugo,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai appris, avec plaisir, par le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav Mi’haël Lipsker, que vous assumez toujours votre fonction et que vous continuez à diriger la ville de Meknes comme vous le faisiez auparavant.

Nos Sages disent que chaque nomination est voulue par Dieu, en particulier celle du dirigeant d’une sainte communauté, dont les préoccupations matérielles sont également sacrées. Et combien plus le sont celles qui ont un caractère spirituel.

A n’en pas douter, vous vous servirez de vos grandes capacités et de votre influence pour renforcer et diffuser les bases du Judaïsme, de la Torah et des Mitsvot, dans l’esprit de la Tradition d’Israël, au sein de toute la communauté.

Perpétuant son passé lumineux, la sainte communauté de votre ville restera, à l’avenir, un modèle de Judaïsme, un centre de Torah empli de crainte de Dieu pour tout le Maroc.

Avec ma bénédiction de réussite dans vos préoccupations communautaires et personnelles, pour vous-même et pour tous les membres de votre famille,

Lettre n°2385

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2385, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Chevat 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

On m’a parlé de votre état de santé et des conséquences de l’opération que vous avez subie à l’œil, Dieu merci, avec succès(1). Puisse Dieu faire que vous alliez de mieux en mieux, que vous redoubliez d’ardeur à la Torah et au service de Dieu. En effet, “ avoir un corps intègre et en bonne santé fait partie des voies de Dieu ”(2).

Vous avez sans doute connaissance du dicton du Baal Chem Tov selon lequel tout événement qui survient à l’homme, tout ce qu’il voit et entend, recèle un enseignement sur la manière dont il doit servir le Créateur. Combien plus est-ce le cas quand il s’agit d’un événement fondamental, ce qui est bien le cas, en l’occurrence, puisque l’acuité visuelle est l’une des fonctions les plus essentielles du corps humain.

La Hala’ha, dans la partie révélée de la Torah, en retient le principe également. C’est pour cela que, selon un avis, seul celui qui voit est tenu à l’accomplissement de toutes les Mitsvot, dès lors qu’en pareil cas, il possède pleinement la vie. Vous savez également que les Sages, pour désigner la vision, parlent du “ luminaire des yeux de l’homme ”. Or, chaque expression qu’ils emploient est particulièrement précise. En effet, chaque mot de notre sainte Torah doit avoir été donné à Moché sur le mont Sinaï, comme l’affirme le Rambam, dans ses lois de la Techouva, chapitre 3, paragraphe 8.

Il est dit : “ voici la Torah de l’homme ”(3). Dieu consulta la Torah pour créer le grand monde et Il en fit de même pour l’homme, que nos Sages qualifient aussi de “ petit monde ”, dans le Midrach Tan’houma, au début de la Parchat Pekoudeï, le Tikouneï Zohar, Tikoun 69, page 100b et d’autres textes encore.

Tout comme il est “ un luminaire des yeux de l’homme ”, il est aussi un “ luminaire de la Torah ”. Selon l’expression du début du Midrach E’ha Rabba, “ le luminaire qu’elle contient ramène vers le bien ”. Il correspond à sa partie cachée, sa dimension ésotérique, permettant d’accéder à l’amour et la crainte de Dieu. Nos Sages l’expliquent au traité Chabbat 31a et l’Admour Hazaken le dit également, dans son Likouteï Torah, à la fin de la Parchat Vaykra.

En ces dernières générations, la partie profonde de la Torah s’est révélée à travers la ‘Hassidout, que chacun peut comprendre aisément, comme l’explique mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, dans son Kountrass Limoud Ha ‘Hassidout.

Mon but n’est pas de faire des discours, mais bien de vous inviter à l’action concrète. Vous devez prendre la ferme résolution de vous fixer, désormais, une étude de la ‘Hassidout. Cette décision hâtera la guérison de vos yeux, de sorte que vous pourrez la mettre en pratique(4) au plus vite.

Avec ma bénédiction de prompte guérison,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2137. (2) Selon les termes du Rambam. (3) Tout ce qui existe dans la Torah se reflète dans l’homme. (4) La décision, après avoir recouvré la vision.

Lettre n°2386

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2386, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Chevat 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav C.Z.(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai bien reçu vos lettres de la veille du Chabbat Vaye’hi, des 7, 16, 19, 23, 25 et 26 Tévet, avec ce qui y était joint.

B) Le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, Rav H.M. A. Hadakov(2), a sûrement évoqué, en son temps, avec vous la visite ici d’une classe de jeunes gens et de jeunes filles, venue d’une école rattachée à la maison d’étude de Chicago. Ceux-ci ont dit qu’ils passeraient quelques jours dans votre ville. Il serait particulièrement judicieux que vous les rencontriez, de la manière qui convient le mieux.

Ainsi, vous pourrez raffermir en eux la conscience que les enseignements et les pratiques de la ‘Hassidout sont, à notre époque, une nécessité absolue. En effet, la Torah et les Mitsvot doivent être mises en pratique avec chaleur et enthousiasme. De plus, on doit mettre en pratique, dans son service de Dieu, le fait que l’amour du prochain, l’amour de la Torah et l’amour du Saint béni soit-Il ne forment qu’une seule et même entité. De fait, je suis surpris que vous n’en parliez pas.

Ceci me conduit à un autre point, dans le même ordre d’idées. Vous avez rencontré certaines personnes qui, selon votre conseil, m’ont télégraphié. Il faut également saisir cette occasion pour les rapprocher de la ‘Hassidout. Le Baal Chem Tov enseigne, en effet, que tout ce que l’on voit ou entend délivre un enseignement pour le service de Dieu(3). De même, on doit, chaque fois que c’est possible, diffuser les sources(4), y compris quand on se trouve à l’extérieur. Il est sûrement inutile d’en dire plus.

C) J’ai été satisfait de prendre connaissance de ce que vous me dites à propos de l’inauguration de la synagogue du Rav D.M. Libermann(5), à laquelle vous avez participé.

Puisse Dieu faire que la collaboration entre les ‘Hassidim de Chicago se poursuive, à l’avenir et qu’il en soit de même pour les ‘Hassidim se trouvant dans d’autres endroits, que le Nom de Dieu soit sanctifié par nous et par eux.

Je vous joins une copie du discours ‘hassidique qui a été prononcé, l’an dernier, au jour de la Hilloula(6). Celui-ci vient de paraître et vous adopterez sûrement une attitude généreuse en le mettant à la disposition du plus grand nombre.

Avec ma bénédiction de réussite en tout ce qui vient d’être dit,

Notes

(1) Le Rav Chnéor Zalman Hecht, de Chicago. Voir, à son sujet, les lettres n°1910, 2516 et 2545. (2) Le Rav Haïm Morde’haï Aïzik ‘Hadakov, directeur du secrétariat du Rabbi. (3) Voir la lettre précédente. (4) De la ‘Hassidout. (5) Le Rav David Moché Libermann, de Chicago. (6) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat.

Lettre n°2387

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2387, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

4 Chevat 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du 19 Tévet, dans laquelle vous me dites que vous êtes hospitalisé, sous surveillance médicale. Vous me faites part de votre état de santé, qui vous inspire des craintes.

Comme vous le savez, chacun doit placer fermement sa confiance en Dieu, Qui “ guérit toute chair et accomplit des merveilles ”. Plus cette confiance sera forte et plus votre état de santé s’améliorera. Pour autant, notre sainte Torah dit que “ guérir, il guérira ”. Elle fait ainsi du médecin l’émissaire de Celui Qui “ guérit toute chair ”, afin d’apporter la guérison à la personne qui en a besoin.

Pour raffermir sa confiance en Dieu et accroître la bénédiction qu’Il accorde, chacun doit développer sa pratique de la Torah et des Mitsvot, en fonction de sa propre situation. Bien plus, on ne peut se contenter d’agir pour sa propre personne. On doit aussi influencer ceux qui se trouvent dans son entourage. Vous y parviendrez sûrement et vous les inviterez à agir dans ces deux directions, à placer leur confiance en Dieu et à développer leur pratique de la Torah et des Mitsvot.

Le Saint béni soit-Il agit “ mesure pour mesure ”. Lorsque l’on renforce la santé, morale ou physique, de son frère juif, on reçoit soi-même de Dieu une bénédiction largement accrue. Que Dieu fasse que vous puissiez m’annoncer de bonnes nouvelles dans tous ces domaines !

Avec ma bénédiction,

Pour le Rabbi Chlita,

le secrétaire,

Lettre n°2388

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2388, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Chevat 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

Je viens de recevoir votre lettre de la veille du Chabbat Vaéra et je réponds à vos questions :

A) Jusqu’à maintenant, l’étude de la Torah a systématiquement été fixée à la journée du dimanche. Il ne vous appartient donc pas et il n’est pas l’affaire de Loubavitch d’introduire un changement, dans ce domaine, en s’identifiant ainsi à ceux qui ne sont pas pratiquants ou même aux non-Juifs.

B) Concernant “ l’étude de l’Hébreu en Hébreu ”, vous savez à quel point nos maîtres ont lutté pour qu’il n’en soit pas ainsi, malgré les “ objections ” des “ éducateurs ” qui prétendaient rechercher le bien des élèves. Et, il en est de même pour les arguments que vous exposez dans votre lettre

Il est donc judicieux et même plus aisé que les candidates à l’enseignement apprennent le Yiddish.

Je vous joins le discours ‘hassidique qui a été prononcé, au jour de la Hilloula, l’an dernier. Vous adopterez sûrement une attitude généreuse en le mettant à la disposition du plus grand nombre.

Lettre n°2389

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2389, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Chevat 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav M.L.(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai bien reçu vos lettres de la veille du Chabbat, dernier jour de ‘Hanouka, des 15, 24 et 29 Tévet, avec ce qui y était joint.

B) J’ai pris connaissance avec plaisir de ce que vous décrivez, bien que de manière concise, à propos de la réunion ‘hassidique du 19 Kislev. Il est inutile de rappeler la nécessité de préparer les élèves pour que l’un d’entre eux puisse réciter un discours ‘hassidique ou, tout au moins, une explication de ‘Hassidout, lors de telles réunions.

De même, vous constituerez une chorale, de manière organisée et tout cela encouragera les élèves(2). Plus encore, ils en tireront un esprit de compétition et ceci exercera l’effet attendu sur les participants à ces réunions, qui résident dans la ville ou dans ses parages.

Peut-être serait-il bon, à l’avenir, d’annoncer, dans les journaux locaux lus par nos frères, les enfants d’Israël, qu’une réunion ‘hassidique aura lieu à telle date. Quelques lignes préciseront pourquoi elle est organisée.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée,

Notes

(1) Le Rav Mi’haël Lipsker, de Meknes. Voir, à son sujet, la lettre n°2311. (2) De la Yechiva de Meknes.

Lettre n°2390

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2390, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Chevat 5714,

Brooklyn,

Au jeune homme, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

le Rav Israël(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu avec plaisir votre lettre de la veille du Chabbat Chemot, qui faisait suite à un long silence. Vous justifiez le fait de ne pas m’avoir écrit en expliquant que vous n’aviez rien de particulier à me dire. J’en suis d’autant plus surpris. La fin du premier tome du Zohar explique que “ chaque jour possède son contenu propre ”, qui permet de mettre en pratique la mission confiée par le Saint béni soit-Il, celle d’éclairer la part du monde que l’on se voit confiée(2).

On doit donc s’influencer soi-même dans ce sens et y diriger ceux qui se trouvent dans son entourage. Pendant les mois qui se sont écoulés sans que nous ayons correspondu, vous avez pu et dû agir en ce sens et ceci aurait fourni la matière pour de nombreuses lettres.

En tout état de cause, il est inutile de se plaindre du passé et je n’envisage ici que ce qui doit en résulter pour l’avenir. Vous compléterez donc tout cela en donnant non seulement “ de quoi satisfaire son besoin ”(3), mais aussi de manière abondante. Comme le dit la fin du Midrach Esther Rabba : “ La paix sera large, la bénédiction sera large ”.

Avant tout, Dieu vous a accordé le mérite d’avoir connaissance de la ‘Hassidout, de ses pratiques et de ses coutumes. Vous pouvez donc être le canal, apportant ces connaissances à nos frères, les enfants d’Israël qui, pour l’heure, ne comprennent que l’italien.

Vous devriez agir, dans ce domaine, avec le plus grand empressement, traduire des passages faciles des causeries et même des discours ‘hassidiques en italien, en particulier avant les fêtes, les dates particulières et le jour de la Hilloula(4). Comme je vous l’ai déjà écrit, le grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Morde’haï Ha Cohen Perlov(5) vous apportera sûrement son concours, dans ce domaine.

Vous connaissez la promesse(6) de l’Admour Hazaken selon laquelle ceux qui suivent sa voie voient leurs efforts couronnés de réussite, en tout ce qu’ils entreprennent pour la Torah et les Mitsvot. Il est inutile de vous préciser encore une fois que je prendrai en charge les dépenses courantes qui résulteront de cette activité.

J’attends de vos bonnes nouvelles, au plus vite. Et, l’on peut citer, à ce propos, l’image de l’étude de la Torah qui, lorsqu’elle est retardée, subit nécessairement un manque que l’on ne peut pas combler par la suite. En effet, chaque instant doit, par lui-même, être empli de cette étude. Il est sûrement inutile d’en dire plus.

Vous avec des difficultés à comprendre ce que dit le Rambam, dans ses lois des rois, à propos de l’autorité du roi et de l’étendue de son pouvoir. Vous ne savez pas comment accorder le principe selon lequel le roi a le droit de lever un impôt sur le peuple avec l’interdiction qui lui est faite de multiplier ce qu’il possède. Je ne vois là aucune contradiction.

Dans différents domaines, notre sainte Torah accorde le pouvoir au tribunal, que le peuple doit donc écouter. Il en est de même pour la levée d’un impôt ou d’une taxe sur le peuple. Le roi en a la compétence, sans avoir recours au tribunal pour cela. Il peut prendre cette décision seul, comme dans certains autres domaines, que le Rambam définit dans ses lois des rois ou dans d’autres textes.

Bien évidemment, cet impôt est mis à la disposition du roi, qui peut le distribuer comme il l’entend. Néanmoins, il doit le faire à la manière de n’importe quel autre Juif et il a même encore plus de responsabilité que les autres, compte tenu de sa fonction. De fait, le Rambam dit que “ son cœur est celui de tout le peuple ”. En conséquence, il doit s’acquitter fidèlement de sa tâche, répartir les fonds disponibles, en fonction des besoins du royaume, à l’armée et à ses serviteurs. Il doit aussi en conserver une partie pour lui et pour ses préoccupations personnelles, afin que rien n’en soit inutile. En effet, un seul cheval, dès lors qu’il ne sert à rien, contrevient à la Volonté de Dieu.

Il résulte de tout cela que, d’après les lois de la Torah, le roi possède effectivement les pouvoirs les plus étendus. Néanmoins, il lui est demandé d’être particulièrement humble et de ne pas multiplier ses propres biens, au delà de ce qui est nécessaire pour qu’il inspire la crainte, ce qui est pour lui une nécessité et afin de faire régner la paix dans le pays.

Vous consulterez également le Dére’h Mitsvoté’ha, du Tséma’h Tsédek, à la Mitsva de la nomination du roi, à partir de la page 108a, qui dit : “ Quelle est la signification profonde de la nomination d’un roi ? C’est le fait que, grâce à lui et par son intermédiaire, les Juifs se soumettent à Dieu ”. Vous consulterez ses propos et le long développement qu’il introduit, à ce sujet.

Je vous joins une copie du discours ‘hassidique prononcé, l’an dernier, au jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. A n’en pas douter, il vous intéressera beaucoup.

Concernant les prérogatives du roi, vous consulterez également le Torat Ha Neviim, du Maharats ‘Hayot.

Notes

(1) Le Rav I.Naé, de Milan. Voir, à son sujet, la lettre n°2615. Voir également la lettre n°2380. (2) Il y a donc bien matière à écrire. (3) Selon l’expression de la Torah, qui enjoint d’assurer au pauvre la satisfaction de ses besoins. (4) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat. (5) Voir, à son sujet, les lettres n°2380, 2614 et 2615. (6) Voir, à ce propos, la lettre n°2395.

Lettre n°2391

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2391, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Chevat 5714,

Brooklyn,

Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Hillel(1),

Je vous salue et vous bénis,

Je vous remercie pour les remarques que vous avez formulées à propos de ma lettre du 19 Kislev dernier(2).

Concernant le paragraphe qui commence par “ on sait que ”, vous dites qu’il faut citer le Zohar, à la Parchat Balak. Vous faites sans doute allusion à la page 196b. Néanmoins, rien n’oblige à dire que ce texte parle de l’âme avant qu’elle ne descende ici-bas, bien au contraire. Cela ne concerne pas ce qui est dit dans ma lettre laquelle, bien entendu, fait uniquement allusion à la période précédant la descente dans le corps.

Concernant le paragraphe qui commence par “ bien que ”, vous citez “ une source digne de foi, à ce sujet ”, le Tana Dveï Elyahou, commentant le verset “ Béni soit l’homme(3).

Vous faites sans doute allusion au Tana Dveï Elyahou Rabba, au début du dix huitième chapitre. De fait, je suis surpris que vous ne citiez pas, dans votre lettre, le chapitre, la page et la partie de chaque livre. Dans le traité Erouvin 53a, Rav Achi lui-même parle de l’oubli, à son époque. Que pouvons-nous dire après que les Sages se soient exprimés ?

Cette référence semble, néanmoins, sans rapport avec ce qui est dit dans ma lettre, laquelle fait allusion aux besoins de l’homme, comme la nourriture et la boisson ou même à ce qui est nécessaire pour le monde futur, c’est-à-dire à la pratique des Mitsvot.

Avec ma bénédiction de réussite dans vos préoccupations communautaires et personnelles, dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav H.Medalye. Voir, à son sujet, la lettre n°2329. (2) Il s’agit de la lettre n°2292. (3) Qui place sa confiance en Dieu.

Lettre n°2392

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2392, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Chevat 5714,

Brooklyn,

Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav David(1),

Je vous salue et vous bénis,

Vous connaissez mon avis. Je pense qu’à l’heure actuelle, et peut-être même en était-il déjà ainsi auparavant, on ne peut attendre que l’autre vienne demander qu’on le guide dans la pratique juive. On doit aller vers lui et mettre en éveil son désir de pratiquer le Judaïsme.

De manière plaisante, on pourrait appliquer ici l’interprétation qui est donnée du verset : “ Tu suivras Ses voies ”. Il est dit, en effet, “ Tout comme le Saint béni soit-Il…(2) ”. En effet, Dieu parvint le Premier devant le mont Sinaï. Là, Il attendit les enfants d’Israël qui, à ce moment, dormaient encore, comme le rapportent nos sages, dans le Midrach(3).

On peut vérifier à quel point cette affirmation de nos Sages est d’actualité, car “ le bien que le pauvre fait au riche est supérieur à celui que ce dernier réalise pour le premier ”. Il en est ainsi matériellement et spirituellement.

On n’a encore jamais vu qu’un commerçant reste assis, inactif, dans son magasin, attendant que quelqu’un vienne lui dire : “ Tu dois gagner ta vie. Puis-je t’aider à y parvenir ? ” Il est sûrement inutile d’en dire plus.

Je vous joins le discours ‘hassidique qui a été prononcé l’an dernier, au jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi(4), dont le mérite nous protégera. Vous adopterez sûrement une attitude généreuse en le mettant à la disposition des autres.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav D.Tenenhuiz. (2) Est miséricordieux, tu le seras également. (3) Voir le Midrach Chir Hachirim Rabba, chapitre 1, paragraphe 12 et la longue analyse du Likouteï Si’hot, tome 4, page 1024. (4) Le 10 Chevat.

Lettre n°2393

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2393, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

6 Chevat 5714,

Brooklyn, New York ,

A mon proche parent, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

possède une grande compréhension, multiplie les bonnes

actions et les connaissances scientifiques, issu d’une illustre

famille, le Rav Gad(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai beaucoup entendu parler de vous et de vos actions, en général, de votre intérêt pour la vie des ‘Hassidim en Terre Sainte et de la part que vous y prenez, en particulier. De plus, mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, m’a parlé de vous. Et, je viens de recevoir votre lettre du 10 Tévet, qui m’a fait très plaisir.

J’espère qu’il s’agit du début d’une correspondance qui sera échangée entre nous et qu’il en résultera une activité accrue pour chacun de nous. Vous connaissez le dicton(2) de l’Admour Haémtsahi selon lequel, lorsque deux Juifs entrent en contact, ils liguent deux âmes divines contre une seule âme animale.

J’ai pris un plaisir particulier à lire, à la fin de votre lettre, que vous vous préparez à éditer vos mémoires, dont une partie traitera de l’implantation juive(3) à la fin de la période turque et une autre de l’époque à laquelle vous étiez juge, au cours des trente années du mandat britannique. Vous décrivez aussi votre rencontre avec mon beau-père, le Rabbi.

Quelques jours après votre lettre, j’ai reçu également ces chapitres, y compris celui qui décrit la visite(4) de la grotte de Ma’hpéla(5). J’ai lu tout cela avec intérêt et j’ai observé avec satisfaction vos sentiments chaleureux, qui sont exprimés dans ce texte et également entre ses lignes, lorsque vous évoquez le passé, en particulier la vie à Jérusalem, le comportement des ‘Hassidim, en général, surtout pendant les fêtes et les grandes dates.

S’il est bon de diffuser de tels récits, en tout temps et en tout lieu, combien plus est-ce le cas à l’heure actuelle et en notre Terre Sainte, qui sera rebâtie et restaurée par notre juste Machia’h. Malheureusement, de nombreux jeunes remettent en cause notre passé lumineux. Certains n’en ont même pas connaissance et ils voudraient que l’histoire commence en la période contemporaine, ou bien il y a tout juste quelques années. Une telle conception conduit a des conclusions fallacieuses. Vous êtes sur place et il est donc inutile d’en dire plus.

Que Dieu fasse que, par vos mémoires et, plus généralement, par vos actions, vous puissiez implanter, en tous ceux qui constituent notre peuple, l’amour de la Tradition héritée de nos pères, de toutes les valeurs qui leur étaient sacrées et pour lesquelles ils firent don d’eux-mêmes. Ainsi, il sera clairement établi que notre Tradition et nos valeurs sont éternelles, pour tout le peuple d’Israël, qu’elles lui permettent de se perpétuer pendant tout le temps de l’exil, jusqu’à ce que nous méritions la délivrance véritable et complète.

Avec mes respects et ma bénédiction pour de longs jours et de bonnes années, emplies de bonnes actions fructueuses,

De la part de votre proche parent,

Vous ne précisez pas si je dois vous restituer le texte de vos mémoires. Je le conserverai donc, jusqu’à ce que vous m’indiquiez ce qu’il convient d’en faire.

J’aimerais savoir si vous avez connaissance de détails qui marquèrent la visite de mon beau-père, le Rabbi, dans la grotte de Ma’hpéla(5), en particulier l’endroit jusqu’où il a pu se rendre(6). Je vous en remercie d’avance.

Notes

(1) Le Rav G.Frumkin. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°654, 986 et 1767. (3) En Terre Sainte. (4) Du précédent Rabbi, en 1929. (5) Le tombeau des Patriarches. (6) L’accès en étant, à l’époque, interdit aux Juifs.

Lettre n°2394

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2394, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

7 Chevat 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,

assume une mission divine, le Rav Chlomo ‘Haïm(1),

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai bien reçu vos deux lettres du 19 Tévet et de la veille de Roch ‘Hodech Chevat, avec ce qui y était joint. Entre temps, vous avez sûrement reçu ma lettre détaillée, adressée aux dirigeants de la Yechiva Loubavitch de Lod et l’invitation à organiser la célébration de la Hilloula du 10 Chevat, de la manière qui convient.

D’après les nouvelles qui me sont parvenues ici, le rapprochement d’élèves d’autres Yechivot, grâce à la réunion ‘hassidique du 19 Kislev, a fait une très forte impression. Le passé délivre donc un enseignement pour l’avenir et précise de quelle manière il convient d’agir, même s’il en résulte une modification du discours, pendant une partie de cette réunion, afin de l’adapter à ceux qui débutent.

Je m’en remets à votre discernement.

B) J’ai déjà écrit plusieurs fois, et je répète encore ici qu’il n’y a aucune rancœur de ma part(2). Vous évoquez l’étude de l’enseignement du chef de notre génération(3), mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera.

Mon propos n’est pas d’exclure l’étude des discours ‘hassidiques prononcés par les maîtres dont il était le successeur, c’est bien évident. Néanmoins, chaque disciple doit s’attacher en fonction des conditions qui sont spécifiques à son époque. Or, cet attachement passe par l’enseignement du maître, comme l’établissent différentes lettres. Cette idée est également reprise par le Hayom Yom.

J’ai donc exprimé mon avis, selon lequel une telle étude est nécessaire. Votre lettre semble indiquer qu’il en est bien ainsi, depuis quelques temps déjà. Il n’y a donc même pas à imaginer qu’il puisse y avoir une rancœur.

C) J’ai écrit à un élève de la Yechiva et il a sûrement reçu ma lettre, en son temps(4). Vous lui apporterez les explications nécessaires et vous lui direz que l’on doit tout faire pour préserver sa santé physique(5), comme le dit le Rambam, dans ses lois des opinions.

En effet, quand on ne la possède pas, on est troublé dans son service de Dieu, comme la pratique courante en témoigne, dans ce domaine précis. Si ses impératifs de santé le conduisent à organiser son étude ou sa prière de manière différente par rapport à son habitude, il pourrait le considérer comme un écart par rapport à la Torah, ce qu’à Dieu ne plaise. Vous trouverez donc les mots pour lui dire tout cela. Bien plus, un dicton(6) du Rabbi Rachab précise que le mauvais penchant peut parfois revêtir une redingote de soie(7).

D) Vous devez déduire de tout cela une règle de conduite également envers les autres élèves. A l’époque actuelle, il est important que ceux-ci soient en bonne santé. A cette génération, s’applique, d’une manière largement accrue, ce que dit l’Admour Hazaken, au troisième chapitre d’Igueret Hatechouva : “ Tout ceci concerne seulement un homme fort et en bonne santé, en revanche…(8). ”

Il en est de même, d’une certaine façon, pour les jeûnes et les mortifications, y compris ceux qui sont mentionnés au chapitre 27 du Tanya : “ Celui qui retarde l’heure de son repas ”. Bien plus, notre maître nous a déjà indiqué le comportement que nous devons adopter à notre époque, comme le dit le Rabbi Maharach, selon le Séfer Hatoldot qui lui est consacré, à la page 72.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, en saluant vos proches et vos élèves et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) Le Rav C.H. Kasselman, de Kfar ‘Habad. Voir, à son sujet, la lettre n°2258. (2) Parce que le Rabbi ne serait pas satisfait du programme d’étude de la ‘Hassidout dans les Yechivot. (3) Dans les Yechivot. Voir, à ce sujet, la lettre n°2291. (4) Il s’agit de la lettre n°2383. (5) Voir, à ce sujet, la lettre n°2346. (6) Voir, à ce sujet, la lettre n°2338. (7) Développer une argumentation qui semble issue du domaine de la Sainteté. (8) Celui qui n’est pas en bonne santé et s’impose, néanmoins, des jeûnes est considéré comme s’il commettait une faute.

Lettre n°2395

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2395, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[7 Chevat 5714]

En ces jours qui précèdent la Hilloula(1), date propice pour tous ceux qui suivent l’exemple de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, on doit se renforcer dans les pratiques et les usages qui furent les siens. On soutiendra également les institutions qu’il a fondées et dirigées. Celles-ci doivent connaître l’élévation, se développer et s’élargir.

Il ne fait pas l’ombre d’un doute que tous ceux qui agissent de la sorte auront le dessus, conformément au proverbe de l’Admour Haémtsahi, reproduit dans les résumés et notes sur le Tanya, à la page 122. En effet, le Tribunal céleste prit la décision(2) qu’en tout ce qui concerne la Torah, la crainte de Dieu et les bons comportements, ceux qui sont liés à lui(3) et imitent son exemple connaîtraient effectivement le dessus.

Que Dieu vous accorde le mérite et la réussite de pouvoir observer tout cela, de vos yeux de chair, le plus rapidement possible.

Notes

(1) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat. (2) Voir, à ce sujet, les lettres n°1958, 2296, 2321, 2362, 2378, 2390, 2399, 2405, 2467 et 2594. (3) A l’Admour Hazaken.

Lettre n°2396

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2396, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[7 Chevat 5714]

Vous m’écrivez que vous ne maîtrisez pas la situation(1). C’est la seconde fois que vous formulez une telle affirmation. Et, à la première, je vous disais déjà que, lorsque quelqu’un ne se formalise pas, on ne se formalise pas avec lui, en particulier en ce domaine(2).

On vous a dit que le mariage ne doit pas avoir lieu un dimanche, mais, si ce n’est pas le cas, il n’y a nullement lieu d’éprouver des craintes.

Que Dieu multiplie la joie pour chacun. Et vous consulterez le Rambam, à la fin des lois du Loulav(3), cité dans la lettre de mon beau-père, le Rabbi qui constitue l’avant propos du Kountrass Ha Avoda.

Notes

(1) Et, se trouve donc dans l’impossibilité de mettre en pratique ce que le Rabbi lui a dit. (2) L’énervement ne doit donc pas gâcher la joie. (3) Montrant que la joie est partie intégrante de la Mitsva.

Lettre n°2397

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2397, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Chevat 5714,

Brooklyn,

Au grand Rav, ‘Hassid et Juste d’une illustre

famille et d’une sainte ascendance,

le Rav Chalom Yé’hezkel Shraga(1) Chlita,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu votre lettre du mercredi de la Parchat Bo, dans laquelle vous posez le problème de médicaments que l’on prend pour teindre les cheveux blancs en noir ou en blond. Vous demandez si une telle pratique ne contrevient pas au Précepte selon lequel “ un homme ne portera pas un vêtement de femme ”(2).

Le temps ne me permet pas de répondre longuement à cette question et, de plus, vous établissez vous-même un parallèle avec l’absorption d’un médicament qui a pour effet de rendre stérile, selon le cas évoqué par le traité Chabbat 110b, cette pratique constituant, pour la plupart des Décisionnaires, une transgression d’un Interdit de la Torah. Les avis énoncés, à ce sujet, sont mentionnés dans le Otsar Ha Posskim sur Even Ha Ezer, chapitre 5, paragraphe 70.

Bien plus, concernant la stérilisation, le verset dit “ vous ne le ferez pas ” et nos Sages interprètent : “ Cela ne sera pas fait ”(3), selon le traité Chabbat, à la même référence ou dans le commentaire qui est donné de l’expression “ par vous ”. Vous consulterez, à

ce sujet, le Emek Cheéla, à la fin du chapitre 105. Il n’en est pas de même pour l’interdiction de porter un vêtement féminin, pour laquelle une telle interprétation n’est pas donnée et que nous ne pouvons donc pas introduire de notre propre initiative, dès lors qu’il ne s’agit pas, dans ce cas, des cheveux.

Le Meïri et d’autres commentateurs, à cette même référence du traité Chabbat, pensent que cette interprétation trouve uniquement un appui dans le verset(4). Pour autant, les Sages interdisent effectivement l’absorption d’un médicament qui rend stérile. Il en est donc de même pour ce qui fait l’objet de notre propos(5).

Aucune objection ne peut être soulevée à partir du traité Nazir 59a, selon lequel toute action qui ne touche pas directement les cheveux est permise. En effet, ce principe s’applique sous les aisselles ou à l’endroit de la nudité, ce qui se conçoit plus aisément, dès lors que ces parties du corps ne sont pas apparentes. Vous consulterez les responsa Tséma’h Tsédek, partie Yoré Déa, chapitre 93.

Ou bien peut-être faut-il envisager que la pratique faisant l’objet de notre analyse(5) soit totalement permise, dès lors que le Talmud n’émet aucune interdiction à ce sujet, pas même sur la base d’un simple appui du verset. Il ne nous appartient donc pas de prendre l’initiative de l’introduire.

Néanmoins, ce qui vient d’être dit est basé sur le commentaire que donne Rachi du traité Nazir, à cette même référence, selon lequel cette pratique est permise, dès lors que l’on ne touche

pas les cheveux. Le Roch, en revanche, justifie cette permission par le fait que, grâce aux vêtements, on ne peut parler de pratique féminine(6). Or, en l’occurrence, c’est bien de cela qu’il s’agit, puisque l’on prend un médicament rendant stérile afin de s’embellir. Il y a donc là une transgression du principe selon lequel “ un homme ne portera pas un vêtement de femme ”.

Un tel raisonnement est logique. S’il est interdit de s’observer dans un miroir, d’après le Yoré Déa, au chapitre 156, combien plus convient-il de proscrire une telle pratique. Quelques remarques peuvent encore être formulées :

1. Certains font une distinction selon que les cheveux sont noirs ou roux, comme le précisent les derniers Sages, cités par le Sdeï ‘Hémed, principes, chapitre 30, paragraphe 15.

2. Est-il interdit par la Torah ou par les Sages de teindre en noir des cheveux blancs ? Les premières responsa Choel Ou Mechiv, tome 1, disent que l’interdiction émane de nos Sages, mais la plupart des derniers Sages s’opposent à lui, sur ce point. Vous consulterez les responsa Min’hat Eléazar, tome 4 et les livres mentionnés dans les notes du Rav Barou’h sur l’abrégé du Choul’han Arou’h, au chapitre 171.

3. Les médicaments auxquels vous faites allusion sont utilisés dans le but de rendre les cheveux plus beaux. La discussion que l’on trouve à propos de l’intention qui anime celui qui adopte une telle pratique ne s’applique donc pas ici. Le Emek Cheéla, précédemment cité, envisage cette question par le détail. L’effet de ce traitement est inéluctable(7), selon les avis cités par le Sdeï ‘Hémed, à la référence précédente. Dès lors, même si le résultat n’est pas totalement certain, il n’est pas permis d’utiliser ces médicaments.

Je vous joins la copie d’un discours ‘hassidique qui vient d’être publié. Il a été dit au jour de la Hilloula(8), l’an dernier. Il vous intéressera sûrement.

Avec mes respects et en vous adressant la bénédiction due à votre rang,

Notes

(1) Le Rav C.Y. S. Rubin Halbershtam, le Rabbi de Tsechinov. (2) Interdisant à un homme d’adopter une pratique féminine, en l’occurrence celle de se teindre les cheveux. (3) Même passivement, sans l’intervention de l’homme, quand l’action est faite par quelqu’un d’autre. (4) Mais n’en est pas une déduction directe. (5) Le fait de se teindre les cheveux. (6) Dès lors qu’il s’agit de parties du corps qui restent couvertes. (7) On l’obtient nécessairement, même si on n’en a pas l’intention, ce qui doit avoir pour conséquence de l’interdire. (8) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat.

Lettre n°2398

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2398, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

8 Chevat 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav David Nathan(1),

Je vous salue et vous bénis,

J’ai reçu, en son temps, votre lettre m’annonçant une bonne nouvelle et je vous renouvelle ma bénédiction, à l’occasion de la naissance de votre petit-fils, c’est-à-dire du fils de fils de votre fils, Rav Moché Chimchon. Puissent ses parents concevoir de lui beaucoup de satisfaction ‘hassidique. Vous-même et votre épouse concevrez également d’eux et de tous vos enfants une grande satisfaction et du plaisir, pour de longs jours et de bonnes années.

Vous me demandez la référence de la réponse du Rambam(2) relative à la sainteté de l’écriture Achouri(3). Celle-ci est imprimée en différents endroits, en particulier dans l’édition du Rambam réalisée aux Etats Unis par les frères Shulsinger.

Concernant la question proprement dite de l’enseignement de l’écriture Achouri aux enfants, vous faites référence à ce que dit le Choul’han Arou’h, dans les lois de l’étude de la Torah. Néanmoins, s’il faisait référence à une telle pratique, celle-ci se serait répandue dans les communautés juives. Or, on n’a jamais entendu que ce soit le cas.

Je vous joins le discours ‘hassidique qui a été prononcé l’an dernier, au jour de la Hilloula de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera(4). Sans doute adopterez-vous une attitude généreuse en le mettant à la disposition du plus grand nombre.

Avec ma bénédiction,

Notes

(1) Le Rav D.N. Lesser. Voir, à son sujet, la lettre n°2316. (2) Voir la lettre n°2160. (3) Celle du Séfer Torah. (4) Le 10 Chevat.

Lettre n°2399

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2399, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Chevat 5714,

Brooklyn,

A l’association des femmes et jeunes filles ‘Habad

de la ville de Cleveland,

que Dieu vous accorde longue vie,

Je vous bénis et vous salue largement,

J’ai appris avec plaisir par votre lettre qu’une association des femmes et jeunes filles ‘Habad a été constituée, au début de cette semaine, à Cleveland. Que Dieu vous accorde la réussite et ce sera effectivement le cas, grâce aux accomplissements des membres et des dirigeantes. Ainsi, vous réaliserez vous-mêmes, avec les membres de votre famille, ce qui est nécessaire pour cela, d’après les enseignements de nos saints maîtres, dont le mérite nous protégera et, pour notre génération, de son chef, mon beau-père, le Rabbi, dont la Hilloula sera demain. Son mérite nous protégera.

De plus, vous élargirez votre cercle en y attirant d’autres femmes, descendantes d’Avraham, d’Its’hak et de Yaakov.

Vous connaissez l’explication de l’Admour Hazaken(1) selon laquelle la ‘Hassidout ne s’adresse pas une certaine catégorie du peuple juif, mais bien à tout Israël. Quiconque, homme ou femme, qui agit pour mettre en pratique sa volonté(2), conformément à ce que dit l’Admour Hazaken(3), reçoit l’assurance que nos maîtres lui conféreront la réussite, en cet accomplissement.

Bien évidemment, lorsque vous connaîtrez le succès dans cette réalisation spirituelle, vous recevrez également la bénédiction et la prospérité dans le domaine matériel, pour vous et vos familles. Que Dieu vous accorde ce succès.

Avec ma bénédiction pour chacune d’entre vous, avec tous les membres de la famille, en tous vos besoins matériels et spirituels,

Notes

(1) Voir, à ce sujet, la lettre n°2278. (2) De transmettre la ‘Hassidout à tous. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°2395.

Lettre n°2400

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2400, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Chevat 5714,

Brooklyn,

Je vous salue et vous bénis,

A) J’ai bien reçu votre lettre, écrite à l’issue du Chabbat Vaéra. Vous me demandez comment organiser votre service de Dieu pour vous permettre de lutter contre les ruses du mauvais penchant.

Notre grand maître, l’Admour Hazaken, nous a déjà précisé, au chapitre 29 du Tanya, de quelle manière on pouvait y parvenir : “ Il s’emportera contre lui, à voix haute et avec colère, afin de l’humilier : tu n’es qu’un débauché, contestant la réalité que l’on peut observer de ses yeux. Car, de fait, le côté du mal n’a aucune existence véritable. Néanmoins, il est là pour inciter l’homme à se renforcer contre lui et à l’abaisser, auquel cas il disparaît et est effectivement repoussé ”.

Il faut, toutefois, respecter une précaution, imposée par les Sages, qu’ils définissent dans les termes suivants : “ Celui qui flatte l’impie(1) finit par…(2) ”, ce qu’à Dieu ne plaise. C’est pour cela qu’il faut adopter le comportement précédemment défini, être fort et déterminé. Et, l’on doit en faire de même envers tout ce qui émane du mauvais penchant. Il est sûrement inutile d’en dire plus, surtout en ces jours qui précèdent la Hilloula(3).

Cette Hilloula est, en effet, un jour propice pour tous ceux qui suivent la voie de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, qui se renforcent dans ses usages et ses pratiques, maintiennent les institutions qu’il a fondées et dirigées. On doit connaître l’élévation dans le domaine de la sainteté et celles-ci doivent donc s’élargir et se développer.

Il ne fait pas l’ombre d’un doute que l’on connaîtra le succès, conformément au dicton de l’Admour Haémtsahi, reproduit dans les résumés du Tanya, à la fin de la page 122, selon lequel il a été tranché(4) par le Tribunal céleste qu’en tout ce qui concerne, la Torah, la crainte de Dieu et les bons comportements, ceux qui sont liés à lui(5) et suivent sa voie connaîtraient le dessus.

Que Dieu vous accorde l’aide et le succès qui vous permettront d’observer tout cela concrètement, de vos yeux de chair, le plus rapidement possible.

B) Ce qui vient d’être dit s’applique non seulement à vous-même, mais aussi à votre épouse et à tous les membres de votre famille, qui auront une longue vie. En effet, votre lettre indique qu’ils ont du mal à mettre en pratique le Précepte : “ Il éleva son cœur dans les voies de Dieu ”(6).

C)

Je vous joins le discours ‘hassidique qui a été prononcé l’an dernier, pour la Hilloula du 10 Chevat. Sans doute adopterez-vous une attitude généreuse en le mettant à la disposition du plus grand nombre.

Avec ma bénédiction de bonne santé physique et morale, pour chacun d’entre vous et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,

Notes

(1) En l’occurrence, le mauvais penchant. (2) Tomber dans ses mains. (3) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat. (4) Voir, à ce propos, la lettre n°2395. (5) A l’Admour Hazaken. (6) A avoir l’enthousiasme et l’inspiration nécessaires au service de Dieu.

Lettre n°2401

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2401, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

9 Chevat 5714,

Brooklyn,

Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu

et se consacre aux besoins communautaires,

le Rav Ben Tsion(1), émissaire des Sages,

Je vous salue et vous bénis,

J’ai bien reçu vos lettres du 26 Tévet et du 4 Chevat. Je suis surpris d’observer du découragement dans la manière dont elle est rédigée. En effet, certains considèrent de manière négative les réalisations de Loubavitch et son attitude.

Car, il en était déjà ainsi à l’époque de Moché notre maître, vers lequel les regards convergeaient également. Celui qui agit avec intégrité afin d’assurer son rôle et de mener à bien la mission qui lui est confiée, celle d’éclairer son entourage, sera, au final, victorieux.

Mon beau-père, le Rabbi, explique, dans l’une de ses causeries, que tous se soumettent à la vérité. Certes, faire disparaître l’opposition peut prendre du temps. Il faut, néanmoins, remercier Dieu en constatant que les voiles et les obstacles disparaissent. Il en est donc de même également pour les oppositions et les luttes contre ‘Habad.

Les pensées et même les paroles sont orientées dans une autre direction, mais que le sort mérité par ceux qui les ont soit donc le leur. Pour notre part, nous sommes “ des travailleurs du jour ” et, comme le dit le Tséma’h Tsédek(2), notre but est d’éclairer. Nous n’avons donc pas le temps de nous battre. Nous devons reconstruire ce qui a été détruit.

Avec ma bénédiction de réussite dans votre mission sacrée, en bonne santé, pour vous, votre épouse et tous les membres de votre famille,

Notes

(1) Le Rav B.T. Chem Tov, de Londres. Voir, à son sujet, les lettres n°2043 et 2422. (2) Voir, à ce sujet, la lettre n°2270.

Lettre n°2402

Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2402, traduction française

Par la grâce de Dieu ב'ה,

[Télégramme à l’occasion du 10 Chevat]

A l’association des jeunes de ‘Habad,

Je vous remercie de bien vouloir transmettre à notre Kfar(1), à nos institutions et à nos synagogues en Terre Sainte qu’il faut profiter du jour de la Hilloula(2) et du Chabbat qui le suit pour renforcer et développer les études publiques, la diffusion de la ‘Hassidout et de ses usages dans les cercles les plus variés.

On y puisera également l’inspiration, car la descente de l’âme, dans le corps, est bien une chute vertigineuse, mais c’est précisément par son intermédiaire que l’on peut obtenir une élévation merveilleuse. Car, le berger n’a pas abandonné son troupeau.

Notes

(1) Kfar ‘Habad. (2) Du précédent Rabbi, le 10 Chevat.

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