Lettres du Rabbi de Loubavitch, Rabbi Menahem Mendel Schneerson, traduites en français.
Texte intégral. Sommaire du corpus.
Lettre n°2323
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2323, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
Cinquième lumière de ‘Hanouka 5714,
Brooklyn, New York,
A toute l’assemblée de Yechouroun, ceux qui
chérissent et apprécient la Torah et les Mitsvot,
que Dieu vous accorde longue vie,
Je vous salue amplement et vous bénis largement,
La fête annuelle du centre des Yechivot Loubavitch sera célébrée, avec l’aide de Dieu, le dimanche 14 Chevat 5714. Les cercles les plus larges doivent lui accorder la plus grande attention et l’aide la plus généreuse.
Depuis la création de la Yechiva Loubavitch, il y a cinquante sept ans, par le Rabbi Rachab et son installation en Amérique, il y a quatorze ans, par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera, cette institution s’est distinguée, dans ce pays, par sa réussite extraordinaire et divine.
Il est difficile d’imaginer l’immense clarté de l’étude de la Torah pénétrée de crainte de Dieu que la Yechiva Loubavitch a irradiée et irradie encore, durant toutes ces années, du fait de sa particularité, permettant à ses élèves de se former pour assumer la mission d’être “ des lumières pour éclairer ”, vivifier et renforcer la Torah et la pratique juive autour d’eux.
Les lumières de ‘Hanouka sont allumées à partir du coucher du soleil. Même si elles sont petites, elles ne s’affectent pas de l’obscurité. Bien au contraire, leur nombre augmente et leur clarté se renforce, d’une nuit à l’autre.
Et, il en est de même des “ lumières pour éclairer ”, c’est-à-dire des élèves de la Yechiva Loubavitch.
La Mitsva des lumières de ‘Hanoukka fut introduite parce que les Juifs, peu nombreux et physiquement faibles, témoignèrent de la plus grande abnégation pour tenir tête à l’ennemi, nombreux et forts, afin de purifier et d’illuminer le Temple. De même, quiconque apprécie la Torah et les Mitsvot à leur juste valeur ne s’affectera pas du fait que nous sommes une minorité, aux moyens financiers limités. Il fera don de lui-même pour défendre la Torah et les Mitsvot, “ Ta Torah et les Décrets de Ta Volonté ”. Alors, le Tout Puissant lui accordera Son aide et il connaîtra une réussite surnaturelle, matérielle et spirituelle.
La Yechiva Loubavitch forme ces élèves, dans cet esprit de don de leur propre personne, à l’étude de la Torah pénétrée de crainte de Dieu. Ceux-ci doivent donc être soutenus, par tous les moyens dont on dispose, dans la plus large mesure. Car, la lumière pure et cristalline de la Torah de Dieu, qui est intègre et celle de la crainte de Dieu la plus parfaite illuminent le chemin tortueux que notre peuple doit parcourir, pendant l’exil. De la sorte, les Juifs peuvent conserver leur plénitude.
Ainsi, s’accomplira la promesse de Dieu, celle de la délivrance complète et véritable. Alors, le Chandelier brillera encore dans le Temple, qui sera bâti, très bientôt et de nos jours, par notre juste Machia’h.
Avec ma bénédiction pour que Dieu satisfasse les souhaits de votre cœur et que nous assistions tous à l’élévation très prochaine du sort de la Torah et de la Tradition d’Israël.
Lettre n°2324
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2324, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Tévet 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Il a déjà été expliqué une fois, lors d’une réunion ‘hassidique, que, de façon générale, tous acceptent ce qui est dit dans les livres d’Ethique et, a fortiori, dans les ouvrages et les discours de la ‘Hassidout. La polémique, en la matière, est uniquement la suivante. Est-on personnellement concerné par cet enseignement ou bien s’adresse-t-il uniquement aux autres ?
Il est sûrement inutile de rappeler à quelqu’un comme vous la signification du verset “ Des jours ont été créés et, grâce à lui, l’Unique y est présent ”. Chaque jour, chaque instant d’un homme est important, compté, dans le cadre de la mission qui lui est confiée.
En conséquence, je suis surpris de votre attitude. Dieu vous a accordé la réussite et vous apportez votre contribution à l’une des institutions de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Ceci devrait vous suffire pour une longue période !
Avant de conclure ma lettre, j’ai le devoir de vous préciser que le canal véhiculant la bénédiction et la réussite, dans les préoccupations personnelles et communautaires à la fois, dépend de notre chef, mon beau-père, le Rabbi. En renforçant et en raffermissant son attachement à l’arbre de vie, par exemple dans le cadre de ses saintes institutions, on peut élargir cette bénédiction.
Dans l’attente de votre réponse la plus rapide possible,
Lettre n°2325
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2325, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Tévet 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai reçu avec plaisir votre lettre du second jour de ‘Hanouka, dans laquelle vous me dites qu’un contrôle des connaissances de vos élèves a été organisé et que l’on a pu constater la qualité de leur étude. Vous parlez également de la réunion ‘hassidique que vous avez organisée les 19 et 20 Kislev.
Vous dites que cette réunion n’était pas aussi agréable que celles qui avaient lieu auparavant. Vous consulterez à ce propos, l’explication que donne le chapitre 27 du Tanya sur le pluriel employé par le verset “ Il me fera de bons plats ”. En effet, il est deux sortes de bons plats(1) et l’on ne peut savoir celui qui est préféré par Dieu et donc plus agréable pour les hommes.
Mais, avant tout, vous connaissez la parabole énoncée, à ce sujet, par mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera : Le général indique au soldat la place qu’il doit occuper. Si le premier est efficace, le second peut avoir l’assurance que cet endroit est le meilleur pour lui, celui qui lui convient le mieux. S’y trouver est utile pour lui, à titre personnel et également nécessaire dans l’optique de la victoire finale. Cela ne signifie pas que le soldat ne puisse aspirer à une meilleure place, mais, tant qu’il ne l’a pas obtenue, il doit s’emplir d’une immense joie en pensant qu’il vient en aide à l’ensemble du pays grâce à la mission qu’il assume. Vous comprendrez tout ce que cela veut dire.
J’espère que l’on a profité des jours de ‘Hanouka de la manière qui convient, pour les enfants comme pour les adultes, qu’on leur a rappelé que les Juifs ont toujours été confrontés à des épreuves, que celles-ci étaient parfois même plus âpres que celles que nous vivons actuellement. Mais, en faisant preuve de la détermination qui convient, on connaît la réussite non seulement spirituelle, mais aussi matérielle.
Vous m’interrogez sur la manière d’enseigner(2). Il est clair que les lettres et les signes de vocalisation doivent être appris séparément(3). Vous savez à quel point les Grands d’Israël et nos maîtres se sont battus pour cela, désirant faire acquérir aux enfants la sainteté des unes et des autres.
Avec ma bénédiction de réussite pour subvenir à vos besoins matériels et spirituels, en saluant tous les vôtres,
Pour une certaine raison, l’expédition de cette lettre a été retardée et, entre temps, j’ai reçu la vôtre, datée du 4 Tévet, dans laquelle vous m’annoncez que vous avez pris conscience de l’épreuve à laquelle vous étiez confronté. Vous vous êtes donc rendu dans ce village pour y diffuser la pratique juive, bien que vos affaires ne soient pas encore ce qu’elles devraient être. Je pense que, désormais, celles-ci pourront s’améliorer.
Si l’on vous envoie une épreuve à l’autre extrême(4), c’est-à-dire de nombreux clients, j’espère que vous réussirez également cet “ examen ” et que vous poursuivrez votre mission sacrée, dans ce village.
Vous connaîtrez sûrement la réussite. Et “ ce que le pauvre apporte au riche surpasse ce que ce dernier donne au premier ”.
Notes
(1) L’élévation au sein du domaine de la Sainteté ou bien la lutte contre le mal. (2) La lecture aux enfants. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°103 et les lettres du précédent Rabbi, tome 2, lettre n°616 ; tome 7, lettre n°1958 ; tome 8, lettre n°2414*. (4) Celle de la réussite commerciale, de la richesse.
Lettre n°2326
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2326, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Tévet 5714,
Brooklyn,
Je te bénis et te salue,
Il serait bon que tu organises une association des jeunes filles ‘Habad dans l’endroit où tu te trouves actuellement. Et, peu importe de quels foyers sont issus ses membres car, au final, tous les Juifs seront des ‘Hassidim.
En attirant une participante de plus, en lui faisant connaître les principes de la Torah et du Judaïsme, en général, les lois, les coutumes et les beaux récits, en particulier, on lui insuffle la santé morale et, peu à peu, également la santé physique, car, chez les Juifs, ces deux dimensions sont liées.
Que Dieu te donne la réussite en tout ce qui vient d’être dit, de sorte que ton action soit fructueuse.
Avec ma bénédiction,
Pour le Rabbi Chlita,
le secrétaire,
N. B. : Je te joins ma lettre, écrite à l’occasion de la fête de la libération du 19 Kislev, mais dont le contenu s’applique tout au long de l’année. Il serait bon que les participantes aient connaissance de son contenu.
Lettre n°2327
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2327, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Tévet 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav David(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai été satisfait de vous voir, avec votre fils, à la réunion ‘hassidique qui a eu lieu au jour lumineux de la fête de notre libération et du salut de notre âme, le 19 Kislev qui vient de passer. De même, j’ai été content de recevoir maintenant votre lettre, dans laquelle vous me dites qu’à la veille de cette date, vous avez organisé une réunion ‘hassidique, dans votre ville. Au cours de celle-ci, on a commenté la Torah et l’on a chanté.
Conformément au dicton de mon beau-père, le Rabbi, cette date est le Roch Hachana de l’étude de la ‘Hassidout et de ses voies(2). Puisse donc Dieu faire que ce soit un bon début qui permettra d’instaurer une étude publique du Tanya et de la ‘Hassidout, en général. Ceci s’ajoutera aux études déjà fixées, conformément au dicton (3) de mon beau-père, le Rabbi, selon lequel, lorsque l’on allume un réverbère, la nuit, dans la rue, tous se réunissent autour de lui.
Mais, en fait, les preuves et les explications sont inutiles. Car, nous sommes dans la nuit et l’obscurité de l’exil, dans la rue, qui est le domaine public(4).
Chacun s’arroge donc le droit de formuler un avis sur la Torah et le Judaïsme, sans se demander s’il possède toutes les connaissances nécessaires pour le faire ou bien s’il a tout juste celles qu’il a pu trouver dans les journaux ou, tout au plus, dans une encyclopédie. Combien plus est-ce le cas quand on a fréquenté l’école d’une communauté réformée ou même “ conservative ”. On estimera alors être parfaitement en droit de prendre position, à ce sujet.
Certes, on protège un réverbère avec un globe de verre, afin que le vent ne l’éteigne pas. Néanmoins, ce verre doit être limpide et transparent pour que sa lumière éclaire la rue. Il est sûrement inutile d’en dire plus à quelqu’un comme vous.
Avec ma bénédiction pour chacun des participants à cette réunion ‘hassidique, pour vous et vos fils en particulier,
Notes
(1) Le Rav D.Patchnik. Une lettre identique fut adressée à quelques autres personnes. (2) Voir la fin du Hayom Yom. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°1241. (4) C’est-à-dire le domaine du grand nombre de la multiplicité, par opposition à l’unité de Dieu.
Lettre n°2328
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2328, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Tévet 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yochoua Chnéor Zalman(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’interrogez sur le bâtiment de la Yechiva(2) et vous me demandez s’il faut se contenter, dans un premier temps, d’un édifice aux dimensions limitées ou bien s’il convient de rechercher d’emblée une construction large et spacieuse.
Vous connaissez le dicton du Rabbi Maharach(3), qui nous a été rapporté par mon beau-père, le Rabbi, selon lequel “ on considère, en général, que, si l’on ne peut passer sous l’obstacle, on passera au-dessus. Je dis, pour ma part, qu’il faut d’emblée passer au dessus ”.
Un autre enseignement qui nous a été rapporté dit que l’ensemble d’un processus est conditionné par son début. Je suis convaincu qu’avec l’effort qui convient, vous connaîtrez également la réussite, en la matière.
Avec ma bénédiction de réussite en tout cela, ce qui vous donnera également un immense succès dans vos préoccupations personnelles, de même que dans celles des membres de votre famille,
Notes
(1) Le Rav Y.C. Z. Serebrianski. Voir, à son propos, la lettre n°623. (2) De Melbourne, en Australie. (3) Voir les lettres n°1077, 1106, 1114 et 1195.
Lettre n°2329
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2329, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
2 Tévet 5714,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je n’ai pas eu de vos nouvelles depuis quelques temps et il semble que le Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires, le Rav Ben Tsion Chem Tov, qui se trouve ici en ce moment, n’en ait pas non plus. J’attends donc que vous me transmettiez vous-même ces bonnes nouvelles. Ceci fait partie de ce qu’il est préférable d’accomplir personnellement plutôt que d’en charger quelqu’un. En effet, la nécessité d’aimer son prochain permet de considérer une telle pratique également comme une Mitsva.
Je vous joins une copie de ma lettre(2), adressée à tous à l’occasion du jour lumineux de notre délivrance et de la liberté de notre âme, la fête du 19 Kislev, qui vient de passer et dont le contenu s’applique tout au long de l’année. Celle-ci vous intéressera sûrement.
Avec ma bénédiction,
N. B. : Vous me demandez si vous devez participer au livre de Vitebsk, actuellement édité en Terre Sainte(3). Vous connaissez la position, en la matière, de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. L’enseignement du Baal Chem Tov(4) précise que chaque détail, même s’il concerne un minéral, un végétal ou un animal, est régi par la Providence divine. Et, combien plus est-ce le cas s’il s’agit d’un homme et surtout d’un Juif. Vous savez aussi ce que dit l’Admour Hazaken, dont nous célébrons la joie(5), commentant l’interprétation que donnent nos Sages, au traité ‘Houlin 63a, du verset “ Tes Jugements…(6) ”.
Il faut donc, en chaque détail, rechercher un moyen de servir Dieu, conformément à l’Injonction “ En toutes tes voies, reconnais-Le ”. En apportant votre participation à cette réalisation, vous pourrez sûrement inclure dans votre article des idées invitant à la pratique de la Torah et du Judaïsme, dans l’esprit de la Tradition d’Israël. Cette initiative est donc positive.
Notes
(1) Le Rav H.Medalye, qui fut, par la suite, le Rav d’Anvers, en Belgique. Voir, à son sujet, la lettre n°2391. (2) Il s’agit de la lettre n°2292. (3) En y publiant une biographie de son père, le Rav Shmaryahou Yehouda Leïb Medalye, qui fut le Rav de Vitebsk. Cet article parut effectivement à la page 193 de ce livre, édité à Tel Aviv en 5717-1957. (4) Voir, à ce sujet, la lettre n°94. (5) Le 19 Kislev. (6) S’accomplissent jusque dans l’abîme profond.
Lettre n°2330
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2330, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Tévet 5714,
Brooklyn,
Au distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Yossef(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous avez formulé une remarque à propos du terme de “ Syrie ”, qui apparaît dans la brochure de ‘Hanouka en anglais, alors que, dans les propos de nos Sages, il est question du royaume de la Grèce.
Vous savez que, de façon générale, celui qui s’exprime le premier n’est pas tenu de détailler son propos. Ceux qui le suivent, en revanche, doivent être précis, afin d’écarter toute confusion. En l’occurrence, le terme de Grèce désigne plusieurs pays à la fois, plusieurs royaumes qui se développèrent à partir de la Grèce d’Alexandre Mokdon. Plus précisément, la Grèce est une presqu’île européenne, alors que la Syrie se trouve en Asie. En l’occurrence, pour éviter une erreur au lecteur, le terme le plus courant a été choisi.
Dans le texte de la prière, on parle effectivement de la Grèce. On peut l’expliquer de différentes façons, la plus simple étant que cette guerre fut menée au nom de la culture grecque, de sa doctrine et de ses pratiques. De plus, depuis la fin de l’exil des Perses et des Mèdes jusqu’au début de celui d’Edom, c’est-à-dire de Rome, les persécutions et les déportations de la période portent effectivement le nom de la Grèce, dans les propos de nos Sages et l’on peut le justifier en fonction de ce qui a été dit auparavant.
Par ailleurs, vous vous interrogez sur le nom de la ville de Carouchta(2). Il s’agit d’une faute d’imprimerie et il faut lire Caroutcha, comme le dit la lettre sur les pères de la ‘Hassidout, qui est imprimée dans le Hatamim.
Je vous joins ce qui a été édité pour le jour lumineux de notre libération et de la liberté de notre âme, le 19 Kislev passé(3). Son contenu s’applique tout au long de l’année et j’ai bon espoir que ce texte vous intéressera.
Avec ma bénédiction de bonne santé, physique et morale à la fois,
Notes
(1) Le Rav Y.Flyer. Voir, à son propos, la lettre n°1878. (2) Dans la même brochure anglaise sur ‘Hanouka. (3) Il s’agit du discours ‘hassidique intitulé “ Il a libéré mon âme dans la paix ”, prononcé en 5704-1943, par le précédent Rabbi.
Lettre n°2331
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2331, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
3 Tévet 5714,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Éphraïm Eliézer Ha Cohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous m’interrogez à propos de l’image, donnée par le Tanya(2), de “ l’artisan qui entraîne ses mains(3), etc. ”. Je soulignais qu’il faudrait en approfondir le sens et vous proposez donc l’explication suivante. La foi, Emouna(4), peut être rapprochée du verset(5) : “ Il adopta (Omen) Hadassa ”.
En fait, mon interrogation(6) portait sur le terme “ etc. ”, comme je le précisais dans mes notes. Mais, l’on peut également objecter à cette interprétation, car le texte rapproche le terme Emouna de l’habitude(7) et l’on ne comprend donc pas bien pourquoi il faut faire intervenir l’image de l’artisan.
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav E.E. Yalles, de Chicago. Voir, à son propos, les lettres n°1893, 2494 et 2563. (2) Au chapitre 42, page 61a. (3) Et, de cette façon, acquiert peu à peu de la dextérité. (4) De la même étymologie que Oman, l’artisan. (5) De la Meguila, selon lequel Morde’haï adopta Esther, qui s’appelait aussi Hadassa. (6) Dans les notes et correctifs du Rabbi. (7) Comme l’artisan qui “ habitue ” ses mains.
Lettre n°2332
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2332, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Tévet 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
Une question m’a été posée, de votre part, sur la possibilité de se raser la barbe(1). Vous voudriez savoir s’il existe une différence entre les manières de le faire ou bien si toutes se valent.
Il est clair qu’il existe une immense différence. Une image permettra de le comprendre. Certaines boissons sont des poisons(2) pour les hommes. Lorsque quelqu’un les boit, il est nécessaire de prendre les mesures les plus énergiques pour le guérir du préjudice qu’il cause ainsi à son corps. Il en est de même également pour celui qui n’en boit qu’une seule fois et, a fortiori, pour celui qui le fait à différentes reprises.
D’autres éléments peuvent causer du tort à l’homme uniquement quand ils l’atteignent en certaines parties de son corps, alors qu’ils restent inoffensifs, s’ils parviennent à d’autres parties, bien qu’ils ne soient d’aucune utilité pour elles.
Par exemple, celui qui consomme des épluchures de pommes de terre(2) ou de melon(2) fait un acte inutile, duquel il doit se libérer au plus vite. En revanche, il ne se met pas en danger quand il les introduit dans son estomac(2). A l’opposé, si ceux-ci pénètrent dans ses poumons, l’homme se trouvera dans une situation critique.
De manière plus ou moins identique, certains éléments sont un poison(2) pour une âme juive. Ce sont les fautes, desquelles tous les Juifs doivent se préserver de manière identique.
En revanche, un non-Juif qui les commettrait ne ferait rien de mal. A l’opposé, un Juif qui adopterait cette attitude causerait du tort non seulement à son âme, mais aussi à son corps.
D’autres pratiques, en revanche, font du mal à certaines personnes, mais non à d’autres. Ainsi, pour nous autres, Ashkenazim, le fait d’épouser deux femmes serait une faute, alors que les Sefardim y sont autorisés.
De la même façon, toutes les manières de se raser la barbe ne sont pas identiques. Le faire avec un rasoir est une Interdiction de la Torah pour tous les Juifs, sans exception. Celui qui en utilise un transgresse cinq Interdits chaque fois qu’il le fait, ce qu’à Dieu ne plaise, comme l’établissent la Guemara, le Choul’han Arou’h et les Décisionnaires.
A l’opposé, utiliser une poudre(2) ou bien un rasoir électrique est bien une Interdiction pour les ‘Hassidim, ceux qui sont liés aux disciples du Baal Chem Tov. En le faisant, ceux-ci causeraient du tort à leur âme et donc également à leur corps. Néanmoins, ce préjudice est moins important que celui qui découle de la transgression des cinq Interdits, lorsque l’on emploie, par exemple, un rasoir à main.
Aux opposants à la ‘Hassidout ou aux autres Juifs pratiquants, par contre, qui ne connaissent pas ou n’acceptent pas la décision hala’hique des disciples du Baal Chem Tov, s’applique l’image, précédemment énoncée, des épluchures de pommes de terre. Une telle pratique n’est pas positive. Il n’est pas bon d’ingérer ces épluchures dans son estomac et celui qui le fait doit modifier son comportement. Pour autant, aucun danger n’en résulte.
Néanmoins, les épluchures ne doivent pas pénétrer dans les poumons et il faut faire preuve de fermeté pour que ce ne soit pas le cas. Il faut tout mettre en oeuvre pour réduire le dommage qui pourrait en découler.
Je ne sais pas quelle est précisément votre situation, de quelle manière et jusqu’à quel point vous êtes lié à la ‘Hassidout. En tout état de cause, il est bien clair qu’en utilisant un rasoir à main, on transgresse chaque fois cinq Interdits de la Torah. Par contre, l’emploi d’un rasoir électrique(2) ou de la poudre(2) est conditionné par la manière dont on est lié à l’enseignement du Baal Chem Tov.
Que Dieu vous vienne en aide pour que vous vous dirigiez dans le bon et droit chemin, celui de la Torah et des Mitsvot, qui est, pour les Juifs, le bonheur véritable, matériellement et spirituellement.
Avec ma bénédiction,
Le secrétaire,
Notes
(1) Voir, à ce sujet, les lettres n°3, 1254, 1791, 1845 et 2109*. (2) En anglais dans le texte, alors que cette lettre est rédigée en Yiddish.
Lettre n°2333
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2333, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Tévet 5714,
Brooklyn, New York,
Au donateur généreux, homme de qualité, ‘Hassid qui craint
Dieu, responsable communautaire plein d’ardeur et de
vigilance, adoptant un comportement généreux,
monsieur Its’hak Elmaleh(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre et, du fait de mes nombreuses activités, je n’ai pas pu vous répondre auparavant et vous voudrez bien m’en excuser.
Je suis surpris que vous ayez prêté attention à l’article, publié par la presse, en Terre Sainte, qui porte un jugement injurieux sur votre relation et la mienne avec l’Alya des jeunes. Quiconque connaît la valeur de ce journal(2) considérera cet article comme insignifiant. Car, les fonctionnaires et les responsables des ministères savent la vérité. Il est un fait que nous sommes en excellents termes avec le bureau de l’Alya des jeunes. L’école professionnelle et l’école agricole que nous fondons en Terre Sainte en font la preuve.
Pour ce qui est du démenti qu’il faudrait faire dans la presse, l’expérience a montré qu’il est préférable d’oublier tout cela et de n’y accorder aucune importance, ce que l’on ferait, en revanche, s’il y avait un tel démenti et si un dialogue était engagé avec le journal, lequel, du reste, connaît parfaitement la vérité et adopte cette position uniquement par rapport à l’extérieur.
Une telle action politique est sans fin. De plus, ces hommes sont propriétaires du journal. Le mensonge et la calomnie sont leur arsenal. Il est donc dommage d’investir des efforts, en la matière. Celui Qui réside dans les cieux s’en moque.
Je vous joins une copie de ma lettre(3), adressée à tous, à l’occasion de la fête de la libération du 19 Kislev. A n’en pas douter, elle vous intéressera beaucoup.
Avec mes respects et en vous saluant, de même que les membres de votre famille,
Notes
(1) Voir, à son sujet, la lettre n°2108*. (2) Voir, à ce propos, les lettres n°2289 et 2302. (3) Il s’agit de la lettre n°2292.
Lettre n°2334
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2334, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
4 Tévet 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid
qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Hillel(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai eu de vos nouvelles avec plaisir, par votre mère et vos sœurs, après une longue interruption, au cours de laquelle je n’ai reçu aucune lettre de votre part. De même, j’ai appris que vous avez parlé, lors de la conclusion de l’étude du Talmud, au jour lumineux de notre libération et de la délivrance de nos âmes, le 19 Kislev passé.
Sans doute citez-vous également, dans vos explications, des notions provenant de la ‘Hassidout. Car, au final, le but de chacun est bien de craindre Dieu. Or, c’est grâce aux commentaires de la ‘Hassidout qu’on peut Le craindre sincèrement. Il faut donc saisir chaque occasion de les faire connaître.
J’ai bien reçu votre cadeau, les responsa du Maharik. J’aimerais savoir s’il est possible de consulter une liste de vos autres livres. Bien évidemment, je ne demande pas qu’ils me soient offerts, mais certains pourraient être utiles ici, s’ils étaient prêtés, à charge de les restituer par la suite.
Je vous joins une copie de ma lettre adressée à tous(2) à l’occasion du jour lumineux de la fête de la libération, le 19 Kislev, dont le contenu est valable tout au long de l’année. Sans doute le diffuserez-vous de la manière qui convient.
Avec ma bénédiction de réussite,
Notes
(1) Le Rav H.Pevsner, de Paris. Voir, à son sujet, la lettre n°1749. (2) Il s’agit de la lettre n°2292.
Lettre n°2335
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2335, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
7 Tévet 5714,
Brooklyn,
Au Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
Le Rav Avraham Zoussya(1),
Je vous salue et vous bénis,
Je fais réponse à vos remarques, énoncées dans votre lettre, qui n’était pas datée :
A) Le Torat ‘Haïm, à la fin de la Parchat Le’h Le’ha, page 96b dit que la nourriture du Chabbat contribue également à rendre le corps grossier, du fait du plaisir physique(2) qui ne peut recevoir l’élévation et qui porte en lui à la fois du bien et du mal absolu, émanant de l’arbre de la Connaissance du bien et du mal.
Cette affirmation semble contredire le Torat ‘Haïm, Parchat Vayakhel, pages 627 et 647, selon lequel le repas du Chabbat ne peut pas contribuer à rendre grossier, car la dimension physique est absente, en ce jour(3).
On peut donner, à ce propos, l’explication suivante. Dans ces deux textes, il est question de rendre grossier, mais il existe, cependant une nuance. Dans la nourriture du Chabbat, il n’y a pas de mal. Pour autant, celle-ci peut effectivement rendre grossier, au même titre que tout ce qui est permis(4).
La nourriture du Chabbat entre bien dans cette catégorie. En effet, le Torat ‘Haïm, Parchat Le’h Le’ha, à la référence précédemment citée, dit que l’amour(5) éprouvé par l’âme divine découle de la même source(6), dès lors qu’il est concrètement ressenti. Vous consulterez cette référence.
A ce propos, ce même sujet est également traité dans le Torah Or, au début de la Parchat ‘Hayé Sarah, de même que dans le Sidour(7), dans l’ordre du repas de Chabbat, second repas, au discours ‘hassidique intitulé “ Il nous révélera ses raisons ” et également dans le Dére’h Mitsvoté’ha, page 179. Vous consulterez ces textes.
B) Vous proposez l’interprétation suivante(8) du Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 186, paragraphe 3. Vous considérez que, selon lui, l’éducation de l’enfant repose également sur cet enfant lui-même(9).
Il est impossible d’imaginer que telle soit la position de l’Admour Hazaken. Bien au contraire, il affirme l’inverse, bien qu’il le fasse seulement entre parenthèses, dans son Choul’han Arou’h, au début du chapitre 39.
C) L’Admour Hazaken dit, au chapitre 186, que l’enfant n’est pas éduqué pour la période de l’enfance, mais bien pour le préparer à l’âge adulte. De ce point de vue, les mesures énoncées lorsqu’il est enfant, par exemple le fait qu’il consomme telle quantité ou bien moins que cela, ne changent rien s’il n’en résulte pas de conséquence, à l’âge adulte.
Il y a donc là uniquement une disposition de nos Sages, même si l’enfant consomme moins que la mesure nécessaire. Il n’en pas de même pour la bénédiction du Hallel qui implique, quant à elle, deux décisions de nos Sages.
Vous consulterez, à ce sujet, ce que je disais dans ma lettre du 27 Chevat dernier(10).
Avec ma bénédiction,
Cette lettre fait suite à la suivante, de 5713 :
Par la grâce de Dieu ב'ה,
27 Chevat 5713,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu,
le Rav Avraham Zoussya,
Je vous salue et vous bénis,
A) Je fais réponse à votre seconde lettre. Concernant le fait de coudre(11), il me semble vous avoir dit, au moins en allusion, dans mon précédent courrier, que ceci implique deux points : 1. Il s’agit de deux éléments(12) réunis entre eux par un troisième(13). 2. L’élément qui réunit doit avoir un fil serré dans le chas. Et, ce fil peut être en métal. Ainsi, l’un de ceux qui étaient utilisés dans le Sanctuaire était en or. Cette définition lève le doute dont vous faisiez état dans votre lettre, à propos d’un fil de fer. En conséquence, celui qui réunit des papiers ou des peaux avec un troisième élément, de la colle, est également condamnable(14).
De la sorte, on peut également distinguer le fait de rattacher les parties d’un ensemble et la couture. Dans ce dernier cas, un troisième élément intervient, alors qu’il n’en est pas de même pour le premier. C’est pour cela que cet acte(15) est permis quand les orifices sont larges, bien dessinés et ronds. En pareil cas, le fil n’est pas serré.
La permission de passer des crochets dans une boutonnière peut aussi être facilement expliquée en fonction de ce qui a été dit auparavant. Ceci ne peut être comparé à l’interdiction du Korban Netanel, que vous citez dans votre lettre, celle de fermer un vêtement avec une épingle, découlant de la définition précédemment énoncée.
Ce qui vient d’être exposé permet aussi de comprendre que l’on puisse se servir d’une fermeture éclair. Il s’agit bien, en pareil cas, d’un vêtement se présentant en plusieurs pièces. De même, lorsqu’un ustensile a des rainures, il peut être monté pendant le Chabbat, à condition que ceci ne requiert pas l’intervention d’un spécialiste, dès lors qu’il est possible, à tout moment, de l’ouvrir et de le fermer. Vous consulterez, à ce sujet, le Toureï Zahav, le Maguen Avraham, chapitre 313, paragraphe 6 et le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken, chapitre 313, paragraphe 21.
Bien plus, même si la fermeture éclair possède un fil qui l’attache, elle peut aussi être permise, d’après ce qui vient d’être dit, car il s’agit bien d’un orifice rond, cousu et large, dans lequel on est autorisé à introduire des cordons. En effet, ceci n’est pas comparable à la couture, qui implique un point serré.
Certes, la fermeture éclair est serrée également. Néanmoins, la fixation du fer sur le fer n’est pas comparable à celle du tissu sur le tissu. Une même affirmation est formulée à propos de ce qui constitue une interruption(16) lors de l’immersion rituelle, au traité Chabbat 57a. Il n’y a rien d’autre à ajouter, en la matière.
Notes :
1. Ce qui vient d’être dit justifie que l’on ferme une chaussure en introduisant un lacet, de part et d’autres de celle-ci, car celui-ci peut être comparé aux cordons dont il était précédemment question. On peut le faire même si l’œillet de fer entourant l’orifice manque. Nul ne le conteste et nul ne fait d’observation, à ce sujet.
2. Il a été dit qu’il est permis, de manière évidente, de passer des crochets dans une boutonnière. Il s’agit sans doute de crochets cousus au vêtement, d’un côté, alors que la boutonnière est cousue de l’autre côté. Il n’en est pas de même pour les crochets et les boutonnières du Sanctuaire. Ceux-là étaient, en effet, détachés et, d’après ce qui vient d’être dit les fermer est une forme dérivée de couture.
B) J’ai écrit que la Lumière céleste attirée par les actes des enfants(17) ou les Injonctions ayant un temps précis que les femmes accomplissent(18) peut être comparée à celle que l’on obtient par la pratique des Mitsvot qui sont seulement une possibilité offerte à l’homme(19).
Vous m’interrogez, à ce sujet, en vous basant sur le quatrième chapitre du discours ‘hassidique intitulé “ Moché parlait ”, qui figure dans le Torah Or. Ce texte définit les Lumières qui se révélèrent lors du don de la Torah et il en écarte uniquement les non-Juifs(20).
Une règle établie indique qu’une liste ne doit pas nécessairement être exhaustive. En l’occurrence, c’est uniquement l’idée la plus évidente(21) qui est mentionnée, les autres étant précisées par différents textes.
C) Vous soulignez que, lorsqu’un enfant est capable de secouer un Loulav, son père est tenu de lui en acheter un. Il en résulte que, par cet acte de son fils, le père a bien accompli la Mitsva de lui donner une éducation. Dès lors, pourquoi son action ne révélerait-elle pas une Lumière céleste ?
Je ne saisis pas votre difficulté. Par l’intermédiaire de l’enfant, le père n’a fait, en l’occurrence, que s’acquitter de sa propre obligation. Il en est de même pour la circoncision de l’enfant(22). Ce dernier n’attire donc pas une Lumière par lui-même, c’est bien évident.
D) Vous m’interrogez également sur le passage suivant du traité Chabbat 149b : “ Qu’en est-il de ce que j’accomplis et de ce que tu accomplis toi-même ? Il est difficile de se comparer au souffle qui n’est pas entaché par la faute(23) ”.
Il en résulte que l’acte attire bien une Lumière, la seule différence résidant dans le fait que le souffle soit entaché ou non par la faute. Là encore, je ne comprends pas votre question.
Il est clair qu’une femme, secouant le Loulav attire une Lumière comparable à celle d’un homme, qui accomplit cette Mitsva. Une femme portant les Tefillin, comme Mi’hal, fille de Chaoul, reçoit une Lumière comparable à celle d’un homme mettant en pratique cette Mitsva. Mais, il n’en est pas de même pour les autres Mitsvot. Et, dans un cas(24), il s’agit d’une possibilité, dans l’autre(25), d’une obligation.
Bien plus, ce passage talmudique souligne que l’étude de la Torah des enfants surpasse celle des adultes. La question se pose donc effectivement, “ Qu’en est-il de ce que j’accomplis et de ce que tu accomplis toi-même ? ”.
E) En plus de ce qui vient d’être dit, l’étude de la Torah des enfants est différente des autres Mitsvot qu’ils accomplissent, selon une explication du Tséma’h Tsédek, dans ses Pisskeï Dinim, commentaires sur le Rambam, lois de l’étude de la Torah, paragraphe 1. Il dit, en effet, que “ l’enfant est tenu d’apprendre lui-même la Torah dès lors qu’il en prend conscience ”. Vous consulterez ce texte.
De fait, ce que dit ici le Tséma’h Tsédek est véritablement une idée nouvelle. Ainsi, la Torah fait obligation à l’enfant lui-même d’étudier la Torah. Il n’en est pas de même pour les autres Mitsvot(26).
F) Vous faites état de vos doutes à propos de la Mitsva d’éduquer un enfant. L’Admour Hazaken considère qu’elle est d’institution rabbinique, comme il le dit au début de ses lois de l’étude de la Torah. Le Tséma’h Tsédek en dit de même, si ce n’est pour la Mitsva proprement dite d’étudier la Torah.
On trouve une affirmation similaire dans le Choul’han Arou’h de l’Admour Hazaken Ora’h ‘Haïm, chapitre 343. Dans l’introduction du ‘Hinou’h Katan, il est dit que l’éducation est une Injonction et il faut alors comprendre une Injonction de nos Sages.
G) Concernant une Mitsva qui est mise en pratique au prix d’une transgression, j’ai cité le chapitre 8 du Tanya : “ S’il a agi ainsi, a étudié la Torah ou a prié(27) ”. En pareil cas, la Mitsva a bien été accomplie. Pour autant, la vitalité qu’elle dégage ne reçoit pas l’élévation, comme le souligne ce texte.
Vous demandez comment une Mitsva peut, à la fois, être accomplie et prisonnière des forces du mal, bien plus, en l’occurrence, des trois forces du mal totalement impures. Vous consulterez, à ce sujet, les lois de l’étude de la Torah, chapitre 4, fin du paragraphe 3 : “ Alors(28), il libère de l’emprise des forces du mal la Torah et les Mitsvot(29) ”.
Ceci permet de comprendre également l’affirmation du chapitre 17 du Tanya selon laquelle : “ Les impies, en fait, ne peuvent pas commencer à servir Dieu tant qu’ils n’ont pas accédé à la Techouva ”. Or, la pratique concrète montre que le contraire est vrai. Néanmoins, on peut le justifier d’après cette affirmation des lois de l’étude de la Torah selon laquelle, en pareil cas(30), on raffermit les forces du mal.
H) Vous citez les commentaires du Tséma’h Tsédek sur le Talmud, page 3b, qui s’interrogent sur la formulation de la Michna, sur la base de l’enseignement de l’Admour Hazaken affirmant que, pour lire le Chema Israël, on considère qu’il fait jour à partir du lever du soleil.
Je n’ai pas reçu d’instruction précise en la matière, mais, à mon sens, c’est une évidence. On ne peut changer la Hala’ha en fonction d’une interrogation(31).
Il en est de même pour ce qu’il rapporte à la fin de ses Pisskeï Dinim, dans les recueils, à propos de la bénédiction de Chéhé’héyanou, récitée avant la lecture de la Meguila, le jour de Pourim. Il dit : “ Malgré ce qu’il me semble, tel est l’avis de la Torah ”.
Vous consulterez les notes qui figurent dans la version des Pisskeï Dinim publiée aux éditions Kehot : “
En 5620(32), ici à Loubavitch, le Rabbi(33) a demandé de réciter la bénédiction de Chéhé’héyanou, le matin, avant la lecture de la Meguila ”(34).
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Le Rav A.Z. Ziskind. (2) Eprouvé lorsque cette nourriture est consommée. (3) A la différence des fêtes, par exemple. (4) Mais, non obligatoire. (5) De Dieu. (6) De ce qui est permis, mais non obligatoire. (7) Commenté de l’Admour Hazaken. (8) Voir la lettre suivante. Voir également la lettre n°503, le Likouteï Si’hot, tome 17, à partir de la page 234, le Kovets Yagdil Torah, paru à New York, tome n°8, note 68, tome n°16, paragraphe 54, tome n°22, paragraphes 118 et 119. (9) Et, non uniquement sur ses parents. (10) Présentée ici, car elle n’était pas disponible lors de la publication des lettres du Rabbi de 5713. (11) Qui est un travail interdit pendant le Chabbat. (12) Les deux pans du vêtement. (13) L’aiguille. (14) Ayant transgressé le Chabbat, si l’on adopte la définition de la couture qui vient d’être donnée. (15) La réunion des deux pans d’un vêtement. (16) Entre le corps et l’eau. (17) Par leurs Mitsvot, bien qu’ils ne soient pas tenus de les mettre en pratique. (18) Bien qu’elles soient dispensées de le faire. (19) Et non une obligation. (20) Mais non les femmes et les enfants qui devraient donc être capables de les attirer. (21) L’exclusion des non Juifs, qui ne peuvent attirer ces Lumières. (22) Qui incombe bien au père. (23) Celui de l’enfant, dont l’étude de la Torah attire donc bien une Lumière céleste. (24) Pour les femmes. (25) Pour les hommes. (26) Le Rabbi note, en bas de page : “ J’ai trouvé cette explication également dans le Nimoukeï Maharay sur le Rambam, à cette même référence. D’après cet avis, on peut citer la Hala’ha (lois de l’étude de la Torah, chapitre 1, paragraphe 7) selon laquelle un homme accomplit une Mitsva de la Torah (c’est-à-dire vraisemblablement celle de l’étudier) lorsque son fils pratique lui-même cette étude, au même titre que s’il le faisait lui-même. ” (27) Avec la force physique qu’il tire d’un aliment interdit. (28) Lorsqu’il accède à la Techouva. (29) Qu’il y avait enfermées. (30) Quand on accomplit les Mitsvot avant d’avoir accédé à la Techouva. (31) Le Rabbi note, en bas de page : “ Lorsqu’il conteste la Hala’ha, il le dit, en général, beaucoup plus clairement. ” (32) 1860, année dont le signe est Kéter, la couronne. (33) Le Tséma’h Tsédek. (34) Le Rabbi note, en bas de page : “ Vous consulterez le Sdeï ‘Hémed, principes, chapitre 8, paragraphe 60, selon lequel, pour la majeure partie des commentateurs et des Décisionnaires, les Mitsvot qui sont pratiquées par les enfants en âge d’être éduqués sont une obligation pour le père et non pour l’enfant. En effet, peut-on envisager une obligation pour ce dernier ? Vous consulterez, à ce sujet, l’avis de l’Admour Hazaken, exprimé dans son Choul’han Arou’h, chapitre 39, paragraphe 1, chapitre 186, paragraphe 3 et dans les lois de l’étude de la Torah, à la référence précédemment citée. Toutefois, même d’après ceux qui considèrent que l’obligation en incombe à l’enfant, il est clair que celle-ci n’est pas identique à celle de l’adulte. C’est la raison pour laquelle l’enfant n’acquitte pas ce dernier de son obligation. Tout cela ne contredit donc pas ce qui a été dit auparavant. Même lorsqu’il peut l’acquitter, par exemple pour la bénédiction après le repas, il est clair que la Lumière révélée par l’adulte est comparable à celle d’une Mitsva qui est seulement permise, sans, bien sûr, lui être totalement identique. ”
Lettre n°2336
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2336, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Tévet 5714,
Brooklyn,
A mon proche parent, le Rav, distingué ‘Hassid qui
craint Dieu et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Chlomo Ha Cohen(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous me dites que vous désirez créer ici(2) un comité(3) pour la construction d’une maison de convalescence destinée aux élèves des Yechivot en notre Terre Sainte.
Cette initiative est bonne et juste. Elle est importante et elle sera très utile pour renforcer la santé de ceux qui se consacrent à l’étude de la Torah, dans les Yechivot. Vous redoublerez d’ardeur, en la matière et vous vous investirez, avec l’empressement qui convient. Vous trouverez sûrement des personnes qui vous aideront, vous apporteront leur participation et Dieu vous conférera la réussite.
Avec mes respects et la bénédiction de réussite de votre proche parent,
Notes
(1) Le Rav C.Horenstein. (2) Aux Etats Unis. (3) De soutien.
Lettre n°2337
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2337, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
8 Tévet 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
J’ai pris connaissance avec effroi de ce qui s’est passé(1). Vous devez l’aider à atteindre la Techouva. Mais, il faut prendre des précautions aux deux extrémités(2). Il ne doit pas, de cette façon, penser que ce qui s’est passé n’est pas si grave. Néanmoins, la Techouva doit être à sa portée(3).
Il ne faut pas serrer la bride plus que de mesure, mais il faut lui préciser que l’on n’applique pas à son cas toute la sévérité qui eut été nécessaire car celui qui se consacre à l’étude de la Torah(4) ne doit pas être physiquement affaibli, ce qui aurait pour effet de réduire son étude et son ardeur. Iguéret Hatechouva explique brièvement tout cela, de même que de nombreux autres livres.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) La faute commise par quelqu’un qui a émis de la semence en pure perte. (2) Ne pas le conduire à penser que sa faute est irrémédiable et ne pas lui faire croire qu’elle n’est pas grave. (3) Voir, à ce sujet, la lettre n°2503. (4) Vraisemblablement dans le cadre d’une Yechiva.
Lettre n°2338
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2338, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
9 Tévet 5714,
Brooklyn,
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai bien reçu votre lettre datée de la cinquième lumière(1), dans laquelle vous me faites part des réflexions que vous inspire votre service de Dieu. Vous connaissez sûrement le proverbe de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Celui-ci concerne Rabbi Na’houm de Tchernobyl et il est également imprimé dans la causerie de Pessa’h 5703(2). Il dit que l’on doit, bien souvent, se demander quelle est l’origine d’une certaine tendance ou d’un certain désir.
En effet, on ne peut pas déterminer, en premier analyse, s’il émane du domaine de la sainteté ou de celui qui lui est opposé. Car, vous connaissez également le proverbe du Rabbi Rachab(3) selon lequel le mauvais penchant peut également se vêtir d’une redingote de soie.
L’un des critères fondamentaux, en la matière est le suivant. Lorsque cette tendance et ce désir ont pour effet d’affaiblir le service de Dieu, on peut être certain qu’il émane du côté gauche(4).
Il en est de même pour ce qui fait l’objet de notre propos. Votre lettre semble indiquer que le bilan moral auquel vous faites allusion affaiblit effectivement votre enthousiasme, diminue la vitalité que vous apportez à assumer votre mission sacrée, en l’occurrence votre activité pédagogique. Il est donc à peu près certain que votre démarche émane du mauvais penchant.
De plus, le Tanya explique que la tristesse, même si elle est inspirée par les préoccupations du monde, peut être raisonnée. Vous consulterez, à ce sujet, le chapitre 26 et le résumé du Tanya. En conséquence, aussi justifiées que soient vos objections et vos plaintes, vous devez vous en éloigner, dans toute la mesure du possible. Et, pour ce qui vous concerne, je ne comprends pas ce qui résulte du bilan moral que vous m’écrivez, si ce n’est la tristesse qu’il vous inspire.
Tout cela n’est donc pas votre affaire. Vous redoublerez d’ardeur pour éduquer ces enfants et vous rapprocherez leur cœur de leur Père Qui se trouve dans les cieux. La récompense que vous en recevrez est précisée par les propos de nos Sages, qui disent : “ Dieu fait briller ses yeux ” et “ il s’élèvera sur la voie conduisant vers le Sanctuaire de Dieu ”.
B) Vous me demandez également si vous devez être présent au mariage de votre frère(5). Le principe général, en pareil cas, est le suivant. En restant proche, on peut agir plus efficacement qu’en repoussant et en s’éloignant.
Vous ne me dites pas précisément quel problème il y a entre vous. Néanmoins, il me semble préférable que vous soyez présent. Tout d’abord, il s’agit d’un acte d’amour envers votre prochain. De plus, vous pourrez vous servir de cela, immédiatement ou par la suite, pour rapprocher votre frère et son épouse de la Pratique juive.
Que Dieu vous donne la réussite, dans ce domaine également.
Avec ma bénédiction et dans l’attente de vos bonnes nouvelles,
Notes
(1) De ‘Hanouka. (2) 1943. Le précédent Rabbi montre comment Rabbi Na’houm analysa ses propres motivations pour donner de la Tsédaka. (3) Voir, à ce sujet, les lettres n°1928, 2345, 2394, 2443 et 2492. (4) Celui du mal. (5) Qui n’est vraisemblablement pas totalement conforme à la Hala’ha.
Lettre n°2339
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2339, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
11 Tévet 5714,
Brooklyn,
A mon proche parent, le grand Rav, ‘Hassid qui
se consacre aux besoins communautaires, qui
craint Dieu et a de bons comportements,
le Rav Avraham Yehouda(1),
Je vous salue et vous bénis,
J’ai bien reçu votre lettre de la fin de Mar’hechvan et vous voudrez bien m’excuser d’avoir retardé ma réponse jusqu’à maintenant, du fait de mes nombreuses occupations, en particulier celles qui se sont ajoutées à l’occasion de la fête de la libération du 19 Kislev et des jours de ‘Hanouka, de la nouvelle édition du Tanya, paru pour la première fois en cet hémisphère inférieur(2). Un exemplaire vous en a été adressé, par colis séparé et vous voudrez bien me confirmer l’avoir reçu.
Comme vous me le demandez, je lirai la demande de bénédiction qui figure dans votre lettre, lorsque je me trouverai près du saint tombeau de mon beau-père, le Rabbi, dont le mérite nous protégera. Que Dieu fasse que vous donniez et receviez uniquement de bonnes nouvelles, matérielles et spirituelles, d’autant que ces deux dimensions sont liées.
Je vous joins une copie de ma lettre, adressée à tous, à l’occasion de la fête de la libération du 19 Kislev(3). J’espère qu’elle vous intéressera.
Je vous adresse, de même qu’à votre épouse, la Rabbanit, ma bénédiction pour de longs jours et de bonnes années, ce qui inclut également la satisfaction morale inspirée par la spiritualité et la matérialité.
Pour une certaine raison, je viens de relire les lettres que vous m’avez adressées entre 5710 et 5713(4) et je constate qu’au final, il y a bien lieu d’être satisfait, jusqu’à un certain point. J’en déduis qu’il en est de même pour moi et pour des personnes comme moi. Il est probable que, si l’on avait noté, il y a quelques années, les objectifs assignés pour l’avenir, la conclusion, à l’heure actuelle, eut été que Dieu n’est pas sévère du tout.
Vous avez sûrement reçu les recueils(5). J’aimerais savoir s’il y a, parmi ceux-ci, des manuscrits et qui est leur auteur. Je vous en remercie d’avance.
Notes
(1) Le Rav A.Y. Chen. Voir, à son sujet, les lettres n°2069 et 2537. (2) L’Amérique, si l’on considère Jérusalem comme le point le plus élevé du globe. (3) Il s’agit de la lettre n°2292. (4) Entre 1950 et 1953. (5) De discours hassidiques du précédent Rabbi
Lettre n°2340
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2340, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Tévet 5714,
Brooklyn,
A madame Ra’hel(1),
Je vous bénis et vous salue,
J’ai reçu avec satisfaction votre lettre de ce mardi dans laquelle vous m’écrivez que vos enfants sont en bonne santé et qu’ils étudient la Torah avec ardeur. Que Dieu fasse que vous conceviez d’eux, avec votre mari, un plaisir juif et ‘hassidique. Vous le ferez en bonne santé, avec un cœur joyeux et dans la largesse matérielle.
J’ai également appris avec plaisir que vous prenez part à l’association féminine. J’espère que vous agirez pour en améliorer la situation morale. Et, mon espoir est raffermi par la lecture de votre article, dans lequel vous parlez de vitamines spirituelles. En Amérique, on doit sans cesse faire attention à cela. Il doit être bien clair que la Tsédaka ne dispense pas de mettre en pratique toutes les autres Mitsvot.
La Tsédaka est si importante qu’elle est qualifiée de Mitsva par excellence(2). Malgré cela, il existe aussi six cent douze autres Mitsvot, que l’on doit également mettre en pratique, en particulier respecter le Chabbat, la Cacherout, la pureté familiale et bien d’autres Préceptes encore.
Tout ce qui peut être dit et expliqué à ce sujet ne sera jamais suffisant. Il est nécessaire de le répéter sans cesse, surtout lorsque l’on s’exprime en anglais et que l’on y apporte les explications qui s’imposent.
Que Dieu vous vienne en aide et qu’Il vous donne la réussite dans ce domaine également
Avec ma bénédiction,
Notes
(1) Madame R. Cunin. (2) Voir le chapitre 37 du Tanya, à la page 48b.
Lettre n°2341
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2341, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
12 Tévet 5714,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
le Rav Its’hak(1),
Je vous salue et vous bénis,
Vous me dites qu’entre Ichtaba’h et le Yotser(2), vous consultez un livre de ‘Hassidout. Je ne vois pas quel aspect négatif cette pratique peut avoir, puisqu’elle vous prépare à la suite de la prière. En effet, vous consultez sûrement ce livre par la pensée, sans faire intervenir la parole.
Vous connaissez l’affirmation de nos derniers Sages selon laquelle, auparavant, on arrivait à la synagogue pour le Yotser ou encore que la prière publique commençait alors.
Dans l’attente de vos bonnes nouvelles et avec ma bénédiction pour mener à bien votre mission sacrée,
Notes
(1) Le Rav I.Dubov. Voir, à son propos, la lettre n°1998. (2) Juste avant les bénédictions du Chema Israël, dans la prière du matin.
Lettre n°2342
Iguerot Kodesh du Rabbi de Loubavitch — lettre n°2342, traduction française
Par la grâce de Dieu ב'ה,
14 Tévet 5714,
Brooklyn,
Au grand Rav, distingué ‘Hassid qui craint Dieu
et se consacre aux besoins communautaires,
possède de multiples connaissances et se distingue
par sa générosité, le Rav C.Y.(1),
Je vous salue et vous bénis,
A) J’ai reçu, en leur temps, vos lettres et ce qui y était joint. Je vous demande de bien vouloir m’excuser de vous répondre seulement maintenant, du fait de mes nombreuses occupations, qui vont en se multipliant et, pour la plupart, me causent de la peine.
Par ailleurs, je me consacre à l’édition du Tanya, qui paraît pour la première fois aux Etats Unis et je ne m’imaginais pas que cela me prendrait tant de temps. De plus, je ne me suis pas chargé de la toute
dernière correction et plusieurs erreurs ont donc subsisté, malgré mes efforts pour les supprimer.
Ainsi, s’est accomplie l’affirmation de nos Sages, au traité
Pessa’him 112a, selon laquelle “ celui qui se consacre à l’étude ne s’occupe pas…(2) ”, d’après l’interprétation de Rachi, mais non d’après celle du Rachbam(3), ce qu’à Dieu ne plaise.
B) Vous avez sûrement reçu, en leur temps, le dixième tome du Sdeï ‘Hémed et également le Dére’h Mitsvoté’ha, qui ont été édités ici.
De même, on vous a envoyé, par colis séparé, le Tanya auquel je faisais allusion et aussi un Tehilim avec le commentaire du Tséma’h Tsédek. Vous me confirmerez les avoir reçus. Je vous en remercie d’avance.
C) J’ai reçu, ces jours-ci, la nouvelle édition de votre livre Moadim Ba Hala’ha et je vous en remercie.
Que Dieu vous permette de grandir et de parer la Torah, par vos livres et vos articles, pour de longs jours et de bonnes années, matériellement et spirituellement.
D) Je vous joins également ce qui a été édité ici(4) à l’occasion de la fête de la libération du 19 Kislev, qui vient de passer. Cela vous intéressera sûrement.
E) A ce sujet, si vous trouvez du temps libre, vous pourrez me décrire, par le détail, la réunion ‘hassidique du 19 Kislev qui a eu lieu au Kfar(5). Vous me préciserez, en particulier, le contenu des interventions et je vous en serai reconnaissant.
Avec mes respects et ma bénédiction pour que vous soyez en bonne santé, de la tête aux pieds,
Notes
(1) Le Rav Chlomo Yossef Zevin, de Jérusalem, auteur de l’encyclopédie talmudique. Voir, à son propos, les lettres n°2107, 2373 et 2470. (2) Des besoins publics. (3) Qui dit : “ Celui qui se consacre à l’étude n’est pas préoccupé par les besoins publics. (4) Il s’agit du discours ‘hassidique intitulé “ Il a libéré mon âme dans la paix ”, qui a été prononcé par le précédent Rabbi en 5704-1944. (5) Kfar Habad
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